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Le Balcon de Nohèdes (1.310 m) depuis Nohèdes (935 m) par l'ancien canal d'irrigation.

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté avec de la musique relaxante jouée au piano et produite par le studio japonais Ghibli.

LE-BALCON-DE-NOHEDES

BALCONNOHEDESIGN

Toujours en vacances à Urbanya, il ne m’a pas fallu aller bien loin pour vous proposer cette nouvelle et magnifique randonnée. En effet, je suis simplement parti dans la vallée adjacente car ce circuit que je vous présente dans ce nouvel article a pour point de départ le joli village de Nohèdes. Toutefois, je ne suis pas resté au fond du vallon car c’est bien connu, en randonnée dès que l’on s’élève tout est plus beau et en l’occurrence ici c’est parfaitement le cas. Avec une certaine logique et je dirais presque naturellement, j’ai intitulé ce circuit « le Balcon de Nohèdes » tant les vues aériennes sur le village et surtout sur la vallée où coule la rivière éponyme sont la principale attraction de cette superbe balade. Ce vallon, ici on l’appelle la vallée de l’Arche perdue car selon la légende, Noé aurait amarré son arche à un anneau qui se trouverait au sommet d’un roc du nom de Salimanes ou Salimans (1.694 m). J’aurais tendance à dire après moi le déluge, car si le roc existe bien, je vous laisserais le soin de retrouver l’anneau car l’arche, elle,  il semble qu’elle ait continué son périple vers d’autres sommets où elle a fini par s’échouer ! Ici, outre les magnifiques panoramas, il y a bien d’autres intérêts et notamment faunistiques et floristiques surtout au printemps. Pourtant, cette balade,  j’aurais pu l’appeler aussi « le canal de Nohèdes » car l’essentiel du parcours emprunte sur plusieurs kilomètres, l’ancienne canalisation d’irrigation et sans doute d’alimentation en eau du village qu’ici on appelle « rec » et dont la petite histoire nous dit qu’elle aurait été construite en 1873 et qu’elle aurait cessé son activité en 1966 pour cause de désertification du village. Alors bien entendu, cette vieille rigole faite de lauzes n’est plus en activité aujourd’hui car au fil du temps, elle s’est comblée de terre et s’est transformée peu à peu en un véritable petit sentier. Encore emprunté par les bergers et les chevriers de nos jours et sans doute depuis toujours car il s’agissait aussi d’un « Cami Ramader », l’ancien canal est devenu plus tard un sentier de randonnée pédestre balisé en jaune comme tout bon P.R. Pourtant, si vous cherchez ce tracé sur une carte IGN récente ou sur Géoportail par exemple, vous ne le verrez nulle part et vous ne le trouverez essentiellement que sur des vieilles cartes IGN. En tous cas, moi, je ne l’ai trouvé que sur une vieille carte IGN Top 25 de l’année 2000. Sur cette carte IGN, il y a donc un tracé rouge qui suit le canal. Depuis toujours, ce « rec » est représenté en bleu et comme une véritable rivière où de l’eau s’écoulerait encore. C’est dire si nos géographes n’ont plus parcouru les lieux depuis très longtemps ! A moins de faire cette randonnée en sens inverse de celui préconisé ici, le véritable départ s’effectue du hameau de Montailla (au dessus de Nohèdes) mais comme de toute manière, cette balade en boucle se termine à Nohèdes, il est largement préférable de démarrer de ce village, à moins bien sûr, d’avoir deux véhicules et d’en laisser un au départ à Montailla et l’autre à l’arrivée à Nohèdes. Cette dernière solution règle le problème d’avoir à effectuer les 5 kilomètres séparant les deux lieux en empruntant la piste et les quelques raccourcis que certains pourraient trouver fastidieux. En tous cas, nous, nous sommes partis de Nohèdes et ces 5 kilomètres ont été plutôt une excellente mise en jambes d’autant que le décor en bordure de la rivière est loin d’être désagréable. Nous avons emprunté la piste qu’à Nohèdes on appelle le « Cami del Gorg ». Ces « gorgs » ou lacs, vous les retrouvez sur des panonceaux jaunes indiquant l’Estany del Clot et le Gorg Estelat, objectifs de randonnées déjà expliquées dans ce blog. Par contre, vous ne trouverez aucune indication (*) quant à notre balade du jour. La piste passe devant la centrale électrique, devant le camping El Manau puis se poursuit avec quelques sinuosités jusqu’à rencontrer une croix jaune indiquant qu’il est préférable d’emprunter un sentier qui monte à droite dans le bois. On emprunte ce raccourci souvent dallé et bordé d’anciennes « feixes », ces terrasses en pierres sèches qui supportaient jadis des vergers, des champs de pommes de terres et de céréales mais aussi des  noiseraies qu’ici on appelle « noguers » lieux plantés de noyers et de noisetiers qui ont sans doute donné son nom au village de Nohèdes. Aux temps anciens, Montailla était en quelque sorte le « grenier » de Nohèdes. Ce sentier retrouve la piste un peu plus haut et malgré une nouvelle croix jaune et un autre sentier montant dans la hêtraie toujours à droite à hauteur d’un virage, on reste cette fois-ci sur la piste jusqu’au hameau de Montailla. Là, on passe à gauche d’un grand hangar métallique qui est en réalité une bergerie moderne, puis on continue de monter jusqu’à rencontrer quelques maisonnettes en pierres sèches dont certaines ruinées. C’est le hameau de Montailla. Immédiatement après ces maisons, on emprunte un large chemin herbeux qui part à droite, passe sous de grands arbres, atteint un ru bourbeux. Jusque là et sauf inattention de ma part, vous n’aurez toujours vu aucun coup de peinture jaune d’un quelconque balisage mais si vous enjambez le ru bourbeux et filez droit devant vous dans le pré, vous remarquerez une première marque jaune peinte sur une pierre située au milieu de ce pré. Plus loin, il y a une deuxième pierre et une autre trace jaune et ainsi de suite. Vous êtes sur le tracé de cette jolie balade et bientôt sur le « Balcon de Nohèdes ». Ne lâchez plus ce balisage jaune, continuez sur quelques mètres dans le pré puis montez en sous-bois au milieu des hautes fougères ou des asphodèles blanches selon la saison. Ce balisage va vous amener vers la petite rivière des Camps Réals (champs royaux) qu’il faut traverser près du lieu-dit Falgarouse. Selon la pluviométrie des jours précédents et la saison, hors mis peut-être à la fin du printemps et en été, vous serez sans doute obligés de vous déchausser pour enjamber ce ruisseau parfois assez fougueux mais sans danger car seulement profond de quelques centimètres. Quelques mètres plus haut, et sans vraiment vous en être aperçu, vous commencerez à marcher dans l’empreinte de l’ancien canal d’irrigation de Nohèdes. Mais peu après un grand et beau « cortal » du nom de la Soulane non loin du lieu-dit « Canals » sur les cartes, cet état de fait deviendra vite une évidence tant le canal est toujours parfaitement visible car encore creusé malgré la terre qui l’a à moitié enseveli. A partir de là, vous n’aurez plus aucune incertitude quand à l’itinéraire à suivre car le sentier est unique et donc évident. Une fois encore, je précise que simplicité du parcours ne signifie pas facilité même si c’est vrai qu’ici, on en a d’ores et déjà fini avec le gros de la déclivité. Non, ce parcours mérite une grande attention car s’il est parfaitement praticable,  la hauteur où a parfois été construit le canal est assez impressionnante et le risque d’accident doit être constamment gardé à l’esprit. D’ailleurs, si les précautions sont de mises et si la vigilance doit en permanence guider les pas du randonneur, on ne cessera tout au long du parcours d’être en extase quant à l’ingéniosité technique et surtout aux prouesses colossales qu’ont accompli nos aïeux pour imaginer puis construire cet extraordinaire canal de lauzes et de schistes aux étonnants murs de soutènement dont la finalité était de récupérer les eaux d’un nombre incalculable de rus, ruisseaux, rivières et torrents descendant du versant de ces montagnes ayant pour noms : Roc de l’Aigle (1.931 m), de Torrelles (1.745 m) ou de Peirafita (1.535 m) ou bien encore les Pics de la Moscatosa (1.457 m) et Lloset (1.371 m). Le canal amenait ensuite l’eau vers les terrasses cultivées, vers des réservoirs ou des fontaines. Avec ce canal de huit kilomètres selon les historiens, on trouve aussi quelques très beaux cortals et orris. Il est donc incontestable que la main de l’homme est partout présente dans cette randonnée, toutefois, et c’est la réflexion que je me suis faite en marchant, on oublie très vite cette ancienne occupation humaine car le sentier chemine en permanence à flancs de montagne dans un cadre magnifiquement varié et surtout extrêmement sauvage où la chance d’être confronté à la faune locale et parfois relictuelle ou endémique est certaine. Ici, dans cet écosystème de type « solana », on y trouve la petite faune habituelle comme les insectes, papillons, reptiles ou passereaux mais c’est aussi le territoire des sangliers, de nombreux rapaces (buses, éperviers, aigles, vautours, gypaètes) mais parfois des grands et des petits cervidés (cerfs, daims, chevreuils, isards, mouflons) et de bien d’autres petits mammifères tel le renard et l’écureuil pour ne citer que les plus visibles. Quant à la flore, elle est extrêmement variée mais toujours présente en toutes saisons. Le tracé emprunte en alternant des versants arides où au printemps flamboient les landes des genêts fleuris très vite remplacées en été par les bruyères roses mais aussi des petits bois de feuillus aux endroits les plus ombragés ou les plus humides où coulent parfois d’agréables petits torrents au bord desquels poussent d’innombrables fleurs et enfin aux pieds des pics de la Moscatosa et Lloset, c’est le domaine des belles forêts de résineux où les champignons poussent parfois à profusion. Mais s’il y a néanmoins une constante dans ce parcours, c’est bien la vue aérienne permanente sur le vallon de Nohèdes vers lequel descendent et se jettent les multiples ravins que l’on est amené à enjamber. De l’autre côté de la vallée, le Massif du Coronat étire sa longue croupe boisée où seules quelques hautes falaises calcaires finissant en d’impressionnants éboulis blancs contrastent avec la sombre forêt olivâtre. Ces falaises sont le repère d’une fleur unique au monde l’Alysson des Pyrénées. Après la fin du canal, le sentier se poursuit toujours en balcon sous le pic Lloset avec de jolies vues sur Nohèdes et un très beau panorama sur le Pic du Canigou et de l’autre côté vers le Pla des Gorgs et le Massif du Madres. Ici, on regrettera seulement qu’un incendie, sans doute un écobuage mal maîtrisé, est sacrément noirci le décor et brûlé de nombreux résineux dont certains ont encore leurs ramilles roussies leur donnant un aspect très insolite mais plutôt joli il faut bien le dire, quant on les fige en photos. Mais comme le disait je ne sais plus qui, la beauté n’est pas automatiquement désirable. Le sentier finit par atteindre la pente sud-est du Pic Lloset puis peu après le Col de la Serra (1.200 m) non loin du pic du même nom (1.242m). Là, deux options sont possibles : soit on laisse à main gauche un bel orri et on prend immédiatement à droite un sentier toujours balisé en jaune et parfois de quelques cairns nous entraînant directement vers Nohèdes toujours en descente soit on poursuit tout droit l’itinéraire descendant vers le Col de Marsac (1.056 m). C’est ce dernier itinéraire que j’ai choisi cette fois-ci car au Col de Marsac passe l’ancien tracé du GRP Tour du Coronat et comme je connaissais très bien ce col je savais que d’incroyables panoramas seraient au rendez-vous : sur la vallon d’Urbanya et sur la partie sud-est du vallon de Nohèdes mais aussi sur la Plaine du Roussillon et bien au-delà encore. Au Col de Marsac, un panonceau de bois indique Nohèdes et la suite n’est plus qu’une formalité qui nous ramène d’abord sur la D.26 puis au village où l’on retrouve notre voiture. Cette boucle est longue de 17 kilomètres environ pour un dénivelé de 380 mètres environ sachant que l’essentiel de la déclivité s’effectue entre Nohèdes (935 m à l’entrée du village) et le cortal de Falgarouse (1.300 m), le point culminant de cette balade se situant aux Esquerdes de la Grive à 1.310 m. Le reste du balcon est quasiment plat et oscille entre des altitudes allant de 1.300 à 1.200 mètres au col de la Serra.  Comme indiqué en préambule, je conseille d’effectuer cette balade de préférence au printemps ou au début de l’été plutôt qu’un peu plus tard. Tout d’abord parce que le sentier est bien plus praticable avec la chance qu’il ait été déjà débroussaillé et surtout il faut y aller avant que les nombreuses fougères et autres ronces ou prunelliers n’aient atteint une hauteur respectable rendant certains passages plutôt pénibles. La deuxième raison est essentiellement visuelle et olfactive car par grand beau temps et quand les différents genêts sont en fleurs et embaument le parcours, une balade sur ce sentier est une pure merveille ! Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

