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Le Fort de Bellegarde (424 m) et la Vallée de la Rome depuis les Cluses (137 m)

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de diverses musiques du compositeur Hans Zimmer. Elles ont pour titre : "In The Beginning (avec Lorne Balfe)", "This Land-From The Lion King/Score (avec Lebo M)", "Journey To The Line (de Gavin Greenaway)", "Agressive Expansion (avec James Newton Howard)", "A Watchful Guardian (avec James Newton Howard)", "Like A Dog Chasing Cars (avec James Newton Howard)" et "First Step".

Si pour vous le Perthus n’est que synonyme de cigarettes et d’alcools, il est probable que cet article ne soit pas vraiment fait pour vous. En effet, quel intérêt pourrait-il y avoir à partir à pied depuis le village des Cluses pour monter jusqu’au Perthus en suivant la Vallée dit de la Rome puis revenir au point de départ par cette même vallée après avoir parcouru une boucle d’une quinzaine de kilomètres voire un peu plus ? Par contre, si une fois encore vous aimez autant l’Histoire avec un grand « H » que moi, alors là, vous avez de quoi remplir une belle journée de marche et quelques autres journées à chercher sur le Net ou dans les bibliothèques quelques explications à tous ces vestiges du temps passé. Pour tout vous dire, il y a tant de découvertes à faire sur ce circuit, que j’ai longuement hésité avant d’attribuer un seul titre à cette balade. Bon, le point culminant et le « clou » de la randonnée c'est-à-dire l’intérêt principal reste le Fort de Bellegarde, dont l’histoire est très ancienne même si la colossale fortification telle qu’on la découvre aujourd’hui encore n’a été édifiée qu’au 17eme siècle par le maréchal Vauban et l’ingénieur Saint-Hilaire. A ce sujet, vous en apprendrez beaucoup plus que je puisse en dire ici en lisant les quelques pages d’un remarquable petit livret écrit par l’ancien maire du Perthus Jean-Louis Nibet intitulé le « Fort de Bellegarde » paru aux éditions Imprimerie Littéraire Michel Fricker en 1988. Mais pour faire bref, le Fort de Bellegarde est planté sur un piton rocheux culminant à 424 mètres d’altitude surplombant à la fois les plaines de France et d'Espagne, en l’occurrence celles du Roussillon et de l’Emporda. Il fut d'abord un château médiéval dont la première mention remonte à 1324. Il fut ensuite aménagé au XVIIe siècle en garnison militaire servant de poste d'observation. La suite avec Saint-Hilaire et Vauban c’est grosso modo, la forteresse que l’on connaît aujourd’hui. Mais d’abord, partons sur les chemins et allons voir ce fort et tout le reste ! Comme indiqué, la balade démarre du village de Les Cluses et pour être plus précis des Cluses du milieu (del Mig) car, il y a aussi et vous le trouverez au singulier sur les cartes IGN, la Cluse Basse (Baixa) et la Cluse  Haute (Alta). Un village trois en un en quelque sorte peu évident à décrypter pour le voyageur. On gare la voiture sur un parking non loin de la mairie.  On laisse l’hôtel de ville à gauche et on poursuit sur quelques mètres la D.71b derrière le monument aux morts. Le premier panonceau indicatif de randonnée mentionnant le Perthus est là et il suffit d’en suivre la direction en tournant à gauche dans une étroite ruelle. Immédiatement, la ruelle se transforme en un vieux sentier dallé qui laisse sur la droite les vestiges de quelques vieilles ruines puis s’élève dans un bois de chênes lièges et verts. Si j’en crois un autre panonceau, ces dalles ne seraient ni plus ni moins que l’ancien revêtement de la Via Domitia, alors peut être, marche-t-on sans le savoir dans les pas du célèbre général romain Pompée le Grand dont on découvrira le célèbre Trophée un peu plus tard du côté du Summum Pyrenaeum c’est à dire au col de Panissars. Quelques minutes plus tard, l’itinéraire traverse la D.71b et l’on emprunte cette fois-ci le Chemin de la Dressera (raccourci), ancienne voie romaine puis médiévale par endroits encore creusée des anciens charrois qui montaient à la Cluse Haute. De l’autre côté de la route, le Puig Sant Cristau déjà gravi et expliqué dans mon blog domine le paysage. Au moment, où l’on retrouve à nouveau la D.71b, on longe un parapet surplombant la vallée et un peu plus loin on constate la présence d’un grand panneau un peu défraîchi présentant les différentes richesses patrimoniales de la Vallée de la Rome. Ces explications sont le travail d’une association de chercheurs passionnés oeuvrant sans relâche pour mettre en valeur tous ces vestiges.  Ceux qui nous intéressent en premier chef sont là sous nos yeux et il s’agit des ruines de l’ancien castell des Moros ou château des Maures que l’on aperçoit de chaque côté de l’étroit défilé que compose le ravin. Ce mot « défilé », on le retrouve écrit en latin sur un autre panneau c'est-à-dire « clausurae » dès lors que l’on part visiter les quelques vestiges qui se trouvent sur ce flanc gauche de la vallée. Pour les ruines plus imposantes du flanc droit, il nous faudra attendre un peu et marcher encore beaucoup pour avoir le bonheur de les découvrir. D’ailleurs, il suffit de regarder droit vers le sud et en amont de la vallée, pour constater que notre principal objectif, le Fort de Bellegarde est loin d’être atteint. Il trône dans le lointain, majestueux, au sommet de son dôme boisé et dans son rôle de surveillant général des territoires français et espagnol, on comprend très facilement qu’on ne pouvait guère faire mieux. Après cette première découverte de quelques ruines, le sentier débouche en surplomb de la Cluse Haute et de sa magnifique chapelle préromane datant du 10eme siècle. Elle est dédiée à Saint Nazaire et ce qui frappe au premier regard c’est son superbe clocher mur percé de 4 ouvertures mais disposant d’une seule petite cloche. A cause d’un grand mur que l’on franchit et qui se trouve sur sa gauche et plus globalement autour du hameau, on croit comprendre que l’église et les maisons étaient encastrées dans l’enceinte d’un ancien château. Une curieuse et jolie arcade se terminant en escalier encadre l’entrée de la chapelle. Malheureusement fermée, une pancarte nous indique que pour une visite de l’église, la clé est à retirer auprès de la mairie. Nous poursuivons notre balade car le joli petit hameau est vite traversé et nous passons devant un très beau bâtiment de conception typiquement catalane en pierres et briques rouges. Fermé lui aussi, nous supposons qu’il s’agit de l’Office de Tourisme ou d’un musée. Juste après, l’itinéraire passe entre les énormes piliers de l’immense pont autoroutier et là, on prend conscience de l’évolution du réseau routier dans ce secteur frontalier qu’on appelle le plus souvent et plus généralement le col du Perthus. Depuis le passage d’Hannibal et de ses éléphants en 218 ans avant J.C jusqu’à nos jours en passant par les « via » romaines, les chemins médiévaux, le macadam de nos arrières grands parents, le bitume de nos parents et le colossal autoroute contemporain, il faut reconnaître que nous effectuons en quelques pas un grand écart de quelques siècles. Le plus drôle dans tout ça, c’est de constater que notre balade pédestre s’effectue, elle, sur une « classique » piste forestière bien en terre et caillasses garanties pur jus et c’est très bien ainsi. Il va en être de la sorte jusqu’au Perthus en longeant le Correc dels Pocs puis au lieu-dit Camp de la Pava, la terre disparaîtra dès lors que l’on retrouve l’asphalte de la D.71. Auparavant, le Canigou, chapeauté d’un gros matelas de nuages aura vainement tenté de nous montrer le bout de son pic, le Fort de Bellegarde nous aura fait un gros clin d’œil, quand à la magnifique pyramide de Ricardo Bofill, elle nous aura montré uniquement la face nord de son temple vermillon dont il faut bien admettre qu’elle n’est pas la face la plus originale. Si l’on a atteint le bitume de la D.71, le Perthus, lui, n’est pas encore atteint. Il faut encore descendre dans le vallon en direction du stade mais surtout du pont médiéval Alphonse V d’Aragon qui est également une jolie curiosité datant de 1429 mais parfaitement restaurée. Quelques minutes plus tard, on rejoint le parking à l’entrée du Perthus. Le Perthus, on connaît alors on s’en fout et les « cigarettes, le whisky,  ….. et j’aurais presque pu dire les « p’tites pépées » comme le chantait Annie Cordy ou encore Eddie Constantine mais non, les « p’tites pépées »  c’est un peu plus loin, juste après, à la Jonquera,……mais ce n’est pas le but de notre passage aujourd’hui alors on poursuit désormais l’itinéraire sur l’illustre G.R.10. Grâce au « fameux » balisage blanc et rouge et à un  ample panneau, on n'a aucun mal à trouver la suite du circuit qui par la rue de l’Eglise nous entraîne clairement vers le Fort de Bellegarde. L’église, c’est celle dédiée à Saint Louis, construction plutôt banale avec ses cloches fixées à même la toiture. Quelques minutes après, on commence à sortir du village et comme le Fort de Bellegarde joue les « arlésiennes », on a tendance à regarder derrière où les vues embrassent essentiellement les toitures du village. Dans ce panorama sans réel intérêt, on découvre néanmoins les deux grandes colonnes blanches marquant la frontière et qu’on remarque assez peu et beaucoup moins quand on emprunte l’autoroute. Mais une autre construction ressemblant de loin à une église attire davantage le regard et ce bâtiment, c’est le phare de l’aéropostale dont j’ai longtemps ignoré la présence sur les hauteurs du village. Ce village, on le quitte enfin, en longeant quelques chênes-lièges dont l’écorce dépecée du bas de leur tronc leur donne l’aspect « d’arbres sans culotte ». Quelques mètres plus loin, on découvre le « Reposoir de Madame » ou « Baraque Castellane » qui n’est ni plus ni moins qu’un petit casot ou une espèce d’abribus style « siècle des Lumières ». La lumière en question, c’était Madame la marquise de Castellane, épouse du gouverneur de Bellegarde qui se reposait ici lors de ses visites au château. A la vue d’un balisage peint sur quelques pierres et troncs d’arbres, on délaisse le bitume de la route et l’on finit par couper court en grimpant tout droit vers la monumentale forteresse. Ouf, la voilà enfin vaincue et ça tombe d’autant mieux que l’heure du pique-nique est déjà très largement dépassée car comme assez souvent, on a démarré cette randonnée plutôt tardivement. Le fort étant fermé mais comme on a l’idée de voir de beaux paysages, on s’installe en étage c'est-à-dire sur la partie extérieure la plus haute des remparts mais pas de chance ou la « Scoumoune (*) » comme aurait dit Belmondo qui connaît bien le fort pour y avoir tourné ce film avec la jolie Claudia Cardinale, non pas de chance car à cause d’un temps médiocre, les panoramas sont presque aussi fermés et hermétiques que le fort lui-même. Alors, on mange en se faisant une raison, en prenant un peu de repos, on visite l’extérieur du fort et on repart vers le col de Panissars et vers d’autres découvertes qui ont pour noms : les fortins, les casernements, le cimetière militaire du 17eme siècle, la Redoute, les ruines de l’ancien prieuré Sainte Marie, celles du Trophée de Pompée, celles des via Augusta et Domitia, la borne frontière 567. Comme je vous l’ai dit en préambule, il y a tant de choses à voir pour qui veut s’intéresser à l’histoire de ce « verrou » si important tout au long des siècles. Il fut si important que même un roi de France, en l’occurrence Philippe III de France dit le Hardi, y a perdu la vie pour en conserver le privilège. Ces découvertes une fois détaillées, le G.R.10 nous entraîne encore quelques temps vers l’arrivée puis peu après le mas Bardes et une piste bétonnée, on quitte le célèbre chemin au profit d’une piste forestière balisée en jaune. La partie la plus fastidieuse et la plus lassante est là et elle se terminera dès lors qu’on délaissera la piste pour un petit sentier qui aboutit aux ruines du Château des Maures. Là aussi, on reste subjugué par la longueur et l’importance de cette forteresse construite sur une crête rocheuse escarpée. Certains historiens l'attribuent aux Sarrasins mais bâtie sur les bases de vestiges paraît-il romains. D'autres historiens affirment que ces exceptionnelles fortifications auraient été érigées au temps de l’empereur Constance II vers 351 : 105 mètres de long et par endroits 28 mètres de large. Après avoir cheminé une succession de ruines, le sentier assez abrupt descend vers la rivière Rome qu’il finit par atteindre. On longe la rive gauche sur une centaine de mètres environ puis à la première occasion et dès lors qu’on aperçoit un sentier sur la rive opposé, on traverse à gué et quelques minutes plus tard, on retrouve Les Cluses. Le parking non loin de la mairie est là, sur la gauche à quelques mètres seulement du Pont-Vieux et d’autres ruines que l’on aperçoit de chaque côté de la Rome. Ainsi se termine cette belle et longue randonnée de 15 à 16 kilomètres environ où bonnes chaussures à tiges hautes sont vivement conseillées. Il en sera de même pour l’eau en quantité suffisante si la balade est effectuée en été. Si avec 290 mètres environ, le dénivelé est plutôt modeste, les montées cumulées sont supérieures à 1.150 mètres. Le point culminant de cette balade est le Fort de Bellegarde à 424 mètres dont une visite s’impose si vous ne le connaissez pas. Il est bien inutile d’approfondir la toponymie de « Bellegarde » car le nom francisé provenant de la contraction « bella » et « guardia » dans le sens de « guet » toute le monde en devine aisément l’origine. Moins évidente, la toponymie du village Les Cluses dont l’origine n’a rien à voir avec une quelconque « écluse »  mais plus sûrement avec une « clusa » qui n’était ni plus ni moins qu’un « verrou », un verrou que tous les visiteurs se sont évertués à cadenasser au fil des siècles. Aujourd’hui, le verrou est grandement ouvert, les trafics anciennement interdits mais largement pratiqués sont autorisés et nombreux sont ceux qui en profitent pour rendre le Perthus synonyme d’achats de cigarettes et d’alcools. Heureusement l’Histoire et le passé demeure....et c'est là l'essentiel....de cette jolie balade....Carte IGN 2549 OT Banyuls- Col du Perthus – Côte Vermeille Top 25.

