• Malgré ce printemps toujours aussi incertain, nous avions décidé en ce dimanche 2 juin de sortir quelque soit la météo et nous avions pris les résolutions suivantes : soit le temps le permettrait et nous ferions une courte randonnée que j’avais programmée depuis longtemps déjà, soit la pluie serait de la partie et nous baladerions essentiellement en voiture. En tous cas, parmi nos desseins, si une chose était sûre c’était bien la destination. En effet, nous avions jeté notre dévolu sur les montagnes des Corbières que l’on appelle parfois « basses » mais le plus souvent « maritimes », « orientales » ou « méditerranéennes »  et plus particulièrement sur  le village de Fontjoncouse où se trouvait le départ de la randonnée prévue. Cette balade avait pour objectif l’ermitage Saint Victor qui est une « incontournable » de l’Aude tant on la retrouve dans plusieurs topo-guides consacré à ce département. Elle est donc bien connue des Audois. En tous cas, nous, nous ne la connaissions pas mais en ce printemps très hypothétique sur le plan météorologique, cette balade avait tout pour nous plaire. D’abord, elle était très courte ce qui permettait de rebrousser chemin dans le cas d’un changement brutal du temps. Selon les topo-guides, la balade était donnée pour 4 à 4,5 kilomètres et 1h30 à 2 heures pour effectuer la boucle.  Quand au dénivelé, il était annoncé entre 205 et 225 mètres pour atteindre l’altitude maximale de 421 mètres où se trouve une petite chapelle. C’était donc une courte randonnée que j’avais programmée avec un départ prévu du lieu-dit les Mourels de la Rivière où se trouve un petit pont situé à 1, 5 kilomètres environ de Fontjoncouse. J’avais remarqué que la petite route D.611 qui devait nous amener à Fontjoncouse était jalonnée de hameaux aux noms curieusement jolis et poétiques comme Montplaisir ou Plaisance et j’avais bien envie de les découvrir,  mais curieusement en regardant la carte IGN, j’étais tombé par hasard sur le nom bien moins romantique d’une colline près de Durban-Corbières : Estrons de la Vieille ! Ce matin-là, nous avons pris la route bien tranquillement et quand  nous avons atteint les Mourels, il était encore très tôt et malgré quelques nuages, le ciel n’avait rien de vraiment menaçant. Du fait, nous avons décidé de pousser jusqu’à Fontjoncouse et de démarrer notre balade pédestre depuis le village ce qui permettait de la rallonger de quelques kilomètres supplémentaires et ainsi, de terminer au retour par une visite du vieux hameau. Nous avons laissé notre voiture au parking de l’entrée du village et tout se passa ainsi et pour le mieux car nous n’avons eu aucune goutte de pluie même si par instants, les nuages ont été plus menaçants. Comme prévu, nous avons pique-niqué au sommet de cette colline prénommée La Cadorque et nous avons terminés cette belle randonnée par une ample visite du joli village de Fontjoncouse. Au départ, nous avons repris en sens inverse la route par laquelle nous étions arrivés en voiture. On peut difficilement se tromper dans la mesure où cette rue sortant du village s’appelle l’avenue Saint Victor. Quelques petits sentiers semblent éviter le bitume mais ne les connaissant pas et ignorant leurs directions, nous avons préféré les négliger. La route, elle, nous a ramené vers les Mourels où nous avons enjambé le petit pont en pierres. Immédiatement après le pont, un panonceau « sentier pédestre » indique de tourner à droite. Là, une piste démarre et monte jusqu’à notre objectif du jour mais également vers une vigie et un pylône émetteur. On ignore cette longue piste sans doute monotone et réservée aux véhicules de services  et