(*) Depuis ma balade printanière et la rédaction de cet article, j’ai acquis, auprès de la charmante et très accueillante préposée de la Maison de la Réserve Naturelle de Nohèdes, pas mal d’informations concernant ce parcours. Il semble que les différents éleveurs de Nohèdes (vachers, bergers et chevriers) soient excédés par l’attitude irrespectueuse de certains randonneurs malveillants laissant régulièrement les barrières ouvertes après leur passage. En raison des problèmes que ces passages engendrent y compris parfois avec les troupeaux et les patous, ces éleveurs ne souhaitent plus que ce parcours soit emprunté par les randonneurs et c’est pour cette raison que l’on ne trouve plus aucune information ni aucun panonceau concernant cette boucle ni sur le terrain ni dans aucun topo-guide. D’ailleurs, il n’apparaît pas dans le petit livret consacré à 9 itinéraires de découverte de la Vallée de Nohèdes (2 euros à la Maison de la Réserve Naturelle).  Enfin il semble que ces éleveurs aient demandé à la commune que le sentier ne soit plus débroussaillé et que le balisage soit définitivement supprimé. A suivre donc…mais d'ores et déjà, je dis dommage car cette randonnée est tout simplement somptueuse et pour moi, la plus belle de ce secteur de la montagne. Après, et toujours au départ de Nohèdes, il faut monter vers les lacs dits de Nohèdes.

