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auvergne

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Publié le par gibirando

 

DES PAYSAGES EN COULEURS.....POUR QUATRE SOUS  

OU 6 JOURS SUR LE GR 70 

CHEMIN DE STEVENSON (1ere partie)

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmLundi 19 juillet 2004 : 1ere étape de 19 kms.

Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m).

Extrait du livre " Voyage avec un âne dans les Cévennes " de Robert Louis Stevenson où il explique le regard que portent les gens de Monastier sur son projet de voyage : " Un touriste de mon genre était alors chose inouïe dans cette région. On m'y considérait avec une piété dédaigneuse comme un individu qui aurait décidé un voyage dans la lune ".

Dans une petite localité, nommée Le Monastier, où nous devions nous rendre, nos bagages devaient nous précéder. Voilà pourquoi, en ce lundi matin 19 juillet 2004, il n'est que 8 heures, mais nous nous dépêchons de fermer nos sacs, car le transporteur est déjà dans le hall à attendre nos valises pour les amener au Monastier-sur-Gazeille, terme de notre première journée.

Le temps de prendre un copieux petit déjeuner et sans oublier nos paniers-repas, il est 8 h 30 quand nous quittons l'hôtel Bristol.

En plus de ce pique-nique, nos sacs sur le dos pour la journée contiennent, deux gourdes d'eau d'un litre, des sandales de marche légères, un poncho, une polaire et une veste en goretex. J'estime à environ 8 à 9 kilos, la charge qu'il nous faudra porter tout au long des 19 kilomètres de notre étape. De mon côté, je porte en sus, une sacoche avec l'appareil photo, des jumelles et un GPS. Le ciel est aussi chargé que nous, mais par de gros nuages gris qui détalent vers l'est. Nous redoutons la pluie et avons pris toutes nos précautions pour faire face à d'éventuelles intempéries. J'ai même pris un parapluie pliable. Si l'on en juge aux poids de nos sacs qui pèsent trop lourdement sur nos épaules, nous sommes sans doute excessivement prévoyants.J'étudie une dernière fois le topo-guide pendant que Dany entre dans une pharmacie mitoyenne de l'hôtel pour acheter un " Aspivenin ".

Nous devons prendre la direction d'Ours, premier village à traverser après être sortis du Puy. Hier, à une vingtaine de mètres, nous avons remarqué un panneau qui indiquait Ours immédiatement à droite en sortant de l'hôtel.

Dany a trouvé son bonheur à la pharmacie et nous prenons immédiatement cette direction.

Effectivement, nous avons pris cette direction et quelques dizaines de mètres plus loin, nous retrouvons les habituelles marques blanches et rouges d'un G.R. Il s'agit dans l'immédiat du G.R.430, Chemin de Saint-François Régis qui est, sur le Chemin de Stevenson, le passage obligé quand on démarre du Puy en Velay.

Par plusieurs rues, avenues et boulevards que nous grimpons, nous nous éloignons de la ville que nous finissons par apercevoir comme au fond d'une large cuvette. Seuls les trois rochers historiques avec la statue Notre Dame de France, la chapelle Saint-Michel d'Aiguilhe et le sanctuaire Saint-Joseph d'Espaly se dressent dans le décor.

C'est avec plaisir que nous quittons enfin l'asphalte pour un chemin pavé bien ombragé bordé de murettes et d'arbustes. En regardant ces pavés usés, ces ornières creusées par les siècles et ces murettes noires et moussues, je ne peux m'empêcher de penser que ce chemin prénommé jadis " La Calade d'Ours " doit avoir une lourde histoire et a du voir des milliers de pèlerins et de randonneurs le cheminer.

D'ailleurs au bout de quelques minutes, nous rencontrons une croix en pierre sculptée. Usée par le temps, une date apparaît : 1600 ! Peu après, nous longeons une ferme et débouchons dans le village d'Ours. Nous traversons une route et laissons sur la droite le château d'Ours qui est une ancienne maison d'assemblée (*). A bas du hameau, nous profitons de séculaires lavoirs pour nous asperger d'une eau fraîche bienfaitrice.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Sur un sentier de pouzzolanes rouges et au milieu des blés après le village d'Ours

Peu après, à travers des champs de blé sur un sentier fait de pouzzolanes rouges, nous gravissons un faible dénivelé. Arrivés sur un plateau, au milieu de champs céréaliers, le chemin s'élargit puis redescend vers une vallée. Dans la descente, nous hésitons à un embranchement sans balisage spécifique où le chemin s'est sérieusement rétréci.

(*) Tous les villages du Velay disposaient d'une maison d'assemblée où une religieuse rattachée à la Congrégation de l'enfant Jésus du Puy se chargeait de divulguer un peu d'instruction aux enfants, de donner des soins aux malades et d'enseigner le catéchisme.

Heureusement, nous retrouvons rapidement les traces rouges et blanches du G.R et les quelques pins tordus mentionnés sur le topo-guide que l'on appelle dans la région " pins du boulanger" (**). Le sentier devient plus sinueux, remonte vers une zone habitée " Les Sarpouleyres " puis redescend dans le Bois du Mont Jonnet.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

A l'entrée de Coubon avec au loin le château de Bouzols et sur le pont qui enjambe la Loire

Nous approchons de Coubon et marchons maintenant sur une route en bitume au milieu de splendides villas aux jardins très fleuris. Nous engageons la conversation avec un homme fort agréable et le félicitons pour ses extraordinaires géraniums rouges dont les fleurs en boule sont aussi grosses que celles de certains hortensias. Il nous explique dans le détail tout le travail et les soins qu'il prodigue au fil des saisons pour obtenir ce magnifique résultat.

Au loin, nous distinguons le château de Bouzols perché sur son promontoire, puis Coubon que nous ne tardons pas à atteindre.

Tout en remplissant nos gourdes déjà vides à une très belle fontaine fleurie de gros oeillets d'Inde oranges, nous discutons avec d'autres randonneurs qui font le Chemin de Saint-François Régis. A tour de rôle, nous évoquons la beauté des randonnées réalisées les années précédentes, puis chacun poursuit sa route et nous nous séparons aussi vite que nous nous sommes connus.

Nous empruntons le pont qui traverse la Loire et arrivés de l'autre côté, Dany entre dans une épicerie pour faire quelques emplettes.

Je profite de cet arrêt pour réviser le topo-guide sur la suite de la journée. Nous sortons de Coubon par la D.37 et 200 mètres après, nous prenons à droite une route avec une forte inclinaison qui se dirige vers les villages de l'Holme et de Poinsac.

(**) Autrefois, les pins étaient élagués pour en tirer des fagots destinés aux boulangeries. Ces tailles ont finis par donner aux arbres des formes bizarres et tourmentées.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Après le village d'Holme, le GR70 déroule son ruban avec de beaux panoramas

Arrivés à une intersection où se trouve une croix en pierres, le topo-guide indique de prendre à droite en direction de l'Holme mais cet indice est en totale contradiction avec le balisage peint. Sur la droite, une croix blanche et rouge spécifie " mauvaise direction ". Nous prenons l'option de continuer tout droit et effectivement 20 mètres après, nous trouvons très rapidement le marquage sur un poteau en béton. Une centaine de mètres devant nous, un autre randonneur a pris la même direction et cela nous conforte dans notre choix. Nous cheminons quatre à cinq cent mètres, entrons dans le village de Dempeyre et ne trouvons plus aucune trace du G.R. Un coup d'oeil sur la carte du topo-guide et je constate qu'effectivement le G.R ne passe pas par ce village. Je peste contre ces mauvaises indications qui ne correspondent pas à celles du topo-guide.

Il est midi, un brin énervé par cette déconvenue, nous rebroussons chemin, retrouvons le carrefour, source de notre égarement et grimpons par le tarmac vers le village de L'Holme. Le ciel est orageux, il fait très chaud, la faim joue sur nos organismes un peu fatigués. Nous décidons de nous arrêter à l'ombre de quelques arbres pour pique-niquer. Le panier-repas préparé par l'hôtel fait d'un gros pan bagnat, d'un oeuf dur, de fromage et d'une pomme est amplement suffisant pour caler notre bel appétit. La chaleur aidant, le repas a un effet si anesthésiant que nous éprouvons le besoin de nous allonger sur l'herbe. Après plus d'une heure de pause, nous nous remettons en marche et atteignons très rapidement le village d'Holme.

Au centre du village, nous quittons le goudron pour un long et rectiligne sentier de gravillons. Cet agréable chemin déroule son ruban sur un large plateau au milieu de terres cultivées, de nombreux maquis et de quelques petits bois. De chaque côté, nous pouvons apercevoir toute une série de petits cônes aux formes arrondies et couvertes de pins sur leurs sommets. D'origine volcanique, ces petits puys sont localement appelés des " gardes " : Garde d'Ours, Garde de Mons.

Nous marchons la plupart de temps à découvert avec la possibilité de voir le paysage défiler de part et d'autre du sentier. Nous surplombons de minuscules villages que nous pouvons identifier grâce aux cartes de topo-guide : Archinaud, Truchet, Arsac en Velay, Le Chier Blanc, Chadron, Le Clauzel, etc....

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Ravitaillement en eau fraîche au splendide village de l'Herm

Vers 16 heures, nous entrons dans le Bois des Gondous et éprouvons le besoin de souffler à l'ombre de quelques pins.

Le randonneur aperçut à Dempeyre en fin de matinée, là où nous nous sommes égarés, arrive. Il s'agit d'un petit homme, que j'appelle " Monsieur 62 " (car il nous dit avoir 62 ans). Il fait le Stevenson en solitaire. Lui aussi ronchonne après les mauvaises indications du balisage après Coubon. Contrairement à nous, il s'est complètement égaré, a tourné en rond à Dempeyre, avant de rejoindre le G.R près de Truchet par une longue route goudronnée qui a commencé à lui échauffer la plante des pieds.

Quelques biscuits et un café et nous repartons sur une piste forestière. Nous observons des engins qui travaillent à l'entretien du chemin et de ses bas-côtés. Ils nettoient les fossés de part et d'autre du chemin afin que les eaux pluviales s'écoulent plus facilement. Nous ressortons du bois et arrivons au très joli village de " l'Herm " où les maisons exposent leurs très nobles façades de pierres. Par un verdoyant sentier entre des murettes et des arbustes, nous débouchons sur la D.38 puis rejoignons rapidement Le Monastier-sur-Gazeille (*), point de départ du voyage de Stevenson.

Nous traversons le centre du village et trouvons sans problèmes, l'hôtel " Le Provence ". Nos bagages sont bien là dans le hall à nous attendre.

La chambre, une douche fraîche, une heure de sieste et nous voilà déjà prêts à repartir pour visiter le vieux village.

(*) Le Monastier tire son nom de mot " Monastère ", lieu habité par des moines.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

A Monastier devant le château édifié en 1365 et l'abbaye du XIe

Par de minuscules ruelles, nous gagnons la curieuse église Saint-Jean couverte de lauzes, l'imposante abbaye qui date du XIe siècle avec sa façade polychrome et qui est, parait-elle, un des fleurons de l'art roman du Velay et enfin l'imposant château édifié en 1365. Malheureusement, il est déjà tard et de tous ses trésors architecturaux, nous nous contenterons de découvrir les extérieurs seulement. Déçus de trouver toutes les portes closes, nous regagnons l'hôtel pour un excellent dîner rapidement expédié. Avant de terminer la journée, j'ai bien envie d'aller voir le Viaduc de la Recoumène, car on dit de lui, qu'il est le haut-lieu européen du saut à l'élastique.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

En direction du viaduc de Recoumène

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Le viaduc de Recoumène, haut-lieu du saut à l'élastique dans la nuit tombante

Nous voilà donc repartis sur la D.535 pour quatre à cinq kilomètres aller-retour. La nuit tombe, nous accélérons le pas, le viaduc se rapproche mais Dany qui est partie avec des sandales trop légères commence à claudiquer. Des cloques ont fait leur apparition au bout de ses orteils. Il fait nuit quand nous arrivons au Viaduc. Il s'agit d'un impressionnant ouvrage d'art à huit arches conçu entre 1922 et 1925 par l'ingénieur Paul Séjourné. Construit en basalte bleu sombre au dessus de la rivière Gazeille, le viaduc culmine à 66 mètres pour une longueur de 270 mètres en courbe. Malheureusement, les constructeurs du viaduc n'eurent jamais le plaisir de voir un train le franchir. En effet, la voie ferrée transcévenole qui avait été imaginée au début du siècle ne fut jamais construite car prise de vitesse par le développement de la " voiture automobile ".

C'est avec un petit vent fraîchissant et sous une voûte céleste très étoilée que nous regagnons notre chambre. Les derniers kilomètres ont eu un effet désastreux sur les pieds de Dany. Au fond de moi, je regrette de l'avoir contrainte à aller au viaduc. Avec les distances qui nous attendent pour les prochains jours, j'espère que demain elle ira mieux.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Dany sur le parapet du viaduc

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Cliquez sur la carte pour passer à l'étape suivante et voir d'autres paysages en couleurs pour quatre sous.

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DES PAYSAGES EN COULEURS.....POUR QUATRE SOUS  

OU 6 JOURS SUR LE GR 70 

CHEMIN DE STEVENSON (1ere partie)

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmLundi 19 juillet 2004 : 1ere étape de 19 kms.

Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m).

Extrait du livre " Voyage avec un âne dans les Cévennes " de Robert Louis Stevenson où il explique le regard que portent les gens de Monastier sur son projet de voyage : " Un touriste de mon genre était alors chose inouïe dans cette région. On m'y considérait avec une piété dédaigneuse comme un individu qui aurait décidé un voyage dans la lune ".

