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Le Château de Peyrepertuse depuis Duilhac-sous-Peyrepertuse

Publié le par gibirando

Diaporama agrémenté de la musique de John Williams, thème du film "The Schindler'list", "La Liste de Schindler" de Steven Spielberg. Elle est jouée ici par divers artistes dont le duo Chloé Kiffer (violon) et Stefan Petrov (piano) puis par Stefano Palamidessi (guitare) puis par le duo Max Beitan (violoncelle) et Matteo Sarti (piano) puis par le duo Morgan Pappas (flute) et Emily Ricks (harpe) puis par le duo Nicola Benedetti (violon) et William Youn (piano) et enfin par le petit Maxime vainqueur 2018 de l'émission TV "Prodiges" dans la catégorie "instrument".

Le Château de Peyrepertuse depuis Duilhac-sous-Peyrepertuse

Le Château de Peyrepertuse depuis Duilhac-sous-Peyrepertuse


 

C’est grâce à un blog ami que m’est venue l’idée de cette balade en boucle dont l’objectif principal est le « Château de Peyrepertuse ». Et comme il est ami, pourquoi ne pas dire qu’il s’agit d’ « A pied dans le 66 », site Internet remarquable car truffé de randonnées très souvent originales. On peut simplement regretter que les tracés n’y soient jamais mentionnés mais il faut être tolérant en la matière car ce n’est jamais simple de tenir un blog et de le faire perdurer. Chacun fait comme il l’entend et je suis bien placé pour savoir qu’il n’est jamais facile de plaire à tout le monde. Un blog, il faut être honnête, c’est d’abord un plaisir personnel dans le but de conserver d’heureux souvenirs. Si en plus on réussit à faire plaisir à d’autres personnes voire à les intéresser tant mieux. Toujours à propos des tracés, il est bon de s’y pencher personnellement dessus et ne pas tomber dans trop de facilités. En général, avec quelques explications plus une carte IGN sous les yeux on arrive le plus souvent à se débrouiller et si on ne se débrouille pas, il existe désormais pléthore de sites où les tracés sont le plus souvent présents et enregistrables dans un GPS. Enfin, on peut toujours contacter Patricia car la gentille webmestre d’ « A pied dans le 66 » répond toujours aux demandes avec beaucoup de complaisance. C’est ainsi qu’en analysant cette boucle en pays Peyrepertuses, j’en ai fait une version plus personnelle. J’ai démarré de Duilhac plutôt que de Rouffiac puis je l’ai quelque peu aménagée en évitant par exemple le Moulin de Ribaute que j’avais déjà eu l’occasion de découvrir et de décrire lors d’un autre circuit. Enfin, je l’ai accompli dans le sens inverse de celui proposé dans « A pied dans le 66 ». C’est donc une boucle de ma composition mais pour les itinéraires ils sont ressemblants à 85%. Notons toutefois un changement majeur par rapport aux anciens tracés, à savoir que l’on ne peut plus redescendre directement sur Rouffiac à partir du château de Peyrepertuse et que désormais on est contraint de faire le tour du Roc Rouge, cette décision ayant été prise par les gestionnaires du château par mesure de sécurité. Il semblerait que dans cette descente plutôt abrupte plusieurs visiteurs aient chuté. Cette information m’a été donnée à l’accueil du château alors même que je disposais de l’ancien tracé dans mon GPS et que je m’apprêtais à descendre par là. Je n’ai eu qu’à m’en réjouir, car à quoi bon prendre des risques inutiles, même si le parcours se rallonge ainsi d’un kilomètre ou deux. Voilà en préambule quelques mises au point qui me paraissent indispensables. Le château de Peyrepertuse, je l’avais déjà visité à 2 ou 3 reprises mais autant l’avouer, je n’y avais toujours vu qu’un tas de pierres, certes impressionnant, mais sans grand intérêt pour ma propre gouverne. J’avais vécu la déambulation au milieu de tous ces vestiges plus comme un jeu labyrinthique que comme une plongée dans l’Histoire régionale.  Il est vrai qu’à l’époque, j’avais 30 à 40 ans de moins, je n’avais guère le temps de m’intéresser à l’Histoire car mon esprit était bien trop occupé à d’autres centres d’intérêts plus en rapport avec mon âge. J’étais insouciant et pas du tout en quête d’une quelconque vérité historique. Aujourd’hui tout a changé, je pense que l’Histoire peut aider à comprendre le présent, à plus ou moins bien l’assumer et puis surtout j’ai envie d’apprendre et de découvrir. C’est donc avec cet état d’esprit que je me suis mis à lire pas mal de choses à propos de Peyrepertuse et qu’en ce 12 octobre je démarre cette randonnée sous un soleil radieux. Une fois encore, je suis mon propre guide car venant de terminer la lecture de « La Seigneurie de Peyrepertuse » de René Quehen plus « Peyrepertuse, forteresse royale » de Lucien Bayrou, lisible sur le Net sur le site de Persée, autant dire que j’en connais un bon rayon quand à l’Histoire (*) de cet édifice, ou plutôt de ces édifices au pluriel. Le départ s’effectue de Duilhac où je laisse ma voiture sur un parking. Elle est un peu perdue au milieu de nombreux camping-cars mais je ne gêne personne à en croire une gentille dame qui d’emblée semble s’intéresser à ma présence. Nous blaguons un peu, de tout et de rien, mais la randonnée est longue et j’ai bien l’intention de prendre le temps de visiter le château alors je ne veux pas trop m’éterniser. Je lui souhaite une bonne journée et remonte la route bitumée dite du Château jusqu’à trouver les traces blanches et rouges d’un G.R. Ici, se côtoient le G.R.36 et le Sentier Cathare G.R.367. De toute manière, un panonceau directionnel ne tarde pas à m’indiquer la direction du château et j’emprunte un étroit sentier caillouteux entrant aussitôt dans le maquis. Le sentier s’élève dans un sous-bois de chênes verts. Quand il en ressort, une longue arête blanche apparaît droit devant au dessus de la végétation. Seuls les esprits profanes et les yeux inexpérimentés n’y verront pas les différentes murailles qui la dominent et s’y confondent dans la blancheur du calcaire. Je doute que de nos jours, on trouve encore des personnes venant visiter Peyrepertuse ignorant cet assemblage « défensif » volontaire.  En tous cas, si confusion il y a, le randonneur montant par ce sentier, même s’il est novice, finira par apercevoir les différents remparts du château. Il faut dire qu’aujourd’hui avec un ciel bleu éclatant et pur, la longue crête blanche se détachant dans ce lavis a un effet quasi magnétique sur le regard. On ne voit que ça et il faut s’appeler « Jullien Gilbert » pour tenter de vouloir procéder à d’autres observations. Ici, il y a cette crête blanchâtre et un maquis méditerranéen et c’est à peu près tout. Si je dis « à peu près », c’est parce que je suis sans cesse aux aguets à chercher un oiseau, une fleur, un papillon ou tout autre chose d’atypique. Et bien évidemment, je finis par en voir ! Les photographier est encore plus compliqué mais comme j’y parviens parfois ça m’encourage à persévérer. A l’instant même où le sentier retrouve la route et que j’analyse mon GPS et mon bout de carte, deux sympathiques randonneurs me rassurent dans la direction à prendre. Nous avons quasiment le même âge, les mêmes atomes crochus pour la marche à pied et de ce fait, la discussion s’en trouve facilitée. Après quelques échanges sur nos balades respectives, je les remercie, traverse la route et monte en face. Quelques érables de Montpellier en plus grand nombre viennent colorer cette épaisse et olivâtre végétation. Rouges, oranges, jaunes ou bruns, les teintes sont si bigarrées que j’en suis même à me demander si dans le lot, il n’y aurait pas des érables champêtres, des chênes rouvres et quelques merisiers ? La haute falaise blanche et la forteresse sont déjà là, juste au dessus de ma tête, et quand je débouche de nouveau sur la route à proximité de l’accueil du château, quelle n’est pas ma surprise de voir le ciel s’assombrir pendant une fraction de secondes. Cet ombrage soudain et furtif, je le dois à un vautour fauve, lequel les ailes déployées, vient de passer en planant à seulement quelques mètres au dessus de ma tête. Ombre d’autant plus inquiétante que ce vautour insiste à passer au dessus de moi et qu’il a de nombreux alter ego, volant il est vrai à des altitudes bien différentes. Ça me rassure un peu de les voir voler un peu plus haut le plus souvent. Plus rassurantes encore sont les innombrables hirondelles des rochers qui occupent la falaise et planent sans discontinuer. Ce n’est qu’un va-et-vient incessant mais les photographier reste compliqué, d’abord parce que je ne parviens pas à me diriger exactement sous la falaise où elles sont en plus grand nombre et ensuite parce qu’elles ne tiennent pas en place. Là encore, il me faut faire preuve de patience pour parvenir à mes fins et réussir quelques photos à peu près correctes. L’accueil du château est là. Je constate avec bonheur qu’une longue passerelle a été installée au dessus du vide offrant des vues grandioses sur Duilhac et sur le double vallon que composent le Verdouble et les autres ruisseaux du secteur. Au loin, le castell cathare de Cucugnan ressemble à un chicot sur une gencive de collines bleutées. Il y a beaucoup de monde sur la passerelle alors j’attends que tout le monde la libère pour prendre quelques photos. A l’instant même où je me retrouve seul, j’ai droit à un double spectacle, celui immobile qu’offrent les époustouflants panoramas plongeants et celui carrément incroyable de deux ou trois vautours fauves interprétant un virevoltant ballet aérien. Ils semblent s’être donner le mot pour venir à mon encontre comme si un invisible dresseur leur avait dit « allez-y, n’ayez aucune crainte, il va vous prendre en photos ! ». La crainte, c’est plutôt moi qui l’ait, tant certains vautours passent parfois très près de mon objectif. Ces scènes improvisées me rappellent certains spectacles de rapaces ou de fauconnerie auxquels j’ai eu le plaisir d’assister. Les hautes murailles semblent leur servir de chapiteau scénique naturel. Ils disparaissent à l’instant même où d’autres visiteurs me rejoignent sur la passerelle. Il est temps pour moi de rejoindre l’accueil pour une visite du château mais là aussi il y a du monde devant la caisse, alors j’attends en visitant la boutique, jetant un œil intéressé sur les livres et un peu moins sur les bibelots divers et variés. Tout le monde a disparu et la caissière est seule, alors il est d’aller prendre un billet. J’en profite pour lui poser quelques questions. Bien m’en prend car elle m’indique que le sentier redescendant sur Rouffiac est fermé et elle a même la gentillesse de m’indiquer sur un plan l’itinéraire à emprunter désormais. Il me faudra contourner le Roc Rouge. Je prends mon billet mais sans l’audio pass. Je sais que si je le prends, je vais y passer l’après-midi. Ce n’est pas le but et la randonnée est encore longue et d’autant plus longue que le contournement du Roc Rouge n’était pas prévu au programme. Je passe plus de 2 heures à l’intérieur de la forteresse à la visiter bien sûr, à la photographier sous toutes les coutures, à pique-niquer mais également à photographier quelques oiseaux qui semblent y avoir élu domicile, sinon de manière sédentaire au moins lors de passages durables. Dans les murailles, j'y découvre les habituels rouges-queues noirs mais aussi un bruant fou et dans les contreforts, il y a des groupes de chardonnerets et de pinsons et d’autres passereaux un peu jaunes mais que je n’arrive pas à déterminer. Sans doute des serins ou des verdiers. Alors que les hirondelles résident sur les falaises sud, tous ceux-là fréquentent les versants nord et parmi eux, il y a surtout un inhabituel rouge-queue noir à front blanc que je réussis à surprendre dès la première photo. Il faut dire qu’il est peu craintif. Enfin, quand on est là-haut à presque 800 mètres d’altitude, il faut profiter pleinement comme j’ai pu le faire des grandioses panoramas. Force est de reconnaître que le site mérite bien son appellation de « Citadelle du vertige » ou de « Carcassonne céleste ». Du Pech du Bugarach jusqu’à la Montagne de Tauch en passant par la Quille, Quéribus et le superbe synclinal de Soulatgé, c’est une bien belle partie des Corbières qui s’offre au regard. Je viens de sortir de l’enceinte du château et il est 14 h tapantes quand je trouve le panonceau « Rouffiac-G.R.36 » dans un lacet de la route en contrebas de l’accueil. J’ai jeté un coup d’œil sur la carte IGN et j’estime à 1,5 km à 2 km la distance supplémentaire à parcourir. Me voilà donc partis pour ce long contournement du Roc Rouge sur un sentier aux difficultés plutôt inégales  Les vues sur Duilhac continuent d’être belles mais il vaut mieux s’arrêter pour les regarder. Ne faites pas comme moi car ici les verbes « marcher » et « observer » ne sont pas accordables.  A vouloir le faire quand même, je me suis retrouvé le cul dans un ajonc très piquant et mes fesses ont eu droit à une séance d’acupuncture gratuite. Quand à mes mains, elles n’ont pas trop apprécié de jouer au fakir. Elles s’en souviennent encore et apparemment le supplice des clous ce n’est pas trop leur truc ! Ce sentier, tantôt terreux, tantôt pierreux car traversant des éboulis, nécessite une certaine attention et seule sa terminaison en sous-bois puis sur un chemin agréablement herbeux est relativement facile. Au préalable et avant de rejoindre Rouffiac, un panonceau « Fontaine de la Jacquette (**) » m’a proposé une courte mais « dificile » entorse au circuit proposé. Difficile avec un seul « F », c’est le message qu’un autre randonneur a cru bon de rajouter au panonceau rencontré. Force de reconnaître que c’est aussi difficile d’atteindre la fontaine avec un seul « F » qu’avec deux. Moi, avant de venir ici, cette « Fontaine de la Jacquette » et cette histoire de gobelet en argent ayant appartenu à Blanche de Castille ont tellement intrigué mes lectures que je ne peux que me lancer dans cet aller-retour dédaléen, boisé, caillouteux et rocheux. J’ai redoublé de prudence et fais en sorte de ne pas retomber. J’avoue qu’au regard des difficultés rencontrées, j’ai du mal à croire qu’une reine ait pu venir se désaltérer à cette fontaine, même perchée sur une chaise à porteurs, ou alors elle était à l’agonie entrain de mourir de soif ! Quand au gobelet gravé aux armoiries de la reine qui aurait soi-disant roulé depuis le château, situé 600 mètres au dessus, jusqu’à la fontaine, puis retrouvé bien plus tard par un berger, je veux bien croire aux légendes mais là ce n’est plus un simple gobelet qui roule mais une timbale « téléguidée » tel un drone ! J’ai trouvé la fontaine en pierre du XIIIeme siècle. Il s’agit d’une voûte en demi-cercle enchâssée dans un talus de la colline, remplie d’une eau de source limpide et juste à côté, il y a un panneau indiquant que Blanche de Castille s’y était désaltérée. Or mis cette jolie légende que je connais désormais dans le moindre de ses détails (**), je ne trouve rien d’étonnant à cette fontaine d’eau claire. Le secteur n’est pas spécialement aride et en plus on sait depuis quelques temps déjà que les Corbières constituent une réserve d’eau douce quasi inépuisable. Cette Serre de Sagnes et ce Roc Rouge en font partie. A part ça, rien d’autres de vraiment folichon sauf il vrai trois étonnants locataires que sont des têtards déjà bien développés. Ils ont leurs quatre membres parfaitement en place et à les regarder avec leur corps cuivré et déjà tacheté, j’ai aussitôt pensé, non pas à des soldats castillans en armures, mais à des larves de salamandres. Après cette découverte, il ne me reste plus qu’à filer en direction de Rouffiac-des-Corbières. Je traverse la D.14 à hauteur du col de Grès et poursuis sur le G.R.36. Seul un faucon ralentit mon allure mais il est bien loin pour une photo que je voudrais parfaite. Je la tente néanmoins. Je poursuis, délaisse le G.R.36 et pars inspecter le village. Il est désert alors je déambule sans trop m’arrêter. Seule une enseigne où il écrit « Atelier – Boutik - Créagitateurs » ralentit cette visite mais comme j’entends de puissants fous rires à l’intérieur, je n’ose pas y entrer me disant que je vais probablement arriver là mal à propos et en tous cas comme un chien dans un jeu de quilles. Je continue vers l’église Saint Félix. Fermée. La mairie. Fermée. Finalement, je m’arrête près d’une jolie et imposante fontaine pour finir mon casse-croûte. Elle date de 1906 et est surmontée d’une très jolie statuette avec un enfant soulevant un gobelet. Sur l’instant, j’ai pensé qu’elle représentait le fameux berger ayant retrouvé le gobelet de Blanche de Castille mais après cette balade j’ai cherché sur le Net et j’ai finalement trouvé la bonne explication sur le site « Fontaines de France ». Il s’agit en réalité d’une figurine allégorique représentant l’automne parmi les quatre saisons. Ici, c’est un jeune vigneron, symbolisant sans doute Bacchus, accoudé à sa hotte pleine de raisins et soulevant probablement un verre de vin, le breuvage ayant été pendant fort longtemps la principale ressource agricole du village. La deuxième activité étant sans doute l’élevage d’ovins et de caprins, si j’en crois le nombre de bergeries en ruines qu’il y a dans les environs. Après cette courte pause, je continue désormais avec le GPS allumé car je sais qu’il va me falloir délaisser le G.R.36. Alors que je traverse le village toujours aussi désert par la rue de la Liberté, deux voitures arrivant face à face se débrouillent pour se télescoper gentiment. Aucun mal et seulement un peu de tôle froissée pour ces deux véhicules, lesquels apparemment n’en sont pas à leurs premiers accrocs. Les deux conductrices se chamaillent à peine et ne trouvent même pas utile de descendre pour constater les menus dégâts. Je me dis qu’ici, loin de la vie stressante, les gens sont plus cools, qu’ils relativisent les incidents et probablement un peu tout le reste. J’aime bien. La « rue de Liberté » guidant mes pas, je passe devant un imposant lavoir, puis devant un calvaire et me retrouve presque aussitôt dans la campagne. Posées sur des fils, de nombreuses hirondelles s’épucent en plantant leurs becs dans leur plumage. Les photographier dans une position stable devient une gageure. Non moins remuant mais sans puce, un rougequeue noir vient jouer les indiscrets. Tout au loin, dans le ciel du château de Peyrepertuse et du Roc Rouge, plusieurs parapentistes se sont lancés dans de « spacieuses » circonvolutions faisant ainsi une belle concurrence aux vautours fauves, lesquels semblent disparaître peu à peu. Le large chemin sortant du village est bon et plat et de ce fait, je n’ai aucun mal à accélérer mon rythme de marche. Seuls quelques passereaux, plutôt nombreux dans les prés, que je veux photographier, réussissent à le ralentir. Le chemin atteint un sous-bois, entre dans la forêt puis longe désormais la rivière Verdouble se trouvant sur ma gauche. La rivière, on la devine seulement mais je fais toujours très attention à rester sur le chemin le plus à droite car d’autres descendent parfois vers elle. La rivière reste constamment invisible et sur l’autre versant de son vallon, seule une colline boisée balafrée d’une étrange barre rocheuse apparaît. Les vautours semblent là et en tous cas, il y en a quelques uns qui tournoient autour d’étranges rochers ressemblant à de colossales cheminées de fées. Un étroit sentier prend le relais du large chemin et le sous-bois devient permanent. Ce sentier file sur les contreforts des modestes sommets très boisés que sont le Sigle de la Rabazole et la Serre de Grès. Le Verdouble reste toujours invisible. Il en est ainsi tout au long du lieu-dit Carbonnières et jusqu’à un pont menant à une bergerie. Le Verdouble est enfin là et je vais m’évertuer mais en vain à vouloir photographier une mésange charbonnière et une bergeronnette occupant son lit. Une demi-heure de perdue pour un piètre résultat mais ce court repos est arrivé à bon escient. Je laisse le pont et continue la voie bitumée montant à droite. Quelques raccourcis m’entraînent très vite vers le col de la Croix Dessus. Seul le haut d’un bikini accroché à un buisson m’amuse quelque peu et je me dis que décidément le secteur est propice à ce que les femmes y perdent quelque chose. Après la légende du gobelet, aurons-nous droit à celle du soutien-gorge ? Je connais bien ce col de la Croix Dessus et le chemin qui descend vers Duilhac pour y être passé lors d’une randonnée au Moulin de Ribaute. Duilhac est là avec de jolis potagers. J’y découvre d’étranges légumes mauves que je n’avais vus jusqu’ici qu’en photos dans des catalogues spécialisés. Il s’agit d’amarantes têtes d’éléphant. Elles me font penser au chapeau d’un bouffon voire à la coiffe de certaines « showgirls ». Je traverse le village et par bonheur j’y découvre son église Saint Michel ouverte. J’en profite pour la visiter. Il y a deux jolis autels, de bien beaux vitraux, de charmantes statuettes et un mobilier plutôt sobre. Mes lectures m’ont appris qu’au 12eme siècle cette église tout comme la forteresse de Peyrepertuse avaient été données au prieuré de Serrabonne par l’archevêque de Narbonne Richard de Millau. En réalité, à cette époque, il y avait trois églises à Peyrepertuse. Celle du château dédiée à Sainte-Marie, celle dédiée à Saint-Etienne qui a été localisée avec son cimetière sur une terrasse à l’est du château et enfin Saint-Michel où je me trouve. Je note sur son porche d’entrée différentes décorations : une croix, plusieurs rosaces, une frise avec des écus et une autre avec des anges. Il y a également une inscription qui serait gothique mais elle n’est pas perceptible. Ma balade à la « Citadelle du vertige » et tout autour se termine par cette découverte de l’église. Je serais bien parti rendre hommage Henri-Paul Eydoux, résistant, archéologue et écrivain de renom  et un de premiers historien contemporain à s’être intéressé au château de Peyrepertuse mais également à de très nombreux autres châteaux médiévaux et cathares mais il est déjà bien tard et en plus j’ignore où se trouve le cimetière du village.  De toute manière, je suis bien décidé à revenir car je veux faire découvrir Peyrepertuse à mes petits-enfants un jour prochain. Telle qu’expliquée ici et enregistrée dans mon GPS, cette balade a été longue de 14,20 km pour des montées cumulées de 1.407 mètres. Je n’ai pas noté les altitudes mais il semble que le point le plus haut soit le château à 796 m d’altitude à proximité de la chapelle San Jordi et le plus bas à 300 m sur le pont enjambant le Verdouble soit un dénivelé de 496 mètres peu significatif. J’ai démarré à 9h50 et ai terminé à 18h30 mais comme très souvent ce temps ne doit pas être pris comme une référence. Carte IGN 2447 OT Tuchan – Massif des Corbières Top 25.

(*) Histoire de Peyrepertuse et de sa forteresse : Résumer l’Histoire de Peyrepertuse n’est pas une mince affaire car le site a traversé les siècles avec une activité presque incessante du 1er siècle avant J.-C. jusqu’à nos jours. Par activité, il faut entendre « attrait » ou « attractivité »,  c'est-à-dire l’intérêt que les hommes ont pu lui porter pour des raisons multiples et diverses et pas seulement pour l’ Histoire guerrière ou défensive des fortifications que le site supporte. Bien évidemment, de très nombreux historiens et chercheurs très compétents se sont penchés sur son Histoire, sur ses architectures, sur sa situation géologique, ont effectué des fouilles et que sais-je encore et je comprends qu’ils aient cru bon et nécessaire d’inscrire l’Histoire de Peyrepertuse dans le contexte historique de l’instant et des lieux. Le condensé que je présente ci-dessous n’a pas autant de prétention pas plus que celle de retracer la généalogie des seigneurs ayant portés le nom de Peyrepertuse, bien d’autres personnes l’on fait magnifiquement. Plusieurs sites Internet retracent l’Histoire de cette généalogie. Non, cet abrégé n’est que le reflet le plus raccourci possible des livres que ces historiens et chercheurs ont écrit et que j’ai lu. Si je le présente ainsi, c’est parce qu’il m’a fallu beaucoup lire et qu’en conclusion, je n’ai trouvé aucun condensé ou résumé satisfaisants retraçant l’essentiel de l’Histoire de Peyrepertuse. Je me suis dit que d’autres lecteurs intéressés par le sujet auraient peut être envie d’un condensé de ce type. Le voici donc avec les principaux éléments que j’en ai retenus mais sans prétention aucune, avec probablement des maladresses, peut-être des oublis mais avec le souci constant d’essayer, autant que faire se peut, de m’en tenir au site de Peyrepertuse essentiellement :

1- Antiquité : Plusieurs fouilles et quelques découvertes de briques, tessons, débris d’amphores ou de tuiles, de pièces de monnaie dans divers endroits laissent à penser que le site de Peyrepertuse ait été occupé lors de l’époque de la Gaule narbonnaise puis de la Gaule romaine soit entre le Ie siècle av. J.-C et le Ve siècle ap. J.-C. Un petit oppidum voire un fort y ont-ils été érigés à un moment donné ? Certains historiens sont enclins à le penser mais aucun vestige formel d’une construction de cette époque n’a été retrouvé sur le site actuel. Dans son livre René Quehen indique que Peyrepertuse s’écrivait autrefois « Petrapertusa » dans les textes rédigés en latin signifiant la pierre ou la roche percée. Il imagine que ce lieu naturellement stratégique, puisqu’il permet de voir loin, ait pu être « sacré », puisque chez certaines peuplades, les pierres percées avaient à la fois un caractère symbolique préservant des malédictions et des vertus fécondantes, l’acte de percer étant à rapprocher de l’acte sexuel et un orifice dans un objet de celui d’une matrice féminine. Ici, il n’est pas exclu que le « percement » soit une grotte, une cavité ou un boyau dans la colline de Peyrepertuse, passage secret ou pas, voire un simple aven. Il y en a.

2- Du Ve au VIIIe siècle : Du Ve au VIIIe siècle, il semble  qu’aucune mention écrite ne fasse référence ni à Petrapertusa ni à Peyrepertuse pendant ces siècles-là et on sait seulement que la région est soumise à diverses invasions que l’on dit « barbares » puis à des périodes de paix. On connaît les Huns, les Vandales, les Goths et les Francs et un peu moins les Alains, les Suèves, mais tous ces gens-là traversent la Gaule, la pillent, s’installent et la plupart d’entre-eux poursuivent leur route jusqu’en Espagne voire en Afrique. En face, les musulmans ne sont pas en reste. En 410, les Wisigoths s’implantent en Gaule méridionale après la mise à sac de Rome par Alaric 1er. En 507, malgré leur défaite de Vouillé face aux Francs, les Wisigoths restent en Septimanie aidés qu’ils sont par les Ostrogoths. Grâce à Grégoire de Tours (538-594) et à ses manuscrits, on connaît bien l’Histoire de cette période et « l’Histoire des Francs » en particulier. On sait par exemple que de nombreuses forteresses sont érigées, améliorées et agrandies et notamment la plus connue d’entre-elles qui est Carcassonne. On peut imaginer que le premier fort de « Roquepertuse », peut être un simple poste militaire, ait été construit au cours de cette période et qu’il y eut un intérêt à le faire tant les tensions se multiplient entre les différents envahisseurs et les Sarrasins. En 711, les armées musulmanes envahissent la quasi-totalité de la péninsule ibérique et parviennent jusqu’à Narbonne en 719, puis à Carcassonne en 725. Ils essayent de s’emparer du royaume franc mais en 732 Charles Martel les arrête à Poitiers. En 759, son fils Pépin le Bref reprend Narbonne et la Septimanie. Sous Charlemagne, couronné empereur en l’an 800, la région est englobée dans l’Empire carolingien. La Marche d’Espagne constitue la frontière politico-militaire avec l’Hispanie musulmane et la région est organisée en districts, comtés, vigueries et autres circonscriptions.

3- Du IXe au XIIe siècles : C’est ainsi qu’apparaissent un certain nombre de noms que nous retrouvons de notre jour : Cerdagne, Roussillon, Urgell, Empuries, Besalu, Capcir, Conflent, Fenouillèdes, Razès, Carcassès après qu’en 801, Charlemagne se soit emparé de Barcelone.  Il semble que ce soit en 806 que la dénomination « Perapertusès » entre dans l’Histoire pour la première fois. Perapertusès, c’est le petit « pagus » de la « pierre percée » qui  fait partie intégrante du comté du Razès tout comme le Fenouillèdes. En 842, on retrouve le Peyrepertusès (Pagus Petrepertuse) lorsque Charles le Chauve accorde à l’un de ses vassaux nommé Milon, la propriété de fiefs situé en comté Fenouillèdes. Les comtés se font et se défont au rythme des affrontements que se livrent Francs et Sarrasins auxquels viennent se mêler d’autres hordes comme les Normands qui dévastent le pays de 855 à 862 et mêmes les Hongrois qui ravagent la Septimanie en 924. Le destin de Peyrepertuse est lié à celui du Razès et l’on sait qu’en 863 et 864, ce dernier est octroyé au comté de Carcassonne. On retrouve le nom de « Peyrepertusès » dans divers actes en 875, 876 (Territorium Petra Pertusense) et 888 dont certains sont liés à des donations. De 920 à 928 puis de 928 à 967, le comté des Fenouillèdes et le Peyrepertusès appartiennent respectivement aux comtes Miron et à Sunifred, son fils, au sein du comté de Barcelone. En 980 et 981, le Razès et Peyrepertuse sont convoités par Oliba 1er dit Cabreta, comte de Besalu mais le comte Roger 1er de Carcassonne les conserve en lui infligeant une défaite. Ce n’est qu’en 1010 et par le jeu des héritages, qu’Oliba 1er, également comte de Cerdagne, hérite de plusieurs comtés catalans et de celui des Fenouillèdes, de ce fait la seigneurie de Peyrepertuse passe entre ses mains. Quand Oliba Cabreta se retire à l’abbaye du Mont Cassin, c’est son fils Bernard Taillefer qui hérite du Peyrepertusès. Il est comte de Besalu puis de Ripoll jusqu’en 1020. C’est à cette date-là qu’apparaît un « castrum » de Perapertusa dans un texte puis en 1050 un autre texte mentionne  «  Castellum quem dicunt Petrapertusa ». A sa mort, c’est son fils aîné Guillaume dit le Gras qui hérite d’une partie des possessions et de certaines dépendances parmi lesquelles le château et le pays de Peyrepertuse et ce jusqu’en 1052. Les héritages se succèdent de pères en fils au sein du comté de Besalu désormais uni à la Maison de Barcelone et ce jusqu’en 1111 quand Bernard III décède sans aucune postérité, laissant au travers de son testament toutes ses possessions, dont Peyrepertuse, en héritage au très jeune Raimond Béranger III, comte de Barcelone de 1096 à 1131. Bernard Guillaume, comte de Cerdagne descendant lui aussi de la branche d’Oliba Cabreta conteste ce testament. Un arrangement est trouvé mais le comté de Fenouillèdes et Peyrepertuse reste néanmoins la possession du comté de Barcelone. En 1117, à la mort de Bernard Guillaume, la Cerdagne et le Conflent viennent s’ajouter au comté de Barcelone formant ainsi un ensemble politique considérable composé des maisons comtales de Barcelone, Besalu, Cerdagne et Provence. Ensemble considérable qui fait des envieux et se délite par les convoitises qu’il engendre et surtout car le nouveau comte de Barcelone Raimond Béranger III est très jeune. Certains profitent de cette immaturité, comme le vicomte de Carcassonne Bernard Aton Trencavel qui veut étendre sa puissance personnelle. Les comtés de Barcelone, de Carcassonne et de Toulouse se livrent des luttes sans merci et des lignes de défense sont édifiées formant ainsi une frontière entre les différents belligérants. En 1112, un traité est conclu mais Peyrepertuse n’est pas cité dans les concessions de chacun.  En 1137, Raimond Béranger IV de Barcelone épouse la reine Pétronille d’Aragon et en 1162, le comté de Fenouillèdes tombe dans l’escarcelle d’Alphonse II, roi d’Aragon. Aux environs de 1150, un serment mentionne que la seigneurie de Peyrepertuse est inféodée à Pierre et Arnaud de Fenouillet. Avec d’autres forteresses appartenant au royaume d’Aragon, celle de Peyrepertuse située sur la frontière devient un élément de défense face au royaume de France. Le vicomté de Narbonne détient le comté du Fenouillèdes et Peyrepertuse en fief.

4- XIIIe siècles à nous jours : Fin du XIIe et début du XIIIe, le royaume d’Aragon est devenu trop vaste et doit faire face à divers fronts. A l’ouest, la Navarre et la Castille, au sud les Musulmans et au nord le royaume de France. Les rois de France profitent de cette situation et de la Croisade contre les Albigeois (1209-1229) pour annexer le Fenouillèdes et Peyrepertuse dès 1220. Trop compliqué à administrer, la France donne le pays en fief à Nunyo Sanche, comte de Cerdagne et du Roussillon, prince de la maison royale d’Aragon et de Barcelone. Le nouveau vicomte n’arrive pas à faire valoir ses droits car entre temps le Fenouillèdes et le Peyrepertusès sont devenus le refuge des cathares, cathares pourchassés par Simon IV de Montfort, duc proclamé de Narbonne, du pays Fenouillèdes et du Peyrepertusès. Aidés de certains croisés, ce dernier n’a de cesse de vouloir anéantir les cathares auxquels pourtant de nombreux seigneurs ont fait allégeance pour des raisons plus politiques que religieuses, c’est le cas de Guillaume de Peyrepertuse qui occupe le château éponyme ainsi que celui de Puilaurens. Pourtant dès l’an 1217, Guillaume de Peyrepertuse s’était rallié à Simon de Montfort, auquel il avait promis  fidélité. Cet acte l’avait contraint à « tenir la  frontière contre ses ennemis » à partir du château mais ne respectant pas ces engagements, il est excommunié en 1224. C’est une période trouble où les chevaliers sont également enclins à partir en Terre Sainte lors des Croisades. L’année 1226 voit se durcir les luttes contre l’hérésie cathare et le nouveau roi de France Louis VIII le Lion se lance dans une deuxième « croisade contre les Albigeois ». Il meurt cette même année et c’est Louis IX dit Saint Louis qui lui succède. Les brutalités demeurent. En 1229, le Traité de Meaux présente Guillaume comme étant le « seigneur de Peyrepertuse ». La suite n’est qu’un long imbroglio car en 1239, Nunyo Sanche vend Peyrepertuse et sa seigneurie au roi de France Saint-Louis, dont le château est toujours occupé par Guillaume de Peyrepertuse. Malgré une résistance, Jehan de Belmont, le chambellan du roi, s’empare du château en 1240. Guillaume de Peyrepertuse est contraint à une reddition et à une soumission. Cette même année et après l'échec de la tentative de reconquête de Carcassonne par le vicomte Raimond II Trencavel, les armées de Saint Louis s’installe dans la cité de Carcassonne créant ainsi une ville bicéphale puisque dans le même temps, les Carcassonnais déjà en place sont autorisés à s’installer sur l’autre rive de la Garonne. Cette prise de Peyrepertuse ajoutée aux autres forteresses déjà possédées que sont Puilaurens, Quéribus, Termes et Aguilar, toutes situées au sommet de pitons rocheux également « imprenables » engendre un ensemble protecteur plus connu sous le nom des « Cinq fils de Carcassonne ». Mais il semble que Peyrepertuse comme d’autres châteaux continuent d’attirer les convoitises ou à servir de refuge à des « faydits » ou à  des cathares et très souvent, ils  sont les deux en même temps. D’autres seigneurs ayant adhérés à cette cause dont ceux de Niort en Pays de Sault que l’on appelle les « Loups du Rebenty » sont défaits par le connétable du roi Humbert de Beaujeu et contraints eux aussi à une reddition en 1242. Les seigneurs cathares du Midi sont pratiquement tous hors d’état de nuire et nombreux sont ceux qui changent de camp trouvant un intérêt certain à rejoindre le parti des vainqueurs. En 1242, le roi Saint-Louis prend la décision d’agrandir le château. Il fait construire le donjon Sant Jordi et des murailles au plus haut de la crête donnant ainsi son nom au long escalier creusé à même la roche menant à ce nouvel ensemble de fortifications. Plusieurs années sont nécessaires pour terminer ce chantier qui va durer jusqu’en 1258. Le Traité de Corbeil de 1258 signé entre le roi d’Aragon Jacques 1er le Conquérant et le roi de France Saint-Louis fixe la frontière au sud des Corbières mais à propos du Fenouillèdes et le Peyrepertusès, il ne fait qu’entériner l’annexion de 1220 et la cession de 1239. Les deux petites régions deviennent définitivement françaises. C’est ainsi que Quéribus, Puilaurens, Fenouillet, Castel Fizel, Puivert, Montségur, Peyrepertuse deviennent des bastions royaux français chargés de garder la nouvelle frontière face au royaume d’Aragon. Des garnisons de soldats de métiers restent sur place mais n’auront plus guère l’occasion de batailler. En 1285, lors de la guerre entre Philippe le Hardi et les Catalans, Peyrepertuse sert de résidence forcée à de nombreuses et riches familles de Perpignan. Entre 1263 et 1366, on retrouve le nom de Peyrepertuse dans de nombreux actes qui n’ont trait qu’à des faits assez banaux concernant la seigneurie ou la lignée des seigneurs portant encore le nom. La plupart d’entre-eux restent fidèles et loyaux aux différents rois de France et restent en place au plus près de leurs anciennes possessions. Il en sera souvent ainsi au cours de l’Histoire.  En 1355, le château est remis en état de défense probablement en raison des menaces que font peser les Anglais sur la France en général et notamment Edouard de Woodstock plus connu sous le nom de Prince Noir qui vient menacer le Languedoc. Mais les Anglais ne sont pas les seuls ennemis à redouter car de l’autre côté des Pyrénées, le roi Pierre IV d’Aragon a toujours des intentions expansionnistes et belliqueuses. En 1356 et 1357,  il y a aussi les Compagnies de Routiers, fameux mercenaires qui font régner le terreur, pillent, demandent des rançons et détruisent de nombreux châteaux et villages et notamment dans le Rhedesium, qui n’est ni plus ni moins le nom latin de la région audoise autour de Rennes-le-Château qu'on appelle Razès. On ignore si le château de Peyrepertuse est concerné mais l’histoire mentionne une période de relative tranquillité. Il faut attendre 1367 et l’arrivée d’Henri de Trastamare, roi de Castille et de son épouse qui viennent se réfugier au château pour retrouver un semblant d’agitation (**). En 1393, le roi Charles V ordonne au sénéchal de Carcassonne de pourvoir à la réparation des châteaux de la frontière et « le chastel de Pierre Pertuse » en fait partie. Par la suite et en l’absence d’utilité militaire, comme bien d’autres châteaux, celui de Peyrepertuse est laissé à l’abandon. En 1404, il y a une visite épiscopale de l'église et de la chapelle du château. De 1483 à 1527, certains documents font état du château mais pour des faits assez mineurs ou bien pour mettre en exergue son état de délabrement. En 1573 en raison des troubles qu’occasionne la guerre des Religions, les Espagnols passent la frontière et essaient quelques incursions mais ils sont refoulés par Guillaume de Joyeuse, gouverneur du Languedoc. En 1580, Jean de Graves, seigneur de Sérignan, s'empare du château au nom de la Réforme des Protestants, mais il est rapidement pris et exécuté. Ce n’est qu’en 1597 que les Etats du Languedoc, région gouvernée par le duc Henri de Joyeuse, enjoignent au roi Henri IV de faire réparer les châteaux de  Peyrepertuse, Quéribus et Termes situés sur la frontière avec l’Espagne car ils tombent en ruines. En 1659, le Traité des Pyrénées, signé entre le roi de France Louis XIV et le roi d’Espagne Philippe IV met fin à des guerres incessantes qui ravagent l’Europe entière. Avec l’annexion du Vallespir, du Roussillon, du Capcir et du Conflent, la frontière s’éloigne encore un peu plus de Peyrepertuse. Le château est déclassé car il ne présente plus aucun intérêt stratégique, toutefois, comme il demeure une propriété royale, une toute petite garnison royale y est maintenue jusqu’à 1781. Lors de la Révolution de 1789, le château est à l’abandon. En 1793, lors de l’invasion des armées espagnoles, Peyrepertuse semble retrouvé un peu d’importance dans la protection du district de Lagrasse et on analyse l’intérêt qu’il y aurait à le remettre « en état de défense » avec les forteresses de Quéribus et de Viala. C’est un certain Champagne, ingénieur de son état qui est chargé de cette analyse mais le 17 septembre de la même année, les Espagnols sont défaits à la Bataille de Peyrestortes et le projet de restauration devient inutile.  En janvier 1820 et au titre de Bien National, un géomètre du nom de Lacroix est chargé d’estimer le château, lequel est finalement acheté 690 francs en juillet par deux habitants de Duilhac-sous-Peyrepertuse : Joseph Séguy et Jean-Paul Burgade. Il devient ensuite bien communal rattaché à la commune de Duilhac. Le 19 mars 1908, il est classé aux Monuments Historiques. Dans les années 30, le site retrouve un intérêt aux yeux de quelques chercheurs. En 1950, commence la première campagne de restauration et de consolidation. Il faut dire que la « Citadelle du vertige » est depuis quelques temps déjà sous la fascination de certains historiens, archéologues et autres chroniqueurs médiévaux. C’est le cas d’Annie de Pous qui s’intéresse au château dès 1939 et retrace son histoire dans « un Bulletin monumental » sous le titre de « le Perapertusès et ses châteaux ». Il y aura ensuite René Quehen, Lucien Bayrou, Madeleine et François Burjade, Henri-Paul Eydoux, Jean-Louis Gomez-Guilloux pour ne citer que les plus prestigieux ou ceux qui ont œuvré à laisser quelques ouvrages plus qu’intéressants. En 1970, une route est tracée facilitant l’accès à l’édifice. Enfin et pour conclure et comme indiqué dans l’encyclopédie Wikipédia à l’article consacré aux « Châteaux du Pays cathare », « on désigne sous le vocable de « châteaux cathares » un ensemble de châteaux situés dans une région où le catharisme s'est développé, cependant la plupart des châteaux appelés « cathares » n'ont pas de rapport (voire si peu) avec l'histoire de l'hérésie dualiste du XIIe siècle en Occitanie ». Certains cathares sont venus se réfugier à Peyrepertuse et dans d’autres châteaux de la région, mais cela n’a rien de surprenant. En effet, il est assez facile d’imaginer que de tout temps, cette crête rocheuse a été un refuge naturel à la fois pour les habitants du secteur quand ils se sentaient en danger, qu’ils soient de Duilhac, de Rouffiac ou bien d’un peu plus loin mais également pour tous ceux qui étaient pourchassés pour diverses raisons.  Les invasions barbares, les razzias arabo-musulmanes, les luttes intestines entre comtés, les guerres diverses et variées ont été autant d’occasion de venir se percher à Peyrepertuse pour se mettre à l’abri, mais également pour guetter et deviner de quel côté arrivaient les ennemis.

