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Le Lac d'Aude et le Mont Llaret (2.376 m) depuis les Angles (Pla del Mir -1.800m)

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de chansons interprétées par Elmore James extraites de son album "40 Exciting Legendary Blues Tracks: Tribute To Elmore James, “King of Slide Guitar”. Elles ont pour titre : I Believe, Stranger Blues, Look On Yonder Wall, Shake Your Moneymaker, The Sky Is Crying.

De nombreux lacs pyrénéens sont l’objet de légendes plus ou moins merveilleuses voire effroyables pour certaines d’entre-elles. Il y est souvent question d’« encantadas » (femmes enchantées), de « donas d’aygua » (femmes d’eau), de « fadas » (fées) devenues parfois « bruixas » (sorcières) par d’habiles manigances des doctrines religieuses. Le lac d’Aude en Capcir n’échappe pas à cette règle. Pourtant, nous y sommes allés randonner et je peux vous assurer que je n’ai rien vu de tout ça, mais il est vrai que ces histoires sont ancestrales et le plus souvent légendaires. Dommage, me direz-vous car selon la tradition et ce que j’ai pu lire dans « Légendes du Roussillon » d’Horace Chauvet aux Editions Lacour, il paraît qu’« aux bords des étangs, les bergers avaient l’occasion d’admirer les belles fées habillées de blanc qui peignaient leur chevelure ondoyante, en se mirant dans les eaux argentées. Elles avaient le don de séduire quiconque les approchait….. » Alors c’est vrai, Dany et moi avons été séduits mais pas par une fée mais par cette randonnée elle-même qui, depuis, le Pla del Mir (1.800m), station de ski des Angles, nous a tour à tour emmenés vers le lac d’Aude puis vers le Mont Llaret (2.376 m). Une balade plutôt longue et pas si facile que ça car les montées sont quasi constantes jusqu’au dernier objectif qui est en même temps le point culminant de cette boucle. Mais après tout, n’est-ce le propre d’une randonnée en montagne que de monter toujours plus haut pour faire plus de découvertes ? C’est exactement ce qui s’est passé !  Comme indiqué, le départ s’effectue du Pla del Mir, principale station de ski des Angles. Le chemin démarre à gauche du vaste parking et passe derrière le chalet de l’école de ski.  Sur la façade du chalet, un panonceau a été cloué indiquant  : « Boucle PR.9 - Lac d’Aude – 12 km – 435 m de dénivelé – 4h – difficulté : difficile ». Mais attention, pour ma balade, il ne faut pas se fier à ce panonceau, d’abord parce que le P.R.9 n’est pas une boucle mais un simple aller et retour et que la difficulté est plutôt moyenne que difficile pour le randonneur lambda. Enfin, une chose dont je suis sûr c’est que nous sommes bien sur le GRP du Tour du Capcir balisé en jaune et rouge. J’en suis d’autant plus sûr que j’ai accompli ce tour en 2013 et que j’ai emprunté cette portion en sens inverse venant des Bouillouses direction les Angles puis Matemale. C’était notre toute dernière étape qui en comptait quatre. Ce GRP passe derrière le parc animalier puis en longe la clôture toujours sur une bonne et large piste qui s’élève puis se stabilise avant de redescendre légèrement à l’approche de la Jasse du Pla del Bouc. Les premiers beaux paysages et panoramas s’entrouvrent. Ici au Pla del Bouc, on laisse un petit abri sur la droite étonnamment entouré de gros blocs granitiques dont trois ont été agencés sous la forme d’un imposant lieu de pique-nique. Juste après, on enjambe un passage canadien. Ici, une grande enseigne verticale mentionne « Porte Entrée ». Entrée de quoi ? Je ne saurais vous le dire avec certitude mais à cause du passage canadien,  j’ai supposé qu’il s’agissait de l’entrée d’une zone d’estives qui est également mentionnée sur une autre pancarte. Peu après, la piste que l’on poursuit devient plus pentue et se faufile au milieu d’une forêt de pins à crochets. Elle se stabilise à nouveau. On enjambe un premier petit ru mais attention ce n’est pas encore l’Aude et simplement un de ses affluents originels. L'Aude, le célèbre fleuve audois qui a donné son nom à tout un département est là, quelques mètres plus loin.  Ici, il s’agit d’un minuscule ruisselet aux eaux cristallines, d’un mètre de large tout au plus, dont le débit est si pépère qu’il a du mal à se faufiler au milieu des quelques ridicules roches qui entravent à peine son parcours. De ce fait, il zigzague, semble hésiter sur le chemin à prendre au milieu des herbes rases et des pins et bien évidemment, on est très loin de l’image du grand fleuve capable d’arroser tout une région, d’alimenter plusieurs lacs de barrage et de creuser de profondes gorges du Pays de Sault jusqu’à celui du Razès. En arrivant à hauteur d’une baraque entourée d’un enclos, on délaisse la  piste qui continue vers la gauche et  on emprunte à droite un large chemin qui file vers la Jasse de Bernardi et son imposant refuge. Sur la droite, le Puig del Pam laisse entrevoir son mamelon tourmenté et sur la gauche, les sommets du Haut-Conflent et de Cerdagne se révèlent derrière la frange d’une brume bleutée. A hauteur de cet abri et grâce à un panonceau (1.940m), on notera que nous nous sommes élevés pour l’instant de 140 mètres seulement sur les 576 mètres de dénivelé qui sont à accomplir jusqu’au sommet du Mont Llaret. D’ailleurs, le large chemin plat se termine, se rétrécie peu à peu et devient mauvais sentier en s’élevant dans la forêt. Ce sentier continue de monter plus vaillamment sur un terrain parfois plus difficile car caillouteux et parfois tourbeux car bourré de fondrières et de racines apparentes.  Après une vaste clairière entourée de falaises ocres et boisées, le parcours devient bien meilleur car herbeux mais il se faufile désormais dans un étrange ossuaire d’arbres desséchés. Si certains gisent sur le sol tels d’immenses carcasses, la plupart sont encore debout et c’est un piètre spectacle que tous ces sapins morts, squelettiques et dépouillés et ce coin ressemble d’autant plus à un cimetière que quelques blocs de granit paraissent faire office de pierres tombales. On évite de se fier à un panonceau qui indique : Sentier nordique –Lac d’Aude – reste 7,7 km. Non, le Lac d’Aude est à moins de 3 km ! On quitte ce coin lugubre au profit d’une petite zone humide faite de quelques tourbières alimentées par de menus filets d’eau qui s’échappent de l’Aude toute proche. Au milieu des pins à crochets, des genévriers rabougris et des rhododendrons fleuris, les pelouses herbeuses et grasses remplacent très rapidement les tourbières. Sur notre droite,  l’oblongue montagne qui apparaît n’est ni plus ni moins que notre principal objectif du jour, le Mont Llaret (2.376m) et son tout proche acolyte le Roc d’Aude (2.325m). Après une dernière « bonne » élévation, le chemin s’aplanit et quelques minutes plus tard, le miroir gris bleu du lac d’Aude apparaît immobile et brillant en contrebas de la forêt. On y descend mécaniquement vers son rivage d’abord pour quelques belles photos mais surtout parce qu’on sait d’avance qu’il n’y aura pas d’endroit plus agréable pour pique-niquer. Ici, au fond de ce petit cirque à la fois lacustre, végétal et minéral tout respire la douceur et la quiétude.  Dans un silence quasi religieux, seuls sont perceptibles le tintement lointain de quelques clochettes bovines et le gazouillis de rares passereaux occupant le faîte des conifères les plus hauts. Même les rares  randonneurs qui font le tour du lac, semblent le faire à pas de velours. Ce calme et ce silence sont si apaisants et l’air que l’on respire au bord du lac si vivifiant qu’on ne quitte qu’à regrets cette source de l’Aude. Ici, on délaisse le Tour du Capcir filant vers les Bouillouses au profit d’un étroit sentier balisé partant vers le nord-ouest.  Le balisage devient jaune. Ce sentier longe un petit ruisseau, à sec en juillet, le traverse puis grimpe au milieu des pelouses largement parsemées de nombreuses roches granitiques. Ces pelouses rases laissent parfois la place à des prairies de graminées un peu plus hautes et de ce fait, elles sont le paradis de nombreux bovins qui trouvent dans cette herbe délicate à la fois le fourrage à ruminer et la litière pour s’y vautrer.  Finalement à 2.220 m d’altitude, on atteint un collet où le regard embrasse des panoramas époustouflants sur une immense partie du Capcir : Massif du Carlit, lac des Bouillouses, la Vallée de la Grave et de la Têt, j’en passe et des meilleurs….Tout en dominant le lac des Bouillouses et à nos pieds la belle forêt de Malpas, le parcours en balcon descend plein nord, se redresse un peu en atteignant de vastes herbages au dessus desquels apparaissent les bulbes arrondies des deux Péric, les prémices de la Serra dels Alarbs et du Puig del Pam. Ici, un panonceau mentionne un sentier dit des Angles numéroté 7. Clairement et comme mentionné, ce P.R arrivant de la Balmette devrait nous amener très facilement vers le Mont Llaret et les Angles mais en réalité, nous allons hésiter entre deux chemins balisés de marques de peinture jaune. Nous optons pour le plus évident c'est-à-dire pour le plus large dont les profondes ornières indiquent qu’il est amplement emprunté par des véhicules de type « tous terrains. C’est  la bonne option et outre qu’il va bien au Mont Llaret, une fois encore les vues aériennes y sont sublimes. Plus on monte et plus les vues lointaines se font jour. Pour moi, cette portion du chemin présente d’autres atouts : une flore variée et très colorée et des oiseaux que j’ai peu l’occasion de photographier car toute cette nature végétale et ornithologique ne se rencontre quasiment qu’à cette altitude-là. Une fois encore, le chemin s’aplanit un peu. Le Mont Llaret et sa haute croix de bois reconnaissable sont là dans la ligne de mire. On quitte la piste pour y filer tout droit mais le sommet nous ne pourront guère l’approcher car un groupe de jeunes vacanciers l’ont carrément envahi. Ils sont bien sympathiques ces jeunes et l’on plaisante assez facilement avec eux mais quand on veut s’approcher de la croix pour une photo-souvenir, aucun d’entre eux ne bougent et ils semblent se l’être définitivement appropriée.  Nous n’insistons pas et de ce fait, nous ne garderons de ce sommet qu’une seule photo au pied de son pinacle. Pas vraiment déçus car l’essentiel est accompli, nous profitons de cet arrêt pour terminer notre casse-croûte et dès qu’il est fini, nous filons vers le Roc d’Aude. Là, dans cette douce descente, nous retrouvons une bonne et large piste terreuse qui descend vers les arrivées des télésièges et des téléskis. Plutôt que d’emprunter les pistes qui descendent en zigzaguant, nous coupons court grâce à un raccourci qui  nous emmène directement à la station de pompage de Bigorra et à la télécabine des Pèlerins. Là, aux Pèlerins, nous prenons à droite le large chemin qui descend parallèle à la piste de ski dite des Rhodos et un peu plus bas dite de le Soucarade. Devant nous, un beau renard qui avait choisi la même option que nous, s’enfuit, non sans avoir au préalable longuement hésité entre le bois et le ravin. De toute évidence, on le dérange car soit la chasse est déjà ouverte soit l’heure du casse-croûte est déjà arrivée. La piste nous entraîne directement vers le Pla del Mir où cette jolie balade se termine. Le circuit décrit ici est long de 17 km environ pour des montées cumulées de 920 mètres. Panoplie du parfait randonneur avec notamment de bonnes chaussures de marche à tiges hautes sont vivement conseillées sur ce terrain très disparate mais assez rocheux et caillouteux par endroits. Carte I.G.N 2249 ET Top 25.

