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Flip ou l'humble histoire d'un chat hors du commun.

Publié le par gibirando

Flip ou l'humble histoire d'un chat hors du commun.

Flip en mai 2022 à Urbanya. Il avait selon son bon vouloir des yeux jaunes éblouissants.

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En ce 8 avril 2026, notre gentil Flip s’en est allé au paradis des chats. Les lumières éblouissantes de ses yeux se sont éteintes pour toujours. Nos cœurs sont déchirés car depuis cinq trop courtes années, il faisait partie intégrante de notre famille.  Si de nombreux chats ont accompagné notre vie, tous différents, mais tous toujours très agréables à vivre, Flip avait en sus et pour lui deux immenses qualités : une intelligence et une gentillesse hors du commun. Pour un chat bien sûr. Des qualités dont il était difficile de dire laquelle prenait le pas sur l’autre. Il les mettait constamment au service de ceux qui s’intéressaient à lui. Son intelligence était visible car il comprenait toujours et  sans peine tout ce qu’on lui disait. Par un drôle d’instinct qui semblait totalement naturel, il anticipait même certaines de nos réactions avant même qu’on les mette en œuvre.  Sa gentillesse était d’une telle évidence que tous ceux qui l’ont côtoyé peuvent en témoigner. On le caressait et lui seul décidait si ça devait s’arrêter. Quand ce n’était pas lui, on le voyait forcément déçu et même renfrogné que les câlins s’arrêtent ou bien il s’endormait sur nos genoux, histoire de décider et d’avoir raison de nous jusqu’au bout. Sous cet aspect-là, il portait bien son nom puisqu’en anglais le mot signifie « mettre à l’envers ». C’est donc son humble histoire que je vais vous conter ici. A l’origine, Flip était un des chats du vacher d’Urbanya dont le prénom était Philippe. Son véritable nom, nous ne l’avons jamais connu. En avait-il un d’ailleurs ?  Flip a donc été la contraction phonétique de ce chat que l’on appelait initialement « le chat de Philippe ».   Urbanya est un petit village du Haut-Conflent où nous avions acheté une maison secondaire en août 2010. Là-haut, Flip vivait entre le domicile de Philippe qui se trouvait sur le versant est de la vallée et la ferme-étable qui se trouvait à 500 mètres environ au-dessus de notre maison, mais versant ouest. Toutefois, dès le début de la bonne saison, accompagné d’un ou deux autres chats, Flip prenait son quartier là-haut à la ferme. C’était des chats de ferme ou de grange comme on les appelle communément.  Ils n’avaient d’autre but que de protéger la ferme, ses aménagements et les fourrages en chassant les rats, les souris, les musaraignes, les mulots et autres rongeurs très nombreux là-haut, ainsi que les oiseaux vivant dans les parages, ceci dans le but d’éviter tous les risques sanitaires possibles. Les rongeurs et les oiseaux étant souvent vecteurs de maladies aussi graves pour l’homme que pour les autres animaux, et notamment les veaux et leur mère car telle était la destination de cette ferme d’élevage.  Si j’ignore la façon dont Flip s’est comporté à cette époque-là, avec nous il n’a jamais eu un quelconque aspect agressif avec qui que ce soit, humain ou animal. Comme la plupart des chats, il protégeait ce qu’il considérait comme son territoire, mais même dans ce cas précis, « il avait ses têtes », acceptant certains autres chats et en refusant d’autres. Sur quels critères agissait-il ainsi ? Nous ne l’avons jamais su, mais l’aspect trop intrusif y était sans doute pour beaucoup car là aussi son intelligence devait jouer. Quant aux autres animaux, je ne l’ai jamais vu chassé le moindre oiseau, dieu sait si pourtant ils étaient nombreux tant à Urbanya qu’à Saint-Estève. Une seule fois, je l’ai vu avec un lézard vert dans la gueule, mais il faut dire que ce dernier avait fait preuve d’une immense témérité en venant se balader à quelques centimètres de son museau. Le lézard en fut quitte pour une