• Ce diaporama est agrémenté de la musique de Johann Pachelbel, extraite de l'album "Forest Garden"

    Le Circuit de l'Eau de Saint-Estève

    Le Circuit de l'Eau de Saint-Estève

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    AVERTISSEMENT : Avant de vous lancer dans ce circuit de ma composition, je vous conseille vivement de lire cet article car des difficultés voire des impossibilités peuvent se présenter au fil du parcours. Il est donc impératif de faire un repérage et notamment au niveau du Correc de la Bola. 

    Avec ce « Circuit de l’Eau de Saint-Estève », je réalise enfin un de mes desseins. Depuis 1978 que j’habite la commune, j’avais le désir d’inventer une balade pédestre qui réunisse et satisfasse plusieurs de mes centres d’intérêts. Je ne voulais pas tomber dans le travers d’un circuit au sein de la garrigue ou dans les vignes avec comme seuls objectifs suivre des murets en pierres sèches ou observer des paysages ruraux et des panoramas lointains.  Non, je voulais réunir plusieurs de mes passions. Passion pour l’eau et toute la vie naturelle qu’elle est capable d'enfanter, d’attirer et de maintenir. Passion bien sûr pour mes centres d’intérêts que sont la marche, la photo, l’ornithologie et la Nature plus globalement, et enfin passion pour ma commune, son centre historique mais aussi ses alentours que je n’ai eu de cesse d’arpenter à pied ou à vélo. Inutile de préciser que vous ne trouverez ce circuit dans aucun guide de randonnées, qu’il n’est recensé par aucun organisme, office touristique, administration ou collectivité locale, qu’il n’est pas balisé, ni même indiqué et qu’il est strictement personnel. D’ailleurs, je mets en garde le lecteur dans la nécessité que la « Boule » soit à zéro pour accomplir ce circuit tel qu’expliqué ici. La « Boule » ou « Correc de la Bola » sur la carte I.G.N, c’est le principal ruisseau qui sépare les communes de Saint-Estève et de Baho, et quand je dis « à zéro », c’est l’obligation qu’il soit asséché car il nous faudra le traverser à un moment donné. Loin s’en faut, ce « Correc de la Bola » n’est pas le seul cours d’eau que nous cheminerons mais les autres ne poseront pas de problèmes de franchissement. D’ailleurs amusez-vous à regarder une carte I.G.N de cette région roussillonnaise du Ribéral et vous y verrez énormément de « bleus ». Ces lignes bleutées sont des « correcs », des « recs », des béals, des ravins, des « agullas ou agouilles », des canaux, des ruisseaux, des fossés, des buses, des chenaux, j’en passe et des meilleurs. Le meilleur le plus proche étant bien sûr le fleuve « Têt », car toutes les eaux du secteur finissent par y affluer. Tous ces aménagements naturels ou artificiels sont là avec un but principal : « que l’eau s’écoule ». Qu’elle s’écoule surtout de manière satisfaisante et sans causer de dégâts aux populations et à leurs biens. Les autres attraits de l’eau de surface sont l’irrigation et son pouvoir de pénétration à rejoindre les eaux souterraines, celles que l’on consomme chez soi. Avec les dérèglements climatiques et toutes les inondations que l’on voit « fleurir » un peu partout, les communes sont désormais très attentives aux ruissellements et aux déplacements des eaux de surfaces que l’on appelle parfois et assez paradoxalement « eaux superficielles ». Tu parles de superficialité ! Que l’eau présente des signes de débordements et voilà les mairies en état d’alerte. Celle de Saint-Estève ne fait pas exception à la règle et la vigilance est de mise dès que les pluies s’annoncent diluviennes. Paradoxalement, cette balade, que j’ai déjà accomplie à plusieurs reprises, je la démarre devant un lieu où l’eau n’est pas une priorité, sauf à y mettre un peu de Ricard dedans : « le Bar le Concorde » sur la D.616. On traverse la route et on est directement confronté à un petit canal. Ce canal, c’est le « Rec del Vernet de Pià », canal d’irrigation qui récupère diverses eaux sur le territoire du Soler pour terminer sa course à Pià après avoir traversé le quartier perpignanais du Vernet. Long de 18km, c’est  probablement à ces deux derniers lieux qu’il doit son nom. Avec son petit air « moderne » car amplement bétonné, on a du mal à imaginer qu’il date du 10eme siècle (l’an 900 selon les archives départementales) et irrigue toute la région depuis ce temps-là. Il a même fait tourner quantités de moulins aujourd’hui disparus. On le suit en passant derrière les premières maisons de la rue Arago puis on le poursuit en restant constamment sur sa rive gauche. Assez souvent, on