• La Chapelle Saint Joseph de Torremilà depuis Saint-Estève

    Ce diaporama est agrémenté d'un medley de 3 morceaux de musique joués par la pianiste hongroise Adrienne Hauser. Ils ont pour titre : "Ballade slave" et "L'Isle Joyeuse" de Claude Debussy et "Jeux d'eau" de Maurice Ravel.

    La Chapelle Saint Joseph de Torremilà depuis Saint-Estève

    La Chapelle Saint Joseph de Torremilà depuis Saint-Estève

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    Quand ce matin-là 19 mars, j’ai décidé que mon après-midi serait consacrée à une balade pédestre, au départ c’était comme je le fais souvent une sortie sans itinéraire précis car tournée presque essentiellement vers la photographie naturaliste, ce dernier mot étant pris dans son sens le plus large car incluant bien sûr les fleurs et les animaux mais aussi tout ce qui me paraîtrait beau ou digne d’intérêt devant mon objectif. Puis finalement, je me suis dit « pourquoi ne pas imaginer un parcours et s’y tenir en y alliant la photo naturaliste ? ». Oui, cette idée qui venait de germer dans ma tête me plaisait bien ! Aussitôt je me suis penché sur la carte IGN top 25 de ma commune et c’est ainsi qu’est née cette balade à « la Chapelle Saint-Joseph de Torremilà ». Cette chapelle, je ne la connais pas vraiment. Je ne l’ai vu qu’une seule fois lors d’une sortie en VTT et donc par hasard. Elle était fermée et je n’avais pas insisté.  Je me mets donc en quête d’en savoir un peu plus. C’est donc avec étonnement que je découvre sur Internet que cette petite chapelle a un site qui lui est consacré (et quelques autres plus succincts), qu’elle a une Histoire assez ancienne, qu’elle a connu bien des vicissitudes et a failli tomber en ruines, qu’elle a ses « amoureux » réunis en association qui se sont démenés pour lui donner une nouvelle vie, qu’elle a un cérémonial du nom de « Bénédiction des cartables », et donc qu’il y a depuis longtemps une réelle ferveur autour d’elle. A chaque 1er mai, on y célèbre aussi un Aplec, mais en Catalogne, c'est une tradition avec messe et parfois carrément un pèlerinage où les fidèles rendent hommage à la Vierge.  La sardane y est très souvent à l'honneur. Il faut d'ailleurs mettre ce mot au pluriel car des Aplecs, il y en a un peu partout en Catalogne et jamais à la même date. Oh ! Je ne me fais guère d’illusion et j’imagine déjà que je vais la trouver une nouvelle fois fermée, mais mon objectif de balade est arrêté et de surcroît je sais que je vais partir marcher en connaissant l’essentiel de ce qu’il faut savoir. Si « ne pas marcher idiot » reste ma devise, là je vais démarrer déjà bien « éclairé » sur cette chapelle ! Il est 13h30 quand je démarre de mon domicile, direction l’étang de Saint-Estève et plus précisément son déversoir, vrai point de départ de cette balade. Je fais un tour complet de l’étang afin de prendre quelques photos de la faune qui l’occupe. Assez rapidement plusieurs sont dans « la boîte » alors je continue vers le déversoir sans trop m’appesantir. Ce déversoir, c’est en réalité le Correc de la Corregada, petit ruisseau,  que je vais poursuivre en longeant sa rive gauche mais au préalable il faut traverser avec prudence un grand carrefour. Ce ruisseau et ce chemin, je les connais bien car les oiseaux y sont souvent très présents et de ce fait, je viens ici régulièrement pour tenter de les photographier. Paradoxalement, cette fois-ci, ce ne sont pas des oiseaux qui attirent mon regard en premier mais un petit poisson et un serpent, les deux étant à quelques centimètres l’un de l’autre dans l’eau limpide du ruisseau à proximité d’une buse en béton.  J’en suis même à me demander si le serpent n’a pas des intentions belliqueuses à l’encontre du poisson qui est constamment immobile. Mais non, le serpent se réfugie dans les roseaux de la berge et le poisson continue à faire le mort. Après de nombreuses photos plus ou moins réussies de cette « fable », je continue l’itinéraire et si les oiseaux sont bien présents, seuls un serin et une fauvette se laissent gentiment photographier. Depuis la traversée du carrefour, j’ai mis presque une heure pour accomplir les 250m qui me sépare désormais de lui .Il est vrai qu’outre les oiseaux, j’ai également photographié beaucoup la flore. Il est temps de quitter le ruisseau.  