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Le Pic de Vergès (584 m) depuis Saint-Arnac

Publié le par gibirando


 
Ce diaporama est agrémenté des 3 chansons de Jean-Jacques Goldman. Elles ont pour titre : "Quand La Musique Est Bonne""Au Bout de Mes Rêves" et "Je Te Donne" avec Michael Jones.
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Pour agrandir les photos, cliquez dessus. 2 fois pour un plein écran.

Si je vous dis qu’il s’agit d’un pic à 584 mètres d’altitude et que pour y accéder, vous n’aurez guère plus de 250 mètres de dénivelé à accomplir et si, j’ajoute que de son sommet, on a en supplément des panoramas incroyablement époustouflants sur notre beau département et bien plus loin encore avec notamment des vues superbes sur un magnifique lac bleuté, vous allez me dire : « Non, ce n’est pas possible, il s’agit d’une arnaque ! ». Eh bien oui, ce pic existe bel et bien et ici la seule arnaque, c’est le nom du village, point de départ de cette jolie petite randonnée au Pic de Vergès que je vais vous décrire. Ce village s’appelle Saint-Arnac et si je reconnais que le mot « arnaque » peut paraître ici un peu excessif, il faut tout de même savoir qu’il y a néanmoins une « belle » supercherie quant on sait qu’aucun saint du nom d’Arnac n’a jamais existé. En effet, le village doit essentiellement ce nom-là à la transformation très arbitraire et purement phonétique du nom originel qui en occitan se prononce « çantarnac ». En réalité, si j’en crois les historiens, le village s’appela d’abord Villare Centernaco (an 899) tiré sans doute du nom de la première famille ayant occupée les lieux puis au fil des différentes invasions et occupations, cette appellation se modifia quelque peu (villa Sent Ernach en 1137, puis Sanctum Arnachum en 1214, Sent Arnach en 1395) jusqu’à devenir Centernach ou Centernac en catalan. Au 13eme siècle, période où le hameau fut sous le contrôle de l’Ordre des Templiers du Mas Deu, le nom de Centernach, on le retrouve associé à un prénommé Pierre, précepteur chargé de percevoir les redevances pour le compte de la communauté templière. Mais comme à l’époque, il était coutumier d’accoler le nom du village au prénom du frère qui était chargé de la gestion de la maison templière rien n’explique cette francisation du nom de Centernach en Saint-Arnac intervenue, elle, plusieurs siècles plus tard, au 17eme exactement. Voilà pour « l’arnaque » mais c’est la seule car la balade au Pic de Vergès, elle, mérite vraiment le détour. Moi, c’est tout à fait par hasard, que j’ai découvert les panonceaux relatifs à cette jolie balade ; tout autant qu’on puisse appeler « hasard », le Tour des Fenouillèdes pédestre, que j’ai réalisé en septembre dernier avec mon fils. Cinq jours de marche au cours desquels, nous avons amplement pris plaisir à découvrir cette belle région trop méconnue sans doute et que j’aurais l’occasion de vous décrire d’ici quelques temps sur mon site perso Internet. La balade au Pic de Vergès étant plutôt courte, plutôt que de démarrer de Saint-Arnac, j’avais décidé de partir du Col de Lacroux, juste au dessus du village, là même où passe le GRP Tour des Fenouillèdes et où j’avais découvert les panneaux indiquant le Pic de Vergès quelques mois auparavant. Mon idée première était de monter au pic le matin et de me rendre ensuite d’une seule traite mais l’après-midi, à la Tour et au Roc de Lansac, tout proches. La « chose » me semblait parfaitement concevable et réalisable à l’analyse que j’avais faite de la carte IGN,  mais, c’était sans compter sur l’impressionnante carrière de feldspath dont les exploitants ne semblent avoir cure des différents sentiers de randonnées. En effet, sans parler des multiples interdictions, cet itinéraire de randonnées pourtant parfaitement surligné sur les cartes et balisé sur le terrain a été en partie détruit par les bulldozers puis ensevelis sous les tonnes de gravas et les énormes magmas rocheux déversés par d’énormes camions style « Monsters Trucks » mais en bien plus gros. Alors, il est vrai que mon GPS aidant et si j’avais fait preuve à la fois de bravade et de ténacité, j’aurais pu réaliser le parcours initialement prévu mais le côté « galère » de cette « marche forcée »,  allié aux mesures de prudence répétées de la mine à ciel ouvert m’en ont dissuadé. Je n’ai pas eu à le regretter puisque ce contretemps m’a permis d’effectuer une petite boucle et d’aller ainsi découvrir le charmant village de Saint-Arnac que je ne connaissais pas et pour cause, puisque le Tour des Fenouillèdes évite le hameau en passant juste au dessus. Il faut le dire, la visite fut plutôt expéditive car le vieux village est minuscule et on en a vite fait le tour : quelques agréables petites ruelles, l’église du XIIeme siècle dédiée à Saint-Pierre avec une horloge assez insolite, la place principale « Pierre de Centernach » avec une jolie fontaine de 1881 et l’originale devanture de la cave vinicole dont le nom de « Préceptorie de Centernach » est un hommage certain rendu à l’Histoire du village en général et aux Templiers en particulier. C’est à peu près tout. Je ne vais pas vous décrire en détail le parcours que j’ai réalisé car il s’agit simplement d’une courte portion du GRP Tour du Fenouillèdes balisé en jaune et rouge qui part du Col de Lacroux, retrouve un peu plus loin le petit PR qui lui arrive du village et monte directement au Pic de Vergès. Si je ne vous décris pas mon parcours, c’est parce qu’il ne s’agit pas de l’itinéraire le plus logique qui lui part du village près d’un bel oratoire. Comme d’habitude, je joins à cet article, les tracés sur la carte IGN et un diaporama photos qui peuvent être des assistants précieux au parcours que vous souhaiterez accomplir. Toutefois, sachez que quelque soit le tracé que vous effectuerez, celui partant du village ou bien le mien, ici tout est parfaitement balisé, signalé, indiqué et pour atteindre le sommet de cette « serre » de granite, il vous suffira de suivre les nombreux panonceaux puis les innombrables marques