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Les Lacs de Nohèdes et d'Evol (2.170 m) depuis Montailla (1.150m) (Nohèdes)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de divers morceaux de rock interprétés par Gary Glitter dont les célèbres "Rock and Roll Part 1 & 2".
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 Il y a une année environ, j’avais relaté dans un article de mon blog, une jolie petite randonnée à l’Estany del Clot depuis le hameau de Nohèdes. Cet « estany », petit étang de l’Enclos en français, est en réalité une retenue artificielle dont, peu de gens le savent, l’origine remonte au 19eme siècle, période où les premiers ingénieurs hydrauliciens des Ponts et Chaussées étaient à la recherche des lieux les plus propices à l’édification de barrages. A l’époque, ces ingénieurs arpentant ce merveilleux Massif du Madres-Coronat avaient remarqué depuis longtemps qu’il y avait trois petits lacs blottis au pied d’anciens cirques glaciaires de cette belle montagne. Dans ces lacs, si on y captait leurs eaux depuis quelques temps déjà grâce à de rudimentaires canaux d’irrigations, il paraissait évident que la construction d’un barrage eut été largement préférable. Ces lacs, que les nombreuses légendes désignent comme « Les Palais des Démons », sont des réserves d’eau naturelles, qu’ici on appelle « gorgs » ou parfois « gourgs ». Ils ont pour noms, Gorg Estelat, Gorg Blau et Gorg Negre et que l’on traduit naturellement en lac Etoilé, lac Bleu et lac Noir mais plus communément on les appelle lacs de Nohèdes et Bleu pour les deux premiers et lac d’Evol pour le dernier. Après des études topographiques poussées, ces ingénieurs en avaient conclu que si un barrage il devait y avoir, le meilleur emplacement se situerait sur les « jasses » en aval du lac de Nohèdes et bien sûr, ce fut quelques années plus tard la naissance de l’Estany del Clot et celle de la Centrale hydroélectrique de Nohèdes. Pour la petite histoire, la boucle est bouclée mais pour notre randonnée vers tous ces jolis lacs, car c’est bien de ça qu’il s’agit cette fois-ci, tout reste à faire et la virée sera longue et sportive (environ 19 à 20 km pour un dénivelé de 1.020 mètres). Alors, nous allons tenter de la raccourcir un peu et contrairement, à notre première balade où nous avions démarré de Nohèdes, nous allons cette fois-ci, traverser le hameau, poursuivre sur la droite de la route en direction de la centrale hydroélectrique et continuer la piste jusqu’à Montailla. Ce lieu-dit, on ne peut pas le louper car outre quelques séculaires maisons, il y a juste avant d’ y arriver un grand hangar en bardage métallique. On pense souvent à tort que le pastoralisme de nos montagnes a quelque peu disparu mais en réalité, il a simplement évolué et les corrals de pierres, que l’on voit très souvent en ruines, ont laissé la place à des bergeries bien plus modernes. Pour ne rien gâcher, celle-là est tenue au demeurant par un couple de bergers très sympathiques comme nous avons pu nous en rendre compte au retour de notre longue randonnée grâce à une invitation impromptue mais ô combien cordiale. Non, ce jour-là, nous avons constaté de visu que dans ce coin de montagne, le pastoralisme n’était pas mort car outre les nombreux cheptels de bovins et l’agréable visite de la bergerie, nous avons assisté avec un réel ravissement au retour de transhumance de deux troupeaux qui redescendaient des « plas » et des « jasses » de cet admirable massif. Mais revenons à nos moutons ou plutôt quittons-les pour préciser que si vous voulez démarrer cette belle randonnée depuis la bergerie de Montailla, la piste possédant par endroits quelques ornières et de nombreux nids de poules, il sera préférable d’avoir un véhicule un peu haut sans qu’il soit nécessaire pour autant de posséder un 4x4. A partir de là, vous n’aurez aucune difficulté à retrouver le petit sentier balisé en jaune, qui nous avait précédemment mené à l’Estany del Clot, premier des trois lacs que nous allons découvrir aujourd’hui. Il faut le préciser aussi, nous avons choisi de faire l’impasse sur le minuscule Gorg Blau, qui n’est pas inintéressant en soi au regard de son décor et de sa beauté mais qui présente l’inconvénient d’un aller-retour assez fastidieux au milieu de notre boucle déjà bien longue. Le sentier se chemine tout en sous-bois dans la belle hêtraie et retrouve un peu plus haut la piste forestière non loin de la Font de la Pèga. Après quelques raccourcis, on délaisse cette portion du Tour du Coronat qui file au Col du Portus (on revient par là !) et la piste va nous amener sans problème soit sur les rives de l’Estany del Clot, si vous avez choisi cette option, soit en surplomb même de ce petit étang bleuté en direction du Gorg Estelat. Avec des panoramas sublimes sur l’estany, le ténébreux Coronat et le vallon de Nohèdes, cette large piste zigzague sur les pentes plus ou moins pelées du Pic de la Rouquette pour se terminer au Pla del Mig. Même si quelques grands rapaces planent sans cesse au dessus de vos têtes, n’ayez pas trop la tête en l’air, car ici, il est impératif de faire attention au balisage et aux cairns pour emprunter un minuscule sentier qui monte à droite et évite ainsi de se retrouver dans un cul de sac que constitue le Pla del Mig et son refuge de bergers. Après un « bon » dénivelé tout en balcon au dessus des enclos de ce replat, on finit par atteindre un grand plateau où l’on coupe un autre sentier  intitulé « Col du Portus par le Canal de Jujols ». Ici, il faut savoir qu’au début du 19eme siècle, les courageux Jujoliens avaient, pour alimenter leur village en eau, conçu un canal essentiellement construit en lauzes qui reliait le Gorg Estelat au village de Jujols distant de 16 kilomètres. Un sentier suit quasiment ce canal, depuis Jujols jusqu’au lac et peut représenter lui aussi une très belle idée de randonnée. Sur ce Pla del Gorg, à ne pas confondre avec le Pla des Gourgs situé beaucoup plus haut sur les crêtes, on continue à surveiller le balisage jaune, parfois difficile à distinguer, car ici le décor est surtout constitué de prés aux herbes hautes, de pelouses inondées par des tourbières, de petits ruisseaux ramifiés et à l’approche et en bordure du Gorg Estelat, d’une jolie forêt de pins à crochets. Dans son somptueux écrin boisé et rocheux, terrain de jeux de nombreux isards et mouflons, le Gorg Estelat est avec ses rives sableuses, ses eaux limpides aux reflets argentés où cabotent d’énormes truites, un magnifique petit lac de montagne. Ici, un peu de repos et le pique-nique sont toujours les bienvenus après tous les efforts consentis pour réaliser les 870 mètres de dénivelés déjà accomplis. Le lac est superbe en toutes saisons mais il faut néanmoins le découvrir en été quand ses berges sont parsemées de rhododendrons et de genêts en fleurs. Les divers tons de verts de la végétation associés aux touches de roses et de jaunes qui se reflètent dans le bleu des eaux calmes sont un véritable chef d’œuvre coloré qu’on ne se lasse pas de contempler. Avant de