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Les Chapelles du Coronat (St-André de Belloc et St-Etienne de Campilles depuis Conat

Publié le par gibirando

CHAPELLECORONATIGN

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


Avant de vous parler de cette balade que j'ai intitulée « Les Chapelles du Coronat », laissez-moi évoquer d'autres souvenirs pas si anciens que cela. A partir du joli village de Conat, j’avais eu l’occasion de vous entraîner à la découverte de deux vieilles chapelles perchées sur le Pla de Balençou (Vallenso). Il s’agissait de celle ruinée de Sainte-Marguerite de Nabilles puis celle magnifiquement restaurée de Saint-Christophe qui jouxte le hameau de Llugols. Ce minuscule hameau de Llugols, je l’avais découvert deux ans auparavant, en 2007, lors de mon Tour pédestre du Coronat et je garde encore aujourd’hui le souvenir de cette étape profondément ancré dans mon cœur tant j’avais apprécié l’accueil à la fois amical, bienveillant et empreint d’une grande simplicité qui m’avait été réservé par le couple du gîte Naulin. Lors de ce court séjour qui n’avait duré que le temps d’un après-midi et d’une nuitée, j’avais vraiment été « soigné aux petits oignons ». Le lendemain matin, partant pour la dernière étape pour relier Jujols, j’avais quitté le gîte à regrets tant j’y avais apprécié sa sérénité et tant je m’étais senti bien dans ce hameau un peu oublié du monde. Ne trouvant pas suffisant de quitter le gîte avec nostalgie, j’étais parti de surplus avec Bonnie, le chien des Naulin. Un chien très attachant et espiègle qui m’avait suivi pendant plus de deux heures et si loin que je m’étais inquiété de son sort dès lors qu’il m’avait brusquement quitté pour partir à la poursuite de probables sangliers. Je venais de traverser Conat et j’étais à ce moment-là dans l’ascension qui allait m’amener à la très belle chapelle de Saint-André de Belloc. La tête emplie de ces charmants souvenirs et de bien d’autres, j’ai donc décidé de repartir sur ce même chemin et c’est donc une portion de cette dernière étape du Tour du Coronat en direction de Belloc et de Campilles que j’ai mise à l’affiche de mon blog. Pour la nécéssité d’en faire une balade sur une seule journée, je l’ai transformé en une jolie boucle qui nous ramène au point de départ. Ce point de départ, c’est la Place du 8 mai 1945 qui jouxte la mairie de Conat. En réalité, il s’agit d’un parking où l’on peut garer de nombreuses voitures. Une rampe monte derrière le petit cimetière en direction du magnifique clocher de l’église. Un panneau de bois se présente : « Beilloc ». Cette dénomination qui peut s’écrire également Belloc ou Belloch est un toponyme assez répandu dans le département et dans tout le sud-ouest signifiant « Beau lieu ».  Quand on sait cela mais qu’on ignore où l’on va randonner, c’est plutôt encourageant car on peut imaginer que de belles « découvertes » vont sans doute se présenter. Un étroit sentier monte à découvert pendant quelques instants laissant entrevoir de jolies vues sur les jardins maraîchers. Très rapidement une deuxième pancarte métallique de couleur verte se présente : « Conat, Réserve Naturelle – Ministère de l’Environnement – La faune, la flore, les milieux naturels sont protégés ». Une prévention qu’il n’est pas inutile de rappeler tant il arrive de trouver des déchets de toutes sortes sur certains sentiers. Le nôtre s’enfonce dans un sous-bois de petits chênes verts mais peu à peu bien d'autres végétaux viennent les remplacer. Si vous avez accompli la balade vers le Pla de Balençou sur le versant ensoleillé qu’ici on appelle à juste titre la « Solana », vous constatez immédiatement la différence qu’il peut y avoir entre cet adret et l’ubac ou « Bac » en catalan, c'est-à-dire le versant ombragé du vallon où nous nous trouvons aujourd’hui. Ce vallon, c’est celui du Callau (parfois écrit Caillau ou même Caillan). Au milieu coule la rivière…du même nom. Aujourd’hui, finit les caillasses aux arêtes acérées, finit les lauzes de schistes qui glissent sous les pas, finit les gravillons sableux qui roulent sous les godillots, finit les grimpettes en plein cagnard,  non, ici c’est un sentier souple fait d’un terreau de feuilles décomposées ou de ramilles desséchées que l’on chemine le plus souvent. Malgré un bon dénivelé, il est très agréable à cheminer et serpente essentiellement dans un sous-bois de petits feuillus : les chênes verts, les buis, les chèvrefeuilles, les cornouillers, les pistachiers lentisques, les genêts, les églantiers, les baguenaudiers, les genévriers et bien d’autres arbustes de ce maquis bordent le parcours qui s’élèvent en zigzagant en sein de la « Boixera ». Brusquement, à l’approche des falaises, les senteurs se modifient et un parfum de résine emplit l’espace dès lors que la majorité de ces feuillus va laisser la place aux pins à crochets qui vont devenir à leur tour majoritaires. En cette fin du mois d’août, les plantes fleuries se font plutôt rares : quelques euphorbes, de jolis chardons, des céphalaires à fleurs blanches, de rares catananches, quelques ombellifères. Vers le bas, les belles vues sur Conat apparaissent à l’occasion de quelques trouées. En face, se dégagent les panoramas sur le Pla de Balençou où tels de petits « Lego », on peut distinguer les chapelles précitées et les rares maisons du hameau de Llugols. Sur la droite le vallon du Caillau s’entrouvre largement sur des décors plus vastes et des horizons plus lointains où prédominent les habitations. La plaine de la Têt est perceptible. L’ouest reste invisible et ce n’est qu’en arrivant au pied de la falaise qu’on finit par embrasser cet horizon fait de petites collines verdâtres, de profonds ravins insondables et sur les hauteurs, d’une longue chaîne de montagnes bleutées qui s’étire de la forêt domaniale de Nohèdes-Urbanya jusqu’au Massif du Madres. Ici, en atteignant le Serrat des Estelles, haute falaise blanchâtre veinée de rouille, on en termine avec l’essentiel du dénivelé. Ici, atteindre les « Etoiles », c’est tout simplement franchir ce seul passage accessible que l’on appelle le Pas de l’Echelle et parvenir au dernier barreau de cet escabeau rocheux. Ce dernier échelon, c’est un éperon broussailleux qui s’avance sur des panoramas époustouflants. Mais aujourd’hui, qu’ils soient proches ou lointains, ces panoramas sont plutôt opalescents. On devine au loin la petite perle scintillante du lac de Vinça. Encore plus loin, on ne fait qu’imaginer la Plaine du Roussillon encadrée de longues collines grisâtres dont les extrémités disparaissent dans une ouate blanchâtre infinie : la Méditerranée !  Déjà, le regard se tourne vers d’autres pôles d’intérêts : la belle forêt de Belloc prend pour la saison quelques couleurs automnales d’un rouge déjà bien vermillon, le Massif du Canigou, dont on n’aperçoit pas encore le pic, ressemble d’ici à une colline bleutée presque plane. Sur la gauche et au loin, de l’autre côté d’une petite ravine, on croit voir un bâtiment blotti dans un petit bosquet de chênes et ce n’est qu’en avançant encore qu’on arrive enfin à distinguer le joli clocher-mur d’une chapelle. Il s’agit de Saint-André de Belloc qui se détache enfin dans un ciel pur mais très laiteux. Notre premier objectif n’est plus très loin et il ne faut désormais que quelques minutes pour l’atteindre. Au préalable, on aura serpenté dans une sombre pinède puis longé un grand mur de pierres se terminant par un petit souterrain. Est-ce les vestiges d’une petite enceinte et d’une ancienne soute à munitions ? Vauban serait-il venu jusqu’à Belloc, lui qui avait la farouche volonté de vouloir sécuriser tout ce secteur du Conflent ? Il faut dire que dans cette colline de Belloc qui domine le fort Libéria, Villefranche-de-Conflent et ses remparts mais également la confluence des trois vallées de Cady, de Rotja et de la Têt, ces quelques reliefs seraient de bien pâles vestiges militaires au regard de tout ce que Vauban a édifié pour que Villefranche ne tombe pas entre les mains des Espagnols. Par une large piste, on atteint un carrefour et l’ancien hameau de Belloc ou du moins ce qu’il en reste, c'est-à-dire deux ou trois ruines envahies par des lierres et des ronces, une minuscule bâtisse servant désormais de refuge aux randonneurs et enfin la belle chapelle Saint-André parfaitement restaurée mais malheureusement fermée certainement par crainte des vandales. Aucune des fortifications de Vauban n’arrêtera jamais ceux qui ont souillé et barbouillé les murs et les cloisons du refuge d’innombrables tags et surtout de messages indélicats et grossiers. Le vandalisme n’est pas un vain mot et malheureusement, la bêtise humaine, ses abjections et leurs ignominies arrivent sournoisement dans les plus belles de nos montagnes munies trop souvent de bombes de peinture ! Je n’en suis pas certain mais je suppose que pour les randonneurs qui voudraient avoir un aperçu de l’intérieur de la chapelle, la clé du cadenas est sans doute disponible dans une mairie ou auprès d’une association de sauvegarde du patrimoine du secteur. Il doit en être de même pour la chapelle Saint-Etienne de Campilles, deuxième objectif de notre balade. Depuis Belloc et pour se diriger vers Saint-Etienne de Campilles, il faut, après la découverte de la chapelle Saint-André, retourner au carrefour des pistes et face au refuge, il faut emprunter celle qui file vers le sud. Immédiatement, un petit panonceau « Saint-Etienne » et un balisage jaune et rouge sont visibles sur le tronc d’un arbre. Le balisage, c’est celui de l’ancien Tour du Coronat jamais réhabilité. On quitte la piste au profit d’un étroit sentier qui s’enfonce dans un sous-bois. Au fur et à mesure que l’on s’élève, le sentier s’élargit jusqu’à devenir une piste forestière. Ici, on déambule dans ce qui est déjà la forêt domaniale du Coronat et même si le « mont » du même nom est à plusieurs lieux d’ici, on est bien au sein du massif éponyme. Tout en montant, Dany et moi sommes affligés car peut-on donner le nom de « forêt » à ce spectacle de désolation qui s’ouvre désormais devant nous. Nous ne reconnaissons plus rien de cette belle et sombre forêt de hauts pins noirs d’Autriche et de grands pins sylvestres que nous avions découverts bien des années auparavant et dernièrement encore lors de mon Tour du Coronat. Que sait-il passé ? Quelques bûcherons seraient-ils devenus fous ou bien, est-ce les effets d’une terrible tempête ? Non, par expérience et pour avoir déjà vu de tels dégâts un peu partout dans le département, je comprends qu’une violente tornade est à l’origine de ce désastre. D’ailleurs, il suffit de regarder certains de ces pins fracassés, étêtés et dépouillés de leurs branches pour comprendre que c’est sans doute Klaus qui en janvier 2009 est passé par là. J’ai lu sur le Net (http://guyviguier.free.fr/) que l’Administration forestière avait racheté tous les terrains de cette Combe de Belloc et de Campilles dès 1875 alors que le hameau de Belloc s’était déjà vidé de tous ses habitants. Le but était d’en faire une forêt purement anthropique car à l’époque, ce secteur de montagne escarpé était désertique et seuls quelques champs abandonnés subsistaient sur ses flancs. Ce fut chose faite avec une plantation de pins noirs d’Autriche dès la fin du 19eme siècle. Voilà cette forêt décimée avait au moins 110 ans et ses arbres une hauteur d’au moins 25 mètres pour un diamètre d’environ 40 centimètres. Tôt ou tard la nature reprendra sans doute ses droits mais pour reconstituer une forêt à l’identique qu’elle soit naturelle ou pas, il faudra encore le même laps de temps. Quelques rares arbres ont résisté mais de  nombreux gisent encore à terre, d’autres ont eu leurs troncs fracassés et sectionnés mais pour la plupart, ils ont définitivement disparu et ont sans doute fini leur voyage, broyés dans des scieries, transformés en granulés en en bois de chauffage. Les beaux papillons, attirés par cette clairière aussi soudaine qu’inattendue ont pris possession des lieux et prennent plaisir à butiner les innombrables buplèvres, les jaunes séneçons, les lavandes parfumées et les dernières fleurs roses ou pourpres des nombreux plants de thym et d’origan. Dans la montée, le Canigou se dévoile intégralement et sa vue nous fait un peu oublier les calamités subies par cette forêt. Tout en montant vers Campilles, la forêt semble avoir moins souffert dans ce secteur et je peux me replonger dans mes vieux souvenirs de mon Tour du Coronat. D’ailleurs, je n’ai rien oublié ni de la belle petite chapelle Saint-Etienne qui apparait soudain avec sa toiture mi-ciment et mi-lauzes grises, ni de mes vieux souvenirs et notamment de cette rencontre impromptue avec un couple de touristes bien sympathique et leurs trois filles. Une de ces rencontres imprévue mais si cordiale qui fait que l’on aime encore un peu plus la randonnée pédestre. Pendant que cette jeune femme veillait fidèlement sur ses trois enfants, ce jeune homme voulait tout savoir du fonctionnement de mon GPS et de la cartographie du lieu. Fan de VTT, il voulait tout savoir des randonnées du coin. Pendant que son épouse ne pensait qu’à m’offrir un bout de son gâteau, lui voulait tout savoir du Pic du Canigou, étant persuadé que son ascension était réservée aux seuls alpinistes chevronnés. Je ne pus faire autrement que de répondre à toutes les interrogations de ce jeune homme. Je ne pus faire autrement que de goûter à un morceau de ce délicieux gâteau si gentiment offert. Ce jour-là, ce fut pour moi, une halte si agréable que je ne vis pas le temps passer et mon arrivée à 20 heures à Jujols, terme de mon Tour du Coronat, fut bien plus tardive que je ne l’avais initialement programmée. Voilà dans quel état d’esprit j’ai retrouvé Campilles, son agréable replat où j’avais longuement papoté et où il fait si bon se reposer à l’ombre des chênes verts. Un peu plus loin, j’ai retrouvé le faîte de son « Roca Roja » dont le folklore prétend qu’avec un filon de son marbre rouge on aurait construit une partie du tombeau de Napoléon. Je ne peux bien évidemment pas vous certifier si cette histoire est vraie ou fausse mais elle m’a été racontée par un ami des plus fiables. Depuis le sommet de ce roc, les vues sur Villefranche, le fort Libéria et la confluence des trois vallées y sont exceptionnelles et imprenables. On peut au choix retourner vers Belloc par le même chemin ou bien en empruntant la piste, un peu plus longue, qui passe au pied du pylône émetteur TV. A Belloc, on descend la piste qui file vers l’est mais après la dernière grande bâtisse en ruines, on emprunte aussitôt un sentier qui file à main gauche et entre dans un sous-bois. Ce sentier est un raccourci qui évite quelques sinuosités de la piste et permet de découvrir des amoncellements de pierres rouges et un original « orri » de la même couleur. Ces petits terrils sont les résidus et les dernières traces des nombreuses mines de marbres qui ont été exploitées dans le secteur jusque dans les années 70. Très difficile d’accès, celle de Belloc où l’on extrayait un marbre griotte fut abandonnée bien auparavant. Dans le Massif du Coronat, on a trouvé des marbres de toutes les couleurs et on trouve encore très facilement de nombreux fragments mais ici sur les flancs de la colline de Belloc, les marbres exploités par une marbrerie de Ria étaient plutôt violet, incarnat ou bien griotte. Après les mines, on retrouve la piste qui va nous ramener sans problème vers la Vallée du Callau, d’abord sur le D.26 et finalement vers Conat. Il y aura bien au préalable une dernière chapelle, mais c’est celle de Sainte-Croix et comme il s’agit seulement d’une vieille ruine amplement délabrée, on n’y prête guère attention d’autant que de magnifiques vues apparaissent en surplomb des Fontanells. Ici, la piste paraît récente mais il s’agit en réalité de chemins ancestraux qui faisaient le lien entre Ria et Conat ou Llugols et Belloc et que les bergers utilisaient pour la transhumance. C’était les fameux « Cami ramader ». Sur la D.26 et en direction de Conat, il y a aussi un petit oratoire dédié à Saint-Joseph. Puis enfin, à l’entrée de Conat, on trouve un autre oratoire quasiment semblable dédié à la Vierge. Après avoir parcouru une quinzaine de kilomètres pour un dénivelé de 540 mètres environ, l’incroyant que je suis a finalement terminé cette « religieuse » boucle après être resté un peu plus de 5 heures arrêts inclus sur les sentiers du Coronat. Ce fut pour moi un pur bonheur que de remonter à Belloc et Campilles car j'y avais laissé quelques bons vieux souvenirs que j'ai finalement retrouvés ! Bien entendu, toutes ces chapelles romanes qu'elles soient du Coronat ou du Pla de Balençou peuvent faite l'objet de balades bien distinctes et bien évidemment les distances à parcourir en sont le plus souvent raccourcies. Carte IGN 2348 ET Prades-St-Paul-de-Fenouillet Top 25.

(PS : Ayant reçu plusieurs messages et commentaires, je confirme que ces deux chapelles et même une troisième (Notre-Dame de Vie) peuvent être découvertes à partir d'une randonnée en boucle qui démarre de Villefranche-de-Conflent. Cette randonnée porte le nom de Circuit des Trois Chapelles ou Balcon de Villefranche-de-Conflent.

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Les Virades de l'Espoir -Vaincre la mucoviscidose à Saint-Estève

Publié le par gibirando

Ce petit diaporama est agrémenté de la Chanson de Lara, interprétée par John William et bande originale du film "Le Docteur Jivago"

 VIRADES-DE-L'ESPOIR
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Bon an, mal an, j’ai toujours donné quelques euros à plusieurs associations caritatives comme les Restos du Cœur, l’Arc, les Orphelins de la Police, l’Ifaw, le Téléthon, etc…et quelquefois encore pour des causes exceptionnelles comme le dramatique séisme d’Haïti ou bien le terrible tsunami de 2004 dans l’Océan Indien mais je dois l’avouer, participer à deux marches, en deux jours consécutifs, pour deux bonnes causes, cela ne m’était jamais arrivé.

Bien sûr, je n’en tire aucune gloriole mais quand on aime la marche comme je peux l’aimer c’est un vrai petit plaisir que d’avoir participé à ces Virades de l’Espoir organisées dans mon village. Après avoir marcher la veille contre Groupama pour « Libérer le Madres », voilà une cause que je connaissais mal et avoir entendu Armand Abad, le représentant départemental de l’Association « Vaincre la mucoviscidose »  énoncer les sanglots dans la voix, les prénoms de tous les enfants malades du département avait quelque chose de tout spécialement émouvant. Rien qu’à cause de ça, j’étais content d’être venu, d’avoir fait un don et cela suffisait à mon bonheur…

Mais au moment de partir, mon attention fut attiré par un véhicule qui était garé sur le parking appartenant sans doute à  l’Association et sur lequel était apposé le logo de Groupama sur la carrosserie. Bien évidemment, je fis la déduction que le groupe d’assurances participait certainement à cette opération. Après vérification sur le Net, j’eus la confirmation que cette hypothèse s’avérait juste et que Groupama participe bien à travers sa Fondation pour la Santé aux Virades de l’Espoir…

A vouloir trop en faire, ne risque-t-on pas de passer pour une girouette ?  Un jour d’un côté, un jour de l’autre !!!

Vous ne trouvez pas que c’est compliqué tout ça ? Moi si !

Vous pouvez faire un don en cliquant sur le lien suivant :

"VAINCRE LA MUCOVISCIDOSE"

Définitions du dictionnaire :

Mucoviscidose : maladie héréditaire caractérisée par un épaississement des sécrétions muqueuses qui provoque une  insuffisance respiratoire et digestive.

Virade : marche ou randonnée effectuée sans durée définie, à laquelle les participants amènent des dons pour un objectif médical ou humanitaire.  

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Libérer le Madres, nous y étions !

Publié le par gibirando

Ce court diaporama est agrémenté de la chanson "Libertango" du compositeur Astor Piazzolla. Elle est interprétée ici par l'accordéonniste Marcin Wyrostek accompagné de l'Academic Symphonic Orchestra in Katowice (Pologne) dirigé par Sebastian Perlowski. (Version incomplète).

