• LE HAMEAU DE FONTANILLS par jullie68

     
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    Bien qu’Arles-sur-Tech (275 m) soit une ville où les légendes et les récits authentiques se confondent parfois, je ne vais pas vous raconter de balivernes sur cette boucle que je décris aujourd’hui. En effet, en ce jour très chaud du mois d’août, mon idée première en partant randonner était de grimper d’abord vers la Salt de la Maria Valenta, cette illustre chute d’eau du nom d'une jeune fille qui pendant la Guerre du Roussillon et alors qu’elle était poursuivie par les soldats préféra se jeter dans le vide du haut du la cascade plutôt que d’être capturée. Cette belle cataracte de plus de 20 mètres de hauteur, personnellement je l’avais découverte pour la première fois dans le beau roman de Marie Vallespir intitulé « Domenica ou la vallée âpre ». Cette fiction a pour décor le Vallespir et plus particulièrement Arles-sur-Tech et ses merveilles dans laquelle la cascade sert de toile de fonds à l’intrigue. Ma deuxième idée en allant au pied de la cascade était bien sûr de me baigner dans le bassin de ce lieu parait-il paradisiaque avant de poursuivre ma longue randonnée vers le hameau de Fontanills. Mais est-ce une prémonition, voilà qu’avant de démarrer, je m’arrête à l’Office du Tourisme d’Arles pour obtenir quelques renseignements sur le parcours que j’envisage d’effectuer. Et là, qu’elle n’est pas ma surprise quand la conseillère m’indique que la Salt de la Maria Valenta se situe sur un domaine privé dont le propriétaire interdit l’accès aux randonneurs. Elle me recommande de suivre le chemin balisé en jaune et surtout de pas en sortir. Je ressors un peu déçu de l’Office du Tourisme mais comme je suis respectueux de la vie privée des autres, j’accepte avec regrets cette idée d’être obligé de changer quelque peu mon itinéraire initial. Je déplie ma carte IGN et modifie mon parcours pour celui présenté ici qui ne diffère guère de celui envisagé hormis qu’il suit un itinéraire inversé et évite le bassin de la Maria Valenta. J’emprunte comme initialement prévu la rue du Barri d’Amont qui m’amène vers le passage à gué sur le Tech où se trouve le point de départ à la Fontaine du Buis. A cette aire de pique-nique, je tourne à gauche, je traverse le parc en passant devant le restaurant, la fontaine et après une chicane, je monte à droite dans la sombre forêt au milieu d’un champ de Balsamines de Balfour. De cette magnifique futaie composée pour l’essentiel de très hauts châtaigniers, je vais en sortir exclusivement à l’approche du lieu-dit Can Rigall. Dans cette longue montée, il n’y a pas de panoramas impressionnants pour vous couper le souffle mais seulement un sentier en sous-bois à la raide déclivité. Et comme disait ma belle-sœur quant elle randonnait avec moi : « j’étouffe dans ces sous-bois ! ». En vérité et comme ici, ce n’était pas les sous-bois qui l’étouffaient à ma belle-sœur, mais bien le « bon » dénivelé, conjugué sans doute pour elle à un manque de condition physique évident. Peu de temps après avoir coupé une piste, des panonceaux se présentent, je délaisse celui qui part directement vers l’oratoire et je poursuis vers Can Rigall en suivant les marques de peinture jaunes bien présentes sur les arbres. Je coupe le Correc de la Coma, petit ru bourbeux où poussent une multitude de champignons tous très différents. La végétation se fait plus basse et je finis par déboucher en plein soleil sur un large chemin herbeux qui, sur ma droite, aboutit à un portail entouré de clôtures. Mon GPS m’indique que je ne suis plus très loin du « waypoint » que j’ai enregistré comme étant Can Rigall. Je poursuis tout droit à travers quelques bruyères roses et arrive sur un plateau qui domine admirablement ce magnifique domaine privé servant parait-il de gîte. Ici, grâce aux splendides panoramas sur la vallée du Tech, sur le Massif du Canigou, malheureusement enfoui sous les nuages et sur une grande partie du Vallespir, je ne regrette plus la traversée de ce sous-bois « étouffant » et les efforts accomplis. Et comme il est l’heure de déjeuner, c’est devant cet extraordinaire et paisible spectacle que je reprends des forces. Requinqué, je repars tout droit et un peu plus haut, je tombe sur de nouveaux panonceaux indiquant un carrefour de plusieurs chemins. Une nouvelle fois, je poursuis tout droit celui en jaune indiquant le « Belmaig », fameux pilon, fierté des Arlésiens connu pour son trail du kilomètre vertical. Quelques mètres plus haut d’autres panonceaux indicatifs se présentent encore et ici, il est temps de tourner à droite et de suivre celui indiquant clairement l’oratoire et