La Forêt domaniale d'Ax-les-Thermes en raquettes depuis Ax-Bonascre.
Ce diaporama est agrémenté de la musique "Time To Say Goodbye (Con Te Partiro)" composée par Francesco Sartori paroles de Lucio Quarantotto et interprétée d'abord en duo par Sarah Brightman et Andrea Bocelli puis dans une version instrumentale par l'orchestre de James Shearman dirigé par David Abell.
Comment refuser une invitation pour une randonnée en raquettes dans la Forêt domaniale d'Ax-les-Thermes quand s’annonce une superbe journée ensoleillée ? Vous savez, ce type même de journée d’hiver où l’air est merveilleusement pur, le ciel admirablement bleu, le soleil magnifiquement ardent et qu’en plus le dieu Eole, lui, a décidé de rester dans son palais pour ne pas venir éventer cette sortie qui s’annonce déjà sous les meilleurs auspices. Bon, il faut parfois faire quelques kilomètres pour avoir tout ça en même temps mais quand au sommet d’une montagne, les raquettes aux pieds et les bâtons à la main, il ne reste plus qu’à descendre pour jouir de prodigieux panoramas sur une Ariège enneigée incroyablement belle et boisée, alors là c’est génial ! C’est le must ! C’est le pied ! Et bien, ce « pied » ou plutôt nos pieds, nous les avons chaussé de raquettes et ce coin où nous avons été invités c’est la charmante station pyrénéenne d’Ax-Bonascre où nous sommes allés randonner dans la superbe forêt domaniale. Ce formidable domaine skiable est désormais plus connu sous le nom d’Ax-3 Domaines et cette dénomination, il le doit à trois territoires montagnards étagés à des altitudes quelque peu différentes : il y a le Plateau de Bonascre situé en 1.390 et 2.000 mètres où se trouve la sympathique station et le Bois de la Crémade et de Manseille, il y a le domaine du Saquet situé lui entre 1.800 m et 2.300 m occupé entre autres par le Bois de la Griolle et il y a enfin, le Campels, versant est des sommets les plus élevés que sont le Tute de l’Ours (2.255 m) et la Couillade de Llerbès (2.305 m). Ça vaut vraiment le coup d’aller passer une belle journée là-bas et à fortiori plusieurs si vous avez décidé d’y aller pour quelques jours de vacances car l’ union de ces trois domaines fait désormais partie du Top 10 des stations pyrénéennes de sports d’hiver. Bon, en ce qui concerne notre courte excursion, il faut avouer que cette sortie en raquettes c’est plutôt un petit dérivatif qu’une vrai randonnée. Jugez-en par vous-mêmes : une prodigieuse montée en télécabine et une balade essentiellement en descente avec quelques portions planes que l’on effectue en moins de 2h30 sur le parcours que je décris ici. Comme je l’ai dit plus haut, le départ peut s’effectuer par la télécabine de Bonascre qui nous amène au terminus c'est-à-dire presque au sommet du Saquet à 2.021 mètres d’altitude. Là, en sortant de la station de la télécabine, au milieu des innombrables skieurs, les randonneurs en raquettes que nous sommes passent inévitablement pour des originaux voire des extra-terrestres descendus d’une autre planète. En raison des splendides panoramas qui se dévoilent sur une immense portion du domaine et une « bonne » partie de l’Ariège, on oublie vite les regards « facétieux » car les panneaux indicatifs sont déjà là et il est temps d’amorcer la descente qui commence par longer sur la gauche une piste skiable. Sur une couche de neige idéale, entre piste et forêt, l’invisible sentier poursuit sa descente et pour ne pas se tromper, il suffit de suivre les panonceaux jaunes ornés de deux raquettes bleues. Ce logo bien présent, cloué sur de nombreux sapins, on va y prêter attention en permanence et il suffira de les suivre et de les respecter pour retrouver le village et par là même l’arrivée. Cette descente qui alterne petits sentiers en sous-bois et larges pistes forestières encadrées de hauts sapins permet de découvrir une petite partie de la forêt domaniale d’Ax-les-Thermes et plus particulièrement le Bois de la Griolle avec sa cabane et sa fontaine de Manseille, et le Bois de la Crémade et de Manseille. De temps en temps, quelques belles trouées laissent entrevoir des vues admirables sur des chaînes enneigées où culminent et se détachent de nombreux hauts sommets à plus de 2.000 mètres d’altitude. Pour n’en citer que quelques uns, vous pourrez voir : au départ et vers le sud le Tute de l’Ours (2.255 m) et derrière lui le Pic de l’Etang Rebenty (2.415 m), vers l’est et de l’autre côté de la vallée où coule l’Ariège, le Pic de l’Estagnas (2.615 m), le Pic des Perdrix (2.310 m) le Pic d’Aygue Longue (2.394 m), le Pic de Cimet (2.423 m), le Pic des Estagnols (2.350 m), le Pic de Brasseuil plus communément appelé Dent d’Orlu (2.222 m) en raison de sa forme et du vallon du même nom qu’elle domine. Au nord c’est le Signal du Chioula (1.507 m) et surtout la Montagne de Tabe qui se détache à l’horizon avec les pics de Soularac (2.368 m), de Saint-Barthélemy (2.348 m), Galinat (2.115 m) et du Han (2.074 m). A l’ouest, c’est les pic Campalou (2.132 m) et Bourbourou (2.021 m) qui dominent un panorama plutôt plane où s’étend un peu plus loin, le long Plateau de Beille bien connu des coureurs du Tour de France. Je n’évoque ici que les principaux sommets que l’on peut apercevoir du point de départ puis au cours de cette courte balade où l’essentiel de la marche s’effectuera en forêt. Bien que ce sentier soit parfois praticable sans raquettes et bâtons, il sera néanmoins préférable de s’en munir en période hivernale. A cette époque et notamment lors de la saison où la station est largement ouverte aux sportifs de tous poils, il sera bien évidemment fortement conseillé par mesure de sécurité de ne pas quitter l’itinéraire indiqué et surtout de ne pas traverser les pistes réservées aux skieurs. L’itinéraire de ma carte IGN se veut le plus juste possible mais n’ayant pas emporté mon GPS ce jour-là, je n’ai pas pu enregistré de tracé exact et je ne peux donc pas en garantir une totale fidélité. De toute manière et comme indiqué plus avant, le balisage est très présent et il suffit de le suivre. Carte IGN 2148 ET Ax-les-Thermes Top.25.
Le Cami dels Orris depuis Salses-le-Château
Ce diaporama est agrémenté de la musique "Jean-Pierre" jouée par le compositeur et trompettiste de jazz américain Miles Davis, extraite de son album "We Want Miles". Il est accompagné ici de Marcus Miller (basse), Bill Evans (piano) et Mike Stern (guitare).
En général quand on va à Salses, c’est soit pour visiter le célèbre château, soit parce qu’on va y voir des amis ou des connaissances et enfin la meilleure des raisons c’est parce qu’on y réside. Alors, vous allez sans doute me traiter d’original, si je vous dis qu’il y a une quatrième bonne raison, c’est celle d’y aller pour randonner. Dans mon blog, ce bon motif, j’avais déjà eu l’occasion de le mettre en exergue en vous emmenant sur un itinéraire très original qui s’appelait le « Cami de las Sanyes ». Cette fois, avec cet article, c’est un autre « cami » que je vais vous faire découvrir et ce dernier bien connu des salséens et des randonneurs du coin s’intitule le « Cami dels Orris ». A vrai dire, si je n’ai rien d’un original, je suis par contre toujours à la recherche de circuits de balades pas trop loin de chez moi que j’appellerais « d’entraînement ». En hiver, ces entraînements ou ces décrassages sont souvent nécessaires avant d’affronter les grands dénivelés ou les longues excursions pyrénéennes qui nous attendent dès l’arrivée des premiers beaux jours. Dans ma bouche, ce terme « d’entraînement » n’a rien de péjoratif et il ne signifie pas automatiquement « sans intérêt » ou « déplaisant » et d’ailleurs, ce Cami dels Orris n’est ni inintéressant ni désagréable à cheminer. Si comme moi, vous aimez contempler des choses nouvelles et que vous avez toujours cette envie de marcher quelque soit les types de terrains, vous pouvez y aller sans crainte, par contre, si vous pensez y découvrir des quantités d’orris, ces petites cabanes pastorales de pierres sèches, abstenez-vous d’y aller. En effet, je ne pense pas avoir été plus distrait qu’à mon habitude ou bien ne sont-ils pas suffisamment bien indiqués mais je n’ai pas vu le moindre orri sur le parcours en question. Pour en entrevoir trois dont deux bien en ruines, je me suis donné « un mal de chien » et en plus, il a fallu que je marche plusieurs centaines de mètres supplémentaires hors du circuit parfaitement balisé pour les trouver. Non, sans vouloir offenser celui ou ceux qui lui ont donné ce nom, cette dénomination de « Cami dels Orris » me semble vraiment inappropriée presque usurpée dirais-je. Bon, personnellement, je l’aurai appelé le « Cami de la Combe Française » mais peu importe, les panonceaux du balisage l’appelant ainsi sont tellement nombreux ; en tous cas nettement plus nombreux que les orris eux-mêmes, qu’il n’aurait pas été très sérieux que je l’appelle différemment sur mon blog. Le départ peut s’effectuer devant le château ou bien devant le parcours sportif qui le jouxte où un premier panonceau est présent juste en dessous de celui indiquant la « Forteresse de Salses ». On longe la route parallèle à la voie ferrée, on passe devant le château, un deuxième panonceau est déjà là et indique la direction à suivre et on poursuit la route bitumée qui nous amène vers un court tunnel permettant le passage sous le réseau autoroutier. Ici, en sortant de ce boyau métallique, l’asphalte laisse la place à une piste terreuse et si on arrive à oublier le tumulte de la circulation omniprésente, on a le sentiment de basculer dans un autre univers : celui de petites pinèdes verdoyantes, de rangées de cyprès délimitant quelques vignobles soignés aux ceps parfaitement alignés, et surtout de collines arides et d’une garrigue colorée en jaune par les innombrables ajoncs déjà fleuris, prémices d’un printemps qui s’annonce. Sous un chaud soleil d’hiver et un ciel bleu d’une pureté presque absolue, tous ces éléments dessinent un paysage plutôt agréable à cheminer et on est enchanté de se décrasser les poumons de cet air limpide. Le balisage est suffisamment présent pour ne pas que l’on se trompe aux nombreuses intersections. Mais malgré ça, ce n’est pas aussi simple et si évident car peu après le tunnel autoroutier, une pancarte indique le « Cami dels Orris » à gauche et une autre, la présence d’orris si on choisit d’aller tout droit. Alors que faire ? La logique voudrait que l’on continue le circuit mais d’un autre côté, on peut se dire « et si les orris à découvrir étaient hors du parcours balisé ? ». C’est en tous cas, la question que je me suis posée et bien m’en a pris. Enfin bien ou mal, comme je suis toujours très curieux sur tout ce qui touche à la nature, j’ai décidé d’aller voir ces fameux « orris ». Comme je l’ai dit plus haut, pour en voir deux dont un en ruines, j’ai tout de même parcouru, au bas mot, plus d’un kilomètre et demi aller-retour. Alors, je ne sais pas si c’est un bien ou un mal et si vous ferez comme moi mais c’est pratiquement les seuls orris que j’ai vu ce jour-là à l’exception d’un