Dans une petite localité, nommée Le Monastier, où nous devions nous rendre, nos bagages devaient nous précéder. Voilà pourquoi, en ce lundi matin 19 juillet 2004, il n'est que 8 heures, mais nous nous dépêchons de fermer nos sacs, car le transporteur est déjà dans le hall à attendre nos valises pour les amener au Monastier-sur-Gazeille, terme de notre première journée.

Le temps de prendre un copieux petit déjeuner et sans oublier nos paniers-repas, il est 8 h 30 quand nous quittons l'hôtel Bristol.

En plus de ce pique-nique, nos sacs sur le dos pour la journée contiennent, deux gourdes d'eau d'un litre, des sandales de marche légères, un poncho, une polaire et une veste en goretex. J'estime à environ 8 à 9 kilos, la charge qu'il nous faudra porter tout au long des 19 kilomètres de notre étape. De mon côté, je porte en sus, une sacoche avec l'appareil photo, des jumelles et un GPS. Le ciel est aussi chargé que nous, mais par de gros nuages gris qui détalent vers l'est. Nous redoutons la pluie et avons pris toutes nos précautions pour faire face à d'éventuelles intempéries. J'ai même pris un parapluie pliable. Si l'on en juge aux poids de nos sacs qui pèsent trop lourdement sur nos épaules, nous sommes sans doute excessivement prévoyants.J'étudie une dernière fois le topo-guide pendant que Dany entre dans une pharmacie mitoyenne de l'hôtel pour acheter un " Aspivenin ".

Nous devons prendre la direction d'Ours, premier village à traverser après être sortis du Puy. Hier, à une vingtaine de mètres, nous avons remarqué un panneau qui indiquait Ours immédiatement à droite en sortant de l'hôtel.

Dany a trouvé son bonheur à la pharmacie et nous prenons immédiatement cette direction.

Effectivement, nous avons pris cette direction et quelques dizaines de mètres plus loin, nous retrouvons les habituelles marques blanches et rouges d'un G.R. Il s'agit dans l'immédiat du G.R.430, Chemin de Saint-François Régis qui est, sur le Chemin de Stevenson, le passage obligé quand on démarre du Puy en Velay.

Par plusieurs rues, avenues et boulevards que nous grimpons, nous nous éloignons de la ville que nous finissons par apercevoir comme au fond d'une large cuvette. Seuls les trois rochers historiques avec la statue Notre Dame de France, la chapelle Saint-Michel d'Aiguilhe et le sanctuaire Saint-Joseph d'Espaly se dressent dans le décor.

C'est avec plaisir que nous quittons enfin l'asphalte pour un chemin pavé bien ombragé bordé de murettes et d'arbustes. En regardant ces pavés usés, ces ornières creusées par les siècles et ces murettes noires et moussues, je ne peux m'empêcher de penser que ce chemin prénommé jadis " La Calade d'Ours " doit avoir une lourde histoire et a du voir des milliers de pèlerins et de randonneurs le cheminer.

D'ailleurs au bout de quelques minutes, nous rencontrons une croix en pierre sculptée. Usée par le temps, une date apparaît : 1600 ! Peu après, nous longeons une ferme et débouchons dans le village d'Ours. Nous traversons une route et laissons sur la droite le château d'Ours qui est une ancienne maison d'assemblée (*). A bas du hameau, nous profitons de séculaires lavoirs pour nous asperger d'une eau fraîche bienfaitrice.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Sur un sentier de pouzzolanes rouges et au milieu des blés après le village d'Ours

Peu après, à travers des champs de blé sur un sentier fait de pouzzolanes rouges, nous gravissons un faible dénivelé. Arrivés sur un plateau, au milieu de champs céréaliers, le chemin s'élargit puis redescend vers une vallée. Dans la descente, nous hésitons à un embranchement sans balisage spécifique où le chemin s'est sérieusement rétréci.

(*) Tous les villages du Velay disposaient d'une maison d'assemblée où une religieuse rattachée à la Congrégation de l'enfant Jésus du Puy se chargeait de divulguer un peu d'instruction aux enfants, de donner des soins aux malades et d'enseigner le catéchisme.

Heureusement, nous retrouvons rapidement les traces rouges et blanches du G.R et les quelques pins tordus mentionnés sur le topo-guide que l'on appelle dans la région " pins du boulanger" (**). Le sentier devient plus sinueux, remonte vers une zone habitée " Les Sarpouleyres " puis redescend dans le Bois du Mont Jonnet.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

A l'entrée de Coubon avec au loin le château de Bouzols et sur le pont qui enjambe la Loire

Nous approchons de Coubon et marchons maintenant sur une route en bitume au milieu de splendides villas aux jardins très fleuris. Nous engageons la conversation avec un homme fort agréable et le félicitons pour ses extraordinaires géraniums rouges dont les fleurs en boule sont aussi grosses que celles de certains hortensias. Il nous explique dans le détail tout le travail et les soins qu'il prodigue au fil des saisons pour obtenir ce magnifique résultat.

Au loin, nous distinguons le château de Bouzols perché sur son promontoire, puis Coubon que nous ne tardons pas à atteindre.

Tout en remplissant nos gourdes déjà vides à une très belle fontaine fleurie de gros oeillets d'Inde oranges, nous discutons avec d'autres randonneurs qui font le Chemin de Saint-François Régis. A tour de rôle, nous évoquons la beauté des randonnées réalisées les années précédentes, puis chacun poursuit sa route et nous nous séparons aussi vite que nous nous sommes connus.

Nous empruntons le pont qui traverse la Loire et arrivés de l'autre côté, Dany entre dans une épicerie pour faire quelques emplettes.

Je profite de cet arrêt pour réviser le topo-guide sur la suite de la journée. Nous sortons de Coubon par la D.37 et 200 mètres après, nous prenons à droite une route avec une forte inclinaison qui se dirige vers les villages de l'Holme et de Poinsac.

(**) Autrefois, les pins étaient élagués pour en tirer des fagots destinés aux boulangeries. Ces tailles ont finis par donner aux arbres des formes bizarres et tourmentées.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Après le village d'Holme, le GR70 déroule son ruban avec de beaux panoramas

Arrivés à une intersection où se trouve une croix en pierres, le topo-guide indique de prendre à droite en direction de l'Holme mais cet indice est en totale contradiction avec le balisage peint. Sur la droite, une croix blanche et rouge spécifie " mauvaise direction ". Nous prenons l'option de continuer tout droit et effectivement 20 mètres après, nous trouvons très rapidement le marquage sur un poteau en béton. Une centaine de mètres devant nous, un autre randonneur a pris la même direction et cela nous conforte dans notre choix. Nous cheminons quatre à cinq cent mètres, entrons dans le village de Dempeyre et ne trouvons plus aucune trace du G.R. Un coup d'oeil sur la carte du topo-guide et je constate qu'effectivement le G.R ne passe pas par ce village. Je peste contre ces mauvaises indications qui ne correspondent pas à celles du topo-guide.

Il est midi, un brin énervé par cette déconvenue, nous rebroussons chemin, retrouvons le carrefour, source de notre égarement et grimpons par le tarmac vers le village de L'Holme. Le ciel est orageux, il fait très chaud, la faim joue sur nos organismes un peu fatigués. Nous décidons de nous arrêter à l'ombre de quelques arbres pour pique-niquer. Le panier-repas préparé par l'hôtel fait d'un gros pan bagnat, d'un oeuf dur, de fromage et d'une pomme est amplement suffisant pour caler notre bel appétit. La chaleur aidant, le repas a un effet si anesthésiant que nous éprouvons le besoin de nous allonger sur l'herbe. Après plus d'une heure de pause, nous nous remettons en marche et atteignons très rapidement le village d'Holme.

Au centre du village, nous quittons le goudron pour un long et rectiligne sentier de gravillons. Cet agréable chemin déroule son ruban sur un large plateau au milieu de terres cultivées, de nombreux maquis et de quelques petits bois. De chaque côté, nous pouvons apercevoir toute une série de petits cônes aux formes arrondies et couvertes de pins sur leurs sommets. D'origine volcanique, ces petits puys sont localement appelés des " gardes " : Garde d'Ours, Garde de Mons.

Nous marchons la plupart de temps à découvert avec la possibilité de voir le paysage défiler de part et d'autre du sentier. Nous surplombons de minuscules villages que nous pouvons identifier grâce aux cartes de topo-guide : Archinaud, Truchet, Arsac en Velay, Le Chier Blanc, Chadron, Le Clauzel, etc....

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Ravitaillement en eau fraîche au splendide village de l'Herm

Vers 16 heures, nous entrons dans le Bois des Gondous et éprouvons le besoin de souffler à l'ombre de quelques pins.

Le randonneur aperçut à Dempeyre en fin de matinée, là où nous nous sommes égarés, arrive. Il s'agit d'un petit homme, que j'appelle " Monsieur 62 " (car il nous dit avoir 62 ans). Il fait le Stevenson en solitaire. Lui aussi ronchonne après les mauvaises indications du balisage après Coubon. Contrairement à nous, il s'est complètement égaré, a tourné en rond à Dempeyre, avant de rejoindre le G.R près de Truchet par une longue route goudronnée qui a commencé à lui échauffer la plante des pieds.

Quelques biscuits et un café et nous repartons sur une piste forestière. Nous observons des engins qui travaillent à l'entretien du chemin et de ses bas-côtés. Ils nettoient les fossés de part et d'autre du chemin afin que les eaux pluviales s'écoulent plus facilement. Nous ressortons du bois et arrivons au très joli village de " l'Herm " où les maisons exposent leurs très nobles façades de pierres. Par un verdoyant sentier entre des murettes et des arbustes, nous débouchons sur la D.38 puis rejoignons rapidement Le Monastier-sur-Gazeille (*), point de départ du voyage de Stevenson.

Nous traversons le centre du village et trouvons sans problèmes, l'hôtel " Le Provence ". Nos bagages sont bien là dans le hall à nous attendre.

La chambre, une douche fraîche, une heure de sieste et nous voilà déjà prêts à repartir pour visiter le vieux village.

(*) Le Monastier tire son nom de mot " Monastère ", lieu habité par des moines.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

A Monastier devant le château édifié en 1365 et l'abbaye du XIe

Par de minuscules ruelles, nous gagnons la curieuse église Saint-Jean couverte de lauzes, l'imposante abbaye qui date du XIe siècle avec sa façade polychrome et qui est, parait-elle, un des fleurons de l'art roman du Velay et enfin l'imposant château édifié en 1365. Malheureusement, il est déjà tard et de tous ses trésors architecturaux, nous nous contenterons de découvrir les extérieurs seulement. Déçus de trouver toutes les portes closes, nous regagnons l'hôtel pour un excellent dîner rapidement expédié. Avant de terminer la journée, j'ai bien envie d'aller voir le Viaduc de la Recoumène, car on dit de lui, qu'il est le haut-lieu européen du saut à l'élastique.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

En direction du viaduc de Recoumène

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Le viaduc de Recoumène, haut-lieu du saut à l'élastique dans la nuit tombante

Nous voilà donc repartis sur la D.535 pour quatre à cinq kilomètres aller-retour. La nuit tombe, nous accélérons le pas, le viaduc se rapproche mais Dany qui est partie avec des sandales trop légères commence à claudiquer. Des cloques ont fait leur apparition au bout de ses orteils. Il fait nuit quand nous arrivons au Viaduc. Il s'agit d'un impressionnant ouvrage d'art à huit arches conçu entre 1922 et 1925 par l'ingénieur Paul Séjourné. Construit en basalte bleu sombre au dessus de la rivière Gazeille, le viaduc culmine à 66 mètres pour une longueur de 270 mètres en courbe. Malheureusement, les constructeurs du viaduc n'eurent jamais le plaisir de voir un train le franchir. En effet, la voie ferrée transcévenole qui avait été imaginée au début du siècle ne fut jamais construite car prise de vitesse par le développement de la " voiture automobile ".

C'est avec un petit vent fraîchissant et sous une voûte céleste très étoilée que nous regagnons notre chambre. Les derniers kilomètres ont eu un effet désastreux sur les pieds de Dany. Au fond de moi, je regrette de l'avoir contrainte à aller au viaduc. Avec les distances qui nous attendent pour les prochains jours, j'espère que demain elle ira mieux.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Dany sur le parapet du viaduc

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

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DES PAYSAGES EN COULEURS.....POUR QUATRE SOUS  

OU 6 JOURS SUR LE GR 70 

CHEMIN DE STEVENSON (1ere partie)

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmLundi 19 juillet 2004 : 1ere étape de 19 kms.

Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m).

Extrait du livre " Voyage avec un âne dans les Cévennes " de Robert Louis Stevenson où il explique le regard que portent les gens de Monastier sur son projet de voyage : " Un touriste de mon genre était alors chose inouïe dans cette région. On m'y considérait avec une piété dédaigneuse comme un individu qui aurait décidé un voyage dans la lune ".

Dans une petite localité, nommée Le Monastier, où nous devions nous rendre, nos bagages devaient nous précéder. Voilà pourquoi, en ce lundi matin 19 juillet 2004, il n'est que 8 heures, mais nous nous dépêchons de fermer nos sacs, car le transporteur est déjà dans le hall à attendre nos valises pour les amener au Monastier-sur-Gazeille, terme de notre première journée.

Le temps de prendre un copieux petit déjeuner et sans oublier nos paniers-repas, il est 8 h 30 quand nous quittons l'hôtel Bristol.