 LIBERER-LE-MADRES
LE-MADRES-LIBERE
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A l’appel du Collectif pour « Libérer le Madres », j’étais ce samedi 29 septembre 2012 au col de Jau puis au Refuge de Caillau ! A 9h15 et donc en retard il est vrai, ce qui ne m’a pas permis d’assister aux discours des élus et organisateurs et de partir randonner vers le sommet du Madres ou au pic de la Rouquette. Il faut dire que ce retard auquel il a malheureusement fallu que j’ajoute le temps exécrable qui régnait dans le secteur n’ont pas été propice à courir derrière les plus rapides et les plus courageux des participants qui avaient démarré beaucoup plus tôt que moi. Les quelques « fâcheuses » expériences dont une déjà vécue dans ce secteur de la Glèbe par temps de brouillard m’ont appris à être prudent en montagne et l’âge aidant…j’ai préféré renoncer à tenter cette aventure tardive. Alors oui, j’y étais mais pas question d’en faire une affaire personnelle même si  d’un autre côté, j’y trouvais bien sûr un intérêt fortement personnel. Comme vous le savez, je suis un fou de randonnées et je possède depuis peu une petite maison à Urbanya alors bien évidemment une interdiction de marcher sur ces territoires de Cobazet (*) et du Madres aurait été dramatique pour moi car c’est une vaste partie de « mon » domaine habituel de marche qui aurait été amputé.  Alors je rectifie : « Nous y étions ! » car selon l’Indépendant, c’était plus de 500 personnes qui avaient fait le déplacement malgré des prévisions météo désastreuses (qui se sont avérées justes !) et un revirement de dernière minute du Président de Groupama qui, la veille même de la marche programmée, avait annoncé sa propre « marche ». La sienne, c’était une marche arrière si tardive et si inattendue que peu de gens y ont cru vraiment. Nombreux et moi le premier ont pensé qu’une fois de plus Monsieur Cornut-Chauvin nous « baladait » encore. J’ai donc profité de cette journée pour rencontrer quelques personnes très sympathiques et pour aller faire un tour à la mine de talc car après tout c’est bien ici que tout a commencé. Et plutôt que de vous relater cette histoire, je vous conseille à ce propos d’aller lire un communiqué signé Anne-Marie Delcamp paru sur la page Facebook d’Unitat Catalana.

Au moment où je laissais ma voiture au col de Jau pour partir vers le Refuge de Caillau,  j’ai entendu deux détonations de fusils de chasse venant da la vallée de la Castellane et j’ai aussitôt pensé aux animaux qui avaient  « trinqués ». Puis, dans la foulée suivante, je me suis dit que le domaine n’était apparemment pas interdit à tout le monde. En arrivant au refuge, j’ai constaté qu’il y avait une majorité de randonneurs et d’amoureux de la nature et j’ai donc été très surpris d’apprendre que parmi les participants, certains chasseurs s’étaient également mobilisés. Ne connaissant pas grand-chose à la chasse mais après les coups de feu entendus , j’en ai conclu qu’il y avait sans doute « chasseurs » et « chasseurs » et mon étonnement fut encore plus grand tant je pensais que les intérêts des chasseurs et des randonneurs étaient diamétralement divergents. Moi, je vais plus souvent à la montagne pour ce qu’elle est c'est-à-dire pour la beauté de ses paysages, de sa flore et de sa faune et bien moins pour ce qu’elle possède même si de tant à autre récolter des fruits rouges pour faire des confitures ou ramasser des champignons sont d’agréables moments de bonheur. Par contre, marchant très souvent tout seul, il m’arrive parfois de croiser ou de surprendre des animaux dont il faut bien reconnaître qu’ils ont une phobie prodigieuse de l’homme. Et là, force est de reconnaître que la chasse y est sans doute pour beaucoup. Les périodes de chasse sont-elles sans doute beaucoup trop longues et même si certaines prises sont limitées et fortement réglementées, les animaux, eux, ne le savent pas et ils ont depuis longtemps inscrits dans leur gêne cette peur de l’humain.

Je rêve donc, pour mes petits-enfants, qu’il n’y ait plus d’espaces privés à la montagne et qu’il n’y ait jamais plus d’interdiction de randonner. Je rêve pour eux d’un Conservatoire de la Montagne comme il existe déjà un Conservatoire du Littoral….mieux, je rêve pour cette contrée du Madres d’un petit espace entièrement préservé et réservé à la flore et la faune, une espèce de petit parc «Yellowstone » à la française où les « grands » animaux et les plus petits aussi n’auraient plus jamais peur de l’homme….

C’est si bon de rêver !!!

Liens intéressants :

Pétition pour libérer le Madres 

Mosset, le collectif communique 

Article de l'Indépendant-Le Madres libéré !

(*) si l'histoire du Domaine de Cobazet vous intéresse, cliquez ici.

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Les Lacs des Camporells (2.240 m) depuis Formiguères (Station de ski-1.740 m)

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de 5 chansons extraites de la comédie musicale "Notre-Dame de Paris" (Luc PlamondonRichard Cocciante). Elles ont pour titre et interprètes : "Belle" (Daniel LavoiePatrick Fiori et Garou), "Le Temps des Cathédrales" (Bruno Pelletier), "Ces Diamants-là" (Patrick Fiori et Julie Zenatti), "Beau comme le Soleil" (Hélène Segara et Julie Zenatti) et "Ave Maria Païen" (Noa).
LES-LACS-DES-CAMPORELLS

En ce jour de juillet, c’est vraiment un concours de circonstances qui nous a conduit à aller faire une randonnée jusqu’au site classé des Camporells par la Serre de Mauri. Brièvement, ce hasard, puisqu’il faut bien l’appeler ainsi, c’est d’avoir les jours précédents un peu trop bossé à notre maison d’Urbanya et surtout d’avoir lu la veille de cette randonnée, un petit complément à la revue Pyrénées Magazine de juillet/août 2012 intitulé les « Carnets » dans lequel y étaient mentionnés quelques randos vers les plus beaux lacs pyrénéens dont bien sûr ceux des Camporells. Comme la journée du lendemain s’annonçait sous les meilleurs auspices, les dés étaient jetés et nous préparâmes nos sacs à dos avec la diligence et l'enthousiasme d’être déjà sur les sentiers du Capcir. Or, il faut se rendre à l’évidence, la clémence de la météo et l’azur du ciel ne changent rien à l’affaire et l’écart entre ce que l’on peut appeler chance ou hasard et malchance et fatalité est extrêmement mince. En ce jour d’été qui s’annonçait si merveilleux et qui l’était sur le plan météorologique, nous en avons fait le triste et sinistre constat car alors que nous arrivions dans ce site si majestueux que sont les Camporells, au même instant, de l’autre côté des magnifiques lacs bleutés, un drame se tramait. Une malheureuse randonneuse allait perdre la vie en chutant sur les pentes du Petit Péric. Ce matin-là, sans doute était-elle partie elle aussi en se disant quel jour extraordinaire pour aller randonner ! Sans doute était-elle partie marcher en se disant quel bonheur d’aller à la rencontre de la beauté, de cette nature si admirable et tellement grandiose ! En tous cas, j’espère qu’elle a quitté ce monde avec ces images-là, ces images d’un Capcir tellement fascinant et merveilleux que seules les randonnées en montagne sont à même de nous procurer de temps à autre. Pour Dany et moi, c’est le « ras-le-bol » autour des travaux de restauration de notre maison d’Urbanya qui nous incita à faire un « break » et à partir marcher. C’est donc sans carte, sans GPS (c’est si rare !) et presque au « pif », avec seulement le petit « Carnets » de Pyrénées Magazine que nous sommes partis vers la station de ski de Formiguères. Nous comptions bien sûr sur la qualité du balisage pour parvenir à nos fins et à part un bref égarement qui n’en fut pas vraiment un, l’itinéraire vers les Camporells (Camporeys ou les champs des rois de Majorque) fut d’une grande simplicité. Ce parcours est parfaitement indiqué avec de nombreux panonceaux et traces de peinture jaune propres aux P.R. On laisse la voiture au parking le plus haut de la station de ski de Formiguères et d’emblée quelques rudimentaires panneaux de bois annoncent la couleur : « Refuge des Camporells 2.240 m » puis suivent en dessous, les différents services offerts et les périodes d’ouvertures. Ces panneaux sont bien évidemment un encouragement à progresser sur la large piste terreuse qui s’avance vers la montagne et les sapinières en dominant les vastes bâtiments de la station. Cinq cent mètres plus loin, les premiers vrais panonceaux indicatifs de randonnées sont là non loin d’un joli oratoire. On quitte la piste en se dirigeant vers ce dernier et en suivant bien sûr l’itinéraire suggéré dans les « Carnets » : « Les Camporells par la Serra de Mauri ». Au passage, on remarque néanmoins un autre panonceau indiquant « Les Camporells par la Basseta » et cette attention s’avérera utile au moment de prendre la décision de revenir à la station en effectuant une boucle. Le balisage jaune est bien présent, il grimpe dans les prés en suivant le télésiège de la Calmasella. De petits poteaux jaunes nous font traverser les prés et nous entrainent vers un bois de pins à crochets où l’on reprend l’ascension. On finit par atteindre une très large piste carrossable pour constater que de nombreux randonneurs l’empruntent jusqu’ici et bien plus loin encore avec leur véhicule. Là, dans l’ascension de cette piste, les panonceaux sont nombreux mais les traces jaunes finissent par nous amener dans un sous-bois de pins et vers des pentes plantées de genêts en surplomb de la Vallée de la Lladura. De beaux panoramas s’entrouvrent vers de très hauts sommets lointains et d’autres bien plus voisins dont le Puig del Pam reste néanmoins le plus proche et le plus remarquable, en tous cas vu d’ici. Ce beau Puig del Pam que j’avais pris plaisir à gravir l’an dernier et que j’ai déjà relaté dans ce blog. On perd les traces jaunes quelques temps pour finalement retrouver la piste terreuse au terme de l’arrivée d’un télésiège. Je suppose que ce sentier que nous avons pris par erreur est un raccourci qui évite les sinuosités de la piste et qu’il est connu de quelques randonneurs seulement. Sans doute fallait-il suivre la piste carrossable et surtout être plus attentif au balisage jaune ? Ce balisage jaune, on le retrouve après la terminaison d’un télésiège et on ne va plus le quitter jusqu’aux Camporells. La piste, elle, reste le fil d’Ariane de l’itinéraire qui suit la longue Serra de Mauri même si de temps à autres, quelques brefs raccourcis permettent d’en éviter ses contorsions. Tout au long de cette portion du chemin, je me suis régalé à découvrir ces fleurs très particulières propres aux pelouses et aux rocailles d’altitude car ici ce sont bien les deux types de flores que l’on y rencontre. En atteignant le point culminant de cette balade à plus de 2.400 mètres d’altitude, on quitte définitivement la piste à l’approche de la petite mais très rocailleuse Serra de Dellà. Ici, le regard embrasse de tous côtés des panoramas à couper le souffle et de toute la balade, c’est sans contexte, le point de vue le plus captivant. Derrière, c'est-à-dire vers l’est, sur un lavis de montagnes bleutées, on a un meilleur aperçu de la longue Serra de Mauri que l’on vient de chevaucher. Au nord, c’est le début de la Vallée du Galbe et de ses quelques hauts puigs qui la dominent sous la forme d’une longue crête olivâtre. Au sud, l’imposant Puig del Pam apparait tel un saisissant mastodonte minéral et végétal. Droit devant c'est-à-dire vers l’ouest, on a une ample vision d’un enchaînement de hauts sommets triangulaires servant de frontière avec l’Ariège. Cette chaîne, paradis des isards, où subsistent quelques rares et blancs névés s’avance et se termine brutalement par les deux pyramides essentiellement minérales des deux Péric. Au pied de leur longue inclinaison, on arrive à distinguer l’immense lac des Bouillouses. Mais la vision la plus belle c’est celle aérienne sur le cirque de la Coquilla avec ses innombrables et verdoyants ourlets boisés et surtout celle sur le vallon des Camporells et ses merveilleux écrins bleutés que sont les Estanys Gros, del Mig et de la Basseta. La descente vers le refuge s’effectue sur un étroit sentier caillouteux et abrupt qui nécessite une attention de tous les instants. Nous, nous l’avons accompli en compagnie de l’amie du gardien du refuge qui était enceinte et qui, en plus, trimbalait son gamin de deux ans sur son dos. Autant vous dire que j’ai longtemps tremblé à la voir descendre sur ce sentier avec une célérité incroyable mais avec, il est vrai, un sens inné de l’équilibre et une dextérité déconcertante. Elle arriva bien avant nous au refuge. C’est d’ailleurs elle qui nous voyant arrivés à notre tour est venue nous prévenir qu’un accident venait de se produire sur les pentes du Petit Péric, son compagnon étant parti précipitamment sur les lieux de ce drame. A ce moment-là, attablés à la terrasse du refuge, nous ignorions tout du dénouement mais nous étions inquiets et avons prié pour cette dame qui venait de tomber. Comme nous ignorions les conséquences de cette chute, nous avons un peu mangé puis j’ai proposé à Dany d’aller faire le tour des lacs. Visiblement cette nouvelle l’avait ébranlée et elle n’était pas dans son assiette, alors je suis parti tout seul car perturbé moi aussi je préférais aller me changer les idées que rester au refuge dans l’attente insoutenable d’une éventuelle mauvaise nouvelle. Au moment où je démarrais, l’hélicoptère de la Sécurité Civile traversa le ciel et vint déposer des secouristes à proximité du refuge puis il disparut de ma vue en partant sur le lieu de l’accident. Il revint près du refuge alors que j’étais déjà de l’autre côté de l’Estany del Mig. Le ballet se poursuivit quelques temps puis l’hélicoptère aux couleurs sang et or disparut définitivement. Après la découverte de l’Estany del Mig et de sa splendide flore, j’ai remonté le torrent jusqu’aux berges de l’Estany Gros. Alors que j’en étais à prendre photos sur photos à la fois du relief du site, de sa beauté et de celle de ses fleurs, je me suis rendu compte qu’il y avait bientôt une heure que j’avais quitté le refuge et laissé Dany sur la terrasse. Il était donc temps de rebrousser chemin. A mon retour et à voir les mines déconfites de tous les randonneurs présents sur la terrasse du refuge, je compris aussitôt que le pire était survenu. Dany me confirma la nouvelle et je lui dis aussitôt que je n’avais pas trop envie de m’éterniser car ici tout le monde ne parlait plus que de ça, chacun y allant de son commentaire. En regardant vers le Péric, là même où cette malheureuse avait chuté et alors que le ciel avait été incroyablement bleu et purgé de tout nuage toute la journée, qu’elle ne fut pas ma surprise de voir qu’un petit cumulus blanc couronnait le sommet. Je ne sais pas pourquoi, je me mis soudain à penser qu’il pouvait s’agir de l’âme de la défunte qui était montée au ciel. Autant vous l’avouer, n’étant pas croyant, je ne crois pas à ce genre de choses, ni à la résurrection, ni à la réincarnation, ni aux apparitions, ni aux fantômes, ni aux anges ni à aucune de ces fadaises mais là, je l’avoue, ce petit nuage qui venait si brusquement d’apparaitre m’avait quelque peu troublé. Le temps excessivement sec n’étant pas propice à la formation d’un quelconque nuage, que faisait-il là tout seul ce petit nuage d’un blanc d’une incroyable pureté dans un ciel bleu aussi pur lui aussi ? Nous discutâmes quelques instants sur l’itinéraire à prendre pour le retour et plutôt qu’un aller-retour que nous trouvions un peu trop banal, nous choisîmes rapidement l’option du Lac de la Basseta, non pas celui des Camporells tout proche mais celui du vallon de la Lladura. Notre esprit de découverte et d’aventure prenait encore une fois le dessus car à vrai dire nous ne savions pas trop où nous allions. J’avais seulement visionné une carte à l’intérieur du refuge et je savais que la déclivité était conséquente et le parcours plus long que celui pris ce matin. Les deux durées étaient d’ailleurs sans aucune équivoque car écrites sur un panonceau au bord du lac. Alors même que nous quittions le site, un hélicoptère de la Gendarmerie survola le site et selon les dires d’autres randonneurs, il venait, paraît-il, chercher le corps sans vie de la pauvre malheureuse. Regardant voler cet appareil, je m’aperçus que le petit nuage blanc était entrain de se volatiliser comme si l’âme de cette dame partait en même temps que l’hélicoptère. Décidemment pourquoi avais-je ces pieuses pensées ? Une fois encore, je fus vraiment bouleversé par ce phénomène météorologique sortit d’où je ne sais où et aussi instantané que surprenant. Le retour vers la station de ski de Formiguères fut très difficile tant nos pensées allaient vers cette pauvre randonneuse. Il fut d’autant plus difficile que la descente vers le lac de la Basseta est relativement raide et caillouteuse pour ne pas dire accidentée et périlleuse et que nous redoutions nous-mêmes d’avoir un accident. Non loin du sentier, j’ai entendu chanter le déversoir des lacs c’est à dire la cascade des Porcs mais sans jamais la voir et sans pouvoir l’approcher malheureusement. Alors que dans le ciel d’azur, le lugubre hélicoptère de la Gendarmerie rompait sans cesse le silence en tournoyant encore, je me suis dit que le chant mélodieux de la cascade qui parvenait jusqu’à nous était le seul bruit agréable que j’avais entendu depuis ce matin. Par bonheur, nous fîmes cette longue et abrupte descente avec un sympathique couple de randonneurs qui nous tinrent compagnie pratiquement jusqu’à la station de ski. A tour de rôle, nous nous dépassions et nous finîmes par terminer ensemble cette belle mais triste balade. Comme nous, ils s’arrêtèrent à la fraicheur du petit lac de la Basseta et nous en profitâmes pour faire plus ample connaissance. Nous mîmes à profit cette halte rafraichissante pour finir un casse-croute que nous avions eu du mal à avaler en apprenant la terrible nouvelle. Le retour à la station de ski par la longue piste de la Lladura, le Creu de la Jaceta, le Pla del Bouc et le Bac de les Planes fut éprouvant autant à cause de la distance à accomplir, de la chaleur qui régnait en cette après-midi ensoleillée qu’en raison de nos jambes lourdes et tétanisées par l’horrible fatalité qui était survenue. Dans son « Voyage aux Pyrénées », Hippolyte Taine écrivait « la gaîté est comme un ressort qui rend l’âme élastique » et il ne croyait pas si bien dire car étant tristes, nous étions sans ressort et raide comme des passe-lacets. J’ai très longtemps pensé à cette dame mais également à ses compagnons de randonnée qui l’avaient accompagnée sur son dernier chemin. J’avais inscrit l’ascension des Péric à mon programme de 2012 mais je vais sans doute les remettre à un peu plus tard ou peut-être à jamais. Enfin je ne sais pas et encore une fois, je laisserais peut-être le hasard en décider. Il fait si bien ou si mal les choses ! Carte IGN 2249 ET Font-Romeu Top 25.

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Neil, Buzz, Pete et les autres...arpenteurs de Lune.

