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ubayette

Le Sentier de Découverte de La Rochaille (1.931 m) depuis Meyronnes (1.526 m)

Publié le par gibirando

MERCI DE VOUS RENSEIGNER AU PREALABLE

Suite à de très longs travaux de mise en sécurité réalisés au niveau du Pas de La Rochaille et de la RD900, il est fortement conseillé de se renseigner avant de se lancer dans cette randonnée. Les communes et les offices de tourisme devraient pouvoir vous renseigner.


Diaporama sur la musique "A Life More Meaningful" d'Underpass

Le Sentier de Découverte de La Rochaille (1.931 m) depuis Meyronnes (1.526 m)

Le Sentier de Découverte de La Rochaille (1.931 m) depuis Meyronnes (1.526 m)

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Ici dans la Vallée de l’Ubaye, un slogan publicitaire sur un dépliant dit « Tout est permis sauf l’ennui » et autant le reconnaître, il n’y a pas eu un jour où nous nous sommes ennuyés. La Vallée de l’Ubaye, c’est un grand éventail…..ça c’est de moi. Un éventail de purs bonheurs, un éventail de découvertes. Aujourd’hui, avant dernier jour des vacances, retour vers le vallon de l’Ubayette et plus précisément vers Meyronnes et Saint-Ours où nous avons prévu une balade intitulée « le Sentier de découverte de la Rochaille ».  Les vacances tirent à leur fin mais nous n’allons pas nous plaindre car hors mis hier, nous n’avons eu que des journées exceptionnellement ensoleillées. Si je parle d’exceptions c’est parce qu’en montagne, les nuages sont parfois capricieux et peuvent rapidement gâcher une sortie surtout quand les orages décident d’être de la partie. Hier matin, nous avons connu nos premières ondées heureusement très éphémères et comme nous avions prévu une visite de Barcelonnette puis une longue virée en voiture vers le Parc National des Ecrins et le barrage de Serre-Ponçon, elles n’ont pas eu le temps de perturber nos projets. Aujourd’hui, le ciel est redevenu bleu et le soleil est déjà très présent quand nous prenons une fois encore la direction du col de Larche. Cette randonnée est avant tout gastronomique car c’est le serviable Jean-Charles, notre gentil proprio qui nous a conseillé d’aller manger à Saint-Ours. Il nous a décrit une cuisine familiale toujours copieuse mais d’excellente qualité en rajoutant que nous n’aurons aucun mal à trouver une randonnée à notre goût dans le secteur. Comme en randonnée, je n’aime pas trop les « surprises », hier soir j’ai regardé sur le Net et j’ai trouvé ce « Sentier de découverte de la Rochaille », boucle ô combien pittoresque et surtout ô combien différente des Lacs de la Cayolle et du Vallon du Lauzanier découverts précédemment.  Décors bien différents, distance à parcourir, dénivelé à gravir et temps de marche, tout m’a paru convenable et ces quelques critères devraient convenir à deux estomacs qui ne manqueront pas d’être bien pleins après un déjeuner gastronomique, l’essentiel étant de ne pas confondre « gastronomique » avec «astronomique ». Dans le pire des cas, il faudrait sans doute annuler la découverte de cette fameuse Rochaille. Seul gros bémol, quand nous arrivons à Saint-Ours, il est à peine 11 heures. Après une rapide visite du joli hameau très fleuri, Dany part se renseigner pour savoir à partir de quelle heure nous pouvons déjeuner. Que se passe-t-il au juste ? Je ne sais pas. Mais elle affirme avoir été reçue « comme un chien dans un jeu de quilles » par la patronne. En ressortant du restaurant, elle ne décolère pas et part vers la voiture en pestant et en répétant « je ne risque pas de manger ici ! ». Elle a toujours eu du mal à accepter que des commerçants ne le soient pas, « commerciaux», c'est-à-dire accueillants et souriants. J’ai beau tenté de la raisonner, de lui dire que ce n’est qu’une anecdote insignifiante, qu’il ne faut pas se fier aux premiers abords, rien n’y fait et me voilà contraint de changer tous mes plans. J’avais prévu de faire de Saint-Ours la ligne de départ de la balade après le déjeuner, et me voilà bien embêté. Un coup d’œil sur un plan grossier que j’ai dessiné de la rando car je n’avais pas d’imprimante dans le mobil home et je constate qu’un départ de Meyronnes est possible voire même préférable, reste à savoir s’il y a un resto là-bas. Nous quittons Saint-Ours pour redescendre dans la vallée. A Meyronnes, il y a bien un resto, italien, intitulé « Mare et Monti » et dans lequel nous sommes de surcroît accueillis très chaleureusement par une patronne à la fois très jolie et très souriante, ce qui ne gâche rien et fait oublier à Dany ses déboires antérieurs.  