regrettera les détritus en tous genres qui l’encombrent ou flottent au fil de son lit. L’eau n’a pas de déchets par nature et l’être humain est seul responsable de ce que l’on trouve désormais dans toutes les eaux, que ce soit dans les mers ou dans les rivières. Un travail civique reste encore à faire et les associations responsables des canaux se désolent d’autant d’incivisme et d’irresponsabilité, et ce d’autant qu’elles manquent de moyens et de solutions efficaces. Lotissements de villas sur la droite, jardins potagers sur la gauche, le centre de Saint-Estève s’éloigne mais nous aurons l’occasion d’y revenir au retour. On remarque au passage les quelques vannes qui permettent d’irriguer les jardins maraîchers, les serres et autres vergers. Les décors changent très vite. Sur la droite, le club de tennis et ses terrains et sur la gauche, toujours de vastes champs potagers et des exploitations agricoles. Ces exploitations maraîchères deviennent la règle. Le canal, lui, est encadré d’immenses arbres. Platanes, peupliers et bouleaux multiséculaires offrent un ombrage agréable à ce début de balade. Pour certains, la vie s’est terminée sous la scie de tronçonneuses et leurs souches encore présentes permettent d’évaluer leur âge. Ceux-ci sont morts mais certains font de la résistance et voient leur énorme pied bourgeonner. Pour moi, ce canal, ces grands arbres et ces biotopes bien différents sont synonymes d’une avifaune composite très intéressante. Il serait bien trop long de faire une liste des oiseaux visibles dans ce secteur mais les pigeons, tourterelles, moineaux, merles, pies, mésanges, étourneaux, bergeronnettes et rouges-queues noirs sont de très loin les plus visibles et donc les plus communs. A l’approche du « Correc de la Bola », ce biotope change encore. Les cyprès, ronciers, roseaux, cannes de Provence et autres joncs viennent remplacer les grands feuillus. D’autres oiseaux y trouvent le bonheur : fauvettes, rousserolles et pouillots par exemple. Le canal et le sentier débouchent sur un gué qui enjambe la « Boule ». A la fois pont et aqueduc, un système d’écluse équipée d’une vanne permet une éventuelle dérivation des eaux du canal vers le ruisseau.  Si une passerelle et le canal continuent vers Baho, une autre passerelle offre la possibilité de remonter le cours de la Boule.  C’est cette option qu’il faut choisir même si un aller-retour vers Baho reste toujours possible et parfois très intéressant car ce tronçon étant moins emprunté, les oiseaux aquatiques y trouvent un milieu plus tranquille et donc mieux adapté à leur nidification. Affluent de la Têt, la « Boule » est un petit ruisseau naturel qui a été aménagé avec un haut enrochement permettant la régulation de son cours lors de crues éventuelles. Assez souvent, il est asséché partiellement voire totalement. Il faut remonter le ruisseau, traverser la D.616 et le poursuivre toujours sur sa rive gauche. Après la D.616, un élargissement de la Boule a été opéré très récemment, ce qui permet de le longer assez facilement. Cet élargissement ajouté à la faible profondeur du ruisseau et à la présence de roseaux, joncs et autres cannes de Provence est propice à une avifaune parfois bien différente. C’est ainsi que j’ai eu l’occasion de photographier plusieurs échassiers comme des aigrettes, des hérons ou bien encore de petits limicoles mais aussi de très colorés martins-pêcheurs. Il faut dire que ce ruisseau accueille divers batraciens et insectes dont se régalent de très nombreux oiseaux. Dès lors que les premières maisons apparaissent de l’autre côté du ruisseau, il faut envisager de le traverser. Si le niveau de l’eau ne le permet pas, il n’y aura pas d’autre solution que de rebrousser chemin et d’interrompre la balade car aucun passage piétonnier n’est présent. Si le ruisseau est asséché, il faut utiliser avec prudence les enrochements les plus saillants comme des marches, marches certes rudimentaires mais il n’y a pas d’autre alternative que de grimper par là en s’aidant des mains et des pieds. Si vous n’avez la dextérité suffisante ou si vous ne pouvez pas vous faire aider, renoncez à le faire et n’allez pas plus loin. Si vous y parvenez, vous débouchez sur une allée rectiligne bordant quelques luxueuses villas. C’est une courte portion terminale du Chemin des Aloès. Il faut l’emprunter en partant à gauche. Quelques mètres plus loin, il faut prendre à droite et monter une autre allée. Dès son début, elle est barrée de deux rambardes. Cette allée clôture la dernière maison et s’élève vers le