Arles-sur-Tech. Le sentier descend d’abord dans des broussailles composées le plus souvent de bruyères, de genêts, de genévriers et de buplèvres puis il zigzague dans les fougères et les sapinettes avant de longer la clôture du domaine pour atterrir sur la piste devant le portail de la propriété. J’ignore la piste qui se poursuit à droite et juste en face le portail de Can Rigall, je prends à gauche de la piste un sentier peu évident mais néanmoins toujours balisé en jaune qui descend d’abord dans le bois pour déboucher aussitôt dans une jolie clairière fleurie au bout de laquelle trône une ruine envahie par les lierres. Fontanills qu’il s’appelle ce vieil hameau en ruines et oublié de tous au milieu d’une végétation exubérante. Selon l’historien Jean Tosti, les premiers écrits sur Fontanills datent de 993. Face au Canigou, le hameau domine superbement plusieurs ravines. Ici les ronces, les figuiers et les lierres se sont appropriés le village mais quelques bâtiments semblent encore bien debout et leurs murs très épais tendent à prouver la solidité des constructions d’autrefois. Mais il faut être néanmoins prudent et ne pas s’aventurer dans ces ruines car si les murs en pierres ont résisté à l’usure du temps, il n’en ai pas de même des boiseries, poutres et autres solives des planchers et des charpentes que l’humidité et la pourriture ont rongées et vermoulues inéluctablement. En quittant Fontanills qui signifie « petites fontaines », vous remarquerez sur la gauche un étroit canal en ciment, il fait la jonction entre le hameau et un minuscule mais ingénieux barrage qui permettait de détourner le lit du petit ruisseau de Can Guillat. Ce canal alimentait sans doute une ou plusieurs fontaines du village et irriguait les cultures et les jardins. L’étroit sentier toujours balisé en jaune se poursuit en zigzaguant dans la forêt puis au milieu de hauts genêts où il semble continuer à monter vers les contreforts de la Serra de Montner. Soudain, à un replat, il s’élargit et dévale par la droite en direction du fond de la ravine du Correc de la Senyoral. J’enjambe le ruisseau que je vais longer par sa rive gauche. La descente sur un terreau très humide planté de grandes fougères est parfois glissante et mérite une grande attention. Quelques câbles d’acier, vestiges de l’ancienne exploitation minière de giobertite jonchent le sol du sentier et se dressent parfois dans le ciel jusqu’à disparaître dans la canopée des immenses châtaigniers. Parsemé d’énormes coulemelles, le chemin finit par atteindre un ancien puits à glace et la cascade de la Maria Valenta qu’on ne peut ici entrevoir qu’à travers quelques branchages. Je monte vers la grotte où on était retrouver les reliques des saints d’Arles Abdon et Sennen puis vers l’oratoire qui leur a été dédié. Après ces « divines » mais difficiles découvertes, notamment en ce qui concerne la grotte que l’on ne peut atteindre que grâce à des cordes judicieusement installées, le sentier redescend vers Arles en direction de la chapelle de Santa Creu. Je rejoins une piste terreuse qui devient bitume à l’approche de la cité et peu après la chapelle interdite au public. Le chemin longe le Tech sur sa rive droite, je passe devant le stade et je retrouve l’aire de pique-nique de la Fontaine du Buis, le passage à gué sur le Tech et la ville historique. En principe, ici se termine cette longue boucle d’une quinzaine de kilomètres environ sauf si vous ne connaissez pas Arles-sur-Tech. En effet, quitter cette belle cité historique sans avoir au préalable visité (même en payant 3,50 €) son admirable abbaye avec son cloître harmonieux et sa très contreversée Sainte-Tombe est un véritable sacrilège. Je vous l’ai dit en préambule, à Arles-sur-Tech, il y a beaucoup d’histoires très intéressantes qui souvent s’entremêlent. Il y en a des vraies, des fausses, celles dont on ne sait pas si elles sont vraies ou fausses, des séculaires et des plus récentes, des légendaires et des chimériques, des féeriques et des imaginaires, des catholiques et des païennes, des merveilleuses et d’autres très effroyables, mais quitter ainsi le quotidien pour remonter le temps l’espace d’une journée sans trop se poser de questions, n’est ce pas la plus belle des manières pour découvrir ce petit coin du Vallespir ? Je ne regrette qu’une chose : ne pas avoir pu me baigner dans la claire fontaine de la belle Maria Valenta. Je vous conseille vivement la lecture du site Internet dédié à Arles-sur-Tech de l’historien Jean Tosti car outre l’histoire de la ville il dispose d’autres liens très instructifs : http://www.jtosti.com/villages/arles.htm. Carte IGN 2449 OT Ceret-Amélie-les-Bains-Palalda Top 25.