Comme la qualité culinaire est à la même hauteur que tout le reste, ce sont avec les palais comblés et les estomacs bien rassasiés que nous démarrons la balade une heure et demie plus tard. L’itinéraire démarre à droite du restaurant et comme les panonceaux sont bien présents, la suite devient assez facile. S’agissant d’une boucle, une seule hésitation néanmoins, il faut immédiatement faire le choix du sens dans lequel nous souhaitons la faire. Par bonheur, j’ai un peu étudié le parcours et dans ma tête, le choix est déjà fait. Je choisis Saint-Ours plutôt que La Rochaille, à cause du dénivelé qui me paraît plus doux et qui s’effectue en de amples lacets facilitant son ascension.  Personnellement, j’oublie très vite cette déclivité car une fois encore la flore et la faune y sont exceptionnelles. Comment vous dire ? Comment vous décrire ce que je vois ? Les champs, les prés traversés le plus souvent encadrés de haies sont des herbiers et des bestiaires grandeur nature. Chaque pas ou presque est une découverte nouvelle. Si au Lauzanier et aux Lacs de La Cayolle, la flore et la faune se découvraient régulièrement au fil des pas, ici c’est un concentré de nature à chaque foulée : les fleurs bigarrées et dissemblables y sont légions sur quelques mètres carrés, les papillons  et les oiseaux différents y batifolent en grand nombre et il va en être presque ainsi jusqu’à atteindre la forêt domaniale de la Rochaille. Le hameau de Saint-Ours  ayant déjà été visité, nous en faisons l’impasse et poursuivons tout droit le large chemin filant vers la Rochaille. Autant l’avouer, quand on regarde cette montagne de loin, et notamment depuis le bas de la vallée de l’Ubayette, c'est-à-dire depuis Meyronnes, on ne peut s’empêcher d’être très perplexe voire quelque peu hésitant à aller l’affronter, autre raison pour laquelle j’ai également choisi de faire la boucle dans ce sens. Malgré tout les interrogations demeurent. Par endroits très rocailleuse, elle en porte le patronyme de « Rochaille », mais surtout très boisée et très abrupte, cette montagne paraît impraticable et de nombreuses questions surgissent : comment va-t-on la traverser et si oui, comment en revenir ? Est-il possible de redescendre de là-haut sans trop de difficultés ? D’ici, après Saint-Ours, ces questions restent toujours aussi présentes même si l’approche de la montagne ouvre peu à peu de larges éventails de confiance et ôte les appréhensions les unes après les autres. Alors bien évidemment, comme dans toutes les randonnées alambiquées et à flanc de montagne, la prudence reste de mise. Pour l’instant le chemin est bon et comme les panoramas sont grandioses, on oublie l’objectif et ses éventuelles difficultés. Tout en montant, notre attention est constamment en éveil. Quand ce ne sont pas les fleurs, les oiseaux ou les papillons, c'est un chat qui joue au chasseur dans un pré, plus loin ce sont les ruines de Fontvive ou bien un troupeau de moutons enfermé dans un enclos précaire. Peu après, c’est Saint-Ours et ses montagnes incroyablement arides et déchiquetées dominant le hameau qui attirent le regard et laissent songeur. Un bouquetin surgit des rochers et nous laisse une vision bien trop fugace. Au fur et à mesure que l’on avance,  la météo se fait moins bonne, les nuages plus nombreux et le ciel moins lumineux mais aucun risque de pluie en perspective et cela suffit à notre bonheur. Au lieu-dit la Serre de la Safrière, un premier panneau ludique explique la vie agricole et l’exode rural au temps jadis. Le chemin file tout droit en balcon au dessus d’un profond ravin : c’est celui du « Torrent de Bouchiers », alimenté par d’autres ruisseaux qu’ici on appelle « riou » : Riou de la Combe du Loup, Riou de Gascon notamment. Ensuite, le chemin perd peu à peu de sa rectitude en suivant les contours des premiers contreforts de la montagne. Il s’élève un peu, devient plus rocailleux, tourne en épousant ces mêmes contreforts, traverse quelques « rious » asséchés et caillouteux, quelques jolies clairières verdoyantes et débouche sur d’anciens prés de fauche se terminant au sommet d’un promontoire au dessus de lieu-dit « les Granges des Gascons », vaste ruine d’une grande bâtisse que l’on aperçoit en contrebas. Un deuxième panneau en explique