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Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de chansons interprétées par Elmore James extraites de son album "40 Exciting Legendary Blues Tracks: Tribute To Elmore James, “King of Slide Guitar”. Elles ont pour titre : I Believe, Stranger Blues, Look On Yonder Wall, Shake Your Moneymaker, The Sky Is Crying.

De nombreux lacs pyrénéens sont l’objet de légendes plus ou moins merveilleuses voire effroyables pour certaines d’entre-elles. Il y est souvent question d’« encantadas » (femmes enchantées), de « donas d’aygua » (femmes d’eau), de « fadas » (fées) devenues parfois « bruixas » (sorcières) par d’habiles manigances des doctrines religieuses. Le lac d’Aude en Capcir n’échappe pas à cette règle. Pourtant, nous y sommes allés randonner et je peux vous assurer que je n’ai rien vu de tout ça, mais il est vrai que ces histoires sont ancestrales et le plus souvent légendaires. Dommage, me direz-vous car selon la tradition et ce que j’ai pu lire dans « Légendes du Roussillon » d’Horace Chauvet aux Editions Lacour, il paraît qu’« aux bords des étangs, les bergers avaient l’occasion d’admirer les belles fées habillées de blanc qui peignaient leur chevelure ondoyante, en se mirant dans les eaux argentées. Elles avaient le don de séduire quiconque les approchait….. » Alors c’est vrai, Dany et moi avons été séduits mais pas par une fée mais par cette randonnée elle-même qui, depuis, le Pla del Mir (1.800m), station de ski des Angles, nous a tour à tour emmenés vers le lac d’Aude puis vers le Mont Llaret (2.376 m). Une balade plutôt longue et pas si facile que ça car les montées sont quasi constantes jusqu’au dernier objectif qui est en même temps le point culminant de cette boucle. Mais après tout, n’est-ce le propre d’une randonnée en montagne que de monter toujours plus haut pour faire plus de découvertes ? C’est exactement ce qui s’est passé !  Comme indiqué, le départ s’effectue du Pla del Mir, principale station de ski des Angles. Le chemin démarre à gauche du vaste parking et passe derrière le chalet de l’école de ski.  Sur la façade du chalet, un panonceau a été cloué indiquant  : « Boucle PR.9 - Lac d’Aude – 12 km – 435 m de dénivelé – 4h – difficulté : difficile ». Mais attention, pour ma balade, il ne faut pas se fier à ce panonceau, d’abord parce que le P.R.9 n’est pas une boucle mais un simple aller et retour et que la difficulté est plutôt moyenne que difficile pour le randonneur lambda. Enfin, une chose dont je suis sûr c’est que nous sommes bien sur le GRP du Tour du Capcir balisé en jaune et rouge. J’en suis d’autant plus sûr que j’ai accompli ce tour en 2013 et que j’ai emprunté cette portion en sens inverse venant des Bouillouses direction les Angles puis Matemale. C’était notre toute dernière étape qui en comptait quatre. Ce GRP passe derrière le parc animalier puis en longe la clôture toujours sur une bonne et large piste qui s’élève puis se stabilise avant de redescendre légèrement à l’approche de la Jasse du Pla del Bouc. Les premiers beaux paysages et panoramas s’entrouvrent. Ici au Pla del Bouc, on laisse un petit abri sur la droite étonnamment entouré de gros blocs granitiques dont trois ont été agencés sous la forme d’un imposant lieu de pique-nique. Juste après, on enjambe un passage canadien. Ici, une grande enseigne verticale mentionne « Porte Entrée ». Entrée de quoi ? Je ne saurais vous le dire avec certitude mais à cause du passage canadien,  j’ai supposé qu’il s’agissait de l’entrée d’une zone d’estives qui est également mentionnée sur une autre pancarte. Peu après, la piste que l’on poursuit devient plus pentue et se faufile au milieu d’une forêt de pins à crochets. Elle se stabilise à nouveau. On enjambe un premier petit ru mais attention ce n’est pas encore l’Aude et simplement un de ses affluents originels. L'Aude, le célèbre fleuve audois qui a donné son nom à tout un département est là, quelques mètres plus loin.  Ici, il s’agit d’un minuscule ruisselet aux eaux cristallines, d’un mètre de large tout au plus, dont le débit est si pépère qu’il a du mal à se faufiler au milieu des quelques ridicules roches qui entravent à peine son parcours. De ce fait, il zigzague, semble hésiter sur le chemin à prendre au milieu des herbes rases et des pins et bien évidemment, on est très loin de l’image du grand fleuve capable d’arroser tout une région, d’alimenter plusieurs lacs de barrage et de creuser de profondes gorges du Pays de Sault jusqu’à celui du Razès. En arrivant à hauteur d’une baraque entourée d’un enclos, on délaisse la  piste qui continue vers la gauche et  on emprunte à droite un large chemin qui file vers la Jasse de Bernardi et son imposant refuge. Sur la droite, le Puig del Pam laisse entrevoir son mamelon tourmenté et sur la gauche, les sommets du Haut-Conflent et de Cerdagne se révèlent derrière la frange d’une brume bleutée. A hauteur de cet abri et grâce à un panonceau (1.940m), on notera que nous nous sommes élevés pour l’instant de 140 mètres seulement sur les 576 mètres de dénivelé qui sont à accomplir jusqu’au sommet du Mont Llaret. D’ailleurs, le large chemin plat se termine, se rétrécie peu à peu et devient mauvais sentier en s’élevant dans la forêt. Ce sentier continue de monter plus vaillamment sur un terrain parfois plus difficile car caillouteux et parfois tourbeux car bourré de fondrières et de racines apparentes.  Après une vaste clairière entourée de falaises ocres et boisées, le parcours devient bien meilleur car herbeux mais il se faufile désormais dans un étrange ossuaire d’arbres desséchés. Si certains gisent sur le sol tels d’immenses carcasses, la plupart sont encore debout et c’est un piètre spectacle que tous ces sapins morts, squelettiques et dépouillés et ce coin ressemble d’autant plus à un cimetière que quelques blocs de granit paraissent faire office de pierres tombales. On évite de se fier à un panonceau qui indique : Sentier nordique –Lac d’Aude – reste 7,7 km. Non, le Lac d’Aude est à moins de 3 km ! On quitte ce coin lugubre au profit d’une petite zone humide faite de quelques tourbières alimentées par de menus filets d’eau qui s’échappent de l’Aude toute proche. Au milieu des pins à crochets, des genévriers rabougris et des rhododendrons fleuris, les pelouses herbeuses et grasses remplacent très rapidement les tourbières. Sur notre droite,  l’oblongue montagne qui apparaît n’est ni plus ni moins que notre principal objectif du jour, le Mont Llaret (2.376m) et son tout proche acolyte le Roc d’Aude (2.325m). Après une dernière « bonne » élévation, le chemin s’aplanit et quelques minutes plus tard, le miroir gris bleu du lac d’Aude apparaît immobile et brillant en contrebas de la forêt. On y descend mécaniquement vers son rivage d’abord pour quelques belles photos mais surtout parce qu’on sait d’avance qu’il n’y aura pas d’endroit plus agréable pour pique-niquer. Ici, au fond de ce petit cirque à la fois lacustre, végétal et minéral tout respire la douceur et la quiétude.  Dans un silence quasi religieux, seuls sont perceptibles le tintement lointain de quelques clochettes bovines et le gazouillis de rares passereaux occupant le faîte des conifères les plus hauts. Même les rares  randonneurs qui font le tour du lac, semblent le faire à pas de velours. Ce calme et ce silence sont si apaisants et l’air que l’on respire au bord du lac si vivifiant qu’on ne quitte qu’à regrets cette source de l’Aude. Ici, on délaisse le Tour du Capcir filant vers les Bouillouses au profit d’un étroit sentier balisé partant vers le nord-ouest.  Le balisage devient jaune. Ce sentier longe un petit ruisseau, à sec en juillet, le traverse puis grimpe au milieu des pelouses largement parsemées de nombreuses roches granitiques. Ces pelouses rases laissent parfois la place à des prairies de graminées un peu plus hautes et de ce fait, elles sont le paradis de nombreux bovins qui trouvent dans cette herbe délicate à la fois le fourrage à ruminer et la litière pour s’y vautrer.  Finalement à 2.220 m d’altitude, on atteint un collet où le regard embrasse des panoramas époustouflants sur une immense partie du Capcir : Massif du Carlit, lac des Bouillouses, la Vallée de la Grave et de la Têt, j’en passe et des meilleurs….Tout en dominant le lac des Bouillouses et à nos pieds la belle forêt de Malpas, le parcours en balcon descend plein nord, se redresse un peu en atteignant de vastes herbages au dessus desquels apparaissent les bulbes arrondies des deux Péric, les prémices de la Serra dels Alarbs et du Puig del Pam. Ici, un panonceau mentionne un sentier dit des Angles numéroté 7. Clairement et comme mentionné, ce P.R arrivant de la Balmette devrait nous amener très facilement vers le Mont Llaret et les Angles mais en réalité, nous allons hésiter entre deux chemins balisés de marques de peinture jaune. Nous optons pour le plus évident c'est-à-dire pour le plus large dont les profondes ornières indiquent qu’il est amplement emprunté par des véhicules de type « tous terrains. C’est  la bonne option et outre qu’il va bien au Mont Llaret, une fois encore les vues aériennes y sont sublimes. Plus on monte et plus les vues lointaines se font jour. Pour moi, cette portion du chemin présente d’autres atouts : une flore variée et très colorée et des oiseaux que j’ai peu l’occasion de photographier car toute cette nature végétale et ornithologique ne se rencontre quasiment qu’à cette altitude-là. Une fois encore, le chemin s’aplanit un peu. Le Mont Llaret et sa haute croix de bois reconnaissable sont là dans la ligne de mire. On quitte la piste pour y filer tout droit mais le sommet nous ne pourront guère l’approcher car un groupe de jeunes vacanciers l’ont carrément envahi. Ils sont bien sympathiques ces jeunes et l’on plaisante assez facilement avec eux mais quand on veut s’approcher de la croix pour une photo-souvenir, aucun d’entre eux ne bougent et ils semblent se l’être définitivement appropriée.  Nous n’insistons pas et de ce fait, nous ne garderons de ce sommet qu’une seule photo au pied de son pinacle. Pas vraiment déçus car l’essentiel est accompli, nous profitons de cet arrêt pour terminer notre casse-croûte et dès qu’il est fini, nous filons vers le Roc d’Aude. Là, dans cette douce descente, nous retrouvons une bonne et large piste terreuse qui descend vers les arrivées des télésièges et des téléskis. Plutôt que d’emprunter les pistes qui descendent en zigzaguant, nous coupons court grâce à un raccourci qui  nous emmène directement à la station de pompage de Bigorra et à la télécabine des Pèlerins. Là, aux Pèlerins, nous prenons à droite le large chemin qui descend parallèle à la piste de ski dite des Rhodos et un peu plus bas dite de le Soucarade. Devant nous, un beau renard qui avait choisi la même option que nous, s’enfuit, non sans avoir au préalable longuement hésité entre le bois et le ravin. De toute évidence, on le dérange car soit la chasse est déjà ouverte soit l’heure du casse-croûte est déjà arrivée. La piste nous entraîne directement vers le Pla del Mir où cette jolie balade se termine. Le circuit décrit ici est long de 17 km environ pour des montées cumulées de 920 mètres. Panoplie du parfait randonneur avec notamment de bonnes chaussures de marche à tiges hautes sont vivement conseillées sur ce terrain très disparate mais assez rocheux et caillouteux par endroits. Carte I.G.N 2249 ET Top 25.