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    LES VOLCANS D'OLOT par jullie68


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    A l’école primaire, on a tous appris les volcans d’Auvergne mais aucun instituteur ne nous a jamais parlé de volcans pyrénéens. Et pour cause ! Nous apprenions la géographie de la France et ces volcans sont situés en Espagne. Alors, s’il n’est jamais trop tard pour réparer un oubli, sachez que ces volcans inactifs et endormis mais non éteints sont situés dans la province de Gérone et dans la région que l’on appelle la Garrotxa. Cette comarca, comme on dit ici, (comarque en français signifiant comté), est située en Catalogne, elle est donc frontalière avec le département des Pyrénées-Orientales et plus particulièrement avec notre belle contrée du Vallespir. Bien évidemment cette rubrique que j’ai intitulé les Volcans d’Olot, car cette zone volcanique a pour épicentre cette importante cité, n’a aucunement la prétention de vous faire découvrir au cours d’une simple randonnée d’une journée, les 40 volcans de cet immense Parc Naturel de la Garrotxa qui s’étire sur une superficie de plus de 15.000 hectares. D’ailleurs, et sauf à vouloir marcher plusieurs jours, un véhicule sera indispensable car s’il y a étonnamment quelques volcans à découvrir dans la ville même d’Olot, dont celui de Montsacopa qui est le plus urbain, le plus emblêmatique et le plus facile à gravir, les autres volcans du Parc Naturel sont parfois distants entre eux de plusieurs dizaines de kilomètres. Quand aux sentiers de randonnées, il y en a beaucoup (700 kms de sentiers uniquement pour la Garrotxa), tous parfaitement balisés comme souvent en Espagne, et prétendre vouloir les cheminer tous nécessiterait sans doute plusieurs mois. Il faut savoir que cette région est régulièrement agitée par de petites secousses, une bonne vingtaine en moins de 30 ans et qu’en 1427 et 1428, Olot a été entièrement détruite par des tremblements de terre successifs. Si les survivants optèrent pour une reconstruction de la cité sur un autre emplacement, ce ne serait vraiment pas de chance qu’un autre séisme d’une telle intensité (9 sur l’échelle de Richter selon des estimations récentes) se reproduise au moment même où vous avez décidé de partir en visite. Alors n’ayez aucune crainte et partez confiants au moins une journée comme nous l’avons fait nous-mêmes, car le risque qu’il y ait un nouveau tremblement de terre est presque aussi infime que celui d’avoir les six bons numéros au Loto. Pour cette journée, nous avons fait le choix de consacrer la matinée à la visite de la magnifique cité d’Olot, très belle ville d’art et d’architecture où se trouve, en autres musées, celui très ludique des volcans. Nous avons fini cette longue matinée (en Espagne on mange tard !) par l’ascension en boucle du volcan Montsacopa.  Les attraits du Montsacopa sont multiples : il s’agit d’un volcan dominant toute la cité, dont la dernière éruption est vieille d’environ 100.000 ans, de type strombolien avec un petit cratère de 120 mètres de diamètre très buissonneux mais parfaitement visible. A son sommet deux tours de défense du 19eme siècle et un bel ermitage dédié à Saint-François (San Francesc), malheureusement fermé car privé et sur les flancs du volcan ce qu’on appelle ici une « gredera » que l’on peut traduire en français par « gravière ou carrière » dont les extractions de lapilli et de pouzzolanes ont longtemps servi comme uniques matériaux pour construire la cité. L’après-midi, après un repas composé de délicieux tapas pris dans un bistro de la rambla, nous avons repris la voiture, direction Santa Pau avec un arrêt inévitable au volcan Santa Margarida. Pourquoi celui-ci ? Vieux de 11.000 ans, date de sa dernière éruption, c’est d’abord le plus grand de la Garrotxa avec un cône de 110 mètres de hauteur posé sur une base d’un diamètre de 1.200 mètres. De type strombolien et explosif, il présente l’avantage d’être seulement à une demi heure du parking et un aller-retour avec descente et tour du cratère ne prend guère plus d’une heure. Cône quasi parfait, même si en marchant, on ne s’en aperçoit pas automatiquement, le fond du cratère est occupé par une jolie petite église romane dédiée à Sainte-Marguerite, fermée également le jour de notre venue. Lors de notre visite, nous avons été horrifiés, non pas par le site qui s’inscrit dans un cadre paysager exceptionnel, mais par quelques enfants, sans doute d’une colonie de vacances, qui n’avaient rien trouvé de mieux comme distraction que d’emprisonner quantités de magnifiques papillons dans des bouteilles en plastique. On sait que par ignorance les enfants peuvent être cruels mais ce qui nous a le plus consternés, c’est que ces enfants, que nous implorions vainement de libérer ces malheureuses créatures, étaient encadrés de moniteurs adultes que ces « supplices faits à la nature» n’avaient pas l’air d’émouvoir le moins du monde. C’est donc attristés par tant de cruauté et d’indifférence que nous quittâmes le centre du cratère pour rejoindre la crête et notre voiture à travers la très belle hêtraie. Nous terminâmes l’après-midi par une ample visite de la cité médiévale de Santa Pau et c’est enchantés par cette découverte rapide mais fascinante de cette belle zone volcanique et écologique, en principe protégée, (mais les gardes ne peuvent pas être partout !) que nous rentrâmes en France conscients que nous n’avions découvert qu’une infime partie de cette richesse environnementale qu’est ce Parc Naturel des Volcans d’Olot. Mais pas de doute, si pour cette première fois nous n’avons mis qu’un pied dans le cratère, nous  savons désormais que Vulcain nous attend pour d’autres superbes randonnées dans cette remarquable région d’Espagne qu’est la Garrotxa. Extraits de cartes d'Olot et du Parc Naturel de la Zone Volcanique de la Garrotxa de l'Office du Tourisme d'Olot.