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Le Fort de Bellegarde (424 m) et la Vallée de la Rome depuis les Cluses (137 m)

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de diverses musiques du compositeur Hans Zimmer. Elles ont pour titre : "In The Beginning (avec Lorne Balfe)", "This Land-From The Lion King/Score (avec Lebo M)", "Journey To The Line (de Gavin Greenaway)", "Agressive Expansion (avec James Newton Howard)", "A Watchful Guardian (avec James Newton Howard)", "Like A Dog Chasing Cars (avec James Newton Howard)" et "First Step".

Si pour vous le Perthus n’est que synonyme de cigarettes et d’alcools, il est probable que cet article ne soit pas vraiment fait pour vous. En effet, quel intérêt pourrait-il y avoir à partir à pied depuis le village des Cluses pour monter jusqu’au Perthus en suivant la Vallée dit de la Rome puis revenir au point de départ par cette même vallée après avoir parcouru une boucle d’une quinzaine de kilomètres voire un peu plus ? Par contre, si une fois encore vous aimez autant l’Histoire avec un grand « H » que moi, alors là, vous avez de quoi remplir une belle journée de marche et quelques autres journées à chercher sur le Net ou dans les bibliothèques quelques explications à tous ces vestiges du temps passé. Pour tout vous dire, il y a tant de découvertes à faire sur ce circuit, que j’ai longuement hésité avant d’attribuer un seul titre à cette balade. Bon, le point culminant et le « clou » de la randonnée c'est-à-dire l’intérêt principal reste le Fort de Bellegarde, dont l’histoire est très ancienne même si la colossale fortification telle qu’on la découvre aujourd’hui encore n’a été édifiée qu’au 17eme siècle par le maréchal Vauban et l’ingénieur Saint-Hilaire. A ce sujet, vous en apprendrez beaucoup plus que je puisse en dire ici en lisant les quelques pages d’un remarquable petit livret écrit par l’ancien maire du Perthus Jean-Louis Nibet intitulé le « Fort de Bellegarde » paru aux éditions Imprimerie Littéraire Michel Fricker en 1988. Mais pour faire bref, le Fort de Bellegarde est planté sur un piton rocheux culminant à 424 mètres d’altitude surplombant à la fois les plaines de France et d'Espagne, en l’occurrence celles du Roussillon et de l’Emporda. Il fut d'abord un château médiéval dont la première mention remonte à 1324. Il fut ensuite aménagé au XVIIe siècle en garnison militaire servant de poste d'observation. La suite avec Saint-Hilaire et Vauban c’est grosso modo, la forteresse que l’on connaît aujourd’hui. Mais d’abord, partons sur les chemins et allons voir ce fort et tout le reste ! Comme indiqué, la balade démarre du village de Les Cluses et pour être plus précis des Cluses du milieu (del Mig) car, il y a aussi et vous le trouverez au singulier sur les cartes IGN, la Cluse Basse (Baixa) et la Cluse  Haute (Alta). Un village trois en un en quelque sorte peu évident à décrypter pour le voyageur. On gare la voiture sur un parking non loin de la mairie.  On laisse l’hôtel de ville à gauche et on poursuit sur quelques mètres la D.71b derrière le monument aux morts. Le premier panonceau indicatif de randonnée mentionnant le Perthus est là et il suffit d’en suivre la direction en tournant à gauche dans une étroite ruelle. Immédiatement, la ruelle se transforme en un vieux sentier dallé qui laisse sur la droite les vestiges de quelques vieilles ruines puis s’élève dans un bois de chênes lièges et verts. Si j’en crois un autre panonceau, ces dalles ne seraient ni plus ni moins que l’ancien revêtement de la Via Domitia, alors peut être, marche-t-on sans le savoir dans les pas du célèbre général romain Pompée le Grand dont on découvrira le célèbre Trophée un peu plus tard du côté du Summum Pyrenaeum c’est à dire au col de Panissars. Quelques minutes plus tard, l’itinéraire traverse la D.71b et l’on emprunte cette fois-ci le Chemin de la Dressera (raccourci), ancienne voie romaine puis médiévale par endroits encore creusée des anciens charrois qui montaient à la Cluse Haute. De l’autre côté de la route, le Puig Sant Cristau déjà gravi et expliqué dans mon blog domine le paysage. Au moment, où l’on retrouve à nouveau la D.71b, on longe un parapet surplombant la vallée et un peu plus loin on constate la présence d’un grand panneau un peu défraîchi présentant les différentes richesses patrimoniales de la Vallée de la Rome. Ces explications sont le travail d’une association de chercheurs passionnés oeuvrant sans relâche pour mettre en valeur tous ces vestiges.  Ceux qui nous intéressent en premier chef sont là sous nos yeux et il s’agit des ruines de l’ancien castell des Moros ou château des Maures que l’on aperçoit de chaque côté de l’étroit défilé que compose le ravin. Ce mot « défilé », on le retrouve écrit en latin sur un autre panneau c'est-à-dire « clausurae » dès lors que l’on part visiter les quelques vestiges qui se trouvent sur ce flanc gauche de la vallée. Pour les ruines plus imposantes du flanc droit, il nous faudra attendre un peu et marcher encore beaucoup pour avoir le bonheur de les découvrir. D’ailleurs, il suffit de regarder droit vers le sud et en amont de la vallée, pour constater que notre principal objectif, le Fort de Bellegarde est loin d’être atteint. Il trône dans le lointain, majestueux, au sommet de son dôme boisé et dans son rôle de surveillant général des territoires français et espagnol, on comprend très facilement qu’on ne pouvait guère faire mieux. Après cette première découverte de quelques ruines, le sentier débouche en surplomb de la Cluse Haute et de sa magnifique chapelle préromane datant du 10eme siècle. Elle est dédiée à Saint Nazaire et ce qui frappe au premier regard c’est son superbe clocher mur percé de 4 ouvertures mais disposant d’une seule petite cloche. A cause d’un grand mur que l’on franchit et qui se trouve sur sa gauche et plus globalement autour du hameau, on croit comprendre que l’église et les maisons étaient encastrées dans l’enceinte d’un ancien château. Une curieuse et jolie arcade se terminant en escalier encadre l’entrée de la chapelle. Malheureusement fermée, une pancarte nous indique que pour une visite de l’église, la clé est à retirer auprès de la mairie. Nous poursuivons notre balade car le joli petit hameau est vite traversé et nous passons devant un très beau bâtiment de conception typiquement catalane en pierres et briques rouges. Fermé lui aussi, nous supposons qu’il s’agit de l’Office de Tourisme ou d’un musée. Juste après, l’itinéraire passe entre les énormes piliers de l’immense pont autoroutier et là, on prend conscience de l’évolution du réseau routier dans ce secteur frontalier qu’on appelle le plus souvent et plus généralement le col du Perthus. Depuis le passage d’Hannibal et de ses éléphants en 218 ans avant J.C jusqu’à nos jours en passant par les « via » romaines, les chemins médiévaux, le macadam de nos arrières grands parents, le bitume de nos parents et le colossal autoroute contemporain, il faut reconnaître que nous effectuons en quelques pas un grand écart de quelques siècles. Le plus drôle dans tout ça, c’est de constater que notre balade pédestre s’effectue, elle, sur une « classique » piste forestière bien en terre et caillasses garanties pur jus et c’est très bien ainsi. Il va en être de la sorte jusqu’au Perthus en longeant le Correc dels Pocs puis au lieu-dit Camp de la Pava, la terre disparaîtra dès lors que l’on retrouve l’asphalte de la D.71. Auparavant, le Canigou, chapeauté d’un gros matelas de nuages aura vainement tenté de nous montrer le bout de son pic, le Fort de Bellegarde nous aura fait un gros clin d’œil, quand à la magnifique pyramide de Ricardo Bofill, elle nous aura montré uniquement la face nord de son temple vermillon dont il faut bien admettre qu’elle n’est pas la face la plus originale. Si l’on a atteint le bitume de la D.71, le Perthus, lui, n’est pas encore atteint. Il faut encore descendre dans le vallon en direction du stade mais surtout du pont médiéval Alphonse V d’Aragon qui est également une jolie curiosité datant de 1429 mais parfaitement restaurée. Quelques minutes plus tard, on rejoint le parking à l’entrée du Perthus. Le Perthus, on connaît alors on s’en fout et les « cigarettes, le whisky,  ….. et j’aurais presque pu dire les « p’tites pépées » comme le chantait Annie Cordy ou encore Eddie Constantine mais non, les « p’tites pépées »  c’est un peu plus loin, juste après, à la Jonquera,……mais ce n’est pas le but de notre passage aujourd’hui alors on poursuit désormais l’itinéraire sur l’illustre G.R.10. Grâce au « fameux » balisage blanc et rouge et à un  ample panneau, on n'a aucun mal à trouver la suite du circuit qui par la rue de l’Eglise nous entraîne clairement vers le Fort de Bellegarde. L’église, c’est celle dédiée à Saint Louis, construction plutôt banale avec ses cloches fixées à même la toiture. Quelques minutes après, on commence à sortir du village et comme le Fort de Bellegarde joue les « arlésiennes », on a tendance à regarder derrière où les vues embrassent essentiellement les toitures du village. Dans ce panorama sans réel intérêt, on découvre néanmoins les deux grandes colonnes blanches marquant la frontière et qu’on remarque assez peu et beaucoup moins quand on emprunte l’autoroute. Mais une autre construction ressemblant de loin à une église attire davantage le regard et ce bâtiment, c’est le phare de l’aéropostale dont j’ai longtemps ignoré la présence sur les hauteurs du village. Ce village, on le quitte enfin, en longeant quelques chênes-lièges dont l’écorce dépecée du bas de leur tronc leur donne l’aspect « d’arbres sans culotte ». Quelques mètres plus loin, on découvre le « Reposoir de Madame » ou « Baraque Castellane » qui n’est ni plus ni moins qu’un petit casot ou une espèce d’abribus style « siècle des Lumières ». La lumière en question, c’était Madame la marquise de Castellane, épouse du gouverneur de Bellegarde qui se reposait ici lors de ses visites au château. A la vue d’un balisage peint sur quelques pierres et troncs d’arbres, on délaisse le bitume de la route et l’on finit par couper court en grimpant tout droit vers la monumentale forteresse. Ouf, la voilà enfin vaincue et ça tombe d’autant mieux que l’heure du pique-nique est déjà très largement dépassée car comme assez souvent, on a démarré cette randonnée plutôt tardivement. Le fort étant fermé mais comme on a l’idée de voir de beaux paysages, on s’installe en étage c'est-à-dire sur la partie extérieure la plus haute des remparts mais pas de chance ou la « Scoumoune (*) » comme aurait dit Belmondo qui connaît bien le fort pour y avoir tourné ce film avec la jolie Claudia Cardinale, non pas de chance car à cause d’un temps médiocre, les panoramas sont presque aussi fermés et hermétiques que le fort lui-même. Alors, on mange en se faisant une raison, en prenant un peu de repos, on visite l’extérieur du fort et on repart vers le col de Panissars et vers d’autres découvertes qui ont pour noms : les fortins, les casernements, le cimetière militaire du 17eme siècle, la Redoute, les ruines de l’ancien prieuré Sainte Marie, celles du Trophée de Pompée, celles des via Augusta et Domitia, la borne frontière 567. Comme je vous l’ai dit en préambule, il y a tant de choses à voir pour qui veut s’intéresser à l’histoire de ce « verrou » si important tout au long des siècles. Il fut si important que même un roi de France, en l’occurrence Philippe III de France dit le Hardi, y a perdu la vie pour en conserver le privilège. Ces découvertes une fois détaillées, le G.R.10 nous entraîne encore quelques temps vers l’arrivée puis peu après le mas Bardes et une piste bétonnée, on quitte le célèbre chemin au profit d’une piste forestière balisée en jaune. La partie la plus fastidieuse et la plus lassante est là et elle se terminera dès lors qu’on délaissera la piste pour un petit sentier qui aboutit aux ruines du Château des Maures. Là aussi, on reste subjugué par la longueur et l’importance de cette forteresse construite sur une crête rocheuse escarpée. Certains historiens l'attribuent aux Sarrasins mais bâtie sur les bases de vestiges paraît-il romains. D'autres historiens affirment que ces exceptionnelles fortifications auraient été érigées au temps de l’empereur Constance II vers 351 : 105 mètres de long et par endroits 28 mètres de large. Après avoir cheminé une succession de ruines, le sentier assez abrupt descend vers la rivière Rome qu’il finit par atteindre. On longe la rive gauche sur une centaine de mètres environ puis à la première occasion et dès lors qu’on aperçoit un sentier sur la rive opposé, on traverse à gué et quelques minutes plus tard, on retrouve Les Cluses. Le parking non loin de la mairie est là, sur la gauche à quelques mètres seulement du Pont-Vieux et d’autres ruines que l’on aperçoit de chaque côté de la Rome. Ainsi se termine cette belle et longue randonnée de 15 à 16 kilomètres environ où bonnes chaussures à tiges hautes sont vivement conseillées. Il en sera de même pour l’eau en quantité suffisante si la balade est effectuée en été. Si avec 290 mètres environ, le dénivelé est plutôt modeste, les montées cumulées sont supérieures à 1.150 mètres. Le point culminant de cette balade est le Fort de Bellegarde à 424 mètres dont une visite s’impose si vous ne le connaissez pas. Il est bien inutile d’approfondir la toponymie de « Bellegarde » car le nom francisé provenant de la contraction « bella » et « guardia » dans le sens de « guet » toute le monde en devine aisément l’origine. Moins évidente, la toponymie du village Les Cluses dont l’origine n’a rien à voir avec une quelconque « écluse »  mais plus sûrement avec une « clusa » qui n’était ni plus ni moins qu’un « verrou », un verrou que tous les visiteurs se sont évertués à cadenasser au fil des siècles. Aujourd’hui, le verrou est grandement ouvert, les trafics anciennement interdits mais largement pratiqués sont autorisés et nombreux sont ceux qui en profitent pour rendre le Perthus synonyme d’achats de cigarettes et d’alcools. Heureusement l’Histoire et le passé demeure....et c'est là l'essentiel....de cette jolie balade....Carte IGN 2549 OT Banyuls- Col du Perthus – Côte Vermeille Top 25.

