• Toujours en hommage à Ennio Morricone, ce diaporama est agrémenté de plusieurs musiques extraites de la compilation "Love Stories". Elles ont pour titre : "Presentimento secondo", "Un Amico", "Tema di Ada", "Canone inverso primo", "Il Figlio E La Nostalgia" et "Notte Di Nozze".

    Les Gorges du Sègre depuis Llo

    Les Gorges du Sègre depuis Llo

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    En ce 13 juillet, nous avions décidé de partir en Cerdagne, et plus particulièrement dans le village de Llo que nous ne connaissions pas. Si le village est bien connu pour ses bains aux eaux chaudes sulfureuses, et bien que nous ne les avions pas totalement exclues, là n’était pas notre objectif premier. Non, nous visions plutôt « Les Gorges du Sègre », petite randonnée en boucle que j’avais découvert sur le topo-guide « Les Sentiers d’Emilie en Cerdagne et Capcir ». Si je dis « petite randonnée », c’est parce que le bouquin en indiquait les humbles caractéristiques de la manière suivante : « vous marcherez 2 h en tout ». Aucune distance n’était mentionnée mais on se disait que même en flânant beaucoup ; comme c’est souvent notre habitude ; nous y consacrerions qu’une petite partie de l’après-midi et ce, même en terminant par une visite du village à laquelle nous tenions beaucoup. Dans ce joli mais modeste dessein que nous envisagions, seules des prévisions météo mitigées nous laissaient perplexes quant aux nombres de  découvertes que nous pourrions réalisées. 9h, nous  quittons Urbanya, direction la Cerdagne. Il est 11 heures quand nous rangeons notre voiture sur le long parking à l’entrée du village. Comme prévu, le ciel est très mitigé. Si sous nos têtes le ciel est encore bien bleu, vers le nord, une impressionnante chape nuageuse coiffe l’horizon. Petit problème, on voit clairement que cette chape vient doucement vers Llo, c’est-à-dire vers nous. Que faire ? Il est encore tôt pour pique-niquer et avec un ciel risquant de devenir menaçant, peut-être est-il déjà trop tard pour se lancer dans « les Gorges du Sègre » ? Finalement, juste à côté du parking, un couple qui s’affaire autour d’un bassin,  d’un petit canal et d‘un potager nous intrigue puis nous distrait tellement que nous allons passer presque une heure à les observer. Mais que font-ils autour de ce bassin ? Sont-ils des aquaculteurs ? Élèvent-ils des truites comme le lieu pourrait nous le laisser supposer ? Non, le petit canal alimente le bassin et le potager et dans le bassin, il s’agit d’inattendus poissons rouges ! Le terrain leur appartient et le couple parait enjoué par ce bassin qu’ils ont creusé à la sueur de leur front. Ayant eu des bassins avec des poissons rouges et des carpes koï une grande partie de ma vie, je comprends leur engouement. Quand au potager, je connais le plaisir qu'il y a à voir pousser ses propres légumes, à les cueillir puis à s'en régaler. La conversation s’est installée et nous décidons de pique-niquer sur un petit muret qui jouxte le joli potager. L’endroit me convient d’autant mieux que quelques oiseaux sont de passages et s’arrêtent sur les arbres du parking. Je m’empresse de les photographier. Finalement, si les nuages entourent le village, le ciel n’est pas vraiment menaçant. Nous décidons de démarrer la balade prévue.  Il est presque midi. Malgré le coronavirus qui sévit encore, les touristes sont nombreux. Par bonheur, ils s’éparpillent vers des centres d’intérêts bien divers : bains, village, randonnées, simples promenades, pique-niques et peut-être même une via ferrata dont j’ignore si elle fonctionne. Notre itinéraire file vers les thermes aux bains chauds que le chemin laisse sur la droite. De ce chemin, on va seulement regretter qu’il soit trop longuement asphalté, mais pour tout le reste, rien à redire, c’est superbe. Dany oublie l’asphalte en marchant d’un bon pas. Moi, je l’oublie grâce à tout ce qu’il y a à photographier. Flore surtout mais aussi un peu de faune sous les traits de quelques papillons et de rares oiseaux. Bien trop fougueux, le Sègre (*) ne laisse que peu d’opportunités d’y déceler un animal. Pourtant, je réussis à y photographier un pic épeiche dans la végétation de son lit puis un autre passereau que je n’arrive pas à identifier sur l’instant. Il s’agit d’un accenteur mouchet mais la photo n'est pas géniale. Pas vraiment des animaux aquatiques mais dès le départ, j’ai photographié une jolie libellule dans un petit ruisseau affluent du Sègre. Ça sera la seule. Les papillons, eux, sont constamment bien présents. Comme toujours et parce que nos manières de marcher sont bien différentes, Dany est la plus frustrée, car elle est obligée de s’arrêter et de m’attendre. Elle « roumègue » un peu car elle préfère un rythme plus soutenu, mais pas trop car elle sait qu’aujourd’hui rien ne presse. Les gorges que le Sègre a creusées sont incroyablement hautes et impressionnantes et quand on les regarde au plus haut vers le ciel, elles forment comme un corridor céleste où des vautours fauves planent sans relâche. Avec leur envergure impressionnante et le façon de planer sans effort, ils semblent être les anges gardiens de ce couloir aérien. Sur la gauche, de hautes falaises aux roches acérées sont visibles alors que sur la droite on ne distingue qu’une épaisse forêt. Pourtant, un petit coup d’œil sur mon bout de carte IGN me permet d’y lire que le lieu-dit sur la gauche a pour nom « Roques Blanques », c'est-à-dire « Roches Blanches ». Cette dénomination, nous la comprendrons quand nous serons plus haut en altitude et en voyant ces roches blanches (enfin plutôt grises sous ce ciel gris !) et puis surtout en s’intéressant à la géologie de Llo dont Wikipédia nous dit qu’elle est « particulièrement riche » avec notamment du « calcaire, roche assez exceptionnelle en Cerdagne française ». Il faut savoir que ce secteur est surtout schisteuxDans cette géologie inhabituelle de Cerdagne, les émergences d’eaux souterraines sont nombreuses et celles qui jaillissent de la Fontaine de la Cayelle ont été remarquées depuis très longtemps. Cette fontaine est mentionnée à juste titre dans bons nombres d’ouvrages du 19eme siècle. Au titre d’un seul exemple ; mais il y en a bien d’autres ; voilà ce que l’on dit d’elle dans un livre de 1836 « Merveilles et beautés de la Nature en France » de Georges Bernard Depping : «  la Fontaine de Cayelle, qui s’accroît tous les jours une demi-heure et diminue ensuite, jaillit sur la montagne de Llo en Cerdagne. Cette crue journalière est toujours précédée d’un bruit souterrain plus distinct en été qu’en hiver ». Quand la fontaine se présente ; enfin je pense qu’il s’agit bien de celle-là ;  son écoulement est modeste et sans aucun bruit particulier. Apparemment, nous ne sommes pas dans la bonne demi-heure et il ne nous paraît pas opportun de l’attendre. Nous continuons. La pluie se met à tomber à l’instant même où sur la gauche, les parois rocheuses disparaissent pour laisser la place à de vertes prairies. Une bâtisse apparaît en son centre. C’est le bien nommé « Mas Patures » sur mon bout de carte mais « Paturas » sur les panonceaux et sur mon topo-guide. Par bonheur, la pluie ne dure pas mais un superbe arc-en-ciel vient chamarrer les décors.  Peu de temps après, une intersection puis une passerelle enjambant le torrent se présentent. Il faut ignorer cette dernière et lui préférer l’intersection en épingle à cheveux filant à gauche. Des panonceaux indicatifs rassurent les randonneurs. L’itinéraire longeant le Sègre se termine ici et celui des « Gorges du Sègre » file vers le Mas Paturas. Sur le topo-guide « Les Sentiers d’Emilie en Cerdagne et Capcir », il est indiqué « que la superbe bâtisse…..sera prétexte à une halte gourmande où vous pourrez déguster produits de la ferme et fromages de chèvre »,  alors bien évidemment nous sommes très surpris de n’apercevoir aucun panneau vantant ces produits du terroir. Non, il n’y a absolument rien ! Pas de pancartes d’accueil et pas âme qui vive. Alors bien sûr, ces absences ne sont pas des incitations à se diriger dans une habitation isolée, déserte et pas vraiment hospitalière de prime abord, et ce d’autant que le chemin se sépare en deux et celui conseillé pour Llo passe juste en dessous de la jolie ferme. Il faut se rendre à l’évidence, soit ces fermiers ne veulent pas être dérangés soit ils ne veulent pas de clients trop timorés. Nous le sommes. Nous continuons notre chemin, juste surpris par un chat qui détale des buissons une musaraigne entre les dents et des moutons très groupés qui broutent en contrebas. Le sentier s’élève en douceur mais magnifiquement au dessus de la vallée. On ne peut que regretter ce temps maussade. Toujours de plus en plus de fleurs et de papillons à photographier. Quelques oiseaux sont présents mais le plus souvent « inphotographiables » car trop remuants. Réussir une belle photo d'un volatile devient jubilatoire. Je jubile par intermittence. Un premier col rocheux se présente offrant à la fois une autre vision de cette géologie remarquablement saillante et déchiquetée mais aussi une belle vue sur la Vallée du Sègre et l’éperon rocheux où l’on distingue la vieille chapelle ruinée de Saint-Féliu de Castellvell de Llo. L’intersection menant à l’édifice religieux est vite là,  mais, une pluie fine reprenant du service, Dany préfère « jeter l’éponge » et poursuivre vers l’arrivée. J’y file tout seul sous ce petit crachin, mais là ô miracle quand je passe la porte de la vieille église, au dessus de laquelle trône la statue de Saint-Félix, la pluie s’arrête soudain et des bouts de ciel bleu apparaissent.  Peu après, il ne pleuvra plus. Dans l’immédiat, j’en profite pour photographier la chapelle sous tous ses angles, et comme sur ce piton rocheux du nom d’El Lladre, la faune et la flore sont également bien présentes, je m’y éternise plus qu’il ne faut. Haut-lieu de l'archéologie, je n'y trouve qu'une roche gravée d'une cupule, mais à vrai dire je ne cherche rien de préhistorique car c'est l'instant présent et la Nature qui m'intéressent. Oui, pas de doute, pour les oiseaux et les papillons que je poursuis sans cesse de mes passions, je suis ce Lladre catalan, c'est-à-dire en français ce « bandit de grands chemins ». Si le retour vers Llo est encore propice à la photographie naturaliste, la descente est suffisamment caillouteuse et scabreuse pour ne pas se consacrer qu’à ça. Cette pente réclame lenteur et prudence, ce qui ne fait pas le bonheur de Dany qui m’y attend à son extrémité. Le temps d’un petit en-cas et nous terminons par une belle visite de Llo, sa tour del Vacaro que l'on observe de loin, mais dans le contraste d'un étonnant ciel bleu, les vestiges de son château, ses jolies venelles mais regrettons que son église Saint-Fructueux soit close. Et dire que les dictionnaires donnent de ce « saint-là », ou plutôt de ce « mot-là », les définitions suivantes : « Qui donne des fruits. Qui procure un grand profit, un avantage, Qui donne un résultat utile ; fécond ». Tu parles ! Alors que le sentier d’Emilie donne comme sous-titre à cette balade « Au rendez-vous des sorcières », n’est-ce pas plutôt «Au rendez-vous manqués ? ». Non, nous n’avons pas vu de sorcières ! Non, nous n’avons pas goûté « aux fruits » de l’église Saint-Fructueux ; apparemment en cours de restauration ; pas plus qu’à ceux du Mas Paturas. Néanmoins, soyons honnêtes ! Nous avons pris un grand plaisir à marcher et à découvrir, et comme c'était le but recherché, nous ne faisons pas la fine bouche, même s'il est humain d'en vouloir toujours plus ! Cette balade, visites de Saint-Féliu et du village incluses, a été longue de 6,6 km. Les montées cumulées sont de 506 m. Le dénivelé est de 236 m entre le point le plus bas à 1.381 m à bas du parking et le premier collet juste après le Mas Paturas à 1.617 m. Carte IGN 2250ET Bourg-Madame – Mont-Louis – Col de la Perche Top 25

     

    (*) Le Sègre : Vous trouverez sur Internet bons nombres d'informations intéressantes concernant la rivière Sègre. En voilà une que j'ai trouvée au cours de mes recherches. Elle a pour auteur, le célèbre journaliste et éditeur Adolphe Joanne, également président du Club Alpin Français pendant quelques années. Cette description très complète est extraite de sa « Géographie des Pyrénées-Orientales » de 1879 :  « La Sègre prend sa source au nord-ouest du Pic de Sègre, par plusieurs bras qui, en se réunissant, forment dès l'origine une rivière importante. Près de là est la fontaine intermittente de Cayelle. La Sègre suit d'abord la direction du nord-ouest, et, jusqu'à son débouché dans la plaine de la Cerdagne, coule profondément encaissée dans une gorge. Elle laisse à droite Llo, traverse, de l'est à l'ouest, une fertile plaine, couverte de champs de céréales et de gras pâturages, traverse Saillagouse, reçoit, à droite, la rivière d'Eyne, qui descend de l'étroite et pittoresque vallée d'Eyne, et passe à Eyne et à Estavar. Elle traverse, du nord-est au sud-ouest, l'enclave espagnole de Llivia, où elle recueille les eaux de l'Err, en sort au dessus de Caldegas, et quitte la France à Bourg Madame, au confluent de la Raour, rivière qui passe à Angoustrine et à Ur. Elle contourne, à droite , Puycerda, reçoit à gauche la Vanera, puis à droite , l'Aravo ,le plus fort de ses affluents français. Ainsi grossie, elle laisse à gauche Sanavastre , passe entre Isobol et Asonso , baigne à gauche les murs de la ville de Bellver . Après avoir reçu des deux côtés un grand nombre de petits affluents , elle traverse Martinet, où elle se grossit de la Llosa . Elle se dirige alors sensiblement vers le sud , passe au -dessous de la ville importante de la Seo d'Urgell, au delà de laquelle elle reçoit, à droite, l' Enbalire, et, après s'être grossie de la Noguera Pallaresa , de la Noguera Ribagorzana et de la Cinca , elle se jette dans l'Ebre au-dessous de Mequinenza, après un parcours de 300 kilomètres . L Èbre et la Sègre ainsi réunis vont se jeter dans la Méditerranée par plusieurs bouches au port du Fangal, bien au sud de Tarragone, après un parcours de 150 kilomètres à partir de leur confluent. » Vous noterez que Joanne emploie essentiellement le féminin alors que de nos jours on écrit "Le Sègre" et non pas "La Sègre". 

     


    4 commentaires

  • Tout va très mal Madame la Banquise.....

    Tout le monde le sait, car nous en avons désormais les preuves formelles, la banquise fond plus vite que prévu, et ce n’est pas le limogeage par Emmanuel Macron de Ségolène Royal de son poste d’ambassadrice des pôles qui a changé quoi que ce soit à l’affaire. On s’en doutait. Faut-il tout mettre sur le dos de l’activité humaine ? Je ne sais pas car je ne suis pas climatologue ! Toujours est-il que le changement climatique s’accélère, les catastrophes s’intensifient et nos gouvernants actuels comme leurs prédécesseurs regardent ailleurs.  Normal, tout va très mal Madame la Banquise et au lieu d’être dans l’action, ils sont toujours à compter leurs voix électorales et à faire en sorte de ne pas en perdre lors des prochains scrutins ! Ne pas faire de vagues, auprès de personne, auprès d’aucune communauté, groupes, lobbys, corporations de préférence, voilà leur leitmotiv et de ce fait, les seules vagues notables sont celles qui emportent tout sur le passage comme ces jours-ci dans la Vallée de la Vésubie et celle de La Roya. Un petit discours d’apitoiements et puis s’en vont. Normal, tout va très mal Madame la Banquise et il y a bien d’autres phoques ou ours blancs à fouetter !