on lui préfère un étroit sentier balisé en jaune qui, une dizaine de mètres plus loin grimpe à gauche dans le maquis. On poursuit ce balisage jaune en prêtant attention aux autres sentiers marqués d’une croix qu’il faut éviter d’emprunter. L’itinéraire s’élève très vite dominant quelques vignes et le petit vallon où apparaît la piste terreuse délaissée. Tout autour, on distingue une multitude de collines dans un relief très tourmenté car creusé par de multiples vallons où s’écoulent de petits ruisseaux. Derrière et au loin, on distingue Fontjoncouse mais essentiellement son château et sa monumentale église. Droit devant, on aperçoit le sommet du promontoire que l’on doit atteindre avec comme évidents repères, la haute antenne, la vigie et quelques petits pylônes électriques. Pour l’instant, rien n’apparaît de l’ermitage et il en sera pratiquement ainsi jusqu’au bout. Le sentier se stabilise, atteint une petite pinède puis redescend un peu dans un thalweg. Un panonceau « Ermitage St Victor » nous rassure quand à l’exactitude de l’itinéraire. On laisse sur la gauche, les ruines d’une ancienne bergerie plutôt imposante. Le sentier désormais plein d’ornières remonte en longeant quelques escarpements rocheux puis quand les caillasses des éboulis disparaissent c’est pour laisser la place à un sol plus argileux aux fondrières encore plus profondes. Finalement, dans cette garrigue typiquement méditerranéenne où je me régale à photographier quantité de plantes et de fleurs, le sentier atteint un replat, plutôt très verdoyant après les précipitations pluvieuses des derniers jours. Ce replat vient à point nommé car en finalité les derniers mètres vont être les plus pentus et donc les plus pénibles. Quand, en définitive, on atteint le sommet de ce pic Saint Victor, ce n’est malheureusement pas la petite chapelle qui attire en premier les regards mais ces épouvantables édifices modernes que sont la vigie et le pylône des télécommunications. On le regrettera comme on regrettera que la petite chapelle fondée au XIIeme siècle par des moines dissidents de l’abbaye de Fontfroide n’ait jamais été mieux restaurée. En effet, murs effondrés et cassés, briques rouges perforées, planches et porte métallique cadenassée donne un aspect d’abandon voire de « laisser-aller » à cet édifice historique religieux. L’histoire nous apprend que par manque d’eau, ces religieux de Fontfroide qui avaient créé un petit monastère sous la protection des vicomtes de Narbonne et des seigneurs de Durban ne furent pas en mesure de rester très longtemps au sommet de cette colline. La sécheresse, les vents violents qui sévissent en ce lieu et le rattachement du bâtiment à l’abbaye cistercienne de Saint-Victor-de-Marseille eurent raison de leur volonté et mirent fin à leurs espoirs et à cette aventure de créer un prieuré au sommet de cet endroit sauvage. De ce fait, les moines furent contraints de retourner très rapidement à l’abbaye de Fontfroide. Plus tard et comme souvent en pareil cas, la petite chapelle se transforma en ermitage avant d’être complètement abandonnée de tous. Si la chapelle a un côté un peu triste et désuet et les bâtiments modernes, des silhouettes un peu décalées par rapport au site religieux, heureusement il reste les panoramas à 360 degrés : vers la mer et les étangs, vers la Catalogne et le Roussillon, vers les Pyrénées et le reste des Corbières et beaucoup plus loin encore paraît-il quand le ciel est bleu et l’horizon clair. Ce n’était pas le cas ce jour-là et croyez bien que je le regrette. Je le regrette d’autant plus que les topo-guides parlent de deux tables d’orientation alors que j’en ai vu une seule et encore le carrelage avait-il été en partie cassée. Où est passée la seconde table ? Je l’ignore car je n’ai vu aucun vestige de cette table manquante !  