lieu-dit « Cau de la Guilla ». Elle débouche sur un large chemin rectiligne, avec sur la droite une haie de cyprès et un profond fossé très souvent asséché, et sur la gauche des champs en jachères et des vignobles. Il faut marcher jusqu’à la terminaison de ces vignobles puis en arrivant sur une route bitumée, il faut tourner à droite direction La Pinède. Le fossé se poursuit à gauche dans la pinède jusqu’au cimetière sud. Le fossé se termine et se perd dans une buse de ciment mais on le retrouve à droite face à l’entrée du cimetière. Ici, on a le choix entre marcher au sein de la pinède ou bien longer la large piste contiguë au fossé, les deux itinéraires étant parallèles et séparés par une nouvelle haie de très hauts cyprès. C’est cette dernière option que je choisis en général car les cyprès sont très souvent favorables à l’hébergement de pinsons, serins et autres chardonnerets, quand au maquis qui se trouve côté « Mas de la Garrigue », il est susceptible d’accueillir une avifaune encore plus diversifiée : petits rapaces, coucous-geai, pies et tous les petits passereaux aimant se retrouver dans les landes broussailleuses. C’est ici que j’ai aperçu la très rare Fauvette à lunettes sans jamais réussir à la photographier correctement. La pinède, elle, a très longtemps abrité une quantité incroyable d’écureuils roux mais un peu moins depuis quelques temps.  Ce circuit se prolonge par le parcours sportif puis rejoint la D.45 et enfin l’étang. Lieu de fraîcheur festif,  de loisirs,  sportif et de détente, on y trouve le « Théâtre de l’Etang » et le complexe médical de la Pinède. Pour moi, l’étang est surtout synonyme d’avifaune certes mais de faune tout court. La plupart d’entre vous n’y verront que des moineaux, colverts, cormorans et autres mouettes rieuses mais quand on s’intéresse à la Nature stéphanoise en général comme je le fais depuis plusieurs années, on peut y distinguer une incroyable quantité d’espèces bien différentes. Cela va du très visible ragondin au discret Martin-pêcheur en passant par bien d’autres passereaux, poissons, écrevisses, serpents et autres tortues. Certaines espèces ne sont pas là innocemment et ont été introduites par des aquariophiles irresponsables et insouciants qui voulaient se séparer d’un animal devenu trop encombrant. C’est le cas de l’écrevisse de Louisiane visible sur les grèves de sable ou bien de la tortue de Floride que l’on peut voir sur les rochers les jours de fortes chaleurs. Les deux belles américaines sont invasives et donc nuisibles pour les autres espèces. L’eau de l’étang se déverse dans le « Correc de la Corregada » et c’est ce ruisseau qu’il nous faut suivre désormais. Ce correc marque la limite actuelle de la zone industrielle de la Mirande et un sentier le longe parallèlement sur la droite. Pour moi, ce tronçon est probablement l’endroit où j’ai photographié le plus grand nombre d’oiseaux migrateurs bien différents. Il serait bien trop long de tous les lister ici mais ça va de la Gallinule poule-d’eau à la Grive musicienne en passant par des coucous-geai et une variété incroyable de rapaces et de passereaux très originaux. Originaux car assez souvent, on ne s’attend pas à les trouver ici. Il est probable que ce lieu entre Torremilla et La Mirande soit un lieu de passage propice à la migration car les d’oiseaux s’y distinguent parfois en de très grands rassemblements. En tous cas, cette « Plaine de Torremilla » est inscrite à l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN) comme une Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF). Assez sauvage, on y rencontre de nombreux papillons et j’y ai même aperçu ce qui m’a semblé être une loutre et plus sûrement un lièvre, des lapins de garenne et deux magnifiques faisans. Il est vrai que ce jour-là, jour de chasse, j’entendais les détonations toutes proches des fusils et que je n’ai pas donné cher du plumage de ces deux superbes volatiles. Après les derniers bâtiments industriels et les dernières villas, il faut continuer à longer la « Corregada ». Le ruisseau devient plus tortueux mais le sentier qui le longe existe toujours mais devient plus incertain car la plupart du temps embroussaillé. Il se faufile dans une steppe de graminées, de fenouil et hauts genêts.  