autre bien détruit lui aussi qui se trouve au dessus de la carrière. Après cet aller-retour au milieu du vignoble et des amandiers en fleurs, j’ai emprunté la piste qui entre et poursuit sa route d’abord dans un large vallon puis dans un défilé plus étroit entouré de collines calcaires dénudées côté soulane et de quelques pins côté ubac. Seuls quelques pylônes électriques viennent gâcher le paysage. En souvenir des violents combats qui s’y sont déroulés entre troupes françaises et espagnoles pour la conquête de la célèbre enceinte fortifiée de Salses, ce joli vallon, vous le trouverez sur la carte IGN sous la dénomination de Combe Française. L’histoire retient cette période sous le nom de Siège de Salses (1639-1640) qui a vu tour à tour les deux protagonistes se partageaient la victoire et la défaite. Pas très étonnants ces résultats, quand on sait que l’imposant château est planté là, au beau milieu de la plaine littorale. Il était donc relativement facile d’y encercler une garnison, d’y tenir un blocus et d’y harceler l’ennemi depuis les crêtes des collines environnantes. C’est exactement ce qui s’est passé. Parmi toutes ces collines, premiers contreforts des Corbières, et quant on regarde la carte, on constate que celles qui dominent la Combe Française sont, depuis l’intérieur des terres, une position stratégique puisqu’elles constituent les derniers remparts naturels avant d’atteindre les profonds fossés et les hautes murailles du château. Alors une fois de plus comme je suis très curieux, une fois arrivé au bout de la combe, je suis sorti de l’itinéraire balisée et j’ai grimpé cette colline pour avoir une vue aérienne du château. En plus de la vue aérienne sur l’imposante forteresse comme je suis arrivé en surplomb de l’ancienne carrière, j’en ai profité pour en faire le tour en longeant le grillage de sécurité, histoire de voir si je ne pouvais pas compléter ma collection de minéraux de quelques cailloux intéressants. Bien sûr, rien ne vous obligera à faire de même et vous pourrez rester sur le « Cami dels Orris ». Pour cela, il suffira que vous poursuiviez le balisage toujours bien présent sur un sentier qui s’est très sérieusement rétréci en montant vers un étroit collet. Avec de magnifiques vues sur l’étang, sur le village de Salses lui-même et sur la plaine roussillonnaise qui s’étire depuis la mer magnifiquement bleutée jusqu’au pied du massif des Albères ou de la cime enneigée du Canigou, le sentier monte et descend dans de minuscules ravines en continuant à zigzaguer dans la garrigue. Il vous amène dans des décors très contrastés vers une petite colline boisée au joli nom de La Montagnette entourée de quelques pinèdes, de petits prés plantés d’arbrisseaux sauvages et de petites vignes. Juste avant la Montagnette, c’est à dire peu après la carrière, on vous propose deux versions de ce « Cami dels l’Orris » : une version courte intitulée « Petite Boucle » et une version longue ou « Grande Boucle ». Comme j’ai opté pour cette dernière alors bien sûr je ne peux vous parler que de celle-ci. Personnellement, j’ai donc contourné cette « Montagnette » en étant vigilant car de nombreux panonceaux indiquent que les Archers Catalans ont investi les lieux pour en faire leur parcours de tirs. Plus loin, j’ai retrouvé le vignoble roussillonnais qui s’étire ici presque à perte de vue pour arriver au Mas Lacombe où j’ai récupéré une route bitumée qui m’a amené à nouveau sous l’autoroute A9. Après être passé sous le pont autoroutier, je suis arrivé au sud de Salses où par la départementale D.5b je suis très rapidement entré dans le village. La fin est une simple formalité puisqu’une fois dans Salses, il suffit de reprendre la direction du château pour rejoindre sa voiture. Ayant fait deux entorses à l’itinéraire normal (orris puis carrière) j’ai parcouru une quinzaine de kilomètres pour un faible dénivelé de 120 mètres environ. Je pense que la « Grande Boucle » doit être longue d’à peu près 11 kilomètres. De bonnes chaussures de marche sont vivement conseillé sur ce terrain très souvent rocailleux. Pour ceux qui n’ont jamais visité le château et qui ne connaissent pas son histoire, je vous conseille vivement d’en faire une découverte commentée. Personnellement, j’ai réalisé cette visite il y a déjà quelques années mais j’en garde un souvenir impérissable tant le guide avait su nous faire revivre magnifiquement l’Histoire de ce château. Elle reste parmi les visites guidées les plus intéressantes qu’il m’ait été données de faire. Carte IGN 2547 OT Durban Corbières – Leucate – Plages du Roussillon – Top 25.
« Eh ben, casse-toi pauv’con ! »
Jésus : « Il faut rendre à César ce qui appartient à César ».
Jacques Cœur : « A cœur vaillant, rien d’impossible ».
Henri IV : « Ralliez-vous à mon panache blanc ».
Sully : « Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France »
Louis XIV : « L’Etat, c’est moi »
Mac Mahon : « Que d’eau ! Que d’eau » ou « J’y suis, j’y reste ».
Charles de Gaulle : « La France a perdu une bataille ! Mais la France n'a pas perdu la guerre »!"
Etc.….
Cette phrase est certes moins glorieuse que certaines citées ci-dessus mais j’en suis sûr, on l’évoquera encore dans plusieurs siècles et ce qui est ennuyeux c’est que quelque part, elle restera gravée comme le reflet assez affligeant de celui qui l’a prononcée, celle d’un homme plutôt arrogant et en tous cas manquant de maîtrise de lui-même.
Je ne vais épiloguer sur cette réplique, certains la trouveront cohérente d’autres déplacée de la part d’un Président de la République mais il est fort possible que cette dernière se retourne bientôt contre celui qui l’avait prononcée ce 23 février 2008. En tous cas, pour moi, c’est clair, je l’espère mais comme j’ai reçu une bonne éducation, je vais rester poli et respectueux.
Comme des milliers de français, j’ai été déçu par la politique menée par Nicolas Sarkosy pendant ces cinq années. Il faut le reconnaître ce n’était sans doute pas la meilleure période pour gouverner efficacement mais quand on nous parle de crise à longueur d’années, inévitablement on est en droit de se poser quelques questions et notamment les suivantes : « Qui a-t-elle concernée cette crise ? » « Le monde de la finance ? » « Qui ne s’en n’est pas remis en cinq ans ? » « « Tout le monde ? » « Y compris les plus riches ? » « N’aurait-on pas du en premier les faire participer à un effort de solidarité ? ». Les réponses sont presque évidentes tant les médias ne cessent de nous rabattre les oreilles avec les excès de ce capitalisme et de ce système financier sans vergogne ! Non, rien de tout ça n’a changé bien au contraire et Nicolas Sarkosy s’est complu à s’acoquiner avec les plus riches de notre pays (Proglio, Lagardère, Bouygues, Pinault, Dassault, Bolloré,Arnaud, Bettencourt, de Rothschild, voilà ses vrais amis sans parler des banquiers et consorts) et pendant ce temps, il n’a fait que démonter ce que les gouvernements de l’après-guerre avaient construit de mieux et de meilleurs pour créer un Etat-providence que le monde entier nous enviait : santé, protection sociale, retraite à 60 ans, éducation, justice, etc.…. Si tout a commencé à se déliter en quelques décennies, Sarkosy n’a fait qu’amplifier le phénomène sur ces cinq années où il a régné en maître absolu mais paradoxe, il a, dans le même temps, creusé le déficit de la France comme aucun autre Président ne l’avait fait avant lui. Pour quel résultat pour les plus humbles des français ? Bien sûr, je suis conscient que dans le contexte actuel des mutations importantes sont et seront encore inévitables mais Nicolas Sarkosy a oublié que celles-ci devaient s’inscrire dans une meilleure répartition et distribution des richesses. Ça c’est sûr, cet aspect-là des choses, il l’a complètement oublié, car les inégalités se sont creusées, le chômage a augmenté et les Restos du Cœur n’ont jamais autant œuvré pour des gens démunis de plus en plus nombreux ! Mais au-delà de sa politique, c’est surtout son attitude, sa posture, sa suffisance qui m’ont choquées et tapées sur les nerfs. En 2007, nous avons été de nombreux français à croire en ses promesses mais quelque part nous n’avions pas voté pour avoir un « super président » menant un politique en solitaire, qui plus est en faveur des plus riches, nous n’avions pas voté pour quelqu’un qui enverrait nos soldats se faire tuer en Afghanistan, nous n’avions pas voté pour quelqu’un qui n’a jamais accepté la contradiction même quand elle était formulée par des gens très censés de son propre camp, nous n’avions pas voté pour quelqu’un qui recevrait Kadhafi en grandes pompes, nous n’avions pas voté pour quelqu’un qui resterait aveugle au danger que représente le nucléaire, etc…. Non, nous avions voté pour quelqu’un qui avait promis qu’il ne toucherait pas aux retraites sauf à celles bien trop avantageuses de certains fonctionnaires et autres professions largement privilégiées, nous avions voté pour quelqu’un qui avait promis une sauvegarde et même une progression du pouvoir d’achat, nous avions voté pour quelqu’un qui devait lutter contre l’hégémonie des grandes surfaces, nous avions voté pour quelqu’un qui devait démanteler les paradis fiscaux, nous avions voté pour quelqu’un qui devait améliorer la sécurité et la justice des français, nous avions voté pour quelqu’un qui devait lutter contre les injustices et les inégalités, nous avions voté pour quelqu’un qui promettait de se battre contre la délocalisation de nos emplois, nous avions voté pour quelqu’un qui se faisait fort de conserver nos emplois industriels, nous avions voté pour quelqu’un qui avait promis de trouver des solutions pour nos vieux dépendants….etc…. Non, c’est sûr, nous n’avions pas voté pour que Sarkosy nous traite comme des « pauv’cons »….
Mais attention, à y regarder de plus près, nous ne sommes pas si nombreux que ça à penser ainsi ! Rien n’est encore joué et à l’heure où je publie cet article, Nicolas Sarkosy est à 27% dans les sondages c'est-à-dire à quatre petits points de son résultat du premier tour de 2007 où 31,18 % des électeurs avaient voté pour lui. Alors attention, ne faites pas les cons comme j’ai pu le faire moi-même il y a bientôt cinq ans…ce en quoi, il serait en droit de nous traiter encore une de fois de « pauv’cons » et là, il aurait cette fois toute la légitimité pour le faire…
Dans la bouche de Sarkosy, il y a une phrase qui revient souvent presque comme une leitmotiv : « les français ont des droits mais ils ont aussi des devoirs ! »
Alors, c’est vrai, j’ai eu le droit d’être un « pauv’con » une fois mais désormais j’ai le devoir de ne pas l’être une seconde fois…..
(*) Selon certaines sources, cet homme que Sarkosy aurait traité de « pauv’con » serait le musicien Michel Farinet. Lui continue de s’en défendre. D’autres, on tentait de prendre la place de cet homme énigmatique pour faire de l’argent comme un certain Fernand Buron qui serait un personnage virtuel monté de toutes pièces par un éditeur pour faire le buzz sur Internet et vendre son bouquin.