En plus de ce pique-nique, nos sacs sur le dos pour la journée contiennent, deux gourdes d'eau d'un litre, des sandales de marche légères, un poncho, une polaire et une veste en goretex. J'estime à environ 8 à 9 kilos, la charge qu'il nous faudra porter tout au long des 19 kilomètres de notre étape. De mon côté, je porte en sus, une sacoche avec l'appareil photo, des jumelles et un GPS. Le ciel est aussi chargé que nous, mais par de gros nuages gris qui détalent vers l'est. Nous redoutons la pluie et avons pris toutes nos précautions pour faire face à d'éventuelles intempéries. J'ai même pris un parapluie pliable. Si l'on en juge aux poids de nos sacs qui pèsent trop lourdement sur nos épaules, nous sommes sans doute excessivement prévoyants.J'étudie une dernière fois le topo-guide pendant que Dany entre dans une pharmacie mitoyenne de l'hôtel pour acheter un " Aspivenin ".

Nous devons prendre la direction d'Ours, premier village à traverser après être sortis du Puy. Hier, à une vingtaine de mètres, nous avons remarqué un panneau qui indiquait Ours immédiatement à droite en sortant de l'hôtel.

Dany a trouvé son bonheur à la pharmacie et nous prenons immédiatement cette direction.

Effectivement, nous avons pris cette direction et quelques dizaines de mètres plus loin, nous retrouvons les habituelles marques blanches et rouges d'un G.R. Il s'agit dans l'immédiat du G.R.430, Chemin de Saint-François Régis qui est, sur le Chemin de Stevenson, le passage obligé quand on démarre du Puy en Velay.

Par plusieurs rues, avenues et boulevards que nous grimpons, nous nous éloignons de la ville que nous finissons par apercevoir comme au fond d'une large cuvette. Seuls les trois rochers historiques avec la statue Notre Dame de France, la chapelle Saint-Michel d'Aiguilhe et le sanctuaire Saint-Joseph d'Espaly se dressent dans le décor.

C'est avec plaisir que nous quittons enfin l'asphalte pour un chemin pavé bien ombragé bordé de murettes et d'arbustes. En regardant ces pavés usés, ces ornières creusées par les siècles et ces murettes noires et moussues, je ne peux m'empêcher de penser que ce chemin prénommé jadis " La Calade d'Ours " doit avoir une lourde histoire et a du voir des milliers de pèlerins et de randonneurs le cheminer.

D'ailleurs au bout de quelques minutes, nous rencontrons une croix en pierre sculptée. Usée par le temps, une date apparaît : 1600 ! Peu après, nous longeons une ferme et débouchons dans le village d'Ours. Nous traversons une route et laissons sur la droite le château d'Ours qui est une ancienne maison d'assemblée (*). A bas du hameau, nous profitons de séculaires lavoirs pour nous asperger d'une eau fraîche bienfaitrice.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Sur un sentier de pouzzolanes rouges et au milieu des blés après le village d'Ours

Peu après, à travers des champs de blé sur un sentier fait de pouzzolanes rouges, nous gravissons un faible dénivelé. Arrivés sur un plateau, au milieu de champs céréaliers, le chemin s'élargit puis redescend vers une vallée. Dans la descente, nous hésitons à un embranchement sans balisage spécifique où le chemin s'est sérieusement rétréci.

(*) Tous les villages du Velay disposaient d'une maison d'assemblée où une religieuse rattachée à la Congrégation de l'enfant Jésus du Puy se chargeait de divulguer un peu d'instruction aux enfants, de donner des soins aux malades et d'enseigner le catéchisme.

Heureusement, nous retrouvons rapidement les traces rouges et blanches du G.R et les quelques pins tordus mentionnés sur le topo-guide que l'on appelle dans la région " pins du boulanger" (**). Le sentier devient plus sinueux, remonte vers une zone habitée " Les Sarpouleyres " puis redescend dans le Bois du Mont Jonnet.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19kmODes paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

A l'entrée de Coubon avec au loin le château de Bouzols et sur le pont qui enjambe la Loire

Nous approchons de Coubon et marchons maintenant sur une route en bitume au milieu de splendides villas aux jardins très fleuris. Nous engageons la conversation avec un homme fort agréable et le félicitons pour ses extraordinaires géraniums rouges dont les fleurs en boule sont aussi grosses que celles de certains hortensias. Il nous explique dans le détail tout le travail et les soins qu'il prodigue au fil des saisons pour obtenir ce magnifique résultat.

Au loin, nous distinguons le château de Bouzols perché sur son promontoire, puis Coubon que nous ne tardons pas à atteindre.

Tout en remplissant nos gourdes déjà vides à une très belle fontaine fleurie de gros oeillets d'Inde oranges, nous discutons avec d'autres randonneurs qui font le Chemin de Saint-François Régis. A tour de rôle, nous évoquons la beauté des randonnées réalisées les années précédentes, puis chacun poursuit sa route et nous nous séparons aussi vite que nous nous sommes connus.

Nous empruntons le pont qui traverse la Loire et arrivés de l'autre côté, Dany entre dans une épicerie pour faire quelques emplettes.

Je profite de cet arrêt pour réviser le topo-guide sur la suite de la journée. Nous sortons de Coubon par la D.37 et 200 mètres après, nous prenons à droite une route avec une forte inclinaison qui se dirige vers les villages de l'Holme et de Poinsac.

(**) Autrefois, les pins étaient élagués pour en tirer des fagots destinés aux boulangeries. Ces tailles ont finis par donner aux arbres des formes bizarres et tourmentées.

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Après le village d'Holme, le GR70 déroule son ruban avec de beaux panoramas

Arrivés à une intersection où se trouve une croix en pierres, le topo-guide indique de prendre à droite en direction de l'Holme mais cet indice est en totale contradiction avec le balisage peint. Sur la droite, une croix blanche et rouge spécifie " mauvaise direction ". Nous prenons l'option de continuer tout droit et effectivement 20 mètres après, nous trouvons très rapidement le marquage sur un poteau en béton. Une centaine de mètres devant nous, un autre randonneur a pris la même direction et cela nous conforte dans notre choix. Nous cheminons quatre à cinq cent mètres, entrons dans le village de Dempeyre et ne trouvons plus aucune trace du G.R. Un coup d'oeil sur la carte du topo-guide et je constate qu'effectivement le G.R ne passe pas par ce village. Je peste contre ces mauvaises indications qui ne correspondent pas à celles du topo-guide.

Il est midi, un brin énervé par cette déconvenue, nous rebroussons chemin, retrouvons le carrefour, source de notre égarement et grimpons par le tarmac vers le village de L'Holme. Le ciel est orageux, il fait très chaud, la faim joue sur nos organismes un peu fatigués. Nous décidons de nous arrêter à l'ombre de quelques arbres pour pique-niquer. Le panier-repas préparé par l'hôtel fait d'un gros pan bagnat, d'un oeuf dur, de fromage et d'une pomme est amplement suffisant pour caler notre bel appétit. La chaleur aidant, le repas a un effet si anesthésiant que nous éprouvons le besoin de nous allonger sur l'herbe. Après plus d'une heure de pause, nous nous remettons en marche et atteignons très rapidement le village d'Holme.

Au centre du village, nous quittons le goudron pour un long et rectiligne sentier de gravillons. Cet agréable chemin déroule son ruban sur un large plateau au milieu de terres cultivées, de nombreux maquis et de quelques petits bois. De chaque côté, nous pouvons apercevoir toute une série de petits cônes aux formes arrondies et couvertes de pins sur leurs sommets. D'origine volcanique, ces petits puys sont localement appelés des " gardes " : Garde d'Ours, Garde de Mons.

Nous marchons la plupart de temps à découvert avec la possibilité de voir le paysage défiler de part et d'autre du sentier. Nous surplombons de minuscules villages que nous pouvons identifier grâce aux cartes de topo-guide : Archinaud, Truchet, Arsac en Velay, Le Chier Blanc, Chadron, Le Clauzel, etc....

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Ravitaillement en eau fraîche au splendide village de l'Herm

Vers 16 heures, nous entrons dans le Bois des Gondous et éprouvons le besoin de souffler à l'ombre de quelques pins.

Le randonneur aperçut à Dempeyre en fin de matinée, là où nous nous sommes égarés, arrive. Il s'agit d'un petit homme, que j'appelle " Monsieur 62 " (car il nous dit avoir 62 ans). Il fait le Stevenson en solitaire. Lui aussi ronchonne après les mauvaises indications du balisage après Coubon. Contrairement à nous, il s'est complètement égaré, a tourné en rond à Dempeyre, avant de rejoindre le G.R près de Truchet par une longue route goudronnée qui a commencé à lui échauffer la plante des pieds.

Quelques biscuits et un café et nous repartons sur une piste forestière. Nous observons des engins qui travaillent à l'entretien du chemin et de ses bas-côtés. Ils nettoient les fossés de part et d'autre du chemin afin que les eaux pluviales s'écoulent plus facilement. Nous ressortons du bois et arrivons au très joli village de " l'Herm " où les maisons exposent leurs très nobles façades de pierres. Par un verdoyant sentier entre des murettes et des arbustes, nous débouchons sur la D.38 puis rejoignons rapidement Le Monastier-sur-Gazeille (*), point de départ du voyage de Stevenson.

Nous traversons le centre du village et trouvons sans problèmes, l'hôtel " Le Provence ". Nos bagages sont bien là dans le hall à nous attendre.

La chambre, une douche fraîche, une heure de sieste et nous voilà déjà prêts à repartir pour visiter le vieux village.

(*) Le Monastier tire son nom de mot " Monastère ", lieu habité par des moines.

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A Monastier devant le château édifié en 1365 et l'abbaye du XIe

Par de minuscules ruelles, nous gagnons la curieuse église Saint-Jean couverte de lauzes, l'imposante abbaye qui date du XIe siècle avec sa façade polychrome et qui est, parait-elle, un des fleurons de l'art roman du Velay et enfin l'imposant château édifié en 1365. Malheureusement, il est déjà tard et de tous ses trésors architecturaux, nous nous contenterons de découvrir les extérieurs seulement. Déçus de trouver toutes les portes closes, nous regagnons l'hôtel pour un excellent dîner rapidement expédié. Avant de terminer la journée, j'ai bien envie d'aller voir le Viaduc de la Recoumène, car on dit de lui, qu'il est le haut-lieu européen du saut à l'élastique.

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En direction du viaduc de Recoumène

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Le viaduc de Recoumène, haut-lieu du saut à l'élastique dans la nuit tombante

Nous voilà donc repartis sur la D.535 pour quatre à cinq kilomètres aller-retour. La nuit tombe, nous accélérons le pas, le viaduc se rapproche mais Dany qui est partie avec des sandales trop légères commence à claudiquer. Des cloques ont fait leur apparition au bout de ses orteils. Il fait nuit quand nous arrivons au Viaduc. Il s'agit d'un impressionnant ouvrage d'art à huit arches conçu entre 1922 et 1925 par l'ingénieur Paul Séjourné. Construit en basalte bleu sombre au dessus de la rivière Gazeille, le viaduc culmine à 66 mètres pour une longueur de 270 mètres en courbe. Malheureusement, les constructeurs du viaduc n'eurent jamais le plaisir de voir un train le franchir. En effet, la voie ferrée transcévenole qui avait été imaginée au début du siècle ne fut jamais construite car prise de vitesse par le développement de la " voiture automobile ".

C'est avec un petit vent fraîchissant et sous une voûte céleste très étoilée que nous regagnons notre chambre. Les derniers kilomètres ont eu un effet désastreux sur les pieds de Dany. Au fond de moi, je regrette de l'avoir contrainte à aller au viaduc. Avec les distances qui nous attendent pour les prochains jours, j'espère que demain elle ira mieux.

Des paysages en couleurs ....pour quatre sous - Etape 1- Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19km

Dany sur le parapet du viaduc

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Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

Publié le par gibirando

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

DES PAYSAGES EN COULEURS....POUR QUATRE SOUS  

OU 6 JOURS SUR LE GR 70 

CHEMIN DE STEVENSON (1ere partie)

Préambule

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

(*)Logo de l'Association Le Chemin de Stevenson GR.70

http://www.chemin-stevenson.org/

(Les images dont les légendes sont signalées par un astérisque (*) ne sont pas de moi et je remercie bien aimablement leurs auteurs de m'autoriser à les utiliser pour enjoliver cette histoire.)

1-Le Puy en Velay (613 m) - Le Monastier-sur-Gazeille (930m) 19 km.

2-Le Monastier-sur-Gazeille (930m) - Le Bouchet St-Nicolas (875m) 22 km.

3-Le Bouchet Saint-Nicolas (875m) - Langogne (915m) 25 km.

4-Langogne (915m) - Cheylard l'Evêque (1125m) 16 km.

5-Cheylard l'Evêque (1125m) - La Bastide-Puylaurent (1024 m) 24 km.

6-La Bastide-Puylaurent (1024 m) - Chasseradès (1150 m) 12 km.

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

NOTRE TRAJET DE 118 KILOMETRES ET DES PATATES ? NON DES LENTILLES ! 

 Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)La vie de Robert Louis Stevenson (1850-1894) (*).Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

Robert Louis Stevenson est né le 13 novembre 1850 à Edimbourg en Ecosse. Dans la famille Stevenson, on est ingénieurs et constructeurs de phares de père en fils.

Tout enfant, sa nurse Cummy lui donne le goût des récits et de la poésie en lui relatant des histoires légendaires et des contes. Plus tard, il prend goût pour la lecture et passe son temps dans la bibliothèque de son père qui regorge de livres d'aventures.