Ici, et à une vingtaine de mètres avant un pin, je sais qu’il me faut le quitter pour un étroit sentier qui entre à gauche dans la garrigue. Comme ce petit sentier n’est pas simple à trouver, j’ai disposé moi-même quelques gros galets en guise de cairn. Il est souvent embroussaillé par les cistes et les ajoncs mais aujourd’hui par chance il est étroit mais encore praticable. Une machette ou une serpe ne sont donc pas utiles. Il passe derrière la ruine d’un casot puis continue dans  cette immense zone que les géographes appellent la « Plaine de Torremilà ». Composée presque essentiellement de garrigues et de vignobles mais aussi de rares vergers et oliveraies et d’une zone humide temporaire, cette zone s’étend grosso-modo depuis la ZAE de Saint-Estève dite de La Mirande jusqu’à l’aéroport de Perpignan-La Llabanère et au quartier du Haut-Vernet à Perpignan. Inscrite à l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (I.N.P.N) comme Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique (Z.N.I.E.F.F), je regrette d y’voir s’étendre de plus en plus les nombreuses décharges sauvages, les entreprises et les vastes implantations en panneaux photovoltaïques, espérant que les pouvoirs publics auront la clairvoyance de laisser un peu de place à la Nature, préservant ainsi les quelques espèces rares, protégées et « déterminantes » qui habitent ou s’arrêtent ici lors de leur migration. Si je viens souvent par ici, c’est pour elle : la Nature ! Et malheureusement je la vois se réduire comme peau de chagrin. Connaissant bien les lieux (une partie de mon Circuit de l'Eau y passait déjà), aujourd’hui, je fais en sorte d’éviter les déchetteries sauvages pour donner une priorité à la faune et à la flore. La chance est avec moi car les oiseaux sont nombreux et parfois même assez étonnants. C’est ainsi que deux chevaux dans un pré sont suivis par un petit groupe de hérons garde-bœufs. Une fois encore, j’y passe un temp infini mais ce spectacle le mérite. En me voyant, les chevaux viennent vers moi mais se ravisent au dernier instant. Dommage car les garde-bœufs les suivaient comme leur ombre. Plus loin et à l’instant même où je traverse la D.5, ce sont des grands corbeaux freux qui viennent se poser à une idéale distance de mon appareil-photo. Garde-bœufs et corbeaux, voilà des volatiles que je ne photographie pas tous les jours ! Je continue vers la chapelle. Ici le chemin devient asphalté mais il n’en est pas pour autant désagréable circulant autour de quelques mas isolés entourés de vignobles. Ici les passereaux sont bien présents aussi, différents de ceux de la garrigue, mais plus difficiles à discerner au milieu des vignes. L’itinéraire est simple mais zigzague dans cette « morne plaine » comme aurait dit Napoléon en évoquant Waterloo dans le célèbre poème de Victor Hugo « L'expiation ». Il faut dire que la météo s’est bien dégradée depuis mon départ et la luminosité n’est pas géniale. Au niveau du Mas des Oliviers, je quitte enfin le bitume pour emprunter un itinéraire plus incertain qui se faufile entre vignes et une haute clôture agrémentée de cyprès. Finalement, la chapelle Saint-Joseph est là sur ma droite et j’y file presque tout droit par l’itinéraire le plus praticable. Comme prévue, elle est fermée, alors je me contente de quelques photos de son extérieur mais en le photographiant sous tous les angles. Quant à son intérieur, les photos sont rares sur Internet mais je n’ai aucune difficulté à imaginer une certaine sobriété. Je flâne sous les pins, y photographie la flore présente, des moineaux,  un papillon puis un rapace qui apparemment occupe une ruine mitoyenne. Dérangé, le rapace a décidé que l’heure de la chasse était venue et le voilà qui entreprend un vol stationnaire non loin de la chapelle. Je réussis à le photographier. De mon côté, l’heure est venue de sortir mon GPS et de regarder le tracé que j’y ai enregistré. En effet, pour revenir à Saint-Estève, j’ai dessiné un itinéraire dont je n’ai aucune certitude car pour les trois-quarts au moins je ne le connais pas.  Ma méconnaissance commence ici même car je me suis fié à une seule vue aérienne visionnée sur Internet. Le GPS m’entraîne vers le nord de la chapelle puis il bifurque, longe un long et haut talus puis se dirige vers le minuscule ruisseau de La Llabanère (La Llavanera sur la carte IGN) puis c’est la route D.5. J’ai un peu galéré dans les broussailles mais finalement la route est là.  