D’ailleurs, le correc disparaît lui aussi dans une végétation exubérante où les joncacées, buissons, boqueteaux et grands arbres se partagent l’espace. Une fois encore, une extraordinaire avifaune y trouve un environnement favorable et ce malgré l’aspect « dépotoir » que le ruisseau présente parfois tout au long de son parcours. Plus loin, le sentier se transforme en un large chemin. Sur la gauche, un étrange paysage ocre de dépressions, de tertres et de falaises d’argiles se dessine. Ces zones temporairement mouillées accueillent une faune et une flore remarquables et parfois très difficiles à distinguer, en raison même de cet aspect humide passager et parfois très éphémère. C’est le cas de l’ Oedicnème criard, un oiseau rare et désormais très menacé d’extinction. C’est le cas aussi d’une étonnante et minuscule crevette au doux nom de Tanymastix stagnalis, étonnante car si elle vit dans l’eau, elle doit son existence à la sécheresse ambiante où ses œufs sont capables de survivre très longtemps et au repos dans l'attente d'une pluie bienfaitrice. Ici, et de ce fait, on regrettera que des fans de VTT, moto-cross, quads et autres buggies y trouvent des terrains de jeux à la hauteur de leur passion pour la vitesse et les montagnes russes. Cet endroit est pourtant le lieu de nidification du plus beau de nos oiseaux de France, le sublime et fragile Guêpier d’Europe. La femelle coucou-geai y niche aussi mais a pour habitude de parasiter le nid d’une pie bavarde afin de lui confier ses œufs, la pie devenant ainsi et involontairement une mère adoptive malgré elle. Ce lieu mériterait donc qu’on le protège et qu’on en réglemente l’accès à tous ces fous du guidon et du volant, et ce d’autant que ce lieu sert trop souvent aussi de décharge sauvage à ciel ouvert. Sur la droite et droit devant, les décors sont bien différents avec de grands espaces consacrés à des panneaux photovoltaïques, à des serres agricoles, à des oliveraies et à des vergers. Dès lors que l’on aperçoit les voies routières de l’autoroute La Catalane et de la Nationale 9, il est temps de penser à revenir vers Saint-Estève en empruntant le Chemin dit d’Estagel et du Vernet. Devant le Mas éponyme, on délaisse définitivement la Corregada qui part se perdre dans Perpignan tout proche. La boucle se referme pour ces eaux-là mais pour nous le chemin est encore long jusqu’au « Bar le Concorde ». Première longue ligne droite jusqu’au lieu-dit Mas Romeu. Malgré l’asphalte de cette route, l’eau n’est pas perdue pour autant. Il y a toujours des fossés d’évacuation des eaux pluviales. En outre, le Mas Romeu est un vaste domaine agricole entouré et traversé d’eaux grâce à un système d’irrigation. On tourne à gauche en direction de l’entrée de Saint-Estève et de son carrefour sur la D.616, le but étant de rejoindre la ligne de départ en retrouvant le « canal del Vernet à Pià ». Le canal traversant diverses propriétés privées, on n’a pas d’autre choix que d’entrer dans Saint-Estève en longeant la D.616 et Saint-Mamet puis on emprunte le rue François Mitterrand afin de le retrouver plus loin.  Au passage de Saint-Mamet, rien n’interdit de faire un petit détour pour partir à la découverte de la belle chapelle éponyme. Elle date de 1750 mais a été remarquablement restaurée. Au bout de la rue Mitterand, le canal est à nouveau là, sur la droite. Ponts en briques rouges et barrages à vannes jalonnent son parcours.  Sous l’ombrage des platanes et des palmiers, le centre-ville arrive vite, avec sa belle mairie, récemment rénovée et avec son clocher civil rococo et couleur jaune d’œuf. Il y a un centre ancien avec de jolies ruelles et de vieilles portes en arcades mais c’est surtout l’église paroissiale Saint-Etienne qui mérite un détour. Elle le mérite d’autant plus qu’elle est le seul vestige encore en bon état de l’ancienne abbaye fondée au IXeme siècle mais aujourd’hui disparue. Ancienne abbatiale, elle a subi de profondes transformations au fil des siècles et notamment son clocher et sa façade. C’est bien ici qu’il faut chercher l’origine de son nom catalan et médiéval de « Sant Esteve del Monestir » c’est à dire « Saint-Etienne du Monastère ».  L’église n’est pas très loin de la rue Arago et donc de la ligne d’arrivée. Cette balade telle qu’expliquée ici a été longue de 13 km environ. Moi, dans ce reportage, et pour découvrir un autre itinéraire, je me suis retrouvé dans une propriété privée. Alors bien sûr, ne le faites pas ! Si vous avez trouvé cette balade bien trop longue et qu’une petite soif se présente à l’arrivée, vous avez toujours la possibilité d’aller vous désaltérer au « Bar le Concorde ». Vous y trouverez moyennant finances bien d’autres boissons bien plus rafraîchissantes que les eaux de ce circuit, pourtant très agréable !  Carte I.G.N 2548 OT Perpignan – Plages du Roussillon Top 25.