Nota : Pour ce condensé, la plupart des mentions historiques citées ont été extraites du livre « La Seigneurie de Peyrepertuse » de René Quehen édité par l’auteur et du livre « Peyrepertuse. Forteresse royale », document d’un groupe de chercheurs sous la direction de Lucien Bayrou, édité dans Archéologie du Midi Médiéval supplément N°3 à l’Edition du Centre d’Archéologie Médiévale du Languedoc avec le concours des entreprises Py et Bodet. Ce document est accessible sur le site Persée.fr. D’autres informations, le plus souvent vérifiées, ont été pêchées deci delà dans divers sites Internet et livres historiques.

 

(**) Blanche de Castille et la légende du gobelet de la Font de la Jacquette : Autant l’avouer cette légende du gobelet de la Font de la Jacquette ayant appartenu à une reine de Castille m’a très intéressée et par instant elle m’a carrément intriguée. Plusieurs raisons à cela. La première est qu’elle s’inscrit dans une histoire vraie et j’aurais même du écrire « Histoire » avec un grand « H ». La seconde est qu’en approfondissant le sujet, j’ai appris qu’il y avait eu plusieurs Blanche de Castille dans l’Histoire et que celle de la légende n’est pas la plus connue, loin s’en faut. Troisièmement, plusieurs historiens semblent en désaccord quand il s’agit de préciser de quelle reine de Castille il s’agit et si je dis « reine » et non plus « Blanche », c’est parce qu’il y a une bonne raison à cela et enfin quatrièmement la légende est belle mais là aussi, les recherches historiques aboutissent à de nombreuses incertitudes. Je me suis donc lancé dans une espèce d’enquête policière pour connaître sinon la vérité au moins l’authenticité la plus proche. J’en ai tiré des conclusions mais elles ne sont que personnelles et le fruit de mes seules réflexions. Comme toujours, je me suis aidé d’Internet et de la lecture de deux livres principaux où la légende est la plus évoquée : l’ouvrage le plus ancien est « le Comté de Razès et le diocèse d’Alet » de Louis Fédié paru en 1880 et le second est « la Seigneurie de Peyrepertuse » de René Quehen paru en 1975. Il y a donc presque un siècle entre les deux livres, siècle pouvant expliquer les réelles contradictions. J’ai lu bien d’autres livres et sites Internet afin de tenter d’en savoir un maximum à propos des deux reines de Castille susceptibles d’être à l’origine de cette légende. Comme très souvent quand il s’agit de remonter le temps, les histoires se croisent, les personnages affluent en nombre et tout se complique. Rappelons la légende : « Une reine de Castille ; dont la légende prétend qu’elle s’appelait Blanche,  avait trouvé refuge au château de Peyrepertuse. Elle avait pris pour habitude de venir près d’une source d’eau claire qui se trouvait au pied de la forteresse. La fameuse « Fount del Jacquetta ». Elle venait là pour pleurer sur son sort d’épouse délaissée et de reine déchue. Elle s’y désaltérait aussi à l’aide d’un gobelet en argent. Un jour, distraite, elle laissa échapper le gobelet sur lequel il y avait les armoiries du royaume de Castille. Ce dernier roula et lui échappa à jamais. Bien plus tard, un berger le retrouva et le vendit au seigneur de Rouffiac. Il semble qu’avant la Révolution de 1789, ce gobelet était entre les mains du Trésorier royal du Pays Fenouillèdes résidant à Caudiès et que ce dernier y veillait dessus comme la plus précieuse des reliques. On ignore ce qu’il est advenu depuis mais la légende est restée en l’état ». Voilà maintenant les résultats de mon enquête : D’emblée, il faut ôter toute ambiguïté quand à la plus connue des Blanche de Castille (1188-1252), à savoir la reine de France ayant épousé en 1200 le roi Louis VIII dit le Lion (1187-1226). Elle est la mère du roi Louis IX dit Saint-Louis (1214-1270). Louis VIII meurt rapidement et Louis IX étant trop jeune pour gouverner, c’est elle qui assure la régence. On note qu’elle s’est mariée à 12 ans, qu’elle a eu 12 enfants et on voit mal pourquoi elle aurait eu en mains un gobelet aux armes de la Castille plutôt que celui aux armoiries du royaume de France. On sait qu’elle est venue en Languedoc mais le seul lien hypothétique le plus proche de Peyrepertuse est une éventuelle venue à Rennes-le-Château où elle aurait cacher le « fameux » trésor retrouvé par l’abbé Saunière. Une autre légende qui n’a jamais été dénouée ! Vouloir résoudre une légende avec une autre légende ne me semblait pas très sérieux et j’ai cru préférable de m’en tenir au maximum à ce que l’on sait de l’Histoire. On peut donc raisonnablement écarter cette Blanche de Castille là et ce d’autant que rien n’indique qu’elle soit venue à Peyrepertuse. D’ailleurs, c’est ce que font aussi bien Louis Fédié que René Quehen. Par contre, l’Histoire suivante est plus avérée car elle a été relatée par des historiens contemporains de l’époque et notamment Pero López de Ayala puis relayée par divers chroniqueurs au cours des siècles suivants. La voilà :  L’Histoire d’Espagne nous apprend qu’en 1350, Pierre le Cruel (1334-1369) qui a 16 ans succède à son père Alphonse XI sur le trône de Castille. En 1352, une alliance avec le roi de France Charles V le Sage est signée. Cette alliance prévoit un mariage avec Blanche de Bourbon (1339-1361) et le versement d’une dote de 300.000 florins.  Le 3 juin 1353, cet accord est entériné par le mariage. Pierre le Cruel épouse Blanche de Bourbon, fille de Pierre 1er de Bourbon, arrière petit-fils de Saint-Louis. Blanche est alors âgée de 14 ans. (Ici j’ouvre des parenthèses car Louis Fédié dans son livre « Le comté de Razès et le diocèse d'Alet » évoque une Blanche de Bourgogne, ce qui semble faux car si l’histoire retient bien une Blanche de Bourgogne, reine de France et de Navarre et épouse de Charles IV le Bel, elle est déjà morte depuis 1326 et puis surtout elle ne bénéficie d’aucun titre sur le royaume de Castille). Pierre le Cruel a donc épousé Blanche de Bourbon moyennant une dot de 300.000 florins qui ne sera jamais versés selon l'échéancier prévu. Prenant comme prétexte ce non versement de la dot et quelques autres allégations, Pierre le Cruel l’abandonne deux jours plus tard et part vivre avec sa favorite Maria Padilla. L’écrivain contemporain Pero López de Ayala nous apprend que Blanche est d’abord reléguée à Arévalo (16 août 1353) puis à Tolède (août 1354) puis emprisonnée à Siguënza (22 mai 1355), à Jerez (mars et avril 1359) et enfin à Medina-Sidonia où le roi l’a fait assassiner en juin ou juillet 1361. Il faut noter que Pero López de Ayala n’indique aucun séjour à Peyrepertuse pendant ce laps de temps. Rappelons qu’il est pourtant Grand chancelier de Castille et au fait des moindres détails des déplacements de la reine. Le roi avait bien tenté de faire annuler ce mariage de raison mais en vain et il ne faut pas chercher ailleurs le mobile de cet assassinat. Notons que certains historiens et notamment Prosper Mérimée ont voulu remettre en cause cet assassinat orchestré par Pierre le Cruel. Nous verrons plus loin que cette période d’emprisonnement a engendré certaines confusions à la fois dans les reines et les lieux. Les historiens français (Fédié et Quehen) évoquent la forteresse d’Illueca qui est dans l’Aragon et donc plutôt au nord de l’Espagne et les espagnols un château situé plutôt au sud surveillant la baie de Cadix et dont Blanche donnera son nom : le château de Dona Blanca. Mais poursuivons l’Histoire en revenant en 1353. Ne supportant pas cette mise à l’écart immédiate de Blanche, la mère et les frères de Pierre le Cruel prennent partie pour elle. Plusieurs seigneurs de la cour les rejoignent car eux aussi ne supportent pas la cruauté incessante de Pierre 1er. En effet, ce dernier se livre à un nombre incalculable d’assassinats au sein même de sa propre famille et de sa propre cour. Avec l’appui du roi de France et du pape, ils se révoltent. Parmi eux, le demi-frère de Pierre le Cruel, Henri de Trastamare. Il s’ensuit une guerre civile et fratricide qui va durer pratiquement 19 ans (1350-1369) dite Guerre civile de Castille. Tantôt vaincus, tantôt vainqueurs, les batailles se succèdent sans résultat permettant de changer le cours de l’Histoire et ce, jusqu’en mars 1366. Cette année-là, Henri de Trastamare, entre en Castille et réussit à contrôler la quasi-totalité du Royaume. Il est proclamé roi de Castille en lieu et place de son demi-frère le 23 mars à Burgos. Le peuple de Castille le soutient et le roi de France aussi. Il devient Henri II de Castille. Mais la victoire est de courte durée car aidé par Charles le Mauvais, roi de Navarre et Edouard de Woodstock Plantegenet, le fameux Prince Noir britannique, Pierre le Cruel revient à la charge et le 3 avril 1367, il gagne la bataille de Nàjera (Navarette). Pour Henri II, c’est la déconfiture totale. Bertrand Du Guesclin que le roi de France avait envoyé pour l’aider est fait prisonnier. Lâché par le reste de son armée, Henri II de Trastamare est contraint de se sauver à cheval vers l’Aragon puis il rejoint le château d’Illueca où apparemment il délivre son épouse avec l’aide du gouverneur de la prison qui a pour nom Pierre de Lune. (René Quehen, dans son livre « La seigneurie de Peyrepertuse » ne cite jamais le prénom « Blanche » n’évoquant qu’une reine de Castille et il indique que « le roi d’Aragon permit à la reine de Castille d’aller rejoindre son mari, très bien reçu par le duc d’Anjou et le roi de France qui lui donnèrent le château de Peyrepertuse pour y demeurer avec la reine et leurs enfants aussi longtemps qu’ils le désireraient »). On ignore pourquoi l'épouse d'Henri II était en prison. Etait-elle vraiment en prison ou était-ce une façon de la protéger ? On l'ignore aussi. Toujours est-il que Quehen a raison de ne pas l'appeler Blanche car l’épouse d’Henri de Trastamare ne s’est jamais appelée Blanche mais Jeanne. Jeanne Manuel de Villena qu’il a épousé en 1350 et avec laquelle il a eu trois enfants. Alors effectivement, cette Jeanne a été reine de Castille pendant la même période que son époux c'est-à-dire dans l’immédiat du 13 mars 1366 au 3 avril 1367. Comme son époux, elle retrouvera le trône en mars 1369 mais c’est une autre Histoire au cours de laquelle les deux frères vont se battre dans un duel meurtrier. C'est Henri qui en sortira vainqueur. Concernant Jeanne, l'Histoire nous a laissé peu de choses d'elle et mes recherches m’ont entraîné vers son père Don Juan Manuel dont Wikipédia nous dit qu’il tint plusieurs postes importants au sein du royaume de Castille étant tour à tour majordome puis gouverneur général mais qu’il s’opposa sans cesse à l’autorité monarchique d’Alphonse XI qu’il jugeait trop tyrannique. Alphonse XI étant je vous le rappelle le père de Pierre 1er le Cruel. Il y a donc une certaine logique entre le père Don Juan Manuel de Villena et le beau-fils Henri de Trastamare car les deux s’opposent à leur manière aux rois de Castille en place à cause de leur cruauté et de leur tyrannie. Concernant sa fille, Jeanne Manuel, on apprend qu’elle est la plus jeune des filles officielles et la dernière représentante de la Maison de Bourgogne-Ivrée.  La fameuse « Bourgogne » de Louis Fédié revient en première ligne mais à propos de Jeanne et non pas d’une Blanche. De cette Maison d'Ivrée, appelée aussi Maison des comtes palatins de Bourgogne sont issus depuis plusieurs siècles les comtes de Bourgogne et les rois de Castille. La boucle est bouclée. Mais revenons à 1367 et à ce Pierre de Lune. Il aide Henri de Trastamare en le conduisant en cachette jusqu'au château de Peyrepertuse, puis ce dernier se rend à Toulouse par le comté de Foix. Là, on revient à l’épisode où le roi d’Aragon autorise la reine à rejoindre son époux à Peyrepertuse (On note donc quelques invraisemblances car certains historiens évoquent une délivrance en secret et d'autres une autorisation du roi d'Aragon). Mais je dirais peu importe car en conclusion et quelque soit les versions, ce n’est pas une « Blanche de Castille » qui aurait vécu au château de Peyrepertuse et aurait laissé choir son gobelet mais une « Jeanne de Castille ». Louis Fédié, lui, raconte la légende de le reine Blanche telle qu’elle est arrivée à nous par la tradition locale mais il semble qu’il y ait une confusion dans la prisonnière d’Illueca, entre Blanche et Jeanne. Pour lui, c’est bien la femme de Pierre le Cruel,  exilée à Peyrepertuse puis le jour où elle se rend en Castille c'est-à-dire en 1353 (Fédié écrit 1361 !), elle est d’abord immédiatement écartée puis emprisonnée puis enfin assassinée en 1361 sur ordre de son époux. Louis Fédié rajoute qu’elle serait partie en Castille avec l’assurance d’y être en sécurité car Henri de Trastamare, aidé de Duguesclin, avait remporté plusieurs victoires sur son époux. Il y aurait donc peut-être confusion dans les dates aussi car l'Histoire mentionne qu'Henri de Trastamare serait venu par deux fois à Peyrepertuse, une fois en juillet 1361 et une autre fois en 1367. Rappelons-nous que juin ou juillet 1361, c'est la date où Blanche de Bourbon/Castille est assassinée. Fédié explique aussi que le reine Blanche aurait séjourné à Peyrepertuse pendant 5 à 6 ans, venant régulièrement faire de longues cures aux Sources thermales de Rennes-les-Bains où elle était fort appréciée des habitants et même considérée comme une sainte. Si appréciée, que la fameuse résurgence est devenue « Source de la Reine » et que de nos jours encore, on trouve une magnifique demeure de caractère faisant office d’hôtel du nom de  « La Résidence de la Reine ». Pour la reine, les cures auraient été si efficaces qu’elle aurait guéri de la lèpre (ou peut-être de la tuberculose), voilà ce que l’on peut lire sur le site de l’hôtel. Notons que si tout cela reste possible, on ne comprend pas comment on peut l’affubler du titre de reine, de Castille de surcroît, alors qu’à cette période elle n’est qu’une simple princesse de Bourbon ? Enfin, il se dit aussi que la dot n’ayant pas été versée dans son intégralité et selon l’échéancier prévu, Blanche de Bourbon n’aurait pas rejoint immédiatement son époux Pierre le Cruel lors de l’alliance en 1352. A-t-elle mis à profit cette période pour venir faire un séjour supplémentaire à Rennes-les-Bains puis à Peyrepertuse où elle avait l’assurance d’une bonne protection ? C’est fort possible. On sait qu’elle a séjourné aussi au château de Puilaurens où une tour porte encore son nom. Il se dit aussi qu’elle aurait quitté la France entre novembre 1352 et février 1353 et que c’est le demi-frère du roi Don Fadrique qui serait venu en personne la chercher à Narbonne. Ce Don Fadrique pour lequel elle aurait eu un coup de foudre et peut-être une aventure ? Rappelons tout de même qu’elle n’a que 13 ou 14 ans tout au plus, ce n’est donc qu’une enfant.  Reste à comprendre pourquoi, elle aurait eu entre les mains un gobelet avec l’écusson aux armes de Castille, sans jamais encore avoir mis les pieds dans ce royaume ? A-t-elle fait un aller-retour La Castille – Peyrepertuse avant d’être emprisonnée par son époux comme j’ai pu le lire sur certains sites ? Cela paraît peu probable car Pero López de Ayala n’a jamais évoqué un tel séjour et si on se fie à une certaine chronologie et aux cruautés suivantes que lui a infligées son époux, on comprend mal pourquoi ce dernier l’aurait laissé partir à Peyrepertuse pour un séjour aussi court soit-il.  Il est vrai que c’est la solution la plus plausible pour que le gobelet trouve une raison d’être entre ses mains. Le gobelet appartenait-il à un soldat castillan chargé de sa sécurité ? Difficile de répondre à toutes ses questions en l’absence de textes historiques formels relatant la période et la présence de Blanche de Bourbon à Peyrepertuse. Toujours est-il qu’on a la certitude de l’année de sa mort qui est 1361, mais la manière dont elle a été assassinée, reste confuse. Certains comme Duguesclin disent qu’on a voulu faire croire à un accident, qu’on connaît les meurtriers présumés Daniot et Turquant alors que Pero López de Ayala dit qu’elle aurait été tuée par un arbalétrier du nom de Juan Pérez de Rebelledo. La seule quasi certitude est que son époux a probablement été le vrai commanditaire. Tout cela est assez connu dans les textes et seule la partie à Peyrepertuse reste à dénouer complètement. Le légende reste donc floue.

 

 

Alors comme on le voit, il y a de nombreuses incertitudes, confusions et invraisemblances à propos de cette légende. Confusions dans les reines ayant séjournées à Peyrepertuse. Confusions dans les dates. Confusions entre la version de Louis Fédié ou celle de René Quehen.

 

Dans « Peyrepertuse, forteresse royale », Lucien Bayrou ne se prononce pas mettant un point d’interrogation à la fin de la phrase « à la présence temporaire du prétendant à la couronne de Castille en 1367 ? » et ce, à propos d’objets militaires retrouvés lors de fouilles à Sant Jordi. Il parle bien sûr d’Henri de Trastamare et de son épouse Jeanne.

 

Jean-Baptiste Renard de Saint-Malo dans « le Château de Pierrepertuse » paru dans le Publicateur en 1833, écrit « vers juillet 1361, les rochers de nos monts accueillirent aussi l’infortune de Henri de Trastamare et de Sanche son frère, fuyant avec leurs champions fidèles, les poursuites de Pierre le Cruel » puis plus loin, il rajoute qu’il serait revenu à Peyrepertuse en 1367 après la défaite de , Navarette, « Henri parvint en effet, incognito, à travers l’Aragon, au château de Pierrepertuse, dans les Corbières » ayant apparemment extrait ces informations de « l’Histoire générale du Languedoc » de Dom Joseph Vaissette.

 

Conclusion : Comme on le voit, le mystère reste donc entier autour de cette légende de la Fontaine de La Jacquette. La question qui se pose est de savoir s'il est justifié de prétendre que le fameux gobelet retrouvé appartient bien à Blanche de Bourbon, future reine de Castille pour son plus grand malheur ? Au regard des faits historiques, j'aurais tendance à répondre "non". Toutefois et concernant l'Histoire elle-même on peut imaginer que toutes les versions sont les bonnes à savoir que Blanche de Bourbon, future reine de Castille, serait venue à Peyrepertuse et à Rennes-les-Bains dans les années 1347 à 1352, c'est-à-dire avant son mariage officiel avec Pierre 1er le Cruel. A la fois pour se soigner et avec l’assurance d’être en sécurité à Peyrepertuse. La dernière année, en 1352, l’alliance signée l’autorisait à affirmer auprès de la population qu’elle était devenue reine de Castille, ce qui expliquerait qu’elle ait laissé son nom à une source de Rennes-les-Bains où elle avait ses habitudes. Ensuite et à leur tour, Henri de Trastamare serait venu à Peyrepertuse une première fois en juillet 1361 contraint de fuir les velléités assassines de Pierre le Cruel, puis une seconde fois avec son épouse Jeanne en 1367 après sa défaite à Navarette. Tout se tient parfaitement car cela donne une logique à l’ensemble de la légende. Blanche de Bourbon n’ayant encore jamais mis les pieds en Castille, elle serait venue à Peyrepertuse mais n’aurait jamais perdu de gobelet d’argent gravé du blason royal castillan mais ce même gobelet aurait été perdu par Jeanne (ou son époux Henri) qui, eux, avaient la légitimité et toutes les raisons pour en posséder un. Ce gobelet castillan aurait été retrouvé par le berger. Parce que la reine la plus célèbre de Castille s’appelait Blanche et qu’une autre Blanche de Castille avait laissé son nom à une source de Rennes-les-Bains, située non loin de Peyrepertuse, la tradition aurait par erreur attribué ce gobelet à une Blanche au lieu d’une Jeanne. La suite, on la connaît. Reste à savoir ce qu’est devenu ce gobelet de la Fontaine de la Jacquette car de nos jours, il doit valoir une véritable fortune…..J’en ai trouvé un aux enchères, aux armes de Castille, mais en verre et de la 2eme moitié du 18eme siècle et il vaut déjà de 400 à 600 euros…alors imaginez un gobelet en argent si vieux et ayant au moins plus de 650 ans et surtout si légendaire ! ….

 

 

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Une manif pas comme les autres......?

Publié le par gibirando

Diaporama agrémenté de la musique "Salut d'Amour" Edward Elgar jouée au violon par Sarah Chang.


 

Une manif pas comme les autres......?

Ne regardant pas trop la télé, c’est un ami qui m’avait prévenu que le jeudi 15 mars une manifestation de retraités était prévue dans toute la France, et bien évidemment à Perpignan…..Je lui avais dit « je viendrais » et l’avais notée sur mon agenda, bien que ce jour-là, et dans le cas d’une météo favorable, j’avais prévu de longue date d’aller randonner. La dernière manif que j'avais faite était celle pour « Libérer le Madres » en septembre 2012, au col de Jau. Rien à voir bien sûr entre les deux, sauf qu'à vouloir imposer des entraves et des asservissements à des catégories de personnes engendre des rebellions. La meilleure des justices n'est-ce pas celle qui s'adresse ou s'impose de la même manière à tous ? Pourquoi cette augmentation de la CSG a-t-elle été imputée aux seuls retraités et encore pas tous et pas toujours sur des bases identiques ? Après tout, à bientôt 69 balais, la communauté des retraités j’en fais partie depuis déjà 10 ans, et même si le mot « communauté » n’est pas celui que je préfère, le constat est là !  J’ai eu la chance de partir à 59 ans après 40 ans de services. Bons et loyaux ? Je ne sais pas ! Mais j’ai beaucoup bossé, ne regardant jamais les heures chez les 16 employeurs que j’ai connus au cours de ma carrière. Pour être franc aussi, je ne suis pas allé manifester pour moi mais essentiellement pour les jeunes et des gens qui bossent dur sans jamais avoir de reconnaissance, ni dans les actes, ni en terme de salaires. Pour les jeunes car l’horizon qui se profile ne sera jamais aussi lumineux que celui que nous avons connu nous-mêmes, retraités d’aujourd’hui. Enfin, je suis allé manifester par conviction mais également pour mon épouse, laquelle dispose de 240 euros de retraite par mois, et retraite sur laquelle, l’Etat s’est débrouillé pour lui ponctionner 1,7% de plus de CSG. Je trouve cela lamentable et ce d’autant que je continue d’entendre à longueur de médias et dans la bouche de nos gouvernants que les retraites en dessous de 1.200 euros ne sont jamais touchées ! C’est si compliqué que cela de dire que c’est les revenus du couple marié qui sont pris en compte ? Apparemment oui, car être marié est devenu une tare qu’il vaut mieux éviter si l’on veut prétendre à obtenir certains droits ! Le mariage pour tous, je n’étais pas spécialement pour, mais désormais je suis à fond contre tous les passages devant Monsieur le Maire quels qu’ils soient. Quand je vois que certains de mes amis vivant maritalement mais déclarant leurs revenus séparément et gagnant parfois plus que notre couple n’ont pas été touchés communément par l’augmentation de la CSG, je me dis où est la justice dans tout ça ? Quand je vois certaines copines à ma femme toucher 800 euros de minimum vieillesse parce qu’elles vivent volontairement séparées de leur conjoint, je me dis que la « justice sociale » n’incite pas au mariage ! Personnellement je dispose d’une bonne retraite et à la limite si solidarité il doit y avoir avec les plus jeunes, je n’y suis pas opposé. J’ai deux enfants qui ont la chance de bosser dans la fonction publique et quand je vois que la vie est déjà difficile pour eux, je me dis qu’il y a forcément des choses à faire, à la fois pour eux et pour d’autres qui ont encore moins de chance. Sauf que la politique à Macron, je n’y crois pas un seul instant et quand je l’entends prétendre que le pouvoir d’achat ne sera pas touché, je pense qu’il se fout de notre gueule. Au 1er janvier, les augmentations en tout genre sont tombées comme les feuilles mortes en automne et l’augmentation de la CSG a été la couche de feuillages de trop. Quand on tient ce langage et que dans le même temps, on est capable de baisser les APL de 5 euros et de faire des cadeaux royaux sur l’ISF à toute une clique de millionnaires et milliardaires détenant de gigantesques portefeuilles boursiers, je ne peux pas être d’accord avec cette politique. Quand j’entends Edouard Philippe dire qu’il voudrait bien que les milliardaires partis à l’étranger reviennent en France, je me dis que lui aussi il aurait du se barrer à l’étranger, accompagné de quelques ministres ! Quand je vois leurs déclarations de patrimoine, je me dis qu’on ne peut pas avoir ni les mêmes valeurs, ni les mêmes regards sur le travail et l’argent. Ne sait-il pas qu’à l’échelle mondiale, 80 individus possèdent autant de richesses que la moitié de l’humanité et qu’il en est de même en France, où une poignée de familles ont la mainmise sur l’essentiel de l’économie, de son financement et de ses formidables richesses ? Ne sait-il pas que l'exil fiscal est une traîtrise ? Mais peu importe, moins il y aura de français trop riches en France et mieux la richesse restante sera mieux partagée. Penser que Bernard Arnault, les Mulliez et consorts vont revenir en France placer leurs immenses actifs alors que les paradis fiscaux Belgique, Luxembourg, Suisse sont à deux pas, juste de l’autre côté de la frontière, c’est prendre certains français dont je fais partie pour des abrutis. Quand aux baisses de cotisations sur les salaires que compenserait la hausse de la CSG, j’attends de voir sur la durée car pendant 40 ans, j’ai réalisé des paies en informatique et je ne me souviens pas avoir connu une seule période où les cotisations salariales ont baissé bien longtemps. Enfin, je ne me fais guère d’illusion quand à la suppression de la taxe d’habitation car depuis trop longtemps, ce que l’on nous donne d’une main a toujours été repris de l’autre. Je sais qu’il y a un tas de nouvelles taxes dans les tuyaux de ce gouvernement et elles sortiront inévitablement le moment venu et sans doute bien plus vite qu’on ne le croit. Alors oui, j’étais content d’être à cette manifestation car il y avait les retraités certes mais il y avait aussi le personnel soignant des EHPAD et de l’hôpital, des gens très biens que nos gouvernants et leurs employeurs méprisent à longueur d’années. Des gens que l’on presse comme des citrons pour des raisons constamment budgétaires. Raisons budgétaires constamment à la baisse que l'on paie dans la qualité des soins. Des gens que nécessairement nous serons amenés à côtoyer dans un avenir pas si lointain que ça. Ma mère a été dans un EHPAD pendant 6 ans, je sais ce que ça coûte, je sais dans quel état elle y est entrée et dans quel état elle a fini…….la maltraitance des EHPAD je connais et bien évidement ce n’est pas le personnel qui est en cause mais le système….où seul le fric a droit de cité. De l’état de ma mère qui s’est dégradé à la vitesse grand « V » et qui a maigri de 30 kilos en 6 mois, j’en ai fait des cauchemars trop souvent…..et si les services des EHPAD et des hôpitaux s’améliorent un jour ….tout le monde en profitera…..

 

Enfin, j’ai été un peu déçu de ne pas retrouver mes ami(e)s du tennis de table ou du yoga mais par contre hyper content de découvrir Amedine, une amie « Facebook ». Le plus formidable, c’est qu’entre l’idée que j’avais d’elle et la réalité, il n’y a pas eu de différence même si nous nous sommes côtoyés que quelques minutes au cours de cette manifestation. Elle était bien la « Lison » pleine d’énergie et de simplicité dont je lis avec un plaisir immense et sans cesse renouvelé, les jolies et ludiques « Balades ». Si vous ne connaissez pas son blog, je vous le conseille, même si toutes les balades ne sont pas à la portée du premier retraité venu !!!

 

Je garderais donc de cette matinée que de bons souvenirs et pour qu’ils soient meilleurs encore, j’ai transformé le diaporama de mes photos en un court instant de dérision. En une « Manif pas comme les autres »….Que tous ceux qui vont s’y retrouver n’y voient aucune moquerie de ma part. Les blagues me sont venues au fil des photos de la manifestation, sans trop gamberger et elles n’ont en aucun cas la volonté de froisser quiconque. Non, je me suis dit que sur un sujet aussi sérieux, il serait bon de rire un peu, tout simplement. Quelqu'un a dit que « le rire est le premier pas vers la libération » et je partage cet adage. Merci à toutes et à tous pour votre compréhension !

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Le Sentier du Guetteur depuis Leucate Village

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de la musique "Le Cygne" ("The Swan") de Camille Saint-Saëns, extrait de la suite musicale "Le Carnaval des Animaux". Ici, elle est successivement jouée par Stjepan Hauser (violoncelle), Joshua Bell (Violon), Han-na Chang (violoncelle), le duo Fanny Clamagirand (violon) et Vanya Cohen (piano), le duo Yo Yo Ma (violoncelle) et Kathryn Scott (piano), Stjepan Hauser (violoncelle). 

Le Sentier du Guetteur depuis Leucate-Village

Le Sentier du Guetteur depuis Leucate-Village

 Pour agrandir les photos, cliquez dessus. Pour un plein écran, cliquez deux fois. 