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Ce diaporama est agrémenté de chansons interprétées par Elmore James extraites de son album "40 Exciting Legendary Blues Tracks: Tribute To Elmore James, “King of Slide Guitar”. Elles ont pour titre : I Believe, Stranger Blues, Look On Yonder Wall, Shake Your Moneymaker, The Sky Is Crying.

De nombreux lacs pyrénéens sont l’objet de légendes plus ou moins merveilleuses voire effroyables pour certaines d’entre-elles. Il y est souvent question d’« encantadas » (femmes enchantées), de « donas d’aygua » (femmes d’eau), de « fadas » (fées) devenues parfois « bruixas » (sorcières) par d’habiles manigances des doctrines religieuses. Le lac d’Aude en Capcir n’échappe pas à cette règle. Pourtant, nous y sommes allés randonner et je peux vous assurer que je n’ai rien vu de tout ça, mais il est vrai que ces histoires sont ancestrales et le plus souvent légendaires. Dommage, me direz-vous car selon la tradition et ce que j’ai pu lire dans « Légendes du Roussillon » d’Horace Chauvet aux Editions Lacour, il paraît qu’« aux bords des étangs, les bergers avaient l’occasion d’admirer les belles fées habillées de blanc qui peignaient leur chevelure ondoyante, en se mirant dans les eaux argentées. Elles avaient le don de séduire quiconque les approchait….. » Alors c’est vrai, Dany et moi avons été séduits mais pas par une fée mais par cette randonnée elle-même qui, depuis, le Pla del Mir (1.800m), station de ski des Angles, nous a tour à tour emmenés vers le lac d’Aude puis vers le Mont Llaret (2.376 m). Une balade plutôt longue et pas si facile que ça car les montées sont quasi constantes jusqu’au dernier objectif qui est en même temps le point culminant de cette boucle. Mais après tout, n’est-ce le propre d’une randonnée en montagne que de monter toujours plus haut pour faire plus de découvertes ? C’est exactement ce qui s’est passé !  Comme indiqué, le départ s’effectue du Pla del Mir, principale station de ski des Angles. Le chemin démarre à gauche du vaste parking et passe derrière le chalet de l’école de ski.  Sur la façade du chalet, un panonceau a été cloué indiquant  : « Boucle PR.9 - Lac d’Aude – 12 km – 435 m de dénivelé – 4h – difficulté : difficile ». Mais attention, pour ma balade, il ne faut pas se fier à ce panonceau, d’abord parce que le P.R.9 n’est pas une boucle mais un simple aller et retour et que la difficulté est plutôt moyenne que difficile pour le randonneur lambda. Enfin, une chose dont je suis sûr c’est que nous sommes bien sur le GRP du Tour du Capcir balisé en jaune et rouge. J’en suis d’autant plus sûr que j’ai accompli ce tour en 2013 et que j’ai emprunté cette portion en sens inverse venant des Bouillouses direction les Angles puis Matemale. C’était notre toute dernière étape qui en comptait quatre. Ce GRP passe derrière le parc animalier puis en longe la clôture toujours sur une bonne et large piste qui s’élève puis se stabilise avant de redescendre légèrement à l’approche de la Jasse du Pla del Bouc. Les premiers beaux paysages et panoramas s’entrouvrent. Ici au Pla del Bouc, on laisse un petit abri sur la droite étonnamment entouré de gros blocs granitiques dont trois ont été agencés sous la forme d’un imposant lieu de pique-nique. Juste après, on enjambe un passage canadien. Ici, une grande enseigne verticale mentionne « Porte Entrée ». Entrée de quoi ? Je ne saurais vous le dire avec certitude mais à cause du passage canadien,  j’ai supposé qu’il s’agissait de l’entrée d’une zone d’estives qui est également mentionnée sur une autre pancarte. Peu après, la piste que l’on poursuit devient plus pentue et se faufile au milieu d’une forêt de pins à crochets. Elle se stabilise à nouveau. On enjambe un premier petit ru mais attention ce n’est pas encore l’Aude et simplement un de ses affluents originels. L'Aude, le célèbre fleuve audois qui a donné son nom à tout un département est là, quelques mètres plus loin.  Ici, il s’agit d’un minuscule ruisselet aux eaux cristallines, d’un mètre de large tout au plus, dont le débit est si pépère qu’il a du mal à se faufiler au milieu des quelques ridicules roches qui entravent à peine son parcours. De ce fait, il zigzague, semble hésiter sur le chemin à prendre au milieu des herbes rases et des pins et bien évidemment, on est très loin de l’image du grand fleuve capable d’arroser tout une région, d’alimenter plusieurs lacs de barrage et de creuser de profondes gorges du Pays de Sault jusqu’à celui du Razès. En arrivant à hauteur d’une baraque entourée d’un enclos, on délaisse la  piste qui continue vers la gauche et  on emprunte à droite un large chemin qui file vers la Jasse de Bernardi et son imposant refuge. Sur la droite, le Puig del Pam laisse entrevoir son mamelon tourmenté et sur la gauche, les sommets du Haut-Conflent et de Cerdagne se révèlent derrière la frange d’une brume bleutée. A hauteur de cet abri et grâce à un panonceau (1.940m), on notera que nous nous sommes élevés pour l’instant de 140 mètres seulement sur les 576 mètres de dénivelé qui sont à accomplir jusqu’au sommet du Mont Llaret. D’ailleurs, le large chemin plat se termine, se rétrécie peu à peu et devient mauvais sentier en s’élevant dans la forêt. Ce sentier continue de monter plus vaillamment sur un terrain parfois plus difficile car caillouteux et parfois tourbeux car bourré de fondrières et de racines apparentes.  Après une vaste clairière entourée de falaises ocres et boisées, le parcours devient bien meilleur car herbeux mais il se faufile désormais dans un étrange ossuaire d’arbres desséchés. Si certains gisent sur le sol tels d’immenses carcasses, la plupart sont encore debout et c’est un piètre spectacle que tous ces sapins morts, squelettiques et dépouillés et ce coin ressemble d’autant plus à un cimetière que quelques blocs de granit paraissent faire office de pierres tombales. On évite de se fier à un panonceau qui indique : Sentier nordique –Lac d’Aude – reste 7,7 km. Non, le Lac d’Aude est à moins de 3 km ! On quitte ce coin lugubre au profit d’une petite zone humide faite de quelques tourbières alimentées par de menus filets d’eau qui s’échappent de l’Aude toute proche. Au milieu des pins à crochets, des genévriers rabougris et des rhododendrons fleuris, les pelouses herbeuses et grasses remplacent très rapidement les tourbières. Sur notre droite,  l’oblongue montagne qui apparaît n’est ni plus ni moins que notre principal objectif du jour, le Mont Llaret (2.376m) et son tout proche acolyte le Roc d’Aude (2.325m). Après une dernière « bonne » élévation, le chemin s’aplanit et quelques minutes plus tard, le miroir gris bleu du lac d’Aude apparaît immobile et brillant en contrebas de la forêt. On y descend mécaniquement vers son rivage d’abord pour quelques belles photos mais surtout parce qu’on sait d’avance qu’il n’y aura pas d’endroit plus agréable pour pique-niquer. Ici, au fond de ce petit cirque à la fois lacustre, végétal et minéral tout respire la douceur et la quiétude.  Dans un silence quasi religieux, seuls sont perceptibles le tintement lointain de quelques clochettes bovines et le gazouillis de rares passereaux occupant le faîte des conifères les plus hauts. Même les rares  randonneurs qui font le tour du lac, semblent le faire à pas de velours. Ce calme et ce silence sont si apaisants et l’air que l’on respire au bord du lac si vivifiant qu’on ne quitte qu’à regrets cette source de l’Aude. Ici, on délaisse le Tour du Capcir filant vers les Bouillouses au profit d’un étroit sentier balisé partant vers le nord-ouest.  Le balisage devient jaune. Ce sentier longe un petit ruisseau, à sec en juillet, le traverse puis grimpe au milieu des pelouses largement parsemées de nombreuses roches granitiques. Ces pelouses rases laissent parfois la place à des prairies de graminées un peu plus hautes et de ce fait, elles sont le paradis de nombreux bovins qui trouvent dans cette herbe délicate à la fois le fourrage à ruminer et la litière pour s’y vautrer.  Finalement à 2.220 m d’altitude, on atteint un collet où le regard embrasse des panoramas époustouflants sur une immense partie du Capcir : Massif du Carlit, lac des Bouillouses, la Vallée de la Grave et de la Têt, j’en passe et des meilleurs….Tout en dominant le lac des Bouillouses et à nos pieds la belle forêt de Malpas, le parcours en balcon descend plein nord, se redresse un peu en atteignant de vastes herbages au dessus desquels apparaissent les bulbes arrondies des deux Péric, les prémices de la Serra dels Alarbs et du Puig del Pam. Ici, un panonceau mentionne un sentier dit des Angles numéroté 7. Clairement et comme mentionné, ce P.R arrivant de la Balmette devrait nous amener très facilement vers le Mont Llaret et les Angles mais en réalité, nous allons hésiter entre deux chemins balisés de marques de peinture jaune. Nous optons pour le plus évident c'est-à-dire pour le plus large dont les profondes ornières indiquent qu’il est amplement emprunté par des véhicules de type « tous terrains. C’est  la bonne option et outre qu’il va bien au Mont Llaret, une fois encore les vues aériennes y sont sublimes. Plus on monte et plus les vues lointaines se font jour. Pour moi, cette portion du chemin présente d’autres atouts : une flore variée et très colorée et des oiseaux que j’ai peu l’occasion de photographier car toute cette nature végétale et ornithologique ne se rencontre quasiment qu’à cette altitude-là. Une fois encore, le chemin s’aplanit un peu. Le Mont Llaret et sa haute croix de bois reconnaissable sont là dans la ligne de mire. On quitte la piste pour y filer tout droit mais le sommet nous ne pourront guère l’approcher car un groupe de jeunes vacanciers l’ont carrément envahi. Ils sont bien sympathiques ces jeunes et l’on plaisante assez facilement avec eux mais quand on veut s’approcher de la croix pour une photo-souvenir, aucun d’entre eux ne bougent et ils semblent se l’être définitivement appropriée.  Nous n’insistons pas et de ce fait, nous ne garderons de ce sommet qu’une seule photo au pied de son pinacle. Pas vraiment déçus car l’essentiel est accompli, nous profitons de cet arrêt pour terminer notre casse-croûte et dès qu’il est fini, nous filons vers le Roc d’Aude. Là, dans cette douce descente, nous retrouvons une bonne et large piste terreuse qui descend vers les arrivées des télésièges et des téléskis. Plutôt que d’emprunter les pistes qui descendent en zigzaguant, nous coupons court grâce à un raccourci qui  nous emmène directement à la station de pompage de Bigorra et à la télécabine des Pèlerins. Là, aux Pèlerins, nous prenons à droite le large chemin qui descend parallèle à la piste de ski dite des Rhodos et un peu plus bas dite de le Soucarade. Devant nous, un beau renard qui avait choisi la même option que nous, s’enfuit, non sans avoir au préalable longuement hésité entre le bois et le ravin. De toute évidence, on le dérange car soit la chasse est déjà ouverte soit l’heure du casse-croûte est déjà arrivée. La piste nous entraîne directement vers le Pla del Mir où cette jolie balade se termine. Le circuit décrit ici est long de 17 km environ pour des montées cumulées de 920 mètres. Panoplie du parfait randonneur avec notamment de bonnes chaussures de marche à tiges hautes sont vivement conseillées sur ce terrain très disparate mais assez rocheux et caillouteux par endroits. Carte I.G.N 2249 ET Top 25.