    Parmi ces ours et ces phoques, et si je fais volontairement abstraction de la Covid-19, sujet ô combien majeur de cette année 2020, les autres principales préoccupations des français restent toujours les mêmes, et ce même si d’une année à l’autre quelques pourcentages évoluent selon les événements de l’actualité. Au titre d’exemples donnés par l’Insee voilà comment elles étaient jugées par les français en 2019 : 

    • Terrorismes – Attentats : femmes 21,5% - hommes 17,9% - ensemble 19,8%
    • Pauvreté : femmes 19,3% - hommes 18,6% - ensemble 19%
    • Chômage – précarité de l’emploi : femmes 14,1% - hommes 18,1% - ensemble 16%
    • Santé : femmes 13,4% - hommes 12% - ensemble 12,8%.
    • Environnement : femmes 12,8 % - hommes 14,6% - ensemble 13,6%
    • Délinquance : femmes 9,5% - hommes 10,6% - ensemble 10%
    • Racisme – discrimination : femmes 7,2% - hommes 6,2% - ensemble 6,7%.
    • Sécurité routière : femmes 2,1% - hommes 1,9% - ensemble 2%.

    Dans cette liste, je pense qu’il manque « l’éducation des enfants », mais au regard des perturbations que la Covid cause dans ce domaine, il est certain qu’elle est désormais une préoccupation majeure des français.

    Sans vouloir jouer les Zemmour, et surtout sans mettre « tous les gens venus d’ailleurs dans le même panier », il faut reconnaître que bon nombre de problèmes en France se sont intensifiés voire ont apparu à cause de ce tsunami migratoire que nous subissons depuis les années 50/60 et années suivantes que les démographes appellent 3eme vague.

    Terrorisme : Depuis les années 2000 qui sont les terroristes ?  Pour la plupart, ce ne sont que des enfants de la 3eme ou 4eme génération issus de l’immigration et qui ont trouvé dans le Djihad un exutoire à leur infortune et oisiveté banlieusardes. Au titre d’exemples, il suffit de voir les noms de ceux qui seront jugés avec Salah Abdeslam, principal suspect des attentats parisiens du 13 novembre 2015, tous ont des noms arabo-musulmans, même si tous n’ont pas la nationalité française. Il y a des exceptions avec des français de souche terroristes mais elles sont aussi rares qu’inacceptables. Parmi ces exceptions, on peut évoquer le cas de cet agent radicalisé de la préfecture de Paris. Il est d'autant plus inquiétant que l'on sait que bon nombre de services publics sont gangrenés par ce phénomène. Il s’appelle Mickaël Harpon, est né en Martinique, a 45 ans, travaillait comme informaticien au service des renseignements généraux, il est marié à une marocaine (est-ce la raison ?), a 2 enfants et n’a pas le profil du terroriste habituel, même si nombreux étaient ses collègues à savoir qu’il s’était converti à l’islam depuis quelques temps déjà et avait montré des signes évidents de radicalisation. Il y aura toujours des exceptions, mais pour se radicaliser il faut qu’il y ait un terreau pour ce faire. Le terreau est trop fertile et il faut trouver des solutions pour l'appauvrir. En cinquante ans, l’islam et ses pratiques ont changé. De plus, il faut reconnaître que nos dirigeants ne sont pas toujours logique dans leur façon de voir les choses. Ils s’en vont combattre les terroristes dans d’autres pays ; le Mali ou le Niger par exemples, mais dans le même temps, ils  acceptent d’en avoir 10.000 de potentiels (peut-être beaucoup plus !)qu’il faut surveiller comme le lait sur le feu sur notre territoire. Oui, où est la logique ? Pauvreté : Exceptés la Réunion, Mayotte et la Guyane, où se situent les personnes les plus pauvres si ce n’est dans le département de la Seine-Saint-Denis, épicentre de l’immigration où le taux de pauvreté est de 26% dont 34% si l’on tient compte uniquement des jeunes mineurs ? En 50 ans, sa population a plus que doublé et les jeunes d’origine étrangère de moins de 18 ans qui représentaient 19% en 1968 sont passés à 57% en 2005, ce pourcentage étant de 77% pour la seule commune de Clichy-sous-Bois. Le reste de la France n’est pas en reste et la courbe ascendante est la même mais avec des chiffres un peu moindres. Chômage – Emploi : Bien évidemment, il ne faut pas se leurrer, ces jeunes nous les retrouvons sur le marché de l’emploi où les immigrés tous confondus représentent un taux de chômage de 13,6% contre 7,8% pour les non immigrés. Nos gouvernants n’ont de cesse de vouloir nous faire croire que l’immigration est bonne pour l’emploi, qu’elle peut être choisie et que bon nombre de migrants seraient hautement qualifiés. Ce ne sont bien évidemment que des mensonges et des désirs peu résolus, et ce d’autant que l’on sait pertinemment qu’il y aura toujours un délit de faciès et une discrimination à l’embauche selon qu’on s’appelle Jean ou Mohamed. Il faut le regretter mais c'est ainsi et il faudra du temps pour que ça change. Qui dit chômage, dit coût social incommensurable pour la société. La Covid ne va rien arranger ! Santé : Il est évident que cette immigration de masse dont ; entre légaux, illégaux et étrangers ; on ne connaît jamais les vrais chiffres (pourquoi ? Mais poser la question, c'est peut-être y répondre !), a une forte influence sur les besoins sanitaires. En 2017, Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur faisait état de 300.000 sans-papiers. En 1995, sous Jospin, l’administration évoquait déjà de 200.000 à 400.000 illégaux sur le territoire. Certains évoquent en une année des villes comme Rouen ou Strasbourg soit 600.000 à 700.000 toutes personnes confondues de plus sur le territoire national. Serons-nous en mesure de faire face à cette évolution exponentielle si on ne fait jamais rien pour l’arrêter voire au moins la ralentir ? Dans tous les cas et quel que soient les chiffres, la France détient le record du flux migratoire en Europe alors que tous les autres pays voient plutôt leurs chiffres baisser. Cela est du au fait que la France est devenue avec ses prestations sociales en tous genres un aspirateur à migrants. On a tous entendu parler de l’A.M.E, Aide médicale d’Etat, dispositif permettant aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d’un accès gratuit aux soins. Elle aurait coûté 943 millions d’euros en 2019, mais c’est surtout son augmentation de 47% entre 2009 et 2019 qui interpelle, et elle interpelle d’autant plus que l’on sait que des filières étrangères se sont créées opportunément profitant de cette généreuse et grotesque manne de manière totalement illicite. Environnement : On sait que bon nombre de migrants fuient leur pays à cause d'un changement climatique : trop ou pas assez de pluies, aridité des sols, montées des eaux, catastrophes naturelles, etc... Alors peut-on accueillir toutes ces personnes alors que nous mêmes avons nos lots de calamités ? Comment cet afflux de nouvelles personnes, et dans un petit pays comme le nôtre en terme de superficie, ne pourrait-il pas avoir une mauvaise influence sur la qualité de notre environnement ?  Plus de logements, plus de véhicules, plus de personnes et de biens à transporter, inévitablement plus de pollutions, plus de déchets et en 2 mots « moins d’écologie ! ». Plus d’argent à mettre dans le social et donc moins à mettre pour un meilleur environnement même s'il faut reconnaître qu'un effort est fait dans ce sens. Est-il suffisant ? Pour le citoyen lambda, quels ont été les effets visibles de la COP 21 depuis 2015 ? Je me souviens d’une émission TV où l’on voyait un journaliste interviewé un modeste paysan que sa commune venait d’exproprier de son terrain dans le but de construire des logements sociaux. Malgré l’argent qu’il allait percevoir, on sentait bien le désappointement de ce brave homme qui avait vécu toute sa vie sur sa terre de son petit troupeau de bovins. Il indiqua qu’il était triste de savoir que sa jolie terre campagnarde faite d’herbages verdoyants et de haies naturelles allait disparaître à jamais enfouie sous le béton d'une cité HLM et que ses vaches et veaux seraient « malheureusement » remplacés par des « gens venus d’ailleurs ». Tout était dit ! Délinquance : Au mot « délinquance », j’aurais préféré les mots « insécurité » et « justice » ou plutôt « injustice », car malheureusement on fait de nos jours la part trop belle aux voyous plutôt qu’aux victimes. Beaucoup trop de sanctions pénales ne sont jamais exécutées. Beaucoup trop de délinquants multirécidivistes profitent de cette impunité. Si on ne connaît aucun chiffre ethnique ou religieux des personnes incarcérées, quelques textes et chiffres sont néanmoins très parlants : Ainsi le journal Le Monde du 20 octobre 2016 indique que « les enfants de l’immigration sont surreprésentés en prison »  ajoutant « que le discours djihadiste trouve un écho dans le milieu carcéral car le nombre de détenus musulmans, issus de l’immigration maghrébine ou subsaharienne est important ». Au delà de cette absence de chiffres, on sait que 96 % sont des hommes et la moitié a moins de 32 ans et est sans emploi. Ces détenus sont issus le plus souvent de milieux dits défavorisés. Un détenu sur 4 est sans aucune ressource. 80% ont un niveau inférieur au baccalauréat, 10% sont carrément illettrés. 38 % ont des addictions à la drogue et 30% à l’alcool. 8 hommes et 7 femmes sur 10 présentent au moins un trouble psychiatrique. Un détenu sur 4 est né à l’étranger et en février 2017, 22 % des détenus étaient carrément étrangers. Là aussi, on imagine aisément le coût que ces consentements étatiques absurdes engendrent ! Racisme – discrimination : Il me paraît presque naturel qu’avec tous ces problèmes qu’engendrent l’immigration et les immigrés, il y ait du racisme et de la discrimination. Personnellement, le mot « détestation » me paraîtrait plus approprié car je crois que l’on a toujours tendance à mettre les mots « racisme et discrimination » à toutes les sauces. C’est plus souvent un problème dans la façon d’être, de vivre et de se comporter différemment qu’un problème de couleur de peaux ou de communauté. Mais je ne vais pas m’étendre sur ce thème car je pense que de l’aversion, il y en a des deux côtés, surtout quand l’aspect religieux qui a disparu d’un côté et qui est omniprésent de l’autre entre en ligne de compte. Dans ce cas précis, trop souvent la compréhension et la tolérance disparaissent, car comment expliquer à un athée que la religion peut être le fil rouge d'une vie et vice-versa ? Macron, après plus de 3 ans de pouvoir, vient de faire le constat qu’il y aurait un islam radical dans notre pays et l’intitule « séparatisme ». S’il suffisait de changer les mots pour régler les problèmes ça se saurait car des gouvernants bavards dieu sait si nous en avons eus, lui inclus ! Sécurité routière : Je ne vais pas m’étendre sur ce thème-là car si l’on ne peut pas affirmer que l’immigration a eu un effet sur les accidents de la route, on peut néanmoins dire sans se tromper qu’un voyou de la vie courante sera probablement un voyou au volant. La jeune gendarmette Mélanie Lemée qui est morte récemment, heurtée par le véhicule d’un délinquant multirécidiviste issu de l'immigration est là pour prouver que j’ai raison. Cela nous renvoie au paragraphe sur la délinquance.

    Alors bien sûr et je le vois d’ici, on va me traiter d'inhumain, de discriminant, de xénophobe, d’islamophobe, de raciste sans doute et je ne sais quoi encore ? Que je fais des amalgames. Non, je ne fais pas d’amalgames et si je ne mettrais jamais toutes les personnes venues d'ailleurs dans le même panier, (il y en a beaucoup de très bien) les constats sont néanmoins là et il serait temps que nos gouvernants s'emploient à trouver des solutions pour que ça change. Pourtant, je ne fais que reprendre des éléments que n’importe qui peut lire sur le Net, dans la presse, les médias ou dans des organismes d’état comme l’INSEE et bien d’autres et pas obligatoirement d’extrême-droite. Il suffit de s’y intéresser et d’en faire le constat comme je le fais. J'ai mis pas mal de liens pour faciliter ces lectures.  Il suffit d’éviter de tomber dans cette « pensée unique » dont l’objectif est de nous faire regarder ailleurs voire au pire de vouloir nous faire fermer les yeux. Pourtant, je reste conscient qu’une immigration est nécessaire mais il faut qu’elle soit réfléchie et choisie pour que la France reste ce qu’elle était, c'est-à-dire un pays des Lumières où il fera bon vivre. Où nous conserverons nos traditions et nos valeurs. Les guerres antérieures nous ont envoyé leur lot de migrants européens mais jamais leurs venues ont engendré les problèmes que l'on connaît de nos jours. Il existe des solutions comme le Canada le démontre en barricadant ses frontières et en faisant le choix d’une seule immigration nécessaire à la bonne marche du pays. Pour cela, il faut beaucoup de contrôles et être disciplinés : fixer des règles, s'y tenir, contrôler nos frontières, nos aéroports, nos ports, arrêter le regroupement familial, ne pas donner la nationalité française à tort et à travers et notamment à des personnes qui finissent toujours par à en avoir deux. La donner seulement après une longue période probatoire. Arrêter de verser des aides sociales immédiates à des personnes qui ne viennent que pour ça ! D’autres diront que je suis négatif, faisant uniquement la liste des problèmes et oubliant les aspects positifs de notre société française. Lesquels ? La Sécurité Sociale ? Dont on dit que la fraude s’élèverait à plusieurs dizaines de milliards ? De ses services publics ? J’y ai été suffisamment confronté dans ma vie professionnelle pour savoir qu’ils ne peuvent pas être d’excellence et ce dans de multiples domaines ? La seule évolution favorable que j’ai vue ces dernières années, c’est l’accès si facile au chômage partiel suite à la Covid. Si facile, que là aussi les fraudes ont été colossales en seulement quelques mois ! Comme souvent, les contrôles ont été inexistants au préalable. On verse des aides et on constate après coup avoir été floué ! Là, on tente de se récupérer mais ce n'est toujours que partiellement ! De ses services de santé ? On a vu leurs faiblesses avec le coronavirus et surtout qu'on n'était pas les meilleurs dans ce  domaine (je n'ai eu de cesse de le dire dans Mon Journal Mensuel), mais on a vu aussi que les personnes qui tenaient le système à bout de bras étaient trop souvent au bas ou au milieu de l’échelle en terme de reconnaissance et de rémunérations. De son éducation ? Dont on voit bien qu’on la tire constamment vers les bas. Est-il raisonnable de « donner » le baccalauréat à 95% de nos enfants et ainsi de leur faire croire que l’avenir qui se profile sera uniquement rose pour eux ?

    Madame la  Banquise, si quelque chose va bien dites-le moi et j’arrêterais de fondre en larmes comme vous le faites vous-même. Sortez vos mouchoirs et mettez vos maillots de bain, les eaux vont continuer à monter !

     

     

     

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     Ce diaporama est agrémenté de 6 musiques d'Ennio Morricone extraites de la compilation "Love Stories". Elles ont pour titre : "Giovanna & Féderico", "Forse Basta", "Presentimento secondo", "Un Amico (from Revolver)", "Tema Di Ada" et "Canone Inverso Primo".