 

En 2009, j’avais proposé dans mon blog, une courte promenade consistant à cheminer la « Falaise de Leucate » selon une boucle de ma composition. Depuis, la commune de Leucate a fait des efforts en traçant et en balisant plusieurs sentiers de randonnées. C’est ainsi que l’on trouve un « Sentier du Vigneron », un «  Sentier du Berger », un « Sentier du Pêcheur » et enfin un « Sentier du Guetteur » que je vous propose ici, avec il est vrai, de nombreuses libertés que j'ai prises par rapport au tracé originel. Bien que ce dernier sentier soit celui qui ressemble le plus à ma « promenade », puisqu’il chemine le bord de la falaise, je l’ai néanmoins choisi en priorité. Pourquoi  me direz-vous ? D’abord parce que j’ai trouvé une version en boucle plus longue qui m’a bien plu et qui démarre depuis l’Office de tourisme se trouvant au village. Mais ce n’est pas là le seul motif.  En effet, le mot « guetteur » a soulevé en moi de vraies interrogations et je me suis demandé pourquoi on avait attribué ce nom-là à cet itinéraire ? Alors, j’ai compulsais tous les sites Internet évoquant cette balade, j’ai cherché et trouvé le dépliant parlant de ce sentier, et là ô surprise, pas le début d’une moindre explication ! Enfin si peu ! De ce fait, ça n’a fait qu’amplifier ma curiosité légendaire et je me suis dit « il faut que tu saches avant d’y aller » ! En effet, on sait tous ce qu’est un vigneron, un berger ou un pêcheur, on connaît ces métiers-là et leurs activités, même sans jamais les avoir pratiquées, mais force est de reconnaître que la fonction de « guetteur » soulève un tas de questions. D’abord parce que le mot « guetteur » a inévitablement plusieurs synonymes que sont les mots « soldat », « gardien », « garde », « vigile », « sentinelle », « factionnaire », « veilleur », « surveillant », « planton », « douanier » « observateur » et j’en oublie sans doute beaucoup d'autres. Alors, ici à Leucate et sur la falaise qu’y est-il ce guetteur ? Que guette-il ? Où se trouve-il ? « Quels sont les besoins, les dangers ou les menaces qui nécessitent une telle présence ? » Et si je mets volontairement toutes ces questions au présent, le passé pourrait tout aussi bien être employé. Enfin, voilà les quelques questions auxquelles j’avais envie de répondre avant de partir marcher et d’y aller voir. Le 21 septembre, j'ai lu le bouquin de Jacques Hiron « Il était une fois Leucate » (*) et je l’ai complété par la lecture de nombreux sites Internet et finalement je crois comprendre pourquoi le sentier s’appelle ainsi. La météo s'annonce exceptionnelle et je me dis qu'il ne faut pas louper cette occasion. Je pars et arrive à Leucate où je gare ma voiture à l’entrée du village, mais côté sud, côté direction Leucate Plage et Port-Leucate, car je sais que ma boucle se terminera par là. Mais ce n’est pas la seule raison. J’ai envie de découvrir le village que je ne connais pas et je me dis pourquoi ne pas le faire avant d’entamer ce Sentier du Guetteur dont le vrai départ est à l’entrée nord, devant l’Office du Tourisme comme déjà indiqué. J’emprunte la rue principale, la plus directe remontant vers le nord du village, mais parfois je me laisse entraîner dans de charmantes petites ruelles. Finalement, j’arrive au centre, là même où se trouve la jolie mairie, la belle église  la statue de Françoise de Cézelly (**), le monument aux morts, de jolies fontaines et divers commerces. Ces deux places mitoyennes me paraissent suffisamment sympathiques pour que j’y déambule, tourne tout autour puis finalement je m’installe à la terrasse d’un bistrot pour prendre un « café ». Je fais le choix d’un « expresso » bien que ce terme n’ait aucun rapport avec le rythme de marche que j’ai l’intention de m’imposer. Non franchement, je ne suis pas pressé. Je connais bien le secteur de la falaise, les chemins qui y mènent et leurs longueurs et je sais déjà que la journée sera amplement suffisante pour accomplir la boucle programmée. En effet, pendant très longtemps, ce plateau et cette falaise de Leucate ont été des lieux où mes passions se sont exercées et puis nous y venions très souvent avec les enfants car pour eux tout était prétexte à trouver aisément des terrains de jeux. Les murets servaient de cache et de labyrinthes, les cabanons vides de cabanes et puis nous avions le sentiment de les former à aimer la Nature.  Ici, pour des yeux d’enfants tout est vite démesuré et pour leurs petits cœurs guillerets trouver des attractions était plutôt facile. Enfin, il y avait la mer. Voilà aujourd’hui ce que je connais du plateau de Leucate, c'est-à-dire des évocations personnelles lointaines mais en réalité peu de choses sur le plan patrimonial et naturaliste. Or c’est bien ça que j’ai envie de découvrir aujourd’hui. Je quitte le bistrot, direction le château dont un panonceau vient de m’indiquer la direction. Autant l’avouer, il y a quelques semaines et jusqu’à l’instant de lire son Histoire, j’ignorais encore qu’il y avait eu un château et une héroïne à Leucate mais aujourd’hui avec cet acquit, j’ai le sentiment d’être mon propre guide. Une fois de plus ma curiosité m’entraîne sur des chemins non programmés initialement. Quand j’arrive à proximité du château, ou tout du moins de ce qu’il en reste, c'est-à-dire un monceau de ruines, je constate que le « Sentier du Pêcheur » y passe juste à côté, alors ayant bien l’intention de l’accomplir un jour, je me dis « à quoi bon perdre du temps aujourd’hui à des découvertes que je ferais un jour prochain ! ». Ce n’est jamais de gaieté de cœur que je quitte des édifices à découvrir, mais là je n’hésite pas une seule seconde car j’imagine déjà que d’autres découvertes seront au programme. Elles n’attendent que moi et je m’en persuade. J’arrive devant l’Office de Tourisme. Enfin c’est juste un point d’information. Il est fermé. A côté se trouvent un vaste parking et la Maison du vignoble. Je fais une courte visite à cette maison puis je retourne lire le panonceau indicatif approprié : « Sentier du Guetteur – vers la Franqui 5,8 km – vers le phare 5,5 km ». J’ai bien l’intention de voir les deux. Je redescends la rue principale en essayant de suivre un balisage de couleur jaune. C’est la rue Francis Vals. Un socialiste lui aussi mais qui n’a rien à voir avec le Manuel aux deux « L ». A hauteur d’une première rue qui file à gauche, une pancarte mentionne de manière amusante « sentier de randonnées pour les nuls ». Aujourd’hui, j’accepte volontiers cette dénomination et m’engage dans cette direction. Il semble que ce soit la rue du Cercle devenant peu après le chemin du Moulin. Ces voies m’entraînent très vite hors du village. L’ancien moulin à vent est là. Il a perdu ses ailes. C’est le moulin du chemin Neuf où jadis les habitants apportaient leurs grains de céréales qu’ils avaient récoltés pour les faire moudre puis ils revenaient chercher leur farine pour faire leur pain. Il y avait trois moulins au village. Je pousse un petit portail pour le découvrir de plus près. Force est de reconnaître qu’on ne peut pas y entrer comme dans un moulin car les portes sont barricadées d’épaisses grilles. Deux pierres meulières trouées comme du gruyère jonchent le sol. Il y en a une rafistolée et l’autre carrément brisée en plusieurs morceaux. Quand on connaît un peu la géologie du plateau de Leucate, constitué d’une dalle lacustre calcaire, on n’a aucun mal à comprendre qu’elles proviennent du secteur, voire de la falaise où se superposent plusieurs couches plus ou moins dures, résultats de différents dépôts sédimentaires. D’ailleurs, il suffit de regarder les murets qui encadrent le parcours et l’on y voit les mêmes pierres trouées. Ici la pierre c’est le matériau de base depuis que l’homme sait les utiliser pour bâtir. Je continue et au lieu-dit Codecas, de nouveaux panonceaux m’envoient dans la bonne direction. Le sentier se rétrécit et descend dans ce qui ressemble à un petit vallon. Il n’y a pas d’eau mais un puits y trône en plein milieu. Au premier coup d’œil, il ressemble à un cachot avec lui aussi de solides grilles. Il y a une aire de pique-nique et un cabanon planqué sous des bougainvilliers magnifiquement fleuris. C’est le lieu-dit la Fontaine de Loin, ainsi appelée car elle était loin du village et pendant très longtemps ce fut le seul point d’eau douce des Leucatois. Je poursuis et atterrit rapidement sur l’asphalte d’une route. Je connais bien cette route ou plutôt ces routes au pluriel car comme déjà indiqué, je les empruntais pour venir pêcher ou bien quand nous venions en famille soit pour nous baigner soit pour nous promener au grand air. Selon les saisons, c’était parfois l’occasion de ramasser des asperges sauvages ou bien de cueillir des amandes. A force, nous avions fini par connaître les bons arbres, ceux là mêmes où les fruits ne sont pas amers. Aujourd’hui les amandes sont encore très nombreuses sur les arbres mais j’ai tout oublié de cet agréable passé. Je m’essaie à en manger deci delà mais elles ont toutes cette saveur amère et finalement j’abandonne cette idée. Après tout, je ne suis pas venu ici pour garder un goût amer de cette balade ! Les intersections et les chemins étant nombreux, j’allume mon G.P.S où j’ai pris soin d’enregistrer le tracé choisi. Il m’indique la bonne direction mais une fois encore, absorbé par ma passion de la photo ornithologique, je m’égare. Il faut dire  qu’il y a des oiseaux à profusion et dont certains en rassemblements très importants : chardonnerets, serins, verdiers, pinsons, grives, alouettes, bruants, moineaux, pies-grièches, rouges-queues, rouges-gorges, fauvettes sans compter les hirondelles qui volètent en grande quantité. Le divertissement de ces dernières consiste à prendre les routes enchâssées de hauts murets pour des couloirs aériens. Elles y descendent en piquée, se frôlant souvent et donnant parfois l’impression qu’un télescopage paraît inévitable. Quand elles arrivent à quatre ou cinq vers moi, c’est assez impressionnant, car j’ai le sentiment qu’elles attendent le tout dernier instant pour m’éviter. Mais non, elles ont un don pour s’éviter entre elles, éviter les obstacles de toutes sortes et reprendre de la hauteur. A force de courir derrière des oiseaux, il est temps que je prenne moi aussi un peu de hauteur et revienne aux « fondamentaux », c'est-à-dire au Sentier du Guetteur. Je sors mon GPS de la poche et constate que je ne suis plus nulle part. Le « waypoint » me signale comme étant hors tracé enregistré.  Je fais demi-tour car après tout, les chemins sont tous identiques et j’imagine que des oiseaux il y en a un peu partout. C’est le cas. Murets, cabanons, amandiers, haies, vignes, cyprès et quelques pinèdes composent ce beau paysage à la fois rude mais plein de douceur. Les fleurs sauvages sont plutôt rares et se résument à quelques pissenlits et aux sempiternelles brassicacées que l’on rencontre dans les vignobles et les haies. Finalement, j’atteins la falaise et bien que je connaisse l’endroit par cœur, je ne peux m’empêcher de rester en extase devant cette incroyable vue plongeante sur la plage de la Franqui. La plage des Coussoules. Je décide de me reposer un peu. A l’instant même où je me défais de mon sac à dos pour le poser sur un muret qu’elle n’est pas ma surprise de constater que je vais le déposer sur une couleuvre de Montpellier. Elle est là, juste à la hauteur de ma taille, immobile au soleil, verte, jaune et luisante. Elle m’observe sans bouger de ses grands yeux noirs fixes et presque hypnotiques. Stupéfait sur l’instant, je ne bouge plus moi non plus et dans une deuxième temps j’ai beau être réactif à vouloir la photographier, elle échappe en partie à mon objectif. Elle file. Alors, je grimpe sur le muret et me lance à sa poursuite. Par bonheur, après avoir traversé des buissons plutôt touffus, elle file sur l’herbe et des ramilles de pins et finit par s’immobiliser derrière une branche où elle a sans doute le sentiment d’être en sécurité. Je suis à quatre ou cinq mètres d’elle et en zoomant, je réussis à la photographier convenablement. « Plus grand serpent d’Europe pouvant atteindre 2 mètres et même les dépasser parfois ? » avais-je lu à son propos ? Mais celle-ci est plutôt petite et frêle. Elle n’atteint pas un mètre et est plutôt filiforme. Je ne la vois pas dévorer un lapin comme j’ai pu le lire. Après quelques photos, je la laisse à sa frayeur de m’avoir rencontré et je pars en contemplation en bordure de la falaise où je m’assieds face à ce panorama tricolore. Il est bleu, vert et blanc cassé. Les bleus bien différents du ciel, de la mer et de l’étang, le vert des pins qui descendent en cascade jusqu’à la mer et le blanc cassé de la plage formant une courbe quasi parfaite jusqu’à l’horizon. Il n’y a rien d’autres mais c’est très beau. Une barre de céréales, trois gorgées d’eau et je continue en direction de la Franqui en empruntant un large escalier. A cet endroit même, mes lectures m’ont appris qu’il y avait eu un fort, celui de la Basse-Franqui dont Henry de Monfreid dans son livre « le Cap des Trois Frères (***) indique qu’il aurait été construit sous Napoléon. Militairement, ce petit fortin n’eut que peu d’importance. Par contre, de ce coin si paisible aujourd’hui, il écrit que « ce lieu de la Basse-Franqui fut le théâtre de sanglants combats entre Français et Espagnols lorsque Schomberg gouvernait le Languedoc ». C’était en 1637 et ce fait militaire est resté dans l’Histoire sous le nom de « Bataille de Leucate », car bien évidemment le château du village était en première ligne et pour nos ennemis, c’était l’objectif premier dont il fallait s’emparer. Les Espagnols disposaient de la forteresse de Salses et de 12.000 fantassins et les Français du château de Leucate et d’une centaine d’hommes seulement. L’équilibre des forces semblait précaire pour les Français et pourtant ils tinrent le choc plusieurs jours, puis s’organisèrent peu à peu en recevant de multiples renforts. La commune fut complètement anéantie par les troupes espagnoles mais finalement les Français l’emportèrent. En 1659, c’est le Traité des Pyrénées et le château perdant toute utilité, il est démoli sur ordre du roi Louis XIV en 1665. On peut le regretter car or mis la crainte qu’il retombe un jour entre les mains de nos ennemis, on ne voit pas trop où se trouve l’intérêt d’une telle démolition pour ne pas dire un tel saccage. Pourtant le véritable fait d’armes du château date de 1589 et on le doit à Françoise de Cézelly (**). Il faut avoir lu son Histoire pour comprendre pourquoi elle continue à être une héroïne pour les Leucatois. C’est leur Jeanne d’Arc ! Il ne reste plus rien de ce petit fort de la Basse-Franqui qui fut transformé plus tard en une redoute occupée par des douaniers. Aujourd’hui cette anse qui a servi depuis toujours de lieu de mouillage et de débarquement est plutôt calme. Seuls deux fous de windsurf glissent comme des malades poussés qu’ils sont par une bonne brise venant du large. Je descends l’escalier, tout en essayant de voir si j’aperçois un quelconque vestige. Je ne vois rien. Ma principale intention est d’aller voir si il y a des oiseaux à l’étang. Ensuite, j’ai prévu de me baigner puis de pique-niquer avant de poursuivre sur la falaise. Je n’ai pas prévu la visite de la station balnéaire mais une fois encore ma curiosité m’entraîne dans des méandres improvisés. Petite chapelle Notre Dame de la Mer, Villa Amélie où naquit Henri de Monfreid, nombreuses villas en espaliers au pied de la falaise avec toujours des architectures surprenantes de toutes apparences, allant de la maison du pêcheur au chalet en passant par les maisons de maître, d’imposants hôtels ou de très belles résidences comme le Belvédère par exemple. Ici les styles architecturaux se mélangent et « la Belle Epoque » côtoie « l’Art Déco » et bien d'autres styles parfois rococos. Toutes ces belles maisons sont entourées de charmants jardins avec souvent de grands pins parasol, des palmiers et des plantations exotiques. Finalement, après cette longue errance, j’arrive sur le ponton longeant la superbe plage des Coussoules. Elle est aussi belle vu d’en bas qu’elle ne l’était depuis la falaise. Une fois encore, mes lectures Internet m’ont appris qu’elle avait été classée 4eme plus belle plage de France par le label Pavillon Bleu sur des critères bien évidemment de propreté et de commodités qui vont avec. Bien que la saison estivale soit terminée, ça semble mérité. Toutes ces découvertes de la Franqui étaient plutôt imprévues même si j’avais lu pas mal de choses avant de venir ici. Dans l’immédiat, direction l’étang et le grau faisant sa jonction avec la mer. Aujourd’hui, le grau est fermé et seul un étroit chenal parallèle à la mer tente en vain de faire le lien. Les oiseaux sont peu nombreux mais il y a néanmoins des goélands, des mouettes rieuses et une aigrette entrain de pêcher. Il faut quand même pas mal marcher pour les photographier, mais je suis venu pour ça. Parmi les goélands, dont la plupart sont des « leucophées » et ont comme toujours un bec jaune, large et un peu recourbé, il y a étrangement mais séparé des autres, un couple au bec orangé bien plus pointu. Je dis étrange car c’est bien la première fois que j’en photographie de la sorte. J’apprendrais plus tard qu’il s’agit de goélands railleurs dont l’espèce a tendance à disparaître car il n’y aurait plus que 2000 couples dans toute l’Europe. Des petits poissons, probablement des mulets, sont pris au piège des basses eaux et la surface de l’étang scintille constamment de ces bancs frétillants. Il y a également de nombreux crabes verdâtres, des cranquets comme on les appelle ici. Dès que j’approche, ils ouvrent leurs pinces. Quelque peu rassurés, ils cherchent à s’éloigner ou à s’enterrer dans le sable. L’aigrette garzette, avec son bec long et puissant, a peu d’effort à faire pour se régaler de toute cette « parillade ». Les goélands semblent préférer les bivalves, petites coques ou tellines aux coquilles très fragiles. Si je pouvais, je resterais des heures à observer et à photographier tous ces animaux où l’on constate que la survie est la destinée de tous les instants. Manger sans se faire manger, voilà le leitmotiv. La chaîne alimentaire s’étire sous mes yeux. Pour moi aussi, il est temps d’aller manger et comme j’ai prévu un petit bain avant le pique-nique, je file vers la digue brises-lames en longeant le bord de la plage. La baignade se résume à une courte trempette car l’eau est beaucoup plus fraîche que je ne l’avais supposée. Le pique-nique englouti, je poursuis le sentier au pied de la falaise car je sais qu’il existe une possibilité pour rejoindre sa corniche. Mon énergie vagabonde dont Sylvain Tesson fait l'éloge et mes errements continuels ne me font pas perdre de vue que je suis venu accomplir le Sentier du Guetteur. Je le rejoins juste avant le Fort de la Haute-Franqui qui est de loin le plus beau monument de ce parcours. Ancien fanal et ancien fortin, il a été restauré à l’identique sur les vestiges d’un ancien fort qui aurait construit sous Louis XIV en 1711. Il faut dire qu’il est le seul survivant des trois principaux forts qui étaient là pour surveiller cette côte leucatoise. Henry de Monfreid, dans son livre « le Cap des Trois Frères » (***) l’appelle le Fort Rouge et l’historien Jacques Hiron dans son remarquable livre « Il était une fois Leucate (*) » explique que cette appellation serait en rapport avec l’argile ferrugineuse rouge faisant tache sur le reste de la falaise blanche à cet endroit-là, juste en dessous du monument. Il nous dit aussi qu’il était parfois dénommé « Redoute », mot que l’on retrouve dans Wikipédia ou sur les cartes IGN de Géoportail. Certains l’ont appelé « Temple » à cause de l’originalité de son architecture de style « grec antique » ou bien encore « Fort Cerbellon » du nom d’un commandant espagnol pendant le siège de 1637. Encore que ce dernier fort, certains historiens le situent plutôt du côté des étangs. Bien que son origine soulève certaines interrogations, car grecs, romains, espagnols et napoléoniens ont été parfois supposés comme les éventuels architectes, voilà déjà de belles explications à la dénomination « guetteur » que je cherchais à comprendre. Ce n’est pas la seule comme on le verra plus loin mais de tout temps, la falaise de Leucate a été un lieu stratégique pour surveiller la mer. En tous cas, ce fortin a depuis très longtemps, et avec certitude depuis 1779, était là pour assurer une surveillance maritime. Je le photographie sous toutes les coutures tant il est beau puis je continue, pas toujours sur le chemin mais le plus souvent au plus près de la falaise. Je retrouve les sentiers que j’empruntais jadis pour aller pêcher au Cap des Frères (***) ou dans l’Anse du Paradis. Pêches du bord ou parties de chasse sous-marine ont très souvent empli mon temps libre et la Falaise de Leucate était un de mes coins préférés. Ici les sentiers ne sont jamais faciles mais je me souviens en avoir emprunter des carrément très risqués. Ici au cap et dans l’Anse du Paradis, il y en avait trois pour rejoindre la rive dont deux étaient vraiment très périlleux. Tel un cabri, je descendais à flanc de falaises sur d’étroits balcons abrupts avec tout mon attirail parfois très lourd, ceinture de plomb de 9 kilos et tout le reste quand la chasse en apnée était au programme. Aujourd’hui avec 25 ou 30 ans de recul, je prends soudain conscience de la témérité mais surtout de l’inconscience guidant mes pas pour assouvir mes passions et pêcher quelques poissons. Un faux-pas et s'en était terminé ! De nos jours, sur les parties les plus dangereuses, des ganivelles ont été installées et c’est très bien ainsi. Le Cap Leucate est là avec son sémaphore, bâtiment moderne de 1990 mais dont l’Histoire nous apprend qu’il a été construit comme les 55 autres méditerranéens au 19eme siècle à l’initiative de Napoléon et sur la base de l’invention de Claude Chappe, qui est le vrai précurseur des sémaphores modernes. Aujourd’hui, il est reste 19 sur tout le pourtour méditerranéen, Corse incluse où il y en a 7, tous gérés par la Marine Nationale en liaison avec le FOSIT (Formation Opérationnelle de Surveillance et d'Information Territoriale). Un site Internet dédié m’a appris que les surveillants sont tout bonnement appelés « guetteurs ». Guetteurs sémaphoriques pour être plus précis et les distinguer des guetteurs se trouvant à bord de bateaux. Dans une chambre dite de « veille » et munis de puissantes jumelles, ils scrutent la mer et son horizon en permanence. Ils peuvent voir jusqu’à 24 km de distance. Ils sont une dizaine à se relayer, 24 h sur 24 et 7 jours sur 7 avec un tas de missions dont voici la liste non exhaustive : surveillance des espaces maritimes mais également terrestre et aérien dans leur périmètre de veille, surveillance et contrôle de la navigation, prévention des pollutions, surveillance des pêches, détection des incendies, surveillance des sites archéologiques et des épaves, observations météorologiques, tout cela en liaison avec les spécialistes concernés comme le Cross, Snsm, Météo France, les pompiers et bien d’autres organismes publics ou privés et autres instances militaires. Le sémaphore se visite lors des Journées du Patrimoine. Voilà une fois de plus ce que j’ai lu avant cette balade et je tiens définitivement mon explication. Le Sentier des Guetteurs au pluriel aurait peut être été plus approprié mais enfin c’est tout de même très bien de rendre hommage à une profession dont la mission est de surveiller la France et de nous protéger. Il ne me reste plus qu’à boucler ma boucle. J’arrive au dessus de la Plagette où je garde là aussi de nombreux bons souvenirs. Plage aux eaux turquoises encore très tranquille il y a 20 ou 30 ans, nous y venions régulièrement avec les enfants. Il faut dire qu’à l’époque, cette plage était pour eux un magnifique terrain de jeu car outre les bains de mer, il y avait cette dune très pentue qui leur servait de toboggan naturel. Ils passaient autant de temps à dévaler la dune avec des roulés-boulés qu’à se baigner. Les géologues les appellent « dune suspendue », curiosité géologique plutôt rare surtout en Languedoc-Roussillon où elle est la seule. D’ailleurs, il en est de même pour la falaise, la seule de la région avec un accès direct sur la mer. De nos jours, la dune a pratiquement disparu et il se dit que parmi les facteurs de cette disparition que sont le ravinement de la falaise, l’érosion éolienne et le déclin de certaines plantes retenant le sable, le piétinement humain aurait sa part non négligeable. Mes enfants ont donc une petite part de culpabilité.  Il est vrai que depuis leurs venues, cette Plagette a acquis une grande notoriété et dès les premiers beaux jours, elle est souvent bondée malgré la pénibilité qu’il y a à y descendre. Il est vrai qu’elle constitue aussi un petit « spot » pour les férus du parapente et pour tous ceux qui ont envie de voir « le bas d’en haut » en passant leur baptême dans cette discipline. Enfin d’encore plus haut que les 52 mètres que constitue la hauteur de la falaise. Moi, contrairement à Dutronc, je n’ai jamais rêvé d’être « une hôtesse de l’air », alors je descends vers cette Plagette où la mer n’a jamais réussi à effacer mes souvenirs. Et comme la géologie m’intéresse un peu, je vais surtout passer mon temps à photographier des fossiles dans ce travertin qui s’écroule peu à peu de la corniche et laisse apparaître une mine incroyable de ces reliques des temps anciens. Faluns ou lumachelles en grande quantité, ici je ne sais pas trop quel est le bon terme ? J’ai le sentiment qu’il y a les deux. Je reste un amateur intéressé par la géologie, mais peu éclairé scientifiquement. En effet, voilà un domaine où les noms scientifiques ou latins sont légions et les connaître tous est carrément mission impossible. Les retenir, pensez donc !  Ici, il y a des fossiles marins un peu partout. En tous cas, il y en a de nombreux qui ressemblent à ce que j’ai pu voir sous l’eau au temps où je plongeais : madrépores, bivalves, algues, coraux, bryozoaires, vers marins et éponges par exemple mais j’avoue que je ne connais pas les noms latins ou scientifiques de toute cette Nature engluée dans le calcaire. Pourtant, je sais qu'ils ont tous des noms qui les différencient. Après ces découvertes, qui en réalité n’en sont pas vraiment ; tant de fois je suis venu ici ; je remonte, passe devant le restaurant, le phare, pars visiter des blockhaus et l’ancien emplacement d’un radar allemand car après tout, tous ces monuments, vestiges et matériels avaient tous des missions identiques : guetter, surveiller et prévenir. Seul l’ancien Fort des Mattes datant de 1742, le fameux troisième fort de cette falaise ne livre aucun secret. Il a été rasé et je ne retrouve rien de son emplacement. Malgré tout, force est de reconnaître que ce Sentier du Guetteur mérite bien son nom. Sur cette falaise, l’action de « guetter » a été quasiment exclusive et si par hasard, il y en a eu d’autres, elles ont toutes étaient supplantées. La voiture est encore loin alors je finis le reste de mon casse-croûte avec vue sur Leucate Plage et les autres plages dont je devine la terminaison dans la déclinaison des Albères et la pointe du Cap de Creus. Pour quelques instants encore, je continue d’être un guetteur de beaux panoramas. Quelle superbe balade ! J’emprunte le chemin du Phare, longeant le hameau de Malagaïto, mais avant de rejoindre le village, je termine du côté des étangs, à la fois à cause des oiseaux qui y sont nombreux mais aussi pour me faire une petite idée de ce que sera le Sentier du Pêcheur que j’envisage d’accomplir un jour prochain. Parmi les oiseaux aperçus, il y a d’étranges étourneaux à tête blanche encore jamais vus, en tous cas d’une si éclatante blancheur. J’apprendrais qu’il s’agit d’adolescents, individus encore juvéniles dont le passage à l’âge adulte est imminent. Décidément, c’est un vrai bonheur que d’en apprendre tous les jours et parfois je me dis qu’on ne devrait jamais passer à l’âge adulte, ni vieillir tant il y a encore de merveilleuses choses à découvrir ! Adolescent j’ai été, adolescent je reste avec mon regard. Un « Certain Regard », c’est le joli nom d’une enseigne aperçue dans le centre de Leucate. Une dénomination que je fais mienne. Selon mon G.P.S et telle qu’expliquée ici, errements compris, j’ai parcouru une distance de 13,8 km, mais attention, si j’en crois les différents panonceaux, le seul « Sentier du Guetteur » est bien plus court et puis les versions sont assez nombreuses, alors à vous de voir comme je l’ai fait moi-même. En tous cas, quel que soit l’itinéraire, cette balade est formidablement belle et si en sus vous avez le bonheur d’une belle journée ensoleillée, je vous le promets, « vous serez comblé ! » Attention néanmoins à éviter un jour de forte tramontane, elle souffle parfois très très fort au sommet de la falaise ! Alors prudence si c’est le cas. Chaussures à tiges hautes recommandées et boissons suffisantes en cas de grosse canicule. Carte I.G.N 2547 OT Durban – Corbières – Leucate- Plages du Roussillon Top 25.

(*) « Il était une fois Leucate » est un livre de Jacques Hiron, romancier, journaliste, historien, auteur de bandes dessinées et scénariste comme il aime à se présenter lui-même sur son site Internet. Si vous voulez tout connaître de Leucate, son livre est vraiment incontournable. Enfin, moi qui voulais en connaître un maximum sur Leucate avant de me lancer dans cette balade, je n’ai pas pu le contourner et je n’ai eu qu’à me féliciter de ce choix tant ce bouquin est une véritable mine d’informations. La première version du livre est parue en 1998 à l’Edition du Cap Leucate mais il semble que d’autres éditions avec des mises à jour sont parues depuis. Celle que j’ai pu me procurer date de 2005. La plupart des mentions historiques ou patrimoniales citées dans mon article ont été extraites de ce livre.

(**) Françoise de Cézelly : Il est impossible d’évoquer l’Histoire de Leucate sans parler de Françoise de Cézelly, l’héroïne du village dont le destin fut pris en tenailles entre préserver la vie de son époux fait prisonnier par les Espagnols ou défendre coûte que coûte le fort de Leucate et sauver ainsi de très nombreux Leucatois. Elle n’hésita pas une seconde à faire le second choix. C’était en 1589 et nous sommes en pleine guerre des religions entre catholiques et protestants. Les Ligueurs catholiques n’ayant pas voulu reconnaître le protestant Henri IV comme roi de France sont alliés aux Espagnols. Leurs armées conjointes attaquent le château pour tenter de s’en emparer car ils le considèrent comme stratégique dans la défense de la frontière et dans leur désir de s’étendre vers le nord. Pour plus de détails sur cette Histoire et sur Françoise de Cézelly, il existe de nombreux sites Internet qui la relatent. Le site de la mairie de Leucate en donne un bon résumé. Une phrase extraite d’une lettre qu’elle écrivit aux consuls de Narbonne le 21 août 1589 résume bien son désarroi au regard de la guerre à laquelle elle est confrontée bien malgré elle : « C’est le temps désespéré que pour bien faire, il faut perdre la vie ». Après être tombée dans l’oubli, Leucate décide de lui rendre hommage. Au fil du temps, plusieurs statues seront été érigées et la première d’entre-elles est sujette à une histoire de clés de la ville. La voici. Le 16 août 1899, les autorités leucatoises inaugurent une statue en bronze de l’héroïne, œuvre du sculpteur Paul Ducuing. Statue identique à celle que l’on peut voir de nos jours sur la place du village. On y voit la jeune femme en situation de combattante brandir haut les clés de la cité, ces clés étant bien évidemment représentatives de sa vaillance à défendre coûte que coûte les Leucatois en 1589. Jusqu’à un jour maudit de 1942, cette statue de bronze est la fierté de tous les Leucatois. A cette époque Leucate dépend directement du régime de Vichy car la commune se situe en zone libre. Le bronze est un matériau très recherché car une fois fondu, il est utilisé à la fabrication d’armements en faveur des Allemands. De ce fait, la plupart des statues de bronze tombent de leur piédestal afin d’être fondues. Celle de Françoise de Cézelly n’échappe pas à la règle. C’est une entreprise de Perpignan qui se charge de sa dépose le 28 avril 1942. Suite à une mauvaise manoeuvre, la main gauche tenant les clefs de la ville se brise, se sépare du reste de la statue et tombe par terre. Un villageois ramasse la main et la remet au secrétaire de mairie de l’époque, Léo Teisseire. Grâce à ce réflexe providentiel, les clés évitent de partir à la fonderie. Une fois encore, Françoise de Cézelly n’a pas remis les clefs de la ville à l’ennemi. Tout un symbole qui ne fait que renforcer sa fabuleuse destinée. Depuis, cette main de Françoise de Cézelly tenant les clés de la ville est fièrement exposée à la mairie de la ville. Françoise de Cézelly repose à l’église Saint-Paul de Narbonne à côté de son époux Jean de Boursiez de Barri. On notera que le nom « Cézelly » figurant sur les statues de Leucate est parfois écrit de manières différentes sur des textes et sur Internet : « Cezelli » « Cézelli » voire « Cézely » ou encore « Céselly ». J’ai donc procédé à de rapides recherches sur plusieurs sites généalogiques et il apparaît assez clairement que « Cézelly » serait le plus souvent usité et notamment dans la région de Montpellier dont l’héroïne était originaire. A cause de transcriptions manuscrites sur les actes anciens, ce type d’erreurs était coutumier, ceci expliquant sans doute les diverses versions que l’on retrouve encore de nos jours.

(***) Le Cap des Trois Frères est le nom d’un cap situé sur la falaise entre la Franqui et Leucate Plage. De par sa situation, il permet à l’anse de la Basse-Franqui d’être quelque peu abritée du vent d’est et des violents coups de mer venant de cette direction. De ce fait, cette baie a été de tout temps, depuis les Phéniciens en passant par les Grecs et les Romains jusqu’au 20eme siècle, le seul endroit de tout le Languedoc-Roussillon où les bateaux pouvaient venir jeter l’ancre pour s’y mettre en sécurité. Par voie de conséquence, les naufrages y ont été nombreux et la falaise était par évidence un observatoire rêvé sur la circulation maritime. De nos jours, cette baie est idéale pour les fans de glisse sur l’eau et depuis de longues années, la commune de Leucate/la Franqui accueille le «Mondial du vent », manifestation qui est devenue un événement majeur dans les disciplines que sont le windsurf et le kitesurf. Les avis divergent sur son nom « des Trois Frères ». Certains disent qu’il viendrait des trois petits îlots qui composaient son extrémité. La mer les aurait quelque peu émiettés depuis. D’autres affirment que c’est le nom d’un bateau qui aurait fait naufrage à cet endroit-là, d’autres qu’il y aurait eu un naufrage dans lequel trois frères auraient réchappé par miracle à la mort. Enfin,  il y a une version plus légendaire liée à une sorcière, raison pour laquelle ce cap est également appelé le Rocher de la Sorcière. Ce rocher n’est pas imaginaire comme on peut le voir sur mon diaporama, mais vu de la mer, cette sorcière est encore plus ressemblante et impressionnante. Cette légende est lisible en cliquant sur le lien suivant : l’Enjambée leucatoise. Le Cap des Trois Frères, c’est aussi le titre d’un livre de 1959 d’Henry de Monfreid dans lequel l’auteur raconte sa petite enfance à la Franqui. Pour moi, ce cap est synonyme de pêches. Pêches du bord, de jour ou de nuit, mais également parties de chasses sous-marines. Comme toujours quand on évoque des parties de pêches, on ne garde en mémoire que les plus belles, les plus fabuleuses, celles qui très souvent ont engendrées des photos ou des tableaux comme on dit dans le jargon du pêcheur. Pourtant, il y a eu aussi des bredouilles et là c’était vraiment rageant car venir jusqu’au cap pour rien n’était jamais une sinécure. D’ailleurs, remonter la falaise avec plusieurs kilos de loups, mulets, sars, oblades, rougets, limandes ou seiches ne l’était pas moins mais la satisfaction d’une belle pêche me faisait oublier les difficultés. Vous pouvez retrouver quelques unes de ces belles pêches sur un diaporama que j’ai créé et que j’ai intitulé « Souvenirs halieutiques ».

 

 

 

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La France, pays de merde ? Ou pays le plus beau du monde ?

Publié le par gibirando

La France, pays de merde ? Ou pays le plus beau du monde ?

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Il y a quelques jours, Donald Trump traitait Haïti, le Salvador et certains pays africains de « pays de merde ». Honnêtement, je ne connais pas les vraies raisons de son courroux envers eux et d’ailleurs de nombreux journalistes s’interrogeaient à ce propos. Apparemment, il évoquait les problèmes que pose l’immigration aux U.S.A et plus généralement. Par contre, Trump a nécessairement oublié un pays ? La France. Oui, j’ai bien dit la France. Notre pays est-il devenu est un pays de merde ? J’ai quelques raisons de le penser mais à la différence de Trump, qui a laissé beaucoup de gens dans la colère, la circonspection et le doute, moi je suis à même de les exposer. En voici au moins quatre que j’ai vécu en personne en l’espace de quelques mois. Tout ce que j’ai écrit ici est vrai, je vous le jure !

 

Raison 1 – le 7 novembre 2017, je reçois de la Sécurité Sociale, une mise en demeure de payer la somme de 24,40 euros sous un mois. Apparemment, il s’agit d’une somme que j’aurais perçu à tort au titre de prestations, mais je l’avoue la lettre est peu explicite et je n’y comprends rien. On mentionne simplement que n’ayant pas répondu à une première notification du 27 septembre si le paiement n’intervient pas rapidement, le dossier sera transmis au Service Juridique de la Sécurité Sociale. Rien que ça !

Bien évidemment et n’ayant pas reçu la notification en question, je cherche d’abord à comprendre et file sur Internet voir mon compte Améli. Là, j’épluche tous mes remboursements et ne trouve qu’un seul paiement du montant en question. Des soins infirmiers datant du mois d’avril 2017 ! Alors le 9 novembre, j’écris en demandant quelques explications, indiquant que si il y a eu erreur, elle ne peut pas m’incomber, mais que de toute manière, si erreur il y a vraiment, je suis prêt à rembourser. J’ajoute que s’agissant de prestations de maladie et plutôt que de m’envoyer une notification de payer plus une mise en demeure, j’aurais trouvé plus logique qu’on me prélève du montant indûment perçu sur des  remboursements suivants.

Le temps s’écoule sans réponse pendant plus de 2 mois. Le 22 janvier 2018, je reçois une lettre datée du 18 janvier (notez bien la date !) m’indiquant « qu’on ne peut pas donner une suite favorable à ma réclamation car il s’agit de soins infirmiers du mois d’avril perçus 2 fois ». Alors, notons déjà que je ne réclame rien si ce n’est des explications ! Je retourne sur mon compte Améli est constate qu’effectivement les fameux soins en question ont bien été payés deux fois. Une première fois le 4 mai sans aucune déduction puis une seconde fois le 10 mai mais avec un grand nombre de franchises qui ont été déduites, ceci expliquant que je ne trouvais pas les deux remboursements de 24,40 euros. Enfin, je constate qu’il s’agit bien d’une erreur incombant à la Caisse Primaire.

Ayant perçu la somme deux fois de toute évidence, j’établis immédiatement un chèque du montant et l’expédie le même jour.

Le 26 janvier, je reçois mon chèque en retour et là, dans un courrier du 24 janvier l’accompagnant, on m’explique que la somme a déjà déduite le 22 décembre 2017 et le 8 janvier 2018 avec des retenues automatiques qui ont été effectuées sur de nouveaux paiements. C'est-à-dire que le 18 janvier, on a continué à me réclamer une somme qui avait déjà été prélevée et soldée depuis 10 jours !!!

Bon, passe encore sur les erreurs, elles sont humaines mais le plus terrible, c’est vous savez quoi ? C’est qu’à l’Assurance Maladie cette « abominable » affaire de 24,40 euros est passée entre les mains de 5 personnes différentes et qu’il a fallu des échanges de 6 lettres pour la clôturer définitivement. Enfin j’espère ! Alors c’est triste, très triste…..c’est même très merdique…..de brasser autant de vent, de dépenser autant de pognon, d’occuper autant de personnes pour une si piètre affaire !

