• le-pic-sant-christau

    Avec les Pyrénées-Orientales, ce qu’il y a de bien, c’est que quelque soit la région vers laquelle on se tourne, il y a presque toujours des collines ou des montagnes à gravir. Alors quand on est randonneur et qu’on habite la plaine de ce beau département, on a cette chance inouïe de n’être qu’à quelques kilomètres de magnifiques régions montagneuses que sont le Vallespir, le Conflent, les Aspres, les Fenouillèdes, les Corbières sans oublier bien sûr le Capcir et la Cerdagne qui constituent les prémices de la longue chaîne pyrénéenne. Mais géographiquement, la plus proche et la plus orientale des montagnes pyrénéennes c’est le Massif des Albères dont les premiers vrais contreforts démarrent du côté du Cap Cerbère et du Cap Creu au fond d’abyssaux canyons. Alors, les crêtes des Albères, où je vous amène marcher aujourd’hui, présentent cette particularité de laisser entrevoir des panoramas à couper le souffle tant vers la Grande Bleue que vers les Pyrénées et ça, il faut le reconnaître, peu d’autres régions offrent l’opportunité de tels regards à la fois si proches sur la mer et sur la montagne. Le Puig Sant-Cristau ou Pic Saint-Christophe (1.015 m) que nous allons gravir à partir de Saint-Jean d’Albère, mais qui est également accessible depuis Montesquieu-des-Albères ou Villelongue-dels-Monts, permet de telles vues même s’il est vrai qu’une partie d’entre-elles sur la Méditerranée est obstruée par le Pic Néoulous tout proche qui, avec ses 1.256 m constitue le point culminant du massif. Mais n’ayez aucune crainte, la mer vous la verrez quand même et si en plus le temps est très beau et clair, c’est une immense partie de la fantastique cambrure du Golfe du Lion que vous apercevrez au bout de la Plaine du Roussillon qui démarre ici, aux pieds même des Albères. Pour cela, il faut d’abord laisser sa voiture à Saint-Jean d’Albère, minuscule hameau blotti au milieu des chênes lièges et commencer par emprunter la D.71 vers l’ouest sur 400 à  500 mètres environ. On ignore le panneau Coll Sant-Joan mais on ne doit pas louper celui indiquant le Col de Llinas à 1h20 de marche. C’est un très mauvais sentier, caillouteux plus qu’il ne faut qui démarre et monte rudement en se faufilant au milieu d’une végétation typique du piémont méditerranéen où les taillis de chênes verts prédominent. Mais si vous vous intéressez à la flore et que vous prêtez attention, vous constaterez qu’une variété extraordinaire d’arbustes et de plantes prolifère dans cette luxuriante végétation : arbousiers, buis, cistes, romarins, genêts, ajoncs, bruyères, euphorbes, fougères, sauges, ronces, menthe, fragon, aspérules, genévriers, hellébores, etc.… mais aussi quelques arbres plus élevés comme le bouleau blanc, le chêne-liège ou pubescent.  Le sentier, lui, balisé en jaune mais originalement enrichi parfois de quelques cailloux suspendus au bout d’une cordelette, s’est bougrement amélioré et finit pas atteindre le superbe dolmen de Na Cristiana. De cette sépulture, les spécialistes prétendent qu’il serait, avec son immense table de gneiss reposant sur sept autres dalles plantées dans le sol, un des plus beaux dolmens du département. Après quelques photos sous toutes les coutures de ce superbe monument mégalithique, on poursuit le sentier qui, brusquement s’entrouvre sur un magnifique Canigou enneigé et une Espagne bleutée, mais aussi,  sur le Perthus et son fort de Bellegarde, le Massif des Salines tout proche, les Aspres et une immense portion du Vallespir. On finit par atteindre un abri pastoral en surplomb de la forêt où plus aucun arbre ne vient contrarier la