Il faudra donc que je revienne après que le cers et la tramontane auront fait leur travail de lessivage du firmament. Malgré tout, j’ai réussi à percevoir quelques coins de  belles randonnées déjà expliquées dans ce blog comme l’Île de Sainte-Lucie, la falaise de Leucate ou le Pic du Pied du Poul effectué très récemment. Enfin, à ce sommet, outre les beaux panoramas, il y a une incroyable flore multicolore car j’ai dénombré plus d’une soixante de plantes en fleurs différentes et sans doute en ai-je oubliées quelques unes. Après le pique-nique, nous avons repris le sentier du retour en descendant quelques marches devant la chapelle. Ce sentier file dans un court vallon puis emprunte les crêtes calcaires de la Cadorque. Ici, le terrain rocheux et très caillouteux devient encore plus difficile et accidenté qu’à l’aller mais d’autres vues se font jour et notamment vers le nord et sur le vallon en contrebas vers Montplaisir le bien nommé. Sur ce chemin, et histoire de calculer dans nos têtes le chemin restant à parcourir et celui déjà parcouru, on va souvent regarder à la fois devant, vers Fontjoncouse mais aussi derrière vers le sommet du pech Saint-Victor, les deux lieux étant en permanence visibles depuis les crêtes. En définitive, nous avons constaté que la distance pour atteindre le point de départ était plutôt modeste et quand nous avons rejoint l’entrée du Fontjoncouse et notre voiture, ils ne nous restaient plus qu’à visiter le village.  Autant l’avouer, nous sommes un peu partis dans la cité « en tirant la jambe » mais au fur et à mesure de notre visite, nous avons été enchantés : charmantes ruelles, jolies demeures, vieux remparts, jardins merveilleusement entretenus et fleuris, potagers superbes, remarquable et monumentale église romane Sainte-Léocadie datant du XIIeme siècle et enfin ruines d’un vieux château médiéval du XIeme siècle dont nous avons appris plus tard sur Internet qu’ils avaient été très longtemps la propriété des  seigneurs de Fontjoncouse avant de tomber, d’abord dans l’escarcelle de l’Archevêché de  Narbonne quand la famille des châtelains s’éteignit, puis en désuétude au XVIIIeme siècle. Evidemment, nous avons regretté l’absence de toute explication historique sur place  et le fait que l’église était une fois de plus fermée. Aussi, ce fut un vrai plaisir quand nous sommes arrivés devant la fameuse « Source aux Joncs » où sur une stèle,  nous avons appris très brièvement l’origine du village et de sa toponymie. Selon un acte de 795, en 793 des colons espagnols vinrent s’installer près de cette source et ils se mirent à défricher les terres alentours : le hameau de Fontjoncouse était né ! Aujourd’hui, le village est surtout connu pour son Auberge du Vieux Puits, trois étoiles au guide Michelin et dirigé par le grand chef Gilles Goujon, ex-meilleur ouvrier de France. Dommage, nous avions déjà pique-niquer au sommet du pech Saint- Victor…et puis il faut bien le dire, le mois commençait à peine et nous n’avions pas très envie de le finir à découvert avec une note bien au-delà de notre budget. La balade est plutôt facile et ne présente pas de réelles difficultés même si de bonnes chaussures de marche s’avèrent indispensables. Telle qu’expliquée ici et effectuée en partant de Fontjoncouse, elle est longue de 9 kilomètres environ. Cette distance inclut la découverte du village. Le dénivelé est d’environ 210 mètres et les montées cumulées de 440 mètres. Carte IGN 2446E Ferrals-les-Corbières Top 25