    Le Circuit de la Tirounère depuis Saint-Paul-de-Fenouillet

    Le Circuit de la Tirounère depuis Saint-Paul-de-Fenouillet 

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    En été, quand la canicule règne mais que l’envie de randonner est toujours là, il y a deux manières d’aller à la recherche de la fraîcheur. Il y a celle consistant à monter en altitude ou bien celle résidant à trouver un point d’eau. C’est cette deuxième solution que j’avais choisie en allant vers le lieu-dit La Tirounère (*) à partir de Saint-Paul-de Fenouillet. La Tirounère est une résurgence d’eau souterraine située au fond de la rivière Agly à la sortie des Gorges de Galamus. Dans son livre « Les eaux souterraines des Pyrénées-Catalanes », le très éminent hydrologiste Henri Salvayre la décrit ainsi : « La résurgence de la Tirounère l'une des plus importantes « sources » après Font Estramar, jaillit dans le lit de l’Agly, sur sa rive droite en amont de St - Paul - de – Fenouillet ».  Haut-lieu de la spéléologie subaquatique, elle a été explorée par le célèbre spéléologue Robert de Joly en 1934 et depuis elle constitue un lieu très prisé pour tous les fanas de cette discipline. Depuis sa découverte, elle a été captée et fournit ainsi en eau potable une partie de la commune de Saint-Paul. Ses eaux se mélangeant à celle de l’Agly, vous avez déjà compris que mon but n’était pas d’aller faire de la spéléologie ;  j’en serais bien incapable ;  mais plus simplement une jolie balade et puis surtout d’en profiter très largement pour me rafraîchir. Pour cela, il ne faut pas avoir peur de braver quelques interdictions. En effet, il faut savoir que La  Tirounère a été pendant quelques années un passage obligé sur les sentiers de Grandes de Randonnées que sont le Tour des Fenouillèdes, le GR.36 et le Sentier Cathare. Une passerelle métallique enjambant la rivière Agly en permettait le passage sans être dans l’obligation de se mouiller les pieds voire les jambes et au pire de prendre un bain. Malheureusement, en novembre 2014, elle a été emportée par des crues historiques qui atteignirent leur apogée les 29 et 30. Un projet de reconstruction est dans les cartons depuis plusieurs années mais apparemment un budget de financement manque à l’appel. Le passage par ce lieu est en principe interdit même si en été franchir à gué les  4 à 5 mètres de largeur de la rivière est très facile.  Voilà pour la présentation. Mon circuit démarre de la rue de la Paychere (**) où, parce que je suis seul, je réussis à garer ma voiture contre le mur d’une villa. De ces hauts murs, croulent des oranges et des trompettes rouges d’une jolie plante que l’on appelle bignone. Tout autour, c’est déjà un peu la campagne avec des meules de foin, des champs de luzernes et des vignobles. De la cité, je n’aperçois que les toitures et bien évidemment les monuments les plus hauts que sont le Chapître et le clocher de l’église Saint-Pierre et Saint-Paul. Parce que je suis là aussi pour photographier la Nature, d‘emblée la chance est avec moi. Elle se présente sous les traits d’une minuscule vipère qui traverse la ruelle, de chardonnerets élégants car joliment colorés, d’une tarente se chauffant au soleil et de petits papillons. A cause de la saison et de la chaleur qui règne, la flore est rare voire déjà bien fanée. Néanmoins, je trouve quelques fleurs à immortaliser. Plus rien de notable jusqu’à un passage à niveau où circule le train rouge du Pays Cathare et du Fenouillèdes. Quand le train rouge passe, je suis déjà à plus de 200 m de la voie ferrée  et près d’un chenil où une meute de chiens de chasse vocifère aux moindres bruits de mes pas. Avec la chaleur qui règne, je comprends leur exaspération à être enfermés dans des baraques de tôles et de planches entourées de grillages. Quel être vivant accepterait de vivre dans des conditions si indignes ? J’apprécie ma liberté, et ce, d’autant plus après la période obligée de confinement que nous venons de vivre. Si les vignobles restent présents, la garrigue prend de plus en plus de place au rythme de mes pas. Les yeux aux aguets de tout ce qui pourrait se présenter, j’erre de droite à gauche sur ce chemin pourtant quasiment rectiligne, flânant comme jamais, mais avec ce sentiment de liberté que l’expression « prendre la clé des champs » reflète parfaitement. D’ailleurs, un coup d’œil sur mon bout de carte IGN vient magnifiquement me confirmer cette métaphore car le lieu-dit que je traverse s’appelle le Cami de Camps, c’est-à-dire le Chemin des Champs.  Les papillons se font plus présents mais leur petite taille semble inversement proportionnelle à la grande aridité des lieux. Pour l’avoir lu, je sais que les variations de taille voire de coloris chez les lépidoptères peuvent être fonction du climat, de la saisonnalité et de l’altitude. Ici le milieu plutôt sec semble être l’élément déterminant.  Seuls les Machaons et les Flambés, plutôt nombreux, semblent avoir une taille à peu près normale. Mon assiduité à photographier la faune me distrait au point d’en oublier que j’ai un itinéraire à suivre et voilà comment sur un simple aller retour, je fais un kilomètre de mieux ! Je reviens sur mes pas sans trop ronchonner car cet égarement m’a permis de photographier une remuante fauvette et un joli serin. Dans la garrigue, quelques rares pins, parsemés de-ci delà, sont les prémices des pinèdes de pins d’Alep qui ne tardent pas à arriver. Elles se succèdent au fil des premières vrais déclivités, déclivités qui prennent la forme de petites montagnes russes, le terme de « montagne » étant ici très exagéré, le mot « butte » étant plus approprié. Ces collines boisées sont le siège d’innombrables « cicadidés », c’est-à-dire des cigales, toujours très difficiles à photographier. Il faut une bonne vue pour arriver à les repérer sur les arbres où leur immobilité et leur mimétisme sont d’excellents camouflages, et puis surtout dès que l’on approche, elles s’arrêtent de chanter, démultipliant ainsi  la difficulté. Une fois de plus, il me faudra beaucoup de chance et surtout patienter avant de réussir une seule photo d’une unique cigale, et encore parce qu’une d’entre-elles a bien voulu s’envoler et se poser à quelques mètres de moi. Pourtant quel que soit le biotope le tintamarre qu’elles engendrent est extrême et il n’est entrecoupé que par les « tut tut tut » du petit train rouge que l’on entend de temps à autre dans le lointain désormais A l’approche du col de Lenti, la végétation change encore. Si les pins ne disparaissent pas totalement, c’est un maquis méditerranéen qui les supplante avec de nombreux arbustes. Chênes verts, arbousiers, cistes, bruyères arborescentes, filaires et redouls en constituent l’essentiel. Dans ces petits sous-bois, de larges fenêtres s’ouvrent de temps en temps sur d’abruptes collines de calcaire. Ces collines sont bien connues des passionnés de la varappe qui trouvent là des terrains de jeux d’une remarquable dimension, même si dans les Gorges de Galamus et à cause des chutes de pierres, cette activité est interdite car incompatible avec le canyoning  Dans ce décor karstique, la rivière Agly a creusé une belle échancrure dont les deux grosses bosses latérales ressemblent au dos d’un chameau géant : les Gorges de Galamus. C’est vers là-bas que je dois aller. Au col de Lenti (382 m), les panneaux directionnels et les intersections se succèdent sur quelques mètres et j’avoue que pendant un court instant, j’en suis à me demander quelle direction prendre vers la droite ? Pourtant, je suis passé ici en 2011 lors d’un mémorable Tour du Pays Fenouillèdes avec mon fils mais nous venions de Caudiès et allions à Saint-Paul. C’était simple car bien indiqué. J’en emprunte un petit tronçon, juste pour le plaisir de m’élever et de profiter ainsi de quelques panoramas. Reste à trouver le chemin de la Tirounère ? Mon GPS vient m’aider et finalement c’est bien le premier sentier descendant vers la droite qu’il me faut emprunter, même si un panneau mentionne et avertit du détournement consécutif à la destruction de la passerelle de La Tirounère. Après un étroit sentier tout en descente, un large chemin prend le relais. Une nouvelle fois, non loin du lieu-dit Borde del Rey, mon passage engendre les aboiements de quelques chiens que je pense séquestrés dans un chenil. En réalité, je me retrouve avec 4 chiens hurlant derrière moi, babines retroussées et crocs pointus bien visibles et de ce fait, peu engageants. Je cache mon bâton de marche dans mon dos, leur fais face mais n’en mène pas large. Finalement, ils doivent constater que je ne suis pas un sanglier, ils arrêtent très vite leurs hurlements et sur les quatre, trois repartent immédiatement dans le chenil. Le quatrième, un joli chien noir aux oreilles semi-tombantes reste tout seul puis pas du tout agressif et peu farouche semble vouloir me suivre. Alors que j’avance une main pour le caresser, il détale et disparaît. Ouf ! Je respire. Un semblant de silence revient car ici les cigales paraissent moins présentes. La route bitumée descendant vers la Tirounère se présente et dès lors je sais que mon objectif n’est plus très loin. Quelques centaines de mètres et il apparaît. De prime abord sous les traits d’une barrière avec la mention « propriété privée – défense d’entrer », barrière facile à franchir derrière laquelle se poursuit une grande allée bordée de vieux cèdres. Que faire ? Deux voitures sont garées à proximité de l’entrée. Sur ma droite et en contrebas, j’entends déjà le murmure de la rivière mais j’entends également des voix qui montent jusqu’à moi. Je ne vois pas d’autre issue alors je passe outre l’interdiction. Le lieu-dit La Tirounère est là comme l’indique un panneau de randonnée directionnel. Une longue bâtisse affiche une enseigne « Oxygen Aventure ». Un couple et 2 enfants sont assis autour d’une table de pique-nique mais sont sur le point de partir. Ils partiront peu après. Je me retrouve seul même si en aval j’entends encore quelques voix. Je visite en détail cette berge-là puis me décide à traverser la rivière sur une gravière. Au milieu de la rivière, j’ai de l’eau à hauteur du genou et la profondeur est donc d’environ 50 cm. Sur les galets moussus, ma seule crainte est de glisser avec mon appareil-photo, alors je m’aide de mon bâton de marche. Finalement, or mis cette appréhension, la traversée est simple et sans véritable risque, or mis celui de se retrouver le cul dans l’eau. Qu’en est-il en hiver ? Je ne sais pas. De toute manière, venir ici en hiver ne présente aucun intérêt. Je ne peux donc que vous le déconseiller. Je passe presque 2 heures sur cette rive, pique-niquant, visitant les lieux dans le moindre détail, me baignant à plusieurs reprises, me reposant et profitant de la fraîcheur ambiante et m’évertuant à photographier une faune variée. Elle est bien présente avec des insectes aquatiques, des libellules, des papillons, des lézards et quelques oiseaux dont les plus visibles sont des Bergeronnettes des ruisseaux et des Merles. Mais j’aperçois aussi des Bergeronnettes grises, des pinsons et une fauvette. Concernant le lieu lui-même, nul besoin d’être un spécialiste du captage de l’eau pour comprendre qu’il a été amplement aménagé pour ce faire. Un bac bétonné est suivi d’un seuil formé d’une petite chicane, le tout permettant de casser les éventuels débits trop importants de la rivière. La chicane forme une jolie petite cascade. L’ensemble est bien agencé avec des pare-fous, des échelles et un canal d’irrigation qui file parallèle à la rivière. La roche a été creusée et forme ainsi de petits tunnels où l’eau et les hommes peuvent circuler. C’est d’ailleurs par-là que je quitte les lieux, filant vers le lieu-dit Borde-Massé mais surtout préférant cette ligne droite rejoignant un large chemin plutôt que le sentier balisé des G.R qui se poursuit vers les hauteurs. Là aussi, j’enfreins quelques interdictions mais les endroits sont déserts, les champs en jachère et les quelques bâtis le plus souvent en ruines. Je retrouve le balisage du Tour du Fenouillèdes un peu plus loin et comme ce chemin est quasiment unique car parallèle à l’Agly, son cheminement est très simple. Dans ce cheminement m’amenant vers Saint-Paul, seuls quelques nouveaux oiseaux et de rares fleurs que je veux photographier s’allient à mon désir de prolonger au maximum cette belle journée. Saint-Paul est là, avec sa gare et son pittoresque petit train rouge filant vers d'autres bourgades. C’est sur cette jolie image de voyage que se termine mon propre voyage.  Quand je me le remémore, j’ai comme le sentiment d’avoir feuilleté un joli livre de sciences naturelles que j’ai beaucoup aimé. Cette balade a été longue de 9,300 km (égarements volontaires ou pas) pour des montées cumulées de 314 m et un dénivelé de 127m. Saint-Paul de Fenouillet à 255 m d’altitude est le point le plus bas et le col de Lenti (382 m) le plus haut. Carte IGN 2348 ET Prades - Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

    (*) Toponymie du nom "Tirounère" : Faut-il que je l'avoue, je n'ai rien trouvé sur Internet expliquant le nom "Tirounère", mais finissant par "ère", on peut seulement imaginer qu'il ait été mis au féminin. J'ai donc chercher avec "tiroun" et là,  j'ai constaté que ce nom apparaissait régulièrement dans la toponymie pyrénéenne et provençale. C'est ainsi que dans les Pyrénées, nous trouvons un "Tiroun de la Croux", un "Tiroun des Sorcières", un "Tiroun dès Oueilles", un "Tiroun Gran", un "Cap des Tirouns", une "Cabane du Tiroun, un lieu-dit "Tiroun" à Loubens en Ariège et des "Tirouns" parcelles cadastrales dans la commune de Bourréac dans les Hautes-Pyrénées. Si ces trouvailles ne m'ont guère plus avancé, Louis Saudinos dans son ouvrage "La toponymie du canton de Bagnères-de-Luchon" nous apprend qu'un "tiroun" peut-être tout à la fois un "mamelon rocheux", un "dôme", une "émergence ronde" mais aussi "un lac sert de bornage aux communes de Cirès, de Cathervielle et de Caubous". Ce lac est-il situé au sommet d'une "émergence ronde" ? Il ne le dit pas mais on peut le supposer, ce qui permettrait de confirmer qu'un "tiroun" est un "éminence ronde" en Pyrénées et qu'il est donc plus simplement une variante des mots "turon", "turrou ou "tyron" que l'on trouve de nos jours dans le lexique pyrénéen pour un sommet arrondi.

    En continuant mes recherches en Provence, j'ai appris que le mot "tiroun" au même titre que le mot "félibre" restaient des mystères. C'est ainsi qu'en lisant un article d'Alfred Jeanroy dans une revue "Romania" de 1894, on peut y lire ceci, extrait d'un texte qui s'intitule "MÉLANGES" : « Que de tres jour, tres niue, iéu noun vous retrouvère, Que. dins lou tèmple erias Que vous disputavias Emé li tiroun de la léi, Emé li sèt felibre de la lèi.»  Il rajoute « Le mot félibre, aussi inconnu du reste que le mot tiroun, ayant évidemment dans ce morceau le sens de « docteur de la loi » , fut acclamé par les sept convives, et l'Armana prouvençau, organe de la nouvelle école, proposé et fondé dans la même séance, l'Armana prouvençau per lou bèl an de Dieu 1855, adoubea e publica de la man di felibre, annonça à la Provence, au Midi et au monde que les rénovateurs de la littérature provençale s'intitulaient « félibres ». Alfred Jeanroy poursuit en disant qu'il pense que le mot "félibre" descend de l'espagnol "féligrés" signifiant "paroissien", "client de l'église" et en un mot un "fidèle". Toujours dans cette suite d'idée et pour le mot "tiroun", il émet "L'hypothèse d'une origine espagnole......" 

    Nous sommes loin bien sûr du "sommet arrondi pyrénéen" mais l'avantage d'avoir pris ce « chemin provençal » est qu'il m'a amené vers le très fameux "Félibrige" et à leur trésor cher aux Sept Primadié. Dans ce remarquable trésor, dictionnaire Provençal-Français, et pour faire bref, on y apprend qu'un "tiroun" c'est à la fois un "canard", "un fusil" ou "une corde", cette dernière explication ayant pour origine le verbe "tirer" en français et "tirar" en occitan, définitions que l'on retrouve dans l'occitan "tiron" et à laquelle on peut y rajouter "une lentille d'eau" que l'on appelle aussi "tirounado" en provençal. 

    Alors pour la "Tirounère", nous avons le choix ? "Un sommet arrondi ?". Il y en a bien un juste au dessus de la source, piton rocheux magnifique par ailleurs. Un canard ou plutôt une cane ou canette ? Pourquoi pas, ce n'est pas l'eau qui manque ! Une corde avec laquelle on tirait de l'eau de sa source ? C'est une idée ! Une lentille d'eau ? Voilà une explication qui a le mérite de correspondre à ce que l'on voit de nos jours ? Un endroit où les plantes aquatiques ne manquent pas !

    Enfin il y a des noms qui ne laissent pas indifférents et c'est le cas des mots basques "Ithuri", "iturri", "uthurri" signifiant fontaine ou source, "turusta" pour cascade. 

    Enfin, si quelqu'un connaît la solution, je suis preneur. Merci.