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  • Aujourd’hui, je vous propose les Mattes Vertes et les Mattes Rouges. Exceptés les randonneurs catalans, la plupart d’entre-vous me diront kézaco ? Non, ce ne sont pas de nouveaux ingrédients pour une ratatouille, ni pour une spécialité catalane style l’escalivade. D’ailleurs, je l’avoue, les Mattes, je ne sais pas exactement ce que c’est ! J’ai d'autre part posé la question aux gérants du Refuge de Mariailles mais ils n’ont pas su me répondre. Alors bien sûr, si vous êtes randonneur catalan, à l’évidence vous connaissez Mariailles comme célèbre départ vers sa majesté le Pic du Canigou, olympe des Catalans et vous l’avez bien compris les Mattes Vertes et Rouges, c’est aussi une très belle randonnée. Mais comme je suis têtu et que je ne veux pas mourir idiot, j’ai quand même cherché dans le Larousse puis sur la Toile pour savoir ce que pouvait bien signifier le mot « Matte » et plus précisément ici, dans ce prodigieux Massif du Canigou. Du mot « Matte », le Larousse donne la définition suivante : « substance métallique sulfureuse résultant de la première fusion d’un minerai traité et pas assez épuré ». En raison des nombreuses exploitations de minerais que le Massif du Canigou a abrité au fil des siècles, dont celles du fer par exemple, certains pencheront pour cette origine possible du mot. Sur le Net, les lieux et les définitions portant le nom de « matte » sont pléthores (dépôt sédimentaire, monceau, masse compacte, meule, banc de poissons, etc.…) mais celle qui me semble la plus appropriée aux lieux que j’ai visité c’est la traduction du mot catalan ou espagnol « mata » qui aurait été francisé et qui signifie « buisson, arbrisseau, bosquet ou boqueteau ». Voilà, vous l’avez compris les Mattes sont sans doute des bois mais comme ici, il n’y a que ça, les Mattes Vertes et Rouges ne sont pas réellement des objectifs en-soi mais d’agréables prétextes à une longue balade en montagne. Mais pour une fois, j’ai décidé de m’amuser un peu et j’ai agrémenté cette balade à une « sauce Géocaching ».  En principe, le départ s’effectue soit du Col de Jou soit de Mariailles que l’on atteint par la D.116, direction Vernet-les-Bains, puis Casteil que l’on traverse en poursuivant la route jusqu’à la fin du bitume pour aboutir à la piste forestière. Personnellement et en raison de la longueur et de la difficulté de ma randonnée, j’avais prévu de démarrer de Mariailles mais c’était sans penser qu’en cette période estivale, la circulation est réglementée et qu’on ne peut pas aller plus loin que le parking de Randé. J’ai opté pour un choix intermédiaire et me suis arrêté au premier parking que j’ai trouvé sur la piste après le Col de Jou. Il présente les avantages d’être à une heure du Refuge de Mariailles et situé directement sur le G.R.10, commun ici avec un sentier d’interprétation et de découverte à faire à l’aide d’un petit livret édité par l’O.N.F. Le sentier longe le mélodieux canal d’irrigation construit à la fin du 19eme siècle par les paysans de Casteil. A l’époque, ce canal irriguait les cultures qui, en étages, descendaient des flancs de la montagne jusqu’au fond du vallon. Fraîche en raison du canal et très ombragée, la sente est agréable malgré le raide et instantané dénivelé. Mais cette dernière se calme un peu après le Col du Cheval Mort (1.454 m) pour déboucher à 150 mètres du refuge de Mariailles. On prend à droite puis à gauche pour arriver au col où s’entrecroisent les différents chemins. Ici, près de la Maison pastorale, on est ébahi devant un décor grandiose et exceptionnel sur les hauts sommets qui entourent le vaste vallon de Cady (Quazémi, Canigou, Barbet, Puig Sec, Roc Nègre, Très Vents, Roja, Sept Hommes). En reprenant nos esprits, on constate qu’il y a bien un panneau « Mattes Rouges et Mattes Vertes » qui part vers la droite mais pour mon circuit on le délaisse car on reviendra par là et on choisit de suivre le panonceau « Croix de la Llipodère-3km5 ». Cet itinéraire correspond au Tour du Canigou direction le Pla Guillem. Dominé à gauche par l’altier Pic des Sept Hommes (que j’ai eu l’occasion de vous présenter dans ce blog), le large chemin suit le cours du torrent de la Llipodère, nom donné au large vallon pastoral qui