Publié le par gibirando


Parmi toutes les informations qui ont fait l’actualité ces derniers temps, il en est une qui m’a marqué et attristé, c’est celle de la mort de l’astronaute Neil Armstrong le 25 août dernier. Dire qu’il s’agissait d’un homme « immense » est d’une banalité sans nom et il suffit de prendre connaissance de son parcours dans n’importe quelle bonne encyclopédie pour en être persuadé. Wikipédia par exemple retrace sa biographie magnifiquement. En juillet 1969, en posant le pied sur la lune, Neil a fait rêver l’humanité toute entière. Moi, j’avais exactement 20 ans et j’étais scotché devant ma télé noir et blanc et je n’ai sans doute jamais plus écarquillé les yeux ainsi, tant ce jour-là j’étais subjugué par la grandeur de l’exploit qui se déroulait sur l’écran. A ma mère qui était perplexe, je n’arrêtais pas de lui dire en plaisantant : « tu vois maman, il ne faudra plus que tu me dises que je suis toujours dans la lune. C’est une bonne chose à partir d’aujourd’hui ! ». Je me souviens qu’après la prouesse de Neil et de son ami Buzz Aldrin d’avoir marché sur la Lune, une certaine inquiétude s’était installée. Cette inquiétude était de savoir si les deux hommes et leur compagnon  Michael Collins, pilote du module de commande, seraient capables de revenir sur Terre. Tout se passa pour le mieux pour la mission Apollon 11 et les trois hommes devinrent les plus grands héros des temps modernes. Mieux, les plus grand héros de tous les temps, Neil prenant néanmoins la part la plus importante de cette incommensurable reconnaissance en ayant été le premier homme à avoir posé le pied sur un autre corps céleste que la Terre. A ce sujet, tout et son contraire ont été dit et écrit. Certains prétendent que l’exploit lui serait monté à la tête, d’autres ont affirmé qu’il avait rapidement quitté la Nasa et son métier d’astronaute pour ne pas faire de l’ombre à ses coéquipiers et aux astronautes des autres missions Apollo, etc….etc… Mais qu’importe ce que Neil Armstrong a fait ou pas fait, ce qu’il a dit ou pas dit, qu’importe tout ce qui a été dit et écrit car force est de constater qu’il reste et restera pour toujours et pour l’humanité toute entière, l’homme qui aura fait rêver le plus grand nombre de terriens. Le premier, le plus courageux, il y en a eu qu’un et ce fut lui quoi qu’il ait toujours voulu affirmer le contraire. Quand on lui rappelait cette performance, il rouspétait et disait qu’il n’y était pour rien, que personne ne l’avait choisi et que ce n’était qu’une question de chance ou de fatalité.  En tous cas, il y a une chose que Neil avait parfaitement compris c’est que plus il resterait dans l’Histoire et plus il ferait ombrage à ses condisciples et là, il faut reconnaître qu’il avait vu juste car qui se souvient de tous les autres « arpenteurs de Lune » ? Pas grand monde, il faut bien l’avouer ! On se souvient de lui comme à un degré moindre de Youri Gagarine, un peu moins de Buzz et encore un peu moins de Collins. Ce n’est pas faire offense que de le dire. Et pourtant, les voyages de tous ces héros des autres missions Apollo n’étaient pas moins périlleux et pas moins risqués et la célèbre mission Apollo 13 est là pour l’attester. Parmi tous ces « marcheurs », les derniers sont restés sur la Lune dix fois plus longtemps que Neil Armstrong et Buzz Aldrin. Trois d’entre-eux sont d’ailleurs morts avant Neil et même si les communautés spatiales et astronautiques leur ont rendu de vibrants hommages, il faut bien reconnaître que peu de personnes se souviennent de leurs noms et de leurs prouesses spatiales et lunaires. Dommage !!! Alors à ma modeste manière, c’est donc cette injustice que je  veux en partie réparer en citant tous les noms de ces « randonneurs de la Lune ». Si le sujet vous intéresse vraiment, il suffit de cliquer sur leurs noms ou leurs missions pour revivre leurs parcours et leurs exploits lunaires sur Wikipédia :

- Neil Armstrong - Apollo 11

- Buzz Aldrin - Apollo 11

- Pete ConradApollo 12

- Al Bean - Apollo 12

- Al Shepard Apollo 14

- Ed Mitchell – Apollo 14

- Dave ScottApollo 15

- James Irwin – Apollo 15

- John W.YoungApollo 16

- Charlie Duke – Apollo 16

- Gene CernanApollo 17 le dernier a avoir marché sur la Lune.

- Jack Schmitt – Apollo 17

C’est dans le cadre du programme Apollo que ces douze hommes ont arpenté la Lune entre le 21 juillet 1969 et le 14 décembre 1972. Il faut rendre hommage aussi à leurs troisièmes compagnons qui, il ne faut pas l’oublier, ont été là, pour récupérer nos héros en pilotant superbement en orbite lunaire le module de commande et de service. Sans eux, rien n’aurait été possible :

- Michael Collins – Apollo 11

- Richard Gordon – Apollo 12

- Stuart Allen Roosa – Apollo 14

- Alfred M.Worden – Apollo 15

- Thomas K.Mattingly II – Apollo 16

- Ron Evans – Apollo 17

Il ne faut pas oublier non plus  l’extraordinaire équipage de la mission Apollo 13 qui n’a jamais eu la chance d’alunir mais qui est devenu héroïque en conservant un calme et un sang froid exceptionnel leur permettant ainsi de revenir sains et saufs malgré une succession de pannes et d’explosions lors de cette incroyable mission :

- Jim Lovell

- Jack Swigert

- Fred Haise

 

Alors que la Terre s’enfonce plus que jamais dans des crises de toutes sortes, économiques et financières, identitaires et religieuses ou bien encore écologiques, la solution ne serait-elle pas d’aller voir ailleurs si il y a un monde meilleur ?

Et si un jour, cette conquête de l’espace et de la Lune avait servi à ça ?

Voilà, à travers cet article, je voulais rendre mon humble hommage à Neil Armstrong et à tous ces hommes (et femmes aussi *) qui ont fait progresser la science comme on ne l’avait jamais fait avancer auparavant.

(*) Oui n’en déplaise aux misogynes et aux machos de toutes sortes, les femmes ont également conquis l’espace  comme la russe Valentina Terechkova, la première a être allée dans l’espace, les américaines Sally Ride (la première américaine) Eileen CollinsPeggy WhitsonPamela Melroy ou Sunita Williams, la française Claudie Haigneré pour ne citer que les plus connues et j'en oublie de nombreuses. Certaines y ont même laissé leur vie comme lors de l’explosion de la navette Challenger 73 le 28 janvier 1986.

Un petit article pour moi et l'humanité, un article mérité pour eux......

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Le Trau del Cavall (Falaises et Contrebandiers) (540 m) depuis Vingrau

Publié le par gibirando


Cette chanson est agrémentée de 5 chansons du regretté Michel Berger. Elles ont pour titre : "Le Paradis Blanc", "Quelques Mots d'Amour", "Message Personnel""Chanter Pour Ceux Qui Sont Loin de Chez Eux" et "Pour Me Comprendre".

Le Trau del Cavall (Falaises et Contrebandiers) (540 m)  depuis Vingrau

TRAUCAVALLIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Une fois encore, c’est vers les Corbières et plus exactement vers Vingrau et sa Serre que j’avais jeté mon dévolu en cette belle journée de printemps. Outre le plaisir de faire un peu d’exercice et d’aller m’oxygéner, mon but était comme souvent guidé par mon désir de découvrir la flore et éventuellement la faune de cette belle contrée. Ma curiosité fut amplement satisfaite puisque c’est presque une centaine de végétaux (fleurs, plantes, arbres et arbustes) et de nombreux animaux que j’ai pu photographier ce jour-là. En flânant bien plus encore, j’aurais pu très facilement doubler ces chiffres qui sans doute peuvent paraître ridicules quand on sait que c’est plus de 1.000 espèces végétales et plus de 300 espèces d’oiseaux que l’on a recensées uniquement dans cette chaîne montagneuse. D’un autre côté et en y réfléchissant, ces chiffres sont très substantiels si l’on tient compte que ces photos sont prises au cours d’une seule saison et d’une longue marche d’une seule journée, sur un sentier unique, connu et ouvert à chacun, qu’il n’y a pas de volonté de ma part de me cacher pour surprendre un quelconque animal, qu’il n’y a pas de volonté d’aller à la recherche ou à la rencontre d’espèces particulières comme le feraient de vrais professionnels de la photo ou de la nature et qu’enfin mon petit appareil numérique aussi performant soit-il n’est pas vraiment adapté à la prise de vues d’animaux surtout quand ces derniers sont en mouvement. Seul le hasard enfante mes photos faunistiques ou floristiques qu’on se le dise. A Vingrau, sur les panonceaux indicatifs, cette randonnée que je vous décris ci-dessous, est intitulée « Falaises et Contrebandiers ». Si le mot « falaises » s’expliquent très facilement puisque cette balade emprunte pour une grande partie la longue colline de la Serre de Vingrau, bien connue des fans de la grimpe, j’avoue que j’ai éprouvé un peu plus de difficultés à comprendre pourquoi on y avait adjoint le terme de « contrebandiers ». Il y a bien dans ces falaises, une grotte des Contrebandiers mais comme la dernière carte IGN l’ignore totalement en ne précisant pas sa position, elle n’apporte rien de concret quant aux raisons historiques à cette dénomination. Sans doute fallait-il remonter au temps où Vingrau était situé sur la frontière entre les royaumes de France et d’Aragon que le Traité de Corbeil de 1258 avait officialisé ? J’avoue que sur Internet, je n’ai pas trouvé grand-chose sur le sujet si ce n’est qu’au temps du Royaume d’Aragon des droits de passage à la frontière étaient prélevés sur de nombreuses denrées. Comme toujours, ce sont ces droits qui ont engendrés la contrebande mais il n’est pas certain qu’avec le Traité des Pyrénées de 1659 et la disparition de la frontière, le commerce illicite et les contrebandiers aient disparus avec elle. Alors ces contrebandiers qui étaient-ils ? Quels trafics y faisaient-ils ? Grâce à leur esprit de conquête et à l’expansion toujours plus grande de leur royaume, les Rois d’Aragon ont développé un important négoce maritime en Méditerranée et bien plus  loin encore sur la bordure atlantique et jusqu’en Afrique. On ne doit pas oublier que ces monarques ont été aussi les Rois de Majorque et qu’ils régnaient sur une bonne partie de la « grande bleue ». On peut donc imaginer que pour les fraudeurs, tous les produits de ce commerce étaient bons à passer sans avoir à payer les taxes exigibles : matières premières, tissus, denrées alimentaires, vins, armes, semences, etc.…. On peut supposer aussi qu’avec la proximité des salins méditerranéens, le trafic du sel y ait joué un rôle fondamental surtout quand la gabelle fut instaurée. Or si mes recherches Internet ne m’ont pas permis d’en apprendre bien plus de cette contrebande et m’ont laissé quelque peu sur ma faim, elles m’ont presque systématiquement ramené vers un lieu qui semblait emblématique de ce territoire des Corbières : le Trau del Cavall. Il semble qu’au sein de cette frontière matérialisée ici par la Serre, très éloignée des axes de communication habituels, ce « Trou du Cheval » ait été un passage idéal à la fois pour y pratiquer la contrebande mais également pour surprendre l’adversaire lors des nombreux conflits entre les deux royaumes. Or, ces rivalités n’ont jamais cessé à partir du moment où le Roussillon fut annexé et devint aragonais. A titre d’exemple, ce collet sépare quelques forteresses très proches des deux camps : AguilarQuéribus et Peyrepertuse côté français et Salveterra (Opoul), Tautavel et Salses côté aragonais. Autant d'endroits où les rivalités furent constantes mais où désormais il fait bon de randonner. Le village de Vingrau lui-même bascula à différentes reprises dans un camp puis dans l’autre.  Enfin on peut noter que sur les cartes cadastrales, certains ont transformé ce « Trou du Cheval » en « Pas du Cheval »  peut-être selon l’idée, que le « Trau » ne serait pas un « trou » mais un « trot ». Une fois tous ces éléments en mains, il m’a paru évident que ce « Trau del Cavall » était bien l’objectif incontestable de cette randonnée et il m’a donc semblé logique d’y attribuer le nom de mon article. C’était d’autant plus cohérent que cette trouée naturelle représente presque exactement le point géographique médian de cette longue balade. Bien sûr, reste à expliquer pourquoi ce lieu s’appelle ainsi et le folklore régional laisse circuler l’histoire de ce commerçant ambulant qui, de village en village, venait projeter des films cinématographiques aux populations.  Un soir, entre Vingrau et Périllos, surpris par un terrible orage, il ne trouve rien de mieux que de s’abriter dans une grotte pour protéger sa monture et tout son matériel et c’est, dit-on, ce conte populaire qui aurait donné le nom à ce lieu. Au delà du fait que l’on peut se demander pourquoi cette trouée s’est soudainement transformée en caverne, on peut aussi se poser la question de savoir pourquoi ce projectionniste itinérant empruntait ce passage très difficile plutôt qu’une voie plus praticable qui existait déjà au temps du cinéma, fusse-t-il muet. Mais toutes ces questions sont inutiles et on peut d’emblée éliminer ce récit traditionnel pour expliquer la dénomination de ce lieu. En effet, le « Trau del Cavall »  figure sur les cartes Cassini dont tous les levés sur le terrain ont été réalisés au 18eme siècle. Cette appellation est donc automatiquement et au moins antérieure à l’arrivée du cinéma de plus d’un siècle. Non, la réalité est sans doute beaucoup simple et cette trouée a été appelée ainsi car elle était, dans cette longue colline, le seul passage accessible aux cavaliers de tous bords.  Alors, oublions un peu l’Histoire de cette belle contrée et profitons d’une merveilleuse journée ensoleillée pour partir à sa découverte. Nous quittons Vingrau par la D.12 en suivant le balisage jaune propre au P.R, direction le Bac del Trau (tiens encore un trou !), c'est-à-dire Tuchan. Très rapidement, un panonceau nous demande de quitter le bitume au profit d’un étroit sentier qui entre et grimpe dans la garrigue. Cette petite ascension laisse d’ores et déjà entrevoir de très belles vues sur Vingrau et sur le relief particulièrement découpé de la blanche et oblongue Serre qui se détache dans un ciel incroyablement pur mais que la chaleur matinale rend déjà laiteux. Ici, dans ce maquis plutôt bas et rabougri, or mis quelques pins clairsemés, rien ne laisse présager que l’on évolue dans la forêt domaniale du Bas-Agly. D’ailleurs cette végétation typiquement méditerranéenne, ce qui ne signifie pas inintéressante loin s’en faut, on ne va plus la quitter de la journée. Si la déclivité s’élève dès le départ, la suite du parcours jusqu’au pied de la Serre va s’aplanir et même être constante dans des altitudes très modestes oscillant entre 270 et 310 mètres. Cette longue partie est donc sans aucune difficulté si ce n’est sa longueur d’une dizaine de kilomètres jusqu’au « Trau del Cavall ». Elle risque donc de vous paraître assommante mais si vous prêtez attention à la flore et à la nature en général, vous observerez qu’elle est assez remarquable et colorée mais également constamment changeante selon que l’on alterne les passages en maquis, au fond d’une ravine (Ravin du Correc des Conques), dans des sous-bois parfois très différents ou bien que se succèdent vignes, murs de pierres sèches, anciens champs en jachère ou ruines de vieux cortals oubliés. Ici, sans exception, toutes les plantes et les fleurs de notre garrigue méditerranéenne sont présentes mais il en ait une très étonnante et qui étrangement foisonne par endroit, c’est la Férule commune. Il s’agit d’une ombellifère ressemblant quelque peu au fenouil mais avec les particularités d’avoir une tige énorme et creuse, de mesurer parfois plus de deux mètres de haut et surtout ne n’avoir aucune senteur d’anis. Attention toutefois à ne pas la confondre car sa consommation est, contrairement à celle de son cousin le fenouil, éminemment toxique à cause de son « latex ». Quand à la faune, elle est, en cette magnifique journée printanière, omniprésente pour peu qu’on daigne y prêter attention et l’observer silencieusement : lézards, passereaux, rapaces, papillons et insectes butineurs ou sauteurs sont les principaux locataires diurnes de cet habitat extrêmement sauvage. Plus on approche du « Trau del Cavall » et plus on rencontre de vestiges dont les cartes nous octroient des patronymes aux origines parfois disparates : Borde de Rotllan (Rolland), Jasse de Didot, Cortal d’en Domenge, Cortal Miquel et Mas Llenço (Llansou). Si on élargit le champ de nos investigations cartographiques, ces disparités s’accentuent : Cassanova, Fontanell, Parès, Parros, Résungles, Molto, Sarda, Duran, etc.… Au fil des siècles, on voit bien que les différents conquérants de ce territoire ont inévitablement laissé bien plus que des empreintes de leurs passages.  C’est en arrivant au mas Llenço, envahi par la végétation et aux murs copieusement couverts de lierres, que débute la véritable ascension de la Serre. Bien balisé en jaune mais superbement bordé de bleus par les innombrables aphyllanthes de Montpellier, l’étroit sentier caillouteux s’élève progressivement mais plutôt gentiment en direction d’une brèche rocheuse bien visible. Notre cible du jour, le « Trau del Cavall » est là, au bout de ce chemin. Sur la droite, de vieux murets de pierres sèches et des orris laissent imaginer une vie pastorale passée assez intense. Est-ce une peu de lassitude ou est-ce la forte canicule mais parfois on croit voir brouter quelques moutons au milieu des broussailles ? Non, les troupeaux d’ovins ont vraiment disparu depuis longtemps et il s’agit de quelques roches blanches qui ont dévalé les flancs de la falaise pour s’immobiliser dans les cistes, les chênes kermès et les romarins.  Une fois atteint le « Trau del Cavall », on s’attend à ce que le regard bascule sur un monde bien différent. Non, la réalité est nettement plus fade et aussi bien devant que derrière, les paysages sont quasiment semblables. Ils sont essentiellement constitués d’immensités de garrigues et de calcaires se terminant par de élévations plus ou moins hautes. Seuls quelques vignobles bien alignés, quelques champs verdoyants et quelques blancs et lointains hameaux donnent une touche d’humanité à ce patchwork sauvage, imprécis et confus. Au loin, vers l’est, c'est-à-dire vers Opoul se dresse le plateau reconnaissable de Salvaterra, vaste nid d’aigles où les ruines crénelées de l’ancienne forteresse sont encore parfaitement visibles. Vers le nord, la longue échine cabossée de la Serre se poursuit puis, tout en zigzaguant, elle semble se perdre dans un océan de collines plus ou moins lointaines et plus ou moins hautes. Quelques sommets reconnaissables se détachent : le Puig del Ginebre, la Serra de la Gran Cremada et le Montolier de Perellos. Vers l’ouest, c’est la Montagne de Tauch qui emplit l’horizon. Le sud, lui, tout proche attend qu’on grimpe sur ses bosses, semblables à de blanches « montagnes russes » mais le soleil désormais à son zénith ne l’entend pas de la même oreille et accable les plus vaillants. On bascule dans la trouée puis sur quelques mètres, on descend sur l’autre versant de la Serre. Le sentier se perd dans la rocaille et si le balisage jaune ou les cairns n’étaient pas bien présents, à coup sûr on s’y égarerait. L’itinéraire remonte rudement.  Ici, pendant quelques temps et pour progresser, les mains deviennent aussi précieuses que les pieds et quand le sentier se stabilise enfin, on en ait déjà à chevaucher la crête sommitale avec de beaux panoramas des deux côtés. La tiédeur laiteuse du matin a laissé la place à une brume blanchâtre plus opaque qui empêche toute vision très lointaine. La Méditerranée et la plaine du Roussillon restent invisibles. Moi, dans cette ascension déjà compliquée, le photographe botaniste amateur que je suis, est encore plus embarrassé que le commun des randonneurs car comment avancer convenablement, appareil photo en mains, dans ce dédale minéral où d’incroyables fleurs sont venues se loger dans la moindre fente et le moindre interstice de la roche. Comment avancer quant on ne sait plus où donner de la tête tant la flore y ait insolite, merveilleuse et à la fois prolifique et parfois rarissime ? Œillets des rochers, œillets piquants de toutes sortes, géraniums, centranthe, ornithogale, iris et campanules des Corbières et bien d’autres fleurs embellissent le parcours.  Quelques passereaux et rapaces jouent aux voltigeurs en bordure des falaises. Leurs piaillements nous interpellent. Les papillons et les sauterelles semblent nous accompagner dans cette aventure printanière. Quelque soit l’univers que l’on chemine : crêtes calcaires, éboulis caillouteux, plates-formes herbeuses, pinèdes, affleurements de lapiaz, vallon (Correc des Collets) encadrant de hautes falaises, on y découvre une flore et une faune exceptionnelle et ce, jusqu’à l’arrivée à Vingrau. En chemin, on découvre le refuge non gardé Yves Bernard offrant la possibilité d’un abri solide aux randonneurs au long cours ou en cas d’intempéries. Nous profiterons de son ombrage rafraîchissant pour y faire une simple halte goûter avant d’en terminer par le Planal de l’Eixartell laissant entrevoir de superbes vues aériennes sur le vallon de Cassanova, ses vignobles et ses jasses et enfin sur le superbe village de Vingrau. Nous sommes restés environ huit heures sur ce parcours, arrêts compris, mais il ne faut pas trop se fier à cette durée-là tant nous aimons flâner et perdre notre temps à tout observer dans ce type d’univers à la fois sauvage, hostile mais superbe. Alors il est sans doute plus simple que je vous dise que cette balade est longue de 18 à 19 kilomètres environ, que l’altitude la plus basse est à 140 mètres peu après le départ de Vingrau, que le point culminant est à 540 mètresau sein même de la Serre et que les montées cumulées se chiffrent approximativement à plus de 650 mètres. Au fait, savez-vous que Vingrau a pour origine l’expression latine « viginti gradi » signifiant les « vingt grades » mais qu’il faut traduire plus simplement en « vingt marches » ? En effet, le chemin principal menant au village passe par un col que l'on appelle "le Pas de l’Escala". Or, à l’époque romaine,  ce « Pas de l’Echelle » était constitué d'un voie pavée dans laquelle vingt marches avaient été sculptées dans un passage difficile de la falaise. Peu à peu, le nom s'est transformé en "Pas de Vingrad", "Pas de vingt graus", puis enfin "Vingrau". (Source : https://www.les-pyrenees-orientales.com/Villages/Vingrau.php) Bon, il n’était pas si fous que ça ces romains et en tous cas bien moins que moi car ma balade, je peux vous le certifier, elle comporte bien plus que vingt marches !!! Allez-y et vous verrez par vous-mêmes. Carte IGN 2547 OT Durban – Corbières – Leucate- Plages du Roussillon Top 25.