belle frayeur, car avec mon intervention, Flip relâcha sans problème l’intrus. Ainsi a dû être la vie de Flip entre les câlins qu’il devait probablement recevoir des enfants de Philippe et l’âpreté d’une existence au milieu des bovins, des autres chats et des chiens de troupeaux. Parce qu’à Urbanya la randonnée a toujours été notre activité favorite et que  le passage à la ferme de Philippe était souvent inévitable pour accéder à la montagne, j’ai eu la chance de photographier Flip pour la première fois en septembre 2013 (voir photos ci-dessous). Ce jour-là, il était sorti de sa cache et était venu se frotter dans les jambes de Dany dont il avait accepté les caresses, un peu hésitant au début,  puis très vite à être là à en redemander. Puis les années passèrent sans qu’on ne le revoie plus. N’était-il plus à la ferme au regard de son aspect peu chasseur ? Possible. Toujours est-il que nous l’avons seulement revu à l’été 2019. Je n’ai pas de photo mais je me souviens très bien qu’il descendait aléatoirement de la ferme attiré qu’il était par les bonnes croquettes et les excellents pâtés que Dany donnait à tous les chats du village. Ils étaient nombreux à venir chez nous malgré qu’à l’époque nous avions encore nos chats Noxi et Zouzou ainsi que Kiwwie, la chatte de notre fille. Tout ce petit monde s’entendait très bien malgré le nombre et ce marquage de territoire qu’on leur attribue pas toujours sciemment. Ici, ce n’était pas vraiment le cas, sans doute parce que la plupart des chats mâles étaient castrés et les femelles stérilisées et que tout le monde mangeait à sa faim. Puis nous l’avons retrouvé à la saison suivante.  En juin 2020 exactement, j’ai  une autre photo le montrant en train de dormir sur les jambes de Dany sur la terrasse d’Urbanya. Son côté « pot de colle » avec nous a commencé ici. Il est vrai que quelques mois plus tôt, nous avions perdu coup sur coup nos deux merveilleux chats ; Noxi en janvier et Zouzou en mars. Un mois plus tard, en juillet 2020, je le photographie avec l’œil gauche presque totalement fermé. C’est là qu’il commence à descendre plus régulièrement de la ferme qu’il a sans doute réintégré pour la saison. Puis nous le retrouvons la saison suivante, le 19 mars 2021 exactement. Ce jour-là, nous sommes montés à Urbanya car en hiver de fortes pluies avaient fait tombé le mur de soutènement en pierres sèches de notre jardin potager. Nous y sommes restés 3 jours jusqu’au 22 mars après-midi. Malgré une grosse fatigue et des douleurs à la poitrine depuis quelques jours, je m’étais mis en tête de commencer à redresser ce mur. Mais ces jours-là,  le moindre effort me laissait totalement abattu, et pour cause puisque dès le 24 mars à 4h du matin j’avais droit à une entrée contrainte au service des urgences de l’hôpital de Perpignan avec un double diagnostic : Covid 19 et embolie pulmonaire conjointe. Rarissime mais du déjà vu selon les spécialistes. Ce même 19 mars, Dany ayant constaté que la situation de l’œil de Flip avait empiré, nous avions décidé de le descendre pour l’emmener chez notre vétérinaire. En ce 22 mars, il se laissa complètement faire, restant sans bouger tout au long du trajet entre Urbanya et Saint-Estève sur les genoux de Dany.  Dans la journée du 23,  Dany l’emmena à la clinique Illa et Désormeaux à Cabestany, nos vétérinaires depuis très longtemps déjà. Il était temps selon Mme Illa car si son œil était très amoché, sa vie l’aurait été aussi à plus ou moins brève échéance car il avait aussi de très mauvaises carences un peu partout.  