 

Raison 2 : Mon épouse souffre d’une polyarthrite chronique depuis l’âge de 37 ans. Elle en a 65. Depuis 20 ans, sa maladie nécessite une cure annuelle, cure qui lui fait du bien puisque sa souffrance a nettement régressée. C’est ainsi qu’elle est passée d’un traitement sous chimio il y a 10 ans à pratiquement plus rien sauf la cure. Je précise que pour cette maladie et pour être sincère, elle est prise en charge à 100% pour les soins au titre d’une affection de longue durée. Voilà 20 ans, qu’avec nos revenus, nous bénéficions en sus d’un remboursement au titre des frais d’hébergement et de transports pour cette cure annuelle. 150 euros pour l’hébergement et 45 à 50 euros pour la partie transport calculée sur la base du tarif SNCF. Ayant essayé plusieurs centres thermaux, elle va désormais à Balaruc-les-Bains, soit 140 km environ, car c’est là qu’elle considère que se trouvent les soins les mieux adaptés à son cas. Je tiens à préciser que nous n’avons jamais considéré cette cure comme des vacances comme le font de nombreux retraités et que mon épouse est toujours partie seule sauf une seule année car notre chat avait été opéré suite à une éventration provoquée par la morsure d’un chien. A juste titre, nous avions considéré qu’il était préférable de partir tous les deux en cure et d’amener notre chat avec nous. Nous avions logé dans le même studio exigu car la location avait été réservée longtemps à l’avance. Depuis 2008 que je suis à la retraite, nos revenus ont baissé d’environ 50% et comme les pensions de retraite ont été gelées, nos ressources ont stagné voire baissé puisque dans le même temps, certaines cotisations ont été augmentées. Cette année, patatras, la Sécurité Sociale m’écrit qu’il n’y aura plus de remboursement des  frais d’hébergement et de transports, à cause de nos revenus soi-disant trop élevés. Alors, je cherche à comprendre car dans le même temps si mes revenus ont baissé, le plafond, lui, n’a pas bougé depuis 2013/2014.  Alors, je me dis qu’il y a nécessairement un « lézard » quelque part. Têtu, j’envoie plusieurs messages sur le site Internet Améli afin d’obtenir une réponse circonstanciée. Invariablement, on me répond toujours pareil : ressources supérieures au plafond. Puis m’énervant un peu, on finit par me dire que cette décision est sujette à un arrêt de la cour de cassation du 15/12/2016. J’approfondis l’arrêt en question mais je ne vois pas en quoi il vient interférer dans la décision qui a été prise de ne plus rien nous rembourser à nous personnellement. Dans le cas en question, il s’agit d’une dame qui prenait le taxi tous les jours pour se rendre en cure et qui en exigeait le remboursement, alors que mon épouse n’effectue qu’un seul aller/retour à Balaruc en 3 semaines. Je ne vois pas bien le rapport et ce d’autant que nous n’avons jamais exagéré dans nos dépenses ! Nous louons toujours un petit studio et le transport se limite à un seul aller/retour. Alors j’envoie une lettre recommandée à la Commission de Recours Amiable de la CPAM expliquant notre cas, l’incompréhension qui est la nôtre et demande que la décision soit revue. Aujourd’hui même, 2 février 2018, et alors que j’ai fourni les échanges et le fameux refus que j’ai reçu son mon compte Améli, cette même commission de recours me retourne l’entier dossier que j’ai constitué avec une laconique mention « votre dossier est incomplet, veuillez fournir la copie de la notification du refus que vous contestez ». Je précise que toutes ces personnes qui m’écrivent, celle m’ayant notifié le refus et celle qui me réclame cette même notification  travaillent au même endroit, à la même adresse, dans le même bâtiment. Oui, je le dis, la France est un pays de fous furieux ! Un vrai pays de merde où peu de choses ne fonctionnent encore correctement dans nos administrations ! Là, c’est la Caisse Primaire, mais ce n’est guère mieux aux Impôts et vous verrez plus loin que ce n’est pas mieux à l’hôpital. Tout est fait pour décourager le citoyen lambda, le citoyen qui paye ses impôts et que l’on pressure à longueur d’années alors qu’il y a des gaspillages monstres de toutes parts. Tout est compliqué et quand nos gouvernants prétendent vouloir simplifier la vie quotidienne des français c’est du foutage de gueule caractérisé…..sans compter que les deux courriers envoyés m'ont déjà coûté plus de 8 euros ! Oui, c’est la merde……

 

Raison 3 : Il y a quelques mois et suite à un gros problème de santé qu’a connu mon épouse, je suis contraint de l’amener aux urgences de l’hôpital de Perpignan. Nous sommes à Urbanya et donc à plus d’une heure de voiture. Il est 20 heures. Je la mets dans la voiture et fonce comme jamais je ne l’ai fait sur la route, route sinueuse et dangereuse il va sans dire entre Urbanya et Prades. A l’instant même  où j’arrive devant la porte des urgences, mon épouse ne bouge plus et ne parle plus, même si je suis conscient qu’elle entend tout ce que je lui dis. Je suis dans l’incapacité d’émettre le moindre diagnostic sérieux même si je pense qu’il s’agit d’un problème neurologique mais bien évidemment je suis très très inquiet. Là, je me précipite à l’accueil et indique qu’il y a urgence à aller la chercher dans la voiture le plus rapidement possible. Pour toute réponse, je m’entends dire « vous avez vos papiers ? ». Je réponds « oui, j’ai tous mes papiers et je vais vous les donner mais je vous en prie Madame, il faut impérativement que quelqu’un s’occupe d’elle au plus vite ! ». La secrétaire se lève et va voir une deuxième personne. Elle est en blouse blanche et je me dis qu’il s’agit probablement d’une infirmière.  Elle arrive vers moi et se plante là en me disant «« vous avez vos papiers ? » Là, je ne me rappelle plus exactement qu’elle a été ma réaction mais je pense que je me suis mis à vociférer. Oui, c’est ça, j’hurle « que j’ai tous mes papiers et que je les remettrais sans problème plus tard mais qu’on s’occupe d’abord de mon épouse ! » Attiré par mes cris, un mec, lui aussi en blouse blanche, sans doute un interne se pointe et là, je l’entends me dire « donnez d’abord vos papiers Monsieur ! » S’il n’avait pas été de l’autre côté du guichet, sans doute lui aurais-je mis mon poing dans la gueule mais je me plie à ses exigences car je vois bien que je perds mon temps. Je sors mes papiers et jette ma carte de sécu, d’identité et de mutuelle sur le comptoir et retourne très vite vers la voiture car voilà plus de 5 minutes que je suis là et rien ne s’est encore passé ! Toujours personne pour s’occuper de mon épouse qui ne bouge toujours pas dans la voiture. J’attends. Toujours rien. Ça fait 10 minutes que je suis arrivé. Je demande à un vigile ce qu’il faut faire. Il part et revient quelques minutes plus tard avec un fauteuil roulant. Or mis le vigile, toujours personne et pas le moindre personnel médical à mes côtés. Je lui demande de m’aider mais il me répond qu’il n’a pas le droit de toucher aux malades. Je me débrouille tout seul et réussis tant bien que mal à mettre mon épouse sur le fauteuil car elle est inerte et inévitablement très lourde. Je la rentre à l’intérieur, toujours suivi du vigile qui me dit que je ne peux pas laisser ma voiture là devant la porte. Je ne lui réponds pas, par crainte de lui dire des grossièretés, après tout c’est la seule personne qui pour l’instant a fait preuve d’un peu de compréhension, de compassion et d’humanité. Il rajoute « laissez votre épouse là, quelqu’un viendra s’en occuper rapidement et allez ranger votre voiture ». Je pars garer ma voiture et effectivement quand je reviens mon épouse n’est plus dans le hall. La secrétaire me rassure, me rends mes papiers qui sont bien évidemment en règle. Au bord de la crise de nerfs, j’appelle mes enfants en pleurant. Ma fille qui habite Gruissan me dit qu'elle arrive et ça me rassure de savoir que je ne serais plus seul. Je retrouve mon calme et attends sagement dans la salle d’accueil. Elle fait office de salle d’attente et ce n’est qu’un va-et-vient bruyant où les communautés musulmanes et gitanes ont une très forte représentativité. Des enfants courent dans tous les sens et personne ne leur dit jamais rien. C’est épuisant et je vois bien que les gens à côté de moi sont consternés aussi. Je suis resté plus de deux heures dans cette salle d’attente et devant ce guichet d’accueil et pas une seule fois, je n’ai entendu la secrétaire demander des papiers à des personnes de ces communautés-là qui entraient et sortaient comme dans un moulin. Alors, je pose des questions : «  Y a-t-il deux médecines ? » « Une plus permissive pour eux et une plus sévère pour nous ? ». « Payons-nous nos cotisations à la Sécu et à nos mutuelles pour ces gens-là ? » La réponse exacte ? Vous la connaissez peut-être mais moi pas ! Je m’en doute un peu car je sais qu’ils sont toujours très nombreux à bénéficier de la CMU, de nombreuses aides sociales et de plus d’indulgence dans les lieux publics. « Alors deux poids, deux mesures ? » Mon sentiment sur ce problème ? Il figure dans le titre de mon article mais sans le point d’interrogation. Je précise qu’aujourd’hui mon épouse va bien et que tous les examens effectués n’ont rien décelé de grave. Je précise aussi que si je n’avais pas connu une personne bien placée à l’hôpital de Narbonne, il aurait fallu attendre 2, 3 ou 4 mois pour qu’elle passe toute la batterie d’examens que l’urgentiste lui avait préconisée à Perpignan…..Oui, oui, vous avez bien lu......nous avons été contraints d'aller jusqu'à Narbonne.....alors que l'hôpital de Perpignan est à moins de 10 minutes de chez nous......Oui, une fois encore, j’ose le dire c’est la merde en France…….là aussi !

 

Raison 4 : Il y a quelques semaines, je prévois à la dernière minute de partir en randonnée. Comme je le fais assez souvent en pareil cas, je file chez Lidl acheter une salade toute prête, des sandwichs triangles et un dessert. Là, à l’instant même où je franchis la première porte et entre dans le sas, j’aperçois une femme d’un âge certain dont je reconnais immédiatement l’appartenance. Pour moi, pas de doute, il s’agit soit d’une « rom » soit d’une gitane. Je ne sais pas si en écrivant « romanichel », je mets tout le monde d’accord mais peu importe. Arrivant dans son dos, elle ne m’a pas vu et je la surprends à se cacher et à faire des signes à une autre personne beaucoup plus jeune, laquelle, avec un chariot archi-plein de victuailles, de vêtements et de matériels divers se trouve juste derrière la deuxième porte à l’intérieur du magasin. Je comprends immédiatement le manège, mais je suis pressé et de toute manière, je me dis qu’il y a probablement un système d’alarme très au point et très efficace. Je n’ai pas fait 5 mètres à l’intérieur du magasin qu’effectivement l’alarme réagit et se met à sonner mais à vrai dire pas très longtemps. Je me retourne et constate que la vieille dame est entrée et que la jeune, tranquille comme Baptiste, est sortie dans le sas, en poussant le chariot non pas plein à ras bords mais carrément débordant de produits de toutes sortes. J’observe la scène et je suis surpris car je constate qu’elle est déjà dehors sur le parking en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire ici. Deuxième surprise et alors que l’alarme a fait se retourner une bonne dizaine de clients se trouvant dans la première allée, aucun personnel du magasin n’a bougé et n’est intervenu pour voir ce qui se passait. Alors bien sûr, je suis à la fois interloqué mais à la fois épaté que l’on puisse sortir du magasin avec un chariot aussi plein et surtout avec une facilité aussi déconcertante. J’en suis presque à me demander si un jour je ne vais pas tenter ma chance juste pour m’amuser et voir si ça marche aussi pour moi, quitte à expliquer ensuite que je fais un essai. J’effectue mes quelques achats et file à la caisse. Par chance, je n’ai qu’une personne devant moi et j’attends qu’elle ait fini avant de m’adresser à la caissière. Quand vient mon tour, je lui dis  « vous n’avez pas entendu l’alarme sonner ? ». Elle me répond « oui, j’ai entendu mais je n’ai vu qu’une vieille dame rentrer ». Je lui réponds « et celle qui est sortie avec la chariot archi-plein, vous ne l’avez pas vu ? ». Surprise, elle marque un temps d’arrêt et là, avant même de me répondre, voilà que l’autre caissière, qui se trouve dans mon dos et qui a tout entendu de la conversation, car je fais exprès de parler très fort, me dit avec étonnement « avec un chariot plein ? » Je lui réponds « Oui, madame avec un chariot vraiment très plein mais ne soyez pas étonnée car l’alarme sonne mais personne ne réagit, alors il faut m’expliquer à quoi elle sert cette alarme ? » et je rajoute « et ce d’autant que la dernière porte d’entrée continue de s’ouvrir malgré tout » et enfin je termine en lui disant, « je ne suis pas technicien en alarmes mais dans la mesure où vous êtes dans l’impossibilité d’intervenir et que vous n’avez pas de vigile, la logique voudrait que les portes se cloisonnent dès que l’alarme se met en branle, or ce n'est pas la cas ! ». Elle me regarde d’un air ébahi et me dis « elle ne l’emportera pas au paradis ! ». Voilà le type même de réponse qui a le don de m’agacer, alors je lui réponds sans doute sèchement « Non madame, nous irons tous au même endroit mais avec une différence non négligeable, c’est que le chariot plein qu’elle vient de sortir c’est nous tous ici qui l’avons payé ! » « Nous tous, vous, moi et tous les clients sauf les voleurs que vous laissez partir sans broncher ! ». « Comment ça ? » me dit-elle ? « Oui, Madame, vos patrons quand ils calculent leur prix de revient, ils rajoutent un pourcentage pour les vols, ce pourcentage nous le payons » lui dis-je. Et là, alors que je continue de parler fort, le monsieur qui est derrière moi à la caisse m’applaudit et rajoute « bien parlé ! ». Du coup, 2 ou 3 autres personnes qui ont sans doute tout entendu de la conversation m’applaudissent à leur tour ». La caissière un peu honteuse et ne sachant sans doute pas ce qu’est exactement un prix de revient se remet à son travail sans plus me parler. Ne souhaitant pas bénéficier d’une quelconque approbation exagérée et de toute manière étant un peu pressé, je sors du magasin. La jeune « romanichelle » est là, toujours aussi tranquille, adossée à une voiture. Elle a déjà rempli le coffre et attends sagement sa complice comme si de rien n’était. Et voilà rien ne se passera et pendant ce temps, il y aura des gens qui ont bossé toute leur vie, qui serre la ceinture tous les jours, qui ont du mal à boucler leur fin de mois et qui ne pourront jamais s'offrir le quart du contenu de ce chariot....C'est la merde......

 

Alors oui, je le dis, j’en ai marre de ces administrations sans humanité et qui nous pourrissent notre vie quotidienne, j'en ai marre de payer pour des personnes avec lesquelles je n’ai pas envie de vivre….. J'ai acquis la conviction que ce sont les mêmes qui volent et qui bénéficient de tous les avantages, aides sociales et gratuité médicale....J'en ai marre de ces gouvernants qui ne cherchent jamais à résoudre nos problèmes quotidiens préférant sans cesse s'acoquiner avec les patrons du Medef. La « pensée unique », j’en ai par-dessus la tête. Le « vivre ensemble », ce ne sont que des mots sans queue ni tête dans la bouche des hommes politiques. Des hommes politiques lesquels, au fil du temps, ont laissé pourrir des situations. Des situations si pourries quelles sont désormais inextricables, irrécupérables et sans réelles solutions d’avenir. Voyez le chômage, le problème de l’immigration, le terrorisme, les problèmes dans les prisons, la pauvreté croissante, les écarts qui se creusent entre riches et pauvres, les prix qui augmentent sans cesse, la difficulté que nous éprouvons à nous soigner correctement, à trouver un toubib disponible le week-end sans être obligé de nous déplacer, à obtenir un rendez-vous chez un spécialiste avec parfois des délais de 3, 4, 5 ou 6 mois quand ce n’est pas plus, cette avidité du « toujours plus » et cette liste, je pourrais encore la rallonger sans trop chercher. Je pourrais par exemple vous parler de l'âge de la retraite que la plupart de nos hommes politiques veulent reculer jusqu'à 67, 68, 69 ou 70 ans et il faut être "homme politique" et n'avoir rien branlé de sa vie ou si peu pour avoir de telles idées, regarder parfois leurs présences dans les assemblées et vous comprenez pourquoi ils s'accrochent comme des sangsues à leurs privilèges d'avoir à bosser un jour ou deux avec des salaires et des avantages mirobolants. Je pourrais rajouter le taux des suicides plus élevé en France que dans la plupart des pays occidentaux, avec des professions et des catégories où ce taux est dément comme chez les agriculteurs, les étudiants et les retraités. Je pourrais vous parler de ma fille et de mon beau-fils tous deux enseignants dans le 93. Elle a obtenu sa mutation dans le sud mais pas lui et rien ne dit qu’il l’aura un jour, le contraignant à prendre une année sabbatique ou bien à se séparer et à s’éloigner de ses enfants sans connaître la durée de cette absurdité. Je pourrais vous parler de l’insécurité sans cesse grandissante, des femmes battues et violées quand elles ne sont pas carrément assassinées, pour des raisons parfois obscures ou bien définies comme l’antisémitisme, contraignant de plus en plus de français de confession juive à quitter la France. Je pourrais vous parler de ces 100.000 peines de prisons qui sont en permanence en attente d’exécution car nos gouvernants sont des incompétents laxistes qui n’ont pas été capables d’anticiper et de voir cette insécurité galopante.  La justice française ? Si comme moi vous avez des amis flics, gendarmes, ou gardiens de prisons, parlez-en avec eux et vous verrez vraiment dans quel pays l’on vit…Un vrai pays de merde……

 

Ce ne sont que quatre exemples, quatre anecdotes vécues en moins de 4 mois mais je pourrais en citer 2 ou 3 autres de plus sans aucune difficulté. Tenez, il y a quelques semaines, j’ai constaté sur Internet que mon adresse postale avait changé sur toutes mes déclarations d’impôts, changements dont je n’étais pas l’instigateur, et bien il a fallu plusieurs échanges sur Internet avec le centre des Impôts et un déplacement jusqu’à chez eux pour avoir un semblant de bribe d’idées quand à ce changement, quand à remettre en ordre cette anomalie inexplicable, il a fallu que je me débrouille tout seul. Heureusement, je m'y entends un peu en informatique mais j'imagine ce que ça peut être pour des personnes plus âgées ou qui n'y entendent rien. Quand je pense qu'on oblige tous les citoyens à passer à Internet, voilà une preuve supplémentaire de la déshumanisation que nous vivons désormais au quotidien.... Ces exemples,  je pense qu’ils reflètent assez bien la France d’aujourd’hui….Enfin ça c’est mon point de vue….mais nous avons tous le nôtre…..selon notre vécu.

 

Allez je vous laisse et je pars visionner un DVD que j’ai acheté il y a 2 ans et que je regarde régulièrement car il me fait un bien fou……Il s’intitule « le plus beau pays du monde ». C’est un film du cinéaste Frédéric Fougea….Il y est question de Nature et c’est vrai que quand on regarde ce film, on peut dire sans trop de chauvinisme que la France est probablement un des plus beaux pays du monde ….Pour combien de temps encore ?

 

 

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Le Vallon de la Gaillarde depuis Les Issambres (départ rue du Gattilier) (Var).

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de la musique de Michel Legrand "Les Moulins de mon coeur", en anglais "The Windmills of your mind", musique du film "L'Affaire Thomas Crown" avec Steve McQueen et Faye Dunaway. Les magnifiques paroles françaises sont d'Eddy Marnay. Ici cette musique est jouée successivement par Olivier Moulin (harmonica), George Davidson (piano) et André Rieu (violon). 

Le Vallon de la Gaillarde depuis Les Issambres (départ rue du Gattilier)

Le Vallon de la Gaillarde depuis Les Issambres (départ rue du Gattilier)

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. Pour un plein écran, cliquez deux fois.


Notre fils habite le Var et les séjours chez lui sont autant d’occasion d’aller randonner dans ce beau département. Il faut dire qu’en la matière, avec ses 2.000 km de sentiers répertoriés au Plan Départemental des Itinéraires de Promenade et de Randonnée, le fameux PDIPR,  l’éventail est quasiment infini. Avec ses 9 massifs forestiers et ses 432 km de littoral, le choix est également considérable dans les randonnées proposées : G.R, G.R.P, P.R et sentiers du littoral sont là pour offrir une variété incroyable de décors. Encore que je ne cite ici que les itinéraires pédestres, auxquels on pourrait rajouter quelques tracés dédiés au cyclotourisme ou au VTT. Alors bien sûr, même en plein mois d’août, même avec une météo quasiment caniculaire, si l’envie de marcher est là, on trouve aisément son bonheur. Et comme le dit si bien une citation anonyme « ne cherche pas le chemin du bonheur, car le bonheur, c’est le chemin ». Pour Dany et moi, en ce 28 août, ce bonheur a pour nom le « Vallon de la Gaillarde », petite boucle conseillée par le fiston que j’ai pris soin d’enregistrer dans mon GPS. Bien m’en a pris car sur la carte, les sentiers semblent très nombreux et paraissent même se démultiplier au fil de la progression. Sur le terrain, ce présage se confirmera. Ce « Vallon de la Gaillarde », que nous cheminerons en balcon, nous ne l’avons pas choisi par hasard et il présente un certain nombre d’attributs favorables qui nous ont aidé dans notre décision. La distance tout d’abord. Avec ses 6 km et des brouettes, cette randonnée correspond bien à nos aspirations, c'est-à-dire passer seulement quelques heures à marcher, pour finir l’après-midi à la plage. Il faut dire que le soleil est de « plomb » et que marcher beaucoup plus nous paraîtrait déraisonnable. Ensuite, cette randonnée, en partie forestière, offre de beaux panoramas sur la mer. De plus, ce secteur de la Gaillarde, nom d’un petit ruisseau, est situé au sein de site naturel protégé, celui des « Petites Maures ». Enfin et de surcroît, il propose de nombreux vestiges d’un temps révolu, et comme la plupart du temps, les vestiges sont les reflets d’une histoire voire d’histoires au pluriel, voilà des attraits supplémentaires. Plus rien ne nous retient à rester enfermés. 15 h, nous voilà sur la ligne de départ et devant de grands panneaux vantant les intérêts du vallon. Pour arriver jusqu’ici depuis Fréjus, nous avons emprunté la Nationale 98, direction Saint-Aygulf et plus spécialement la plage de la Gaillarde, qui elle, est situé aux Issambres, quartier maritime dépendant de la commune de Roquebrune-sur-Argens. Là, juste avant la plage, nous avons pris la rue du Gattilier, petite route filant en direction d’un cimetière et d’une station d’épuration. Le départ est là devant la station. Quand on est face aux grands panneaux, il faut traverser la route et prendre à gauche un court sentier rejoignant une piste forestière. Un panonceau indique diverses mentions et temps de marche : « ruisseau des Gattiliers 0mn, dolmen 1h et la Yeuseraie 40 mn». Une fois la piste forestière atteinte, nous la remontons vers la droite, direction les Hauts des Issambres. Un panonceau indique « Masligour » et « col du Bougnon ». Nous n’irons pas jusque là mais c’est le bon itinéraire. Ce large chemin est parallèle au Vallon de la Gaillarde dont il épouse les quelques sinuosités. En réalité, il est pratiquement rectiligne et s’élève régulièrement au milieu d’une basse végétation du type maquis. Il fait chaud, très chaud et la végétation est grandement roussie. Je conçois assez facilement l’embrasement qu’une simple étincelle pourrait provoquer dans ce gigantesque fagot naturel. La canicule qui sévit concourt à cette imagination et j’en suis même à me demander si les nombreux criquets qui s’envolent devant nous, toujours sur de longues distances, n’ont pas la crainte de se brûler les pattes, car je ne les vois que très rarement se poser sur le sol. Apparemment, tout comme la plupart des insectes, ils préfèrent les arbustes encore verts comme les arbousiers, les cistes, les filaires ou les pistachiers lentisques. Il est vrai que plus l’on s’élève et plus cette végétation prend de la hauteur et verdit par la même occasion. Quelques pins, des chênes verts, des chênes lièges et des bruyères arborescentes en composent l’essentiel. Les signes d’un vieil incendie sont encore visibles mais la végétation a repris ses droits. De beaux panoramas s’entrouvrent vers la mer et de l’autre côté du vallon, les villas luxueuses s’accumulent sur les hauteurs du lieu-dit les Terrasses. A vrai dire, le béton est archi-présent de toutes parts mais ce parcours plutôt sauvage permet de l’oublier un peu car il est toujours très loin. Le chemin s’aplanit puis juste avant d’atteindre les premières maisons des Hauts-des-Issambres, un étroit sentier descend vers la droite. Il faut l’emprunter en suivant un panonceau indiquant « sentier Histoire » et « sentier forêt ». Bien que me fiant essentiellement au tracé enregistré dans mon GPS, ignorant les panneaux, j’ai le sentiment que c’est ce dernier itinéraire « sentier de la forêt » que nous suivons le plus souvent. Ici, les arbres sont plus nombreux et les oiseaux aussi. Jusqu’à présent, je n’ai aperçu que de rares fauvettes bien trop véloces et craintives pour être photographiées. Ici, les fauvettes sont encore présentes mais il y a bien d’autres oiseaux et notamment des geais et des merles et quelques autres petits passereaux que je n’arrive pas à identifier. Il y a aussi un nombre incalculable de libellules, la plupart jaunes et plus rarement rouges orangées. Elles effectuent des vols stationnaires puis se posent délicatement au bout d’une branche. Pourtant, il n’y a pas d’eau ici et je suppose qu’il n’y en a pas plus dans le Vallon de la Gaillarde qui se trouve en contrebas. J’en suis donc à me demander ce qui peut les attirer de la sorte. Peut-être les nombreuses piscines des belles villas ?  Ici, c’est la sécheresse qui prévaut mais pour avoir regarder une vue aérienne du secteur avant de venir et ainsi que la carte IGN en prenant un peu plus de recul, j’y ai distingué un grand nombre de piscines, quelques modestes retenues mais également un incroyable réseau de petits ruisseaux descendant des collines, tout ceci expliquant sans doute cette forte présence des odonates. Et puis les Etangs de Villepey ne sont pas très loin et sont sans doute leur lieu de ponte privilégié. Après avoir cheminé un étroit couloir végétal composé essentiellement de hautes bruyères et d’arbousiers, on atteint une intersection où démarre une très large piste. Nous sommes à l’aplomb du lieu-dit Masligour. Nous ignorons cette dernière direction et continuons sur la large piste qui file à droite. Nous passons devant les vestiges d’un petit muret arrondi que je photographie à la volée, ne sachant pas trop de quoi il s’agit. Dany me dit avoir aperçu un panonceau mais elle ne l’a pas lu : vieux four à chaux, puits à glace ou charbonnière ? Je ne le saurais jamais car je suis bien trop occupé à courir derrière un superbe papillon pour tenter de le photographier. C’est un Nymphale de l’Arbousier, plus connu sous le nom de Jason, papillon plutôt rare et pour cause, puisque son existence est étroitement liée à la présence de l’arbousier ! L’arbousier est sa plante-hôte et de ce fait, on ne le trouve pas de partout. Dans les Pyrénées-Orientales par exemple, je ne l’ai vu que quelques fois en pays Fenouillèdes et notamment lors du Tour de ce pays accompli avec mon fils en 2011. C'était du côté du Pech du Bugarach, de Malabrac et du Roc Paradet. On l’appelle plus communément le « Pacha à deux queues », à cause de deux appendices qu’il possède aux bas de ses jolies ailes colorées. Moi, je l’appelle sous ce nom-là,  probablement parce que « pacha » se retient plus facilement que « nymphale » ou « jason », et en plus ce mot à une connotation que j’aime bien, plus « cool ». Enfin, moi je le vois ainsi, mais j’imagine que certaines femmes y trouveront une connotation « macho » voire « phallocrate ». Passer d’une nymphe à un phallocrate avec deux queues, c’est fou comme le langue française permet de grands écarts !  Non blague à part, je cours derrière lui sans arriver à le photographier mais heureusement il y en a plusieurs et je finis par l’avoir ce beau pacha.  Les vues vers la mer s’entrouvrent magnifiquement. Apparemment, nous sommes à la terminaison du vallon de la Gaillarde et cette piste tourne autour d’un superbe domaine, avec villas, dépendances et piscine, le tout perché sur un dôme entouré d’oliviers et de chênes. Nouvelle intersection et mon GPS m’indique la même direction qu’un nouveau panonceau mentionnant toujours «  sentier forêt, sentier histoire » et un « sentier agriculture » encore jamais aperçu. Avec toutes ces intersections et ces sentiers, je me dis que j’ai bien fait d’enregistrer un tracé dans mon GPS sinon c’était l’égarement garanti ! Sous cette canicule, se perdre n’est pas conseillé ! Le chemin descend au milieu des chênes-lièges puis remonte aussitôt. Sur la gauche, une ruine se cache dans le bois et d’ailleurs un nouveau panneau directionnel indique celles de Roqueyrol. Quelques minutes plus tard, nous les atteignons. De ludiques panonceaux expliquent l’Histoire du Vallon de la Gaillarde et de ce lieu isolé plus précisément : Occupation humaine depuis le néolithique attestée par plusieurs dolmens avec des ossements exhumés et des pointes de flèches retrouvées, mise à jour de vestiges antiques datant d’une époque où l’empire romain régnait sans trop de partages, pratiques agricoles et forestières depuis des temps immémoriaux, déprise rurale et exode inéluctable, voilà en résumé ce que l’on peut lire. Quand aux ruines, ce sont celles d’une ferme familiale construite au début du 20eme siècle sur celles d’une ancienne villa romaine.  En 1923, à cause d’un incendie dévastateur, ses occupants ont été contraints de l’abandonner, quittant définitivement les lieux. Aujourd’hui, sous un chaud soleil mais sous l’ombrage des chênes-lièges, le coin est agréable. Quelques oliviers ont été plantés. Par mesure de sécurité, le débroussaillage a été fait et des zones bien espacées ont été dégagées de toute végétation. Une source, celle des Faïsses n’est pas très loin. La faïsse provençale, c’est l’équivalent de la « feixe » catalane, c'est-à-dire une terrasse de culture ou une restanque, comme on les appelle également en Provence. Nous filons vers la source, mais probablement asséchée nous ne distinguons que la trace d’un petit lit tari. Une vipère traverse le sentier et part se réfugier dans l’herbe. Peut-être cherche-t-elle un peu d’humidité elle aussi ? Le chemin descend rudement vers le vallon et on sent bien que la fin de la balade approche. Quand ils ne s’éparpillent pas sur les bas-côtés, on a le sentiment que les criquets descendent avec nous. Ils sont très nombreux à cet endroit mais disparaissent pratiquement quand le chemin entre dans un bois de mimosas. Il s’agit de mimosas sauvages mais j’ai lu qu’ils seraient les héritiers et rejetons de mimosas cultivés jadis pour leurs fleurs. Pour les fauvettes, les buissons continuent de faire office de gymkhana naturel et elles zigzaguent au milieu d’eux à une vitesse incroyable. L’itinéraire est parallèle au ruisseau qui se trouve à main droite. Sur la gauche, d’autres ruines blanches et plus modernes se révèlent au travers des mimosas. Au milieu de cet entrelacs boisé, quelques passereaux laissent entendre des chants très saccadés. Ceux de pinsons ou de bruants sans doute car je réussis à photographier les deux espèces. Une fois encore, un autre Pacha à deux queues me fait courir. Cette fois, je le tiens et le photographie bien plus vite que la première fois. Qu’un beau pacha fasse courir une femme je veux bien, mais pas moi ! La balade se termine. Nous sommes tout en sueur, surtout moi. Un chien tout fou et tout joyeux vient se frotter dans mes jambes. Je m’assieds sur un banc pour prendre une photo avec lui, mais en vain car il ne tient pas en place. Ses maîtres sont là et tentent en vain, eux aussi, de le faire obéir. Le grand air le rend un peu écervelé et insouciant, et ô mon dieu comme je le comprends. La mer est là à quelques encablures et ils ne nous restent plus qu’à nous jeter dans ses bras…..Passer d’une Gaillarde au bras d’une mer, peut-être que Victor Hugo aurait apprécié cette façon de faire, lui dont sa mère Sophie Trébuchet était une sacrée gaillarde paraît-il ? N’a t-il pas écrit « Les bras d'une mère sont faits de tendresse et un doux sommeil bénit l'enfant qui s'y abandonne ». Allez, on part s’abandonner sur la plage ! Cette balade a été longue de 6 km environ et elle est plutôt facile. Je n’ai pas relevé ni la déclivité ni les montées cumulées mais elles sont minimes et d’une centaine de mètres ou deux tout au plus.  Chaussures à tiges hautes et eau en quantité suffisante sont à prescrire, surtout en été. Carte I.G.N Fréjus – St-Raphaël – Corniche de l’Esterel Top 25.

 

 

 

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Le Lac de Nohèdes (2.022 m) par le canal de Jujols depuis Nohèdes (990 m)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de la merveilleuse musique d'Ennio Morricone "Giù la testa" (en français, "Il était une fois la révolution") jouée ici par divers artistes avec 5 morceaux aux sonorités variées : 1- Jerome Allain (piano), 2-l'Orchestre du maître Diego Basso en hommage au compositeur, 3-Andrea Griminelli (flûte) et l'Octa Jazz Quartet, 4- Ennio Morricone et son orchestre lors d'un concert à Venise en 2007, 5- Ennio Morricone et son orchestre lors d'un concert en 2015 à Nîmes.

Le Lac de Nohèdes (2.022 m) par le canal de Jujols depuis Nohèdes (990 m)

Le Lac de Nohèdes (2.022 m) par le canal de Jujols depuis Nohèdes (990 m)