la vie au 19eme siècle, celle d’une unique famille dont l’un des enfants est parti s’enrichir au Mexique avant de revenir au pays fortuné comme Crésus. Les superbes villas mexicaines de Barcelonnette sont les preuves de ces réussites. Certaines de ces maisons sont classées Monument Historique. Les explications se terminent par l’enjeu stratégique que ce lieu a eu pendant la 2eme guerre mondiale. Le chemin toujours en balcon continue d’épouser la montagne et ses ravines. Certains tronçons à flancs de montagne ont été creusés dans le flysch même des falaises. Quelques boqueteaux de feuillus présagent de la forêt désormais toute proche. A l’approche du grand ravin que l’on dominait, le large chemin devient petit sentier. Le « V » que le ravin forme à cet endroit laisse apparaître la Vallée de l’Ubayette dans toute sa splendeur, largeur et profondeur. Dans cet ample décor entouré de hautes montagnes très arides ou très boisées selon si elles se trouvent à l’adret ou à l’ubac du vallon, Meyronnes et Saint-Ours apparaissent désormais minuscules. Le ravin où s’écoule un large filet d’eau est finalement enjambé et l’on entre de pleins pieds dans la forêt domaniale dont on apprend sur un autre panneau qu’elle est entièrement artificielle et a été plantée de toutes pièces par des hommes au prix d’incommensurables efforts. En 1886, l’Etat avait acheté 214 ha pour effectuer ses travaux de plantations. Le récit de ces reboisements dignes de véritables "travaux forcés" est à peine croyable et je ne peux m’empêcher de penser que c’est grâce à tous ces hommes que nous pouvons cheminer cette belle forêt pour notre seul plaisir. Qu’ils en soient remerciés. Les panneaux explicatifs vont se succéder faisant référence à l’important patrimoine militaire de ce secteur, à la forêt et aux arbres qui la composent puis à la géologie de la Rochaille. Le sentier tout en balcon continue d’offrir d’extraordinaires vues aériennes sur la Vallée de l’Ubayette. En face, de l’autre côté de la vallée, je note cependant qu’une immense partie de la forêt de résineux est de couleur rousse comme si tous les grands conifères avaient séchés sur pied. Je n’en connais pas la raison mais ce phénomène me paraît inquiétant car je l’ai également aperçu dans bien d’autres coins du département. J’y découvre aussi le Grand Fort de Roche la Croix, vestige de la célèbre ligne Maginot. Au lieu-dit la Serre La Plate, on découvre un blockhaus, autre vestige de la célèbre ligne militaire de défense, puis c’est une cabane forestière et enfin le Belvédère du Pinas avec son époustouflant point de vue dominant la partie de la Rochaille inaccessible mais offrant aussi d’incroyables panoramas sur les montagnes opposées et des vues plongeantes sur la belle Vallée de l’Ubaye.  La descente commence ici, juste après le point de vue. Elle va être très longue car conçue en d’innombrables lacets qui se faufilent entre les pins noirs d’Autriche, les pins sylvestres, les mélèzes et quelques étonnants cytises aux merveilleuses grappes de fleurs d’un jaune flamboyant. En définitive, cette descente s’avère beaucoup moins périlleuse que dans notre imagination. Hors mis quelques courts tronçons nécessitant une grande prudence, le sentier tout en sous-bois est plutôt bon et pas vraiment accidenté, les arbres constituant la plupart du temps des garde-fous presque naturels.  Depuis le point de vue, nous mettons tout de même 40 minutes pour sortir de la forêt et encore 20 minutes de plus pour rejoindre Meyronnes. Avant d’atteindre le village, on finit par enjamber une dernière fois un ruisseau presque asséché où des gabions on été élevés pour freiner les sautes humeurs du torrent. La balade a été belle, enrichissante et mon appareil photo a encore engrangé une quantité phénoménale de fleurs et quelques exemplaires de la faune locale dont quelques oiseaux et papillons. Seuls mammifères aperçus, mais c’est déjà beaucoup, une étagne, femelle du bouquetin et un petit écureuil roux. Telle qu’expliqué ici, ce « Sentier de Découverte de La Rochaille » serait long de 9,1 km pour un dénivelé de 527 m, renseignements recueillis sur un remarquable site Internet consacré aux randonnées dans le Mercantour dont voici le lien. Désolé de ne pas vous en dire plus mais je n’avais pas de GPS ce jour-là pour enregistrer des données plus précises. Carte IGN 3538 ET Aiguille de Chambeyron – Cols de Larche et de Vars - Top 25.