jaunes peintes sur les pierres ou les arbres, tout au long du chemin. La piste que j’ai prise est intéressante car elle domine en permanence le village avec de très jolies vues presque de tous côtés, avant même d’arriver au sommet. Le vaste lieu-dit dominé s'appelle Lassaldou dont la toponymie m'échappe encore. On peut néanmoins imaginer que cette appellation serait l'association de "lassal" ou "la sala" signifiant "demeure seigneuriale" et de "dotz" qui est une "source" voire un "canal", le tout tiré de l'occitan. Une maison seigneuriale avec une source ou un canal a-t-elle existé ici ? Ce n'est pas impossible au regard de l'Histoire que l'on connaît. L’approche du pic de Vergès est courte mais pas toujours évidente à cause des éboulis caillouteux et de la déclivité très pentue du sentier où pour cette raison des escaliers de rondins ont été parfois disposés pour en faciliter l’ascension. Sur la fin, il faut s’aider autant des mains que des pieds pour parvenir au sommet. Mais avant de l’atteindre et par mesure de sécurité, des câbles ont été disposés aux endroits les plus risqués mais finalement peu dangereux pour peu que l’on prête un minimum d’attention et qu’on ne soit pas considérablement sujet aux vertiges. On continue de grimper quelques roches et un sentier encore caillouteux pour atteindre, tout près du sommet, de vieilles ruines, sans doute « pastorales », du temps où les bergers venaient faire paître leurs troupeaux sur cet étonnant belvédère. Puis au sommet, on y remarque aussi une petite plate-forme faite de quatre carrelages dont l’emplacement m’a laisser penser qu’elle avait pu servir à installer des appareils d’optique ou de mesures puis, juste à côté, une rudimentaire table d’orientation où les noms des lieux ont été grossièrement gravés à même la petite dalle cimentée. Plus loin, une petite borne géodésique ainsi qu’une plaque de l’Institut Géographique National démontrent l'intérêt que ce sommet a eu pour les géographes. Difficile de vous décrire la beauté des panoramas que l’on a depuis le pinacle du Pic de Vergès, chacun appréciant les paysages de sa propre façon et parfois, selon son humeur du moment. Moi, dans le silence ambiant que seul le vol d’une compagnie de perdreaux est venu troubler un court instant, je me suis assis et me suis mis à casser la croûte.  Puis, tout en dévorant mes sandwichs, j’ai tenté, dans un premier temps, de retracer le parcours que j’avais effectué avec mon fils, il y a quelques mois, en réalisant cet inoubliable Tour des Fenouillèdes. D’ici, le petit hameau de Trilla, départ de notre première étape, semblait complètement perdu au cœur d’un vaste plateau verdâtre, puis le sentier escaladé se terminait au sommet de la Sarrat de l’Albèze et du regard, je ne pouvais pas poursuivre plus loin l’itinéraire emprunté. Alors, j’ai légèrement tourné la tête sur la droite et j’ai aperçu très loin, presque à l’horizon, les collines dénudées que nous avions arpentées entre Eus et Sournia lors de la 2eme étape et qui servent de frontière entre pays Conflent et Fenouillèdes. Un peu devant, j’en étais déjà au début de la troisième étape qui nous avait emmené au dessus de Prats-de-Sournia dans cette merveilleuse et grandiose forêt de Boucheville dont nous avions mis une journée toute entière à traverser pour déboucher finalement au col de Tulla, au pied du Pech de Fraissinet et de La Pelade. D’ici, cet énorme mamelon à la fois aride et boisé semblait fermer l’extrémité de l’étonnant synclinal de Saint-Paul. Là, je n’ai plus pu tourner la tête à droite sans me déplacer. Alors, assis sur la borne géodésique qui matérialise le sommet du Pic de Vergès, j’ai tourné mes fesses vers le nord-ouest en direction des Corbières mais surtout du Pech du Bugarach dont nous avions tant apprécié les alentours verdoyants lors de la quatrième étape. Puis, toujours du regard, je me suis mis en grimper à nouveau les flancs débonnaires du Roc Paradet et là, de nouveau, j’ai perdu le fil d’Ariane de mon itinéraire imaginaire car les collines calcaires dominant Lesquerde obstruaient ma mémoire. Je brûlais les kilomètres et j’étais déjà là, au pied du Pic de Vergès sur cette piste bitumée qui surplombe d’un côté, les toitures rougeâtres de Saint-Arnac et de l’autre, les carrières blanchâtres de Lansac. Là, je fis quelques pas en arrière pour me remémorer les difficultés que nous avions rencontrées pour gravir les éboulis de la petite Serre de Cors avec nos sacs à dos bien trop lourds. Puis, après un nouveau demi-tour fessier, j’ai repris ma marche en avant vers le sud, pour finalement observer les reflets argentés du superbe et longiligne lac de Caramany. La rivière Agly qui remplissait le lac m'entraîna vers le merveilleux aqueduc romain d’Ansignan. Je me souvenais que nous avions baigné nos pieds endoloris et surchauffés dans les eaux fraîches du canal avec délectation. Je me souvenais aussi de la traversée dAnsignan et des Albas puis de la montée du petit Roc de Terre Blanco où nous avions, à la fois, tant soufferts des kilomètres déjà accomplis, de la forte chaleur et du manque d’eau dans l’ascension finale. En regardant vers Trilla, le souvenir de cette longue boucle de 5 jours et de cette 5eme étape du Tour des Fenouillèdes ; ou Vadrouille dans le fenouil comme je l'avais appelé ; se refermèrent conjointement. Assez bizarrement, je pris conscience que cette évocation des 5 jours de marche venait de me prendre que 5 minutes,  Il ne me resta plus qu’à lever les yeux au ciel et vers les cimes enneigées du Canigou pour finir en beauté ce périple. Voilà tous les paysages que j’ai vu des hauteurs du Roc de Vergès, mais si vous y allez, vous y verrez sans doute bien d’autres décors tant la vision porte bien plus loin que les limites d’un « simple » souvenir aussi beau avait-il été. Mais que voulez-vous, ce Tour des Fenouillèdes accompli avec mon fils ce fut pour moi, un vrai Tour du bonheur ! Alors monter au Pic Vergès et me remémorer tout ça le fut encore ! Carte IGN 2448 OT Thuir – Ille-sur-Têt Top 25.