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Voilà déjà très longtemps que je voulais atteindre le « Lac de Nohèdes par le canal de Jujols ». En réalité et à bien y réfléchir, l’idée m’était déjà venue en 2007. 10 ans déjà, car cette éventualité, je l’avais envisagée en préparant la première partie de mon « Tour du Coronat » (*). Comme souvent quand je prépare une longue randonnée, j’avais tenter de lire tout ce qu’il était possible de lire à propos de ce canal de Jujols (***) mais pour être franc, cela se résumait à l’époque à quelques textes dans de rares bulletins municipaux ou organismes gestionnaires de la Nature. Depuis un livre a fait son apparition sur Internet. C’est celui d’Yvon Robert, ancien maire de Jujols de 1979 à 1995 (**) et on y apprend toute une Histoire. Histoire du village certes, du canal aussi, mais surtout Histoire de l’eau (***) à Jujols. Les vieux canaux de montagnes m’ont toujours intéressé et même intrigué et celui de Jujols ne fait pas exception à la règle. Les travaux colossaux qu’ils ont engendrés avec les moyens d’alors ne sont pas étrangers à cet intérêt et puis le plus souvent un sentier de randonnée y est parallèle. C’était d’ailleurs un des atouts du Tour du Coronat (*) que de suivre une partie du canal de Jujols (**) jusqu’au col du Portus. J’avais donc découvert cette partie mais le morceau jamais accompli entre le col du Portus et le lac de Nohèdes restait donc à faire. Mardi 22 août et alors que je réside à Urbanya, me voilà fin prêt à combler cette lacune. Depuis presque deux mois, mes randonnées se cantonnent à faire le tour de la vallée d’Urbanya et j’ai bien envie de faire autre chose. 9h30, je démarre de Nohèdes et plus précisément de sa centrale hydroélectrique. Le temps est superbe et Météo France annonce un anticyclone pour toute la journée. Si la découverte du canal et sa prise d’eau qu’est le lac de Nohèdes font partie de l’objectif, une fois encore la faune et la flore de ce secteur ne seront pas oubliées. Je connais ce démarrage comme ma poche et comment souvent, entraîné  par ma passion pour la Nature, je me laisse aller à une flânerie exagérée. Il y a du classique avec des fleurs, des oiseaux et des papillons mais cerises sur le gâteau voilà un beau lézard ocellé peu farouche, puis à hauteur de Montailla, un chevreuil qui, lui, l’est un peu plus. Quelques minutes plus tard, en voilà un deuxième au sein de la forêt de la Fajouge du Pla d’Avall. Cette fois, il détale et comme les immenses pins constituent une barrière naturelle, il m’est impossible de le photographier correctement. Une photo agrandie et corrigée avec Photoshop laissera apparaître une silhouette floue. 11h30, j’effectue une longue pause à la bergerie en ruines du Pla d’Avall. J’y découvre avec étonnement un psammodrome, lézard avec une queue démesurée dont je pensais que leur habitat était essentiellement en plaine. Quelques mésanges et un geai probablement attirées par la source de la Font de la Pèga s’amusent à loisirs à déjouer mon envie de les photographier. Je me cache au sein des ruines pour les surprendre. Ces parties de cache-cache m’amusent pendant une demi-heure puis finissent par m’agacer alors je repars, direction le col du Portus, sans trop savoir si mes photos sont réussies.  Ce tronçon de la piste est littéralement envahie par des grives draine et quand je m’approche de l’endroit où je les ai aperçues, je me demande toujours pourquoi elles étaient là, à cet endroit précis où rien de particulier ne semble visible et justifier une telle présence ? Au col du Portus, je prends la décision de m’arrêter pour pique-niquer. De manière assez inattendue, cette pause devient assez cocasse et même désopilante. Alors que je mange sur l’herbe derrière une voiture, berline blanche toute simple, un couple de randonneurs arrive. D’emblée, ils se mettent à me parler de la route montant ici depuis Evol. Ils sont en colère et n’arrêtent pas de ronchonner contre l’exécrable qualité de celle-ci. Ils se plaignent que le bitume n’existe plus, que la route soit constamment défoncée et que les pouvoirs publics ne fassent rien. Connaissant bien cette route et sachant qu’elle est effectivement truffée de nids de poule et d’ornières, j’abonde dans leur sens. Ils finissent par me dire qu’ils ont emprunté cette route avant d’abandonner par crainte d’une crevaison ou d’une casse préférant continuer à pied, raison apparente de leur courroux. Au bout de 10 minutes, nous en sommes toujours à évoquer cette route. Enfin, surtout eux, car moi je me contente de les écouter.  Finalement, la dame semble me faire le reproche d’être là, assis tranquille, à pique-niquer derrière cette berline blanche quand elle me dit « vous avez réussi monté jusqu’ici vous ? » et là, je finis par comprendre qu’ils pensent que la voiture m’appartient. Alors, j’éclate de rire et je suis bien obligé de leur dire que j’arrive à pied depuis Nohèdes. Ils sont surpris, presque ébranlés et pendant un instant, je les sens même dans le doute se disant probablement que je leur raconte des craques. Alors, je suis contraint d’insister et quand ils partent, je les sens presque déçus que cette voiture n’ait pas été la mienne. A mon tour, je quitte le col du Portus, sourire aux lèvres de cet incroyable quiproquo qui a duré presque une demi-heure bien malgré moi. J’emprunte la direction du Gorg Estelat par le rec de Jujols comme le mentionne très clairement un panonceau. Quelques reconnaissables rouges-queues noirs et d’autres oiseaux moins évidents à définir jouant dans les pins et les buissons freinent mon ardeur.  Mais voilà déjà qu’un nouveau panonceau se présente. « Rec de Jujols » il est écrit et un fléchage m’indique clairement de quitter la piste forestière pour partir vers la droite. « Pourtant où est-il ce fameux rec ? Où est le balisage ? Un étroit sentier pas toujours évident car mal débroussaillé déambule au milieu des pins et des bas genêts. Passe encore avec cette végétation-là mais quand les fétuques en mottes et les genévriers nains entrent dans la partie, les mollets sont mis à rude épreuve. Heureusement, de temps à autres des clairières s’ouvrent et laissent la place à un sentier plus facile à cheminer. Les cirses laineux en fleurs y poussent à profusion et sont butinés par une ribambelle de papillons dont le fameux Moro Sphinx ou Sphinx colibri, à l’étonnant vol stationnaire.  Le balisage est toujours absent ? Je le retrouve un peu plus haut tout comme les vestiges du vieux canal, vestiges qui soit dit en passant, resteraient invisibles aux yeux du profane.  Quelques dalles de schistes posées sur le sol, d’autres plantées dans la terre telles de grosses canines, quelques ruissellements deci delà sur un sol le plus souvent très asséché, enfin rien de vraiment évident ni de folichon quand on s’est fixé pour objectif de découvrir un canal. Il ne faut pas compter s’y rafraîchir et encore s’y désaltérer. Finalement, quand la bonne déclivité cesse et que le terrain se stabilise, mon regard délaisse presque naturellement le canal au profit des panoramas grandioses qui s’entrouvrent. Pourtant, c’est à partir d’ici qu’il devient le plus visible, hésitant sans cesse entre canal enseveli recouvert de lauzes et tranchée artificielle défoncée par le temps. Cette portion file désormais en balcon, alors ce qui n’était qu’hésitation devient renonciation. Le canal, je ne le vois plus.  Les beaux paysages captivent le regard mais le plus beau est là, juste à mes pieds, sous les traits d’un coeur bleu acier qu’offre l’Estany del Clot posé sur le Pla d’Avall. Alors je m’assieds et je regarde. Je connais parfaitement ce petit lac mais force est d’avouer que d’ici, sa vision est exceptionnelle. Cette seule vue suffit à me réjouir quand au choix de cet itinéraire laborieux et pourtant des vues, il y en a bien d’autres, plus lointaines il est vrai. Droit devant, c’est la sinueuse vallée de Nohèdes dont je ne vois pas très bien où elle se termine dans ce dédale de reliefs qu’elle a contribué à créer. Dans la Vallée de la Têt, la plaine du Roussillon puis dans la Méditerranée ? C’est en tous cas la perception que j’en ai dans cette grisaille lointaine et bleutée plombant peu à peu cet horizon qui finit par disparaître. Sur la droite, le Mont Coronat, toujours le même malgré les dix années qui se sont écoulées depuis mon Tour éponyme et je garde toujours en mémoire cette description si jolie et si conforme d’Antoine Glory : « une montagne fascinante s'il en est, drapée dans la chape sombre et mystérieuse de ses pins noirs à crochets ». Rien n’a changé. Enfin apparemment et vu d’ici, car je me souviens y être monté en 2013 et de nombreux arbres avaient été abattus probablement par les tempêtes successives. Sur la gauche, c’est un long chapelet de monts pelés et quand je les regarde, je ne peux m’empêcher de penser « espérons que le Coronat ne deviendra jamais comme ça ! ». Si je délaisse le canal c’est aussi parce que outre les paysages, trois rapaces bien différents se sont donnés le mot pour me distraire. Les deux derniers sont parfaitement reconnaissables mais je peine à donner un nom au premier. Finalement, une fois à la maison, une photo de lui m’apportera l’intime conviction qu’il s’agit probablement d’un milan royal au plumage roussâtre. Quand aux deux autres, l’ornithologue amateur que je suis sait identifier un gypaète et un vautour fauve. Les trois vont à tour de rôle et toujours dans les hauteurs du Pic de la Creu se lançaient dans des circonvolutions amples et lentes, disparaissant de mon regard très souvent et parfois trop vite à mon goût mais revenant comme si la curiosité vis-à-vis de moi guidait leur vol. Quand un disparaît définitivement, l’autre semble prendre sa place, comme dans un tour de passe-passe  orchestré par un invisible magicien. Force est d’avouer que c’est la première fois que je vois volé trois rapaces si antinomiques dans un espace aussi restreint. Finalement le balcon cesse, le sentier entre dans un bois de pins à crochets et j’atteins une zone amplement occupée par des tourbières. Il faut dire qu’ici s’écoule un étroit torrent et c’est bien là aussi que se trouve l’embranchement avec le canal de Jujols, peu évident, il est vrai si on n’y prend pas garde. En tous cas, de la prise d’eau ancestrale, je ne vois rien et je n’ai découvert qu’un bout d’une roue métallique et quelques câbles en acier sur le sentier. Probablement ce matériel devait-il servir à manipuler une vanne. Je décide de suivre le torrent mais je m’aperçois trop tard que ce n’est pas une sinécure. Il n’y a plus réellement de sentier et il s’agit d’une longue succession d’énormes marches que composent des gros blocs de granit. Tant pis, mais je n’ai pas trop envie de faire demi-tour et quand j’atteins le Pla d’Amont, sa zone humide, son entrelacs de ridules asséchées et son ruisseau principal, c’est une vraie satisfaction même si marcher sur ce compost naturel nécessite une vigilance de tous les instants. Le lac n’est pas gagné non plus car dans un véritable dédale de buissons, d’arbres morts ou vivants et de branchages le rejoindre reste une petite épopée. Quand je l’atteins, voilà enfin le vrai soulagement mais finalement, j’oublie très vite les difficultés pour me souvenir de la seule beauté du petit ruisseau qui zigzaguait continuellement. A ma vue, d’innombrables truitelles décampaient à toute vitesse et sous le soleil, cette fuite désordonnée des petits poissons ressemblait à des flèches d’argent. C’était vraiment un beau spectacle ! Au bord du lac, personne ! Alors je me déshabille pour un bain intégral et dénudé mais nul doute que ma nudité doit attirer les curieux comme un aimant car il n’y a pas deux minutes que je barbote qu’une femme et deux hommes se présentent sur la rive, à l’endroit même où j’ai déposé toute ma tenue vestimentaire. Situation peu confortable pour moi qui suis un grand pudique. En plus, ce n’est pas la première fois que je connais ce type de mésaventure et au fond de moi je me dis que j’aurais du me méfier. Mais que voulez-vous, j’ai cette fâcheuse habitude de vouloir mettre la tête, et parfois tout le reste, dès que j’aperçois la moindre flaque d’eau ! Les visiteurs sont espagnols mais comme ils parlent parfaitement le français, comment ne pas répondre à de simples questions comme « elle est froide ? » ou bien « le fond est-il vaseux ? ». Finalement, je réponds aux questions dans cette position couchée très embarrassante car l’eau est plutôt fraîche, le fond sableux mais un peu vaseux aussi mais surtout insignifiant quand à sa profondeur. Ouf ! Ils partent et s’éloignent de quelques dizaines de mètres. Je me précipite pour enfiler mon « boxer » car j’ai bien envie d’y flemmarder au bord de ce lac et surtout d’y passer du bon temps. J’ai tant emmagasiné de souvenirs dans ce secteur : Tour du Coronat en 2007, plusieurs balades d’une journée, Tour du Capcir en 2013 où nous avions déambulé tout là-haut sur les crêtes puis couché au Refuge de la Perdrix. D’ailleurs, n’y a-t-il pas ici un panonceau « Refuge de la Perdiu – CAF » me rappelant à ces bons souvenirs ? En outre, j’ai aperçu des bergeronnettes et quelques autres oiseaux qui occupent les berges et je voudrais bien les photographier. Dans l’immédiat, tenue correcte oblige, je retourne finir mon bain et là, vous ne me croirez pas ? Sans autre forme de procès, les trois espagnols se mettent complètement à poils et entreprennent plongeons sur plongeons comme trois gamins à la plage. « Quel spectacle ! » Et surtout « quel crétin je suis ! », voilà ce que je me dis. Après ce nouvel intermède cocasse, je me rhabille, mange un peu puis file vers l’autre bout du lac. J’y photographie de microscopiques grenouilles aux couleurs variées, des bergeronnettes plutôt craintives, des papillons mais également un vautour fauve posé très haut sur un piton rocheux. A cause des grenouilles, j’essaie de regarder où je mets les pieds dès lors que je marche sur la grève. Je passe ainsi plus d’une heure à gambader absorbé que je suis par cette passion de la photo naturaliste. Quand je m’en aperçois, je me dis qu’il est temps de repartir car le chemin jusqu’à Nohèdes est encore très long même si celui-ci je le connais parfaitement. Je sais qu’il y aura encore d’autres bonnes justifications à ralentir voire à s’arrêter. Le sentier file à gauche du cirque glaciaire et je n’ai aucun mal à le trouver même si c’est la toute première que je le réalise dans ce sens.  J’en connais les difficultés et sais que dans cette descente scabreuse et caillouteuse, il faut constamment être attentif. J’avais vu juste et un tas de bonnes raisons me ralentissent dans cette descente. La faune toujours la faune qui est omniprésente quelque soit l’altitude.   Pla del Mig, Jasse de la Ribe et pour finir l’Estany del Clot où je prends encore du bon temps à l’endroit même où j’avais bivouaqué au bord du lac en 2007. Quel bonheur ! Les souvenirs ressurgissent et les revoir dans ma tête me fait du bien. Il ne me reste plus qu’à rejoindre Nohèdes et sa centrale électrique où ma voiture m’attend. Il est 19h45 quand je l’atteins et voilà plus de 10 heures que je suis en marche. Il faut que je recharge les accus mais je sais déjà que demain sera un autre jour.  Un  jour à Urbanya. Jour sans randonnée assurément, jour de farniente et de lecture à coup sûr. Tout en roulant vers Urbanya, je repense au canal et au cinéma que je m’en étais fait, mais finalement à bien y réfléchir, je ne suis pas déçu de cette balade. Trop enterré, jamais plus entretenu depuis de trop longues années, le canal de Jujols n’a pas livré tous ses secrets, mais je n’ai aucune déception car à vrai dire connaissant le tronçon Jujols-Col du Portus, je m’étais préparé à cette désillusion. Formidables néanmoins, voilà un adjectif dont on peut affubler ceux qui l’ont construit, à la force de leur bras et de « leurs jarrets » et à la sueur de leur front. Bravo à eux et merci ! J’ose espérer que ce patrimoine survivra encore longtemps et surtout qu’un sentier continuera de le longer pour amener les curieux comme moi vers les étoiles de ce magnifique lac qu’est le lac de Nohèdes…..le Gorg Estelat…ce gouffre aux reflets scintillants comme des étoiles comme l’ont si bien écrit Louis Companyo en 1861 (Histoire Naturelle du département des Pyrénées-Orientales) et Victor Dujardin (Souvenirs du Midi - Le Roussillon – Voyages aux Pyrénées) trente ans plus tard. Lac étoilé pour les uns, palais des démons et des légendes (****) pour les autres, les bonnes raisons d’aller le découvrir ne manqueront jamais et si le canal de Jujols peut constituer un plus tant mieux ! Telle qu’expliquée ici, cette balade a été longue de 23,5 km pour des montées cumulées de 1.874 m. Le dénivelé est de 1.032 m entre le point le plus bas à 990 m à le centrale électrique de Nohèdes et le plus haut à 2.022 m au Gorg Estelat. Cette balade est donc plutôt difficile. Carte I.G.N 2249 ET Font-Romeu – Capcir Top 25.

 

(*) Mon Tour du Coronat et quelques réflexions à propos du canal de Jujols : Le Tour du Coronat, je l’ai réalisé en 2007 et en deux parties bien distinctes. D’abord le 30 et le 1er juillet pour découvrir les lacs (Estany del Clot, gorgs Estelat et Nègre) puis encore en 4 jours à partir du 15 août selon l’itinéraire que j’avais découvert sur le topo-guide « 5 grandes randonnées en Pyrénées-Orientales ». Voilà quelques réflexions que j’avais dressées à propos du canal de Jujols. Lors de cette première partie, j’avais essentiellement emprunté la piste forestière pour rejoindre le col du Portus et de cette manière, j’avais renoncé à suivre le vrai tracé que longe le canal. Au col, j’avais pris l’option d’aller bivouaqué à l’Estany del Clot et donc là aussi, j’avais renoncé à atteindre le « Lac de Nohèdes par le canal de Jujols ». Le retour s’effectuant en boucle avec le découverte des gorgs Estelat et Nègre, là encore j’avais évité le canal sur sa partie haute me contentant d’en avoir un rapide aperçu du Col du Portus à Jujols. En effet, ce jour-là, la météo devenant maussade, j’avais été contraint de speeder et je n’avais pas réellement pris le temps d’apprécier le canal, qui soit dit en passant est enterré constamment. Il m’avait donc fallu attendre la deuxième partie et les 4 jours réellement consacré au Tour du Coronat selon l’itinéraire conseillé par le guide Antoine Glory dans le topo-guide pour avoir une meilleure idée de ce qu’il était réellement. Mais ce topo-guide était déjà ancien et le Tour du Coronat était censé ne plus exister. D’ailleurs des responsables de la Fédération Française de Randonnée Pédestre ne m’avaient-ils pas déconseillé ce « périple » ? Ne les écoutant pas, je m’étais néanmoins lancé dans cette « aventure annoncée » avec l’envie de découvrir. J’avais donc découvert un système alimentant une retenue d’eau au dessus de Jujols. Nous étions le 15 août et cette retenue était encore pleine comme elle l’était déjà fin juin lors de la première partie. C’était encourageant. Et puis, ne m’étais-je pas douché normalement au gîte les Ocells, ce qui prouvait que l’eau n’était peut-être plus un problème à Jujols ? Cette fois, j’avais délaissé très vite la piste et j’avais suivi un bout du canal jusqu’au col Diagre. Là, une eau limpide arrivait dans une auge décatie qui semblait faire office à la fois de raccordement et de déversoir. Cette auge semblait être alimentée par une canalisation souterraine descendant des Mollères. Là, au col Diagre, j’avais ignoré la piste et j’étais monté vers la Sola des Mollères où j’avais retrouvé un sentier longeant le canal de Jujols. Constamment enterré jusqu’au col du Portus, j’avais été étonné de cet « ensevelissement » contrairement aux autres canaux de montagne que je connaissais. Je n’y avais pas constaté de fuites, mais en plus, il m’arrivait parfois d’entendre l’eau chanter sous les lauzes. Quand l’occasion m’avait été donnée de soulever une lauze sans pour autant détériorer l’ouvrage, j’avais été agréablement surpris de son débit parfois si fougueux. Je savais que l’eau avait toujours manqué à Jujols et que les efforts pour l’y amener avaient été constants tout comme les querelles avec les villages voisins pour s’approprier ce bien si précieux. Le lac de Nohèdes est comme son nom l’indique situé sur la commune de Nohèdes et que les Jujoliens aient voulu s’en emparer de son eau n’a jamais été accepté des habitants de l’autre vallée, celle de Nohèdes.  Ce débit en pleine forêt m’avait semblé contradictoire, surtout en août, mais il est vrai qu’en 2007, je ne connaissais pas toute l’Histoire et en plus, je n’ai jamais été un spécialiste en hydrométrie. Je savais que les sources étaient très nombreuses sur les flancs du Coronat mais ce n’est qu’ultérieurement avec la lecture du livre d’Yvon Robert que j’ai appris que la plupart étaient insuffisantes à la vie entière du village, tout comme l’eau du seul canal d’ailleurs. Les sources se résumaient à celle de Font Frède. En outre, les moyens de les trouver étaient plutôt récents quand aux méthodes pour les canaliser, elles étaient loin d’être évidentes tant le relief et l’éloignement ont toujours été des obstacles et des freins naturels. Quelques personnes s’y sont pourtant essayées en réalisant des réseaux secondaires mais ensuite encore fallait-il les entretenir. Voilà ce que j’avais découvert sur le terrain et dans mes lectures. Et puis lors de cette deuxième partie du Tour du Coronat, ma découverte s’était arrêtée au col du Portus car la suite m’avait entraîné vers Nohèdes.  Le morceau jamais accompli entre le col du Portus et le lac de Nohèdes restait donc à faire. C’est ce que j’ai fait cette fois-ci.

 

(**) Le livre de l’ancien maire Yvon Robert s’intitule « Jujols de 1974 à 1986 – Gens de Jujols, je vais vous raconter comment ça s’est vraiment passé ». Il est consultable sur le site Calaméo et présenté par son fils Alain Michel Robert sous le titre « La véritable histoire de Jujols de 1974 à 1986 ». Yvon Robert est né en 1933 à Toucy dans l’Yonne et est décédé à Jujols en 2013. Il a été maire de Jujols de 1979 à 1987 puis de 1989 à 1995. Ereinté par des querelles intestines, divers problèmes personnels et le décès d’un enfant qui lui était proche, il passe temporairement le flambeau à son fils Olivier qui devient maire de 1987 à 1989. Dans son livre, il raconte sa vie avant Jujols. Son arrivée en 1974 et les difficultés d’installation qu’il rencontre dans ce village de montagne du Haut-Conflent oublié de tous. Ce désir fou de vouloir sortir le village de son isolement et son implication totale, année après année, dans sa fonction de maire pour y parvenir. Il règle des comptes avec des gens qui n’ont eu de cesse de lui mettre des bâtons dans les roues. Enfin, la dernière partie de l’ouvrage est consacrée aux problèmes séculaires que le village a connu pour s’approvisionner en eau jusqu’à la solution bénéfique et durable finalement trouvée. Le chapitre s’intitule « Les problèmes d’eau d’arrosage de 1830 à 1987 » et bien évidemment on y évoque le canal.

 

(***) L’Histoire du canal de Jujols et de l’eau au village : Depuis des temps immémoriaux, capter l’eau et l’amener au village ont été des problèmes majeurs pour les Jujoliens, voilà ce que nous apprend une notice historique de l’abbé Giralt, curé de Fuilla, parue dans un bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire de 1911. On ne sait rien de toute antériorité à 1830. En 1830, on sait que les Jujoliens dérivent l’eau du Ravin de Font Frède (la Source Froide) et l’amène dans un abreuvoir au Col Diagre. Souci néanmoins car cette eau descend jusqu’à présent sur la commune d’Evol par le ravin du Riel, et ce malgré que l’approvisionnement d’Evol soit moins problématique car le torrent d’Evol et bien d’autres ruisseaux secondaires aboutissent dans ce village. Les Jujoliens trouvent donc normal ce prélèvement. En 1840, lors d’un Conseil municipal, les Jujoliens décident d’amener l’eau de Font Frède directement au village. Les travaux sont réalisés mais au fil des ans, le seul débit de cette source s’avère insuffisant pour répondre à tous les besoins des villageois. En 1870, une association syndicale est créée et son objectif est d’imaginer la captation des rivières de Nohèdes et d’Evol. Suite à une demande dans ce sens datant de 1871, le 12 juillet 1873, le président de la République le maréchal Mac-Mahon signe un décret autorisant la construction d’un canal d’irrigation permettant de capter dans la rivière de Nohèdes, un volume de 50 litres par seconde mais sur une période limitée du 1er mars au 30 juin. En novembre de la même année, un arrêté préfectoral crée une Association Syndicale Autorisée et l’autorisation annuelle de dériver l’eau de la rivière de Nohèdes est confirmée pour arroser une surface agricole de 88 hectares de la commune de Jujols. Cette association est créée sous le nom de « Société du Canal de Jujols » dont l’objet poursuivi est de construire puis d’exploiter un futur canal de 8,7 km de long entre le Gorg Estelat situé à la côte 1911 sur la commune de Nohèdes jusqu’au lieu-dit Ravin de Font Frède à la côte 1557. Les travaux sont immédiatement lancés et le canal voit le jour mais aucun dossier n’a été retrouvé, ni dans les archives des Ponts et Chaussées ni dans celles de la Direction Départementale de l’Agriculture. Il faut noter néanmoins que cette captation de l’eau de Nohèdes par les habitants de Jujols n’a jamais été acceptée par les villageois de la vallée de Nohèdes (Nohèdes, Bettlans, Conat et Ria) et les querelles n’ont jamais cessé depuis. Quant aux Jujoliens, ils ne sont pas satisfaits non plus de se voir privés d’eau dès le 1er juillet car c’est à cette période que les plus gros besoins se font sentir. En 1888, des pétitions sont lancées et des compromis sont trouvés par les autorités. Par décret, le président de la République Sadi Carnot donne une autorisation supplémentaire aux Jujoliens si le débit à l’endroit de la prise d’eau est supérieur à 60 litres par seconde. Un marché de dupes apparemment. Le plus souvent, les vanniers chargés de l’ouverture et de la fermeture des vannes  ne respectent pas les différentes autorisations et la solidarité est un vain mot. De ce fait, les mauvaises relations entre villages s’amplifient engendrant des différents, des altercations, des discordes, des plaintes et des procès. Ces relations exécrables ne cesseront jamais tout comme l’exode rural  qui a déjà commencé dans les années 1860/1870 dans la plupart des villages du Haut-Conflent. Paradoxalement, c’est l’amélioration des voies de circulation, la création des routes et des chemins de fer qui sont à l’origine de cet exode. Jujols passe de 242 résidents en 1806 à 86 en 1921. La population décroît et avec elle les besoins en eau. En 1898, les Jujoliens sont priés de réparer la prise d’eau située sous le Gorg Estelat à la côte de 1.911 m d’altitude. Les documents retrouvés ont permis de se faire une très bonne idée de ce qu’étaient les labeurs en montagne pour acheminer le matériel nécéssaire. Au delà du prix de revient et du tarif journalier des intervenants (2F50 pour les hommes et 1F75 pour les femmes), la partie intéressante et saisissante est de savoir que 30 personnes (28 hommes et 2 femmes) et une ânesse par pièce ont participé à cette expédition démarrant d’Evol à 815 m d’altitude et se terminant à la prise d’eau. Inutile de préciser que cette opération s’effectue à pieds par des sentiers muletiers, probablement le fameux Cami Ramader, et quand on connaît le relief et la distance, on a immédiatement une très bonne idée de ce qu’était la pénibilité à cette époque. Les années passent et les mêmes difficultés et problèmes demeurent et le canal nécessite un entretien régulier. En 1939, 25 tenanciers d’Evol se plaignent de la captation de l’eau du ravin de Font Frède. L’affaire reste sans suite et c’est cette année-là que les Jujoliens choisissent pour construire un réservoir de 40 à 50 m3, au dessus et non loin du village alimenté par une buse depuis le col Diagre. En 1962, l’eau potable arrive dans le village grâce à l’édification d’un petit château d’eau mais le réseau et les différentes installations ne seront jamais d’une grande fiabilité.  La population s’amenuise encore et toujours, passant de 159 habitants en 1881 à 8 en 1973. C’est en septembre de cette année-là que l’Association Syndicale Autorisée du Canal de Jujols créée en 1873 est dissoute par arrêté préfectoral. Elle aura duré 100 ans et c’est une perte considérable pour le village car elle perd définitivement son droit sur l’eau du Gorg Estelat obtenu de haute lutte. Il ne lui reste que les yeux pour pleurer et l’eau de Font Frède, et encore de lourds travaux sont indispensables. Fin des années 1970, début 80, Jujols semble renaître de ses cendres et de nouvelles familles s’installent, le maire Yvon Robert est le chef de file de ce renouveau. En 1983, le maire souhaite récupérer le droit sur l’eau du Gorg Estelat mais il essuie un refus catégorique des habitants de Nohèdes alors il se tourne vers ceux d’Evol et demande à dériver 6 litres par seconde de la rivière d’Evol au lieu-dit La Mouline. Il essuie un second refus sous le tollé général des Olettois qui s’oppose en majorité à ce projet. Il faut donc se retrousser les manches et chercher d’autres solutions ou l’inverse. C’est ce qui sera fait dans les années 84/87 toujours à partir de la source principale de Font Frède mais avec d’autres sources moins importantes aussi. Yvon Robert fait venir des spécialistes comme le célèbre spéléo Dédé Lachambre. Ensemble, ils cherchent d’autres sources, se lancent dans de nouveaux travaux de captations et de canalisations, réparent les anciennes, celles du col Diagre et de la boutasse. Des systèmes d’aspersion sous pression sont installés pour arroser des cultures proches du village.  Des bénévoles, des enfants en vacances l’aident dans cette tâche incommensurable pour capter de l’eau et l’amener au village. En 1983, des amis spéléos descendent dans l’Aven des Chiens, un groupe électrogène est acheté et monté là-haut pour y pomper de l’eau mais le matériel est finalement volé et le projet abandonné. Une idée de 1981 de construire une retenue collinaire plus importante permettant de capter au maximum les eaux ruisselantes dévalant du Mont Coronat est avalisé en 1989. Le projet est lancé et les travaux démarrent  en 1991. La capacité sera de 11.080 m3. C’est cette fameuse retenue que j’aperçois en 2007 et que j’évoque dans le paragraphe consacré au Tour du Coronat. Jujols a-t-il résolu tous ses problèmes d’eau ? Yvon Robert n’aura de cesse de s’intéresser à ce problème et voilà pour terminer ce qu’on peut lire dans son livre « Ce manque d’eau fut un véritable casse-tête pendant des années. Les Jujolsiens d’aujourd’hui 2008 sont des enfants gâtés. Ils ne se figurent pas la peine que nous avons eue pour avoir l’eau sous pression en abondance dans tous les jardins et les champs cultivés, à toute heure, jour et nuit, sans rôle ». J’en parlerai au fur et à mesure. Mais que l’on sache que ce fut la construction de la retenue collinaire en 1991 qui nous mit à l’abri de la pénurie. Sans cette eau, Jujols serait comme il fut pendant des siècles : un village quasi désertique. Que ceux qui veulent savoir ouvrent les cahiers de délibération d’antan de 1860 à 1900 et ils verront régulièrement les problèmes d’eau resurgir…. » (L'essentiel de cet historique a été extrait du livre d'Yvon Robert, ancien maire de Jujols).

 

(****) Les légendes du lac de Nohèdes et du lac d’ Evol : Beaucoup de légendes sont liées aux étangs dits de Nohèdes, en particulier le Gorg Negre ou lac d’Évol. Par exemple, le seul fait d'y jeter une pierre pouvait suffire à provoquer une épouvantable tempête ; ou encore, les truites qu'on y pêchait sautaient de la poêle quand on les faisait cuire et repartaient par la cheminée. L'une des plus jolies légendes concerne la création des trois étangs. Dieu, après avoir créé le monde, cherchait en bon perfectionniste à améliorer son oeuvre. Il passa un jour par Évol, et rencontra dans la montagne d'horribles sorcières. Il leur demanda malgré tout ce qu'elles désiraient pour embellir leur séjour, et elles souhaitèrent avoir un étang. Dieu s'exécuta, mais il le fit sombre, ténébreux, à l'image de leur âme. Ce fut le Gorg Negre. Cependant, non loin de là, à Nohèdes, vivaient des fées aimables et gracieuses que Dieu voulut récompenser : il déroba un morceau de l'étang qu'il venait de créer et le répandit sur le territoire des fées, tout en y ajoutant une poignée d'étoiles qu'il décrocha du ciel. Ce fut évidemment le Gorg Estelat. Il s'aperçut alors que, pendant ses travaux, il avait laissé tomber une petite flaque d'eau au creux d'un rocher. Il la trouva jolie, l'agrandit un peu et la colora avec le bleu du ciel. Ce fut le Gorg Blau. Les sorcières, voyant le travail du Créateur, manifestèrent leur jalousie. Mais Dieu, excédé par ces mégères, versa dans leur étang une grande quantité d'encre, et planta tout autour des pins tout noirs, encore plus noirs que la nuit. Le Gorg Negre devint encore plus sombre qu'il ne l'était et le demeura éternellement. (Texte extrait de l’ouvrage de Didier Payré - Mémoires de Nohèdes).

Le seigneur de Paracolls, dont le château s’élevait dans la vallée de la Castellane, partant pour une longue absence, la croisade peut-être, prit la précaution de cacher ses trésors, qui étaient grands, sur une île au milieu du Gorg Negre, dans une grotte fermée par une solide porte de fer. Il en confia la clef à sa nièce qu’il savait courageuse et fidèle. La notoriété de ce trésor avait éveillé bien des convoitises, notamment celle du comte de Cerdanya (la légende ne dit pas le nom de ce comte, ni la date des évènements). Il envoya une troupe en armes, qui se présenta devant le château de Paracolls qui n’était gardé que par quelques hommes. La jeune fille comprit que toute résistance était inutile. Elle fut forcée de révéler le lieu de la cachette et accepta de conduire la troupe jusqu’à la chambre souterraine dont la clef lui avait été confiée. Mais tout en les conduisant, elle priait le ciel et la Vierge de lui donner le moyen de ne pas trahir la confiance que lui avait manifestée son oncle. Les soudards entreprirent de couper des arbres dans la forêt pour en faire des radeaux et s’embarquèrent pour atteindre l’île au trésor. Soudain ils entendirent un bruissement d’ailes et virent un aigle noir dont le vol immense obscurcissait le ciel. Un des soldats lui lança une pierre. Geste malencontreux ! La pierre en tombant à l’eau déclencha une tempête de fin de monde : éclairs, tonnerre, vents et nuages de grêle se déchaînèrent. Les vagues en furie eurent tôt fait d’engloutir le radeau et ses occupants. Le trésor du sire de Paracolls était sauf, et, bien plus précieux, l’honneur de la gente jouvencelle. Morale de l’histoire : ne convoitez pas le bien d’autrui, et, si vous entreprenez un « hold-up », ne vous avisez pas de jeter des pierres n’importe où ! (Extraits du livre Lieux et Légendes du Roussillon et des Pyrénées Catalanes – Jean Abélanet)

 

 

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Allo ! Le 22 à Fresnes ?

Publié le par gibirando

Allo ! Le 22 à Fresnes ?

Ce mois-ci, dans Mon Journal Mensuel, j’ai voulu parodier Fernand Raynaud et son célèbre sketch « le 22 à Asnières » et j’ai donné le titre de « Allo ! Le 22 à Fresnes ?…… » à mon article. Les cités ne sont guère éloignées l’une de l’autre. Bon, j’aurais pu écrire « Allo ! Le 22 aux Baumettes ? ». Je m’en explique.

 

Initialement, j’avais pourtant prévu un article très personnel. Il avait trait à une tranche de ma jeunesse. Une tranche de vie sur laquelle j’avais déjà pas mal bossé. Puis, le 5 janvier, chez Bourdin, sur BFM TV,  il y a eu cette annonce de la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, d’installer des téléphones fixes dans la plupart des cellules des prisons françaises. Le but avoué ? Les bras m’en sont tombés !  « Lutter contre le trafic des portables en prison » car très clairement avec des lois votées antérieurement supprimant les fouilles systématiques, nous ne sommes plus capables de contrôler ce qui se passe dans nos propres prisons. Et là, je me suis dit « Non ! Alors que la délinquance ne cesse de s’amplifier et avec elle l’insécurité, je ne peux pas laisser passer ça et ne pas réagir à cette nouvelle absurdité, après toutes celles que l’on a déjà connues dans le milieu pénitentiaire ». Je me souvenais notamment d’une interview toute récente du criminologue Xavier Raufer qui disait que « le pire des bazars règne dans les prisons françaises » et arguments et preuves à l’appui, il dressait un état des lieux édifiant et très alarmant du milieu carcéral français (Boulevard Voltaire du 17 octobre 2017). En voici le lien.

 

Alors bien sûr, si le premier but avoué est de lutter contre le trafic des portables et les risques qu’ils représentent entre les mains de gens peu scrupuleux voire très dangereux ; 33.000 avaient été saisis en 2016 et 19.000 au premier semestre 2017 ; la ministre s’est empressée de rassurer l’opinion publique et de rectifier le tir en vantant tout un tas de mérites à cette initiative, précisant qu’un test positif avait été réalisé dans la prison de Montmédy. Elle assura que le juge déciderait des quelques numéros pouvant être joints par les détenus et comme Bourdin n’était pas très « féroce » ce jour-là, on en est quasiment resté là.  Il y aurait moins de portables saisis. Mais le juge et la ministre pourront-ils s’assurer de l’interlocuteur à l’autre bout du fil. La réponse est clairement « NON ! ». Les autres buts recherchés étant bien sûr de lutter contre la récidive, de favoriser la réinsertion et de diminuer les suicides en faisant en sorte que les détenus gardent des liens plus étroits avec leur famille. Tout un tas de bonnes choses bien sûr mais dans la même lignée que toutes les autres tentatives permissives précédentes qui se sont soldés pas des échecs cuisants : arrêts systématiques des fouilles, suppression des peines planchers, bracelets électroniques, humanisation de la justice pénale et limitation des peines de prison chères à Taubira, j’en passe et des meilleures et le nombre de condamnations s’est envolé ! Pourquoi ? Tout simplement parce que 98 % de la population carcérale française n’est pas apte à appréhender les efforts qui sont faits en sa faveur. Cette population est composée pour l’essentiel d’hommes (90%), dont près de la moitié ont moins de 30 ans, venant de milieux dits « défavorisés », issus souvent de fratries très nombreuses, étrangers dans plus de 2O% des cas, ou bien français de naissance mais d’origine étrangère relativement récente, africaine pour la plupart d’entre eux, de confession non chrétienne, arrêtant leur scolarité très tôt, n’ayant jamais eu d’emplois, délinquants depuis leur plus jeune âge et donc déjà multirécidivistes car les vols et les trafics en tous genres sont leur gagne-pain quotidien. Souvenons-nous que ces trafics ; et celui de la drogue notamment, mais pas que, car il y a aussi les cigarettes, l’alcool, les armes, les recels divers et variés, le travail au noir, la prostitution ; constituent une économie souterraine se chiffrant en plusieurs milliards d’euros. En Europe, et la France n'est pas exclue, la plupart des organismes économiques européens l’estiment à au moins 10% du P.I.B d'un pays. Ajoutons à cela que la part des personnes condamnées pour vol d’origine étrangère connaît un accroissement annuel exponentiel en raison même d’une immigration galopante et l’on comprend mieux pourquoi toutes les mesures prises du même style se sont avérées être inefficaces. Quand on sait le parcours qu’il faut avoir emprunté pour se retrouver en prison, que plus de 100.000 condamnations annuelles attendent leur exécution, je vois mal comment un simple téléphone dans une cellule pourrait résoudre le début de ce problème incommensurable qui va s’amplifiant au fil des ans. Je dirais même qu’il va sans doute devenir un « bâton supplémentaire pour se faire battre ». Une seule chose intéresse les détenus, sortir au plus vite de prison et si le téléphone fixe peut les y aider, ils l'utiliseront surtout à cette fin.

 

Alors bien sûr, je le vois d’ici et certains me diront comment je peux affirmer tout ça. Tout ça on le sait, les autorités policières, judiciaires, pénitentiaires, sociales et statistiques le savent, les municipalités le savent, tous les médias le savent, peu le disent ou l’écrivent mais en creusant un peu, on finit par se faire une opinion raisonnable, opinion soit dit en passant qui est d’une logique et d’une évidence implacable quand on s’intéresse aux problèmes liés à l’insécurité. Je dirais presque que tout ça est devenue une « lapalissade », un secret de Polichinelle et seuls nos gouvernants et quelques médias de la « pensée unique », toujours prompts à être des « bisounours » ; et à vouloir qu’on le soit aussi ; voudraient nous faire croire le contraire.

 

Moi, je ne vois qu’une chose à cette idée d’installer des téléphones fixes dans les cellules, c’est qu’une fois encore, nos gouvernants veulent faire participer aux solutions ceux-là mêmes qui ont engendrés les problèmes, allant à l’encontre du simple bon sens que le génial Albert Einstein avait dit plus simplement : «On ne règle pas les problèmes avec ceux qui les ont créés ! ».  N’est-ce pas utopique que de vouloir rendre la vie plus douce en prison à des gens qui ne la comprennent pas, ne l’appréhendent pas, ne la méritent pas et qui de surcroît  n’essaient pas de l’avoir quand ils sont dehors ?  Ils n'ont pas intérêt à tout ça tout bonnement ! Mais ces téléphones, il va falloir les payer malgré tout et sans doute au détriment de solutions plus efficaces tardant à venir, comme des places de prisons supplémentaires par exemple.

 

Pour la plupart d’entre-eux, ces détenus n’ont-ils pas eu un jour ou l’autre les mêmes chances de s’en sortir que les autres ? Peut-être pas pour certains étrangers, mais en tous cas, je reste persuadé qu’ils sont très nombreux à l’avoir eue. Quand aux délinquants étrangers, sommes-nous obligés de les garder sur le sol français ou dans nos prisons. Rappelons-nous que Mohamed Lahouaiej-Bouhlel (attentat de Nice) et Ahmed Hanachi (attentat de la gare St-Charles à Marseille) étaient tous deux tunisiens et déjà condamnés pour des antécédents judiciaires. Force est d’admettre que nous n’avons pas su les gérer et on connaît trop bien les tristes constats de ces échecs. Ce ne sont pas les seuls cas car malheureusement et très souvent, les délinquants ont une double nationalité. Les déchoir de la nationalité française n'en ferait pas des apatrides comme on l'entend souvent dire. Ils retrouveraient leur nationalité d'origine tout simplement. Quoi de plus normal pour des individus qui utilisent la France sans jamais la respecter ? Du simple bon sens une fois encore.

 

Je rappelle que pour 2018, le budget consacré à l’Education Nationale a été prévu pour 50,8 milliards d’euros auquel on peut y ajouter les 500 millions dédiés à la Jeunesse et à la vie associative. Le budget consacré à la Justice sera de 7 milliards dont 732 milliards à l’administration pénitentiaire. Quand au budget de la Cohésion des territoires, anciennement "Politique de la Ville", il devrait s’élever à 17,2 milliards et l’on sait que ce budget est le plus souvent réservé à l’amélioration des quartiers difficiles. Depuis 40 ans, l’Etat a consacré des milliards et des milliards à ces quartiers. Pour quels résultats ? D’une poignée de bidonvilles dans les années 50/60 et essentiellement dans les grandes villes, nous sommes passées à des milliers de zones dites « sensibles » dans toute la France, 1.300 selon certains médias, les zones dites de non-droit ayant suivi la même trajectoire. Dans ces quartiers, la pauvreté s’est accrue et avec elle, les incivilités, l’insécurité et la criminalité. Les gens qui voudraient y vivre tranquilles n'en peuvent plus d'être pris en otage par des caïds qui font régner la terreur. On pourra mégoter sur telles ou telles réformes, sur telles ou telles méthodes mais les efforts gouvernementaux ont été et sont encore colossaux afin que notre jeunesse réussisse et dès la maternelle, les chances sont offertes à tous pour cela. L’emploi dépendant grandement de l’éducation et de la formation qui a été suivie, une immense partie de la jeunesse pointant au chômage est la même que celle qui passe par les cases « tribunal pour enfants » puis « cour d’assises pour enfants » puis par les tribunaux pour adultes. N’importe quel policier vous dira que la plupart du temps, il se retrouve toujours confronté aux mêmes énergumènes. Avec des remises de peines systématiques, les arrêter est devenu un travail sans fin !