vision de ces merveilleux panoramas. De manière surprenante, le sentier redescend quelques temps mais c’est d’abord pour filer en balcon et mieux remonter vers le col de Llinas qui l’on aperçoit entre deux promontoires rocheux. Le col est vite atteint et depuis cette vaste esplanade herbeuse le regard bascule sur l’immensité de la mer Méditerranée où l’horizon se perd dans un bleu infini. A nos pieds, c’est le Roussillon qui déroule sa vaste plaine que seules les Corbières arrêtent au loin, vers le nord. Avant de repartir, on remarque une borne marquant le col et surtout un mur agrémenté de deux cavités que l’on pourrait prendre pour des fours. En réalité, il s’agit de soutes à munitions qui datent de la guerre franco-espagnole de 1793 à 1795 que l’on connaît ici sous le nom de guerre du Roussillon ou des Pyrénées et plus généralement de guerre de la Convention car elle oppose le Royaume d’Espagne commandé par le général Antonio Ricardos à le France révolutionnaire de la Convention Nationale. Les Espagnols, eux, l’appelèrent la « Guerra Gran ». En réalité, cette guerre mît aux prises un grand nombre de nations car même si elle fut entamée en avril 1792 par les révolutionnaires français qui voulaient exporter leurs idées vers d’autres pays, nombreux furent les royaumes et duchés européens qui virent d’un mauvais œil les profonds bouleversements que la Révolution Française de 1789 avaient engendré. Tous les pays n’entrèrent pas en même temps dans le conflit mais néanmoins, cette alliance composait des royaumes d’Espagne, de Sardaigne et des Deux-Siciles, du Portugal, des Pays-Bas, de Grande-Bretagne, de Prusse et de l’archiduché d’Autriche, on l’appela la Première Coalition. Ici, à ce col de Llinas situé au pied du Puig Sant-Cristau, vous êtes sans doute peu nombreux à imaginer qu’il s’agit d’un haut-lieu stratégique de ce qu’on a appelé improprement la deuxième bataille du Boulou et dont la France est sortie définitivement vainqueur. En effet, en avril 1794, le général Dugommier est convaincu que pour battre les Espagnols, il faut encercler leur quartier général du Boulou. Pour cela, une seule stratégie, s’emparer du Puig Sant-Cristau pour redescendre sur l’autre versant des Albères. Les Espagnols cantonnés au Boulou n’imaginent pas cette stratégie mais vont néanmoins avancer et se battre farouchement à Montesquieu-des-Albères et c’est là, que le plus fort de la bataille aura lieu le 30 avril et le 1er mai. Les Espagnols sont repoussés et vaincus, mais comme ils ont délaissé le Puig Sant-Cristau, Dugommier envoie le général Pérignon s’en emparer, le but de cette manœuvre étant d’acheminer de nombreuses pièces d’artillerie et de nombreux bataillons puis de redescendre de l’autre côté de la vallée, du côté du Perthus et des Cluses, pour prendre à revers et encercler les forces militaires espagnoles cantonnées au Boulou. L’autre objectif, bloquer toute tentative de retraite et couper les liaisons avec la garnison du Fort de Bellegarde situé au dessus du Perthus. Aidé par le général Augereau qui va s’occuper de l’autre flanc du côté des Aspres et de Céret, le plan ainsi élaboré va fonctionner à merveilles et sera un vrai succès car les Espagnols seront mis en déroute. Le Fort de Bellegarde que l’on aperçoit depuis ces crêtes, lui, ne sera repris qu’en septembre après quatre jours de siège. Cette victoire scella définitivement le sort des Espagnols offrant ainsi une victoire éclatante aux forces révolutionnaires. La guerre entre les deux pays se termina par le Traité de Bâle de 1795 qui vit la soumission de l’Espagne mais également de la Prusse. Seuls le