• Ce diaporama est agrémenté des musiques "Song from the secret garden", "Reflection" et "Papillon" oeuvres du groupe "Secret Garden" composées par Rolf Lovland.

    En raison des droits sur la propriété intellectuelle, elles sont jouées ici par d'autres artistes qui sont respectivement : "Song from the secret garden" par Nhac Khong Loi, Stjepan Hauser et Silenzium, "Reflection" par Rickmaninov et "Papillon" par Phoebe Moon 2 et Linh Do.

    La Montagne de Crabixa depuis Montfort-sur-Boulzane

    La Montagne de Crabixa depuis Montfort-sur-Boulzane

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    En  juin dernier, j’ai pris un immense plaisir à aller marcher à la « Montagne de Crabixa (*) » à partir de Montfort-sur-Boulzane. Si vous êtes habitué à mon blog, vous connaissez ma passion pour la flore et la faune et la Nature en général. Voilà comment m’est venue l’idée de cette randonnée. Sur Internet, si vous tapez « Crabixa » dans « Google recherche », vous découvrirez qu’il s’agit d’une montagne. En approfondissant un peu, vous apprendrez que cette « Montagne de Crabixa » culmine à 1.595 m d’altitude, qu’elle est située dans le département de l’Aude et qu’elle figure plus spécialement sur le site de l’I.N.P.N, c'est-à-dire à l’Inventaire National du Patrimoine Naturel. Elle y figure au titre d’un placement dans une Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique. Une ZNIEFF pour les initiés. Si vous êtes curieux comme moi, et même si le libellé est plutôt parlant, vous voudrez savoir ce qu’est exactement une ZNIEFF et là, vous apprendrez qu’il s’agit d’un territoire reposant essentiellement sur la présence d’espèces ou d’associations d’espèces à fort intérêt patrimonial. La présence d'au moins une population d'une espèce dite « déterminante » permet de définir une ZNIEFF, apprend-on sur Wikipédia. Un autre lien décrit ce qu’est une « espèce déterminante ». Créée en 1982 à l’initiative de la ministre de l’écologie Huguette Bouchardeau, zones marines et outre-mer incluses, on comptait 18.583 ZNIEFF en 2016, couvrant une superficie totale de 200.448 km2, c’est dire si la France tient à faire son inventaire naturel. On regrettera simplement qu’une ZNIEFF ne soit pas synonyme de protection obligatoire et que la chasse et la pêche n’y soient pas interdites voire plus strictement limitées. Merci tout de même à Madame Bouchardeau ! Alors, bien sûr, ma curiosité à propos de la Crabixa a fait le reste et j’ai voulu savoir quelles étaient ces fameuses « espèces déterminantes »  ayant engendré ce placement ? Le site I.N.P.N en donne dix et assez bizarrement, il n’y a que des plantes, alors qu’en approfondissant le sujet, on apprend que la Montagne de Crabixa est certes, observé par des naturalistes mais surtout pas des entomologistes et plus accessoirement par des spéléologues, qui parfois bien sûr s’intéressent eux aussi aux espèces dites souterraines. Une autre étude plus récente effectuée en 2017 par le S.I.N.P, le Système d’Information sur la Nature et les Paysages fournit une nouvelle liste des espèces les présentant en trois groupes où l’on retrouve « les déterminantes », déjà citées par l’I.N.P.N, mais aussi des « remarquables » ainsi que des « patrimoniales ». Les différences sont ténues mais les spécialistes s’y retrouvent et c’est bien là l’essentiel. C’est ainsi que l’on trouve dans cette liste, un coléoptère rouge et noir très rare au doux nom d’Ampedus melanurus. Il figure sur la liste rouge mondiale et européenne des espèces menacées mais on trouve aussi des rapaces plus communs comme le gypaète barbu et l’aigle royal. En creusant encore un peu plus le sujet, j’apprend que cette ZNIEFF de la Crabixa est située sur deux communes que sont Montfort-sur-Boulzane et Sainte-Colombe-sur-Guette et là, ô surprise, en affinant encore un peu plus mes recherches, je lis que ces communes concentrent un nombre phénoménal d’espèces dont certaines sont protégées et d’autres carrément menacées. Jugez plutôt ! A Monfort, les données sont 883 espèces recensées dont 381 protégées et 32 menacées. A Sainte-Colombe, les mêmes données sont 893, 108 et 9. Alors bien sûr, je ne suis ni naturaliste ni entomologiste, mais comme j’adore la flore et la faune en général, cette Montagne de Crabixa possède beaucoup d’atouts pour m’attirer. A vrai dire, il y a déjà très longtemps de cela, avec Dany, nous avions réalisé une très longue boucle au départ de Sainte-Colombe-sur-Guette, avec comme principal objectif le pic Dourmidou, et nous étions passés tout près de la Crabixa mais je n’en garde que peu de souvenirs, si ce n’est l’aspect très sportif à cause des fortes déclivités du terrain. Aujourd’hui quand je gare ma voiture à l’entrée de Montfort-sur-Boulzane, je sais déjà que le dénivelé n’aura rien de comparable à ce que nous avions connu alors. Nous sommes le 14 juin et il n’est pas encore 8h quand je démarre une boucle qui doit m’amener au plus près de cette « fameuse » montagne. Pour être franc et même si j’ai dessiné puis enregistré dans mon G.P.S, un tracé empruntant pour l’essentiel des