 

Malgré tous ces efforts que l'on paie au travers de nos impôts, creusant ainsi une dette toujours plus abyssale, la France reste championne d’Europe de la délinquance et si l’on additionne les vols avec armes et les vols avec violence, voilà ce que ça donne par rapport  à quelques pays voisins. Les chiffres sont un peu anciens mais je doute que les choses se soient améliorées sous Hollande, Valls, Taubira et consorts. Quand à Macron, on s'aperçoit qu'il suit les mêmes voies laxistes.

 

Pays

  Chiffres 2012

Chiffres 2014

Allemagne

   48 711

 45 475

France

  123 814

 114 093

Royaume-Uni

  68 028

 52 795

Italie

  62 641

 58 345

                   Source Eurostat – Chiffres extraits de Wikipédia.

 

En France, sachant pertinemment que tous les chiffres statistiques policiers sont toujours bidouillés à la baisse alors autant vous dire que dans la réalité nous ne sommes pas prêts de tomber de la plus haute marche du podium……et ce n’est sans doute pas le téléphone fixe dans les cellules qui changera quelque chose à l’affaire……Je le regrette déjà….Avant même leur installation……Il y a donc d’autres solutions à rechercher….plus « radicales » probablement……un mot souvent employé pour qualifier la manière d’être de certains détenus. Ne faudrait-il pas enfin se défendre avec les mêmes qualificatifs ? Du bon sens, Einstein en avait ! Pas nos hommes politiques !

 

 

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La Montagne de Crabixa depuis Montfort-sur-Boulzane

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté des musiques "Song from the secret garden", "Reflection" et "Papillon" oeuvres du groupe "Secret Garden" composées par Rolf Lovland.

En raison des droits sur la propriété intellectuelle, elles sont jouées ici par d'autres artistes qui sont respectivement : "Song from the secret garden" par Nhac Khong Loi, Stjepan Hauser et Silenzium, "Reflection" par Rickmaninov et "Papillon" par Phoebe Moon 2 et Linh Do.

La Montagne de Crabixa depuis Montfort-sur-Boulzane

La Montagne de Crabixa depuis Montfort-sur-Boulzane

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En  juin dernier, j’ai pris un immense plaisir à aller marcher à la « Montagne de Crabixa (*) » à partir de Montfort-sur-Boulzane. Si vous êtes habitué à mon blog, vous connaissez ma passion pour la flore et la faune et la Nature en général. Voilà comment m’est venue l’idée de cette randonnée. Sur Internet, si vous tapez « Crabixa » dans « Google recherche », vous découvrirez qu’il s’agit d’une montagne. En approfondissant un peu, vous apprendrez que cette « Montagne de Crabixa » culmine à 1.595 m d’altitude, qu’elle est située dans le département de l’Aude et qu’elle figure plus spécialement sur le site de l’I.N.P.N, c'est-à-dire à l’Inventaire National du Patrimoine Naturel. Elle y figure au titre d’un placement dans une Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique. Une ZNIEFF pour les initiés. Si vous êtes curieux comme moi, et même si le libellé est plutôt parlant, vous voudrez savoir ce qu’est exactement une ZNIEFF et là, vous apprendrez qu’il s’agit d’un territoire reposant essentiellement sur la présence d’espèces ou d’associations d’espèces à fort intérêt patrimonial. La présence d'au moins une population d'une espèce dite « déterminante » permet de définir une ZNIEFF, apprend-on sur Wikipédia. Un autre lien décrit ce qu’est une « espèce déterminante ». Créée en 1982 à l’initiative de la ministre de l’écologie Huguette Bouchardeau, zones marines et outre-mer incluses, on comptait 18.583 ZNIEFF en 2016, couvrant une superficie totale de 200.448 km2, c’est dire si la France tient à faire son inventaire naturel. On regrettera simplement qu’une ZNIEFF ne soit pas synonyme de protection obligatoire et que la chasse et la pêche n’y soient pas interdites voire plus strictement limitées. Merci tout de même à Madame Bouchardeau ! Alors, bien sûr, ma curiosité à propos de la Crabixa a fait le reste et j’ai voulu savoir quelles étaient ces fameuses « espèces déterminantes »  ayant engendré ce placement ? Le site I.N.P.N en donne dix et assez bizarrement, il n’y a que des plantes, alors qu’en approfondissant le sujet, on apprend que la Montagne de Crabixa est certes, observé par des naturalistes mais surtout pas des entomologistes et plus accessoirement par des spéléologues, qui parfois bien sûr s’intéressent eux aussi aux espèces dites souterraines. Une autre étude plus récente effectuée en 2017 par le S.I.N.P, le Système d’Information sur la Nature et les Paysages fournit une nouvelle liste des espèces les présentant en trois groupes où l’on retrouve « les déterminantes », déjà citées par l’I.N.P.N, mais aussi des « remarquables » ainsi que des « patrimoniales ». Les différences sont ténues mais les spécialistes s’y retrouvent et c’est bien là l’essentiel. C’est ainsi que l’on trouve dans cette liste, un coléoptère rouge et noir très rare au doux nom d’Ampedus melanurus. Il figure sur la liste rouge mondiale et européenne des espèces menacées mais on trouve aussi des rapaces plus communs comme le gypaète barbu et l’aigle royal. En creusant encore un peu plus le sujet, j’apprend que cette ZNIEFF de la Crabixa est située sur deux communes que sont Montfort-sur-Boulzane et Sainte-Colombe-sur-Guette et là, ô surprise, en affinant encore un peu plus mes recherches, je lis que ces communes concentrent un nombre phénoménal d’espèces dont certaines sont protégées et d’autres carrément menacées. Jugez plutôt ! A Monfort, les données sont 883 espèces recensées dont 381 protégées et 32 menacées. A Sainte-Colombe, les mêmes données sont 893, 108 et 9. Alors bien sûr, je ne suis ni naturaliste ni entomologiste, mais comme j’adore la flore et la faune en général, cette Montagne de Crabixa possède beaucoup d’atouts pour m’attirer. A vrai dire, il y a déjà très longtemps de cela, avec Dany, nous avions réalisé une très longue boucle au départ de Sainte-Colombe-sur-Guette, avec comme principal objectif le pic Dourmidou, et nous étions passés tout près de la Crabixa mais je n’en garde que peu de souvenirs, si ce n’est l’aspect très sportif à cause des fortes déclivités du terrain. Aujourd’hui quand je gare ma voiture à l’entrée de Montfort-sur-Boulzane, je sais déjà que le dénivelé n’aura rien de comparable à ce que nous avions connu alors. Nous sommes le 14 juin et il n’est pas encore 8h quand je démarre une boucle qui doit m’amener au plus près de cette « fameuse » montagne. Pour être franc et même si j’ai dessiné puis enregistré dans mon G.P.S, un tracé empruntant pour l’essentiel des pistes, des sentiers et autres chemins, je pressens un peu l’aventure. Ce sentiment, je le tiens au fait que ma carte I.G.N est ancienne et quand je la compare à celle de Géoportail, j’y constate quelques différences notables. Ces différences se résument à quelques courtes portions certes, mais néanmoins préoccupantes quand au parcours que j’envisage d’emprunter. La suite me démontrera que j’avais en partie raison. Dans l’immédiat, je traverse Montfort et tente de me diriger vers le chemin de Sainte-Colombe. Le village est désert. Tout est calme. Seuls, un étrange véhicule à l’entrée du village, le monument aux morts et quelques oiseaux citadins arrivent à me distraire de ma mission à trouver le bon itinéraire du premier coup. Finalement le bon chemin, celui de Sainte-Colombe-sur-Guette, est balisé de jaune et de toute manière, mon G.P.S m’indique une direction satisfaisante. Ce chemin doit m’amener à la Couillade (**), premier col à franchir à 1.104 m d’altitude, puis il y aura celui de l’Hommenadel (**) (1.322 m) et enfin celui de l’Hommenet (**) (1.369 m) avant le retour sur Montfort qui ne devrait poser aucun problème car empruntant essentiellement des pistes forestières. Voilà la boucle que j’ai prévue, et même si faire le tour de la Crabixa semble possible et même plutôt facile, ce n’est pas l’option que j’ai choisie, pas plus d’ailleurs que celle d’atteindre son sommet. Non, une fois encore, j’ai axé l’essentiel de cette randonnée sur la découverte de la faune et de la flore et non pas sur une quelconque prouesse physique ou sportive. D’ailleurs, quel est le sportif ou le vrai montagnard qui pourrait s’intéresser à cette montagne modeste et très boisée culminant à 1.595 m d’altitude alors qu’à proximité, il y a des sommets comme le pic Dourmidou ou le pech Pedré bien plus hauts et bien plus intéressants à gravir car essentiellement à découvert ? A part les fleurs qui sont assez nombreuses, de rares passereaux et quelques papillons des bois, rien d’autres à signaler et à photographier dans les premiers lacets de cette montée vers la Couillade. Il faut dire que cette partie est plutôt triste car les rayons du soleil ont du mal à pénétrer cette épaisse forêt. Du coup, quand ils y parviennent au gré d’une clairière, la vie semble renaître et c’est l’occasion où jamais de photographier la Nature. Troglodytes mignons, mésanges diverses et variées et de rares merles sont les oiseaux les plus présents mais les photographier demeurent compliqué. Cette avifaune semble attirée par le modeste ruisseau de Rambergue que j’entends sourdre par intermittence. Un autre randonneur me dépasse et je me dis que c’est toujours plaisant de savoir que l’on n’est pas seul au sein d’une gigantesque et sombre forêt telle que celle-ci.  L’homme marche vite et disparaît presque aussitôt et là, je prends très vite conscience de la puérilité de la pensée positive que je viens d’avoir. Je suis seul mais au fond j’aime autant. Quel est le randonneur qui pourrait avoir exactement les mêmes desseins que moi ? Une heure et demi après mon départ, j’atteins La Couillade et force est de reconnaître qu’elle me réserve diverses surprises.  Les premières sont des fleurs à profusion, la deuxième, plutôt agréable, se présente sous les traits d’un chevreuil couché dans un pré et donc difficile à photographier dans les hautes herbes et ce d’autant que je suis assez loin de lui. La troisième surprise est un peu moins plaisante puisqu’il s’agit d’un égarement qui me fait perdre une bonne heure. Le sentier que j’ai enregistré dans mon G.P.S a existé mais son embroussaillement est tel que l’emprunter devient un vrai parcours du combattant. Dans ces conditions, le G.P.S ne sert pas à grand-chose et finalement, les broussailles l’emportent car le combattant, que je suis bien malgré moi, est fatigué d’y galérer. Je rebrousse chemin.  C’est la bonne pioche car à la Couillade, intersection de plusieurs itinéraires,  je m’aperçois que je n’aurais jamais du poursuivre la piste principale alors que le bon chemin est là, sous mon nez mais invisible au premier regard. Envahi par des hautes herbes, il traverse le pré, celui là même où j’ai aperçu le chevreuil une heure plus tôt. « J’ai perdu un peu de temps mais j’ai retrouvé le bon chemin, et c’est là l’essentiel », voilà ce que je me dis.  Dans la montée, ce large chemin offre des beaux panoramas vers le Pech dels Escarabatets et vers le Plat d'Estable mais l'important est qu'il m’amène directement au col de l’Hommenadel et c’est bien ce que j’avais prévu, même si en cours de route, un panneau indique que l’on franchit cette zone « à ses risques et périls ».  Je suis passé outre ce panneau et apparemment j’ai bien fait. Grâce à un vieux balisage de couleur jaune et rouge, peint sur des arbres, je constate  qu’il s’agit probablement d’un ancien G.R.P, sentier de grande randonnée de pays. Plus tard, sur la carte cadastrale de Géoportail, je m’apercevrais qu’il s’agit d’un vieux chemin rural qui permettait les liaisons entre Montfort et Sainte-Colombe.  Alors pourquoi des panneaux déconseillent-ils de s’y engager et de l’emprunter ? Je n’en sais rien mais je ne vois que deux alternatives, soit il s’agit d’une propriété privée comme il y en a de très nombreuses dans nos montagnes et le propriétaire n’a trouvé que cette solution pour éloigner les visiteurs, soit les chasseurs du coin veulent s’approprier ce secteur plutôt giboyeux car en moins de deux heures, ce n’est pas moins de quatre chevreuils que je vais apercevoir ou entendre. En tous cas, cet itinéraire est plutôt agréable, car il y a la forêt certes, mais entrecoupée de jolies clairières verdoyantes, l’arrivée au col de l’Hommenadel représentant la dernière mais la plus ample d’entre-elles. Le col est en réalité une vaste zone d’estives avec sur la gauche la Montagne de Crabixa qui n’est ici qu’une forêt de résineux excessivement épaisse. Cette zone est très ouverte, des vaches repues d’une herbe tendre y sommeillent mais s’éveillent comme un seul homme lors de mon passage. Cette ouverture me permet enfin de photographier la Nature dans tous ces états et ce n’est qu’un début. Il est vrai qu’ici les décors varient très vite. Amples prairies, zones à tourbières, épaisse forêt, petits boqueteaux clairsemés de pins et de feuillus, pelouses d’altitudes, falaises et pierriers calcaires, chacun de ces biotopes possède sa propre flore, et cette flore, sa propre faune. C’est essentiellement en photographiant les fleurs et les papillons que je fais cet évident constat. A quelques dizaines de mètres près, les papillons ne sont pas les mêmes et les fleurs qu’ils butinent non plus. Les piéridés s’occupent essentiellement des vipérines bleues bordant la piste forestière. Les machaons et les moirés ont une nette préférence pour les fleurs des pelouses. Les autres papillons s’éparpillent un peu partout et s’approprient les autres végétaux. Quelques lézards, parfois bien différents dans leur livrée et leur couleur, se prélassent au soleil mais les approcher nécessite malignité et patience. Les passereaux sont rares et se tiennent au sol.  Deux rapaces élancés et graciles emplissent le ciel de leurs circonvolutions. Je reconnais des milans royaux grâce à leur queue très échancrée.  Je file derrière un enclos et les vestiges d’un cortal envahi par la végétation, en bordure même de la falaise pour me reposer. En réalité, comme il est déjà 11h30, je reste là plus d’une heure à pique-niquer puis à vaquer à ma passion de la photo naturaliste, sans la contrainte de porter le sac à dos. Il y a de quoi faire, car les fleurs différentes sont légions et les insectes et les papillons qui leur tournent autour aussi. Je suis seul au monde, seul devant des panoramas époustouflants offrant au regard une succession infinie de collines arrondies, de montagnes pointues et de ravins plus profonds les uns que les autres. Tout ça c’est vers l’ouest, l’Aude occidentale et plus loin encore vers l’Ariège dont quelques pics conservent de blancs névés. Les ravins ? J’ai le sentiment d’être en surplomb du plus impressionnant d’entre-eux.  J’ai l’impression d’être un lilliputien.  Il suffirait d’un tout petit faux pas et j’ai la désagréable sensation que je pourrais débouler jusqu’en bas, tombant dans cette carrière ocre dont j’aperçois les stigmates. Je pourrais également choir sur une de ces microscopiques toitures grises d’un hameau que j’aperçois tout en bas quand je regarde mes pieds. Je suis seul avec la Nature, enfin presque, car pendant quelques minutes, je vois passer l’homme qui m’a doublé ce matin. Or mis, ce randonneur silencieux et deux bruyants 4x4 qui franchissent le col à tout berzingue et disparaissent aussi vite qu’ils sont apparus, je vis ces instants de solitude comme dans un songe. C’est une rêverie où je ne vois qu’exclusivement des fleurs et les insectes qui les butinent. Surtout des papillons. Quelques lézards. Un passereau inattendu puis deux mais toujours très difficile à photographier. S’habitueraient-ils à ma présence ? Non, pas vraiment. Ils sont peu nombreux et sans doute seulement de passage. Leur instinct à vouloir migrer sous d’autres cieux les contraigne à un repos forcé mais réfléchi. Le sol est à la fois leur salle à manger et leur chambre à coucher. Le temps passe très vite. Trop vite et par la force des choses, je me réveille car il me faut quitter les lieux et poursuivre cette superbe balade naturaliste. En réalité, dès que je marche, la rêverie revient et je ne l’entrecoupe que pour analyser mon G.P.S car je crains toujours un éventuel égarement. Mais non, G.P.S allumé, tout se passe au mieux et même quand l’itinéraire devient presque incertain, que le sentier se faufile difficilement au milieu de hautes fougères, le raccordement à mon fil d’Ariane est là presque aussitôt. Finalement après avoir contourné la Crabixa et un bon bout de sa forêt, je débouche sur la piste menant au col de l’Hommenet. Les panoramas s’entrouvrent sur le vallon de la Boulzane et bien plus loin encore. Je m’arrête un long instant. En contrebas, un rapace plane coupant le thalweg dans une rectitude parfaite. Je zoome et enclenche les clichés en rafales, presque au petit bonheur la chance, tant sa vitesse est régulière mais trop rapide pour le photographe amateur que je suis. Il disparaît. Une fois à la maison, je constaterais qu’il s’agit d’un aigle royal. En atteignant le col de l’Hommenet et alors que j’ai le sentiment d’être le plus souvent descendu, je suis surpris de constater que ce dernier est un peu plus haut de quelques mètres que celui de l’Hommenadel. Sentiment bizarre et même inexpliqué ! Ma rêverie me jouerait-elle des tours ? Un fois au col et après avoir profité des jolis points de vue qu’il offre, je m’essaie à gravir le sommet de la Crabixa, non pour en faire une performance mais par simple curiosité car je le pressens tout proche, mais apparemment je ne prends pas le bon chemin et la végétation trop touffue m’incite à un nouvel abandon. Dommage car je suis à 1.490 m d’altitude et certainement à moins de 150 m de la borne matérialisant le sommet. Alors, je flâne sur le col à la recherche de la moindre originalité ou diversité naturelle. Curieux, un vautour fauve vient faire un tour puis repart aussitôt. A l’instant où j’entame la descente vers Montfort en suivant une saillie rocheuse, c’est un renard que j’aperçois dans le pré se trouvant en contrebas. Il est très maigre et paraît même malingre. A coup sûr la faim le tenaille et il semble s’intéresser au terrier d’un mulot ou d’une musaraigne. Il reste longuement à observer le sol puis semble parfois très découragé. Alors, il se gratte, sans doute à cause des puces ou des tiques qui le parasitent et le démangent. Parfois, il lève la tête dans ma direction et je suppose qu’il a flairé ma présence. Mais non, il reprend sa position de chasseur. Puis le manège se renouvelle. Alors au regard de sa terrible maigreur, je me dis qu’il est préférable que je le laisse tranquille et je poursuis ma descente en évitant qu’il me voit. La suite est un songe du même acabit, avec d’autres fleurs, d’autres papillons à profusion, quelques jolis oiseaux. Ils viennent avec plaisir se rajouter à ces morceaux choisis dont j’ai déjà empli mon numérique. Par instant, je ne sais plus où donner de la tête et j’ai même du mal à orienter l’objectif de mon appareil photo vers un sujet bien précis. Je me consacre aux papillons délaissant le plus souvent les criquets qui ne sont pas moins nombreux. Plus de 880 espèces avais-je lu sur le site de l’I.N.P.N consacré à Montfort et par moment, j’ai le sentiment qu’elles sont toutes là en même temps. J’avais d’ailleurs noté que les papillons n’étaient pas si nombreux que ça dans les listes alors qu’ils constituent l’essentiel de la faune que je photographie. Il faut dire que le ruisseau des Escoumeilles que j’entends chanter tout au long de la descente n’est pas étranger à cette exubérante vitalité. Avec ses jolies vasques et cascades,  je descendrais bien pour m’y baigner mais le fond de l’air est devenu frais. Cette descente est donc une très longue flânerie et quand à 16h30, j’atterris sur un chemin en surplomb de Montfort, mes idées sont partagées, entre l’envie de continuer à observer la Nature et si possible à la photographier, le désir de passer à autre chose en consacrant un peu de temps à visiter le village et ce sentiment très fort d’avoir atteint un but….Lequel ? Je ne sais pas l’exprimer….Mais il y a de la joie et la Nature y est forcément présente……A coup sûr, le sentiment de desseins accomplis….celui d’avoir dressé un inventaire (***) aussi infime soit-il mais très personnel. Et vous ne connaissez pas la dernière ? En arrivant devant ma voiture et alors que j’ai marché des kilomètres ayant au moins photographié une quarantaine de papillons différents, ne voilà-t-il pas qu’un papillon inconnu et jamais vu jusqu’alors, est là, posé sur le pneu avant ! Il ne bouge pas et se laisse gentiment photographié…. Papillon nocturne peut-être au regard de son aspect trapu et velu ? Il n’a pas d’antennes ou bien les a-t-il repliées sous sa tête et son abdomen ? Je le prends délicatement car je ne voudrais surtout pas lui rouler dessus en démarrant. Il se laisse faire, écartant un peu les ailes. Et là, ailes dépliées, je le reconnais ! Il s’agit d’un Moro sphinx, ce petit papillon diurne ressemblant à un colibri quand il butine les fleurs. Au creux de ma main, il ne bouge plus. Il paraît mort désormais….alors je le pose délicatement sur un buisson….et là, vous savez quoi ? Il redécolle….Sans doute s’était-il endormi sur le pneu, rêvant à la belle journée qu’il avait passé au sein de cette ZNIEFF de Montfort-sur-Boulzane ? Qui sait, peut-être que ce soir vais-je faire comme lui et m’endormir avec des rêves plein la tête ?Telle que décrite ici, errements inclus, cette randonnée a été longue de 17,1 km. Vous pouvez donc aisément enlever au moins 2km. Les montées cumulées se sont élevées à 1.700 m quand au dénivelé, si j’exclus ma montée vers la Crabixa,  il est de  665 m entre le point le bas à 730 m à Montfort et le plus haut à 1.395 m entre les deux cols que sont l’Hommenadel et l’Hommenet.  Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

 

(*) La Montagne de Crabixa se situe dans la vallée de l’Aiguette, un affluent de l’Aude, en amont d’Axat, au sud-est de Sainte-Colombe-sur-Guette. Elle occupe une surface de près de 240 hectares. Son altitude varie de 1.100 m dans sa partie sud-ouest jusqu’à 1.595 m à son sommet. Ce massif calcaire est le dernier sommet avant les montagnes siliceuses du Dourmidou et du Madres. Il est occupé par de la forêt exploitée et des espaces ouverts et pacagés au sud. La délimitation du site s’appuie sur des critères géomorphologiques au sud, où elle suit les lignes de thalweg jusqu’au col de l’Hommenet, et sur des chemins au nord, à l’ouest et à l’est (description extraite du site de la ZNIEFF). Toponymie : On peut raisonnablement penser que la Montagne de Crabixa, c’est la « montagne de la chèvrerie», lieu où l’on héberge des cabris. Au fil du temps et à cause des problèmes de prononciation voire d’accent, la « cabritxa » voire la « cabrixa », la « cabricia » ou encore la « capricia »  est probablement devenue la « Crabixa ». La montagne de Crabixa serait donc « la montagne des chèvres » si l’on veut faire simple. Le « cabrit » est un toponyme occitan assez commun dans le midi et les Pyrénées en particulier signifiant « cabri » ou « chevreau ».

 

(**) Toponymies des noms Couillade, Hommenadel et Hommenet : La Couillade est un nom excessivement présent dans la toponymie pyrénéenne signifiant « un col très large », certains précisant qu’il peut-être un « col herbeux ». Le col de la Couillade serait donc un pléonasme.  On retrouve son équivalent dans d’autres langues avec les mots « collade » ou « collada » ou encore « couilladou ».  La toponymie « Hommenadel » semble plus difficile à préciser. Le toponymiste pyrénéen Robert Aymard se contente de dire que dans certains lieux des Pyrénées, il cite les Pyrénées-Orientales et les Hautes-Pyrénées, « l’homme » est parfois appelé « Hommenadet » ou « Hommenadel » en Pays de Sault. Sinon, il rappelle aussi que « l’homme », c’est  «l’hombre » ou « l’ombre » ou encore « l’omi » en gascon voire péjorativement « l’houmias », citations extraites de son livre  « Les Pyrénées au miroir de leur toponymie –Atlas toponymique pyrénéen ». Dans son dictionnaire gascon-français, l’abbé Vincent Foix précise qu’un « oumias » ou « houmasse »  serait un « homme gros » voire « vilain ». Faut-il pour autant dire que « l’Hommenadel » est un « homme gros » ou « vilain » ? C’est un pas que je ne franchirais pas. Ne faut-il pas être plus simple et se rappeler que « l’hombre » castillan c’est « l’inconnu », c'est-à-dire « l’Homme » tout simplement » ? (Citation extraite du roman Le berger des abeilles d’Armand Lanoux). Dans ce dernier cas, tout devient plus simple car le suffixe « nadel » étant très proche du mot occitan « nadal » signifiant « nouveau » ou « Noël », on peut logiquement penser que « l’Hommenadel » serait « l’homme nouveau » c’est à dire « l’inconnu ».  La boucle est bouclée. Après tout, entre la vallée de la Boulzane et celle de l’Aiguette, ce col a toujours été un lieu de passage plutôt fréquenté et qu’on y ait rencontré des « hommes nouveaux » ou des « inconnus » au point que l’on en ait gardé le souvenir dans son appellation, quoi de plus normal ! Plus surprenant serait que « l’Hommenadel » soit carrément le « père Noël »  mais je pense que l’on aurait écrit « perenadel » ou « padrenadel » ! « L’Hommenet », lui, est plus simple à traduire. Il s’agit d’un « homme petit » de taille. Tous les toponymistes sont d’accord avec cette définition, y compris Frédéric Mistral dans son très célèbre dictionnaire « Lou Félibrige » où le mot en langue d’oc « ommenet » est plus souvent cité sans le « H ».

 

(***) Je me suis amusé à dresser l’inventaire des images figurant sur mon diaporama. Il est composé des clichés les plus clairs. J’ai donc délaissé volontairement ceux qui ne l’étaient pas. On y trouve 64 fleurs, 44 papillons, 12 oiseaux, 3 lézards différents, un chevreuil, un renard roux, une limace léopard, et quelques insectes (bousier, bourdon, panorpe et oedipode). Force est d’admettre que cet inventaire n’est pas très représentatif de la zone car mon attention a été forcément attiré en priorité pas les fleurs, les oiseaux, les papillons et les mammifères. J’ai donc volontairement délaissé tout le reste car bien évidemment, il aurait fallu passer beaucoup plus qu’une simple journée pour être plus exhaustif. Parmi, toutes les espèces photographiées, il est à noter que deux d’entre-elles figurent dans la liste S.I.N.P comme « patrimoniales », il s’agit d’un Pavot du Pays de Galles (Meconopsis cambrica) et de l’Aigle royal (Aquila chrysaetos). Je n’ai photographié aucune espèce dite « déterminante » mais il est vrai que j’étais parti sans la liste et sans des photos pouvant m’aider dans une éventuelle quête à les trouver.

 

 

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Nos Meilleurs Voeux pour 2018 !

Publié le par gibirando

Nos Meilleurs Voeux pour 2018 !

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Des attractions touristiques australiennes à ne pas manquer

Publié le par gibirando

 

Marie du site "Pointe du Monde.com" vous propose un extraordinaire séjour en Australie 

 

Vous souhaitez vous envoler vers une nouvelle destination avec votre famille, votre conjoint(e) ou vos amis? Pourquoi ne pas opter pour le pays des kangourous, l’Australie?

La grande barrière de corail, un trésor naturel à découvrir

Un séjour Australie vous permettra de découvrir les points d’intérêt de cette contrée. Parmi tant d’autres, on retient la grande barrière de corail. Cette dernière est située en plein océan Pacifique. Elle fait plus de 2 000 km de long et plusieurs espèces de poissons y trouvent refuge, pour ne citer que les mérous géants, les cabillauds, les poissons-clowns, les raies, les requins, etc. Étant donné que ce joyau de Mère Nature s’étend sur plusieurs kilomètres, il existe de nombreux spots où l’on peut pratiquer la plongée sous-marine. Les spots appréciés par les amateurs de cette activité sont, par exemple, Flinders Reef, Osprey Reef, Cod Hole, Ribbon Reef ou encore Flynn Reef. Si vous souhaitez explorer les fonds marins dans d’excellentes conditions (eaux plus chaudes), effectuez votre plongée entre les mois de décembre et de février.

Des attractions touristiques australiennes à ne pas manquer

Le parc national de Kakadu, un site d’exception à visiter

Mis à part la découverte de la grande barrière de corail, un séjour en Australie constitue une occasion de mener une expédition dans une des réserves naturelles du pays. Vous pouvez, par exemple, faire un tour au parc national de Kakadu. Cette aire protégée est inscrite dans le patrimoine mondial de l’UNESCO. Elle s’étend sur près de 19 800 km² et abrite une multitude de faune et de flore. Pour vous rendre sur place, vous avez la possibilité de prendre le départ dans la ville de Darwin. Cette dernière est située à plus 250 km des lieux. La distance entre le site et la métropole est assez longue, mais si vous la parcourez en voiture, il vous faudra compter en moyenne 3 h de route. Le chemin que vous devez emprunter se nomme Arnhem Highway. Par ailleurs, une balade pédestre à Kakadu vous donnera l’occasion d’apercevoir plusieurs espèces d’oiseaux comme les grues brolgas, les cormorans, les aigles de mer à ventre blanc, les oies sauvages, les jabirus, les ibis et tant d’autres encore.

Des attractions touristiques australiennes à ne pas manquer

Sydney, une adresse idéale pour une escapade citadine

En dépit du fait que cette ville ne soit pas la capitale du pays, elle attire néanmoins plusieurs millions de visiteurs presque chaque année. Plusieurs raisons poussent les globe-trotters à s’aventurer à Sydney. Parmi tant d’autres, il y a la découverte du fameux opéra. Ce monument est reconnu internationalement grâce à son allure assez intrigante. En effet, à regarder ce bâtiment, on croirait voir un voilier ou un coquillage géant. Mis à part ce chef-d’œuvre du génie civil, Sydney est célèbre pour d’autres attractions touristiques. On retient, par exemple, le Jardin botanique, Darling Harbour, la galerie d’art de la Nouvelle-Galles-du-Sud, etc. Par ailleurs, pour vous déplacer dans la cité, vous pouvez louer un vélo.

Des attractions touristiques australiennes à ne pas manquer

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Le Circuit Autour du vallon de la Désix depuis Sournia

Publié le par gibirando

  

Diaporama sur la musique "Oblivion" d'Astor Piazzolla jouée par le violoncelliste Stjepan Hauser et le Zagreb Philharmonic Orchestra

Le Circuit Autour du vallon de la Désix depuis Sournia

Le Circuit Autour du vallon de la Désix depuis Sournia

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. Pour un plein écran, cliquez 2 fois 


 

Jeudi 25 mai 2017. Il est 10h quand nous garons la voiture sur le parking de la cave coopérative de Sournia. 4 jours après le long « Circuit des Clôtures » réalisé à Urbanya, nous voilà de nouveau d’attaque pour une autre balade pédestre. Un peu plus courte et beaucoup moins difficile, il est vrai. Le grand beau temps est toujours là et comme la forme physique aussi, autant en profiter. Pour Dany et moi, ce n’est pas si souvent que les petits bobos et parfois même les gros ne viennent pas contrarier et compromettre nos sorties conjointes. Marcher le plus souvent possible pour partager les beautés de la Nature a toujours été notre principal dessein et parvenir à le faire ensemble reste toujours un grand plaisir. Aujourd’hui, j’ai choisi un « Circuit Autour du vallon la Désix ». « Autour de la Désix », c’est le nom que la plupart des randonneurs donnent à cette jolie petite boucle au départ de Sournia. Alors bien évidemment autant conserver ce nom-là. Moi, j’y ai simplement rajouté le mot « vallon » car c’est bien autour et en balcon au dessus du vallon de cette rivière que s’effectue 99% de cette randonnée pédestre, les 1% restant représentant l’essentiel de l’objectif du jour, c'est-à-dire « atteindre les rives de la rivière et tenter d’aller s’y rafraîchir quand le temps s’y prête voire aller y pique-niquer seulement si la météo est peu moins favorable ! ». Aujourd’hui, vu la luminosité du ciel et la chaleur des premiers rayons de soleil, je pense qu’on pourra aisément faire les deux. Bien sûr, quand je parle de vallon, il ne s’agit en fait que d’une courte portion située au sud-est de Sournia car la rivière Désix, elle, est  longue de 32 km. Elle prend sa source non loin du Roc des 40 Croix et finit sa course près d’Ansignan à l’endroit même où débute le lac de barrage de Caramany. Si je veux être plus précis et vous donner d’autres références pédestres, sa confluence avec l’Agly est à quelques mètres du départ de deux randonnées que j’ai déjà décrites dans ce blog à savoir le « Sentier des Oiseaux » et le « Sentier des Dolmens en Fenouillèdes ».  Autre référence pédestre, la boucle d’aujourd’hui est en grande partie identique à celle que j’avais intitulée le « Circuit des Ponts romains », la différence se résumant au fait que dans les « ponts romains », j’avais fini au plus près de la rivière jusqu’à être contraint de la traverser déchaussé et pantalon relevé, alors qu’ici, nous aurons qu’une vue aérienne du vallon. Une vue tronquée tant ce vallon est extrêmement boisé. En tous cas, mon idée première est de le faire découvrir à Dany car j’avais pris énormément de plaisir lors des « ponts romains ». Ces ponts restant au programme, c’était là un point capital qui m’a fait choisir ce circuit. Comme indiqué en préambule, le départ depuis la cave coopérative de Sournia reste le même. La suite aussi, car après avoir emprunté la D.619 en direction de Campoussy, on délaisse la route peu après la station d’épuration. Là, il faut poursuivre sur la piste DFCI F80. Le parcours est très simple jusqu’à atteindre une barrière où là, il faut prendre à gauche en direction du lieu-dit La Ribasse. Un étroit sentier vient prendre le relais de la piste. Ce sentier descend dans le ravin de la Ferrère où le premier pont romain se découvre. C’est le pont dit des Mandres ou des Renardes. Ici, malgré un chaud soleil,  la fraîcheur est de mise car le pont est en sous-bois, mais la profondeur de la Ferrère bien insuffisante pour un bain intégral. Dany s’en moque car un bain de pieds lui suffit mais moi, j’ai passé l’âge de « faire trempette » et seule une vraie immersion en eaux profondes me ravit. Elle me tente d’autant  que cette journée printanière s’y prête pleinement ; et en outre, j’estime que me baigner loin de la foule bruyante des plages roussillonnaises reste un privilège bien trop rare. En tous cas, peu de personnes la mettent à profit. Alors avec Dany, nous décidons de « couper la poire en deux » ou si vous préférez « de nager entre deux eaux ». Les deux expressions sensiblement similaires vont bien, puisque on décide de pique-niquer ici et j’irais ensuite me baigner au second pont romain dès le casse-croûte terminé. Aussitôt dit aussitôt fait tant je languis la baignade  Ce second pont, c’est celui dit « des Chèvres » et quoi qu’il arrive, il faudra le traverser pour poursuivre cette balade. Dans l’immédiat, la balade attendra que je me sois baigner et Dany aussi. Il faut dire qu’après le « Circuit des Clôtures » et sa vingtaine de kilomètres, la baignade, les bains de soleil et le repos sont des primautés qui ne se discutent pas. Dany acquiesce. Quoi qu’il arrive, nous finirons cette boucle mais dans l’immédiat, le temps est au « bon temps » et l’heure à la « bonne heure », celle de mettre la pédale douce ! C’était notre objectif en venant ici, d’être au plus loin de la performance sportive. Aujourd’hui, ce ne sont  ni les gros et petits poissons filant entre les pierres, ni les gerris planant à toute vitesse à la surface, ni les gros crapauds bubonneux empressés de rejoindre les berges, tous apeurés par mes « ploufs », qui vont changer mon envie de baignade. Je n’ai pas peur d’eux. J’ai envie de me baigner et comme l’eau n’est pas si fraîche que ça, j’ai bien envie d’y passer quelques temps. Un agréable et chaud soleil semble en accord avec cette savoureuse visée et aide à combler les intervalles entre deux immersions. Après un bain plein de fraîcheur, quoi de mieux qu’un brin de sieste au soleil ? A bien y réfléchir, avec son joli nom, me rafraîchir dans la Désix est presque devenu un rituel. Pour moi, après celle d’Urbanya, elle est sans doute devenue la rivière des Pyrénées-Orientales la plus régénératrice de mes balades. Je me souviens notamment d’un arrêt fraîcheur indispensable lors de la dernière étape du Tour des Fenouillèdes réalisé en 2014. C’était au lieu-dit les Albas, entre Pézilla de Conflent et Ansignan, mais en réalité, il y a eu bien d’autres lieux et d’autres occasions où la Désix s’est trouvée là à point nommé. Lors d’une randonnée à la Foun del Loup ou d’une sortie photos sur le Sentier des Oiseaux par exemple. Simple et pure coïncidence mais surtout la rivière a très souvent des eaux claires,  accessibles et profondes pas endroit .Deux heures plus tard, l’eau a coulé sous le pont et nous décidons qu’y dormir ne doit pas devenir une habitude.  Nous levons le camp et franchissons le pont. Dessus comme le faisaient sans doute les chèvres qui lui ont donné son nom. Un sentier dallé de pierres s’élève et ce pavement laisse à penser que si des chèvres l’ont jadis emprunté, elles n’ont pas été les seules. Etroit, escarpé et donc peu aisé à cheminer, ce sentier entouré d’un murets en pierres sèches a tout les attributs du « vieux chemin muletier ». Certains prétendent que ce chemin serait aussi médiéval que le pont et certainement ont-ils raison au regard de tous les vestiges moyenâgeux dont dispose cette contrée. En regardant la carte cadastrale, on y découvre son nom : « Chemin de Prats à Trévillach » et le lieu-dit qu’il traverse ici : « Ouratori de Saissa ».  D’ailleurs, la montée se termine à proximité d’un oratoire dédié à la Vierge Marie et plus spécialement à Notre-Dame de Lourdes. C’est bien l’oratoire de Saissa.  Faut-il voir une corrélation entre le sentier et l’oratoire ? Probablement. La statuette de la Sainte Mère n’est pas là innocemment et les gens qui avaient pris l’habitude d’emprunter ce mauvais sentier trouvaient cet oratoire pour se recueillir et implorer la Vierge si nécessaire. Nous poursuivons, non sans avoir eu au préalable quelques tendres pensées à l’encontre d’êtres chers. Le chemin se stabilise et devient très rapidement une voie asphaltée. Cette voie, il faut la quitter dès lors que l’on aperçoit un cabanon sur la droite. Un large chemin de terre file dans sa direction. Il passe devant ce dernier et continue en longeant des amandiers, un verger puis une oliveraie.  Un panneau désigne ce chemin comme étant sans issue, mais n’ayez aucune crainte, il faut néanmoins l’emprunter. Effectivement, le chemin se perd et force est de constater qu’il n’y a pas d’issue, sauf qu’en continuant sur quelques mètres, on arrive au pied d’un muret qui n’est ni plus ni moins que le soubassement d’un autre chemin. Il est perpendiculaire au premier et file aussi bien à gauche qu’à droite et de ce fait, je me dis que nous avons du louper quelque chose quelque part bien avant et qu’il n’était peut être pas utile de pénétrer dans cette propriété. Je me promets de vérifier sur la carte I.G.N. Ce n’est pas trop grave puisque tout est désert aujourd’hui. Nous gravissons le petit muret puis prenons à main gauche ce nouveau chemin. Il file en balcon au dessus du vallon de la Désix et de la D.619, ouvrant ainsi à nos regards de nouvelles et belles perspectives. Il finit par atteindre la départementale mais manque de bol, il reste encore plus d’un kilomètre avant de rejoindre le centre de Sournia. Comprenant qu’il n’y a pas d’autres alternatives que celles d’emprunter le bitume sur plusieurs centaines de mètres, mais surtout très fatiguée par la répétition des kilomètres effectués en quelques jours, Dany décide de stopper au pied d’une carrière. Je lui propose de se reposer. Mais non, elle me dit  « j’arrête là, sois gentil va chercher la voiture ! ». C’est donc en solitaire que je finis cette jolie balade, Dany n’ayant pas d’autre solution que d’attendre que je vienne la chercher.  Ce « Circuit Autour du Vallon de la Désix »  est long de 9,5 km pour des montées cumulées de 780 mètres et un dénivelé de 215 mètres. C’est donc une randonnée plutôt facile à faire de préférence aux beaux jours afin de profiter de la fraîcheur ambiante au bord de la Désix. Une fois encore, cette balade a été l’occasion d’être en symbiose avec la Nature. Nous y avons découvert une quantité incroyable de fleurs, d’oiseaux et de papillons dont le plutôt rare « Damier des Knauties », lépidoptère diurne essentiellement présent en France dans les départements des Pyrénées-Orientales et de l’Aude et dont le statut de « vulnérable » le contraigne à être sur les différentes listes rouges des espèces menacées. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

 

 

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La publicité. Un mal nécessaire ? Une agression ? Une Intox ? Un matraquage ?