De santé très fragile, il éprouve de grandes difficultés à suivre une scolarité normale, d'autant qu'il n'est pas spécialement attiré par les études. Le climat de l'Ecosse ne lui est pas recommandé, aussi dès l'age de 13 ans, ses parents décident de l'envoyer faire un séjour sur la Côte d'Azur. Il apprécie la France car la vie qu'il mène lui parait moins astreignante et plus indépendante. Il s'initie à l'écriture.

A 16 ans, il publie aux frais de son père un premier roman de 22 pages intitulé " La Révolte du Pentland ". Sa famille qui ne voit pas d'un bon œil ce désir de vouloir devenir écrivain, après lui avoir conseillé en vain de devenir ingénieur, l'inscrit à la Faculté de Droit d'Edimbourg afin qu'il devienne avocat. Sous la contrainte, il apprend ce métier, mais ses aspirations le pousse davantage à écrire qu'à apprendre le droit. Son esprit d'indépendance et son goût démesuré pour les voyages le pousse dès 1874 à venir séjourner en France, pays dont il apprécie la culture.

En 1876, il écrit son premier livre " Voyage sur le continent " où il raconte le récit d'un voyage en canoë sur les canaux et rivières du nord de la France.

En 1877, dans une auberge de Grès-sur-Loing, il tombe amoureux d'une Américaine de 10 ans son aînée, Fanny Osborne. Elle est mariée et mère de deux enfants.

En 1878, il effectue une randonnée pédestre à travers les Cévennes avec une ânesse prénommée Modestine. Un an plus tard il publie son journal de route sous le titre " Voyage avec un âne dans les Cévennes ".

En 1879, il retrouve Fanny. Divorcée, il l'épouse en 1880.

Souffrant de tuberculose, les années suivantes sont une longue quête à trouver des climats et des stations thermales où il tente de juguler sa maladie.

C''est au cours de ces années, qu'il écrit quelques uns de ses plus beaux romans : Les Nouvelles Milles et une nuits en 1882, L'île au trésor en 1883, Le Corbeau en 1885, L'étrange cas du Docteur Jekill et Mister Hyde en 1886.

En juin 1888, après un long séjour au Lac Saranac dans les Monts Adirondacks (Etat de New-York) sa maladie semble enrayée. Il décide avec Fanny de faire une croisière dans les mers du Sud. Ils s'embarquent à San Francisco puis le voyage durera dix huit mois. La goélette " Le Casco " passant par les plus belles îles australes et du Pacifique : Marquises, Tahiti, l'Australie, Hawaii, les archipels Gilbert et les îles Samoa, etc....

Le couple trouve les îles Samoa tellement agréables tant sur le plan du climat, que des paysages et de la population, qu'ils décident de s'y installer définitivement. Ils achètent une propriété qu'ils baptisent Vailima.

Durant cette période, Robert Louis Stevenson continue d'écrire de magnifiques oeuvres dont les plus connues sont : La Flèche Noire en 1888, Le maître de Ballantrae en 1889, Le trafiquant d'épaves en 1892, Le creux de la vague en 1894.

Il défend avec beaucoup d'intensité, les populations autochtones contre l'exploitation des Blancs, si bien qu'il est surnommé Tusitala (le conteur d'histoires). Ce combat qu'il relate dans " Huit années de troubles dans les Samoa " (1892) lui apporte une reconnaissance et un amour sans faille des Samoans.

Quant il meurt le 3 décembre 1894 d'une congestion cérébrale, toute la population de l'île unit ses efforts et trace une piste au milieu de la jungle pour qu'il soit enterré comme il le désirait au sommet du Mont Vaea.

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

 Robert Louis STEVENSON et Fanny OSBORNE (*)

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)L'invitation à la randonnée de Robert Louis Stevenson.

Extrait du livre " Voyage avec un âne dans les Cévennes " de Robert Louis Stevenson dans lequel il fait part de ses motivations : "Quant à moi, je voyage non pour aller quelque part, mais pour marcher. Je voyage pour le plaisir de voyager. L'important est de bouger, d'éprouver de plus près les nécessités et les embarras de la vie, de quitter le lit douillet de la civilisation, de sentir sous mes pieds le granit terrestre et les silex épars avec leurs coupants".

Après de longues réflexions, nous avions choisi pour ces vacances 2004 de faire une partie du G.R.70 Chemin de Stevenson avec portage des bagages organisé par " La Pèlerine " plutôt que le G.R.10 des Pyrénées Ariégeoises.

http://www.lapelerine.com/

En raison de difficultés d'organisation sur le G.R.10 et d'une gêne persistante au genou de Dany, notre choix s'était porté sur ce chemin mythique, mais plus cool.

En 1878, Robert Louis Stevenson décide de voyager pour oublier un amour, qui dans l'immédiat lui paraît impossible : Elle s'appelle Fanny Osborne, elle a 37 ans, elle est mariée et a deux enfants. Stevenson l'a rencontré quelques mois plus tôt et a eu aussitôt le coup de foudre pour cette belle américaine.

Il part pour cette principale raison mais aussi, parce qu'il a un goût immodéré pour les voyages. Il est attiré par les Cévennes, son histoire et ses habitants et se lance dans cet incroyable périple pédestre avec une ânesse prénommée Modestine.

Il n'a que 28 ans et n'est pas encore l'écrivain révélé qu'il deviendra au fil des années avec des romans universellement connus comme : L'île au Trésor (1883), Le cas étrange du Docteur Jekill et Mr. Hyde (1886), La Flèche Noire (1888), etc...

Il part le 22 septembre 1878 de Monastier-sur-Gazeille en Haute-Loire et rejoint Saint-Jean du Gard le 3 octobre après une éreintante (il a une santé fragile depuis sa plus tendre enfance) randonnée de 12 jours et de plus de 200 kilomètres.

Amour du voyage, plaisir de la découverte, désirs de rencontres, volonté de se retrouver seul avec soi-même, goût de l'effort, Stevenson possède certainement toutes les qualités, les envies et les ressources nécessaires à l'accomplissement de cette performance.

A l'époque, les chemins ne sont pas balisés et par les difficultés même qu'il rencontre : égarements, intempéries, ânesse qui n'en fait qu'à sa tête, nuits à la " belle étoile ", Stevenson devient un précurseur et l'ancêtre du randonneur moderne.

Le destin sera au rendez-vous et comme toutes les bonnes histoires d'amour, celle-ci se terminera bien. Il retrouvera Fanny divorcée et l'épousera deux années plus tard.

Si vous aimez la randonnée et la lecture, il faut absolument lire le récit qui relate son itinéraire. Ce petit livre, " Voyage avec un âne dans les Cévennes " est une véritable invitation à parcourir le GR.70 que l'on appelle désormais le " Chemin de Stevenson ". 

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)Dimanche 18 juillet 2004: Visite du Puy en Velay.

Extrait du livre " Voyage avec un âne dans les Cévennes " de Robert Louis Stevenson ou il fait part du plaisir qu'il éprouve à regarder certains paysages : " J'avoue aimer une forme précise là où mes regards se posent et si les paysages se vendaient comme les images de mon enfance, un penny en noir, et quatre sous en couleurs, je donnerais bien quatre sous chaque jour de ma vie "

Cet extrait est bien évidemment la raison du titre de mon récit : "Des paysages en couleurs...pour quatre sous". 

Le voyage que raconte ce petit livre démarre dans la cité du Puy en Velay où nous arrivons le Dimanche 18 juillet 2004 en début d'après-midi. Nous profitons de ce temps libre pour visiter la vieille ville très riche en monuments historiques.

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)ODes Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

 Dany devant la Bête du Gévaudan et dans le centre-ville du Puy en Velay

La splendide cathédrale Notre-Dame du Puy avec sa façade polychrome laisse apparaître des fresques byzantines et des caractères hispano-arabes qui présagent de cultures et de religions très anciennes et parfois même antérieures à la chrétienté dans la cité.

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)ODes Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

Dany dans les ruelles de la cité et dans la basilique avec les pèlerins

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)ODes Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

Devant l'entrée du parc et dans (regardez bien) l'immense statue de la Vierge

Sur le Rocher Corneille, énorme butte d'origine volcanique qui domine la ville, nous grimpons à l'intérieur de l'immense statue de la Vierge érigée en 1860. Cette colossale statue a été conçue avec le métal fondu des canons russes pris à la victoire de Sébastopol (1854-1855) par les troupes franco-anglaises aux soldats du tsar Nicolas 1er.

Vers 19 heures, nous rejoignons l'hôtel Bristol en flânant dans les rues tortueuses et pavées de la ville haute. A l'intérieur de la basilique, les pèlerins, en partance pour le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, assistent aux messes et aux bénédictions qui sont données en leur honneur. Dans les boutiques, les dentellières exposent leur savoir-faire.

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

Vue sur le Puy en Velay depuis le rocher Corneille

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

La statue construite avec les canons russes pris à Sébastopol

Avec la verveine et les lentilles, la dentelle est la principale spécialité du Puy en Velay qui reste une des capitales françaises de cet artisanat. Ce dimanche se termine par un agréable souper au restaurant de l'hôtel. Assiette de charcuterie, confit de canard, plateau de fromages régionaux et flan maison sont au menu pour titiller notre palais. Le tout accompagné d'une carafe de Côtes d'Auvergne rouge. Le séjour commence bien.

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

Un bref aperçu du très bel hôtel Bristol (*)

Des Paysages en couleurs pour quatre sous ou 6 jours sur le GR.70 Chemin de Stevenson (1ere partie)

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Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Publié le par gibirando

 

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

5eme étape : Station de Mont-Dore (1325m)-Le Puy de Sancy (1886m).

Le dilemme : J’étais au milieu de la forêt, il y avait deux chemins devant moi, j’ai pris celui qui était le moins emprunté, et là, ma vie a commencé. (Robert Frost - poète américain)

Vendredi 2 août 2002

8h30, nous sommes déjà sur le grand parking de la station de Mont-Dore. Nous avons quitté définitivement l’hôtel " Le Buron " ce matin et chargé la voiture car notre randonnée s’achève avec l’ascension du Puy de Sancy. Le parking est vide et nous ne savons où aller. Nous partons sur la droite en direction de ce qui semble être un chemin mais la route redescend dans le vallon. Nous remontons vers la station et stoppons la voiture sur la gauche de la vallée près d’une vaste cafétéria. Les cabines des téléphériques sont désertes et immobiles. Il est certainement trop tôt.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

5eme jour, départ de la station de Mont-Dore pour le Puy de Sancy

Près d’un petit sentier qui part sur la gauche, un panneau indique le Puy de Sancy en 2h15. Nous démarrons doucement car nous avons encore sur l’estomac, les tripoux et l’omelette auvergnate ingurgitée la veille. Malgré, les kilomètres de randonnée et les litres d’eau absorbés au fil des jours, les bonnes recettes auvergnates ont du avoir raison de notre tour de taille. Le petit sentier a laissé place à une large piste caillouteuse qui zigzague à gauche du cirque formé par la chaîne des puys qui nous entourent, et dont le Puy de Sancy en est évidemment le plus imposant.

Deux ruisseaux distincts qui prennent leur source ici, descendent dans la vallée. Il s’agit de la Dore, qui jaillit d’une cascade et la Dogne, qui n’est qu’un petit ruisselet. Depuis des millénaires, ils creusent de profondes brèches dans le flanc de la montagne et se rejoignent à proximité de la station pour former la Dordogne.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Dany dans la longue montée avec au dessus la station des téléphériques

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Les sources de la Dore et de la Dogne forment un peu plus bas la Dordogne

Dans la longue montée, nous avons la chance d’apercevoir deux isards qui descendent le long du torrent, traversent la piste à cinquante mètres de nous et s’arrêtent sur le versant du Puy de Cacadogne. Grâce aux jumelles nous avons la chance de les entrevoir mais rapidement ils disparaissent.

Pendant notre ascension, les téléphériques se sont mis en route et vident leurs lots de touristes au relais qui surplombe la vallée. Au bout de deux heures de montée, et après un ascension au fort dénivelé, nous atteignons, à notre tour, ce relais. Par un bref mais raide raccourci, nous nous dirigeons vers les interminables escaliers de bois qui mènent au Puy de Sancy. La transition est saisissante, ici c’est pratiquement la foule alors que sur la piste par laquelle nous sommes montés à pied il n’y avait pratiquement personne.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Dans l’ascension, au loin la ville de Mont-Dore

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

On aperçoit le sommet du Puy de Sancy sur la gauche

Tout en montant, nous prenons de multiples photos car la vue est splendide de tous côtés. A loin, nous discernons les sites traversés les jours précédents et évoquons avec satisfaction les distances incroyables que nous avons réussies à parcourir. Nous arrivons à la table d’orientation qui culmine à 1.886 m.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

La rude montée à pied le long des tire-fesses

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

L'arrivée au relais des téléphériques

Le site est impressionnant, car les pentes du Puy de Sancy sont différentes dans chacune des directions : abruptes mais verdoyantes vers la vallée de la Dordogne, en falaises et hérissées d’arêtes saillantes sur le flanc opposé, en coulées caillouteuses sur la flanc sud-est.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

De très longs escaliers de bois mènent au sommet du Puy de Sancy

Au bout de dix minutes, il y a tellement de monde au sommet que nous décidons de redescendre. Les escaliers de bois sont tellement encombrés que c’est par un sentier très escarpé situé sur le flanc sud-est que nous redescendons. Il s’agit en réalité du GR.4 que nous avons quitté hier à proximité du Puy de la Croix Morand et de la D.996 et qui passe par le sommet du Puy de Sancy. Des gens affluent dans tous les sens. On se demande même si toute cette foule pourra tenir sur l’étriquée cime du puy.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Le sommet n’est plus très loin

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Mais les escaliers sont encore nombreux

Malgré une sente très rocailleuse et une chute sans gravité de ma part, nous avons rejoints la large piste sans encombres. Nous croisons maintenant des gens de tous ages qui se dirigent vers le sommet. Mais quelle surprise et quelle coïncidence quant nous croisons et retrouvons nos amis Paul et Virginie.