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La crise, une chance pour l'Europe ?

Publié le par gibirando

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La crise est une chance pour l’Europe. Voilà le titre que le Figaro a donné à un de ses articles paru il y a quelques jours (le 22/07/2012) après une interview accordée à ce journal par Wolfgang SCHÄUBLE, le Ministre allemand de l’Economie et des Finances. Ce titre très choquant pour des millions d’européens que la crise frappe de plein fouet, ce n’est pas la première fois que des médias le mettent en exergue. A titre d’exemple, le Nouvel Observateur avait déjà donné ce titre à un éditorial paru le 28 septembre 2011 et idem pour le Monde qui avait fait paraître le 20 juillet 2011 un papier intitulé « La crise : une chance unique pour l’Europe ? » après l’entretien d’un financier de la banque Barclays ». Il est vrai que dans ces deux derniers cas, le titre se terminait par un point d’interrogation donnant ainsi aux articles en question un aspect moins provocateur.

Voilà maintenant plusieurs printemps que cette crise perdure, les années et les mois passent mais rien ne change vraiment, bien au contraire ! Plusieurs pays sont tombés dans un abîme financier insoluble. Parfois cet abîme se double d’une véritable gabegie politique mettant en péril la démocratie même de ces pays que la Communauté Européenne a accepté d’intégrer dans son giron sans doute un peu trop vite. D’autres pays sont en passe de tomber à leur tour dans ce cratère financier sans fond et pourtant rien ne semble changer vraiment, hors mis peut-être les chefs d’Etat et les gouvernements  de droite, de gauche, du centre ou de coalition qui se succèdent sans aucun vrai résultat pour les citoyens que nous sommes. Car de quoi parle-t-on en parlant de chance ? Parle-t-on d’un sort bienheureux ou bien d’une simple probabilité qu’un évènement voit le jour ?  Quelle est cette chance des pays européens à sortir de la crise, si ce n’est pas d’offrir à leurs habitants, un monde futur bien meilleur ? Mais qu’ils soient de gauche ou de droite, nos politiques sont complètement démunis et impuissants face à cette crise et le bout du tunnel n’est toujours pas visible, loin s’en faut. Leurs seules préoccupations : plaire aux agences de notations, satisfaire les marchés financiers et leurs seules solutions pour régler les problèmes que leur ont laissés leurs prédécesseurs : augmenter les impôts et les taxes, réduire le déficit avec dans la plupart du temps, diminuer le nombre de fonctionnaires, les émoluments de ces derniers ou ceux des retraités. En quelques mots : faire souffrir un plus grand nombre de leurs concitoyens.

Alors bien sûr, il faut lire cet article du Figaro pour comprendre le sens exact de ce titre tapageur et d’ailleurs Wolfgang SCHÄUBLE le précise clairement : «  Les crises offrent toujours des chances, car elles favorisent la disposition au changement ».

Moi, je l’avoue, je trouve cet article très affligeant car le seul changement visible que l’on constate en Europe, c’est toujours de plus en plus de pauvreté, de plus en plus de souffrance et des écarts de plus en plus abyssaux entre les plus riches et les plus pauvres. Des millions de gens souffrent quotidiennement des effets de la crise et voilà un homme politique qui vient nous parler très tranquillement de changements à mettre en place pour que cette dernière se termine au plus vite. Pourquoi, ce Monsieur SCHÄUBLE n’arrive-t-il pas à convaincre ces collègues politiques européens que ces changements sont à mettre en oeuvre au plus vite ? Pourquoi, sa supérieure en chef Angéla Merkel n’est-elle jamais d’accord avec les autres chefs de gouvernement quant aux solutions à adopter en Europe ? Des citoyens grecs, espagnols ou italiens se suicident car ils ne trouvent pas d’échappatoire à leur miséreuse vie, des peuples manifestent chaque jour dans les rues de l’Europe car ils en ont marre de leurs médiocres existences et ce Monsieur SCHÄUBLE vient nous dire très sereinement ce qu’il faudrait faire pour en changer. A la lecture de cet article, il paraît même parfois d’un optimisme béat. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil mais tout le monde est sans aucun doute un peu trop laxiste puisque rien ne change jamais !

Il oublie sans doute un peu vite que c’est à cause du laxisme, d’erreurs de gestion, ou parfois même de corruptions imputables à certains de ces collègues politiques que les pays et les peuples qui les composent se trouvent aujourd’hui dans cette situation désastreuse et trop souvent dramatique.

On allume la télévision et à longueur d’années, on entend que les chefs d’états ou leurs ministres vont se rencontrer pour tenter de trouver des solutions à la crise et le plus souvent, il s’agit pour les médias de la réunion au sommet de la dernière chance…. Puis on apprend que la BCE, le FMI, le MES ou tel autre sigle vont injecter des milliards à tel ou tel état ou à leurs banques…qui sont au bord de la faillite. Les indices boursiers remontent quelques jours….puis ils dégringolent à nouveau et là, à voir la tête déprimé du commentateur, c’est vraiment….la galère….Pour qui est-elle cette galère ? Pour les institutions ou les gens qui boursicotent ? Pour les prédateurs de la finance qui spéculent à longueur d’années ? Non, pas vraiment ! Enfin, je ne pense pas ! En réalité et même en m’intéressant un peu à l’économie, je n’y comprends plus rien !!! Suis-je le seul ainsi ? On trouve des milliards pour les états, on trouve des milliards pour renflouer les banques, on trouve des milliards pour organiser des Jeux Olympiques, on trouve des millions d’euros pour payer un seul joueur de foot….mais pas un seul homme politique…n’est capable de trouver des solutions pour sortir au plus vite de cette crise qui n’en finit plus. Ah oui, une chose qui semble certaine, c’est que l’Europe a été une vraie chance pour ces pays qui sont désormais exsangues, car sinon que seraient-ils devenus ?

Jamais à la télévision, on vient nous dire que tel homme politique ou financier a eu une bonne idée pour améliorer le sort de l’Europe, jamais on ne nous parle de coopération fructueuse entre tel pays européen et tel autre ou bien de telle entreprise européenne avec telle autre pouvant servir à améliorer le sort de nombreux travailleurs européens. On préfère avoir des vues à court terme et s’approvisionner en gaz naturel chez le russe Gazprom plutôt qu’en Europe même si, envers et contre tous, Monsieur Poutine continue à aider son ami syrien Bachar el Assad qui assassine son peuple en toute impunité. On préfère délocaliser en Asie ou en Afrique plutôt que dans l’UE, etc, etc…. On préfère pratiquer un libre-échange destructeur d’emplois plutôt que de mettre en place des barrières douanières et un protectionnisme européen, protectionnisme que nombre de nos partenaires mondiaux ont déjà mis en place depuis fort longtemps, protégeant ainsi leur propre économie.  Non, chaque pays européen joue sa propre partition et leurs gouvernants sont avant tout préoccupés de ne pas perdre les prochaines élections.

Alors bien sûr, je ne suis pas ministre des Finances et je n’y entends pas grand chose dans la crise et dans la manière de la résoudre mais je ne suis pas dupe Monsieur SCHÄUBLE, la crise n’est pas vraiment une chance pour l’Europe et en tous cas pas pour une majorité d’européens.

Je vous rappelle les significations que le Larousse donne du mot « chance » : sort favorable, part d’imprévu heureux inhérente aux événements, probabilité que quelque chose se produise.

L’Europe a été une chance pour la paix (sort favorable)…et souhaitons que malgré la crise, cette chance demeure encore très longtemps (part d’imprévu heureux inhérente aux événements). Quant à dire si la crise est une chance pour l’Europe (probabilité que quelque chose se produise), il est bon d’attendre encore quelques temps pour se prononcer. Après tout le Larousse ne précise pas si cette dernière chance sera bienheureuse ou pas ! Alors vu comme ça, vous avez raison Monsieur SCHÄUBLE !

Publié dans chance, crise, europe, figaro, schauble

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Le petit chien de porcelaine

Publié le par gibirando


L’histoire de ce « petit chien » c’est un peu en résumé l’histoire d’une tranche de mon enfance. Il y a 3 ans quand il a fallu que je vende la maison de ma mère pour assumer son placement dans un service spécialisé Alzheimer d’une maison de retraite, je me suis rendu compte de la futilité des choses que l’on pouvait emmagasiner au cours d’une vie. Ma mère avait pratiquement tout gardé depuis toujours : objets sentimentaux comme les photos ou divers documents héréditaires, objets utiles comme la vaisselle ou divers appareils ménagers bien sûr ou éventuellement encore utilisables comme certains vieux vêtements, disques, livres, vases mais aussi très superflus comme de nombreux bibelots, des collections en tous genres du style porte-clés, pin’s, cartes de vœux ou postales, lettres,  etc, etc.….On a partagé certaines choses en famille, j’ai beaucoup donné aux Compagnons d’Emmaüs et le reste, j’ai tout mis en vente sur des sites Internet. Non pas pour faire de l’argent mais simplement parce que je venais de m’apercevoir au cours de ce douloureux déménagement forcé, de la légèreté de la chose matérielle. En réalité, je n’ai jamais été vraiment très matérialiste et exemple : les voitures aussi belles soient telles ne m’intéressent pas et je les considère seulement comme des outils permettant de se déplacer et de se rendre d’un point à un  autre. Mais là, la gravité de la maladie de ma mère, son caractère irréversible et la sensibilité qu’elle a engendrée en moi a sans doute élevé à un grade encore supérieur cette notion de puérilité du matériel par rapport à l’émotionnel. Bien sûr, j’ai conscience que si ma mère avait gardé tous ces objets, c’est parce qu’ils représentaient quelque chose d’important pour elle et peut-être parfois même une tranche de sa vie aussi mince soit-elle. C'est-à-dire qu’elle avait eu de la sensibilité pour un grand nombre de choses matérielles alors que cette même sensibilité, personnellement, je ne l’avais pratiquement jamais eu. Je dis pratiquement car en retrouvant un petit chien de porcelaine parmi tous les bibelots de ma mère, je me suis rendu compte que j’avais forcément tort. Ce minuscule chien en porcelaine, c’est idiot mais j’y tenais presque autant qu’à la prunelle de mes yeux. Aujourd’hui, quand je suis dans mon bureau et si je regarde les étagères de ma bibliothèque où trônent des centaines de livres et quelques dizaines d’objets en me disant  « si tu devais partir sur une île déserte et si tu devais emporter un seul de ces objets, lequel emporterais-tu ? », ce petit chien en porcelaine serait de toute évidence l’objet que je choisirais. Alors bien sûr, vis-à-vis de quelqu’un qui se défend d’être matérialiste, vous êtes en droit de vous demander pourquoi un tel attachement à un objet aussi ridicule ? Idolâtrie ? Fétichisme ? Non, pas vraiment et c’est toute une histoire :

 

Je devais avoir 10 ans environ et ma mère m’avait donné quelques francs pour que j’aille m’amuser à la fête foraine qui s’arrêtait et s’installait pour quelques semaines sur la placette de mon quartier. Ce quartier, c’était celui de la Vieille-Chapelle à Marseille. En tous cas, c’était la toute première fois qu’elle me laissait partir tout seul à cette fête foraine, fête foraine qui au passage a empreint  mon enfance mais également ma jeunesse et qui en fin de compte a été le point de départ de ma vie d’adulte car c’est là que j’y ai rencontré la femme de ma vie pour la première fois aussi. C’était en 1969 et j’avais 20 ans ! Mais revenons dix années auparavant. Ce jour-là, c’était la première fois aussi où je me retrouvais avec quelques « sous » dans la poche. Il était donc hors de question que je les dépense « à tort et à travers » car j’avais déjà conscience de la difficulté que mes parents éprouvaient à les gagner. Mon père était comptable et ma mère, avec beaucoup de courage, partait faire des ménages chez des gens bien plus riches que nous. Une fois arrivé à la fête foraine, j’ai donc longuement réfléchi et je me suis souvenu que quelques temps auparavant, mes parents nous avaient offert à mon frère et moi, un chien ; en « chair et en os » celui là ». Ce chien noir et blanc avec un pelage épais et magnifique, nous l’avions appelé Bambi. Nous l’avions eu tout petit mais il était très rapidement devenu énorme car autant que je m’en souvienne, c’était, paraît-il, un bâtard issu d’un croisement entre un Saint-Bernard et un griffon. Ce chien, mon frère et moi, nous l’adorions car il était toujours joyeux et joueur. Mais plus Bambi avait grandi et grossi et plus il était, paraît-il, devenu dangereux. C’est en tous cas la raison que ma mère avait invoquée avec des sanglots dans la voix quand un soir, en rentrant de l’école, nous n’avions pas retrouvé Bambi. Il n’était plus là, mes parents l’avaient donné à de gens qui avaient une grande maison et un grand terrain. Ma mère avait bien tenté de nous persuader que c’était mieux ainsi mais je me souviens avoir pleuré toutes les larmes de mon corps pendant plusieurs soirs en rentrant de l’école. A contrecoeur, je reconnaissais que quand Bambi nous sautait dessus pour nous faire des fêtes, avec la puissance et la force qui étaient les siennes, il nous renversait à mon frère et moi avec une facilité déconcertante. Le problème, c’est qu’il sautait sur toutes les personnes qu’il apercevait, les renversant évidemment la plupart du temps. Pour ma sœur qui avait 5 ans de moins que moi, il devait sans doute représenter un danger évident et ce risque, mes parents n’avaient pas voulu le courir. Ajoutons à cet argument, le fait que nous habitions une toute petite maison et je crois que pour mes parents, l’énorme Bambi était inévitablement devenu insupportable. Voilà, sans doute dans quel état d’esprit, j’errais ce jour-là entre les baraques de la fête foraine. J’étais à la fois triste d’avoir perdu « mon Bambi » et heureux de cette liberté et des quelques pièces que je sentais très lourdes au fond de ma poche. Inconsciemment, me suis-je dit « il faut que je m’offre un autre chien » ? C’est fort possible car comment expliquer autrement cette attirance immédiate et foudroyante en apercevant ce petit chien de porcelaine sur les étagères d’un stand de tir à la carabine à bouchons. Je fus véritablement sidéré, ébahi, émerveillé par ce petit chien tacheté comme mon petit Bambi et à partir de ce moment-là, il n’y avait plus qu’une seule chose qui m’obsédait : « le gagner ! ». Comme d’autres enfants plus ou moins grands étaient déjà entrain de tirer, j’avais très peur qu’ils me le chipent avant même que je puisse le gagner. Pas une seconde, il m’est venu à l’esprit que le forain pouvait en avoir des dizaines ou des centaines identiques et je lui ai aussitôt acheté quelques bouchons. Trois, quatre ou cinq bouchons, je ne me souviens plus exactement, mais je peux vous assurer que ce jour-là, je me suis appliqué à tirer vers ce petit chien comme si ma vie en dépendait. Jamais, je ne m’étais autant appliqué de ma vie, pas même quand mes cahiers d’école étaient neufs et que je prenais soin de ne pas les tacher, d’écrire avec les plus belles lettres majuscules et minuscules ou bien de dessiner avec les plus belles frises que je savais magnifiquement colorier. C’était la première fois que je me retrouvais avec une carabine dans les mains et la seule expérience que j’avais des armes, ce n’était que de très loin quand mon grand-père nous amenait avec lui chasser les grives, mon frère et moi. Il était très fort au tir à la carabine mon grand-père et ce jour-là, il est évident que mon but suprême était de l’imiter. Le forain me montra une seule fois comment il fallait épauler en posant la crosse sur mon épaule droite, il m’expliqua gentiment comment regarder la mire et viser en clignant d’un œil  mais problème, il fallait fermer l’œil gauche et je n’y arrivais pas. J’ai donc épaulé à gauche et j’ai fermé mon œil droit et j’ai depuis toujours procédé ainsi car il m’a toujours été impossible de cligner seulement de l’œil gauche.  Ce jour-là, j’ai sans doute du avaler une grande bouffée d’air, j’ai visé, j’ai appuyé sur la gâchette (peut-être en fermant les deux yeux, ça pas de problème j’y arrive même en dormant !), le bouchon est parti et que c’est-il passé après ? Je vous le donne en mille. Oui en plein dans le mille ! Le petit chien n’était plus sur son socle et je n’en croyais pas mes yeux. Le forain partit le chercher au fond du filet et il me l’apporta. J’étais si content et si fier que je mis aussitôt le petit chien au fond de ma poche de peur que quelqu’un me le reprenne. J’étais déjà prêt à quitter le stand de tir avant même d’avoir tirer les autres bouchons qu’il me restait et c’est le forain qui me le fît remarquer. Ne me demandez pas ce que j’ai fait des autres bouchons. J’ai sans doute tout rater mais le petit chien au fond de ma poche suffisait amplement à mon bonheur. J’étais super heureux, je suis rentré à la maison avec la fierté de l’action accomplie pour ne pas dire du devoir. J’avais réussi mon coup, j’avais un nouveau chien même si au fond de mon cœur, je savais d’avance que celui-ci ne remplacerait jamais mon gros Bambi. En plus il me restait encore quelques pièces au fond de ma poche et ça c’était super chouette. Quand ma mère fut devant moi, j’étais si heureux de cette sortie qu’elle m’avait autorisée, que de mes petites mains, j’ai tout extirpé du fond de mes poches et je lui ai tout offert : l’argent qu’il me restait et le petit chien de porcelaine. Elle ne voulait ni l’un ni l’autre et j’avais beaucoup de mal à comprendre. Alors finalement, à force de tenter de la convaincre et à bout d'arguments, elle accepta le petit chien de porcelaine et moi, j’ai gardé les quelques francs que je n’avais pas encore dépensés. J'étais très heureux de ce compromis car pour moi, c'était aussi une manière de lui dire, tu vois, tu m'avais offert un gentil chien et tu me l'a repris mais je ne t'en veux pas et aujourd'hui, c'est moi qui t'en offre un, alors garde le précieusement. Ce chien, ma mère l’a gardé 50 ans et il a fallu qu’elle soit atteinte d’Alzheimer pour que je le récupère. Vous pensez bien que compte tenu de ces tristes circonstances, j’aurais préféré qu’elle le garde encore très longtemps. Elle en avait tant pris soin. Oh, comme chacun d’entre-nous, il a souffert et a eu une vie parfois difficile ce gentil petit chien. Ma mère a gardé beaucoup d’enfants au cours de sa vie et tous l’ont plus ou moins manipulé parfois avec tendresse ou parfois avec rudesse. Il a eu une patte cassée que ma mère a recollée consciencieusement plutôt que de le jeter se souvenant sans doute de notre pacte. Il a le museau, le bout des oreilles, des pattes et de la queue un peu usés ou cassés mais il est toujours là sur l’étagère de ma bibliothèque. Comme je l’avais mis au fond de ma poche de peur que quelqu’un me le reprenne après le tir victorieux, j'ai préféré le prendre chez moi de peur que quelqu’un le chaparde à ma mère à sa maison de retraite. Eh oui, c’est idiot mais j’ai eu un véritable coup de foudre pour ce petit chien de porcelaine et ce coup de foudre, il dure encore plus de 50 années après ! C’est complètement idiot et irréaliste non ?

