• LE GOUFFRE DE L'OEIL DOUX à Saint-Pierre-la-Mer... par jullie68 

    Le Gouffre de l'Oeil Doux à Saint-Pierre-la-Mer (Aude)

    Le Gouffre de l'Oeil Doux à Saint-Pierre-la-Mer (Aude)


     

    Samedi 5 mars 2016. Il est 6h du mat. Tout en prenant mon p’tit déj, je suis entrain de me demander si je ne vais pas aller randonner avant de rejoindre Dany qui est en cure à Balaruc-les-Bains. Soins matinaux obligent, j’ai quelques heures à perdre avant ce déplacement. Il me suffit d’arriver à Balaruc dans le milieu d’après-midi et tout sera parfait. Alors pourquoi ne pas occuper cette agréable matinée par une petite balade pédestre et pourquoi ne pas en trouver une sur le trajet depuis Perpignan ? Aussitôt dit, aussitôt fait et une fois encore, la carte I.G.N vient à mon secours pour trouver la petite promenade quasi parfaite : le « Gouffre de l’Oeil Doux ». C’est le nom du lieu-dit sur lequel je jette définitivement mon dévolu. Situé dans l’Aude et plus précisément au sein de la Montagne de la Clape, à proximité de la petite commune nautique de Saint-Pierre-la Mer, plusieurs boucles plus ou moins longues semblent envisageables autour de ce gouffre.  J’en dessine une sur mon logiciel CartoExploreur dont le contour paraît convenir au temps que je veux y consacrer : 2 heures environ pour une distance de 5,2 km. Autant dire que ce n’est pas aujourd’hui que mon rythme de flâneur invétéré va se métamorphoser en sprinteur ! Autant l’avouer aussi quand j’ai aperçu ce nom pour la première fois sur la carte, ma curiosité a décuplé. Que se cache-t-il derrière ce nom assez équivoque de « Gouffre de l’Oeil Doux » ? Le mot « gouffre » a une connotation « négative » car « risquée » voire « périlleuse » faisant inévitablement penser à un « abîme » mais « l’Oeil Doux » vient contrebalancer ce « mauvais aspect » et laisse imaginer un « regard bienveillant ». Alors sur Internet, je me mets rapidement en quête de tous savoir à son sujet. Si la toponymie (*) de l’ « Oeil Doux » est bien expliquée et facile à trouver, le gouffre, lui, est ce que l’on appelle scientifiquement un cénote (**), mot que je découvre également pour la première fois. Décidément, ce samedi commence bien et je sens que ça va être un jour ludique et enrichissant !  Les photos que je découvre sur le Net montrent un petit lac verdâtre entouré de hautes falaises calcaires. La lecture des nombreux sites qui lui sont consacrés le décrive comme très énigmatique car les légendes et les réalités semblent constamment se chevaucher. La tradition par exemple raconte que le célèbre commandant Cousteau y serait venu plonger pour mettre fin à l’aspect mystérieux de l’origine de ses eaux. D’autres disent que tout ça n’est qu’une fable. Au-delà des explications géologiques très intéressantes car peu communes et assez insolites que je découvre à son sujet, ce qui frappe quand je fais des recherches, ce sont tous ces faits divers que se sont accumulés à son propos ces dernières années. Des faits divers le plus souvent macabres car se terminant malheureusement par la mort de leurs acteurs : accidents de plongée meurtriers, plongeons de la falaise fatals, noyades, hydrocutions, suicides, j’en passe et des plus horribles et le gouffre a même servi de « planque » pour un assassin qui a voulu y cacher sa petite amie après l’avoir étranglée. Le gouffre n’a donc à priori rien de doux et c’est normal quand on approfondit son étonnante toponymie. Il s’agit d’un pléonasme toponymique (*). « L’Oeil Doux » c’est également le nom du vaste « plan » qui le domine ainsi que celui d’une ancienne bergerie aujourd’hui transformée en écomusée. « Le lac, œil du paysage » écrivait Victor Hugo mais ici, « l’Oeil Doux », c’est médiatiquement bien plus qu’un simple lac, c’est une fabrique à faits divers. J’ai enregistré le tracé dans mon G.P.S, préparé mon sac à dos, acheté quelques victuailles pour le pique-nique et quand je pars vers le « Gouffre de l’Oeil Doux », voilà en résumé les principales données que j’ai de lui.  Je pars pourtant en balade sans appréhension vers cet objectif que certains pourraient considérer anxiogène. La balade, elle, démarre, sur la départementale D.1118, au lieu-dit le Réveillou. J’y laisse ma voiture sur un grand parking agrémenté d’une aire de pique-nique bien agréable car à l’ombre d’une jolie pinède. La boucle que j’ai dessinée commence ici et il suffit de suivre une large allée encadrée d’une clôture pour être d'emblée sur le bon itinéraire. Quand les palissades se terminent, j’ai immédiatement les deux pieds dans une garrigue typiquement méditerranéenne et comme les panonceaux indicatifs sont bien présents, la suite ne me pose aucun problème d’orientation. Il suffit de choisir le sentier de droite ou de gauche. Le balisage est de couleur jaune. Moi, je prends celui de droite pour démarrer et je reviendrais par celui de gauche pour finir. Outre les panonceaux directionnels, il ne faut pas oublier de lire un grand panneau sur lequel ont été énumérées toutes les recommandations de prudence. Elles ne sont pas superflues et en tous cas, bien en corrélation avec tous les accidents que j’ai pu lire dans les différents faits divers rapportés par les médias. Au sein du maquis, il ne faut que quelques minutes pour être au bord de la falaise et surplomber le cénote. Comme indiqué sur le panneau informatif, le pourtour de la falaise nécessite une grande prudence et une attention de tous les instants surtout si l’on s’y approche au plus près comme je le fais moi-même. Pour faire des photos aériennes du gouffre, je prends quelques risques mais que j’essaie de mesurer et de maîtriser au mieux. Je me mets sur le cul quand j’estime qu’il y a danger à rester debout et ce d’autant plus, qu’un « bon » cers souffle vaillamment. Les photos sont d’autant plus difficiles à prendre que la luminosité n’est pas parfaite avec un soleil au zénith mais dans un ciel bien trop laiteux et parfois même nuageux. Heureusement les nuages poussés par le vent filent vers la mer. Je fais le tour de la falaise par la droite pour rejoindre la rive du petit lac. La fin de la descente est assez scabreuse car selon l’endroit, elle peut être rocheuse, caillouteuse, ravinée ou glaiseuse et regroupe parfois plusieurs de ces désagréments. Je redouble de vigilance. Le rivage ne présente guère d’intérêts si ce n’est que la mare apparaît encore plus petite que d’en haut et que quelques oiseaux viennent y batifoler dans les joncs, les prunelliers, les églantiers et les amandiers, tous en fleurs à cette époque de l’année. Moi, qui suis toujours attiré par la moindre flaque d’eau, je comprends aisément qu’en été la tentation de venir s’y baigner soit grande malgré les interdictions et les risques avérés. Après cette jolie mais brève découverte, je pars vers la bergerie mais elle est fermée et bien évidemment l’écomusée aussi. Là, quand on tourne le dos à la bergerie, j’emprunte à droite un large chemin longeant des vignes. Il file rectiligne, traverse un petit bois de pins et retrouve une autre vigne de l’autre côté. Je traverse cette vigne qui m’amène directement à la lisière de l’étang de Pissevaches. Ici, les abords de l’étang sont des zones quasi inaccessibles car humides et largement embroussaillées. Ils ont des airs de savane africaine et je m’attends presque à voir surgir la faune qui va avec. Mais non, ici pas d’éléphants, pas de rhinocéros, pas de zèbres, pas d’antilopes, ni aucun méchant fauve comme on peut en voir en liberté à la Réserve de Sigean. Tout est parfaitement calme et seuls quelques passereaux et limicoles se laissent photographier et s’envolent quand je tente de m’en approcher au plus près. A proximité de petits bassins, j’ai enjambé une clôture pour me rapprocher au plus près des oiseaux mais très rapidement mes pieds s’enfoncent dans ce milieu tourbeux et mes chaussures se remplissent d’eau. Je fais demi-tour. Outre les oiseaux, quelques papillons tourbillonnent à la recherche d’un peu d’humidité. Ce n’est pas ce qui manque car il a du pleuvoir la veille ou l’avant-veille et c’est un ballet incessant de passereaux et de lépidoptères. Les papillons sont quasiment toujours les mêmes mais les bruns Tircis sont de très loin les plus nombreux. Une large piste longe cette « savane » et file vers l’Oustalet où se trouve un charmant centre équestre. Charmant car outre les chevaux, les ânes et les nombreux poneys, il y a une ferme où l’on peut emmener les enfants en visite. Le lieu est un « site naturel protégé », à la fois ouvert et boisé et ce décor contrasté ajoute à sa beauté. Une demi douzaine de panonceaux de randonnées finissent de me persuader de l’intérêt qu’il y a à y revenir un jour ou l’autre, peut être avec mes petits-enfants qui viennent souvent en vacances à Gruissan : « Sentier des vignes et de la garrigue », « Sentier du Pech de la Bade », « Sentier des cistes et du romarin », « Sentier des Cayrols », « Sentier d’interprétation de l’Etang de Pissevaches », « La Clape à pied autour de l’Oeil Doux », tous ces parcours étant soient facilement réalisables à pied ou soient en VTT pour certains d’entre eux. Après, l’Oustalet, l’itinéraire en garrigue pourrait paraître plus monotone mais il n’en est rien car le sentier s’élève et d’amples panoramas s’entrouvrent sur le Golfe du Lion : les Terres Salées, les Cabanes de FleuryValras-Plage et bien plus loin encore sur toute la baie et vers Sète dont on aperçoit le Mont Saint-Clair à l’horizon. Outre, les beaux paysages vers la Méditerranée, le chemin alterne pinèdes, vignobles et garrigues à bruyères arborescentes où de nombreux passereaux semblent y trouver un biotope à leur parfaite convenance : fauvettes, pipits, pinsons, serins et chardonnerets s’y rencontrent en « bonne » quantité. Se sont-ils sédentarisés ou bien ne sont-ils que de passage dans leur longue migration ? En tous cas, je prends beaucoup de plaisir à tenter de les photographier. Après ce long entracte ornithologique, la balade touche à sa fin. Je retrouve le parking et l’aire de pique-nique ombragée. Comme prévu, j’ai mis deux heures pile pour boucler cet agréable parcours. A cause des passereaux omniprésents, j’aurais pu aisément en mettre le double. J’ai encore un peu de temps devant moi avant de poursuivre vers Balaruc, alors j’en profite pour sortir le casse-croûte du coffre de ma voiture et passer quelques minutes supplémentaires ici, à l’ombre des grands pins, entre Oeil Doux et Réveillou. Deux noms prédestinés ? Je ne sais pas ! En tous cas, après ce frugal déjeuner, je m’allonge sur les ramilles et mes yeux, dont je ne sais pas si ils sont doux, ont une fâcheuse tendance à ne pas vouloir rester « réveillés ». Je somnole mais quelques gouttes de pluie viennent me sortir de cette torpeur. Il est temps que je file vers Balaruc. La balade telle qu’expliquée ici a été longue de 5,2 km. La déclivité est négligeable puisque du niveau de la mer jusqu’au point culminant, il y a tout juste 52 mètres d’écart. Carte IGN 2546 OT Narbonne Top 25.

    (*)L’œil Doux  vient du mot composé occitan « Uèlh Dotz » qui est un pléonasme toponymique, ce type de pléonasme étant assez courant en toponymie. C’est ainsi que « l'œil » a pour signification la source au sens d'ouverture, de puits, de point d’eau, de résurgence et « doux » est la francisation du mot occitan « dotz » qui peut être à la fois  une canalisation, un conduit mais aussi une source (du latin ducere : conduire, ducem : conducteur, guide).

    (**) Les cénotes (du maya dz'onot signifiant puits sacré, via l'espagnol cenote) sont des gouffres ou avens ou dolines d'effondrement, en milieu karstique, totalement ou partiellement remplis d'une couche superficielle d'eau douce et parfois d'une couche inférieure d'eau de mer s'ils communiquent avec l'océan par des failles ou autres conduits. (Extrait de l’Encyclopédie Wikipédia)

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  • Loupé ou l'injustice du foot !!!!


     