Malgré un ulcère oculaire très sévère, Mme Illa fit des miracles et quelques semaines plus tard Flip retrouva totalement son œil gauche et sa vue. De mon côté, je n’ai jamais totalement retrouvé la plénitude de mes moyens physiques, pulmonaires notamment, mais retrouver Flip après mes 14 jours d’hospitalisation fut un immense bonheur. Dany était heureuse, Flip et moi aussi et nous recomposions une petite famille que nous avions perdu avec les disparitions conjointes de Noxi et Zouzou. Ainsi commença la vraie vie paisible de Flip. Cela tombait très bien puisque le vacher Phillipe était en train d’arrêter son activité d’éleveur de veaux pour des raisons de santé et familiale. Contraint, Philippe avait délaissé Flip qui vivait déjà  abandonné et totalement livré à lui-même comme 2 autres chats que nous retrouvâmes morts lors de ce même été 2021. Son œil malade depuis presque un an en était la preuve formelle. Néanmoins, nous demandâmes à Philippe l’autorisation de nous occuper de Flip pour toujours. Il accepta avec contentement et opportunément notre demande. De la bonne nourriture tous les jours, des heures de sommeil sur notre canapé, dans nos lits ou sur les transats du jardin, avec son petit coin à lui bien au chaud et à l’abri des vents dans un casot,  le droit d’aller gambader quand bon lui semblait et puis surtout des cajoles à n’en plus finir. Son aspect « pot de colle » n’a jamais cessé jusqu’à ce dernier jour du 8 avril 2026 où un épuisement  terrible a eu raison de lui et de son énergie. La veille encore, il roupillait sur mes jambes devant la TV. Il avait même jouer à la balle comme un jeune chaton. Il avait fait le tour du pâté de maisons comme un chat propriétaire, sûr de son domaine qu’il se doit de faire respecter. Il avait passé la nuit collé à Dany comme il le faisait si régulièrement. Rien ne laissait présager un mauvais sort si soudain. Comment cet infléchissement, cette accélération clinique a-t-elle été possible si rapidement ? Longtemps, cette question hantera nos esprits. Certes, il vieillissait, il avait quelque peu maigri, mais rien ne laissait présagé les 2 tumeurs, dont une très grosse qui ont été diagnostiquées en ce 8 avril. Vu son âge avancé mais incertain (17 à 18 ans selon la véto), l’opération fut peu envisageable. Quant à un traitement anti-cancéreux, il n’aurait fait que retarder une issue fatale sans pour autant lui éviter des souffrances bien inutiles. En pareil cas, l’euthanasie étant toujours proposée, ce fut une fois encore, une fois de trop,  une des décisions les plus difficiles que nous ayons eu à prendre Dany et moi. Mais quelle décision aurions-nous pu prendre d’autre ? Nos grandes inquiétudes toute la journée, nos  pleurs comme des fontaines n’arrangeaient rien. Nous avons à regrets suivi des conseils affirmés, certifiés par des spécialistes, pensant que c’était le mieux pour lui. Cela n’a pas empêché nos cœurs de se déchirer comme de simples bouts de papier. Seul le temps parviendra à en recoller les morceaux. Il nous manque déjà beaucoup. Chaque instant passé devant la TV nous fait penser à lui. Les heures précises où il réclamait son pâté nous ramène à cette difficile réalité qu’est devenue son absence. Sans lui, nos réveils et nos matinées ne sont plus les mêmes,  même si nous avons encore la chance d’avoir Sissi, une chatte super gentille que notre fille a récupéré à Gruissan et dont nous avons hérité peu de temps après Flip. Plutôt peureuse, elle est très différente de Flip,  car elle aussi à un vécu sans doute fait d’abandon et de souffrances. Nous la cajolons beaucoup aussi, sans trop penser à un futur dont nous ne prendrons jamais la triste habitude mais que nous souhaitons le plus lointain possible. Pas de doute, Flip est parti au paradis des chats,  où à n’en pas douter, son côté « pot de colle » sera super bien accueilli. Il est parti  rejoindre la longue liste des animaux de compagnie que nous avons tant aimés et qui ont partagé des bouts de notre vie : Titoune, Minette, Tarzan, Chavache, Zeus, Milie, Noxi, Zouzou et Kiwwie. Comme l’a dit si bien Lamartine, amoureux lui aussi de la gente animale  « On n'a pas deux cœurs, un pour les animaux et un pour les humains. On a un cœur ou on n'en a pas Les nôtres étaient sans doute trop énormes pour Flip. Gros cœurs et cœurs gros, on ne se refait pas.