Quelques années plus tard, mes parents reprirent un chien ou plutôt une chienne. Elle s’appelait Miss. Elle était bien plus petite que Bambi mais bien moins turbulente aussi et je l’ai adorée elle aussi. Tout se passa pour le mieux et nous la gardâmes jusqu’à sa mort…..

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Le Pech Cardou ( 795 m) depuis Serres ( 271 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 5 musiques extraites d'une compilation intitulée "Jazz Melodies In Piano" interprétée par Giuseppe Sbernini. Elles ont pour titre "Someone to Watch Over Me" (George Gershwin), "Lullaby Of Birdland" (George Shearing),"What are you doing the rest of your life" (Michel Legrand), "Blue Gardenia" (Lester Lee et Bob Russell) et "Fly Me To The Moon" (Bart Howard).

LE-PECH-CARDOU
PECHCARDOUIGN
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Dans les Corbières qui sont vieilles de 65 millions d’années environ, si j’en crois les géologues, on peut, à cause de leur proximité, considérer le Pech Cardou comme le petit frère du Pech de Bugarach. Ce pech dont le nom de « Cardou » aurait pour origine soit le mot « chardon » ou bien peut-être le mot « cœur » (les avis semblent partagés !) est moins massif, beaucoup moins haut (795 m pour le Cardou contre 1.230 m pour le Bugarach) mais dispose d’un relief de falaises et d’une minéralogie sensiblement identique au Bugarach composée principalement de calcaires reposant sur des marnes plus tendres.  Toutefois, il y a une différence non négligeable pour les randonneurs qui aiment la solitude, c’est que ce petit frère a toujours gardé un incroyable anonymat par rapport à son grand frangin. Alors que le monde entier accourt pour venir grimper ou plus modestement admirer ou vénérer le mythique et mystique Pech du Bugarach, le Pech Cardou attire seulement quelques fêlés de la varappe et de la randonnée pédestre. Bien sûr, cette région mystérieuse de Rennes-le-Château et de Rennes-les-Bains étant fortement étudiée, psychanalysée en détail et commentée en tous sens par de nombreux spirituels et autres visionnaires, le Pech Cardou n’échappe pas à cette règle générale. A titre d’exemples : certains pensent voir le Cardou dans un tableau d'Adrien Dassier intitulé « Achille parmi les filles de Lycomède », d’autres supposent que le tombeau du Christ serait caché au sommet du pech, j’en passe, etc…etc…..  Alors passons sur cet aspect ésotérique du Pech Cardou et revenons à ma randonnée et à des choses plus terre à terre pour dire que si atteindre son sommet en marchant n’est pas véritablement un exploit sportif, ce n’est pas pour autant une simple partie de plaisir. Il faut dire aussi que son ascension n’est pas une obligation si l’on se réfère aux nombreux panneaux de randonnées qui préconisent surtout d’en faire le tour. En réalité, au départ de petit hameau de Serres, déjà évoqué dans ce blog lors du « Sentier des Terres Rouges », vous aurez de multiples choix : vous pourrez y monter sans en faire le tour (trajet direct), vous pourrez en faire le tour sans y monter (itinéraire conseillé à Serres) et enfin si vous êtes aussi curieux que moi, vous pourrez en faire le tour tout en y grimpant.  Ajoutez à cela qu’histoire de ne pas faire comme tout le monde et de sortir un peu des sentiers battus, j’ai atteint et quitté son sommet en effectuant une minuscule boucle. Croyez-moi, même si le Cardou est bien moins haut que le Bugarach, les panoramas à 360° que l’on y embrasse depuis sa crête sommitale sont absolument admirables. A dire vrai, en cette fin du mois d’avril, ce n’était pas seulement l’aspect sportif qui m’avait attiré là mais également l’espoir de découvrir une végétation dont j’avais entendu dire qu’elle était assez remarquable au printemps.  Je n’ai pas été déçu même si la saison n’était sans doute pas suffisamment avancée pour y observer les espèces floristiques les plus emblématiques des Corbières. A Serres, on peut laisser sa voiture à l’entrée du village, à côté du jeu de boules. Ensuite, par la D.613, il suffit de se diriger vers le superbe pont à dos d’âne qui enjambe la rivière Rialsesse.  Sur la gauche de la route, entouré de cyprès et d’oliviers, le beau château de Serres dresse son imposante stature au sommet d’une butte gazonnée d’un vert tendre.  De l’autre côté de la rivière, le Pech Cardou se dresse sous la forme de l’échine d’un immense chameau dont la particularité serait d’avoir trois bosses. Avant la première pile du pont, un grand panneau esquisse les trois randonnées du coin : « Sentier des Terres Rouges, Tour du Pech Cardou et Circuit de la Méridienne ». De l’autre côté du pont, on prend la direction du panonceau indiquant simplement « Cardou ». Deux cent mètres  plus loin, sous un calvaire, socle et croix en pierres, on va préférer l’itinéraire « Cardou par Montferrand » plutôt que celui indiquant « Cardou direct ». Dans l’immédiat, on délaisse donc la direction des trois pitons rocheux que l’on distingue au dessus de la croix au profit d’un étroit sentier qui longe sur la gauche un haut muret soutenant d’anciennes terrasses. Ce sentier entre très vite dans des sous-bois en alternant de verdoyants bosquets de petits feuillus ou bien une sombre forêt aux pins gigantesques. En bordure du chemin, une jolie flore le plus souvent aux tons bleus ou jaunes se dévoile : orchis, violettes, polygales, globulaires, baguenaudier, genêts, pissenlits, etc.….Quant à la faune, même si j’ai eu l’immense privilège d’observer et de photographier très longuement un superbe petit écureuil roux, elle est essentiellement aérienne grâce aux nombreux papillons et oiseaux qui virevoltent en tous sens. Au moment où il surplombe les minuscules hameaux de la Mourette et de Pachevan, le sentier amorce un virage à 90° avec de jolies vues sur le petit pech de Roque Negre  et sur le verdoyant vallon où s’écoule la Sals. Cette rivière surprenante prend sa source près de Sougraigne dans une Fontaine Salée déjà visitée et contée dans ce blog. Etonnamment, le chemin quasiment rectiligne et plat est parfois composé d’un sable très rouge ou parfois très blanc ce qui tend à prouver que la géologie des Corbières est bien plus complexe qu’on l’imagine parfois. Ici, sur ce versant appelé Bac de la Barrière, au pied des falaises préférées des escaladeurs du Pech Cardou et en surplomb de la rivière salée, se développe une flore variée et exubérante : iris, genêts, euphorbes, pensées sauvages, trèfles, ibéris des rochers, saponaires, orpins, etc.… Au moment où le chemin amorce un virage, de belles vues dominent Rennes-les-Bains. De l’autre côté du vallon, on reconnaît bien sûr quelques paysages vagabondés lors de la balade à la Roche Tremblante et au Fauteuil du Diable. Peu de temps après, on rencontre une pancarte indiquant « Montferrand ». Là, on quitte la large piste au profit d’un étroit sentier qui monte en forêt. Le dénivelé commence réellement ici et il ne va pratiquement plus cesser jusqu’au sommet du Cardou. Tout en s’élevant dans un bois, le sentier offre quelques belles fenêtres sur les nombreuses et verdoyantes forêts domaniales de la haute vallée de l’Aude et au loin sur les hauts pics enneigés des Pyrénées audoises et ariègeoises. Quand j’ai rejoint Montferrand,  je n’y ai rencontré âme qui vive et j’ai eu le sentiment d’entrer dans un village abandonné de tous ses habitants tant le silence prédominait. Pourtant, je suppose que ce n’était qu’une simple coïncidence car cet aspect-là des choses contrastait étonnamment avec la vision que j’en avais et qui laissait l’impression d’un hameau en totale reconstruction. En effet, soit les habitations étaient très jolies car entièrement rénovées soit ce n’était que chantiers, bétonnières, échafaudages, madriers et ici tout laissait supposer qu’un seul mot d’ordre avait été lancé : « restaurer à tout prix ! » Seuls les maçons semblaient manquer à l’appel. J’ai traversé très vite le village endormi par une route bitumée qui redescendait dans la végétation, route que j’ai rapidement abandonnée au profit d’un large chemin qui démarrait entre un puits original et un grand lavoir.  Le dénivelé s’accentuant, j’ai prêté attention à l’itinéraire en suivant le balisage jaune d’autant que d’autres chemins partaient en tous sens vers d’autres points d’intérêts : anciennes mines du col de Bazel, Col d’Al Bouich, Montagne des Cornes et lac de Barrenc. J’ai fini par atteindre un collet où le Pech de Bugarach apparaissait enfin dans son intégralité et sa minéralité. Sur la gauche,  son petit frère le Cardou ressemblait à une très modeste pyramide boisée.  Je suis parti naturellement vers lui par une large piste qui atterrissait quelques minutes plus tard au Col d’Al Pastré sur une vaste esplanade servant à la fois d’aire de pique-nique et de carrefour. De ce fait, les panneaux indicatifs étaient nombreux : Sentier du Cardou, Serres, Montferrand et Borne Méridienne. Par pure curiosité et avant d’attaquer l’ascension du Cardou, je me suis lancé dans cette dernière direction mais je dois l’avouer, dans un sentier mal débroussaillé et ne sachant pas vraiment où se trouvait cette Borne Méridienne, je me suis rapidement lassé et je ne l’ai pas trouvée. Equipé d’un GPS, il m’aurait été facile de la découvrir mais j’ai eu la flemme de me lancer dans un géocaching improvisé d’autant que l’emplacement exact de cette borne ne figurait pas sur ma carte IGN. Après ce revers, il était temps de revenir vers le carrefour et de sortir mon casse-croûte d’autant que tables et bancs m’invitaient gentiment à profiter de leur rudimentaire confort. C’est donc l’estomac bien rempli que j’ai entrepris l’ascension du Cardou non pas en suivant les panonceaux qui me proposaient le chemin le plus logique mais en choisissant un étroit layon, espèce de minuscule sentier forestier le plus à gauche de l’esplanade qui y monte très abruptement mais le plus directement aussi. En raison de la forte inclinaison et du déjeuner non encore digéré, j’ai pas mal peiné dans cette ascension heureusement très courte. En moins de quinze minutes, j’ai atteint le sommet sous un ciel qui malheureusement s’était terriblement assombri depuis mon départ de Serres.  Au moment même où je mettais les pieds au sein d’un grand cromlech qui n’avait rien d’historique ni de mystique puisqu’il est très récent et semble représenter une croix occitane ou templière, un grand rapace vint m’accueillir en effectuant quelques circonvolutions au dessus de ma tête. Sans doute s’agissait-il d’un aigle royal comme ceux magnifiquement aperçus lors de ma balade au Fauteuil du Diable. D’ailleurs, ce rapace semble bien connu dans ce secteur puisqu’un piton rocheux du Pech Cardou a été appelé Roc de l’Aigle. L’aigle disparut dans les nuages aussi vite qu’il était apparu me laissant tout seul à ma contemplation. Malgré un ciel d’orages très menaçant, je pris tout mon temps pour observer l’ensemble des superbes panoramas.  Il faut dire que le sommet du Pech Cardou présente l’avantage indéniable d’être très réduit, offrant ainsi aux visiteurs des vues à 360° que l’on découvre en quelques pas seulement. Bien qu’estimant avoir découvert l’essentiel de ce qu’il y avait à voir, à cause des horizons gris ou bouchés, j’eus la désagréable impression de rester sur ma faim.  Alors au moment de redescendre, cette fois-ci par le sentier balisé effectuant ainsi une petite boucle, je me fis la promesse de revenir pour une autre balade mais un jour où les prévisions météo seront longuement plus clémentes. Avant de redescendre vers Serres, j’ai profité une deuxième fois de l’aire de pique-nique pour finir mon casse-croute et alléger définitivement mon sac à doc. J’ai ensuite amorcé la descente vers Serres en me conformant au panonceau, d’abord par la piste que j’ai abandonnée assez vite au profit d’un étroit sentier descendant au sein d’une très  haute forêt de conifères superbes et variés : pins noirs de Salzmann, pins noir d'Autriche, pins Laricio, pins sylvestres, sapins, cédres, épicéas, etc…. Il est donc conseillé de prêter attention et de suivre le balisage jaune si l’on ne veut pas rallonger inutilement ce circuit. Après une douzaine de kilomètres parcourus avec des montées cumulées de plus d’un kilomètre et un dénivelé de 520 mètres environ, j’ai refermé la boucle en retrouvant l’itinéraire du départ à l’intersection où se trouve le calvaire.  Là, le joli village de Serres, son superbe pont sur le Rialsesse, son château malheureusement privé, son jeu de boules et ma voiture n’étaient plus qu’à quelques foulées. Tous arrêts et flâneries incluses, j’étais resté, à mon plus grand plaisir, cinq heures et vingt minutes sur les chemins et sentiers du Pech Cardou. Carte IGN 2347 OT Quillan-Alet-les-Bains Top 25.

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Le Serrat Gran (1.430 m) depuis Urbanya (856 m)

Publié le par gibirando



Ce diaporama est agrémenté de de la chanson d'Eddy Mitchell "Rio Grande". Elle est interprétée ou jouée par Yvon (chant), Olivier Moulin (harmonica),  Paul Contamine (clavier électrique) 
LE SERRAT-GRAN
SERRATGRANDIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Le Serrat Gran est, contrairement à son nom, un modeste sommet du Haut-Conflent à 1.430 mètres d’altitude dont sa crête sert de délimitation entre les territoires d’UrbanyaConat et Mosset. Au delà de son altitude elle même, je suppose qu’il doit surtout son nom à sa position géographique car dans des temps plus anciens, il était sans doute le passage à franchir le plus court mais aussi le plus élevé pour les villageois qui voulaient se rendre d’un village à un autre. Je vous parle bien sûr d’une époque où les routes carrossables et les pistes forestières n’existaient pas et à laquelle les seuls moyens de communications étaient certainement des sentiers muletiers. Présent à Urbanya en ce début du mois d’avril, c’est vers ce sommet, dont j’aperçois un bout du versant sud depuis ma maison, que je m’étais tourné ce matin-là pour réaliser ce qui aurait du être une courte randonnée mais qui c’est transformé au fil du parcours en une longue virée.  Ce long périple, vous ne serez pas obligés de l’accomplir, hors mis peut-être si le plaisir de marcher et le désir de découvrir sont aussi ardents que les miens. Je mentionne d’ailleurs sur la carte jointe à cet article, la boucle initialement envisagée vers le Serrat Gran ainsi que le parcours réellement accompli. Vous aurez donc le choix entre les deux options. Cette randonnée au Serrat Gran, j’aurais pu l’intituler « Au dessus des ravins » mais comme peu de gens connaissent ce sommet et qu’il était le point culminant de la balade préalablement prévue, j’ai préféré lui conserver la faveur du titre de mon article. En effet,  sur cet itinéraire, on chevauche le véritable relief du Conflent, c'est-à-dire cette zone intermédiaire très vallonnée que l’on appelle « piémont pyrénéen » se situant entre la bordure méditerranéenne et ses plaines et les premiers hauts sommets des Pyrénées. Ici, les ravins sont si nombreux que le regard est presque systématiquement porté vers eux, c'est-à-dire vers le bas plutôt que vers l’horizon ou les montagnes.  J’en ai dénombré une bonne quinzaine, courts ou longs, profonds ou pas mais heureusement plus souvent aperçus que franchis. Pourtant sur ce parcours où les panoramas sont le plus souvent à 360°, l’horizon et les montagnes environnantes se dévoilent magnifiquement et notamment vers un Canigou enneigé tout simplement extraordinaire à cette époque de l’année. Mais rassurez-vous, il n’y a pas que le Canigou à observer et d’autres montagnes comme les massifs du Coronat ou du Madres sont également bien visibles. Sans compter qu’à cette saison, la flore et la faune se réveillent magnifiquement, offrant des intérêts supplémentaires insoupçonnés aux randonneurs de ce circuit original. Tout démarre une fois encore d’Urbanya, village qui se pare de blanc en cette saison grâce à ces nombreux cerisiers, pommiers et autres arbres fruitiers en fleurs. Le départ est similaire à la randonnée du « Serrat de Calvaire » déjà décrite dans ce blog. Ensuite, il y a bien sûr un itinéraire quelque peu différent que je vous décris ci-après. On laisse son véhicule sur le parking, on franchit le pont puis on emprunte le Chemin de Saint-Jacques qui part à droite de la mairie et monte entre quelques maisons. Après la dernière habitation, devant un garage fait de tôles et de planches, on prend le sentier qui monte à gauche. Là, on va suivre la sente la plus évidente qui va s’élever et redescendre au fil des petites ravines que l’on franchit allégrement. La principale ravine est occupée par un bois où coule l’étroit « Correc » de Vallurs.  Après avoir enjambé ce petit ruisseau, le dénivelé s’accentue et il ne va pratiquement plus cesser jusqu’au sommet du Serrat Gran sauf peut-être en passant près d’une immense ruine qui arrive très vite où il s’aplanit quelque peu. Lors du tour du Serrat de Calvaire, je m’étais déjà posé la question de savoir si cette grande ruine n’était pas le hameau de Saint-Jacques figurant sur les cartes Cassini ? A ce jour et malgré quelques recherches complémentaires, je n’ai toujours pas la réponse à cette question.  Devant ces vestiges, on est donc toujours sur l’itinéraire que j’avais décrit pour faire le tour du Serrat de Calvaire et il va en être ainsi jusqu’à la côte 1098 de la carte IGN, non loin du Roc de Jornac. C’est à ce point précisément qui offre des vues sublimes sur le Massif du Canigou que les deux itinéraires différent. Au lieu de suivre, le large chemin qui part en épingle à cheveux, on va lui préférer le petit « cami » débroussaillé qui longe la clôture à main gauche. Cette clôture, on ne va plus la quitter jusqu’au sommet du Serrat Gran et même un peu plus loin jusqu’au Col de les Bigues, rendant ainsi cette ascension d’une simplicité déconcertante. Je tiens tout de même à préciser que j’ai utilisé sciemment le mot « simplicité » plutôt que « facilité » car la déclivité s’accentuant nettement, la « grimpette » se mérite ! Mais grâce aux multiples panoramas, on oublie facilement les affres de l’effort à accomplir. En effet, en marchant le plus souvent dans une végétation rase composée essentiellement de cistes à feuilles de lauriers et de maigres et rares genêts, on aura en permanence le regard absorbé par le spectacle se dessinant de tous côtés : forêts domaniales des Réserves Naturelles, Canigou, Coronat, Escoutou, Pelade, Madres, Portepas,TornPla de Vallenso (Balençou) et toujours d’immenses ravins vertigineux qui descendent pour rejoindre les vallons où coulent les principales rivières de la contrée, à savoir Urbanya et Callau. Cette dernière rivière finissant par rejoindre le Têt, son affluent majeur à Ria. Si le sentier monte très raide, il  monte en tous cas toujours très droit jusqu’au sommet du Serrat de Miralles (1.377 m). Par temps clair, ce qui n’était pas vraiment le cas, le ciel étant plutôt voilé ce jour-là, vous aurez des vues sur le lac bleuté du barrage de Vinca et bien plus loin encore vers le Roussillon et la Méditerranée. Vers le nord, quelques sommets dominant la Vallée de la Castellane apparaissent et notamment le Pic del Rosselló gravi dernièrement et récemment expliqué dans ce blog. Ici, au sommet du Serrat de Miralles, on est quasiment au centre du Parc Naturel Régional des Pyrénées Catalanes alors malgré un ciel laiteux, le spectacle est tout de même saisissant et splendide. Avec un tel tableau devant les yeux, ajouté à une terrible fringale,  j’en ai profité pour entamer très sérieusement mon casse-croûte gardant mon dessert pour le Serrat Gran bien visible car à seulement quelques foulées. J’ai mangé sous un véritable concert de chants mêlés orchestré par des oiseaux de toutes sortes et en sortant mes jumelles de leur fourreau, j’ai pu reconnaître : mésanges, serins, chardonnerets, pipits, fauvettes, pinsons, rouges-queues, bruants, etc…  Tout ce petit monde virevoltait d’arbres en arbres dans le joli Bois d’Estarder, rendant encore plus agréable cette halte anticipée. Beaucoup plus haut dans le ciel, quelques grands rapaces sont entrés dans la partie et se sont mis à tournoyer sinistrement au dessus de ma tête. Je ne pense pas qu’il s’agissait d’aigles royaux car il y en a paraît-il très peu dans le massif du Madres-Coronat alors en raison de leur grand nombre, plus d’une dizaine et de leurs caractéristiques, j’ai pensé à des Vautours fauves. Une fois rentré à la maison, l’agrandissement d’une photo sembla me confirmer cette idée : ailes larges et plutôt sombres où les plumes extrêmes étaient amplement écartées, poitrails plus clairs chez certains sujets et queues carrées courtes et noires. Alors, devant cet incroyable spectacle ornithologique et toujours à l’affût de quelques belles photos animalières, il a fallu que je me pousse un peu pour quitter ce joli mirador. Tout en continuant à longer la forêt, j’ai pris la direction de l’objectif du jour. A l’orée de grands pins mais planté de jeunes sapinettes, le Serrat Gran est un belvédère moins intéressant car moins ouvert sur de larges panoramas que le Miralles. Aussi après m’être délecté d’un « Flamby » et d’une compote de pommes, j’ai rapidement amorcé la descente vers le col de les Bigues en m’enfonçant pleinement dans la forêt pendant quelques minutes. En arrivant au col, il était seulement midi passé de quelques minutes et malgré un ciel se couvrant de gros cumulus blancs du côté du Madres et du Coronat, je n’avais pas franchement envie de redescendre vers Urbanya pour terminer si tôt cette belle balade. Alors j’ai poussé jusqu’au col del Torn (col de Tour) et j’ai refait à l’envers cette magnifique randonnée que j’avais intitulé le « Balcon d’Urbanya ». Il emprunte un tronçon du Tour du Coronat avant de redescendre sur le village. Comme je l’ai dit en préambule, rien ne vous obligera à faire de même et à ce moment-là, il vous suffira de redescendre du Col de les Bigues vers Urbanya en empruntant un des différents sentiers qui y mène : soit ceux des Escocells selon leur état d’embroussaillement soit celui du Clot del Baro, souvent le plus praticable mais le plus long. Je précise que cette randonnée au Serrat Gran qui longe en grande partie les clôtures qui délimitent les territoires d’Urbanya, Conat et Mosset (tracé fait de petits points sur les cartes IGN) n’est réalisable que si les sentiers qui les côtoient ont été défrichés, ce qui était le cas le jour où je les ai empruntés. Je pense qu’ils sont débroussaillés régulièrement car j’y ai rencontré un agent ONF qui lui-même longeait la clôture entre le Serrat Gran et le Serrat de Miralles pour effectuer des relevés.  En conséquence, je présume que cet agent ONF est habitué à cheminer ces sentiers. Si au Col de les Bigues, on fait le choix de redescendre sur Urbanya, on aura effectué une courte boucle d’une dizaine de kilomètres environ, pour un dénivelé de 580 mètres mais des montées cumulées de 830 mètres. En ce qui concerne la suite de ma balade que j’ai accomplie ce jour-là, j’avoue que j’ai été comblé au delà des mes espérances car quelques animaux très intéressants se sont montrés très indulgents envers moi, acceptant sans trop rechigner d’être photographiés : un superbe et trop rare lézard ocellé et un magnifique renard avec encore son pelage d’hiver notamment. Pour cette seconde partie, je vous précise que la boucle réalisée ce jour-là est longue d’environ 17 kilomètres et pour le reste, je vous renvoie à la carte IGN et à mon diaporama. Carte IGN 2348 ET Prades-St-Paul-de-Fenouillet Top 25. 