    Loupé ! …..ou l’injustice du foot. Il y a-t-il une définition mieux appropriée pour décrire la déception après la défaite de l’équipe de France de foot lors de cet euro qui s’est terminé fin juillet ? Et pourtant ! Moi, je l’avoue, cet Euro m’a quelque peu laissé sur ma faim et l’équipe de France avec elle. Quelle injustice que le foot ! L’équipe la meilleure n’a pas gagné. D’ailleurs, y avait-il une équipe au dessus du lot ? La France n’était pas l’équipe la plus forte et on peut presque dire « normal qu’elle n’ait pas gagnée ! ». L’Allemagne, championne du monde,  était sans doute la meilleure car elle a dominé pendant très longtemps, de la tête et des épaules, l’équipe de France. Elle était de très loin la mieux organisée et la plus sereine dans son jeu mais il lui a manqué un véritable buteur. Un « tueur », un « chasseur de buts » comme on a l’habitude de dire. Malgré ça, l’Allemagne a battu l’Italie qui avait battu l’Espagne, la tenante du titre. Mais elle n’a pas gagné non plus contre l’équipe de France. Nous avons gagné par chance et par un coup du sort, comme le Portugal en finale. Le Portugal n’avait rien montré d’emballant jusque là et d’ailleurs ce pays avait fini assez lamentablement troisième de son groupe qualificatif, ayant la chance d’être repêché pour le tour suivant. Toutes proportions financières gardées, je trouve que le foot est sans doute le sport le plus injuste qu’il y ait. Une jambe, un pied, un corps, une barre ou un poteau et le ballon n’entre pas dans la cage. Une main, un bras et c’est le penalty faisant une différence souvent irrattrapable. Un coup de pied arrêté et c’est un but inattendu. Je ne connais pas d’autres sports où l’injustice est parfois aussi avérée. Prenons l’athlétisme par exemple : celui qui court le plus vite, lance le javelot, le marteau, le disque ou le poids le plus loin, celui qui saute le plus loin, finit toujours pas être le vainqueur. Seule la forme du moment et le dopage peuvent venir contrarier ce verdict final. Idem dans le cyclisme. Idem dans le tennis mais dans d’autres sports collectifs aussi. Si vous êtes plus maladroits que vos adversaires vous ne gagneraient pas au basket, au volley-ball ou au hand-ball mais aussi au golf, à la pétanque ou au cricket. Si vous êtes moins forts, moins puissants, vous ne gagnerez pas au rugby, à la boxe, au judo ou à la lutte. Alors pourquoi cette injustice tout spécialement dans le foot ? La tactique est essentiellement en cause. Les entraîneurs et sélectionneurs sont devenus des maîtres tacticiens. De véritables petits génies de la stratégie et du coaching. Deschamps, Mourinho, Guardiola, Ancelotti et bien d’autres entraîneurs sont devenus des généralissimes dignes d’un Napoléon 1ER, des stratèges presque aussi forts que les plus grands joueurs d’échecs. Ils ont tous les éléments à leur disposition. Un staff composé de fins techniciens dignes des meilleures armées. Ils disposent de toutes les statistiques, de tous les matches précédents dans leur bibliothèque et ils les dissèquent de haut en bas, de long en large comme un médecin légiste dissèque un macchabée lors d’une autopsie. Résultat : des matches mortifères, sans saveur car trop orientés vers une défense et donc frileux. Or mis les excellents matches rendus par de « petites » équipes comme l’Islande ou le Pays de Galles, c’est souvent ce qui s’est passé au cours de cet Euro où les résultats n’ont souvent tenus à rien. La finale en est le parfait exemple alors que l’équipe de France était sensée être plus forte et en tous cas bien meilleure que le Portugal. Les rares fois où elle a joué vers l’avant, le constat a été si évident. Malgré ça, on a vu un Pogba et un Payet, habituellement plus offensifs dans leurs clubs, constamment défendre au lieu d’attaquer et seul Sissoko avec ses longues chevauchées est venu perforer le milieu de terrain puis la défense, loupant la cage à plusieurs reprises ou voyant ses tirs arrêtés par un grand gardien de but portugais. Les portugais étaient loin d’être sereins en défense et un jeu plus offensif aurait sans doute permis la victoire. Les consignes de Deschamps allaient sans doute dans ce sens : défendre d’abord et attendre une opportunité au lieu d’aller la provoquer. On connaît la suite. L’opportunité et la chance ont été portugaises. C’était trop tard. La chance qui nous avait sourie contre l’Allemagne avait choisi son camp. Le camp portugais et pas le français. Certains mettront la lassitude, une jour de repos de moins, une fatigue plus grande sur le compte de la défaite mais non, il faut être réaliste. L’équipe de France avait 23 joueurs, tous de grands professionnels, habitués aux joutes stressantes. Certains n’ont jamais foulé la moindre pelouse de cet Euro. Non, il faut être réaliste, nous n’étions pas les plus forts mais nous étions plus forts que le Portugal, surtout sans Cristiano Ronaldo au bout d’un quart d’heure. La tactique est seule responsable de la défaite mais elle est aussi responsable de la victoire du Portugal car l’entraîneur est un fin stratège lui aussi. Il a réussi à faire devenir championne, une équipe qui n’était pas, et de très loin, la meilleure du tournoi. Je ne le félicite pas pour autant car je n’aime pas ce football-là et j’aurais nettement préféré que le meilleur gagne.

     

    Même si j’ai joué au foot pendant très longtemps, il y a des jours où je m’en veux d’aimer ce sport pour millionnaires et multimillionnaires….Je me demande si c’est bien éthique d’être abonné à Bein Sport ?

     

    Et puis, il m’arrive d’être désorienté dans mes pensées quand je vois des joueurs pleurer parce qu’ils ont perdu un match….Je suis troublé quand j’entends les paroles d’un Griezmann parlant des attentats et relativiser cette finale perdue…

     

    Finalement et avec méchanceté certes, je me dis que ce n’est pas bien grave si le meilleur ne gagne pas, les perdants ont de bien plus amples compensations que le smicard licencié n’aura jamais.

     

    Oui, l’injustice dans le foot ne sera toujours qu’insignifiante au regard de tout se qui se passe tout autour…..

     

     

     

     


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  • LE TOUR DE LA PELADE..................... par jullie68

    Diaporama sur la chanson "Budapest" de George Ezra, tirée de son album "Wanted on voyage"

     

    Le Tour de la Pelade (1.173 m) depuis Fenouillet (La Coume) 502 m.

    Le Tour de la Pelade (1.173 m) depuis Fenouillet (La Coume) 502 m.


     

    Fenouillet, vendredi 19 février, 10 heures. Je suis à pied d’œuvre pour démarrer une nouvelle randonnée dans ce secteur des Fenouillèdes que j’adore. Enfin, je l’adore surtout quand il fait beau, ce qui est loin d’être le cas ce matin-là. La balade prévue aujourd’hui s’intitule «le Tour de la Pelade (*) » et je n’en connais pour l’instant que quelques panonceaux indicatifs qui se trouvent ici dans les hameaux de Fenouillet que sont Les Nautes, les Andrigotes et les Bordes. J’ai croisé ces panonceaux à de multiples occasions et en venant ici sans tracé G.P.S préparatoire, j’ai la quasi certitude qu’il s’agit d’une balade parfaitement balisée.  La suite va rapidement me prouver que je me trompe ! Il fait un temps exécrable avec un ciel bas chargé de gros nuages menaçants. Sur la route D.117 qui m’a amené jusqu’ici, j’ai même eu quelques gouttes de pluie et à diverses reprises, j’ai envisagé de faire demi-tour tant le temps me paraissait bien trop pourri pour randonner. Deux raisons m’ont amené à changer d’idée. : Tout d’abord les prévisions de Météo France qui annonce une « bonne » tramontane et un ciel bleu pour la journée quand au deuxième motif, je me souviens d’une météo quasi identique que j’avais eu ici même en me lançant dans l’ascension du Pech des Escarabatets, voilà 3 ans. Le temps s’était finalement arrangé et j’avais eu un ciel magnifiquement bleu et purgé de tout nuage pour le restant de la journée. En laissant ma voiture à la Coume, j’espère qu’il en sera de même aujourd’hui. J’endosse mon sac à dos et tout en filant vers les Bordes, je me dis qu’on verra bien ce qu’il adviendra. De toute manière, le premier objectif est d’abord de trouver la suite de l’itinéraire de ce « Tour de la Pelade ». D’ailleurs, le panonceau indicatif est déjà là parmi bien d ‘autres et si j’en crois le petit trait de peinture jaune qui l'enrichit, le parcours devrait être balisé de cette couleur-là. Je traverse rapidement le hameau sous le regard apathique de deux chats, un rouquin et un noir. Ils me rappellent étrangement Tarzan et Milie, deux compagnons adorables mais très caractériels et très indépendants que j’ai perdu de façon tragique ces dernières années.  Je me laisse distraire par ces deux chats, lesquels, sont plutôt sociables car ils se laissent approcher et caresser.  Est-ce à cause de cet instant de distraction mais j’en suis déjà à chercher le balisage jaune sans aucun résultat ? Il semble inexistant. Il y a bien un petit sentier partant à droite dans un pré mais je ne trouve aucune trace de peinture jaune. En tous cas, si le balisage a existé, il semble avoir totalement disparu et je ne vois rien nulle part. Je fais demi-tour, reviens sur mes pas mais toujours en vain. Je me décide à poursuivre vers le col de Tulla, les deux directions semblant les mêmes. Je suis déjà sur la piste DFCI F38 bis qui est commune avec le Tour des Fenouillèdes. Cette piste est balisée de jaune et rouge comme tout bon G.R.P (Sentier de Grande Randonnée de Pays). Je poursuis encore. Peu après, une autre piste forestière part sur la droite et c’est un peu « au pif » que je me décide à la prendre. Enfin, quand je dis « au pif », ce n’est pas tout à fait vrai. Si je poursuis tout droit, je sais parfaitement où je vais : au col de Tulla. Cette direction, je l’ai prise à de multiples reprises et l’an dernier par exemple quand j’étais venu avec comme objectif le « Refuge du Gai Sourire ». Si je prends la piste à droite, c’est que je ne vois pas d’autre alternative à ce « Tour de la Pelade ». En effet, si je ne connais pas exactement ce « Tour de la Pelade » dans le détail, je ne suis pas ignorant du lieu lui-même et je sais que cette « Pelade »  a un autre nom sur la carte I.G.N : « le Serrat de l’Ase (**) ». Or, ce « serrat », je sais parfaitement où il se trouve. Il s’agit de cette colline pelée que l’on aperçoit depuis Fenouillet et son hameau principal de La Vilasse.  Seule inconnue à toutes mes réflexions : où se trouve le chemin  qu’il faut gravir si l’on veut réaliser ce « Tour de la Pelade » ?  La piste tout en sous-bois m’amène vers le lieu-dit la Soula de la Coume où je découvre une superbe villa isolée. La piste, que je pense privée, semble se poursuivre uniquement vers la villa et de toute manière aucun balisage jaune  n’étant présent, je décide de faire demi-tour. J’ai déjà perdu beaucoup trop de temps. La tramontane a forci et comme de grands pans de ciel bleu commencent à se dévoiler, je me dis pourquoi ne pas essayer de faire ce « Tour de la Pelade » à l’envers ? On verra bien. Je ne connais pas ce « Tour de la Pelade » mais je peux aisément imaginer une partie du parcours car je connais un peu cette montagne dominée successivement par les pechs de Fraissinet et celui des Escarabatets. Quand au Serrat de l’Ase, si je n’en connais qu’une infime partie que j’ai découverte par le haut, je me dis que c’est l’occasion rêvée de le découvrir dans son intégralité et par là même de trouver le bon itinéraire que je ne trouve pas ici aux Bordes.  Alors me voilà une nouvelle fois parti vers le gîte et le col de Tulla. Peu à peu, le temps se met au beau et je suis ravi de marcher dans ces décors toujours aussi majestueux même si je les connais par cœur. Je domine le verdoyant ravin de Tulla et tout autour de moi la merveilleuse et épaisse forêt domaniale de Boucheville m’enserre dans sa sombre frondaison.  De toute manière, il y a toujours quelque chose à découvrir ou à photographier : un paysage, une fleur, un passereau, un lézard. Connaissant parfaitement l’itinéraire, je ne lézarde pas. Juste avant le gîte, je rencontre deux jeunes gens bien occupés à baliser le sentier mais eux ne sont là que pour le V.T.T et pas pour le pédestre. D’ailleurs les interrogeant, sur ce « fameux » Tour de la Pelade que je veux accomplir, ils me disent ne pas le connaître et c’est bien plus tard que je vais comprendre pourquoi ! Il est impossible à réaliser en V.T.T ! Le chat noir du gîte que je retrouve à chacune de mes venues vient se frotter dans mes jambes mais au moment de repartir, il fait le choix de rester avec les deux jeunes baliseurs. Normal, je le délaisse à chaque fois ! Une fois encore, le gîte de Tulla est désert même si cette fois-ci, je tente mais en vain d’en pousser la porte. Elle est fermée. Je poursuis jusqu’au col. Tout est calme. La faune est absente et la flore aussi et je ne peux m’empêcher de comparer cette désolation avec la profusion que j’avais connue l’an dernier en venant me balader jusqu’au Refuge de Gai Sourire. Mais c’était début mars et si le nombre de jours n’est pas très important, il a du être suffisant pour que se mette en place tout un biotope, absent aujourd’hui. A l’époque, j’avais photographié de nombreuses grives, craves à bec rouge, pinsons, un écureuil, et même un vautour percnoptère au Refuge de Gai Sourire. Au col, des chevaux gambadaient dans les prés. Mais aujourd’hui rien de tout ça, alors je poursuis sans trop m’arrêter et file vers la direction indiquée par un panneau de bois comme étant celle d’Aigues-Bonnes. Je connais bien ce large chemin, filant à droite. Un sentier plus étroit en prend très vite le relais,  monte vers le col de Fraissinet et redescend vers Aigues-Bonnes. D’Aigues-Bonnes, je n’aurais aujourd’hui qu’une ample vue aérienne sur son joli vallon verdoyant et boisé car du col de Fraissinet, je vais monter vers le pech éponyme.  Dans cette montée, les passereaux et notamment les mésanges laissent enfin entendre leurs chants même si leurs déplacements constants ne permettent aucune photo. Seul un gobe-mouche gris consent à une photo. L’élévation ajoutée à la présence d’un vautour fauve que je veux absolument photographier m’obligent à une flânerie forcée.  Du col de Tulla, je mets 35 minutes pour atteindre le col de Fraissinet à l’altitude toujours si singulière mais à la fois plurielle de 1.111 mètres. Il faut dire que les derniers mètres très verglacés et à l’ombre d’immenses sapins nécessitent une grande prudence ou bien des crampons que je n’ai pas dans mon sac. La suite de la montée vers le pic de Fraissinet (1.173 m) est du même acabit mais peu à peu le sol verglacé s’estompe et laisse la place à un terrain plus bourbeux car les espaces ensoleillés sont plus nombreux. Il faut dire aussi que les sangliers s’en sont donnés à cœur joie et ont copieusement labouré une grande partie du large chemin.  Ce n’est qu’une fois au sommet que je retrouve une pelouse rase et sèche où que je peux enfin oublier toute vigilance exagérée. Derrière moi et malgré la « bonne » tramontane qui souffle, le Pech des Escarabatets dévoile un dôme boisé mais figé, car entièrement blanchi par le givre.  Là, au sommet du Fraissinet, je pars un peu à droite puis un peu à gauche, mais toujours en bordure de la crête, histoire de profiter pleinement des vues aériennes et des immenses panoramas qui se dévoilent à 360°. Ici pour découvrir un maximum de paysages, il faut s’en donner un peu la peine sinon les grands arbres bouchent constamment la vue. Comme je le fais très souvent, je m’assieds aux endroits les plus propices puis bien tranquillement et avec les jumelles, je recense et fait un inventaire de tous les lieux où j’ai pu traîner mes godillots. La suite du parcours va constamment se dérouler ainsi, en zigzaguant. Vers le nord et l’est, j’arrive à égrener une bonne dizaine de lieux, du Bugarach jusqu’au Pech Auroux en passant par le Roc Paradet et d’autres endroits bien plus proches comme la forêt des Fanges, le château des Maures, le Vallon d’Aigues-Bonnes, le Chemin du Facteur, le Couillade de Ventefarine ou parfois très lointains comme la Tour del Far ou le Château de Quéribus. Vers le sud et bien que les vues soient bien plus amples encore, le nombre de sites chevauchés est plus limité et se résume au Roc des 40 Croix, au pic Dourmidou, au Sarrat Naout et à l’éternel Canigou, ici souverain de l’horizon une fois encore. Certes, je dois en oublier mais en tous cas, s’il y a une balade que je ne peux pas « zapper » c’est ce fabuleux Tour des Fenouillèdes réalisé avec mon fils en 2011. Ici,  à droite comme à gauche, du côté de Boucheville comme de la Boulzane, de très nombreux lieux me reviennent en mémoire : la  longue forêt de Boucheville, Caudiès, les Gorges de Saint-JaumeNotre-Dame de Laval  et les châteaux vicomtaux de Fenouillet sont les exemples les plus visibles et les plus proches de ces souvenirs qui ressurgissent. Il est 13 heures et si mon goût excessif de la contemplation et de la photographie me fait oublier le déjeuner, heureusement mon estomac, lui, n’observe rien et crie famine. Alors je stoppe et m’assieds sur la pelouse face au Canigou. Je prends néanmoins la précaution de me mettre à l’abri de la tramontane qui passe au dessus de ma tête et de quelques petits buis dans lesquels je me suis lové. Alors que j’en suis à peine au début de ma grosse salade, un vrai spectacle ornithologique commence. Les principaux acteurs sont deux couples de passereaux mais pas n’importe lesquels. Deux Gros Becs des sapins et deux Mésanges Huppées.  Mâles et femelles se sont donnés le mot pour rejouer chacun de leur côté des scènes ressemblant à un Roméo et Juliette céleste. Le tout sur une musique entêtante de plusieurs pinsons qui eux en sont encore à chercher une âme soeur. Gros becs et mésanges se poursuivent, volent de branches en branches, s’arrêtent pour se bécoter un peu, semblent vouloir s’accoupler puis ils repartent dans de nouveaux tourbillons toujours plus magistraux. Les Gros Becs dans les faites d’immenses sapins et les Mésanges Huppées dans des petits pins tout chétifs ou bien sur la pelouse. Pas facile de les photographier dans leurs circonvolutions amoureuses si rapides. Alors que depuis mon départ, trois volatiles seulement, sous la forme d’un geai, d’un gobe-mouches et d’un vautour, sont venus s’enregistrer dans mon numérique, voilà que tout à coup, plusieurs oiseaux viennent jouer les stars devant mon objectif. C’est presque inespéré mais la suite de ma marche sur le Serrat de l’Ase puis un plus tard lors de mon arrivée me prouve que d’autres passereaux sont déjà là aussi.  Ils sont déjà là mais apparemment ils n’acceptent un bon de sortie que contre un chaud soleil, un ciel azur et un vent modéré. Après le déjeuner, je poursuis ma descente du Serrat de l’Ase au plus près de la crête. Elle domine le Vallon d’Aigues-Bonnes et la jolie forêt domaniale de Boucheville. Plus j’avance et plus la dénomination « Pelade » prend sa juste et pleine signification.  Une végétation très rase sur un terrain très sec, souvent pelé mais  de plus en plus caillouteux au fil de la descente. D’ici, rien ou presque n’arrête le regard. La vision porte très facilement jusqu’à la mer que l’on entrevoit à l’horizon. De lui-même, le sentier quitte le bord de la falaise et bifurque vers le centre de la colline. Là, quelques chèvres, que de loin j’ai aperçu très éparses, se regroupent et viennent dans ma direction comme un seul homme. Elles s’arrêtent à trois mètres de moi comme pour mieux m’observer. Je ne change rien à mon allure et je file droit sur elles mais au moment où je vais traverser la petite troupe, elles s’éloignent de quelques mètres tout en continuant à me scruter. Ayant remarqué que trois chèvres ne se sont pas levées et sont restées totalement inertes, je pars vers la plus proche car sur l’instant j’ai pensé qu’elles pouvaient être mortes. Mais non, elles dorment ou alors elles sont épuisées car leur respiration est très lente mais néanmoins visible. Toutes ont une panse énorme et je suis quasiment convaincu qu’elles attendent de mettre bas d’un instant à l’autre d’où peut être cette lassitude que j’imagine. Les autres caprins m’ont suivi dans ma démarche vers leur congénère couché et quand je pars en voir une deuxième puis une troisième, ils continuent de me suivre mais en restant toujours à une distance respectable. Dans mon esprit, j’ai désormais la crainte énorme que se renouvelle la triste expérience que j’ai connue à Urbanya lors de la balade au Sarrat de Marsac et aux Cortalets et que dans leur entêtement, les chèvres me suivent dans ma descente jusqu’à La Coume. Mais non, finalement et une fois rassuré sur l’état des trois chèvres couchées, je m’éloigne sans problème et les autres restent plantées là à me regarder partir pendant de longues minutes. Je suis d’autant plus soulagé que le chemin devient de plus en plus aride et caillouteux et qu’il me faut être attentif à la suite de l’itinéraire. J’aperçois quelques cairns sur ma gauche, en bordure de la falaise, alors je pars voir mais je constate aussitôt que ceux qui suivent reviennent vers le centre de la croupe, alors je continue de les suivre jusqu’à me retrouver au milieu d’une végétation devenant de plus en plus touffue mais plutôt basse.  Elle est essentiellement composée de petits buis, de buissons de thyms et de rares chênes verts, tous plus rabougris les uns que les autres. Là, je prends immédiatement conscience que j’ai atteint la limite la plus praticable de « la Pelade » dont j’ai eu la sordide idée de vouloir faire le « tour ». Je suis en surplomb de la commune de Fenouillet dont j’aperçois tout le détail et chacun des hameaux, mais surtout de grands pylônes à haute tension. Il n’y a plus véritablement de chemin devant moi. En tous cas, j’ai beau scruter le paysage le plus proche se trouvant à mes pieds, je n’en vois pas. Ici, la caillasse blanche car calcaire est reine et elle forme des éboulis, petits et grands, qui dégueulent de toutes parts sur les flancs de la colline malmenant la végétation à ces endroits-là.  La végétation se raréfie sous la forme de quelques buissons ligneux. Je n’ai pas fait trois mètres dans ce dédale incertain de pierriers et de broussailles que j’ai déjà trébuché sur un caillou m’envoyant ainsi valser dans un buisson de buis dont le bois sec et dur comme de l’acier m’arrache la face dorsale de la main droite. La plaie est plutôt superficielle mais je pisse le sang et malgré ma trousse à pharmacie j’ai un mal fou à arrêter ce saignement. Il me faut un bon quart d’heure avant d’y parvenir et encore que partiellement car le petit pansement finit par être rapidement gorgé d’hémoglobine. Force est de reconnaître que les comprimés que je prends chaque matin pour fluidifier mon sang sont efficaces au delà de mon aspiration.  La première décision que je prends est d’enlever mon appareil photo du tour du cou pour l’enfouir dans mon sac à dos. Ça me parait plus sage au regard de la configuration du terrain et de la nécessité que j’ai d’utiliser mes pieds mais aussi mes mains pour descendre cette longue arête rocheuse biscornue se dessinant devant moi. Heureusement, j’arrive à retrouver quelques cairns qui ont été disposés à bon escient et ma descente en est nettement facilitée même si une grande attention est constamment de mise. Vigilance pour ne pas choir et vigilance pour trouver le prochain cairn.  Finalement après avoir contourné le premier pylône à haute tension par la droite puis atteint le second, je retrouve une étroite sente. Une sente pas vraiment bonne car toujours aussi abrupte et ravinée mais en tous cas bien moins dangereuse qu’ont pu l’être tous ces éperons rocheux qu’il m’avait fallu chevauché jusqu’ici. D’ailleurs, ce sentier s’améliore très vite au fil de la descente et débouche par bonheur sur un large chemin souple car herbeux à souhait. Au bout de ce chemin, je ne suis pas vraiment surpris de  me retrouver en surplomb de la belle villa découverte ce matin à la Soula de la Coume, là même où un peu plus bas, j’ai arrêté ma course pour faire demi-tour. Le Tour de la Pelade était donc bien ici ? Je me dis que c’est un peu idiot d’avoir arrêté trop tôt mais d’un autre côté, je ne regrette pas de l’avoir fait à l’envers même si je pense qu’il doit être bien plus facile de gravir la Pelade que de la descendre, mon écorchure sanguinolente à la main droite est là pour me prouver que j’ai sans doute raison. Il ne me reste plus qu’à rejoindre ma voiture mais là, je n’ai plus aucune anxiété. Seuls quelques passereaux m’arrêtent dans cette entreprise parce que je cherche constamment à les photographier. Enfin quelques-uns vont faire les frais de ces arrêts et ce n’est pas plus mal car mes jambes réclament eux aussi un peu de répit. J’ai réussi mon challenge : boucler ce « Tour de la Pelade » que je ne connaissais pas.  Enfin, je suppose que c’est le nom du tour que je viens d’accomplir ! Les hameaux des Bordes et de la Coume sont déserts et je n’y trouve personne pour me renseigner. Je vais bien essayer de me rendre à la Mairie de Fenouillet pour en avoir la certitude, mais je trouve porte close. Mais en réalité, peu importe son nom !  En finalité, je ne regrette absolument rien malgré les difficultés rencontrées car une fois encore j’ai pris un immense plaisir à marcher, à découvrir et à contempler ce merveilleux pays des Fenouillèdes et la nature qui en fait sa richesse. Toutefois, il faut bien admettre quelques évidences : Ce Tour pédestre de la Pelade, que je vous conte ici et que par méconnaissance j’ai accompli à l’envers, n’est pas vraiment balisé et encore moins répertorié dans un aucun topo-guide. Il est donc sans doute réservé qu’à quelques initiés, bergers, chevriers, chasseurs, gens du cru et à un degré moindre à quelques rares animateurs de randonnées avertis. En tous cas, dans un sens ou dans l’autre, il ne faut pas appréhender un peu d’escalade pour l’accomplir. Confidences pour confidences et le connaissant un peu mieux désormais, j’aurais presque tendance à dire tant mieux qu’il reste si confidentiel car il est très « âpre » et si peu évident à gravir dans sa partie la plus difficile où se trouve les pylônes EDF. D’ailleurs, j’en suis encore à me demander s’il n’y aurait pas plusieurs sentes montant vers cette « Serrat de l’Ase » ? Si certains de mes lecteurs le savent, je suis toujours preneur d’autres passages ou tracés plus faciles. Telle qu’accomplie ici, la balade est longue de 10,9 km. Le point culminant à 1.173 m est le Pech de Fraissinet et la ligne de départ à la Coume étant à 502 m, le dénivelé est de 670 m. Les montées cumulées sont plus parlantes et se chiffrent à 1.165 mètres. Carte I.G.N 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25.