    (**) Toponymie du nom "Paychère" : Si le nom "tirounère" garde ses mystères, le nom "paychère" est plus facile à expliquer. D'ailleurs, j'ai trouvé l'explication peu loin de Saint-Paul de Fenouillet car dans un excellent site consacré à  Prats-de-Sournia et aux Fenouillèdes. Voici le lien. On peut y lire ceci  dans un article consacré aux Toponymes du Fenouillèdes : "Paissièra : ( Paychère, Paychèro ). Ce n’est pas un toponyme à proprement parler mais à Prats ce sont les veines nourricières du territoire. A lui seul le Rèc de la Farda en a compté 13. Ce terme désigne la prise d’eau et en Fenouillèdes avec la rigole d’amenée au champ, jardin ou pré. Considérant l’étendue de ce réseau, elles devaient avoir un nom pour les différencier." Cette thèse est d'ailleurs confirmée dans le remarquable site "Etymologie-Occitane.fr" où on peut lire qu'une Passièra est un « barrage de rivière, digue; chaussée d’un moulin; écluse, réservoir à poissons; .......Pansieire à Valleraugue (Gard) est  attesté en 2013 par mon petit-fils Aymerik, originaire du village.» Je vous laisse le soin d'aller sur le lien pour visionner la photo de cette "paychère" de Valleraugue dans le Gard. On y apprend qu'au 12eme siècle, elle était constitué d'échalas de bois lesquels mis les uns contre les autres formaient un barrage.


    2 commentaires
  • Si le titre de ce récit peut laisser penser à une recette de cuisine voire à un menu, croyez-moi il n’en est rien. C’est plus simplement une histoire vraie.

    Il y a quelques jours et alors que je me trouvais à Urbanya, j’ai vécu une drôle d’expérience. Non, je ne sais pas si le mot « expérience » est approprié, mais en tous cas l’adjectif « drôle » ne l’est pas, car c’est plutôt un drame qui s’est passé. Oui, à bien y réfléchir, la locution une « épreuve dramatique » est plus adaptée, bien que cette histoire vraie se termine avec une « expérience incroyable ». Voilà le détail de cette épreuve que certains qualifierons sans doute de sensibilité mal placée, d’émotivité exagérée et de mysticité chimérique, mais on ne se refait pas et dans ce cas précis comme il s’agit d’êtres vivants, je n’ai pas vraiment envie de changer, quand au surnaturel, j'en suis le plus souvent le premier soupçonneux.

    Comme je le fais chaque année à cette époque, quand je suis en villégiature à Urbanya, je pars dans la montagne pour cueillir des mûres car Dany adore faire des confitures, et celle à la mûre est une de ses préférées. C’est ainsi qu’avec un seau dans une main et un bâton muni d’un crochet dans l’autre, je démarre puis m’élève sur le chemin qui se trouve juste derrière ma petite maison. Tout au long de ce chemin, les ronciers étant très nombreux, je n’ai que l’embarras du choix au niveau de la cueillette que je dois effectuer.  Le bâton avec le crochet me sert pour attraper les grappes de mûres souvent inaccessibles. Les mûres les plus hautes étant souvent les plus grosses et les plus juteuses car elles ont bénéficié de plus d’ensoleillement.
    Cris de veaux et Dame blanche.Comme il y a plusieurs espèces de ronces ou de mûriers (*), d’emblée je file vers les buissons que je connais bien et où je sais que je vais trouver les mûres en question. Mon itinéraire s’élève tranquillement vers la ferme de Philippe. Philippe, c’est le vacher du village ou plutôt c’était.  Plus loin, vous comprendrez pourquoi j’emploie le passé. Il possède un troupeau de vaches, vaches qui sont essentiellement destinées à la production de veaux. Quand il s’agit d’êtres vivants, je déteste le mot « production », mais c’est bien ainsi que l’on nomme cette activité agricole dont le but final est de « produire » la fameuse « Rosée des Pyrénées », ce nom étant celui donné au traditionnel veau du terroir catalan. Voilà plus de 2 heures que j’ai démarré et mon seau de mûres étant presque plein avant même d’arriver à la ferme, j’hésite à poursuivre, puis finalement je me ravise car je sais que là-haut les ronciers sont encore plus productifs. Je me dis « tu termineras de remplir le seau là-haut ! ». Je suis à une trentaine de mètres de la ferme et alors que je m’y dirige, j’entends soudain de gros « remue-ménages » et les premiers meuglements. Les « remue-ménages » sont de puissants bruits métalliques et surtout les crissements de gros pneus sur la piste terreuse qui finit sa course à la ferme, piste se trouvant juste au dessus de moi. Je comprends immédiatement que de gros camions sont entrain d’arriver et qu’ils viennent chercher les veaux que l’on est entrain de séparer de leurs mères. Bien que les meuglements des veaux et ceux des vaches soient bien différents dans leur tonalité et leur puissance, je comprends immédiatement les drames qui sont entrain de se nouer. Je m’approche, vois trois vaches esseulées dans un petit enclos mais en réalité comme les événements ont lieu de l’autre côté de la ferme je ne vois rien de tout le reste. J’entends des voix, celle de Philippe notamment et une féminine, mais sans en comprendre les paroles, et de ce fait, comme je ne veux pas jouer ni les curieux et encore moins les voyeurs, je ne bouge pas et reste où je suis. Si je ne vois rien, j’entends tout de ce vacarme ambiant et pour moi c’est presque pire car mon imagination se met en branle.
    Cris de veaux et Dame blanche.J’imagine tous ces veaux que l’on enlève si soudainement  à leurs mères. Je les imagine comme des enfants qui pleurent. J’imagine tous ces veaux comme des enfants que j‘ai vu de mes propres yeux galoper dans la montagne et qui désormais se retrouvent claquemurer dans des rampes métalliques bruyantes puis enfermer dans des cages également métalliques. Quel stress ça doit être de passer de la plus totale liberté à ces prisons attentatoires si inattendues et si  assourdissantes ? Pour moi aucun doute, il est clair que les mères répondent aux cris des veaux et inversement. Au fur et à mesure que l’on fait monter des veaux dans le camion, les meuglements redoublent tant dans leurs nombres que dans leur intensité. Il y a ceux plus aigus des veaux et ceux plus graves de leurs mères. Je ne vois toujours rien mais je vis tous ces mugissements comme des appels de détresse. Si j’imagine ce qui se passe, les cris, eux, sont bien réels. Désormais, c’est un véritable concert qui déchire le silence de la montagne. Un camion quitte la ferme mais un autre arrive presque aussitôt. Je continue de ramasser des mûres avec l’espoir de me changer les idées mais je n’y parviens pas. Trop c’est trop, j’ai suffisamment de mûres et je trouve préférable de quitter les lieux. Bien que je m’éloigne de la ferme, je n’arrive pas  à m’enlever tous ces sons de la tête. Ils sont là comme éphémères mais comme le suivant vient aussitôt remplacer le précédent, ç’est sans fin. Je vis cette descente vers chez moi comme une descente aux enfers pour tous ces animaux et pour mes oreilles c’est devenu une agression intolérable. 

    Cris de veaux et Dame blanche.

    En écoutant le fracas du camion qui descend la piste forestière, je me dis que tous ces veaux vivent à la fois leur premier et dernier voyage. Ils sont nés ici à Urbanya et vont probablement mourir aux abattoirs de Perpignan ou d’ailleurs. Je ne peux m’empêcher de me dire qu’ils sont entrain de vivre leurs derniers instants d’une vie qui a été très courte. Trop courte. 6 à 8 mois dans le meilleur des cas ! Mon dieu que c’est triste ! Quand j’arrive à la maison, si les meuglements sont plus lointains, ils résonnent encore et toujours. Ils vont résonner encore longtemps, même si ceux des veaux ont disparu plus précocement. A 20 heures, le silence est revenu. Je me suis couché puis endormi en pensant à ce drame dont j’avais été l’auditeur malgré moi. Je me souviens qu’avant de m’endormir quelques questions m’ont interpellé ;  « tu ne manges que rarement du veau mais si demain on venait à t’en proposer, quelle attitude aurais-tu ? » « Si un jour tu es invité et que l’on te propose un ris de veau, si savoureux selon les connaisseurs, que feras-tu ? ». J’ai toujours été un mangeur de viandes mais dans ce cas précis mon inclinaison à refuser du veau semble prendre le pas. Je me suis mis à penser à toutes ces personnes qui sont végétariennes, à tous ces végans qui ne veulent plus manger de la viande. A ma fille qui est devenu végane depuis quelques années. Je les comprenais mieux qu’avant. Oui, il y avait fort à parier qu’en me proposant un ris de veau, les cris de ces veaux ne resurgissent. Si vous souhaitez entre le brouhaha et le cri d'un veau, voilà 12 s suffisamment parlantes !

    Le lendemain, tout à fait par hasard, j’ai dans le village rencontré un homme qui cherchait la ferme à Philippe. Il conduisait un 4x4 tractant un van pour chevaux et il cherchait le chemin pour s’y rendre. Lui indiquant l’itinéraire, nous entamèrent une courte conversation. Evoquant mon expérience de la vieille, il m’apprit que Philippe avait effectivement vendu tout son troupeau, veaux mais vaches également. Bien que connaissant les intentions de vente de Philippe depuis quelques temps déjà, cette information m’attrista. Elle m’attristait car en 10 années de présence à Urbanya, j’avais toujours été habitué à voir tous ces bovins dans la montagne au cours de mes très nombreuses randonnées. Ils faisaient partie du décor et je me disais « tu ne les verras plus jamais ! »  Dans l’après-midi, je ne pus m’empêcher de retourner à la ferme, non pas pour vérifier la véracité des propos de cet homme, mais pour voir si le silence était revenu dans la montagne. Il était revenu. Il était total mais les pleurs des veaux et de leurs mères étaient toujours là, comme gravés dans ma tête. Comme des cris d’enfants appelant leurs mères désespérément.
    Cris de veaux et Dame blanche.Surplombant la ferme, je me demandais ce que serait son avenir ? L’acheteur de Philippe élèvera-t-il d’autres vaches et leurs veaux l’année prochaine ? Des chevaux ? Mes pensées se bousculaient entre l’envie de revoir des veaux courir dans la montagne et celle de ne plus jamais assister à un tel drame. Ayant mon appareil-photo avec moi, je me mis à photographier quelques oiseaux qui sont en général toujours très nombreux autour de la ferme.  Puis pris par cette passion de la photo ornithologique et bien qu'il y ait d'autres itinéraires, je fis le choix de redescendre vers ma maison par le chemin habituel que j’avais emprunté la veille au cours de ma cueillette. Tout en descendant, l’œil aux aguets des oiseaux, je me faisais la réflexion que cette passion était une bonne formule pour ne plus penser à ce drame vécu hier. Arrivant près d’une clôture que je connais bien, quelle ne fut pas ma surprise d’apercevoir une haute forme blanche à une vingtaine de mètres de moi. Connaissant bien les lieux, je n’arrivais pas à distinguer ce que c’était, car un rayon du soleil traversant les arbres brouillait ma vue.  Malgré le rayon, je vis que cette forme bougeait très légèrement. Très clairement, il s’agissait d’une femme toute vêtue de blanc de la tête aux pieds qui levait les bras vers le ciel puis elle les rabaissait. Elle me tournait le dos et je ne voyais donc pas son visage.

    Cris de veaux et Dame blanche.

    C’était bien la toute première fois que je voyais une femme à cet endroit-là. D’ailleurs, à bien y réfléchir et même au temps où ce chemin était correctement débroussaillé ; ce qui n’était plus le cas depuis 2 ou 3 ans ; les seuls êtres vivants que j’avais pu voir étaient des animaux. Des vaches et des veaux le plus souvent et plus rarement des chevreuils ou des sangliers. Elle avait une chevelure blanche qui couvrait son cou et une toute petite partie de son dos. Des cheveux raides avec une coupe carrée.  Sa longue robe était toute blanche également et de là où je me trouvais, elle semblait couvrir ses pieds. La robe paraissait légère comme un grand voile.  Malgré ma surprise, j’ai continué mon chemin car cette dame continuait de me tourner le dos et je me suis dit qu’il s’agissait probablement d’une cueilleuse. Puis ayant parcouru une dizaine de mètres, je me suis ravisé, car à bien y réfléchir, je savais qu’à cet endroit-là il n’y avait rien à cueillir et puis surtout je savais que la végétation était faite essentiellement de rosiers sauvages, de prunelliers très piquants et de genêts touffus pratiquement infranchissables. Pour les cynorrhodons et les prunelles, seules possibilités de cueillette à cet endroit-là, c’était trop tôt car les fruits n’étaient pas encore mûrs.

    Cris de veaux et Dame blanche.

    Je trouvais donc très bizarre la présence de cette dame blanche en robe longue dans un endroit aussi hostile. J’y passais souvent et m’y accrochais constamment les vêtements. Sans pour autant rebrousser chemin, mais ayant une vue du chemin mais d'en dessous, je tentais de ré-apercevoir la femme. Mais c'était en vain. Je ne la voyais plus. J’avais beau me contorsionner, je ne voyais rien et la femme en blanc semblait s’être volatilisée. Bien trop terre à terre et rationnel pour imaginer une vision surnaturelle, j’en parlais néanmoins à Dany en arrivant à la maison. Lui expliquant en détail ma vision, elle était convaincue que j’avais vu la Dame Blanche, cette fameuse légende dont je ne serais pas le premier, loin s’en faut,  à être confronté, et notamment dans nos belles Pyrénées. Si j'avais vaguement entendu parler de cette légende, j'étais bien trop cartésien pour croire à ces sornettes. Sur Internet, je me suis mis à lire tout ce que je trouvais sur cette Dame Blanche. Les témoignages étaient tels et si nombreux qu’ils finirent par me mettre le doute. Ainsi dans Wikipédia, j’ai pu lire ceci : « Pour le savant jésuite Martín Antonio Delrío : « Il y a une sorte de spectres peu dangereux qui apparaissent en femmes toutes blanches dans les bois et dans les prairies ; parfois on les voit dans les écuries, tenant des chandelles allumées dont elles laissent tomber des gouttes sur le toupet et les crins des chevaux, qu’elles peignent et qu’elle tressent ensuite fort proprement ». 

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Dame_blanche_(l%C3%A9gende)

    Alors après cette lecture, je me suis mis à penser : « Et si cette Dame Blanche était la réincarnation de tous ces animaux que l’on avait sans doute abattus ce matin aux abattoirs de Perpignan ? »  Oui, en 2 jours, j’avais vécu un drame et une « drôle » d’expérience. Les deux événements étaient-ils liés ? Je ne le saurais sans doute jamais ! En tous cas, il est fort probable que je ne mange jamais plus du veau. Pour la Dame Blanche, c’est moins sûr, j’adore les glaces !

     

    (*) Mûriers et ronciers : De très nombreuses personnes pensent qu'ils cueillent des mûres alors qu'en réalité, ils cueillent les fruits de ronciers sauvages : les Mûrons. Les deux plantes, Ronciers (Rubus) et Mûriers (Morus) n'appartiennent pas à la  même famille puisque les premiers sont des Rosacées (Rosaceae) ; au même titre que les Roses ; et que les seconds sont des Moracées (Moraceae). De plus, le Mûrier est un arbuste voire parfois carrément un arbre pouvant atteindre 30 m de haut ((Mûrier blanc <Morus alba>), alors que les ronciers ou Ronces sont des plantes ligneuses munies de piquants. Alors bien sûr la confusion vient du fait que les ronces sont très souvent appelées Mûriers sauvages ou des haies et que leurs fruits, très ressemblants, sont appelés également "mûres" ou "mûrons". La recherche végétale a fait des progrès et on trouve désormais dans les jardineries, des "ronciers" sans piquants, à très gros fruits et bien plus sucrés que les sauvages et qui sont vendus sous le nom de "mûriers". Tout cela entretient la confusion. A Urbanya, c'est donc les fruits de divers ronciers que l'on va trouver. Il y a la Ronce commune (Rubus fruticosus), la Ronce bleue ou bleuâtre (Rubus caesius), la Ronce tomenteuse ou blanchâtre (Rubus canescens), la Ronce des rochers (Rubus saxatilis) mais aussi la Ronce à feuilles d'orme (Rubus ulmifolius). Si par habitude, on constate que leurs fruits sont bien différents, c'est surtout quand ils sont en fleurs que l'on peut les distinguer. Ajoutons-y le Framboisier sauvage ou Ronce du Mont Ida (Rubus idaeus), mais qu'ici on ne trouve que plus rarement et dans des altitudes un peu plus élevées. Le goût des framboises est d'ailleurs très différent de celui des mûrons. Voilà pour les principales espèces sachant qu'il en existerait plus de 1.000.  D'ailleurs, il suffit d'aller sur le site Wikiwand.com et sur le lien consacré aux Rubus pour constater cette incroyable quantité de ronces existantes. De quoi faire de succulentes confitures et « de s'en mettre plein les babines ». Voici le lien : https://www.wikiwand.com/fr/Rubus


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     Ce diaporama est agrémenté avec des musiques d'Ennio Morricone extraites de la compilation "Love Stories". Elles ont pour titre : "La Califfa", "Tema d'Amore", "Il Colore Dei Suoi Occhi" et "I Remember You-Killer Tracks".