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  • Emmanuel, Bernard, François, Alexandre et moi....un pognon de dingue !


     

    Macron chute dans les sondages (sondage Ifop 09/2018). Que dis-je, il dévisse ; avec 10 points de moins en quelques mois ; il dégringole comme l’avait fait avant lui le président Hollande, le « Monsieur Bricolage », le « Guimauve le conquérant », le « Flamby » qui n’aurait jamais du dire ça ! Hollande qu’avait-il dit d’ailleurs ? Quelqu’un s’en souvient-il ? Moi pas !

    Macron lui a promis qu’il voulait réinventer l’Etat-providence (Source Huffpost du 09/07/2018) et par ce biais, bien évidemment, changer la vie des Français. Force est de reconnaître qu’il a commencé à le faire et qu’il continuera sans doute à le faire pendant les 5 ans qui lui ont été octroyés par 18,19% des français inscrits sur les listes électorales (Résultats du 1er tour de la présidentielle).

    Prenons cinq exemples pour expliquer ce changement: Macron lui-même, Bernard Arnault, le patron de LVMH, François Fillon, Alexandre Benalla et moi-même.

    1- Macron tout d’abord. 1er exemple : Quand il est arrivé au Fort de Brégançon, il s’est aperçu qu’il n’y avait pas de piscine et bien qu’a t-il fait ? Il en a fait construire une, et sa vie, celle de Brigitte, celle des enfants et petits-enfants de cette dernière, ont changées là-bas. 2eme exemple : Avant son élection, Macron avait pris pour habitude de réunir quelques ami(e)s à la Brasserie de la Rotonde à Paris (source Ouest-France du 28/06/2017), lieu bien connu des milieux politiques et artistiques, mais aux tarifs somme toute raisonnables (et abordables pour cette gente)  puisque le menu du midi était par exemple de 44 euros. Comme certains l’on dit : « La Rotonde, ce n’est pas le Fouquet’s ! ». On peut même supposer que lors de ces réunions amicales et informelles chacun payait sa propre addition. Tout ça, si ne n’est pas vraiment fini, Macron a trouvé une autre solution qui change sa vie et celles de ses ami(e)s : des dîners secrets au Palais de l’Elysée deux ou trois lundis par mois (source l’Express du 21/03/2018), que personne surtout ne doit évoquer au risque de perdre son amitié si avantageuse. Quels avantages ?  Plus personne ne paye rien, la bouffe préparée par le grand chef de l’Elysée Guillaume Gomez y est au moins équivalente sinon nettement meilleure qu’à la Rotonde, et puis surtout, les invités, triés sur le volet, peuvent bénéficier d’une cave de grands crus désignée comme étant la toute première de la République (source La Revue des vins de France) . Alors c’est vrai que pouvoir bien manger, dans une vaisselle en faïence amplement renouvelée de la Manufacture Nationale de Sèvres ayant coûtée 500.000 euros (sources Huffpost du 14/06/2018),  sans rien payer, aux frais de la République ; de la princesse comme aurait dit le célèbre Vidocq et bien d’autres prolétaires ; boire sans compter des bouteilles de très grands rouges ou de remarquables champagnes à 1.000 euros l’unité voire parfois beaucoup plus, ça change agréablement la vie. Voilà parmi tant d’autres que je pourrais également citer, 2 exemples qui ont changé la vie du Président, celle de son épouse, de sa famille et de nombreux de ses amis.