Nous les avons quitté voilà trois jours à Recoleine et nous les retrouvons sur les pentes du Sancy. Nous évoquons longuement nos deux derniers jours passés sur les chemins. Apparemment, nous nous sommes manqués à Pessade, puis sur le retour vers Mont-Dore par le Puy Baladou. Nos chemins ont été les mêmes, se sont séparés, puis à nouveau croisés pour se rejoindre ici. Un dernier signe et cette fois, nous quittons définitivement nos sympathiques et jeunes compagnons de voyage.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Dany reprend son souffle, mais le sommet est maintenant tout proche

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Arrivée au sommet, avec pour panoramas, tous les paysages parcourus.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Dany arrive à son tour, en dessous la piste empruntée pour monter.

Sur les flancs du Puy de Cacadogne, nous retrouvons les deux isards aperçus ce matin, ils se tiennent à distance mais broutent paisiblement et n’ont pas l’air trop effarouchés par l’abondance de touristes qui conflue vers le Sancy. Cette fois, nous avons tout loisir de les observer aux jumelles.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Dans la descente rocailleuse vers la station

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

On retrouve les isards sur les pentes du Puy de Cacadogne

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Les téléphériques font d’incessants allers-retours

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Retour à la station de Mont-Dore

Allégés de nos sacs, c’est d’un bon pas que nous retournons vers la station. Il est midi et demi quand nous retrouvons la voiture. Nous sommes dans les temps annoncés sur les petits panneaux jaunes puisque nous avons mis un peu moins de quatre heures pour faire l’aller-retour.

Une fois de plus, l’ascension nous a ouvert l’appétit. Nous finirons, ça ne s’invente pas, notre sympathique séjour au restaurant " Le Bougnat " !

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Enfin réunis sur une photo au sommet du Puy de Sancy à 1.885 m de haut

 

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Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Publié le par gibirando

 

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

5eme étape : Station de Mont-Dore (1325m)-Le Puy de Sancy (1886m).

Le dilemme : J’étais au milieu de la forêt, il y avait deux chemins devant moi, j’ai pris celui qui était le moins emprunté, et là, ma vie a commencé. (Robert Frost - poète américain)

Vendredi 2 août 2002

8h30, nous sommes déjà sur le grand parking de la station de Mont-Dore. Nous avons quitté définitivement l’hôtel " Le Buron " ce matin et chargé la voiture car notre randonnée s’achève avec l’ascension du Puy de Sancy. Le parking est vide et nous ne savons où aller. Nous partons sur la droite en direction de ce qui semble être un chemin mais la route redescend dans le vallon. Nous remontons vers la station et stoppons la voiture sur la gauche de la vallée près d’une vaste cafétéria. Les cabines des téléphériques sont désertes et immobiles. Il est certainement trop tôt.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

5eme jour, départ de la station de Mont-Dore pour le Puy de Sancy

Près d’un petit sentier qui part sur la gauche, un panneau indique le Puy de Sancy en 2h15. Nous démarrons doucement car nous avons encore sur l’estomac, les tripoux et l’omelette auvergnate ingurgitée la veille. Malgré, les kilomètres de randonnée et les litres d’eau absorbés au fil des jours, les bonnes recettes auvergnates ont du avoir raison de notre tour de taille. Le petit sentier a laissé place à une large piste caillouteuse qui zigzague à gauche du cirque formé par la chaîne des puys qui nous entourent, et dont le Puy de Sancy en est évidemment le plus imposant.

Deux ruisseaux distincts qui prennent leur source ici, descendent dans la vallée. Il s’agit de la Dore, qui jaillit d’une cascade et la Dogne, qui n’est qu’un petit ruisselet. Depuis des millénaires, ils creusent de profondes brèches dans le flanc de la montagne et se rejoignent à proximité de la station pour former la Dordogne.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Dany dans la longue montée avec au dessus la station des téléphériques

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Les sources de la Dore et de la Dogne forment un peu plus bas la Dordogne

Dans la longue montée, nous avons la chance d’apercevoir deux isards qui descendent le long du torrent, traversent la piste à cinquante mètres de nous et s’arrêtent sur le versant du Puy de Cacadogne. Grâce aux jumelles nous avons la chance de les entrevoir mais rapidement ils disparaissent.

Pendant notre ascension, les téléphériques se sont mis en route et vident leurs lots de touristes au relais qui surplombe la vallée. Au bout de deux heures de montée, et après un ascension au fort dénivelé, nous atteignons, à notre tour, ce relais. Par un bref mais raide raccourci, nous nous dirigeons vers les interminables escaliers de bois qui mènent au Puy de Sancy. La transition est saisissante, ici c’est pratiquement la foule alors que sur la piste par laquelle nous sommes montés à pied il n’y avait pratiquement personne.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Dans l’ascension, au loin la ville de Mont-Dore

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

On aperçoit le sommet du Puy de Sancy sur la gauche

Tout en montant, nous prenons de multiples photos car la vue est splendide de tous côtés. A loin, nous discernons les sites traversés les jours précédents et évoquons avec satisfaction les distances incroyables que nous avons réussies à parcourir. Nous arrivons à la table d’orientation qui culmine à 1.886 m.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

La rude montée à pied le long des tire-fesses

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

L'arrivée au relais des téléphériques

Le site est impressionnant, car les pentes du Puy de Sancy sont différentes dans chacune des directions : abruptes mais verdoyantes vers la vallée de la Dordogne, en falaises et hérissées d’arêtes saillantes sur le flanc opposé, en coulées caillouteuses sur la flanc sud-est.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

De très longs escaliers de bois mènent au sommet du Puy de Sancy

Au bout de dix minutes, il y a tellement de monde au sommet que nous décidons de redescendre. Les escaliers de bois sont tellement encombrés que c’est par un sentier très escarpé situé sur le flanc sud-est que nous redescendons. Il s’agit en réalité du GR.4 que nous avons quitté hier à proximité du Puy de la Croix Morand et de la D.996 et qui passe par le sommet du Puy de Sancy. Des gens affluent dans tous les sens. On se demande même si toute cette foule pourra tenir sur l’étriquée cime du puy.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Le sommet n’est plus très loin

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Mais les escaliers sont encore nombreux

Malgré une sente très rocailleuse et une chute sans gravité de ma part, nous avons rejoints la large piste sans encombres. Nous croisons maintenant des gens de tous ages qui se dirigent vers le sommet. Mais quelle surprise et quelle coïncidence quant nous croisons et retrouvons nos amis Paul et Virginie.

Nous les avons quitté voilà trois jours à Recoleine et nous les retrouvons sur les pentes du Sancy. Nous évoquons longuement nos deux derniers jours passés sur les chemins. Apparemment, nous nous sommes manqués à Pessade, puis sur le retour vers Mont-Dore par le Puy Baladou. Nos chemins ont été les mêmes, se sont séparés, puis à nouveau croisés pour se rejoindre ici. Un dernier signe et cette fois, nous quittons définitivement nos sympathiques et jeunes compagnons de voyage.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Dany reprend son souffle, mais le sommet est maintenant tout proche

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Arrivée au sommet, avec pour panoramas, tous les paysages parcourus.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Dany arrive à son tour, en dessous la piste empruntée pour monter.

Sur les flancs du Puy de Cacadogne, nous retrouvons les deux isards aperçus ce matin, ils se tiennent à distance mais broutent paisiblement et n’ont pas l’air trop effarouchés par l’abondance de touristes qui conflue vers le Sancy. Cette fois, nous avons tout loisir de les observer aux jumelles.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Dans la descente rocailleuse vers la station

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

On retrouve les isards sur les pentes du Puy de Cacadogne

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Les téléphériques font d’incessants allers-retours

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Retour à la station de Mont-Dore

Allégés de nos sacs, c’est d’un bon pas que nous retournons vers la station. Il est midi et demi quand nous retrouvons la voiture. Nous sommes dans les temps annoncés sur les petits panneaux jaunes puisque nous avons mis un peu moins de quatre heures pour faire l’aller-retour.

Une fois de plus, l’ascension nous a ouvert l’appétit. Nous finirons, ça ne s’invente pas, notre sympathique séjour au restaurant " Le Bougnat " !

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Enfin réunis sur une photo au sommet du Puy de Sancy à 1.885 m de haut

 

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5eme étape : Station de Mont-Dore (1325m)-Le Puy de Sancy (1886m).

Le dilemme : J’étais au milieu de la forêt, il y avait deux chemins devant moi, j’ai pris celui qui était le moins emprunté, et là, ma vie a commencé. (Robert Frost - poète américain)

Vendredi 2 août 2002

8h30, nous sommes déjà sur le grand parking de la station de Mont-Dore. Nous avons quitté définitivement l’hôtel " Le Buron " ce matin et chargé la voiture car notre randonnée s’achève avec l’ascension du Puy de Sancy. Le parking est vide et nous ne savons où aller. Nous partons sur la droite en direction de ce qui semble être un chemin mais la route redescend dans le vallon. Nous remontons vers la station et stoppons la voiture sur la gauche de la vallée près d’une vaste cafétéria. Les cabines des téléphériques sont désertes et immobiles. Il est certainement trop tôt.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

5eme jour, départ de la station de Mont-Dore pour le Puy de Sancy

Près d’un petit sentier qui part sur la gauche, un panneau indique le Puy de Sancy en 2h15. Nous démarrons doucement car nous avons encore sur l’estomac, les tripoux et l’omelette auvergnate ingurgitée la veille. Malgré, les kilomètres de randonnée et les litres d’eau absorbés au fil des jours, les bonnes recettes auvergnates ont du avoir raison de notre tour de taille. Le petit sentier a laissé place à une large piste caillouteuse qui zigzague à gauche du cirque formé par la chaîne des puys qui nous entourent, et dont le Puy de Sancy en est évidemment le plus imposant.

Deux ruisseaux distincts qui prennent leur source ici, descendent dans la vallée. Il s’agit de la Dore, qui jaillit d’une cascade et la Dogne, qui n’est qu’un petit ruisselet. Depuis des millénaires, ils creusent de profondes brèches dans le flanc de la montagne et se rejoignent à proximité de la station pour former la Dordogne.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Dany dans la longue montée avec au dessus la station des téléphériques

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Les sources de la Dore et de la Dogne forment un peu plus bas la Dordogne

Dans la longue montée, nous avons la chance d’apercevoir deux isards qui descendent le long du torrent, traversent la piste à cinquante mètres de nous et s’arrêtent sur le versant du Puy de Cacadogne. Grâce aux jumelles nous avons la chance de les entrevoir mais rapidement ils disparaissent.

Pendant notre ascension, les téléphériques se sont mis en route et vident leurs lots de touristes au relais qui surplombe la vallée. Au bout de deux heures de montée, et après un ascension au fort dénivelé, nous atteignons, à notre tour, ce relais. Par un bref mais raide raccourci, nous nous dirigeons vers les interminables escaliers de bois qui mènent au Puy de Sancy. La transition est saisissante, ici c’est pratiquement la foule alors que sur la piste par laquelle nous sommes montés à pied il n’y avait pratiquement personne.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Dans l’ascension, au loin la ville de Mont-Dore

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

On aperçoit le sommet du Puy de Sancy sur la gauche

Tout en montant, nous prenons de multiples photos car la vue est splendide de tous côtés. A loin, nous discernons les sites traversés les jours précédents et évoquons avec satisfaction les distances incroyables que nous avons réussies à parcourir. Nous arrivons à la table d’orientation qui culmine à 1.886 m.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

La rude montée à pied le long des tire-fesses

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

L'arrivée au relais des téléphériques

Le site est impressionnant, car les pentes du Puy de Sancy sont différentes dans chacune des directions : abruptes mais verdoyantes vers la vallée de la Dordogne, en falaises et hérissées d’arêtes saillantes sur le flanc opposé, en coulées caillouteuses sur la flanc sud-est.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

De très longs escaliers de bois mènent au sommet du Puy de Sancy

Au bout de dix minutes, il y a tellement de monde au sommet que nous décidons de redescendre. Les escaliers de bois sont tellement encombrés que c’est par un sentier très escarpé situé sur le flanc sud-est que nous redescendons. Il s’agit en réalité du GR.4 que nous avons quitté hier à proximité du Puy de la Croix Morand et de la D.996 et qui passe par le sommet du Puy de Sancy. Des gens affluent dans tous les sens. On se demande même si toute cette foule pourra tenir sur l’étriquée cime du puy.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Le sommet n’est plus très loin

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Mais les escaliers sont encore nombreux

Malgré une sente très rocailleuse et une chute sans gravité de ma part, nous avons rejoints la large piste sans encombres. Nous croisons maintenant des gens de tous ages qui se dirigent vers le sommet. Mais quelle surprise et quelle coïncidence quant nous croisons et retrouvons nos amis Paul et Virginie.