La Carrière de talc de Caillau (1.645 m) depuis le col de Jau (1.506 m)
Je ne compte plus le nombre de fois où dans ce blog, j’ai évoqué la carrière de talc de Caillau et pourtant, en y regardant de plus près, je me suis aperçu que jamais je ne vous l’avais faite découvrir, ni dans un article, ni dans aucune de mes photos. Alors, avec cette petite balade à partir du Col de Jau (1.506 m), je répare cette lacune mais je l’avoue c’est un peu le hasard qui l’a voulu ainsi. En effet, en ce jour de janvier superbement ensoleillé, Dany et moi, nous étions partis avec l’idée première de faire l’ascension du « Pic Dourmidou en raquettes » mais si le soleil était très présent ce jour-là, sans doute l’avait-il été suffisamment les jours précédents pour qu’il n’y ait plus aucune trace de neige ni au sommet et encore moins sur ses flancs. En effet, quand nous arrivâmes au Col de Jau, notre objectif du jour ressemblait plus au pic débonnaire et pelé qu’on a l’habitude de voir en plein été qu’à cette grosse coupole blanchâtre où nous étions déjà venus faire des raquettes lors d’hivers précédents et qu’on est en droit d’attendre un 22 janvier ! Il faut reconnaître que voir le sommet de Dourmidou avec ses 1.843 mètres d’altitude ainsi que ses flancs sans la moindre plaque de neige est assez rarissime en cette saison pour être signalé. Depuis Perpignan, le déplacement jusqu’au Col de Jau étant conséquent et l’heure étant déjà bien avancée, il était donc important de prendre une décision rapide quand au choix à retenir : soit nous grimpions au Dourmidou sans raquettes, excursion qui ne semblait pas avoir la faveur de Dany soit nous options pour une autre solution. C’est ainsi qu’a germé le projet d’aller balader jusqu’à la carrière de talc de Caillau. Cette idée de découverte étant aussitôt entérinée, nous avons harnaché nos sacs à dos et avons pris immédiatement la piste forestière qui file en direction du refuge. Connaissant le parcours et la faible distance à parcourir, je savais que nous pourrions flâner plus que de raison et c’est donc avec un train de sénateur que nous partîmes à la découverte de l’ancienne carrière. Cette agréable flânerie à travers la superbe forêt de Lapazeuil fut, il est vrai, encore très ralentie par les nombreuses et importantes plaques de glace qui recouvraient la piste dans les endroits les plus ombragés. Plus nous avancions vers le refuge et plus les parties gelées et parfois même enneigées se faisaient plus courantes et pénibles d’autant que nous n’avions pas de crampons à glace sous nos chaussures et que nous avions cru bon de laisser nos raquettes dans le coffre de la voiture. Sur ce terrain extrêmement glissant, il nous fallut trois quarts d’heures pour atteindre le refuge dont je gardais personnellement un excellent souvenir pour y avoir séjourné en 2007 lors de mon inoubliable Tour en solitaire du Coronat. Je garde encore en mémoire et je dirais presque en bouche, les succulentes lasagnes qu’Armelle nous avait confectionnées ce soir-là et je me souviens en souriant avoir peu dormi à cause des ronflements assourdissants de mes compagnons de chambrée. Mais revenons à notre balade pour dire que la suite de notre marche en forêt ne fut guère meilleure même s’il est vrai que le tronçon qui surplombe la magnifique Jasse de Caillau est un peu plus ensoleillé. Plus nous montions vers la carrière et plus les petits névés de glace ou de neige étaient plus nombreux et plus épais. Aussi, avant de quitter la piste et de partir à la découverte de la carrière, nous avons profité d’un coin magnifiquement ensoleillé pour pique-niquer. Quand le casse-croûte fut avalé et l’heure de la visite de la carrière de talc arrivée, Dany trouva que le sentier qui y mène était bien trop verglacé et donc dangereux pour poursuivre. Nous avons bien tenté d’y accéder par les hauteurs en poursuivant la piste mais la carrière est inaccessible car elle a été complètement grillagée par mesures de sécurité. Laissant Dany au soleil, je partis donc tout seul à la découverte de la vieille carrière en longeant le petit ruisseau qui semble y prendre sa source en hiver. Ce ru parait finir sa course un peu plus bas dans la rivière de la Castellane. J’ai donc tenté l’aventure en suivant le filet d’eau dont les berges étaient de vraies patinoires et j’ai fini par atteindre l’ancienne mine d’extraction à ciel ouvert qui en cette saison, ressemblait à un véritable petit glacier. En voyant ce modeste cirque terreux jonché de rochers, de pierres, de bois et de glace, je ne pus m’empêcher de penser à un sérac en miniature tels qu’on peut en voir au pied de certains grands glaciers alpins. Devant ce décor âpre et difficile, on comprend mieux pourquoi, l’exploitation n’était possible qu’à partir des premiers beaux jours. Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’évoquer dans ce blog, la carrière de talc de Caillau a toujours été étroitement liée avec le Domaine de Cobazet (*), situé un peu plus bas. Ici la société Chefdebien a commencé à extraire de la stéatite en 1885 mais il semble que le filon était déjà parfaitement connu et exploité bien antérieurement. La stéatite est une roche tendre composée presque essentiellement de talc, talc qui une fois mélangé à du sulfate de cuivre donne de la sulfostéatite cuprique. Cette poudre fabriquait dans l’usine Gibraltar de Prades était plus connue sous le nom de « Bouillie catalane » ou « Poudre Chefdebien ». Autant dire qu’à la fin du 19eme siècle, cette poudre tombait à pic, car en 1879, le mildiou de la vigne venait juste d’être identifié pour la première fois dans le vignoble bordelais. Cette poudre eut donc ses grandes heures de gloire car elle était censée lutter très efficacement contre le mildiou de la vigne et autres maladies cryptogamiques en général. Toutes ces informations, je les ai recueillies sur Internet dans la très intéressante Histoire de Mosset. Cette Histoire nous apprend que le talc aurait été exploité jusqu’à l’année 1972 et l’ensemble des activités de l’usine s’arrêta définitivement en 1975. Au cours de toutes ces années d’extraction, le transport du talc a été effectué de diverses manières vers des lieux de cette belle montagne qui sont devenus aujourd’hui des objectifs de balades. J’ai déjà eu l’occasion d’en décrire quelques-uns dans mon blog. Outre Caillau où se trouvent la carrière et l’ancienne maison des mineurs, aujourd’hui transformée en refuge pour randonneurs, le nom de ces lieux déjà décrits sont Canrec, Cobazet, Estardé et les cols de Tour ou de las Bigues. En effet, depuis la carrière, le talc traversait le superbe forêt de Canrec puis via le col de Tour partait jusqu’au lieu-dit Cobazet où se trouve la métairie. Ensuite via le col de Las Bigues, le talc filait jusqu’à Estardé où se trouvait une gare de transit. Depuis Estardé, le talc était ensuite acheminé vers Campôme à l’aide de bennes suspendues à des câbles. A Campôme, des charrettes tirées par des chevaux amenaient le talc jusqu’à la fabrique de poudres de Prades. Tous les moyens de transports ont été bons, mules, chevaux, bœufs, hommes, charrettes, mais très rapidement, un petit train tracté par une locomotive Decauville fit le trajet entre Cobazet et Estardé, puis la ligne fut mise en service jusqu’à la carrière. Au fil des années, le Baron de Chefdebien puis ses successeurs tentèrent de moderniser les infrastructures pour gagner du temps et transporter plus de minerais et ainsi d’autres moyens de transports plus récents et plus rapides furent mis en service. A Cobazet, on éleva de grands pylônes et par des systèmes de bennes suspendues à des câbles, le talc était descendu beaucoup plus rapidement vers la vallée de la Castellane au lieu-dit la Farga de Dalt (la Forge Haute). Là, le talc était réceptionné et des camions l’amenaient à l’usine de Prades. C’est ainsi que très rapidement la Gare d’Estardé ne servit plus à rien, tomba en désuétude et très rapidement en ruines. Quand on vient à la carrière de Caillau et dans ces lieux en général, il faut avoir une tendre pensée pour tous ces hommes et toutes ces femmes qui ont travaillé dur et qui ont vécu cette difficile aventure de l’exploitation du talc. Il y eut une main d’œuvre très diverse (mineurs, cheminots, jeunes volontaires, prisonniers de guerre, immigrés,etc…) et si vous avez envie d’en savoir plus, je vous recommande vivement la lecture des excellents récits de Monsieur Jean Llaury et de certains de ces collègues que vous trouverez dans plusieurs numéros du Journal de Mosset- JDM (Histoire de Mosset). Si comme moi et sans être un vrai spécialiste de la minéralogie, vous aimez bien garder quelques "souvenirs" de vos balades, ici à la carrière de Caillau, vous pourrez, outre la stéatite, trouver quelques minéraux intéressants. Après la découverte de la carrière que je vous conseille d’approcher à une autre saison que celle que j’avais presque involontairement choisie, il suffit de reprendre le même chemin jusqu’au col de Jau. Selon mon GPS, cet aller-retour fait moins de 10 kilomètres pour un modeste dénivelé de 120 mètres. Si malgré mes conseils, vous devez y aller en hiver, comme ce fut le cas pour nous, pensez à vous munir de crampons à glace et éventuellement de raquettes si la neige est abondante. Monsieur Llaury et ses collègues proposent une autre balade en boucle pour se rendre à la carrière de Caillau et ils semblent d’ailleurs conseiller le printemps comme meilleure saison, car selon eux une magnifique flore très variée y est présente dans l’amphithéâtre même de la mine à ciel ouvert. Alors patientez encore un peu, le printemps arrive ! Carte IGN 2249 ET Font-Romeu et 2248 ET Axat-Quérigut Top 25.
(*) Si l'histoire du Domaine de Cobazet vous intéresse, cliquez ici.
Le Puig Sant-Cristau (1.015 m) depuis Saint-Jean d'Albère (545 m)
Ce diaporama est agrémenté de 4 chansons interprétées par Alain Bashung. Elles ont pour titre : "Les Mots Bleus" de Christophe avec Armand Amar, "Madame Rêve", "Vertige de l'Amour" et "Osez Joséphine".