    (*) Le toponyme « pelade » est très commun dans toute la partie sud de la France. Il signifie la plupart du temps un « terrain de montagne pelé ou dénudé », pâturé le plus souvent par des troupeaux d’ovins ou de caprins. J’ai déjà eu l’occasion d’expliquer une jolie balade au Pic de la Pelade, sommet aride situé près du Massif du Madres entre Capcir et Conflent. Les mots « pelada », « pellado », « pelates », « pelat(s) » ont la même origine et signification.

    (**) Serrat de l’Ase : le Serrat de l’Ase est cette colline pelée dominant Fenouillet. Serrat au même titre que Serre, Sarrat ou Sierra est une crête ou une colline. « L’Ase » ou « Aze » dans la toponymie catalane ou occitane c’est « l’âne ». On retrouve cette dénomination dans le pic bien connu du Cambre d’Aze.

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  • Rester vivant ! Oui, mais comment ?


     

    En ce mois de juillet 2016, l’actualité m’a rattrapée une fois encore. Une fois de plus. Une fois de trop. J’avais prévu de faire un petit billet sur la défaite de l’équipe de France lors de l’euro et me voilà contraint une fois encore de faire dans le sordide en évoquant ce terrible drame de Nice du 14 juillet. J’en ai vraiment assez de voir tous ces innocents mourir. J’en ai plus qu’assez de voir toutes ces cérémonies où viennent se pavaner des incapables qui ne pensent qu’aux prochaines élections. J’ai ai plus qu’assez de voir ces polémiques stériles de nos gouvernants et politiciens de tous bords. En matière de terrorisme et de sécurité, la gauche gouvernante affirme que jamais autant de décisions et de réformes avaient été prises auparavant. La droite dit le contraire et annonce tout d’un coup un monceau d’idées nouvelles pour lutter contre ce fléau. Mais le résultat est là : des attentats en série touchant la société française plus qu’aucune autre !

     

    Pour une fois au moins, ne pourraient-ils pas s’entendre sur quelques idées communes, sur quelques idées de base à mettre en œuvre ?

     

    Pour une fois, ne pourraient-ils pas oublier un peu les prochaines élections et se souder autour de ce qu’il faut faire pour être un peu plus efficaces ?

     

    Non, au lieu de ça, ils nous ont bassiné pendant des mois avec la déchéance de nationalité pour les terroristes. Pour quel résultat ? Plus de 230 morts, des centaines d’handicapés et des gens fragilisés dans leur tête jusqu’à la fin de leurs jours.

     

    Combien faudra-t-il de morts, combien faudra-t-il de victimes innocentes pour que nos gouvernants actuels ou passés reconnaissent que leur politique a été un échec total ?

     

    Combien faudra-t-il de morts, combien faudra-t-il de victimes innocentes pour qu’ils reconnaissent que la France ne possède pas les outils et les moyens sécuritaires, juridiques et pénaux pour faire face à ce terrorisme-là ? Qu’attendent-ils pour que la France s’en dote ?

     

    Combien faudra-t-il de morts, combien faudra-t-il de victimes innocentes pour qu’ils arrêtent de se voiler la face et reconnaître enfin que l’islam, quel qu’il soit, est de plus en plus radical depuis des décennies. Islam de France y compris. Ça commence avec le voile dans les lieux publics, ça se poursuit avec les cantines, les piscines et les soins médicaux qu’il faut adapter à leurs communautés de plus en plus nombreuses et composites.

     

    Combien faudra-t-il de morts, combien faudra-t-il de victimes innocentes pour reconnaître enfin qu’accueillir à bras ouverts des millions d’immigrés et de réfugiés de tous pays ne va pas sans poser des problèmes insurmontables. Insurmontables pour notre société, notre identité, notre solidarité, notre laïcité, notre sécurité et nos finances ?

     

    Combien faudra-t-il de morts, combien faudra-t-il de victimes innocentes pour que nos juges prennent les bonnes et justes décisions pour mettre hors d’état de nuire un certain nombre de multirécidivistes ? Est-il normal que l’assassin de Nice, en France depuis 2005, n’est pas été reconduit dans son pays d’origine, la Tunisie en l’occurrence, alors qu’il était connu de la justice pour des faits de menaces, violences, vols et dégradations commis entre 2010 et 2016, violences sur son épouse notamment. Le 24 mars, il avait été condamné à Nice à six mois de prison avec sursis pour des violences volontaires commises en janvier. Lors d'une altercation liée à un accident de la circulation, il avait frappé son adversaire avec une « palette », rien que ça ! Et savez-vous pourquoi le juge lui avait infligé une peine avec sursis ? Parce que le juge est laxiste et qu’il a voulu lui donner une nouvelle chance ? Pourquoi ? Parce que ce Bouhlel avait des enfants ? Une femme ? Oui, on voit bien aujourd’hui où le laxisme, la compassion, la gentillesse, la bonté, la miséricorde du juge, appelons-les comme on veut, nous ont mené. Ne plus faire confiance à aucun voyou multirécidiviste devrait être « la règle » dans notre pays. Les expulser quand ils sont étrangers.  Les déchoir de la nationalité française quand ils ont la double nationalité puis les expulser avec interdiction de revenir en France. Les enfermer dans des geôles et non pas dans des Club’Med où ils peuvent faire du sport, regarder la télé sur grand écran, s’ils ne sont que français ? Et surtout les mettre au boulot pour rentabiliser les coûts qu'ils engendrent pour notre société.