    2- Bernard Arnault ensuite. Je ne vais pas m’étendre car la vie du patron de LVMH n’a pas réellement changé et il est donc inutile que je lui trouve plusieurs exemples. Un seul suffit. De la part de Macron, il a certes bénéficié de la suppression de l’ISF, remplacée par l’IFI (source Les Echos du 18/01/2018), mais ne soyons pas mesquins, ce n’est pas seulement à cause de cela que sa fortune a grossi en un an de 30 milliards de dollars (Source BFM Business). Certes, il a bénéficié de cette incroyable manne financière de ne plus payer d’impôt en France sur sa colossale fortune, ses placements financiers et que sais-je encore, mais il faut aussi chercher ailleurs cette progression si fantastique. Dans ses innombrables entreprises sans doute, dont plus de 200 ont des filiales dans des paradis fiscaux. (Source Wikipédia) ? Sarkosy voulait supprimer tous les paradis fiscaux (Source Libération du 25/09/2009) sans exception et Macron a réussi en créer un : La France ! Oui, la vie de Bernard Arnault a tout de même un peu changé car il ne doit pas être peu fier d’être passé de la 11eme à la 4eme place des hommes les plus riches de la planète (Source JDN du 13/04/2018 tiré du classement Forbes). 4eme pour un français, c’est bien non ? Faisons-lui confiance, il finira bien, avec l’aide de quelques amis, qui lui veulent du bien, soit par atteindre le podium soit par adhérer à une autre nationalité dès lors qu’il ne trouvera plus aucun intérêt à rester français !

    3- Si la vie d’un français a bien changé depuis l’élection de Macron, c’est bien celle de François Fillon ! Changée cela signifie-t-il détériorée ? Fillon a certes arrêté de faire de la politique, mais pour autant sa vie s’est-elle dégradée par rapport à sa vie précédente, c'est-à-dire celle publique et antérieure à sa mise en examen pour emplois fictifs, détournement de fonds publics, complicité et recel de détournement de fonds publics, complicité et recel d’abus de bien sociaux et manquements aux obligations de déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique ? (Sources Libération du 24/01/2018) Non pas vraiment ! Il habite toujours dans son château au sein de sa propriété sarthoise, Pénélope ne bosse toujours pas, après sa défaite aux élections présidentielles, il est parti chasser le chevreuil en Angleterre avec quelques richissimes amis et puis comme Pénélope avait besoin de se mettre au vert, le couple s’est envolé pour un voyage en Islande. Enfin, n’ayant pas trop envie de prendre sa retraite ou de s’inscrire à Pôle-Emploi ; ça la foutait mal pour un ex-premier ministre qui n’avait de cesse de vouloir réformer ces acquis sociaux  ; il a rapidement trouvé un job à plus de 10.000 euros par mois dans la finance. Depuis, il a beaucoup plus de temps pour s’adonner à ses grands plaisirs que sont le sport automobile, la pêche et la marche en montagne. Ah oui, il a tout de même connu un gros dur, c’est la perte de son nom au concours de boules de fort, espèce de pétanque de sa commune fétiche de Sablé-sur-Sarthe. Oui, sa vie a terriblement changé, cette compétition ne s’appellera plus jamais (encore que !) « Challenge François Fillon » !  (Source Europe 1 du 06/03/2018)

    4- Sur Alexandre Benalla, le trop consciencieux chargé de mission et barbouze de Macron tout a été dit et écrit, c’est ainsi que l’on sait (sources JDD du 23/07/2018) qu’il a occupé, outre un appartement à Issy-les-Moulineaux, un appartement de fonction de 80m2 dans une dépendance de l’Elysée quai Branly, dont lequel des transformations de 180.000 euros étaient prévues pour en faire un grand duplex. Il bénéficiait d’une voiture dernier cri ; une Renault Talisman, avec chauffeur, agrémentée de tous les accessoires réservés aux voitures de la haute hiérarchie policière et d’un salaire de 6.000 euros nets par mois (Sources l'Express/BFM du 11/09/2018). Je passe sur tous les autres menus avantages du style « habilitation secret défense », « Pass à l’assemblée », « port d’armes » promotion express comme « réserviste de la gendarmerie avec le grade de lieutenant-colonel ».  Voilà au moins un gars, qui, partit du bas de l’échelle dans sa banlieue d’Evreux, où ses parents marocains se déchiraient entre eux et pour sa garde, a vu sa vie changer grâce à Emmanuel Macron.