 

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Le Vallon et le lac du Lauzanier (2.284 m) depuis Larche (Le Pont Rouge - 1.907 m)

Publié le par gibirando

Diaporama sur la musique "Forever In My Heart" d'Azaleh

Le Vallon et le lac du Lauzanier (2.284 m) depuis Larche (Le Pont Rouge - 1.907 m)

Le Vallon et le lac du Lauzanier (2.284 m) depuis Larche (Le Pont Rouge - 1.907 m)

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Pour cette deuxième randonnée de nos vacances, nous avons jeté notre dévolu sur le Vallon et le lac du Lauzanier. Le Vallon du Lauzanier, ancienne auge glaciaire, haut-lieu de l’agropastoralisme alpin et de la botanique mondiale, a été classé Réserve Naturelle dès 1936, puis a été rattaché au Parc National du Mercantour en 1979. C’est donc un véritable joyau de la nature que nous partons découvrir. Un joyau que les anciens avaient pris l’habitude de surnommé « la Mer du Lauzanier », à cause des chardons bleus s’étalant sur les flancs de la vallée et sur des dizaines d’hectares. Ces mêmes magnifiques chardons bleus, en réalité des panicauts, auxquels les botanistes du 19eme siècle avaient donné le nom de « Reine des Alpes » à cause de leur beauté. Après les Lacs de la Cayolle et ses décors plutôt pelés et pierreux, mais par bonheur constellés de plusieurs lacs bleutés et de névés bien blancs, aller découvrir le Lauzanier, c’était d’abord faire le choix de la verdure et de la fraîcheur. La fraîcheur, elle arrive principalement du milieu du vallon où s’écoule la rivière Ubayette, affluent majeur de l’Ubaye. La verdure, elle, est le prolongement naturel de cette hygrométrie ambiante et constante. Anciennes prairies de fauche, pelouses verdoyantes, boqueteaux de divers feuillus (magnifiques en automne paraît-il !), tourbières et roselières, sombres forêts de résineux, flore des champs, des pelouses et des rocailles, ici la verdure, on la découvre dans tous ses états. Une faune extraordinaire s’y complait. Le  départ s’effectue à partir du lieu-dit «le  Pont Rouge » que l’on peut rejoindre de deux manières depuis la D.900 : soit à pied depuis le col de Larche, col frontière avec l’Italie soit en voiture depuis le hameau de Larche, en empruntant une petite route qui file parallèle à l’Ubayette et sur sa rive gauche. Elle est à main droite quand on arrive de Meyronnes et de Barcelonnette. Cette étroite route est commune avec les sentiers de grandes randonnées G.R 5 et G.R 56. Au plus fort de l’été et de la fréquentation, un service de navettes devient obligatoire car les croisements deviennent compliqués. A « Pont Rouge », un parking bien aménagé accueille les véhicules. Dès qu’on pose le pied hors de la voiture et grâce à une météo toujours aussi resplendissante, Dany et moi restons ébahis par la somptuosité et la vitalité du lieu. L’Ubayette qui s’écoule à quelques mètres du parking et les marmottes qui courent dans tous les sens ne sont pas étrangères à cet émerveillement. Mais à y regarder de plus près, il n’y a pas que la rivière et les marmottes et c’est tout un ensemble d’une parfaite harmonie qui engendre ce sentiment d’enchantement et de bien-être. Force est de reconnaître que l’envie de marcher s’installe sans problème et le naturaliste et photographe amateur que je suis a déjà des fourmis dans les jambes. Le départ est néanmoins ralenti par quelques panneaux explicatifs permettant une meilleure connaissance de ce site naturel extraordinaire. Il y a également quelques tables de lecture dont on note quelles sont conçues pour les non et malvoyants. Tout en se disant que l’initiative de la création d’un sentier pour les personnes en situation d’handicap est formidable, on prend conscience du bonheur extrême d’avoir une bonne vue et d’être debout sur ses deux jambes. Le départ est lancé et comme le chemin est plutôt plat, Dany est partie dans une cadence assez soutenue. Bien évidemment, elle peste déjà de me voir à la traîne à cause des nombreuses photos qui m’arrêtent à tout bout de champ, mais si j’en suis conscient, je sais déjà que tous les clichés que je prends seront autant de souvenirs que j’aurais plaisir à revoir plus tard. Comme je le dis souvent, en randonnée, mon appareil photo, c’est le meilleur des cerveaux que je connaisse. Un cerveau supplémentaire qui a de la mémoire, la vue et parfois même le son quand il fait « vidéo ».  