     

    C’est à ce prix-là que nous resterons encore vivants ! Être plus fermes, plus sévères, sans état d'âme, sans sensibilité d'aucune sorte. Ils ne le méritent pas et n'en ont pas avec nous, avec nos enfants, avec notre société ! Ceux qui n'aiment pas notre société, nos moeurs, notre Histoire, nos coutumes, qu'ils dégagent définitivement.

     

    « Rester vivant » chante en ce moment et un peu partout notre Johnny national !

     

    Le 2 juillet, Johnny est venu chanter à Fréjus sur la jolie base nature devant 20.000 spectateurs et sans aucun problème, enfin sauf pour une vingtaine de platanes qui eux sont définitivement morts au nom d’une certaine religion musicale qui s’appelle le rock. J’ai toujours aimé le rock sauf quand il massacre aveuglement, y compris à la tronçonneuse des arbres innocents. A Fréjus, la commune est gérée par un élu F.N mais surtout ne voyez aucune corrélation entre la gestion de la commune, celle de la sécurité et l’absence d’attentat. C’est la chance, c’est tout ! Il y a eu un contrôle des spectateurs mais les policiers nationaux présents ce jour-là étaient au nombre de 7. Etaient-ils proportionnellement plus nombreux à Nice le soir du 14 juillet ? Laissez-moi en douter ! Je ne sais pas mais la polémique continue d’enfler à ce propos suite à un article paru dans Libération. Malheureusement et longtemps encore toutes ces polémiques continueront d’alimenter les débats politiciens et médiatiques.  Ces polémiques se feront inévitablement au détriment de la sécurité des citoyens lambda que nous sommes. Les français se foutent des polémiques. Pas de bla-bla, des résultats disait une célèbre publicité. Je n'aime pas la publicité, ce bourrage de crâne pour débiles mentaux.

     

    Faisons en sorte de « rester vivant » tout simplement !

     

     

     

     


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  • LE CHATEAU DE SALVETERRA......depuis Opoul par jullie68

    Diaporama sur une musique de Johan Söderqvist tiré du film "Let The Right One In", en français "Morse"

    Le Château de Salveterra (400 m) depuis Opoul (côte 207 sur le D.9)

    Le Château de Salveterra (400 m) depuis Opoul (côte 207 sur le D.9)


     

    Si vous allez découvrir le château d’Opoul, comme j’ai pu le faire, avec une tramontane à 80 ou 90km/h avec quelquefois des rafales soufflant à plus de 100, voire sans doute supérieures parfois ; j’ai failli tomber à plusieurs reprises ; vous penserez immédiatement que si nos ancêtres l’ont appelé « Salveterra » c’est sans doute à cause de ça. La « Sauveterre », on y monte, terre en général hautement perchée, et le vent est tel qu’immédiatement on se sauve ! Eh bien non ! Vous n’y êtes pas du tout et c’est même presque le contraire ! Non, tous les toponymistes sont d’accord pour traduire « Salveterra » en « terre sauve » c'est-à-dire en « terre d’asile » et en tous cas en « terre jouissant d’un droit d’asile ». C’est ainsi qu’au Moyen-Âge, un « sauvetat » ou « salvetat », en français une « sauveté » était un lieu bien défini, en général près d’une église et délimité très souvent par des bornes, dans laquelle un fuyard ne pouvait pas être ni appréhendé ni même simplement poursuivi. L’Histoire raconte que ce château d’Opoul a été édifié en 1246 par Jacques 1er le Conquérant, roi d’Aragon, sur les bases d’un ancien « podium », le « Castlart d’Oped ». Le but était d’assurer la paix avec le Royaume de France en protégeant la frontière toute proche par une ligne de défense composée de plusieurs forteresses aragonaises dont Salses, TautavelForça Réal et bien sûr Oped. Le royaume de France possédait l’équivalent avec Aguilar, QuéribusPeyrepertuse et quelques autres châteaux longeant la chaîne pyrénéenne piémontaise.  Ici au « Castlart d’Oped », le lieu était si sordide et si venté que les candidats prêts à l’occuper ne se pressaient pas au portillon et du coup, le roi décida d’en faire une « Salva Terra », une terre protectrice. Aussitôt arrivèrent des vagabonds, des fugitifs mais également des paysans qui fuyaient les exactions et les guerres. Ils s’installèrent sur le plateau. Le hameau de « Salveterra » est né ainsi comme d’autres «Sauveterre» dans bien d’autres provinces de France, de Navarre et d’Aragon. La première mention écrite « Salveterra » date du 11eme siècle et tire son origine du latin « Salvam Terram » ou « Salva Terra ». D’autres citations du mot suivirent et figurent en bonne place dans les archives médiévales du « Trésor des Chartes ». Depuis le nom a guère varié même en passant du latin à l’occitan (Sauvaterra), ou de gascon (Salvaterra) au béarnais (Saubeterra) et enfin au français (Sauveterre), mais il a toujours gardé cette même signification de « terre sauve », une terre sur laquelle une communauté pouvait bénéficier d’une « charte de franchise », c'est-à-dire d’un certain nombre de privilèges et d’exemptions de taxes que le seigneur leur accordait pour les inciter à s’installer.  Alors comme la douzaine de communes françaises et les innombrables lieux-dits portant ce nom de « Sauveterre », le château d’Opoul ne fait pas exception à cette règle instaurée ici par Jacques 1er d’Aragon. Voilà pour l’Histoire du lieu et du nom rapidement résumé. Pour mon pique-nique et malgré les ruines, j’y ai d’ailleurs trouvé asile sans trop de problèmes, au fin fond d’une salle voûtée pourtant ouverte à tous les vents mais très curieusement la tramontane, elle, n'y rentrait pas. Dans ce décor plutôt isolé, austère et même un peu lugubre, il faut bien le dire, seul le vent violent a eu envie de me chasser de là et malgré ma terrible envie de découvertes, il a fini par y parvenir bien plus vite que je ne l’aurais voulu. J’en suis donc parti à regret avec le sentiment de ne pas avoir tout vu. Pour cette randonnée, je suis parti de la côte 207 sur la carte IGN, croisement situé sur la D.9 peu après Opoul. Là, j’ai laissé ma voiture près d’une citerne verte D.F.C.I et j’ai immédiatement emprunté un petit sentier caillouteux coupant les deux premiers lacets de la route asphaltée montant vers le château. Un peu plus haut, j’ai retrouvé la route mais peu après, j’ai aussitôt opté pour un autre raccourci. En effet, une large piste caillouteuse part sur la droite et évite à nouveau un long cheminement sur le bitume. Si la déclivité est plutôt modeste, elle est néanmoins suffisante pour dévoiler de multiples et lointains panoramas : Plaine du Roussillon,   massifs des Albères et du Canigou et premiers contreforts des Pyrénées enneigées. Beaucoup plus près, le village d’Opoul en contrebas, la côte Méditerranéenne et l’étang de Salses-Leucate et les premières « serras » des Corbières méridionales. Enfin, ce n’est pas seulement la tramontane qui m’a fait tourner la tête et les paysages y étaient pour beaucoup aussi. Du fait, l’objectif de mon appareil photo a fait de même. Quand au château, s'il est bien visible depuis un bon moment déjà, c'est essentiellement à cause de ses quelques remparts ressemblant à des chicots sur une gencive édentée. Cette gencive blanche, c’est la vaste plate-forme calcaire qui le supporte. Abstraction faite des fortifications, à lui seul ce plateau ressemble à une forteresse minérale. Dans ce plaisant cheminement, la seule chose que je regrette, or mis la tramontane, c’est ce ciel carrément coupé en deux avec de gros nuages gris sur la longue crête des Corbières et un bleu azur presque pur sur le Roussillon. La tramontane a coupé le ciel en deux et envoie valdinguer les nuages vers la mer. De ce fait, le firmament est moucheté de quelques altocumulus lenticulaires très épars. Cette coupure est juste au dessus de ma tête et par instant, j’ai même l’impression d’un désagréable crachin qui, heureusement ne dure que quelques minutes. Le chemin amorce un virage, laisse sur la gauche une aire de pique-nique et une citerne jaune et se termine sur le bitume de la route juste en face le grand parking du château. Ne connaissant pas les lieux, j’emprunte l’itinéraire qui me parait le plus simple et le plus direct pour monter vers le fort. Je traverse le parking tout droit, prend un large chemin puis un sentier plus étroit montant directement à droite vers les ruines des remparts. Là, je me retrouve devant quelques rochers puis un mur qu’il me faut escalader sur quelques mètres pour parvenir à une trouée dans les remparts du château. Si vous n’êtes pas féru de grimpe aussi minime soit-elle, je vous conseille, depuis le parking, d’emprunter un étroit sentier filant immédiatement à droite et se dirigeant vers une petite pinède. C’est plus long pour atteindre le plateau mais moins périlleux et donc plus sûr. Après le pique-nique, j’ai dans l’idée de faire une visite très approfondie de tous les vestiges et du plateau lui-même mais la tramontane a forci et semble décidée à contrarier ce projet. A plusieurs reprises, elle est à deux doigts de me pousser à la faute et de me faire tomber. Grâce à un planté très ferme  de mon bâton de marche, j’évite le pire, c'est-à-dire de choir au fond d’une séculaire « cellera » souterraine que je suis entrain de photographier. Etant tout seul sur cette masse aride et rocheuse, il ne m’en faut pas plus pour prendre mes jambes à mon cou et décamper de ce lieu si hostile. Ce n’est pas vraiment de la peur mais mon éternelle étourderie m’ayant fait oublier mon téléphone portable, je trouve que c’est plus prudent d’en rester là, et ce d’autant que d’autres découvertes sont au programme et que le ciel demeure toujours incertain. Au loin, vers Périllos et son Montolier, le ciel est très gris et la colline gravie l'an dernier plus terne encore.  J’entreprends donc de faire le tour du plateau car sur la carte IGN figure un chemin circulaire et deux grottes que je veux impérativement aller voir : la Cauna Negra et la Cauna Roja. Je suis d’autant plus enthousiasmé que j’ai appris que les flancs du plateau recèlent des marnes fossilifères. Je fais donc le tour du plateau sans aucun problème, un large chemin en forme de vélodrome étant tracé à cet effet. En observant chaque éboulis, chaque talus, je trouve assez facilement quelques fossiles intéressants dont trois sont clairement de vieux mollusques bivalves quand au quatrième, il ressemble plutôt à un ver marin. Enfin, il suffit d’observer certains agglomérats limono-argileux reconnaissables à leur couleur rougeâtre pour qu’aucun doute ne subsiste quand à la présence de la mer ici dans des temps très reculés. On y décèle le dépôt d’infimes algues fossilisées et parfois même de minuscules coquillages. Depuis le chemin, on peut noter aussi la présence quasi permanente de remparts dans chacune des anfractuosités du plateau mais également des tours fortifiées sur son aile nord. Les grottes, elles, ne présentent pas un grand intérêt, il faut dire que je ne suis pas trop téméraire quand il s’agit de progresser seul dans une caverne, qui plus est sans lampe comme c’est le cas. Après ce tour du plateau, je m’arrête à la table d’orientation dominant le village d’Opoul. Je l’ai remarqué grâce à ma carte IGN. Elle se trouve en face du parking du château. On regrettera qu’elle ne soit pas indiquée et qu’en outre n’étant pas visible depuis la route, on peut supposer que de nombreux touristes y passent à côté sans la découvrir. Après cette visite du château et de son plateau calcaire, je reprends la route direction la Ginevrède (la Génevraie). Au premier virage, je poursuis tout droit pour emprunter la route de la Vall Oriola mais juste après un pylône à haute tension se trouvant sur la gauche, j’emprunte un bon chemin descendant dans la Coma de l’Agla (la Combe de l’Aigle). Là, en marchant au pied de la petite falaise, dernier épaulement du vaste Pla de la Llaquera (plateau du Laquet), je suis bien à l’abri du vent et ça me change des rafales que j’ai pris en pleine poire depuis le début de la balade. C’est d’autant plus agréable que la tramontane a chassé tous les nuages et que la balade s’effectue désormais sous un chaud soleil. Est-ce l’absence de vent, la tranquillité du lieu et la présence d’une pinède mais les passereaux y sont plus nombreux que nulle part ailleurs. Je me poste avec mes appeaux et en moins d’une heure, je réussis à photographier un monticole bleu, un rouge-gorge et une jolie fauvette à lunettes. Après cette jolie moisson photographique, je repars. La falaise se termine et avec elle, l’abri du vent aussi. J’ai atteint le fond de la combe. Ici, circule le Correc dels Vivers et la tramontane me rappelle aussitôt à son bon souvenir. Tout comme moi, elle s’engouffre dans la petite gorge du « correc » mais ce n’est pas pour les mêmes raisons. Les miennes sont plutôt localisées car le but de cette marche dans le ruisseau asséché est d’aller découvrir l’étrange grotte de la Nantella. Etrange car l’entrée de cette grotte toute proche est constituée d’un joli fronton en pierres maçonnées comme on le faisait dans le temps avec les matériaux du coin : calcaire blanc et terre argileuse rougeâtre. La toiture a disparu mais la bâtisse devait être très belle avec notamment une grande pièce présentant une très jolie arcade et de nombreuses ouvertures permettant sans doute d’y faire rentrer le soleil. Les pièces donnent ensuite sur l’entrée de la grotte et de ce fait, bien évidemment on pense immédiatement à un ancien habitat troglodyte. Alors était-ce un moulin à cause du ruisseau qui se trouve juste devant ? Etait-ce une bergerie bien que son unique accès par le petit canyon semble peu propice à la venue d’un troupeau ? Etait-ce l’entrée d'une mine aujourd’hui oubliée ? Etait-ce plus simplement l’habitat d’un homme original qui cultivait des lentilles puisqu’il semble que le nom « Nantella » soit une variante du toponyme « Nantilla », lieu où l’on cultivait cette légumineuse ? Le mystère reste entier et je n’ai rien trouvé sur Internet permettant de donner un début d’explication. Aujourd’hui, et malgré son état de délabrement, il semble que la grotte ait été encore très récemment « squattée » car on y trouve un matelas deux places, plusieurs matelas en mousse, un grand canapé en cuir et un tapis et divers petits objets usuels. La grotte est à priori et de très loin la plus spacieuse des trois que j’ai visité au cours de cette balade. L’absence d’une torche m’a encore une fois contraint à écourter la découverte. Il ne me reste plus qu’à rejoindre la voiture, ce que je fais en suivant le lit du « correc » jusqu’au petit pont de la D.9 qui l’enjambe. Là, je poursuis l’asphalte sur moins d’un kilomètre, en longeant la  Coma de Raó jusqu’à la côte 171 puis juste avant le virage, j’emprunte un étroit sentier filant tout droit dans la garrigue et me permettant une nouvelle fois de raccourcir l’itinéraire. Ma voiture est là sur le terre-plein et en observant mon pneu avant gauche, je m’aperçois que je me suis arrêté à quelques millimètres à peine d’un énorme et magnifique « Orchis géant » tout rose. Ecraser en janvier une aussi jolie fleur alors que la flore aperçue ne se résume qu’à quelques romarins, ajoncs ou pissenlits aurait été fort dommage. La randonnée telle qu’expliquée ici a été longue de 10 km environ. Le dénivelé de 255 mètres est peu significatif, le point le plus haut est bien évidement situé sur le plateau à proximité du château à 400 mètres d’altitude. Les montées et descentes cumulées sont de 610 mètres. Bonnes chaussures à tiges hautes sont vivement conseillées dans ce pays de caillasses et bien évidemment emportez de l’eau en quantité suffisante si vous envisagez de faire cette balade à la saison chaude. Carte IGN 2547 OT Durban – Corbières – Leucate – Plages du Roussillon Top 25.