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Naissance et vie d'un pseudo.....

Publié le par gibirando


Ce mois-ci, j’aurais pu encore râler un bon coup et vous dire tout ce que je pense de mal de la politique. J’aurais pu vous parler de Jean-François Copé, de Nicolas Sarkosy, de Patrick Buisson, des écoutes téléphoniques et de toutes ces affaires qui n’en finissent plus de sortir dans les médias. Mais non, ce mois-ci, pour l’article de mon Journal Mensuel, j’ai voulu être léger car le soleil était radieux, le printemps était en avance, les oiseaux chantaient, les mimosas étaient magnifiquement fleuris et j’avais envie d’être désinvolte et heureux. Alors, j’ai décidé de vous parler de mon pseudo….

Quand, il y a quelques années, le 24 juin 2008 exactement, j’ai décidé de basculer mon blog « Mes belles randonnées expliquées » d’Orange pour en créer un autre chez Kazéo ;  Orange n’acceptant plus les blogs gratuits ; il a fallu que je trouve ce que l’on appelle désormais très communément un pseudo. Au départ, un pseudo c’est bien sûr un pseudonyme c'est-à-dire un nom d’emprunt comme par exemple Johnny Hallyday alors que chacun sait que son vrai nom est Jean-Philippe Smet. Pourtant dans certains dictionnaires Internet, quand on analyse les définitions du mot « pseudo » on y constate des différences et même quelques surprises. Exemple, la très célèbre encyclopédie Wikipédia,  comme la plupart des « grands » dictionnaires (Larousse, Robert, etc…) le définissent quasiment de la même manière c'est-à-dire comme un pseudonyme : « c’est un nom d'emprunt que celui qui le porte utilise pour exercer une activité sous un autre nom que son identité officielle. Il se distingue du surnom en cela qu'il est choisi par la personne qui le porte au lieu de lui être attribué par un tiers. ... » .

 

Pour l’Internaute, un autre site Internet bien connu, le mot « pseudo » est un "mot grec signifiant mensonge utilisé comme préfixe afin de caractériser la seconde partie d'un mot comme fausse" , exemple « pseudoscience », pour une connaissance qui n’est pas considérée comme une science. Bien entendu, les deux définitions sont exactes. Un pseudo, moi, j’ai immédiatement détesté car effectivement j’avais le sentiment de mentir, de mentir aux autres mais aussi de me mentir à moi-même, j’avais la vague impression de me cacher derrière quelque chose qui n’était pas moi et d’ailleurs si vous observez l’adresse de mon blog, vous y retrouvez très clairement mon nom et mon prénom : http://gilbertjullien.kazeo.com/. Idem, pour mon site perso chez Orange que j’ai créé de toutes pièces bien antérieurement en 2002 : http://gilbert.jullien.pagesperso-orange.fr/. Bien qu’aujourd’hui, on entende sur tous les médias que nous serions espionnés, géolocalisés et même dépecés dans ce que nous avons de plus intime, par la NSA, par Google, par Facebook et par je ne sais qui d’autres, comme je n’ai vraiment rien à cacher, je me fous de tout ça comme de ma première chemise. Malgré ça, quand il m’a fallu créer un pseudo pour mon blog chez Kazéo, là, et très paradoxalement, il ne m’a fallu que quelques secondes pour le trouver et je dirais presque l’adopter. Ce fut immédiatement «Gibirando ». Pour la fin, c'est-à-dire « rando » tout le monde comprendra facilement pourquoi. En que concerne « Gibi », pour les plus âgés de mes lecteurs, ce nom leur rappelleras sans doute la célèbre série télévisée les « Shadoks » ayant sévi à la fin des années 60 et au début des années 70. Les « Gibis » étaient les adversaires des Shadoks mais comme ces derniers n’étaient pas très intelligents, les « Gibis » avaient pitié d’eux. J’ai toujours aimé ce côté compassionnel, tolérant et attachant des « Gibis ». Dans la vie de tous les jours, on avait envie de leur ressembler. Ce joli petit surnom de « Gibi », c’est ma femme qui m’en avait gratifié comme diminutif de Gilbert quand nous nous sommes rencontrés en 1968. Il faut dire que la série télévisée venait juste de démarrer et que nous adorions tous les deux ces petits personnages beaucoup plus intelligents que les Shadoks et coiffés d’un superbe chapeau melon « so british ». En effet, peu de gens le savent mais « Gibi » est la prononciation phonétique anglaise des lettres « G.B », initiales de la Grande Bretagne. Contrairement à tous les autres surnoms que j’ai eu, « Gibi » m’a toujours parlé, il m’a toujours plu, il signifiait quelque chose pour moi et je me souviens qu’effectuant mon service militaire en Corse, je signais toutes les lettres d’amour que j’adressais à ma fiancé de ce surnom qu’elle m’avait donné rajoutant au passage un dessin d’un gentil petit « gibi » coiffé de son chapeau melon. Pourquoi, ce surnom est-il resté accroché à moi tout au long de ma vie, je ne saurais le dire ? Pourtant, je n’ai jamais souffert de tous les autres petits noms que mes copains nous avaient constamment affublés mon frère et moi au cours de notre enfance et de notre jeunesse. Il y a eu des « Ju », des « Jules », des « Jube », des « Jujube », des « Gibe », des « Gil », des « Gilou », j’en passe et j’en oublie sans doute presque autant. Non, le petit « Gibi » est toujours resté là dans un coin de ma tête….et de mon cœur.

Et en plus, voilà que depuis quelques années, je l’ai harnaché d’un sac à dos et qu’il marche gentiment à mes côtés sans jamais se plaindre ! Alors quoi de plus normal que de lui rendre hommage.

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L'Ermitage Saint-Ferréol (300 m) depuis Céret (144 m)

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de 3 musiques composées par Vangelis Papathanassiou dont les titres sont "D'Opéra Sauvage" jouée ici par Alain Duvall Ensemble, "Irlande" par Vangelis et "Hymne" par Peter Weekers/Star Inc.
L'ERMITAGE-DE-SAINT-FERREOL
ERMITAGESTFERREOLIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Si les balades pédestres autour de Céret sont multiples et variées, celle qui consiste à partir, depuis le légendaire Pont du Diable vers la paradisiaque « chapelle Saint-Ferréol » est sans doute, et de très loin, la plus prisée. Plusieurs raisons à cela : la beauté de l’objectif et la sérénité que l’on peut y trouver, les panoramas que l’on peut y découvrir par temps clair et pur qui vont de la Méditerranée jusqu’au Massif du Canigou et enfin son approche et sa distance qui en font une balade quasiment ouverte à tous. D’ailleurs, qualifiée de « familiale », c’est bien ainsi que cette balade est cataloguée dans le petit topo-guide intitulé « Randonnées en Bas-Vallespir » édité par la Communauté des communes du Vallespir et le Conseil Général. Je précise au passage que ce topo-guide est très facilement téléchargeable sur Internet depuis la page de l’Office de Tourisme du site de la commune de Céret ou directement sur la page d’accueil de la Communauté des communes du Vallespir. Quand on aime la randonnée comme je peux l’aimer, je trouve cette initiative plutôt « géniale » et puis je me dis que tout le monde n’a pas 10 à 15 euros à mettre dans un topo-guide. Enfin, pour ceux qui ont les moyens, sachez que l’on retrouve cette « incontournable » dans d’autres guides de randonnées et notamment dans celui intitulé « Les Pyrénées-Orientales…à pied » édité par la fédération. Quand on arrive du Boulou, le départ s’effectue depuis le petit parking du Pont du Diable qui se trouve à l’entrée de la ville, à droite, juste avant le pont. Là, des panonceaux explicites nous indiquent clairement la marche à suivre et il va en être ainsi tout au long de ce circuit de 9 kilomètres environ, selon mon propre relevé. On emprunte la D.615 passant sous la voie ferrée et on tourne immédiatement à droite en suivant le chemin de Vivès qui traverse les jolies villas du quartier  « la Porte du Vallespir ». Pas à pas, l’itinéraire zigzague dans les rues et nous entraîne hors de la cité puis au milieu des cerisaies qui ont fait,  à juste titre, la réputation de Céret. A l’intersection du Cami de Sant Fariol et à moins d’être complètement aveugle ou idiot voire les deux en même temps, un « casot » amplement tagué et une multitude d’indications nous indiquent la direction de l’ermitage. On poursuit toujours sur l’asphalte en suivant le balisage jaune et les nombreux panonceaux directionnels bien présents à chaque intersection. C’est donc sans aucune difficulté que l’on quitte d’abord le bitume au profit d’une piste terreuse puis, peu de temps après, on délaisse cette même piste au bénéfice d’un étroit sentier qui entre dans un sous-bois de chênes en traversant au préalable le petit « correc » de Saint-Ferréol asséché. Après une bonne grimpette sur un sentier parfois transformé en une large et unique ornière, on accède à un large chemin près d’un calvaire surmonté d’une croix de fer. Ici, un premier palier est atteint et des vues superbes commencent à apparaître : sur l’ermitage bien sûr mais aussi sur les chaudes couleurs automnales de la végétation des serrats avoisinantes et enfin, beaucoup plus loin à l’horizon, sur les cimes magnifiquement enneigées de notre fabuleux « Canigò ». On délaisse le large chemin et l’on poursuit toujours tout droit l’itinéraire qui file dans des sous-bois où chênes verts et chênes lièges se disputent l’espace. Cette sente finit par rejoindre une nouvelle piste sous d’immenses platanes et près d’un grande fontaine mais il faut encore s’élever de quelques centaines de mètres pour conquérir l’ermitage. Seuls au monde et dans un silence de cathédrale,  nous allons y rester plus d’une heure goûtant à la fois à la douce découverte de ce lieu si serein et au bonheur d’un pique-nique champêtre animé pas un couple de rouges-queues noirs peu farouches. Peu farouches, avant qu’un groupe de randonneurs, bien trop bruyants à leur goût et au notre, nous oblige tous à déguerpir vers d’autres cieux plus paisibles. Il faut dire que l’ermitage est fermé et qu’il est encore bien trop tôt pour attendre la première heure d’ouverture qui est 14h30. Nous reviendrons c’est sûr mais en voiture sans doute. Or mis cette petite déception que nous comblerons certainement un peu plus tard, nous repartons avec le regret qu’un brouillard bien trop bas et bien trop épais ait obstrué toutes les vues proches ou lointaines sur les Aspres, les Albères et la plaine du Roussillon. Seul le Canigou et une petite partie du Vallespir restent visibles et c’est déjà pas mal pour la saison. Dans l’immédiat, il nous faut poursuivre l’itinéraire qui passe au pied des dépendances et descend en direction du parking de l’ermitage. Là, il suffit de poursuivre la petite route qui va rejoindre la D.615. Dès le virage, il faut noter une différence entre le balisage indiqué sur les différents topo-guides et la réalité sur le terrain, En effet, plutôt que de poursuivre le bitume de la D.615, le balisage nous indique une variante par un étroit sentier qui monte à droite dans un petit bois filant vers le lieu-dit « Bigne de la Gouardy ». En effet, en atteignant une petite crête bien dégagée, les panoramas sont assez exceptionnels et une fois encore, on regrette qu’un brouillard assez dense occulte les vues les plus lointaines. On retrouve le balisage qui, une nouvelle fois, nous emmène sur la D.615 puis sur le chemin dit « du Roc Blanc ». Toujours rectiligne et très agréable car le plus souvent en balcon sur le plus haut de la colline du Serrat de l’Albitre, ce chemin rejoint un peu plus bas le chemin de l’Oratori puis un étroit sentier offrant de jolies points de vue sur Céret et le Vallespir. Ce sentier se termine au sommet d’un escalier très abrupt que l’on descend pour rejoindre la cité et le parking du Pont du Diable. Ainsi se termine cette jolie boucle que l’on pourra compléter par une autre balade cérétane, celle de la cité elle-même qui possède de nombreux autres attraits historiques et paysagers. Si j’ai volontairement omis de vous parler de l’histoire de l’ermitage Saint Ferréol, c’est parce que les topo-guides indiqués plus haut en font un bref mais très intéressant résumé. En outre et comme toujours, je vous renvoie vers l’excellent site de l’Histoire du Roussillon sur lequel vous trouverez une description plus précise et plus complète de ce haut-lieu du pèlerinage et du recueillement. Carte IGN 2449 OT Céret – Amélie-les-Bains- Palalda- Vallée du Tech Top 25.