pistes, des sentiers et autres chemins, je pressens un peu l’aventure. Ce sentiment, je le tiens au fait que ma carte I.G.N est ancienne et quand je la compare à celle de Géoportail, j’y constate quelques différences notables. Ces différences se résument à quelques courtes portions certes, mais néanmoins préoccupantes quand au parcours que j’envisage d’emprunter. La suite me démontrera que j’avais en partie raison. Dans l’immédiat, je traverse Montfort et tente de me diriger vers le chemin de Sainte-Colombe. Le village est désert. Tout est calme. Seuls, un étrange véhicule à l’entrée du village, le monument aux morts et quelques oiseaux citadins arrivent à me distraire de ma mission à trouver le bon itinéraire du premier coup. Finalement le bon chemin, celui de Sainte-Colombe-sur-Guette, est balisé de jaune et de toute manière, mon G.P.S m’indique une direction satisfaisante. Ce chemin doit m’amener à la Couillade (**), premier col à franchir à 1.104 m d’altitude, puis il y aura celui de l’Hommenadel (**) (1.322 m) et enfin celui de l’Hommenet (**) (1.369 m) avant le retour sur Montfort qui ne devrait poser aucun problème car empruntant essentiellement des pistes forestières. Voilà la boucle que j’ai prévue, et même si faire le tour de la Crabixa semble possible et même plutôt facile, ce n’est pas l’option que j’ai choisie, pas plus d’ailleurs que celle d’atteindre son sommet. Non, une fois encore, j’ai axé l’essentiel de cette randonnée sur la découverte de la faune et de la flore et non pas sur une quelconque prouesse physique ou sportive. D’ailleurs, quel est le sportif ou le vrai montagnard qui pourrait s’intéresser à cette montagne modeste et très boisée culminant à 1.595 m d’altitude alors qu’à proximité, il y a des sommets comme le pic Dourmidou ou le pech Pedré bien plus hauts et bien plus intéressants à gravir car essentiellement à découvert ? A part les fleurs qui sont assez nombreuses, de rares passereaux et quelques papillons des bois, rien d’autres à signaler et à photographier dans les premiers lacets de cette montée vers la Couillade. Il faut dire que cette partie est plutôt triste car les rayons du soleil ont du mal à pénétrer cette épaisse forêt. Du coup, quand ils y parviennent au gré d’une clairière, la vie semble renaître et c’est l’occasion où jamais de photographier la Nature. Troglodytes mignons, mésanges diverses et variées et de rares merles sont les oiseaux les plus présents mais les photographier demeurent compliqué. Cette avifaune semble attirée par le modeste ruisseau de Rambergue que j’entends sourdre par intermittence. Un autre randonneur me dépasse et je me dis que c’est toujours plaisant de savoir que l’on n’est pas seul au sein d’une gigantesque et sombre forêt telle que celle-ci.  L’homme marche vite et disparaît presque aussitôt et là, je prends très vite conscience de la puérilité de la pensée positive que je viens d’avoir. Je suis seul mais au fond j’aime autant. Quel est le randonneur qui pourrait avoir exactement les mêmes desseins que moi ? Une heure et demi après mon départ, j’atteins La Couillade et force est de reconnaître qu’elle me réserve diverses surprises.  Les premières sont des fleurs à profusion, la deuxième, plutôt agréable, se présente sous les traits d’un chevreuil couché dans un pré et donc difficile à photographier dans les hautes herbes et ce d’autant que je suis assez loin de lui. La troisième surprise est un peu moins plaisante puisqu’il s’agit d’un égarement qui me fait perdre une bonne heure. Le sentier que j’ai enregistré dans mon G.P.S a existé mais son embroussaillement est tel que l’emprunter devient un vrai parcours du combattant. Dans ces conditions, le G.P.S ne sert pas à grand-chose et finalement, les broussailles l’emportent car le combattant, que je suis bien malgré moi, est fatigué d’y galérer. Je rebrousse chemin.  C’est la bonne pioche car à la Couillade, intersection de plusieurs itinéraires,  je m’aperçois que je n’aurais jamais du poursuivre la piste principale alors que le bon chemin est là, sous mon nez mais invisible au premier regard. Envahi par des hautes herbes, il traverse le pré, celui là même où j’ai aperçu le chevreuil une heure plus tôt. « J’ai perdu un peu de temps mais j’ai retrouvé le bon chemin, et c’est là l’essentiel », voilà ce que je me dis.  Dans la montée, ce large chemin offre des beaux panoramas vers le Pech dels Escarabatets et vers le Plat d'Estable mais l'important est qu'il m’amène directement au col de l’Hommenadel et c’est bien ce que j’avais prévu, même si en cours de route, un panneau indique que l’on franchit cette zone « à ses risques et périls ».  Je suis passé outre ce panneau et apparemment j’ai bien fait. Grâce à un vieux balisage de couleur jaune et rouge, peint sur des arbres, je constate  qu’il s’agit probablement d’un ancien G.R.P, sentier de grande randonnée de pays. Plus tard, sur la carte cadastrale de Géoportail, je m’apercevrais qu’il s’agit d’un vieux chemin rural qui permettait les liaisons entre Montfort et Sainte-Colombe.  