     

     


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  • LA CHAPELLE SAINT JACQUES DE CALAHONS....... par jullie68

    Diaporama mis en musique sur 3 chansons interprétées par Tevin Campbell :

    "Always in my heart", "Everything you are" (featuring Coko) et "Infant child".

    La Chapelle Saint-Jacques-de-Calahons (531 m) depuis Catllar (331 m)

    La Chapelle Saint-Jacques-de-Calahons (531 m) depuis Catllar (331 m)


    Après la Serre du Bosc del Prior, c'est-à-dire la crête du Bois du Prieur, restons sur le thème de la prière avec cette fois-ci tout un prieuré ! Celui de Saint-Jacques de Calahons. Combien de fois mes randonnées m’ont-elles amené à découvrir de vieilles chapelles ? Parfois irrémédiablement oubliées et ruinées voire en piteux états mais quelquefois très bien restaurées. Ces dernières sont le plus souvent fermées car malheureusement les associations les ayant rénovées ont désormais la crainte de les voir dégradées voire vandalisées quand elles contiennent quelques richesses ou plus simplement quelques objets de piété. De nos jours, les pires déprédations viennent même se nicher aux tréfonds de nos montagnes, j’en ai fait l’amère expérience plusieurs fois et cela, quelque soit le type de patrimoine. Bien sûr, l’Histoire est pleine d’agressions envers des édifices religieux et très souvent si les chapelles ont été oubliées, la raison première en était l’insécurité. Les anachorètes qui vivaient retirés du monde étaient très souvent des proies faciles pour les pilleurs de toutes sortes ceci expliquant leur quasi disparition et l’abandon de très nombreux ermitages. A cette insécurité est venue s’ajouter une désaffection des pèlerins, une carence des fidèles et le coût pour entretenir tous nos édifices religieux parfois très éloignés des principales voies de communication. On pourrait penser que les temps ont changé et que l’ont vit dans une époque bien plus civilisée mais non, pas vraiment. Les guerres inter religions ou contre les religions ont pris d’autres visages, d’autres dimensions mais elles sont encore là, bien présentes. Le conflit de Daesh arrivant jusqu’à nous en est un parfait exemple. De nos jours, les chrétiens qu’ils soient d’Europe ou d’Orient continuent à être persécutés comme ils l’ont été depuis des lustres. Quand j’ai appris que dans une chapelle de notre beau département, la vie érémitique existait encore, j’ai voulu aller voir et là je l‘avoue ma déception fut grande quand une fois de plus, j’ai découvert une chapelle fermée. Cette chapelle, c’était celle de Saint-Etienne de Pomers au dessus de Clara dont je vous ai conté la visite en décembre 2012. Oh non, mon idée première n’était pas d’aller ennuyer l’ermite Cassien mais surtout d’aller découvrir dans quel décor, dans quel cadre, cette vie ascétique pouvait encore subsister. J’avais appris qu’il avait lui-même restauré la chapelle au prix d’indescriptibles efforts et j’avais le sentiment que d’aller lui rendre visite, c’était en quelque sorte lui rendre hommage, d’autant que j’avais lu qu’il accueillait les randonneurs toujours de bonne grâce. Malheureusement, l’ermite Cassien n’était plus là. Alors, la question qui m’est venue aussitôt à l’esprit c’est de me demander s’il existait d’autres chapelles avec une vie érémitique ? Eh bien oui mais je ne l’ai su que récemment ! A la chapelle Saint-Jacques de Calahons exactement, située dans une combe au dessus de Catllar. Alors bien évidemment, aller la découvrir lors d’une balade pédestre est devenu un objectif avec toujours la même idée : de nos jours, dans quel cadre cette vie solitaire se réalise-t-elle ? Au moment où je prends la décision d’y aller, Dany et moi nous sommes à Urbanya et sur la carte I.G.N, je constate qu’à vol d’oiseau, Catllar est à moins de 10 km. 9,7 km exactement. Mais nous ne sommes pas des oiseaux, alors nous prenons la voiture et la route en début d’après-midi car la balade programmée est relativement courte et facile : moins de 8 km et 225 mètres de dénivelé seulement. 13H45, nous voilà à Catllar sur la ligne de départ et devant un panneau signalétique on ne peut plus explicite : «Cami de Sant Jaume de Calahons » et dessous un panonceau de randonnée indiquant un « Chemin de St Jacques ». D’emblée, nous démarrons sur une rampe plutôt raide et chaude car bétonnée depuis peu. Son nom est « Cul de sac de San Jaume de Calahons ». J’espère que ce n’est pas le cas car j’ai prévu de faire une boucle. Seuls, devant nous, un couple de merles semblent disposés à nous accompagner, mais non, ils s’envolent et je reste planté là à m’évertuer à vouloir les photographier correctement. Immédiatement, l’élévation offre d’amples tableaux sur Catllar, la Vallée de la Têt et le Massif du Canigou. Sur la droite, le Pla de Balençou n’a pas son aspect habituel. En général plutôt oblong, d’ici il paraît très ramassé. Le parcours tourne le dos à tous ces beaux paysages mais comme le regard est constamment attiré, les demi-tours sont incessants. Ils le sont d’autant plus, qu’ici, contempler les panoramas et reprendre son souffle, ça va de pair. Quand la rampe cimentée se termine, on enjambe un étroit canal et là, un nouveau panneau « Chapelle St Jacques de Calahons » nous invite à prendre un étroit sentier se faufilant dans la garrigue. Nous voilà, sur le bon chemin, celui de Saint-Jacques, mais seulement de Calahons et rien avoir avec celui de Compostelle si j’en crois le remarquable site Internet de Monsieur Yvan Marquié. D’ailleurs, en observant la carte I.G.N, on remarque que ce sentier est appelé « Cami del Llenguadoc ». Inutile de traduire. De toute manière, peu importe le nom du sentier car nous voilà définitivement partis pour plus de deux heures hors de la modernité et c’est aussi pour cette raison que nous sommes là et que nous aimons marcher dans des coins comme celui-ci, un peu oublié de tout et de tous. D’ailleurs, à y regarder de plus près, on se demande pourquoi la chapelle est dédiée à Jacques et pas à Pierre, car les pierres c’est ce qui captive d’abord le regard. Elles sont omniprésentes et sous diverses apparences et tailles : Sous nos pieds avec les sempiternels cailloux que l’on tente en vain d’éviter, mais aussi sous la forme de gros magmas rocheux où l’itinéraire se transforme en anguille pour les esquiver. A gauche et à droite du sentier, elles nous cernent sur la forme de longs et hauts murets en pierres sèches. Elles sont également présentes dans l’élévation de vieux enclos jadis destinés à la culture de la vigne, culture aujourd’hui totalement disparue de cette colline. Elles jalonnent le chemin dans la formation de quelques cairns balisant la parcours, dans celle de quelques cabanes ou orris dont la visite est proposée, dans divers amoncellements dus aux épierrements successifs, dans la vision d’une ancienne carrière de kaolin, et bien sûr dans l’édification des rares monuments présents ici : oratoires et chapelle finale incluse. Sous cet aspect pierreux, cet itinéraire me rappelle un peu celui de la « Tourèze mystérieuse », balade au départ de Latour-de-France et déjà contée dans mon blog. En m’intéressant à l’Histoire de Saint-Jacques de Calahons, j’ai même appris que « depuis des temps immémoriaux, chaque famille catllanaise possède son coin aménagé sous les arbres, avec des pierres qui servent de table et de sièges ». A cet inventaire et dans un secteur un peu plus vaste, viennent s’ajouter divers dolmens et même une « pierre tombale » dite de l’ermite, c’est dire si dans ce petit bout de collines, la pierre est une dominante essentielle à la vie et à la mort de tout un chacun. Tout en flânant et en ponctuant de quelques arrêts ce dédale pierreux, mais heureusement un peu végétal aussi, nous mettons, depuis le canal,  une heure pour atteindre la chapelle. Là, après les traditionnelles photos souvenirs et la signature d’un livre d’or, nous prenons le temps d’une visite minutieuse car l’église d’une grande sobriété est superbement rénovée avec par exemple de très jolis petits vitraux. Quand à l’ermite, il nous fait le plaisir de venir nous saluer au sein même de son petit jardin potager, mais peut être est-il surtout inquiet de savoir qui nous sommes et a-t-il la crainte de nous voir piétiner ses jolies plates-bandes ? Après cette brève entrevue, et la fin de cette découverte étonnante et studieuse qu’est la chapelle et ses extérieurs, nous la quittons définitivement. Cette fois, direction une aire de pique-nique près d’une belle fontaine à l’eau non potable mais de toute manière asséchée à cette époque de l’année. Heureusement que nous avons notre eau et en quantité suffisante car le temps est lourd et bien trop chaud pour un 13 novembre. Elle vient à la fois rafraîchir nos nuques brûlantes et nous aider à avaler le petit en-cas que nous avons pris soin d’emporter. Après ce dernier intermède, nous prenons le petit sentier qui au fond et à droite de l’esplanade se poursuit vers la crête de Les Illes. Cette crête descend ensuite vers les lieux-dits Gratallops (gratte-loups) et l’Argentiner. Au préalable, le sentier suit et domine très longtemps le ravin du Correc de Les Illes et de ce fait, offre très souvent de belles vues lointaines et quelquefois à 360°. Le Canigou n’étant pas encore enneigé et se détachant derrière un halo d’un bleu gris, la vue la plus remarquable reste celle que l’on a du village de Eus et de son imposante église Saint-Vincent-d’En-Haut. Je regarde le village avec un brin de nostalgie et le souvenir d’un merveilleux Tour du Pays Fenouillèdes réalisé avec mon fils. C’était il y a quatre ans déjà. Sur la crête de Les Illes puis dans sa descente, on prend soin de toujours rester sur l’itinéraire le plus évident bien balisé de cairns et de quelques marques de peinture jaune, en évitant d’abord les petites sentes partant à droite ou à gauche et les diverses pistes qui se présentent à la fin de cette longue inclinaison. Là, au lieu-dit l’Argentiner, on retrouve la route départementale D.24, celle-là même qui nous a vu démarrer de Catllar. Il suffit de l’emprunter vers la droite sur moins de 2 km pour retrouver la ligne de départ. Quelques raccourcis paraissent éviter le bitume mais comme nous les avons que peu ou pas empruntés, je ne saurais trop vous les conseiller. Tout inclus, cette balade a duré 2h40 et comme nous avons encore beaucoup de temps devant nous, nous décidons d’aller visiter Catllar que nous ne connaissons pas le moins du monde. Là, l’église dédiée à Saint-André est ouverte et une visite guidée est en cours. Après la fin de non-recevoir essuyée à Corneilla-de-Conflent lors de la précédente randonnée à la Serre du Bosc del Prior et dans des conditions similaires, nous redoutons un nouveau refus. Mais non,  la guide est charmante et compréhensible et accepte très gentiment que l’on déambule dans l’église mais silencieusement. Quelle chance nous avons car cette église d’architecture romane est magnifique avec un majestueux maître-autel central enjolivé d’un superbe et monumental retable. En réalité, nous décomptons 7 autres petites nefs avec d’autres retables et décorums tous plus beaux les uns que les autres. Quand aux autres œuvres, elles sont nombreuses et souvent très intéressantes. Grâce à la guide qui veut bien nous accompagner de longues minutes, nous apprenons beaucoup de choses sur leurs fondements ou leurs origines et sur Catllar aussi. Je tiens donc à remercier cette aimable personne au travers de ce récit. Bonnes chaussures de marches à tiges hautes et eau en quantité suffisante sont conseillées sur ce parcours. Telle qu’expliquée ici, visite de Catllar et de son église incluse, la balade est longue de 8 km. Le dénivelé entre le point le moins élevé (309 m) et le plus haut (536 m), juste avant le sanctuaire (531 m), est de 227 m quand aux montées cumulées, elles sont de 440 m environ. Tous ces chiffres rendent ce parcours plutôt facile et réalisable en toutes saisons.  Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

     


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  • LA SERRE DU BOSC DEL PRIOR....... par jullie68

    Ce diaporama est enjolivé de la chanson "Vénus"  écrite par Ed Marshall et Peter De Angelis, successivement interprétée ici par les excellents Frankie Avalon, Les Compagnons de la Chanson, Johnny Tillotson, Gloria Lasso, The Lettermen, Johnny Mathis.