 

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Madère, une perle dans l'Atlantique !

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de 4 chansons traditionnelles portugaises. Elles ont pour titre et interprétes : "Fado Laranjeira" par Marta Pereira da Costa (guitare) et Camané (chant), "Andorinhas" par Ana Moura, "Põe a Mão Na Cabecinha" par Victor Rodrigues et le groupe Ao Cubo et "Falso Homem" par le groupe Os Solitàrios


Pour Dany et moi, ce mois de juin 2012 a été si trépidant et quelquefois si délicieux que j’ai failli faire l’impasse sur l’article que je consacre chaque mois au journal mensuel de mon blog.  Futilité me direz-vous ! Vous aurez raison car raconter sa vie sur Internet il n’y rien de plus puéril même si ça peut faire du bien à celui qui le fait car il y a de la liberté dans cet acte-là !  Or force est de reconnaître que la retraite doit être avant tout une période de liberté. La liberté d’entreprendre, d’apprendre, de s’amuser, d’être utile, d’être heureux tout simplement et ce dernier adage, Dany et moi essayons tant bien que mal de le faire nôtre le plus souvent possible. Il n’y a, je crois, aucune honte à être heureux et à dire son bonheur même s’il faut reconnaître que nous vivons une période terriblement difficile, économiquement parlant, j’entends. Or ce mois de juin a été un mois plutôt heureux.  Il faut dire qu’il avait formidablement commencé puisque le 31 mai, nous étions déjà dans un avion qui nous amenait vers Madère, la merveilleuse perle de l’Atlantique. Ces 7 jours de vacances en autotour pour fêter les 60 ans de Dany resteront à jamais gravés dans nos mémoires et j’ai donc naturellement éprouvé le besoin d’en parler. D’en parler et de faire découvrir à mes amis blogueurs, la magnifique île de Madère à travers un joli diaporama que vous trouverez en tête de cet article. Si nous sommes conscients que nous ne sommes pas les plus à plaindre, voilà déjà quatre ans que nous n’avions pas quitté la France pour un long voyage. En effet, en quatre années de retraite, nous ne sommes pas partis en voyage très souvent puisque le dernier long voyage datait de 2008 et c’était la Réunion pour fêter justement mon départ à la retraite. Sinon, il y a eu un court voyage d’une semaine en Italie toujours en 2008 et un petit séjour d’une semaine au bord du Bassin d’Arcachon en 2010. Le reste du temps, nous le partageons désormais entre la restauration de notre maison d’Urbanya et l’été, nous passons quelques jours dans notre rudimentaire cabanon de Sormiou (location familiale et transmissible). Après, nous consacrons le reste de notre vie à nos activités préférées comme la randonnée pédestre et la lecture, le yoga et le scrabble pour Dany ou le tennis de table ou l’informatique pour moi. Ah oui, il ne faut pas que j’oublie l’essentiel ! Il y a aussi, le bonheur d’être en famille avec nos enfants et nos petits-enfants. Eh oui, les sociologues avaient fait de nous des baby-boomers, c'est-à-dire ces enfants nés après la Seconde Guerre mondiale dans cette période qui s’étalent de 1945 au début des années 70 et que l’on a appelé plus communément les « Trente Glorieuses ». Mais le temps de la « gloire » est passé bien vite et les baby-boomers sont devenus……… des papy-boomers…. Alors pendant qu’on le peut encore, profitons-en !
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Mon grand-père Gabriel, ce héros...

Publié le par gibirando


 

Il y a deux ans quand j’ai été contraint de vendre la maison de ma mère pour assurer son maintien dans un service spécialisé Alzheimer d’une maison de retraite, j’ai, au cours du déménagement, retrouvé d’innombrables photos et un grand nombre de papiers familiaux. Parmi toutes ces photos et ces documents, j’ai notamment découvert de très vieux papiers appartenant à mes grands-parents paternels et même parfois à mes arrières grands-parents. Parmi tous ces papiers, de nombreux concernaient les actes militaires de mon grand-père. Mon grand-père paternel se prénommait Benoît Gabriel mais tout le monde l’appelait Gabriel. Il était né en 1886 à Marseille. Si je ne sais rien de son enfance, grâce à son livret militaire, j’ai appris qu’en 1906, il avait été appelé sous les drapeaux dans le 7eme Régiment de Génie  d’Avignon. En 1907, il part faire son instruction militaire de sapeur-mineur à Bizerte avec le 2eme régiment du Génie de la Division d’occupation de Tunisie. Cette période bien qu’absente de son livret militaire est attestée par quelques photos ainsi que par un certificat de bonne conduite daté du 17 septembre 1909.  Là, il s’écoule une longue période où je peux supposer que mon grand-père s’en était retourné à la vie civile où il avait repris sans doute son dur métier de maçon. En septembre 1913, il se maria avec celle qui allait devenir ma grand-mère. Ensuite, la guerre de 14/18 arrivant, comme des millions de jeunes hommes de sa génération, mon grand-père a été mobilisé pour partir la faire. Quand exactement, je l’ignore mais selon des informations retrouvées sur Internet, sa compagnie 15/6 serait partie aux armées après une période de formation, c'est-à-dire sur le front, le 19 octobre 1914 exactement. Quelques lettres d’amour échangées avec ma grand-mère et diverses cartes postales attestent de cette période sur le front de la guerre du côté de la Somme.  Comme je l’ai dit plus haut, mon grand-père Gabriel fut sapeur-mineur pendant cette période de la guerre. Evidemment, pour nombre d’entre-nous, ce terme ne signifie  pas grand-chose, alors plutôt que de longues explications, je vous renvoie vers un site intitulé « la guerre des mines » où ce rôle,  les risques et les missions qu’elles engendrent sont expliquées avec force détails. A travers ces éclaircissements, on comprend parfaitement le rôle essentiel que ces sapeurs-mineurs ont joué dans l’issue de la guerre et les  dangers permanents que ces hommes ont pris pour arracher la victoire des Forces Alliées face à l’ennemi allemand.  Un autre document sur Internet raconte l’histoire du 7eme Régiment de Génie d’Avignon lors de cette période et dit des sapeurs la chose suivante : « A côté de ceux des combattants grisés par les péripéties de la lutte, il y a une série de héros, moins en vedette, qui pourtant contribuent pour une large part à la réussite des opérations. Leur courage solide est fait de sang-froid, de maîtrise de soi-même, de dévouement, d'abnégation. Sous les obus, les balles, les grenades, dans les nappes de gaz asphyxiants, ils travaillent toujours, ils combattent souvent aussi. Les sapeurs du Génie doivent être placés au premier rang des ces phalanges techniques. Ils ont droit à une bonne part de cette victoire arrachée après cinq ans d'une lutte acharnée et sans merci. Maintes fois, leurs unités furent à l'honneur. Courage et dévouement leur ont valu de glorieuses citations, dignes de celles obtenues par nos plus vaillantes unités d'attaque. Il est utile de rappeler l'héroïsme dont firent preuve ces compagnies, en énumérant les citations qu'elles ont obtenues au cours de la campagne. »

Parmi ces citations, il y en une à l’ordre de l’Armée concernant la compagnie 15/6 qui a été remise à mon grand-père en 1918 par le capitaine Augé et qui s’intitule « Extrait de l’Ordre Général N°552 » et dont voici le texte : « Unité de premier ordre qui s'est illustrée depuis le début de la campagne dans la guerre de mines et la destruction des réseaux ennemis. Vient à nouveau d'accomplir des exploits superbes sous les ordres du Capitaine AUGE en accompagnant l'infanterie pendant les combats incessants du 10 août au 14 septembre 1918, chargeant avec les vagues d'assaut et créant rapidement malgré un feu meurtrier des passerelles qui ont permis une avance toujours rapide et victorieuse. » Et le document se termine en spécifiant que le sapeur-mineur JULLIEN Gabriel a contribué par son courage et son dévouement à l’obtention de cette citation- Signé Capitaine Auge. Il est à noter qu’en 1920, au terme de cet horrible conflit, l’historique du 7eme Régiment de Génie  d’Avignon établit les statistiques suivantes : 60 compagnies ont participé à la guerre, soit 230 officiers et 12.000 hommes de troupe. Sur ces 12.230 hommes, 6.773 ont été blessés, 1.505 sont morts dont 1.464 sapeurs.

J’avais 13 ans quand mon grand-père est décédé en 1962. Il avait 76 ans et même s’il a eu le privilège de mourir dans son lit après une vie beaucoup plus longue qu’un grand nombre de ses congénères, je m’aperçois aujourd’hui qu’il a été un vrai héros. Oui, c’est vrai, contrairement aux 9, 7 millions de militaires morts dans ce conflit dont 1,4 millions de français environ, mon grand-père a eu le bonheur et la chance de survivre à cette guerre. Mais cette vie sauve, il l’a doit essentiellement à une grave blessure occasionnée par l’ennemi qui l’a handicapé partiellement pour le reste de sa vie. Oui, par les risques importants qu’il encourait dans ses missions quotidiennes, mon grand-père a fatalement fini par être blessé.  Le 1er septembre 1916 à 10h30, il a été blessé à la joue droite dans la région temporo-maxillaire et à la cuisse par deux éclats d’obus alors qu’il se trouvait dans son cantonnement de Framerville près d’Amiens. Il fut maintenu dans l’Armée au titre de son invalidité. En 1917, il eut droit à l’insigne des blessés de guerre et en 1918 à la Croix de guerre avec citation. Il fut incorporé en 1920 dans l’armée territoriale. En 1925, il a eu droit à la carte du combattant au titre de ses mutilations mais en 1926, il fut encore incorporé dans la réserve de cette même armée territoriale comme mentionné dans son livret militaire. Entre ces deux périodes d’incorporation, et malgré son handicap, il repris son difficile labeur de maçon comme l’attestent quelques photos de 1922. En 1930, il fut classé « réformé définitif » puis il fut enfin libéré définitivement le 1er octobre 1932.  Voilà la vie d’homme que mon grand-père Gabriel avait eu. Il était rentré dans l’armée à l’âge de 20 ans pour faire son service militaire et il en était ressorti meurtri et handicapé 26 ans plus tard à l’âge de 46 ans. Sa principale joie pendant cette longue période avait été la naissance de mon père Louis en 1916. Outre, cette très longue et difficile période en partie dévoué à la France, je pense qu’il a été fait prisonnier pendant quelques temps lors du conflit 39/45 mais c’est une information que je dois encore vérifier auprès des plus anciens de ma famille.

Pourtant malgré ce difficile vécu, mon grand-père était du genre plutôt silencieux, presque taciturne et pendant la période où je l’ai connu, je ne l’ai jamais entendu ni se plaindre, ni parler de l’Armée et encore moins de la guerre. Ses médailles, ses insignes et ses rubans trônaient dans un sous-verre sur sa commode mais c’était tout. Pourtant, quand j’ai été en âge de le côtoyer, je l’ai toujours connu vieux, très amaigri et sans doute bien malade depuis plusieurs années. Ah oui,  autant que je me remémore ces vieux souvenirs, il semblait aimer les armes et la chasse à la plume c'est-à-dire aux petits oiseaux (perdreaux, grives, étourneaux, etc…) et c’est en tous cas dans cette activité que je me souviens le mieux de lui. Avec mon frère Daniel, nous partions tous les trois, le matin de bonne heure dans « sa » campagne avec des petites cages et des « appelants » à l’intérieur. Puis, il disposait les cages au pied d’un arbre aux branches dénudées où parfois même, il rajoutait quelques bâtons enduits de glue. Tout ça, il le faisait en silence et sans jamais prononcer aucune parole.  Puis, toujours dans le silence le plus absolu, nous attendions et lui, il était le seul de nous trois à avoir une patience d’ange. Il paraissait toujours ailleurs même si c’est vrai qu’à l’époque, je n’y prêtais guère attention et je mettais ça sur le compte d’une grande indulgence vis-à-vis de mon frère et moi. Moi, il m’était impossible de rester ainsi sans rien dire, sans rien faire, alors je préférais partir jouer dans la campagne mais je gardais toujours un œil sur lui et quand je le voyais s’accroupir derrière son poste de chasse fait de planches et de branchages, je m’immobilisais et j’attendais qu’il tire.  Au tir à la volée, mon grand-père ne ratait jamais sa cible et je l’avoue, j’étais bougrement admiratif ! En écrivant cet article, j’ai encore dans la bouche le goût des petits oiseaux que ma grand-mère Adèle (*) nous préparait au four et que nous mangions sur des tranches de pain grillées. J’en salive encore et même si désormais tirer sur un oiseau m’est devenu absolument insupportable, je ne peux en aucune manière blâmer mes grands-parents car pour eux, c’était souvent quelques repas de plus d’économiser. Il était comme ça mon grand-père, il adorait les petits oiseaux rôtis sur canapé mais je l’ai vu verser une larme parce qu’un chardonneret, qu’il avait longuement apprivoisé et choyé, était mort.

Voilà comment il était mon grand-père Gabriel ! Silencieux à l’extrême, très endurci intérieurement mais sans doute très sentimental au fond de son coeur… comme tous les vrais héros. 

Mais savez-vous pourquoi tous les héros sont ainsi ?

Parce que les héros son fatigués, c’est bien connu !

Et mon grand-père, lui, la guerre l’avait définitivement fatigué !

Voilà, je voulais lui rendre hommage car même si j’étais bien trop jeune pour l’avoir vraiment connu, aujourd’hui à travers ces quelques documents et photos, j’ai essayé de comprendre un peu qui il était….

Je pense y être un peu parvenu…

C’était un ange Gabriel……un ange qui avait vu des horreurs, qui avait souffert et qui était devenu héros malgré lui….

(*) Lors d’un prochain article, j’évoquerais ma grand-mère Adèle dont je garde d’excellents souvenirs de ma jeunesse et notamment des souvenirs culinaires.