Avec les Pyrénées-Orientales, ce qu’il y a de bien, c’est que quelque soit la région vers laquelle on se tourne, il y a presque toujours des collines ou des montagnes à gravir. Alors quand on est randonneur et qu’on habite la plaine de ce beau département, on a cette chance inouïe de n’être qu’à quelques kilomètres de magnifiques régions montagneuses que sont le Vallespir, le Conflent, les Aspres, les Fenouillèdes, les Corbières sans oublier bien sûr le Capcir et la Cerdagne qui constituent les prémices de la longue chaîne pyrénéenne. Mais géographiquement, la plus proche et la plus orientale des montagnes pyrénéennes c’est le Massif des Albères dont les premiers vrais contreforts démarrent du côté du Cap Cerbère et du Cap Creus au fond d’abyssaux canyons. Alors, les crêtes des Albères, où je vous amène marcher aujourd’hui, présentent cette particularité de laisser entrevoir des panoramas à couper le souffle tant vers la Grande Bleue que vers les Pyrénées et ça, il faut le reconnaître, peu d’autres régions offrent l’opportunité de tels regards à la fois si proches sur la mer et sur la montagne. Le Puig Sant-Cristau ou Pic Saint-Christophe (1.015 m) que nous allons gravir à partir de Saint-Jean d’Albère, mais qui est également accessible depuis Montesquieu-des-Albères ou Villelongue-dels-Monts, permet de telles vues même s’il est vrai qu’une partie d’entre-elles sur la Méditerranée est obstruée par le Pic Néoulous tout proche qui, avec ses 1.256 m constitue le point culminant du massif. Mais n’ayez aucune crainte, la mer vous la verrez quand même et si en plus le temps est très beau et clair, c’est une immense partie de la fantastique cambrure du Golfe du Lion que vous apercevrez au bout de la Plaine du Roussillon qui démarre ici, aux pieds même des Albères. Pour cela, il faut d’abord laisser sa voiture à L'Albère, minuscule hameau blotti au milieu des chênes lièges où l'église Saint-Jean est le monument essentiel. Là, on commence par emprunter la D.71 vers l’ouest sur 400 à 500 mètres environ. On ignore le panneau Coll Sant-Joan mais on ne doit pas louper celui indiquant le Col de Llinas à 1h20 de marche. C’est un très mauvais sentier, caillouteux plus qu’il ne faut qui démarre et monte rudement en se faufilant au milieu d’une végétation typique du piémont méditerranéen où les taillis de chênes verts prédominent. Mais si vous vous intéressez à la flore et que vous prêtez attention, vous constaterez qu’une variété extraordinaire d’arbustes et de plantes prolifère dans cette luxuriante végétation : arbousiers, buis, cistes, romarins, genêts, ajoncs, bruyères, euphorbes, fougères, sauges, ronces, menthe, fragon, aspérules, genévriers, hellébores, etc.… mais aussi quelques arbres plus élevés comme le bouleau blanc, le chêne-liège ou pubescent. Le sentier, lui, balisé en jaune mais originalement enrichi parfois de quelques cailloux suspendus au bout d’une cordelette, s’est bougrement amélioré et finit pas atteindre le superbe dolmen de Na Cristiana, plus communément appelé ici Balma de Na Cristiana. De cette sépulture, les spécialistes prétendent qu’elle serait, avec son immense table de gneiss reposant sur sept autres dalles plantées dans le sol, un des plus beaux dolmens du département. Après quelques photos sous toutes les coutures de ce superbe monument mégalithique, on poursuit le sentier qui, brusquement s’entrouvre sur un magnifique Canigou enneigé et une Espagne bleutée, mais aussi, sur le Perthus et son fort de Bellegarde, le Massif des Salines tout proche, les Aspres et une immense portion du Vallespir. On finit par atteindre un abri pastoral en surplomb de la forêt où plus aucun arbre ne vient contrarier la vision de ces merveilleux panoramas. De manière surprenante, le sentier redescend quelques temps mais c’est d’abord pour filer en balcon et mieux remonter vers le col de Llinas qui l’on aperçoit entre deux promontoires rocheux. Le col est vite atteint et depuis cette vaste esplanade herbeuse le regard bascule sur l’immensité de la mer Méditerranée où l’horizon se perd dans un bleu infini. A nos pieds, c’est le Roussillon qui déroule sa vaste plaine que seules les Corbières arrêtent au loin, vers le nord. Avant de repartir, on remarque une borne marquant le col et surtout un mur agrémenté de deux cavités que l’on pourrait prendre pour des fours. En réalité, il s’agit de soutes à munitions qui datent de la guerre franco-espagnole de 1793 à 1795 que l’on connaît ici sous le nom de guerre du Roussillon ou des Pyrénées et plus généralement de guerre de la Convention car elle oppose le Royaume d’Espagne commandé par le général Antonio Ricardos à le France révolutionnaire de la Convention Nationale. Les Espagnols, eux, l’appelèrent la « Guerra Gran ». En réalité, cette guerre ou plutôt ces guerres mirent aux prises un grand nombre de nations car même si elle fut entamée en avril 1792 par les révolutionnaires français qui voulaient exporter leurs idées vers d’autres pays, nombreux furent les royaumes et duchés européens qui virent d’un mauvais œil les profonds bouleversements que la Révolution Française de 1789 avaient engendré. Tous les pays n’entrèrent pas en même temps dans le conflit mais néanmoins, cette alliance composait des royaumes d’Espagne, de Sardaigne et des Deux-Siciles, du Portugal, des Pays-Bas, de Grande-Bretagne, de Prusse et de l’archiduché d’Autriche, on l’appela la Première Coalition. Ici, à ce col de Llinas situé au pied du Puig Sant-Cristau, vous êtes sans doute peu nombreux à imaginer qu’il s’agit d’un haut-lieu stratégique de ce qu’on a appelé improprement la deuxième bataille du Boulou et dont la France est sortie définitivement vainqueur. En effet, en avril 1794, le général Dugommier est convaincu que pour battre les Espagnols, il faut encercler leur quartier général du Boulou. Pour cela, une seule stratégie, s’emparer du Puig Sant-Cristau pour redescendre sur l’autre versant des Albères. Les Espagnols cantonnés au Boulou n’imaginent pas cette stratégie mais vont néanmoins avancer et se battre farouchement à Montesquieu-des-Albères et c’est là, que le plus fort de la bataille aura lieu le 30 avril et le 1er mai. Les Espagnols sont repoussés et vaincus, mais comme ils ont délaissé le Puig Sant-Cristau, Dugommier envoie le général Pérignon s’en emparer, le but de cette manœuvre étant d’acheminer de nombreuses pièces d’artillerie et de nombreux bataillons puis de redescendre de l’autre côté de la vallée, du côté du Perthus et des Cluses, pour prendre à revers et encercler les forces militaires espagnoles cantonnées au Boulou. L’autre objectif, bloquer toute tentative de retraite et couper les liaisons avec la garnison du Fort de Bellegarde situé au dessus du Perthus. Aidé par le général Augereau qui va s’occuper de l’autre flanc du côté des Aspres et de Céret, le plan ainsi élaboré va fonctionner à merveilles et sera un vrai succès car les Espagnols seront mis en déroute. Le Fort de Bellegarde que l’on aperçoit depuis ces crêtes, lui, ne sera repris qu’en septembre après quatre jours de siège. Cette victoire scella définitivement le sort des Espagnols offrant ainsi une victoire éclatante aux forces révolutionnaires. La guerre entre les deux pays se termina par le Traité de Bâle de 1795 qui vit la soumission de l’Espagne mais également de la Prusse. Seuls le Portugal, la Grande-Bretagne et l‘Autriche restèrent en guerre contre la France. Voilà pour l’Histoire avec un grand « H » de ce lieu qui a vu des milliers d’hommes des deux camps y laisser très courageusement leurs vies pour, il faut le dire, un piètre résultat si ce n’est celui de préserver les mêmes frontières que celles du Traité des Pyrénées de 1659. Pour la petite histoire, celle de cette jolie randonnée, j’ai délaissé le petit sentier qui monte rudement vers le col de la Branca et j’ai préféré emprunter la piste bien plus « cool » qui monte en zigzaguant jusqu’à ce même col et se poursuit jusqu’au pied du Puig Sant-Cristau. En montant, vous remarquerez deux autres soutes à munitions et sur la crête et au pied du pic, un vaste terre-plein herbeux construit sur un très haut soubassement de pierres sèches. Cette plate-forme présente l’avantage de vues sur les deux versants et a sans doute servi à installer les nombreuses pièces d’artillerie que les hommes du général Pérignon avaient eu la force et l’audace de monter jusqu’ici. Le sommet du pic Saint-Christophe est occupé par une chapelle rustique, par les ruines d’un vieux « castell » dont les premiers textes en mentionnent la présence au XIeme siècle et d’autres ruines dont on dit qu’elles seraient celles d’une ancienne tour à signaux. On profite largement du panorama à 360° pour effectuer une pause ou mieux, avaler un pique-nique bien mérité. Après cette découverte du pic avec vues sur des paysages époustouflants, on poursuit notre boucle en suivant le balisage jaune qui descend en dessous de la chapelle et file côté est sur des crêtes rocheuses souvent déchiquetées. La suite est d’une grande simplicité dans la mesure où on ne perdra pas le fil du balisage. Au col de la Font, on peut écourter cette balade en empruntant un sentier qui descend à Saint-Jean en 40 minutes. Moi, j’ai poursuivi tout droit car mon intention était d’atteindre également le sommet du Puig d’Orella ou Pic d’Aureille (1.031 m), histoire de rallonger quelque peu cette courte mais sportive randonnée et de crapahuter une peu sous les hêtres et les pins Laricio de cette splendide forêt domaniale des Albères. J’ai longé la crête par les cols de Baladre et de Sant-Joan pour finalement atteindre le sommet juste avant qu’un groupe de randonneurs n'envahisse ce joli belvédère. Le temps d’engloutir un autre sandwich en observant de nouveaux panoramas dont quelques uns superbes sur Saint-Jean d’Albère et sur le Néoulous enneigé et me voilà parti sur un agréable sentier qui descend vers le Roc del Grévol. Etroite, la sente se faufile au milieu de fougères presque aussi hautes que les petits arbres d’une jeune sapinière où j’entends caqueter des coqs de bruyère sans avoir pour autant le chance de les apercevoir. Au roc, on retrouve une piste forestière, qui par la gauche, nous ramène sans soucis au col Sant-Joan où un petit sentier mal débroussaillé au début descend vers Saint-Jean d’Albère. Attention, dans cette descente balisée en jaune, n’allez pas trop vite, à la fois car elle est par endroits un peu laborieuse mais aussi pour ne pas perdre de vue les marques de peinture jaunes pas toujours évidentes à repérer. Le sentier débouche à l’ouest du village sur la D.71 qu’il faut emprunter sur 600 mètres environ pour retrouver sa voiture. Cette randonnée telle que décrite ici est longue de 14 kilomètres pour un dénivelé de 500 mètres environ. En raison des sentiers parfois très caillouteux et difficiles, il est fortement recommandé d’y venir randonner avec de bonnes chaussures de marche bien crantées. Carte IGN 2549 OT Banyuls Top 25.
Le Site du Barrage de Malpasset à Fréjus
Ce diaporama est agrémenté d'une musique de Jon & Vangelis intitulée "Garden Of Senses"
Une Justice bien trop laxiste.
Au mois de novembre dernier, j’avais mis en avant dans mon Journal Mensuel, le cas de Joël Censier, ce père de famille dont le fils avait été sauvagement assassiné par une dizaine de voyous. Je vous rappelle brièvement cette affaire : Jérémy Censier, dont le seul tort était d’être le fils d’un policier, a été assassiné par une dizaine de jeunes, qui malgré une culpabilité évidente, ont tous été très rapidement remis en liberté pour un soi-disant vice de forme. Le but de cet article avait été à travers le Pacte 2012 pour la Justice, de faire connaître au plus nombre de français, le cas de cette intolérable injustice qui protége et donne plus volontiers de l'importance aux meurtriers qu'aux victimes.
Récemment, une autre injustice tout aussi incroyable est venue jusqu’à mes oreilles car de nombreux médias (Paris-Match, le Parisien et bien d’autres) s’en sont fait l’écho. Cette injustice, c’est celle de la remise en liberté de Yalda Arbabzadeh plus communément appelée Emma ou bien encore plus connue sous le nom de « l’Appât » dans l’affaire que l’on a appelée le « Gang des Barbares ». Voilà une jeune fille qui est déjà sortie de prison, on se demande bien pourquoi, alors qu’elle avait été condamnée en 2010 à 9 ans de réclusion pour une participation incontestablement essentielle dans cette affaire qui s’est terminée par l’horrible assassinat du jeune Ilan Halimi. A-t-elle été libérée pour « bonne conduite » ? Sans doute pas, quand on sait que quelques semaines après son emprisonnement, elle offrait déjà ses faveurs intimes au Directeur de la prison de Versailles où elle venait d’être incarcérée.
Alors encore une fois, l’Institut pour la Justice vient de relayer cette information et comme j’avoue que j’en ai un peu marre de ces injustices et de ces disfonctionnements à répétition, j’ai décidé d’adhérer à cette association car je pense, comme eux, que c’est la seule manière de se faire entendre de nos décideurs pour changer les choses :
Voilà ci-dessous, en détail ce qu’écrit l’Institut pour la Justice au sujet du cas d’Emma de cet innommable Gang des Barbares. N’oubliez pas à la fin de la lecture, de regarder la vidéo et le cas échéant de signer la pétition et de donner votre obole :
Madame, Monsieur,
La presse a révélé la semaine dernière que la criminelle qui fut la principale participante à l'enlèvement du jeune Ilan Halimi, et qui fut condamnée en 2010 à neuf ans de prison, a été relâchée par la Justice depuis une période indéterminée (certains parlent de plusieurs mois déjà).
Pour mémoire, Ilan Halimi fut mis à mort dans des conditions d'une violence à faire hurler les pierres par un groupe de jeunes de banlieue qui se nommaient eux-mêmes « le Gang des Barbares ». Ils supposaient que, parce que leur victime était juive, ils parviendraient à extorquer à ses parents d'énormes sommes d'argent.
Ils avaient torturé ce garçon pendant trois semaines, attaché nu sur une chaise dans une cave, un sac sur la tête. Ils avaient harcelé les parents de messages sur leur téléphone portable en leur expliquant ce qu'ils faisaient à leur fils, et en les insultant, et en leur envoyant même des photos.
Tout ceci avait été soigneusement établi au cours de l'enquête qui suivit l'assassinat d'Ilan. Bien entendu à l'époque, toute la presse et les autorités du pays avaient juré que les coupables seraient sévèrement punis.
Le pire cependant, se produisit durant le procès, où le chef du gang, Youssouf Fofana, continua à se moquer ouvertement des parents et des juges, à expliquer combien il était fier de ses actes. Il a même prononcé de très graves menaces à l'égard des jurés lors des audiences au tribunal.
