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urbanya

Le Roc de Peirafita (1.535 m) par le Bac de la Pinosa depuis Urbanya (856 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 3 chansons interprétées par Tori Amos. Elles ont pour titre : "Sleeps With Butterflies", "Winter" et "Somewhere Over The Rainbow".
LE-ROC-DE-PEIRAFITA
ROCPEIRAFITAIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Même si cette randonnée n’a pas été réalisée avec une « super » météo, le mois de juin démarre plutôt bien. En effet, les beaux jours semblent se décider à arriver et surtout à vouloir se perpétuer, et comme souvent en pareil cas, Dany et moi, avons pu aller passer quelques jours à notre petite maison d’Urbanya. Alors, pour tous ceux qui désormais connaissent mon blog, ils savent que séjours à Urbanya signifient souvent nouvelles balades au départ de ce village. Bien sûr, il y aura une limite à ce raisonnement car les sentiers et les objectifs de randonnées autour d’Urbanya ne sont pas sans fin mais pour l’instant ça va, j’arrive encore à « inventer » quelques jolis  parcours comme ce Roc de Peirafita par le Bac de la Pinosa que je vous propose dans cet article. Un parcours en grande partie hors sentier balisé où la nature dans toute sa splendeur prend le dessus sur l’objectif lui-même car le Roc de Peirafita n’est qu’une petite barre rocheuses à 1.535 m d’altitude à cheval sur la limite des communes séparant celle d’Urbanya de celle de Nohèdes. Ici, le principal attrait de cette crête rocheuse est le panorama grandiose et aérien se dévoilant sur le Massif et le Mont Coronat, sur la Réserve Naturelle de Nohèdes mais également vers le Puig d’Escoutou, le Pic Pelade et le Massif du Madres. Quand au Bac de la Pinosa, il s’agit comme son nom l’indique d’un bois planté presque essentiellement de pins à crochets même s’il y a aussi sur ce versant ombragé du Pic de Portepas (1.798m) bien d’autres essences. Ici, non loin de l’ancien et bouillonnant canal d’Urbanya qui est commun avec le Correc de la Pinosa,  on atteint le point culminant de cette balade à 1.674 mètres d’altitude. Cette randonnée a donc une déclivité plutôt conséquente puisque en partant d’Urbanya à 856 mètres de hauteur, ce n’est pas moins de 818 mètres de dénivelé qu’il faut accomplir. Pourtant, n’ayez aucune crainte car l’essentiel de la balade s’effectuant sur des pistes forestières, cette randonnée reste plutôt facile même si la distance d’environ 19 à 20 kilomètres peut en rebuter certains. Le départ reste identique à d’autres balades déjà expliquées dans ce blog (Pic LLoset, Pic de Portepas, Métairie de Cobazet, etc.…) et on emprunte le chemin qui monte sur le versant est du vallon d’Urbanya, le but étant de rejoindre une piste forestière où passe l’ancien GRP Tour du Coronat filant vers le Col del Torn (ou col de Tour).  Je dis « ancien » car depuis les années 80, le GRP Tour du Coronat n’a malheureusement jamais été réhabilité contrairement à d’autres tours pédestres comme celui du Canigou ou bien du Vallespir. Même si le tracé est encore présent sur la plupart des cartes IGN, elles aussi étant souvent anciennes, sur le terrain, vous trouverez parfois mais pas souvent un vieux balisage jaune et rouge. Tout en montant pour rejoindre cette piste, j’ai pris un plaisir intense à photographier la nature dans ses récréations les plus spontanées mais les plus insolites aussi car les innombrables cerisiers chargés de fruits s’étaient transformées en de véritables volières où une multitude d’espèces d’oiseaux s’étaient donnés rendez-vous. Merles, geais, pics, mésanges, fauvettes, j’en passe et des meilleurs se régalaient des drupes rouges qui étaient mûres à point et malgré notre présence toute proche, leur gourmandise prenait le pas sur leur appréhension et c’était tant mieux pour moi car je pouvais enfin les photographier avec plus de facilité qu’à l’habitude. Même un écureuil roux entra dans cette partie de gloutonnerie et sema un court instant la zizanie auprès des oiseaux. Mais quand il s’agit de se régaler de fruits rouges, toute cette belle ménagerie semble d’accord pour faire une paix tacite.  Plus haut, au moment d’atteindre l’itinéraire du GRP Tour du Coronat, les cerisiers sauvages et les feuillus en général laissent la place aux résineux. Peu avant le Col del Torn, nous avons emprunté la piste DFCI C056 qui file sur le versant ensoleillé du Pic de Portepas d’où son nom de Sola de la Pinosa de Portapas sur les cartes. Ici, on entre dans une zone d’estive et il faut donc respecter les lieux en refermant les barrières, en s’écartant suffisamment des troupeaux de bovins et en marchant en silence pour ne pas les effrayer surtout au début du printemps quand les jeunes veaux en sont encore à téter leur mère, ce qui peut représenter un certain danger. D’ailleurs, si j’ai un conseil à donner à tous les randonneurs, ici dans ce secteur de la montagne, le silence est fortement recommandé et la discrétion de mise car outre d’éventuels bovins parfois présents, j’ y ai toujours aperçu de nombreux animaux sauvages (chevreuils, cerfs, renards, blaireaux, aigles, vautours, gypaètes) et notre balade du jour n’a pas dérogé à la règle puisque rapaces et surtout hordes de sangliers et de cervidés ont été de la partie. Si photographiquement, j’ai pu surprendre un sanglier entrain de manger, les cervidés planqués dans les pins ne m’ont laissé aucune chance et ont détalé bien trop vite pour que je les immortalise dans mon numérique. Mais le seul fait de les voir est un immense bonheur car comme je le dis en préambule de cet article, ici le principal objectif de la randonnée, c’est bien d’aller à la rencontre de la nature dans ce qu’elle a de plus beau. Une nature belle et sauvage que l’on peut observer dans toute sa splendeur et d’autant mieux que la chasse est fermée depuis quelques temps déjà. Peu après, les conifères laissent la place aux landes de genêts purgatifs en grandes parties défrichées depuis mon précédent passage. La piste devient sentier au moment même où les vues s’entrouvrent au loin sur le Massif du Canigou et à nos pieds, sur le Vallon d’Urbanya dont on mesure mieux d’ici toute la profondeur et l’ampleur. Les sangliers aperçus et photographiés dans la pinède traversent le sentier 100 mètres devant nous puis ils dévalent le talus pour rejoindre la forêt du Bac de la Pinosa. Quelques minutes plus tard, nous entrons à notre tour dans cette sombre forêt sur un sentier bien évident au début puis se perdant un peu dans une clairière à l’approche du Roc de Peirafita. On reste sur le sentier le plus évident et le plus emprunter, par les seuls chasseurs sans doute car les randonneurs sont rares à s’aventurer par ici. Le sentier longe sur sa droite la crête sommitale séparant le Bac de Torrelles de celui de la Pinosa. Côté vallée de Nohèdes, de nombreux et profonds petits ravins très abrupts descendent vers d’autres vallons bien plus amples et créent un réseau de petits ruisselets se transformant plus bas en quelques torrents plus larges.  Peu après le Roc de Peirafita que vous ne verrez peut-être pas automatiquement car très à gauche du sentier, une nouvelle et large piste se présente et il suffit désormais de la suivre pour rejoindre d’abord le GRP Tour du Coronat pris à l’aller et bien évidemment Urbanya. En descente dès son début, cette piste fait face au versant nord et boisé du Pic de la Moscatosa (1.457 m) et atterrit dans une clairière herbeuse où elle amorce vers la gauche un virage en épingles à cheveux. Sur la gauche de cette piste, on remarque les ruines d’une cabane en pierres sèches au lieu-dit « Font de la Roja » avec sur le fronton de l’entrée une date gravée : 1910. La déclivité faiblit et le chemin se stabilise à l’approche du col LLoset puis après ce col, la piste amorce en direction du lieu-dit la Travessa une nouvelle descente. On retrouve l’itinéraire prit à l’aller cette fois-ci tout en descente jusqu’à Urbanya. Cette randonnée qui emprunte à 90% des pistes forestières est longue d’une vingtaine de kilomètres, pour des montées et des descentes cumulées de 1.530 mètres environ. Pour ceux qui comme moi, s’intéresse à la toponymie, je précise que le nom « Peirafita » vient du latin « petraficta » que l’on sépare en deux mots distincts « petra » signifiant « pierre » et « ficta » signifiant « fichée ». Il s’agit donc la plupart du temps d’une « pierre fichée » ou «  pierre dressée ». Toutefois selon les lieux et ils sont nombreux, il peut s’agir d’une menhir, d’un monument funéraire voire d’une simple colonne ou d’une pierre droite naturelle. On retrouve ce nom dans bien d’autres langues et écrit de diverses manières pour définir des noms de lieux ou de personnes avec un ou deux t comme « Perafita », « Petrafica » « Pierrefite », « Pierrefitte », « Pierrefiques » « Peyrefite » ou bien encore « Pierfite ». Dans certaines régions, le mot « pierre » a carrément disparu et une « fita » n’est ni plus ni moins qu’une « pierre droite ».  Quand au nom « Pinosa » que l’on rencontre le plus souvent écrit « Pinouse », il signifie un lieu planté de pins ou plus simplement une pinède. Ce nom, on le retrouve à de multiples endroits dans notre département et dans toutes les Pyrénées en général dont le plus connu reste les « Mines de la Pinouse » au dessus de Valmanya, haut-lieu historique de l’exploitation du fer du Canigou et de la résistance contre les nazis. Aujourd’hui par bonheur, cet endroit est surtout prisé des randonneurs.  Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

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Le Serrat Gran (1.430 m) depuis Urbanya (856 m)