Quelques photos de Flip retraçant un peu son histoire.

Première rencontre et premières photos de Flip en juin 2013 à Urbanya à la ferme-étable de Philippe, le vacher, alors que nous partons randonner. Un peu hésitant au début, il accepte finalement les caresses de Dany.

 

A la ferme-étable de Philippe, Flip et les autres chats (ici un de ses congénères) n'avaient pas d'autres buts que de protéger la ferme en chassant les différents intrus que pouvaient être les rongeurs et les oiseaux. Ils vivaient là couchés sur des bottes de paille. Photos août 2014. 

Déjà un peu habitué à venir nous voir depuis la ferme, Flip est là sur notre terrasse à Urbanya en train de dormir sur les jambes de Dany. Plus tard, cet aspect "pot de colle" s'affirmera de plus en plus. Photo juin 2020.

Toujours à Urbanya en juillet 2020. Il est déjà malade d'un oeil et descend régulièrement depuis la ferme pour venir nos voir. Bonnes croquettes, bons pâtés et gros câlins l'attirent chez nous. Il faut dire que nous venons de perdre nos 2 merveilleux chats qu'étaient Noxi (janvier) et Zouzou (mars).

 

Flip au premier plan en juillet 2021 à Urbanya. Nous l'avons récupéré en mars et l'avons fait opéré d'un gros oedème à l'oeil, oeil qu'il a totalement récupéré ainsi que sa vue. Ici, avec un autre chat de la ferme très mal en point et que nous retrouverons mort quelques jours plus tard ainsi qu'un deuxième. Désormais livrés à eux-même depuis l'arrêt de l'activité de la ferme-étable, voilà le sort qui attendait Flip si nous ne l'avions pas définitivement adopté. 

Flip en septembre 2021 à Urbanya. Il a pleinement récupéré de son oeil et est heureux de vivre auprès de nous. De temps à autre, il monte à la ferme mais n'y reste jamais bien longtemps car la vie est nettement plus paisible et bien meilleure chez nous.

Un matin de mai 2024. Partant en randonnée, je viens de le réveiller. Canapé, lits et transat dans le jardin sont ses lieux préférés pour passer la moitié de son temps à dormir. Nous avons vendu notre maison d'Urbanya en décembre 2023 mais depuis mars 2021, Flip a pris ses habitudes dans notre maison de Saint-Estève. Il y vit heureux avec Sissi, une chatte que ma fille a trouvé abandonnée à Gruissan.

Flip en novembre 2025. Certes il avait vieilli et son véritable âge nous était inconnu mais qui aurait pu prédire que des tumeurs cancéreuses l'emporteraient seulement 5 mois plus tard. Le "pot de colle" nous manque énormément.

Publié dans flip, chat, amour, perte, vie, urbanya

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Zouzou pas chat sauvage pour un sou.

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de la musique d'Ennio Morricone et d'Alessandro Alessandroni "Forse Basta (version 4)", musique du film d'animation de Cesare Perfetto "Le tour du monde des amoureux de Peynet"


 