Malgré donc l'absence de remords et l'atrocité du crime, la plupart des coupables sont aujourd'hui libres et la Justice a commencé à libérer ceux qui portent la plus lourde responsabilité.
Mais savez-vous ce qu'a expliqué l'avocate Maître Dominique Attias, hier, dans les colonnes du Parisien ? Elle a expliqué au sujet de cette criminelle donc, qui est déjà en liberté elle aussi :
Elle n'a eu aucun traitement de faveur.
Elle a au contraire eu un régime de défaveur.
Elle est même allée au-delà de la date à laquelle elle pouvait prétendre une sortie.
Oui, vous avez bien lu. Condamnée à neuf ans de prison en 2010, pour un crime commis en 2006, elle est déjà libre en janvier 2012 mais elle a été « victime » d'un régime de défaveur, et aurait pu (dû ?) sortir plus tôt encore. Et tenez-vous bien : cette avocate dit vrai. Selon les lois françaises actuelles, il est normal qu'un criminel fasse la moitié de sa peine.
Car tout notre système judiciaire est organisé pour éviter que les peines prononcées soient appliquées comme
elles le devraient :
-La « perpétuité » correspond à 20 ans de prison en moyenne
-Dès leur entrée en prison, les criminels bénéficient de « remises de peine automatiques » qui réduisent d'office leur peine de plusieurs mois par an.
-Les condamnés à deux ans de prison ferme sont quasiment assurés de ne pas passer une seule journée en détention depuis la loi pénitentiaire, dite « loi Lecerf ».
-Et il n'est pas rare qu'un criminel condamné à dix ans de prison sorte au bout de 4 ans !
Même en cas de mauvaise conduite en prison, il n'existe pas un seul détenu en France qui purge l'intégralité de sa peine !
De fait, la conduite de cette criminelle qui a participé à l'enlèvement d'Ilan Halimi fut loin d'être exemplaire : elle doit comparaître le 15 février au tribunal correctionnel pour recel durant son séjour en prison, où elle parvint à faire pénétrer illégalement dans sa cellule un téléphone portable qui lui permettait de continuer à communiquer avec ses amis.
Et savez-vous qui lui avait donné ce téléphone portable ? Le directeur de la prison, avec qui elle avait des relations sexuelles.
Mais pour la Justice, ce ne sont que des broutilles. Rien qui justifie de purger la peine à laquelle elle a été condamnée. L'urgence est de la remettre en liberté avant la fin de sa peine, et d'ailleurs « elle ne voudrait plus entendre parler de la justice », a expliqué son avocate.
Eh bien je vais vous dire ce que nous en pensons, à l'Institut pour la Justice :
Nous pensons que tout cela est invraisemblable.
Et nous pensons qu'une peine prononcée au nom du peuple français ne doit pas être systématiquement rabotée par un juge d'application des peines.
Nous n'appelons pas à la vengeance. Mais nous ne trouvons pas juste que des personnes qui ont commis de tels actes (c'est elle qui avait eu l'idée d'enlever un « juif », et elle a reconnu avoir choisi, seule, la victime) soient remis en liberté des années avant la fin de leur peine. Nous pensons qu'il en va de notre dignité la plus élémentaire de citoyens de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher notre système judiciaire de continuer à se moquer à ce point des familles des victimes et des citoyens innocents.
Si vous souhaitez vous aussi faire quelque chose, si vous n'avez pas encore participé à notre Référendum sur la Justice, regardez d'urgence cette vidéo.
Et surtout, surtout, faites circuler ce message partout autour de vous.
(http://petitions.institutpourlajustice.com/referendum/video.html).
Un grand merci,
Laurence Havel, Secrétaire générale
Institut pour la Justice - 140 bis rue de Rennes 75006 Paris.
http://www.institutpourlajustice.com/ - http://www.publications-justice.fr/
Le Sentier du littoral à Boulouris
Ce diaporama est agrémenté de diverses musiques de Terri Lyne Carrington extraites d'une composition intitulée "Fantasy Music, Fairy and Magic Music"
Ce petit sentier du littoral balisé en jaune démarre du Port de Santa Lucia à Saint-Raphaël, longe la station balnéaire de Boulouris et se termine à la plage de Dramont. Cette plage est devenue célèbre le 15 août 1944 quand les forces alliées y débarquèrent pour libérer de nombreuses villes du Midi de la France, pour ensuite rejoindre les forces du débarquement de Normandie et finalement bouter les Allemands hors de France. C’est sur cette plage et quelques autres que commença cette opération que l’on a l’habitude d’appeler communément le Débarquement de Provence mais dont le nom de code fut Anvil Dragoon. Bien que mon article n’ait pas pour objectif de vous raconter l’Histoire de France, cette plage est un lieu qui se visite et qui bien évidemment peut représenter un épilogue intéressant à cette petite excursion. D’ailleurs, ce parcours n’est pas à proprement parlé une vraie randonnée mais plutôt une balade qui peut être raccourcie au gré des désirs de chacun et se transformer même en une simple promenade dominicale praticable en toutes saisons. Bien sûr, il ne me paraît pas inutile de rappeler que "praticable en toutes saisons" ne veut pas dire imprudences et que ce sentier du littoral comme tous les autres sentiers en façades maritimes nécessitent que l’on prenne garde aux violents coups de mer qui malheureusement font, chaque année, quelques victimes sur notre superbe littoral français. Personnellement, j’ai parcouru ce sentier deux fois et deux fois incomplètement. Une première fois en mai 2009, en solitaire et aux prémices d’une magnifique journée de printemps puis en famille lors d’un week-end de fin décembre 2011. Alors autant dire que si le sentier que j’ai emprunté était le même, les décors, eux, avaient complètement changé entre ces deux sorties très espacées dans le temps et les saisons. Car ici, les paysages se métamorphosent souvent mais en raison de la puissance des couleurs, comment pourrait-il en être autrement ? Sur ce sentier du littoral, plutôt escarpé par endroits, où rochers, baies, petites calanques, plages de sables fins, villas et belles demeures aux splendides jardins, grèves de galets dorés, criques déchiquetées et anses aux eaux limpides ne cessent de se relayer, tous ces coloris se côtoient et se mélangent pour créer des tableaux incroyablement beaux et changeants. Ici le Massif de l’Esterel plonge dans la mer et laisse affleurer ses dernières roches rouges de porphyres, ici se succèdent les bleus, les gris et les blancs du ciel et de la mer, ici s’entremêlent les différents verts d’une foisonnante végétation, ici, selon l’heure du jour, le temps ou la saison, les panoramas se parent de fabuleuses teintes aux nuances insoupçonnables, ici les couchers de soleil incendient les horizons avec des rouges et des oranges incandescents, enfin et comme le disait si justement Charles Trenet, ici on y vient surtout pour voir danser la mer avec ses reflets changeants, le long de golfes clairs. Vous ne pourrez pas louper non plus, le superbe Temple de l’Amour (voir photo) construit au 18eme siècle et qui est ce qu’on appelle une « fabrique de jardin », construction dont la vocation est d’orné un jardin paysager. En 1944, les soldats qui sont venus nous libérer du joug nazi n’ont sans doute pas eu le temps d’observer toutes ces beautés alors pensons à eux car nombreux y ont laissé la vie pour que nous vivions en paix aujourd’hui. Grâce à eux, nous avons cette chance de pouvoir venir sur ce littoral uniquement pour notre bon plaisir alors peut être qu’en pensant à cela, vous serez plus enclin à terminer cette courte balade par une visite de la plage où le débarquement a eu lieu. Pour cela, après la terminaison du sentier, il vous suffira d’emprunter la Nationale 98 sur quelques centaines de mètres. Pour le reste, je ne vais pas vous faire l’affront de vous décrire cette balade qui est d’une grande simplicité car il suffit de longer le bord de mer en suivant le balisage jaune très présent et de revenir soit par un élémentaire aller-retour soit par la Nationale 98 si vous n’avez pas prévu de laisser un véhicule à chacune des extrémités. Autres solutions, prendre le bus voire le train pour revenir au point de départ. Il y en a régulièrement. La distance à parcourir est inférieure à 10 km, le double bien évidemment pour un aller-retour ou pour un retour par la Nationale. Au plus chaud des saisons, pensez à prendre de l’eau en quantité suffisante. Carte IGN 3544ET Fréjus-St-Raphael Top 25.
Le Pic des Tres Estelles (2.099 m) en 2 jours depuis le Pas de Grau (1.190 m)
Parmi mes randonnées sur plusieurs jours, vous avez peut-être lu ou simplement feuilleté celle que j'ai intitulé "Un cauchemar pour Trois Etoiles". Dans ce récit, j'y racontai l'histoire d'un égarement que Dany et moi avions vécu en mai 2004 en voulant accomplir sur deux jours, une très belle balade qui à partir du Pas de Grau et via Mantet devait nous amener jusqu'au Pic des Tres Estelles puis retour par une boucle A cause de hautes congères de neige sur le versant nord de ce massif , nous avions fini par nous égarer et de ce fait, nous n'avions jamais terminé cette randonnée et ce sont deux gendarmes du Peloton de Haute Montagne d'Osséja qui étaient venus nous chercher au fond de l'insondable ravin de l'Orry. Pour vaincre ce signe indien et pour ne pas rester sur cet échec, cette splendide randonnée, nous l'avons refaite en mai 2006 et c'est celle-ci que je raconte cette fois. Cliquez sur le lien suivant pour y accéder :
Lien : le Pic des Tres Estelles en 2 jours
Le Pic des Tres Estelles (2.099 m) en 2 jours depuis le Pas de Grau (1.190 m) (Nyer/Escaro)
Le Pic des Tres Estelles (2.099 m) en 2 jours
depuis le Pas de Grau (1.190m) (Nyer/Escaro)
1ere étape : Le Pas de Grau - Mantet
« Ce sont les étoiles, les étoiles tout là-haut qui gouvernent notre existence »
Le Roi Lear-William Shakespeare
Ce diaporama est agrémentée de 3 musiques ou chansons extraites de films de James Bond 007. Dans l'ordre d'apparition, elles ont pour titres et sont interprétées par : "James Bond Suite : James Bond Theme / From Russia with Love / Never Say Never Again / Goldfinger par The Mantovani Orchestra", "Licence To Kill par Gladys Knight" et enfin "Live And Let Die (Vivre et Laisser Mourir) par Paul McCartney & Wings"