    La Serre du Bosc del Prior (828 m) depuis Corneilla-de-Conflent (548 m)

    La Serre du Bosc del Prior (828 m) depuis Corneilla-de-Conflent (548 m)


    Avec Dany, mon épouse, on marche ensemble depuis de longues années. Un peu moins désormais à cause de ses problèmes articulaires. En randonnée, je la connais par cœur. Je sais ce qu’elle aime et je sais aussi ce qu’elle n’aime pas. Malgré ça, il m’arrive parfois d’être très embêté dans les challenges qu’elle me fixe. C’est le cas en cette magnifique journée d’automne. Nous sommes début novembre. L’envie de marcher est là, mais elle m’a fixé dans la balade qu’elle est prête à faire, les contours suivants : pas trop loin, c'est-à-dire pas trop de route à faire en voiture depuis Urbanya où nous résidons, pas plus d’une dizaine de kilomètres à marcher, un dénivelé le plus modeste possible et la connaissant, je sais que c’est environ 300 mètres au maximum, et enfin et surtout de beaux panoramas à observer, de préférence à l’heure du pique-nique. Rien que ça ! Ce n’est plus un challenge c’est une prouesse, un défi qu’elle me demande ! Alors, je reprends un à un les éléments. Pas trop loin, ça exclut automatiquement toutes les régions autre que le Conflent. La Cerdagne et le Capcir où depuis Urbanya nous allons marcher habituellement sont bien trop loin. Les autres régions du département équivaudraient à rentrer à notre domicile. Il faut donc que je cherche ou que j’invente une randonnée d’une dizaine de kilomètres et de 300 mètres de dénivelé maximum dans le Conflent. Marcher à Urbanya ? Non, les dénivelés sont bien trop costauds à moins de refaire des balades déjà faites des dizaines de fois. De beaux panoramas ? Il n’y a pas d’inquiétude à avoir car dans le Conflent, je connais peu de randonnée où le Canigou ne soit pas la toile de fond. Alors, je me mets à chercher sur la carte I.G.N et le Conflent uniquement, et à force de la scruter, figurez-vous que je finis par trouver la randonnée presque idéale. En regardant la carte cadastrale sur Géoportail, je l’ai naturellement intitulé la « Serre du Bosc del Prior » car l’itinéraire emprunte une longue crête qui s’appelle « la Serre » circulant dans un bois au joli nom de « Bosc del Prior », le « Bois du Prieur ». Cette balade démarrant depuis le très beau village de Corneilla-de-Conflent et filant jusqu’à celui de Fillols, au pied du Canigou, tout semble réuni pour en faire la randonnée rêvée de Dany. Avec l’itinéraire tel que je l’imagine sur mon logiciel CartoExploreur tout rentre parfaitement dans le moule. Un premier tracé succinct me donne une boucle de 10,800 km de distance et de 280 mètres de dénivelé. Si je rajoute une visite de Fillols, on ne devrait pas dépasser les 12 km et les 300 m de dénivelé. En ce 7 novembre 2015, il n’est pas encore 10h quand nous démarrons de Corneilla-de-Conflent. Personnellement, j’ai découvert ce village, très récemment, lors d’une agréable randonnée sur le Circuit des Minerais au mois de mai dernier. Revenir ici, m’enchante car j’ai immédiatement aimé ce village paisible avec son imposante et merveilleuse église Sainte-Marie dont malheureusement, je ne connais toujours pas l’intérieur. Il y a également une tour moyenâgeuse. Après quelques photos souvenirs de ces deux monuments, nous nous mettons vraiment en route. Au centre du village, mon GPS m’indique une altitude de 540 mètres. Derrière l’église, je constate qu’une affiche explique quelques balades et parmi elles, il y en a une, « le Circuit Roman », dont le tracé est sensiblement similaire au mien sauf le retour depuis Fillols. Quand à la partie intitulée « la Serre », moi, je l’ai prévue au retour alors que là, elle amène le randonneur directement vers Fillols. Je prends une photo de l’affiche et du circuit, ça peut toujours servir. Dany est partie devant, car moi je traîne déjà. Il faut dire que d’emblée, un oiseau plutôt étrange est venu provoquer mon goût immodéré pour l’ornithologie et la photo. Un oiseau que je ne connais pas en tous cas et dont j’apprendrais le nom qu’après l’avoir rechercher sur Internet : un Capucin bec de plomb (Lonchura malabarica) dont la lecture de son statut en France m’apprend qu’il ne serait présent que dans la région PACA et jamais vu dans les Pyrénées-Orientales sauf en cage. Alors migration nouvelle ou échappé d’une volière ? L’avenir nous le dira ! Au départ, le sentier reprend à l’identique celui du P.R Circuit des Minerais. Il n’y a donc pas de difficultés, le balisage jaune est bien présent et il suffit de le suivre. Tout en montant, les paysages se dévoilent sur Corneilla, sur le Vallon du Cady, sur le Massif du Canigou, sur le pic des Tres Estelles et sur la Serre de Badebany plus connu sous le nom de Canalettes à cause de son incroyable sous-sol. Dany paraît ravie même si l’essentiel du dénivelé est là, sur cette portion de la boucle imaginée. La déclivité est plutôt douce et tout va bien pour l’instant. Contempler la flore, la faune et les paysages sous un soleil radieux suffit à notre bonheur commun. Moi, j’y rajoute le plaisir de la photographie.  Au lieu-dit Cabanels, je retrouve quelques aspects déjà découverts au mois de mai dernier : murets en pierres sèches, ruines, terrasses et autres vestiges agropastoraux, postes de chasse et orris. La météo est superbe et le ciel est même un peu trop opalin en raison des fortes différences de températures entre la nuit et le jour. Cette brume laiteuse s’estompe peu à peu et il fait déjà bien chaud. Un temps idéal pour randonner mais un peu moins pour prendre des photos, la luminosité n’étant pas suffisamment parfaite. En moins d’une heure, nous avons atteint le Roc Ample, intersection de chemins à 704 mètres d’altitude. Dix minutes plus tard, nous voilà devant les enclos de La Collade où de nombreuses « gasconnes » en sont déjà à se prélasser en mâchonnant leurs dernières ripailles. Le fourrage était bon, le soleil est presque au zénith et l’herbe est tendre, alors elles en profitent pour se reposer avant la prochaine traite ou peut être l’abattoir. Lait ou viande, je ne sais pas ce qui les attend vraiment. Nous repartons sans tarder car pour Dany et moi, cette vision d’un cheptel ou d’un seul animal nous laisse toujours dans la perplexité, tant l’on sait la dimension du gaspillage dans l’alimentation contemporaine. Le parcours étant désormais nouveau pour moi, je rallume mon G.P.S et sort de ma poche mon bout de carte où se trouve le tracé enregistré. A cette intersection, il y a quatre directions et celle que nous devons prendre est la piste qui file vers le nord-est. Elle contourne le lieu-dit « Font de la Berjoan ». Ici, mon G.P.S ne captant pas bien les satellites, nous empruntons la bonne piste qu’après quelques longs instants d’hésitations. Quelques ramasseurs de champignons, têtes baissées et culs en l’air, sont bien trop occupés à chercher leurs joyaux champêtres, de gros cèpes en l’occurrence, pour perdre du temps à nous indiquer le bon chemin. Quelques mètres plus loin et au regard de nos pas hésitants, une très gentille demoiselle s’approche de nous et nous confirme que nous sommes bien sur la piste menant à Fillols. La piste est large et la haute forêt de pins sylvestres, sapins et autres cèdres de l’Atlas bien agréable à cheminer. Elle devient d’autant plus agréable que très vite un ample panorama s’entrouvre sur un vaste plateau bosselé et boisé et sur le pic du Canigou et toute sa partie nord-ouest de son massif si fracturé. En effet, vu d’ici, les flancs du massif sont une succession ininterrompue de ravins et de protubérances rocheuses ou boisées. L’automne a déjà largement coloré tous ces paysages. Des couleurs chaudes. Aussi chaudes pour le plaisir de nos yeux que la météo du jour sur nos têtes.  Il n’est pas encore midi quand nous atteignons la chapelle ruinée de Saint-Pierre de Fillols. Face au Canigou et dominant Fillols, ce sont les abords herbeux et ensoleillés de cette vieille chapelle romane qui vont faire office d’aire de pique-nique improvisée. Assis directement sur l’herbe et dos contre un mur de l’église, nous allons y rester une bonne heure à casser la croûte et à nous reposer en écoutant les chants entêtants mais ô combien apaisants de nombreux oiseaux qui ont élus domicile dans un immense chêne tout proche. Après cette longue pause, nous partons visiter Fillols où l’essentiel de la vie semble tourbillonner autour de sa belle église Saint Félix. Là, une fois Fillols découvert, retour vers Saint-Pierre puis montée assez sévère mais très courte vers des pylônes qui s’élèvent au dessus de la Serre. Sur ce large layon sableux au milieu de la belle forêt du Bosc del Prior, une fois la pente gravie, le chemin se stabilise puis chevauche de tous petits mamelons avant de redescendre vers la Collade. Ici et comme je l’avais supposé en imaginant le tracé de cette balade, les vues sont superbes mais rarement à 360 degrés. Vers le nord, les pins empêchent le plus souvent toute vision. Dommage. En tous cas, Dany continue d’être aux anges et c’est bien là l’essentiel. Il faut dire que les vues sur Corneilla et tout le Conflent en général y sont somptueuses. Moi, je suis également enchanté, car sur cette crête, les papillons à photographier y sont encore plutôt nombreux malgré la saison automnale déjà bien avancée. Il est vrai que la plupart du temps, ils sont complètement "escagassés" comme on dit dans mon beau pays de Provence. Ils ont fait de la résistance pour parvenir vivant en novembre mais à quel prix le plus souvent ? Gagnent-ils quelques semaines de vie à cause du réchauffement climatique ? En retrouvant la Collade et son enclos à bétail, j’ai la conviction d’avoir déjà atteint mon but : celui d’avoir su trouver une belle et facile randonnée pour le bonheur de Dany ! Désormais, il ne reste plus qu’à redescendre vers Corneilla-de-Conflent, ancienne capitale et résidence d’hiver des comtes de Cerdagne. Dix siècles sont passés mais décidément, il faut bien admettre que nos gouvernants anciens n’étaient pas si idiots que ça. Ils savaient où il faisait bon vivre. Ils savaient s’entourer d’hommes ingénieux pour construire de superbes édifices dont certains ont réussi à traverser le temps. Ils savaient ce qui était bon pour leur peuple et ce qui ne l’était pas ! Pas vraiment comme aujourd’hui, il faut bien l’avouer ! Telle que nous l’avons réalisée, visite de Fillols incluse, cette balade est longue de 13,4 km. Le dénivelé est de 280 m et les montées cumulées de 765 m. Une balade idéale à faire en toutes saisons. Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top 25.

     

     


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  • Je veux rester "souverain" dans mon pays et vous ?


     

    Je veux rester « souverain » dans mon pays et vous ? En lisant cette phrase, vous serez quelques-uns à vous dire : « Voilà, Gilbert a fini par péter les plombs ! », ou alors vous continuerez à lire cet article et c’est le but de la manœuvre même si je tiens à le dire, ce dernier n’est pas là pour convaincre qui que ce soit. Non, comme souvent, je donne mon point de vue sur un sujet, c’est tout. J’ai décidé que le sujet de Mon Journal Mensuel de ce mois de juin serait la « souveraineté », non pas de la France en premier lieu, mais de son peuple de préférence. La « souveraineté nationale » doit aller de pair avec la « souveraineté populaire ». Si je dis que je suis un « souverainiste », je prends d’emblée le risque que l’on me traite de « gaucho extrême » voire de « nazi »….tant le thème est désormais saboté pas de très nombreux médias français. A la solde des gouvernants et dans la désinformation la plus totale, ils ont pris la sale habitude d’assimiler le « souverainisme » au « populisme » en affublant ces deux mots de connotations « extrêmement » malsaines, calomnieuses et surtout accusatrices d’une mal-pensance pour ceux qui soutiennent ces idées. Il suffit de voir les procès qui régulièrement sont faits au philosophe Michel Onfray à ce propos par de très nombreux médias. Il est vrai que vouloir sortir de cette Europe des Traités, de cette Europe de la finance, de cette Europe des diktats allemands et luxembourgeois, de cette Europe d’aujourd’hui qui n’a que du mépris pour les peuples, ce n’est pas être dans la bien-pensance. Bon, d’un autre côté, je ne suis pas le seul à le vouloir mais vous n’y trouverez ni Hollande, ni Valls, ni Sarkosy, ni Juppé, ni Fillon, c'est-à-dire aucun des favoris de la future présidentielle et aucun de ceux qui gouvernent notre pays depuis des lustres. On voit bien dans quel mur tous ces gens-là nous ont menés. En contrepartie, des personnages aussi disparates que Mélenchon, Marine Le Pen, Dupont-Aignan, Chevènement, De Villiers, les députés Marie-Françoise Bechtel (République Moderne) ou Jacques Myard (L.R) se disent tous « souverainistes » et demandent au minima une révision du système européen. De l’extrême-gauche à l’extrême-droite en passant par le centre, une poule n’y retrouverait pas ces poussins et un candidat souverainiste intègre et déterminé à des élections, ses électeurs !

     

    C’est donc un problème en France mais qui n’est pas seulement français car le Royaume-Uni va offrir à ses concitoyens un référendum sur ce sujet dès le 23 juin prochain. Ce futur vote a pris le nom de Brexit signifiant "British Exit", tout un programme ! Décideront-ils ou pas de rester dans cette U.E dont ils ont toujours voulu retirer les marrons du feu ? Attendons de voir ! A force de vouloir mettre les mains dans le feu, on finit pas se brûler. Notons au passage qu’avant de se brûler et pour ne pas les voir sortir définitivement de l’Europe, quelques faveurs conséquentes de la part de Bruxelles sont venues les aider à choisir. Et nous les Français alors ? C’est pour quand un grand référendum sur le sujet ?

     

    En raison des nombreuses manifestations, mouvements de grèves, blocages de raffineries et événements divers qu’a connu la « fameuse » Loi de la toujours souriante ministre du travail El Khomri, l’indéboulonnable président luxembourgeois de la commission européenne Jean-Claude Juncker est venu porter sa « bonne parole » essentiellement financière devant le Congrès des Maires de France. Les maires râlant devant la suppression d’un grand nombre de dotations de l’Etat, le « roi européen de l’oppression financière » en a profité pour rappeler les objectifs budgétaires que la France se doit de tenir impérativement. On connaît le refrain par cœur : notre déficit public ne doit pas dépasser 3% de notre PIB. Ecraser les peuples européens, il connaît Jean-Claude et il sait le faire, mais arrêter un flot incessant de migrants mettant à mal nos finances publiques et par là même notre identité nationale et notre sécurité, là il est moins éloquent !

     

    L'Europe a su créer la paix entre pays européens et c'est déjà énorme mais l'ultralibéralisme de sa gouvernance met à mal l'avenir de ses peuples. Les écarts se creusent entre les plus riches et les plus pauvres. Pour que quelques milliardaires puissent continuer à se remplir les poches, la paix est essentielle en Europe mais elle ne doit pas se faire au détriment de ses populations. Mourir à la guerre peu de gens y aspirent, crever dans la misère encore moins !

     

    Oui, j’aimerais bien que l’on décide nous-mêmes de l’avenir de notre pays, de ce qui est bon ou mauvais pour les français, de ce qui est bien ou mal, pour l’éducation, pour sa sécurité, pour son agriculture, pour son élevage, pour son commerce, qu’on choisisse nos lois et nos réformes à mettre en œuvre pour qu’il y ait moins de chômage, moins de pauvreté, moins de précarité, pour que nos jeunes aient un avenir moins sombre, qu’on choisisse nous-mêmes si l’on veut ou pas des produits chinois, des immigrés, des réfugiés, des travailleurs détachés payés 3 francs six sous, si on veut une ubérisation de tous les services……Les traités européens sont de véritables carcans, quand aux différents traités transatlantiques qui se manigancent et se dessinent sur notre dos, ils seront à n’en pas douter un véritable coup de grâce pour notre économie française déjà si moribonde. A l’heure où j’écris cet article, nous sommes les derniers de la classe européenne et les principaux voyants économiques français sont au rouge, ce n’est pas moi qui le dit mais des économistes reconnus. Les inondations et les conflits cégétistes ne vont pas arranger cette facture déjà si lourde. Seul Hollande dit que ça va bien ou mieux et je pense qu’il continuera de la dire jusqu’en mai 2017 !