s’ouvre au bout de trente minutes. Signalé par un cairn, un premier raccourci se présente à droite de la piste, monte dans la pelouse vers un cortal en ruines et permet d’éviter un très long lacet vers le fond du vallon. Un deuxième raccourci est également mentionné sur la carte IGN mais personnellement, je poursuis la piste en raison de la beauté des panoramas plongeants vers Mariailles et sur les gorges de la Llipodère. Le chemin aboutit à la Collade de la Roquette (2.083 m) que surplombe la coupole du Pic de Dona Pa (2.113 m). A quelques mètres, vous apercevez la « fameuse » croix de Llipodère, celle-là même qui était mentionnée sur le panonceau à Mariailles. Ici, on fait le choix de partir dans le sens opposé à la croix sur un large chemin herbeux en direction d’une barrière métallique que l’on pense à bien refermer derrière soi. Sur la droite, de vastes panoramas se dévoilent sur les Esquerdes de Rotja, sur la splendide Réserve Naturelle de Py et l’impressionnant vallon de la Rotja. Droit devant, de hauts et lointains sommets escarpés et plus près, espèce d’énorme montagne russe à trois bosses, le reconnaissable Pic des Très Estelles, mémorable à mes souvenirs : http://gilbert.jullien.pagesperso-orange.fr/CAUCHEMAR1.htm.  Ici j’allume mon GPS et grâce au tracé préenregistré (tracé vert sur ma carte), je commence ce que j’ai appelé plus haut ma « sauce Géocaching » que l’on peut traduire en français par « course au trésor avec GPS » (géo de géographie et caching de cache). En réalité dans mon cas, il s’agit d’une simple randonnée d’orientation où le seul trésor à découvrir, c’est une nature exceptionnellement riche. Preuve de cette richesse, en sortant des sentiers battus habituels, j’ai, avec surprise, débusqué des hauts genêts, juste avant les Mattes Vertes, un grand cerf que je n’ai malheureusement pas pu immortaliser dans mon numérique, car trop rapide. Après la Collade de la Roquette, mon GPS m’amène vers le Pla Roussell, vaste pelouse verte que l’on aperçoit derrière quelques pins en contrebas du sentier. Mais si vous n’avez pas de GPS, je vous conseille de poursuivre le large chemin principal (tracé en bleu sur ma carte). Il se rétrécit un peu mais présente l’avantage d’être balisé en jaune et de vous emmener sans difficulté jusqu’à la Collada des Mattes Rouges où l’on retrouve la piste de Mariailles. Mon GPS, lui, m’amène, non sans difficulté, beaucoup plus bas, à gauche d'un ravin où coule le Bareu puis vers l’ouest en direction du bois « Matte Vert » sur la carte. Après, quelques zigzags dans les landes et les bois, mon GPS ne passant pas au mieux dans l’épaisse forêt, je coupe un premier chemin herbeux pour déboucher avec soulagement mais comme prévu un peu plus bas sur une jolie piste forestière non loin d’un terre-plein dominant un profond ravin descendant vers Py. Cette piste, je la remonte vers le Collada de Botifarra (1.703 m). Balisé en jaune et rouge, ce large chemin rejoint les Mattes Rouges où poussent quelques sorbiers, dont, les fruits rouges sont peut-être à l’origine de cette dénomination. Aux Mattes Rouges (1.745 m), un sentier descend à gauche vers le Col de Jou et un autre, un peu plus haut, vers le parking de Randé. J’aurais pu rejoindre ma voiture par ce dernier sentier, mais en manque d’eau et « mort de soif », j’ai préféré poursuivre la piste pour rejoindre le Refuge de Mariailles en rêvant d’une bière glacée. La bière était au rendez-vous mais le soir tombait et il ne me restait plus qu’à redescendre le G.R.10 pour retrouver ma voiture. La boucle la plus longue que je vous indique ici sur ma carte fait 23 kilomètres pour 800 mètres de dénivelé. Le tronçon vert sur ma carte ne peut être raisonnablement accompli qu’avec un GPS au tracé préenregistré. Ne vous lancez pas dans cette aventure sans remplir cette condition car malgré les pointillés bien présents sur la carte IGN, il s’agit le plus souvent de marche en forêts et en landes sur des caminoles, ces petites sentes tracées par les animaux ou bien sur des sentiers peu pratiqués, peu entretenus et parfois embroussaillés. Sans GPS, vous préfèrerez, le raccourci tracé en bleu sur ma carte. Une journée est à consacrer à ces découvertes colorées. Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top 25.