Vous avez peut-être eu l'occasion de lire sur mon site perso ou bien en vous connectant sur mon blog "Mes belles randonnées expliquées" l'étrange histoire d'un égarement en montagne que nous avions vécu au début du mois de mai 2004 au Pic des Tres Estelles et que j'avais intitulé "Un cauchemar pour trois étoiles". Dans ce récit, je racontai avec force détails, cette expérience que Dany et moi avions endurée lors d'une randonnée qui avait pour objectif de gravir ce superbe pic situé à 2.099 mètres d’altitude en deux étapes à partir du Pas de Grau. Ce jour là, ou plutôt le deuxième jour, le 2 mai 2004 pour être exact, à cause de très hautes congères de neige obstruant le chemin sur le flanc nord du pic, nous nous sommes égarés et après une nuit passée à la belle étoile au fond d'un immense ravin, ce sont deux vaillants gendarmes du Peloton de Haute-Montagne d'Osséja qui sont venus nous chercher. Grâce à ces deux gendarmes et à tous ces hommes qui étaient venus nous porter secours, nous avons pu rentrer à la maison sains et saufs comme l’écrivait L’Indépendant du lendemain. Mais quand on y resonge que ce fut difficile de nous sortir de ce « mauvais pas » et de ce profond ravin et ce ne fut possible que grâce au professionnalisme de ces deux gendarmes et de bien d’autres secouristes comme ceux de la Sécurité Civile. Comment ne pas se souvenir de ces deux jours, perdus au fond de cette abysse, puis de ces heures qui ont suivi où après nous avoir miraculeusement retrouvés, nous avons été contraints d’effectuer une très longue, laborieuse et mémorable descente de l’escarpé et fougueux torrent de l’Orry en canyoning puis épuisés et transis par plus de deux heures d’effort passées dans une eau glacée ce fut un périlleux hélitreuillage au milieu d’un impressionnant magma rocheux avec bien évidemment au bout de celui-ci, cette délivrance et cette liberté retrouvée. De ce fait, ce cauchemar est resté très longtemps gravé dans nos mémoires. L’année suivante, en 2005, nous sommes remontés au Pic des Tres Estelles depuis le col de Mantet, histoire de ne pas rester sur cet échec, mais pour Dany l’évènement était bien trop frais et une fois au sommet, elle n’a pas eu la force de se rendre jusqu’au bord de ce « maudit » précipice où l’Orry prend sa source quelques centaines de mètres plus bas. D’autant que ce jour-là, quelques plaques de neige en travers du sentier avaient oublier de fondre, histoire de lui rappeler que tout avait commencé ici près d’un large névé, « abominable théâtre de nos exploits » où après une longue glissade, les fesses bien au frais, nous avions fini par atterrir dans cette ravine presque sans issue. Mais vaincre ce signe indien et éliminer de nos têtes cette pénible épreuve que nous avions vécue était important à nos yeux car c’était l’assurance de poursuivre à l’avenir et sereinement la randonnée pédestre, cette activité que nous aimons tant tous les deux. Alors, nous n’avons pas jugé utile d’attendre plusieurs années et en mai 2006, cette extraordinaire (le mot n’est pas trop faible !) randonnée nous l'avons refaite avec notre fils et cette fois-ci, tout c’est superbement passé et c'est cette belle histoire que je vous raconte ici. J’avoue qu’à partir du moment ou j’ai décidé de l’inscrire dans mon blog, j’ai eu un mal fou devant la page blanche car les souvenirs que j’avais enfouis depuis quelques années remontaient sans cesse en surface mais cette randonnée de 2006 fut si merveilleuse que j’ai fini par me convaincre qu’il fallait la faire découvrir à ceux qui ne la connaissaient pas. Outre cette beauté, le bonheur de la refaire en famille avait été si grand, les souvenirs y avaient été tellement nombreux qu’il me fut très compliqué de dépeindre ce plaisir tel que je l’avais si formidablement vécu. Alors oui, vous constaterez que je reviens sans cesse sur le passé, mais pour décrire le présent, j’ai quand même tenté de faire simple et de rester dans une description de cette longue randonnée la plus sommaire possible. Y suis-je parvenu ? Sans doute pas mais je me suis dit qu’après tout, il y aurait comme d’habitude, un diaporama de mes photos pour se faire une excellente idée de la subliminale beauté des lieux traversés ; et puis, je sais qu’il n’y a pas que des randonneurs qui viennent sur mon blog « mes belles randonnées expliquées », beaucoup de gens qui ne peuvent plus ou pas marcher y viennent aussi ! Comme je l’ai dit plus haut, nous avons démarré du Pas de Grau, petit collet situé au sud-est de Nyer et au sud-ouest d’Escaro qu’on rejoint par des pistes forestières plus ou moins carrossables. Si vous n’avez pas un véhicule adapté à la pratique de ces pistes et que vous souhaitez démarrer à partir d’un de ces villages, en raison du « bon » dénivelé, comptez une grosse heure et demi de plus depuis Nyer et peut-être un peu moins à partir d’Escaro. Au Pas de Grau, on ignore l’itinéraire commun à la piste qui monte directement au Pic des Tres Estelles (on reviendra par là !) et on emprunte le sentier balisé en jaune qui longe et enjambe un canal d’irrigation, Le canal, on s’en éloigne très rapidement pour monter dans une forêt de pins. Le dénivelé est plutôt rude mais on finit par atteindre le sommet de la Serrat de la Taillade où de merveilleuses vues se dévoilent vers le nord et l’ouest. Vers le nord, la vallée de la Têt, les Garrotxes, les Massifs du Madres et du Coronat et à nos pieds, le minuscule village de Nyer, un peu perdu dans une verdoyante végétation. Vers l’Ouest, de hauts sommets plus ou moins proches où parfois quelques blancs névés colorent encore les flancs. Ces sommets ont pour noms : Roc de Trépassats (2.039 m), Roc dels Cimbells (2.284 m), Pic de la Costa Llisa (2.326 m), Pic de l’Orry (2.040 m), Pic de Rives Blanques (2.445 m) pour ne citer que les plus proches que nous apercevons de l’autre côté de l’immense ravin du torrent Mantet. Mais dans cette formidable Réserve Naturelle de Nyer, ce qui m’a toujours le plus stupéfié, c’est ce fantastique moutonnement végétal arborant en ce joli printemps, l’ensemble des nuances de verts et contrastant terriblement avec ce versant ensoleillé au dessus duquel nous venons d’aboutir. Après la sombre forêt de pins à crochets, nous voilà désormais en plein soleil sur la bien nommée Sola de la Mare de Déu, face à ces merveilleux paysages verdoyants et en surplomb d’un colossal pierrier qu’il nous faut traverser et qui descend dans les étroites Gorges de Nyer. Le chemin descend difficilement dans les caillasses de schistes et dans une flore essentiellement composée de petits genêts aux fleurs d’un jaune intense. On atteint les ruines d’un ancienne et vaste cabane de pierres de sèches puis le chemin repart parallèle en surplomb du canal d’irrigation que l’on aperçoit un peu plus bas. Ici, avec de nombreux murets, de nombreuses cabanes et quelques orris, les empreintes du pastoralisme sont légions et comme tout n’est pas que ruines, vestiges ou décombres, je suppose que parfois certains bergers ou chevriers du coin y amènent encore leurs troupeaux. D’ailleurs, en 2004, nous avions été très surpris d’apercevoir au fond de ce ravin, et dans ce décor pierreux, deux chevaux très maigres et qui semblaient un peu déboussolés. On quitte la « solana » et le sentier finit par s’engouffrer dans une épaisse forêt de feuillus tout en s’élevant sur un bon dénivelé. Ces feuillus, on ne va plus les quitter pendant quelques heures mais le sentier n’en est pas pour autant lassant car, à l’occasion, d’un surplomb, d’un promontoire herbeux, d’un gros rocher ou d’un collet comme ceux de la Pargonneille ou du Bernat, de jolies vues se dévoilent sur tous ses merveilleux panoramas environnants en amont et en aval de l’étranglement de la profonde ravine où rugit l’écumeux torrent Mantet. De temps à autre, de petits terre-pleins parsemés de pelouses et plantés de roses rhododendrons et de jaunes genêts sont des aires de pique-nique ou de repos idéales pour une halte rafraîchissante et bucolique. Si dans ces lieux, on y rencontre surtout de nombreux papillons ou insectes voltigeurs, je garde en mémoire ce fabuleux souvenir de 2004 quand un petit marcassin était venu à notre rencontre me tamponnant le dos en grognant alors que nous faisions une pause café. Après m’avoir glissé entre les doigts, je me suis toujours demandé ce qu’il avait bien pu devenir ce « fragile » marcassin curieux des hommes : a-t-il été dévoré par sa mère car je l’avais touché, est-il devenu un robuste sanglier solitaire et si oui, a-t-il pu échapper aux nombreuses battues ? A l’approche de Mantet, on sort définitivement de la forêt et un hallucinant spectacle visuel s’entrouvre sur des pelouses et des prairies verdoyantes où quelques gentils chevaux s’empiffrent d’une herbe bien grasse. Ici c’est le pays des chevaux mais aussi des chevriers, des terrasses en espaliers mais également d’impressionnants magmas rocheux. Quelquefois quand on regarde ces énormes blocs de gneiss, espèce de mégalithes naturels en équilibre précaire, on se demande ce qui les retient de ne pas débouler plus profondément au fond du vallon. De tout ce spectacle naturel, on ne se lasse jamais et quand, après plus de 7 heures sur les sentiers, on parvient à Mantet et devant cette incroyable et verdoyante vallée de l’Alemany, on est presque déçus d’être déjà arrivés et d’être obligés de rejoindre notre gîte. Nous, nous avions réservé à la Girada et je le dis sans ambages, ce fut le « top » à tous points de vue. Nous fûmes accueillis par Guy et Erica très chaleureusement mais aussi avec cette gentillesse et cette discrétion toute en légèreté qui permettent d’être aussi à l’aise que si nous avions été chez nous. Confort assuré, agréable soirée, excellents repas et p’tit déj' et tarifs corrects dans un cadre montagnard comme on en rêve quand on part faire une randonnée comme celle-là. Je dis tout ça sans aucune équivoque car c’était la première fois que nous y venions et je le dis d’autant plus aisément que je connais bien mieux l’Auberge du Bouf'tic et que là aussi, nous y avons toujours été accueillis formidablement par Odile Guinel, la maire du village. Pour le gîte et le couvert, à Mantet, petit village du bout du monde pyrénéen, vous aurez donc l’embarras du choix même si bien sûr, il est plus prudent de réserver à l’avance. Cette étape terminée, vous partirez sans doute visiter le village et les plus proches alentours comme nous l’avons fait nous-mêmes, histoire de marcher encore un peu….mais après le souper, les jambes un peu lourdes ou tétanisées par le dénivelé accompli, vous languirez certainement le petit lit douillet qui vous attend et vous vous endormirez la tête pleine de toutes ces belles images qui ont jalonnées cette première étape. Cette étape est longue d’une douzaine de kilomètres environ pour un dénivelé cumulé de 1.785 mètres. L’effort y est donc quasiment constant. On démarre du Pas de Grau situé à 1.190 mètres d’altitude pour atteindre le point culminant de cette étape au Col de Bernat à 1.670 mètres. Carte IGN 2249 ET Font-Romeu- Capcir et 2250 ET Bourg-Madame – Mont-Louis – Col de la Perche Top 25.
