• Le Sentier Géologique d'Albas (Aude)

     
    LE SENTIER GEOLOGIQUE D'ALBAS par jullie68

    Si à quelques jours de son anniversaire, vous dites à votre épouse « tu sais chérie, je vais t’amener voir des pierres », soit vous avez énormément d’argent et elle va s’imaginer que vous allez l’amener Place Vendôme ou au pire, si vous en avez juste un peu, comme c’est mon cas, elle se voit déjà devant le manège à bijoux de chez Leclerc. Mais quand vous voyez qu’elle n’a pas forcément compris ce que vous vouliez lui dire et que vous rajoutez « on va balader dans l’Aude au Sentier géologique d’Albas » alors là bien sûr, elle est fatalement déçue. Eh bien, c’est exactement ce qui s’est passé en ce 24 mai, 5 jours avant l’anniversaire de ma bien-aimée. Bien sûr qu’elle était dépitée mais passée la déception et comme elle adore aller balader et aime bien les randonnées pédestres, très vite, elle n’a plus pensé aux brillants ou autre solitaires et s’est empressée de préparer son sac à dos. La journée était belle et nous avons pris la direction de l’Aude par des petites routes très agréables traversant quelques villages qui l’étaient tout autant : Vingrau, Tuchan, Villeneuve-les-Corbières, Cascastel pour arriver finalement au beau petit village d’Albas. La veille, j’avais tout préparé : tracé dans le GPS, carte IGN et quelques topos et renseignements chipés deci delà sur les sites Internet qui m’avaient semblé les plus notables. Il restait à préparer les pique-niques et nous serions fin prêts pour accomplir les deux petites boucles au départ d’Albas que j’avais mise au programme et que j’avais prévu de réaliser dans la foulée l’une de l’autre. Elles avaient pour noms le « Sentier Géologique » et « Autour du Bouichas » et selon les informations recueillies, la première était donnée pour 9 km environ et la seconde pour 8. En raison de ses souffrances articulaires dont les crises faisaient régulièrement  le « yo-yo », 17 km, c’était sans doute la distance maximum que Dany pouvait accomplir. Mais en ce moment, la vitalité était là, les douleurs semblaient s’être éloignées et je comptais sur la faiblesse des déclivités pour enchaîner ces deux petites balades, histoire de ne pas avoir à revenir marcher à Albas. Il est donc déjà 11 heures quant nous garons notre voiture sur le parking qui jouxte le petit plan d’eau. Nous sommes en bordure de la D.106,  à 1,2 km au sud d’Albas et le départ est là comme l’indique un ample écriteau résumant les grandes lignes de la « Rando du Géologue ». Nous serons amenés à découvrir 7 panneaux informatifs au fil de ce premier parcours. Le balisage est représenté par un trait et un cercle de couleur jaune. Nous le suivons en direction du joli petit étang. Plus loin, un premier et coquet panonceau « Rando du géologue » se présente. Ici, dans les Corbières Orientales, on soigne les itinéraires car lors d’une balade à l’ermitage Saint-Victor au départ de Fontjoncouse, nous avions rencontré les mêmes panonceaux de bois joliment peints et gravés. Légèrement sur la droite, la Serre de Ginoufre apparaît déjà avec son relief ondulé et plissé si particulier. Un premier panneau intitulé la Source de Pintrou, source alimentant le village en eau potable, explique la structure géologique de cette « serre ». Juste après, un autre panneau décrit, avec force détails et dessins, la coupe des différents terrains traversés au cours de la randonnée. Ici, nos godillots foulent les premières terres rouges contrastant étonnement avec une végétation verdoyante et quelques flamboyantes gerbes de genêts. Très curieusement, je viens de ramasser un galet ovale dans une couche de terre rougeâtre ressemblant très étrangement à ceux figurant sur une photo du panneau consacré aux œufs des dinosaures. Peu de chance qu’il s’agisse d’un œuf et je pense même qu’il s’agit d’un simple galet mais je le garde en souvenir. Droit devant, les premières maisons d’Albas se dévoilent. Deux ou trois blocs de pierre burinés sont le témoignage des anciennes carrières de marbre rose. Le village est déjà là et sans trop s’y attarder car on préfère en garder la visite lors du retour, on emprunte le chemin des Espeyrols (chemin des pierres).  De toute manière, le balisage est bien présent et en le suivant, on débouche à l’ouest d’Albas sur la D.40. Après moins de 400 mètres au milieu des vignes et sur l’asphalte, nous voilà à nouveau dans la garrigue par une large piste terreuse qui part à droite et monte en direction de l’ancien « Moulin à Vent ». Alors que je suis entrain de photographier quelques fleurs sauvages, quelle n’est pas ma surprise d’entendre les mêmes sifflements aigus que ceux que j’avais entendu lors de ma précédente balade au bord de la Rivérole, sur le « Circuit du Jardin Ensoleillée » de Saint-Martin de Fenouillet. Plus aucun doute, au bout de la piste, il s’agit bien de deux guêpiers d’Europe qui virevoltent telles des hirondelles mais dans des vols plus saccadés. Les voilà qui se posent sur des câbles électriques mais bien trop loin pour que je puisse les photographier correctement malgré la puissance de mon zoom. Il faut que je m’approche. A cause de ma manie à photographier tout et parfois n’importe quoi, Dany a pris une avance considérable mais tant pis, elle m’attendra. L’occasion est trop belle d’autant qu’en bordure même du chemin, un terrier, nid reconnaissable du guêpier, est là, bien présent, creusé dans l’argile même du talus. Je quitte la piste et file dans la bien nommée « Garrigue » et là, avec beaucoup de chance et à 20 mètres de mon objectif, plusieurs autres guêpiers