Nous les avons quitté voilà trois jours à Recoleine et nous les retrouvons sur les pentes du Sancy. Nous évoquons longuement nos deux derniers jours passés sur les chemins. Apparemment, nous nous sommes manqués à Pessade, puis sur le retour vers Mont-Dore par le Puy Baladou. Nos chemins ont été les mêmes, se sont séparés, puis à nouveau croisés pour se rejoindre ici. Un dernier signe et cette fois, nous quittons définitivement nos sympathiques et jeunes compagnons de voyage.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Dany reprend son souffle, mais le sommet est maintenant tout proche

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Arrivée au sommet, avec pour panoramas, tous les paysages parcourus.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Dany arrive à son tour, en dessous la piste empruntée pour monter.

Sur les flancs du Puy de Cacadogne, nous retrouvons les deux isards aperçus ce matin, ils se tiennent à distance mais broutent paisiblement et n’ont pas l’air trop effarouchés par l’abondance de touristes qui conflue vers le Sancy. Cette fois, nous avons tout loisir de les observer aux jumelles.

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Dans la descente rocailleuse vers la station

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

On retrouve les isards sur les pentes du Puy de Cacadogne

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Les téléphériques font d’incessants allers-retours

Des puys pour deux fous - Etape 5 et fin- Station de Mont-Dore - Le Puy du Sancy

Retour à la station de Mont-Dore

Allégés de nos sacs, c’est d’un bon pas que nous retournons vers la station. Il est midi et demi quand nous retrouvons la voiture. Nous sommes dans les temps annoncés sur les petits panneaux jaunes puisque nous avons mis un peu moins de quatre heures pour faire l’aller-retour.

Une fois de plus, l’ascension nous a ouvert l’appétit. Nous finirons, ça ne s’invente pas, notre sympathique séjour au restaurant " Le Bougnat " !

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Enfin réunis sur une photo au sommet du Puy de Sancy à 1.885 m de haut

 

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Des puys pour deux fous - Etape 4- Le Puy Baladou - La Bourboule

Publié le par gibirando

 

4eme étape : Le Puy Baladou-La Bourboule

Le savoir : Ne demande jamais ton chemin à quelqu’un qui le connaît, car tu ne pourrais pas t’égarer. (Nahman de Braslaw).

Jeudi 1er août 2002

Une fois n’est pas coutume, Dany est déjà éveillée lorsque j’ouvre les yeux. A sa tête, je crois comprendre, que tout comme moi, elle n’a pas bien dormi. Nous avons été réveillé à maintes reprises par le tonnerre et l’orage qui n’a pas cessé tout au long de la nuit. Bizarrement, nous avons eu très chaud et avons été contraints de nous déshabiller et de dormir nus sans fermer les sacs de couchage. Pour trouver un peu de fraîcheur, c’est la première fois que nous dormions avec seulement la moustiquaire en guise de porte d’entrée.

Des puys pour deux fous - Etape 4- Le Puy Baladou - La Bourboule

Dany au départ du Puy Baladou, le matin du 4eme jour.

Maintenant, il fait beau, le ciel est bleu et malgré un soleil déjà bien présent, je n’essaie même pas d’allumer un feu de camp car tout est détrempé. J’ai même du mal à allumer les tablettes d’alcool tant elles sont imprégnées d’humidité. Heureusement, bien à l’abri sous nos ponchos et sous les larges ramures de l’épicéa, nos sacs sont restés bien au sec. J’en extrais le nécéssaire pour un copieux petit déjeuner, car il n’y aura pas de villages sur notre parcours avant Mont-Dore que nous devrions atteindre vers midi. Sans nous dépêcher, nous déplions la tente, nous la disposons sur des arbustes en plein soleil pour la faire sécher, et commençons à ranger nos sacs convenablement.

Un dernier regard derrière nous pour ne rien oublier et nous reprenons le large chemin qui finit de monter au sommet du puy Baladou. Le sentier est bon et la terre a parfaitement drainée toute l’eau tombée cette nuit car le sol est pratiquement sec.

Soudain, nous entendons un grondement sourd qui s’approche de nous, mais compte tenu de la déclivité du chemin, nous ne distinguons rien pour l’instant. Le bruit de sabots devient plus distinct et quelques secondes plus tard, nous apercevons deux vaches qui détalent vers nous.

Elles sont suivies de près par deux cyclistes qui, au lieu de ralentir leur course, foncent comme des crétins sans réfléchir. Les vaches apeurées cavalent à notre rencontre. Nous nous écartons, mais elles nous aperçoivent et déboussolées, chargent dans les fils barbelés qui ceinturent le chemin. Elles parviennent à sauter en s'égratignant la panse et terrorisées, déguerpissent dans les prés.

Nous poursuivons le GR.4 qui maintenant suit de manière presque parallèle le GR.30 emprunté le premier jour. C’est ainsi, que sur la droite nous reconnaissons la dense forêt du Puy de la Combe Ferret, puis les grandes prairies parsemées de leurs grosses meules de foin. A vol d’oiseau, nous sommes à environ un à deux kilomètres de l’itinéraire de départ.

Sur la gauche, le Puy de la Croix Morand et en face de nous, le début des nombreux puys qui constituent les Monts Dore avec le Puy de la Tache, de Monne et de l’Angle.

Nous retrouvons la D.996 par laquelle nous sommes arrivés en voiture dimanche dernier. Ici près d’une barrière, nous quittons le GR.4 et suivons un sentier qui tourne à droite puis amorce une longue descente vers la ville de Mont-Dore.

Pour enjamber de petits ruisselets, des grilles métalliques interdisant le passage aux animaux ont été installées sur le chemin. Elles sont très glissantes et délicates à emprunter. Par deux fois, Dany et moi-même, nous glisserons et entraînés par le poids des sacs, nous nous retrouverons les genoux dans la boue.

Des puys pour deux fous - Etape 4- Le Puy Baladou - La Bourboule

Direction Mont-Dore avec la chaîne des puys du même nom.

Des puys pour deux fous - Etape 4- Le Puy Baladou - La Bourboule

Dans la descente vers Mont-Dore près d'un petit buron

La descente à travers des sous-bois vers Mont-Dore est plaisante. Juste au dessus de nous, se dresse le Puy Gros gravit le premier jour. Nous passons à proximité des très visitées cascades du Rossignolet et du Queureuilh et arrivons par le cimetière au lieu-dit au nom surprenant " Prends-Toi-Garde ". Comme prévu, il est 11h30 quand nous entrons dans Mont-Dore, nous retrouvons la civilisation avec ses voitures et leurs gaz d’échappement. Nous n’avons aucun mal à trouver un supermarché et une boulangerie où acheter quelques provisions. Après ses quelques courses, nous reprenons la D.996 et par une petite passerelle, nous rejoignons un bon sentier hors GR qui longe la D.130 et suit le lit de la Dordogne.

Des puys pour deux fous - Etape 4- Le Puy Baladou - La Bourboule

Nous cheminons sous Le Puy Gros gravit le premier jour

.Des puys pour deux fous - Etape 4- Le Puy Baladou - La Bourboule

Nous longeons la Dordogne en direction de La Bourboule

Des puys pour deux fous - Etape 4- Le Puy Baladou - La Bourboule

Arrêt déjeuner au bord de la Dordogne près d'un solide buron

Il est midi et demi, quand nous stoppons près d’un imposant buron pour un agréable pique-nique au bord du torrent. Nous profitons du soleil et d’une bonne luminosité pour prendre quelques photos.

L’approche vers La Bourboule se fait essentiellement par ce sentier très facile et rafraîchissant en sous-bois et en bordure du torrent. Il est 15h30 quand nous atteignons l’hôtel-restaurant " Le Buron " par le D.130. La voiture est encore là. Nous finirons la journée par quelques emplettes et une visite de Mont-Dore dans la soirée.

Des puys pour deux fous - Etape 4- Le Puy Baladou - La Bourboule

Une petite sieste au bord du torrent après le déjeuner

Des puys pour deux fous - Etape 4- Le Puy Baladou - La Bourboule

L'approche vers la Bourboule se fait essentiellement en sous-bois

 

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Des puys pour deux fous - Etape 3- La Cassière - Le Puy Baladou

Publié le par gibirando

Des puys pour deux fous - Etape 3- La Cassière - Le Puy Baladou

3eme étape : La Cassière-Le Puy Baladou

La beauté : Ce qui embellit le désert, c’est qu’il cache un puits quelque part. (Saint-Exupéry-Le petit prince)

Mercredi 31 juillet 2002

Dès le réveil, je me dirige vers la fenêtre pour regarder le ciel. Il ne fait vraiment pas beau, cette persistante pluie fine continue de tomber et ce n’est pas très réjouissant avec la longue étape qui s’annonce. Mais nous n’avons pas le choix et devons avancer car demain soir, il faut être de retour à La Bourboule. Cette nuit passée dans un bon lit nous a requinqué. Après une vivifiante douche et un abondant petit déjeuner, nous voilà d’attaque pour repartir. Nous réglons l’addition et sortons de l’hôtel sous un crachin que ne mouille pratiquement pas.

Nous reprenons le chemin fait la veille et traversons l’intersection sur la N.89. J’ai eu peu d’appréhension car nous quittons ici le GR.30, pour suivre un long PR (circuit de promenade régional) qui doit nous mener sur le GR.4. Le topo-guide ne nous sert plus à rien et je n’ai qu’un plan grossier de ce nouvel itinéraire. Heureusement, depuis notre départ, les balisages qui jalonnent les chemins sont parfaitement indiqués. Je compte beaucoup sur cette signalisation pour nous diriger.

Des puys pour deux fous - Etape 3- La Cassière - Le Puy Baladou

Après La Cassière, des chemins fleuris et le très boisé Puy de Charmont

Il fait frais et continue de pleuvoir, mais heureusement l’essentiel de notre marche s’effectue en sous-bois.

La chance nous sourit car à la sortie de cette longue forêt, tout à coup, le temps s’éclaircit. Un bon soleil fait son apparition et nous sommes obligés d’arrêter pour ôter les polaires et les ponchos dont nous sommes affublés.

Le P.R. franchit la D.21, continue en face, évite quelques villages puis slalome dans la continuité de la chaîne des puys traversée la veille. A hauteur du très boisé Puy de Charmont, nous retrouvons avec soulagement le sentier qui est commun au GR.4 et au GR.441.

Un bon chemin sableux ou fait de scories rouges trace sa route en montant à milieu de petits puys (Puy de Boursoux, de Combegrasse et de la Rodde). Vers midi, nous arrivons à la Garandie où le GR évite par la droite le village et descend par un large chemin qui coupe le D.5.

A cette bifurcation, nous stoppons pour la pause déjeuner. Nous finissons le pain et le reste de la charcuterie achetée la veille, et améliorons le repas de quelques fruits secs en guise de dessert. Les provisions s’amenuisent et il est temps de se ravitailler. 

Des puys pour deux fous - Etape 3- La Cassière - Le Puy Baladou

Pause déjeuner au village de La Garandie

Des puys pour deux fous - Etape 3- La Cassière - Le Puy Baladou

Paysages traversés près du village de La Garandie

Après ce frugal déjeuner, le chemin très vallonné poursuit sa route au milieu de paysages à vocation agricole. Dès notre arrivée à Saulzet-le-Froid, nous faisons quelques emplettes à l’épicerie et à la boulangerie de ce reposant village. Dany profite d’un marchand ambulant pour acheter quelques fruits et un melon bien mûr que nous engloutissons avant de ressortir du village. 

Des puys pour deux fous - Etape 3- La Cassière - Le Puy Baladou

En direction du village de Saulzet-le-Froid

Des puys pour deux fous - Etape 3- La Cassière - Le Puy Baladou

Dany se ravitaille à un marchand ambulant à Saulzet

Le sentier grimpe maintenant vers Pessade. Le temps se gâte et de gros nuages noirs passent au dessus de nous et se dirigent vers le Puy de Dôme que l’on aperçoit au loin. Nous nous abritons rapidement dans un champ derrière une haute haie constituée de grands peupliers. Un vent violent s’est levé et nous attendons d’un moment à l’autre que l’orage s’abatte sur nous. Nous envisageons même d’installer notre campement ici mais nous sommes vite découragés par l’arrivée intempestive d’une femme et de trois enfants, qui accompagné d’un âne, se jettent littéralement et sans gêne sur nous pour s’abriter du mauvais temps.

Heureusement, cette bourrasque se calme aussi vite qu’elle est venue et c’est avec soulagement que nous reprenons notre marche. Quelques minutes plus tard, nous atteignons Pessade, village constituant le croisement de plusieurs GR. Dany semble très fatiguée et envisage même de dormir dans un refuge.

Elle en est vite dissuadée en apprenant qu’une trentaine de randonneurs sont attendus ce soir et que les chambres sont communes.

Des puys pour deux fous - Etape 3- La Cassière - Le Puy Baladou

Départ de Saulzet-le-Froid après le ravitaillement et direction Pessade

Il est seulement 16h30, nous nous reposons un peu et reprenons des forces en mangeant quelques fruits achetés à Saulzet-le-Froid.

Des puys pour deux fous - Etape 3- La Cassière - Le Puy Baladou

Près d’un refuge à Pessade

Des puys pour deux fous - Etape 3- La Cassière - Le Puy Baladou

Dany prend un peu de repos au village de Pessade

Nous quittons le GR.441 et poursuivons notre route au milieu d’estives par le GR.4 dont le dénivelé s'intensifie. Après six ou sept heures de marche, il est temps de nous poser, mais l’inclinaison est telle qu’aucun terrain n’est propice à une installation. Vers 18h, nous touchons au but à proximité du sommet du Puy Baladou.

A quelques mètres du sentier, mais à l’abri des regards, au beau milieu des résineux, nous trouvons un emplacement dans un pré bien plat très approprié à un campement. Une herbe drue et bien haute fera office de parfait matelas. D’ailleurs, en regardant de plus près, nous constatons qu’un bivouac a déjà été dressé ici, il y a très longtemps. Il y a quelques pierres élevées autour d’un vieux feu de camp où subsistent encore quelques boites de conserves complètement rouillées.