Portugal, la Grande-Bretagne et l‘Autriche restèrent en guerre contre la France. Voilà pour l’Histoire avec un grand « H » de ce lieu qui a vu des milliers d’hommes des deux camps y laisser très courageusement leurs vies pour, il faut le dire, un piètre résultat si ce n’est celui de préserver les mêmes frontières que celles du Traité des Pyrénées de 1659. Pour la petite histoire, celle de cette jolie randonnée, j’ai délaissé le petit sentier qui monte rudement vers le col de la Branca et j’ai préféré emprunter la piste bien plus « cool » qui monte en zigzaguant jusqu’à ce même col et se poursuit jusqu’au pied du Puig Sant-Cristau. En montant, vous remarquerez deux autres soutes à munitions et sur la crête et au pied du pic, un vaste terre-plein herbeux construit sur un très haut soubassement de pierres sèches. Cette plate-forme présente l’avantage de vues sur les deux versants et a sans doute servi à installer les nombreuses pièces d’artillerie que les hommes du général Pérignon avaient eu la force et l’audace de monter jusqu’ici. Le sommet du pic Saint-Christophe est occupé par une chapelle rustique, par les ruines d’un vieux « castell » dont les premiers textes en mentionnent la présence au XIeme siècle et d’autres ruines dont on dit qu’elles seraient celles d’une ancienne tour à signaux. On profite largement du panorama à 360° pour effectuer une pause ou mieux, avaler un pique-nique bien mérité. Après cette découverte du pic avec vues sur des paysages époustouflants, on poursuit notre boucle en suivant le balisage jaune qui descend en dessous de la chapelle et file côté est sur des crêtes rocheuses souvent déchiquetées. La suite est d’une grande simplicité dans la mesure où on ne perdra pas le fil du balisage. Au col de la Font, on peut écourter cette balade en empruntant un sentier qui descend à Saint-Jean en 40 minutes. Moi, j’ai poursuivi tout droit car mon intention était d’atteindre également le sommet du Puig d’Orella ou Pic d’Aureille (1.031 m), histoire de rallonger quelque peu cette courte mais sportive randonnée et de crapahuter une peu sous les hêtres et les pins Laricio de cette splendide forêt domaniale des Albères. J’ai longé la crête par les cols de Baladre et de Sant-Joan pour finalement atteindre le sommet juste avant qu’un groupe de randonneurs n'envahisse ce joli belvédère. Le temps d’engloutir un autre sandwich en observant de nouveaux panoramas dont quelques uns superbes sur Saint-Jean d’Albère et sur le Néoulous enneigé et me voilà parti sur un agréable sentier qui descend vers le Roc del Grévol. Etroite, la sente se faufile au milieu de fougères presque aussi hautes que les petits arbres d’une jeune sapinière où j’entends caqueter des coqs de bruyère sans avoir pour autant le chance de les apercevoir. Au roc, on retrouve une piste forestière, qui par la gauche, nous ramène sans soucis au col Sant-Joan où un petit sentier mal débroussaillé au début descend vers Saint-Jean d’Albère. Attention, dans cette descente balisée en jaune, n’allez pas trop vite, à la fois car elle est par endroits un peu laborieuse mais aussi pour ne pas perdre de vue les marques de peinture jaunes pas toujours évidentes à repérer. Le sentier débouche à l’ouest du village sur la D.71 qu’il faut emprunter sur 600 mètres environ pour retrouver sa voiture. Cette randonnée telle que décrite ici est longue de 14 kilomètres pour un dénivelé de 500 mètres environ. En raison des sentiers parfois très caillouteux et difficiles, il est fortement recommandé d’y venir randonner avec de bonnes chaussures de marche bien crantées. Carte IGN 2549 OT Banyuls Top 25.