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  • MOULINGOULIGN

    C’est en effectuant le « Chemin des Bacs » depuis Tautavel, randonnée décrite dans ce blog il y a peu de temps, que j’ai découvert la balade, objet de cet article,  intitulée « Du Moulin aux Gouleyrous ». Autant l’avouer, si je connaissais bien les grandioses Gorges de Gouleyrous pour être venu m’y baigner à quelques reprises, le titre de cette randonnée aperçue sur un panonceau indicatif, son itinéraire et le « moulin » restaient pour moi de véritables mystères. Au départ, j’ai pensé qu’il s’agissait du moulin à eau de Gouleyrous lui-même mais dans ce cas précis, le titre aurait été complètement illogique d’autant que le panonceau aperçu évoquait le village de Vingrau distant de quelques kilomètres. Les seules choses que j’en connaissais c’était donc la description du panonceau qui indiquait la distance, le temps pour la parcourir et le dénivelé : « 6,3 km -2h35 –déniv.70 m ». Autant le dire, la question fut vite éclaircie tant cette balade est courte et correspondait très bien à cette agréable petite après-midi que nous voulions lui consacrer. Une charmante après-midi printanière magnifiquement ensoleillée comme il y en a eu bien trop peu au cours de ce printemps 2013 plutôt changeant et surtout incertain pour prendre le risque de partir vers de longues randonnées montagnardes. Mais comme le dit le proverbe « à quelque chose, malheur est bon » et peut-être n’aurions jamais effectué cette courte balade si la météo n’avait pas été si capricieuse.  Si la question de cette balade trouva réponse en marchant, on peut une fois encore regretter l’absence de toutes explications historiques concernant la présence des moulins, celui des Gouleyrous et celui de Vingrau. Cette balade aurait été bien plus intéressante et plus ludique si l’histoire de ces moulins nous avait été contée. Nous l’avons donc réalisée à l’envers en partant des Gouleyrous où se trouvent les hautes gorges du Verdouble appréciées des escaladeurs et l’ancien moulin appelé depuis peu « Moulin Arago » et destiné aux fouilles du Centre Européen de recherches préhistoriques. C’est d’ailleurs dans la direction du parking de la célèbre grotte du Caune de l’Arago que nous avons véritablement démarré. La grotte est sur la gauche à flanc de falaise là où on aperçoit un baraquement amplement grillagé. Ayant eu l’occasion d’y monter lors du Chemin des Bacs, je n’ai pas trouvé utile d’y retourner d’autant que Dany avait plutôt envie d’une randonnée courte et plane. Le balisage est jaune comme tout sentier de petite randonnée (P.R). Au printemps, une petite route bitumée se faufile au milieu des hauts genêts aux grappes de fleurs dorées et flamboyantes dont les senteurs embaument les lieux. Les marques de peinture jaunes sont bien présentes et indiquent quelques raccourcis coupant des vignes. Ici le vignoble est omniprésent mais pour qui sait observer la nature, il n’y a pas que ça. Au printemps, la végétation et une  « petite » faune  y sont exceptionnelles : arbustes fleuris ou déjà en fruits, fleurs des champs, des  sentiers ou de la garrigue, lézards, papillons et insectes en tous genres, oiseaux des vignes, des ruisseaux, du maquis et des falaises. Ces falaises blanches qu’ici on appelle « serres » et qui ceinturent les paysages et la combe verdoyante. Quelques vestiges du passé sont à voir aussi comme des terrasses en pierres sèches, des puits ou bien des recs, ces petites rigoles qui irriguaient les champs de céréales et les vergers au temps jadis. Plus loin, l’itinéraire retrouve l’asphalte et ainsi de suite jusqu’au joli village de Vingrau. Ici, la promeneur hésite entre visiter le village en errant dans les ruelles aux maisons colorées et aux balcons fleuris ou bien s’asseoir à l’ombre des grands platanes ou bien encore profiter de la fraîcheur du préau recouvrant sa fontaine et son vieux lavoir. Comme pour nous, cette valse-hésitation vous fera sans doute perdre le balisage et donc le fil conducteur de cette charmante balade et il suffira de partir vers le centre du village où se trouve la mairie. Là, on retrouve un panonceau concernant notre randonnée. Un panonceau que le regard oublie très vite tant il reste conquis et parfois songeur par de magnifiques fresques décorant les façades de la placette. Le balisage nous entraîne vers la sortie est de Vingrau, la D.9 et la ruine de son vieux moulin à vent perché sur un promontoire désormais entourée d’une sombre et belle pinède. Bien sûr, de nos jours, dans ces lieux essentiellement viticoles ou occupés par la garrigue,  il est difficile d’imaginer que la roue d’un moulin à vent ait pu broyer les grains de céréales du coin pour subvenir aux besoins alimentaires des habitants. Et pourtant, il en était encore ainsi, il y a moins d’un siècle. Après la découverte de ce vieux moulin dont on peut regretter l’absence de précisions historiques concernant ses origines, nous avons définitivement perdu le fils du parcours. En l’absence de tout autre balisage hors mis celui retournant vers Vingrau, nous avons pensé sur l’instant qu’il s’agissait d’un simple aller-retour et nous avions vu juste car il fallait revenir jusqu’au panonceau aperçu devant le stade puis emprunter la rue de la Millere. Mais ça, nous ne l’avons su qu’une fois rentrés à la maison en consultant un guide que nous possédions pourtant et qui s’intitule « 34 randonnées en Agly-Verdouble ». C’est bête mais c’est ainsi, je ne pense pas toujours à compulser les nombreux topo-guides de randonnées dormant dans ma bibliothèque.  Alors, nous sommes revenus vers les Gorges de Gouleyrous et vers notre voiture en empruntant tout simplement la D.9 qui va vers Tautavel. Un peu plus de 2 kilomètres pas vraiment d’asphalte car les bas-côtés sont herbeux et longent de rafraîchissants « correcs » où je me suis régalé à photographier quelques oiseaux. Dany, elle, ne m’avait pas attendu et était déjà partie devant, histoire d’aller tremper dans les eaux fraîches du Verdouble ses pieds échauffés par les 2h30 de marche de cette très chaude après-midi. Bien que nous ayons effectué cette balade à l’envers et que n’ayons pas exactement suivi l’itinéraire décrit sur les panonceaux et dans les topo-guides, j’ai préféré conserver le même titre afin de ne pas troubler les lecteurs.  Je précise que vous pourrez trouver des renseignements historiques sur les moulins dans le livre de Francis Noëll intitulé "Les moulins à vent des Pyrénées-Orientales" paru chez TDO Editions. Carte IGN 2547 OT Durban – Corbières – Leucate – Plages du Roussillon Top 25