Les animaux de compagnie ont toujours accompagné notre vie de famille. Après avoir eu longuement une chienne qui s’appelait Titoune, les chats l’ont presque aussitôt remplacée. Il y a eu Minette, une vieille chatte qui est arrivée sans crier gare, puis Dany ayant participé à la création d’une association de protection animale « Les Chats d’Oc », les chats ont commencé à se succéder. En faire la liste est difficile car nous ne pouvions pas tous les garder mais les plus marquants ont été Tarzan, Milie (dont j’ai rendu hommage lors d’une balade visible sur mon blog randonnées), Noxi, Zouzou et la mère de ce dernier Chavache. Il y eut aussi ceux de ma fille qui avaient pour nom Kiwwie et Zeus et que nous avons connu très jeunes chatons. Kiwwie nous a quittée il y a quelques semaines et comme je l’aimais énormément, j’ai bien évidemment versé quelques larmes car elle aussi nous manquera.  Aujourd’hui, il y a Flip et Sissi. Si Tarzan et Milie eurent des destinées tragiques, le premier ayant carrément disparu du jour au lendemain et la seconde ayant été heurtée mortellement par une voiture, Noxi, Zouzou et Chavache vécurent chez nous très longtemps. Bien que d’horizons bien différents, ces trois chats étaient sensiblement arrivés à la même époque c’est-à-dire aux années 2002 et 2004 quant à leur décès, Noxi et Zouzou très souffrants car très vieux (16 et 18 ans), nous fûmes contraints de les euthanasier à 2 mois d’intervalles puisque le 24/01/2020 pour la première et le 17/03/2020 pour le second. Ces événements ont été très difficiles à surmonter tant ils avaient fait partie de la famille. Si lors du décès de Noxi, j’avais immédiatement éprouvé le besoin d’écrire sur elle et de trouver le temps de réaliser un diaporama musical YouTube (Noxi, les larmes sont toujours les mêmes), le départ de Zouzou fut pour moi si inattendu que ce travail de mémoire restait totalement à faire. Voici donc l’histoire de ce chat Zouzou ou plutôt ses histoires car il y en a eu deux. Lors de l’été 2002 et de retour de vacances, nous avions trouvé sa mère Chavache ; appelée ainsi par les enfants à cause de ses couleurs noires et blanches telles celles des vaches bretonnes voire normandes ; sous une tonnelle où je cultive des bonsaïs. Avait-elle trouvé l’endroit suffisamment « zen » pour accoucher là ? Toujours est-il qu’elle était bien là avec 3 minuscules chatons dont parmi eux le fameux Zouzou. Par bonheur, nous réussîmes à placer les 3 chatons dans des familles d’accueil dès la fin du sevrage. Deux partirent vers des horizons lointains et nous n’eûmes plus jamais de nouvelles quant à Zouzou, il fut accueilli chez un couple de jeunes voisins qui venait de s’installer et qui avait deux enfants en bas âges. Zouzou était censé devenir le confident et le miroir à problèmes de ces deux bambins, ce qu’il fit d’ailleurs à merveilles les premières années. Mais comme Zouzou a toujours aussi été très fusionnel avec sa mère, il faisait en permanence des allers et retours entre sa maison d’accueil et la nôtre. Sa mère Chavache, elle, était restée sauvage et n’acceptait pas d’entrer dans notre maison même quand les hivers étaient d’une extrême rigueur. Elle se complaisait dans notre jardin qu’elle ne quittait jamais mais il était difficile de la sociabiliser. La voir ainsi nous fendait le cœur et même si nous lui avions acheté une jolie niche, nous étions tristes de la voir constamment « sauvageonne ». Il nous fallut lui tendre un piège pour qu’elle entre enfin dans la maison qu’elle ne quittât plus jamais, ayant très vite compris qu’il était mieux pour elle de vivre au chaud que dans la froidure des hivers. Zouzou, lui, peu compliqué, continuait ses va-et vient entre ses deux lieux de vie. Mais les enfants grandirent et lui aussi. Or c’est bien connu, les chats aiment la tranquillité et ont besoin de dormir une grande partie de leur journée. Zouzou aimait par-dessous tout cette vie de « pacha », le plus souvent blotti contre les poils soyeux de sa mère. Sans doute que les enfants plus turbulents commencèrent peu à peu à l’agacer. S’il continuait à jouer de temps à autre avec eux et par habitude, il passait désormais plus de temps chez nous que chez nos voisins. Un beau jour, ces derniers nous annoncèrent qu’ils avaient fait construire une villa et qu’ils allaient très vite déménager. Finalement, en raison même du temps que Zouzou passait chez nous ; allongé sur nous ; ou le plus souvent encore auprès de sa mère, la question de son avenir ne se posa pratiquement pas. Il resta définitivement chez nous. De temps à autre, il partait encore chez nos voisins qui n’étaient déjà plus là et il s’éclipsait quelques heures sans doute par habitude. Quand de nouveaux voisins arrivèrent, il arrêta définitivement d’aller là-bas. Il grandissait et il s’accommodait de tout car il était simple de caractère et très câlin ; « pot de colle » même assez souvent. Le jour où sa mère disparût à jamais, euthanasiée elle aussi par contrainte d’un cancer généralisé, il la chercha pendant des semaines et des semaines. Elle lui manquait malgré les dires des vétérinaires qui nous disaient que les chats n’ont pas conscience de leur filiation. Si Zouzou n’était pas spécialement copain avec Noxi, il ne la repoussait pas. Il est vrai que Noxi était très nettement plus caractérielle. Lui s’était le pacha dans toute sa splendeur. Une fois sur nos genoux, il était difficile de l’en déloger. Tout lui allait bien même les pluies les plus torrentielles qu’il affrontait comme si de rien n’était. Il avait toujours aimé l’eau car tout jeune chaton, il jouait déjà sous les jets d’une arrosage automatique que nous avions installé au milieu du jardin. Noxi était plus active, plus énergique dans sa façon d’être et de se comporter, même si comme tous les chats sans exception elle avait ses longs moments de calme ou de dormance. Ils se supportaient mais en vieillissant ils s’acceptèrent beaucoup mieux jusqu’à jouer ensemble parfois voire à se lécher ou à coucher l’un contre l’autre des après-midi entières. Tout se passer pour le mieux dans le meilleur des mondes sauf que les années passaient bien trop vite et que les chats ont une vie bien trop courte. Si fin 2019, les affections furent soudaines pour Noxi dont la santé déclinât en quelques semaines, Zouzou, lui, avait une tumeur à la gorge au départ bénigne depuis quelques temps déjà. Parfois, il toussait, semblant s’étouffer puis les toux disparaissaient aussi vite qu’elles étaient arrivées. Après la disparition de Noxi, sa santé empirât très vite à son tour. J’ai toujours pensé que le départ de Noxi avait grandement affecté puis aggravé son état de santé. Leurs disparitions presque simultanées laissèrent une immense vide dans la maison même si quelques mois plus tard Flip vint le combler……J’avais toujours pensé que Zouzou avait été le chat le plus gentil que j’avais connu mais finalement je dois reconnaître que Flip l’égale sur ce plan-là. Une autre histoire d’amour a commencé même si la précédente avec le gentil Zouzou n'a jamais disparu…..