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  • le-site-de-malpasset


    Avec le site du barrage de Malpasset, comme le chante Charles Aznavour, je vais vous parler d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. En 1959, quand cette tragédie est survenue, j’avais tout juste 10 ans. Ma mère, je me souviens très bien, après avoir entendue l’information dans le poste de radio était horrifiée de l’ampleur du désastre et s’inquiétait aussi de certains membres de sa famille qui habitaient Fréjus. A l’époque, pour se tenir informés, mes parents n’avaient que « la Marseillaise », c'est-à-dire le quotidien régional et le poste de radio car nous n’avions ni téléphone, ni télévision et cette anxiété avait duré des jours et des jours. Puis, mes parents avaient été rassurés par une tante mais ils en parlèrent encore pendant très longtemps et même si c’est vrai qu’à cet âge-là, avec l’insouciance qui me caractérisait, j’avais d’autres pôles d’intérêts que de me morfondre sur l’actualité aussi sombre fusse-t-elle, j’ai toujours entendu mes parents évoquer la catastrophe de Malpasset comme la pire jamais survenue. Bien sûr, une fois adulte, j’ai fini par assimiler qu’un barrage c’était rompu à Fréjus faisant de nombreuses victimes mais quand le 1er janvier dernier, je suis allé visiter le site pour la première fois, je n’en savais guère plus, alors j’ai tenté de me remémorer ce que j’avais retenu de mes 10 ans. A vrai dire pas grand-chose or mis le fait que quelque chose s’était « mal passé » et pourtant un souvenir très vivace semblait gravé dans ma mémoire. Alors, je suppose que mes parents parlèrent si souvent de Malpasset quand j’ai été plus « grandet »  que  j’ai fini par en savoir presque autant que si j’avais lu de nombreux articles ou vu plusieurs reportages à la télé.  C’est en tous cas avec ces quelques souvenirs d’enfance et de jeunesse que j’ai effectué cette courte balade qui, il faut l’avouer, c’est peu à peu transformé en un espèce de pèlerinage tant les vestiges de cette catastrophe demeurent impressionnants tout au long du parcours. Quand on voit ces blocs de plusieurs milliers de tonnes qui ont été roulés sur plus d’un kilomètre de distance comme de simples fétus de paille, comment ne penser à ces 423 victimes qui ont du croire que la fin du monde était arrivée. Sans doute, ont-ils pensé que le ciel leur tombait sur la tête car les 50 millions de mètres cube d’eau ont crée une vague de 40 mètres de hauteur qui a plus de 70 km/h a déferlé dans le vallon du Reyran, ravageant tout sur son passage et mettant seulement 20mn pour atteindre Fréjus et la mer. Pour se rendre au site de Malpasset depuis Fréjus, il faut emprunter la D.37 jusqu’à son terme. De toute manière, vous n’irez pas plus loin, la route D.37 ayant été emportée par le Reyran, cette rivière ou plutôt ce torrent qui ne coule qu’en hiver et encore de manière capricieuse mais parfois excessivement violente. Ce torrent est bien sûr à l’origine de cette abominable catastrophe même s’il n’en est pas la cause directe puisque selon les spécialistes, c’est la roche bien trop friable sur laquelle reposait le barrage qui serait la seule coupable. On laisse la voiture sur un parking, on longe le Reyran sur sa droite, on le traverse par un gué improvisé car certains passages à gué en béton ont été emportés eux aussi, puis on passe sous le pont de l’autoroute. La suite est d’une simplicité absolue car il suffit de suivre d’abord les pancartes indicatives puis les marques jaunes du balisage qui mènent au barrage anéanti. Bon, autant le dire, ce n’est pas et de très loin, la plus belle des balades car ce lit du ruisseau, le plus souvent très à sec, dans lequel on déambule garde les traces inaltérables de  la tragédie. Magmas de blocs de béton et de roches, ferrailles tordues, petites mares d’eau inertes et grèves de caillasses ponctuent l’itinéraire. Ici, seuls les proches alentours forestiers et quelques arbres qui ont réussi à repousser dans le lit et quelques berges sableuses laissent à penser qu’il y avait jadis un vallon plutôt fertile. Il faut un peu moins de trois quarts d’heures pour atteindre le barrage tristement célèbre. Il faut bien sûr, un peu plus du double pour un aller-retour car bien évidemment, on est tellement subjugué par cet immense édifice de béton ruinée qu’on y passe un peu de temps car on a envie de le découvrir sous tous ses aspects pour tenter de mieux comprendre ce qui s’est passé. Mais bon, or mis de très succincts panneaux explicatifs, ce n’est pas sur le terrain que vous en apprendrez beaucoup plus et le mieux, c’est de faire comme moi et d’aller visiter certains sites sur Internet. Il y en a pour tous les goûts, du très technique jusqu’au plus simple pédagogiquement parlant. Je vous conseille par exemple le site Wikipédia qui lui est consacré et qui est vraiment pas mal mais il y en bien d’autres. Au fait, en compulsant certains sites, j’ai appris que le nom de Malpasset venait bien de ce lieu « mal placé » où tout se « passait mal » car le légendaire brigand Gaspard de Besse, espèce de Robin des Bois provençal y détroussait les diligences.  Alors, faut-il pour autant voir dans ce nom de Malpasset, le signe d’un mauvais présage : un barrage « mal placé » où tout s’est  « mal passé » ? Carte IGN 3544ET Fréjus-St-Raphael Top 25.


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  • Au mois de novembre dernier, j’avais mis en avant dans mon Journal Mensuel, le cas de Joël Censier, ce père de famille dont le fils avait été sauvagement assassiné par une dizaine de voyous. Je vous rappelle brièvement cette affaire : Jérémy Censier, dont le seul tort était d’être le fils d’un policier, a été assassiné par une dizaine de jeunes, qui malgré une culpabilité évidente, ont tous été très rapidement remis en liberté pour un soi-disant vice de forme. Le but de cet article avait été à travers le Pacte 2012 pour la Justice, de faire connaître au plus nombre de français, le cas de cette intolérable injustice qui protége et donne plus volontiers de l'importance aux meurtriers qu'aux victimes.