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  • Si une information est quasiment passée inaperçue, c’est bien la fin de notre « vieille » entreprise qu’était France Télécom dénommée ainsi en 1988 mais dont l’origine est bien antérieure puisque réellement crée par l’Etat français en 1878 sous le nom de ministère des Postes et Télégraphes. Ce fut ensuite le ministère des P et T puis plus tard la dénomination bien connue de P.T.T (Postes, Télégraphes et Téléphones).  Le 1ER juillet 2013, l’ex-entreprise publique chère à de nombreux français est définitivement devenue Orange et c’est bien ainsi car voir le mot « France » associé à cette horrible « Orange mécanique » me déplaisait de plus en plus. Voir que le nom « France Télécom » était systématiquement mis en avant quand un employé se suicidait sur son lieu de travail avait un côté sordide et indigne d’une société dite « nationale ». Et si je parodie Stanley Kubrick, c’est parce que depuis pas mal de temps cette nouvelle entité commerciale Orange est violente, n’a plus rien d’humain et n’a plus la noblesse des racines de sa « glorieuse » aînée. Plus rien d’humain pour ses salariés mais également pour ses nombreux clients particuliers et ses petits actionnaires que nous sommes parfois.

    Au regard de l’expérience que je viens de vivre, je ne suis pas surpris que des salariés continuent de suicider. Le dernier en date, c’était le 5 juin 2013. Je ne suis pas surpris que des dizaines de salarié(e)s aient mis fin à leur jour ces dernières années car ils n’adhéraient pas aux méthodes commerciales trop agressives et violentes mises en place par les directions successives et n’acceptaient plus leur manière de travailler. Le stress qu’engendrent ces méthodes de ventes est tel que les salarié(e)s ne trouvent pas d’issue aux problèmes auxquels ils sont parfois confrontés. Certains journalistes ont avec humour, un peu noir il est vrai,  qualifié la société d’ « Orange stressée ». Si j’ai une pensée pour ces malheureux salariés, mon expérience n’est heureusement que celle du modeste, vieux et fidèle client mais également petit actionnaire que j’ai été de France Télécom puis de Wanadoo et enfin d’Orange par ricochets et même si j’ai le sentiment de m’être fait « rouler dans la farine », il n’y a pas mort d’homme mais une simple colère que je veux faire partager au travers de ce billet.

    J’ai 64 ans et je l’avoue, je n’ai jamais vu de ma vie, une manière de vendre aussi accrocheuse et roublarde à la limite de la malhonnêteté et de l’immoralité. Des méthodes commerciales qui ne tiennent nullement compte de la fidélité du client, de l’aspect humain, financier et des lacunes techniques que nous, clients âgés, pouvons parfois avoir. Jugez plutôt :