Alors pourquoi des panneaux déconseillent-ils de s’y engager et de l’emprunter ? Je n’en sais rien mais je ne vois que deux alternatives, soit il s’agit d’une propriété privée comme il y en a de très nombreuses dans nos montagnes et le propriétaire n’a trouvé que cette solution pour éloigner les visiteurs, soit les chasseurs du coin veulent s’approprier ce secteur plutôt giboyeux car en moins de deux heures, ce n’est pas moins de quatre chevreuils que je vais apercevoir ou entendre. En tous cas, cet itinéraire est plutôt agréable, car il y a la forêt certes, mais entrecoupée de jolies clairières verdoyantes, l’arrivée au col de l’Hommenadel représentant la dernière mais la plus ample d’entre-elles. Le col est en réalité une vaste zone d’estives avec sur la gauche la Montagne de Crabixa qui n’est ici qu’une forêt de résineux excessivement épaisse. Cette zone est très ouverte, des vaches repues d’une herbe tendre y sommeillent mais s’éveillent comme un seul homme lors de mon passage. Cette ouverture me permet enfin de photographier la Nature dans tous ces états et ce n’est qu’un début. Il est vrai qu’ici les décors varient très vite. Amples prairies, zones à tourbières, épaisse forêt, petits boqueteaux clairsemés de pins et de feuillus, pelouses d’altitudes, falaises et pierriers calcaires, chacun de ces biotopes possède sa propre flore, et cette flore, sa propre faune. C’est essentiellement en photographiant les fleurs et les papillons que je fais cet évident constat. A quelques dizaines de mètres près, les papillons ne sont pas les mêmes et les fleurs qu’ils butinent non plus. Les piéridés s’occupent essentiellement des vipérines bleues bordant la piste forestière. Les machaons et les moirés ont une nette préférence pour les fleurs des pelouses. Les autres papillons s’éparpillent un peu partout et s’approprient les autres végétaux. Quelques lézards, parfois bien différents dans leur livrée et leur couleur, se prélassent au soleil mais les approcher nécessite malignité et patience. Les passereaux sont rares et se tiennent au sol.  Deux rapaces élancés et graciles emplissent le ciel de leurs circonvolutions. Je reconnais des milans royaux grâce à leur queue très échancrée.  Je file derrière un enclos et les vestiges d’un cortal envahi par la végétation, en bordure même de la falaise pour me reposer. En réalité, comme il est déjà 11h30, je reste là plus d’une heure à pique-niquer puis à vaquer à ma passion de la photo naturaliste, sans la contrainte de porter le sac à dos. Il y a de quoi faire, car les fleurs différentes sont légions et les insectes et les papillons qui leur tournent autour aussi. Je suis seul au monde, seul devant des panoramas époustouflants offrant au regard une succession infinie de collines arrondies, de montagnes pointues et de ravins plus profonds les uns que les autres. Tout ça c’est vers l’ouest, l’Aude occidentale et plus loin encore vers l’Ariège dont quelques pics conservent de blancs névés. Les ravins ? J’ai le sentiment d’être en surplomb du plus impressionnant d’entre-eux.  J’ai l’impression d’être un lilliputien.  Il suffirait d’un tout petit faux pas et j’ai la désagréable sensation que je pourrais débouler jusqu’en bas, tombant dans cette carrière ocre dont j’aperçois les stigmates. Je pourrais également choir sur une de ces microscopiques toitures grises d’un hameau que j’aperçois tout en bas quand je regarde mes pieds. Je suis seul avec la Nature, enfin presque, car pendant quelques minutes, je vois passer l’homme qui m’a doublé ce matin. Or mis, ce randonneur silencieux et deux bruyants 4x4 qui franchissent le col à tout berzingue et disparaissent aussi vite qu’ils sont apparus, je vis ces instants de solitude comme dans un songe. C’est une rêverie où je ne vois qu’exclusivement des fleurs et les insectes qui les butinent. Surtout des papillons. Quelques lézards. Un passereau inattendu puis deux mais toujours très difficile à photographier. S’habitueraient-ils à ma présence ? Non, pas vraiment. Ils sont peu nombreux et sans doute seulement de passage. Leur instinct à vouloir migrer sous d’autres cieux les contraigne à un repos forcé mais réfléchi. Le sol est à la fois leur salle à manger et leur chambre à coucher. Le temps passe très vite. Trop vite et par la force des choses, je me réveille car il me faut quitter les lieux et poursuivre cette superbe balade naturaliste. En réalité, dès que je marche, la rêverie revient et je ne l’entrecoupe que pour analyser mon G.P.S car je crains toujours un éventuel égarement. Mais non, G.P.S allumé, tout se passe au mieux et même quand l’itinéraire devient presque incertain, que le sentier se faufile difficilement au milieu de hautes fougères, le raccordement à mon fil d’Ariane est là presque aussitôt. Finalement après avoir contourné la Crabixa et un bon bout de sa forêt, je débouche sur la piste menant au col de l’Hommenet. Les panoramas s’entrouvrent sur le vallon de la Boulzane et bien plus loin encore. Je m’arrête un long instant. En contrebas, un rapace plane coupant le thalweg dans une rectitude parfaite. Je zoome et enclenche les clichés en