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Un Tour du Bonheur

Publié le par gibirando

J’aime mes enfants par dessous tout et j’aime la randonnée car c’est mon passe-temps favori. Alors comment, dans mon journal mensuel, pourrais-je passer sous silence ce merveilleux Tour pédestre des Fenouillèdes qu’en ce mois de septembre je viens d’accomplir avec mon fils. Quand il m’a annoncé qu’il voulait partir marcher avec moi, j'ai été d'abord très surpris car il préfère nettement le VTT mais j’étais tellement heureux que j’ai mis tout en œuvre pour que ce tour que j’avais inscrit dans mes tablettes depuis fort longtemps se réalise et croyez-moi, même s’il  ne fut pas très facile à organiser, car il faut le dire ce pays des Fenouillèdes est incontestablement le parent pauvre du département des Pyrénées-Orientales, il était hors de question pour moi que nous ne l’accomplissions pas ensemble. Le Fenouillèdes, terre occitane oubliée ou ignorée des catalans depuis le traité des Pyrénées de 1659, il suffit pour s’en convaincre, de compulser Pyrénées-Orientales - L’Encyclopédie Illustrée du Pays Catalan où seulement deux pages sont consacrées à cette belle région sur les 302 pages que comporte ce gros ouvrage. Pour se convaincre de cette indifférence et de cette ignorance quasi générale, il suffit de vouloir parcourir ce tour, pourtant parfaitement balisé par les comités associatifs pédestres, pour constater qu’aucun topo-guide n’a encore été édité ni par la Fédération Française de Randonnée Pédestre ni par aucun autre éditeur. Quand à l’organisation, si dans les communes les plus importantes que sont Saint-Paul-de-Fenouillet, Caudiès-de-Fenouillèdes et Sournia, on trouve assez aisément le gîte et le couvert, il y a, en terme d’hébergements, quasiment un grand vide dans la partie est de ce tour sur une immense portion qui va de Saint-Paul à Sournia, c'est-à-dire depuis Lesquerde à Eus en passant par Ansignan, Trilla, Tarerach, Marcevol et Arboussols. C’est d'ailleurs, je pense, la raison essentielle pour laquelle ce tour n’a pas été édité et reste peu fréquenté et que nous-mêmes avons été contraints de camper lors de la première étape qui nous a amené de Trilla à Eus. J’ai d’autant plus du mal à comprendre ce désintéressement pour les Fenouillèdes et cette désaffection pour ce magnifique tour pédestre que cette région regorge de richesses naturelles, architecturales et patrimoniales exceptionnelles. Pour n’évoquer que les sites les plus remarquables rencontrés ou aperçus sur l’itinéraire et sans parler des excellents vignobles que l’on côtoie au fil du parcours, Rivesaltes et Maury pour ne citer que les plus connus, il y a le superbe Prieuré de Marcevol, la localité d’Eus, élu plus beau village de France, de nombreux jolis hameaux oubliés dont ceux de Comes et de Campeau par exemple , ces étonnants amas de mégalithes naturels du Parc Naturel Régional des Pyrénées-Catalanes, les admirables forêts domaniales du Fenouillèdes, de Boucheville et du Moyen-Agly, les merveilleuses gorges de Saint-Jaume et de Galamus avec son ermitage Saint-Antoine, les belles vallées de la Désix, de la Boulzane et de l’Agly pour ne parler que des principales rivières, les ruines d’innombrables mas pastoraux et de nombreux châteaux dont ceux de Fenouillet, l’ admirable église Notre-Dame de Laval à Caudiès, les étonnantes échines géologiques calcaires que sont le synclinal de Saint-Paul s’étirant sur plus de 30 kilomètres et les Corbières avec ses pechs et notamment celui monumental et mystique de Bugarach, le surprenant chapitre de Saint-Paul avec son insolite clocher heptagonal et enfin peut-être le plus merveilleux et emblématique joyau architectural de la région avec le splendide pont-aqueduc romain d’Ansignan dans un état de conservation exceptionnel et encore en état de fonctionnement malgré son grand âge de plus de 17 siècles. Voilà quelques unes des principales merveilles que vous pourrez découvrir si vous êtes un jour amenés à réaliser ce tour dans son intégralité. Mais le Fenouillèdes, ce n’est pas seulement cela, ce sont des hommes qui ont su façonner un pays très tourmenté fait d’une succession de collines et de multiples ravins, des hommes qui ont réussis à élever de charmants villages dans les coins les plus reculés, des hommes qui malgré les occupations, les invasions successives (romains, wisigoths, musulmans, francs, espagnols, etc.…) et un passé parfois tumultueux comme les guerres entre cathares et catholiques sont restés accueillants et ont réussi à en faire un pays où il fait bon vivre. Même si en raison d’une mauvaise météo, les deux premiers jours n’ont pas été très propices à une flânerie pédestre,  sur ce Tour des Fenouillèdes, ce bien-être, Jérôme et moi avons eu l’occasion de le goûter tout au long de ces 5 jours. Alors, je ne sais pas ce que Jérôme en pense mais pour moi, ce périple de 120 kilomètres avec lui, restera très longtemps un vrai Tour du Bonheur.
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La Fontaine du Loup (Foun del Loup-650 m) de Trilla à Pézilla-de-Conflent

Publié le par gibirando



Ce diaporama est agrémenté de 3 musiques interprétées par le groupe "Rondò Veneziano" extraites de leur album "Concerto Per Vivaldi". Elles ont pour titre : "Primavera", "La Cetra" et "Estro Armonico".

Si quand vous étiez enfant, votre maman a hanté vos nuits après vous avoir raconté le "Petit Chaperon Rouge" et si vous avez gardé au fond de votre mémoire cette peur du "grand méchant loup" qui mangeait votre grand-mère, autant que je vous tranquillise tout de suite quant au titre que j'ai donné à cette jolie randonnée. En effet, la Fontaine du loup ou Foun del Loup en occitan est le nom du point culminant (650 m) de cette magnifique petite balade au cœur du pays Fenouillèdes qui fait la jonction entre deux superbes hameaux que sont Trilla et Pézilla-de-Conflent. Alors soyez rassurés, car vous n’y verrez certainement ni loup pas plus que de fontaine pour la bonne et simple raison qu’ici le mot « fontaine » doit se traduire dans son sens le plus originel c'est-à-dire le mot « source ». Alors si la source du Loup existe bien en bordure du chemin et si d’ailleurs on coupe son petit ruisseau sur le chemin du retour, inutile de me demander pourquoi on l’a appelé ainsi. Je suppose que dans un passé plus ou moins lointain, un loup aurait été aperçu entrain de boire près de cette source ou bien était-il là à guetter une proie comme dans la célèbre fable d’Esope reprise un peu plus tard par Jean de La Fontaine sous le titre « le loup et l’agneau » :

La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l'allons montrer tout à l'heure.
Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d'une onde pure.
Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage
?