    Le Pic de la Serra (1.208 m) depuis Urbanya (856 m)

    Le Pic de la Serra (1.208 m) depuis Urbanya (856 m) 

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    Située dans le creux d’une vallée du Haut-Conflent, la petite commune d’Urbanya a pour les randonneurs un gros défaut. Ce défaut est, qu’au départ du village, aucun sentier, aucun chemin ne descend jamais. La seule voie qui descend, et encore, c’est la route bitumée D.26b. Si vous l’empruntez, elle vous mènera vers Bettlans, Conat puis Ria et Prades. Sinon au départ d’Urbanya et où que vous vouliez aller randonner, ça commence toujours par monter. Alors bien sûr, monter signifie que l’on va être confronté à divers échelons possibles, à diverses altitudes réalisables et selon les capacités physiques et sportives de chacun. Ici, tout autour du village, et pour effectuer une balade sur une seule journée, cette échelle des valeurs est vaste par le fait même que le village est situé à 856 m d’altitude et que le sommet le plus élevé atteignable en une longue journée est le Madres pointant son pic à 2.469 m. Par ce fait même, les objectifs sont innombrables et en choisir un ne pose donc aucun problème, or mis bien sûr si « monter » et « marcher » en sont pour vous.  C’est ainsi que pour la reprise d’après confinement de Dany, j’avais choisi le « Pic de la Serra » situé à l’altitude de 1.208 m. Ce sommet est un très modeste mamelon situé sur le flanc sud-est du Pic Lloset (1.371m). Avec ce dernier, le pic de la Moscatosa (1.457m) et le roc de Peirafita (1.535m), ils composent tous les quatre la crête frontière entre les communes d’Urbanya et de Nohèdes. Ce pic de la Serra est d’ailleurs si modeste, qu’il faut un certain recul pour constater qu’il est un véritable pic. Ce recul, on peut par exemple l’avoir au col de Marsac, ce  col constituant un jalon de cette balade. Pourtant, s’il est modeste, plusieurs raisons m’ont encouragé dans ce choix : des montées essentiellement par des pistes forestières, agréablement herbeuses assez souvent, l’assurance de traverser des décors variés (ubac avec une forêt de feuillus puis de résineux puis soulane avec des landes de genêts, puis sous-bois d’épicéas) garantie de pourvoir observer de beaux et amples panoramas, le gage d’une flore printanière encore bien épanouie et l’espoir d’apercevoir une faune que je soupçonne bien présente car plutôt très tranquille depuis quelques mois. Il est 13h quand nous démarrons. Dès le démarrage, cette faune se présente sous les traits de 2 couleuvres à échelons entrain de s’accoupler au pied de la maison de Moïra et Alan, nos voisins « so british » mais « so nice ». Nous observons les reptiles dans leurs ébats amoureux, ébats consistant à se tortiller en se frétillant mais vous dire laquelle est la femelle et lequel est le mâle, là j’avoue que c’est coton. Normal ! Rien ne ressemble plus à un serpent qu’un autre serpent ! On peut imaginer que le mâle est dessus comme souvent en pareil cas dans le monde animal, mais ici comment savoir qui est dessus et l’autre dessous dans ces étreintes torsadées permanentes ? Et vas-y que je m’enlace ! Et vas-y que je m’enroule ! Se trémousser devant nous n’a pas l’air de les gêner sauf lorsque du bout de mon bâton de marche, j’en titille un des deux. Là, celui que je viens de picoter ne semble pas d’accord mais redouble simplement sa trémulation. Finalement, trop de picotements c’est trop et il quitte sa moitié et part se réfugier dans le gros orifice d’un mur de pierres. Le second, sans doute surpris, de cette dérobade soudaine, ne bouge pas sur l’instant. Puis, constatant probablement qu’il lui manque quelque chose quelque part, il grimpe au mur et s’immobilise. L’instinct le pousse-t-il à se cacher ou bien a-t-il deviné que sa moitié était dans ce trou qui est si près de lui ? Il s’y précipite. Les deux couleuvres ayant disparu, il est temps de démarrer cette balade. Souhaitons aux deux partenaires qu’ils continuent leur batifolage et que de très nombreuses petites couleuvres à échelons naîtront de cette union. Elles sont si inoffensives pour l’homme malgré leur taille souvent impressionnante car pouvant atteindre 1,50 m voire parfois un peu plus. Malheureusement leur taille et la méconnaissance que l’on a de ces reptiles leur sont trop souvent fatales et il faut le regretter. Le chemin vers la ferme à Philippe s’élève constamment au milieu des genêts et comme Dany n’avance pas très vite, j’en profite pour tenter de photographier quelques oiseaux et une petite faune entomologique bien présente. Jolis papillons en composent l’essentiel même si je pourrais également photographier de très nombreux criquets. Je fais l’impasse de ces derniers car je perdrais trop de temps. La ferme est là et nous la traversons sous les aboiements rageurs mais peu belliqueux de deux chiens qui font leur travail de garde. Aucune vache aujourd’hui ce qui signifie qu’elles seront peut-être plus haut dans la montagne car ici c’est la liberté qui prime, pour nous bien sûr, mais y compris pour les bovins. Un peu de liberté avant l’abattoir, voilà la vie promise aux jeunes veaux des Pyrénées catalanes. Une vie pas longtemps très rose,  6 à 8 mois, pour une indication géographique protégée auxquels les professionnels ont donné le nom plutôt paradoxal de Rosée des Pyrénées. Après la ferme, la piste terreuse continue en zigzaguant. Elle commence à nous offrir des vues à presque 360 degrés. Village, forêts environnantes, Canigou, Pic Lloset ou del Torn, les beaux panoramas se succèdent. C’est ainsi que sur l’autre versant de la vallée, Dany avec sa vue infaillible aperçoit un gros sanglier dans un pré au-dessus du village. Quelques photos de l’animal et nous repartons. Une fois visionnées, les photos pas toujours très nettes à cause de l’éloignement, nous constaterons qu’il s’agit d’une laie accompagnée d’au moins deux tout petits marcassins. Cette femelle sanglier, depuis une grosse semaine, nous avons pris l’habitude de l’observer depuis notre maison, toujours au même horaire, entre 12 et 14 h. Le nez toujours enfoui dans les hautes herbes, elle a fait de ce grand pré son garde-manger. A hauteur du lieu-dit La Travessa, nous quittons la piste terreuse au profit d’un large chemin très herbeux et bien plus agréable à cheminer. Ici, on retrouve et on continue l’itinéraire déjà parcouru lors du Circuit de la Mata. C’est une portion de l’ancien Tour du Coronat.  Dans ce secteur, les petits oiseaux de la forêt sont plus présents. La période des amours n’est pas étrangère à cette présence. Pas facile néanmoins d’en immortaliser correctement. Si les criquets ont quasiment disparu, les papillons continuent à être présents mais ils sont souvent différents de ceux aperçus à un étage montagnard inférieur. Cette différence d’étage, on la constate à ce panachage permanent des différentes essences. A ce niveau,  les feuillus et les résineux se partagent encore  l’espace mais peu à peu les seconds ont tendance à s’approprier toutes les hauteurs. La piste forestière que l’on distingue parfois au sein de la Matte est très souvent la ligne de partage entre feuillus et conifères. A la côté 1181, il fut un temps où un panonceau directionnel indiqué plusieurs boucles dont celle vers le pic de la Serra. Il semble avoir disparu corps et biens, car malgré mes recherches, je ne l’ai plus retrouvé. A qui profites-ce « crime » ?  Ici, alors que nous stoppons au sommet d’une petite éminence rocheuse pour un peu de repos et la prise d’un en-cas, quelle n’est pas notre surprise d’apercevoir un chevreuil en contrebas. Il broute paisiblement et apparemment, il ne nous a pas vu ni entendu, occasion inespérée pour quelques belles photos de l’animal. Malheureusement sa perspicacité à deviner que nous sommes là est plus grande que notre faculté à rester invisible et silencieux. Il regarde vers nous fixement puis ayant compris qu’un prédateur était probablement là, il détale dans la sapinière. Les photos sont bien enregistrées et le cervidé malgré ses phobies de l’Homme aura son heure de gloire sur mon blog. Toujours aussi verdoyant, le chemin à suivre compose un angle droit et s’élève en douceur vers la crête sommitale. Sur cette crête, la forêt disparaît et le contraste est étonnant avec les décors traversés jusqu’à présent. Ici, sur le flanc du pic Lloset, les arbres sont rares et les quelques pins et arbustes plutôt chétifs. Au milieu d’une lande composée de genêts et des rosiers sauvages, le sentier descend vers le col de la Serra (1.200 m) puis juste après vers le pic éponyme. Il faut dire que sur cette crête, les écobuages ont très souvent meurtris la végétation et quelques genêts calcinés en gardent encore les stigmates. Par bonheur, le dernier écobuage paraît ancien, car les genêts sont magnifiquement fleuris, quant à l’orri situé au milieu du col, il disparait sous les ronciers alors que je l’ai connu, il y a quelques années, libéré de toute végétation. Le pic de la Serra (1.208 m), notre objectif est là. Il s’agit d’un modeste dôme sans grand intérêt particulier il faut bien le reconnaître.  Ses seuls attraits, ce sont les vues et les paysages qu’ils nous offrent. Le pic Lloset derrière nous, le Massif du Coronat sur notre droite et puis surtout ce panorama plongeant sur les vallées d’Urbanya et de Nohèdes séparées par cette longue échine qui semble disparaître au loin et comme par enchantement dans les arcanes des deux insondables ravines. Au bout et à droite, le Canigou très peu enneigé et donc un peu moins « fascinant ». Cette échine, il nous faut la descendre jusqu’au col de Marsac (1.056 m) sur un sentier pas toujours facile car peu emprunté par l’homme et donc peu débroussaillé et stabilisé. Ici, c’est plus souvent les ovins et les caprins qui sont amenés à le parcourir, alors bien sûr les « caminoles » qu’ils creusent s’agencent au gré de leurs toquades. Dany descend avec prudence et moi je mets à profit cette lenteur pour photographier les papillons très nombreux sur cette « solana ». Nouvel arrêt-goûter au col de Marsac puis nous retrouvons le sentier qui au travers d’un bois d’épicéas file vers le lieu-dit La Devesa. Dans la pénombre de ces sous-bois obscurs, l’essentiel est de ne pas perdre de vue les marques de peinture jaune et les nombreux cairns composant le balisage. L’important est de ne pas se précipiter et surtout d’avancer d’une balise à une autre car c’est la seule condition pour ne pas s’égarer dans cette « Llebreres » ou « Llabrères ». Dans ces lieux dont la toponymie nous apprend qu’ils sont « peuplés de lièvres » n’essayaient pas d’être plus rapide que ces derniers et soyez plutôt « tortues ». Quand la Devesa se présente, la piste forestière descendant vers Urbanya est déjà là. Cette magnifique balade se termine. Sur la terrasse de notre petite maison, nos deux fidèles chats Noxy et Zouzou ne sont plus là à nous attendre, disparus tous les deux à un mois d’intervalle en début d’année. Les retrouver au retour de nos balades était tellement devenu une habitude. Si nous en sommes toujours autant attristés, Flip le chat du vacher Philippe est venu prendre leur place et son immense gentillesse et ses « ronrons » compensent quelque peu ces douloureuses absences. Il en est de même pour Kiwwie, la chatte de notre fille qui dort sur notre lit mais rapplique en nous entendant arriver. Idem pour Rouquine qui vient réclamer pitance malgré son côté toujours aussi « sauvageonne ». En voilà une que nous avons réussi à piéger, à stériliser, que l’été nous continuons de nourrir mais qui est restée sauvage malgré toutes les attentions que nous lui portons au fil des jours. Oui, ici à Urbanya, la vie c’est un peu comme « une roue de la fortune » où les camemberts seraient des éléments de la Nature toujours différents.  On vit avec en permanence, en acceptant ce que le quotidien ou le hasard nous propose, ce que le familier ou le sauvage nous offre.  Un jour, nous sommes surpris par un animal, un autre jour c’est un nuage dans le ciel qui attise notre curiosité, le lendemain c’est un fabuleux clair de lune, une étoile filante, le ululement d’une chouette, le chant de détresse d’un pinson ou d’un merle en quête d’amour, le scintillement d’une luciole, le brame d’un cerf et que sais-je encore. Cette balade a été longue de 7,2 km pour des montées cumulées de 662m et un dénivelé de 365 m entre le point le plus élevé sur la crête juste avant le pic de la Serra et le village d’Urbanya à 856 m. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul de Fenouillet Top 25.


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  • Je connaissais Fred Vargas, l’auteure des polars mais je ne connaissais pas la femme engagée pour la sauvegarde de la planète. Grâce à mes amies Do et Fredo, et à leur site Internet Hist’toiles,  je viens de combler cette « énorme »  lacune. Je dis « énorme » car je m'aperçois aujourd'hui que je suis passé à côté d'autres vidéos, d'émissions TV, de bouquins et que sais-je encore !

    Dans la situation actuelle si préoccupante car anxiogène à cause de la Covid, j’ai trouvé suffisamment intéressante cette vidéo et ce texte de 2008 de Fred Vargas, que j’ai cru bon d’en faire la Une de Mon Journal Mensuel de ce mois-ci, et ce, même si plus d’un million de personnes l’a déjà visionnée. Il y en a d'autres aussi prémonitoires sinon plus. 

    Je me dis que si quelques personnes supplémentaires peuvent prendre conscience qu’il faut changer notre comportement, je n’aurais pas perdu mon temps et Fred Vargas non plus !


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    Ce diaporama est agrémenté de la musique "Arrival of The Birds" de Jason Swinscoe, bande originale du film "The Crimson Wing : Mystery Of The Flamingos" en français "Les Ailes Pourpres : Le Mystère des Flamants" interprétée ici par The Cinematic Orchestra et le London Métropolitan Orchestra.

    Le Sentier du Pi del Rei depuis Ria et autres découvertes.

    Le Sentier du Pi del Rei depuis Ria et autres découvertes. 