Publié le par gibirando



Ce diaporama est agrémenté de de la chanson d'Eddy Mitchell "Rio Grande". Elle est interprétée ou jouée par Yvon (chant), Olivier Moulin (harmonica),  Paul Contamine (clavier électrique) 
LE SERRAT-GRAN
SERRATGRANDIGN
Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Le Serrat Gran est, contrairement à son nom, un modeste sommet du Haut-Conflent à 1.430 mètres d’altitude dont sa crête sert de délimitation entre les territoires d’UrbanyaConat et Mosset. Au delà de son altitude elle même, je suppose qu’il doit surtout son nom à sa position géographique car dans des temps plus anciens, il était sans doute le passage à franchir le plus court mais aussi le plus élevé pour les villageois qui voulaient se rendre d’un village à un autre. Je vous parle bien sûr d’une époque où les routes carrossables et les pistes forestières n’existaient pas et à laquelle les seuls moyens de communications étaient certainement des sentiers muletiers. Présent à Urbanya en ce début du mois d’avril, c’est vers ce sommet, dont j’aperçois un bout du versant sud depuis ma maison, que je m’étais tourné ce matin-là pour réaliser ce qui aurait du être une courte randonnée mais qui c’est transformé au fil du parcours en une longue virée.  Ce long périple, vous ne serez pas obligés de l’accomplir, hors mis peut-être si le plaisir de marcher et le désir de découvrir sont aussi ardents que les miens. Je mentionne d’ailleurs sur la carte jointe à cet article, la boucle initialement envisagée vers le Serrat Gran ainsi que le parcours réellement accompli. Vous aurez donc le choix entre les deux options. Cette randonnée au Serrat Gran, j’aurais pu l’intituler « Au dessus des ravins » mais comme peu de gens connaissent ce sommet et qu’il était le point culminant de la balade préalablement prévue, j’ai préféré lui conserver la faveur du titre de mon article. En effet,  sur cet itinéraire, on chevauche le véritable relief du Conflent, c'est-à-dire cette zone intermédiaire très vallonnée que l’on appelle « piémont pyrénéen » se situant entre la bordure méditerranéenne et ses plaines et les premiers hauts sommets des Pyrénées. Ici, les ravins sont si nombreux que le regard est presque systématiquement porté vers eux, c'est-à-dire vers le bas plutôt que vers l’horizon ou les montagnes.  J’en ai dénombré une bonne quinzaine, courts ou longs, profonds ou pas mais heureusement plus souvent aperçus que franchis. Pourtant sur ce parcours où les panoramas sont le plus souvent à 360°, l’horizon et les montagnes environnantes se dévoilent magnifiquement et notamment vers un Canigou enneigé tout simplement extraordinaire à cette époque de l’année. Mais rassurez-vous, il n’y a pas que le Canigou à observer et d’autres montagnes comme les massifs du Coronat ou du Madres sont également bien visibles. Sans compter qu’à cette saison, la flore et la faune se réveillent magnifiquement, offrant des intérêts supplémentaires insoupçonnés aux randonneurs de ce circuit original. Tout démarre une fois encore d’Urbanya, village qui se pare de blanc en cette saison grâce à ces nombreux cerisiers, pommiers et autres arbres fruitiers en fleurs. Le départ est similaire à la randonnée du « Serrat de Calvaire » déjà décrite dans ce blog. Ensuite, il y a bien sûr un itinéraire quelque peu différent que je vous décris ci-après. On laisse son véhicule sur le parking, on franchit le pont puis on emprunte le Chemin de Saint-Jacques qui part à droite de la mairie et monte entre quelques maisons. Après la dernière habitation, devant un garage fait de tôles et de planches, on prend le sentier qui monte à gauche. Là, on va suivre la sente la plus évidente qui va s’élever et redescendre au fil des petites ravines que l’on franchit allégrement. La principale ravine est occupée par un bois où coule l’étroit « Correc » de Vallurs.  Après avoir enjambé ce petit ruisseau, le dénivelé s’accentue et il ne va pratiquement plus cesser jusqu’au sommet du Serrat Gran sauf peut-être en passant près d’une immense ruine qui arrive très vite où il s’aplanit quelque peu. Lors du tour du Serrat de Calvaire, je m’étais déjà posé la question de savoir si cette grande ruine n’était pas le hameau de Saint-Jacques figurant sur les cartes Cassini ? A ce jour et malgré quelques recherches complémentaires, je n’ai toujours pas la réponse à cette question.  Devant ces vestiges, on est donc toujours sur l’itinéraire que j’avais décrit pour faire le tour du Serrat de Calvaire et il va en être ainsi jusqu’à la côte 1098 de la carte IGN, non loin du Roc de Jornac. C’est à ce point précisément qui offre des vues sublimes sur le Massif du Canigou que les deux itinéraires différent. Au lieu de suivre, le large chemin qui part en épingle à cheveux, on va lui préférer le petit « cami » débroussaillé qui longe la clôture à main gauche. Cette clôture, on ne va plus la quitter jusqu’au sommet du Serrat Gran et même un peu plus loin jusqu’au Col de les Bigues, rendant ainsi cette ascension d’une simplicité déconcertante. Je tiens tout de même à préciser que j’ai utilisé sciemment le mot « simplicité » plutôt que « facilité » car la déclivité s’accentuant nettement, la « grimpette » se mérite ! Mais grâce aux multiples panoramas, on oublie facilement les affres de l’effort à accomplir. En effet, en marchant le plus souvent dans une végétation rase composée essentiellement de cistes à feuilles de lauriers et de maigres et rares genêts, on aura en permanence le regard absorbé par le spectacle se dessinant de tous côtés : forêts domaniales des Réserves Naturelles, Canigou, Coronat, Escoutou, Pelade, Madres, Portepas,TornPla de Vallenso (Balençou) et toujours d’immenses ravins vertigineux qui descendent pour rejoindre les vallons où coulent les principales rivières de la contrée, à savoir Urbanya et Callau. Cette dernière rivière finissant par rejoindre le Têt, son affluent majeur à Ria. Si le sentier monte très raide, il  monte en tous cas toujours très droit jusqu’au sommet du Serrat de Miralles (1.377 m). Par temps clair, ce qui n’était pas vraiment le cas, le ciel étant plutôt voilé ce jour-là, vous aurez des vues sur le lac bleuté du barrage de Vinca et bien plus loin encore vers le Roussillon et la Méditerranée. Vers le nord, quelques sommets dominant la Vallée de la Castellane apparaissent et notamment le Pic del Rosselló gravi dernièrement et récemment expliqué dans ce blog. Ici, au sommet du Serrat de Miralles, on est quasiment au centre du Parc Naturel Régional des Pyrénées Catalanes alors malgré un ciel laiteux, le spectacle est tout de même saisissant et splendide. Avec un tel tableau devant les yeux, ajouté à une terrible fringale,  j’en ai profité pour entamer très sérieusement mon casse-croûte gardant mon dessert pour le Serrat Gran bien visible car à seulement quelques foulées. J’ai mangé sous un véritable concert de chants mêlés orchestré par des oiseaux de toutes sortes et en sortant mes jumelles de leur fourreau, j’ai pu reconnaître : mésanges, serins, chardonnerets, pipits, fauvettes, pinsons, rouges-queues, bruants, etc…  Tout ce petit monde virevoltait d’arbres en arbres dans le joli Bois d’Estarder, rendant encore plus agréable cette halte anticipée. Beaucoup plus haut dans le ciel, quelques grands rapaces sont entrés dans la partie et se sont mis à tournoyer sinistrement au dessus de ma tête. Je ne pense pas qu’il s’agissait d’aigles royaux car il y en a paraît-il très peu dans le massif du Madres-Coronat alors en raison de leur grand nombre, plus d’une dizaine et de leurs caractéristiques, j’ai pensé à des Vautours fauves. Une fois rentré à la maison, l’agrandissement d’une photo sembla me confirmer cette idée : ailes larges et plutôt sombres où les plumes extrêmes étaient amplement écartées, poitrails plus clairs chez certains sujets et queues carrées courtes et noires. Alors, devant cet incroyable spectacle ornithologique et toujours à l’affût de quelques belles photos animalières, il a fallu que je me pousse un peu pour quitter ce joli mirador. Tout en continuant à longer la forêt, j’ai pris la direction de l’objectif du jour. A l’orée de grands pins mais planté de jeunes sapinettes, le Serrat Gran est un belvédère moins intéressant car moins ouvert sur de larges panoramas que le Miralles. Aussi après m’être délecté d’un « Flamby » et d’une compote de pommes, j’ai rapidement amorcé la descente vers le col de les Bigues en m’enfonçant pleinement dans la forêt pendant quelques minutes. En arrivant au col, il était seulement midi passé de quelques minutes et malgré un ciel se couvrant de gros cumulus blancs du côté du Madres et du Coronat, je n’avais pas franchement envie de redescendre vers Urbanya pour terminer si tôt cette belle balade. Alors j’ai poussé jusqu’au col del Torn (col de Tour) et j’ai refait à l’envers cette magnifique randonnée que j’avais intitulé le « Balcon d’Urbanya ». Il emprunte un tronçon du Tour du Coronat avant de redescendre sur le village. Comme je l’ai dit en préambule, rien ne vous obligera à faire de même et à ce moment-là, il vous suffira de redescendre du Col de les Bigues vers Urbanya en empruntant un des différents sentiers qui y mène : soit ceux des Escocells selon leur état d’embroussaillement soit celui du Clot del Baro, souvent le plus praticable mais le plus long. Je précise que cette randonnée au Serrat Gran qui longe en grande partie les clôtures qui délimitent les territoires d’Urbanya, Conat et Mosset (tracé fait de petits points sur les cartes IGN) n’est réalisable que si les sentiers qui les côtoient ont été défrichés, ce qui était le cas le jour où je les ai empruntés. Je pense qu’ils sont débroussaillés régulièrement car j’y ai rencontré un agent ONF qui lui-même longeait la clôture entre le Serrat Gran et le Serrat de Miralles pour effectuer des relevés.  En conséquence, je présume que cet agent ONF est habitué à cheminer ces sentiers. Si au Col de les Bigues, on fait le choix de redescendre sur Urbanya, on aura effectué une courte boucle d’une dizaine de kilomètres environ, pour un dénivelé de 580 mètres mais des montées cumulées de 830 mètres. En ce qui concerne la suite de ma balade que j’ai accomplie ce jour-là, j’avoue que j’ai été comblé au delà des mes espérances car quelques animaux très intéressants se sont montrés très indulgents envers moi, acceptant sans trop rechigner d’être photographiés : un superbe et trop rare lézard ocellé et un magnifique renard avec encore son pelage d’hiver notamment. Pour cette seconde partie, je vous précise que la boucle réalisée ce jour-là est longue d’environ 17 kilomètres et pour le reste, je vous renvoie à la carte IGN et à mon diaporama. Carte IGN 2348 ET Prades-St-Paul-de-Fenouillet Top 25. 

 

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La Métairie de Cobazet (1.536 m) depuis Urbanya (856 m)