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  • Hier, 2 août 2010, un petit ange est né. Comment passer sous silence cet immense bonheur d’être grand père pour la troisième fois et ne pas en faire le sujet du mois de mon journal.

    Elle s’appelle Eulalie, elle mesure 54 cm et pèse 4,100 kgs.

    Elle remplit de joie et d’allégresse ses parents Carole et Jean-Christophe, son petit frère Robin qui a eu deux ans en avril dernier et bien sûr toute la famille.

    Pour les parents, avoir eu un garçon puis une fille, c’est le choix du roi selon l’expression consacrée et je ne me fais guère de soucis quant à sa future éducation. Eulalie est entre de bonnes mains.

    Mais quand je vois tout ce qui ce passe, j’avoue que je suis un peu inquiet de l’avenir qui se profile.

    L’insécurité et les incivilités ne cessent d’aller crescendo dans tout le pays et nos gouvernants semblent sans solution et impuissants devant ces montées de violences en tout genre.

    Il faut dire qu’ils ne montrent pas vraiment l’exemple sur le plan de l’intégrité et de la morale et c’est à longueur de colonnes que l’on apprend dans les journaux que tel homme politique est cynique ou bien qu’il est suspecté de malversations : Dans ma commune, le maire est soupçonné d’avoir vicié les offres d’un marché public, un Président de région traîte ses propres électeurs de cons, des hommes aux plus hauts sommets de l’Etat sont soupçonnés de recevoir des pots de vins d’une milliardaire, des ministres dilapident l’argent public et sont virés comme des malpropres par le Président de la République, etc.…

    Or si pour une bonne éducation, le parent doit servir de modèle à son enfant comme l’artisan doit apprendre le métier à son apprenti, nos élites, elles, doivent montrer l’exemple aux citoyens.

    Les règles de la vie tout court comme les règles qui régissent notre société et je dirais même celles qui régissent notre pays doivent être avant tout éthiques et force est de constater que la partie est loin d’être gagnée.

    Alors, avec tous ces mauvais exemples et les effets induits inévitables qu’ils provoquent, à quoi servent-ils nos instituteurs qui tentent d’enseigner le civisme à l’école ?

    Non en France, le combat contre l’insécurité, la violence et les incivilités n’est pas près d’être gagné et c’est d’abord les adultes et les parents qu’il faut éduquer voire sanctionner !

    Comme l’écrivait récemment un journaliste, il y a trente ans quand Mad Max est sorti sur les écrans, tout le monde pensait qu’il s’agissait d’un film de science-fiction or aujourd’hui on s’aperçoit que ce n’était qu’une simple vision très réaliste d’un futur très proche et aujourd’hui malheureusement arrivé : Tout le monde a en tête le cas très récent de cet automobiliste qui s’est fait massacré et assassiné parce qu’il demandait l’établissement d’un simple constat amiable !

    Oui, je l’avoue je suis inquiet pour l'avenir et je ne souhaite vraiment pas que mes trois petits-enfants vivent dans la terreur de Mad Max !


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  • LE PIC DE LA PELADE par jullie68