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    5 juin 2020, 9h. Me voici à Ria, devant l’église Saint-Vincent pour ma toute première randonnée après cette astreignante période de confinement pour cause de Covid-19. Cette balade doit m’amener sur le « Sentier du Pi del Rei », un grand pin maritime que j’aperçois déjà au sommet de la colline. En raison d’un grand et incroyable ciel bleu, il se détache remarquablement sur une crête qu’ici on appelle « En Salabert ». « Remarquable », c’est le qualificatif qu’on lui attribue le plus souvent et qui engendre chez les randonneurs l’envie d’aller à sa rencontre. Outre ce pin que je dois découvrir, j’ai prévu une jolie boucle plutôt perso qui doit m’amener à Llugols puis à Conat et retour. Pour être franc, je n’ai pas voulu reprendre les deux tracés les plus connus de ce « Pi Del Rei » car celui allant seulement à Llugols et retour est plutôt court et le second consistant à revenir par Belloc après Conat est plutôt long. S’agissant d’une reprise après presque 3 mois d’inactivité, j’ai voulu trouvé un compromis entre ces deux versions, et de d’autant que LlugolsConat et Belloc, j’y suis déjà passé l’an dernier et à diverses reprises jadis. J’ai donc donné la préférence à un retour que je ne connais pas ou si peu. Dany qui devait m’accompagner m’a fait faux bond à la toute dernière minute. Elle a pris comme prétexte qu’elle n’a pas fini certains travaux de peinture qu’elle avait commencés dans notre petite maison à Urbanya. Ce qui est vrai. En réalité, lui ayant dit que je n’avais pas de tracé G.P.S, elle a eu peur que je parte à l’aventure. J’aime autant car ma crainte est que cette randonnée soit déjà trop longue pour elle. C’est donc en solitaire que je démarre cette balade, « pin » dans la tête, et tournant le dos à un majestueux Canigou encore un peu enneigé. C’est justement la route D. 26 filant direction Urbanya qu’il me faut emprunter au départ. Un panonceau jaune, couleur du balisage que je vais devoir suivre, est là indiquant « El Pi del Rei 1,7 km et 50 mn et Llugols 2,8 km et 1h30 ». Le village est quasi désert et seule une vieille dame portant un masque blanc me rappelle au souvenir de ce fléau viral que nous subissons avec crainte depuis déjà trop longtemps. Le village est donc plutôt silencieux et seule une tourterelle qui roucoule et quelques moineaux qui piaillent rompent la douce musique d’un canal qui s’écoule au bord de la route. Ces volatiles, le pin, le village, le Canigou et de bien jolies fleurs colorant les bas-côtés de la route sont déjà venus s’enregistrer dans la mémoire de mon appareil-photo. Comme toujours, ce dernier pend à mon cou en guise de troisième œil et de deuxième cerveau. Son but ? Ne rien oublier de cette balade ! Un second panonceau est déjà là et un balisage jaune peint sur un poteau m’incite à quitter la D.26. L’itinéraire descend puis file vers un pont enjambant la rivière Callau et un très bel oratoire. Les deux édifices sont dédiés à Saint-Sébastien dont mes lectures m’ont appris qu’il protégea efficacement le village durant l'épidémie de peste noire qui avait sévi au milieu du XIVe siècle. Quelques merles noirs et des bergeronnettes des ruisseaux cherchent pitance dans le torrent. Dans les arbres qui l’encadrent, quelques mésanges se poursuivent en quête d’une rencontre. Je passe quinze bonnes minutes sur le pont à observer tout ce joli monde et à essayer de les photographier. Finalement j’y parviens tant bien que mal et je peux repartir. Le sentier commence à s’élever. Sur ma gauche et en contrebas, une dame occupée à son superbe jardin potager me fait un signe de la main. Je lui réponds de la même manière y ajoutant mon pouce en l’air pour lui montrer que j’apprécie grandement les lieux et surtout son remarquable travail de maraîchère. Force est de reconnaître que mon potager d’Urbanya n’est pas aussi bien tiré au cordeau car mes sillons sont toujours tout tordus alors que les siens sont bien droits. Je repars non sans avoir photographier de magnifiques roses blanches fleurissant en grappes. Elles sont pour moi le symbole du printemps, de la liberté retrouvée et de cette lumineuse journée ensoleillée dont je compte bien profiter. Au sein d’une géologie schisteuse et argileuse, le sentier continue de grimper mais désormais dans une végétation typiquement méditerranéenne. Fleurs des garrigues, papillons à foison et quelques lézards que je m’évertue à vouloir photographier me font oublier qu’il y a une déclivité. Pourtant, de merveilleux panoramas sont constamment là pour me rappeler que je m’élève. Ils s’entrouvrent magnifiquement au dessus de la Vallée de la Têt et de son petit affluent le Callau. En observant toutes ces beautés qui m’entourent et tout particulièrement cette végétation exceptionnellement verdoyante et foisonnante, je me remémore que l’hiver a été tout particulièrement pluvieux subissant même plusieurs jours tempétueux. La tempête Gloria est passée par là, plus violemment encore qu’ailleurs, engendrant de multiples glissements de terrains et des routes emportées. Celle d’Urbanya à Ria que j’ai pris ce matin n’a pas été épargnée, loin s’en faut. Quant au sentier que j’emprunte, s’il est encore praticable, quelques petits glissements d’argile et de pierres sont visibles de-ci delà. Pourtant, quand en contrebas, je regarde cette grandiose vallée dominée par le Massif du Coronat tout parait en place et sans dommage apparent. Tout est si calme et si reposant aujourd’hui que j’imagine mal qu’une tempête ait pu sévir voilà quelques mois. De Ria jusqu’aux sommets les plus hauts, tout semble uniforme avec un moutonnement végétal extraordinaire où seuls quelques affleurements rocheux et de rares édifices parviennent à s’extraire. Une intersection se présente. De nouveaux panonceaux indiquent Llugols à gauche à 2,1 km et à 1h10 et El Pi del Rei à droite et à 30 mn pour 1 km. Je poursuis à droite vers le pin. Le sentier continue de s’élever. Au loin, dans un creux formé par de deux collines, je suis plutôt surpris d’apercevoir le Fort Libéria visité voilà 2 ans lors d’une autre randonnée. Je continue de flâner allant parfois de surprises en surprises. Elles se présentent tout d’abord sous les traits d’un Hémidactyle verruqueux avec ses grands yeux verdâtres exorbitants et son dos empli d’excroissances telles celles que l’on voit souvent sur de gros crapauds. Le temps d’une seule photo et il a déjà disparu. Quelques mètres après, c’est un étrange chêne vert qui stoppe ma flânerie. Si je suis censé aller découvrir un « pin remarquable », j’estime que ce vieux chêne vert n’est pas très loin de mériter cette dénomination. Avec sa superbe ramure aux branches multiples et très grosses, dont certaines noueuses et parfois totalement écorcées, il a un petit air de pieuvre géante. Oui, il mérite d’autant plus ce critère de « remarquable » qu’il est sans doute très vieux et que son tronc semble s’être extrait des énormes roches fracturées qui l’entourent. Guère plus loin, ce sont des vestiges en pierres sèches qui aiguisent ma curiosité. La lecture du livre de Jean Viallet « Ria-Sirach-Urbanya » me laisse supposer que je suis au lieu-dit En Salabert, lieu rempli d’étranges légendes locales si j’en crois l’auteur. Si les murets et les vieilles terrasses agricoles n’engendrent que peu des questions, il n’en est pas de même d’un édifice tout en rondeur. Orri à la toiture effondrée, four à chaux ou puits à glace ? Si j’ai une nette préférence pour la dernière alternative car j’ai déjà vu d’autres puits à glace, je ne suis pas un spécialiste. A l’instant où je quitte ce lieu, un beau lézard vert sort de sa tanière de pierres et se laisse gentiment photographier. Quelques minutes plus tard, une nouvelle intersection indique que le Pi del Rei est là, à gauche, à 250 mètres et à 10 mn, aller et retour. Tout droit, le sentier file vers le Pla de Vallensó. Je pars bien sûr en direction du « fameux » pin. Il est là, assez majestueux il faut bien le reconnaître, surclassant de toute sa stature tous les autres végétaux du voisinage. S’il est certes majestueux , il n’est pas spécialement esthétique, et ça il le doit à son tronc unique qui devient très rapidement bicéphale et ses nombreuses branches sèches qui mériteraient d’être coupées. Son houppier est quelque peu dégarni et penché ici vers le sud-est, caractéristiques propres aux pins maritimes qui sont confrontés à de vents multiples et forts venant du nord et de l’ouest. Lui, de « maritime », il n’a que le nom car la seule mer qu’il domine est totalement végétale. Avant de venir le voir, j’ai bien essayé de tout savoir de lui mais je n’ai absolument rien trouvé à son propos et en tous cas rien quant à sa toponymie (*). On ne parle de lui qu’à propos des randonnées qui mènent à lui. De ce fait, et compte tenu de ma curiosité, je me suis posé bien des questions. Pin du roi ou roi des pins ? Dans le premier cas, de quel roi s’agirait-il ? D’un des rois d’Aragon et de Majorque, digne successeur des comtes d’Arria qui sont nés ici ? Pourquoi ne pas lui attribuer directement le nom du roi en question ? Pin roi Jacques 1er ou II par exemple. Du dernier roi qui a régné en France et sur ce secteur du Conflent, c’est-à dire Louis-Philippe 1er de 1830 à 1848. Cela lui conférerait un âge avancé de 190 ans. C’est possible, si j’en crois ce que j’ai lu à propos des plus vieux pins maritimes qui pourraient vivre 500 ans et atteindre les 40 mètres de hauteur, ce qui ne me semble pas être son cas. De rois antérieurs comme Louis XVI ou Louis XVIII dans la fameuse branche des Bourbons ? (** ). C’est possible aussi si je me fie à l’énorme respect et à la fidélité que les Rianencs ont toujours eu à l’égard de cette lignée dont une sous-branche serait originaire d’ici.(**) Toutes les hypothèses peuvent être envisagées puisque rien n’existe à son sujet. Même l’historien Jean Viallet qui a pourtant beaucoup écrit sur Ria ne dit rien de lui, et en tous cas, je n’ai rien trouvé dans son livre Ria-Sirach-Urbanya aux Editions Notes d’Histoire. J’ai orienté mes recherches sur les sites recensant les « Arbres Remarquables de France » mais là aussi, il n’apparaît nulle part. A ce jour, seulement trois pins ont reçu le label de « remarquable » mais aucun n’est maritime. N’a-t-il pas les mensurations nécessaires à un classement en « arbre remarquable » ? C’est probable car des pins maritimes comme celui-ci, je pense qu’il y en a de très nombreux. En tous cas, j’en ai déjà vu ailleurs mais dans des boisements où ils n’étaient pas aussi solitaires. Il bénéficie donc de ce privilège d’être seul et très largement le plus grand de tous au faîte de cette colline. Si à juste titre, il pourrait être qualifié de « remarquable », il le devrait sans doute à son âge mais surtout à sa « remarquable » résistance. Résistance aux diverses maladies du pin, aux insectes xylophages très nombreux, mais aussi au fait qu’il a su résister à toutes les tempêtes qui ont sévi dans notre beau département. Résister à toutes les tempêtes alors qu’il dépasse très nettement la crête de cette colline où rien ou presque ne le protège des vents d’ouest et du nord, j’estime que c’est déjà un «remarquable » exploit. En décembre 1999, la tempête Martin a abattu un pin maritime, le pin Cazau, qui était considéré comme le plus vieux d’Aquitaine. Avec une circonférence de 4,95 m, les spécialistes lui donnaient l’âge avancé de 210 ans. Souhaitons-lui de résister encore très longtemps car force est de reconnaître que les dérèglements climatiques engendrent des catastrophes de plus en plus récurrentes, qu’elles soient météorologiques ou physiologiques. Je le photographie sous toutes les coutures, sous tous les angles et dans tous ses décors, dont le plus beau reste le Canigou enneigé. Comme je le fais toujours pour les arbres remarquables que j’ai pu observer, je photographie un maximum de messages gravés sur son tronc : ici simples initiales, dates ou petits dessins le plus souvent mais d’autres gravures sont moins lisibles voire incompréhensibles car les écorces se sont desquamées puis sont tombées. Je note que ces dernières sont parfois amplement perforées de petits trous et m’en inquiète. Hylésine ? Scolyte ? Bupreste ou autres ? Les possibilités d’être dévorer de l’intérieur par des insectes xylophages et d’en périr sont si nombreuses ! J’espère que les gens de l’ONF et les élus municipaux s’en inquiètent aussi ? Je ramasse une pomme en espérant y trouver des graines pour éventuellement les replanter, mais non la pomme est vide ou presque. Une deuxième idem. Une troisième a une ou deux graines mais loin d’être matures et surtout moisies. Au sol, il n’y aucune graine non plus. Des écureuils seraient-ils passés par là ou ai-je la malchance d’avoir trouvé que des cônes mâles ? Toutes mes questions à propos de cet arbre restent sans réponse. Il est temps de repartir. Un balisage bleu qui part du pied de l’arbre vert le nord-ouest m’incite à le suivre. De fil en aiguilles, ou plutôt d’orris en orris, je m’éloigne de mon itinéraire initial, celui qui était censé m’amener au Pla de Vallensó. A l’instant ou ce sentier « bleu » amorce une raide descente vers le vallon, j’estime qu’il est temps de faire demi-tour car j’ignore jusqu’où il peut me mener, même si je suppose fortement qu’il rejoint le sentier de Llugols ignoré ce matin. Etant parti la fleur au fusil, sans tracé GPS, et surtout sans ma carte IGN que j’ai oubliée, je préfère prendre cette option plutôt que de m’égarer. Je reviens sur mes pas et prend cette fois la direction du Pla de Vallensó. Le sentier s’élève en douceur avec toujours des édifices en pierres sèches, cortal et terrasses, laissant supposer une occupation d’antan. Il coupe un ruisseau, le Correc dels Colls, lui aussi amplement canalisés de pierres sèches par endroits. Il le longe puis s’en éloigne. Ici les lézards verts sont légions mais bien trop rapides pour que je parvienne à en photographier au moins un. Finalement, au lieu-dit la Creu d’En Barina, j’approche la piste terreuse qui fait le lien entre Prades et Llugols. Peu après, je la coupe et le sentier continue de s’élever en direction du Pla de Vallensó. Ici, dans une joli petite ravine, ce sont des fauvettes chantantes qui arrêtent ma progression. Il me faut dix bonnes minutes de patience pour réussir à en immortaliser une, et encore uniquement de très loin. Je passe ce temps à attendre le bon-vouloir des fauvettes à photographier quelques papillons, toujours très nombreux mais très perturbé par une brise qui s’est levée. Sur le sol pierreux du chemin, le passé se révèle avec les traces creusées par les roues de vieilles charrettes. Jadis, de très nombreuses sont passaient par là et il se dit même, que parmi leurs besognes le plus souvent agricoles, certaines rejoignaient l’ancienne carrière de Callau dans le cadre de l’exploitation industrielle du talc. Sachant où se situe cette carrière, je n’ai aucune peine à imaginer la pénibilité de cette besogne tant pour les hommes que pour les animaux tirant ces charrettes. Le Pla de Vallensó est là et se matérialise sous la forme d’un poteau directionnel indiquant 930 m d’altitude et Llugols à 20 mn et à 700 m. Je connais bien ce poteau déjà aperçu au cours d’autres balades dont celle qui m’avait mené sur le « Sentier d’Arletes » et à « la Roche gravée de Fornols ». C’est sous un impressionnant rassemblement de pinsons qui s’envole, que j’aperçois les premières toitures de Llugols. Réussissant à photographier un de ces volatiles, je lui trouve d’étranges couleurs ternes. Une femelle sans doute toujours moins colorée que le mâle. Ce hameau, je le connais par cœur. Je l’ai toujours découvert aussi désert et silencieux qu’aujourd’hui, sauf en 2007 lors de mon Tour du Coronat parce que des enfants jouaient sur des « carrioles » en criant leur bonheur. J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer Nina et ses frères. Pas une âme qui vive une nouvelle fois même si des voix d’hommes sont perceptibles dans la forêt en contrebas. Je n’ose pas m’arrêter chez mon ami Mr. Naulin, d’abord par prudence à cause de l’épidémie qui sévit encore, mais aussi parce qu’il n’est pas encore midi et que j’estime que ce n’est pas un horaire décent pour arriver à l’improviste chez les gens. Je le regrette. Je repars mais la Nature m’arrête quelques mètres plus loin sur le seuil d’une autre maison déserte elle aussi. Je reste là assis quelques minutes sur le perron à regarder deux bousiers entrain de pousser une boulette toute sèche d’excrétions animales. Où ont-ils trouvé cette boulette ? En sont-ils les architectes ? Où vont-ils ? Que vont-ils faire de cette dernière ? Je les observe tout en me posant ces questions-là. Un escalier se présente et ils déboulent laissant échapper leur convoitise. Je me dis qu’à notre échelle, tomber d’une telle hauteur nous aurait été fatidique. Un des deux bousiers est tombé sur le dos et éprouve un mal fou à se rétablir. Pendant ce temps, l’autre est déjà parti à la recherche de sa « boulette » et il y parvient avec une facilité déconcertante. Finalement, l’autre le rejoint. Et les voilà repartis dans leur étrange labeur, labeur qui semble « gauche » dans la gestuelle mise en œuvre mais finalement la boulette avance bien plus vite qu’on ne pourrait le penser. Nouvel escalier, nouvelle chute, nouvelle recherche et nouvelle retrouvaille. Il est temps de décamper et de partir vers d’autres découvertes car je me suis promis d’aller visiter la chapelle de Las Monges que je ne connais pas malgré mes nombreuses venues ici. Je laisse les petits coléoptères coprophages à leur boulette me promettant de chercher sur Internet les réponses aux nombreuses questions que leur vision vient de soulever en moi. Je quitte le hameau fleuri de magnifiques capucines grimpantes parfois rouges parfois oranges et file vers la chapelle en question. Je n’ai aucun mal à la trouver car un panneau « Couvent de Las Monges » en indique la direction. Le sentier passe devant la Fontaine du Châtaignier (Font del Castanyer) puis s’élève. Si l’édifice est bien ruiné, les vestiges ne laissent planer aucun doute quant à son caractère religieux, le cœur de la nef et son abside étant encore bien visibles. L’Histoire nous dit que sa première mention écrite date de 1375, qu’elle a été utilisée comme église et comme couvent mais que son vrai nom serait Saint-Sernin d’Eroles. Seulement diverti par une mésange bleue et un gros criquet qui semble décidé à manger autant que moi, j’y pique-nique paisiblement, assis sur un large mur d’enceinte en surplomb de la forêt. Je quitte les lieux vers une suite que je connais par cœur. D’abord en direction de la chapelle Saint-Christophe puis d’un gros rocher qui la domine où quelques croix datant du néolithique sont visibles. Si je fais ces quelques foulées supplémentaires que je connais sur le bout des doigts, c’est essentiellement pour faire connaître au plus grand nombre de randonneurs ces lieux chargés d’histoire. Si quand on passe à Llugols, on a toujours ce sentiment « que la peste sévit encore depuis le 14eme siècle », ces quelques étonnantes découvertes sont des portions de vie plutôt inattendues. La suite vers Conat, je la connais également par cœur. Quelques soient les saisons, le sentier qui y mène peut être découpé en trois sections. La plus courte , ce sont d’abord les prés de Llugols où en cette saison les fleurs sauvages se livrent des duels de pétales multicolores. J’y surprend un beau sanglier mais la surprise semble encore plus grande pour lui. Il ne demande pas son reste. Puis, c’est la partie boisée qui s’appelle Les Teixoneres. Enfin, le sentier tout en balcon se termine sur la partie la plus « caillasseuse » dont la dénomination Les Esquerdes ne laisse planer aucun doute quant à son aspect rocheux, abrupt et ardu, les trois en même temps le plus souvent. Dans cette longue déambulation vers Conat, si mes pieds savent déjà où ils doivent se poser, mes yeux, eux, restent constamment sur le qui-vive d’une flore et d’une faune dont je sais qu’elles peuvent être surprenantes à chaque virage du chemin. Cette fois-ci, c’est un superbe lézard ocellé qui est proclamé « roi des Teixoneires ». Un petit bain dans une cuvette limpide du Correc de Sainte-Marguerite, puis je continue, la tête plus fraîche et les pieds quelque peu dégonflés. C’est bien la toute première fois que je vois autant d ‘eau dans ce modeste ruisseau. Après une heure de marche supplémentaire, Conat finit par arriver sous les traits d’une gentille demoiselle qui est assise au bord du torrent Callau. Elle est si jolie que j’en oublierais presque que nous devrions bavarder avec un masque. Nous blaguons un peu, puis finalement beaucoup trop, non pas à mon goût, mais à bien y réfléchir, car je suis encore très loin de Ria. Nous parlons de tout, de Conat où elle est en vacances, de ma balade, de randonnées en général, des découvertes que l’on peut faire dans les environs. Il me faut rompre cette sympathique conversation, et ce d’autant que je n’ai plus la moindre goutte d’eau dans mes deux gourdes et qu’il me faut impérativement trouver une fontaine. Une fois, la fontaine trouvée et les gourdes de nouveau pleines, j’accélère le pas pour sortir du village. Voulant absolument éviter le bitume de la route, j’ai décidé de suivre un sentier que j’ai emprunté voilà presque 20 ans. Par bonheur, il est encore parfaitement praticable et évite les sinuosités de la route, route qui par ailleurs a été emportée sur une belle portion par la tempête Gloria à la sortie sud de Conat. Des ouvriers y travaillent depuis plusieurs semaines. En évitant de prendre la route, j’évite de les déranger dans leur besogne, leur rendant sans doute service au passage. Ce sentier m’entraîne vers les Termanères où j’ai décidé d’emprunter la piste forestière qui file vers Belloc. Cette montée vers Sainte Croix commence à peser dans mes mollets. Chaque oiseau, chaque fleur nouvelle, chaque beau papillon non encore photographié sont autant de raisons de ralentir. De plus, sans carte et sans tracé GPS et connaissant très mal ce secteur, il me faut être vigilant à chaque panonceau Ria et surtout me souvenir de l’itinéraire que j’avais imaginé. Je sais qu’à Sainte-Croix, je dois redescendre vers Ria juste après la ruine d’une vieille chapelle. Quand une ruine se présente, rien ne me permet d’affirmer et même d’imaginer qu’il s’agit d’une ancestrale chapelle. Il ne s’agit que de vieilles pierres ceintes par une végétation inabordable. Par contre, il y a bien une intersection. Il me faudrait donc quitter la piste montant vers Belloc ici, mais j’éprouve quelques difficultés à trouver la suite ? Finalement et par bonheur, j’aperçois un minuscule panonceau « Ria » vissé à même un petit placard réservé à des compteurs électriques. « Ria » est quelque peu effacé mais le sentier est bien là, invisible au premier coup d’œil car bien embroussaillé. Il descend en forêt en longeant en partie le Correc de Santa Creu. Dans cette descente vers Ria presque constamment en sous-bois, et déjà un peu sombre à cette heure-ci, qu’elle n’est pas ma surprise de poser le pied sur le cadavre d’un gros canidé. Chien, chien-loup, loup ? Je ne sais pas vraiment dire ? La mort n’est pas suffisamment récente pour émettre un avis formel mais elle n’est pas très ancienne car le cadavre est peu envahi par la vermine et n’a pas une odeur putride très pestilentielle. Je prends deux photos du pauvre animal dont la puissante dentition ne m’apporte pas d’élément supplémentaire or mis l’assurance qu’il ne s’agit pas d’une renard et ce, malgré son pelage fourni, roux et blanc (***). Des renards morts, j’en ai déjà vu et celui-ci ne ressemble pas du tout aux précédents. Si ce n’est pas un renard ou un loup, de quelle espèce de chien s’agirait-il ? De surcroît que ferait-il là mort au beau milieu du chemin ? Il serait mort de quoi ? Comment, pour quelle raison ou par qui ? Une fois encore, cette balade aura soulevé en moi bien des questions. Apprendre, je marche aussi pour ça ! A tout prendre, j’aurais préféré rencontré un renard ou un autre canidé bien vivant comme cela m’est arrivé assez souvent. Rencontre avec un loup jamais vu jusqu’à présent ? Je ne sais pas ! Il parait qu’un loup isolé n’est pas très souvent dangereux car plutôt craintif, comme toute la faune en général face à l’homme, le pire des prédateurs. Aujourd’hui par exemple, j’ai été ravi d’apercevoir et donc de savoir que toutes les espèces de lézards ou presque sont bien présentes sur ce secteur même si le plus souvent ce ne sont que des visions furtives : lézard des murailles, lézard catalan, vert, ocellé, psammodrome, hémidactyle. Seule, la Tarente de Mauritanie et le lézard des souches n’ont pas été observés mais je ne doute guère de leur présence. Le sentier se termine sur les flancs de la Rocamenera d’En Gorner où justement je photographie mon premier lézard des murailles juste à côté d’une citerne. Puis je finis cette balade sur le désagréable asphalte de la bien longue avenue d’En Cassa menant vers le quartier de la Llisse. J’avais imaginé terminer par le canal éponyme mais des panneaux « danger, risques d’effondrements » en interdisent l’accès. C’est donc à regret que je termine sur le bitume cette belle et première balade d’après confinement. Au-delà des nombreuses questions qu’elle a soulevées, j’ai retrouvé le plaisir de marcher , de redécouvrir la Nature, de retrouver des lieux où j’avais passé jadis des instants merveilleux et notamment lors de Mon Tour du Coronat. Oui, j’attendais avec impatience cette balade. N’ayant pas enregistré de tracé GPS, j’estime la distance effectuée au cours de cette balade entre 12 et 14 km pour un dénivelé de 386 m entre le point le plus bas au départ de Ria (388 m) et le plus haut au Pla de Vallenso à 774 m.