Etc.….Mais revenons à nos moutons ou plutôt à mon loup. La randonnée démarre du charmant village de Trilla où on laisse son véhicule sur le parking aménagé à cet effet. On passe devant la jolie mairie et tout en lui tournant le dos, on emprunte tout droit la rue des Troènes. On poursuit encore tout droit la rue du Château d’Eau qui, au printemps, nous fait sortir très rapidement du village au milieu de magnifiques et flamboyants buissons de genêts. On arrive devant une petite décharge et là on tourne à gauche en empruntant le Tour des Fenouillèdes balisé en jaune et rouge. En cet agréable antépénultième jour du printemps, s’étalent devant nous de vastes prairies où ondulent de graciles graminées, quelques vignes parfaitement alignées et des prés d’un vert intense. Plus loin, les jolis paysages s’entrouvrent sur une immense partie du Pays Fenouillèdes et à l’horizon, sur la longue chaîne blanchâtre des Corbières. Tout en s’élevant au dessus du hameau, la route bitumée devient très rapidement une large piste terreuse bordée de milliers de fleurs multicolores. Ce chemin continue à s’élever direction plein sud au milieu du vignoble puis de la garrigue en direction des collines verdâtres qu’ici on appelle « Sarrat ». Au loin, le bulbe arrondi du Pech de Bugarach émerge de la ligne d’horizon. On finit par atteindre une bifurcation mais on ignore le petit sentier du Tour du Fenouillèdes qui entre à gauche dans un sous-bois et file vers le Col de Saint-Jean et on lui préfère la large piste qui continue. L’itinéraire est désormais balisé en jaune. Peu de temps après, on coupe une nouvelle intersection de deux pistes et on délaisse celle qui monte à gauche. Ici le chemin amorce un virage à 90° et c’est là que prend sa source la Foun del Loup dont le petit ru descend dans la ravine abrupte qui se trouve sur la droite. Désormais le chemin file en balcon et à travers quelques fenêtres que dessinent les branchages, on profite des magnifiques vues qui se dévoilent vers la vallée de l’Agly. Deux cent mètres plus loin, on fait attention à quitter la piste au profit d’un étroit et court raccourci qui descend, se faufile à travers les genêts et les bruyères arborescentes et qui retrouve la même piste quelques mètres plus bas. Ce chemin qui va nous amener vers Pézilla-de-Conflent est sans doute la plus belle et la plus caractéristique partie de cette belle balade en Fenouillèdes. L’itinéraire tout en balcon au dessus du profond ravin des Bacs file entre les splendides crêtes de la Sarrat de L’Albèze et de celle de Rouvenac. Les panoramas se dégagent au loin vers la magnifique Forêt de Boucheville, le Massif du Madres ou celui du Coronat. Dans ce décor essentiellement verdoyant, quelques insignifiantes taches blanches et rouges se révèlent. Ce sont celles que composent les lointains villages que sont Campoussy et Prats-de-Sournia. Dans un virage, on ignore la piste qui file à droite au profit d’un sentier légèrement plus étroit qui descend vers Pézilla-de-Conflent. Le nom de Conflent est paradoxalement surprenant puisque ce village se situe au cœur même du pays Fenouillèdes. A l’approche du village, on a de somptueuses vues sur le vallon de la Désix puis juste avant d’arriver près d’un pylône, on domine majestueusement l’ensemble de la vieille commune, elle-même dominée par le hameau perché de Prats-de-Sournia. Ici, à proximité du pylône, deux solutions s’offrent aux randonneurs, soit on poursuit la piste qui file en descente vers le hameau soit on choisit de prendre un raccourci en empruntant une étroite sente quelque peu embroussaillée qui descend à droite et derrière l’antenne. Dans les deux cas, on débouche à l’entrée du village et il faut déjà noter que c’est par là que s’effectuera le retour. Mais, le village en bordure de la fraîche rivière Désix est si beau et si pittoresque qu’on ne doit surtout pas le quitter sans lui consacrer au moins une courte visite. Moi, j’ai eu si chaud qu’avant le pique-nique, je n'ai pas pu résister à faire trempette dans la Désix, mais vous n’y serez pas obligés. La visite seule est déjà agréable et croyez-moi, vous ne regretterez pas la découverte de ce magnifique village même si son église du 17eme siècle dédiée à Saint-Etienne est fermée aux visiteurs inattendus que nous sommes. Pour le retour, il faut prendre la route citée plus haut et emprunter ensuite la piste DFCI F82BIS. Toujours balisée en jaune, cette piste terreuse file plein est et nous amène au col de Quitou. Juste avant ce col, on surveille le balisage et en apercevant un cairn sur la droite, on emprunte un étroit raccourci qui y mène très rapidement. On poursuit toujours vers l’est et entre les lieux-dits de l’Homme Mort et de la Devèse, on quitte le PR peint en jaune au profit du Tour du Fenouillèdes qui arrive d’Ansignan. Sur ce petit tronçon, on remarque un joli bassin DFCI et un peu plus tard, un mince ruisseau d’eau claire et en analysant la carte IGN, on constate que ces deux points d’eau sont alimentés par notre source attitrée, celle de la Foun del Loup. En finissant sur le tracé du Tour du Fenouillèdes, on n’est donc pas surpris de déboucher à la petite décharge de Trilla que l’on avait croisée au départ. Ce beau circuit d’une douzaine de kilomètres, visites des deux hameaux incluses est avec ses 350 mètres de dénivelé d’un niveau plutôt facile. Il s’adresse donc à toutes les personnes aptes à accomplir ces modestes performances et permet, comme je l’ai dit plus haut, de se faire une jolie idée du pays Fenouillèdes. En effet, cette superbe région est unique car elle est composée d'une succession de profondes ravines que les nombreux petits ruisseaux comme celui de la Fontaine du Loup et les affluents plus importants de l’Agly comme les rivières Désix ou Matassa ont creusé au fil des millénaires. C'est donc un relief tourmenté mais original où se succèdent les collines boisées et les vallons rafraîchissants que vous découvrirez au cours de cette superbe balade. Dans cet incroyable décor fragmenté très souvent ensoleillé que les hommes ont su dompté depuis la préhistoire, on a, à mon goût, trop tendance à oublier que de superbes villages comme Trilla et Pézilla-de-Conflent s’y sont installés depuis des lustres. Alors n’hésitez plus, partez en vadrouille dans le fenouil pendant que le loup n’y est pas ! Je profite de cette petite tribune pour remercier tous les gens qui débroussaillent à longueur d’années et nous permettent ainsi d’arpenter tous les jolis chemins de notre beau département dans d’excellentes conditions. Ici dans ce secteur il y a par exemple l’Association les Pèlerins des Fenouillèdes : merci à eux ! Carte IGN 2348 ET Prades - Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