Zouzou, pas chat sauvage pour un sou, tu étais le pacha des matous.

Nous ne verrons plus ton regard noir, fixe et si doux,

Tes pupilles étaient des mots que nous cherchions constamment à traduire.

Alors tes yeux nous les mangions, nous les buvions. Nous les aimions car ils savaient séduire.

Finalement, nous avions compris qu’ils étaient l’incarnation même de l’amour.

Zouzou, pas chat sauvage pour un sou, tu étais le pacha du soleil.

Les rayons, tu les cherchais dans le jardin pour y poser ton lourd sommeil.

Te prélasser le ventre en l’air était ta destinée et tu as su en profiter.

Quel vide, tu vas laisser dans la maison que tu viens d’abandonner.

Finalement, tu étais l’incarnation même du dieu Râ, quel merveilleux destin pour un chat.

Zouzou, pas chat sauvage pour un sou, tu étais le pacha de nos matins.

Plus de poils soyeux à caresser, plus de miaous à apaiser, plus de câlins.

Oui, au paradis tu es parti et quel vide tu as laissé dans nos cœurs,

Après le départ de Noxi, ta copine de toujours et de nos similaires bonheurs.

Aujourd’hui, plus d’incarnations dans nos têtes,

Et seulement le souvenir de tant d’amours en fêtes.

De tant d’amours partagés. Merci à vous deux.

De nous deux. Gilbert et Dany.

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Elle s'appelait Milie....