Là, je continue de l’autre côté de la route en suivant encore le ruisseau de la Llabanère. Finalement, le parcours que j’ai dessiné et enregistré sur mon GPS a été bien plus praticable que je ne l’avais craint même si quelques portions ont nécessité de zigzaguer entre des broussailles. La suite devient bien meilleure et un large chemin s’éloigne de la route D.5 pour s’en rapprocher de nouveau. Un coup d’œil sur mon bout de carte IGN me permet de retrouver un itinéraire plus éloigné de la route. Ce dernier file vers le sud du lieu-dit Planals de les Basses où un cheval qui s’ennuie dans son box vient vers moi sans aucune hésitation. Il semble apprécier les quelques biscuits moelleux et la pomme que je lui tends au travers du grillage qui nous sépare. En l’absence de mets supplémentaires, il ne juge pas utile de poursuivre cette « conversation » silencieuse et gourmande.  Il tourne les talons de ses sabots et pour me montrer sa colère, il entreprend quelques ruades tout en émettant de bruyants hennissements. Le tout avec un « zizi » bien en érection. Comme le chantait Brassens « la bandaison papa ça ne se commande pas ! » Non, je ne suis pas Robert Redford, je ne murmure pas à l’oreille des chevaux, je les comprends encore moins et j’ignore pourquoi il agit ainsi ? Je laisse « le petit cheval blanc » derrière moi et poursuis mon chemin. La suite devient très simple et le centre médical avec la clinique Supervaltech et les autres bâtiments me servent de point de mire. Il suffit de traverser quelques vignobles et champs en jachère pour y parvenir. C’est sur cette portion du parcours que les passereaux sont les plus présents et les plus divers. Dans cette diversité, les tariers pâtres, les rougequeues noirs et les alouettes sont de très loin les plus nombreux. Pourtant, les mœurs de ces trois espèces sont bien différentes et parfois même à l’opposé. Les tariers occupent essentiellement les champs en jachères et les zones à garrigue, sont peu craintifs, se perchent sur des hauteurs et en général ils se laissent gentiment photographier, alors que les alouettes sont posées au sol au milieu des vignes, détalent à la moindre alerte et de ce fait, il faut beaucoup de chance pour en immortaliser au moins une. Les rougequeues noirs n’ont pas de préférence et ils occupent tous les biotopes. Outre ces trois espèces, il y a par bonheur toute une pléiade d’autres passereaux plus ou moins photographiables et notamment des serins, des grives, des chardonnerets et des fauvettes. J’y passe un temps incalculable mais le résultat est à la hauteur de ma patience même si les photos ne sont pas toujours parfaites. Quand l’étang se présente, j’en fais encore une fois le tour histoire de quelques animaux nouveaux mais non ce sont les mêmes qu’au départ. Je sais qu’il est temps pour moi de ranger mon appareil-photo. Ainsi se termine cette boucle de ma composition. Je suis relativement satisfait car à part quelques difficultés après la chapelle dues aux broussailles, j’ai globalement respecté le parcours que je m’étais fixé et que j’avais dessiné sur la carte IGN et enregistré dans mon GPS. Au départ, ce n’était pas évident. Si la découverte de la chapelle ne m’a rien apporté de nouveau que je ne savais déjà, l’avifaune aperçue et celle photographiée ont été bien au-delà de mes espérances. Ajoutons à cela, une flore intéressante, quelques premiers papillons printaniers, les chevaux, le poisson et le serpent et j’ai été amplement ravi de cette balade champêtre et que je voulais absolument naturaliste. Malheureusement, cette visite à Saint-Joseph de Torremilà ne m’a protégé du fléau de la maladie puisque quelques jours plus tard, le 24 mars j’entrais aux urgences de l’hôpital de Perpignan pour la Covid doublée d’une embolie pulmonaire. Par contre, peut-être Saint Joseph était-il là pour m’apporter cette force intérieure qui m’a permis de m’en sortir après 15 jours d’hospitalisation ? Au départ de chez moi, cette balade a été longue de 8km1. Un peu moins bien sûr si on fixe le déversoir de l’étang comme ligne de départ. Carte IGN 2548 OT Perpignan – Plages du Roussillon Top 25.

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