Publié le par gibirando


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Une fois encore, c’est à partir de mon village fétiche d’Urbanya que je vous propose cette belle et longue balade à la Métairie de Cobazet (*). Cobazet est un lieu magnifique avec son pasquier entouré de superbes forêts, mais le corps de ferme, lui, est un bâtiment privé qui ne se visite pas. Alors, on y va uniquement pour le plaisir des yeux et celui de se retrouver pour pique-niquer dans un cadre enchanteur et verdoyant. Sur les pancartes qui délimitent le domaine forestier privé, appartenant désormais à la société Groupama, il est écrit « Cobazet » mais  sur certains documents, vous trouverez parfois les noms de « Coubazet », « Coubezet » ou « Covazet ». Sur de vieilles cartes IGN la désignation de « Covaset » est parfois présente et sa toponymie ne fait aucun doute, si je la traduis par le patronyme des « Sept cavernes » ou des « Sept grottes ». En effet, en catalan, une « cova » est une caverne ou plus simplement une grotte et « set » c’est tout simplement le chiffre « sept ». Alors, si je crois savoir qu’à proximité de la Métairie, plusieurs avens ont été découverts, j’ai également appris qu’ils auraient été obstrués depuis, sans doute par mesure de sécurité. Mais je l’avoue, je n’en sais guère plus car je ne suis ni géologue et encore moins spéléologue. Alors, en ce magnifique samedi d’automne, mais où la chasse était malheureusement ouverte, plutôt que de prendre le risque de partir en forêt à la recherche d’hypothétiques cavités, j’ai préféré ce jour-là, marcher gentiment sur des pistes forestières, sous un ciel cristallin et en écoutant fébrilement les détonations des fusils et les aboiements des chiens. Cela a largement suffit à mon bonheur. Le départ d’Urbanya est identique à celui que j’avais décrit dans un article précèdent consacré au Pic de Portepas, mais avec une différence importante, c’est que nous allons cette fois-ci poursuivre le Tour du Coronat jusqu’au col de Tour ou del Torn (1.536 m). Ce col, qui est à la croisée de multiples chemins, nous allons tout simplement le traverser en ignorant toutes les autres pistes ou sentiers qui partent à droite ou à gauche. D’ailleurs, et même si aucun balisage ne le laisse supposer, ni sur le terrain ni sur les cartes, cet itinéraire, c’est toujours celui du Tour du Coronat qui se poursuit jusqu’à Llugols, Conat, Jujols, Nohèdes et finit par faire le tour de ce joli massif. Lors d’une autre randonnée à la Gare d'Estardé, j’ai déjà évoqué l’exploitation du talc et bien il faut savoir que ce trajet n’est autre que celui qu’empruntait au temps jadis, la petite locomotive « Decauville » tractant quelques wagonnets remplis de minerais en provenance de la carrière de stéatites de Caillau. La Stéatite, c’est le nom d’une la roche très tendre essentiellement composée de talc mais ce fut aussi le nom que l’entreprise « Decauville » donna à la petite locomotive. Pour ne pas marcher idiot, avant même cette randonnée, je me suis intéressé à l’Histoire de ces lieux et c’est ainsi que j’ai appris que cette carrière de talc appartenait, tout comme la Métairie de Cobazet et 1851 hectares de la montagne de Mosset, au Baron Fernand de Chefdebien. En juin 1884, il venait d’en faire l’acquisition aux enchères effaçant ainsi le passif de 367.400 francs d’un certain Rémy Jacomy. Ce Rémy Jacomy était bien connu dans notre beau département puisqu’il était le principal maître de forges des Pyrénées-Orientales et le fondateur de plusieurs sociétés métallurgiques et minières. Il détenait lui-même tous ces biens pour les avoir achetés en 1860 au précédent propriétaire, un certain Monsieur Jean Aymar Delacroix, Marquis d’Aguilar, descendant des derniers seigneurs de Mosset. Mais pour en revenir à notre randonnée, si vous prêtez attention et sans parler des vestiges de quelques infrastructures de l’exploitation du talc dont les murs encore debout sont parfaitement visibles à Cobazet, vous remarquerez par endroits et sur la gauche du chemin, le terre-plein qui supportait la voie dont les rails de 60 cm de largeur en faisait à l’époque un des chemins de fer parmi les plus étroits de monde. Certaines ruines et vestiges sont enfouies sous la végétation, mais en cherchant bien, il est possible de  retrouver quelques vieux souvenirs, wagonnets, bouts de câbles ou de tôles, machines rouillées par le temps, clous ou bouts de ferrailles divers de cette aventure industrielle. J’ai appris que les premiers rails furent posés en 1886 entre la carrière de Caillau et la gare d’Estardé sur une longueur de 13 kilomètres environ. L’activité s’arrêta lors de la guerre de 1914 et les installations furent démontées pour les besoins de l’armée. Après la guerre, l’activité redémarra de plus belle, toujours équipée de la petite locomotive. Dans les années 30, l’activité atteint son apogée. Il faut dire que tous les moyens étaient bons pour faire du rendement, réduire les distances et par là même les délais. C’est ainsi qu’à Cobazet, on éleva un pylône de plus de 36 mètres de hauteur pour la mise en œuvre d’un téléphérique dont les wagonnets descendaient directement vers une forge de la Vallée de la Castellane, distante de 2 kilomètres seulement. C’’était toujours ça de gagné par rapport à l’éloignement que constituait un passage par le col de Jau ou la gare d’Estardé ! Au fil du temps, les vieilles charrettes tirées par des « percherons » amenant le talc à l’Usine Chefdebien de Prades furent remplacées par des camions. Plus tard, la vieille « Steatite » fut remplacée par un locotracteur électrique car les équipements, train et téléphérique, servaient bien sûr pour le talc mais également aux autres activités de Cobazet en particulier (balles de foin, produits agricoles, etc.…) et de la montagne en général (grumes de bois, matériels de scieries, etc.…). En 1943, plusieurs groupes de maquisards vont investir ce secteur de la montagne. Bien qu’étant indépendants les uns des autres et sous la direction de différents chefs, l’Histoire retient tous ces groupes sous la dénomination commune de « Maquis du Col de Jau ». Certains de ces groupes vont se former autour des sites miniers et agricoles de Caillau et Cobazet et avec la bienveillance du directeur et du contremaître de l’entreprise Chefdebien, de nombreux résistants, S.T.O et guérilléros espagnols vont être planqués au sein même des différents bâtiments. Vers 1950, avec des moyens plus modernes et plus rapides pour transporter directement le talc depuis la carrière jusqu’à l’usine de Prades, le petit train, devenu obsolète, s’arrêta définitivement et l’ensemble du matériel ferroviaire fut voué au ferraillage. L’activité industrielle qui, à partir du talc, consistait à fabriquer de la « Poudre Chefdebien », espèce de « bouillie bordelaise à la sauce catalane » censée combattre le mildiou et les autres maladies de la vigne, se poursuivit jusqu'au début des années 70. L’activité s’arrêta définitivement sans doute par manque de profitabilité, car il faut savoir que la carrière de Caillau étant située à 1.600 mètres d’altitude, les ouvriers ne pouvaient pas raisonnablement travailler les mois d’hiver dans la montagne enneigée. La bâtisse de Caillau qui avait servi de baraquement pour les ouvriers de la carrière fut transformée en 1984 en refuge pour randonneurs. Voilà pour l’histoire tumultueuse de ce joli coin de montagne désormais redevenu paisible et silencieux or mis quand les chasseurs sont de sortie. Quand on arrive à Cobazet depuis le col de Tour, les vues se dévoilent magnifiquement vers le Col de Jau, sur la Vallée de la Castellane, sur l’ensemble des montagnes environnantes (Madres, Bernard Sauvage, Dourmidou, Serra d’Escales, Roussello, etc.…) et sur l’immensité des superbes forêts où en automne les teintes des feuillages des différentes essences s’entremêlent et créent un véritable océan végétal aux couleurs chatoyantes. Mais l’image la plus belle est sans doute cette vue dominante depuis le chemin et par-dessus les sapins, de la métairie elle-même. Avec ses grands murs blancs, la grande bâtisse contraste étonnamment avec son pré verdoyant, ses grands cèdres sombres et ses pins noirs qui l’entourent et ce lavis de montagnes roussâtres qui ferme l’horizon. Même si en automne, on ne peut pas resté insensible aux couleurs de la forêt, c’est à mon goût au printemps et en été, quand la luminosité atteint son zénith, que les prés et les chemins se parent de mille fleurs, que Cobazet incarne un des plus beaux décors naturels qu’il m’a été donné d’observer lors d’une randonnée. Sur le coup de midi quand le vacarme des armes et des chiens a cessé et que le calme est revenu, j’ai aperçu une biche. Immobile, elle semblait m’observer avec ses grands yeux et au fond de moi, je me suis dit qu’elle avait beaucoup de chance que je ne sois qu’un « chasseur d’images » ! Après cette jolie vision, j’en ai profité pour casser la croûte avec devant les yeux ce panorama prodigieux sur le pasquier de Cobazet. Puis pour trouver un peu de repos, je suis parti m’allonger sur une pelouse non loin de la métairie. Un daguet est passé à toute vitesse sans me voir brisant furtivement le silence de cathédrale dans lequel j’avais sombré. Il a sauté les clôtures du pré où paissaient d’énormes taureaux puis a disparu dans la forêt. C’est marrant car en regardant ces puissants taureaux, je me souvenais avoir lu dans l’Histoire de Mosset sur Internet, qu’au 19eme siècle, les taureaux de Cobazet participaient déjà à des concours de beauté. Du coup, ils étaient très appréciés de tous les éleveurs du coin qui n’hésitaient pas à envoyer leurs plus belles vaches et génisses pour la reproduction. En observant ces puissantes bêtes, j’ai immédiatement pensé que si l’industrie minière du talc et du fer avait périclité, cette tradition pastorale, au moins, avait l’air de s’être perpétuée dans le temps. En début d’après-midi, la nature ayant complètement repris sa quiétude et ses droits, je me suis remis en route, moins anxieusement que le matin, et j’ai eu la chance d’observer deux chevreuils qui, il est vrai, paraissaient un peu désorientés et méfiants par les battues du matin. Cette méfiance ne m’a pas permis de les photographier comme je l’aurais voulu mais pour moi, c’était déjà un grand bonheur en soi d’avoir pu les observer encore debout sur leurs quatre pattes. Après la Métairie de Cobazet, le chemin à prendre est celui qui descend à gauche du grand pré. Il passe au milieu des clôtures, tourne à droite en continuant de longer le pacage et entre dans la forêt en direction de la Coma d’en Beget. Au premier carrefour suivant, on poursuit tout droit la piste DFCI N°C052. Cette piste monte légèrement et permet d’apprécier de splendides vues lointaines sur une belle partie du Conflent, ses crêtes frontières avec le pays Fenouillèdes et toute la Plaine du Roussillon. A nos pieds, s’étale l’éblouissante forêt du domaine. Si le temps est clair, c’est la Méditerranée qui par endroits se dessine à l’horizon. Puis à l’approche du Col de les Bigues (des Vigues), le Canigou apparaît majestueux derrière la modeste Serrat Grand et le clairsemé Bois d’Estardé. Au col, si tous les sentiers et chemins qui descendent vers Urbanya sont débroussaillés (ça arrive !), vous aurez l’embarras du choix. Moi, j’ai voulu changer un peu et j’ai, cette fois-ci, emprunté un large chemin qui file à droite, en dessous et parallèlement à celui qui retourne vers le col de Tour. Bordé de clôtures, il faut l’emprunter sur 750 mètres environ en regardant en permanence le côté gauche afin de remarquer un petit sentier caillouteux qui descend perpendiculairement au premier en suivant lui aussi une autre clôture. Le retour vers Urbanya est d’une simplicité enfantine puisqu’il suffit pour rejoindre le village de longer cette longue clôture. Avec plus de 2 kilomètres, cette descente va vous paraître sans doute bien fastidieuse mais sachez que ce petit sentier qui longe par la gauche le Ravin du Correc del Menter (Manté),est, lorsqu’il est bien débroussaillé, le plus court et le plus rapide itinéraire pour retrouver sa voiture. Depuis le parking d’Urbanya situé à 856 mètres d’altitude, il faut estimer cette boucle à une vingtaine de kilomètres environ. Le point culminant de cette randonnée étant le col de Tour à 1.536 m c’est un dénivelé de 680 mètres que l’on accomplit en réalisant ce magnifique et très facile circuit. Bien que la plupart des randonneurs soient attentifs à l’égard de la nature, dans le cas de Cobazet, il n’est peut-être pas inutile de rappeler qu’ici on traverse une propriété privée et qu’il faut être respectueux des lieux mais aussi des consignes et interdictions mentionnées à l’entrée du domaine. Lors des périodes de chasse, il est fortement recommandé de revêtir un gilet de sécurité fluo comme en portent eux-mêmes les chasseurs. Cartes IGN 2348 ET Prades-St-Paul-de-Fenouillet puis 2249 ET Font-Romeu-Capcir Top 25.
 
(*) Si l'histoire de Cobazet vous intéresse, cliquez ici.