rafales, presque au petit bonheur la chance, tant sa vitesse est régulière mais trop rapide pour le photographe amateur que je suis. Il disparaît. Une fois à la maison, je constaterais qu’il s’agit d’un aigle royal. En atteignant le col de l’Hommenet et alors que j’ai le sentiment d’être le plus souvent descendu, je suis surpris de constater que ce dernier est un peu plus haut de quelques mètres que celui de l’Hommenadel. Sentiment bizarre et même inexpliqué ! Ma rêverie me jouerait-elle des tours ? Un fois au col et après avoir profité des jolis points de vue qu’il offre, je m’essaie à gravir le sommet de la Crabixa, non pour en faire une performance mais par simple curiosité car je le pressens tout proche, mais apparemment je ne prends pas le bon chemin et la végétation trop touffue m’incite à un nouvel abandon. Dommage car je suis à 1.490 m d’altitude et certainement à moins de 150 m de la borne matérialisant le sommet. Alors, je flâne sur le col à la recherche de la moindre originalité ou diversité naturelle. Curieux, un vautour fauve vient faire un tour puis repart aussitôt. A l’instant où j’entame la descente vers Montfort en suivant une saillie rocheuse, c’est un renard que j’aperçois dans le pré se trouvant en contrebas. Il est très maigre et paraît même malingre. A coup sûr la faim le tenaille et il semble s’intéresser au terrier d’un mulot ou d’une musaraigne. Il reste longuement à observer le sol puis semble parfois très découragé. Alors, il se gratte, sans doute à cause des puces ou des tiques qui le parasitent et le démangent. Parfois, il lève la tête dans ma direction et je suppose qu’il a flairé ma présence. Mais non, il reprend sa position de chasseur. Puis le manège se renouvelle. Alors au regard de sa terrible maigreur, je me dis qu’il est préférable que je le laisse tranquille et je poursuis ma descente en évitant qu’il me voit. La suite est un songe du même acabit, avec d’autres fleurs, d’autres papillons à profusion, quelques jolis oiseaux. Ils viennent avec plaisir se rajouter à ces morceaux choisis dont j’ai déjà empli mon numérique. Par instant, je ne sais plus où donner de la tête et j’ai même du mal à orienter l’objectif de mon appareil photo vers un sujet bien précis. Je me consacre aux papillons délaissant le plus souvent les criquets qui ne sont pas moins nombreux. Plus de 880 espèces avais-je lu sur le site de l’I.N.P.N consacré à Montfort et par moment, j’ai le sentiment qu’elles sont toutes là en même temps. J’avais d’ailleurs noté que les papillons n’étaient pas si nombreux que ça dans les listes alors qu’ils constituent l’essentiel de la faune que je photographie. Il faut dire que le ruisseau des Escoumeilles que j’entends chanter tout au long de la descente n’est pas étranger à cette exubérante vitalité. Avec ses jolies vasques et cascades,  je descendrais bien pour m’y baigner mais le fond de l’air est devenu frais. Cette descente est donc une très longue flânerie et quand à 16h30, j’atterris sur un chemin en surplomb de Montfort, mes idées sont partagées, entre l’envie de continuer à observer la Nature et si possible à la photographier, le désir de passer à autre chose en consacrant un peu de temps à visiter le village et ce sentiment très fort d’avoir atteint un but….Lequel ? Je ne sais pas l’exprimer….Mais il y a de la joie et la Nature y est forcément présente……A coup sûr, le sentiment de desseins accomplis….celui d’avoir dressé un inventaire (***) aussi infime soit-il mais très personnel. Et vous ne connaissez pas la dernière ? En arrivant devant ma voiture et alors que j’ai marché des kilomètres ayant au moins photographié une quarantaine de papillons différents, ne voilà-t-il pas qu’un papillon inconnu et jamais vu jusqu’alors, est là, posé sur le pneu avant ! Il ne bouge pas et se laisse gentiment photographié…. Papillon nocturne peut-être au regard de son aspect trapu et velu ? Il n’a pas d’antennes ou bien les a-t-il repliées sous sa tête et son abdomen ? Je le prends délicatement car je ne voudrais surtout pas lui rouler dessus en démarrant. Il se laisse faire, écartant un peu les ailes. Et là, ailes dépliées, je le reconnais ! Il s’agit d’un Moro sphinx, ce petit papillon diurne ressemblant à un colibri quand il butine les fleurs. Au creux de ma main, il ne bouge plus. Il paraît mort désormais….alors je le pose délicatement sur un buisson….et là, vous savez quoi ? Il redécolle….Sans doute s’était-il endormi sur le pneu, rêvant à la belle journée qu’il avait passé au sein de cette ZNIEFF de Montfort-sur-Boulzane ? Qui sait, peut-être que ce soir vais-je faire comme lui et m’endormir avec des rêves plein la tête ?Telle que décrite ici, errements inclus, cette randonnée a été longue de 17,1 km. Vous pouvez donc aisément enlever au moins 2km. Les montées cumulées se sont élevées à 1.700 m quand au dénivelé, si j’exclus ma montée vers la Crabixa,  il est de  665 m entre le point le bas à 730 m à Montfort et le plus haut à 1.395 m entre les deux cols que sont l’Hommenadel et l’Hommenet.  Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