repartir, vous vous demanderez sans doute pourquoi on lui a attribué le nom de « lac étoilé » puisqu’il n’en a pas du tout la forme ? Alors parmi deux ou trois interprétations dont certaines tiennent beaucoup plus de la légende, on peut noter celle de l’éminent naturaliste le docteur Louis Companyo qui écrivait en 1861 dans son « Histoire Naturelle du département des Pyrénées-Orientales» qu’il « prend son nom du scintillement des eaux qui semblent animées d'un mouvement vibratoire » ou bien celle du voyageur Victor Dujardin qui écrit en 1891 dans ses « Souvenirs du Midi - Le Roussillon – Voyages aux Pyrénées »« qu’il tire ce nom du reflet de ses eaux, glacées et profondes, qui scintillent au soleil comme des étoiles au firmament ». En arrivant près de l’extrémité est du lac vous aurez inévitablement observé un panonceau indiquant le « Refuge de la Perdiu ». Si comme nous, vous avez décidé de ne pas emprunter la rive sud qui va au Gorg Blau, c’est en direction de ce Refuge de la Perdrix qu’il faut se diriger dans un premier temps. Ce petit abri non gardé du Centre Alpin Français (C.A.F), j’avais eu largement l’occasion de le côtoyer et donc de l’évoquer dans ce blog lors d’une autre belle randonnée au Pic Pelade et à la Coume de Ponteils. De ce panonceau au bord du lac, démarre la partie la plus pentue mais par bonheur très courte de notre balade. On suit toujours le balisage jaune peint sur des rochers et des poteaux, on traverse le bois du Bac del Gorg pour grimper jusqu’aux crêtes de Pinouseil dans un secteur moins boisé qui laisse entrevoir de belles vues sur le lac olivâtre. Quand la crête s’aplanit, on n’hésite pas à se rendre vers son extrémité sud en bordure de falaises afin de profiter des époustouflantes vues aériennes sur le Gorg Negre qui s’offrent aux regards. Dans la démarche de cette belle découverte, on aura, au préalable, observé à la croisée de chemins, deux nouveaux panneaux directionnels, le premier indiquant les Gorgs Estelat et Negre et le second, le Refuge de la Perdiu. On emprunte bien sûr le sentier qui descend vers le Gorg Negre et qui traverse une forêt en partie décimée par on ne sait quelle logique. Tempêtes, pluies acides, sols trop pauvres ou autres phénomènes, je ne saurai vous le dire ? Sur ce flanc-là du Pic de la Creu, tels d’immenses squelettes blanchis par le temps, de nombreux arbres jonchent le sol mais d’autres encore bien debout semblent carrément avoir séchés sur pied. On traverse des pelouses et le balisage jaune pourtant bien présent jusqu’ici finit par se perdre définitivement dans un gros magma rocheux qui jouxte les rives du lac. A cause de ces gros blocs, les berges sont moins accessibles et ce lac est donc pour les randonneurs que nous sommes un peu moins attrayant que le précédent, d’autant qu’il faut le dire la perte du balisage n’incite pas non plus à une flânerie exagérée. Ce lac, toujours selon le Docteur Companyo, si on l’appelle « Etang Noir » c’est à cause de « la couleur sinistre que reflètent ses eaux, couleur due au creux profond, en forme d'entonnoir, dans lequel il est situé,aux roches noirâtres qui l'entourent et aux pins séculaires qui couvrent la montagne ». Malgré les nombreuses légendes que je ne vais pas vous raconter ici car elles sont bien trop nombreuses mais que vous trouverez aisément sur le Net, le Gorg Negre s’insère pourtant dans un cadre magnifiquement constitué d’un vaste cirque dominé par les crêtes planes du Pla des Gourgs. Il faut avouer que pour avoir cheminé ces crêtes, vu du ciel et avec son bleu profond, le lac d’Evol est bien plus beau quand on le domine de ces hauteurs. C’est la troisième fois que j’arpente ce secteur et la troisième fois que j’y perds le balisage jaune et le tracé pourtant bien présent sur la carte IGN, alors j’en conclu qu’il n’y aurait peut-être plus de balisage jaune ou bien un balisage insuffisamment présent et distinct. Alors si vous n’avez pas de tracé enregistré dans un GPS et si j’ai un conseil à vous donner, c’est celui de rejoindre les Tartères del Gorg et d’emprunter le sentier le plus évident, balisé par endroits de quelques points rouges. Ce sentier démarre non loin de la surverse du lac, suit parallèlement le tracé du petit ruisseau, s’en éloigne quelque peu et après une descente pas toujours évidente à trouver à travers bois finit par atteindre la Jasse d’Evol, zone d’estives plantés de genêts purgatifs rabougris où en général quelques bovins paissent près d’une cabane et d’un enclos. Ici, on retrouve une large piste qui file vers le col du Portus avec des vues étonnantes sur le Mont Coronat, le Puig d’Escoutou et le profond ravin du Pla de la Baillette où coule le torrent Evol. Ce torrent c’est celui que nous avons suivi depuis la surverse pour descendre du lac. Au col du Portus, on délaisse la route bitumée et la Cami Ramader qui filent à droite en direction d’Evol et d’Olette et on emprunte la piste qui descend à gauche vers le Pla d’Avall. Si la boucle se referme là, au panonceau « Gorg Estelat - Coll de Portus » déjà aperçu à l’aller, cette longue randonnée n’en est pas pour autant terminée puisqu’il reste encore plus de trois kilomètres pour retrouver la voiture laissée à Montailla. Comme je l’ai dit plus haut, le soir, nous avons eu l’immense privilège d’être invités par la sympathique bergère de Montailla. Outre le plaisir non dissimulé que nous avions à visiter son outil de travail, si nous l’avons suivi comme des moutons de Panurge jusqu’à l’intérieur de sa bergerie, ou plutôt de sa nurserie, c’est surtout parce que pas moins de 200 bébés agneaux venaient de naître. Nous ne pouvions rêver meilleur final et ce fut un grand bonheur de terminer ainsi cette superbe excursion aux « Palais des Démons ». Vous ne l’aurez peut-être pas remarqué et c’est surtout visible avec des vues aériennes mais tous ces lacs voient certaines de leurs grèves envahies par des algues vertes ou parfois brunes et c’est ce que l’on appelle l’eutrophisation, phénomène lié en général à un apport excessif d’éléments nutritifs. C’est particulièrement visible sur les pourtours nord et ouest du Gorg Negre. Très souvent, l’activité humaine et la pollution peuvent être à l’origine d’une accélération de cette dégradation d’un milieu aquatique mais il peut être aussi un long processus naturel (bois mort, feuilles, animaux, etc…) qui va peu à peu transformer les lacs peu profonds en marécages qui eux-mêmes vont devenir des prairies puis des forêts. Il faut savoir que c’est un processus inéluctable auquel sont voués nos trois objectifs du jour. Alors bien sûr, ce n’est pas pour l’an prochain ni pour les années suivantes, mais d’un autre côté, dites-vous que de les voir encore ainsi dans leur cadre majestueux c’est un privilège et une chance que certains de nos descendants ne connaîtront sûrement pas. Alors, n’hésitez pas y aller pendant qu’il est encore temps ! Pour cette longue randonnée, l’équipement du parfait randonneur est fortement conseillé.  Cartes IGN 2348 ET Prades-St-Paul-de-Fenouillet puis 2249 ET Font-Romeu-Capcir Top 25.