     

    Alors comment faire pour s’y retrouver dans ce capharnaüm politique et savoir si l’on doit être souverain ou pas dans son pays ?

     

    Faire un petit rappel de la définition de quelques mots n’est jamais inutile et comme Le Larousse et bien d’autres dicos sont là pour nous y aider sur le Net, profitons-en !

     

    Souverain : plusieurs définitions à ce mot selon s’il s’agit d’un adjectif ou d’un nom.

     

    L’adjectif :

    a)- Littéraire. Qui, dans sa catégorie, atteint le plus haut degré de qualité : Le souverain bien. Un bonheur souverain.

    b)- Se dit d'un pouvoir qui n'est limité par aucun autre : La Chambre est souveraine.

    c)- Qui émane d'un organe souverain et n'est susceptible d'aucun contrôle : Décision souveraine.

    d)- Qui manifeste un sentiment de supériorité absolue : Faire preuve d'un mépris souverain.

    Le nom :

    e)- Personne qui exerce le pouvoir suprême ; monarque, roi, empereur.

    f)- Monnaie d'or anglaise, frappée d'abord en 1489 par Henri VII. (En 1816, la Monnaie de Londres émit sous ce nom une pièce d'or de 20 shillings, équivalant à une livre sterling.)

     

    Souveraineté

     

    g)- Pouvoir qui l'emporte sur les autres : La souveraineté de la raison.

    h)- Caractère de quelque chose de souverain : La souveraineté d'une décision.

    i)- Pouvoir suprême reconnu à l'État, qui implique l'exclusivité de sa compétence sur le territoire national (souveraineté interne) et son indépendance absolue dans l'ordre international où il n'est limité que par ses propres engagements (souveraineté externe). (L'article 3 de la Constitution française de 1958 dispose que « la souveraineté nationale appartient au peuple, qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum ».)

     

    Souverainisme

     

    j)- Doctrine des défenseurs de l'exercice de la souveraineté nationale en Europe.

     

    Populisme

     

    k)- Idéologie et mouvement politique (en russe narodnitchestvo) qui se sont développés dans la Russie des années 1870, préconisant une voie spécifique vers le socialisme.

    l)- Idéologie politique de certains mouvements de libération nationale visant à libérer le peuple sans recourir à la lutte des classes.

    m)- Tendance artistique et en particulier littéraire qui s'attache à l'expression de la vie et des sentiments des milieux populaires

     

    Voilà les bases sont jetées et maintenant reste à savoir dans quelle(s) définition(s) je vais me situer en disant « je veux rester souverain dans mon pays ». Autant le dire, aucune définition n’a vraiment ma faveur et on a même le sentiment que le Larousse a voulu coller à la situation présente, "européenne" et complaisante. Hors mis la fin du i) avec le rappel de l’article 3 de la Constitution française qui l’emporte sur toutes les autres grâce à la précision de son explication dans laquelle je peux me retrouver, les autres définitions ne sont pas parfaitement adaptées à ma pensée. Par ricochet, j’adhère au j) bien que le mot « Europe » me paraisse superflu et trompeur.

     

    Je serais donc un souverainiste qui s’ignore mais cette démonstration a l’avantage de la clarté. Quand à savoir, si je suis « populiste », la définition du chapitre l) ne me déplaît pas puisque le but final du « populisme » serait, selon le Larousse, de libérer le peuple sans violence. Tout ça me convient très bien.

     

    Hier, et alors que j’étais parti avec l’idée d’écrire cet article et de le développer, j’ai lu, comme je le fais régulièrement, un article de Médiapart. Le titre de cet article de Michel-Lyon était « Souverainiste ! Populiste ! » et ça ne pouvait pas mieux tomber ! J’ai bien aimé cet article et je l’avoue, étant dans la plus parfaite harmonie avec l’analyse de ce journaliste, je me suis dit inutile de faire long ce que d’autres écrivent bien mieux que moi. Le sujet est évoqué de manière bien plus vaste que notre petit bout de France dans un monde si grand, mais l’essentiel des inconvénients de l’ultralibéralisme ou du néolibéralisme, appelons-le comme on veut, est dit. Les preuves apportées sur leurs méfaits sur le plan mondial sont justes, réelles et assez concises.

     

    Alors, voilà le lien vers ce petit article auquel j’adhère sans compter !

     

    https://blogs.mediapart.fr/edition/les-mots-pieges-du-neoliberalisme/article/310516/51-souverainiste-populiste

     

     

     

     

     

     


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  • LA REDOUTE D'AMBOUILLA.................... par jullie68

    Diaporama sur la musique "Nella Fantasia" ( In My Fantasy) d'Ennio Morricone et des paroles de Chiara Ferraù.

    Musique du film "The Mission" (La Mission) ici chantée succéssivement par Sarah BrightmanPaul Potts et Celtic Woman.

    La Redoute d'Ambouilla (813 m) et autres découvertes depuis Sirach (470 m)

    La Redoute d'Ambouilla (813 m) et autres découvertes depuis Sirach (470 m)


    J’avais un ami, qui très souvent, je ne sais pas pourquoi, comparait l’homme à un spermatozoïde, disant que ce dernier, tout comme l’être humain, ne faisait qu’une seule fois le même chemin. En évoquant ce chemin, il parlait de la vie bien évidemment. Quand je lui parlais de mes randonnées et que je lui disais, qu’autant que possible, j’évitais de refaire deux fois les mêmes chemins, pour plaisanter, il me disait : « tu es un vrai spermatozoïde ! ». Alors selon l’expression bien connue « une fois n’est pas coutume », j’ai essayé de le faire mentir. En effet, voilà une randonnée à la Redoute d’Ambouilla que j’ai déjà expliquée précédemment sur mon blog. Effectuée en solitaire en novembre 2012, je l’avais intitulée « la Trancade et la Redoute d’Ambouilla ». Cette magnifique randonnée, je l’avais trouvée si intéressante car si pleine de découvertes que depuis, j’avais toujours eu envie d’y emmener Dany. Alors, c’est chose faite, mais pas question bien évidemment de raconter deux fois la même chose. Alors cette fois-ci, et pour contrecarrer mon ami, le « spermatozoïde » a imaginé un itinéraire un peu différent et surtout beaucoup plus facile. La partie la plus difficile consistant à monter à la Redoute par le versant ouest de la colline, c'est-à-dire la plus pentue et la plus tortueuse, a été gommée et l’accès à l’ancien fortin s’effectue par le flanc sud-est, plus court et moins escarpé. En outre, à l’époque, j’étais parti de Ria puis après les visites de tout ce qu’il y avait à visiter sur le plateau d’Ambouilla et sa colline, j’étais revenu par la Trancade et retour vers Ria via Villefranche-de-Conflent et la Nationale 116. Cette fois-ci, rien de tout ça et en empruntant ce nouveau parcours, j’ai quasiment divisé par deux, les kilomètres et les montées cumulées. Il vrai qu’à l’époque, ne connaissant pas ce massif, j’avais surtout été attiré par sa « trancade », objet de toutes les convoitises et attentions au 18 et 19eme siècle de la part des naturalistes et surtout des botanistes. Quand au sous-sol, je n'en parle même pas car il est tout simplement extraordinaire mais réservé aux spéléologues avertis qui bien évidememnt connaissent le Réseau Lachambre. Mais à la surface, la Trancade a sans doute beaucoup changé, les reboisements en pins sylvestres et pins d’Autriche ont bouleversé les biotopes et les plantes rares ou endémiques du secteur ont quelque peu disparu ou migré sous d’autres cieux. De plus, le mois de novembre n’était pas vraiment favorable à des découvertes végétales et fauniques exceptionnelles. Cette fois, j’ai carrément oublié la Trancade et je me suis surtout attaché à faire découvrir à Dany tout le reste : les vestiges militaires, Redoute et citerne de Vauban, l’ancienne carrière de talc, l’extraordinaire orri en pierres sèches d’En Bullas et surtout les trois panoramas aériens exceptionnels donnant sur la vallée de la Têt, la Vallée de CadyVillefranche de Conflent et le fort Libéria. Voilà quels sont mes objectifs quand en ce 31 octobre 2015, nous démarrons de Sirach. Nous empruntons la rue de Bellevue. Elle est toute droite jusqu’au canal de Bohère que l’on enjambe pour poursuivre le large chemin menant à une citerne. Là, on prend le sentier qui s’élève au dessus d’elle et on entre de plein pied dans un maquis méditerranéen. En cette fin octobre, la végétation, vignes et chênes rouvres notamment, est déjà très largement chamarrée de ses vives nuances d’automne. Ce n’est qu’un début et dans ce domaine, passez-moi l’expression, nous allons en voir de toutes les couleurs au cours de cette balade ! Les érables et les merisiers étant les grands vainqueurs de ce concours de beauté. Le ciel magnifiquement pur et quelques bouquets d’Asters à feuilles d’orpin offrent les seules touches de bleu dans ce décor principalement vert, rouge et jaune. Le sentier s’élève très rapidement au dessus du petit ravin du correc de la Polit. Derrière soi, quelques vues plutôt limitées s’entrouvrent sur Ria-Sirach et la Vallée de la Têt. Quand on coupe le correc, la large piste menant au pla d’Ambouilla n’est plus très loin. Le sentier franchit un muret en pierres sèches effondré et la piste est là. On la poursuit vers la droite et tout en montant, les panoramas vers le Massif du Canigou se dévoilent petit à petit dans un ciel laiteux. Il faut dire que nous sommes partis tard, qu’il est presque déjà midi et que le soleil a choisi comme zénith la montagne sacrée des Catalans. Il a atteint son apogée et nous aveugle mais quel bonheur d’être obligé d’avoir à porter des lunettes de soleil fin octobre ! De toute manière, l’aveuglement se termine car la piste tourne et se met à descendre. Aux premiers panonceaux indicatifs de randonnée, on choisit de tourner à droite et l’on prend la direction « Villefranche-de-C. par fortifications 1h50 – panorama ». Je précise que c’est bien la commune chère à Vauban qui est à 1h50, la citerne n’étant qu’à un quart d’heure et la Redoute à quelques minutes supplémentaires. Après une visite des vestiges militaires, plutôt rapide pour Dany qui souffrant de claustrophobie, n’a pas souhaité s’immiscer dans les entrailles de la Redoute, nous sommes partis déjeuner au lieu-dit le « panorama ». Quelques balises bleues vous en indiquent la direction et le sentier se termine sur un éperon rocheux en surplomb d’un impressionnant précipice donnant sur la Vallée de la Têt. Pour Dany, l’essentiel du pique-nique est consacré à observer les merveilleuses vues aériennes sur la vallée quand à moi, je m’évertue à essayer de photographier quelques passereaux et papillons qui ont fait de ce coin du maquis d’Ambouilla leur habitat privilégié. Après le déjeuner, nous descendons vers la Trancade. Cette descente offre de belles vues sur la colline d’en face où l’on reconnaît quelques lieux de balade comme la chapelle de Belloc. Le prolongement de cette colline n’est ni plus ni moins que le Massif du Coronat. Arrivés à la Trancade, c'est-à-dire au fond du vallon formant cette « tranchée », on emprunte vers la gauche le sentier qui file vers Corneilla-de-Conflent. Là, on retrouve la piste venant de Sirach. Il ne nous reste plus qu’à suivre les panonceaux indicatifs de randonnées pour aller à l’encontre de tout ce qui demeure à visiter. La première découverte, enfin pour Dany, c’est l’ancienne carrière de talc. Rien d’emballant pour Dany qui n’est pas vraiment portée sur la géologie, qui plus est inactive comme ici. Alors, on poursuit vers Corneilla mais à la bifurcation mentionnant un « point de vue » sur un panonceau cassé, je l’emmène découvrir ce merveilleux mirador donnant sur la Vallée du Cady et les Canalettes. Là, je connais ces goûts et je sais d’avance qu’elle préfère ce type de panorama plutôt que le minerai de talc. On y reste plusieurs longues minutes et l’on en profite pour terminer le café de notre thermos.

    On rebrousse chemin jusqu’à trouver le panonceau « bergerie romane ». Elle n’est plus qu’à 10 minutes. Sous cette dénomination se cache le plus bel orri qu’il m’ait été donné de voir, en tous cas dans le département. Un véritable bijou d’architecture comme le décrit une pancarte (cassée elle aussi !) qui en explique la conception et son usage supposé. Après cette remarquable visite, il suffit de poursuivre vers le dernier « point de vue », à 15 minutes seulement aller et retour.

    Un quart d’heure seulement pour lever le voile sur la plus belle vision que l’on peut avoir de Villefranche-de-Conflent et du Massif des Canalettes, ça ne se refuse pas. Je me souviens du "Circuit des Minerais" réalisé il y a quelques mois. Nous voilà partis pour cette dernière trouvaille dans ce Conflent aux beautés exceptionnelles. Nous y resterons plus d’une demi heure car outre la cité fortifiée, le vue donne aussi sur le Fort Libéria et sur une partie de la gare où circulent les petits trains jaunes. Après ces jolis coups d’œil, il ne reste plus qu’à rentrer et comme l’itinéraire du retour est plutôt facile et en grande partie rectiligne, c’est en moins d’un heure que nous retrouvons notre voiture à Sirach. Comme je l’avais imaginé, Dany s’est régalée. Je sais qu’elle aime les vues aériennes, les chaudes couleurs d’automne et quand la nature est belle et resplendissante. Aujourd’hui, il y avait tout ça et en plus, ses problèmes articulaires l’ont laissé tranquille. Je suis heureux ! Telle que décrite, cette balade a été longue d’environ 12 km. A 813 m d’altitude, la Redoute constitue le point culminant, le point le plus bas peu après le départ étant à 470 m, le dénivelé est de 443 m. Avec 758 m de montées cumulées, cette jolie boucle est plutôt aisée. Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top 25.


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  • LE SARRAT DE MARSAC ET LES CORTALETS par jullie68 

    Diaporama sur la composition musicale "Cavatina" (chanson He was beautiful) de Stanley Myers jouée

    successivement par Mimid Allouat (harmonica), John Williams (guitare), Stanley Myers (piano) puis chantée par Cleo Laine.