     

    (*) La Montagne de Crabixa se situe dans la vallée de l’Aiguette, un affluent de l’Aude, en amont d’Axat, au sud-est de Sainte-Colombe-sur-Guette. Elle occupe une surface de près de 240 hectares. Son altitude varie de 1.100 m dans sa partie sud-ouest jusqu’à 1.595 m à son sommet. Ce massif calcaire est le dernier sommet avant les montagnes siliceuses du Dourmidou et du Madres. Il est occupé par de la forêt exploitée et des espaces ouverts et pacagés au sud. La délimitation du site s’appuie sur des critères géomorphologiques au sud, où elle suit les lignes de thalweg jusqu’au col de l’Hommenet, et sur des chemins au nord, à l’ouest et à l’est (description extraite du site de la ZNIEFF). Toponymie : On peut raisonnablement penser que la Montagne de Crabixa, c’est la « montagne de la chèvrerie», lieu où l’on héberge des cabris. Au fil du temps et à cause des problèmes de prononciation voire d’accent, la « cabritxa » voire la « cabrixa », la « cabricia » ou encore la « capricia »  est probablement devenue la « Crabixa ». La montagne de Crabixa serait donc « la montagne des chèvres » si l’on veut faire simple. Le « cabrit » est un toponyme occitan assez commun dans le midi et les Pyrénées en particulier signifiant « cabri » ou « chevreau ».

     

    (**) Toponymies des noms Couillade, Hommenadel et Hommenet : La Couillade est un nom excessivement présent dans la toponymie pyrénéenne signifiant « un col très large », certains précisant qu’il peut-être un « col herbeux ». Le col de la Couillade serait donc un pléonasme.  On retrouve son équivalent dans d’autres langues avec les mots « collade » ou « collada » ou encore « couilladou ».  La toponymie « Hommenadel » semble plus difficile à préciser. Le toponymiste pyrénéen Robert Aymard se contente de dire que dans certains lieux des Pyrénées, il cite les Pyrénées-Orientales et les Hautes-Pyrénées, « l’homme » est parfois appelé « Hommenadet » ou « Hommenadel » en Pays de Sault. Sinon, il rappelle aussi que « l’homme », c’est  «l’hombre » ou « l’ombre » ou encore « l’omi » en gascon voire péjorativement « l’houmias », citations extraites de son livre  « Les Pyrénées au miroir de leur toponymie –Atlas toponymique pyrénéen ». Dans son dictionnaire gascon-français, l’abbé Vincent Foix précise qu’un « oumias » ou « houmasse »  serait un « homme gros » voire « vilain ». Faut-il pour autant dire que « l’Hommenadel » est un « homme gros » ou « vilain » ? C’est un pas que je ne franchirais pas. Ne faut-il pas être plus simple et se rappeler que « l’hombre » castillan c’est « l’inconnu », c'est-à-dire « l’Homme » tout simplement » ? (Citation extraite du roman Le berger des abeilles d’Armand Lanoux). Dans ce dernier cas, tout devient plus simple car le suffixe « nadel » étant très proche du mot occitan « nadal » signifiant « nouveau » ou « Noël », on peut logiquement penser que « l’Hommenadel » serait « l’homme nouveau » c’est à dire « l’inconnu ».  La boucle est bouclée. Après tout, entre la vallée de la Boulzane et celle de l’Aiguette, ce col a toujours été un lieu de passage plutôt fréquenté et qu’on y ait rencontré des « hommes nouveaux » ou des « inconnus » au point que l’on en ait gardé le souvenir dans son appellation, quoi de plus normal ! Plus surprenant serait que « l’Hommenadel » soit carrément le « père Noël »  mais je pense que l’on aurait écrit « perenadel » ou « padrenadel » ! « L’Hommenet », lui, est plus simple à traduire. Il s’agit d’un « homme petit » de taille. Tous les toponymistes sont d’accord avec cette définition, y compris Frédéric Mistral dans son très célèbre dictionnaire « Lou Félibrige » où le mot en langue d’oc « ommenet » est plus souvent cité sans le « H ».

     

    (***) Je me suis amusé à dresser l’inventaire des images figurant sur mon diaporama. Il est composé des clichés les plus clairs. J’ai donc délaissé volontairement ceux qui ne l’étaient pas. On y trouve 64 fleurs, 44 papillons, 12 oiseaux, 3 lézards différents, un chevreuil, un renard roux, une limace léopard, et quelques insectes (bousier, bourdon, panorpe et oedipode). Force est d’admettre que cet inventaire n’est pas très représentatif de la zone car mon attention a été forcément attiré en priorité pas les fleurs, les oiseaux, les papillons et les mammifères. J’ai donc volontairement délaissé tout le reste car bien évidemment, il aurait fallu passer beaucoup plus qu’une simple journée pour être plus exhaustif. Parmi, toutes les espèces photographiées, il est à noter que deux d’entre-elles figurent dans la liste S.I.N.P comme « patrimoniales », il s’agit d’un Pavot du Pays de Galles (Meconopsis cambrica) et de l’Aigle royal (Aquila chrysaetos). Je n’ai photographié aucune espèce dite « déterminante » mais il est vrai que j’étais parti sans la liste et sans des photos pouvant m’aider dans une éventuelle quête à les trouver.