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L'Île de Sainte-Lucie à Port-la-Nouvelle

Publié le par gibirando



Ce diaporama est agrémenté par 5 chansons interprétées par Richard Cocciante ayant pour titres : "Marguerite", "Pour Elle", "Le Coup De Soleil""Au Clair De Tes Silences" et "Petite Julie" (incomplète)
ILE-SAINTE-LUCIE
SAINTELUCIEIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Au mois de février dernier, Dany a cassé sa tirelire et m’a offert pour notre anniversaire de mariage, (40 ans, ça se marque !) un superbe appareil photo numérique avec un zoom qui grossit 16 fois. Quand depuis ma terrasse à Urbanya, je zoome le Massif du Canigou, ce dernier devient quasiment ma balustrade et le pic, un morceau de mon balcon ! Pour ceux que la technique intéresse, il s’agit d’un Sony Cyber-shot Digital Still Camera Modèle DSC-HX9V permettant de faire de superbes photos mais également des vidéos d’une incroyable qualité. Alors bien sûr, finit l’utilisation de mon petit Canon Powershot A590 acheté 79 euros chez Darty et dont le zoom était 4 fois moins performant et le capteur deux fois inférieur en pixels à celui du Sony. Bon, je ne vais pas massacrer ce petit Canon qui m’a offert pendant quelques années de bien belles photos et comme il ne méritait pas de finir sa vie au fond d’un tiroir, je l’ai finalement offert à ma petite-fille qui n’en demandait pas tant.  En randonnée, désormais, le Sony ne me quitte plus ! A vrai dire, Dany m’a acheté ce numérique car elle connaît ma passion pour la photo et mon envie toujours plus grande de photographier la nature sous tous ses aspects et la faune tout particulièrement.  Alors, bien sûr, ce petit numérique n’ayant pas de viseur, il n’est pas vraiment adapté à ce type de photos mais je me suis dit « tant pis, je ferais avec et on verra bien ! ». Mais une fois ce « super » numérique en mains, le moment est venu où je me suis posé la question suivante : « Dans quel endroit pourrais-je aller randonner avec un maximum de chances d’y rencontrer une belle quantité d’animaux et de fleurs avant même l’arrivée des premiers beaux jours ? ». Et je ne sais pas pourquoi, mais la réponse est venu à mon esprit presque comme une lapalissade et, cette évidence, c’était l’Île de Sainte-Lucie(*) près de Port-la-Nouvelle où ça faisait des années que je n’étais plus allé marcher. La dernière fois que j’y étais venu, c’était pour « faire » un aller-retour jusqu’à Narbonne en VTT par le superbe Canal de la Robine que j’ai d’ailleurs raconté dans ce blog. Cet aller-retour m'avait donné envie de faire une autre balade beaucoup plus longue s'intitulant "Le Sentier du Golfe Antique (**)". En balade pédestre, j’ai finalement oublié le nombre d’années sans y venir mais je me souviens d’un temps où nous partions faire le tour de l’île avec les enfants pour aller voir des oiseaux et ramasser aux pieds des falaises de beaux fossiles de coquillages.  Depuis septembre 2009, le site a été classé en Réserve Naturelle Régionale et même si désormais, sortir des chemins balisés n’est plus autorisé, je peux vous garantir que ça reste une bien belle balade. D’ailleurs, depuis ce temps-là, finalement peu de choses ont changé hors mis peut-être la belle forêt de pins d’Alep qui a terriblement souffert de la tempête Klaus de janvier 2009. Certains arbres étaient centenaires et c’est triste de voir que sur le terrain, il n’en reste que quelques copeaux racornis. Malgré ce désastre imprévisible, la carte mémoire de mon Sony s’est remplie, ce jour-là, d’une jolie petite iconographie animalière bien au delà de mes espérances quant à la flore, je me suis contenté d’alimenter mon herbier photographique des quelques plantes fleuries dont il faut bien reconnaître qu’elles n’étaient pas très nombreuses en cette fin du mois de mars. Pour se rendre au point de départ, il faut prendre la N.139, direction le port de Port-la-Nouvelle puis suivre le Canal de la Robine jusqu’à l’écluse de Sainte-Lucie où on peut laisser sa voiture selon l’affluence. Enfin je suppose car moi, j’en étais resté à des temps plus anciens où j’étais contraint de garer ma voiture 400 ou 500 mètres avant l’écluse en bordure des salins.  Si vous faites comme moi, après cette petite mise en jambes, l’itinéraire de la randonnée est d’une simplicité absolue et il suffit de suivre au départ la direction du Roc Saint-Antoine indiquée sur un panonceau jaune en enjambant le petit pont métallique de l’écluse. Il faut dire que les poteaux, pancartes, panneaux et panonceaux en tous genres ce n’est pas ce qu’il manque ici : certains sont là pour indiquer la « marche à suivre » des sentiers, d’autres vantent les vertus de la Réserve Naturelle, quelques-uns informent les visiteurs sur les recommandations à respecter et les consignes d’usages, plusieurs exposent la biodiversité de ce site naturel protégé, etc… Tout ça est absolument parfait et personnellement j’adore. Je trouve qu’il n’y a jamais trop d’informations et notamment dans des lieux comme ici où l’empreinte de l’Homme est partout présente ! J’ai toujours envie d’en savoir plus sur l’Histoire et les histoires des hommes qui ont vécu ou travaillé là. Ce matin-là, il est tout juste 9h et en enjambant le canal, ce lien ténu mais plus tout à fait unique car il y a bras de terre qui fait de Sainte-Lucie, non plus une île mais une presqu’île, j’avais l’impression d’être une espèce de Robinson Crusoé des temps modernes. Personne ! Le silence le plus absolu ! Même les mouettes qui s’amusaient à glisser l’aile dans une brise légère, le faisaient en silence ! Seul un chat est venu se faire cajoler et il devait tellement languir le premier venu qu’il n’a rien trouvé de mieux que de me sauter sur l’épaule au moment même, où agenouillé, je m’apprêtais à le photographier. Sans le vouloir, j’ai fait, « les yeux dans les yeux », la photo la plus « étonnante » de la journée ! J’avoue que pour photographier la nature, cette solitude et ce silence, ça m’arrangeait bougrement ! J’ai pris la direction de la Cantine et j’ai dessiné un « 8 » avec il est vrai quelques petites verrues et notamment un aller-retour vers le Domaine de Sainte-Lucie car j’en gardais de très bons souvenirs. D’emblée, en quittant le canal, on entre dans un biotope fait d’écosystèmes bien différents : une petite zone humide avec des laîches à profusion laisse rapidement la place à des arbres et arbustes où les pins d’Alep et les chênes verts règnent en maîtres. Mais à y regarder de plus près, il y a une quantité d’autres plantes et essences souvent typiques d’une végétation méditerranéenne : cyprès, pistachiers lentisques, chênes kermès, cistes cotonneux ou de Montpellier, etc… D’ailleurs, la garrigue parfumée ne tarde pas à apparaître et ici, elle a largement envahi quelques vestiges de béton : de nombreux piliers soutenant des portails et des murs invisibles, l’ancienne Cantine bien sûr, dont l’Histoire raconte qu’elle servait de réfectoire pour les ouvriers travaillant aux salins. En tous cas, au regard de la paille présente et des petits enclos de ciment, elle devait sans aucun doute servir d’étable, il y a encore peu de temps. Mais le jour de ma venue, point d’animaux de basse-cour mais une extraordinaire nuée de moineaux qui, dans un vacarme assourdissant de piaillements, s’est envolée des combles dès que j’ai mis un pied à l’intérieur. Après cette première découverte, j’ai poursuivi l’itinéraire et en m’approchant d’un pilier, espèce de petit obélisque perdu au milieu du maquis mais visible depuis le chemin, quelle ne fut pas ma surprise d’entendre des caquètements lointains et en m’approchant encore un peu, j’eus le bonheur d’apercevoir dans un petit étang, des flamands roses et une multitude d’autres oiseaux limicoles. Mon numérique s’était déjà rempli de quelques belles fleurs (iris nains, euphorbes, narcisses douteux, romarins, orchis, etc…) mais surtout de plusieurs jolis oiseaux quand, en arrivant à un carrefour, coup sur coup deux lézards vinrent jouer les trouble-fêtes. Le premier se faisant dorer au soleil sur un muret de pierres sèches avait une queue immense, il était plutôt brun et orné de deux lignes jaunâtres sur ses flancs. A mon retour, j’appris sur Internet qu’il s’agissait d’un Psammodrome algire. Quand au second, il était vert et largement moucheté d’ocelles jaunes et de quelques unes bleues. Sa présence près d’une vieille souche de pin aurait pu me faire penser à un Lézard des souches mais non ce dernier étant parait-il absent de Midi de la France, avec ces ocelles bleues, il s’agissait sans aucun doute du plutôt rare et protégé Lézard ocellé. C’es deux magnifiques reptiles enregistrés dans mon numérique, c’est ravi que j’ai quitté ce carrefour pour les Voies Ornières dont à vrai dire, il ne reste plus rien et en tous cas, les fameuses ornières fréquentées par les chariots chargés de calcaires marins ou de sel ont définitivement disparues. Avant ce nouveau carrefour, un petit sentier partant à droite me permit d’avoir de jolies vues sur un petit marais et le canal de la Robine, et là, mon numérique s’enrichit de quelques oiseaux inédits, colverts et foulques macroules notamment. Après tous ces arrêts agréables mais excessifs, il était temps de me remettre en route mais là encore, je fus attiré par l’anse de Cauquenne qu’un poteau indiqué droit devant et ça tombait d’autant mieux qu’un étroit sentier semblait y mener directement. Là, hors mis quelques papillons, je fis « chou blanc » ou plutôt « céleri sauvage », plusieurs plants rencontrés y ressemblant terriblement. En réalité, après enquête sur le Net, il s’agissait du Maceron, plante semble-t-il très commune dans certaines garrigues du pourtour méditerranéen. En bordure de cette anse du nom de Siffleur sur les cartes IGN et en l’absence de toute faune photographiable, je fis rapidement demi-tour. Sur le Net, j’avais lu que ce nom de « Cauquenne » était l’ancien nom de l’île et signifiait « port » en Ibère et c’est paraît-il ici au fond de cette anse que les Romains avaient choisi, en guise de port de commerce, d’ériger un débarcadère bien abrité des vents. C’était au temps où l’île n’était pas encore une presqu’île. Cette promenade prenant des allures de flânerie exagérée, je choisis de partir vers la Vigie et le Roc Saint-Antoine, en accélérant un peu le pas. Cette fois, seul un petit écureuil bien trop craintif et une Mésange charbonnière bien docile acceptèrent les photos et freinèrent quelques minutes cette ardeur soudaine. Mais je dois le reconnaître la chance fut vraiment avec moi car étrangeté de cette vision, ils étaient sur le même pin et c’est le chant de la mésange qui me permit d’apercevoir l’écureuil dont malheureusement je ne pus prendre que deux photos seulement avant qu’il ne disparaisse. Ici, depuis le chemin, de belles vues plus lointaines s’entrouvraient enfin : sur l’étonnante voie ferrée comme posée sur les eaux entre les étangs du Siffleur et celui de Bages-Sigean balayé ce jour-là par une «bonne » tramontane, sur Port-la-Nouvelle, sur les Corbières et bien plus loin encore vers le Massif du Canigou. En arrivant près de la Vigie, ancienne cabane de douaniers surveillant la récolte du sel à l’époque napoléonienne, les panoramas se firent encore plus beaux mais c’est sans contexte depuis le Roc Saint-Antoine à 39 mètres d’altitude que le spectacle sur cet extraordinaire territoire devint réellement somptueux. Ici, le regard embrasse des paysages divers très colorés : au loin sur les blanches Pyrénées enneigées, sur les lagunes et ces langues de terre et d’eau que sont la voie ferrée et le Canal de la Robine, sur les roselières au pied de la falaise mais aussi sur l’immensité de la Méditerranée et les étangs bleutés jusqu’à Narbonne et Gruissan si le temps est très clair. Depuis ce joli belvédère, le zoom grossissant de mon numérique fut grandement mis à contribution tant il y avait d’oiseaux dans les roseaux et les nombreux bras des marais mais je l’avoue, le résultat ne fut pas à la hauteur de mes convoitises. Tout en gardant un œil observateur vers l’étang de l’Ayrolle, je pris la direction des bâtiments des anciennes Caves (transformées en porcheries après la deuxième guerre mondiale) puis vers la Bergerie. Après ces découvertes, les vues sur le Domaine de Sainte-Lucie, sa Maison des Etangs et le canal de la Robine ainsi que le petit sentier des Moines qui y descendait entre falaises de lumachelles furent bien trop attirants. Je me souvenais de ce temps où dans ce domaine, on y réparait de belles barques catalanes et au hasard de mes pérégrinations, j’avais découvert tous ces fossiles de coquillages en tous genres incrustés dans les falaises. L’envie de les photographier avec mon nouvel appareil fut comme un appel irrésistible. Je pris le petit sentier encore balisé par endroits et je n’eus pas à le regretter tant les plaisirs furent nombreux. Outre, les lumachelles d’huîtres, de moules et de coquilles Saint-Jacques toujours présentes dans les sédiments et les roches de la falaise, j’eus l’agréable surprise de tomber nez à nez avec deux gros ragondins qui se laissaient glisser dans les eaux calmes du canal. Peu de temps après, ce fut un couple de colverts qui se laissa photographier sans crainte. Quelques sternes s’envolèrent emportées par la tramontane. Au Domaine, la construction et la réparation navale étaient toujours de mises. Deux pêcheurs accostèrent leur embarcation et nous engagèrent une courte conversation faite de banales amabilités. Je poursuivis quelque peu le route carrossable qui file vers l’Ardillon en passant sous le Roc Saint-Antoine sans trop savoir si c’était autorisé. Deux voitures me croisèrent sans s’arrêter. En arrivant près de la voie ferrée et estimant avoir redécouverts tous mes vieux souvenirs, je pris conscience qu’il était temps de faire demi-tour. Au retour, quelques aigrettes et une touchante femelle colvert accompagnée de ses rejetons vinrent compléter mon bestiaire photographique. L’heure de fermer cette merveilleuse boucle était venue et ce fut chose faite en longeant les murets de pierres sèches de la Vigne Longue puis les anciennes Carrières de molasse marine. Une superbe Pie bavarde et quelques passereaux pas toujours évidents à photographier s’ajoutèrent à mon album. Il était presque 15 heures quand je franchis la passerelle de l’écluse en retrouvant le gentil chat de ce matin. Il acceptât de nouveaux câlins. Pour une boucle à faire en 2 heures et demi, j’étais resté presque 6 heures sur les chemins et les sentiers de Sainte-Lucie, c’est dire, si tout au long de cette magnifique journée, j’avais flâné, erré et photographié cette nature que j’étais venu somme toute chercher ! Je vous indique ici l’itinéraire emprunté y compris les petits écarts non recommandés mais que ma curiosité naturelle et ma solitude ont irrémédiablement entraînés. Ne faites pas comme moi et respectez les consignes qui prévoient de rester sur les parcours balisés ou mieux renseignez-vous auprès de la Maison éclusière qui désormais accueille le public pour le compte de la Réserve Naturelle. Carte IGN 2546 OT Narbonne Top 25.

(*) A toutes les personnes qui ont aimé l'île de Sainte-Lucie et qui veulent en savoir plus sur son histoire, je conseille vivement la lecture d'un petit ouvrage qui s'intitule "Souvenirs de l'île de Sainte-Lucie" édité par la Réserve Naturelle de l'île avec la collaboration du Parc Naturel Régional de la Narbonnaise en Méditérranée, la commune de Port-la-Nouvelle, le Conseil Général de l'Aude, la région Languedoc-Roussillon et le Conservatoire du Littoral. Cet ouvrage collectif reprend de magnifiques textes écrits par Marthe Bonnafoux, Michel Duret et Jean-Pirre Piniès avec des superbes aquarelles d'Isabelle Mallet du Lac. Vous le trouverez dans toutes les bonnes librairies audoises au tarif modique de 3 euros.

(**) Le Sentier du Golfe Antique : Ce sentier, c'est finalement en 2014  et en 3 jours que j'ai pu le réaliser. Voici un lien

 

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Le Pic del Rosselló (1.314 m) depuis Mosset (700 m)

Publié le par gibirando



Ce diaporama est agrémenté de 4 chansons de Patricia Kaas extraites de son album "Piano Bar". Elles ont pour titre : "Les Moulins de Mon Coeur", "The Summer Knows (Un Eté 42)", "Syracuse" et "I Wish Love You (Que Reste-t-il de nos Amours)".
LE-PIC-DEL-ROSSELLO
PICROSSELLOIGN