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Le Tour du lac de Puyvalador depuis Réal

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de musiques interprétées par le duo "Secret Garden". Elles ont pour titre : "Ode To Simplicity", "Heartstrings", "Windancer" et "Passacaglia".

Si vous aimez les petites randonnées pédestres pas trop difficiles et que vous n’avez jamais fait le tour du lac de Puyvalador à pied, je vous conseille vivement cette courte et agréable balade dont le départ s’effectue depuis le joli village de Réal. Contrairement à nous, choisissez de préférence un jour ensoleillé où le lac est plutôt plein car c’est bien plus joli et filez vers cette magnifique région qu’est le Capcir. Dès le départ, une grenouille rousse nous raconte l’histoire de cette prairie humide sur quelques panonceaux très ludiques qui ont été judicieusement placés sur le sentier qui file parallèle à l’Aude, qui n’est ici qu’un étroit cours d’eau. Ces panneaux, très intelligemment présentés en « braille » pour les malvoyants, mais également en catalan et en français, permettent d’en savoir un peu plus sur la faune et la flore que l’on est à même de découvrir ici au bord du lac. Guère plus loin, un observatoire est là pour nous faire découvrir les éventuels oiseaux limicoles et échassiers qui sont amenés à passer et à séjourner dans ce biotope remarquable. Plus loin, le saisissant barrage est là pour nous donner une autre idée de cette retenue d’eau où s’ébrouent les colverts, où planent les hirondelles, où plongent les cincles, le tout sous le regard placide de nombreux bovins mais sous celui plus inquisiteur de nombreux rapaces. A l’entrée du barrage, c’est un autre regard qui accueille les visiteurs, celui figé pour l’éternité de Joachim Estrade, dont l’effigie trône au milieu d’une monumentale stèle élevée ici en souvenir de cet immense ingénieur des Ponts et Chaussées. Il faut avouer que son nom n’est pas resté dans les annales de l’Histoire et ses prouesses hydroélectriques sont bien trop souvent méconnues, Et pourtant, c’est grâce à ce grand précurseur dans le domaine de l’électricité et de l’hydroélectricité que l’on doit, entre autres nombreuses créations, l’arrivée du premier éclairage public dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales. On quitte le visage impassiblement métallique et verdâtre du grand entrepreneur pour franchir le barrage sous les voltiges incessantes des innombrables hirondelles qui ont élues domicile dans les murs de l’édifice. Le sentier, désormais commun avec le G.R.P du Tour du Capcir, grimpe vers le tranquille village de Puyvalador que l’on traverse en quelques minutes seulement. On laisse l’église du village sur la droite et l’on poursuit l’itinéraire sur l’asphalte en empruntant la petite route départementale D32g qui file vers le hameau de Rieutort. Au bout de 600 mètres environ, un panonceau indique de partir en gauche et dans les prés en direction de deux nouvelles découvertes que sont les ponts dits « romains » de la Polideta et de celui de les Molines. En réalité, si ces deux ponts n’ont de romains que le nom et ils n’en demeurent pas moins qu’ils enjambent depuis des lustres deux torrents de montagne que sont respectivement le Rec de Cirerol et le Galbe. Bien plus réputé que le premier, le Galbe est surtout connu pour sa merveilleuse vallée qu’empruntent les randonneurs du Tour du Capcir, vallée au bout de laquelle se trouve les « fameuses pierres écrites », insolites prétextes à une excursion pédestre printanière ou estivale. Peu après le pont de les Molines, on quitte le G.R.P du Tour du Capcir en direction d’un autre pont, celui où passe la D.118 qui relie Puyvalador à Formiguères. On traverse la route pour reprendre la direction du lac en longeant le delta du Galbe qui s’élargit amplement en atteignant le réservoir. Il faut dire que le lac a été presque asséché ces jours derniers et ce vide laisse apparaître de grandes plages de sables, de graviers et de galets emportés là par le fougueux torrent. Ici, on regrettera que le sentier s’écarte puis s’éloigne du bord du lac mais en contrepartie, on va successivement traverser un petit bois de résineux puis de feuillus où virevoltent de nombreux passereaux, des prés où paissent des vaches bigarrées, des petites zones marécageuses que l’on traverse à l’aide de pontons opportunément placés. Pour refermer cette jolie boucle donnée pour 2 heures, nous en avons mis exactement le double, arrêts inclus. Et quand Réal est en vue, on regrette déjà que la balade tire à sa fin. On ne quittera pas le village sans visiter ses maisons, ses ruelles et surtout sa belle église romane dont la première mention écrite date de 893. Elle est dédiée à Saint Romain d’Antioche. Un petit saut en voiture est nous voilà déjà à Odeillo de Réal, hameau dont l’histoire est d’une incroyable richesse tout comme les Angles où nous terminerons notre voyage en Capcir par une visite de sa partie la plus ancienne et la plus pittoresque.   Carte IGN 2249 ET Font-Romeu - Capcir Top 25.