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Le Pic de Portepas (1.798 m) depuis Urbanya (856 m).

Publié le par gibirando

 
 Ce diaporama est agrémenté avec des musiques du DJ Michael Maretimo extraites de sa compilation intitulée "Spring Lounge 2019".
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Les habitués de mon blog, en lisant cet article consacré au Pic de Portepas, vont sans doute rouspéter et se dire « encore une randonnée au départ d’Urbanya ! ». Ils n’auront pas tort mais d’un autre côté, il faudra sans doute vous y faire car que voulez-vous, depuis dix mois, je passe l’essentiel de mon temps à restaurer et à rénover une petite maison que j’ai achetée dans ce merveilleux village et la façon la plus simple que j’ai trouvé pour m’évader de ce labeur pénible et qui, parfois, paraît sans fin, c’est de m’élever sur les hauteurs environnantes. C’est ainsi que l’an dernier, j’étais parti vers Estardé voir les ruines de l’ancienne gare de l’exploitation du talc de Caillau, puis au printemps dernier, j’étais monté voir le Pic Lloset et ses cerisiers en fleurs et cette fois-ci, j’ai jeté mon dévolu sur ce pic qui m’était également inconnu à savoir le Pic de Portepas (1.798 m). Franchement, autant vous le dire, je n’ai pas été déçu de cette longue vadrouille dans des paysages verdoyants à souhait, des décors sans cesse renouvelés et des vues admirables. Je pensais que Dany m’accompagnerait mais cette fois-ci ce n’est pas sa polyarthrite qui la faisait souffrir mais plus simplement ses orteils dont les ongles, depuis la dernière randonnée, avaient décidé d’émigrer sous d’autres cieux. Bon, d’un autre côté, je crois que ce jour-là, elle a pris autant de plaisir à ranger à sa guise sa petite maison de montagne que j’en ai pris moi-même à marcher au sein de cette merveilleuse forêt domaniale de Nohèdes-Urbanya. Et si parfois, je peux avoir l’adjectif facile et grandiloquent, cette fois le terme de « merveilleux » n’est pas exagéré tant j’ai fait ce jour-là d’exceptionnelles découvertes. Je ne parle pas des incalculables et superbes fleurs qui m’ont accompagnées toutes la journée et qui ont contribuées une fois encore à alimenter mon herbier photographique, je n’évoque pas la multitude de papillons multicolores et d’insectes voltigeurs qui m’ont escortés tout au long du chemin, non, cette fois, la faune sauvage était réellement de sortie et c’est ainsi que j’ai eu l’occasion de voir un chevreuil, deux écureuils roux, quelques rapaces, un gros blaireau, un lézard vert et plusieurs gris qu’ici, on appelle, bien sûr, lézards catalans. Mais le clou du spectacle, ce sont quelques renards qui semblaient s’être donner le mot pour quitter de concert leurs terriers et surtout qui paraissaient n’avoir aucune crainte d’être photographié sous toutes les coutures. Ces goupils étaient à tel point dociles et de bonne composition que ce reportage, j’aurais presque pu l’intituler « Danse avec les renards » ou bien « l’homme qui parlait aux oreilles des renards » ou encore le « Roman de Renart », mais le titre était déjà pris. La randonnée, elle, au départ du parking du village, reprend le même itinéraire que celui qui nous avait amené aux pics LLoset et de la Moscatosa, c'est-à-dire qu’on passe devant la mairie, on poursuit tout droit le bitume, qui dans un virage à gauche se transforme ensuite en une piste qui passe devant un pylône puis devant une grande étable et rejoint beaucoup plus haut la piste DFCI C060 qui est en réalité le sentier du Tour du Coronat. Comme toujours, on respecte la propriété privée, on referme les clôtures derrière soi et on fait attention à celles parfois électrifiées. Cette fois-ci, on va poursuivre le sentier en direction du col del Torn (col de Tour) et juste avant d’y parvenir, c'est-à-dire à environ 200 mètres de celui-ci, on emprunte la piste DFCI C056 qui file à gauche. Ne vous trompez pas : ce n’est pas un premier large chemin herbeux qui, lui,  est un cul de sac, ni le troisième ou le quatrième qui, du col de Tour, vous entraînerez respectivement vers Canrec et au Refuge de Callau. Non, pour la boucle qui nous intéresse c’est bien la deuxième large piste qu’il faut prendre et on ne peut guère se tromper car outre le panonceau DFCI C056, on arrive rapidement devant une grande barrière métallique où quelques panneaux de recommandations nous précisent qu’on entre dans une zone pastorale. D’ailleurs, pour les étourdis qui n’auraient pas lu les écriteaux, un vaste enclos est immédiatement planté là, derrière la barrière, pour signaler qu’on entre dans un espace d’estives. On prend soin de refermer la barrière car guère plus loin, des dizaines de bovins ont déserté l’enclos et déambulent en liberté dans les prés à l’ombre de magnifiques sapins et ne semblent en aucun cas effrayés de la présence de deux ou trois renards qui rodent dans les parages. Peu après, à la Sola de la Pinosa de Portapàs, les pins à crochets et les sapins disparaissent pour un temps et laissent la place à de grandes fougères et surtout à d’innombrables petits genêts en fleurs colorant le chemin. De nombreux papillons et insectes butineurs ou sauteurs foisonnent dans ce secteur. A mon approche, quelques jolis lézards délaissent leurs pierres brûlantes et filent dans les fraîches fougères. Plus bas, un gros blaireau, un peu pataud, traverse une clairière mais détale en me voyant. Ici, les paysages se dévoilent essentiellement vers le sud et l’est : en direction du Canigou bien sûr, des flancs du Massif du Coronat mais aussi vers l’ample vallon d’Urbanya dont on ne distingue ni le village et encore moins le fond. Après la Sola, la partie ensoleillée, on entre à nouveau dans un sous-bois de conifères au Bac de la Pinosa. A partir de là, le chemin se rétrécie et se transforme en un sentier plus étroit. On coupe un ru bourbeux, le sentier semble vouloir descendre en forêt puis il remonte et finit par redescendre un peu avant de rencontrer le petit mais fougueux Correc de la Pinosa. On quitte ici le sentier pour suivre au jugé et par la droite la rive de cet étroit ruisseau. En réalité, si vous regardez la carte IGN, vous remarquerez que ce « correc » a été canalisé, ce qui explique certainement son débit important. De fait, le Correc de la Pinosa entr’aperçu un peu plus bas sur le sentier du Tour du Coronat au lieu-dit la Fajosa où il se jette dans la rivière Urbanya est commun avec le Canal d’Urbanya. Les abords du canal étant des prés parsemés de quelques bas genêts et genévriers, on longe le cours du ruisseau sur quelques mètres en zigzaguant aisément entre les buissons jusqu’au plus haut de la butte où là, toujours au jugé, on file à droite dans une prairie plantée de pins et sapins très clairsemés. Le pic de Portepas (1.798 m) est ce mamelon boisé qui apparaît droit devant tout en haut de la ligne de faîte. Autant le dire, ce pic n’est pas une fin en soi et son sommet boisé et aplati, qu’on a d’ailleurs du mal à identifier sans GPS, ne présente pas un intérêt particulier si ce n’est toutes ces prodigieuses vues et notamment celles qui apparaissent jusqu’à la mer au dessus du Pic del Torn (Pic de Tour) lors de son ascension. Les prairies verdoyantes du Portepas sont le paradis des bovins et tel Moïse revenant du Mont Sinaï, j’y ai même rencontré le Veau d’Or (le veau dort) mais le mien était bien réel et n’avait rien d’une idole vénérée. C’était un petit veau, tout blanc, qui dormait profondément tel un enfant, bien à l’écart des autres et qui semblait rêver d’une longue et belle existence identique à celle d’une vache à lait. Je suis passé près de lui en silence et je l’ai observé longuement. Il ronflait et seules ses oreilles bougeaient pour chasser quelques mouches. J’ai fait en sorte de ne pas le réveiller et j’avoue qu’il me sera difficile de manger à nouveau du veau après une telle vision de félicité ! Après les pâturages et à l’approche du sommet, j’ai cherché mon itinéraire dans le petit bois pour redescendre et atterrir au col de Planyas où j’ai retrouvé un large chemin longeant une clôture. Si le cœur vous en dit, au parking Planyas, vous pourrez emprunter un peu vers la gauche ce large chemin qui descend et offre de jolis panoramas sur de vastes pacages et vers le Massif du Madres, le Bac de Torrelles et le Pic de la Roquette. Sinon, pour poursuivre ma boucle, il suffit de redescendre vers la droite ce large chemin qui longe la clôture et vous ramène sans problème sur la piste DFCI C056, à une jonction pas très loin de l’enclos cité plus haut. Dans cette belle descente un peu sauvage, peut-être aurez-vous comme moi le bonheur de surprendre un chevreuil ou bien de contempler quelques sinistres rapaces qui tournoient dans le ciel. En tous cas, les renards étaient toujours dehors à chasser et à force de patience, j’ai réussi avec bonheur à en fixer un dans mon petit numérique. C’était sans contexte le moins craintif de tous puisqu’il se laissa approcher à moins de dix mètres et ce n’est qu’au bout d’une dizaine de minutes, lassé sans doute de jouer les stars devant mon appareil photo, qu’il finit par déguerpir dans les fourrés. C’est encore sous l’excitation de ce magnifique spectacle que j’ai  repris le chemin du retour vers le Col de Tour puis, pour refermer cette boucle, la direction du Col de les Bigues. Sur un large sentier bien débroussaillé cette fois, la descente vers Urbanya fut presque une formalité. A l’approche du village, deux perdreaux s’envolèrent des fougères et se laissèrent tomber un peu plus bas dans la blancheur des cistes en fleurs. Du haut de la colline, je voyais le village et je distinguais Dany pas plus grande qu’une fourmi. La fourmi avait fini son rangement et m’attendait sur la terrasse, allongée dans un relax à l’ombre d’un parasol. Après m’être évadé, après avoir rêvassé toute la journée, après m’être rempli la tête de belles images de cette nature exubérante dont je ne me lasse jamais, je revenais à la réalité de mes travaux à finir. Mais il faut le dire, à Urbanya, même la réalité est parfois aussi belle que la nature. Alors à bientôt peut-être pour une autre randonnée au départ d’Urbanya. La boucle présentée ici est longue d’environ 25 kilomètres pour un dénivelé de 950 mètres et 1.850 mètres de montées cumulées. Cartes IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet – 2249 ET Font-Romeu – Capcir Top 25.