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Le Serrat de Calvaire (1.359 m) depuis Urbanya (856 m)

Publié le par gibirando



Ce diaporama est agrémenté de la chanson "Les Croix" de Louis Amade et Gilbert Bécaud interprétée successivement ici par Gilbert BécaudEdith Piaf puis dans une version instrumentale karaoké.
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Avec "le Serrat de Calvaire" (en deux mots Cal Vaire sur certaines cartes et en un seul sur d’autres et Calbaire sur la carte IGN et certains cadastres), c’est encore une jolie petite balade que je vous propose au départ d’Urbanya. Quand on approche du village par la route, le Serrat de Calvaire est cette haute colline très pentue coiffée d’une moumoute de conifères qui se trouve de l’autre côté de la profonde ravine où coule la rivière éponyme. De loin, on pourrait croire cette colline aride, mais quand on la chemine, on constate qu’elle ne l’est pas vraiment car ce maquis, s’il est plutôt rabougri, reste néanmoins très dense avec notamment de nombreux ligneux et surtout des épineux comme les ronciers, les églantiers, les aubépines, les genêts scorpions, les ajoncs, les prunelliers et quelques autres encore, mais qui néanmoins ne forment pas le gros du bataillon de la végétation de ce versant. En effet, si on regarde bien, on remarque que ce flanc-ci de la montagne a une couleur plutôt vert pâle et au printemps et en été, elle est encore un peu plus blanchâtre à cause des fleurs d’un arbrisseau ligneux et pyrophyte qui a envahi ce « serrat »  et qui n’est autre que le ciste à feuilles de lauriers. Au préalable, la couleur aura été jaune à cause des nombreux genêts. J'ai un peu cherché pourquoi cette colline s’appelait « Calvaire » mais je n’ai rien trouvé ni sur Internet ni auprès de quelques anciens du village. Alors comme chacun sait et selon la définition des dictionnaires, un calvaire c’est parfois une croix en plein air commémorant la Passion du Christ mais ça peut-être aussi une suite de longues souffrances. Ce que l’on sait moins, c’est que le mot « calvaire » a pour origine le mot « calvaria » qui signifie « crâne » qui lui-même provient de mot araméen « gulgota » ou du grec « golgotha » du nom de la colline où fut crucifié Jésus. Comme quoi, les mots « calvaire » et « colline » c’est une histoire déjà très ancienne. Alors autant vous le dire, sur le parcours en question, qui, il est vrai, n’est pas la partie la plus pentue du Serrat, je n’ai pour l’instant, ni aperçu de croix, ni vécu de longues souffrances, bien au contraire. Comme vous le savez peut-être, un « serrat » signifie au même titre que « serra » ou « sarrat » une chaîne de montagnes ou de collines ou plus modestement une ligne de crêtes. Or, dans le cas présent, de cette colline, on va surtout en faire le tour sans prétention de la découvrir dans sa totalité car or mis deux ou trois sentiers, le reste est quasiment infranchissable, sauf pour les animaux, à cause des cistes et des épineux cités plus hauts. Alors, rien n’interdit de penser qu’il y aurait eu une croix et que celle-ci soit désormais invisible ou inaccessible envahie qu’elle serait par cette flore invasive. En tous cas, lors de mes recherches, j’ai appris que cette colline avait été pendant très longtemps largement exploitée et on y dénombrait un nombre impressionnant de cortals. Il y a une cinquantaine d’années, on y cultivait en terrasses, encore bien visibles par endroits, des champs de céréales et notamment du blé dont la farine servait à confectionner le pain à une époque où le hameau d’Urbanya pouvait vivre en totale autonomie. Alors, sans doute les travaux agricoles sur cette colline très abrupte étaient-ils excessivement pénibles au point que cela finissait par devenir un vrai calvaire pour ceux qui l’arpentait à longueur d’années. Enfin et bien que cette colline ait vaguement la forme d’une  « boîte crânienne »,  j’ai du mal à croire qu’on l’ait appelé « calvaire » à cause de ça ! Le départ s’effectue depuis le parking situé à l’entrée du village. On se dirige comme si on se rendait à la mairie mais après le petit pont, on tourne immédiatement à droite en empruntant la ruelle qui s’intitule « le chemin de Saint-Jacques ». La ruelle file au milieu de quelques vieilles maisons tout en s’élevant en balcon au dessus des jardins potagers et au dessus de la ravine qui commence à s’esquisser un peu plus bas sur la droite. Cette ravine se creuse rapidement au fur et à mesure que l’on grimpe parallèlement à elle et devient carrément vallon puis vallée. Après la dernière habitation, on continue par le sentier de gauche qui s’élève au dessus d’une remise faite de planches et de tôles. Là aussi, j’ai tenté de comprendre pourquoi cet itinéraire, les anciens l’avaient appelé « chemin de Saint-Jacques » mais il semble que cette toponymie se perde quelque peu dans la nuit des temps. Bien sûr, de prime abord, j’ai immédiatement pensé qu’il s’agissait d’un chemin emprunté par des pèlerins se rendant à Compostelle passant par Urbanya. Mais en regardant tout à fait par hasard ce secteur de la montagne sur une vieille carte Cassini (1756), j’ai du me rendre à l’évidence et constater que ce « chemin de Saint-Jacques » n’avait rien à voir avec son « illustre » homonyme. En effet, sur la carte Cassini, je me suis rendu compte qu’il y avait eu, aux temps anciens et dans cette direction, un lieu-dit Saint-Jacques tout près d’Urbanya et grâce à un symbole stylisé, on y remarque même selon la légende cartographique, un hameau sans église entourée de prés et de cultures. J’ai également trouvé sur une autre vieille carte, et toujours dans cette direction, une parcelle mitoyenne au village qui s’appelait Saint-Jaume (Saint-Jacques en catalan), tiré sans doute du nom des Rois d’Aragon qui régnèrent au 13eme siècle sur cette région du Conflent. Alors c’est sûr, il y a eu une minuscule bourgade et elle a disparu sans doute par manque d’eau ou fut ravagée par la peste au même titre que de nombreux autres petits hameaux du coin, tels ceux de Nabilles et d’Arletes par exemple. Comme les autres villages, Saint-Jacques fut sans doute abandonné par sa maigre population, puis tomba en ruines détruit qu’il fut par les incendies ou les intempéries puis englouti par la végétation. C’est le scénario le plus probable et aujourd’hui, il n’en reste rien ni sur le terrain ni dans l’Histoire à moins bien sûr que ce Saint-Jacques soit ce lieu où subsistent quelques ruines d’un grand mas que l’on va croiser un peu plus haut sur notre itinéraire (Depuis, j'ai découvert d'autres vestiges d'un hameau juste au dessus de celui déjà mentionné) . En tous cas, j’ai appris d’un ancien que sur ce sentier, il y avait eu un oratoire avec une croix. S’agit-il du « fameux calvaire » et ce calvaire se trouvait-il à Saint-Jacques ? Le mystère reste entier pour l’instant mais je vais continuer à chercher.  Le sentier s’élève doucement. Derrière nous, le village apparaît ravissant, blotti qu’il est dans son écrin de verdure et quand on connaît un peu l’histoire récente, on a beaucoup de peine à imaginer qu’il y a encore quelques décennies, il n’y avait aucune forêt alentours et que ses environs n’étaient composé que de pauvres pacages et de quelques champs de blé. On atteint le sommet d’un premier mamelon où un croisement permet par la droite d’aller cheminer le Serrat de l’Homme et de se rapprocher ainsi du grand ravin d’Urbanya. Nous, on reste sur le chemin principal qui descend vers un vallon que l’on va couper en atteignant un bosquet où l’on entend murmurer l’étroit Correc de Vallurs. On enjambe ce petit ru et le chemin bordé sur la droite d’un gros muret de pierres de schistes remonte plus raide et finit par atteindre une grande bâtisse en ruines envahie par les mûriers sauvages. S’agit-il du lieu-dit Saint-Jacques dont je parlais plus haut ? Je ne saurais vous le dire mais en tous cas, si sur la carte Cassini qui date du 18eme siècle, un « Saint-Jacques » est bien présent dans ce secteur, les cartes les plus récentes ne mentionnent plus rien à cet endroit. D’ici les jolies vues commencent à apparaître sur toutes les montagnes environnantes. Alors qu’un gros bulldozer est entrain de défricher autour du mas en ruines, nous poursuivons le sentier le plus évident qui s’élargit et continue de monter en direction du Roc de Jornac. Après les fracas du bulldozer, le silence se réinstalle. Un lièvre détale devant nous sur le chemin et dans l’instant suivant, jaillissant des cistes, une compagnie de perdreaux s’envole en éventail. Le chemin continue de monter puis s’aplanit un peu, au moment même où dans la ligne de mire, le Canigou pointe le bout de son pic. Sur notre droite, apparaît dans sa somptueuse globalité le Massif du Coronat avec sa merveilleuse et sombre forêt de pins à crochets et ses hautes falaises blanches. A la côte 1098 sur la carte IGN, nous arrivons sur un replat où nous profitons d’un panorama grandiose qui s’entrouvre sur le massif du Canigou tout entier, la vallée de la Têt et la plaine du Roussillon. Ici, on ignore tous les autres sentiers et on poursuit par la gauche le large chemin qui fait une boucle en épingle à cheveux et continue de monter, un peu plus embroussaillé, dans ce maquis montagnard typiquement méditerranéen. D’ici, le sentier déjà parcouru se dessine nettement dans la rase et brune végétation où seules les petites ravines sont garnies de boqueteaux verdoyants. Un kilomètre plus haut, nouvelle boucle à droite qui finit par rejoindre une piste carrossable qui mène vers le col de les Bigues (ou des Vigues). Cette piste fait la démarcation entre la splendide forêt du Domaine de Cobazet et le Serrat de Calvaire que l’on domine désormais sur la gauche. Les autres « crêtes » comme les serrats Gran, Miralles, d’Estardé et quelques autres qui délimitent clairement l’ubac de la vallée de la Castellane et la solana du vallon d’Urbanya sont essentiellement occupés par diverses essences dont de nombreux conifères. On en remarquera quelques beaux échantillons sur notre droite avec bien sûr les pins sylvestres ou à crochets qui sont les plus répandus mais aussi quelques sapins pectinés et surtout de superbes sapins argentés. Cette piste en pente douce, où nous accompagnent sauterelles et papillons, nous amène sans problème au col de les Bigues où il ne reste plus qu’à emprunter le sentier le plus débroussaillé pour redescendre sur Urbanya. Nous, nous avons choisi le chemin qui descend au milieu des Escocells et qui se poursuit parallèle et sur la gauche au petit ravin du Correc du Serrat de les Bigues. Dans la descente, on rencontre parfois d’impressionnants amas de pierres, résultats sans doute de défrichages et d’épierrements successifs des terres autrefois cultivées. Parfois, on distingue les murs ruinés de quelques ancestraux cortals que j’évoquai plus haut. Il faut compter plus d’une heure de descente pour atteindre le village dans une végétation beaucoup plus variée et parfois bien différente de celle rencontrée jusqu’à présent : fougères, chardons, sureaux, genêts à balais, noisetiers et d’autres espèces ont légèrement regagné du terrain sur les différents ligneux et épineux que les éleveurs s’évertuent à défricher. On peut parfois avoir la chance d’y trouver quelques bons champignons. A l’approche du hameau, les vues aériennes sur le vallon sont superbes et on finit par le rejoindre après 4h30 environ de marche effective pour un peu plus de 10 kilomètres parcourus et un dénivelé positif de 500 mètres. Si cette randonnée vous paraît bien trop courte, vous pourrez très facilement la rallonger à votre gré en poursuivant par exemple après le col de les Bigues en direction du col de Tour (del Torn) pour une boucle beaucoup plus longue que j’avais intitulé dans un autre article de ce blog « le Balcon d’Urbanya ».  Aux saisons les plus propices, et à condition d’apprécier les confitures, la cueillette des nombreuses baies comestibles (mûres, sureaux, prunelles, cynorrhodons, cerisiers sauvages, merisiers, etc.…) est une autre manière de rallonger dans le temps et de manière utile cette agréable petite randonnée. Carte IGN 2348 ET Prades-St-Paul-de-Fenouillet Top 25.