    Récemment, une autre injustice tout aussi incroyable est venue jusqu’à mes oreilles car de nombreux médias (Paris-Match, le Parisien et bien d’autres) s’en sont fait l’écho. Cette injustice, c’est celle de la remise en liberté de Yalda Arbabzadeh plus communément appelée Emma ou bien encore plus connue sous le nom de « l’Appât » dans l’affaire que l’on a appelée le « Gang des Barbares ». Voilà une jeune fille qui est déjà sortie de prison, on se demande bien pourquoi, alors qu’elle avait été condamnée en 2010 à 9 ans de réclusion pour une participation incontestablement essentielle dans cette affaire qui s’est terminée par l’horrible assassinat du jeune Ilan Halimi. A-t-elle été libérée pour « bonne conduite » ? Sans doute pas, quand on sait que quelques semaines après son emprisonnement, elle offrait déjà ses faveurs intimes au Directeur de la prison de Versailles où elle venait d’être incarcérée.  

    Alors encore une fois, l’Institut pour la Justice vient de relayer cette information et comme j’avoue que j’en ai un peu marre de ces injustices et de ces disfonctionnements à répétition, j’ai décidé d’adhérer à cette association car je pense, comme eux, que c’est la seule manière de se faire entendre de nos décideurs pour changer les choses :

    Voilà ci-dessous, en détail ce qu’écrit l’Institut pour la Justice au sujet du cas d’Emma de cet innommable Gang des Barbares. N’oubliez pas à la fin de la lecture, de regarder la vidéo et le cas échéant de signer la pétition et de donner votre obole : 


    Madame, Monsieur,

    La presse a révélé la semaine dernière que la criminelle qui fut la principale participante à l'enlèvement du jeune Ilan Halimi, et qui fut condamnée en 2010 à neuf ans de prison, a été relâchée par la Justice depuis une période indéterminée (certains parlent de plusieurs mois déjà).
    Pour mémoire, Ilan Halimi fut mis à mort dans des conditions d'une violence à faire hurler les pierres par un groupe de jeunes de banlieue qui se nommaient eux-mêmes « le Gang des Barbares ». Ils supposaient que, parce que leur victime était juive, ils parviendraient à extorquer à ses parents d'énormes sommes d'argent.
    Ils avaient torturé ce garçon pendant trois semaines, attaché nu sur une chaise dans une cave, un sac sur la tête. Ils avaient harcelé les parents de messages sur leur téléphone portable en leur expliquant ce qu'ils faisaient à leur fils, et en les insultant, et en leur envoyant même des photos.
    Tout ceci avait été soigneusement établi au cours de l'enquête qui suivit l'assassinat d'Ilan. Bien entendu à l'époque, toute la presse et les autorités du pays avaient juré que les coupables seraient sévèrement punis.
    Le pire cependant, se produisit durant le procès, où le chef du gang, Youssouf Fofana, continua à se moquer ouvertement des parents et des juges, à expliquer combien il était fier de ses actes. Il a même prononcé de très graves menaces à l'égard des jurés lors des audiences au tribunal.
    Malgré donc l'absence de remords et l'atrocité du crime, la plupart des coupables sont aujourd'hui libres et la Justice a commencé à libérer ceux qui portent la plus lourde responsabilité.
    Mais savez-vous ce qu'a expliqué l'avocate Maître Dominique Attias, hier, dans les colonnes du Parisien ? Elle a expliqué au sujet de cette criminelle donc, qui est déjà en liberté elle aussi :

    Elle n'a eu aucun traitement de faveur. 

    Elle a au contraire eu un régime de défaveur.

    Elle est même allée au-delà de la date à laquelle elle pouvait prétendre une sortie. 