Quand on va à pied et qu’on démarre de Mantet (1.540m) direction le col éponyme (1.760m), le G.R.10 est la solution la plus directe. Mais comme en général, on sort du petit déjeuner et qu’on est encore froid, les jambes ne sont pas vraiment préparées à cette rude déclivité de 220 mètres de dénivelés pour à peine plus d’un kilomètre, alors autant le dire « Mon Dieu qu’il est dur ce démarrage ! » Je l’avoue, moi qui suis plutôt un « moteur diesel », la mise en route a ici toujours été très difficile. Quant à Dany, cette ascension reste un très mauvais souvenir, non pas à cause de notre égarement de 2004 mais plutôt en raison de cette montée forcée qu’elle avait été contrainte de faire, les plantes des pieds remplies de cloques, lors de notre semaine sur le G.R.10 en 2001 depuis Mérens-les-Vals. Cette année-là, à cause de ses pieds endoloris, notre belle flânerie sur le G.R.10 prévue jusqu’à Vernet-les-Bains s’était arrêtée là sur cette portion du sentier qui croise la D.6. Cette fois, nous sommes montés à notre rythme et sans problème et une fois le col de Mantet atteint, nous avons eu largement le temps de reprendre notre souffle en admirant sous un ciel radieux et cristallin, le minuscule village et cette fabuleuse montagne qui nous faisait face. Jérôme lui était déjà parti photographier les petits moutons de pierres qui décorent joliment la pelouse où a été élevée la stèle de granit en hommage au naturaliste Georges Bassouls. Le temps de quelques photos et nous voilà déjà sur l'étroit sentier qui monte régulièrement vers notre objectif le Pic des Tres Estelles. Malgré le mauvais souvenir de 2004 qui pourrait plomber un peu cette ascension car à l’époque, nous y avions rencontré très rapidement après le col de la Mente, d’importantes et épaisses plaques de neige, cette fois-ci, j’y monte sans aucune appréhension car j’ai étudié le parcours et je le sais très praticable en cette fin du mois de mai. De plus, j’ai toujours adoré cette courte ascension vers le sommet car le dénivelé y est constant mais surtout, il s’y passe toujours quelque chose et je ne vous parle pas ici que des panoramas grandioses que l’on y distingue. En effet, j’y ai vu des isards, des marmottes, des perdrix grises des Pyrénées, des passereaux en grand nombre, de nombreux rapaces, des vaches qui, affolées, descendaient à tout berzingue le flanc abrupt au risque de se rompre l’échine, un cheval affamé qui nous coursait et qui voulait dévorer notre pan-bagnat pour nous piquer sans doute les feuilles de salade qui dépassaient, etc.…. Mais bien sûr, or mis ces spectacles fauniques, il faut le reconnaître, par grand beau temps, cette montée tout en balcon et à flanc du versant sud, avec des vues toujours dégagées sur les Réserves Naturelles de Mantet et de Py, sur le Massif du Canigou, sur les Esquerdes et le Vallon de la Rotja, j’en passe et j’en oublie, est tout simplement prodigieuse. Cette fois-ci, nous n’avons pas dérogé à la règle et de nombreux chevaux sauvages étaient encore là après le Col de la Mente pour agrémenter cette superbe grimpette mais ils ont tous été gentils et aucun n’est venu nous quémander notre déjeuner tant l’herbe des prairies était verte et fraîche et les laîches ponctuées craquantes sous leurs mandibules. Quand on est arrivé au sommet, enfin au collet, car le Pic des Tres Estelles, lui, est le mamelon le plus haut, situé le plus au nord de cette large croupe herbeuse composée de trois grosses bosses, même si je n’étais pas vraiment inquiet, j’ai poussé un « ouf » de soulagement car contrairement à 2004 et 2005, il n’y avait, cette fois-ci, aucune plaque de neige. Définitivement rassurés, nous avons suivi Jérôme qui lui était déjà à mi-chemin du pic et quand nous sommes arrivés au sommet, il était entrain de tourner en rond, appareil photos en mains, pour figer dans son numérique, les extraordinaires vues panoramiques que l’on aperçoit ici à 360°. De tous côtés et vers tous les horizons, ce ne sont que successions de pics dénudés, de sommets rocheux, de barres granitiques, de vastes pelouses, de petits replats, de larges prairies, de sombres ou claires forêts composant une véritable ronde de montagnes verdâtres dont les flancs sont veinés de nombreuses ravines qui plongent dans des vallons non moins verdoyants. Après les inévitables photos souvenirs prises au sommet avec bien en évidence, le fameux mat orné des trois étoiles, il était temps de redescendre et je l’avoue, j’étais un peu anxieux et j’attendais de voir comment Dany aborderait la partie du sentier où nous avions rencontré les hautes congères de neige deux ans auparavant. Mais à vrai dire, il fut assez difficile de reconnaître le lieu exact où nous avions commencé notre terrible galère, il fut assez compliqué de retrouver l’endroit exact où se trouvait le grand névé que nous avions descendu sur le cul, car à l’évidence, cette fois-ci, aucun flocon n’était tombé depuis fort longtemps. Il faut dire que nous sommes passés sans trop nous éterniser et je n’ai pas trop insisté afin que Dany ne se remémore pas ces pénibles souvenirs. Néanmoins, j’aperçus avec un petit serrement au cœur, l’immense pierrier et l’abyssal ravin avec vue sur Escaro où nous avions atterris après notre longue glissade. Le névé était sans doute là me suis-je dit ! Cet éboulis de gros rochers était là pour me rappeler que notre « descente aux enfers » avait commencé ici au bord de cet insondable ravin de l’Orry. Ce ravin, je ne pus m’empêcher de le photographier comme si en gardant cette image de lui vu d’en haut, je voulais définitivement l’exorciser. Mais en continuant à marcher, ces mauvaises pensées furent vite oubliées et avec Dany, nous avons pris plaisir à poursuivre cette partie du chemin que la fatalité nous avait empêché d’accomplir deux ans plus tôt. Il faut dire que cette descente est très contrastée. Elle alterne une partie très caillouteuse où les genêts fleuris colorent et embaument le sentier avec un court tronçon où on ne sait pas pourquoi de nombreux grands résineux sont morts sur pieds. Puis la forêt reprend ses droits, d’abord les conifères puis de nombreuses autres essences où parfois les feuillus prédominent. Nous pique-niquâmes avec là aussi, quelques belvédères laissant entrevoir de jolies vues vers Escaro. Cette vue aérienne d’Escaro, j’avais l’impression de la connaître presque par cœur tant j’avais pu l’observer de notre piton rocheux où nous avions trouvé refuge lors de notre égarement en 2004. Et quand par de courts raccourcis, notre itinéraire se mit à couper plusieurs fois la piste forestière, je ne pus m’empêcher de me souvenir à nouveau de 2004 et de ce petit morceau de carte IGN où j’apercevais celle-ci à moins de 800 mètres à vol d’oiseau de notre lieu de perdition. Sur ce petit bout de carte que je regardais sans cesse, nous étions à la fois si près de cette piste forestière mais en même temps si loin car entourés de hautes barres rocheuses infranchissables et donc dans l’incapacité de l’atteindre depuis l’endroit où nous étions perdus. Plus tard, en regardant à nouveau ma carte IGN, je ne pus m’empêcher de sourire car non loin du Pas de Grau, là même où dans le temps, près d’Escaro, on exploitait des minerais, cet endroit s’appelle « Les Panades », mais il y a aussi non loin du pré où l’hélicoptère nous avait déposés, un autre site du nom de « Le Petit Bonheur ». Alors oui, en 2004 pendant plus de 24 heures, nous avons été dans la « panade » puis les secours nous ont retrouvés au fond de ce ravin pour nous amener vers le « petit bonheur ». Ça ne s’invente pas, mais l'incommensurable bonheur fut celui de retrouver nos enfants ! Cette fois-ci, le retour au Pas de Grau se fit sans problème et avec l’immense satisfaction d’avoir accompli ce magnifique périple, on mit définitivement fin à ce cauchemar que nous avions vécu en 2004 pour atteindre ce modeste sommet qu’on appelle les Tres Estelles ou les Trois Etoiles. Depuis ce triste épisode, j’en étais presque venu à me dire que conquérir ces « Trois Etoiles » était bien plus difficile que d’atteindre n’importe quel autre sommet terrestre aussi haut soit-il. Cette nouvelle expérience me prouva le contraire mais je fis mienne cette citation de William Shakespeare, extraite du Roi Lear : « Ce sont les étoiles, les étoiles tout là-haut qui gouvernent notre existence ». Bien que l’élévation soit plus importante car le Pic de Tres Estelles est situé à 2.099 mètres d’altitude, cette deuxième étape d’une dizaine de kilomètres seulement est sans doute plus facile que la première car les montées cumulées sont moindres (1.020 m) et une fois le sommet atteint, il n’y plus que des descentes. L’équipement du parfait randonneur est obligatoire sur l’ensemble de ce circuit. Carte IGN 2249 ET Font-Romeu- Capcir et 2250 ET Bourg-Madame – Mont-Louis – Col de la Perche et 2349 ET Massif du Canigou Top 25.
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L'Homme, futur ange ou futur démon ?
En décembre dernier, j’ai reçu dans ma boîte aux lettres et gratuitement pendant quelques jours, le journal le Figaro. N’étant pas vraiment du même bord, j’avoue très honnêtement que ce n’est pas mon quotidien préféré. C’est ainsi que j’ai reçu aussi, tous les magazines, les suppléments spéciaux ainsi qu’une fois par semaine la traduction des meilleurs articles du journal américain « The New York Times ». Si je reproche au Figaro d’être trop à droite et surtout son côté excessivement « bling-bling » et « jet-set » de certaines de ses chroniques et de ses pages publicitaires, je reconnais aussi que certains reportages ou articles plus généraux, économiques ou culturels m’ont particulièrement intéressé.
Parmi ces articles, il y en a un dans le New York Times du 2 décembre qui m’a particulièrement interpellé et dont le titre était « L’humanité se bonifie avec le temps ». Vous pouvez lire cet article en agrandissant la photo jointe au bas de cette page.
Evidemment, dans le monde de violences qui nous vivons chaque jour au travers des médias télévisés, il est logique que ce titre m’ait heurté de prime abord.
Dans cet article, le journaliste grand reporter Nicolas D.Kristof y commentait le livre « The Better Angels of Our Nature » (Les Meilleurs Anges de Notre Nature) de Steven Pinker, professeur de psychologie à Harvard. Bien sûr, Steven Pinker reconnaît lui-même que l’on peut être crédule, sceptique voire en colère aux thèses qu’il avance mais si j’en crois Kristof, Pinker se serait appuyé sur des éléments statistiques chiffrés pour la soutenir et c’est ainsi qu’il semble affirmer que le 20eme siècle aurait été moins violent que de nombreux autres siècles antérieurs. Je vous donne quelques exemples de ces statistiques dans l’ordre où ils sont cités par Kristof dans son article :
- 3 % de l’humanité seulement aurait disparu au 20eme siècle au cours des différents affrontements, guerres ou autres génocides.
- 13 % des amérindiens appartenant à des tribus de chasseurs-cueilleurs seraient décédés de traumatismes selon une étude sur des squelettes retrouvés. (Aucune époque n’est précisée mais je suppose que Pinker se réfère à des résultats de recherches paléontologiques sur des ossements vieux de 10.000 ans ou plus.)
- Au 17eme siècle, lors de la guerre de Trente Ans, un tiers de la population allemande aurait été anéanti.
- En Grande-Bretagne, la proportion d’homicides aurait chuté de plus de 90% depuis le 14eme siècle.
Ne sachant pas si c’est Kristof qui écrit ou si ce dernier cite Pinker, je passe sur les quelques exemples de violences du temps de l’Europe féodale du style « un jeu constituait à rivaliser pour tuer à coups de tête un chat cloué à un poteau, etc.… » ou bien concernant la brutalité dans d’autres cultures « quand j’ai appris le chinois, j’ai été surpris de tomber sur des idéogrammes comme celui d’un couteau à côté d’un nez : il se prononce ‘Yi’ et signifie ‘couper le nez en guise de punition’. Ce caractère n’est plus étudié ».
C’est quelques exemples de violences peuvent presque prêtés à sourire au regard de ce que nous voyons, lisons ou entendons quotidiennement dans les divers médias.
Bien évidemment, je n’ai pas lu le livre de Pinker mais si j’ai bien compris, ce dernier en sa qualité de psychologue, explique que c’est dans la nature de l’homme d’imaginer qu’il vit dans un monde de plus en plus violent et cette perception serait encore plus vraie aujourd’hui par l’amplification que les médias donne à ce type d’événements que sont les guerres, les révolutions, les attentats, les massacres de civils, les homicides, etc.… Il insiste sur le fait que l’humanité serait globalement plus gentille grâce à une accélération du progrès moral. Bon, je veux bien croire à tous les arguments de Pinker mais j’ose espérer qu’il y ait dans son livre d’autres exemples statistiques bien plus crédibles ou avérés que ceux cités par Kristof car peut-on raisonnablement comparer quelques os brisés d’Amérindiens et les chiffres jamais confirmés des morts de la Guerre de Trente Ans, vieille de 4 siècles avec les deux conflits planétaires qu’ont été la 1ere guerre mondiale qui a duré 5 ans et qui a fait 9 millions de victimes puis quelques année plus tard, la seconde qui a duré 6 ans et qui a fait selon les historiens 62 millions de morts tous camps confondus. Si l’on fusionne tous les conflits, le 20eme siècle aurait fait plus de 100 millions de morts si j’en crois les statisticiens de l’Histoire alors bien sûr selon le regard très sensible ou purement comptable que l’on porte à ce nombre, on peut considérer qu’il s’agit d’une abominable horreur ou bien estimer au contraire qu’il s’agit d’un moindre mal au regard des quelques milliards d’individus qu’il y avait sur Terre au siècle précédent.