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Les Lacs des Camporells (2.240 m) depuis Formiguères (Station de ski-1.740 m)

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de 5 chansons extraites de la comédie musicale "Notre-Dame de Paris" (Luc PlamondonRichard Cocciante). Elles ont pour titre et interprètes : "Belle" (Daniel LavoiePatrick Fiori et Garou), "Le Temps des Cathédrales" (Bruno Pelletier), "Ces Diamants-là" (Patrick Fiori et Julie Zenatti), "Beau comme le Soleil" (Hélène Segara et Julie Zenatti) et "Ave Maria Païen" (Noa).
LES-LACS-DES-CAMPORELLS

En ce jour de juillet, c’est vraiment un concours de circonstances qui nous a conduit à aller faire une randonnée jusqu’au site classé des Camporells par la Serre de Mauri. Brièvement, ce hasard, puisqu’il faut bien l’appeler ainsi, c’est d’avoir les jours précédents un peu trop bossé à notre maison d’Urbanya et surtout d’avoir lu la veille de cette randonnée, un petit complément à la revue Pyrénées Magazine de juillet/août 2012 intitulé les « Carnets » dans lequel y étaient mentionnés quelques randos vers les plus beaux lacs pyrénéens dont bien sûr ceux des Camporells. Comme la journée du lendemain s’annonçait sous les meilleurs auspices, les dés étaient jetés et nous préparâmes nos sacs à dos avec la diligence et l'enthousiasme d’être déjà sur les sentiers du Capcir. Or, il faut se rendre à l’évidence, la clémence de la météo et l’azur du ciel ne changent rien à l’affaire et l’écart entre ce que l’on peut appeler chance ou hasard et malchance et fatalité est extrêmement mince. En ce jour d’été qui s’annonçait si merveilleux et qui l’était sur le plan météorologique, nous en avons fait le triste et sinistre constat car alors que nous arrivions dans ce site si majestueux que sont les Camporells, au même instant, de l’autre côté des magnifiques lacs bleutés, un drame se tramait. Une malheureuse randonneuse allait perdre la vie en chutant sur les pentes du Petit Péric. Ce matin-là, sans doute était-elle partie elle aussi en se disant quel jour extraordinaire pour aller randonner ! Sans doute était-elle partie marcher en se disant quel bonheur d’aller à la rencontre de la beauté, de cette nature si admirable et tellement grandiose ! En tous cas, j’espère qu’elle a quitté ce monde avec ces images-là, ces images d’un Capcir tellement fascinant et merveilleux que seules les randonnées en montagne sont à même de nous procurer de temps à autre. Pour Dany et moi, c’est le « ras-le-bol » autour des travaux de restauration de notre maison d’Urbanya qui nous incita à faire un « break » et à partir marcher. C’est donc sans carte, sans GPS (c’est si rare !) et presque au « pif », avec seulement le petit « Carnets » de Pyrénées Magazine que nous sommes partis vers la station de ski de Formiguères. Nous comptions bien sûr sur la qualité du balisage pour parvenir à nos fins et à part un bref égarement qui n’en fut pas vraiment un, l’itinéraire vers les Camporells (Camporeys ou les champs des rois de Majorque) fut d’une grande simplicité. Ce parcours est parfaitement indiqué avec de nombreux panonceaux et traces de peinture jaune propres aux P.R. On laisse la voiture au parking le plus haut de la station de ski de Formiguères et d’emblée quelques rudimentaires panneaux de bois annoncent la couleur : « Refuge des Camporells 2.240 m » puis suivent en dessous, les différents services offerts et les périodes d’ouvertures. Ces panneaux sont bien évidemment un encouragement à progresser sur la large piste terreuse qui s’avance vers la montagne et les sapinières en dominant les vastes bâtiments de la station. Cinq cent mètres plus loin, les premiers vrais panonceaux indicatifs de randonnées sont là non loin d’un joli oratoire. On quitte la piste en se dirigeant vers ce dernier et en suivant bien sûr l’itinéraire suggéré dans les « Carnets » : « Les Camporells par la Serra de Mauri ». Au passage, on remarque néanmoins un autre panonceau indiquant « Les Camporells par la Basseta » et cette attention s’avérera utile au moment de prendre la décision de revenir à la station en effectuant une boucle. Le balisage jaune est bien présent, il grimpe dans les prés en suivant le télésiège de la Calmasella. De petits poteaux jaunes nous font traverser les prés et nous entrainent vers un bois de pins à crochets où l’on reprend l’ascension. On finit par atteindre une très large piste carrossable pour constater que de nombreux randonneurs l’empruntent jusqu’ici et bien plus loin encore avec leur véhicule. Là, dans l’ascension de cette piste, les panonceaux sont nombreux mais les traces jaunes finissent par nous amener dans un sous-bois de pins et vers des pentes plantées de genêts en surplomb de la Vallée de la Lladura. De beaux panoramas s’entrouvrent vers de très hauts sommets lointains et d’autres bien plus voisins dont le Puig del Pam reste néanmoins le plus proche et le plus remarquable, en tous cas vu d’ici. Ce beau Puig del Pam que j’avais pris plaisir à gravir l’an dernier et que j’ai déjà relaté dans ce blog. On perd les traces jaunes quelques temps pour finalement retrouver la piste terreuse au terme de l’arrivée d’un télésiège. Je suppose que ce sentier que nous avons pris par erreur est un raccourci qui évite les sinuosités de la piste et qu’il est connu de quelques randonneurs seulement. Sans doute fallait-il suivre la piste carrossable et surtout être plus attentif au balisage jaune ? Ce balisage jaune, on le retrouve après la terminaison d’un télésiège et on ne va plus le quitter jusqu’aux Camporells. La piste, elle, reste le fil d’Ariane de l’itinéraire qui suit la longue Serra de Mauri même si de temps à autres, quelques brefs raccourcis permettent d’en éviter ses contorsions. Tout au long de cette portion du chemin, je me suis régalé à découvrir ces fleurs très particulières propres aux pelouses et aux rocailles d’altitude car ici ce sont bien les deux types de flores que l’on y rencontre. En atteignant le point culminant de cette balade à plus de 2.400 mètres d’altitude, on quitte définitivement la piste à l’approche de la petite mais très rocailleuse Serra de Dellà. Ici, le regard embrasse de tous côtés des panoramas à couper le souffle et de toute la balade, c’est sans contexte, le point de vue le plus captivant. Derrière, c'est-à-dire vers l’est, sur un lavis de montagnes bleutées, on a un meilleur aperçu de la longue Serra de Mauri que l’on vient de chevaucher. Au nord, c’est le début de la Vallée du Galbe et de ses quelques hauts puigs qui la dominent sous la forme d’une longue crête olivâtre. Au sud, l’imposant Puig del Pam apparait tel un saisissant mastodonte minéral et végétal. Droit devant c'est-à-dire vers l’ouest, on a une ample vision d’un enchaînement de hauts sommets triangulaires servant de frontière avec l’Ariège. Cette chaîne, paradis des isards, où subsistent quelques rares et blancs névés s’avance et se termine brutalement par les deux pyramides essentiellement minérales des deux Péric. Au pied de leur longue inclinaison, on arrive à distinguer l’immense lac des Bouillouses. Mais la vision la plus belle c’est celle aérienne sur le cirque de la Coquilla avec ses innombrables et verdoyants ourlets boisés et surtout celle sur le vallon des Camporells et ses merveilleux écrins bleutés que sont les Estanys Gros, del Mig et de la Basseta. La descente vers le refuge s’effectue sur un étroit sentier caillouteux et abrupt qui nécessite une attention de tous les instants. Nous, nous l’avons accompli en compagnie de l’amie du gardien du refuge qui était enceinte et qui, en plus, trimbalait son gamin de deux ans sur son dos. Autant vous dire que j’ai longtemps tremblé à la voir descendre sur ce sentier avec une célérité incroyable mais avec, il est vrai, un sens inné de l’équilibre et une dextérité déconcertante. Elle arriva bien avant nous au refuge. C’est d’ailleurs elle qui nous voyant arrivés à notre tour est venue nous prévenir qu’un accident venait de se produire sur les pentes du Petit Péric, son compagnon étant parti précipitamment sur les lieux de ce drame. A ce moment-là, attablés à la terrasse du refuge, nous ignorions tout du dénouement mais nous étions inquiets et avons prié pour cette dame qui venait de tomber. Comme nous ignorions les conséquences de cette chute, nous avons un peu mangé puis j’ai proposé à Dany d’aller faire le tour des lacs. Visiblement cette nouvelle l’avait ébranlée et elle n’était pas dans son assiette, alors je suis parti tout seul car perturbé moi aussi je préférais aller me changer les idées que rester au refuge dans l’attente insoutenable d’une éventuelle mauvaise nouvelle. Au moment où je démarrais, l’hélicoptère de la Sécurité Civile traversa le ciel et vint déposer des secouristes à proximité du refuge puis il disparut de ma vue en partant sur le lieu de l’accident. Il revint près du refuge alors que j’étais déjà de l’autre côté de l’Estany del Mig. Le ballet se poursuivit quelques temps puis l’hélicoptère aux couleurs sang et or disparut définitivement. Après la découverte de l’Estany del Mig et de sa splendide flore, j’ai remonté le torrent jusqu’aux berges de l’Estany Gros. Alors que j’en étais à prendre photos sur photos à la fois du relief du site, de sa beauté et de celle de ses fleurs, je me suis rendu compte qu’il y avait bientôt une heure que j’avais quitté le refuge et laissé Dany sur la terrasse. Il était donc temps de rebrousser chemin. A mon retour et à voir les mines déconfites de tous les randonneurs présents sur la terrasse du refuge, je compris aussitôt que le pire était survenu. Dany me confirma la nouvelle et je lui dis aussitôt que je n’avais pas trop envie de m’éterniser car ici tout le monde ne parlait plus que de ça, chacun y allant de son commentaire. En regardant vers le Péric, là même où cette malheureuse avait chuté et alors que le ciel avait été incroyablement bleu et purgé de tout nuage toute la journée, qu’elle ne fut pas ma surprise de voir qu’un petit cumulus blanc couronnait le sommet. Je ne sais pas pourquoi, je me mis soudain à penser qu’il pouvait s’agir de l’âme de la défunte qui était montée au ciel. Autant vous l’avouer, n’étant pas croyant, je ne crois pas à ce genre de choses, ni à la résurrection, ni à la réincarnation, ni aux apparitions, ni aux fantômes, ni aux anges ni à aucune de ces fadaises mais là, je l’avoue, ce petit nuage qui venait si brusquement d’apparaitre m’avait quelque peu troublé. Le temps excessivement sec n’étant pas propice à la formation d’un quelconque nuage, que faisait-il là tout seul ce petit nuage d’un blanc d’une incroyable pureté dans un ciel bleu aussi pur lui aussi ? Nous discutâmes quelques instants sur l’itinéraire à prendre pour le retour et plutôt qu’un aller-retour que nous trouvions un peu trop banal, nous choisîmes rapidement l’option du Lac de la Basseta, non pas celui des Camporells tout proche mais celui du vallon de la Lladura. Notre esprit de découverte et d’aventure prenait encore une fois le dessus car à vrai dire nous ne savions pas trop où nous allions. J’avais seulement visionné une carte à l’intérieur du refuge et je savais que la déclivité était conséquente et le parcours plus long que celui pris ce matin. Les deux durées étaient d’ailleurs sans aucune équivoque car écrites sur un panonceau au bord du lac. Alors même que nous quittions le site, un hélicoptère de la Gendarmerie survola le site et selon les dires d’autres randonneurs, il venait, paraît-il, chercher le corps sans vie de la pauvre malheureuse. Regardant voler cet appareil, je m’aperçus que le petit nuage blanc était entrain de se volatiliser comme si l’âme de cette dame partait en même temps que l’hélicoptère. Décidemment pourquoi avais-je ces pieuses pensées ? Une fois encore, je fus vraiment bouleversé par ce phénomène météorologique sortit d’où je ne sais où et aussi instantané que surprenant. Le retour vers la station de ski de Formiguères fut très difficile tant nos pensées allaient vers cette pauvre randonneuse. Il fut d’autant plus difficile que la descente vers le lac de la Basseta est relativement raide et caillouteuse pour ne pas dire accidentée et périlleuse et que nous redoutions nous-mêmes d’avoir un accident. Non loin du sentier, j’ai entendu chanter le déversoir des lacs c’est à dire la cascade des Porcs mais sans jamais la voir et sans pouvoir l’approcher malheureusement. Alors que dans le ciel d’azur, le lugubre hélicoptère de la Gendarmerie rompait sans cesse le silence en tournoyant encore, je me suis dit que le chant mélodieux de la cascade qui parvenait jusqu’à nous était le seul bruit agréable que j’avais entendu depuis ce matin. Par bonheur, nous fîmes cette longue et abrupte descente avec un sympathique couple de randonneurs qui nous tinrent compagnie pratiquement jusqu’à la station de ski. A tour de rôle, nous nous dépassions et nous finîmes par terminer ensemble cette belle mais triste balade. Comme nous, ils s’arrêtèrent à la fraicheur du petit lac de la Basseta et nous en profitâmes pour faire plus ample connaissance. Nous mîmes à profit cette halte rafraichissante pour finir un casse-croute que nous avions eu du mal à avaler en apprenant la terrible nouvelle. Le retour à la station de ski par la longue piste de la Lladura, le Creu de la Jaceta, le Pla del Bouc et le Bac de les Planes fut éprouvant autant à cause de la distance à accomplir, de la chaleur qui régnait en cette après-midi ensoleillée qu’en raison de nos jambes lourdes et tétanisées par l’horrible fatalité qui était survenue. Dans son « Voyage aux Pyrénées », Hippolyte Taine écrivait « la gaîté est comme un ressort qui rend l’âme élastique » et il ne croyait pas si bien dire car étant tristes, nous étions sans ressort et raide comme des passe-lacets. J’ai très longtemps pensé à cette dame mais également à ses compagnons de randonnée qui l’avaient accompagnée sur son dernier chemin. J’avais inscrit l’ascension des Péric à mon programme de 2012 mais je vais sans doute les remettre à un peu plus tard ou peut-être à jamais. Enfin je ne sais pas et encore une fois, je laisserais peut-être le hasard en décider. Il fait si bien ou si mal les choses ! Carte IGN 2249 ET Font-Romeu Top 25.