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Ami(e)s randonneuses et randonneurs, nos meilleurs voeux pour 2014

Publié le par gibirando

Ami(e)s randonneuses et randonneurs, nos meilleurs voeux pour 2014

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Libérer le Madres, nous y étions !

Publié le par gibirando

Ce court diaporama est agrémenté de la chanson "Libertango" du compositeur Astor Piazzolla. Elle est interprétée ici par l'accordéonniste Marcin Wyrostek accompagné de l'Academic Symphonic Orchestra in Katowice (Pologne) dirigé par Sebastian Perlowski. (Version incomplète).

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LE-MADRES-LIBERE
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A l’appel du Collectif pour « Libérer le Madres », j’étais ce samedi 29 septembre 2012 au col de Jau puis au Refuge de Caillau ! A 9h15 et donc en retard il est vrai, ce qui ne m’a pas permis d’assister aux discours des élus et organisateurs et de partir randonner vers le sommet du Madres ou au pic de la Rouquette. Il faut dire que ce retard auquel il a malheureusement fallu que j’ajoute le temps exécrable qui régnait dans le secteur n’ont pas été propice à courir derrière les plus rapides et les plus courageux des participants qui avaient démarré beaucoup plus tôt que moi. Les quelques « fâcheuses » expériences dont une déjà vécue dans ce secteur de la Glèbe par temps de brouillard m’ont appris à être prudent en montagne et l’âge aidant…j’ai préféré renoncer à tenter cette aventure tardive. Alors oui, j’y étais mais pas question d’en faire une affaire personnelle même si  d’un autre côté, j’y trouvais bien sûr un intérêt fortement personnel. Comme vous le savez, je suis un fou de randonnées et je possède depuis peu une petite maison à Urbanya alors bien évidemment une interdiction de marcher sur ces territoires de Cobazet (*) et du Madres aurait été dramatique pour moi car c’est une vaste partie de « mon » domaine habituel de marche qui aurait été amputé.  Alors je rectifie : « Nous y étions ! » car selon l’Indépendant, c’était plus de 500 personnes qui avaient fait le déplacement malgré des prévisions météo désastreuses (qui se sont avérées justes !) et un revirement de dernière minute du Président de Groupama qui, la veille même de la marche programmée, avait annoncé sa propre « marche ». La sienne, c’était une marche arrière si tardive et si inattendue que peu de gens y ont cru vraiment. Nombreux et moi le premier ont pensé qu’une fois de plus Monsieur Cornut-Chauvin nous « baladait » encore. J’ai donc profité de cette journée pour rencontrer quelques personnes très sympathiques et pour aller faire un tour à la mine de talc car après tout c’est bien ici que tout a commencé. Et plutôt que de vous relater cette histoire, je vous conseille à ce propos d’aller lire un communiqué signé Anne-Marie Delcamp paru sur la page Facebook d’Unitat Catalana.

Au moment où je laissais ma voiture au col de Jau pour partir vers le Refuge de Caillau,  j’ai entendu deux détonations de fusils de chasse venant da la vallée de la Castellane et j’ai aussitôt pensé aux animaux qui avaient  « trinqués ». Puis, dans la foulée suivante, je me suis dit que le domaine n’était apparemment pas interdit à tout le monde. En arrivant au refuge, j’ai constaté qu’il y avait une majorité de randonneurs et d’amoureux de la nature et j’ai donc été très surpris d’apprendre que parmi les participants, certains chasseurs s’étaient également mobilisés. Ne connaissant pas grand-chose à la chasse mais après les coups de feu entendus , j’en ai conclu qu’il y avait sans doute « chasseurs » et « chasseurs » et mon étonnement fut encore plus grand tant je pensais que les intérêts des chasseurs et des randonneurs étaient diamétralement divergents. Moi, je vais plus souvent à la montagne pour ce qu’elle est c'est-à-dire pour la beauté de ses paysages, de sa flore et de sa faune et bien moins pour ce qu’elle possède même si de tant à autre récolter des fruits rouges pour faire des confitures ou ramasser des champignons sont d’agréables moments de bonheur. Par contre, marchant très souvent tout seul, il m’arrive parfois de croiser ou de surprendre des animaux dont il faut bien reconnaître qu’ils ont une phobie prodigieuse de l’homme. Et là, force est de reconnaître que la chasse y est sans doute pour beaucoup. Les périodes de chasse sont-elles sans doute beaucoup trop longues et même si certaines prises sont limitées et fortement réglementées, les animaux, eux, ne le savent pas et ils ont depuis longtemps inscrits dans leur gêne cette peur de l’humain.

Je rêve donc, pour mes petits-enfants, qu’il n’y ait plus d’espaces privés à la montagne et qu’il n’y ait jamais plus d’interdiction de randonner. Je rêve pour eux d’un Conservatoire de la Montagne comme il existe déjà un Conservatoire du Littoral….mieux, je rêve pour cette contrée du Madres d’un petit espace entièrement préservé et réservé à la flore et la faune, une espèce de petit parc «Yellowstone » à la française où les « grands » animaux et les plus petits aussi n’auraient plus jamais peur de l’homme….

C’est si bon de rêver !!!

Liens intéressants :

Pétition pour libérer le Madres 

Mosset, le collectif communique 

Article de l'Indépendant-Le Madres libéré !

(*) si l'histoire du Domaine de Cobazet vous intéresse, cliquez ici.