    5- Qui mieux que moi peut parler de moi pour dire si ma vie a changé depuis l’élection de Macron ? Personne vous en conviendrez ! Alors commençons par être franc – Francs, ce sont mes origines, un peu gauloises réfractaires aussi sans doute, mais allez savoir pourquoi, j’ai toujours eu un faible pour Charles Martel, Pépin le Bref et Charlemagne ! - comme celle de Bernard Arnault, ma vie n’a pas réellement changé et tout comme lui aussi, c’est plutôt mon train de vie qui a changé. Attention ce train-là n’a en rien bénéficié de la réforme dite de « modernisation » de la SNCF voulue par Macron ! Non, je veux parler de mon pouvoir d’achat. Ça a commencé dès le 1er janvier 2018 avec 1,7 % de moins sur ma retraite soit 490 euros/l’an. Ma femme, aussi d’ailleurs, a vu sa retraite de 240 euros/mois amputée des 1,7% que nos gouvernants ont plusieurs fois décrits, à grand renfort de médias, comme si équitables pour les retraites les plus basses. En réalité, ça avait commencé un peu avant, juste après  l’élection de Macron,  quand ma mutuelle a commencé à ne plus respecter le contrat soit 300 euros de moins l’an sur la cure de ma femme. Puis non content de cela, quelques mois plus tard, la Sécu m’a carrément sucré les 150 euros d’hébergement de la cure puis les 50 euros de transport soit 200 euros/l’an dont elle bénéficiait depuis plus de 20 ans pour une longue maladie pourtant reconnue à 100%. Motif : vos revenus sont supérieurs au plafond admissible ! Escroquerie sans nom car nos revenus communs avaient été gelés, puis avaient baissé et le plafond  de la Sécu plus bougé depuis 2014 ! J’ai bien écrit à la Sécu pour rouspéter mais sans résultat, à Macron puis aux ministres concernés pour leur faire part de mon désarroi et j’ai seulement obtenu une réponse sous forme de langue de bois me laissant bien comprendre qu’ils n’en avaient rien à foutre de notre cas ! Toujours est-il, que j’en suis déjà à 990 euros de moins par an, sans compter les hausses en tout genres qui arrivent annoncées au 1er janvier, mais qui en réalité, augmentent aussi le reste du temps, et ce, sans guère être proclamées par quiconque : gaz (je me chauffe avec !), électricité, assurances, mutuelle, timbres-poste, frais bancaires, téléphone et Internet, impôts, taxes et redevances, carburant, alimentation, j’en passe et des meilleures. Grand nombre de ces augmentations dépassent très largement le taux d’inflation de l’Insee, l’indice des prix à la consommation et du coût de la vie qui ne sont que des « grosses merdes » pour embrouiller le citoyen et auxquelles personne n’y comprend jamais rien, sauf ceux qui en parlent et qui ont tous des tronches de premier de la classe ! En finalité, un pouvoir d’achat moindre qui change ma vie dans la mesure où il me faut souvent me passer de petits plaisirs du style restos, cinémas, jeux, spectacles, voyages, matériels, etc… Sans compter que les fins de mois étant toujours plus difficiles, je n’épargne plus comme je pouvais le faire auparavant. L’épargne, c’est très souvent ce petit capital que l’on met de côté pour les coups durs, les nôtres et ceux qui peuvent arriver à nos enfants. L’épargne, c’est aussi ce que l’on estime pouvoir laisser à ses enfants dès lors que l’on ne sera plus là. L’idée de Macron était bien celle-ci : serrer la vis aux « nantis » de retraités dont je fais partie, pour en faire profiter les plus jeunes et les salariés, sauf qu’avec ses méthodes, le retraité est contraint de moins donner à ses enfants (jeunes ou moins jeunes), quand aux salariés avec toutes ces hausses de prix parfois si spectaculaires, ils sont perdants eux aussi.