     

     

     


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  • Allo ! Le 22 à Fresnes ?

    Ce mois-ci, dans Mon Journal Mensuel, j’ai voulu parodier Fernand Raynaud et son célèbre sketch « le 22 à Asnières » et j’ai donné le titre de « Allo ! Le 22 à Fresnes ?…… » à mon article. Les cités ne sont guère éloignées l’une de l’autre. Bon, j’aurais pu écrire « Allo ! Le 22 aux Baumettes ? ». Je m’en explique.

     

    Initialement, j’avais pourtant prévu un article très personnel. Il avait trait à une tranche de ma jeunesse. Une tranche de vie sur laquelle j’avais déjà pas mal bossé. Puis, le 5 janvier, chez Bourdin, sur BFM TV,  il y a eu cette annonce de la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, d’installer des téléphones fixes dans la plupart des cellules des prisons françaises. Le but avoué ? Les bras m’en sont tombés !  « Lutter contre le trafic des portables en prison » car très clairement avec des lois votées antérieurement supprimant les fouilles systématiques, nous ne sommes plus capables de contrôler ce qui se passe dans nos propres prisons. Et là, je me suis dit « Non ! Alors que la délinquance ne cesse de s’amplifier et avec elle l’insécurité, je ne peux pas laisser passer ça et ne pas réagir à cette nouvelle absurdité, après toutes celles que l’on a déjà connues dans le milieu pénitentiaire ». Je me souvenais notamment d’une interview toute récente du criminologue Xavier Raufer qui disait que « le pire des bazars règne dans les prisons françaises » et arguments et preuves à l’appui, il dressait un état des lieux édifiant et très alarmant du milieu carcéral français (Boulevard Voltaire du 17 octobre 2017). En voici le lien.

     

    Alors bien sûr, si le premier but avoué est de lutter contre le trafic des portables et les risques qu’ils représentent entre les mains de gens peu scrupuleux voire très dangereux ; 33.000 avaient été saisis en 2016 et 19.000 au premier semestre 2017 ; la ministre s’est empressée de rassurer l’opinion publique et de rectifier le tir en vantant tout un tas de mérites à cette initiative, précisant qu’un test positif avait été réalisé dans la prison de Montmédy. Elle assura que le juge déciderait des quelques numéros pouvant être joints par les détenus et comme Bourdin n’était pas très « féroce » ce jour-là, on en est quasiment resté là.  Il y aurait moins de portables saisis. Mais le juge et la ministre pourront-ils s’assurer de l’interlocuteur à l’autre bout du fil. La réponse est clairement « NON ! ». Les autres buts recherchés étant bien sûr de lutter contre la récidive, de favoriser la réinsertion et de diminuer les suicides en faisant en sorte que les détenus gardent des liens plus étroits avec leur famille. Tout un tas de bonnes choses bien sûr mais dans la même lignée que toutes les autres tentatives permissives précédentes qui se sont soldés pas des échecs cuisants : arrêts systématiques des fouilles, suppression des peines planchers, bracelets électroniques, humanisation de la justice pénale et limitation des peines de prison chères à Taubira, j’en passe et des meilleures et le nombre de condamnations s’est envolé ! Pourquoi ? Tout simplement parce que 98 % de la population carcérale française n’est pas apte à appréhender les efforts qui sont faits en sa faveur. Cette population est composée pour l’essentiel d’hommes (90%), dont près de la moitié ont moins de 30 ans, venant de milieux dits « défavorisés », issus souvent de fratries très nombreuses, étrangers dans plus de 2O% des cas, ou bien français de naissance mais d’origine étrangère relativement récente, africaine pour la plupart d’entre eux, de confession non chrétienne, arrêtant leur scolarité très tôt, n’ayant jamais eu d’emplois, délinquants depuis leur plus jeune âge et donc déjà multirécidivistes car les vols et les trafics en tous genres sont leur gagne-pain quotidien. Souvenons-nous que ces trafics ; et celui de la drogue notamment, mais pas que, car il y a aussi les cigarettes, l’alcool, les armes, les recels divers et variés, le travail au noir, la prostitution ; constituent une économie souterraine se chiffrant en plusieurs milliards d’euros. En Europe, et la France n'est pas exclue, la plupart des organismes économiques européens l’estiment à au moins 10% du P.I.B d'un pays. Ajoutons à cela que la part des personnes condamnées pour vol d’origine étrangère connaît un accroissement annuel exponentiel en raison même d’une immigration galopante et l’on comprend mieux pourquoi toutes les mesures prises du même style se sont avérées être inefficaces. Quand on sait le parcours qu’il faut avoir emprunté pour se retrouver en prison, que plus de 100.000 condamnations annuelles attendent leur exécution, je vois mal comment un simple téléphone dans une cellule pourrait résoudre le début de ce problème incommensurable qui va s’amplifiant au fil des ans. Je dirais même qu’il va sans doute devenir un « bâton supplémentaire pour se faire battre ». Une seule chose intéresse les détenus, sortir au plus vite de prison et si le téléphone fixe peut les y aider, ils l'utiliseront surtout à cette fin.