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Le Pic de Portepas (1.798 m) depuis Urbanya (856 m).

Publié le par gibirando

 
 Ce diaporama est agrémenté avec des musiques du DJ Michael Maretimo extraites de sa compilation intitulée "Spring Lounge 2019".
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Les habitués de mon blog, en lisant cet article consacré au Pic de Portepas, vont sans doute rouspéter et se dire « encore une randonnée au départ d’Urbanya ! ». Ils n’auront pas tort mais d’un autre côté, il faudra sans doute vous y faire car que voulez-vous, depuis dix mois, je passe l’essentiel de mon temps à restaurer et à rénover une petite maison que j’ai achetée dans ce merveilleux village et la façon la plus simple que j’ai trouvé pour m’évader de ce labeur pénible et qui, parfois, paraît sans fin, c’est de m’élever sur les hauteurs environnantes. C’est ainsi que l’an dernier, j’étais parti vers Estardé voir les ruines de l’ancienne gare de l’exploitation du talc de Caillau, puis au printemps dernier, j’étais monté voir le Pic Lloset et ses cerisiers en fleurs et cette fois-ci, j’ai jeté mon dévolu sur ce pic qui m’était également inconnu à savoir le Pic de Portepas (1.798 m). Franchement, autant vous le dire, je n’ai pas été déçu de cette longue vadrouille dans des paysages verdoyants à souhait, des décors sans cesse renouvelés et des vues admirables. Je pensais que Dany m’accompagnerait mais cette fois-ci ce n’est pas sa polyarthrite qui la faisait souffrir mais plus simplement ses orteils dont les ongles, depuis la dernière randonnée, avaient décidé d’émigrer sous d’autres cieux. Bon, d’un autre côté, je crois que ce jour-là, elle a pris autant de plaisir à ranger à sa guise sa petite maison de montagne que j’en ai pris moi-même à marcher au sein de cette merveilleuse forêt domaniale de Nohèdes-Urbanya. Et si parfois, je peux avoir l’adjectif facile et grandiloquent, cette fois le terme de « merveilleux » n’est pas exagéré tant j’ai fait ce jour-là d’exceptionnelles découvertes. Je ne parle pas des incalculables et superbes fleurs qui m’ont accompagnées toutes la journée et qui ont contribuées une fois encore à alimenter mon herbier photographique, je n’évoque pas la multitude de papillons multicolores et d’insectes voltigeurs qui m’ont escortés tout au long du chemin, non, cette fois, la faune sauvage était réellement de sortie et c’est ainsi que j’ai eu l’occasion de voir un chevreuil, deux écureuils roux, quelques rapaces, un gros blaireau, un lézard vert et plusieurs gris qu’ici, on appelle, bien sûr, lézards catalans. Mais le clou du spectacle, ce sont quelques renards qui semblaient s’être donner le mot pour quitter de concert leurs terriers et surtout qui paraissaient n’avoir aucune crainte d’être photographié sous toutes les coutures. Ces goupils étaient à tel point dociles et de bonne composition que ce reportage, j’aurais presque pu l’intituler « Danse avec les renards » ou bien « l’homme qui parlait aux oreilles des renards » ou encore le « Roman de Renart », mais le titre était déjà pris. La randonnée, elle, au départ du parking du village, reprend le même itinéraire que celui qui nous avait amené aux pics LLoset et de la Moscatosa, c'est-à-dire qu’on passe devant la mairie, on poursuit tout droit le bitume, qui dans un virage à gauche se transforme ensuite en une piste qui passe devant un pylône puis devant une grande étable et rejoint beaucoup plus haut la piste DFCI C060 qui est en réalité le sentier du Tour du Coronat. Comme toujours, on respecte la propriété privée, on referme les clôtures derrière soi et on fait attention à celles parfois électrifiées. Cette fois-ci, on va poursuivre le sentier en direction du col del Torn (col de Tour) et juste avant d’y parvenir, c'est-à-dire à environ 200 mètres de celui-ci, on emprunte la piste DFCI C056 qui file à gauche. Ne vous trompez pas : ce n’est pas un premier large chemin herbeux qui, lui,  est un cul de sac, ni le troisième ou le quatrième qui, du col de Tour, vous entraînerez respectivement vers Canrec et au Refuge de Callau. Non, pour la boucle qui nous intéresse c’est bien la deuxième large piste qu’il faut prendre et on ne peut guère se tromper car outre le panonceau DFCI C056, on arrive rapidement devant une grande barrière métallique où quelques panneaux de recommandations nous précisent qu’on entre dans une zone pastorale. D’ailleurs, pour les étourdis qui n’auraient pas lu les écriteaux, un vaste enclos est immédiatement planté là, derrière la barrière, pour signaler qu’on entre dans un espace d’estives. On prend soin de refermer la barrière car guère plus loin, des dizaines de bovins ont déserté l’enclos et déambulent en liberté dans les prés à l’ombre de magnifiques sapins et ne semblent en aucun cas effrayés de la présence de deux ou trois renards qui rodent dans les parages. Peu après, à la Sola de la Pinosa de Portapàs, les pins à crochets et les sapins disparaissent pour un temps et laissent la place à de grandes fougères et surtout à d’innombrables petits genêts en fleurs colorant le chemin. De nombreux papillons et insectes butineurs ou sauteurs foisonnent dans ce secteur. A mon approche, quelques jolis lézards délaissent leurs pierres brûlantes et filent dans les fraîches fougères. Plus bas, un gros blaireau, un peu pataud, traverse une clairière mais détale en me voyant. Ici, les paysages se dévoilent essentiellement vers le sud et l’est : en direction du Canigou bien sûr, des flancs du Massif du Coronat mais aussi vers l’ample vallon d’Urbanya dont on ne distingue ni le village et encore moins le fond. Après la Sola, la partie ensoleillée, on entre à nouveau dans un sous-bois de conifères au Bac de la Pinosa. A partir de là, le chemin se rétrécie et se transforme en un sentier plus étroit. On coupe un ru bourbeux, le sentier semble vouloir descendre en forêt puis il remonte et finit par redescendre un peu avant de rencontrer le petit mais fougueux Correc de la Pinosa. On quitte ici le sentier pour suivre au jugé et par la droite la rive de cet étroit ruisseau. En réalité, si vous regardez la carte IGN, vous remarquerez que ce « correc » a été canalisé, ce qui explique certainement son débit important. De fait, le Correc de la Pinosa entr’aperçu un peu plus bas sur le sentier du Tour du Coronat au lieu-dit la Fajosa où il se jette dans la rivière Urbanya est commun avec le Canal d’Urbanya. Les abords du canal étant des prés parsemés de quelques bas genêts et genévriers, on longe le cours du ruisseau sur quelques mètres en zigzaguant aisément entre les buissons jusqu’au plus haut de la butte où là, toujours au jugé, on file à droite dans une prairie plantée de pins et sapins très clairsemés. Le pic de Portepas (1.798 m) est ce mamelon boisé qui apparaît droit devant tout en haut de la ligne de faîte. Autant le dire, ce pic n’est pas une fin en soi et son sommet boisé et aplati, qu’on a d’ailleurs du mal à identifier sans GPS, ne présente pas un intérêt particulier si ce n’est toutes ces prodigieuses vues et notamment celles qui apparaissent jusqu’à la mer au dessus du Pic del Torn (Pic de Tour) lors de son ascension. Les prairies verdoyantes du Portepas sont le paradis des bovins et tel Moïse revenant du Mont Sinaï, j’y ai même rencontré le Veau d’Or (le veau dort) mais le mien était bien réel et n’avait rien d’une idole vénérée. C’était un petit veau, tout blanc, qui dormait profondément tel un enfant, bien à l’écart des autres et qui semblait rêver d’une longue et belle existence identique à celle d’une vache à lait. Je suis passé près de lui en silence et je l’ai observé longuement. Il ronflait et seules ses oreilles bougeaient pour chasser quelques mouches. J’ai fait en sorte de ne pas le réveiller et j’avoue qu’il me sera difficile de manger à nouveau du veau après une telle vision de félicité ! Après les pâturages et à l’approche du sommet, j’ai cherché mon itinéraire dans le petit bois pour redescendre et atterrir au col de Planyas où j’ai retrouvé un large chemin longeant une clôture. Si le cœur vous en dit, au parking Planyas, vous pourrez emprunter un peu vers la gauche ce large chemin qui descend et offre de jolis panoramas sur de vastes pacages et vers le Massif du Madres, le Bac de Torrelles et le Pic de la Roquette. Sinon, pour poursuivre ma boucle, il suffit de redescendre vers la droite ce large chemin qui longe la clôture et vous ramène sans problème sur la piste DFCI C056, à une jonction pas très loin de l’enclos cité plus haut. Dans cette belle descente un peu sauvage, peut-être aurez-vous comme moi le bonheur de surprendre un chevreuil ou bien de contempler quelques sinistres rapaces qui tournoient dans le ciel. En tous cas, les renards étaient toujours dehors à chasser et à force de patience, j’ai réussi avec bonheur à en fixer un dans mon petit numérique. C’était sans contexte le moins craintif de tous puisqu’il se laissa approcher à moins de dix mètres et ce n’est qu’au bout d’une dizaine de minutes, lassé sans doute de jouer les stars devant mon appareil photo, qu’il finit par déguerpir dans les fourrés. C’est encore sous l’excitation de ce magnifique spectacle que j’ai  repris le chemin du retour vers le Col de Tour puis, pour refermer cette boucle, la direction du Col de les Bigues. Sur un large sentier bien débroussaillé cette fois, la descente vers Urbanya fut presque une formalité. A l’approche du village, deux perdreaux s’envolèrent des fougères et se laissèrent tomber un peu plus bas dans la blancheur des cistes en fleurs. Du haut de la colline, je voyais le village et je distinguais Dany pas plus grande qu’une fourmi. La fourmi avait fini son rangement et m’attendait sur la terrasse, allongée dans un relax à l’ombre d’un parasol. Après m’être évadé, après avoir rêvassé toute la journée, après m’être rempli la tête de belles images de cette nature exubérante dont je ne me lasse jamais, je revenais à la réalité de mes travaux à finir. Mais il faut le dire, à Urbanya, même la réalité est parfois aussi belle que la nature. Alors à bientôt peut-être pour une autre randonnée au départ d’Urbanya. La boucle présentée ici est longue d’environ 25 kilomètres pour un dénivelé de 950 mètres et 1.850 mètres de montées cumulées. Cartes IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet – 2249 ET Font-Romeu – Capcir Top 25.