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Le Puig del Pam (2.470 m) depuis les Angles

Publié le par gibirando


 
Ce diaporama est agrémenté de 5 jolies chansons interprétées par Hayley Westenra. Elles ont pour titre : "All I Ask Of You", "Pie Jesu", "Wishing You Were Somehow Here Again","I Dreamed A Dream" et "Bright Eyes" extraites de son tout premier album de 2001 sobrement intitulé "Hayley Westenra".
 puigdelpam

A l’automne dernier, je vous avais présenté une jolie balade de quelques heures à la Balmette, petit étang bleuté, étincelant de beauté car blotti dans un bel écrin de verdure entouré d’impressionnantes arêtes rocheuses. Située à quelques kilomètres de la charmante station des Angles, cette courte randonnée avait pour but essentiel d’organiser un agréable pique-nique dans un cadre rafraichissant, paisible et bucolique à souhait. C’est encore à partir des Angles et toujours en direction de la Balmette que je vous propose une nouvelle randonnée, cette fois, beaucoup plus longue et un peu plus difficile avec cette ascension du superbe et débonnaire Puig del Pam (2.470 m). Superbe, car de son sommet complètement dénudé qui est un véritable mirador à 360°, les panoramas de tous côtés sont tout simplement époustouflants. Le démarrage et le début sont donc strictement identiques à la balade de la Balmette c'est-à-dire qu’on monte vers les hauts des Angles en direction des chalets de la Serra, puis on emprunte la rue des Sorbiers ou bien celle de la Piste Verte pour se diriger vers les locaux techniques de la station de ski près desquels on laisse son véhicule sur le parking à proximité de la large piste forestière qui file vers la Font Grosse. On prend ensuite le sentier qui monte à La Balmette. D’ailleurs, depuis notre dernière venue, un panonceau indiquant clairement la direction d’un P.R ou sentier de pays a été dressé au départ : « Sentier les Angles N°7 La Balmette ». On va bien évidemment suivre le balisage jaune qui, à partir de cette piste, laisse entrevoir de belles vues plongeantes sur le Bac de Balcère (ou Vallserra) et son joli petit lac qu’on aura l’occasion de côtoyer lors du retour de cette longue balade. A la Font Grosse, on quitte la piste mais on continue à suivre le balisage jaune qui longe le Rec de Vallserra puis nous amène à travers le défilé des Balmetes vers l’étang puis plus haut vers la cabane éponyme où il rejoint l’itinéraire du Tour du Capcir. A cette intersection où l’on va tourner à droite en direction du Refuge des Camporeils, on remarque le balisage jaune et rouge propre aux G.R. de Pays. Ici dans ce paradis pour équidés et bovins, le sentier s’élève rapidement et laisse entrevoir de magnifiques vues vers le splendide lac outremer des Bouillouses, vers la Massif du Carlit, vers les Camporeils et les deux superbes Péric, gigantesques pyramides roussâtres que de nombreux randonneurs courageux partent escalader en cette journée d’août caniculaire. On suit quelques piquets peints en jaune et rouge et au troisième ou quatrième petit poteau, on fait le choix de délaisser le Tour du Capcir, pour partir à droite vers le sommet de notre objectif du jour. Ici, avec sa pente régulière toute en douceur et ses pelouses rases, on comprend mieux pourquoi le Puig del Palm est presque aussi prisé en hiver par les raquetteurs qu’aux autres saisons par les randonneurs pédestres. Pour ceux qui s’intéressent à la toponymie, étude du nom des lieux, le sentier prend des airs d’Orient puisqu’on monte par la Serra dels Alarbs soit la Crête des Arabes, avec néanmoins paraît-il une connotation particulière et péjorative signifiant « pillards » (Lieux et légendes du Roussillon et des Pyrénées Catalanes - J.Abelanet-). Alors, marche-t-on ici dans les traces d’anciens envahisseurs que Roland a combattus à Roncevaux et que Charles Martel a arrêtés plus au nord à Poitiers ? On peut le penser, car on constate sur la carte qu’il y a aussi lors du retour près de l’étang de Vallserra, un Roc dels Moros dont la traduction en « Rocher des Maures » ne laisse planer aucune équivoque. Quand au mot « pam », qui signifie en catalan empan (mesure de la main ouverte), il vient de l’occitan « palm » qui signifie « main » mais aussi « palme » « palmier ». Alors personnellement, je ne suis pas en mesure de vous dire si le Puig del Pam signifie le Pic du Palmier et si lui aussi est un lointain souvenir des conquêtes arabes. De loin, cette montagne paraît arrondie et dénudée, alors quand on y grimpe si son côté débonnaire est une vraie réalité, le sol de ses versants, lui, est loin d’être essentiellement aride et caillouteux. En effet, outre quelques pins chétifs de-ci delà, quand on  y regarde de plus près, ses pelouses sont jonchées d’une flore minuscule et fluette mais riche et extraordinaire : asters, joubarbes, campanules, trèfles, jasiones, raiponces, gentianes, euphraises, anthyllides, céraistes, vesses de loup, etc.…. Mais au fur et à mesure que l’on monte, la végétation se fait plus rare et les cailloux plus nombreux. D’ailleurs, les quelques bergers qui fréquentent les flancs de cette montagne n’ont pas eu de mal à trouver les matériaux pour construire leurs abris de fortune ou leurs cabanes de pierres sèches. Quand à la cime ou plutôt les cimes, elles sont au nombre de trois, sont sensiblement aussi hautes les unes que les autres et sont de vastes tumulus naturels surmontés de gros cairns empierrés.  Alors, si on ne possède pas un GPS suffisamment précis,  il est difficile de savoir quel est le vrai sommet du Puig del Pam pour prendre l'inévitable cliché souvenir au faite de son pinacle. Ici les vues à 360° sont à couper le souffle : Canigou, Pelade, Madres, Mortiers, Pérics, Carlit, Cambre d’Aze, pour ne citer que les sommets les plus renommés ou les plus identifiables mais en réalité, c’est une immense partie de la chaîne des Pyrénées-Orientales qui est visible. Puis tout autour, il y a aussi les superbes et verdoyantes forêts communales et domaniales, les magnifiques et vastes taches bleutées des lacs des Bouillouses, de Matemale ou de Puyvalador, celles beaucoup plus petites des étangs des Camporeils et à nos pieds, le Mont Llaret et le Roc d’Aude dont les jolies crêtes peuvent faire l’objet d’une autre randonnée quasiment symétrique et similaire à celle d’aujourd’hui. La descente du Puig del Pam est à la fois simple si le temps est clair mais plus délicate en cas de brouillard, car il faut descendre tout schuss dans la pelouse et parfois les hautes herbes en suivant de petits cairns à gauche du pierrier de la Costa del Pam puis du Roc des Isards.  Cet itinéraire nous amène sans problème à une cabane de bergers près de la source des Tres Fonts. Là devant la cabane, démarre un large et mauvais chemin défoncé et caillouteux que seuls les 4x4 et les randonneurs pédestres sont susceptibles d’emprunter. On passe à côté de la minuscule Cabane dels Pastos, espèce de refuge qui semble avoir été spécialement construit pour accueillir un couple de schtroumfs ou de lilliputiens puis plus bas, au milieu des sapins ravagés par les tempêtes successives, on tombe sur un drôle de pylône surmonté semble-t-il d’un brûleur et ressemblant à une torchère, vestige sans doute d’une industrie montagnarde aujourd’hui disparue. Le large chemin parfois très exécrable parfois herbeux et agréable descend vers les Ganyades. Quelquefois, il ne faut pas hésiter à quitter le chemin pour avoir quelques belles vues aériennes sur le Bac de Vallserra et son joli lac verdâtre que l’on doit rejoindre pour terminer cette boucle. On finit par tomber sur un panonceau « Sentier Les Angles N°3 Les Ganyades Retour Lac de Balcère » et là, on quitte le large chemin pour un raccourci plus étroit. Ce sentier atterrit très rapidement sur une large route forestière terreuse et blanche qui par la droite nous emmène directement en bordure du lac. Après une marche très silencieuse de plusieurs heures, ici on se sent comme véritablement assailli par la foule d’estivants et son brouhaha ambiant. Il