    (*) Toponymie possible d’El Pi del Rei : A propos des arbres remarquables, voici ce que le journaliste et écrivain Adolphe-Laurent Joanne écrit en 1856 dans son recueil intitulé « Les Environs de Paris illustrés. Itinéraire descriptif et historique » : « …une foule d’arbres magnifiques que les touristes vont aujourd’hui admirer seraient restés inconnus. Dans le principe, on ne signalait guère que cinq ou six de ces arbres : Le Bouquet du Roi, Le Clovis, Henri IV et le Sully, la Reine Blanche, arbre du Bas-Bréau, incendié cet hiver (1856) par des imprudents qui firent du feu dans sa cavité, le Charlemagne et le Chêne des Fées ». Comme nous le voyons, au 19eme siècle, il n’était pas rare d’attribuer des noms de rois ou d’illustres personnages aux grands arbres, il est donc fort possible que le Pi del Rei date de cette époque et qu’il ne faille pas chercher ailleurs son appellation de « Pin du Roi ». Dans ce même livre, il évoque les fameux essais d’implantation du pin maritime dans les Landes au cours du 18eme siècle et leurs échecs successifs, à cause d’hivers trop rigoureux mais surtout par méconnaissance de cet arbre, peu présent en France avec quelques rares boisements, et donc fort méconnu à l’époque. Dans son livre « Traces du végétal » aux Editions Presses Universitaires de Rennes, Elisabeth Amblard nous rappelle que « Le pin symbolise la force et le pouvoir dont dispose le roi, mais, situé à côté d’un if, ce pouvoir devient une force du mal » car « l’if est un arbre aux feuilles et aux fruits toxiques ». Ici l’auteur fait référence au roi légendaire Marsile, ennemi juré de Charlemagne dans la « Chanson de Roland de Roncevaux ».


    (**) Ria, les rois et le pin : Dans son livre « Ria-Sirach-Urbanya », Jean Viallet évoque en de multiples occasions l’attachement que les Rianencs avaient depuis toujours pour leurs rois , et notamment aux 18 et 19eme siècle. Ainsi peut-on lire « Napoléon est vaincu, Louis XVIII montre sur le trône et voyez comme notre municipalité célèbre l’événement ». Cette phrase fait référence à une assemblée municipale du 30 octobre 1814 où les habitants de Ria par l’entremise de leurs représentants municipaux prêtent serment et jurent à Dieu de garder obéissance et fidélité au roi. Est-ce en cette occasion que les Rianencs ont planté cet arbre pour rendre hommage à Louis XVIII ? Là aussi c’est possible et l’arbre aurait 206 ans ! Cette fidélité au roi est très ancienne puisqu’elle a pour origine le fait que les comtes d’Arria, nés ici selon certaines versions, auraient de ce fait un lien direct avec la branche des Bourbons, famille aux multiples ramifications mais régnante en France et en Espagne. Ce lien, ils le tiendraient de Marguerite de Provence, reine de France car épouse de Saint-Louis ; mais fille de Raimond-Bérenger V de Provence, lui-même fils de Alphonse II de Provence, et lui-même fils Alphonse II roi d'Aragon, lui-même fils de Raimond-Bérenger IV de Barcelone. Ici, la branche dite de « Barcelone » est directement issue de Guilfred le Velu, né ici à Ria (légende ou réalité ?) et de son père Sunifred Ier de Barcelone. Assez paradoxalement, c’est Vauban sur ordre de Louis XIV qui a détruit le château ancestral de Ria où tout aurait commencé ! Allez comprendre ?

    (***) Le canidé mort de Sainte-Croix : Le 22 juillet 2020 et sur les conseils d'un ami, ancien de l'ONF, j'ai signalé l'animal au "Rézoloup" de l'ONCFS avec envoi des 2 photos que j'avais en ma possession. Un technicien s'est rendu sur le lieu pour lequel j'avais fourni les coordonnées. Finalement, il s'agissait d'un malinois de plus de 19 ans dont les propriétaires avaient signalé la disparition. L'animal est probablement mort de vieillesse voire d'épuisement à ne pas parvenir à retrouver son chemin. Les propriétaires ont pu faire leur deuil et ont apprécié que leur chien ait pu être retrouvé tant de semaines après sa disparition. Il faut noter que le malinois étant un lupoïde, c'est à dire un canidé dont les caractéristiques anatomiques évoquent celles du loup, la confusion avec ce dernier était donc logique. L'enquête a permis d'enlever la thèse d'un loup sur la commune de Ria-Sirach. Rianencs vous pouvez dormir tranquille, aucun loup ne se déguisera en grand-mère ! Par contre, je ne peux pas vous garantir du contraire !


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    Par une belle aube d'étéCe matin quand je me suis levé, tout paraissait bien différent des autres jours. Il était 6 heures. Dany dormait encore. Le jour se levait à peine et une clarté colorait d’un rose très pâle la crête séparant la vallée d’Urbanya du domaine de Cobazet. La température était douce. Le gazouillis des oiseaux et le murmure lointain de la rivière rompaient le silence. Il n’y avait pas le moindre souffle de vent. Les feuilles des arbres ne frémissaient pas. Pas même celles si légères du grand bouleau blanc que j’avais juste en face de moi. Quand elles frémissent, on dirait des petits cœurs brillants qui palpitent. Pourtant d'autres coeurs battaient déjà pleinement. Les sifflements d’un merle noir se mirent à retentir. A cette heure-ci et par bonheur, les chants du merle n’étaient pas encore couverts par les bruyantes mais trop souvent indispensables débroussailleuses. Même son chant, pourtant si perçant habituellement, semblait plus langoureux. D’ailleurs et alors que j’avais décidé de profiter de ce calme ambiant, en prenant mon petit déjeuner sur la terrasse, il est venu pousser sa chansonnette au sommet d'un poteau à quelques mètres de moi.