se reposent au sommet d’un petit mamelon marneux. Voilà, avec une aubaine inouïe, une fois encore, j’ai réussi à capter dans mon numérique quelques photos de ces superbes oiseaux magnifiquement colorés. Satisfait et joyeux de cette réussite, je reprends la piste. Dany est déjà arrivée aux ruines du moulin à vent et m’a attendu car midi est largement passé et elle estime que l’heure du pique-nique a sonné. C’est d’autant bien que depuis le moulin, les panoramas sur Albas et son petit vallon sont magnifiques. Tout en déjeunant, on observe les guêpiers dans leur quête perpétuelle à saisir en plein vol, tous les insectes qui se présentent dans leurs ballets aériens. Une fois le bec plein, ils repartent se détendre sur les câbles électriques ou sur les éléments les plus élevés de la garrigue. Au moment de repartir, deux nouveaux panneaux se présentent. Le premier est consacré au récif corallien de Pech-Agut et le second aux fossiles de la Serre d’Azeu, ces deux modestes sommets se trouvent droit devant nous dans le paysage. On a beau tenté d’être imaginatif, on a beaucoup de mal à concevoir qu’on se trouve ici devant l’ancienne barrière d’un atoll corallien et dans ce qui était la passe d’un lagon tropical. Pourtant, la suite du chemin va nous démontrer le contraire et avant même que l’on soit au faîte de ces collines vieilles de 50 millions d’années. En effet, l’itinéraire descend d’abord dans un vallon où s’écoule un minuscule ruisseau. Dans ce milieu de type maquis méditerranéen qu’on aurait pu penser complètement asséché, un filet d’eau limpide se faufile entre roches et végétations. J’y ai même photographié une belle grenouille. Un nouveau panonceau « Rando du Géologue » nous fait partir à droite pour grimper vers la Serre d’Azeu et la crête de Roucadeu. Ici dans cette modeste montée, parfois dallée de roches étonnantes,  il suffit de prêter un peu d’attention et de se baisser pour ramasser quelques fossiles de bivalves ou bien quelques débris coralliens. Nous sommes bien sur l’ancien récif sous-marin annoncé mais ici nous n’avons pas besoin ni d’un masque ni d’un tuba et encore moins de palmes aux pieds, mais plus simplement de bonnes chaussures de marche. Si ces trouvailles en guise de souvenirs sont bien sûr à récolter avec parcimonie, on va vite les oublier au fond du sac ou de la poche dès lors qu’on atteint un panonceau « point de vue à 50 m ». En effet, on se trouve ici au sommet de Roucadeu, à 400 mètres d’altitude et en surplomb d’un long anticlinal intitulé « les Arènes ». Une belle et légitime dénomination au regard des paysages proches comme lointains que l’on embrasse de toutes parts depuis cet amphithéâtre naturel. Automatiquement et de ce fait, la suite du parcours va être plus terne et seul un autre panneau, au demeurant plutôt technique car expliquant la « nappe de charriage »,  va retenir notre attention. Le sentier redescend d’abord vers la D.40 à l’est d’Albas puis rejoint celui-ci par l’ancien chemin de Durban. Une visite du village s’imposant, il faut quitter le balisage pour rejoindre le centre où se trouve la belle église consacrée à Saint-Paul Serge. Si les ruelles et les maisons sont jolies et fleuries et le clocher de l’église superbe, une fois encore, on regrettera que cet édifice religieux soit fermé aux visiteurs. On le regrettera d’autant plus qu’on peut y découvrir, paraît-il, une superbe et monumentale tapisserie intitulée « l’Allégorie du Souffle ». Elle a demandé 15 années de travail à quelques vaillants artisans du village. Cette œuvre, de 9m sur 10m, comporte 13 panneaux. de style figuratif et d’inspiration biblique dédiés à : l’Aigle de Saint-Jean, l’Oasis dans le désert, le Baptême, la Pentecôte, la Résurrection, le mont des Oliviers, le Golgotha, la rosace, la Jérusalem Céleste, le cheval blanc de l’Apocalypse et le déluge. Mais bon, tant pis ce sera l’occasion rêvée pour revenir à Albas. Nous y reviendrons d’autant plus volontiers que Dany était bien trop fatiguée pour poursuivre la deuxième balade programmée « Autour du Bouichas ».  Nous sommes donc retourner vers le chemin des Espeyrols et avons immédiatement repris la direction du petit plan d’eau et du parking où nous avions laissé notre voiture. Une petite variante nous a permis de découvrir deux derniers panneaux dédiés, pour le premier à ce long synclinal qui va d’Albas à Saint-Victor en passant par Fontjoncouse et un second consacré aux conglomérats fluviatiles. Nous avons donc terminé cette belle randonnée de manière très ludique. Selon mon GPS, cette jolie balade a été longue de 10,5 km, incluant quelques petites sorties de routes très personnelles, pour un dénivelé de 202 mètres et des montées cumulées évaluées à 452 mètres. Le but de mon récit, vous l’aurez bien compris, n’est pas d’être trop technique sur le plan géologique. Ce n’est pas mon domaine loin s’en faut même si je suis curieux de cette science. Concernant la géologie d’Albas, d’autres personnes l’expliquent bien mieux que moi sur Internet et certains l’ont même vulgarisé bien mieux que je n’aurais pu le faire ici. Vous trouverez donc ci-après l’adresse de quelques sites remarquables :

    -         http://albas11.free.fr/index.htm

    -         http://audephotos.over-blog.com/les-merveilles-d-albas

    -         http://www.lindependant.fr/2013/05/17/corbieres,1755549.php

     Carte IGN 2447 OT Tuchan – Massif des Corbières Top 25. 

    « Le Circuit du Jardin Ensoleillé depuis Saint-Martin de FenouilletJean-Claude et la cruelle injustice. »

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