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Le Pic Lloset (1.371 m) et le pic de la Moscatosa (1.457 m) depuis Urbanya (856 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 3 chansons interprétées par Sting.
Elles ont pour titre : "The Windmills Of Your Mind", "Fragile" et "Fields Of Gold".

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.


Je l'avoue les pics Lloset et de la Moscatosa ne sont pas les sommets les plus connus et les plus fréquentés du département des Pyrénées-Orientales. D'ailleurs, quand on regarde la carte IGN, aucun chemin balisé n'y mène et aucun circuit n’incite les randonneurs à aller y grimper. Pourtant, ces deux pics, auxquels on peut ajouter à des degrés moindres le pic de la Serra (1.208 m) et le col de Marsac (1.056 m), composent la ligne de crêtes entre les beaux et profonds vallons d’Urbanya et de Nohèdes. Aujourd’hui, c’est cette ligne de crêtes que je vous propose de chevaucher et croyez-moi, par les paysages et les sites forestiers puis pastoraux dans lesquels on va évoluer et ceux que l'on découvre depuis leurs pinacles respectifs, ils méritent amplement leurs rapides ascensions. En outre, vous aurez peut-être la chance d’apercevoir divers animaux sauvages, tels les sangliers, cerfs, isards ou autres chevreuils qui sont très nombreux dans ces parages sans parler des oiseaux dont les chants vont plus ou moins fortement égayer cette balade selon les saisons. Enfin depuis le joli village d'Urbanya et en y regardant de plus près, leur accès est des plus simples même si le dénivelé de plus de 600 mètres peut être rédhibitoire pour ceux qui considèrent cette déclivité comme bien trop importante à leurs yeux. Ils se trompent car le chemin qui démarre du parking d’Urbanya où on laisse son véhicule est vraiment peu difficile et surtout peu compliqué. Il suffit de passer devant la mairie et de poursuivre toujours tout droit en longeant la rive gauche orographique de la rivière d’Urbanya, c'est-à-dire qu’ici et en avançant à contresens dans lequel s’écoule l’eau, on marche à droite de la rivière. On ignore le premier petit pont à gauche et on poursuit encore tout droit jusqu’à franchir la rivière au moment où la route goudronnée devient piste terreuse. D’ailleurs, cette large piste qui amorce un virage à 180° et commence à monter au dessus du village, on ne va plus la quitter jusqu’au Pic Lloset. C'est dire la simplicité de cet itinéraire. Ici, pour monter, il n’y a que de la piste et pas de petits sentiers caillouteux et tortueux même si en effectuant la boucle proposée, on en aura un peu mais au cours de la redescente seulement. Le Pic Lloset est ce magnifique dôme boisé de sombres conifères que l’on aperçoit droit devant soi au moment où on passe devant une antenne hertzienne et un réservoir.  Sans être bien terrible, le dénivelé s’accentue peu après ce pylône et la piste vire à droite puis à gauche puis à nouveau à droite, passe devant une grande étable et file plein ouest en longeant par la droite le ravin du Correc de Saint-Estève. On passe devant cette ferme en respectant bien évidemment la propriété privée, en refermant les portails, et de préférence sans effrayer les bovins. Le Pic Lloset apparaît plus que jamais dans la ligne de mire avec son sommet ressemblant à la tonsure inversée d’un moine avec sa calotte d’un vert foncé composée de pins et de sapins sous laquelle on distingue une belle chevelure de feuillus au vert plus tendre. Mais plus on s’en rapproche et plus on s’aperçoit que sous la tête de cette montagne, le cou, lui,  est emmitouflé d’une superbe écharpe blanche constituée de merisiers en fleurs plus communément appelés cerisiers sauvages. D’ailleurs, à cette époque de l’année qu’est le printemps et tout en grimpant depuis Urbanya, vous avez déjà remarqué un grand nombre de ces magnifiques arbres en fleurs mais plus on va monter et plus on va en voir et de plus en plus grands et de plus en plus beaux, à un point tel que ce parcours j’aurais presque pu l’intituler le « Chemin des Cerisiers en fleurs ». Toutes ces fleurs sont un véritable ravissement pour nos yeux émerveillés mais pour les insectes en tout genre et notamment les abeilles, ce sont autant de tentations attractives à nulles autres pareilles qui engendrent pour nos « pauvres » oreilles un bourdonnement assourdissant. Au moment où la piste coupe le Correc de Saint-Estève, on fait le choix de poursuivre vers la droite la piste qui amorce un virage en épingle à cheveux. On ne quitte plus cette piste même quand celle-ci atteint la piste DFCI CO60 (en rouge sur la carte IGN) qui arrive du Col de Marsac. Pour ceux qui la connaissent, il s’agit d’un tronçon du magnifique Tour du Coronat que j’ai eu l'infini plaisir d’accomplir à l’été 2007 et que vous pouvez découvrir dans son intégralité sur mon site perso : Tour du Coronat. On laisse sur la droite, le petit refuge de la Travessa. Cette superbe forêt comportant une multitude d’essences différentes, on remarque au passage quelques jolis et rares thuyas et sapins de Douglas. On continue jusqu’après le prochain virage où à un vaste carrefour, on laisse définitivement le sentier du Tour du Coronat qui continue tout droit au profit de la piste herbeuse DFCI CO59 qui file à gauche, rectiligne et pratiquement à plat jusqu’au très boisé Pic Lloset. Bien sûr, c’est depuis ce dernier chemin que les vues sur le vallon d’Urbanya sont sans aucun doute les plus belles mais si le temps est beau et l’horizon dégagé, vous aurez eu le temps, tout en montant, de jeter de multiples regards vers un merveilleux Canigou, encore bien enneigé en ce début de printemps, sur une immense partie de cette splendide forêt domaniale de Nohèdes-Urbanya, sur quelques beaux pics, cols et « serrats » qui composent les paysages alentours. Le sommet du Pic Lloset est un petit monticule rocheux dérisoire qui se trouve derrière la forêt et une citerne et que l’on atteint en franchissant la clôture. Après cette brève découverte, vous pouvez bien sûr faire demi-tour et redescendre vers Urbanya par le même chemin. Les plus courageux ou les moins fatigués, eux, poursuivront à droite en direction du Pic de la Moscatosa qui se trouve à moins de 800 mètres.  Les fatigués mais courageux, eux poursuivront ma boucle en descendant le long de la clôture jusqu’au col de Marsac. Pour le Pic de la Moscatosa, il faut poursuivre le chemin qui file à droite puis quelques mètres plus loin, au moment où il fait une fourche, on prend la branche de gauche qui monte et on arrive devant un portail. Ici, les paysages changent du tout au tout : du côté droit, on a toujours cette épaisse et superbe forêt mais à droite ce n’est plus qu’une simple lande composée de petits genêts et d’une pelouse rase encore une peu verte à cette époque de l’année mais ça ne va pas durer bien longtemps. Ce contraste de végétation entre l’ubac d’Urbanya et la soulane de Nohèdes est simplement séparé par une clôture qui monte vers le Pic de la Moscatosa que l’on aperçoit à quelques encablures à droite. Il suffit de longer cette clôture puis de l’enjamber pour atteindre ce pic matérialisé au sol par une petite borne géodésique.  D’ici, j’en vois certains qui se diront : « le jeu en vaut-il la chandelle ? » A vous de juger mais sachez que de là-haut, vous aurez une vue bien plus ample sur la Rouquette et son épaisse et belle forêt, le Massif du Madres encore un peu enneigé, le pla des Gourgs, le Pic de la Pelade, le Puig d’Escoutou et bien sûr, sur le vallon de Nohèdes, sa belle forêt domaniale et sa magnifique Réserve Naturelle. Quant au Mont Coronat, il paraît si près que parfois on a cette étrange impression que l’on pourrait presque le toucher. Vers le sud-est, le Canigou continue de jouer le seigneur des cimes mais lui, me direz-vous : « ce n’était pas la peine de monter si haut pour le voir ! » Tous ces paysages dans un décor changeant où en poursuivant ma boucle, vous découvrirez les multiples ruines d’un pastoralisme qui, par bonheur, ne s’est pas éteint complètement. Pour s’en persuader, il suffit de regarder le sol et d’observer les nombreuses scybales, petites crottes sèches laissées par les brebis et les moutons. Après la montée vers le Pic de la Moscatosa, on en a pratiquement fini avec les dénivelés et il suffit de redescendre vers le pic Lloset du côté droit de la clôture que vous avez inévitablement franchie en ouvrant le portail ou enjambée avec précaution. La suite de la boucle est encore d’une grande simplicité puisqu’il suffit d’emprunter le chemin qui longe la clôture (parfois bizarrement balisée en jaune mais il s’agit sans doute d’un ancien itinéraire qui venait de Nohèdes), descend vers le pic de la Serra pour finir au col de Marsac. Mais à condition de le faire avec prudence et discernement, rien ne vous oblige à rester collés à cette clôture car quelques ruines effondrées ou cabanes de pierres sèches encore debout sont à découvrir. Une fois arrivés au col de Marsac, on va pratiquement faire demi-tour en évitant d’emprunter le Tour du Coronat qui nous emmènerai beaucoup trop haut et on va préférer la piste qui descend directement vers Urbanya. Cet itinéraire offre ensuite plusieurs possibilités mais pour éviter de retrouver la piste prise à l’aller, je conseille celle qui descend en une large boucle à main droite. C’est le parcours le plus long mais c’est le plus varié pour rejoindre le hameau. Au col de Marsac, il existe un raccourci mais comme la dernière fois que je l’ai pris, il était horriblement embroussaillé, je continue à le déconseiller formellement jusqu’à une prochaine vérification. Cette boucle proposée fait environ 14 kilomètres, aller et retour au Pic de la Moscatosa inclus. Comptez environ 5 heures à 5h30  pique-nique et arrêts inclus pour la réaliser en flânant et en prenant le temps de l’exploration. Beaucoup moins si on le souhaite. Sur ce parcours, et y compris tout au long des pistes forestières, vous remarquerez un grand nombre de clôtures dont certaines sont électrifiées. Cela signifie que vous êtes au sein d’une importante zone d’estives ou les bovins et ovins sont en liberté et peuvent être nombreux dans la montagne selon les époques. Veillez à ne pas casser les clôtures si vous les enjambez, veillez à refermer tous les portails derrière vous, veillez à respecter tous les animaux, veillez à ne pas les effrayer inutilement, ils peuvent s’avérer dangereux notamment pour les femelles qui mettent bas et protègent leurs progénitures. Si vous vous baladez avec un chien, tenez-le en laisse, si vous rencontrez un patou ou un autre chien de berger, pensez que vous êtes sur son territoire et éloignez-vous sans être agressif. Bien qu’agréable et réalisable en toutes saisons, je conseille de faire cette balade aux printemps à cause de tous ces arbres en fleurs ou en automne quand les couleurs des feuilles sont si chatoyantes. L’idéal, l’accomplir plusieurs fois, à des saisons différentes ! Pourquoi pas ? Carte IGN 2348 ET Prades-Saint-Paul de Fenouillet Top 25.

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L'Estany del Clot (1.682 m) depuis Nohèdes (960 m).

Publié le par gibirando

 
Ce diaporama est agrémenté de la musique de Gabriel Fauré "Pavane op.50" jouée ici par le London Chamber Orchestra dirigé par Christopher Warren-Green.
 


Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

J’ai déjà évoqué Nohèdes dans ce blog comme point de départ de deux randonnées qui filaient vers le hameau d’Urbanya et que j’avais d’ailleurs intitulé « le Balcon d’Urbanya » pour une et « les villages perdus du Conflent - Nohèdes-Urbanya » pour l’autre. Dans cette dernière balade, j’avais d’ailleurs précisé que si ces deux villages constituaient des « culs de sac » car les routes goudronnées D.26 et D.26b ne vont pas plus loin, ce ne sont pas pour autant des impasses pour les amoureux de nature en général et de randonnées pédestres en particulier. Aujourd’hui avec cette petite jolie escapade qui part de Nohèdes en direction de « l’Estany del Clot », je vous en apporte une nouvelle fois la preuve. « L’Estany del Clot » que vous pourrez aussi trouver sous les dénominations d’étang de Soucarrades ou du Clemens et notamment sur le site Internet www.lacsdespyrenees.com/ est une petite retenue peu profonde qui reçoit les eaux de deux ou trois petits torrents de montagne. Ces torrents plus ou moins longs descendent soit des proches contreforts du Massif du Madres soit du Gorg Estelat ou lac de Nohèdes dont la rivière des Camps Réals. L’étang qui est situé à la diffluence de ces quelques ruisseaux voit ensuite ses eaux en partie captées et acheminées par une conduite qui sert à faire fonctionner la turbine d’une centrale électrique située 5 kilomètres plus bas à Nohèdes au lieu-dit La Farga. Le surplus se jette dans la rivière de l’Homme Mort, elle-même affluente comme le rivière des Camps Réals de la rivière de Nohèdes qui elle même se confond avec le Caillan. L’Estany del Clot est bien connu des pêcheurs de truites pour ses énormes « fario » qui se gavent des nombreux vairons qui pullulent dans ses eaux. Le départ vers l’Estany del Clot s’effectue de Nohèdes, village qui mérite bien qu’on s’y attarde et qu’on flâne dans ces jolies et vieilles ruelles. Vous pourrez y visiter la Maison de la Réserve Naturellel’église dédiée à Saint-Martin et un dernier conseil, arrêtez-vous à l’ancien presbytère transformé depuis plusieurs années en chambres d’hôtes, car je pense, que vous y serez parfaitement reçu comme j’ai pu l’être moi-même en 2007 lors de mon Tour du Coronat que j’ai eu maintes et maintes fois l’occasion d’évoquer ici dans ce blog. D’ailleurs, pour se rendre à notre objectif du jour, il faut emprunter l’itinéraire du Tour du Coronat. Le Coronat est cette longue montagne oblongue et très boisée qui se trouve sur votre gauche et que vous avez inévitablement suivie tout au long de la route depuis Ria pour parvenir jusqu’à Nohèdes. Le Mont Coronat est le sommet de ce massif qui culmine à 2.172 mètres et dont les impressionnantes falaises, que vous apercevez en montant vers l’Estany del Clot, recèlent une « merveilleuse » fleur que l’on appelle l’Alysson des Pyrénées (Alyssum Pyrenaicum) et que l’on ne trouve nulle part ailleurs. On passe devant la centrale électrique et on poursuit par la piste. Au lieu-dit « Cortals » sur la carte IGN et après un virage en épingle à cheveux tout près de Montailla, on délaisse la piste au profit d’un sentier balisé en jaune qui monte à gauche dans la forêt. Si la piste fait la part belle à de multiples essences et notamment aux chênes, le sentier, lui, grimpe essentiellement dans une belle et sombre hêtraie. Ce sentier, on ne va plus le quitter jusqu’à retrouver la piste près du lieu-dit sur la carte « Font de la Péga ». Là, la végétation change et les hêtres laissent la place à des conifères et principalement aux pins à crochets. Quelques raccourcis permettent d’éviter les sinuosités de la piste et on finit par arriver à un croisement. A cet embranchement on délaisse définitivement le Tour du Coronat, dont l’itinéraire part à gauche vers le Col de Portus comme l’indique un explicite panonceau. On tourne donc à droite en direction du Gorg Estelat et 300 mètres plus loin, près d’un enclos, un autre panonceau mentionne l’Estany del Clot. Il suffit de descendre à droite, on passe devant un petit refuge, on longe quelques clôtures et notre but du jour est enfin atteint. Petit lac verdâtre au premier abord, il change de couleurs et son miroir peut aller du vert glauque à un gris acier presque noir en passant par différentes nuances de bleus selon les angles que l’on porte sur lui et surtout, si on se donne la peine d’en faire le tour. Entouré de pins à crochets sur sa berge sud, il resplendit dans un espace grandiose et verdoyant au pied du majestueux et ténébreux Mont Coronat qui se réfléchit dans ses eaux tranquilles. Ses flancs sont composés de « jasses » où paissent très souvent vaches et moutons. Ne s’agissant pas d’une boucle, le retour s’effectue par les mêmes chemins. Les esprits chagrins me diront : « Pourquoi ne pas poursuivre vers les autres lacs à savoir le Gorg Estelat ou lac de Nohèdes, le Gorg Blau ou lac Bleu et enfin le Gorg Nègre ou lac d’Evol ? » Si je ne peux pas leur donner tort, j’estime qu’avec ses 18 kilomètres aller-retour et plus de 700 mètres de dénivelé depuis Nohèdes, cette randonnée à l’Estany del Clot se suffit à elle-même même si je garde les autres lacs en réserve pour une sortie ô combien plus sportive que celle décrite aujourd’hui. En outre, j’ai déjà décrit ces autres lacs à partir de Jujols que les lecteurs intéressés pourront retrouver dans mon Tour du Coronat :

http://pagesperso-orange.fr/gilbert.jullien/DES_MERVEILLES0.htm.

Ici, au cours de cette randonnée et selon les saisons, tous les amateurs de nature et pas seulement les randonneurs, y trouveront leurs comptes. Les « taquineurs » de truites bien sûr, mais aussi les amateurs de champignons ou encore ceux qui ne craignent pas de voir leurs doigts rougis par les mûres, myrtilles, framboises ou autres fraises des bois que l'on trouve dans ce secteur pour peu qu'on veuille s'en donner la peine. Je ne parle pas des chasseurs qui sont très nombreux dans cette zone à traquer sangliers, cerfs, isards et autres chevreuils mais eux n’ont pas vraiment de mérite car ils montent en général en 4x4 jusqu’au col du Portus par Evol. L’idéal est de consacrer une pleine journée à cette belle balade avec soit un simple pique-nique ou mieux quelques bonnes viandes que vous pourrez faire griller sur les foyers aménagés à cet effet au bord de ce charmant petit lac de montagne. Ce lac qui a su conserver un côté sauvage qui ne laisse personne indifférent. Cartes IGN 2348 ET Prades-St-Paul-de-Fenouillet puis 2249 ET Font-Romeu-Capcir Top 25.

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Le Balcon d'Urbanya (1.535 m) depuis Nohèdes (942 m)

Publié le par gibirando

Dans un précédent article, j’avais déjà évoqué ces deux magnifiques villages perdus du Roussillon que sont Nohèdes et Urbanya. J’avais longuement expliqué les nombreuses possibilités de randonnées qui y avait dans ce secteur avec des petites balades de quelques heures jusqu’à des sorties de 2 jours pour ceux qui gagnés par la montagne auraient été tentés de se rendre à Callau. Cette fois, bien que partant toujours du même endroit, parking et hangar situés 500 mètres avant Nohèdes sur la D.26, il va être surtout question de l’autre village, c'est-à-dire celui d’Urbanya ou Orbanya en catalan. Comme souvent, ce village du Conflent s’est peu à peu construit autour de son église, dédiée ici à Saint-Etienne, elle est de style roman et date du 12eme siècle. Lors de cette longue boucle, cette église, vous aurez l’occasion de la côtoyer mais ce ne sera que très tard quand vous serez sur le chemin du retour. Pour l’instant, il va vous falloir atteindre le col de Marsac (1.056 m) et emprunter le chemin du Tour du Coronat, magnifique et pauvre tour qui va vous mener dans un premier temps jusqu’au col de Tour (1.535 m). Je dis magnifique tour car j’ai eu l’occasion et le plaisir de l’arpenter dans son intégralité en 2007 et j’évoque ce récit dans mon site perso :