    Oui, vous avez bien lu. Condamnée à neuf ans de prison en 2010, pour un crime commis en 2006, elle est déjà libre en janvier 2012 mais elle a été « victime » d'un régime de défaveur, et aurait pu (dû ?) sortir plus tôt encore. Et tenez-vous bien : cette avocate dit vrai. Selon les lois françaises actuelles, il est normal qu'un criminel fasse la moitié de sa peine.
    Car tout notre système judiciaire est organisé pour éviter que les peines prononcées soient appliquées comme
    elles le devraient :

    -La « perpétuité » correspond à 20 ans de prison en moyenne

    -Dès leur entrée en prison, les criminels bénéficient de « remises de peine automatiques » qui réduisent d'office leur peine de plusieurs mois par an.

    -Les condamnés à deux ans de prison ferme sont quasiment assurés de ne pas passer une seule journée en détention depuis la loi pénitentiaire, dite « loi Lecerf ».

    -Et il n'est pas rare qu'un criminel condamné à dix ans de prison sorte au bout de 4 ans !

    Même en cas de mauvaise conduite en prison, il n'existe pas un seul détenu en France qui purge l'intégralité de sa peine !
    De fait, la conduite de cette criminelle qui a participé à l'enlèvement d'Ilan Halimi fut loin d'être exemplaire : elle doit comparaître le 15 février au tribunal correctionnel pour recel durant son séjour en prison, où elle parvint à faire pénétrer illégalement dans sa cellule un téléphone portable qui lui permettait de continuer à communiquer avec ses amis.
    Et savez-vous qui lui avait donné ce téléphone portable ? Le directeur de la prison, avec qui elle avait des relations sexuelles.

    Mais pour la Justice, ce ne sont que des broutilles. Rien qui justifie de purger la peine à laquelle elle a été condamnée. L'urgence est de la remettre en liberté avant la fin de sa peine, et d'ailleurs « elle ne voudrait plus entendre parler de la justice », a expliqué son avocate.

    Eh bien je vais vous dire ce que nous en pensons, à l'Institut pour la Justice :

    Nous pensons que tout cela est invraisemblable.
    Et nous pensons qu'une peine prononcée au nom du peuple français ne doit pas être systématiquement rabotée par un juge d'application des peines.
    Nous n'appelons pas à la vengeance. Mais nous ne trouvons pas juste que des personnes qui ont commis de tels actes (c'est elle qui avait eu l'idée d'enlever un « juif », et elle a reconnu avoir choisi, seule, la victime) soient remis en liberté des années avant la fin de leur peine.
     Nous pensons qu'il en va de notre dignité la plus élémentaire de citoyens de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher notre système judiciaire de continuer à se moquer à ce point des familles des victimes et des citoyens innocents.

    Si vous souhaitez vous aussi faire quelque chose, si vous n'avez pas encore participé à notre Référendum sur la Justice, regardez d'urgence cette vidéo.

    Et surtout, surtout, faites circuler ce message partout autour de vous.

    (http://petitions.institutpourlajustice.com/referendum/video.html).

    Un grand merci,

    Laurence Havel, Secrétaire générale

     

    logo-ipj

    Institut pour la Justice - 140 bis rue de Rennes 75006 Paris.

    http://www.institutpourlajustice.com/ http://www.publications-justice.fr/




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  • le-sentier-de-boulouris

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    le-sentier-littoral-boulour