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La Carrière de talc de Caillau (1.645 m) depuis le col de Jau (1.506 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 4 musiques jouées à l'harmonica qui sont successivement : "Michèle" par Robert Jassen, puis "A Star Is Born Theme", "Emmanuelle 2' et "Ben" par The London Starlight Orchestra.
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Je ne compte plus le nombre de fois où dans ce blog, j’ai évoqué la carrière de talc de Caillau et pourtant, en y regardant de plus près, je me suis aperçu que jamais je ne vous l’avais faite découvrir, ni dans un article, ni dans aucune de mes photos. Alors, avec cette petite balade à partir du Col de Jau (1.506 m), je répare cette lacune mais je l’avoue c’est un peu le hasard qui l’a voulu ainsi. En effet, en ce jour de janvier superbement ensoleillé, Dany et moi, nous étions partis avec l’idée première de faire l’ascension du « Pic Dourmidou en raquettes » mais si le soleil était très présent ce jour-là, sans doute l’avait-il été suffisamment les jours précédents pour qu’il n’y ait plus aucune trace de neige ni au sommet et encore moins sur ses flancs. En effet, quand nous arrivâmes au Col de Jau, notre objectif du jour ressemblait plus au pic débonnaire et pelé qu’on a l’habitude de voir en plein été qu’à cette grosse coupole blanchâtre où nous étions déjà venus faire des raquettes lors d’hivers précédents et qu’on est en droit d’attendre un 22 janvier ! Il faut reconnaître que voir le sommet de Dourmidou avec ses 1.843 mètres d’altitude ainsi que ses flancs sans la moindre plaque de neige est assez rarissime en cette saison pour être signalé. Depuis Perpignan, le déplacement jusqu’au Col de Jau étant conséquent et l’heure étant déjà bien avancée, il était donc important de prendre une décision rapide quand au choix à retenir : soit nous grimpions au Dourmidou sans raquettes, excursion qui ne semblait pas avoir la faveur de Dany soit nous options pour une autre solution. C’est ainsi qu’a germé le projet d’aller balader jusqu’à la carrière de talc de Caillau. Cette idée de découverte étant aussitôt entérinée, nous avons harnaché nos sacs à dos et avons pris immédiatement la piste forestière qui file en direction du refuge. Connaissant le parcours et la faible distance à parcourir, je savais que nous pourrions flâner plus que de raison et c’est donc avec un train de sénateur que nous partîmes à la découverte de l’ancienne carrière. Cette agréable flânerie à travers la superbe forêt de Lapazeuil fut, il est vrai, encore très ralentie par les nombreuses et importantes plaques de glace qui recouvraient la piste dans les endroits les plus ombragés. Plus nous avancions vers le refuge et plus les parties gelées et parfois même enneigées se faisaient plus courantes et pénibles d’autant que nous n’avions pas de crampons à glace sous nos chaussures et que nous avions cru bon de laisser nos raquettes dans le coffre de la voiture. Sur ce terrain extrêmement glissant, il nous fallut trois quarts d’heures pour atteindre le refuge dont je gardais personnellement un excellent souvenir pour y avoir séjourné en 2007 lors de mon inoubliable Tour en solitaire du Coronat. Je garde encore en mémoire et je dirais presque en bouche, les succulentes lasagnes qu’Armelle nous avait confectionnées ce soir-là et je me souviens en souriant avoir peu dormi à cause des ronflements assourdissants de mes compagnons de chambrée. Mais revenons à notre balade pour dire que la suite de notre marche en forêt ne fut guère meilleure même s’il est vrai que le tronçon qui surplombe la magnifique Jasse de Caillau est un peu plus ensoleillé. Plus nous montions vers la carrière et plus les petits névés de glace ou de neige étaient plus nombreux et plus épais. Aussi, avant de quitter la piste et de partir à la découverte de la carrière, nous avons profité d’un coin magnifiquement ensoleillé pour pique-niquer. Quand le casse-croûte fut avalé et l’heure de la visite de la carrière de talc arrivée, Dany trouva que le sentier qui y mène était bien trop verglacé et donc dangereux pour poursuivre. Nous avons bien tenté d’y accéder par les hauteurs en poursuivant la piste mais la carrière est inaccessible car elle a été complètement grillagée par mesures de sécurité. Laissant Dany au soleil, je partis donc tout seul à la découverte de la vieille carrière en longeant le petit ruisseau qui semble y prendre sa source en hiver. Ce ru parait finir sa course un peu plus bas dans la rivière de la Castellane. J’ai donc tenté l’aventure en suivant le filet d’eau dont les berges étaient de vraies patinoires et j’ai fini par atteindre l’ancienne mine d’extraction à ciel ouvert qui en cette saison, ressemblait à un véritable petit glacier. En voyant ce modeste cirque terreux jonché de rochers, de pierres, de bois et de glace, je ne pus m’empêcher de penser à un sérac en miniature tels qu’on peut en voir au pied de certains grands glaciers alpins. Devant ce décor âpre et difficile, on comprend mieux pourquoi, l’exploitation n’était possible qu’à partir des premiers beaux jours. Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’évoquer dans ce blog, la carrière de talc de Caillau a toujours été étroitement liée avec le Domaine de Cobazet (*), situé un peu plus bas. Ici la société Chefdebien a commencé à extraire de la stéatite en 1885 mais il semble que le filon était déjà parfaitement connu et exploité bien antérieurement. La stéatite est une roche tendre composée presque essentiellement de talc, talc qui une fois mélangé à du sulfate de cuivre donne de la sulfostéatite cuprique. Cette poudre fabriquait dans l’usine Gibraltar de Prades était plus connue sous le nom de « Bouillie catalane » ou « Poudre Chefdebien ». Autant dire qu’à la fin du 19eme siècle, cette poudre tombait à pic, car en 1879, le mildiou de la vigne venait juste d’être identifié pour la première fois dans le vignoble bordelais. Cette poudre eut donc ses grandes heures de gloire car elle était censée lutter très efficacement contre le mildiou de la vigne et autres maladies cryptogamiques en général. Toutes ces informations, je les ai recueillies sur Internet dans la très intéressante Histoire de Mosset. Cette Histoire nous apprend que le talc aurait été exploité jusqu’à l’année 1972 et l’ensemble des activités de l’usine s’arrêta définitivement en 1975. Au cours de toutes ces années d’extraction, le transport du talc a été effectué de diverses manières vers des lieux de cette belle montagne qui sont devenus aujourd’hui des objectifs de balades. J’ai déjà eu l’occasion d’en décrire quelques-uns dans mon blog. Outre Caillau où se trouvent la carrière et l’ancienne maison des mineurs, aujourd’hui transformée en refuge pour randonneurs, le nom de ces lieux déjà décrits sont Canrec, Cobazet, Estardé et les cols de Tour ou de las Bigues. En effet, depuis la carrière, le talc traversait le superbe forêt de Canrec puis via le col de Tour partait jusqu’au lieu-dit Cobazet où se trouve la métairie. Ensuite via le col de Las Bigues, le talc filait jusqu’à Estardé où se trouvait une gare de transit. Depuis Estardé, le talc était ensuite acheminé vers Campôme à l’aide de bennes suspendues à des câbles. A Campôme, des charrettes tirées par des chevaux amenaient le talc jusqu’à la fabrique de poudres de Prades. Tous les moyens de transports ont été bons, mules, chevaux, bœufs, hommes, charrettes, mais très rapidement, un petit train tracté par une locomotive Decauville fit le trajet entre Cobazet et Estardé, puis la ligne fut mise en service jusqu’à la carrière. Au fil des années, le Baron de Chefdebien puis ses successeurs tentèrent de moderniser les infrastructures pour gagner du temps et transporter plus de minerais et ainsi d’autres moyens de transports plus récents et plus rapides furent mis en service. A Cobazet, on éleva de grands pylônes et par des systèmes de bennes suspendues à des câbles, le talc était descendu beaucoup plus rapidement vers la vallée de la Castellane au lieu-dit la Farga de Dalt (la Forge Haute). Là, le talc était réceptionné et des camions l’amenaient à l’usine de Prades. C’est ainsi que très rapidement la Gare d’Estardé ne servit plus à rien, tomba en désuétude et très rapidement en ruines. Quand on vient à la carrière de Caillau et dans ces lieux en général, il faut avoir une tendre pensée pour tous ces hommes et toutes ces femmes qui ont travaillé dur et qui ont vécu cette difficile aventure de l’exploitation du talc. Il y eut une main d’œuvre très diverse (mineurs, cheminots, jeunes volontaires, prisonniers de guerre, immigrés,etc…)  et si vous avez envie d’en savoir plus, je vous recommande vivement la lecture des excellents récits de Monsieur Jean Llaury et de certains de ces collègues que vous trouverez dans plusieurs numéros du Journal de Mosset- JDM (Histoire de Mosset). Si comme moi et sans être un vrai spécialiste de la minéralogie, vous aimez bien garder quelques  "souvenirs" de vos balades, ici à la carrière de Caillau, vous pourrez, outre la stéatite, trouver quelques minéraux intéressants. Après la découverte de la carrière que je vous conseille d’approcher à une autre saison que celle que j’avais presque involontairement choisie, il suffit de reprendre le même chemin jusqu’au col de Jau. Selon mon GPS, cet aller-retour fait moins de 10 kilomètres pour un modeste dénivelé de 120 mètres. Si malgré mes conseils, vous devez y aller en hiver, comme ce fut le cas pour nous, pensez à vous munir de crampons à glace et éventuellement de raquettes si la neige est abondante. Monsieur Llaury et ses collègues proposent une autre balade en boucle pour se rendre à la carrière de Caillau et ils semblent d’ailleurs conseiller le printemps comme meilleure saison, car selon eux une magnifique flore très variée y est présente dans l’amphithéâtre même de la mine à ciel ouvert. Alors patientez encore un peu, le printemps arrive  ! Carte IGN 2249 ET Font-Romeu et 2248 ET Axat-Quérigut Top 25.

(*) Si l'histoire du Domaine de Cobazet vous intéresse, cliquez ici.

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Aux Portes de Boucheville (838 m) depuis Vira (604 m)

Publié le par gibirando


 
Ce diaporama est agrémenté de 3 chansons interprétées par Claude Nougaro et extraites de son album posthume "La Note Bleue". Elles ont pour titre : Les Chenilles, Autour de Minuit, l'Espérance en l'Homme.

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Vous allez certainement vous dire que je ne quitte plus le pays Fenouillèdes car après l'époustouflant Pic de Vergès, le retour dans le temps à la Tour de Lansac, me voilà désormais au ravissant hameau de Vira pour une petite balade qui s'appelle "Aux portes de Boucheville". Autant le reconnaître, ce jour-là, Dany et moi, nous n'étions pas vraiment partis  là-bas dans cette grandiose et superbe forêt de Boucheville pour faire une véritable randonnée car notre objectif principal était d’abord d'aller cueillir du houx pour préparer le marché de Noël de notre village. Le résultat de cette agréable cueillette étant de constituer de jolis bouquets au profit de l'Association des Chats d'Oc de Saint-Estève, association qui avec beaucoup de persévérance et de courage vient en aide à nos animaux de compagnie depuis de nombreuses années. Le temps très doux de ce joli jour de décembre et l’occasion faisant le larron, nous avons donc joint l'utile à l'agréable. Et quand, je dis agréable, cet aspect-là des choses n'a pas consisté seulement à marcher, à pique-niquer et à ramasser du houx car il y a eu d'autres moments bien délicieux au cours de cette petite balade. En premier lieu, quand nous avons laissé notre véhicule à l’entrée du hameau, un gentil chien est venu d’emblée nous faire des fêtes. Allez savoir pourquoi, nous l’avons presque immédiatement appelé « Virus ». Sans doute, à cause du nom du village « Vira » mais aussi peut-être parce qu’il était collant et aussi difficile à se débarrasser qu’une maladie virale. Virus a commencé par nous suivre jusqu’à la place principale où, depuis que j’avais effectué une jolie boucle à la « Source des Verriers », je savais à l’avance que je trouverais d’autres panonceaux de randonnées. Effectivement, trois panneaux sont là pour donner le départ vers la Source des Verriers, le Sentier botanique de Vira et enfin notre randonnée du jour : « Aux Portes de Boucheville – 5,3 km – 1h50 – dénivelé 230 m ». Bizarrement et avant même que l’on emprunte le bon itinéraire, notre ami Virus, à la fois canin et câlin est déjà là à attendre dans la bonne direction comme s’il savait déjà quelle balade nous avons choisie. En tous cas, lui est bien décidé à venir en balade avec nous et quant on passe devant « La Claire Fontaine » en empruntant le « Chemin des Pradillets », Virus a déjà pris 20 mètres d’avance et il nous attends assis sagement sur son arrière-train avec un petit air qui semble vouloir dire : « Eh les amis, il faudrait voir à accélérer un peu le pas ! » Arrivé près d’un bel oratoire, il a déjà tourné à droite et il va en être ainsi tout au long du parcours car s’il y a une réelle évidence, c’est celle de constater que Virus connaît pas cœur cet itinéraire « Aux Portes de Boucheville ». Il faut reconnaître qu’en suivant Virus, Dany et moi ne trouvons pas utile de suivre les marques peintes en jaune pourtant parfaitement présentes et visibles. Virus, lui, suit son propre balisage jaune, celui de ses traces d’urine qu’il laisse à tous bouts de champ et à intervalles réguliers en levant la patte. Le chemin s’élève bien vite et laisse entrevoir des vues magnifiques sur Vira mais aussi bien plus loin, vers les blanches Corbières et les 1.230 mètres de son point culminant le Pech de Bugarach, véritable mastodonte de calcaire vu d’ici. Mais étonnamment, c’est un autre sommet, le Sarrat Naout qui semble bien moins haut qui attire nos regards. Pourtant, point culminant lui aussi mais des Fenouillèdes cette fois, avec ses 1.310 mètres de hauteur, le Sarrat Naout n’a rien à envier au Bugarach et il domine remarquablement le paysage de son dôme roussâtre qui se dévoile au bout du sentier. Plus loin, c’est le Pech de Fraissinet qui découvre sa protubérance pelée telle une grande baleine à bosse qui flotterait sur un immense océan végétal. Après les pluies torrentielles des derniers jours, les abords du chemin sont de véritables champignonnières naturelles mais dommage car la plupart des champignons sont soit déjà véreux soit dangereux et inconsommables. Avec deux gros lactaires délicieux et deux gros bolets dont un excellent « bleuissant » trouvés dans la forêt, nous aurons plus de chance en début d’après-midi mais l’heure du pique-nique est déjà venue au grand dam de Virus qui se demande bien pourquoi tout à coup on s’arrête. Lui qui sans cesse marche avec 20 ou 30 mètres d’avance mais reviens aussitôt vers nous quand il nous perd de vue, accomplissant ainsi plusieurs fois le parcours, cette fois, il ne comprend pas cette halte impromptue. Il aboie, part en courant puis revient, dodeline de la tête comme pour nous dire : « eh que faites-vous, il faut y aller, c’est par là ! ». Puis il s’arrête et nous regarde de son air désabusé, surpris de nous voir nous installer sur la pelouse d’une clairière ensoleillée. Mais quand on sort les casse-croûtes, Virus n’est pas si bête que ça  et il comprend vite que s’il veut sa part de la collation, il a tout intérêt à venir s’allonger entre nous deux. Mais Virus, même en jouant les mendiants avec ses faux airs de chien battu, est bien difficile à contenter car quand on lui tend un morceau de notre sandwich, il délaisse le pain et préfère sans contestation aucune le jambon, le saucisson et le pâté. L’après-midi, nous reprenons la piste forestière qui zigzague dans une belle hêtraie où les vestiges de quelques cortals finissent de tomber en ruines. Si les hêtres déjà bien dégarnis de leurs feuilles sont les plus nombreux, quelques derniers feuillages d’autres essences luttent encore pour le titre de la plus belle couleur d’automne. Quand aux quelques pins et autres conifères, ils sont parfois les terrains de jeux de quelques écureuils joueurs, malicieux et très difficiles à photographier. Pour trouver du houx aux superbes boules rouges que nous sommes venus chercher, il nous faudra néanmoins sortir un peu des sentiers battus. Virus, lui, continue à nous montrer la route et s’agace de nos volte-face incessantes quand on se met en quête de chercher des champignons ou bien du houx ou quand je cours avec mon numérique derrière un écureuil. Puis, Virus repart de la plus belle des manières et semble apprécier quand on retrouve le parcours dont il connaît l’itinéraire aussi bien que le bout de sa « truffe ». A l’approche d’un joli chalet de bois, Virus part dans le pré comme s’il connaissait très bien les lieux mais ce dernier étant vide de tout occupant, il se ravise et reprend la course en avant de sa « folle » chevauchée dans la descente qui mène directement vers l’aire de pique-nique et le sentier botanique tout proche. Situé à moins de 200 mètres, on peut aisément coupler la découverte du sentier botanique de Vira à cette courte randonnée. A cette intersection de plusieurs chemins et après avoir retrouver le bitume sur quelques centaines de mètres, on va très rapidement le délaisser à nouveau en s’élevant parallèlement à la route forestière qui arrive directement de la Source des Verriers et descend vers le village. Nous, du village, on va en avoir une ultime et magnifique vue aérienne sur ce dernier tronçon du parcours qui, au travers d’un chemin parfois haut ou parfois creux, encadré qu’il est de terrasses de pierres sèches, nous emmène illico à Vira. Au village, Virus retrouve un petit dogue, bon pote à lui semble-t-il et ils vont finir ensemble et sans problèmes nos restes de casse-croûtes.  Mais quand l’heure de reprendre la route a sonné, c’est avec un petit pincement au cœur que nous regardons Virus courir derrière notre voiture en aboyant comme s’il voulait nous dire : « Revenez, ne partez pas, revenez !!! ». Ah, si nous n’avions pas tant de chats et si tu n’avais pas un gentil maître qui te laisse tout le loisir de gambader, nous aurions bien aimé t’adopter affectueux et attachant Virus ! Et puis Virus, il faudra bien que tu continues à montrer le chemin à tous ces futurs randonneurs qui viendront effectuer cette jolie randonnée qui figure en bonne place dans le guide « 34 randonnées en Agly-Verdouble » ? Pause pique-nique et recherches incluses, nous avons mis trois heures pour accomplir cet agréable circuit « Aux Portes de Boucheville ». Il s’adresse à tout le monde et peut-être l’occasion d’une agréable sortie familiale où jeunes et moins jeunes y trouveront leur compte. Carte IGN 2348 ET Prades - Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