Après la lecture de cet article de quelques lignes, je ne voulais surtout pas me faire de fausses idées au sujet de ce livre que je me procurerai sans doute dans sa version française si elle existe un jour. C’est donc naturellement que je suis allé sur le Net, voir si d’autres personnes avaient sensiblement le même point de vue que moi à savoir un avis un peu contradictoire à celui de Steven Pinker et à vrai dire, la plupart des commentaires que j’ai trouvé sont assez partagés. Parmi ces avis, j’ai bien aimé celui du philosophe Michel André dans Books. Comme moi, Michel André et bien d’autres personnes continuent à s’interroger sur ce monde que Pinker décrit comme bien meilleur aujourd’hui et depuis quelques temps déjà.
S’il est vrai qu’il n’y a plus eu d’antagonismes mondiaux depuis plus de 60 ans, il est évident que les deux guerres mondiales sont encore ancrées dans nombre de mémoires, il est évident aussi que de nombreuses civilisations ont fait incontestablement de remarquables avancées mais je crois surtout que cela tient au fait que certains pays détiennent le feu nucléaire dont on a vu les effets terriblement dévastateurs lors du conflit américano-japonais en 1945. La bombe atomique fait peur et son côté fortement dissuasif est sans doute pour beaucoup dans la relative tranquillité que nous vivons depuis quelques décennies dans les pays dits occidentaux. Pour autant, cette paix mondiale est-elle éternelle ? On peut clairement répondre non car il faut reconnaître que les guerres entre de nombreux pays belligérants n’ont jamais cessé depuis 1945. Quand aux autres types de violences, il ne se passe pas un jour dans le monde sans qu’il y ait depuis le début du 21eme siècle, qui a commencé avec le terrible 11 septembre 2001, des rivalités religieuses sanglantes, des attentats très meurtriers, des meurtres en série ou pas, des tueries de toutes sortes comme celle que vient de vivre Oslo, il y a quelques mois.
Alors oui c’est vrai, je n’ai jamais de mon existence été confronté à la même peur et à la même barbarie que celles que mon grand-père paternel a connu dans les tranchées de 14-18, je n’ai jamais connu de privations identiques à celles que mes parents ont vécu dans les années 40 mais pour autant faut-il dire que les violences que nous vivons de nos jours sont moins traumatisantes. Difficile de répondre à cette question car les violences ne sont plus de même nature en tous cas pour nous occidentaux mais d’un autre côté, les incivilités sont plus récurrentes, le stress de la vie quotidienne et dans nos jobs notamment dure parfois bien plus longtemps que les 5 à 6 ans qu’ont duré les guerres mondiales quant aux cruautés et aux souffrances vécues par les autres, nous y sommes confrontés à chaque journal télévisé et donc bien plus souvent que tous nos ancêtres qui ne vivaient évidemment que leurs propres brutalités.
Au-delà des chiffres et de ces querelles de savoir si notre monde est plus ou moins violent qu’au cours des siècles précédents, il faut en tous cas espérer mais rien n’est moins sûr que l’Homme devienne au fil du temps plus ange que démon. Alors l’Homme, futur ange ou futur démon ? La gentillesse est-elle l’avenir de l’Homme ? C’est en tous cas, le meilleur vœu que nous puissions faire pour nos générations futures….
La Serre du Scorpion depuis Fitou
Ce diaporama est agrémenté de 7 chansons interprétées par le chanteur et guitariste américain de rock'n'roll Carl Perkins. Extraites de son album "Ten Songs For You", elles ont pour titre : "Blue Suede Shoes", "Matchbox", "Boppin' The Blues", "Honey Don't", "Gone, Gone, Gone", "Movie Magg" et "That's All Right".
Aux Portes de Boucheville (838 m) depuis Vira (604 m)
Vous allez certainement vous dire que je ne quitte plus le pays Fenouillèdes car après l'époustouflant Pic de Vergès, le retour dans le temps à la Tour de Lansac, me voilà désormais au ravissant hameau de Vira pour une petite balade qui s'appelle "Aux portes de Boucheville". Autant le reconnaître, ce jour-là, Dany et moi, nous n'étions pas vraiment partis là-bas dans cette grandiose et superbe forêt de Boucheville pour faire une véritable randonnée car notre objectif principal était d’abord d'aller cueillir du houx pour préparer le marché de Noël de notre village. Le résultat de cette agréable cueillette étant de constituer de jolis bouquets au profit de l'Association des Chats d'Oc de Saint-Estève, association qui avec beaucoup de persévérance et de courage vient en aide à nos animaux de compagnie depuis de nombreuses années. Le temps très doux de ce joli jour de décembre et l’occasion faisant le larron, nous avons donc joint l'utile à l'agréable. Et quand, je dis agréable, cet aspect-là des choses n'a pas consisté seulement à marcher, à pique-niquer et à ramasser du houx car il y a eu d'autres moments bien délicieux au cours de cette petite balade. En premier lieu, quand nous avons laissé notre véhicule à l’entrée du hameau, un gentil chien est venu d’emblée nous faire des fêtes. Allez savoir pourquoi, nous l’avons presque immédiatement appelé « Virus ». Sans doute, à cause du nom du village « Vira » mais aussi peut-être parce qu’il était collant et aussi difficile à se débarrasser qu’une maladie virale. Virus a commencé par nous suivre jusqu’à la place principale où, depuis que j’avais effectué une jolie boucle à la « Source des Verriers », je savais à l’avance que je trouverais d’autres panonceaux de randonnées. Effectivement, trois panneaux sont là pour donner le départ vers la Source des Verriers, le Sentier botanique de Vira et enfin notre randonnée du jour : « Aux Portes de Boucheville – 5,3 km – 1h50 – dénivelé 230 m ». Bizarrement et avant même que l’on emprunte le bon itinéraire, notre ami Virus, à la fois canin et câlin est déjà là à attendre dans la bonne direction comme s’il savait déjà quelle balade nous avons choisie. En tous cas, lui est bien décidé à venir en balade avec nous et quant on passe devant « La Claire Fontaine » en empruntant le « Chemin des Pradillets », Virus a déjà pris 20 mètres d’avance et il nous attends assis sagement sur son arrière-train avec un petit air qui semble vouloir dire : « Eh les amis, il faudrait voir à accélérer un peu le pas ! » Arrivé près d’un bel oratoire, il a déjà tourné à droite et il va en être ainsi tout au long du parcours car s’il y a une réelle évidence, c’est celle de constater que Virus connaît pas cœur cet itinéraire « Aux Portes de Boucheville ». Il faut reconnaître qu’en suivant Virus, Dany et moi ne trouvons pas utile de suivre les marques peintes en jaune pourtant parfaitement présentes et visibles. Virus, lui, suit son propre balisage jaune, celui de ses traces d’urine qu’il laisse à tous bouts de champ et à intervalles réguliers en levant la patte. Le chemin s’élève bien vite et laisse entrevoir des vues magnifiques sur Vira mais aussi bien plus loin, vers les blanches Corbières et les 1.230 mètres de son point culminant le Pech de Bugarach, véritable mastodonte de calcaire vu d’ici. Mais étonnamment, c’est un autre sommet, le Sarrat Naout qui semble bien moins haut qui attire nos regards. Pourtant, point culminant lui aussi mais des Fenouillèdes cette fois, avec ses 1.310 mètres de hauteur, le Sarrat Naout n’a rien à envier au Bugarach et il domine remarquablement le paysage de son dôme roussâtre qui se dévoile au bout du sentier. Plus loin, c’est le Pech de Fraissinet qui découvre sa protubérance pelée telle une grande baleine à bosse qui flotterait sur un immense océan végétal. Après les pluies torrentielles des derniers jours, les abords du chemin sont de véritables champignonnières naturelles mais dommage car la plupart des champignons sont soit déjà véreux soit dangereux et inconsommables. Avec deux gros lactaires délicieux et deux gros bolets dont un excellent « bleuissant » trouvés dans la forêt, nous aurons plus de chance en début d’après-midi mais l’heure du pique-nique est déjà venue au grand dam de Virus qui se demande bien pourquoi tout à coup on s’arrête. Lui qui sans cesse marche avec 20 ou 30 mètres d’avance mais reviens aussitôt vers nous quand il nous perd de vue, accomplissant ainsi plusieurs fois le parcours, cette fois, il ne comprend pas cette halte impromptue. Il aboie, part en courant puis revient, dodeline de la tête comme pour nous dire : « eh que faites-vous, il faut y aller, c’est par là ! ». Puis il s’arrête et nous regarde de son air désabusé, surpris de nous voir nous installer sur la pelouse d’une clairière ensoleillée. Mais quand on sort les casse-croûtes, Virus n’est pas si bête que ça et il comprend vite que s’il veut sa part de la collation, il a tout intérêt à venir s’allonger entre nous deux. Mais Virus, même en jouant les mendiants avec ses faux airs de chien battu, est bien difficile à contenter car quand on lui tend un morceau de notre sandwich, il délaisse le pain et préfère sans contestation aucune le jambon, le saucisson et le pâté. L’après-midi, nous reprenons la piste forestière qui zigzague dans une belle hêtraie où les vestiges de quelques cortals finissent de tomber en ruines. Si les hêtres déjà bien dégarnis de leurs feuilles sont les plus nombreux, quelques derniers feuillages d’autres essences luttent encore pour le titre de la plus belle couleur d’automne. Quand aux quelques pins et autres conifères, ils sont parfois les terrains de jeux de quelques écureuils joueurs, malicieux et très difficiles à photographier. Pour trouver du houx aux superbes boules rouges que nous sommes venus chercher, il nous faudra néanmoins sortir un peu des sentiers battus. Virus, lui, continue à nous montrer la route et s’agace de nos volte-face incessantes quand on se met en quête de chercher des champignons ou bien du houx ou quand je cours avec mon numérique derrière un écureuil. Puis, Virus repart de la plus belle des manières et semble apprécier quand on retrouve le parcours dont il connaît l’itinéraire aussi bien que le bout de sa « truffe ». A l’approche d’un joli chalet de bois, Virus part dans le pré comme s’il connaissait très bien les lieux mais ce dernier étant vide de tout occupant, il se ravise et reprend la course en avant de sa « folle » chevauchée dans la descente qui mène directement vers l’aire de pique-nique et le sentier botanique tout proche. Situé à moins de 200 mètres, on peut aisément coupler la découverte du sentier botanique de Vira à cette courte randonnée. A cette intersection de plusieurs chemins et après avoir retrouver le bitume sur quelques centaines de mètres, on va très rapidement le délaisser à nouveau en s’élevant parallèlement à la route forestière qui arrive directement de la Source des Verriers et descend vers le village. Nous, du village, on va en avoir une ultime et magnifique vue aérienne sur ce dernier tronçon du parcours qui, au travers d’un chemin parfois haut ou parfois creux, encadré qu’il est de terrasses de pierres sèches, nous emmène illico à Vira. Au village, Virus retrouve un petit dogue, bon pote à lui semble-t-il et ils vont finir ensemble et sans problèmes nos restes de casse-croûtes. Mais quand l’heure de reprendre la route a sonné, c’est avec un petit pincement au cœur que nous regardons Virus courir derrière notre voiture en aboyant comme s’il voulait nous dire : « Revenez, ne partez pas, revenez !!! ». Ah, si nous n’avions pas tant de chats et si tu n’avais pas un gentil maître qui te laisse tout le loisir de gambader, nous aurions bien aimé t’adopter affectueux et attachant Virus ! Et puis Virus, il faudra bien que tu continues à montrer le chemin à tous ces futurs randonneurs qui viendront effectuer cette jolie randonnée qui figure en bonne place dans le guide « 34 randonnées en Agly-Verdouble » ? Pause pique-nique et recherches incluses, nous avons mis trois heures pour accomplir cet agréable circuit « Aux Portes de Boucheville ». Il s’adresse à tout le monde et peut-être l’occasion d’une agréable sortie familiale où jeunes et moins jeunes y trouveront leur compte. Carte IGN 2348 ET Prades - Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.
