     
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    Peu connu et donc bien moins prisé que son frère jumeau le Madres, le Pic Pelade (2.370 m), entre Capcir et Haut-Conflent, n’en est pas moins un extraordinaire belvédère à 360 degrés sur une immense partie des Pyrénées-Orientales et bien plus loin encore. Ce manque de reconnaissance, il le doit sans doute au fait qu’aucun sentier balisé n’y mène et contrairement au Madres, situé lui sur le Tour du Capcir, il ne bénéficie pas de cet avantage d’être positionné sur un itinéraire reconnu d’un grand nombre de randonneurs. Pourtant croyez-moi, son accession se mérite car son ascension est autant sportive, sinon plus, que son acolyte tout proche. Quant aux merveilleux panoramas qu’il offre depuis son pinacle, peu de sommets en Roussillon peuvent rivaliser en ampleur et en splendeur. Comme pour le Madres, que j’ai déjà décrit dans ce blog, le départ s’effectue depuis le Col de Sansa (1.775 m) que l’on rejoint par une longue piste forestière qui démarre entre les jolis hameaux de Vilanova et du Réal juste après Formiguères quand on arrive de Mont-Louis. On laisse la voiture au col et on démarre cette longue boucle que je vous propose en empruntant la piste forestière qui entre de plein pied dans la forêt domaniale de la Coume de Ponteils. Car outre le Pic Pelade, c’est bien la découverte de ce vallon tout entier, à la flore et la faune remarquable et exceptionnelle, que je vous propose avec cette jolie balade. Au départ, cette piste est une variante du Tour du Capcir, balisée en jaune et rouge. Elle monte au Madres, direction le Refuge des Estagnols. D’abord en sous-bois, très rapidement, le chemin s’entrouvre sur la droite sur cette splendide contrée du Haut-Conflent que l’on appelle les Garrotxes. En y  prêtant attention, on remarque au fond du vallon verdoyant, le clocher d’une église et quelques toitures.  Ce hameau, c’est Sansa que j’ai eu l’occasion de vous présenter dans mon blog dans une belle randonnée intitulée «A la rencontre des cervidés de Railleu à Sansa». Très vite, le Pic Pelade apparaît lui aussi dans le paysage. Sommet très arrondi, il paraît débonnaire mais ce n’est qu’un leurre. Il porte bien son nom de « Pelade » car à part quelques résineux qui colonisent ses versants les plus bas et un peu son flanc nord, le sommet, lui, ressemble à une calotte d’une extrême aridité. Au bout de 1.500 mètres, on laisse sur la gauche le sentier jaune et rouge du Tour du Capcir et l’on poursuit la piste qui se faufile au sein de la superbe forêt domaniale. Cette piste forestière, on ne va plus la quitter jusqu’à son extrémité en prenant soin  de rester à gauche et d’éviter les pistes secondaires qui descendent soit vers les Estagnols soit vers d’autres culs-de-sac. La piste se hisse légèrement puis finit par déboucher dans une très belle et verdoyante clairière (1.891 m). On est au pied même du Pic Pelade qui apparaît tout en haut complètement dénudé au dessus d’une longue frange boisée. On l’a bien compris, le vrai dénivelé comme ici. On prend le large chemin herbeux qui part à gauche et l’on poursuit jusqu’à rencontrer le Rec de Pinouseil, étroit torrent qui descend directement de la montagne. On grimpe d’abord dans un bois par une sente qui suit la rive gauche orographique de ce petit ruisseau. Ce dernier va nous servir de fil d’Ariane dans notre ascension vers le Pic Pelade. Quand le ru se termine, nous, on continue tout droit dans la pelouse. Après une courte montée de 1.500 mètres environ pour un très raide dénivelé d’à peu près 400 mètres, on atteint la crête et le collet de Passeduc (2.284 m) où des vues époustouflantes s’étalent à perte de vue. Mais notre objectif n’est pas encore atteint et sur notre droite, à environ 350 mètres de distance, le Pic Pelade reste plus que jamais à conquérir. Encore, 90 mètres d’un dénivelé à parcourir au milieu d’un véritable paysage lunaire, c’est dans cette montée qu’on comprend mieux la dénomination donnée à ce pic essentiellement caillouteux. Mais quel spectacle une fois le sommet atteint ! On ne regrette pas et on oublie même cette difficile grimpette que l’on vient d’accomplir car de tous côtés des panoramas à couper le souffle se dévoilent : de la Méditerranée, en passant par la plaine du Roussillon, le sombre Mont Coronat  (toujours agréable à mes pensées quand je l’aperçois : http://gilbert.jullien.pagesperso-orange.fr/DES_MERVEILLES0.htm ), le boisé Puig d’Escoutou, l’incontournable Canigou et les autres hauts sommets du Conflent, de Cerdagne et du Capcir jusqu’aux lointains pics ariégeois, c’est un ronde étourdissante de paysages. D’ici, le Madres, à quelques encablures et culminant pourtant à 2.469 mètres, ressemble à une simple barre rocheuse insignifiante et écrasée où s’accrochent encore quelques névés. A nos pieds et au bout d’une descente vertigineuse, un petit village paisible et qui semble perdu dans cette