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Le Chemin de Saint-Martin (290 m) depuis Latour-de-France (90 m)

Publié le par gibirando


Arrêts inclus et en flânant, il faut moins de trois heures pour effectuer cette jolie petite balade intitulée « le Chemin de Saint-Martin » que vous pouvez également retrouver dans le guide intitulé 34 randonnées en Agly-Verdouble. Elle démarre du pittoresque et historique village de  Latour-de-France et sur un itinéraire parfaitement balisé et agencé de nombreux panonceaux, elle file vers la séculaire chapelle dédiée à Saint-Martin. Par endroit malheureusement bitumé, un large chemin ancestral court rectiligne au milieu des vignes et des prairies souvent clôturées de longs murets de pierres sèches. D’ailleurs, dans ce décor de garrigues plutôt aride, balayé de surcroît une grande partie de l’année par la tramontane, les hommes au fil des siècles ont défrichés et labourés les terres à tour de bras créant ainsi des amoncellements de pierres en tout genre. Décombres de nombreux cortals isolés ou ruines de minuscules hameaux oubliés, longues murettes servant à délimiter les parcelles, puits et canaux, beaux orris et jolies capitelles, vestiges de castells ou de chapelles, toutes ces pierres prouvent ô combien les activités agricoles, pastorales, martiales et religieuses ont été intenses au cours des siècles précédents. Les historiens savent peu de choses de ce vaste plateau granitique et de ce petit ravin des Canorgues qui domine la belle vallée de l’Agly, si ce n’est qu’ils ont été très longtemps occupés par des chanoines qui y cultivaient des vignes bien sûr, mais aussi des vergers et des champs de céréales.  Ces mêmes chanoines ou peut-être d’autres écclésiastiques seraient sans doute les bâtisseurs et les premiers occupants de cette chapelle romane Saint-Martin qui daterait du 12 ou 13eme siècle. Jouxtant la chapelle, qui aurait longtemps servie d’habitation, subsiste encore une grande porte fortifiée et quelques ruines d’une très vieille enceinte laissant supposer qu’il s’agit des vestiges d’un ancien château féodal. Le départ s’effectue depuis l’aire de pique-nique de Latour-de-France où se trouve un panonceau indiquant la marche à suivre. Le village s’est longtemps appelé Triniac en référence à une tour de surveillance qui protégeait la cité et la frontière avant le traité des Pyrénées. Au 18eme siècle, la nouvelle graphie La Tour de France se met en place en souvenir de cette tour et par le fait même que  le village ait été pendant très longtemps un ultime bastion de la France juste avant la frontière avec l’Espagne. Comme dans de nombreuses communes, la contraction de La Tour en Latour venant plus tard et tout naturellement par l’écriture. On quitte l’aire de pique-nique en franchissant le pont sur l’Agly et en remontant vers le village. Au panneau signalétique « Latour-de-France », on tourne à droite, on emprunte le « chemin Le Cros » puis à la fourche, on poursuit tout droit en délaissant sur la droite le « chemin de Sainte Eulalie » par lequel on terminera notre balade. Tout en montant, on laisse sur la gauche, un bâtiment ayant la forme d’un fortin mais il s’agit, semble-t-il, d’un réservoir d’eau. Puis le chemin rocailleux continuant à s’élever en longeant une longue murette de pierres sèches, il laisse entrevoir de beaux panoramas sur la commune mais aussi sur l’ample et longue vallée de l’Agly, les collines de Força Réal et celles de la Tour del Far. L’itinéraire quasi rectiligne jusqu’à la chapelle Saint-Martin alterne la souplesse d’un chemin herbeux, la dureté et le tranchant des gravillons et des cailloux et enfin pour finir les ornières d’une route qui fut en son temps goudronnée. Avec une signalétique parfaite à un carrefour de sentiers qu’on prend soin de lire, on atteint aisément la chapelle puis après cette visite, on revient sur ces pas jusqu’à ce croisement pour descendre par la gauche en direction de Planèzes que l’on aperçoit sur l’autre rive de l’Agly. On descend sur cette route asphaltée en prêtant attention qu’il faudra prendre un peu plus bas, un étroit sentier balisé en jaune qui file à main droite dans le ravin des Canorgues. On enjambe ce maigre ruisseau par un petit pont de bois et on poursuit ce tracé où l’on découvre deux superbes orris dont un se dresse légèrement à l’écart du sentier. Tout en descente avec de jolies vues sur le vallon, on finit par atteindre un canal d’irrigation qui file parallèle au sentier et rejoint quelques mètres plus loin une piste qui n’est autre que le chemin de Sainte Eulalie aperçu au départ. Ce large chemin se faufile au sein de rudimentaires cabanons où vignes, vergers, jardins potagers et pelouses resplendissent, sans doute irrigués par ce vieux canal d’arrosage. Si à notre époque, on autorise ces quelques prélèvements, il n’en a pas toujours été ainsi et il fut un temps où les rois faisaient valoir leurs droits de propriété sur les eaux ainsi canalisées. Ici dans ce terroir aux versants si arides, la gestion de l’eau a donc, de tout temps, revêtu une importance capitale et, de nos jours, elle est même devenu un enjeu économique crucial. Mais si l’eau est essentielle à la vie de Latour-de-France, le vin l’est tout autant. Alors je vous conseille de l’eau au départ de cette jolie randonnée et du vin à l’arrivée car il y en a de très bons ! Après 7 à 8 kilomètres de cette belle flânerie, on retrouve le « chemin Le Cros », Latour-de-France et le vaste parking de l’aire de pique-nique où l’on a laissé son véhicule. Bien que ne l’ayant jamais réalisé, sachez que l’on peut rallonger ce circuit par un détour au très beau château de Cuxous dont j’ignore si une visite est encore possible ayant lu sur Internet qu’il était destiné à être transformé en luxueuses chambres d’hôtes. Carte IGN 2448 OT Thuir - Ille-sur-Têt Top 25.