Je ne connais pas de meilleure façon de bien se souvenir d’une randonnée que de regarder des photos ou un film d’elle et comme pour moi, elle ne se résume pas à la seule action de marcher, j’aime autant flâner qu’oublier une « découverte » en chemin. Paysages, fleurs, oiseaux, papillons, insectes et animaux divers et variés, tous ces souvenirs ressurgiront sans trop d’efforts et à chaque fois que nous aurons envie de visionner le diaporama que je ne manquerais pas de réaliser avec tous ces clichés. Le botaniste qui sommeille en moi le reste du temps, aujourd’hui il ne dort pas mais il n’a pas envie de speeder non plus.  L’élévation est modérée mais réelle et les décors changent avec la même douceur. Ils deviennent plus montagnards quand le large chemin très praticable devient petit sentier terreux et caillouteux. En réalité, le sentier se rétrécit au même rythme que l’Ubayette. La rivière tranquille et circulant en méandres au plus plat de la vallée a laissé la place à un large et fougueux torrent puis à un étroit ruisseau trouvant son chemin entre les rochers et descendant en cascade dans des bouillons écumeux. Si au départ la rivière était le terrain de jeu de nombreuses bergeronnettes, l’altitude semble les rebuter. Depuis le départ, quelques cabanes pastorales et quelques granges plus ou moins rustiques jalonnent l’itinéraire. Certaines d’entre-elles, élevées essentiellement en pierres, sont carrément enfouies sous terre et seule leur façade et l’entrée restent visibles.  Recouvertes parfois d’herbes, de plantes ou bien de fleurs, certaines semblent sortir tout droit du film « Le Hobbit ». Tout en montant, le chemin s’est quelque peu rétréci, les photos à prendre, elles, ne diminuent pas pour autant. De nouvelles fleurs s’ajoutent à celles déjà vues depuis le départ. D’autres disparaissent avec l’altitude. Certaines ne sont visibles que dans un biotope bien déterminé. Pour d’autres, il me faut parfois sortir du chemin pour les voir et les photographier de plus près. C’est le cas, de la très rare « Reine des neiges ». Les marmottes sont toujours aussi nombreuses. Avec l’altitude, les pinsons et les mésanges ont laissé la place aux Traquets motteux et à quelques Venturons montagnards. Les traquets s’égayent sur les roches et les venturons semblent se complaire dans l’herbe. D’autres oiseaux sont plus craintifs ou discrets et ne se laissent pas photographier facilement. C’est le cas de certains rapaces ou corvidés que je ne pourrais jamais photographier correctement en raison de la distance qui m’en sépare. Le sentier continue de grimper, plus ou moins large selon la minéralité qui l’entoure. Certains portions sont dallées de grandes pierres plates et d’autres, plus nombreuses ont été aménagées en escaliers, avec des traverses en bois qui retiennent la terre. De nombreuses passerelles permettent d’enjamber les innombrables ruisseaux qui descendent de tous les versants de la montagne. Certains sont de minuscules sillons, d’autres ressemblent à des tranchées plus profondes, d’autres à des « voiles de mariées » guère impressionnants car ruisselant sur la terre. Plus rares et plus belles sont celles qui tombent de très haut en cascade. Ici, l’eau est le dénominateur commun et la source de toute vie. Tous ces ruisseaux et torrents se rejoignent dans l’Ubayette. Afin de préserver la flore, la faune dans cette géologie assez altérable, des panonceaux indiquent qu’il ne faut pas sortir du sentier. Après une « bonne » montée en espaliers mais sur un sol quelque fois « casse-pattes », le