faut dire que le site de Balcère, accessible en voiture, est, avec son restaurant, sa buvette, ses autorisations de pêche à la journée, ses aires de pique-nique, un lieu idéal pour les touristes et les visiteurs en tous genres. Randonneurs, pêcheurs, vacanciers, promeneurs, vététistes ou simples pique-niqueurs, tout ce petit monde se retrouve sur les rives ombragées et rafraîchissantes de ce beau lac de montagne. Alors après une rapide découverte et une boisson bien fraîche, moi, je ne me suis pas éternisé et pour rejoindre la voiture, j’ai choisi « le sentier les Angles N°5 Rocatells ». Alors, autant vous le dire, après les vingt kilomètres déjà accomplis, avec son sentier glissant en bordure du torrent, ses tourbières et ses passages difficiles et sinueux, cet itinéraire est loin d’être le chemin le plus recommandable pour terminer cette très belle randonnée. Ce sentier de pays des Rocatells se suffit sans doute à lui-même, alors en la circonstance, je ne vous le recommande pas et à partir du lac de Balcère, je vous conseille d’emprunter de préférence la piste forestière qui rejoint La Serra ou mieux le bon sentier qui débouche directement près des locaux techniques de la piste verte où l’on retrouve sa voiture. Cette randonnée s’adresse aux bons marcheurs accoutumés aux longues distances (20 km) car même si les flancs du Puig del Pam ne sont pas très pentus, la boucle est longue et le dénivelé cumulé (1.300 m) non négligeable. Carte IGN 2249 ET Font-Romeu – Capcir Top 25.

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L'Etang de la Balmette (2.047 m) depuis les Angles (1.840 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de la musique "Adagio Un Poco Mosso" (Concerto Pour Piano N° 5 En E Majeur, Op. 73 “L’ Empereur” de Ludwig Van Beethoven) interprétée ici par le Buffalo Philarmonic Orchestra dirigé par Josef Krips avec Glenn Gould au piano.


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Parfois les randonnées se suivent et se ressemblent ! Après une très jolie balade automnale dans le Haut-Conflent à la découverte de l’Estany del Clot ou Etang des Clots, en voilà une autre, bien plus hivernale et même un peu tardive dans la saison vers un autre étang, celui de la Balmette, à quelques kilomètres à l’ouest des Angles. Quand, je dis que les deux randonnées se ressemblent, c’est à cause du mot « étang », car pour le reste, il n’y a rien de vraiment identique ni les univers dans lesquels on évolue, ni les panoramas que l’on admire et pas même les étangs eux-mêmes. Quand au fait que j’estime que cette randonnée est un peu trop tardive, c’est parce qu’il avait déjà neigé dans ce secteur des Angles, pas suffisamment pour faire des raquettes mais assez pour que le sentier soit déjà périlleux. Dans les parties ombragées, qui sont très nombreuses sur ce tracé, cette neige n’avait pas encore fondue rendant ainsi presque impraticable le sentier déjà caillouteux et en sus verglacé cette fois dans sa partie la plus élevée. De ce fait, on fut contraint de s’arrêter à l’étang et de raccourcir cet aller-retour que l’on avait initialement prévu un peu plus long et au moins jusqu’à la Serra dels Arabs. Pour le seul étang de la Balmette, je ne saurais donc trop conseiller d’effectuer cette jolie balade toute simple dés lors que la neige a vraiment fondu, c'est-à-dire sur une période qui va de mai à septembre. Très facile, elle pourra ainsi constituer une jolie sortie ludique où les enfants pourront aisément être de la partie. Pour rejoindre, le point de départ, il faut aux Angles rejoindre ce que l’on appelle la Serra, c'est-à-dire cette ligne de crête qui domine le Bac de Balcère sur son versant nord et où s’aligne les chalets au dessus du village sur son versant sud. Pour cela, il faut devant l’Office de Tourisme prendre la direction de l’Etang de Balcère. Tout en haut, on ignore le panneau indiquant l’étang et on tourne à gauche pour emprunter la rue des Sorbiers puis celle de la Piste Verte qui mène jusqu’à un parking où on laisse son véhicule près de plusieurs locaux techniques de la station de ski. Aucun panonceau ne signale l’étang de la Balmette mais un panneau indique le Refuge des Camporeils et ses lacs bien sûr et un autre celui d’un itinéraire raquettes de « Font Grosse ». Vous y êtes et il suffit de suivre cette large piste forestière plane et balisée en jaune qui file au milieu des pins et des sapins. Sur votre gauche, les flancs du Roc d’Aude et du Mont Llaret, droit devant le Roc de Peborni et sur votre droite le Puig del Pam se dévoilent dans une composition naturelle et sauvage à la fois très boisée mais par moment rocailleuse ou rase sur ses crêtes les plus hautes. Autant de lieux que l'on peut atteindre lors de jolies balades. Au bout de quelques minutes, depuis la piste, on domine sur la droite le lac de Balcère, petit étang rond et glauque enfoui dans la végétation. Après moins de 3 km, au lieu-dit Font Grosse, la piste se termine devant un puissant jet d’eau qui sort d’une grosse canalisation. On passe devant le local de cette source captée et on poursuit le sentier pierreux qui monte d’abord dans une clairière puis très rapidement au milieu d’une haie de sapinettes. Ici, on surveille le balisage jaune car on quitte le large chemin au profit d’une étroite sente qui suit d’abord un ru bourbeux puis un ruisseau plus large qui descend directement de l’étang de la Balmette. A la fois tourbières et prairie herbeuse et boisée, dans ce vallon dominée par les cimes enneigées du Puig del Palm, on prend garde à rester sur le sentier dont le dénivelé s’accentue soudainement dès lors qu’on s’éloigne du petit cours d’eau. Tout en montant sur le flanc gauche de ce joli vallon, les panoramas s’entrouvrent derrière nous sur le Bac de Balcère et plus loin sur une grande partie du Capcir et du Haut-Conflent. Madres, Pelade, Canigou, on reconnaît pas mal de sommets déjà évoqués dans ce blog. A force de grimper, on atteint finalement un collet à 2.047 mètres où l’étang se dévoile enfin. Petite langue bleutée longue et étroite aux eaux limpides, le lac est alimenté par les eaux qui ruissellent et dévalent les contreforts du Puig del Pam. Traversé par un vent glacial, on a découvert un étang à moitié gelé mais on a pu néanmoins y trouver sur sa rive gauche un coin abrité et ensoleillé où pique-niquer. Comme je l’ai dit plus haut, sur un chemin bien trop verglacé, nous n’avons pas voulu prendre le risque de nous casser une jambe ou de se rompre le cou et nous n’avons pas poursuivi le suite de l’itinéraire prévu qui mène jusqu'à la Cabane de la Balmette où passe le Tour du Capcir. Là à ce lieu-dit dénommé la Serra dels Arabs (la crête des Arabes), des vues superbes sur les deux pics Péric et sur le barrage des Bouillouses sont visibles. On s’est donc contenté d’observer de loin, la reconnaissable pyramide du Pic Péric qui surgit au bout de l’étang. Dommage ! Mais ce n’est que partie remise, puisqu’une autre randonnée menant jusqu’au Puig del Pam et empruntant le même itinéraire est prévue pour l’an prochain dans ce blog. S’agissant d’un aller-retour, nous sommes revenus à la voiture par le même chemin mais il faut savoir qu’outre les Camporeils et les deux Péric, ce sentier rejoint celui du Tour du Capcir ainsi que le célèbre G.R.10 et le Tour du Carlit. De quoi donner des idées aux randonneurs les plus endurants. Dans des conditions normales, cette balade d’un peu plus de 10 kilomètres ne prend pas plus de trois heures aller et retour, mais au plus chaud de l’été et dans ce cadre idyllique et rafraîchissant à souhait, elle peut être le motif à une agréable journée au bon air où les plus téméraires pourront faire trempette dans les eaux cristallines de ce très bel étang. Avant de repartir, n’hésitez pas à vous diriger vers la piste verte qui démarre juste après les locaux techniques, les vues sur l’étang de Matemale sont splendides. Bonnes chaussures de marche sont fortement conseillées sur cet itinéraire. Carte  IGN 2249 ET Font-Romeu-Capcir Top 25.