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Le Pic Lloset (1.371 m) et le pic de la Moscatosa (1.457 m) depuis Urbanya (856 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 3 chansons interprétées par Sting.
Elles ont pour titre : "The Windmills Of Your Mind", "Fragile" et "Fields Of Gold".

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Je l'avoue les pics Lloset et de la Moscatosa ne sont pas les sommets les plus connus et les plus fréquentés du département des Pyrénées-Orientales. D'ailleurs, quand on regarde la carte IGN, aucun chemin balisé n'y mène et aucun circuit n’incite les randonneurs à aller y grimper. Pourtant, ces deux pics, auxquels on peut ajouter à des degrés moindres le pic de la Serra (1.208 m) et le col de Marsac (1.056 m), composent la ligne de crêtes entre les beaux et profonds vallons d’Urbanya et de Nohèdes. Aujourd’hui, c’est cette ligne de crêtes que je vous propose de chevaucher et croyez-moi, par les paysages et les sites forestiers puis pastoraux dans lesquels on va évoluer et ceux que l'on découvre depuis leurs pinacles respectifs, ils méritent amplement leurs rapides ascensions. En outre, vous aurez peut-être la chance d’apercevoir divers animaux sauvages, tels les sangliers, cerfs, isards ou autres chevreuils qui sont très nombreux dans ces parages sans parler des oiseaux dont les chants vont plus ou moins fortement égayer cette balade selon les saisons. Enfin depuis le joli village d'Urbanya et en y regardant de plus près, leur accès est des plus simples même si le dénivelé de plus de 600 mètres peut être rédhibitoire pour ceux qui considèrent cette déclivité comme bien trop importante à leurs yeux. Ils se trompent car le chemin qui démarre du parking d’Urbanya où on laisse son véhicule est vraiment peu difficile et surtout peu compliqué. Il suffit de passer devant la mairie et de poursuivre toujours tout droit en longeant la rive gauche orographique de la rivière d’Urbanya, c'est-à-dire qu’ici et en avançant à contresens dans lequel s’écoule l’eau, on marche à droite de la rivière. On ignore le premier petit pont à gauche et on poursuit encore tout droit jusqu’à franchir la rivière au moment où la route goudronnée devient piste terreuse. D’ailleurs, cette large piste qui amorce un virage à 180° et commence à monter au dessus du village, on ne va plus la quitter jusqu’au Pic Lloset. C'est dire la simplicité de cet itinéraire. Ici, pour monter, il n’y a que de la piste et pas de petits sentiers caillouteux et tortueux même si en effectuant la boucle proposée, on en aura un peu mais au cours de la redescente seulement. Le Pic Lloset est ce magnifique dôme boisé de sombres conifères que l’on aperçoit droit devant soi au moment où on passe devant une antenne hertzienne et un réservoir.  Sans être bien terrible, le dénivelé s’accentue peu après ce pylône et la piste vire à droite puis à gauche puis à nouveau à droite, passe devant une grande étable et file plein ouest en longeant par la droite le ravin du Correc de Saint-Estève. On passe devant cette ferme en respectant bien évidemment la propriété privée, en refermant les portails, et de préférence sans effrayer les bovins. Le Pic Lloset apparaît plus que jamais dans la ligne de mire avec son sommet ressemblant à la tonsure inversée d’un moine avec sa calotte d’un vert foncé composée de pins et de sapins sous laquelle on distingue une belle chevelure de feuillus au vert plus tendre. Mais plus on s’en rapproche et plus on s’aperçoit que sous la tête de cette montagne, le cou, lui,  est emmitouflé d’une superbe écharpe blanche constituée de merisiers en fleurs plus communément appelés cerisiers sauvages. D’ailleurs, à cette époque de l’année qu’est le printemps et tout en grimpant depuis Urbanya, vous avez déjà remarqué un grand nombre de ces magnifiques arbres en fleurs mais plus on va monter et plus on va en voir et de plus en plus grands et de plus en plus beaux, à un point tel que ce parcours j’aurais presque pu l’intituler le « Chemin des Cerisiers en fleurs ». Toutes ces fleurs sont un véritable ravissement pour nos yeux émerveillés mais pour les insectes en tout genre et notamment les abeilles, ce sont autant de tentations attractives à nulles autres pareilles qui engendrent pour nos « pauvres » oreilles un bourdonnement assourdissant. Au moment où la piste coupe le Correc de Saint-Estève, on fait le choix de poursuivre vers la droite la piste qui amorce un virage en épingle à cheveux. On ne quitte plus cette piste même quand celle-ci atteint la piste DFCI CO60 (en rouge sur la carte IGN) qui arrive du Col de Marsac. Pour ceux qui la connaissent, il s’agit d’un tronçon du magnifique Tour du Coronat que j’ai eu l'infini plaisir d’accomplir à l’été 2007 et que vous pouvez découvrir dans son intégralité sur mon site perso : Tour du Coronat. On laisse sur la droite, le petit refuge de la Travessa. Cette superbe forêt comportant une multitude d’essences différentes, on remarque au passage quelques jolis et rares thuyas et sapins de Douglas. On continue jusqu’après le prochain virage où à un vaste carrefour, on laisse définitivement le sentier du Tour du Coronat qui continue tout droit au profit de la piste herbeuse DFCI CO59 qui file à gauche, rectiligne et pratiquement à plat jusqu’au très boisé Pic Lloset. Bien sûr, c’est depuis ce dernier chemin que les vues sur le vallon d’Urbanya sont sans aucun doute les plus belles mais si le temps est beau et l’horizon dégagé, vous aurez eu le temps, tout en montant, de jeter de multiples regards vers un merveilleux Canigou, encore bien enneigé en ce début de printemps, sur une immense partie de cette splendide forêt domaniale de Nohèdes-Urbanya, sur quelques beaux pics, cols et « serrats » qui composent les paysages alentours. Le sommet du Pic Lloset est un petit monticule rocheux dérisoire qui se trouve derrière la forêt et une citerne et que l’on atteint en franchissant la clôture. Après cette brève découverte, vous pouvez bien sûr faire demi-tour et redescendre vers Urbanya par le même chemin. Les plus courageux ou les moins fatigués, eux, poursuivront à droite en direction du Pic de la Moscatosa qui se trouve à moins de 800 mètres.  Les fatigués mais courageux, eux poursuivront ma boucle en descendant le long de la clôture jusqu’au col de Marsac. Pour le Pic de la Moscatosa, il faut poursuivre le chemin qui file à droite puis quelques mètres plus loin, au moment où il fait une fourche, on prend la branche de gauche qui monte et on arrive devant un portail. Ici, les paysages changent du tout au tout : du côté droit, on a toujours cette épaisse et superbe forêt mais à droite ce n’est plus qu’une simple lande composée de petits genêts et d’une pelouse rase encore une peu verte à cette époque de l’année mais ça ne va pas durer bien longtemps. Ce contraste de végétation entre l’ubac d’Urbanya et la soulane de Nohèdes est simplement séparé par une clôture qui monte vers le Pic de la Moscatosa que l’on aperçoit à quelques encablures à droite. Il suffit de longer cette clôture puis de l’enjamber pour atteindre ce pic matérialisé au sol par une petite borne géodésique.  D’ici, j’en vois certains qui se diront : « le jeu en vaut-il la chandelle ? » A vous de juger mais sachez que de là-haut, vous aurez une vue bien plus ample sur la Rouquette et son épaisse et belle forêt, le Massif du Madres encore un peu enneigé, le pla des Gourgs, le Pic de la Pelade, le Puig d’Escoutou et bien sûr, sur le vallon de Nohèdes, sa belle forêt domaniale et sa magnifique Réserve Naturelle. Quant au Mont Coronat, il paraît si près que parfois on a cette étrange impression que l’on pourrait presque le toucher. Vers le sud-est, le Canigou continue de jouer le seigneur des cimes mais lui, me direz-vous : « ce n’était pas la peine de monter si haut pour le voir ! » Tous ces paysages dans un décor changeant où en poursuivant ma boucle, vous découvrirez les multiples ruines d’un pastoralisme qui, par bonheur, ne s’est pas éteint complètement. Pour s’en persuader, il suffit de regarder le sol et d’observer les nombreuses scybales, petites crottes sèches laissées par les brebis et les moutons. Après la montée vers le Pic de la Moscatosa, on en a pratiquement fini avec les dénivelés et il suffit de redescendre vers le pic Lloset du côté droit de la clôture que vous avez inévitablement franchie en ouvrant le portail ou enjambée avec précaution. La suite de la boucle est encore d’une grande simplicité puisqu’il suffit d’emprunter le chemin qui longe la clôture (parfois bizarrement balisée en jaune mais il s’agit sans doute d’un ancien itinéraire qui venait de Nohèdes), descend vers le pic de la Serra pour finir au col de Marsac. Mais à condition de le faire avec prudence et discernement, rien ne vous oblige à rester collés à cette clôture car quelques ruines effondrées ou cabanes de pierres sèches encore debout sont à découvrir. Une fois arrivés au col de Marsac, on va pratiquement faire demi-tour en évitant d’emprunter le Tour du Coronat qui nous emmènerai beaucoup trop haut et on va préférer la piste qui descend directement vers Urbanya. Cet itinéraire offre ensuite plusieurs possibilités mais pour éviter de retrouver la piste prise à l’aller, je conseille celle qui descend en une large boucle à main droite. C’est le parcours le plus long mais c’est le plus varié pour rejoindre le hameau. Au col de Marsac, il existe un raccourci mais comme la dernière fois que je l’ai pris, il était horriblement embroussaillé, je continue à le déconseiller formellement jusqu’à une prochaine vérification. Cette boucle proposée fait environ 14 kilomètres, aller et retour au Pic de la Moscatosa inclus. Comptez environ 5 heures à 5h30  pique-nique et arrêts inclus pour la réaliser en flânant et en prenant le temps de l’exploration. Beaucoup moins si on le souhaite. Sur ce parcours, et y compris tout au long des pistes forestières, vous remarquerez un grand nombre de clôtures dont certaines sont électrifiées. Cela signifie que vous êtes au sein d’une importante zone d’estives ou les bovins et ovins sont en liberté et peuvent être nombreux dans la montagne selon les époques. Veillez à ne pas casser les clôtures si vous les enjambez, veillez à refermer tous les portails derrière vous, veillez à respecter tous les animaux, veillez à ne pas les effrayer inutilement, ils peuvent s’avérer dangereux notamment pour les femelles qui mettent bas et protègent leurs progénitures. Si vous vous baladez avec un chien, tenez-le en laisse, si vous rencontrez un patou ou un autre chien de berger, pensez que vous êtes sur son territoire et éloignez-vous sans être agressif. Bien qu’agréable et réalisable en toutes saisons, je conseille de faire cette balade aux printemps à cause de tous ces arbres en fleurs ou en automne quand les couleurs des feuilles sont si chatoyantes. L’idéal, l’accomplir plusieurs fois, à des saisons différentes ! Pourquoi pas ? Carte IGN 2348 ET Prades-Saint-Paul de Fenouillet Top 25.