    Il s'agit d'une musique reprise dans le film "The Deer Hunter", en français "Voyage au bout de l'enfer"

    Le Sarrat de Marsac (1.088 m) et les Cortalets depuis Urbanya (856 m)

    Le Sarrat de Marsac (1.088 m) et les Cortalets depuis Urbanya (856 m)


     Voilà maintenant cinq ans que je passe plusieurs mois par an à Urbanya. J’en profite au maximum pour user mes godillots sur les sentiers et les chemins tout autour du village. Prétendre que j’en ai fait le tour complet serait sans doute prétentieux mais je m’aperçois néanmoins qu’inventer de nouveaux circuits de balades devient de plus en plus compliqué. Il est vrai qu’avec une bonne quinzaine de circuits déjà décrits, il y a de quoi faire. Il est vrai aussi que cette montagne n’est pas toujours facile à arpenter. On y trouve des dizaines de kilomètres de clôtures plantées le plus souvent très anarchiquement et parfois électrifiées et très paradoxalement, il n’est pas rare d’être confronté, sur les principaux chemins, à du bétail en liberté faisant obstacle aux passages. Quand j’ai dessiné cette boucle que je vous conte ici et que j’ai intitulée le « Sarrat de Marsac et les Cortalets », mon objectif premier était d’abord de profiter d’une superbe journée d’automne. Une journée éclatante prodiguant cette envie de partir marcher car on imagine déjà quel spectacle nous attend dès que l’on sera sur les hauteurs. Une journée avec un ciel si pur et si transparent que les montagnes qui s’y détachent comme à travers du cristal sont autant d'invitations à vouloir les gravir. Une belle journée d’automne où on a le sentiment qu’un génie de la peinture a soudain décidé de transformer, par de petites touches colorées, l’immense et verdoyante forêt de feuillus en de milliers de futaies plus flamboyantes les unes que les autres.  Une chaude journée d’octobre où les fleurs, les oiseaux et les papillons, que j’adore photographier, sont encore bien présents. Alors tout semble réuni pour que la balade imaginée soit exceptionnelle sauf qu’au moment où je démarre, j’ignore bien évidemment que l’itinéraire prévu emprunte une portion « interdite » par des chevriers.  Alors malgré que je sois passé outre ces interdictions, j’ai hésité avant de décrire cette belle balade sur mon blog. Je m’en explique dans le détail un peu plus loin.  Si finalement, j’ai décidé de la décrire, c’est parce que je me suis souvenu de cette « fameuse » loi Stratae (*) mise en avant lors du conflit, qui en 2012, avait opposé les usagers du Massif du Madres et un collectif constitué à Mosset à Groupama, société propriétaire de ce grand bout de montagne. Je me suis souvenu que Groupama avait baissé pavillon devant cette loi de 1068  si « catalane » mais néanmoins reconnue par la Cour de Cassation encore très récemment. Alors, j’ai changé d’avis et je me suis dit qu’il n’y avait pas vraiment de raison valable de ne pas la décrire et ce d’autant que je suis un randonneur très respectueux des biens d’autrui et comme j’ose espérer que ceux qui me lisent le seront aussi, en voilà la description. A Urbanya, il faut laisser sa voiture sur le grand parking à l’entrée du village puis emprunter la piste terreuse qui passe devant l’église et s’élève parallèle à la D.26b. C’est le chemin dit de « l’Eglise ». Quelques mètres après l’église, on remarque sur la gauche quelques vestiges couronnant un escarpement rocheux. Il s’agit de la « Roca Llise », il s’agirait d’une ancienne construction militaire dont on sait peu de choses si ce n’est que quelques gravures difficilement interprétables ornent cette roche.  Il faut poursuivre cette piste sur 2,5 km environ jusqu’à en rencontrer une autre qui file à gauche vers le col de Marsac. Le maquis essentiellement composé de genêts et d’épineux laisse peu à peu  la place à de grands pins à crochets. Un grand panneau « forêt domaniale d’Urbanya » est planté à cette intersection. Avant d’arriver au col de Marsac, il faudra simplement faire attention à bien poursuivre le chemin qui descend tout droit vers le collet et éviter de poursuivre la piste qui monte à droite et qui n’est autre que l’ancien itinéraire du Tour du Coronat filant vers le col de Tour (del Torn) et le refuge de Callau. Composé d’un petit dôme rocheux dominant une zone herbeuse tout aussi petite, le col de Marsac est situé à 1.056 m d’altitude.  Il représente la limite parfaite entre les communes de Nohèdes et d’Urbanya. D’ailleurs, si vous observez bien la carte I.G.N, vous constaterez que le col est situé exactement sur une ligne de partage séparant l’ubac boisé et verdoyant de la vallée d’Urbanya de la soulane plus sèche de la vallée de Nohèdes. Plus haut et composant cette « frontière », on trouve les pics LlosetMoscatosa et Portepas ainsi que le Roc de Peirafita, autant de sommets et de jolies balades au départ d’Urbanya déjà décrites dans ce blog. Si tout comme moi, vous êtes curieux des vieilles pierres néolithiques gravées, sachez qu’en poursuivant vers Nohèdes, vous pourrez en découvrir une très belle.  Moi, j’y suis passé des dizaines et des dizaines de fois sur ce sentier sans savoir qu’elle était là et avant de la découvrir tout à fait par hasard très dernièrement.  Comme on l’appelle le plus souvent la pierre gravée de Marsac ou de Nohèdes, je l’ai incluse dans cette balade bien qu’elle soit hors du circuit principal.  Un aller/retour en direction de Nohèdes depuis le col de Marsac est donc nécessaire pour la découvrir. Au passage, on en profite pour découvrir quelques orris, vestiges d’un pastoralisme encore bien implanté dans tout le Massif du Madres-Coronat. Au col de Marsac, on emprunte le chemin qui s’élève vers le petit mamelon rocheux où une halte est inévitable tant les panoramas sont superbes. D’ailleurs, au moment où je l’atteins, une randonneuse solitaire est déjà plongée dans la contemplation de tous ces beaux paysages à 360°. Juste en dessous de nous, aux Llebreres (lieu peuplé de lièvres), l’automne a allumé ses plus beaux feux et la forêt explose de mille couleurs chatoyantes.  On papote un peu de tout et de rien puis m’asseyant à côté d’elle, je me transforme à une table d’orientation parlante : Vers l’ouest, l’horizon est obstrué par le pic Lloset, mont bizarre à moitié chauve d’un côté et boisé de l’autre.  Vers le sud, la Vallée de Nohèdes et le long et majestueux Massif du Coronat se terminant dans la Vallée de la Têt. Vers le nord, on distingue Urbanya et son profond ravin des Seigneurs où s’écoule la rivière éponyme jusqu’à Conat.  Tout autour, c’est une succession de montagnes boisées formant un immense cirque aux contours ondulés.  J’y reconnais aisément plusieurs modestes éminences, objectifs de jolies  balades déjà expliquées : le Roc de Jornac, le Sarrat de Calvaire, le Serrat Gran et le pic del Torn, la belle fôret du Domaine de Cobazet.  Vers l’est, le Canigou dévoile son pic dont les flancs semblent tomber directement dans un petit lac bleuté. Ce minuscule puits bleu que l’on aperçoit c’est une infime fraction de la Méditerranée.  Satisfaite de mes explications, la jeune femme me remercie et repart vers Nohèdes par le pic de la Serra et moi,  je poursuis la sente qui désormais descend en direction du lieu-dit « Els Cortalets » et de la D.26b.  Elle longe une clôture et se faufile entre une haie composée essentiellement de genêts, de cistes à feuilles de laurier, de ronciers et de quelques cerisiers. Sur la gauche, si l’on prête attention, on remarque quelques rochers épars ressemblant à un dolmen effondré. Ici, dans ce secteur du Haut-Conflent, les vestiges « préhistoriques » sont légions. Certains sont encore en bon état et d’autres ont souffert du temps et de l’ignorance des hommes. Peu après, les choses se compliquent quand soudain le sentier se heurte à une clôture  rehaussée de fils barbelés. Une petite pancarte explicite y est accrochée : « interdiction de passer - propriété privée ». Comme indiqué plus haut, j’enjambe la clôture et passe outre non sans avoir au préalable vérifié qu’il n’y avait pas d’autres échappatoires. Non, il n’y en a pas et la petite sente qui semble filer à gauche n’est qu’une voie sans issue tracée par des animaux. La seule alternative serait de faire demi-tour et comme je m’y refuse selon la loi Stratae évoquée plus haut, je poursuis tout droit au risque d’offusquer les « censeurs ». Le sentier continue de descendre puis se transforme en une large piste à hauteur d’une maisonnette.  Le lieu semble désert et les seuls signes de vie sont quelques linges accrochés à une corde d’étendage. Ils flottent poussés par une légère brise. Quelques mètres plus bas, des moutons déambulent dans un grand enclos herbeux. Au même instant, une chèvre et deux cabris se mettent à me suivre sortis je ne sais d’où. Je m’arrête, ils s’arrêtent et viennent même vers moi se frotter comme pour réclamer des câlins.  Je repars juste le temps de resserrer les lacets de mes chaussures.  Quelques mètres plus loin, c’est tout un troupeau de caprins dormant à l’ombre d’un gros tracteur qui se met soudain à me suivre. J’essaie de les repousser mais en vain. Me voilà avec une dizaine de biques et de chevrettes à mes trousses.  Elles semblent bien décidées à me faire tenir le rôle de Panurge. J’atteins la route bitumée et je suis convaincu que sortant de leur domaine, elles vont stopper et faire demi-tour, d’autant que deux chiens de troupeau sont là à se prélasser sur le bas-côté. Que nenni ! Les voilà désormais sur la route menant à Urbanya. J’essaie un peu tout pour les dissuader de me suivre : arrêts et brusques demi-tours, courses, gesticulations avec mon bâton, cris, prise en main de celle qui me paraît la plus ancienne, etc.… rien n’y fait. Je me dis qu’elles se fatigueront à me suivre mais non, elles paraissent déterminées à venir avec moi.  Me voilà dans de « sales draps » et ces draps ne sont plus ceux d’un randonneur émerveillé par les paysages mais ceux d’un pastoureau aussi candide qu’un nouveau-né. Alors, je baisse pavillon et essaie de m’imaginer que je suis seul. Pas facile car à chaque foulée, le bruit des sabots sur l’asphalte me rappelle à leurs bons souvenirs. A hauteur de la Font de l’Aram, j’entends le bruit d’un véhicule derrière moi et effectivement, il s’agit de trois jeunes gens, les chevriers, qui viennent récupérer leur petit cheptel. Le chauffeur s’adresse à moi en disant qu’il m’a vu traverser leur propriété, que c’est interdit et rajoute sur le ton du mécontentement « vous voyez le résultat ! ». Je ne pipe pas mot car je n’ai pas envie d’entrer dans un conflit stérile. J’estime n’avoir rien fait de mal et j’avoue que je suis très circonspect si les raisons de l’interdiction de passer sur ce chemin sont uniquement les chèvres.  En effet, avant d’accomplir cette boucle, j’ai regardé la carte cadastrale sur Géoportail et j’ai constaté que ce sentier désormais interdit et barré par des clôtures et des fils barbelés n’est autre qu’un chemin ancestral qui s’intitule le « chemin rural de Nohèdes à Conat ».  Il permet de relier depuis des lustres tous les hameaux de cette montagne par ce lieu-dit « Els Cortalets ». C’est là que résident et vivent les chevriers, mais est-ce une bonne raison pour interdire le passage ? Parce que les chèvres constamment laissées en liberté suivent toujours les randonneurs ? Est-ce une raison suffisante ? Parce que les chevriers souhaitent laisser leurs chèvres en liberté, est-ce une bonne raison pour priver les randonneurs de cette même liberté d’aller et venir dans la montagne ? Puisqu’il y a une clôture en descendant du col de Marsac, ne serait-il pas plus simple de clôturer l’ensemble du domaine avec des portails que l’on pourrait ouvrir et fermer. Si je peux comprendre que des éleveurs soient mécontents quand des randonneurs ne referment pas des portillons derrière eux, j’avoue que je ne comprends pas que cette partie de montagne ne soit qu’en partie clôturée et de ce fait interdite aux autres usagers. Je regarde les trois chevriers s’évertuer à faire obéir leurs bêtes toujours décidées à me suivre. Pas si simple pour eux aussi et pourtant ils sont trois ! Je les laisse à leur corvée tout en me posant cette question «  les chèvres ne seraient-elles pas indisciplinées à cause de cette trop grande liberté ? » Au cours de mes randonnées,  il m’est arrivé plusieurs fois de croiser des chèvres et c’est bien la première fois que j’en vois me suivre ainsi ! Encore très récemment du côté de Fenouillet, je suis tombé nez à nez avec un troupeau. Les chèvres sont venues spontanément vers moi mais je suis passé et elles sont restées là, sans bouger ! Ici aux Cortalets, ne seraient-elles pas trop abandonnées à leur sort ? Dans des temps plus reculés, les troupeaux étaient toujours accompagnés d’un pâtre et de « patous » or aujourd’hui, on constate que les bêtes sont le plus souvent livrées à elles-mêmes. J’ai repris le cours de ma balade et même si c’est désormais sur le bitume de la route, elle reste très belle. Le ravin d’Urbanya est impressionnant de profondeur. Au loin le village apparaît tout petit et tout blanc, blotti dans son immense cirque de verdure. Ici, dans ce secteur de la route, les passereaux sont très nombreux et je lambine à vouloir les photographier. Les châtaignes sont un autre motif de flânerie. En ce début octobre, les grands châtaigniers laissent choir leurs bogues et il suffit d’un coup de talon bien placé pour en extraire leurs dodus et succulents fruits. Les châtaignes finiront sur le grill ou bien, elles viendront agrémenter quelques bonnes viandes ou un velouté de potimarrons. La balade se termine, toujours aussi colorée. Je retrouve ma petite maison avec sa vue extraordinaire sur le Canigou et la vallée des Seigneurs. De Ria à Urbanya, de nombreuses familles aristocratiques ont régné sur cette belle vallée et les montagnes qui l’entourent. Même les Templiers sont venus y faire de l’agriculture et de l’élevage, c’est dire si ce coin est un petit paradis depuis des lustres ! Pour moi aussi, c’est un petit paradis et ce n’est pas parce que quelques chèvres m’ont fait devenir « chèvre » que je vais arrêter de randonner ! Carte IGN 2348 ET Prades-St-Paul-de-Fenouillet Top 25. 

    (*) La loi Stratae : "L'article 72 (loi Stratae) des Usatges de Barcelona dispose que les routes et chemins publics, les eaux courantes, les fontaines vives, les près, les pâturages, les forêts, les garrigues et les rochers qui trouvent en ce pays, sont aux puissances, non pas qu’elles les aient en alleu, ni qu’elles les possèdent en toute propriété, mais pour qu’ils soient en tout temps à l’usage de leurs peuples sans contradiction ni obstacle, et sans charge d’aucune sorte ». La liberté d’aller et de venir sur l’ensemble des chemins et sentiers, y compris ceux sur lesquels s’exerce un droit de passage, constitue un droit.La Loi Stratae existe depuis 1068, sa validité a été rappelée d’abord par la cour de cassation, dans un arrêt du 3 mai 1876, et plus récemment, par une réponse écrite du Garde des Sceaux au députéYvan Lachaud (n° 33363 du 15 juin 2004)".

     

     

     

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