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La Source des Verriers (782 m) depuis Vira (610 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est enjolivé de 5 tubes du célèbre chanteur et musicien de rock Chuck Berry. Elles ont pour titre : "You Never Can Tell", "Roll Over Beethoven", "Carol", "No Particular Place To Go" et "Maybellene"

 
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Il y a encore quelques mois, j’ignorais tout de ce joli circuit qui mène à la Source des Verriers. Pourtant dieu sait si bien des fois j’avais arpenté cette magnifique forêt de Boucheville ! Du Vivier à Fenouillet ou de Sournia à Rabouillet ou bien de Caudiès jusqu’à Gincla en passant par le vallon d’Aigues-Bonnes, les Gorges de Saint-Jaume, le Pech de Fraissinet, les cols de Tulla, de Benta Fride ou de l’Espinas, sincèrement, je pensais en avoir fait le tour de cette belle et envoûtante forêt. Mais voilà, on ne connaît jamais tout et comme le dit l’adage : « les voies de la Providence sont impénétrables » mais il faut croire que celles de la forêt de Boucheville ne le sont pas ! Ici, en l’occurrence, le mot « Providence » avait pour synonyme le mot « don ». En effet, cet agréable circuit, je l’ai découvert pour la  première fois dans un petit guide intitulé « 34 randonnées en Agly-Verdouble » édité par le Conseil Général des P.O. Ce petit guide, si tout le monde peut se le procurer au prix de 8 euros dans tous les Offices de Tourisme des Fenouillèdes moi, j’ai eu le délicieux privilège qu’il me soit offert gracieusement par un club de randonnée. Et pas n’importe quel club !!! Le Club de Randonnée Pédestre du Foyer Rural d’Auriac du Périgord. Voilà pour la Providence ! C’est déjà très inhabituel qu’un club du Périgord offre un guide de randonnée à un roussillonnais mais qu’à travers ce guide, de surcroit catalan, le roussillonnais d’adoption que je suis découvre de nouveaux tracés, là  on pourrait  penser que si les voies de la Providence sont impénétrables celles pour découvrir cette jolie randonnée l’étaient presque tout autant.  Mais quand je vous aurai dit que c’est grâce à ce blog que vous êtes entrain de compulser que ce « fabuleux contact » s’est noué, là vous serez sans doute moins surpris puisque l’objectif principal d’un blog est tout de même de tisser des liens entre amis ou blogueurs ayant des centres d’intérêts analogues. Voilà pour la petite histoire rocambolesque qui m’a amené en ce beau jour d’été à faire cette belle balade. Quant à la grande Histoire, celle avec un grand « H »,  le guide ne dit pas grand-chose de cette Source des Verriers, si ce n’est qu’il y avait aux temps anciens, une verrerie à cet emplacement actuel de la forêt royale de Boucheville. Il faut savoir qu’au Moyen Âge, c’était monnaie courante que les verreries s’installent au beau milieu d’une forêt. En effet, les verriers érigeaient très souvent leur cabane et leurs ateliers en pleine forêt car ils y trouvaient, en plus du combustible et de l’eau, à peu près tout les minéraux et matériaux entrant dans la composition du verre : minéraux siliceux (sables ou grès), les colorants minéraux (divers oxydes comme l’oxyde de fer par exemple) les fondants (calcaires, potasse des cendres végétales) mais aussi les pierres nécessaires pour édifier les fours, l’argile pour les maçonner et modeler les creusets où ils fondaient le verre. En outre, grâce à la chasse, à la pêche et à la cueillette, les verriers tiraient de la forêt la majeure partie de leur subsistance. Un peu plus tard, à partir du 15eme siècle, il faut savoir que les fabriques de verre ont été le plus souvent l’apanage d’aristocrates car souffler le verre était le seul métier manuel qu’un gentilhomme pouvait exercer sans déroger aux règles de la monarchie et de la noblesse. De cette Source des Verriers, outre la résurgence et le nom qui figure sur un panonceau, il ne subsiste rien et le lieu actuel ne vaut le déplacement qu’à cause d’une agréable aire de pique-nique au sein d’une pinède ombragée au milieu de laquelle coule mélodieusement le petit ruisseau de Boucheville. Le démarrage de cette randonnée se fait depuis la place principale de Vira où un explicite panneau « Source des Verriers-13,5km-dénivelé 320m » donne le signal de départ. Vira est une petite commune paisible des P.O, d’une trentaine d’habitants  blottie au cœur de la forêt domaniale de Boucheville. S’agissant d’un P.R., le balisage est peint d’un seul trait jaune qu’il faudra suivre tout au long de cette boucle qui emprunte pour l’essentiel de larges pistes de Défense de le Forêt contre les Incendies (DFCI).  On quitte Vira en tournant d’abord le dos à la forêt et on emprunte la rue de l’Ouratory (oratoire).  On abandonne rapidement le bitume pour un large chemin herbeux qui passe devant l’oratoire et son crucifix. A l’ombre des noisetiers, le chemin s’élève au dessus de quelques jolies villas puis s’aplanit jusqu’à couper une étroite route goudronnée qui s’élève jusqu’à une intersection où un panneau vous signale par le biais d’un gentil « patou » que l’on entre dans une zone de pâturage. On prend à gauche la piste terreuse DFCI qui descend sous une ferme et l’on aboutit à une prairie en friches où les vues portent très loin vers la longue chaîne des Corbières. On laisse les pistes qui partent à droite et à gauche jalonnées de poteaux électriques et on traverse la prairie sur une vingtaine de mètres toujours en descente jusqu’à couper une petite sente peu visible en raison des hautes herbes. Heureusement, un poteau avec une marque jaune a été planté là au milieu de la garrigue et il indique clairement l’itinéraire à suivre. L’étroit sentier descend dans un obscur sous-bois de feuillus composé principalement de chênes verts, de buis et de hautes bruyères. En suivant le balisage jaune, on arrive sur un petit pont en pierres sur lequel on enjambe le maigre ruisseau de Boucheville. Juste après le pont, on arrive à une combe verdoyante et à un nouveau croisement où un panonceau jaune vous indique « Source des Verriers-Vira 11,9 km-4h10 ». Considérez qu’à partir d’ici, vous avez accompli la partie la plus « tortueuse » du circuit et qu’il vous reste la plus facile. En effet, si vous suivez bien les abondants petits panonceaux « Sources des Verriers » qui jalonnent le chemin (ils sont vraiment très nombreux !) et le balisage jaune en évitant de prendre les sentiers barrés d’une croix, vous rejoindrez l’arrivée à Vira sans aucune difficulté. Vous empruntez tour à tour une piste au milieu d’un maquis typiquement méditerranéen puis, vous vous rapprochez peu à peu de la forêt de Boucheville sur un doux dénivelé qui va vous donner l’occasion d’observer très tranquillement des panoramas de toute beauté. Au loin, le Pech de Bugarach se dresse et se détache dans un horizon plutôt rectiligne. Un peu plus tard, c’est le Pech de Fraissinet qui soulève sa croupe à la fois aride et très boisée dans la ligne de mire du chemin. Plus haut, vous dominez le ravin de Tulla et Fenouillet avec des vues superbes sur la commune et les ruines de son château médiéval. En toile de fond, la vallée de la Boulzane, Caudiès-de-Fenouillèdes et le Pech du Bugarach qui dresse désormais son « étrave » tel un immense navire dans la houle des Corbières. Tout en grimpant dans cette nature généreuse où une flore et une faune exceptionnelles semblent cohabiter radieusement, peut-être aurez-vous la chance d’observer, comme je l’ai fait, un joli petit chevreuil (photo) sautillant au milieu des genêts et des fougères ou bien un florilège d’oiseaux et de papillons multicolores qui virevoltent allégrement autour de vous. Au panneau vous annonçant le col de Boïre à 150 mètres, je vous conseille de faire une petite entorse à ce circuit et de partir vers le col. En effet, depuis ce passage des vues époustouflantes se dévoilent sur une grande partie de la forêt de Boucheville, le vallon et le col de Tulla et le Pech de Fraissinet. D’ailleurs, les chasseurs du coin ne s’y sont pas trompés, eux qui ont installés leurs hauts miradors en surplomb de l’immense dépression. En reprenant le circuit, la piste se stabilise jusqu'au Col de l'Ours puis redescend jusqu’à aboutir à une route en bitume non loin de l’aire de pique-nique du Pont des Verriers. Ce petit pont enjambe le ruisseau de Boucheville déjà entrevu ce matin. En été, on entend un faible glouglou mais c’est celui de ce petit ru boueux car si la Source des Verriers est encore là à quelques dizaines de mètres au dessus de la route, elle est engloutie sous deux plaques de fonte posées sur des puits en ciment qui laissent à penser que l’eau qui était utilisée autrefois par les verriers est désormais captée à d’autres fins sans doute plus rationnelles que celle de la fabrication du verre. A partir de la Source des Verriers et pour rejoindre Vira, la fin du circuit presque essentiellement sur l’asphalte est des plus rébarbatives. Heureusement qu’il y a encore quelques jolis points de vues sur le village, la forêt, la plaine du Roussillon et les Corbières, un ludique circuit botanique avec plus d’une vingtaine d’essences commentées et pour finir, un agréable sentier tout en balcon sur Vira. Ces quelques découvertes viennent atténuer ce dénouement plutôt monotone. Au départ, la boucle est donnée pour 4h45, arrêts non inclus sans doute. Moi, comme toujours j’ai flâné à outrance et j’ai marché 6h40 arrêts inclus ce qui pour une torride et accablante journée du mois d’août est finalement très correct. Au départ, on a beau se dire que la forêt de Boucheville se prête parfaitement à une randonnée estivale qui va être fraîche et ombragée, il ne faut pas s’y tromper, on marche tout de même souvent au soleil même si les parties en sous-bois sont également bien présentes. Mais me direz-vous, quoi de plus normal que de randonner sous un grand ciel bleu azur en plein mois d’août ! En été, casquette ou chapeau, lunettes de soleil et crème anti-UV sont fortement recommandées, en sus de l’équipement habituel ; mais surtout n’oubliez pas de partir avec de l’eau en quantité suffisante. Je suis parti avec seulement deux litres et sur la fin, j’en ai manqué terriblement. Déshydraté, en arrivant à Vira, je me suis jeté la tête la première dans la vasque de la Claire Fontaine et ensuite, je suis resté de longues minutes à m’asperger. C’est dire si j’avais eu chaud et soif. Carte IGN 2348 ET Prades - Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

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Autour et Tour de Trémoine (272 m) depuis Rasiguères

Publié le par gibirando

Ce diaporama est agrémenté de la musique "When Darkness Folk" interprétée par le duo Secret Garden, extraite de leur album "Earthsongs"