sentier atteint un collet verdoyant car herbeux puis bascule dans un cirque grandiose au fond duquel le lac bleuté du Lauzanier resplendit majestueusement. Les hauts sommets qui l’entourent s’y reflètent comme dans un miroir puis s’y engloutissent dans de liquoreuses arabesques au fur et à mesure que l’on s’approche de ses rives aux eaux si limpides. Nous y restons plus d’une heure et demi à pique-niquer et Dany à se reposer pendant que je pars à sa découverte en tentant vainement d’en faire le tour. Si le tour paraît  possible, en arrivant au plus haut du déversoir, je prends bien vite conscience que je ne pourrais le faire qu’au prix d’un bain de pied très rafraîchissant pour enjamber les tourbières et les multiples rus dégoulinant à qui mieux mieux.  Pour quel résultat de plus ? La seule moitié droite du lac m’a déjà permis de photographier de nombreuses fleurs nouvelles, une quantité incroyable de papillons, des têtards et des alevins venant trouver refuge dans les minuscules anses creusées dans les berges. A mon approche, tous ces vairons s’éloignent de la rive, serrés les uns aux autres comme des sardines, mais ils stoppent aussitôt quand la profondeur du lac devient bien trop risquée. Avec la crainte de ma présence,  je sens bien qu’ils sont désorientés et perplexes, entre revenir vers la berge, gage de sécurité et la profondeur du lac où des prédateurs les guettent pour les dévorer. Ils le savent. Les prédateurs ont pour nom « truites fario ». J’en ai aperçu une assez « saisissante » par sa taille mais sans pouvoir la saisir en photo. Je m’éloigne de la rive et les vairons reviennent en banc serré et dans un même élan. Je fais demi-tour, direction l’aval du lac où Dany m’attend mais en évitant de repasser par le même sentier pris initialement. Quelques trouvailles nouvelles viennent s’ajouter dans la mémoire de mon appareil photo et notamment toute une série de pensées sauvages aux couleurs si variées. Nous repartons, direction, la petite chapelle qu’ils nous restent à visiter. Perchée sur un mamelon dominant le lac et blottie au milieu d’innombrables « Chénopodes Bon-Henri » dont se régalent les marmottes, la petite chapelle Notre-Dame des Lumières est jolie mais son intérieur a des airs de capharnaüm, de dépotoir, de refuge non gardé, de lieu saint et à cause d’une collection impressionnante de cailloux, ressemble même à la tanière d’un géologue un peu fou. Tout ça en même temps. Seul un plafond gracieusement peint d’un ciel bleu marine rempli d’étoiles jaunes marque les esprits. Il est temps de faire demi-tour et force est de reconnaître que le Vallon du Lauzanier est aussi beau dans un sens que dans l’autre. On ne se lasse pas de ses courbes douces et verdoyantes, de ses paysages de montagne qui sont autant d’invitations à partir en tous sens à leurs découvertes. Il y a toujours quelque chose à voir ou à découvrir au Vallon du Lauzanier et quand on oublie les fleurs, les traquets et les marmottes c’est parce que quelques chamois gambadent dans les pelouses d’altitude. Quand ce n’est pas les chamois, c’est un gentil baudet qui surgit du décor accompagné de ses âniers. Quand ce n’est pas un âne c’est un troupeau de moutons dont les circonvolutions champêtres sont surveillées « comme le lait sur le feu » par un berger et ses chiens. Telle qu’expliquée ici et depuis le Pont Rouge (1.907 m), la balade aller et retour jusqu’au lac du Lauzanier (2.284 m) est longue de 9 km à 10 km environ. La déclivité jusqu’au lac est donc de 377 mètres. Le temps que nous avons mis pour la réaliser n’étant pas significatif, il ne me paraît pas utile de le mentionner mais sachez que le panonceau au départ de « Pont Rouge  donne le lac « réalisable » en 1h45. Comptez donc un peu moins du double pour l’aller et le retour, soit 3h environ si vous ne flânez pas. Carte IGN 3538 ET Aiguille de Chambeyron - Cols de Larche et de Vars - Top 25.

 

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