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La Torre de Creu et le barrage de Matemale depuis Matemale

Publié le par gibirando


Ce diaporama est enjolivé avec une musique du duo "Secret Garden" qui a pour titre "Fairytale", extraite de leur album "Once In The Red Moon".

 
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Gérard Lenorman chantait « rien n’est plus beau que la neige aux cimes des montagnes, rien n’est plus beau que nos mains quand elles se rejoignent ». Alors faites vôtres ces quelques vers, donnez-vous la main et partez en groupe, en famille ou en amoureux, faire cette douce balade dans le Capcir au cours de laquelle vous découvrirez la Torre de Creu ou du moins ce qu’il en reste, la forêt de la Matte et pour finir, le barrage, le splendide lac et le beau petit village de Matemale, le tout entouré de montagnes enneigées comme dans la chanson, à condition que l’été ne soit pas trop avancé bien sûr. Sans pratiquement aucun dénivelé (120 m), vous alternerez les flâneries sur des sentiers forestiers ombragés et celles plus bucoliques à travers de vertes prairies jonchées de fleurs. Vous enjamberez l’Aude qui n’en est ici qu’à ses prémices et qui n’est qu’un mince et rafraîchissant ruisseau. Fleuve méridional s’il en est, il zigzague au gré des herbages, cherchant déjà le chemin le plus court pour rejoindre la Méditerranée. Vous tomberez nez à nez devant la surprenante Torre de Creu. Cette Tour de Creu ou de la Croix est, selon l’angle sous lequel on la regarde, une espèce de Tour de Pise qui aurait subi de graves secousses telluriques. D’ailleurs, le mot « Torre » est pour le moins trompeur car il s’agit en réalité des vestiges du donjon d’un ancien château dont les premières mentions dateraient de 965 sous le nom de « villa Cruce ». En vérité, l’Histoire dit peu de choses quand à sa toute première origine mais, comme souvent et par mesure de protection, les villageois se sont sans doute regroupés autour d’une chapelle formant ainsi et peu à peu un petit hameau entouré de remparts. Sous la coupe de divers châtelains, le hameau de Creu est passé de mains en mains au gré des conflits et des dissensions que la haute vallée de l’Aude a connu au fil des siècles et des règnes. Le hameau était, parait-il, encore habité au 19eme siècle, ce qui, au regard de son état de délabrement extrême, semble difficile à imaginer. L’édifice n’a pas eu la chance d’être restauré comme bons nombres d’autres monuments l’ont été et des pans entiers sont d’ailleurs tombés au cours du 20eme siècle et encore très récemment en 2008. Interdit au public en raison du danger, vous ne pourrez sans doute pas l’approcher comme nous l’avions fait en 2006 pour prendre quelques photos au pied de ses ruines. Le départ de ce joli circuit s’effectue depuis Matemale dont l’origine du nom est apparemment sans équivoque pour les historiens : le toponyme « mata » signifiant « bois », on peut facilement traduire « matemale » en « bois mauvais ». Il reste à comprendre pourquoi cette forêt de la Matte était mauvaise : pour la qualité de ses essences ou bien à cause des animaux « féroces » (ours, loups, etc.…) qui l’occupaient sans doute dans des temps plus reculés ? L’Histoire ne le dit pas !  On emprunte la rue de la Mouline, on sort du village par le G.R. Tour du Capcir et on continue environ 900 m sur le bitume jusqu’à une intersection ou l’on tourne à droite en enjambant le pont dit de La Molina. Le chemin désormais rectiligne qui longe une toute petite partie de la forêt domaniale du Cami Ramader va vous emmener sans problème jusqu’à la Torre de Creu. D’ailleurs, et même si vous regardez autre part car les paysages alentours sont merveilleux, la tour en ruines sera dans votre visée bien avant de l’atteindre. Vous tournez à gauche sur la D.4 pour atteindre la tour mais comme vous êtes attirés par elle, vous oubliez le bitume et vous partez tout droit dans le pré. La visite étant des plus sommaires, vous poursuivez la D.4, commune avec le P.R.22 vers Camps Grans en enjambant un autre pont sur l’Aude. Le fleuve, dont le cours est régulé par le barrage, n’est ici qu’un étroit ruisseau de 2 mètres de large qui zigzague dans l’herbe rase de la prairie. A Camps Grans, vous délaissez la route qui part vers Formiguères au profit de celui qui part plein sud en direction de la forêt de la Matte. Vous restez constamment sur la piste balisée en jaune. Elle coupe la D.118 puis atteint la forêt que l’on traverse en direction des Angles. D’ailleurs, une fois la forêt franchie, la station n’est pas très loin et vous apercevez sur votre droite tous les petits chalets parfaitement alignés dans le bois du Bac de Vallserra. Les pâturages et les champs sur votre droite et la forêt sur votre gauche, vous poursuivez la piste qui va se rapprocher de la D.32. Heureusement vous n’aurez pas à cheminer le goudron car l’itinéraire aussitôt s’en éloigne en direction d’un parcours sportif et du lac de Matemale qui n’est plus très loin maintenant. Vous traversez la forêt de la Matte dans l’autre sens et au sortir du bois, près d’un parking et d’une aire de pique-nique, la vaste et lisse retenue d’eau d’un bleu outremer surgit tout à coup. On retrouve le G.R. Tour du Capcir que l’on emprunte en tournant à gauche en direction du barrage construit en 1959 pour la production d’électricité. Le retour est d’une grande simplicité car il suffit de franchir la longue digue avec, bien évidemment, de très belles vues sur le lac et le village et de poursuivre l’itinéraire en direction de la centrale électrique. Peu après le site industriel, on retrouve l’asphalte de la D.52 qui entre dans Matemale et la boucle d’environ 14 kms se referme. Ce circuit ne présente aucune difficulté et s’adresse à tous petits et grands et bien que Matemale soit la capitale de la pomme de terre, il ne sera pas indispensable d'avoir la "patate" pour l'accomplir. Bien que j’aurais tendance à conseiller la fin du printemps ou le début de l’été, car « rien n’est plus beau que la neige aux cimes des montagnes », cette belle randonnée est réalisable toute l’année et bien sûr en hiver avec des raquettes. Carte  IGN 2249 ET Font-Romeu-Capcir Top 25

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Le Pic Carlit (2.921m) plus haut sommet des Pyrénées-Orientales

Publié le par gibirando


Le diaporama est agrémenté de la chanson "Honky Tonk Women' interprétée par The Rolling Stones

Avec ses 2921 m, le Carlit est le plus haut mont des P.O mais pas le plus fréquenté, car les Catalans lui préfèrent le mythique Canigou. Mais il est sans hésiter le pic du département où les panoramas sont les plus insolites. De bas en haut, de droite à gauche, le chemin est une constellation de lacs dans une galaxie granitique. Le premier, le plus grand, est celui des Bouillouses (2000 m), enjambez-le pour trouver la sente qui part près des Bones Hores. Les traces jaunes qui signalent le "puig" sont faciles à trouver. En plus, partez sans crainte, à partir du printemps et selon l'enneigement, il y a peu de chance que vous soyez seul à grimper! Le sentier file au nord puis monte vite vers l'ouest en se faufilant dans un vallon. Il zigzague au milieu des "estanys" Nègre, del Viver, Sec, de la Commassa.  A 2200 m, vous atteignez un dôme et le Carlit se dévoile enfin, pas vraiment impressionnant d'ici. Par un petit pont, vous coupez un ru qui fait le lien entre les étangs de las Dugues et de Vallell au nord et Llong et Llat au sud. La sente est plus raide et contourne par la droite un piton rocheux. Vous atteignez un collet, d'autres lacs, et enfin un replat où vous pouvez souffler. A l'ombre du Tossal Colomer (2673 m), la rampe jonchée d'éboulis s'accentue encore. A 2598m, près d'un torrent, vous prenez conscience du chemin parcouru, de la beauté des paysages mais aussi du raidillon à escalader pour vaincre l'objectif. Ménagez vos efforts, grimpez en douceur, marquez bien vos appuis, tentez d'analyser les dangers potentiels (chutes de pierres, névés, etc...) cette dernière portion est plus technique mais ne nécessite pas un savoir-faire spécial. Soyez néanmoins prudents, j'ai vu des marcheurs chevronnés redescendrent sanguinolents! Bien sûr, il faut parfois vous aider autant de vos mains que de vos pieds mais le bonheur d'un spectacle grandiose est là tout près. Arrêts inclus, prévoyez la journée. Carte IGN 2249ET Font-Romeu Capcir Top 25.

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