Le Pic del Rosselló que certains écrivent Pic del Roussillou en se référant à la phonétique catalane, c’est bien évidemment en français le Pic du Roussillon. Je ne vais pas développer ici, l’histoire de l’origine du mot « Rosselló », c'est-à-dire son étymologie, ce n’est pas le but de ce blog et d’autres l’on fait depuis bien longtemps et bien mieux que je ne pourrais le faire moi-même. Toutefois il est intéressant de noter qu’avant de devenir Rosselló, puis Roussillon, ce mot est apparu pour la première fois sous la forme « Ruskino » puis « Ruscino » en latin, patronyme désormais très connu depuis les fouilles et la découverte d’un site archéologique qui a révélé une cité antique au village de Château-Roussillon, tout près de Perpignan. Tout le monde est à peu près d’accord pour dire que l’origine du préfixe « rus » signifie « tête » « front » voire même « capitale » quand au mot « kino » , les avis sont plus partagés entre « golfe » ou parfois même « colline ».  Alors, une chose est quasiment certaine c’est que ce nom-là a été alloué pour la première fois pour désigner la tête ou le front d’une colline c'est-à-dire une butte ou un promontoire, ce qui correspond parfaitement au lieu même où se trouve les vestiges romains de Ruscino. Ce promontoire domine la plaine, plaine qui elle-même a fini par prendre le même nom de Roussillon. La colline Roussillon domine la Plaine du Roussillon et il en est de même pour le Pic del Rosselló, promontoire qui domine lui aussi la Plaine du Roussillon. Alors, ce nom de Rosselló a-t-il-été donné au pic parce qu’il s’agissait d’un promontoire ou bien parce qu’il embrassait la Plaine du Roussillon ? La question mérite d’être posée, mais il me paraissait important d’apporter ces quelques précisions. En tous cas, notre objectif du jour est bien lui aussi une élévation mais il faut avouer qu’en randonnée, c’est très souvent le cas. En général, allez savoir pourquoi, les randonneurs n’aiment pas trop les terrains plats ? Au regard du nom donné à ce sommet, ceux qui ne le connaissent pas pourraient en déduire qu'il s'agit d'un pic parmi les plus importants du département. Non, ce n'est pas vraiment le cas car avec ses 1.314 mètres d’altitude, il est un sommet du Haut-Conflent plutôt modeste. Il n'en demeure pas moins intéressant à gravir car il s'agit d'un superbe belvédère à 360° sur une immense partie du Conflent, de la Plaine du Roussillon et parfois bien plus loin encore jusqu'à la Méditerranée si par bonheur, le temps est très clair. Pour couronner le tout, cette jolie balade démarre de Mosset, qui a été classé parmi les plus beaux villages de France mais qui ne l'est plus à ce jour. Pourquoi a-t-il perdu ce label ? Je l'ignore mais pour moi ça ne change rien à sa beauté ! Outre ces aspects-là, il y a tout de même quelques découvertes très intéressantes et insolites à faire au cours de cette randonnée comme par exemple ces ancestraux « cortals » en ruines  qui jalonnent le parcours à un point tel que le versant sud du Pic del Rosselló a été dénommée « Els Cortalets ». Toutefois, dans cette montagne, il y en a tellement un peu partout de ces cortals oubliés, qu’il faudrait presque organiser une balade spéciale de plusieurs jours pour partir à leur découverte et espérer les voir à peu près tous. Il y a aussi ces étonnants chaos granitiques aux formes parfois bizarres que j’avais déjà évoqué lors d’une autre balade qui depuis Mosset nous avait amené au Roc des Quarante Croix et enfin, il y a quelques vestiges d’un passé plus ou moins ancien : dolmens, « clauses », « feixes », orris et roche gravée. Le départ s’effectue de la même manière que pour le Roc des Quarante Croix, on laisse sa voiture sur un des parkings proche de la Tour des Parfums et on démarre devant celle-ci. De l’autre côté de la rue, on aperçoit à une vingtaine de mètres sur la gauche, un panonceau jaune donnant la direction de notre objectif du jour : « N°9-Pic del Rosselló-5h ». On démarre par quelques escaliers qui nous entraînent vers le haut du village en direction d’un grand pylône que l’on aperçoit aisément en levant la tête. On passe devant un vieux lavoir, on poursuit tout droit par une rampe que longe un caniveau où s’écoule un fougueux ruisseau qui, plus haut et sur la droite, surgit violemment d’un ouvrage ressemblant à une source captée. Le bitume abandonne la place à une large piste terreuse que l’on délaisse très rapidement au profit d’un petit sentier qui part à droite et monte en zigzaguant vers le pylône. Les premières vues sur le Canigou, Mosset, la splendide Vallée de la Castellane, les forêts et les montagnes environnantes se dévoilent magnifiquement. Peu après le pylône, on retrouve la large piste de terre. On peut soit l’emprunter vers la droite soit raccourcir l’itinéraire grâce à un sentier plus étroit qui s’enfonce tout droit dans une chênaie. On découvre ici, notre premier cortal ou plutôt une vraie demeure sur deux étages dont les murs sont encore bien debout. Plus haut, on retrouve une nouvelle fois la piste. On la continue et on arrive devant une grande étable moderne où quelques vaches nous regardent passer anxieusement. En bordure de la piste, de nouveaux vestiges se révèlent : vieilles ruines abandonnées à jamais et un petit dolmen notamment. La déclivité continue à s’élever mais comme c’est en douceur, elle ne nécessite pas d’efforts particuliers. Avec une imagination fertile, les premiers gros chaos granitiques attisent nos regards car on est toujours en quête d’y trouver des formes singulières voire extraordinaires. D’autres blocs rocheux ont des formes plus évidentes comme ce gros « zizi » déjà découvert précédemment ou bien cette « tête de loup » qui regarde le ciel. Tout en montant vers le Cortal Gravàs, on se retourne et on prend le temps d’observer tous ces blocs et ces amas rocheux et on tente encore d’y deviner un bestiaire insoupçonné : ours, dinosaure, éléphant, tortue ou escargot géant, enfin tout ce qui a une grosse échine arrondie peut être concevable. Le Massif du Madres encore enneigé sert de toile de fond à ces somptueux décors minéraux plantés là, comme immuables, dans le maquis et les pelouses rases. On est sur le point de passer devant le Cortal Gravàs mais comme plusieurs chiens viennent vers nous en aboyant de manière très dissuasive, on préfère emprunter le sentier qui passe derrière les habitations. Ici, loin de tout, et sans doute grâce à quelques passionnés de la nature sauvage, la vie pastorale semble avoir résisté. Un chalet de bois côtoie quelques caravanes, plus loin un grand hangar jouxte un vieux cortal en ruines et tout autour quelques puissants chevaux gambadent en liberté sur les pelouses et dans les buissons d’épineux. Le Pic du Rosselló essentiellement écrasé jusqu’à présent fait tout à coup le dos rond dans un paysage de terres brûlées. Le sentier se faufile au milieu de petits genêts et dans des landes de fougères roussies et fanées par l’hiver. Sur la droite, on entend se rapprocher le murmure d’un petit torrent, il s’agit du Correc d’en Fabra et quand on passe sous l’ombrage de quelques pins, un ruisseau aux reflets bleus et aux eaux limpides est là, juste devant nos pieds. Nos pieds échauffés qui ne demandent qu’une chose : un peu de fraîcheur. Nous allons être servis et nos orteils vont dire instantanément « stop » à cette eau polaire car au lieu de la fraîcheur espérée c’est une eau glaçante qui s’écoule directement de quelques grosses plaques de neige qui fondent sur le Pla de Closa que nous venons d’atteindre. Ici, en enjambant le ruisseau, on a le sentiment d’être passés dans un autre monde. Le contraste est étonnant car après l’aridité de la « solana », La Closa ou Clause, signifiant « enclos », est un véritable petit paradis avec ses mouillères et ses pinèdes, ses collines boisées de résineux et de quelques bouleaux blancs et surtout avec ses prairies verdoyantes où au milieu coule ce rafraîchissant ruisseau. Même si notre itinéraire s’en éloigne, on a automatiquement envie d’y aller et d’y faire un halte et ça tombe bien car l’heure du pique-nique est arrivée et ça tombe d’autant mieux que l’on peut y découvrir, au beau milieu du pré, une étrange pierre granitique à semi-enfouie dans la terre. Elle est gravée d’une croix et de signes malheureusement incompréhensibles pour les novices en archéologie que nous sommes. Comme souvent, et à l’aide d’Internet, j’avais, avant le départ, pris la peine de m’interroger sur les éventuelles trouvailles de ce parcours et c’est ainsi que j’avais découvert cette mégalithe dont on disait qu’il s’agissait peut-être d’une pierre tombale en raison de sa forme tabulaire triangulaire et de la grosse croix profondément gravée en son centre. Ils restaient à déchiffrer les autres signes gravés sur un côté dont certains ressemblent à des lettres. Personnellement, j’ai cru y lire, après grossissement et filtrage Photoshop d’une de mes photos, ce qui ressemble au mot « ASTOR » et qui en catalan est un épervier, oiseau très commun dans les parages et dont en français, on a tiré le mot « autour ». Néanmoins, j’ai un doute à ce propos et je pencherais plutôt pour le nom « PASTOR » très répandu depuis des lustres dans la généalogie de Mosset et qui est aussi «le  pâtre ou le berger catalan ». Il est vrai aussi que je n’ai pu deviner qu’un court fragment des écritures. Dans le prolongement de cette « table mystérieuse », d’autres roches en partie enfouies sont alignées sur quelques dizaines de mètres et coupent le pré en deux. Je n’y ai pas remarqué de gravures. Alors est-ce aussi des pierres tombales et donc d’un véritable cimetière qu’il s’agit ou bien plus simplement de vieilles clôtures que le ruisseau et la terre meuble du terrain ont fini par ensevelir au fond de cette cuvette ?  En tous cas, le mystère reste entier et comme il fallait bien se remettre en route vers notre vrai objectif du jour, je me dis que je n’ai peut-être pas pris toutes les photos indispensables à une recherche approfondie plus sérieuse de ce site mystérieux. Voilà en tout cas, une bonne raison de revenir dans ce petit Eden ! On quitte la fraîcheur des herbages de la Closa pour les pentes ensoleillées du Pic del Rosselló où on retrouve très rapidement la chaleur accablante du chemin. Nous ne sommes que fin mars et pourtant cette chaleur, on la sent monter inexorablement le long de nos jambes et le dénivelé même modeste se fait sentir. On finit par quitter la piste pour se diriger directement vers le sommet vers ce que je crois être une croix de bois. A son approche, je m’aperçois qu’il s’agit en réalité d’un petit pin rabougri dont les branches ont été écartelées et « déplumées » par les vents violents qui sévissent ici. Mais le sommet est tout de même là, avec sa borne et son antenne solaire et en raison des panoramas à 360° que l’on peut y observer, on y fait une nouvelle halte agréablement délassante. D’ici, c’est une véritable ronde de paysages qui défilent et comme souvent, on essaie de retrouver les lieux de nos dernières randonnées effectuées, alors je sors les jumelles : Pays de Sault, CorbièresFenouillèdes ( ah oui voilà le Sarrat Naout !), Roussillon, Canigou (oui, c’est là-bas, Saint-Martin-du-Canigou !), Conflent, Madres (elle est par là-bas la carrière de Caillau !), Capcir, etc… Je reconnais avec ravissement certains chemins empruntés et une immense partie des paysages traversés lors du Tour des Fenouillèdes réalisé avec mon fils en septembre dernier. L’objectif a été vaincu et cette fois-ci, il est temps de redescendre vers Mosset car une nouvelle fois, nous avons flâné plus qu’il ne faut. En raison, de la profusion de pistes, je sors mon GPS dans lequel j’ai enregistré le tracé du jour. Il nous entraîne tout bonnement plein est vers une piste principale puis à un croisement où se trouvent un bel orri et une source captée près d’un cortal en ruines. Je regarde ma carte IGN, tous ces édifices sont bien là, il s’agit du Cortal Queraut non loin du Roc des Iules, petits mille-pattes noirs appréciant les lieux humides, ce qui est le cas ici ! Là, devant l’ancienne bergerie en ruines, on retrouve le balisage jaune qui file puis descend vers Mosset dans des décors sans cesse renouvelés. Ici, les vues sur le Canigou enneigé sont extraordinaires. Là, entre landes, chaos granitiques, cortals oubliés, bois et parfois pelouses, il faut suivre avec attention les marques peintes en jaune pas toujours évidentes à discerner. Après un nouveau cortal et la descente d’un sentier très raviné, on aboutit sur un « pla » herbeux où paissent quelques vaches. De toute évidence, on est ici à la croisée de plusieurs chemins car quelques cairns partent aussi bien à droite qu’à gauche. Par erreur, nous prenons à gauche le chemin qui descend vers Molitg-les-Bains avant de nous raviser et de partir à droite, grâce, il faut bien le dire, à notre GPS. Dans la descente, le sentier désormais évident entre dans un bois de petits chênes pubescents aux feuilles encore roussies. Ce sentier nous amène sans problème jusqu’à Mosset dont on a de magnifiques vues aériennes bien avant d’y arriver. Quelques derniers lacets lassants, lassitude que je comble aisément en cherchant quelques fleurs pour mon herbier photographique. Le village est enfin là, perché qu’il est sur sa petite éminence, alors un dernier dénivelé s’impose pour retrouver notre voiture près de la Tour des Parfums. Ouf ! La boucle se referme après un peu plus de 17 kilomètres parcourus pour un dénivelé total de 645 mètres environ. Un conseil : cette randonnée est à faire avant ou après les canicules de l’été. Cartes IGN 2348 ET Prades-St-Paul-de-Fenouillet Top 25.

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L'Abbaye de Saint-Martin-du-Canigou (1.055m) depuis Vernet-les-Bains (670m)

Publié le par gibirando


 
Ce diaporama est enjolivé avec 4 musiques de Gheorghe Zamfir (Flûte de pan). Elles ont pour titre : "Le Berger Solitaire" (avec James Last), "Cavatina""Adagio" et "Ave Maria".
STMARTINCANIGOUIGN

Ayant fêté très succinctement l’anniversaire de ma 100eme randonnée dans les Pyrénées-Orientales par un petit hommage au grand pyrénéiste Georges Véron dont les nombreux ouvrages ont réussi à me transmettre le virus de la randonnée pédestre, je voulais vraiment marquer le coup pour ma 101eme. Je voulais fêter ce cap des 100 randonnées inscrites dans mon blog pour notre beau département et en trouver une, à la fois un peu exceptionnelle sur le plan de la découverte mais à la fois sportive de telle manière qu’elle remplisse une belle journée de marche. Alors, il m’a fallu un peu de réflexion pour arriver à la trouver car si c’est vrai qu’il en reste quand même quelques-unes à découvrir, elles ne sont pas vraiment légions surtout à la fin de l’hiver quand la neige est encore bien présente sur les plus hauts sommets. A une autre saison, j’aurai pu gravir le Canigou et réparer ainsi ce vide de ne pas encore avoir rédigé d’article sur notre Olympe catalan mais l’hiver est encore bien là et « faire » ainsi, dans la poudreuse, notre mythique sommet n’aurait pas vraiment été raisonnable surtout à mon âge. Alors comme le dit si bien le proverbe « faute de grive on mange du merle » et en l’occurrence mon merle à moi, il s’est prénommé Martin et heureux présage il s’agissait d’un Saint…Saint-Martin du Canigou bien sûr. J’avais donc décidé pour cette 101eme randonnée dans les Pyrénées-Orientales de me rendre à la célèbre abbaye. Rien de plus facile me direz-vous ! C’est vrai et pour ceux qui connaissent déjà le lieu, j’aurais pu emprunter la piste qui y monte à partir de Casteil et le tour était joué et l’affaire pliée en une paire d’heures. Non, comme je l’ai dit plus haut, ce n’était pas le but que je recherchais alors j’ai choisi sans doute la manière la plus difficile et la boucle la plus sportive pour me rendre à la belle abbaye et en revenir. Alors jugez-en, ce fut presque un pèlerinage ou plutôt un chemin de croix : départ à partir de Vernet-les-Bains, altitude 670 mètres, puis direction le col de Llavent (958 m) par l’itinéraire des cascades (Saint-Vincent et des Anglais mais on n’y va pas !) puis celui du Bac. Là après le col de Llavent, on grimpe dans la forêt du Bois de la Ville en enchaînant plusieurs ravins qui descendent à flanc nord du Canigou et que l’on enjambe presque toujours dans leur partie la plus haute. Chaque ravin franchi nous amène toujours plus haut. C’est d’abord celui de la Guille puis celui des Cirers et enfin celui de l’Asmoursadous. Là, à la Font del Bac dels Monjos à 1.347 mètres d’altitude, on atteint le point culminant de la balade et on amorce enfin la descente en lacets vers l’abbaye (1.055 m). Je n’ai quitté l’abbaye qu’après une remarquable et intéressante visite qui dure une heure environ. Là, pour le retour, j’ai à nouveau choisi la difficulté  en effectuant la descente au sud de l’abbaye par le ravin du Ridoulté qui tout en bas rejoint celui du Cady. Là, direction Casteil (800 m) puis l’entrée du camping du Domaine Saint-Martin. Là, j’ai repris la direction du col de Llavent pour finir et rejoindre Vernet-les-Bains par le Pic de l’Alzina (1.017 m) et le Belvédère « Comte Henri de Burnay ». Voilà, la boucle en forme de « grand huit » biscornu que j’ai réalisé en huit heures. Départ le matin à 10h15 et arrivée le soir vers 18h30 en y incluant bien sûr, la flânerie habituelle, les nombreux arrêts photos et autres, la découverte du site, l’attente de l’horaire puis la visite de l’abbaye et deux ou trois petites pauses pique-niques. En raison même de la configuration dans laquelle l’itinéraire se faufile et des nombreux lacets, il est difficile de mesurer cette boucle sur une carte IGN. Personnellement, je l’estime à une quinzaine de kilomètres voire seize ou dix-sept pour un dénivelé de 680 mètres environ mais ça reste néanmoins une randonnée relativement difficile avec quelques passages laborieux notamment du côté de la Font del Bac dels Monjos où quelques câbles bien pratiques ont été scellés en guise de mains courantes. Sinon que dire de plus pour vous faciliter cette balade . Personnellement, j’ai laissé ma voiture au parking Boulevard Lambert Violet puis en sortant du parking, j’ai remonté ce boulevard à gauche sur quelques mètres pour prendre à droite des escaliers rejoignant un terre-plein herbeux où une curieuse grotte apparaît sur la gauche. En prêtant attention, on remarque déjà un balisage jaune qui monte vers le petit lotissement du « Village Catalan ». Les beaux panoramas sur Vernet se dévoilent déjà. On poursuit en passant devant le lotissement et tout au bout, on retrouve le balisage jaune qui monte encore quelques escaliers et là, on entre immédiatement de pleins pieds dans la forêt où quelques panonceaux directionnels sont présents un peu plus haut. On ignore les autres directions y compris celle du « Belvédère » car on reviendra par là et on prend le sentier qui indique « Vernet-St Vincent 0H10 ». A cette époque de l’année,  c’est aux sifflets mélodieux des merles et aux sons du tambourinage infernal des piverts que ce sentier m’amène très naturellement vers le chemin dit de Saint-Vincent. Il suffit de poursuive cette large piste qui file vers les cascades de Saint-Vincent et des Anglais et il ne faudra la quitter qu’à une croisée de chemins où un panonceau indique « Col de Llavent et Pic de l’Alzina. Ce pic, c’est cette « serrat » très boisée qui se situe sur la droite du chemin. Le Canigou, lui, très enneigé mais visible qu’en de rares occasions et selon les lacets du sentier, est soit devant soit sur la gauche A partir de cette intersection, la suite de mon itinéraire est quasiment unique ou bien parfaitement balisée et elle ne présente donc aucune difficulté quand au tracé que je décris.  Au col de Llavent, on emprunte bien sûr la direction de « l’abbaye de Saint-Martin-2h ». A partir de là, la randonnée devient le pendant de celle que j’avais décrite dans ce blog à la Tour de Goa. D’ailleurs, la tour, on la voit déjà et elle apparaît très souvent dans le décor tout au long de la journée. Mais, aujourd’hui, au regard de tous les merveilleux panoramas qui se dévoilent de l’est jusqu’au nord mais surtout vers l’ouest, la belle Tour de Goa n’est qu’un détail presque insignifiant perdu au sein de ces merveilleux paysages . Non, aujourd’hui, on regarde bien plus loin et c’est une immense partie du Conflent qui se distingue jusqu’aux confins du Capcir et de la Cerdagne d’un côté et du Roussillon de l’autre. Par contre, comme nous avions eu l’occasion de le voir depuis les crêtes qui mènent à la Tour de Goa, de la même manière, Casteil et Vernet-les-Bains apparaissent superbement tout au fond du Vallon du Cady mais aujourd’hui nous en avons une vision quasi symétrique depuis l’autre versant. Plus on s’élève et plus le sentier au dessus d’impressionnants ravins très abrupts devient compliqué avec quelques passages de gros pierriers et quelques franchissements rocheux où les mains seront aussi utiles que les pieds. Ici, c’est le terrain de jeux favoris des isards et peut-être aurez-vous la chance d’en apercevoir, ils sont souvent présents dans les éboulis et donc visibles pour peu qu’on soit suffisamment attentifs et silencieux. Même s’il est préférable d’avoir le pied presque aussi sûr qu’eux et d’être aguerris à ce type de sentier, ne vous laissez pas impressionnés par tous ces ravins et ces à-pics vertigineux, le sentier reste somme toute praticable pour peu que l’on fasse un minimum attention. D’ailleurs, nos ancêtres l’ont amplement arpenté ce sentier et vous y découvrirez sans doute avec étonnement de nombreux vestiges d’un pastoralisme aujourd’hui disparu : cabanes de pierres sèches, orris et cortals souvent en ruines sont bien présents. Vous y découvrirez aussi de très nombreux noisetiers et parfois quelques cerisiers et même si insérés dans la végétation exubérante actuelle, ces plantations peuvent vous paraître aujourd’hui anarchiques, il s’agit bien d’anciennes cultures fruitières. Comme dit plus avant, à la Font del Bac dels Monjos, quelques mains courantes aident à franchir les passages les plus ardus. Peu après, quelques filets ont été tendus entre les sapins aux endroits les plus périlleux. La descente vers l’abbaye commence quelques mètres plus loin à condition de négliger le sentier qui file vers l’abri de Moura et d’emprunter celui qui part à droite. Ce carrefour nécessite d’être vigilants. En moins de 15 minutes, on est à Saint-Martin-du-Canigou mais inévitablement, on s’arrête de nombreuses minutes au belvédère qui le surplombe. Perchée sur un éperon rocheux, c’est sans doute de cette plate-forme que l’abbaye construite en 1009 par Guifred II, Comte de Cerdagne se révèle le mieux dans son intégralité. Blottie dans un petit écrin de verdure, l’ancien monastère roman apparaît vraiment dans toute sa splendeur avec son église (ou plutôt ses deux églises superposées une sur l’autre mais peu discernable de là, il est vrai !), son clocher lombard, son jardin et son cloître aux magnifiques arcades composées de superbes chapiteaux et de colonnes de marbre. L’édifice était complètement en ruines au début du 20eme siècle quand Jules Carsalade du Pont, évêque de Perpignan le racheta en 1902 et entreprit de le restaurer. Des milliers de volontaires participèrent à cette  magnifique entreprise de rénovation mais il faut le reconnaître, c’est sans doute grâce à cette initiative de Monseigneur Carsalade du Pont que le Massif du Canigou devint cette montagne sacrée. A cette entreprise hors norme de 1902, il faut aussi se souvenir que quelques années auparavant, le grand poète Jacint Verdaguer était venu chercher à Saint-Martin-du-Canigou son inspiration pour son poème « Canigo » et on comprend mieux pourquoi le fabuleux sommet est devenu un symbole adoré de tous les catalans.  Grâce au père Bernard de Chabannes qui termina les travaux et permit ainsi une renaissance à la spiritualité, l’abbaye retrouva définitivement son lustre d’antan. Depuis 1988, l’abbaye est occupée par une Communauté des Béatitudes qui présente l’originalité d’être composé de fidèles de tous horizons (frères et sœurs consacrées mais aussi laïcs mariés ou non). Je ne vais pas ici vous raconter toute l’histoire de Saint-Martin-du-Canigou car ce serait bien trop long mais sachez qu’il existe de nombreux sites Internet qui lui sont consacrés dont celui de l’abbaye. J’espère que grâce à ma randonnée, vous aurez envie d’aller la découvrir en profitant d’une visite guidée. L’abbaye millénaire mérite vraiment qu’on y prête intérêt et qu’on y consacre quelques euros et éventuellement quelques agréables efforts sportifs. Je vais donc terminer cet article en vous racontant comment on peut refermer cette longue mais très jolie boucle. Personnellement, j’ai quitté l’abbaye et rejoint Casteil par le Ravin du Ridoulté car je ne connaissais pas ce sentier. Mais, vous pourrez opter pour l’autre itinéraire plus praticable qui suit la piste carrossable jusqu’à Casteil et au passage vous en profiterez pour découvrir la chapelle de Saint-Martin-le-Vieux. A Casteil, pour rejoindre Vernet, vous aurez le choix entre mon tracé ou bien plus simplement, suivre l’itinéraire qui longe puis emprunte la D.116. Si vous faites le choix d’effectuer le même parcours que moi, prenez la direction du cimetière (ne la prenez pas si vous êtes mort….. de fatigue bien sûr !) puis du Domaine Saint-Martin. Le tracé a été quelque peu modifié par rapport à la dernière carte IGN. Des panonceaux directionnels sont présents à droite de l’entrée du camping et désormais, il faut emprunter la direction de la Cascade de Dietrich puis contourner le camping par la droite pour rejoindre le col de Llavent. Le balisage jaune est toujours présent. Au col de Llavent, il suffira de suivre la direction de Pic de l’Alzina pour rejoindre Vernet en terminant par la découverte du Belvédère de Burnay qui domine et laisse entrevoir des vues magnifiques sur la cité. Ce retour par le Serrat de l’Alzina présente l’avantage de vues assez époustouflantes sur le sommet du Canigou encore très enneigé en cette saison mais également sur son flanc nord alternant splendides forêts et hautes falaises déchiquetées. Vraiment beaucoup de belles choses à découvrir sur ce parcours sportif qui s'adresse aux bons marcheurs ! Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top 25.

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