    Le 18 juin, mon épouse se rend à l’agence Orange la plus proche car son téléphone mobile ne fonctionne plus. Je l’accompagne. Là, nous sommes pris en charge par une conseillère. Enfin appelons-là plutôt vendeuse car le mot est bien plus juste. D’emblée et sans regarder qu’elle peut être la raison de la panne (téléphone, batterie, carte Sim), elles nous indique qu’il vaut mieux carrément changer de téléphone mobile et par là même de numéro. Lui faisant toucher du doigt que changer de numéro est problématique pour nous, elle nous signifie qu’il n’y a pas d’autres choix. Je lui fais part de mon étonnement car j’ai entendu dire que l’on pouvait désormais changer d’opérateur sans changer de numéro mais elle insiste si lourdement que je finis par céder à ses arguments. Or, après coup, je me suis bien renseigné et j’ai appris par une de mes relations qui travaille également chez Orange que cette façon de procéder n’a pour seuls buts : « faire plus de chiffre d’affaires et permettre à cette vendeuse de percevoir des commissions plus importantes ! ». Premier mensonge et méthode très lamentable il faut en convenir même si je ne peux pas réellement avoir de griefs contre cette vendeuse qui a envie de mieux gagner sa vie. Le seul problème, c’est qu’elle est en permanence obligée de mentir pour arriver à ses fins. C’est donc bien à Orange et à ses méthodes que j’en veux en premier lieu.

    Ce souci déjà très important de changer de numéro aurait pu s’arrêter là car grâce aux « points avantages » acquis, mon épouse peut obtenir un nouveau téléphone mobile pour la modique somme de 1 euro. Mais voilà que cette vendeuse en regardant son écran en rajoute une couche. Elle est lancée dans sa technique de vente forcenée et plus rien ne l’arrête. Elle fait un calcul rapide : 40 euros de forfait Internet + 15 euros de mobile pour un forfait de 3 heures ça fait 55 euros par mois et là voilà qui nous propose une offre Open Mini ADSL pour 36,99 euros incluant Internet, les appels téléphoniques à partir du fixe et du mobile (1 h seulement au lieu 3 heures antérieurement), TV Orange, etc.,… En réalité, il faut encore rajouter 3 euros de location pour la Livebox soit 39,99 euros par mois. Nous gagnons selon elle 15 euros par mois mais il y a simplement un « petit » problème, mon épouse perd les nombreux « points avantages » acquis et de ce fait, le nouveau téléphone mobile à 1 euro. Deuxième mensonge ! Coût supplémentaire d’un nouveau téléphone le moins cher possible mais peu performant : 34,90 euros !

    Bien sûr, vous allez me rétorquer que rien nous obligeait à nous engager dans cette offre que cette vendeuse nous avait présentée au départ comme étant « très alléchante » mais pourtant nous n’étions pas au bout de nos peines car mon épouse a sans doute eu le tort de lui dire que nous avions une petite maison à la montagne à Urbanya et pas de réception Internet. Qu’à cela ne tienne « si vous recevez correctement votre mobile », il suffit d’un petit boîtier dénommé Clé 3G et le tour est joué. Pour cela, rien de plus simple, vous faîtes l’acquisition de ce boîtier 3G prénommé « DOMINO » pour la modique somme de 39,90 euros, vous signez un contrat Mobile Orange intitulé Open let’go pour la somme « ridicule » de 7,90 euros/par mois pour une consommation de 60 heures avec un engagement minimum d’un an et c’est tout et elle rajoute «  Il y a bien une offre sans engagement de durée mais je vous la déconseille car à 11,90 euros par mois, elle est bien plus chère que celle que je vous propose. A 7,90 euros, c’est une promotion jusqu’à fin juin au lieu de 12,90 euros/mois ! ». Troisième et quatrième mensonges, nous le verrons plus loin !

    Que croyez-vous qu’on ait fait ? Oui, oui, on s’est engagé pour un an !

    L’acquisition de cette clé 3G est d’autant plus propice que le lendemain, le 19, nous montons à notre petite maison à la montagne à Urbanya et que j’aurais tout le loisir d’en profiter pour lire mes mails ou les informations de ma page Orange ou bien de faire des recherches sur Google. Seulement voilà, je n’avais pas imaginé que ma clé 3G fonctionnerait seulement en 2G, que ma page d’accueil Orange mettrait 10 à 30 minutes à s’afficher et encore qu’une seule fois sur trois, la plupart du temps, il me sort un message du style « le téléchargement de votre page n’a pas pu aboutir ». En raison des délais de réponse Internet, j’ai rapidement et finalement compris que j’avais fait une mauvaise acquisition et que je ne pourrais jamais utiliser cette clé 3G dans l’état actuel du réseau de télécommunications de mon village d’Urbanya. Pourtant, tous les mobiles Orange passent très bien mais pas la clé 3G contrairement à l’affirmation de cette vendeuse menteuse. Néanmoins, je n’étais pas très inquiet pensant que comme dans la plupart des actes d’achat ou de crédit, j’avais droit à un délai de rétractation d’au moins 7 jours. Il me suffisait donc de retourner à l’agence Orange en question, de restituer la clé 3G et de résilier le contrat que j’avais signé, il y avait 6 jours seulement.