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Un Tour du Bonheur

Publié le par gibirando

J’aime mes enfants par dessous tout et j’aime la randonnée car c’est mon passe-temps favori. Alors comment, dans mon journal mensuel, pourrais-je passer sous silence ce merveilleux Tour pédestre des Fenouillèdes qu’en ce mois de septembre je viens d’accomplir avec mon fils. Quand il m’a annoncé qu’il voulait partir marcher avec moi, j'ai été d'abord très surpris car il préfère nettement le VTT mais j’étais tellement heureux que j’ai mis tout en œuvre pour que ce tour que j’avais inscrit dans mes tablettes depuis fort longtemps se réalise et croyez-moi, même s’il  ne fut pas très facile à organiser, car il faut le dire ce pays des Fenouillèdes est incontestablement le parent pauvre du département des Pyrénées-Orientales, il était hors de question pour moi que nous ne l’accomplissions pas ensemble. Le Fenouillèdes, terre occitane oubliée ou ignorée des catalans depuis le traité des Pyrénées de 1659, il suffit pour s’en convaincre, de compulser Pyrénées-Orientales - L’Encyclopédie Illustrée du Pays Catalan où seulement deux pages sont consacrées à cette belle région sur les 302 pages que comporte ce gros ouvrage. Pour se convaincre de cette indifférence et de cette ignorance quasi générale, il suffit de vouloir parcourir ce tour, pourtant parfaitement balisé par les comités associatifs pédestres, pour constater qu’aucun topo-guide n’a encore été édité ni par la Fédération Française de Randonnée Pédestre ni par aucun autre éditeur. Quand à l’organisation, si dans les communes les plus importantes que sont Saint-Paul-de-Fenouillet, Caudiès-de-Fenouillèdes et Sournia, on trouve assez aisément le gîte et le couvert, il y a, en terme d’hébergements, quasiment un grand vide dans la partie est de ce tour sur une immense portion qui va de Saint-Paul à Sournia, c'est-à-dire depuis Lesquerde à Eus en passant par Ansignan, Trilla, Tarerach, Marcevol et Arboussols. C’est d'ailleurs, je pense, la raison essentielle pour laquelle ce tour n’a pas été édité et reste peu fréquenté et que nous-mêmes avons été contraints de camper lors de la première étape qui nous a amené de Trilla à Eus. J’ai d’autant plus du mal à comprendre ce désintéressement pour les Fenouillèdes et cette désaffection pour ce magnifique tour pédestre que cette région regorge de richesses naturelles, architecturales et patrimoniales exceptionnelles. Pour n’évoquer que les sites les plus remarquables rencontrés ou aperçus sur l’itinéraire et sans parler des excellents vignobles que l’on côtoie au fil du parcours, Rivesaltes et Maury pour ne citer que les plus connus, il y a le superbe Prieuré de Marcevol, la localité d’Eus, élu plus beau village de France, de nombreux jolis hameaux oubliés dont ceux de Comes et de Campeau par exemple , ces étonnants amas de mégalithes naturels du Parc Naturel Régional des Pyrénées-Catalanes, les admirables forêts domaniales du Fenouillèdes, de Boucheville et du Moyen-Agly, les merveilleuses gorges de Saint-Jaume et de Galamus avec son ermitage Saint-Antoine, les belles vallées de la Désix, de la Boulzane et de l’Agly pour ne parler que des principales rivières, les ruines d’innombrables mas pastoraux et de nombreux châteaux dont ceux de Fenouillet, l’ admirable église Notre-Dame de Laval à Caudiès, les étonnantes échines géologiques calcaires que sont le synclinal de Saint-Paul s’étirant sur plus de 30 kilomètres et les Corbières avec ses pechs et notamment celui monumental et mystique de Bugarach, le surprenant chapitre de Saint-Paul avec son insolite clocher heptagonal et enfin peut-être le plus merveilleux et emblématique joyau architectural de la région avec le splendide pont-aqueduc romain d’Ansignan dans un état de conservation exceptionnel et encore en état de fonctionnement malgré son grand âge de plus de 17 siècles. Voilà quelques unes des principales merveilles que vous pourrez découvrir si vous êtes un jour amenés à réaliser ce tour dans son intégralité. Mais le Fenouillèdes, ce n’est pas seulement cela, ce sont des hommes qui ont su façonner un pays très tourmenté fait d’une succession de collines et de multiples ravins, des hommes qui ont réussis à élever de charmants villages dans les coins les plus reculés, des hommes qui malgré les occupations, les invasions successives (romains, wisigoths, musulmans, francs, espagnols, etc.…) et un passé parfois tumultueux comme les guerres entre cathares et catholiques sont restés accueillants et ont réussi à en faire un pays où il fait bon vivre. Même si en raison d’une mauvaise météo, les deux premiers jours n’ont pas été très propices à une flânerie pédestre,  sur ce Tour des Fenouillèdes, ce bien-être, Jérôme et moi avons eu l’occasion de le goûter tout au long de ces 5 jours. Alors, je ne sais pas ce que Jérôme en pense mais pour moi, ce périple de 120 kilomètres avec lui, restera très longtemps un vrai Tour du Bonheur.
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La Fontaine du Loup (Foun del Loup-650 m) de Trilla à Pézilla-de-Conflent

Publié le par gibirando



Ce diaporama est agrémenté de 3 musiques interprétées par le groupe "Rondò Veneziano" extraites de leur album "Concerto Per Vivaldi". Elles ont pour titre : "Primavera", "La Cetra" et "Estro Armonico".

Si quand vous étiez enfant, votre maman a hanté vos nuits après vous avoir raconté le "Petit Chaperon Rouge" et si vous avez gardé au fond de votre mémoire cette peur du "grand méchant loup" qui mangeait votre grand-mère, autant que je vous tranquillise tout de suite quant au titre que j'ai donné à cette jolie randonnée. En effet, la Fontaine du loup ou Foun del Loup en occitan est le nom du point culminant (650 m) de cette magnifique petite balade au cœur du pays Fenouillèdes qui fait la jonction entre deux superbes hameaux que sont Trilla et Pézilla-de-Conflent. Alors soyez rassurés, car vous n’y verrez certainement ni loup pas plus que de fontaine pour la bonne et simple raison qu’ici le mot « fontaine » doit se traduire dans son sens le plus originel c'est-à-dire le mot « source ». Alors si la source du Loup existe bien en bordure du chemin et si d’ailleurs on coupe son petit ruisseau sur le chemin du retour, inutile de me demander pourquoi on l’a appelé ainsi. Je suppose que dans un passé plus ou moins lointain, un loup aurait été aperçu entrain de boire près de cette source ou bien était-il là à guetter une proie comme dans la célèbre fable d’Esope reprise un peu plus tard par Jean de La Fontaine sous le titre « le loup et l’agneau » :

La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l'allons montrer tout à l'heure.
Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d'une onde pure.
Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage
?

Etc.….Mais revenons à nos moutons ou plutôt à mon loup. La randonnée démarre du charmant village de Trilla où on laisse son véhicule sur le parking aménagé à cet effet. On passe devant la jolie mairie et tout en lui tournant le dos, on emprunte tout droit la rue des Troènes. On poursuit encore tout droit la rue du Château d’Eau qui, au printemps, nous fait sortir très rapidement du village au milieu de magnifiques et flamboyants buissons de genêts. On arrive devant une petite décharge et là on tourne à gauche en empruntant le Tour des Fenouillèdes balisé en jaune et rouge. En cet agréable antépénultième jour du printemps, s’étalent devant nous de vastes prairies où ondulent de graciles graminées, quelques vignes parfaitement alignées et des prés d’un vert intense. Plus loin, les jolis paysages s’entrouvrent sur une immense partie du Pays Fenouillèdes et à l’horizon, sur la longue chaîne blanchâtre des Corbières. Tout en s’élevant au dessus du hameau, la route bitumée devient très rapidement une large piste terreuse bordée de milliers de fleurs multicolores. Ce chemin continue à s’élever direction plein sud au milieu du vignoble puis de la garrigue en direction des collines verdâtres qu’ici on appelle « Sarrat ». Au loin, le bulbe arrondi du Pech de Bugarach émerge de la ligne d’horizon. On finit par atteindre une bifurcation mais on ignore le petit sentier du Tour du Fenouillèdes qui entre à gauche dans un sous-bois et file vers le Col de Saint-Jean et on lui préfère la large piste qui continue. L’itinéraire est désormais balisé en jaune. Peu de temps après, on coupe une nouvelle intersection de deux pistes et on délaisse celle qui monte à gauche. Ici le chemin amorce un virage à 90° et c’est là que prend sa source la Foun del Loup dont le petit ru descend dans la ravine abrupte qui se trouve sur la droite. Désormais le chemin file en balcon et à travers quelques fenêtres que dessinent les branchages, on profite des magnifiques vues qui se dévoilent vers la vallée de l’Agly. Deux cent mètres plus loin, on fait attention à quitter la piste au profit d’un étroit et court raccourci qui descend, se faufile à travers les genêts et les bruyères arborescentes et qui retrouve la même piste quelques mètres plus bas. Ce chemin qui va nous amener vers Pézilla-de-Conflent est sans doute la plus belle et la plus caractéristique partie de cette belle balade en Fenouillèdes. L’itinéraire tout en balcon au dessus du profond ravin des Bacs file entre les splendides crêtes de la Sarrat de L’Albèze et de celle de Rouvenac. Les panoramas se dégagent au loin vers la magnifique Forêt de Boucheville, le Massif du Madres ou celui du Coronat. Dans ce décor essentiellement verdoyant, quelques insignifiantes taches blanches et rouges se révèlent. Ce sont celles que composent les lointains villages que sont Campoussy et Prats-de-Sournia. Dans un virage, on ignore la piste qui file à droite au profit d’un sentier légèrement plus étroit qui descend vers Pézilla-de-Conflent. Le nom de Conflent est paradoxalement surprenant puisque ce village se situe au cœur même du pays Fenouillèdes. A l’approche du village, on a de somptueuses vues sur le vallon de la Désix puis juste avant d’arriver près d’un pylône, on domine majestueusement l’ensemble de la vieille commune, elle-même dominée par le hameau perché de Prats-de-Sournia. Ici, à proximité du pylône, deux solutions s’offrent aux randonneurs, soit on poursuit la piste qui file en descente vers le hameau soit on choisit de prendre un raccourci en empruntant une étroite sente quelque peu embroussaillée qui descend à droite et derrière l’antenne. Dans les deux cas, on débouche à l’entrée du village et il faut déjà noter que c’est par là que s’effectuera le retour. Mais, le village en bordure de la fraîche rivière Désix est si beau et si pittoresque qu’on ne doit surtout pas le quitter sans lui consacrer au moins une courte visite. Moi, j’ai eu si chaud qu’avant le pique-nique, je n'ai pas pu résister à faire trempette dans la Désix, mais vous n’y serez pas obligés. La visite seule est déjà agréable et croyez-moi, vous ne regretterez pas la découverte de ce magnifique village même si son église du 17eme siècle dédiée à Saint-Etienne est fermée aux visiteurs inattendus que nous sommes. Pour le retour, il faut prendre la route citée plus haut et emprunter ensuite la piste DFCI F82BIS. Toujours balisée en jaune, cette piste terreuse file plein est et nous amène au col de Quitou. Juste avant ce col, on surveille le balisage et en apercevant un cairn sur la droite, on emprunte un étroit raccourci qui y mène très rapidement. On poursuit toujours vers l’est et entre les lieux-dits de l’Homme Mort et de la Devèse, on quitte le PR peint en jaune au profit du Tour du Fenouillèdes qui arrive d’Ansignan. Sur ce petit tronçon, on remarque un joli bassin DFCI et un peu plus tard, un mince ruisseau d’eau claire et en analysant la carte IGN, on constate que ces deux points d’eau sont alimentés par notre source attitrée, celle de la Foun del Loup. En finissant sur le tracé du Tour du Fenouillèdes, on n’est donc pas surpris de déboucher à la petite décharge de Trilla que l’on avait croisée au départ. Ce beau circuit d’une douzaine de kilomètres, visites des deux hameaux incluses est avec ses 350 mètres de dénivelé d’un niveau plutôt facile. Il s’adresse donc à toutes les personnes aptes à accomplir ces modestes performances et permet, comme je l’ai dit plus haut, de se faire une jolie idée du pays Fenouillèdes. En effet, cette superbe région est unique car elle est composée d'une succession de profondes ravines que les nombreux petits ruisseaux comme celui de la Fontaine du Loup et les affluents plus importants de l’Agly comme les rivières Désix ou Matassa ont creusé au fil des millénaires. C'est donc un relief tourmenté mais original où se succèdent les collines boisées et les vallons rafraîchissants que vous découvrirez au cours de cette superbe balade. Dans cet incroyable décor fragmenté très souvent ensoleillé que les hommes ont su dompté depuis la préhistoire, on a, à mon goût, trop tendance à oublier que de superbes villages comme Trilla et Pézilla-de-Conflent s’y sont installés depuis des lustres. Alors n’hésitez plus, partez en vadrouille dans le fenouil pendant que le loup n’y est pas ! Je profite de cette petite tribune pour remercier tous les gens qui débroussaillent à longueur d’années et nous permettent ainsi d’arpenter tous les jolis chemins de notre beau département dans d’excellentes conditions. Ici dans ce secteur il y a par exemple l’Association les Pèlerins des Fenouillèdes : merci à eux ! Carte IGN 2348 ET Prades - Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