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La Gare d'Estardé (1.213 m) depuis Urbanya (856 m)

Publié le par gibirando

Ce diaporama est enjolivé avec plusieurs interprétations étonnantes de la chanson et musique folk "500 miles", en français "Et j'entends siffler le train" bien connue car chantée avec succès par Richard Anthony. Ici, elle est successivement interprétée en anglais par un trio japonais formé de Junko Yamamoto (chant) accompagné du groupe Red Bird, puis en français par le duo Yoan Garneau et Isabelle Boulay, puis en anglais par un trio composé de Justin TimberlakeCarey Mulligan et Stark Sands (bande originale du film Inside Llewyn Davis), puis en français par Serge Gainsbourg, les quelques secondes finales étant jouées à l'harmonica par Thierry Danneau.

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« Partir randonner vers un gare, n’est pas commun ! »  Voilà, ce que la plupart d’entre vous se diront en lisant le titre de cet article : « La Gare d’Estardé depuis Urbanya ». Il faut dire que cette gare d’Estardé (Estarder sur les cartes, voir la toponymie(**) à la fin de cet article) n’est pas une gare comme les autres, ici aucun voyageur n’attend sur le quai.  D’ailleurs, à dire vrai, si cette gare a bien existé et fonctionné au siècle précédent, aujourd’hui, il n’en reste que des ruines, vestiges de l’exploitation du « fameux » talc de Callau. Grâce à un petit train composé de plusieurs wagonnets, le talc était acheminé depuis la carrière de Callau (1.635 m), via Cobazet (1.419 m) (*),  jusqu’à la gare d’Estardé (1.213 m) où il était ensuite descendu par téléphérique vers la forge de Mosset grâce à des bennes suspendues à des câbles aériens. Le minerai prenait alors la route vers une usine de broyage de Prades qui le transformait en poudre. Ce talc mélangé à du sulfate de cuivre servait essentiellement de fongicide en agriculture pour le  traitement des maladies cryptogamiques. Cette poudre est connue sous le nom de « bouillie bordelaise ». La gare d’Estardé a également été utilisée comme plate-forme dans le transit de grumes en provenance des scieries et pour d’autres usages comme l’acheminement de balles de foins car la métairie de Cobazet, qui appartenait au baron Fernand de Chefdebien, tout comme la carrière de talc et la montagne de Mosset toute entière, était toute autant réputée pour l’exploitation de sa forêt que pour ses prés où ses fenaisons occupaient un grand nombre de Mossetans à la saison des moissons. (Pour en savoir plus sur cette époque, je vous conseille le merveilleux et riche  site consacré à l’histoire de Mosset :  http://www.histoiredemosset.fr/index.html . Si aujourd’hui, la gare d’Estardé n’est qu’un prétexte à une très belle randonnée qui va alterner balade en sous-bois et grandioses panoramas sur tout le Roussillon et le Conflent, il paraît qu’à l’époque, ce chemin par Estardé était très pratiqué par les filles et les garçons de Mosset. Ils faisaient des kilomètres à pied à travers la montagne pour aller danser à Urbanya les jours de fêtes et c’était l’occasion de faire la connaissance d’un futur conjoint ou d’une épouse et d’éviter ainsi les mariages consanguins. Le départ s’effectue du village d’Urbanya (856 m) où on laisse sa voiture sur le grand parking à l’entrée du village. Le but premier étant de rejoindre le col des Vigues (1.359 m), situé 500 mètres plus haut, on enjambe le petit pont sur le torrent Urbanya, on passe devant la mairie et arrivé à la place du Cadran Solaire, on tourne à droite pour monter vers la place de l’Aire del Touronge. On poursuit tout droit en direction du Chalet, propriété privée qu’on laisse à gauche pour monter tout droit dans la montagne. On rejoint très rapidement un gros cairn où démarre un sentier très bien entretenu et qui va l’être malheureusement beaucoup moins au fur et à mesure que l’on grimpe. Parfois balisé en bleu, on ne suit pas ce balisage  très ancien mais on reste bien à droite en surplomb d’une ravine dans laquelle de toute manière à va finir par descendre. On atteint un petit bois et on traverse un ru boueux (Correc de la Serre des Vigues) que l’on longe par la gauche et parfois, au milieu de branches mortes jusqu’à atteindre un panneau de bois indiquant « Las Vigues ». Là on remonte sur la berge droite du petit ravin et l’on retrouve le sentier bien mieux débroussaillé qui zigzague au milieu d’un immense champ de cistes à feuilles de lauriers. Cette plante d'un vert tendre a grandement colonisé les contreforts de cette colline et il suffit de regarder le paysage pour s’en convaincre. Urbanya s’éloigne, le Mont Coronat, le Canigou et la Madres apparaissent, le dénivelé se durcit mais on finit par atteindre un chemin clôturé beaucoup plus large où plusieurs solutions pour atteindre le col des Vigues se présentent. Trois directions peuvent être prises, mais je vous conseille de prendre celle qui part à droite car incontestablement c’est  la moins embroussaillée aujourd’hui. Personnellement, j’ai prise celle de gauche pour monter et j’ai pas mal galéré à travers les hautes fougères et quelques basses ronces mais je suis finalement arrivé au col en partie grâce au tracé inscrit dans mon GPS. Quand au chemin qui continue tout droit, il paraît embroussaillé dès le départ et je ne m’y suis pas aventuré. Après cette longue (3.500 m) et rude montée, on atteint une grande esplanade clôturée et barrée d’un grand portail, c’est le col des Vigues. On pousse le portail et on entre dans le vaste domaine de Cobazet qui est une propriété privée mais dont l’accès des chemins forestiers ne semble pas interdit à la randonnée pédestre. Par contre, il faudra respecter les consignes affichées à savoir : ne pas ramasser les champignons, ne pas faire de feu, être conscient que parfois on partage ce domaine avec les chasseurs ou des professionnels de la forêt, etc.….  Pour effectuer mon circuit et aller à la gare d’Estardé, on prend la large piste forestière qui file à droite et descend légèrement plein est.  Cette piste s’étire à gauche de la Serrat Gran puis de la Serrat Miralles et enfin de la Serrat d’Estardé dans des paysages sans cesse renouvelés. Au gré de quelques trouées dans la végétation, on aperçoit depuis la piste, le village de Mosset et les contreforts de collines qui dominent la vallée de la Castellane avec son point culminant le Pic del Rossillou. Après, 3,5 kms au sein du Bois d’Estardé, on atteint un carrefour de chemin où sur la droite on aperçoit un nouveau portail et un nouveau panonceau Domaine de Cobazet. Les vestiges de la gare d’Estardé sont là, à quelques mètres avec un panorama à couper le souffle sur la vallée de la Têt et le Roussillon tout entier jusqu’à la Méditerranée. Sur la droite, le massif du Canigou se dévoile dans toute sa splendeur et dresse son magnifique sommet blanc bleu dans un ciel étrangement coloré de la même manière. A nos pieds, l’immense et dénudé Pla de Balençou qui descend vers la plaine et plus bas, d’amples vues aériennes sur les toits rouges de Cattlar et Prades. Endroit idéal pour déjeuner, on ne se lasse pas de ce décor majestueux qu’il faut néanmoins quitter pour poursuivre le parcours. Il faut rebrousser chemin et prendre la piste que l’on a délaissé au carrefour. Même si vous ne retrouvez pas le fameux balisage jaune et rouge propre aux G.R.de Pays, sachez que vous êtes ici sur le Tour du Coronat que j’ai réalisé dans son intégralité en 2007 : http://gilbert.jullien.pagesperso-orange.fr/DES_MERVEILLES0.htm. Le large chemin file d’abord plein ouest puis au gré des virages, remonte vers le nord dans une splendide forêt où une multitude d’essences (pins, sapins, hêtres, frênes, chênes, cerisiers, merisiers, houx, sorbiers, érables, châtaigniers, noisetiers, j’en passe, etc..) se côtoient et se mélangent dans une parfaite harmonie.  J’y ai même rencontré deux espèces de pommiers différents aux petites pommes délicieuses et juteuses ! En automne, à l’aspect agréable d’une marche en forêt s’ajoute le plaisir des yeux grâce à tous ses feuillages aux couleurs bigarrées. A lieu-dit la Soulane (Solana), vous pourrez délaisser le chemin un instant pour partir à la découverte des ruines d’un immense cortal. Ici, au milieu des églantiers, des ronces et des aubépines, les vues s’ouvrent de nouveau sur des paysages plus lointains et sur l’immensité de la belle forêt domaniale. Aujourd’hui, la nature a repris ces droits de manière anarchique et on imagine avec peine qu’il y a seulement quelques décennies des gens vivaient ici dans cette ferme, isolés de tout et de tous, au milieu de jardins potagers et d’une basse-cour ou bien labourant leurs champs et fauchant leurs prairies. Après la Solana, la piste bifurque vers l’ouest et arrive à la croisée de deux chemins. On prend la piste DFCI CO13BIS qui monte à gauche et tourne très rapidement dans un virage en épingle à cheveux. 150 mètres plus loin, la piste DFCI CO52 se présente et  traverse un autre carrefour. Pour la présente boucle, on choisit de partir à gauche mais on peut également préférer celle de droite qui file vers la ferme de Cobazet et le col de Tour mais cela constitue une variante plus longue d’environ 7 kilomètres. La piste choisie s’élève et on atteint le point culminant du circuit à 1.410 mètres dans une végétation moins élevée  faite de landes, de petits feuillus et de quelques conifères. Cette végétation plus clairsemée laisse entrevoir de nouveaux panoramas vers la vallée de la Castellane, le pic Dourmidou, la Serre d’Escales et toujours sur la droite des paysages sublimes sur la Plaine du Roussillon et le Massif du Canigou. La piste redescend et retrouve le col des Vigues. On pousse le portail et on choisit cette fois, la piste qui part à gauche et que je vous décrivais plus haut comme étant l’itinéraire le plus praticable. On poursuit sur 1.200 mètres jusqu’au Clot del Baro sur la carte et là on descend à droite au milieu des fougères et des cistes sur un large chemin débroussaillé. Ce chemin qui descend raidement dans un véritable nuancier de couleurs, on ne va pas plus le quitter jusqu’à retrouver le sentier pris à l’aller et qui dégringole vers Urbanya.  Arrêts inclus, j’ai mis environ 7 heures pour effectuer cette boucle d’un peu plus de 20  kilomètres  mais on peut raisonnablement la réaliser en 5 heures car, comme toujours, j’ai pas mal flâné et en plus, j’ai été, dans la montée vers le col des Vigues, ralenti par les hautes broussailles. Carte IGN 2348 ET Prades-St-Paul-de-Fenouillet Top 25.

(*) Si l'histoire du Domaine de Cobazet vous intéresse, cliquez ici.

(**) Toponymie d'Estardé :

Vous retrouverez la toponymie d'Estardé et la plupart des lieux-dits du secteur sur le lien suivant : http://www.histoiredemosset.fr/archivespdf/balade07.pdf Cette explication a été donnée par le célèbre linguiste catalan Joan Marti i Castell. Toutefois, d'autres explications pourraient être plausibles et la première qui vient à l'esprit est la locution catalane ou espagnole "Es tardé !" signifiant "Il est tard". Il faut savoir que cet endroit à toujours été un lieu de forts passages entre la vallée de la Castellane (Mosset) et celles de Conat ou d'Urbanya/Nohèdes. Il fut un temps où il n'était pas rare que les personnes circulent à la tombée du jour voire la nuit, cette expression est-elle restée dans les mémoires car le lieu étant situé à un col, il était d'usage de marquer une pause à cet endroit-là ? Oui, c'est une explication possible. Autre possibilité, lieu où aurait été aperçue une Outarde, estardoun en provençal et ostarda en occitan.