    Télécharger chant « MERLE NOIR  »

    Par une belle aube d'été

    Etait-il toujours en quête d’une âme sœur ? Probablement, car je trouvais que ses stridulations ressemblaient à des exhortations, à des complaintes de solitude. Il est resté là un très long instant à m’observer comme s’il attendait quelque chose de ma part. Mais que pouvais-je lui offrir, si ce n’est un bout de biscotte ou de brioche trempé dans du lait ? Il ne s’intéressa pas à mon offrande. Assez bizarrement, son bec jaune s’entrouvrait régulièrement mais il n’en sortait pas un son de manière systématique. Son chant était saccadé. En l’observant, je regrettais de ne pas comprendre le langage des oiseaux.Par une belle aube d'été Finalement, sans doute en eût-il assez de voir ma bouille de mal-réveillé et il est parti à tire d’ailes en direction de l’église où il stoppa sa course dans le clocher. Espérait-il y trouver la providence ? J'ai délaissé le merle chanteur au profit des mésanges qui se succédaient autour des boules de graisse que je mettais à leur disposition. Autour de la mangeoire que j'avais élevée tout spécialement pour les passereaux , ce n'étaient que des va-et vient incessants. Par une belle aube d'étéMésanges bleues, charbonnières et nonnettes se relayaient dans un vivre-ensemble parfait. Quelques moineaux "incivils" arrivaient et c'était un sauve-qui-peut général. Jamais depuis notre venue à Urbanya, venue qui avait trouvé sa juste raison à la sortie du confinement pour cause de coronavirus, je ne m’étais senti aussi bien. Jamais, je n’avais déjeuné avec autant d’appétit et si paisiblement en prenant autant mon temps. Cette aube d’été était si merveilleuse que j’avais envie de la retenir. Ma musardise dans tous les gestes que j’accomplissais me laissait le sentiment que j’y parvenais.  La vallée était claire, le ciel pur et aucun nuage ne venait voiler l’horizon. Ici, l’horizon, c’était d’abord le pic du Canigou, si merveilleux quand il est bien enneigé. Là, il ne subsistait que quelques névés sur ses pentes les plus élevées mais sa beauté restait malgré tout intacte. Les rayons du soleil avaient déjà largement éclairé son pinacle alors que le Massif du Coronat restait dans la pénombre. La sombre et épaisse forêt de ce dernier esquissait avec le mythique sommet un yin et yang de montagnes. Finalement, l’envie de bouger un peu s’empara de moi. Péniblement, il me fallut lever mes fesses du fauteuil. Elles étaient si bien calées entre deux gros coussins. Appareil-photo en bandoulière, je pris la direction de la maison des anglais. Ici, derrière chez les anglais, c’est une belle forêt de frênes, de peupliers et de bouleaux. Les anglais, ce sont nos gentils amis Alan et Moira qui ont une très belle maison juste derrière la nôtre. Pour cause de Covid-19, nous ne les avons pas encore vus cette année et dans les renseignements que nous avons, rien ne laisse supposer qu’ils viendront rapidement. C’est triste pour eux, car nous connaissons le fort attachement qu’ils ont pour Urbanya. Avant même le seuil de leur maison, un rouge-queue noir puis un serin d’un jaune flamboyant se laissèrent gentiment photographier. Mais dans la chance qui était la mienne en cette aurore naissante, les deux superbes et peu craintifs volatiles étaient tout juste un petit hors-d’œuvre car un plat de résistance m’attendait.

    Par une belle aube d'étéPar une belle aube d'étéCe plat se présenta en contrebas dans le « pré aux pommiers » sous les traits d’un superbe chevreuil. Il était là peinard, à brouter l’herbe verte et tendre, et sans doute encore un peu humide de ce potron-minet idéal. En silence, je pris la décision de monter sur la terrasse de mes amis et de me cacher derrière la haute murette qui en compose le principal soubassement. Même si j'étais un peu loin pour prendre des photos de qualités, de là, je pouvais observer le chevreuil à ma guise et le photographier sans qu'il me voit. Ses petites cornes trahissaient sa masculinité. C’était un brocard. De temps à autre, il levait la tête dans ma direction. Devenait-il ma présence ? Le regard fixe, il restait ainsi de longues minutes et seules ses oreilles s’agitaient de temps à autre.  Oui qu’il était beau ce chevreuil.  Oui qu’il était beau ce lever du jour ! Par une belle aube d'étéJ’aurais pu rester là pendant des heures à m’extasier devant cette Nature si merveilleuse. Comme un filet d’eau luisant qui s’écoule, le soleil illumina peu à peu les flancs du Serrat du Calvaire. Le chevreuil continuait à profiter du pré, de ses herbes folles et de ses boutons d’or. Il avalait tout très facilement et mes photos seraient les témoignages de ce bel appétit. Tout à coup, du bas du pré, un deuxième chevreuil arriva en gambadant.  Il lança un aboiement très rauque et se mit à courser le premier qui détala lui aussi. Les deux disparurent dans le bois de frênes. Par une belle aube d'étéJe m’attendais à les voir réapparaître, et qui sait à les voir peut-être procéder à un acte d’amour au beau milieu du pré. Mais non, je me berçais d’illusions. Les chances d’un accouplement devant moi étaient minces car les chevreuils ont des cycles sexuels rares et espacés.  Le soleil avait empli la vallée et une incroyable lumière éclairait son versant ubac. Plus de chevreuil, quelques oiseaux trop remuants car ayant repéré ma présence, peu de papillons à cette heure-ci,  il ne me restait plus qu’à retourner à la maison pour prendre un café bien chaud, histoire de me réveiller complètement. Par une belle aube d'étéOui, je n’étais pas encore bien réveillé mais une chose est sûre, en cette belle aube d’été, je n’avais pas rêvé. Tout en cheminant, je me disais « ça serait vraiment pas mal qu’il y ait d’autres aurores aussi agréables ». Par une belle aube d'étéL’été était loin d’être fini.  

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    Ce diaporama est agrémenté de 4 musiques jouées par The London Starlight Orchestra avec Robert Janssen à l'harmonica. Elles ont pour titre : "Johnny Guitar", "Emmanuelle 2", "A Star Is Born Thème" et "Michelle".

    C'est la News (prochaine randonnée de la page d'accueil) : Le Sentier du Labyrinthe Vert de Nébias.

    C'est la News (prochaine randonnée de la page d'accueil) : Le Sentier du Labyrinthe Vert de Nébias.

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    Voilà comment en ce 15 février 2020, nous nous sommes retrouvés à marcher sur le « Sentier du Labyrinthe Vert » de Nébias. Ce jour-là, nous avions prévu d’aller randonner du côté de Sournia. Nos sacs à dos étaient prêts depuis la veille et il ne restait plus qu’à y mettre nos casse-croûtes. Au frais dans le frigo, une copieuse salade de riz, deux petits sandwichs-triangles et quelques compotes en constituaient l’essentiel. Depuis quelques jours, et hier soir encore, Météo France annonçait un grand ciel bleu sur toute la région et ce pour quelques jours. Un vrai et bel anticyclone. Aussi, à 7h du mat, en ouvrant le volet donnant sur le jardin, quelle ne fut pas ma surprise de constater que la totalité du firmament était complètement plombée. Tout était gris, mais le plus grave dans tout ça, c’est que rien ne laissait présager la plus petite éclaircie. Je partis de l’autre côté de la maison, me précipitais au milieu de la rue, mais là aussi tout était gris de partout. Vers le Canigou, le Mont Coronat et le Madres, aucune de ces montagnes n’étaient visibles, englouties qu’elles étaient sous cette chape cendrée. Quant au Montolier de Périllos dont j’aperçois en général le sommet au bout de ma rue, il était chapeauté d’une épaisse écharpe nuageuse comme le reste des Corbières. Oui, c’était bien l’ensemble du département qui était gris et même au delà. Une agacement froid commença à me monter à la tête. Me précipitant dans mon bureau, j’étais déjà entrain de ronchonner en me disant « comment Météo France peut-il se tromper à ce point ? » Oui, l’erreur était d’autant plus surprenante que les prévisions sur leur site continuaient à affirmer qu'un grand soleil allait rayonner et ce, à l’instant même où je les regardais sur l’écran de mon ordinateur. L’agacement se transforma en colère. Je pestais, et ce marmonnement revenait sans cesse en moi : « Oui, comme peut-on fournir une météo aussi décalée par rapport à la réalité ? ».

    Dany se leva et je lui dis :

    • « Pour la rando, ça semble mal barré ! » lui expliquant la météo réelle et les mauvaises prévisions.
    • Toujours positive, elle me répondit : « Ecoute, on part à Sournia et nous verrons bien une fois là-bas ! » rajoutant « ça peut encore s’éclaircir » puis « le cas échéant, on improvisera ! ».

    Tu parles d’une improvisation ? A 9H30, c’est au travers d’un épais crachin que l’on entra dans Sournia. La cité était déserte et comme la randonnée était de toute évidence « râpée », je pris immédiatement la décision de poursuivre la route vers Prats-de-Sournia. Là, depuis les premières hauteurs, Dany me fit remarquer qu’à l’horizon, beaucoup plus loin que le Bugarach dont on apercevait seulement la moitié de son pech, il y avait une longue frise bleutée. Très claire, elle contrastait avec le reste du ciel qui était sombre tout autour. Et là, comme un banal postulat, Dany s’exclama :

    • « Le mieux, c’est d’aller là-bas ! ».
    • « Là-bas ? Mais tu n’y penses pas. C’est très loin et c’est probablement la mer là-bas ! » lui rétorquais-je.
    • « Ecoutes, roule, nous verrons bien ! ».

    On continua donc à rouler. Le Vivier, Les Cabanes, Fenouillet, Caudiès, Lapradelle, tous ces hameaux étaient enfouis sous une grisaille humide. A hauteur de St-Martin-Lys, un petit coin de ciel bleu apparut au dessus de la forêt de Fanges. Mais claustrés que nous étions au fond des Gorges de l’Aude, ce ne fut qu’une brève trouée. A Belvianes et Cavirac, en sortant des gorges, et comme si un rideau venait de se lever, un grand ciel bleu purgé de tout nuage apparut soudainement. J’étais estomaqué et n’en croyais pas mes yeux. Comme un diable sortant de sa boite, la frise bleutée que l’on avait vu à l’horizon était déjà là. « Bingo ! » s’écria Dany. A Quillan, c’était jour de marché et les réjouissances battaient leur plein. On se mêla à la foule, on flâna de stands en stands et d’étals en étals. Le temps passait et celui de la randonnée semblait bel et bien oublié, sauf le pique-nique car la faim était là. A midi, on quitta Quillan et son marché, direction Nébias, car je me souvenais d’une aire de pique-nique qui se trouvait au niveau des lacets de la D.117 juste avant le col du Portel. La table était bien là et on mangea la salade de riz avec autant de vigueur que si nous avions marché pendant plusieurs kilomètres On était heureux de cette merveilleuse météo et l’après-midi était encore devant nous. Dans le verdoyant vallon de Ginoles, on eut même droit à quelques belles circonvolutions orchestrées par deux vautours fauves. Tout en mangeant, je dis à Dany :

    • « Tu te souviens de Nébias ? »
    • «  Bien sûr, il y a le labyrinthe ! »
    • « Et de l’année tu t’en souviens ? »
    • « Non, plus du tout, mais c’était il y a au moins 10 ans ! »
    • « 2007 exactement ! » « Il y a 13 ans » « Et tu sais pourquoi je m’en souviens ? »
    • « Non ! »
    • « Parce que c’est l’année où je suis parti faire le Tour du Coronat en solitaire ». « Je m’en souviens car le jour où nous avions accompli ce Sentier Nature de Nébias, il y avait le festival Eldorando de la randonnée à Quillan et quand j’avais évoqué l’idée d’accomplir le Tour du Coronat avec les bénévoles du Comité FFRandonnée des Pyrénées-Orientales, ils avaient tenté de m’en dissuader, prétextant que ce tour n’existait plus depuis plusieurs années, qu’il était certainement embroussaillé et que certaines portions relevaient même du domaine privé. Ils m’avaient même conseillé d’attendre car ils pensaient qu’un jour il serait réhabilité. » « Toi, tu souffrais de ta polyarthrite qui t’avait empêché de m’accompagner, alors j’étais parti tout seul, l’accomplissant en 2 parties distinctes » « Je me souviens encore très bien car la deuxième partie c’était pile-poil le lendemain du mariage de Carole (notre fille) »« Ça te dirait de retourner à Nébias ? »
    • « Oui bien sûr ! »

     

    Alors voilà comment nous nous sommes retrouvés 13 ans plus tard, à refaire, non pas « le Sentier Nature » un peu trop long pour le temps que nous avions à consacrer, mais le « Sentier du Labyrinthe Vert » un peu plus court que le premier. Alors, je ne vais vous raconter en détail cette balade. Non, à Nébias, ce sentier est parfaitement indiqué et balisé et si vous ne le connaissez pas, vous n’aurez aucune difficulté à trouver le départ et à l’accomplir. Non, la seule véritable chose qui m’ait désappointé et que j'ai retenue ce jour-là, comme cela m’avait déjà énormément marqué lors d’une randonnée aux Sources de l’Agly et de la Sals, c’est tous ces plants de buis desséchés et donc morts. Ici, comme du côté du Bugarach, cette plante est morte, sans doute à jamais, « bouffée » par la Pyrale du buis venue de Chine. Si ce désastre écologique m’a quelque peu perturbé, sa ressemblance invasive avec la pandémie du Covid-19 que nous vivons m’a depuis interpellé au point d’écrire à ce sujet dans Mon Journal Mensuel. Ici, à Nébias, sa disparition est d’autant plus gravissime, que les rochers et les buis dessinant le labyrinthe formaient le couple quasi parfait. D'ailleurs, la plupart des labyrinthes végétaux ne sont-ils pas fait essentiellement de buis, tans ce dernier est facile à sculpter ? Des roches en lapiaz comme sculptés par des géants et des buis que l’on pouvait tailler sans problème et à qui mieux-mieux pour donner une belle forme à ces merveilleux décors, voilà ce qu'était jadis ce Labyrinthe Vert de Nébias. Aujourd’hui, de ce couple si fidèle, le buis a disparu et force est de reconnaître que ce n’est plus comme avant, même si le lieu continue à mériter d’être connu et découvert. Même sans le buis, le vert ne manque pas dans cet univers où l’hygrométrie reste importante, mais les mousses, les lichens et les Barbes de Jupiter ne remplaceront jamais la brillance et la beauté du buis. Ce fameux « Buis toujours vert » auquel les anciens botanistes avaient donné à juste titre le nom latin de « Buxus sempervirens , signifiant « Buis à feuillages persistants ». Non seulement son feuillage n’a pas persisté au caractère « dévoreur » de la Pyrale mais du « toujours vert » nous sommes passés au « toujours gris ». Ne me demandez pas comment on dit gris en latin car de toute manière et quelque soit la langue, le gris sera toujours la couleur de la tristesse ! Cette balade a été longue de  4,7 km, non inclus la visite de Nébias et en flânant beaucoup nous l'avons accompli en un peu moins de 3h.   Carte IGN 2247 OT Lavelanet – Montségur – Lac de Montbel Top 25.

     

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  • Si en général la News est consacrée à la prochaine randonnée pédestre, là je l'avoue je suis devant un dilemme.

    A cause du Covid-19 et à la période de confinement, j'ai rattrapé tout le temps perdu et j'ai pu ainsi publier tous mes reportages passés. Les derniers en date ont été :

    Le Sentier du Labyrinthe Vert de Nébias

     

    et

     

    Le Circuit de l'Anse de Paulilles depuis la plage de Bernardi (Port-Vendres)

     

    Alors comme je n'ai plus randonné depuis la sortie du confinement et que cette année je n'ai rien programmé sur mes tablettes, vous dire de quoi sera fait le prochain article équivaudrait à me transformer en Madame Soleil. 

    J'ai bien quelques idées de balades, j'ai bien quelques idées de sujets mais seront-ils prêts ou suffisamment intéressants ?

    Je pourrais par exemple mettre en avant des balades réalisées en Italie, à la Réunion ou à Madère (voir photos ci-dessous), d'autres randonnées plus proches et déjà faites à de multiples reprises mais j'avoue que dans un blog comme le mien je n'aime pas trop les doublons.

    Il existe aussi une autre solution, c'est de terminer les reportages de 2 randonnées que j'ai faite sur plusieurs jours à savoir le Tour du Capcir en 2013 et le Sentier du Golfe Antique en 2014. 

    Enfin, nous verrons bien. Dans l'immédiat, sachez que je tente de mettre en musique tous mes vieux diaporamas. Un travail de Titan mais que j'aime bien car étant très éclectique en style de musiques, j'y trouve largement mon compte. J'espère qu'en les écoutant, vous trouverez le vôtre.

    Bien amicalement.

    Gilbert.

    La News est consacrée à la prochaine randonnée.


    Dans le Piément italien en septembre 2008 du côté de Canelli.


     

     

     

    La News est consacrée à la prochaine randonnée. 


          En novembre 2008, à la Réunion au Piton de la Fournaise.

    Ci-dessous, en juin 2012 sur l'ïle de Madère lors d'une randonnée à la Levada do Caldeirao Verde.


     

    La News est consacrée à la prochaine randonnée.


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