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Autour et Tour de Trémoine (272 m) depuis Rasiguères

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de la musique "When Darkness Folk" interprétée par le duo Secret Garden, extraite de leur album "Earthsongs"

Parfaitement balisée en jaune car il s’agit d’un P.R. , cette courte randonnée qui part du joli village de Rasiguères et qui s’intitule « Autour de Trémoine » n’est pas très difficile. D’ailleurs quand on regarde la carte IGN, on peut se poser la question pourquoi ce nom « Autour de Trémoine » ? En effet, le circuit côtoie la Tour de Trémoine mais ne tourne pas autour et de plus l’itinéraire n’emprunte pas le vallon où coule le ruisseau au même nom. Mais peu importe le nom, cette boucle donnée pour 7,5 kilomètres et 400 mètres de dénivelés, sans doute cumulés, ne présente aucune difficulté. Par contre, si on veut vraiment justifier ce nom de Trémoine et se donner la peine de la transformer quelque peu, ce qui, bien sûr, n’est pas une obligation, elle peut devenir très compliquée. Il faudra pour cela être attiré comme j’ai pu l’être par cette énigmatique Tour de Trémoine qui dès le départ vous nargue du haut de ses 272 mètres d’altitude. En lisant cet article, je vous vois déjà ricaner car vous vous dites : « Bah !!! 272 mètres, ce n’est pas sorcier ! ». Alors, je vais vous donner quelques explications pour l’atteindre mais je vais vous laisser le soin de la découvrir par vous-même. En effet, très difficile d’accès, cette tour qui est perchée sur un promontoire rocheux très escarpé serait une tour de surveillance carolingienne du 9eme siècle à laquelle d’autres conquérants auraient adjoint une forteresse polygonale autour de ses bases quelques siècles plus tard. A Rasiguères, le départ s’effectue devant la devanture de l’Auberge de Sceaury où un panonceau de randonnée est apposé. La boucle qui nous intéresse passe à droite de la mairie et on poursuit tout droit par la rue des Bordes qui nous amène hors du village sur un large chemin qui s’élève rapidement. D’ailleurs, après que l’on ait côtoyé quelques belles villas et de jolis jardins potagers, le village apparaît déjà en surplomb dans sa totalité. Quelques mètres plus loin, un nouveau panonceau à gauche du chemin nous rassure pleinement quant à l’itinéraire choisi. Sur la droite et descendant dans le bas du vallon, vous remarquez un autre panonceau indiquant « Découverte du vignoble- Planèzes », c’est ce sentier qu’il faut emprunter si vous envisagez de grimper à la tour. Personnellement comme je le fais lors d’un bon repas, j’ai gardé le meilleur pour la fin et la Tour de Trémoine comme dessert, pourtant après coup, je dois avouer que ce n’était pas spécialement la partie la plus digeste ! Nous avons très vite quitté la large piste pour un agréable sentier bordé de cistes et de romarins. Il longe un petit ru puis monte sans cesse vers le Bac del Taillou au milieu des chênes verts et des bruyères arborescentes. Seules quelques bruyantes motos trials aux gaz d’échappement nauséabonds, pourtant interdites sur ce parcours, sont venues perturber notre tranquille progression. Au collet, à 298 m d’altitude, nous avons tourné à droite et pris l’option du chemin interdit par une croix jaune. Il mène au sommet d’une crête à 327 mètres d’altitude où l’on a pratiquement un tour d’horizon à 360° sur toutes les ravines qui nous entourent. Le beau temps n’étant pas vraiment de la partie et les panoramas quelque peu bouchés, nous avons vite rebroussé chemin et poursuivit la randonnée « Autour de Trémoine ». On a quitté le maquis et traversé des vignes magnifiquement rectilignes et entretenues qui donnent ces merveilleux vins de Rasiguères, le sentier se transformant soudain en une piste carrossable. Ici, la vue porte plus loin vers le Haut-Fenouillèdes, les Corbières et ses châteaux cathares et même les Pyrénées Ariégeoises encore enneigées. Puis aux Musals, la piste a bifurqué à 90° pour redescendre vers le vallon et le village. Droit devant, La Tour de Trèmoine a continué de nous défier, semblant nous dire : «  Monte me voir si tu en est capable ! ». Plus bas, on a retrouvé le chemin pris à l’aller ainsi que les panonceaux et, notamment celui indiqué plus haut « Découverte du vignoble- Planèzes ». Il  descend dans le vallon de Trémoine et les vestiges des anciennes mines de fer. Quand on atteint le ruisseau où plus exactement ses alluvions car il est le plus souvent asséché, on poursuit à  gauche à même son lit sur une vingtaine de mètres. Là, au beau milieu du ruisseau, on peut distinguer sur un rocher, une flèche violette. Nous y  sommes, le sentier, si on peut l’appeler ainsi, est sur la gauche, très raide dès le départ, il monte allégrement dans une chétive mais aromatique flore typiquement méditerranéenne faite de cistes, de buplèvres, de chênes kermès, de pistachiers lentisques et de quelques petits massifs de thyms et de romarins. A l’approche de la tour et en raison des éboulis qui se confondent sans doute avec quelques pierres qui ont dégringolés des murailles, la sente devient plus incertaine mais heureusement quelques courageux marcheurs attentionnés l’ont agrémentée de plusieurs cairns bien disposés. C’est dans cette caillasse envahie par endroit par une dense et cuisante végétation qu’on finit par atteindre les remparts puis la tour en regardant précautionneusement où l’on met les pieds. De magnifiques vues sur Rasiguères, sur les Fenouillèdes et bien plus loin vers les Pyrénées et le Canigou se révèlent. A nos pieds, encerclant ce mirador naturel, se dessinent les méandres des profondes ravines que les millénaires ont creusées. Ici, on imagine sans peine les terribles souffrances qu’ont du endurer les bâtisseurs de ce bastion pour tailler les pierres et les hisser sur ce véritable nid d’aigle. Entourée de son enceinte où quelques meurtrières sont encore visibles dans ses flancs, on comprend mieux que la Tour est pu servir de défense contre d’éventuels envahisseurs que les rudes escarpements rocheux avaient pour but de dissuader. Si la montée vous a paru ardue et malaisée, la descente terreuse ne l’est pas moins et il faut redoubler de vigilance pour arriver en bas confortablement et retrouver l’agréable sablon du lit du ruisseau asséché. Ici, il n’y a pas d’eau mais en raison d’une foisonnante et verte végétation qui a largement enveloppé les bâtiments des anciennes mines de fer, sa présence dans le sous-sol transpire. Le retour vers Rasiguères peut s’effectuer par le même chemin qu’à aller ou bien on peut poursuivre vers Planèzes par une piste qui monte dans les collines auquel cas, il faut penser à prendre sur le plateau une intersection qui redescend vers le village. Arrêt non inclus, comptez 2h30 pour le circuit « Autour de Trémoine » et rajouter au minimum 1h pour un aller-retour à la Tour. Carte IGN 2448 OT Thuir-Ille-sur Têt Top 25.

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Le Balcon de Bethmale (1.729m) depuis l'étang de Bethmale (1.060 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 2 chansons interprétées par Billie Holiday et qui ont pour titre : "Solitude" et "Stormy Blues".

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran. 

Voilà une boucle ariégeoise plutôt courte car de 14 kilomètres seulement au cours de laquelle vous allez découvrir de magnifiques sites et voir de très beaux paysages. Mais attention, ici court ne veux pas dire facile car avec ses 680 mètres de dénivelé, il faut mériter ces découvertes et il est donc nécessaire de faire quelques efforts significatifs, même s’il est vrai que pour les randonneurs ariégeois habitués à avaler les gros dénivelés du Mont Valier, ma randonnée, que j’ai intitulé le Balcon de Bethmale, ne représente qu’un petit hors-d’œuvre. Personnellement, je prends pour point de départ le splendide et étrange étang de Bethmale (1.060 m), (étrange car habité d’une jolie légende à lire à la fin de cet article) où si le cœur vous en dit, vous pourrez avant de partir randonner et moyennant quelques euros, tremper le fil pour capturer quelques belles truites. Mais sachez qu’ici il y a peu de chance que vous attrapiez une truite sauvage saumonée comme il y en avait dans le « bon vieux » temps, car la plupart d’entres-elles ne sont là qu’à cause des nombreux lâchés qui y sont pratiqués. D’ailleurs, l’étang lui-même n'a pas le caractère sauvage que l'on pourrait imaginer car aucun cours d’eau ne vient l’alimenter. Il est alimenté par un grand réseau d'eau souterrain karstique. La suite de la randonnée est d’une grande simplicité puisqu’au lac, il suffit d’emprunter le célèbre GR.10 qui file vers le col de la Core (1.395m) où un panonceau est là pour vous indiquer la marche à suivre. Les premières difficultés apparaissent avec les premières montées, mais si le ciel est bleu et le temps clair, monter vers le col de la Core est un vrai régal. Au sortir du bois de Crabère, les panoramas merveilleux s’entrouvrent sur le large vallon de Bethmale et face à soi, le rocailleux Tuc d’Eychelle avec ses 2.315 mètres, fait « son intéressant ». Avant le col de la Core, le G.R.10 suit parallèle la D.17 puis la quitte dans quelques lacets. Souvent, vos pas hésiteront entre le vrai chemin parfaitement balisé des traditionnelles couleurs blanches et rouges et ces petites caminoles laissées par les vaches ou les chevaux de Mérens. Au col, votre regard bascule sur l’autre vallée, celle de Seix et sa somptueuse forêt domaniale mais surtout sur un panorama extraordinaire vers une vaste partie des sommets frontières des Pyrénées Ariégeoises. Ici sur le côté gauche du col, celui du Cap de Bouirex, des poteaux originaux ont été dressés et servent en quelque sorte de tables d’orientation individuelles pour vous faire découvrir tous ces pics.  Mais c’est de l’autre côté du col qu’il vous faut partir par une étroite sente qui file à droite en direction du col d’Eliet (1.683m). Ce chemin, c’est en partie le « Chemin de la Liberté » qu’empruntaient tous ceux qui, pendant la guerre de 39-45, fuyaient le nazisme et ses exactions. Ici, les choses sérieuses commencent sur le G.R.10D que vous cheminez vers le col d’Eliet. Au début, il grimpe vers une ligne de crêtes et alterne parties rocailleuses et pelouses d’altitude sur un chemin en balcon sur la vallée de Bethmale. On finit par atteindre le point culminant, 1.729 m selon mon GPS, de cette jolie boucle avant le col d’Eliet. La sente redescend puis hésite sur de courts dos d’âne.  En dessous, votre ligne de départ apparaît, jolie flaque couleur bleu acier au milieu d’un océan de verdure. Pourtant, au départ ce miroir était plutôt couleur turquoise ! Après, le col d’Eliet et sa jolie cabane, la sente descend définitivement à travers la forêt de Cadus. On coupe la piste qui, depuis l’étang, monte  à la cabane de Campuls. Cette piste qui est largement utilisée par tous les troupeaux qui montent en transhumance vers le merveilleux cirque de Campuls, on la quitte pour un sentier sinueux qui aboutit vers le fond de l’étang. Comme toutes les boucles, cette randonnée peut-être effectuée dans le sens inverse, en partant vers le col d’Eliet, elle n’en sera pas moins facile car le point culminant correspond sensiblement à la moitié du parcours. Arrêt compris, je vous conseille de consacrer une journée pour effectuer cette boucle. Si vous avez le temps, vous consacrerez une autre journée pour aller à la pêche mais attention à cette étrange légende qui règne ici : "Il y a très longtemps, une vilaine sorcière vivait cachée à l’étang de Bethmale. Chaque jour, elle ennuyait les habitants des alentours. Un beau jour, les bethmalais exaspérés montèrent vers le lac avec leurs fourches pour se débarrasser d'elle. Prise au piège tendu par les villageois, l’horrible sorcière sauta dans le lac en jurant qu'elle ne disparaîtrait jamais. Depuis, sa robe bleu vert, restée au fond, donne au lac ses reflets si particuliers". Carte IGN 2048 OT Aulus-les-Bains-Mont Valier Top 25.