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Le Balcon d'Urbanya (1.535 m) depuis Nohèdes (942 m)

Publié le par gibirando

Dans un précédent article, j’avais déjà évoqué ces deux magnifiques villages perdus du Roussillon que sont Nohèdes et Urbanya. J’avais longuement expliqué les nombreuses possibilités de randonnées qui y avait dans ce secteur avec des petites balades de quelques heures jusqu’à des sorties de 2 jours pour ceux qui gagnés par la montagne auraient été tentés de se rendre à Callau. Cette fois, bien que partant toujours du même endroit, parking et hangar situés 500 mètres avant Nohèdes sur la D.26, il va être surtout question de l’autre village, c'est-à-dire celui d’Urbanya ou Orbanya en catalan. Comme souvent, ce village du Conflent s’est peu à peu construit autour de son église, dédiée ici à Saint-Etienne, elle est de style roman et date du 12eme siècle. Lors de cette longue boucle, cette église, vous aurez l’occasion de la côtoyer mais ce ne sera que très tard quand vous serez sur le chemin du retour. Pour l’instant, il va vous falloir atteindre le col de Marsac (1.056 m) et emprunter le chemin du Tour du Coronat, magnifique et pauvre tour qui va vous mener dans un premier temps jusqu’au col de Tour (1.535 m). Je dis magnifique tour car j’ai eu l’occasion et le plaisir de l’arpenter dans son intégralité en 2007 et j’évoque ce récit dans mon site perso :

http://pagesperso-orange.fr/gilbert.jullien/DES_MERVEILLES0.htm

et pauvre, parce que ce Tour du Coronat, délaissé depuis quelques années par la FFRP,  mériterait bien une réhabilitation, tant il est agréable à cheminer.  Mais revenons à nos moutons que vous aurez peut-être l’occasion de rencontrer ici car le pastoralisme y est encore présent grâce à quelques éleveurs qui occupent la Réserve Naturelle.  Ce chemin, je l’ai appelé le « Balcon d’Urbanya » car comment l’appeler autrement tant il reflète cette réalité. En effet, toute la journée et en permanence, vous surplomberez soit le vallon où coule la rivière d’Urbanya soit le village lui-même que vous aurez très souvent dans votre champ de vision. Après le col de Marsac, le chemin n’est que larges pistes, il est donc très roulant comme disent les cyclistes, assez simple à cheminer mais les pistes sont si nombreuses à cet endroit qu’elles méritent tout de même un peu d’attention au risque de s’égarer. Une carte IGN est donc recommandée et un GPS n’est pas superflu, notamment si le brouillard vient à se lever. Je vous conseille également de faire très attention aux clôtures électrifiées présentes ici car je me souviens avoir pris  « une castagne mémorable » qui m’a électrocuté du bras jusqu’au cou et au bas ventre en passant par la poitrine. Sinon, le chemin est contrasté et donc très plaisant à sillonner, car il alterne les vues sur de magnifiques et grandioses panoramas, vers la plaine du Roussillon et le Canigou notamment au travers de petits sous-bois de feuillus variés, de grandes hêtraies et de forêts de grands conifères. Au col de Tour, vous commencerez à avoir de magnifiques panoramas avec des horizons sur les massifs du Coronat et du Madres. Il faut prendre à droite la piste qui descend simplement vers le col de les Bigues (1.359 m). A ce col, vous aurez deux possibilités pour descendre sur Urbanya selon l’embroussaillement du chemin. La dernière fois, au col de Bigues, le chemin direct était trop embroussaillé et nous avons du poursuivre jusqu’à celui du Clot de Baro (voir sur ma carte). Dès que vous aurez quitté le large chemin, il  faut descendre en longeant le petit ravin du Correc du Serrat de les Bigues, en faisant bien attention de rester toujours sur son côté gauche. Ce sentier est parfois balisé en bleu mais ne suivez pas ce balisage qui quelquefois vous entraîne par erreur au fond du Correc. Suivez le balisage jaune qui, sans souci, va vous amener à Urbanya, village que vous devriez avoir largement le temps de visiter. Après Urbanya, empruntez la piste terreuse qui passe devant l’église et le minuscule cimetière et ne la quittez plus jusqu’au col de Marsac en évitant à nouveau de vous égarer sur les mauvaises pistes qui vous ferez tourner en rond ou vous perdre. Evitez aussi, la petite sente décrite sur les cartes qui part directe du lieu-dit La Devesa vers le col de Marsac car elle est depuis quelques années quasiment impraticable hormis peut-être pour quelques chasseurs du coin qui la connaissent par cœur. Au col de Marsac, vous n’aurez plus qu’à reprendre la direction de Nohèdes. Cette longue randonnée d’environ 25 à 26 kilomètres peut-être faite au printemps, en été et même en hiver, par les plus sportifs et si la neige est absente il va de soi, mais personnellement c’est en automne que je la préfère. A cette époque, on a droit à une palette de bruns, de  jaunes, d’oranges, de rouges et de verts qui, croyez-moi, ne laisse personne indifférent ! Carte IGN 2348 ET Prades-St-Paul-de-Fenouillet Top 25.

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Les Villages perdus du Conflent -de Nohèdes à Urbanya

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de la chanson "Nous Nous Reverrons Un Jour Ou l'Autre", paroles de Jacques Plante et musique de Charles Aznavour interprétée ici par Thierry Le Luron (version incomplète)

Les Villages perdus du Conflent -de Nohèdes à Urbanya

Les Villages perdus du Conflent -de Nohèdes à Urbanya

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Cette balade, je l'intitule la randonnée des villages perdus du Conflent (*). En effet, les deux hameaux de Nohèdes et d'Urbanya sont des culs de sac. Des culs de sac oui car la route s'arrête là ! Des impasses non ! Car une fois franchie la dernière trace de bitume, la montagne sera à vous !  Et quelle montagne ! Etrange car pleine de découvertes où l'histoire et les légendes se confondent.  Etonnante car parfois luxuriante et boisée parfois aride et déserte. Intéressante avec ses empreintes permanentes d'un pastoralisme passé et présent mais aussi d'autres traces encore plus anciennes car néolithiques comme des dolmens, des roches cupules ou à gravures cruciformes. Mais surtout splendide et sauvage avec des lacs (estany dels ClotsGorg Negre et Estelat), de belles vallées  et des gorges encaissées (Urbanya), des torrents qui y dévalent, des multiples cols,  des hautes falaises (Coronat), des hauts sommets plus ou moins loins et plus ou moins hauts (Madres, Pelade, Coronat, Tour, Gran, roc de Torrelles, Lloset, Moscatosa, Portepas,Jornac) de magnifiques forêts domaniales et des réserves naturelles (Conat, Nohèdes) où vous aurez tout loisir de découvrir une flore somptueuse et peut-être la chance d'aller à la rencontre d'une faune qu'il faut impérativement préserver !  Et enfin pour couronner le tout, cette randonnée s'adaptera à tous ! Vous pourrez aller de Nohèdes à Urbanya en deux heures comme en huit ! Surprenant non ? Si le coeur vous en dit, vous pourrez même y passer 2 jours dans cette fabuleuse montagne ! Suivez-moi !  La randonnée démarre sur la D.26, 500 mètres avant d'entrer dans Nohèdes. Laissez votre véhicule près d'un hangar et suivez la sente mentionnant Urbanya sur un petit panneau de bois. Vous êtes sur le Tour du Coronat. A découvrir dans son intégralité sur mon site perso en cliquant sur ce lienNohèdes s'éloigne (photo), la rampe caillouteuse faite de lauzes s'élève en douceur jusqu'au Col de Marsac que vous atteignez en moins d'une heure. Un large panorama s'entrouvre sur  la plaine du Roussillon jusqu'au Pic du Canigou. A vos pieds, la jonction du profond canyon d'Urbanya et de la verte et sombre vallée de Nohèdes engendre le tranquille vallon du Caillan. Là, au Col de Marsac, comme je vous l'ai dit plus haut, deux solutions s'offriront à vous : soit vous descendrez par la piste forestière indiquant parfaitement Urbanya, dont vous apercevez au loin les premières maisons, soit vous poursuivrez le Tour du Coronat jusqu'au col de Tour. Là vous gambaderez quelques heures dans la merveilleuse et contrastée forêt domaniale de Nohèdes/Urbanya. Au col de Tour, si vous avez choisi de découvrir la montagne sur 2 jours, vous partirez vers le refuge de Callau distant de 5 kilomètres dont vous aurez au préalable réservé le gîte et le couvert. Dans le cas contraire, vous prendrez la direction du Col des Vigues pour ensuite redescendre de manière évidente sur Urbanya. Prenez le temps d'un peu de repos pour visiter ce beau hameau perdu !  Du village, vous repartirez jusqu'au col de Marsac par la piste forestière qui passe devant la jolie église pour un retour vers Nohèdes qui lui aussi mérite le détour ! Très longue, longue ou courte, comment la désirez-vous cette randonnée ? Il ne vous reste plus qu'à faire votre choix ! Oubliés ces deux villages ? Pas si sûr ! Cartes IGN 2348 ET Prades-St-Paul-de-Fenouillet Top 25 (et 2249 ET Font-Romeu-Capcir Top 25 si vous allez au refuge de Callau).

(*) Un peu de ma propre histoire : En lisant le présent récit, en regardant la présente vidéo et en visionnant la carte IGN, vous serez un peu perdu ; comme ces deux villages que j'évoque ! Il faut savoir que ce petit reportage est un des tout premiers à avoir paru sur mon blog qui venait tout juste de naître. Alors, il faut savoir aussi qu'en 2007, j'avais accompli le Tour du Coronat en 6 jours, m'arrêtant à Nohèdes mais pas à Urbanya, que je ne vis que de très loin. La météo n'était pas très bonne ce jour-là, j'étais atatendu au refuge de Callau (désormais fermé depuis quelques années !) et je ne voulais pas être pris sous l'orage ! C'est beaucoup lors de ce tour que j'ai découvert une belle partie de ce secteur du Haut-Conflent. Je suis tombé sous son charme au point d'avoir envie d'y retourner en diverses occasions. Ce fut le cas, lors de cette petit balade en mars 2008 qui consista à partir du Nohèdes pour aller piqueniquer au col de Marsac (la présente vidéo). Toutefois, et pour avoir accompli le Tour du Coronat quelques mois auparavant (été 2007), je connaissais mais je soupçonnais aussi toutes les possibilités de balades et de randonnées qu'il y avait à y faire. Même si je ne les avais pas encore toutes accomplies, j'ai voulu en parler en les évoquant ici (présent récit et carte IGN). Le charme fut tel qu'en 2010, je fis l'acquisition d'une petite maison à Urbanya et là, je découvris, mais sur le terrain cette fois, toutes ces possibilités que j'avais évoquées et imaginées, la magnificence des lieux mais aussi la beauté et la richesse de sa flore et sa faune. J'avais vu juste. J'étais tombé amoureux de ces vallées et de leurs villages parmi lesquels il ne faut pas oublier Conat. Bien sûr, vous retrouverez toutes ces randonnées dans mon blog soit en tapant "Nohèdes" ou "Urbanya" ou encore "Conat" dans la rubrique "recherche" soit dans la liste des randonnées des Pyrénées-Orientales. Belles balades ! - mai 2022.

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