http://pagesperso-orange.fr/gilbert.jullien/DES_MERVEILLES0.htm

et pauvre, parce que ce Tour du Coronat, délaissé depuis quelques années par la FFRP,  mériterait bien une réhabilitation, tant il est agréable à cheminer.  Mais revenons à nos moutons que vous aurez peut-être l’occasion de rencontrer ici car le pastoralisme y est encore présent grâce à quelques éleveurs qui occupent la Réserve Naturelle.  Ce chemin, je l’ai appelé le « Balcon d’Urbanya » car comment l’appeler autrement tant il reflète cette réalité. En effet, toute la journée et en permanence, vous surplomberez soit le vallon où coule la rivière d’Urbanya soit le village lui-même que vous aurez très souvent dans votre champ de vision. Après le col de Marsac, le chemin n’est que larges pistes, il est donc très roulant comme disent les cyclistes, assez simple à cheminer mais les pistes sont si nombreuses à cet endroit qu’elles méritent tout de même un peu d’attention au risque de s’égarer. Une carte IGN est donc recommandée et un GPS n’est pas superflu, notamment si le brouillard vient à se lever. Je vous conseille également de faire très attention aux clôtures électrifiées présentes ici car je me souviens avoir pris  « une castagne mémorable » qui m’a électrocuté du bras jusqu’au cou et au bas ventre en passant par la poitrine. Sinon, le chemin est contrasté et donc très plaisant à sillonner, car il alterne les vues sur de magnifiques et grandioses panoramas, vers la plaine du Roussillon et le Canigou notamment au travers de petits sous-bois de feuillus variés, de grandes hêtraies et de forêts de grands conifères. Au col de Tour, vous commencerez à avoir de magnifiques panoramas avec des horizons sur les massifs du Coronat et du Madres. Il faut prendre à droite la piste qui descend simplement vers le col de les Bigues (1.359 m). A ce col, vous aurez deux possibilités pour descendre sur Urbanya selon l’embroussaillement du chemin. La dernière fois, au col de Bigues, le chemin direct était trop embroussaillé et nous avons du poursuivre jusqu’à celui du Clot de Baro (voir sur ma carte). Dès que vous aurez quitté le large chemin, il  faut descendre en longeant le petit ravin du Correc du Serrat de les Bigues, en faisant bien attention de rester toujours sur son côté gauche. Ce sentier est parfois balisé en bleu mais ne suivez pas ce balisage qui quelquefois vous entraîne par erreur au fond du Correc. Suivez le balisage jaune qui, sans souci, va vous amener à Urbanya, village que vous devriez avoir largement le temps de visiter. Après Urbanya, empruntez la piste terreuse qui passe devant l’église et le minuscule cimetière et ne la quittez plus jusqu’au col de Marsac en évitant à nouveau de vous égarer sur les mauvaises pistes qui vous ferez tourner en rond ou vous perdre. Evitez aussi, la petite sente décrite sur les cartes qui part directe du lieu-dit La Devesa vers le col de Marsac car elle est depuis quelques années quasiment impraticable hormis peut-être pour quelques chasseurs du coin qui la connaissent par cœur. Au col de Marsac, vous n’aurez plus qu’à reprendre la direction de Nohèdes. Cette longue randonnée d’environ 25 à 26 kilomètres peut-être faite au printemps, en été et même en hiver, par les plus sportifs et si la neige est absente il va de soi, mais personnellement c’est en automne que je la préfère. A cette époque, on a droit à une palette de bruns, de  jaunes, d’oranges, de rouges et de verts qui, croyez-moi, ne laisse personne indifférent ! Carte IGN 2348 ET Prades-St-Paul-de-Fenouillet Top 25.

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Les Villages perdus du Conflent -de Nohèdes à Urbanya

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de la chanson "Nous Nous Reverrons Un Jour Ou l'Autre", paroles de Jacques Plante et musique de Charles Aznavour interprétée ici par Thierry Le Luron (version incomplète)

Les Villages perdus du Conflent -de Nohèdes à Urbanya

Les Villages perdus du Conflent -de Nohèdes à Urbanya

Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Cette balade, je l'intitule la randonnée des villages perdus du Conflent (*). En effet, les deux hameaux de Nohèdes et d'Urbanya sont des culs de sac. Des culs de sac oui car la route s'arrête là ! Des impasses non ! Car une fois franchie la dernière trace de bitume, la montagne sera à vous !  Et quelle montagne ! Etrange car pleine de découvertes où l'histoire et les légendes se confondent.  Etonnante car parfois luxuriante et boisée parfois aride et déserte. Intéressante avec ses empreintes permanentes d'un pastoralisme passé et présent mais aussi d'autres traces encore plus anciennes car néolithiques comme des dolmens, des roches cupules ou à gravures cruciformes. Mais surtout splendide et sauvage avec des lacs (estany dels ClotsGorg Negre et Estelat), de belles vallées  et des gorges encaissées (Urbanya), des torrents qui y dévalent, des multiples cols,  des hautes falaises (Coronat), des hauts sommets plus ou moins loins et plus ou moins hauts (Madres, Pelade, Coronat, Tour, Gran, roc de Torrelles, Lloset, Moscatosa, Portepas,Jornac) de magnifiques forêts domaniales et des réserves naturelles (Conat, Nohèdes) où vous aurez tout loisir de découvrir une flore somptueuse et peut-être la chance d'aller à la rencontre d'une faune qu'il faut impérativement préserver !  Et enfin pour couronner le tout, cette randonnée s'adaptera à tous ! Vous pourrez aller de Nohèdes à Urbanya en deux heures comme en huit ! Surprenant non ? Si le coeur vous en dit, vous pourrez même y passer 2 jours dans cette fabuleuse montagne ! Suivez-moi !  La randonnée démarre sur la D.26, 500 mètres avant d'entrer dans Nohèdes. Laissez votre véhicule près d'un hangar et suivez la sente mentionnant Urbanya sur un petit panneau de bois. Vous êtes sur le Tour du Coronat. A découvrir dans son intégralité sur mon site perso en cliquant sur ce lienNohèdes s'éloigne (photo), la rampe caillouteuse faite de lauzes s'élève en douceur jusqu'au Col de Marsac que vous atteignez en moins d'une heure. Un large panorama s'entrouvre sur  la plaine du Roussillon jusqu'au Pic du Canigou. A vos pieds, la jonction du profond canyon d'Urbanya et de la verte et sombre vallée de Nohèdes engendre le tranquille vallon du Caillan. Là, au Col de Marsac, comme je vous l'ai dit plus haut, deux solutions s'offriront à vous : soit vous descendrez par la piste forestière indiquant parfaitement Urbanya, dont vous apercevez au loin les premières maisons, soit vous poursuivrez le Tour du Coronat jusqu'au col de Tour. Là vous gambaderez quelques heures dans la merveilleuse et contrastée forêt domaniale de Nohèdes/Urbanya. Au col de Tour, si vous avez choisi de découvrir la montagne sur 2 jours, vous partirez vers le refuge de Callau distant de 5 kilomètres dont vous aurez au préalable réservé le gîte et le couvert. Dans le cas contraire, vous prendrez la direction du Col des Vigues pour ensuite redescendre de manière évidente sur Urbanya. Prenez le temps d'un peu de repos pour visiter ce beau hameau perdu !  Du village, vous repartirez jusqu'au col de Marsac par la piste forestière qui passe devant la jolie église pour un retour vers Nohèdes qui lui aussi mérite le détour ! Très longue, longue ou courte, comment la désirez-vous cette randonnée ? Il ne vous reste plus qu'à faire votre choix ! Oubliés ces deux villages ? Pas si sûr ! Cartes IGN 2348 ET Prades-St-Paul-de-Fenouillet Top 25 (et 2249 ET Font-Romeu-Capcir Top 25 si vous allez au refuge de Callau).

(*) Un peu de ma propre histoire : En lisant le présent récit, en regardant la présente vidéo et en visionnant la carte IGN, vous serez un peu perdu ; comme ces deux villages que j'évoque ! Il faut savoir que ce petit reportage est un des tout premiers à avoir paru sur mon blog qui venait tout juste de naître. Alors, il faut savoir aussi qu'en 2007, j'avais accompli le Tour du Coronat en 6 jours, m'arrêtant à Nohèdes mais pas à Urbanya, que je ne vis que de très loin. La météo n'était pas très bonne ce jour-là, j'étais atatendu au refuge de Callau (désormais fermé depuis quelques années !) et je ne voulais pas être pris sous l'orage ! C'est beaucoup lors de ce tour que j'ai découvert une belle partie de ce secteur du Haut-Conflent. Je suis tombé sous son charme au point d'avoir envie d'y retourner en diverses occasions. Ce fut le cas, lors de cette petit balade en mars 2008 qui consista à partir du Nohèdes pour aller piqueniquer au col de Marsac (la présente vidéo). Toutefois, et pour avoir accompli le Tour du Coronat quelques mois auparavant (été 2007), je connaissais mais je soupçonnais aussi toutes les possibilités de balades et de randonnées qu'il y avait à y faire. Même si je ne les avais pas encore toutes accomplies, j'ai voulu en parler en les évoquant ici (présent récit et carte IGN). Le charme fut tel qu'en 2010, je fis l'acquisition d'une petite maison à Urbanya et là, je découvris, mais sur le terrain cette fois, toutes ces possibilités que j'avais évoquées et imaginées, la magnificence des lieux mais aussi la beauté et la richesse de sa flore et sa faune. J'avais vu juste. J'étais tombé amoureux de ces vallées et de leurs villages parmi lesquels il ne faut pas oublier Conat. Bien sûr, vous retrouverez toutes ces randonnées dans mon blog soit en tapant "Nohèdes" ou "Urbanya" ou encore "Conat" dans la rubrique "recherche" soit dans la liste des randonnées des Pyrénées-Orientales. Belles balades ! - mai 2022.

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