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1- Avertissement et conseils pratiques.

Publié le par gibirando

Attention ce blog n'a pas la prétention d'expliquer dans le détail les randonnées qui y sont mentionnées. Il donne bien sûr quelques indications ( lieu, départ, temps, possibilités, dénivelés, saisons, carte IGN appropriée, difficultés rencontrées, etc...) mais il a surtout été conçu pour faire aimer la marche et pour donner quelques idées de randos dans ces beaux départements que sont principalement les Pyrénées-Orientales, l'Aude, l'Ariège, mais aussi dans d'autres lieux où j'ai pu prendre plaisir à crapahuter.

J'ai également agrémenté mes textes d'une jolie photo représentative du lieu et quand je l'ai pu d'une vidéo conçue avec quelques photos significatives des paysages et sites rencontrés. Vous m'excuserez pour la qualité de certaines vidéos, notamment les plus anciennes mais la transformation des photos en diaporamas vidéos ce n'était pas le top, même avec Dailymotion au temps où la "Haute Qualité" n'existait pas encore ! Je vous conseille de suivre les conseils de la rubrique " Pour mieux voir les photos et les vidéos " et surtout à penser à utiliser la HQ, dès que vous le pourrez.

Il y de simples balades à faire en famille et des randonnées pour des marcheurs de tout niveau. En conclusion, tout le monde pourra y trouver son compte, du plus néophyte au plus expérimenté !

Si sur une randonnée particulière, vous souhaitez de plus amples renseignements vous pouvez m'envoyer un message dans ma boîte gilbert.jullien@orange.fr, je me ferais un plaisir de vous répondre si je le peux.

Mais attention une sortie doit se préparer et il est donc utile de garder à l'esprit quelques idées essentielles:

-Ecouter la météo avant de partir.

-Etudier dans le détail l'itinéraire envisagé.

-Bien s'équiper ( sac à dos, chaussures et vêtements appropriés à la saison et aux circonstances, cartes IGN, boussole, GPS, trousse de secours, téléphone portable, etc...).

-Prévoir une alimentation et des boissons suffisantes et en proportion du temps que l'on va passer sur les chemins.

-Penser à se protéger des effets climatiques :  rayons du soleil (lunettes, créme solaire, casquettes) neige, pluie, etc...

-Bien se préparer physiquement et savoir apprécier ses limites.

-Etre bien assuré pour l'activité que l'on pratique régulièrement. (voir adhésion et assurance auprès de la FFRP).

-Respecter la nature en général et l'environnement où l'on évolue en particulier.

-De préférence, éviter de partir seul et si on ne peut pas faire autrement, prévenir ses proches de l'itinéraire choisi.

 Voilà quelques conseils pratiques qu'un randonneur digne de ce nom doit suivre !

Enfin, je tiens à préciser que concernant les randonnées et leurs tracés, je décline toutes responsabilités en cas de problème, souci technique, accident ou incident et égarement. Pour l'avoir fait moi-même il fut un temps, toute sortie en groupe nécessite au préalable une reconnaissance afin de vérifier si le parcours est encore praticable et si les personnes que l'on va accompagner selon leurs aptitudes et leurs âges sont aptes à le réaliser. Si la sortie individuelle reste de la responsabilité de chacun, il n'en demeure pas moins qu'elle doit être également analysée et préparée selon son degré de difficulté.

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La Chapelle Saint-Guillem (1.270m) depuis le hameau de La Llau (892m).

Publié le par gibirando


Ce diaporama est enjolivé avec une musique du Rondò Veneziano intitulée "Arlecchino"
La Chapelle Saint-Guillem (1.270m) depuis le hameau de La Llau (892m).

 

Pour effectuer cette belle boucle, il faut prendre la D.115 jusqu'au village du Tech. Là, prenez la D.74 jusq'au minuscule hameau de La Llau où, sans gêner le circulation, vous laisserez votre véhicule. La D.74 est une belle route sinueuse qui longe les gorges du torrent de la Coumelade. Le but de cette randonnée est d'atteindre le magnifique site de Saint-Guillem de Combret avec sa très belle chapelle romane du XIeme siècle (photo). Une fois le but atteint, vous serez sur un grand plat herbeux au pied du Canigou au milieu du très boisé Bassin de la Coumelade. Pendant de nombreux siècles, cet ermitage servit de lieu de repos pour les pèlerins qui se rendaient à Saint-Jacques de Compostelle. Aujourd'hui, Saint-Guillem sert souvent de point de départ pour des treks « plus hard » vers le Canigou, le Rougeat ou le Très Vents. Pour vous, elle sera l'occasion d'une randonnée plutôt « soft » et d'un agréable pique-nique dans un cadre magique et chargé d'histoires. A La Llau, traverser le hameau et prendre sur votre droite un petit sentier balisé en jaune qui  monte parallèle au dessus de la route. Il n'y a en qu'un !  Ce sentier suit les méandres du bouillant torrent de la Coumelade. Vous marcherez en surplomb d'admirables et profondes gorges où les isards jouent parfois les équilibristes. Après quelques virages, comme posée au dessus d'une remarquable forêt de grands épicéas, vous ne tarderez pas à apercevoir la chapelle. Vous la garderez quelques temps dans votre ligne de mire puis vous pénétrerez dans cette splendide forêt. Juste avant l'ermitage, vous traverserez un bel arboretum. Vous êtes déjà arrivés aussi prenez votre temps, de petits panonceaux vous indiquent le nom de ces vieux et magnifiques arbres.  Dans notre beau département, vous n'aurez pas si souvent l'occasion d'observer des séquoias géants ! Voilà l'objectif est atteint et avec le respect que nous devons aux gens qui entretiennent ce merveilleux site, vous pourrez flâner autour des nombreux bâtiments parfaitement restaurés. Ne laissez pas vos déchets. Pour repartir, descendez la route forestière (non balisée) qui passe devant le gîte, elle vous permet d'effectuer une boucle avec de beaux panoramas en perspective. Au Col de la Roue, tournez à droite et prenez la route qui descend à La Llau où vous retrouverez votre voiture ! Sans compter les arrêts, il ne faut pas plus de 4 heures pour la boucle complète. Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top 25.

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Le Milobre de Bouisse (878 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de la chanson "White Christmas" en français "Noël Blanc" du compositeur Irving Berlin et interprétée ici par Barry Manilow.

Le Milobre de Bouisse (878 m)

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Si vous ne connaissez pas le village de Bouisse, situé dans l'Aude, vous pesterez déjà pour le trouver ! Combien de virages aurez-vous emprunté sur des départementales étroites pour  l'atteindre ? Et quand vous l'aurez trouvé, vous vous direz : «  où est-il ce sommet à gravir, ce fameux "Milobre (*) de Bouisse" connu de nombreux marcheurs ? ». En réalité, il s'agit d'une modeste croupe culminant néanmoins à 878 mètres !  Bon, 230 mètres de dénivelé, ce n'est pas le Carlit,  mais croyez-moi, si vous aimez marcher, vous ne regretterez pas son ascension ! Vous laisserez votre voiture sur le parking de l'imposante église et partirai vers le nord en direction du « Camin de Mielobre ».  C'est  la ruelle qui démarre à gauche du manoir.  L'asphalte laisse rapidement la place à un large chemin de terre. Continuez tout droit et au bout de quelques minutes délaissez un autre sentier qui part sur la droite (vous reviendrez par là !).  Malgré le silence ambiant et même si vous marchez en toute discrétion, votre passage fera s'époumoner les chiens des élevages tout proches. Il s'agit en général d'une belle race de braques que l'on appelle : devinez comment ! Eh oui le Milobre de Bouisse ! Mais bon, les chiens aboient et vous, comme la caravane vous ne faites que passer ! A chacun de vos pas, la quiétude que vous appréciez tant se réinstalle.  Le sentier se faufile au milieu de hauts buis alors qu'une ronde et verte colline se dessine dans le panorama. Il va vous falloir quelques minutes pour l'atteindre sur un chemin parfois difficile car souvent empli d'ornières. En réalité, vous arrivez à un collet devant un enclos à bestiaux et il vous faut prendre vers la droite une sente bien visible.  Après quelques zigzags au milieu des buis, vous arrivez sur un replat au pied d'un vaste mamelon. C'est le Milobre ! Les paysages s'exposent et le village apparaît bien loin maintenant. Les Pyrénées enneigées surgissent de l'écran que forme l'horizon avec comme acteur principal cet incontournable et fantastique Canigou (photo). Mais au fur et mesure que vous grimperez, bien d'autres images s'imposeront dans ce riche casting : les Pyrénées ariégeoises, l'identifiable Montagne de Tauch, de profondes vallées, de belles  forêts de feuillus, des falaises de calcaires blanches, et de tous côtés, de verdoyants bocages et des pâturages d'un vert intense.  Même si vous n'avez pas un grand sens de l'orientation, vous n'aurez aucun mal à rallier le sommet car de nombreuses sentes s'y dirigent dont une balisée en jaune (GR de pays). Par jour de grande tramontane, accrochez-vous à votre bâton de marche, les bourrasques y sont renversantes !  Pour le retour, plusieurs possibilités s'offriront à vous car le village est là à vos pieds ! Je vous propose de rejoindre le replat par lequel vous êtes arrivés. Là, vous descendez tout « schuss » vers Bouisse par un large chemin herbeux. Vous passez près d'une bergerie en ruines et retrouvez un peu plus bas un bon chemin qui se coule au milieu de grands bosquets de houx.  Souvent ces luisants buissons sont chargés de leurs belles boules rouges et sans les saccager, coupez en quelques branches, il paraît que ça porte bonheur !  Carte IGN 2447 OT Tuchan-Massif des Corbières Top 25

(*) Toponymes Milobre et Bouisse : Bien que je n'ai rien trouvé dans la toponymie à propos du mot "Milobre", or mis le fait qu'outre celui de Bouisse, il y a également une autre colline dans l'Aude intitulée "Milobre de Massac" culminant à 908 mètres, il est fort probable que la racine "mel" ou "miel" en occitan ait une relation avec le mot "meilleur" du latin "meliorem" et que l'on retrouve par exemple dans les mots de vieux français comme "mieldre" ou "mieudre". Quand à la terminaison "obre", elle est assez commune en France et en Espagne (Cantobre, Lanobre, Vinsobres, Sidobre, Salobre, Valsalobre....) et proviendrait selon les linguistes du terme gaulois/celtes "briga" signifiant "colline" "hauteur" "mont" mais qui a aussi été employé pour désigner une "citadelle" ou une "forteresse" situées sur une élevation. Le "Milobre" serait donc "la meilleure colline" ou pour faire plus simple "la bonne colline". Quand au nom "Bouisse", Wikipédia semble affirmer qu'il aurait probablement "emprunté son nom au buis (buxus en latin, bois en occitan) Cet arbuste est particulièrement abondant sur les versants des serres calcaires qui le cernent". 

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