    Après les 80 kilomètres parcourus pour descendre d’Urbanya, tout ça tombait d’autant mieux qu’entre temps mon décodeur TV Orange était arrivé et qu’il m’attendait à la Poste de mon domicile. J’avais donc tout le loisir de l’installer, de l’essayer et de me rendre à l’agence dans le cas où je rencontrerais un problème. Autant faire « d’une pierre deux coups » si besoin ! Je vous jure que je n’ai aucun pouvoir de médium mais malgré tout que croyez-vous qu’il se passa ? Eh bien oui, le problème arriva quand notice d’installation du décodeur en mains, j’appris qu’il fallait brancher 2 prises Liveplug HD car mon téléviseur était trop éloigné et pas dans la même pièce que la Livebox ! Cinquième mensonge par omission cette fois !

    Je me suis donc présenté le 24 juin après-midi pour rendre la clé 3G, résilier le contrat Open let’s go et m’informer sur les prises Liveplug et là, ô surprise, rien de tout ce que j’avais pu espéré ne fut pris en compte. Il n’y avait aucun délai de rétractation pour les achats que j’avais effectué 6 jours auparavant dans cette même agence Orange, c'est-à-dire que je devais « m’asseoir » sur la clé 3G qui ne fonctionnerait peut être jamais à ma résidence secondaire d’Urbanya (elle ne fonctionne pas mieux ailleurs non plus !), « m’asseoir » sur les 7,90 euros par mois pendant les douze mois restant et comble de tout, moi qui pensait que les prises Liveplug seraient des fournitures indispensables et donc offertes gracieusement pour faire fonctionner mon décodeur Orange, il fallut encore que je débourse 55,22 euros pour les obtenir. Sixième, septième et huitième mensonges encore par omission. « Ce n’est qu’à cette condition que votre décodeur fonctionnera ou bien, il vous faut tirer un câble à travers vos pièces » m’a-t-elle annoncé avec un culot monstre.  On m’avait promis des économies mais je m’apercevais bien trop tard que tout n’avait été que mensonges délibérés voire quelquefois par omission. « Tout ça ce sont des méthodes commerciales minables ! » ai-je dit à la vendeuse et que croyez-vous qu’elle ait répondu ? D’abord surprise de ma colère, elle garda le silence un instant mais elle se souvenait de l’argument massue appris lors de ses stages de techniques de ventes et elle ajouta : « vous savez Monsieur, le Domino 3G n’est pas lié à un lieu précis et s’il ne marche pas à Urbanya, il est fait pour fonctionner partout ailleurs ! ». Mon visage est sans doute devenu rouge de colère mais elle n’avait pas l’air traumatisée de ma réaction et du bout des lèvres, elle me suggéra de tenter de contacter le service clients Orange pour un éventuel geste commercial. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de contacter Orange au téléphone mais c’est un véritable parcours du combattant complètement déshumanisé que sans doute peu de personnes mènent jusqu’à leur terme. En tous cas, moi j’ai baissé les bras au bout de trois appels qui ont duré en tout et pour tout plus d’une demi-heure mais sans aucun résultat concret. Et pour cause ! On vous balade avec des numéros 1014, 3000, 3900, 3970, 740, 08....., etc.…, faites le 1 pour ci, faites le 2 pour ça, enfin vous connaissez le principe puis quand, après des attentes interminables, vous avez la chance d’avoir une conseillère, c’est une espèce d’abrutie ou de demeurée qui semble ne rien piger à votre problème, qui n’a pas la possibilité de vous mettre en relation avec un responsable et qui ne trouve rien de mieux que de vous dire d’appeler un autre numéro. Quand vous recevez votre facture, vous constatez que tout ce système d’appels impossibles n’a qu’un seul but : « faire du fric » ! Quand à envoyer un mail à Orange (on pourrait croire que c’est une de leur spécialité), je n’ai jamais trouvé de solution et si vous connaissez la manière d’y parvenir, je suis évidemment preneur. Alors, il reste la solution d’une lettre recommandée avec accusé de réception au Service Clients mais comme chez Orange, ils sont sans doute ensevelis sous ce type de lettres, il ne faut pas attendre une réponse avant la Saint Glinglin ! Si réponse, il y a un jour !