immensité, c’est celui de Railleu. En raison de ce grandiose tourbillon d’ouvertures et de vues, un arrêt collation ou même un pique-nique plus consistant au sommet du Pic Pelade s’impose. En effet, cet arrêt permet d’apprécier à leurs justes valeurs tous ces splendides panoramas même si, vous l’avez bien compris, ma randonnée ne s’arrête pas là pour autant. Quand on redescend du Pic Pelade, on reprend la direction du collet de Passeduc puis celle des Mouillères et du Pla des Gourgs. Sur ce vaste plateau herbeux et mouillé car ici, les tourbières et les sources  sont légions, il n’y a pas de véritables chemins mais simplement des caminoles, ces petits sentiers étroits creusés par les sabots des nombreux bestiaux qui sont à l’estive. Il faut néanmoins les emprunter au départ en prenant soin de suivre quand on les voit,  quelques piquets sans clôture plantés de-ci de-là au milieu des cailloux, des tourbières et d’une rase végétation. En arrivant au Roc des Gourgs, mot qui se traduit par gouffres, trous d’eau, mares, étangs ou bien encore lacs (on l’écrit aussi gour et en occitan et en catalan on l’écrit gorg), on est au bord d’un incroyable ressaut d’un cirque sans doute glaciaire aux temps anciens car très érodé et formé d’impressionnants éboulis et pierriers. Au fond de ce cirque, un magnifique petit lac bleuté émerge dans cet environnement minéral et forestier. Il s’agit du Gorg Nègre ou Lac d’Evol qu’on ne va pas se lasser d’admirer en longeant la crête est de ce vaste Pla des Gourgs. Chemin faisant, on arrive au Refuge CAF  près de la Font de la Perdrix. Cet abri, que l’on l’appelle le refuge de Nohèdes ou de la Perdrix, est très utile pour les randonneurs qui arpentent le Tour du Capcir ou d’autres circuits locaux. Il est construit en dur avec une magnifique vue sur le lac et permet d’accueillir une douzaine de personnes environ. Sur le chemin qui est désormais balisé en jaune et rouge et qui se poursuit toujours sur la crête et derrière le refuge, une autre surprise nous attend sous la forme de deux autres lacs qui apparaissent au fond d’un deuxième cirque. Ce sont les Gorg Estelat ou Lac de Nohèdes et le Gorg Blau. Le Gorg Estelat est plutôt bleuâtre et le Gorg Blau est plutôt verdâtre. Ils doivent sans doute leur couleur particulière à un rythme différent de l’eutrophisation de leurs milieux aquatiques. L’eutrophisation est une dégradation  liée en général à un apport trop important de nutriments qui accroît la production d’algues et par là même, modifie la couleur des eaux d’un lac. Après cette splendide et nouvelle  découverte, il est temps de quitter ce plateau  et de retourner vers le Col de Sansa. On traverse le Pla des Gourgs en suivant le balisage jaune et rouge et en évitant d’emprunter l’autre chemin lui aussi peint en jaune et rouge qui va vers le Clot Rodon et le Madres. La sente descend dans le vallon où coule la Coume de Ponteils, agréable petit torrent qui chante et enfle au fil de la déclivité. On redouble de vigilance car si le balisage jaune et rouge est bien présent, il n’est pas toujours évident à suivre en raison de la topographie du terrain, d’autant que d’autres sentiers se présentent. On laisse le Madres et le Roc Nègre derrière soi et on descend dans la rocaille jusqu’à couper une première clairière à la Jasse de Guissotte puis une deuxième au Pla de Gril où l’on enjambe le torrent qui s’est bien élargi. Notre principal objectif le Pic Pelade que l’on avait perdu de vue depuis longtemps fait sa réapparition dans le paysage encore plus chauve que jamais. Après cette longue descente, on atterrit sur la piste  forestière prise ce matin. Au milieu des pins à crochets et d’une flore exceptionnelle où virevolte une multitude de papillons, on aboutit au Col de Sansa où l’on retrouve la voiture. On consacrera une journée à cette boucle d’environ 17 kilomètres car le but n’est pas de speeder mais d’apprécier à leurs justes mesures toutes ces découvertes que je viens de décrire. Ce circuit est à faire de préférence au printemps ou en été par grand beau temps ou avec une tramontane qui va chasser tous les nuages. Il faut bien s’équiper avec de bonnes et vraies  chaussures de randonnées sans oublier un vêtement chaud. Un GPS n’est pas indispensable pour ceux qui savent lire une carte IGN et savent parfaitement s’orienter avec. Pour les autres et ceux qui en possède un, je conseille de le prendre avec de préférence un tracé préalablement enregistré. En effet le Massif du Madres, qui subit à la fois les influences méditerranéennes, atlantiques et montagnardes, est très capricieux sur le plan météorologique et est très connu pour ses sautes d’humeur aussi soudaines que violentes qui peuvent engendrer des brouillards à couper au couteau. Alors en cas de changement de temps, la prudence doit être de mise ! Carte  IGN 2249 ET Font-Romeu-Capcir Top 25.

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