Publié le par gibirando

La publicité. Un mal nécessaire ? Une agression ? Une Intox ? Un matraquage ?

Pour agrandir la photo, cliquez dessus. 

« Fils de pub ! » disait un slogan, popularisé par la sortie du livre éponyme du publicitaire Jacques Séguéla en 1984. Quel chemin parcouru depuis par ce paronyme amusant du vulgaire « fils de pute ». « Pute  », ne le sommes-nous pas tous devenus par la force des choses quand on regarde la télévision ou Internet de nos jours ? La publicité telle qu’elle nous parvient aujourd’hui n’est-ce pas une forme de racolage et de proxénétisme ? En tous cas, ils sont nombreux à vivre grassement de cette activité. Sur le dos de qui ?  

 

Il y a quelques jours, en surfant sur le Net, je tombe sur un sondage dont le titre  ne manque pas de m’alerter. La question est : « êtes-vous pour ou contre la pub à la TV ? » et là avant même de voter « CONTRE », je constate que 21% des votants sont « POUR » et 5% s’abstiennent de donner un quelconque avis, les autres c'est-à-dire 74% sont « CONTRE ». Alors moi qui suis de cette dernière majorité et à fond contre toutes formes de publicités à la TV voire ailleurs dans la plupart des cas, je veux comprendre comment autant de personnes peuvent être « POUR », voire indifférentes à cette intoxication visuelle dont la TV nous bourre la tête du matin au soir. Ça tombe, d’autant bien qu’en cliquant sur un lien, ce sondage renvoie vers un forum où les votants peuvent exprimer la raison de leur choix.  Et là, je l’avoue, je regarde beaucoup plus les messages de ceux qui ont voté « POUR » que de  ceux qui ont voté « CONTRE ». Il faut dire qu’il n’est pas utile de sortir de Saint-Cyr pour remarquer d’emblée le niveau de qualité des réponses entre les 2 catégories. D’un côté, les votes « CONTRE » sont relativement bien exposés même si parmi les raisons on y trouve un éventail de commentaires pratiquement toujours les mêmes, alors que les votes « POUR » sont au ras des pâquerettes et du style « j’aime bien la pub au milieu d’un film ou d’une émission car ça me permet d’aller pisser tranquille » ou « j’aime bien la pub car en général il s’agit de produits de qualité »  ou « j’aime bien la pub car on y voit souvent de très jolies femmes » et je passe sur les quelques  grossièretés que certaines personnes ont cru bon de rajouter à ce type de message.

 

Alors comme toujours quand un thème me turlupine, j’essaie de voir si je peux l’approfondir et là, à vrai dire, même si les chiffres ne me rassurent pas pleinement ; mais je m’en doutais un peu ! ; une majorité de français semble néanmoins en avoir marre de ce matraquage perpétuel de la pub à la télé. Voilà quelques raisons et quelques chiffres que j’ai trouvés :

 

Les raisons du « CONTRE » :

 

Intolérante, doctrinaire, dangereuse, liberticide, totalitaire, inégalitaire, onéreuse, inutile,  voilà en vrac les principaux adjectifs et reproches des personnes qui sont contre la publicité. Ils estiment notamment qu’elle fait la part belle au sexisme, à la femme-objet, au culte de l’apparence, au jeunisme, à la violence, à cette envie d’avoir tout, tout de suite , à cette idée néfaste que le bonheur serait dans la consommation du tout et du n’importe quoi, qu’elle engendre de la frustration à ce qui ne peuvent pas s’offrir les produits qu’elle encourage, qu’au regard du nombre de supports (TV, Internet, affichages, etc…) elle a automatiquement une forte influence sur les enfants et les jeunes, qu’elle s’impose à ceux qui ne veulent plus la voir, qu’elle est inégalitaire entre ceux qui ont les moyens de se payer des spots et les autres, engendrant ainsi une concurrence déloyale, qu’elle engendre un surcoût des produits dont elle fait la promotion, qu’elle crée des faux besoins,  etc…..etc…..On peut rajouter que certains la trouve tout simplement inutile….Je fais partie de ceux-là car quand j’ai besoin d’acheter quoi que ce soit, je sais désormais où le trouver et je n'ai pas eu besoin de pub pour cela ! Et enfin, il y aussi ceux qui pensent que la publicité s’adresse en priorité à des consommateurs stupides au détriment des citoyens responsables. Je leur laisse bien évidemment la liberté de penser ainsi même si je ne partage pas totalement ce point de vue quand la pub s’adresse à des adultes. Il semble que le dessinateur humoristique Philippe Geluck et l’astronome Carl Sagan partage cette dernière idée, eux qui ont respectivement affirmé  « nous savions que la publicité ciblait les imbéciles. Je découvre que ça marche aussi auprès des abrutis profonds » et « la publicité pousse les gens à ne pas se fier à leur jugement, elle leur apprend à être stupides ».

 

Bien évidemment, je pourrais lister tout autant d’arguments « bienséants » des personnes qui sont « POUR » mais ça serait faire la promotion de la pub elle-même…..Mais bon, comme j’ai envie d’être sincère, en voici néanmoins quelques-uns que j'ai trouvés :

 

Quelques raisons du « POUR » :

 

Elle est un simple outil de communication. Elle permet une certaine indépendance vis-à-vis du pouvoir de ceux qui la promeuvent. Elle est une forme d’art, de culture et est le reflet de la société actuelle. Elle accroît la liberté de consommation et la libre concurrence. Elle ne peut pas contaminer car personne n’est contraint de la regarder. Assez souvent les publicités sont rigolotes et il y en a parfois des très utiles, etc…..

 

Bon, je ne vais pas trop en mettre car ce n’est pas l’objectif de ce billet mais chacun sera à même de se faire une petite idée.

 

Quelques chiffres :

 

La plupart des associations contre le matraquage publicitaire estiment que chaque personne reçoit tous supports confondus entre 500 et 3000 messages publicitaires par jour. Les supports sont les chaînes de télévision et de radios, Internet avec des matériels et outils de plus et nombreux et transportables sur soi, la presse et tous les médias en général, les grands groupes de téléphonie, les affichages papier, les écrans géants, les enseignes lumineuses ou pas et autres vidéos, les transports publics, les vêtements, les affichages sauvages, etc….Liste non exhaustive bien sûr !  Les budgets mondiaux dépensés annuellement en matière de publicité sont estimés à une fourchette de 300 à 500 milliards de dollars. En terme de dépenses, ils sont les deuxièmes et arrivent juste après les budgets liés à la défense, aux armements et à la sécurité intérieure des pays.  Un récent sondage effectué en octobre 2017 et paru dans divers médias précise que la publicité à la télévision irrite de plus en plus de gens. Des gens, de plus en plus nombreux, zappent les messages pour éviter de les voir. C’est ainsi que 75% des français affirment ne plus y être attentifs (j’en fais partie !) dont 79% d’hommes et 71% de femmes. Sur ce chiffre de 75%, les personnes de plus de 50 ans représentent 87% alors que les 18-24 ans, 58% seulement. 89% en profitent pour faire autre chose que regarder la TV, 85% changent de chaîne (mais c’est pareil malheureusement !), 68% baissent le son ou le coupe, 31% éteignent carrément le téléviseur. Toutefois, et c’est là le plus surprenant peut-être ? 80% des personnes possédant un smartphone le regardent pendant les coupures publicitaires, 67% pour ceux qui possèdent un ordinateur font de même ainsi que 71% de ceux qui ont une tablette…et le résultat de tout ça, c’est que seulement 15% des gens arrivent à échapper à la publicité en la zappant complètement. Pour l’article complet suivre ce lien.

 

Alors la publicité un mal nécessaire ou une agression et un matraquage permanent inutile ? Chacun est en droit de se faire sa propre idée…..La mienne est déjà faite et j’en ai marre de cette intoxication perpétuelle que je paie en sus dans une taxe qui ne finit plus d’augmenter chaque année, alignée qu’elle est sur l’inflation et qui s’appelle la « Contribution à l’audiovisuel public », anciennement « redevance audiovisuelle ». C’est ainsi qu’elle est passée de 116,50 € en 2002, lors du passage à l’euro, à 138 euros cette année soit 18,45% d’augmentation soit 1,23% tous les ans. Ma retraite, elle, n’a pas connu d’inflation ? Elle a été gelée pendant des années et l’Etat vient seulement d’augmenter la retraite Vieillesse d’un misérable 0,8% qui va être bouffé dès le mois de janvier 2018 par une hausse de la CSG de 1,7%. Voilà le genre de pub que tous les médias devraient diffuser !

 

En tous cas, moi je partage la citation de l’acteur américain Will Rogers qui disait « la publicité est l’art de convaincre les gens de dépenser de l’argent qu’ils n’ont pas pour quelque chose dont ils n’ont pas besoin ». Quand on pense qu’il est mort en 1935, que ne dirait-il pas de nos jours ?

 

 

 

 

 

 

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Le Circuit des Clôtures (1.798 m) depuis Urbanya (856 m)

Publié le par gibirando

 

Diaporama avec la musique "Beautiful Love" de Wayne King, Victor Young, Egbert Van Alstyne et Haven Gillespie

jouée successivement ici par Didier Lockwood et The Tribute to Stephane Grappelli puis par Nels Cline. 

Le Circuit des Clôtures (1.798 m) depuis Urbanya (856 m)

Le Circuit des Clôtures (1.798 m) depuis Urbanya (856 m)


 

A partir d’Urbanya, cette boucle que j’ai intitulé le « Circuit des Clôtures » est une version un peu plus longue et un peu plus difficile que celle qui avait pour nom le « Balcon d’Urbanya ». A l’époque, en 2009, nous n’avions pas de maison à Urbanya et nous avions démarré de Nohèdes empruntant presque exclusivement des pistes forestières. Cette fois, le circuit s’effectue un peu plus haut en altitude et vous l’aurez compris, les sentiers sont en réalité des layons, lesquels pour la plupart longent des clôtures. Certains de ces layons sont balisés de bleu ou de jaune et sont donc de véritables sentiers, d’autres sont parfaitement matérialisés par les clôtures mais sont sans balisage, d’autres sont un peu moins évidents mais dans l’ensemble, ils sont tous praticables. En tous cas, ils l’étaient quand nous avons effectué cette longue balade au printemps dernier. Alors bien sûr, un tracé G.P.S n’est pas superflu pour les personnes ne connaissant pas ces montagnes. Assez souvent ces clôtures délimitent les communes, ici Conat, Mosset, Nohèdes et bien évidemment Urbanya, mais autant l’avouer ce circuit n’a jamais eu l’ambition formelle de suivre très exactement ces frontières communales. Non, mes objectifs premiers étaient d’aller prendre un grand bol d’air, de monter le plus haut possible pour observer les panoramas, d’aller découvrir et photographier la flore et la faune toujours très présentes et belles au mois de mai  et pour ce faire de profiter que les journées sont très longues à cette époque de l’année. Je ne souhaitais ni compter mon temps ni les kilomètres. J’avais d’ailleurs averti Dany qu’aujourd’hui la flânerie serait le seul leitmotiv si son souhait était de m’accompagner. La balade étant très longue mais la journée aussi, les périodes de pause le seraient également. En ce 21 mai, nous voilà donc partis tous les deux par le chemin de Saint-Jacques, direction une liste de cols et de sommets déjà vus à plusieurs reprises mais dont nous ne nous lassons pas quand nous résidons à Urbanya : Serrat de Miralles, Serrat Gran, Col de les Bigues, Serrat de la Font de la Barbera, Pic et Col del Torn, Pic de Portepas, Roc de Peirafita, Pic de la Moscatesa, Pic Lloset, Col et Pic de la Serra et enfin retour vers Urbanya. Depuis 6 ans que nous résidons dans le village, c’est la toute première fois que Dany et moi relevons un tel défi ensemble. La météo est excellente mais fluctuante avec un ciel bleu hésitant à se parer d’un voile blanc et une douce tramontane à amener quelques nuages et un peu de fraîcheur. Nous avons tout prévu y compris des sweets un peu plus chauds que les tee-shirts mis au départ. Dany a même prévu une polaire et deux foulards plus ou moins chauds. Pas de poncho car aucune pluie n’est annoncée par Météo France. Comme je m’y attendais flore et faune sont omniprésentes dès le départ et mes arrêts photographiques se succèdent à une cadence infernale ne convenant pas vraiment à Dany qui, elle, n’a pas d’appareil photo. Je lui rappelle simplement que le circuit prévu est très long, plutôt difficile et qu’il est bon de paresser car au fil de la journée nous aurons sans doute d’autres bons motifs pour ronchonner.  De toute manière, elle monte à son rythme, moi au mien mais on finit toujours pas se retrouver aux vraies pauses qui se succèdent car à quoi bon marcher si on ne prend pas le temps de la contemplation et de l’observation ? Un Canigou encore un peu enneigé décore magnifiquement l’horizon et cette seule vision nous fait oublier les difficultés et les menues discordes. En un peu plus d’une heure, nous avons atteint les vraies premières clôtures, celles qui montent rudement vers le Serrat de Miralles puis se poursuivent vers le Serrat Gran et le col de Les Bigues. Moi, je n'aime pas trop les clôtures, surtout quand elles sont électrifiées. Elles perturbent les animaux sauvages et les empêchent de circuler sur leurs lieux de passage traditionnels. Je pense que leur présence, outre de délimiter les communes, est d'empêcher les querelles entre chasseurs ou éleveurs. Les seuls avantages que je trouve à leur présence sont les layons et le débroussaillage que ces derniers nécessitent me permettant d'assouvir ma passion de la marche. C'est le cas ici, dans cette rude montée. Les genêts ont été ratiboisés et d’amples vues se dévoilent sur la vallée du Têt et à l’horizon vers la Méditerranée. La pente étant plutôt raide, c’est de manière plutôt cool que nous égrenons ces clôtures.  Les premières séparent les communes de Conat et d’Urbanya quand aux secondes, elles servent de frontière avec le domaine privé de Cobazet. Ici, depuis la fameuse rébellion puis mobilisation de septembre 2012 à propos de l’accès au Madres avec le propriétaire Groupama, on sait que privé ne signifie plus interdit. Depuis 1068, la fameuse Loi Stratae qui régit les Usatges de Barcelone n’a rien perdu de sa verdeur et de sa vigueur en Catalogne nord. Toutefois, l’autorisation de randonner dans le domaine n’empêche nullement le respect des consignes données, à savoir interdiction de ramasser les champignons, de couper du bois ou de prélever quoi que ce soit, le but louable de tous étant apparemment de préserver la nature. Enfin c’est ce qui avait été dit et comme la préservation de la nature nous convient parfaitement, nous la respectons au mieux même s’ils nous arrivent parfois de couper un peu de gui ou de houx pour la Noël ou de déguster quelques fruits sauvages en automne. Pour le reste, je ne pense pas que photographier la nature soit un délit punissable d’interdiction de circuler ?  Une nature qui aujourd’hui ne nous fait pas défaut car bien présente et visible. Si les papillons sont déjà très nombreux depuis le départ, les oiseaux ne sont pas en reste quand aux mammifères, leur rareté rend encore plus agréable leurs fugaces apparitions. Ces dernières se sont déjà présentées sous les traits d’une biche et d’un petit attroupement de sangliers que j’ai tenté de photographier tant bien que mal, mais sans la certitude quand à la qualité des clichés qui se sont enregistrés.  Alors, bien sûr l’arrivée au col de Les Bigues nécessite que l’on est déjà enjambé la clôture, puis une fois à l’intérieur du domaine de Cobazet, on poursuit la piste sur quelques mètres avant de rejoindre une autre clôture qui file vers un large chemin montant directement jusqu’au Serrat de la Font de la Barbera. Ce chemin est également récupérable par la piste menant au col de Tour ou del Torn se trouvant sur la droite et hors du domaine. Ici, ce sont les bûcherons et les chasseurs qui créent les itinéraires, et si clôtures il y a, rien n’interdit qu’on s’en écarte pour faire le choix de chemins plus empruntés. Il va en être ainsi jusqu’au col de Tour ou del Torn, où divers sentiers et chemins nous obligent à de multiples hésitations. Mon G.P.S pallie à nos errements et incertitudes. Finalement, nous faisons le choix de monter toujours plus haut, restant dans nos objectifs premiers que sont l’observation, la découverte et l’envie de faire un peu de sport.  C’est ainsi qu’on fait le choix de monter au pic de Tour (1.632 m) plutôt que d’emprunter un autre chemin filant directement vers le col éponyme. Je connais un peu ce parcours pour être déjà venu en juillet 2013. La chance nous sourit encore quand un chevreuil détale d’un bosquet de genêts où il devait dormir paisiblement. C’est assez étrange car en 2013, j’avais déjà surpris plusieurs chevreuils et même des faons ressemblant étrangement à des daims compte tenu de leur taille déjà bien développée. Au col de Tour, je connais bien la suite de l’itinéraire qu’il faut prendre pour me diriger vers le pic de Portepas. Il n’est pas évident pour celui qu’il ne le connaît pas d’où l’intérêt d’un grand sens de l’orientation ou mieux d’un tracé G.P.S. Après avoir emprunté la piste DFCI C060 qui redescend directement vers Urbanya, il faut rapidement prendre à droite celle numérotée C056. Zone d’estives avec un enclos dès le départ,  j’ai eu bon nombre de fois l’occasion de prendre ce chemin mais cette fois, il faut le quitter 200 mètres après, partir en montant vers la droite pour rejoindre une clôture. Cette clôture permet de rejoindre le pic de Portepas sans trop de difficultés, si l’on a les qualités d’orientation citées plus haut ou l’appareillage GPS adéquat. Au col de Portepas, il faut redescendre plein sud en direction du canal d’Urbanya. En général, une caminole plus profonde que les autres dans la prairie permet de se diriger dans la bonne direction par l’itinéraire le plus court mais quoi qu’il arrive, en filant vers le sud, on ne peut que rencontrer le canal. Là, il faut le suivre par la gauche jusqu’à la forêt du Bac de la Pinosa. Inévitablement en suivant le canal, lequel ici devient Correc de la Pinosa, on tombe sur un étroit sentier lequel part à droite en direction du Roc de Peirafita. Le mieux est de rester au plus haut de la crête en suivant une clôture, car on profite pleinement des vues s’entrouvrant sur le vallon de Nohèdes et les massifs du Coronat et du Madres.  Le layon s’élargit en descendant et s’entrouvre offrant de jolies vues sur le pic de la Moscatosa qui est notre objectif suivant. Au pied de ce pic, il faut délaisser la large piste partant à gauche et poursuivre en continuant à longer la clôture. Le pic de la Moscatosa est un dôme débonnaire se trouvant très légèrement sur la droite. Une fois encore, et malgré ce relief de type « montagnes russes », le blanc et merveilleux Canigou est le centre d’intérêt de tous les regards. Au sommet du Moscatosa, on bénéficie d’époustouflants panoramas à 180 degrés sur la très longue vallée de Nohèdes. Cette vallée est très souvent mentionnée comme celle dite de l’Arche Perdue, car selon la légende Noé y aurait amarré son arche au sommet du Roc des Salimans. Un roc bien visible depuis cette crête mais pour l’arche nous arrivons trop tard. Elle est repartie mais personne ne sait où ? Peut-être au Mont Ararat ? Dommage car elle aurait pu emporter de nombreux animaux sauvages. Des animaux bien trop souvent en péril, non pas en raison du déluge mais à cause de la chasse, laquelle, à mon goût, s’étend sur une période bien trop longue, ici dans les Pyrénées comme partout en France. La suite est assez simple puisqu’en continuant la clôture, on va descendre vers le pic Lloset, autre sommet qu’il faut atteindre avant une nouvelle descente qui se termine au col de la Serra puis au pic éponyme. Entre les deux, vous aurez constatez que le sentier est désormais balisé en jaune. Ce balisage est la terminaison de la randonnée que j’avais intitulé « le Balcon de Nohèdes », balade qui emprunte longuement l’ancien canal de ce village. Entre le col et le pic de la Serra, un joli orri rappelle que ce secteur a toujours été une zone pastorale prisée des bergers du coin. Elle l’est encore, alors gare aux patous qui sont parfois très agressifs et n’hésitez à faire une entorse au parcours si vous apercevez un troupeau et des chiens. Il y a deux ans, je me souviens avoir rencontré un couple avec deux jeunes enfants, lesquels étaient tétanisés par l’expérience qu’ils venaient de vivre face à plusieurs patous qui les empêchaient de redescendre sur Nohèdes à partir du col de la Serra. J’avais été contraint de leur demander de me suivre jusqu’au col de Marsac afin de les remettre dans le droit chemin. Voilà déjà deux fois qu’à cet endroit je suis confronté à ce devoir car les troupeaux et les patous semblent très souvent livrés à eux-mêmes, de ce fait, les chiens deviennent les maîtres de la montagne. Aujourd’hui encore, le col de Marsac est bien la bonne direction, sauf qu’avant d’y arriver et à hauteur d’une clôture se trouvant sur la gauche, il faut arrêter de descendre pour se diriger vers cette dernière. Il faut se débrouiller pour la franchir puis on poursuit par la piste qui file à droite, celle de gauche correspondant à l’ancien tracé du Tour du Coronat qui monte au col de Tour. Cette piste de gauche permet de rejoindre une intersection mais dans le deux cas, à droite ou à gauche, on rejoint Urbanya. Nous, non loin de cette intersection, nous avons pris un raccourci, lequel à travers bois, mais sur un terrain accidenté, rejoint plus directement notre petite maison. Alors bien sûr, je ne vous conseille pas ce tronçon même si une dernière clôture qu’il faut longer finit de légitimer le nom de cette balade. Elle a été longue de 21 à 22 km pour des montées cumulées de 1.700 à 1.800 mètres environ. Si je ne fournis pas de chiffres précis et simplement des fourchettes, c’est parce que je n’ai pas enregistré de tracé en cours de route sur mon G.P.S, me fiant à un tracé préenregistré qui n’a pas été exactement celui accompli. Le pic de Portepas avec ses 1.798 m d’altitude est le point culminant de cette randonnée, cela j’en suis sûr. Urbanya étant le point le plus bas à 856 m, le dénivelé est de 942 m entre le village et le pic. Arrêts nombreux inclus et longues pauses comprises, nous avons accompli cette boucle en 9 heures, démarrant à 9 h du matin et finissant vers 18 h. Bien évidement, il est probablement réalisable en beaucoup moins de temps pour des randonneurs plus jeunes et en bien meilleure forme. L’ensemble de ce parcours, que certains trouveront sans doute trop long, peut être, bien évidemment, accompli en 2 jours soit avec tente et bardas soit en réservant un logis dans un gîte d’Urbanya. Il y en a plusieurs qui se feront un grand plaisir de vous y accueillir. Cartes IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet, 2248 ET Axat – Quérigut – Gorges de l’Aude, 2249 ET Font-Romeu - Capcir Top 25.

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Le Circuit de Saint-Martin-Lys et le Prat del Rey

Publié le par gibirando

Le diaporama est agrémenté de la chanson "My Way", en français "Comme d'habitude" de Gilles Thibaut et Claude François, musique de Jacques Revaux. Elle est  interprétée ici par The Mantovani Orchestra, l'Acoustic Sound Orchestra, Elvis Presley, Frank Sinatra et Sergey Brazhnik

Le Circuit de Saint-Martin-Lys et le Prat del Rei

Le Circuit de Saint-Martin-Lys et le Prat del Rei


 