Des puys pour deux fous - Etape 3- La Cassière - Le Puy Baladou

Après Pessade, pour Dany très fatiguée, la montée est exténuante

Très rapidement, nous dressons la tente car de gros cumulo-nimbus filent au dessous de nos têtes. Exténuée, Dany ne pense plus qu’à dormir. Aussi, s’affère-t-elle déjà près du réchaud pour préparer le souper. Après cet expéditif repas, elle rejoint notre tube de toile et blottie dans son duvet, très rapidement elle s’endort. Je profite des dernières lueurs du jour pour lire et prendre quelques photos des alentours. Le vent a cessé. Au dessus de nos têtes, un épervier volette "sur place" épiant certainement un petit animal en guise de dernier souper avant la nuit. Au loin, le Puy de Dôme émerge au milieu des nuages noirs qui s’amoncellent.

Des puys pour deux fous - Etape 3- La Cassière - Le Puy Baladou

Au Puy Baladou, pour Dany, le bonheur est dans le pré

Des puys pour deux fous - Etape 3- La Cassière - Le Puy Baladou

Campement dans un pré au Puy Baladou

Quelques gouttes de pluie qui commencent à tomber, m’obligent à dissimuler nos sacs sous les branches d’un grand épicéa. Il pleut de plus en plus et j’intègre la tente. En provenance du sentier tout proche, j’entends les pas et les voix de quelques randonneurs retardataires qui poursuivent leur chemin. C’est à nouveau avec le son entêtant de gouttelettes qui crépitent sur la toile que prématurément je m’endors à mon tour.

Des puys pour deux fous - Etape 3- La Cassière - Le Puy Baladou

Vues autour du campement à Puy Baladou

Des puys pour deux fous - Etape 3- La Cassière - Le Puy Baladou

On aperçoit au loin le Puy de Dôme

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Des puys pour deux fous - Etape 3- La Cassière - Le Puy Baladou

La nuit tombe, l’orage menace au Puy Baladou

 

 

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Des puys pour deux fous - Etape 2- Lac de Servières - La Cassière

Publié le par gibirando

Des puys pour deux fous - Etape 2- Lac de Servières - La Cassière

2eme étape : Le Lac de Servières-La Cassière

La valeur des choses : Nous ne connaissons le valeur de l’eau que lorsque le puits est à sec. (Proverbe anglais)

Mardi 30 juillet 2002 :

Il est 6h 30 quant j’ouvre les yeux, Dany dort encore et malgré quelques gouttelettes qui éclatent avec tapage sur notre tente, la pluie semble s’être arrêtée. J’ouvre le auvent et risque un regard à l’extérieur. Le jour commence tout juste à poindre du côté du Puy de Dôme, mais le ciel est encore bien gris et un léger crachin subsiste. Je me recouche tout en surveillant le ciel. Au bout d’une demi-heure, je sors de notre boyau de toile. Il ne fait pas très beau, mais le vent s’est calmé, il ne pleut plus et la température est douce. Quelques pêcheurs sont déjà installés. Le lac " canadien " ressemble à un miroir d’ébène.

Je ramasse quelques branchages et réussit avec difficulté et grâce à des pastilles d’alcool à allumer un feu. Après le petit déjeuner et une rapide toilette, la pluie fait de nouveau son apparition et une brise se lève. Nous retournons dans la tente et bouquinons en attendant une accalmie.

8h, le vent a chassé les nuages et un soleil rouge corail perce à travers l’épaisse forêt d’épicéas. Nous nous dépêchons de lever le camp. 8h30, nous démarrons en partant sur la droite du lac, passons devant des chalets et continuons le GR.30 par un large chemin d’exploitation qui traverse le bois. Le sol est détrempé et nous avançons en sautant par-dessus les larges flaques qui jonchent le sentier. Nous rejoignons et coupons la D.74 et par un raccourci, nous descendons vers Orcival, haut lieu de pèlerinages que nous atteignons vers 10h. 

Arrêt dans un bar d'Orcival pour un copieux déjeuner

Arrivée à Orcival avec sa magnifique église roman

Je m’installe à la terrasse d’un café pendant que Dany va acheter des brioches à la boulangerie voisine. De cet endroit, je contemple l’imposante église romane édifiée certainement à la fin du XIe siècle ou au début du XIIe par les comtes d’Auvergne. Elle aussi a souffert des tremblements de terre et a été restaurée à de multiples reprises. Après quelques photos et ce copieux petit déjeuner, Dany va acheter du ravitaillement dans une épicerie. 10h30, il est temps de repartir.

Eglise romane d’Orcival

Le GR.30 coupe la D.27, monte par une courte mais très rude déclivité vers une chapelle, puis rejoint le hameau de la Croix. Après ce hameau, et à l’intersection du GR.30 et du GR.441, l’on aperçoit au loin le château de Cordés. Ce manoir du 13eme siècle dont le jardin à la française a été dessiné par Le Nôtre, a servi de lieu d’action au célèbre roman " Le Démon de Midi " de Paul Bourget. Dommage, que le château soit si loin, à 50 minutes environ aller –retour du GR.30 qui maintenant continue à droite en contournant le puy de Gravenoire. Le sentier sableux est bon et nous avançons d’un pas rapide. Seules les framboises et les mûres bien juteuses qui le côtoient, parviennent à nous ralentir. Nous parvenons au village de Juégheat puis à celui de Voissieux que nous traversons rapidement pour nous diriger vers Neuville.

Paysages traversés et verts bocages après les villages de Juégheat et Voissieux

 

La campagne est ici très vallonnée et d’un vert intense. Il est très agréable de marcher au milieu de ces bocages parfaitement délimités par de petits arbres et des haies de ronces. Paul et Virginie toujours recouverts de leurs ponchos nous ont rejoint. Nous échangeons quelques mots sur nos équipements et parcours respectifs et les laissons nous dépasser.

Nous arrivons à Neuville et les retrouvons dans un pré où ils profitent d’un bon soleil pour faire sécher leur tente et leur linge. Ils suivent sensiblement le même parcours que nous, mais doivent se rendre à Laschamp (hors GR.30) où ils ont réservé pour ce soir une chambre dans un gîte.

 

Arrivée au village fleuri de Neuville

Pause déjeuner au lieu-dit Les Suquets.

Vers midi et demi, nous stoppons à hauteur du lieu-dit Les Suquets pour déjeuner. Assis dans l’herbe, nous délaissons nos produits lyophilisés et apprécions le pain craquant et l’excellente charcuterie achetée à Orcival. Paul et Virginie nous dépassent à nouveau. Après Neuville, les petits bocages se font plus rares et laissent la place à des champs cultivés plus vastes. Un large chemin bien plat toujours aussi agréable nous amène à Recoleine. Au passage, nous apercevons nos jeunes amis Paul et Virginie attablés dans une auberge à siroter une boisson. A la sortie du village, je profite d’une fontaine pour remplir mes gourdes que j’ai bu petit à petit au fil du parcours. Dany joue avec un chat qui se laisse caresser sans crainte et ressemble à Tarzan.

Dany joue avec un chat au village de Recoleine

 Nous sortons du village en montant un sentier rocailleux qui finit par rejoindre une piste forestière bordée d’un muret de pierres sèches et émaillée par endroit d’immenses troncs d’arbres coupés, bien alignés. Ici, le GR.30 slalome au milieu d’une chaîne de puys très boisés: puy de Pourcharet, puy de Montgy, puy de Montjugeat, puy de Lassolas, puy de la Vache. Il est vrai que nous sommes au centre du Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne. Par cette piste d’exploitation forestière qui traverse la lande de bruyère et longe ensuite une plantation de conifères, nous atteignons le croisement des GR.4 et 441. Le poteau indicateur N°5 mentionne Laschamp d’un côté, mais ce n’est pas notre itinéraire et le château de Montlosier qui est à 30 minutes hors GR. Le GR.30 continue vers La Cassière, à environ 1h15 selon le topo-guide mais à deux heures pour nous. Bien que déjà très fatigués par cinq heures et demi effectives de marche, il est encore tôt, nous décidons de poursuivre car je constate que Dany a oublié de prendre de l’eau à Recoleine. Je râle un peu, car sans eau pour cuisiner et il est inutile de chercher un endroit pour camper. Avant le Puy de la Vache, nous stoppons une demi-heure, le temps de prendre un " cappuccino " et quelques galettes en lisière de la forêt. Dany profite de cet arrêt pour remplacer ses godillots par les sandales de marche. Une ampoule a déjà fait son apparition à la pointe d’un orteil, heureusement sans trop de mal pour l’instant.

Le GR.30 amorce une descente, dont certains tronçons sont très incommodes, sur un chemin rouge violacé de pouzzolanes expulsées du proéminent Puy de la Vache.

Le surprenant Puy de la Vache, avec ses scories et ses pouzzolanes rouges (@)  

Nous traversons la D.5 et poursuivons par une large sente qui se faufile dans les sous-bois. Harassé, je peste car cet interminable sentier me rappelle bizarrement celui de l’an dernier qui des Bouillouses à Bolquère avait eu raison de nos épaules et de la plante de nos pieds.

19 heures, nous atteignons la N.89 et enjambons un carrefour très fréquenté pour nous diriger vers le Lac de la Cassière. Une bruine poisseuse s’est mise à tomber nous obligeant à ressortir nos ponchos délaissés depuis ce matin.

Types de panoramas traversés après Recoleine (@)

Une centaine de mètres après l’intersection, j’aperçois une auberge dénommée " l’ABC du Gourmet ". Avec cette attirante enseigne, combinée à la pluie et conjuguée à la fatigue, ce soir, je n’ai vraiment pas envie de dresser la tente et de coucher dehors. Dany est, bien entendu, du même avis que moi. Une chambre est vacante et nous décidons aussitôt d’arrêter là pour aujourd’hui.

La chambre est rudimentaire mais propre. Les toilettes et la douche sont au fond du couloir mais habitués à d’autres conditions plus précaires, nous ne faisons pas les " difficiles ".

Après un douche réparatrice, nous descendons dans la grande salle du restaurant où nous dégustons notre deuxième " truffade auvergnate ". Après cet excellent repas, nous n’avons qu’une seule envie : nous reposer et dormir. De la chambre, la vue donne sur le lac, mais le plafond nuageux est si bas que nous avons du mal l’apercevoir. Après quelques mots croisés, Dany s’endort très rapidement pendant que je dévore un livre.

Des puys pour deux fous - Etape 2- Lac de Servières - La Cassière

Le lac de la Cassière tel que nous pouvions le voir de l’ " ABC du gourmet "(@)

 

 

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Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de Servières

Publié le par gibirando

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Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de Servières

1ere étape : La Bourboule-Le Lac de Servières

La curiosité: L’homme qui ne sort pas et ne visite pas dans toute son étendue la terre pleine d’une foule de merveilles est une grenouille de puits (Pantcha-Tantra)

Lundi 29 juillet 2002 :

7 heures30, attablé devant un copieux petit déjeuner, je compulse une dernière fois le topo-guide pour garder en mémoire l’étape de la journée qui doit nous mener à Orcival. Nos sacs à dos sont déjà prêts. Pendant que Dany règle l’addition à la gracieuse patronne et réserve la chambre pour notre retour, je vais, sur les conseils de l’aubergiste, garer convenablement notre voiture dans une rue adjacente à l’hôtel. Nous ajustons nos sacs et nous voilà partis. Il est 8 heures.

Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de Servières

Départ de l’hôtel " Le Buron " à La Bourboule

Nous marchons depuis dix minutes quant tout à coup, je sens de l’eau couler dans mon dos. Un regard dans mon sac pour constater que la pipette de ma gourde s’est défaite laissant échapper les deux litres d’eau qu’elle contenait. Heureusement, mes effets et mes provisions bien renfermés dans des sacs plastiques n’ont pas trop souffert.

Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de Servières

Voie ferrée entre Mont-Dore et La Bourboule

Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de Servières

Dans la montée à travers les prés.

Nous repartons, franchissons le petit pont repéré la veille, qui enjambe La Dordogne, traversons une zone industrielle puis la voie ferrée. Le sentier monte doucement à travers quelques villas au hameau " Les Planches ", puis à travers des prés vers le minuscule village de Lusclade. Pour les citadins que nous sommes, ce village correspond tout à fait à l’idée que nous nous faisons de la " France profonde ". Un coq nous accueille en chantant, pendant que quelques poules courent au milieu du chemin. Un chat somnole au soleil près d’une mélodieuse fontaine et des bovins ventrus broutent dans les pacages. J’en profite pour remplir ma gourde qui s’est vidée.

Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de Servières

Traversée du petit hameau de Lusclade

Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de Servières

Arrêt collation dans la hêtraie vers le Puy Gros

Après le village, la pente s’accentue dans une hêtraie. Heureusement, une grande partie de la montée s’effectue à l’ombre de cette obscure forêt. Après une pause et le temps d’une collation, nous reprenons notre ascension et débouchons enfin sur un secteur herbeux, puis sur un vaste carrefour où de nombreux randonneurs semblent errer dans tous les sens. A cet endroit, la signalisation indique le Lac de Guéry par deux itinéraires différents, avec deux kilomètres de plus par le GR30. Malgré ce supplément, je conseille à Dany de rester sur le GR, itinéraire du topo-guide. Nous prenons un large chemin qui semble s’orienter vers d’immenses prairies, mais très rapidement nous perdons les traces rouges et blanches. Dany pose son sac, rebrousse chemin d’une centaine de mètres et retrouve rapidement le marquage. Ce dernier s’oriente vers une terrible montée où l’on aperçoit de nombreux randonneurs qui peinent dans l’ascension. A notre tour, nous prenons ce sentier qui grimpe vers le Puy Gros (1.485m). Nous croisons de nombreux promeneurs et même des vététistes avec leur vélo sur l’épaule tant le chemin est raide et dangereux. Nous arrivons au sommet et avons du mal à imaginer que nous sommes sur un vieux volcan. L’érosion a fait son œuvre et Le Puy Gros ressemble à un grand plateau herbeux et rocheux. La vue porte très loin, avec en face de nous, la chaîne des Puys des Monts Dore avec son point culminant le puy de Sancy, en dessous la station de Mont-Dore et à droite La Bourboule et la Haute vallée de la Dordogne. Vers l’Est et derrière nous, la Banne d’Ordanche avec d’immenses prairies où se faufile le GR.30. Au loin, on aperçoit d’autres puys plus ou moins hauts et l’on devine le Puy de Dôme à travers la brume de chaleur.

Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de ServièresDe nombreux randonneurs à ce carrefour

Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de Servières

La montée est rude vers le Puy Gros

Vers 12h30, après la descente du Puy Gros, la traversée de plusieurs pâturages et le franchissement de quelques clôtures, le sentier contourne le puy du Chantauzet et arrive à une forêt de grands épicéas. Nous déjeunons tranquillement à l’ombre de ces grands arbres et repartons par une piste forestière jusqu’au Lac de Guéry que nous découvrons quelques minutes plus tard.

Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de Servières

Au sommet du Puy Gros avec Mont-Dore en dessous et le Puy de Sancy à l’horizon

Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de Servières

Descente du Puy Gros,vue sur l’immensité des sites.

Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de Servières

Un buron typique du paysage auvergnat

Nous profitons d’un bon soleil pour faire une halte et prendre quelques photos au bord de ce magnifique lac. Ce lac est le plus haut d’Auvergne (1.246 m) et fut crée naturellement par une coulée de basalte formant ainsi un barrage. Après avoir étanché notre soif à une buvette en bordure de la D.983, nous repartons par le Col de Guéry où le GR.30 coupe la route départementale.

Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de Servières

Arrivée au magnifique lac de Guéry, site classé d’Auvergne

Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de Servières

Nous faisons le tour du lac pour trouver une aire de repos

A la Maison des Fleurs d’Auvergne, reflet du site classé de Guéry abritant une grande variété de fleurs, des dizaines de touristes se pressent à l’entrée. Le temps d’un bref aperçu et nous voilà repartis par un court mais très pénible dénivelé qui débouche sur quelques prés marécageux puis monte vers le Puy de l’Ouire (1.436m).

Ce tronçon est un véritable belvédère, et la vue porte notamment sur les Roches Tuilières, piton formé de colonnes de trachyte disposées en gerbes rayonnantes et les Roches Sanadoire, vestige d’un cône volcanique et qui portait en son sommet un château jusqu’au 15eme siècle. Ce château qui était un repaire de brigands durant la Guerre de Cent ans, fut certainement endommagé par les tremblements de terre de 1477 et de 1490 qui secouèrent très violemment toute la région.

Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de Servières

Une halte méritée au lac de Guéry

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Après le col de Guéry, direction le Puy de l’Ouire

Par un sentier bordé de haies fleuries, nous continuons de monter jusqu’à un grand plateau où la fenaison bat son plein. Une gigantesque moissonneuse qui est en train de faucher un foin bien sec, crée d’énormes meules bien rondes et soulève très haut dans le ciel la poussière de ce fourrage. Le GR.30 suit maintenant une épaisse forêt jusqu’au Puy de la Combe Ferret. Après ce puy, le sentier tourne à droite et semble suivre sans fin la lisière de cette forêt.

Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de Servières

Après le lac de Guéry, des passages marécageux en direction du Col de l’Ouire

Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de Servières

En direction du Col de l’Ouire, avec le lac de Guéry qui s'éloigne

Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de Servières

A proximité de Puy de l’Ouire, les insolites roches Tuilière et Sanadoire

Nous rencontrons de sympathiques promeneurs et demandons si le Lac de Servières est encore loin. Avec ces gens charmants, la discussion s’installe. Nous expliquons d’où nous venons, qu’elles sont nos intentions. Grâce à cet abord amical, ils nous tranquillisent et nous rassurent en nous parlant avec engouement de leur magnifique région. Il nous indique que le lac n’est plus très loin, mais qu’Orcival est encore au moins à sept au huit kilomètres. Toujours en bordure d’un bois d’épicéas et de pins sylvestres, nous amorçons une descente vers de grandes prairies où paissent plusieurs troupeaux de bovins.

Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de Servières

Les fenaisons au Puy de la Combe-Ferret

Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de Servières

Des vaches dans les immenses prairies

Près d’une clôture, le sentier tourne à gauche à 90°, nous franchissons un haut escabeau de bois, interdit aux vaches et quelques minutes plus tard, nous apercevons en contrebas le Lac de Serviéres, lac presque rond qui fut crée par une explosion volcanique. Nous arrivons au bord lac où règne une intense activité avec des baigneurs, des pêcheurs, des campeurs et des promeneurs. Tout ce petit monde court, crie, nage et batifole en tous sens. Quel changement avec la quiétude de notre journée !

Dès notre arrivée, le ciel, jusqu’ici très bleu, se dissimule derrière d’énormes nuages gris. Un vent violent lève des frises blanches à la surface du lac et fouette les cimes des grands conifères qui nous entourent. Le ciel s’assombrit de plus en plus et devient très noir. Un orage éclate. Nous nous réfugions sous les arbres, revêtus de nos ponchos.

Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de Servières

Le lac de Servières, un véritable lac " canadien " ! (@)

Il fait presque nuit et seuls quelques éclairs qui zèbrent le ciel, éclairent de temps à autre le lac. En un clin d’œil, toute la foule a disparu et seuls subsistent quelques pêcheurs téméraires qui, impassibles, surveillent leurs cannes à pêche.

Au bout de dix minutes, la tourmente s’arrête, le vent faiblit et le ciel s’éclaircit. De gros nuages menaçants continuent de passer, aussi, nous décidons d’installer notre campement à l’abri de la forêt.

Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de Servières

Arrivée au lac de Servières

Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de Servières

Nous profitons d’un repos bien mérité

Nous profitons de cette accalmie pour appeler nos proches et dressons rapidement notre tente pour la nuit. Pendant que Dany essaie de trouver de l’eau pour la cuisine, je tente en vain d’allumer un feu de camp. Tout est détrempé et rapidement, nous nous résignons à faire chauffer une soupe et quelques pâtes lyophilisées sur notre minuscule réchaud. Après cet expéditif repas, nous déambulons au bord du lac. Tout à coup, je constate que des centaines de microscopiques grenouilles sortent du lac et se dirigent dans les herbes qui bordent la forêt. Nous stoppons notre promenade car nous avons du mal à marcher sans risquer d’en écraser quelques unes. Je tente d’en attraper une, mais elles sont si petites et si remuantes que j’y parviens difficilement.

Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de Servières

 Dany au bord du superbe lac de Servières

Un couple de jeunes randonneurs – que j’appellerais Paul et Virginie pour les besoins de l’histoire- que nous avions aperçu au Puy Gros puis que nous avons doublé au cours de l’étape, arrive à leur tour. Trempés, ils ont été surpris et retardés par l’orage. Nous échangeons quelques amabilités et ils partent s’installer de l’autre côté du lac.

Une bruine se remet à tomber et nous n’avons pas d’autres alternatives que de nous réfugier dans notre bivouac. Très rapidement, la bruine laisse la place à de grosses gouttes qui s’abattent bruyamment sur la toile, le vent se lève à nouveau, le tonnerre gronde et les éclairs illuminent l’intérieur notre rudimentaire abri. Nous ne sommes pas très rassurés, mais la fatigue l’emporte et malgré le vacarme nous nous endormons paisiblement.

Des puys pour deux fous - Etape 1- La Bourboule - Lac de Servières

Dany donne des nouvelles à nos proches de cette première journée

 

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Des puys pour deux fous - 1er jour Préambule à La Bourboule.

Publié le par gibirando

 

Des puys pour deux fous 1er jour La Bourboule - Lac de Servières

Des puys pour deux fous

ou

Cinq jours sur des sentiers d’Auvergne

Des puys pour deux fous 1er jour La Bourboule - Lac de Servières

Le parcours accompli

Nota : Toutes les belles images possédant le signe arobase entre parenthèses (@) ne sont pas personnelles et ont été téléchargées sur le web. Je remercie sincèrement leurs auteurs de m’autoriser à les utiliser, sinon, cette histoire n’aurait pas été aussi bien illustrée.

Préambule

La folie : Un fou a jeté une pierre dans un puits, mille sages n’ont pu la retirer (Proverbe arabe).

Dimanche 28 juillet 2002 La Bourboule.

Des puys pour deux fous - 1er jour La Bourboule - Lac de Servières

Vue de La Bourboule au fond le Puy Gros (@)

Ce dimanche matin, tout en chargeant le coffre de la voiture, je me disais qu’il fallait que nous soyons un peu fous de vouloir repartir avec nos sacs de vingt kilos sur des chemins de randonnées. Plus sérieusement, j’appréhendais, surtout pour Dany, avec toutes les souffrances qu’elle avait enduré l’année précédente sur le GR.10. Ses ampoules aux pieds, nous avaient même contraints à raccourcir notre périple. Mais le désir de découvrir de nouveaux sites était plus fort que les épreuves que nous ne manquerions pas de rencontrer.

 Nous partons à 8h30 de Saint-Estève et roulons sans aucune difficulté jusqu’en Auvergne. Après s’être quelque peu égarés dans la campagne auvergnate, il est 16 heures quand nous arrivons à La Bourboule par le D.130. Le topo-guide de la randonnée, que nous envisageons de faire, indique le départ sur cette route. Je conseille donc à Dany de trouver, si nous le pouvons, un hôtel dans le voisinage.

 Avant d’arriver au  centre-ville, que nous apercevons plus loin nous remarquons deux ou trois hôtels qui nous paraissent des plus corrects. Le temps de garer la voiture, nous entrons dans la première auberge qui s’offre à nous et demandons s’il y a une chambre de libre. Une chambre est disponible, le prix est convenable, la patronne est accueillante et notre décision vite prise. L’hôtel-restaurant " Le Buron " sera le point de départ de notre voyage pédestre.

Des puys pour deux fous - 1er jour La Bourboule - Lac de Servières

La Dordogne en face l’hôtel.(@)

Nous prenons possession de la chambre et après une brève sieste, je propose à Dany d’aller repérer le GR.30 qui en principe devrait couper la D.130 à proximité. Nous sortons de l’hôtel, traversons en face un petit pont qui enjambe La Dordogne - qui n’est ici qu’un étroit torrent- et marchons vers la gare car selon les indications du topo-guide, le GR.30 traverse La Dordogne puis une voie ferrée.

Après quelques minutes de marche, je me rends à l’évidence, le chemin doit être beaucoup plus loin. Nous retournons à l’hôtel et prenons la voiture, direction Mont-Dore. Au bout d’un kilomètre environ, nous apercevons de multiples petits panneaux jaunes indicatifs sur le bord de la route. Nous stoppons et remarquons très rapidement les familières marques rouges et blanches propres à tous les chemins de " Grande Randonnée ". Le GR.30 est là. Nous effectuons un repérage rapide et rassurés, nous partons visiter La Bourboule.

 Attablés à la terrasse d’un café, nous observons le va et vient incessant et coloré des touristes. Après s’être désaltérés, nous flânons à notre tour dans les rues animées de cette magnifique cité thermale. Nous profitons des soldes pour acheter des sandales de marche qui, plus tard, pour reposer nos pieds endoloris s’avéreront très utiles. Un petit détour par le splendide Parc Fenestre avec ses arbres centenaires où l’on peut contempler de grandioses séquoias géants de 40 mètres de haut et de 10 mètres de circonférence et nous regagnons l’hôtel.

 Il est déjà 20 heures, mais la terrasse du restaurant encore ensoleillée est une invitation au farniente et à l’apéritif. La carte semble prometteuse avec de nombreuses spécialités auvergnates. Nous passons rapidement commande car une rude journée nous attend dès demain avec plus de vingt kilomètres pour rejoindre La Bourboule à Orcival. C’est ainsi, que nous découvrons la " truffade aux trois fromages auvergnats* " accompagné d’un excellent vin rouge de pays. Le repas se termine par une succulente tarte tatin agrémentée de boules de glace à la vanille.

 Le soir commence à décliner, et après ce copieux et savoureux repas, il est temps de rejoindre la chambre. Allongé sur le lit, j’observe les collines qui descendent jusqu’à la ville. Au loin, quelques vaches blanches tranchent sur les verdoyants pâturages. Très rapidement, mes yeux se ferment sur ces images dont je sais avec certitude que je les découvrirai de plus près dès demain.

(*) Cantal, Saint-Nectaire, Fourme d’Ambert

Des puys pour deux fous - 1er jour La Bourboule - Lac de Servières

Eglise Saint-Joseph à La Bourboule (@)

 

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Comme les cailloux du Petit Poucet ou 7 j. sur le GR.30

Publié le par gibirando

Cliquez sur le lien ci-après et vous marcherez 7 jours en liberté pour découvrir le GR.30 et ses splendides lacs d'Auvergne :

http://pagesperso-orange.fr/gilbert.jullien/DES%20LACS0.htm

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