    Ce petit sentier du littoral balisé en jaune démarre du Port de Santa Lucia à Saint-Raphaël, longe la station balnéaire de Boulouris et se termine à la plage de Dramont. Cette plage est devenue célèbre le 15 août 1944 quand les forces alliées y débarquèrent pour libérer de nombreuses villes du Midi de la France, pour ensuite rejoindre les forces du débarquement de Normandie et finalement bouter les Allemands hors de France.  C’est sur cette plage et quelques autres que commença cette opération que l’on a l’habitude d’appeler communément le Débarquement de Provence mais dont le nom de code fut Anvil Dragoon. Bien que mon article n’ait pas pour objectif de vous raconter l’Histoire de France, cette plage est un lieu qui se visite et qui bien évidemment peut représenter un épilogue intéressant à cette petite excursion. D’ailleurs, ce parcours n’est pas à proprement parlé une vraie randonnée mais plutôt une balade qui peut être raccourcie au gré des désirs de chacun et se transformer même en une simple promenade dominicale praticable en toutes saisons. Bien sûr, il ne me paraît pas inutile de rappeler que "praticable en toutes saisons" ne veut pas dire imprudences et que ce sentier du littoral comme tous les autres sentiers en façades maritimes nécessitent que l’on prenne garde aux violents coups de mer qui malheureusement font, chaque année, quelques victimes sur notre superbe littoral français. Personnellement, j’ai parcouru ce sentier deux fois et deux fois incomplètement. Une première fois en mai 2009, en solitaire et aux prémices d’une magnifique journée de printemps puis en famille lors d’un week-end de fin décembre 2011.  Alors autant dire que si le sentier que j’ai emprunté était le même, les décors, eux, avaient complètement changé entre ces deux sorties très espacées dans le temps et les saisons. Car ici, les paysages se métamorphosent souvent mais en raison de la puissance des couleurs, comment pourrait-il en être autrement ? Sur ce sentier du littoral, plutôt escarpé par endroits, où rochers, baies, petites calanques, plages de sables fins, villas et belles demeures aux splendides jardins, grèves de galets dorés, criques déchiquetées et anses aux eaux limpides  ne cessent de se relayer, tous ces coloris se côtoient et se mélangent pour créer des tableaux incroyablement beaux et changeants. Ici le Massif de l’Esterel plonge dans la mer et laisse affleurer ses dernières roches rouges de porphyres, ici se succèdent les bleus, les gris et les blancs du ciel et de la mer,  ici s’entremêlent les différents verts d’une foisonnante végétation, ici, selon l’heure du jour, le temps ou la saison, les panoramas se parent de fabuleuses teintes aux nuances insoupçonnables, ici les couchers de soleil incendient les horizons avec des rouges et des oranges incandescents, enfin et comme le disait si justement Charles Trenet, ici on y vient surtout pour voir danser la mer avec ses reflets changeants, le long de golfes clairs. Vous ne pourrez pas louper non plus, le superbe Temple de l’Amour (voir photo) construit au 18eme siècle et qui est ce qu’on appelle une « fabrique de jardin », construction dont la vocation est d’orné un jardin paysager. En 1944, les soldats qui sont venus nous libérer du joug nazi n’ont sans doute pas eu le temps d’observer toutes ces beautés alors pensons à eux car nombreux y ont laissé la vie pour que nous vivions en paix aujourd’hui. Grâce à eux, nous avons cette chance de pouvoir venir sur ce littoral uniquement pour notre bon plaisir alors peut être qu’en pensant à cela, vous serez plus enclin à terminer cette courte balade par une visite de la plage où le débarquement a eu lieu. Pour cela, après la terminaison du sentier, il vous suffira d’emprunter la Nationale 98 sur quelques centaines de mètres. Pour le reste, je ne vais pas vous faire l’affront de vous décrire cette balade qui est d’une grande simplicité car il suffit de longer le bord de mer en suivant le balisage jaune très présent et de revenir soit par un élémentaire aller-retour soit par la Nationale 98 si vous n’avez pas prévu de laisser un véhicule à chacune des extrémités.  Autres solutions, prendre le bus voire le train pour revenir au point de départ. Il y en a régulièrement. La distance à parcourir est inférieure à 10 km, le double bien évidemment pour un aller-retour ou pour un retour par la Nationale. Au plus chaud des saisons, pensez à prendre de l’eau en quantité suffisante. Carte IGN 3544ET Fréjus-St-Raphael Top 25.


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  • Parmi mes randonnées sur plusieurs jours, vous avez peut-être lu ou simplement feuilleté celle que j'ai intitulé "Un cauchemar pour Trois Etoiles". Dans ce récit, j'y racontai l'histoire d'un égarement que Dany et moi avions vécu en mai 2004 en voulant accomplir sur deux jours, une très belle balade qui à partir du Pas de Grau et via Mantet devait nous amener jusqu'au Pic des Tres Estelles puis retour par une boucle  A cause de hautes congères de neige sur le versant nord de ce massif , nous avions fini par nous égarer et de ce fait, nous n'avions jamais terminé cette randonnée et ce sont deux gendarmes du Peloton de Haute Montagne d'Osséja qui étaient venus nous chercher au fond de l'insondable ravin de l'Orry. Pour vaincre ce signe indien et pour ne pas rester sur cet échec, cette splendide randonnée, nous l'avons refaite en mai 2006 et c'est celle-ci que je raconte cette fois. Cliquez sur le lien suivant pour y accéder :

    Lien : le Pic des Tres Estelles en 2 jours


     


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