Parfaitement balisée en jaune car il s’agit d’un P.R. , cette courte randonnée qui part du joli village de Rasiguères et qui s’intitule « Autour de Trémoine » n’est pas très difficile. D’ailleurs quand on regarde la carte IGN, on peut se poser la question pourquoi ce nom « Autour de Trémoine » ? En effet, le circuit côtoie la Tour de Trémoine mais ne tourne pas autour et de plus l’itinéraire n’emprunte pas le vallon où coule le ruisseau au même nom. Mais peu importe le nom, cette boucle donnée pour 7,5 kilomètres et 400 mètres de dénivelés, sans doute cumulés, ne présente aucune difficulté. Par contre, si on veut vraiment justifier ce nom de Trémoine et se donner la peine de la transformer quelque peu, ce qui, bien sûr, n’est pas une obligation, elle peut devenir très compliquée. Il faudra pour cela être attiré comme j’ai pu l’être par cette énigmatique Tour de Trémoine qui dès le départ vous nargue du haut de ses 272 mètres d’altitude. En lisant cet article, je vous vois déjà ricaner car vous vous dites : « Bah !!! 272 mètres, ce n’est pas sorcier ! ». Alors, je vais vous donner quelques explications pour l’atteindre mais je vais vous laisser le soin de la découvrir par vous-même. En effet, très difficile d’accès, cette tour qui est perchée sur un promontoire rocheux très escarpé serait une tour de surveillance carolingienne du 9eme siècle à laquelle d’autres conquérants auraient adjoint une forteresse polygonale autour de ses bases quelques siècles plus tard. A Rasiguères, le départ s’effectue devant la devanture de l’Auberge de Sceaury où un panonceau de randonnée est apposé. La boucle qui nous intéresse passe à droite de la mairie et on poursuit tout droit par la rue des Bordes qui nous amène hors du village sur un large chemin qui s’élève rapidement. D’ailleurs, après que l’on ait côtoyé quelques belles villas et de jolis jardins potagers, le village apparaît déjà en surplomb dans sa totalité. Quelques mètres plus loin, un nouveau panonceau à gauche du chemin nous rassure pleinement quant à l’itinéraire choisi. Sur la droite et descendant dans le bas du vallon, vous remarquez un autre panonceau indiquant « Découverte du vignoble- Planèzes », c’est ce sentier qu’il faut emprunter si vous envisagez de grimper à la tour. Personnellement comme je le fais lors d’un bon repas, j’ai gardé le meilleur pour la fin et la Tour de Trémoine comme dessert, pourtant après coup, je dois avouer que ce n’était pas spécialement la partie la plus digeste ! Nous avons très vite quitté la large piste pour un agréable sentier bordé de cistes et de romarins. Il longe un petit ru puis monte sans cesse vers le Bac del Taillou au milieu des chênes verts et des bruyères arborescentes. Seules quelques bruyantes motos trials aux gaz d’échappement nauséabonds, pourtant interdites sur ce parcours, sont venues perturber notre tranquille progression. Au collet, à 298 m d’altitude, nous avons tourné à droite et pris l’option du chemin interdit par une croix jaune. Il mène au sommet d’une crête à 327 mètres d’altitude où l’on a pratiquement un tour d’horizon à 360° sur toutes les ravines qui nous entourent. Le beau temps n’étant pas vraiment de la partie et les panoramas quelque peu bouchés, nous avons vite rebroussé chemin et poursuivit la randonnée « Autour de Trémoine ». On a quitté le maquis et traversé des vignes magnifiquement rectilignes et entretenues qui donnent ces merveilleux vins de Rasiguères, le sentier se transformant soudain en une piste carrossable. Ici, la vue porte plus loin vers le Haut-Fenouillèdes, les Corbières et ses châteaux cathares et même les Pyrénées Ariégeoises encore enneigées. Puis aux Musals, la piste a bifurqué à 90° pour redescendre vers le vallon et le village. Droit devant, La Tour de Trèmoine a continué de nous défier, semblant nous dire : «  Monte me voir si tu en est capable ! ». Plus bas, on a retrouvé le chemin pris à l’aller ainsi que les panonceaux et, notamment celui indiqué plus haut « Découverte du vignoble- Planèzes ». Il  descend dans le vallon de Trémoine et les vestiges des anciennes mines de fer. Quand on atteint le ruisseau où plus exactement ses alluvions car il est le plus souvent asséché, on poursuit à  gauche à même son lit sur une vingtaine de mètres. Là, au beau milieu du ruisseau, on peut distinguer sur un rocher, une flèche violette. Nous y  sommes, le sentier, si on peut l’appeler ainsi, est sur la gauche, très raide dès le départ, il monte allégrement dans une chétive mais aromatique flore typiquement méditerranéenne faite de cistes, de buplèvres, de chênes kermès, de pistachiers lentisques et de quelques petits massifs de thyms et de romarins. A l’approche de la tour et en raison des éboulis qui se confondent sans doute avec quelques pierres qui ont dégringolés des murailles, la sente devient plus incertaine mais heureusement quelques courageux marcheurs attentionnés l’ont agrémentée de plusieurs cairns bien disposés. C’est dans cette caillasse envahie par endroit par une dense et cuisante végétation qu’on finit par atteindre les remparts puis la tour en regardant précautionneusement où l’on met les pieds. De magnifiques vues sur Rasiguères, sur les Fenouillèdes et bien plus loin vers les Pyrénées et le Canigou se révèlent. A nos pieds, encerclant ce mirador naturel, se dessinent les méandres des profondes ravines que les millénaires ont creusées. Ici, on imagine sans peine les terribles souffrances qu’ont du endurer les bâtisseurs de ce bastion pour tailler les pierres et les hisser sur ce véritable nid d’aigle. Entourée de son enceinte où quelques meurtrières sont encore visibles dans ses flancs, on comprend mieux que la Tour est pu servir de défense contre d’éventuels envahisseurs que les rudes escarpements rocheux avaient pour but de dissuader. Si la montée vous a paru ardue et malaisée, la descente terreuse ne l’est pas moins et il faut redoubler de vigilance pour arriver en bas confortablement et retrouver l’agréable sablon du lit du ruisseau asséché. Ici, il n’y a pas d’eau mais en raison d’une foisonnante et verte végétation qui a largement enveloppé les bâtiments des anciennes mines de fer, sa présence dans le sous-sol transpire. Le retour vers Rasiguères peut s’effectuer par le même chemin qu’à aller ou bien on peut poursuivre vers Planèzes par une piste qui monte dans les collines auquel cas, il faut penser à prendre sur le plateau une intersection qui redescend vers le village. Arrêt non inclus, comptez 2h30 pour le circuit « Autour de Trémoine » et rajouter au minimum 1h pour un aller-retour à la Tour. Carte IGN 2448 OT Thuir-Ille-sur Têt Top 25.

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Le Pic Aubeill (540 m) depuis Bélesta de la Frontière

Publié le par gibirando


Ce diaporama est agrémenté de 3 chansons interprétées par Céline Dion. Elles ont pour titre : "D'Amour Et d'Amitié", "Ne Partez Pas Sans Moi" et "Mon Ami M'A Quitté".