     

    Alors bien sûr, je le vois d’ici et certains me diront comment je peux affirmer tout ça. Tout ça on le sait, les autorités policières, judiciaires, pénitentiaires, sociales et statistiques le savent, les municipalités le savent, tous les médias le savent, peu le disent ou l’écrivent mais en creusant un peu, on finit par se faire une opinion raisonnable, opinion soit dit en passant qui est d’une logique et d’une évidence implacable quand on s’intéresse aux problèmes liés à l’insécurité. Je dirais presque que tout ça est devenue une « lapalissade », un secret de Polichinelle et seuls nos gouvernants et quelques médias de la « pensée unique », toujours prompts à être des « bisounours » ; et à vouloir qu’on le soit aussi ; voudraient nous faire croire le contraire.

     

    Moi, je ne vois qu’une chose à cette idée d’installer des téléphones fixes dans les cellules, c’est qu’une fois encore, nos gouvernants veulent faire participer aux solutions ceux-là mêmes qui ont engendrés les problèmes, allant à l’encontre du simple bon sens que le génial Albert Einstein avait dit plus simplement : «On ne règle pas les problèmes avec ceux qui les ont créés ! ».  N’est-ce pas utopique que de vouloir rendre la vie plus douce en prison à des gens qui ne la comprennent pas, ne l’appréhendent pas, ne la méritent pas et qui de surcroît  n’essaient pas de l’avoir quand ils sont dehors ?  Ils n'ont pas intérêt à tout ça tout bonnement ! Mais ces téléphones, il va falloir les payer malgré tout et sans doute au détriment de solutions plus efficaces tardant à venir, comme des places de prisons supplémentaires par exemple.

     

    Pour la plupart d’entre-eux, ces détenus n’ont-ils pas eu un jour ou l’autre les mêmes chances de s’en sortir que les autres ? Peut-être pas pour certains étrangers, mais en tous cas, je reste persuadé qu’ils sont très nombreux à l’avoir eue. Quand aux délinquants étrangers, sommes-nous obligés de les garder sur le sol français ou dans nos prisons. Rappelons-nous que Mohamed Lahouaiej-Bouhlel (attentat de Nice) et Ahmed Hanachi (attentat de la gare St-Charles à Marseille) étaient tous deux tunisiens et déjà condamnés pour des antécédents judiciaires. Force est d’admettre que nous n’avons pas su les gérer et on connaît trop bien les tristes constats de ces échecs. Ce ne sont pas les seuls cas car malheureusement et très souvent, les délinquants ont une double nationalité. Les déchoir de la nationalité française n'en ferait pas des apatrides comme on l'entend souvent dire. Ils retrouveraient leur nationalité d'origine tout simplement. Quoi de plus normal pour des individus qui utilisent la France sans jamais la respecter ? Du simple bon sens une fois encore.

     

    Je rappelle que pour 2018, le budget consacré à l’Education Nationale a été prévu pour 50,8 milliards d’euros auquel on peut y ajouter les 500 millions dédiés à la Jeunesse et à la vie associative. Le budget consacré à la Justice sera de 7 milliards dont 732 milliards à l’administration pénitentiaire. Quand au budget de la Cohésion des territoires, anciennement "Politique de la Ville", il devrait s’élever à 17,2 milliards et l’on sait que ce budget est le plus souvent réservé à l’amélioration des quartiers difficiles. Depuis 40 ans, l’Etat a consacré des milliards et des milliards à ces quartiers. Pour quels résultats ? D’une poignée de bidonvilles dans les années 50/60 et essentiellement dans les grandes villes, nous sommes passées à des milliers de zones dites « sensibles » dans toute la France, 1.300 selon certains médias, les zones dites de non-droit ayant suivi la même trajectoire. Dans ces quartiers, la pauvreté s’est accrue et avec elle, les incivilités, l’insécurité et la criminalité. Les gens qui voudraient y vivre tranquilles n'en peuvent plus d'être pris en otage par des caïds qui font régner la terreur. On pourra mégoter sur telles ou telles réformes, sur telles ou telles méthodes mais les efforts gouvernementaux ont été et sont encore colossaux afin que notre jeunesse réussisse et dès la maternelle, les chances sont offertes à tous pour cela. L’emploi dépendant grandement de l’éducation et de la formation qui a été suivie, une immense partie de la jeunesse pointant au chômage est la même que celle qui passe par les cases « tribunal pour enfants » puis « cour d’assises pour enfants » puis par les tribunaux pour adultes. N’importe quel policier vous dira que la plupart du temps, il se retrouve toujours confronté aux mêmes énergumènes. Avec des remises de peines systématiques, les arrêter est devenu un travail sans fin !