Saint-Martin-Lys (1) 9h30. Voilà bien 20 ou 25 ans que je n’étais plus revenu randonner à partir de ce joli hameau audois. Si je suis là aujourd’hui, c’est à cause d’un bouquin dont je viens de terminer la lecture : « Félix Armand et son temps – Un siècle d’histoire dans le Pyrénées Audoises 1740-1840 ». Un livre d’histoire de Louis Cardaillac édité par l’auteur, historien, professeur et chercheur de son état.  Ce bouquin m’a remémoré une randonnée que nous avions faite dans la forêt des Fanges (2) avec Dany au cours de laquelle nous avions été scotchés par une faune omniprésente. De cette balade, je n’ai gardé que cela comme souvenirs et celle d’un hameau agréable et paisible.  De ce côté-là, rien n’a vraiment changé or mis peut-être le nombre de voitures stationnées devant la mairie. C’est simple, le parking est plein. Il n’y a plus de place pour ma voiture et pourtant je ne vois pas la moindre âme qui vive. Le hameau semble désert. Tout est calme. A l’époque, je m’étais garé sans problème mais aujourd’hui, je suis contraint de suivre un fléchage m’indiquant d’aller me garer derrière l’hôtel de ville. La ruelle est très étroite et ma voiture y passe d’extrême justesse. Avec cette étroitesse, je comprends mieux que ce parc de stationnement en bordure du fleuve Aude soit vide.  Ici, il n’y a ni voiture ni aucune activité humaine. En réalité, la seule animation est celle engendrée par une variété incroyable de passereaux. Je suis aux anges et avant même d’harnacher mon sac à dos, mon appareil photo est déjà entré en action. Geais, merles, sitelles, rouges-queues, moineaux, bergeronnettes, mésanges et quelques autres pas toujours reconnaissables s’égayent tout autour de cet espace vert, mi-parking, mi-aire de pique-nique auquel s’ajoutent un pré verdoyant et un petit bout de forêt juste à côté. La rivière Aude, plutôt débonnaire ici, pénètre cet ensemble d’une agréable fraîcheur.  Ça volette dans tous les sens et cette activité intense ne facilite pas les prises de vues. Au bout d’une heure à guetter et à courir les oiseaux, je rends les armes avec néanmoins quelques clichés que j’espère réussis. Je charge mon sac à dos, prends mon bâton de marche et retourne devant la mairie où j’ai aperçu une panneau informatif. Je suis plutôt surpris car il décrit succinctement la randonnée que nous avions réalisée au temps jadis et que je compte bien refaire aujourd’hui, à une variante près qui a pour nom le Prat del Rei (2). Le lieu-dit Planèzes et la forêt des Fanges (2) en sont les deux pôles principaux mais pour être franc, j’avoue que je garde peu des souvenirs de cette randonnée or mis la faune sauvage. C’est donc surtout à cause de ça que je suis là en solitaire aujourd’hui : pouvoir approcher et photographier les animaux. La flore ne sera pas oubliée non plus car depuis j’ai appris que cette forêt avait été très prisée par les grands botanistes des siècles précédents. Le temps de lire le panneau et je me mets en route sans plus attendre estimant que j’ai déjà perdu beaucoup de temps. Je monte vers le haut du hameau et découvre très vite un panonceau indicatif « Planeses », rehaussé d’un balisage jaune. Voilà, le bon chemin. Il se faufile à travers les ruelles puis redescend vers la rivière. Je file d’un pas si alerte que je suis déjà hors du hameau.  Tout à coup, je réalise  que j’ai oublié d’aller rendre visite à Félix Armand (3). Je me ravise, fais demi-tour et rebrousse chemin en direction de l’église et du cimetière. Les deux sont mitoyens. L’église et le presbytère sont fermés mais la tombe de Félix Armand est là, toute simple, et en tous cas aussi simple que les autres. Seule une stèle explique trop brièvement quel homme il a été.  Cette sépulture est bien à l’image du personnage que j’ai gardé à l’esprit avec la lecture du bouquin. J’estime que venir randonner ici sans venir lui rendre hommage aurait été irrespectueux et ce d’autant, que je n’ai plus l’excuse de ne pas connaître son histoire. Félix Armand, curé de Saint-Martin-Lys  pendant 49 ans, ballotté très jeune dans la tourmente révolutionnaire, n’eut de cesse de sortir ses ouailles de la misère. Pour ce faire, il n’eut qu’une seule conviction en tête : désenclaver le hameau en creusant un passage dans le défilé et les gorges que seule la rivière Aude avait réussi à percer au cours des millénaires. Un travail de toute une vie, besogne titanesque qu’il réalisa avec l’aide de ses fidèles ouailles.  Je les remercie tous, car sans eux je ne serais probablement pas là aujourd’hui. Le temps de plusieurs arrêts sur quelques tombes et je repars. Pas pour très longtemps, car la boutique d’un ferronnier d’art  m’arrête déjà. Le temps d’une courte visite et me voilà de nouveau hors du hameau. Hors du hameau mais encore tout près de la civilisation car ma curiosité freine mes ardeurs. Cette dernière est attirée par un sentier qui file à droite en direction d’un pont se terminant par un tunnel. Une voie ferrée oubliée apparemment.  Le pont me paraissant abandonné ça m’intrigue et là, ô surprise en me retournant, je découvre un autre tunnel où sommeille un train étrange. Etrange car force est de reconnaître qu’il n’est pas là depuis hier ! En réalité, il a été abandonné dans ce tunnel depuis des années et bien évidemment quelques imbéciles se sont acharnés sur lui, brisant ses vitres, dégradant son matériel  et le tagguant de tous côtés. Je me dis que même ici, dans un coin aussi reculé et perdu au fin fond d’un défilé montagneux du Pays de Sault, la sauvagerie et la médiocrité humaine ont eu cours.  Quelle tristesse ! Quelques photos souvenirs et je redémarre en me faisant la promesse de tenter d’en savoir un peu plus sur ce train oublié de tous (4), sauf des vandales apparemment. Le sentier s’élève doucement offrant dès le début quelques vues sur la gare de Saint-Martin-Lys. Déserte, elle a un petit air de ressemblance avec la gare que l’on aperçoit dans le western de Sergio Leone « Il était une fois dans l’ouest ». Même désoeuvrement, même silence, les seules différences sont l’absence d’un train qui arrive,  des tueurs et du joueur d’harmonica.  J’imagine que le train aperçu dans le tunnel, et probablement mis au rebut, est le résultat de cette inactivité ferroviaire, qui elle aussi ne date pas d’hier. De ce vallon, je distingue la voie ferrée et la route. Au milieu, l'Aude se devine, enfouie qu'elle est sous la verdure. Au bout, le double cassure de la colline me laisse imaginer la confluence d'une autre rivière. Mon bout de carte I.G.N m'apprend qu'il s'agit du Rebenty. Je flâne plus que je ne marche, passant mon temps à photographier quelques fleurs des bois et à tenter de faire de même avec quelques remuantes mésanges, de très loin les plus nombreuses dans cette partie basse de la forêt. Sur la carte I.G.N, elle a pour nom le « Sarrat » mais en réalité je suis déjà au sein de la forêt domaniale des Fanges, ancienne forêt royale exploitée sous Louis XIV pour la fabrication des mâtures de la flotte royale. On y trouve des sapins multi centenaires que j’avais découvert lors d’une précédente balade intitulée « la Foret des Fanges  au départ du col Saint-Louis ». A cette altitude encore modeste se mélangent le gazouillis des mésanges, la musique rugueuse de l’Aude roulant ses galets et le bruit des voitures passant tout en bas sur la route. Tout en marchant, je me dis que cette dernière sonorité,  je la dois à Félix Armand et que même si elle peut paraître désagréable au milieu des chants d’oiseaux, il faut que je garde à l’esprit tous les avantages que la création de cette route a engendré. Creuser les gorges de la Pierre-Lys en ouvrant ainsi une incroyable voie de communication vers Quillan, Limoux, Carcassonne et vers le reste de l’Aude et de la France a changé la vie d’un nombre incalculable de gens.  Il faut donc être reconnaissant à l’abbé et à ses ouailles du bruit des voitures. Sans ce bruit, sans doute n’y aurait-il pas eu de randonnée ? Une marche pour mon plaisir, je ne l’oublie pas non plus !  De toute manière, ce bruit s’estompe au fil de  l’élévation. Les chants des mésanges laissent rapidement la place aux innombrables roucoulements des ramiers. Les pigeons semblent avoir élu domicile dans cette partie du « Serrat » et plus spécialement au sommet des résineux les plus hauts. Les photographier semble impossible car à mon approche, ils s’envolent systématiquement. Une fois encore, la chance est avec moi, car j’arrive à en surprendre un. Il semble dormir du sommeil de juste ou bien est–il sourd car trop âgé voire malade ? Toujours est-il qu’il paraît bien indifférent à ma présence et j’ai tout loisir de le photographier. Je reprends ma marche en avant, photographiant des fleurs ou rêvassant le plus souvent. De temps à autres, quelques jolis fenêtres s’entrouvrent sur Saint-Martin-Lys. Sur une d’entre-elle, j’arrive même à distinguer la tombe de l’illustre curé. En contrebas, côté ruisseau de la Borde, le bruit des sabots d’une cavalcade me sort de ma léthargie. Sans doute s’agit-il d’un troupeau de cervidés en débandade, mais la forêt est bien trop épaisse pour que je puisse les voir ? J’aurais plus de chance un peu plus tard et encore dans la journée. L’itinéraire zigzague et se met à emprunter un chemin pierreux dont on voit bien qu’il a été construit de toutes pièces par l’homme. Surélevé comme une terrasse et parfaitement aligné,  ce chemin sort un instant de la forêt et offre les premiers vrais panoramas. J’y photographie quelques fleurs, deux papillons et un lézard des murailles, des espèces bien différentes mais dont le dénominateur commun est d’apprécier la lumière et le soleil. Je profite des deux moi aussi pour faire une pause et observer les paysages qui se sont entrouverts.   Peu après, un sentier étroit prend le relais et se faufile dans un véritable tunnel végétal. Quelle n’est pas ma surprise d’apercevoir un chevreuil planté au milieu de cette corne d’abondance arbustive à une vingtaine de mètres de moi. Il a l’air de se régaler des jeunes feuilles d’un petit arbuste. Surpris, il me regarde fixement, sans bouger, le regard dans le vide apparemment ? Toujours est-il qu’il est là immobile au beau milieu du sentier et que j’ai largement le temps de le photographier. Prenant sans doute conscience que je peux être un prédateur, il détale d’un bond sec et prodigieux avec des aboiements longs, rauques et successifs. Je suis ravi car c’est bien pour ces visions-là que je suis venu. Peu de temps après, à une intersection de sentiers, se présente un panonceau « Point de vue ». Je n’en suis pas surpris car cette petite entorse vers Planèzes est inscrite au programme et ce tracé du chemin est parfaitement enregistré dans mon G.P.S. Le sentier file sous d’immenses arbres où feuillus et conifères se partagent l’espace, puis ces derniers finissent par supplanter toute autre végétation. Sur le sol, leurs aiguilles forment un tapis brun où rien ne pousse hors mis de longues lianes et un peu de mousse deci delà. Au sommet de grands sapins, quelques rouges-gorges lancent des appels de détresse. Détresse parce que je les dérange ou bien parce que la saison des amours a commencé ? Je ne sais pas. En tous cas, leurs chants stridents et métalliques sont les seuls audibles. Alors que je m’apprête à sortir de la forêt, une fois encore la chance me sourit quand j’aperçois un nouveau cervidé. Il broute tranquillement dans un pré se trouvant droit devant moi. Un peu loin, ce qui me permet de me cacher, mais suffisamment près pour que je puisse le photographier en zoomant. Une biche ? Un chevreuil ? Difficile à dire dans la position délicate où je me trouve mais il a un pelage très roux. Je m’allonge pour mieux l’observer mais le voilà déjà qu’il regarde dans ma direction, tête dressée et oreilles en éventail. Il ne me voit pas mais a compris que quelque chose ne tournait pas rond. Il quitte les lieux mais plutôt tranquillement, disparaissant dans un petit bosquet de feuillus. Je traverse le pré et suis étonné par quelques rassemblements de pierres ressemblant à des sépultures sommaires. Certaines sont recouvertes d’ardoises. J’essaie de comprendre ce que ça peut être car mes lectures ne m’ont fourni aucune explication à ce propos. Trop petites et trop rudimentaires pour être des tombes humaines, quelques chasseurs ou bergers auraient-ils choisi ce lieu pour y enterrer leurs fidèles chiens ? Au regard de la taille des édifices, je n’imagine que ça. Je sais seulement que le lieu-dit Planèzes a longtemps servi de pâturages pour les ovins et caprins mais également de champs de patates au temps de Félix Armand. En effet, dans le livre de Louis Cardaillac, j’ai lu que le curé avait réussi à se procurer des semences de pommes de terre et qu’il avait choisi ce terrain lui appartenant pour les planter. A l’époque, la patate était une denrée rare quand aux semences, elles étaient encore plus difficiles à se procurer. Félix Armand, avait réussi à en avoir auprès de l’évêque de Saint-Pol de Léon. Les deux religieux avaient été parmi les premiers à comprendre que la pomme de terre serait une plante facile à cultiver et viendrait aisément réduire la misère et les périodes de famines de leurs paroissiens.  Là, comme dans le creusement du défilé, l’abbé de Saint-Martin-Lys fut donc un pionnier et un précurseur. Toutefois et ayant mis plus d’une heure pour arriver là, je me dis quel courage ils avaient tous ces hommes pour venir planter puis récolter des patates si loin de leur village. Le pré de Planèzes se termine au bord d’un précipice calcaire vertigineux offrant d’incroyables vues plongeantes sur le lieu-dit Pont d’Aliès et sur une petite partie d’Axat dont j’aperçois quelques toitures. Au dessus, les panoramas se résument à une mer végétale très houleuse, immensité forestière amplement excavée et plissée où se dressent le pic d’Estable et quelques autres sommets aussi boisés les uns que les autres. Dans ce dédale arbustif et rocheux, il n’y a qu’un seul grand sillon, celui où l’Aude et la route ont réussi à se frayer un chemin. Tout au loin,  émerge le pic Dourmidou, seul sommet de ce panorama olivâtre à conserver quelques traînées neigeuses. Au bord du précipice, quelques « originaux » ont élevé un trépied muni d’un balancier, lequel ensemble poussait par la brise ou le vent se met en branle en faisant tourner des jantes de vélos, le tout faisant à la fois office de girouette et de boites à musique agrémenté qu’il est par des carillons fabriqués dans des  bambous et des boites de conserves. C’est au pied de ce trépied et devant ce fabuleux décor que je grignote une barre de céréale avec comme spectacle supplémentaire, les envolées virevoltantes d’un rapace jouant dans la falaise de la Soula d’Aliès. Quelques bouquets de fleurs, oeillets roses et laitues bleues décorent cette table à manger improvisée. Je quitte Planèzes en rebroussant chemin. Le rapace lance des cris et m'accompagne juste le temps de traverser les prés. Dans le bois de résineux, les rouges-gorges continuent de chanter à tue-tête.  Je retrouve l’itinéraire principal. Il s’éleve sèchement sur un sentier caillouteux, lequel par bonheur est plutôt court et se termine sur une vaste esplanade herbeuse où démarre une large piste. A partir d’ici, et à l’exception d’un court raccourci et de la fin du circuit descendant vers Saint-Martin, les larges pistes sont les fils conducteurs de cette balade. Fils conducteurs mais pas fil d’Ariane car les pistes sont nombreuses et de ce fait, on a vite fait de s égarer. Un tracé G.P.S est donc vivement recommandé, à moins d‘avoir un grand sens de l’orientation et une carte I.G.N récente. Le tracé G.P.S plus mon bout de carte I.G.N me permettent de continuer à flâner sans aucune inquiétude, profitant de cette sérénité pour photographier une flore nouvelle et les quelques papillons qui l’occupent. Quand les papillons disparaissent, je m’empresse d’accélérer le pas afin d’essayer de gagner le temps que j’ai perdu à flemmarder mais finalement je m’arrête encore car cette fois, c’est mon ventre qui crie famine. Un ventre qui sans le savoir va m’apporter le clou du spectacle de la journée. Alors que je me suis installé pour déjeuner à proximité d’arbres abattus, j’ai le bonheur de m’être arrêté non loin d’un peuplier noir, lequel est largement en fruits. Ces fruits en grappes ont la particularité de libérer et de laisser échapper une espèce de bourre cotonneuse ressemblant à une barbe à papa. Par instant, on dirait qu’il neige. J’ignore si cette dernière est sucrée mais deux écureuils et de magnifiques bouvreuils pivoine s’en gavent littéralement. C’est donc avec un immense plaisir que j’observe et photographie le déjeuner incroyable de cette gente animale. Un des deux écureuils va finir par partir mais le second complètement repu s’endort sur une branche, le ventre bien arrondi. Quand aux bouvreuils, ce n’est qu’un va et vient incessant entre leur nid qui ne doit pas être bien loin et cette « barbe à papa » dont ils se remplissent le bec. C’est donc à regret que je quitte ce spectacle ayant passé en ce lieu beaucoup plus de temps à son observation et à le mitrailler de mon numérique qu’à vraiment déjeuner. Je continue. La maison forestière du Prat del Rey ou Pré du Roi  dont j’ai fait mon principal objectif n’est plus très loin mais mon étourderie est telle que je la dépasse sans m’en apercevoir. Je fais demi-tour en pestant tout seul, m’en prenant qu’à moi-même et me disant « quelle utilité d’avoir un tracé G.P.S ! L’ancienne maison forestière de 1863 est là, magnifiquement plantée au milieu d’une superbe clairière verdoyante avec tout autour des sapins très impressionnants. La bâtisse est fermée bien évidemment, mais comme aujourd’hui, la chance à décider de me sourire, j’y débusque, dans sa partie arrière, un petit sanglier, lequel détale à l’instant même où je le photographie. Il disparaît à jamais dans les hautes herbes et la photo ne me délivrera que son seul postérieur. C’est le dernier mammifère que je vais voir de la journée même si dans la descente vers Saint-Martin, je vais encore entendre le bruit reconnaissable d’un piétinement de plusieurs sabots. Là, sur un puits faisant office de table, je finis mon casse-croûte, tranquille, me souvenant encore du bouquin où j’avais lu que Félix Armand et ses paroissiens avait également sauvé cette forêt d’un terrible incendie. C’était lors de l’année 1800 et une fois encore, le curé avait fait la preuve de ses grandes qualités d’homme : détermination, charisme, courage, opiniâtreté, sang-froid, maîtrise, management du travail et des hommes. Malgré un vent violent, l’incendie avait été éteint en deux jours et deux nuits, ce qui lui avait valu de nombreuses félicitations des autorités publiques, de sa hiérarchie et même l’empereur Napoléon le remercia plus tard pour l’ensemble de son œuvre. Je quitte le Prat del Rey pour un retour vers l’endroit même où j’ai aperçu les écureuils et les bouvreuils pivoine. L’écureuil dort toujours sur sa branche et les bouvreuils continuent leur manège mais cette fois, je préfère les laisser à leurs occupations.  Peu après, à une intersection, je pars à droite en direction du col de Saint-Martin. Rien  de notable sur cette portion or mis quelques oiseaux, papillons et fleurs nouvelles à photographier. A hauteur d’un bois de noisetiers, dont on voit bien qu’il n’a rien de naturel, je pars à la découverte de vieilles ruines oubliées, sans doute celles de quelques cabanes qui furent habitées au temps jadis par des paysans et des forestiers. Ils avaient élu domicile ici,  dans cette forêt de la Comtesse, vivant probablement du bois et de leurs noisettes.  Ils n’étaient pas très loin du principal chemin de communication qui permettait de rejoindre Belvianes, Quillan ou encore Caudiès par le col Saint-Louis. Une fois au col de Saint-Martin, j’hésite un peu entre la piste principale et un petit chemin,  lequel par la gauche entre dans une hêtraie. A l’instant même où je m’apprête à faire un point cartographique et G.P.S, un couple de randonneurs arrive et me montre des panonceaux que je n’avais pas vus, leur tournant le dos. Le premier mentionne Saint-Martin-Lys, le second Planèzes.  C’est bien le sentier partant à gauche que je dois prendre. Il est balisé de marques jaunes. L’homme est tout sanguinolent et m’explique qu’ils ont passé la journée à chercher de vieilles bornes royales gravées de la fleur de lys (3), suite au topo d’une randonnée qu’ils avaient trouvé et découpé dans un journal local. Il peste car selon ses dires, les informations et notamment les coordonnées des bornes à la fleur de lys ne sont pas d’une grande exactitude et ils ont pas mal galéré ne trouvant qu’une seule borne plus une roche gravée. L'homme saigne abondamment car les bornes en question sont désormais enfouies sous une végétation difficile à pénétrer. La conversation s’installe et chacun y va du parcours accompli. Finalement, je lui conseille plutôt de se soigner que de continuer à bavarder. Je les laisse à leurs égratignures et à leurs pansements et emprunte le sentier, lequel tout en descente, file vers la ligne d’arrivée. C’est le Chemin des Fanges. D’abord dans la hêtraie où il est plutôt bon, il se transforme très vite en un « casse-pipes » caillouteux à souhait. Je redouble de vigilance, me souvenant que je suis allé me recueillir au conjurador de Serralongue pour ne plus tomber. Jusqu’ici ça a marché et je n’ai pas envie que ça cesse aujourd’hui, d’autant que tomber ici serait probablement très douloureux. Le planté de bâton fonctionne à tout berzingue. Il faut dire que le chemin file sous les collines calcaires qu’on appelle le Lauset et les Soulasses. Elles sont constitués de hautes falaises mais également d’innombrables et imposants pierriers dont certains ont franchi le petit ruisseau de la Forêt qui se trouve sur ma droite, modeste Rubicon où l’eau ne s’écoule que par temps de fortes pluies. C’est dans ce petit ravin que j’entends des bruits de sabots mais une fois encore sans aucun discernement. La fin de ce Chemin des Fanges et l’approche de Saint-Martin-Lys sont pour moi un vrai soulagement. Je mets à profit cet instant de relâche pour mes toutes dernières photos animalières. Et quelles photos ? Celle d’un superbe lézard ocellé puis celle encore plus surprenante d’une « Carte géographique », papillon encore jamais vu ni photographié. Et pour cause ? Il est absent des Pyrénées-Orientales et très rare dans l’Aude ! Il me faut y courir derrière pour l’avoir mais quelle belle satisfaction de voir enfin un cliché parfaitement enregistré. Je finis guilleret cette balade, enchanté de ma journée et ravi de mes visions et photos animalières. Décidément, je ne remercierais jamais assez l’abbé Félix Armand et ses fidèles ouailles, sans lui, moi l’incroyant, je n’aurais jamais vécu tout ces petits bonheurs que ce circuit m’a offert. Un circuit dont ses paroissiens ne seraient pas étrangers à sa création semble-t-il, car la forêt des Fanges faisait partie depuis très longtemps de leur quotidien et de leur gagne-pain avant même le creusement du défilé. Ils allaient y chercher leurs fagots de bois pour leur propre usage mais également pour les vendre dans tous les villages alentours. Un peu plus tard, ils sont montés y débiter des arbres, lesquels ensuite étaient descendus jusqu’à l’Aude, constitués en radeaux qu’on appelait « carras » puis acheminés jusqu’aux scieries les plus proches voire parfois jusqu’à la mer. Les sentiers muletiers et les chemins étaient donc vitaux mais souvent difficiles d’accès. Les hommes qui les empruntaient franchissaient de hautes montagnes mettant parfois leur existence en péril, une existence dure et miséreuse. Il faut en avoir conscience, nous qui aujourd’hui  les empruntons uniquement pour notre seul plaisir. Cette balade telle qu’expliquée ici a été longue de 16 km environ. Les montées cumulées sont de 1.500 mètres quand au dénivelé il est de 600 m entre le point le plus bas à 365 m au village et le plus haut à 965 m au col de Saint-Martin. Carte I.G.N 2248 ET Axat – Quérigut – Gorges de l’Aude et 2347 OT Quillan – Alet-les-Bains Top 25.

1) Saint-Martin-Lys :

Située dans le pays de Sault et dans la haute vallée de l’Aude, au bord même de cette rivière qu’il faut franchir par un pont pour y accéder, la commune ne compte de nos jours qu’une vingtaine d’habitants pour une superficie de 9,99 km2. 29 habitants en 2014 selon Wikipédia. On les appelle les Martinlysois(e)s. Le hameau est tout proche des gorges que l’on appelle le « défilé de Pierre-Lys », défilé dans lequel une route fut creusée par les habitants du village sous l’égide du curé Félix Armand.  49 ans furent nécessaires, entre 1774 et 1823, pour venir à bout de cette entreprise mais elle  permit le désenclavement du petit hameau et de bien d'autres. La toponymie est intéressante puisqu’à l’origine le nom provient d’une abbaye fondée à la fin du 8eme et au début du 9eme siècle ayant pour nom Saint-Martin de Lénis. Ce monastère disparaît définitivement en 1573, suite aux guerres de religions. Il semble que cette période coïncide avec la création du village, lorsque les travailleurs sont contraints de quitter les dépendances de l’abbaye pour construire leurs propres habitations. Ensuite et on ne sait par quel mystère, on retrouve dans les textes, le hameau sous diverses dénominations. Ainsi derrière l’évocation  de Saint-Martin, nous trouvons parfois :  de Les en occitan, de Lez ou de Leez, des Lys, Pierre-Lys, de la Pierre-Lis, de la Peyrelis et même de la Pierre Lisse. Les philologues sont d’accord pour penser qu’à partir de « lénis » signifiant doux ou suave ; les moines fondateurs de l’abbaye ayant été probablement sensibles à la douceur du vallon ; ce mot latin aurait évolué selon les époques en lez, leez puis en lis ou en lys tous ces mots étant des hydronymes dérivé de « leize » signifiant « torrent ». Notons que le village s’est également appelé Saint-Martin en 1793, puis Saint-Martin-de-Teissac en 1801, le lys lié à la royauté ayant carrément disparu avec la révolution. En plus du livre « Félix Armand et son temps – Un siècle d’histoire dans le Pyrénées Audoises 1740-1840 » que j'ai lu, j'ai trouvé très intéressant un inventaire historique que j'ai trouvé sur Internet intitulé "Saint-Martin Lys Presse". Je vous en donne le lien : https://teuliere.github.io/presse/presse-liste.html

 

2) La forêt des Fanges et le Prat del Rei ou del Rey ou Pré du Roi :

Située sur un plateau calcaire à l’est de Saint-Martin-Lys, la forêt domaniale des Fanges s’étend sur une surface de 1.320 hectares à des altitudes comprises entre 800 et 1.100 mètres. Ancienne forêt royale, elle a connu son apogée quand Louis de Froidour de Sérizy commence à organiser un vaste inventaire forestier à partir de 1662. A cette époque, les forêts françaises sont livrées à elles-mêmes,  c'est à dire à tous ceux qui en tirent un intérêt aussi minime soit-il.  De ce fait, elles sont dans un état alarmant et il devient urgent de s’en occuper. En 1670, des mesures très sévères sont prises pour protéger les forêts royales. Le bois devient un patrimoine national qu’il faut savoir gérer et sauvegarder. Nous sommes au temps de Louis XIV et de Colbert et les rectilignes et colossaux sapins multiséculaires de la forêt des Fanges sont transformés en matures pour les vaisseaux de guerre du Roi Soleil. Les forêts royales sont délimitées par des bornes gravées d’une couronne ou d’une fleur de lys. Toute personne commettant un acte délictueux ou prise à voler du bois dans ce périmètre peut être punie d'une forte amende, aux galères an cas de récidive voire de mort dans les cas les plus graves. Des gardes forestiers sont chargés de leur surveillance et cette protection va crescendo au fil des différents régimes. Malgré ça les délits continuent à être très nombreux, est outre de sévères amendes, il y a désormais la confiscation de tout élément ayant servi au délit. C'est ainsi que le garde forestier a le droit de confisquer aussi bien une hache, une scie mais également la charrette et les boeufs ayant servi au transport du bois. Dans le Pays de Sault, on note que la forêt des Fanges est celle où les délits sont les plus nombreux. En 1739, afin d'assurer la repousse des jeunes arbres du Pays de Sault, décision est prise d'interdire les forêts comme lieux de pâtures aux caprins.  En 1754, les bovins sont autorisés à pâturer dans les forêts dites "défensables" c'est à dire qu'on délimite les lieux de pâture en fonction de l'âge des arbres : 6 ans pour les hêtraies et 15 ans pour les sapinières. On tente d'organiser au mieux et dans des périmètres précis, le passage des animaux sauvages. La révolution de 1789 bouleverse tout et les vastes propriétés forestières ayant appartenu à la noblesse ou au clergé sont rachetées par des particuliers. De très nombreuses bornes royales sont burinées par les révolutionnaires. La forêt n'est plus aussi bien gérée qu'auparavant et l'avènement des forges par exemple fera quasiment disparaître le hêtre en Pays de Sault. Cette matière première naturelle qu’est le bois, abondante et proche de certaines communes, n’aura de cesse de développer une économie forestière créant de très nombreux métiers et emplois au fil des siècles. Au 19eme siècle, avec le développement des forges nécessitant de plus en plus de bois, l’activité forestière est telle, qu’elle suscite des convoitises et oblige à la création de maisons forestières où logent à plein temps des gardes habilités. C’est ainsi que la maison forestière du Prat del Rey voit le jour en 1863, date encore mentionnée sur son fronton. Le brigadier garde la forêt mais reçoit également les nombreux visiteurs. La maison du Prat del Rey dispose d'un poulailler, de son propre jardin potager et est entourée de vergers. Les 18 et 19eme siècle étant en plein essor dans toutes les sciences de la nature, la forêt est amplement fréquentée par un grand nombre de scientifiques (botanistes, géologues, zoologistes, naturalistes, entomologistes, etc…). L’épouse du brigadier concocte les bons petits plats pendant que son époux est occupé à de très nombreuses tâches. qui vont bien au delà de la simple surveillance forestière. Sur Internet, de nombreuses cartes postales prises dans la forêt des Fanges à la fin du 19eme et au début du 20eme siècle permettent de se faire une idée de l’activité forestière et de la maison des gardes. Avec sa centaine d’avens, ses très nombreux sentiers, chemins et pistes, la forêt des Fanges est un paradis pour les spéléos, les randonneurs et les amoureux de la nature en général. On peut seulement regretter que la chasse s’y pratique encore malgré qu’elle soit gérée par l’Office National des Forêts et classée comme forêt de protection. En réalité, ce statut n’interdit pas la chasse et n’est là que pour garantir la conservation du territoire forestier et pas les animaux qui l’habitent. Rappelons enfin qu'une fange est un lieu boueux très liquide, cette toponymie pouvant s'expliquer par le fait qu'il y a un  grand nombre de dolines dans ce secteur.

 

3) Félix Armand :

Pour mieux connaître le curé de Saint-Martin-Lys sous forme de résumés, je vous renvoie sur les pages Internet qui lui sont consacrées sur les sites de la commune de Quillan en cliquant ici et sur celle de Limoux en cliquant là. L'essentiel y est mentionné. Moi, je garde de cet homme la phrase qu’il a écrite au ministre de l’Intérieur Jacques-Joseph Corbière à l’instant où celui-ci lui annonce qu’il allait être honoré de la Légion d’Honneur : « Voilà une faveur que je n’ai provoquée ni ambitionnée ; qui me la procure ? Je l’ignore complètement ; si j’avais l’honneur de connaître la personne, je me ferais un devoir de lui en témoigner ma reconnaissance. Toute mon ambition dans le travail que j’ai fait faire pour le chemin, mes peines, mes dangers n’avaient pour motif que le bien public et celui des mes paroissiens. Ni récompenses, ni faveurs, ni honneurs ne sont jamais entrés dans mon esprit. La gloire de Dieu et le bien du prochain, voilà mon ambition. ». Pour mieux le connaître encore, il faut lire les différents ouvrages qui lui ont été consacrés : « Vie de Félix Armand » de J.P de la Croix de 1837 et « Félix Armand, sa vie son œuvre » de Louis Amiel de 1859, les deux sont très anciens mais sont lisibles sur Google et enfin celui que j’ai lu dernièrement « Félix Armand et son temps – Un siècle d’histoire dans le Pyrénées Audoises 1740-1840 » de Louis Cardaillac. Rappelons que depuis le percement de cette fameuse route dans le défilé de Pierre-Lys, un tunnel porte le nom de « Trou du curé ». Voilà au moins un homme qui aura réussi à faire son trou dans l'Histoire, au sens propre et au sens figuré.....ils ne doivent pas être si nombreux dans son cas ?

 

4) Le train oublié de Saint-Martin-Lys :

Il s’agit de l’autorail X.4709 de type Caravelle ou EAD mis en service le 6 janvier 1976 et radié le 2 juillet 2010. Il fut exploité par la SNCF sur la ligne TER Rhône-Alpes à partir de la gare de Lyon - Vaise. En raison de l'âge de ces autorails de la série X.4630, la plupart avait été comme bien d'autres caravelles modernisées dans les années 2004 et suivantes. Le site Internet Lyonrail nous apprend que l'autorail X.4709 est modernisé et mis en réserves avec 2 autres trains. L'article est daté de 2013. Pourquoi est-il là ? Le site Wikipédia nous apprend qu’il fait partie des trains préservés au bénéfice de l’association « Train du Pays Cathare et du Fenouillèdes - TPCF ». Que signifie "préservés ? Attente d'une réfection ? Je n’ai rien trouvé de concret à ce sujet malgré la ribambelle de sites Internet consacrés aux trains. Le tunnel dans lequel il se trouve s’appelle le « tunnel des Oliviers ». En venant de Quillan, il est précédé du tunnel et du pont de Rebuzo, là même où j’ai pris des photos. Ces ouvrages sont situés sur la ligne Carcassonne/Rivesaltes. En raison des difficultés du terrain, cette ligne a été mise en service par tronçon : Carcassonne/Limoux en 1876, Limoux/Quillan en 1878, Rivesaltes/Saint-Paul de Fenouillet en 1901 et enfin Saint-Paul-de-Fenouillet/Saint-Martin-Lys/Quillan en 1904. La ligne voyayeurs de Quillan à Rivesaltes a été fermée dès 1939. Une ligne de bus l’a remplacée. En 1951, la route Quillan/Axat étant fermée suite à un éboulement, la voie ferrée retrouve de manière éphémère un peu d’activité. En 1955, cette voie est définitivement neutralisée pour cause de faible rentabilité et un coût bien trop élevé pour l’entretien de la ligne et de ses nombreux ouvrages d’art qui la jalonnent. Le tronçon n’est plus utilisé que pour le fret. Le tronçon Quillan/Saint-Martin Lys pour le fret a été déclassé le 26 décembre 1991. La gare de Saint-Martin-Lys, côté Axat et Rivesaltes, elle, est restée active jusqu’en juin 2015 mais au fil des ans, les fermetures successives de très nombreuses usines de pondéreux présentes dans le secteur ont définitivement eu raison de l’activité industrielle de cette gare. En 2016, la gare est déserte comme j’ai pu le constater.  Notons toutefois que depuis 2002, le trajet complet de Rivesaltes à l'ancienne gare de Saint-Martin-Lys est emprunté par les jolis trains touristiques rouges du « Train du Pays Cathare et du Fenouillèdes ».  L’autorail X.4709 attend-il d’être réparé pour entrer en fonction ou est-il définitivement mis au rebut ? Je n’ai pas la réponse à cette question.  Toutefois, des projets sont à l’étude pour que les trains touristiques de TPCF continuent leur voyage au-delà de Saint-Martin-Lys. Des associations de la Haute-Vallée de l’Aude se battent pour cette réouverture. La voie déferrée serait donc rouverte et amènerait les touristes français et espagnols jusqu’à Carcassonne par ce Pays de Sault si magnifique. Une deuxième vie de cette ligne en quelque sorte, ce qui permettrait de sortir cet autorail de ce sombre tunnel où il est entrain de périr. Le plus triste c’est qu’il périt à la fois du désintérêt que plus personne ne semble lui porter mais également des dépravations que lui font subir des saccageurs. Il serait temps de s'en occuper.

 

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Deux bouteilles de limonade perdues dans la mer du Web…..

Publié le par gibirando

Ce mois-ci, pas de coup de gueule, et à la place, une espèce d’appel « léger » voire « futile » diront certains. Ils n’auront pas tort. Appel à l’entraide, à la généalogie et à l’Histoire. Histoires des Pyrénées-Orientales certes mais également Histoire tout court à propos de 2 vieilles bouteilles de limonade que j’ai trouvées au cours de mes pérégrinations pédestres. Appels car j’ai espoir que cet article réveillera des souvenirs auprès des internautes. Sauf miracles,  il n’y aura probablement pas de réactions immédiates,  mais comme 2 bouteilles jetées à la mer, lesquelles, un jour ou l’autre, s’échoueront sur des rives favorables et enchantées, je garde bon espoir d’obtenir quelques informations les concernant..... Espoir que des personnes propices et curieuses les ramasseront un jour et seront à même de faire avancer le voyage de ces deux bouteilles.

Deux bouteilles de limonade perdues dans la mer du Web…..

C’est donc bien une invitation au voyage que je vous propose avec cet article.

 

J’ai déjà le début de ce voyage car je sais qui les a faites fabriquées, qui les a remplies de limonade, je sais où elles ont été bues puis oubliées. Les principales questions restent quand et pourquoi ne retrouve-t-on rien à leur sujet ? La première bouteille, je l’ai trouvée le 16 août 2010 au hameau ruiné de Fontanills au dessus d’Arles-sur-Tech, au cours d’une balade que j’avais tout bonnement intitulée « Le hameau oublié de Fontanills par Can Rigall à partir d’Arles sur Tech ». Quant à la deuxième bouteille, retrouvée dans les vestiges d’un vieux cortal au lieu-dit Escausseils au dessus d’Urbanya, c’est  par bonheur je l’ai découverte à moitié enterrée mais intacte le 29 août 2011 lors d’une randonnée qui avait pour titre le « Serrat de Calvaire ». Vous pouvez retrouver ces deux balades sur mon blog.

 

C’est donc à un an d’intervalle que j’ai découvert ces deux bouteilles bien différentes d’aspect, une en verre vert, l’autre en verre blanc, mais avec néanmoins de grandes similitudes quand aux éléments gravés permettant de se lancer dans des recherches historiques. Depuis, elles dormaient sagement sur une étagère de mon bureau d’où j’ai décidé de les sortir pour tenter de leur donner une seconde vie. Une vie que j’espère aussi pétillante que la limonade qu’elles ont contenu mais ce n’est pas gagné !

 

La première bouteille, probablement la plus ancienne, car avec un verre vert, soufflé soit à la bouche ou au moins artisanalement, offre les mentions suivantes : « Limonade J.DELCLOS ARLES SUR TECH ». Mentions gravées en relief sur la bouteille. Les nombreuses imperfections, pliures de la pâte encore liquide au bas de la bouteille notamment, causé par le souffle, ajoute un charme supplémentaire à ce flacon de 25 cm de hauteur pour un poids de 555 grammes et un cul de 55 mm de diamètre. Le bouchon mécanique est en céramique blanc mais sans aucune mention. La partie métallique servant à articuler l’ouverture et la fermeture du bouchon est en très bon état si l’on imagine les conditions difficiles au grand air que la bouteille a eu à subir au fil des décennies. Le bouchon dispose de son joint en caoutchouc d’origine. Je précise d’origine car j’ai trouvé la bouteille fermée et le caoutchouc étant collé au verre, je n’ai jamais pris le risque d’essayer de l’ouvrir et ainsi, de  décoller l’ensemble au risque de tout abîmer. Le cul-de-bouteille semble avoir subi quelques chocs, petite cassure et brèche sur l’arête et fêlure évidente, mais prouve si besoin que ce verre était d’une extraordinaire résistance. En 2010, j’ai procédé à quelques recherches sur Internet. Elles m’ont amené sur le site Ebay car j’avais trouvé une annonce de vente faisant état d’une autre bouteille de limonade Delclos. Suite à cette similitude, j’ai pris contact par messagerie avec la personne qui la vendait et j’ai pu apprendre que ma bouteille aurait peut –être plus de 100 ans. Quelques années de plus aujourd’hui.  Il s’agissait d’une jeune dame. S’agissait-il d’une arrière petite-fille de ce fameux J.DELCLOS ? Je ne sais pas. En tous cas, elle a prétendu être une descendante du limonadier d’Arles-sur-Tech. L’annonce a disparu depuis et de ce fait, j’ai perdu tout contact avec cette personne pour obtenir de plus amples précisions. Bien évidemment, je ne peux garantir cette datation mais j’aurais tendance à la cautionner au regard de l’Histoire (*) que j’ai pu lire au sujet des limonades et des limonadiers en général. Mes recherches m’ont au moins permis d’en apprendre beaucoup à ce sujet et je prends plaisir à en faire un long condensé.

 

La deuxième bouteille est en verre blanc. Le fait de l’avoir retrouvé ouverte a quelque peu terni son aspect, aussi bien intérieur qu’extérieur, à moins que qu’il ne s’agisse d’un résultat inéluctable consécutif à son ancienneté. La partie terne disparaît dès qu’on mouille le verre mais revient très vite au séchage. Egalement gravées en relief sur le flanc de la bouteille, on peut lire les mentions suivantes : « AUBERT AMEDEE  PRADES  PYREES ORIENTALES ». Le bouchon en céramique blanc présente les mêmes informations écrites en rouge. Le joint en caoutchouc d’origine est encore présent mais très collé à la céramique et la partie mobile métallique est bien plus rouillée que celle de la première bouteille. Il est vrai que j’ai trouvé la bouteille en partie enterrée et elle a donc souffert de cet ensevelissement. Elle est haute de 22,5 cm et le cul à un diamètre de 6 cm. Au cours de mes recherches sur le Net, je n’ai pas trouvé suffisamment d’informations me permettant d’élaborer le début d’une histoire et seule une conviction personnelle me laisse penser que cette bouteille serait un peu plus récente que la précédente. Est-elle en verre soufflée ? N’étant pas un spécialiste, je ne saurais l’affirmer. Une chose est sûre, le verre est très épais et la bouteille est lourde, plus lourde que la première car elle pèse 600 grammes. En France, les communes portant la dénomination de PRADES sont pléthores, j’en ai dénombré au moins 7 sur la carte I.G.N, plus celles ayant un nom composé, mais la bouteille ayant été trouvée au dessus d’Urbanya, on peut raisonnablement penser qu’il s’agit de PRADES dans le Conflent et dans les Pyrénées-Orientales. En réalité, toutes les autres communes sont situées dans d’autres  départements et sont donc éloignées de plusieurs centaines de kilomètres du lieu de la découverte, la plus proche étant Prades en Ariège distante de 100 km d’Urbanya.

 

Voilà ce que je peux dire de ces deux bouteilles trouvées lors de mes balades.

 

Les quelques recherches généalogiques sur Internet que j’ai commencé d’entreprendre m’ont permis de prendre quelques contacts. J’ai déjà obtenu une réponse négative et les autres tardent à venir. Dans l’immédiat, les recherches concernant DELCLOS sont difficiles car le seul « J » du prénom ne les facilite pas. Concernant, AUBERT Amédée à Prades, j’ai retrouvé sur le site Filae un acte de mariage réalisé dans cette commune en 1878. On y apprend qu’un AUBERT Amédée s’est marié avec une prénommée Marguerite HUGUET, or ce jeune homme s’est déclaré comme « ouvrier brasseur » ! De la bière à la limonade, il n’y a qu’un pas que certains ont franchi puisque très souvent les brasseurs fabriquaient également de la limonade ou que les limonadiers brassaient de la bière. Faut-il le franchir encore ? Faut-il, si j’ose dire, faire ou pas un panaché rafraîchissant de cette information ? Je ne sais pas. Peut-être faut-il attendre un peu les résultats de cet appel. Le brasseur AUBERT est-il devenu limonadier un peu plus tard ? Ces questions restent dans l’immédiat sans réponse. Il faut dire que les noms AUBERT et DELCLOS sont des noms relativement répandus, ce qui ne facilite pas les recherches. Néanmoins, je ne désespère pas.

 

Dans le remarquable site de l’historien Jean Tosti consacré aux communes des Pyrénées-Orientales, je note que les noms AUBERT et DELCLOS figurent parmi les noms les plus portés au 19eme siècle dans les communes mentionnées sur les bouteilles, c’est donc un point réconfortant et je peux espérer que de nombreux descendants se retrouvent dans cet appel.

 

Donc, si les noms des limonadiers J.DELCLOS à Arles-sur-Tech et AUBERT Amédée à Prades dans le 66 vous parlent encore, vous pouvez de me contacter par mail ou par la rubrique contact de mon blog. Je suis preneur de toutes les informations au sujet de ces 2 bouteilles. Merci d’avance.

 

Enfin, je tiens à préciser que mes recherches n’ont pas le moindre intérêt spéculatif ni financier. Sur le site Ebay, les vieilles bouteilles de limonade sont légions à des tarifs de 5, 8 ou 10 euros mais jamais guère plus. Non au contraire, mon envie d’avancer dans mes recherches relève plus de la curiosité historique et ma démarche est même philanthropique car je suis disposé à offrir ces bouteilles aux héritiers qui me prouveront par n’importe quel moyen qu’ils sont bien les descendants de ces limonadiers qu’étaient J.DELCLOS ET Amédée AUBERT. A bon entendeur, salut !

 

(*) Histoire de la limonade : La limonade est une boisson froide constituée de jus de citron, d'eau plate et de sucre. Au départ, elle était non gazeuse. Elle tient son nom du limonier, citronnier originaire du nord de l’Inde mais dont la culture de son fruit, le limon, a été développée d’abord en Louisiane puis s’est étendue au reste de la planète. D’autres variétés de citronniers sont ensuite entrées dans la composition. Désormais, la boisson peut être gazeuse ou non suivant le pays où elle est consommée. En France, sa fabrication manufacturière pour être commercée date du 17eme siècle et est lancée initialement par des distillateurs d’alcools mais l’Histoire retient que la boisson a été inventée bien avant. C’est ainsi que dans le livre de Jules Forni consacré aux « Origines et histoire de la corporation des restaurateurs et limonadiers de Paris : discours prononcé au banquet du 20 avril 1886 », on apprend que sa recette remonte à l’ancienne Rome, puis aurait débarquée à Paris quand la princesse Catherine de Médicis se marie avec le roi de France Henri II, fils de François 1er. Ce sont des gens de sa cour qui la ramènent avec elle d’Italie. En 1673, Louis XIV  pour remplir sa cassette particulière profite du succès de la limonade pour créer une maîtrise particulière à la profession moyennant finance. Personne ne se présentant pour l’acheter, le roi l’impose d’office par décret au tarif de 150 livres, soit la moitié du prix d’acquisition du brevet de fabrication. Trois ans plus tard, la Compagnie des maîtres limonadiers et marchands d’eau de vie de Paris voit le jour. Elle regroupe les commerçants fabriquant et vendant la limonade mais bien d’autres boissons également. On en compte presque 600 dans Paris. Ils ont le monopole du commerce de rue. Le terme « limonadier » remplace celui de « tavernier » dans l’esprit des consommateurs. Dans les années 1704, 1705 et 1706, la corporation connaît quelques soubresauts suite à des changements de statuts. Les limonadiers perdent des privilèges.  En 1713,  grâce à un nouvel édit, la profession retrouve ses privilèges antérieurs. En 1746, les maîtres limonadiers sont séparés en deux catégories : les limonadiers distillateurs et les limonadiers confiseurs. Plus tard, en 1773, cette corporation est rattachée à celle des vinaigriers car si le sucre a servi traditionnellement à la fermentation, à cette époque on commence à ajouter du vinaigre blanc pour lui donner cet aspect pétillant, le vinaigre présentant l’avantage de modérer l’explosivité liée à la fermentation. En 1776, avec l’abolition des jurandes par Turgot, la corporation des limonadiers disparaît. Peu à peu, mais nous sommes déjà au 19eme siècle, les eaux gazeuses remplacent l’eau plate. De ce fait, elle devient une boisson encore plus appréciée car plus rafraîchissante. La profession se développe au point que la France compte 3 à 4000 limonadiers vers la fin du 19eme siècle. Finalement, le terme de « limonadier » est étendu à l’ensemble des cafetiers et des débiteurs de boissons. La profession de fabricant de limonades se raréfie au fil du 20eme siècle pour atteindre son paroxysme à la fin des années 80 et 90. Il subsiste néanmoins de très vieilles maisons :

 

- Brissaud, la plus ancienne limonaderie date de 1824.

- Elixia a vu le jour en 1856, créée par Faustin Girardet.

- Fontestorbes, sise à Bélesta en Ariège, fabrique la plus ancienne limonade artisanale depuis 1885.

- Geyer Frères avec sa marque fétiche Lorina a été créée en 1895.

 

Voilà pour les plus anciennes même si parmi les très nombreuses qui ont été créées au cours du 20eme siècle, il en subsiste encore quelques unes qu’il serait trop long de citer ici. Aujourd’hui dans les limonades industrielles, l’aspect gazéifiant et pétillant est obtenu grâce à un dosage précis d’acide citrique et par injection de gaz. Désormais, les limonadiers diversifient leurs produits et cherchent en permanence de nouvelles saveurs en y incorporant d’autres essences. Les nouvelles limonades se déclinent à la fraise, à la cerise, à la pomme et on en trouve même au basilic !

 

La limonade n’a pas fini de nous faire pétiller les papilles……

 

 

 

 

 

 

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