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Que peut-on dire de ce pic Aubeill, dôme peu connu où je vous emmène aujourd’hui? Pic insignifiant et sans intérêt (540 m) au regard de son grand frère le Canigou qui lui fait face du haut de ses 2.784 mètres ? Pas vraiment car de son sommet, c’est toute une pléiade de panoramas qui se dévoilent à 360° : l’inévitable Canigou bien sûr, mais aussi les Albères jusqu’à la mer, par temps très clair il est vrai, la longue barre des Corbières et le Pech de Bugarach, la chaîne des Pyrénées enneigées jusqu’aux premiers pics ariégeois, la flèche reconnaissable de Força Réal toute proche mais aussi un grande partie du Roussillon et des Fenouillèdes qui s’étalent à vos pieds. Alors pour dire vrai, cette Boucle du pic Aubeill à partir de beau hameau de Bélesta (bel=beau et estar= séjour) ne peux laisser indifférent aucun randonneur amoureux d’une jolie nature. Ajoutez à cette description le fait que cette promenade vous permettra de croiser tout au long du circuit un très riche patrimoine historique et voilà une raison supplémentaire d’aller gambader dans ce secteur des Fenouillèdes que sillonnait autrefois la frontière entre les royaumes de France et d’Aragon. Notre point de départ « Bélesta de la Frontière » en a gardé d’ailleurs dans son nom un ineffaçable souvenir. Cette boucle parfaitement balisée de petits panonceaux directionnels et de traces de peintures jaunes démarre soit de la coopérative vinicole soit de la place de la mairie. Derrière cette dernière, il faut emprunter une ruelle goudronnée qui descend au milieu des mimosas et des arbres de Judée en direction d’une aire de pique-nique et d’un camping. Arrêtez-vous quelques minutes pour observer une étrange cabane en bois et torchis et des fours en argile. Ces structures démontrent l’intérêt que la commune porte à tout ce qui touche à la période préhistorique depuis qu’en 1983 une sépulture collective fut découverte dans une grotte non loin du village. D’ailleurs, un musée dédié au néolithique invite les curieux à découvrir cette période fondamentale dans l’évolution de l’homme. Dans des décors d’aquarelles, la randonnée se poursuit sans difficulté si l’on prend soin de suivre les marques jaunes bien présentes : les pics blancs des massifs du Canigou et du Madres apparaissent vers le sud-ouest alors qu’on louvoie au milieu de quelques vignes ocres et dans une verdoyante garrigue où les mimosas et les ajoncs viennent mettre leurs petites touches d’un jaune vif, puis, par un petit pont, on coupe la grise route départementale D.38 qui  s’éloigne vers le village en zigzaguant,  on emprunte ensuite une longue piste terreuse beige qui monte vers le pic Aubeill et laisse entrevoir de magnifiques vues sur les façades laiteuses et les toitures rouges de Bélesta, enfin à l’approche du pic, on traverse des pinèdes aux pins verts clairs et aux petits cèdres bleus sombres. Le sommet est déjà là et il suffit de quitter la piste pour l’atteindre en quelques minutes.  Là, la vision bascule sur les autres versants vers d’autres paysages et d’autres nuances de couleurs : les taches multicolores des vignobles qui vont du marron clair au jaune ambré en passant par des tons de verts et de bruns différents pour les champs, les bois et les forêts des Fenouillèdes, les crayeuses Corbières, la tache bleuâtre du lac de Caramany, les tuiles rouge vermillon du hameau de Cassagnes, les cicatrices blanchâtres des carrières de Lansac et de Tautavel, c’est la palette complète du peintre « Nature »  qui s’offre à vos yeux écarquillés. Seul ombre à ce magnifique tableau, un gros coffre métallique rouillé par le temps qui trône on ne sait pourquoi au zénith de ce point géodésique qu’est le pic Aubeill. On poursuit la boucle en redescendant vers la piste que l’on coupe immédiatement pour se diriger vers les ruines de Saint-Barthélemy de Jonquerolles. A l’origine, non loin d’une source, il s’agissait d’une église du Moyen Âge fortifiée par des remparts au sein desquels un minuscule hameau avait vu le jour. Un peu plus loin, c’est le très beau dolmen du « Moulin à Vent » qui est immanquable car il trône au beau milieu du sentier. Après le dolmen, la piste terreuse devient chemin creux et herbeux, le décor change car le maquis ensoleillé laisse la place à un petit de bois ombragé fait de chênes pubescents mais en suivant le balisage irréprochable, le retour n’est qu’une simple formalité. Vous retrouvez Bélesta, sa cave coopérative avec son joli fronton sculpté, son château et son église, son musée de la préhistoire, ses portes et ses remparts, ses jolies ruelles aux quelques façades agréablement décorées; enfin tout ce qui faut pour terminer magnifiquement cette boucle de 11 kilomètres au pic Aubeill. Mais si vous en avez assez de marcher alors partez vous attabler « Chez Pierre ». Vous y serez aimablement reçu et sur une belle terrasse à l’ombre d’un vieux figuier vous y dégusterez une cuisine de qualité typiquement roussillonnaise et de très bons vins du pays. Carte IGN 2448 OT Thuir-Ille-sur Têt Top 25.

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Le Circuit de Campoussy (885 m) depuis Sournia (490 m)

Publié le par gibirando


Ce diaporama est enjolivé de la chanson de Nanci Griffith qui a pour titre "Speed of the Sound of Loneliness(John Prine)


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Une fois de plus, il y a une multitude de jolies choses à voir sur ce circuit d’une vingtaine de kilomètres que je vous propose de faire dans les forêts domaniales de Sournia et de Campoussy. De plus, si vous jugez la distance trop importante, vous pourrez la raccourcir à votre guise car les sentiers sont nombreux autour de ces deux beaux villages. Il y a bien sûr les nombreuses manifestations d’un pastoralisme encore présent ou passé (fermes, orris, capitelles, bergeries en ruines) mais il y aussi bien d’autres découvertes et principalement : Un dolmen à cupules, le château médiéval de Palmes, la chapelle Saint-Just datant du 12eme siècle et aussi tous ces surprenants chaos de roches granitiques que vous ne manquerez pas de rencontrer sur le parcours avec en particulier le Roc Cournut ou Cornut (photo), insolite pierre tabulaire surmontée d’un incroyable bloc biscornu, l’ensemble étant l’œuvre de la capricieuse érosion de « Dame Nature ». Volontairement, j’oublie Sournia et ses nombreuses curiosités (voir le petit circuit de Sournia déjà décrit dans ce blog), que vous pourrez également visiter et dont la D.619 sur le pont de la Désix est le point de départ de cette jolie boucle. En suivant les marques blanches et rouges du GR.36, vous rentrez rapidement dans un petit bois de pins et de chênes sur un sentier de sable crayeux qui file parallèlement au ravin de la Désix. Un sage dénivelé révèle les blanches façades et les toitures rouges d’un Sournia qui s’éloigne. Le sentier dont la pente s’accentue débouche sur des prés verts et l’horizon s’éclaircit de toutes parts dévoilant une grande partie du Parc Naturel Régional des Pyrénées Catalanes. On délaisse le GR.36 quant on retrouve la D.619 que l’on va poursuivre (avec quelques variantes possibles balisées en jaune) sur environ 4 kilomètres jusqu’aux ruines du cortal Roussel. Cette longue marche sur le bitume n’est pas trop fastidieuse grâce à la découverte du dolmen de la Font de l’Arca, du Roc Cornut et de divers orris parfaitement conservés. Les montées se terminent quant on quitte la D.619 en descendant dans un vaste pré qu’encadrent les vestiges des séculaires cortals Roussel. Au bout du pré, un large sentier herbeux continue vers la droite et se faufile au sein d’une végétation méditerranéenne faite principalement de buplèvres ligneux, de ronces et de chênes kermès. Ce sentier descend dans la garrigue, retrouve le GR.36 sur une large piste sableuse à proximité du château de Palmes et de la chapelle Saint-Just. Domaine privé, vous pourrez néanmoins vous en approchez, voire le visiter si les propriétaires vous en autorisent l’accès. Dans le cas contraire, prenez la piste vers la gauche et ne la quittez plus jusqu’à rejoindre Campoussy. L’église romane de Saint-Étienne avec son magnifique retable aux feuilles d’or n’est ouverte que le dimanche mais le village avec ses pittoresques maisons et ses jolis puits mérite néanmoins que l’on parcourt ses étroites venelles. Vous pourrez raccourcir ma boucle en repartant par le GR.36 ou bien la rallonger par le parcours « romain ». Moi, pour retrouver Sournia, j’ai préféré prendre un chemin intermédiaire souvent balisé de points bleus qui descend vers le lieu-dit Montauriol où l’on retrouve une large piste forestière qui nous ramène sans trop de difficultés jusqu’à notre véhicule. Comptez 5 à 6 heures arrêts et pique-nique inclus pour parcourir ce beau circuit des Fenouillèdes dont les principales données sont : distance 20,3 km- dénivelé 393 m. Carte IGN 2348 ET Prades-St-Paul-de-Fenouillet Top 25.

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