     

    Malgré tous ces efforts que l'on paie au travers de nos impôts, creusant ainsi une dette toujours plus abyssale, la France reste championne d’Europe de la délinquance et si l’on additionne les vols avec armes et les vols avec violence, voilà ce que ça donne par rapport  à quelques pays voisins. Les chiffres sont un peu anciens mais je doute que les choses se soient améliorées sous Hollande, Valls, Taubira et consorts. Quand à Macron, on s'aperçoit qu'il suit les mêmes voies laxistes.

     

    Pays

      Chiffres 2012

    Chiffres 2014

    Allemagne

       48 711

     45 475

    France

      123 814

     114 093

    Royaume-Uni

      68 028

     52 795

    Italie

      62 641

     58 345

                       Source Eurostat – Chiffres extraits de Wikipédia.

     

    En France, sachant pertinemment que tous les chiffres statistiques policiers sont toujours bidouillés à la baisse alors autant vous dire que dans la réalité nous ne sommes pas prêts de tomber de la plus haute marche du podium……et ce n’est sans doute pas le téléphone fixe dans les cellules qui changera quelque chose à l’affaire……Je le regrette déjà….Avant même leur installation……Il y a donc d’autres solutions à rechercher….plus « radicales » probablement……un mot souvent employé pour qualifier la manière d’être de certains détenus. Ne faudrait-il pas enfin se défendre avec les mêmes qualificatifs ? Du bon sens, Einstein en avait ! Pas nos hommes politiques !

     

     


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    Voilà déjà très longtemps que je voulais atteindre le « Lac de Nohèdes par le canal de Jujols ». En réalité et à bien y réfléchir, l’idée m’était déjà venue en 2007. 10 ans déjà, car cette éventualité, je l’avais envisagée en préparant la première partie de mon « Tour du Coronat ». Comme souvent quand je prépare une longue randonnée, j’avais lu tout ce qu’il était possible de lire à propos de ce canal et pour être franc, les textes se résument à un seul livre, celui  d’Yvon Robert, ancien maire de Jujols de 1979 à 1995 (*). Les vieux canaux de montagnes m’ont toujours intrigué et intéressé. Les travaux colossaux qu’ils ont engendrés avec les moyens d’alors ne sont pas étrangers à cet intérêt et puis le plus souvent un sentier y est parallèle. C’était d’ailleurs un des atouts du Tour du Coronat que de suivre une partie du canal de Jujols jusqu’au col du Portus. Finalement, lors de cette première partie, j’avais renoncé atteindre le « Lac de Nohèdes par le canal de Jujols » (**) et je m’étais contenté d’en avoir un rapide aperçu lors du retour. En effet, la météo devenant maussade ce jour-là, je n’avais pas réellement pris le temps de l’apprécier. Il m’avait donc fallu attendre la deuxième partie et les 4 jours réellement consacré au Tour du Coronat selon l’itinéraire conseillé par le guide Antoine Glory dans le topo-guide « 5 grandes randonnées en Pyrénées-Orientales », pour avoir une meilleure idée de ce qu’était réellement ce canal. J’avais découvert un canal alimentant une petite retenue d’eau au dessus de village, un bout de canal se déversant dans une auge décatie au col Diagre puis un canal de Jujols constamment enterré jusqu’au col du Portus. J’avais été étonné de cet « ensevelissement » contrairement aux autres canaux de montagne que je connaissais. J’ y avais constaté quelques fuites mais parfois il m’arrivait d’entendre l’eau chanter sous les lauzes. Quand l’occasion m’avait été donnée de soulever une lauze sans pour autant détériorer l’ouvrage, j’avais été agréablement surpris de son débit si fougueux. Il faut dire que l’eau a toujours manqué à Jujols et les efforts pour l’y amener ont été constants tout comme les querelles avec les villages voisins pour s’approprier ce bien si précieux. Les sources sont très nombreuses sur les flancs du Coronat, mais celles suffisantes à la vie entière d’un village se résument à celle de Font Frède si j’en crois mes lectures. En outre, les moyens de les trouver sont plutôt récents quand aux méthodes pour les canaliser, elles étaient loin d’être évidentes tant le relief et l’éloignement ont toujours été des freins naturels. Quelques personnes s’y sont pourtant essayées en réalisant des réseaux secondaires mais ensuite encore fallait-il les entretenir. Voilà ce que j’avais découvert sur le terrain et dans ma lecture du bouquin d’Yvon Robert. C’est au col du Portus que c’était arrêté ma découverte car la suite du Tour du Coronat m’avait entraîné vers Nohèdes.  Le morceau jamais accompli entre le col du Portus et le lac de Nohèdes restait donc à faire. Mardi 22 août et alors que je réside à Urbanya, me voilà prêt à combler cette lacune. Depuis presque deux mois, mes randonnées se cantonnent à faire le tour de la vallée d’Urbanya et j’ai bien envie de faire autre chose. 9h30, je démarre de Nohèdes et plus précisément de sa centrale électrique.  La suite très prochainement, le temps de bosser un peu à cet article......A bientôt ami(e)s blogueuses et blogueurs.


     

     

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