    Et puis dans cette lettre, il y a tant de « choses » à dire, tant de réclamations à formuler, tant de griefs à exprimer car au cas où vous auriez oublié le début de l’histoire, je vous rappelle qu’initialement, il y avait simplement un téléphone mobile en panne puis dans un deuxième temps une offre qui devait s’avérer moins chère : 36,99 euros au lieu de 55 euros. Non, tout ça est pitoyable car en réalité c’est 36,99 euros + 3 euros de Livebox + 7,90 euros de 3G qui ne fonctionnera peut-être jamais correctement soit 47,89 euros soit une économie réelle de 7,11 euros par mois auquel bien sûr, il faut rajouter 55,22 euros de Liveplug, 34,90 euros du nouveau téléphone et 39,90 euros du boîtier 3G  que j’amortirais en plus de 18 mois avant d’espérer faire la « moindre » économie. Moins cher, elle avait dit la vendeuse menteuse !

    J’aurais pu penser que c’était fini et bien une fois encore je me trompais car quand il m’a fallu appeler Canal Plus pour transférer mon contrat sur le décodeur Orange que croyez-vous qu’il se passa ? Oui, oui, vous avez deviné, on m’a dit clairement que j’étais obligé de changer d’offre et d’en prendre une plus chère car il y avait deux chaînes supplémentaires (Canal + Family et Canal + Décalé). Le système commercial entre Orange et Canal Plus qu’ils appellent « bouquet » semble bien rôdé mais dans ce bouquet, il n’y a aucune fleur ! Mais le plus déplorable dans tout ça, ce sont les propos de cette vendeuse d’Orange à laquelle j’avais annoncé avoir un abonnement chez Canal Plus. Croyez-vous qu’elle m’aurait prévenu d’un surcoût de mon abonnement à Canal ? Elle s’est bien gardée de m’informer de ce « petit » détail et m’a parlé d’un simple transfert du contrat actuel. Neuvième et dixième mensonges ! Autant faire un compte rond car elle n’était plus à un mensonge près !

    Là clairement, s’en était définitivement fini de mes espoirs d’économie et pour quels résultats :

    -       Internet est inchangé et ne marche pas mieux ni plus vite qu’avant !

    -       Ma clé 3G fonctionne très très mal là où je souhaitais l’utiliser en priorité et ailleurs aussi !

    -       Mon épouse a perdu 2 heures de communications sur son mobile !

    -      J’ai la TV Orange avec 70 chaînes supplémentaires mais comme mon épouse et moi nous ne sommes pas très « télé », on n’a pas encore réellement vu de changement. En outre, je ne vois pas bien l'intérêt de recevoir des chaînes en libanais, modalve, russe ou bien grec.

    -       Mon abonnement Canal Plus a augmenté après plus de 10 ans de fidélité !

    -   Et pour le reste (téléphone fixe, messagerie, etc..), je n’ai pas encore vu de changements….mais j’attends la première facture de ce nouveau contrat…

    Vous connaissez le slogan qui a cours actuellement chez Orange ? Non ?

    « Le service Orange, satisfait quand vous l’êtes  ».

    Et le précédent slogan, vous le connaissiez ? Non ?

    « La vie change avec Orange ».

    Et le précédent ? Non Plus ?

    « Plus loin ensemble ».

    Et encore plus avant ? Non plus ?

     « Le futur et toutes les raisons d'y croire ».

    Quatre mensonges de plus non ?

    Bon, chez Orange on n’est plus à un tromperie près et je leur conseille de changer d’agence de pub et de communications.

    Je le propose comme nouveau slogan : « Orange, une horrible mécanique ! »


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