Publié le par gibirando

milie

Hier 3 octobre, en rentrant d’un voyage à Marseille, nos amis Lynda et Jacques étaient inquiets. Ce sont eux, en notre absence, qui s’occupent de nos quatre chats Milie, Zouzou, Chavache et Noxy. Ils étaient anxieux car Jacques avait vu notre petite Milie s’enfuir après s’être fait heurtée par une voiture. Si dans la soirée, les trois autres chats étaient là bien au chaud dans la maison, Dany et moi étions angoissés car Milie ne donnait pas signe de vie. Bien qu’elle était coutumière de ce type d’absence, j’avoue que cette fois-ci j’appréhendais le pire. Avant de partir nous coucher, nous l’avons appelée et cherchée, mais en vain. Au réveil, toujours pas de nouvelles de Milie. Nous l’avons cherchée une partie de la matinée, nous avons interrogé le Fichier National Félin, puis la Mairie et les services de voirie et de fourrière compétents mais sans succès. En fin de matinée, notre voisin,  intrigué par les aboiements de son chien, a aperçu Milie au fond d’une buse en béton qui longe sa maison, mais, ne sachant pas si elle était vivante ou bien morte, il est parti chercher une torche. Avant qu’il ne revienne avec la torche, à mon tour, je me suis penché dans cette canalisation et laissant mes yeux s’habituer à l’obscurité, j’ai rapidement compris que Milie était inerte. Notre petite et gentille Milie était morte, là au fond de ce conduit, sans doute d’une hémorragie interne. Triste destin car Milie était née dans un caniveau.

 

Milie, était une chatte Bombay de 6 ans, toute noire avec juste une petite touffe de poils blancs sur le poitrail, détail qui selon les spécialistes suffisait à la cataloguer comme n’étant pas de race pure mais dont on se foutait comme de notre « première chemise ». Ces yeux étaient d’un jaune intense qui pouvaient varier du jaune ambré au jaune citron et c’est vrai que son regard pouvait parfois impressionner car tout en elle, sauf sa taille, la faisait ressembler à une panthère noire. Mais pour nous qui la connaissions parfaitement, Milie n’avait rien d’un animal féroce bien au contraire. Bien que mangeant à sa faim, Milie était chétive voire famélique, elle était très craintive, peureuse même et elle n’acceptait les caresses que dans certaines conditions. Depuis peu de temps, elle était devenue vraiment affectueuse et les « quatre fers en l’air », elle appréciait les caresses sur le ventre. Quand nous l’avions recueillie en 2004, ce n’était qu’un tout petit chaton abandonné et apeuré trouvé au fond d’un fossé. L'association Les Chats d'Oc de Saint-Estève l'avait récupérée mais très rapidement nous l'avions adoptée. Craintive à l’extrême, Milie avait mis très longtemps à accepter la domestication, et c’est avec une patience infinie que Dany l’avait d’abord allaitée, puis alimentée et enfin apprivoisée. Milie semblait d’ailleurs considérer Dany comme sa mère car presque tous les soirs, elle venait dans notre lit se faire câliner et très souvent elle "têtait" Dany sous le bras comme un petit chaton en manque d’affection. Quand le soir venue, elle n'était pas là, nous nous inquiétons car nous savions qu'elle avait aussi une double vie. Elle partait, traversait la rue mais nous ne savions jamais où elle allait. Cette double vie lui a été fatale. Pourtant, nous aurions tant aimé qu'elle soit comme nos autres chats, autant sociabilisée et nous pensions avoir tout fait pour qu'il en soit ainsi. Malgré cette méfiance qu’elle avait en général vis-à-vis des humains, jamais une seule fois, Milie n’avait sorti ses griffes et eut un coup de pattes déplacé envers quiconque. Milie était la gentillesse même et j’ai beau me dire qu’il faut relativiser la perte d’un animal de compagnie, son absence va être longue, douloureuse et difficile à accepter, surtout pour Dany qui était très attachée à elle. Le jour même et dans les "règles de l'art" ; enroulée dans un linge et avec un peu de chaux ; je suis parti l'enterrer dans la campagne stéphanoise. Comme j'aime marcher dans cette campagne, il est fort probable que j'aille très souvent lui rendre un petit hommage. 

 

Elle s’appelait Milie,

Son pelage était plus noir que la nuit.

De son enfance, elle gardait les blessures

Mais son cœur était beau et pur.

Une touffe de poils blancs sur le cœur,

Qu’elle ne montrait qu’à contrecoeur,

Ses yeux jaunes exprimaient la détresse.

Parfois l’amour, toujours la gentillesse.

Elle est partie sans faire de bruit,

Notre chatte s’appelait Milie.

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