    Les seuls gros gagnants dans ce système Macron, on le voit bien, c’est Bernard Arnault et ses consorts du CAC 40, Macron lui-même, Alexandre Benalla et tous ses membres des cabinets ministériels qui ont vu leurs émoluments augmenter de 20% par rapport à ceux de leurs prédécesseurs (Source Médiapart du 01/11/2017) et le sursitaire François Fillon, qui quoi qu’il arrive sera excusé au nom des services rendus à la patrie si reconnaissante (pour tous ses voleurs !).

    Alors je le vois d’ici, on va me dire qu’il ne faut pas tout mettre sur le dos de Macron et puis, on nous le serine assez « il va y avoir la suppression progressive de la taxe d’habitation !  » et les lunettes, les prothèses dentaires et auditives qui seront remboursées à 100%. Toutes les retraites ; sans exception ? ; vont être ajustées sur une formule unique de calcul plus juste et plus équitable pour tout le monde ? Peut-être ou sans doute pas ? Je suis circonspect et j’attends déjà de voir la suite qui s’annonce. « Les promesses n’engagent que ceux qui y les écoutent et y croient » disait un homme politique bien connu et à l’esprit terriblement  éclairé sur ce sujet.

    Je n’avais pas voté pour Macron et ne l’ai jamais regretté et ne le regrette toujours pas. D’un autre côté, je lui avais souhaité bonne chance pour la France car si réussite il devait y avoir, les Français en auraient été les grands bénéficiaires. Tous les Français ! Y compris ceux qui veulent ou peuvent quitter la France sur un simple coup de sang ou de tête et changer de nationalité pour devenir belges, suisses, russes quand être français ne leur convient plus !

    Attendons de voir car il lui reste encore 3 ans et demi à Macron pour tenter de réussir et remonter dans les sondages ! Mais franchement, si j’étais à sa place ; et quand je vois tous les conseillers qu’il a autour de lui ; j’effectuerais un virage vers la gauche à tout berzingue. J’arrêterais d’abord de me donner les 180.000 euros/nets/l’an sur les fonds de l’Etat (un ex-banquier d’affaires de chez Rothschild peut certainement le faire !), puis avec Brigitte, je quitterais les fastes de l’Elysée pour un T4 en banlieue parisienne, du style Les Mureaux, La Courneuve ou Bobigny par exemples. Je suis sûr que blotti dans son confortable H.L.M, il perdrait peut-être 5 euros sur son A.P.L, mais sa côte de popularité grimperait de 30 points dès le lendemain ! Non, franchement à quoi lui servent-ils tous ces conseillers ?

    L’Etat-providence à Macron, si c’est bien un Etat, il n’a rien de providentiel pour moi et je suppose que c’est la même chose pour bon nombre de français. La Providence, ce hasard ressenti comme un signe de l'action bienveillante d'une Puissance supérieure, qui devrait être la sienne, je l’attends encore et d’autres français avec moi. En France, les écarts se creusent un peu plus d’années en années entre les riches et les pauvres. La pauvreté grandit et Macron ; avec son pognon de dingue ; et après une année et demi au pouvoir ; vient enfin de s’en apercevoir aujourd’hui 10 septembre 2018 ! Il lance un plan pauvreté, espèce de boomerang de 8 milliards sur 4 ans, qui va nous revenir dans la gueule, car tout le monde se demande déjà avec quel financement il pourra le réaliser ? Qui payera ? Emmanuel ? Bernard ? François ? Alexandre qui vient de perdre son job ? A parier que ça va être nous non ?

     

    Leur vie a changé. La mienne aussi a changé, mais pas du tout dans le même sens ni dans les mêmes registres et ce n’est pas près de se terminer ! Il est vrai que comme le disait, avec tant de pertinence et de sarcasme, François Ruffin, député de la France Insoumise : Pour Macron “Quand on donne aux pauvres, c'est du gâchis ; quand on donne aux riches, c'est de l'investissement !”

     

    Cet article n’est pas une plainte mais un simple et gros coup de gueule car je suis bien conscient qu’il y a des français bien plus malheureux que moi…..

     


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