• LE CANAL DE BOHERE DEPUIS LLONAT par jullie68

    Diaporama sur la musique "Smoke Gets in Your Eyes" de Jérôme Kern et paroles de la chanson de Otto Harbach

    jouée ici par The Mantovani Orchestra.

    Le Canal de Bohère depuis Llonat (commune de Los Masos)

    Le Canal de Bohère depuis Llonat (commune de Los Masos)

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    Pour cette première randonnée de l’année 2017, Dany et moi avions choisi d’aller découvrir le « Canal de Bohère (*) » à partir de Llonat, hameau de la commune étendue de Los Masos (**). Enfin, quand je dis le « Canal de Bohère », c’est bien évidemment qu’une infime partie car bien évidemment l’ouvrage, lui, entre Serdinya et Marquixanes, serait, si j’en crois les diverses chroniques que j’ai pu lire, long de 42 km. D’ailleurs, en écrivant cet article, j’en suis à me demander si le parcourir dans son intégralité est chose possible ? Il faudra que je vérifie car lors d’autres balades, j’ai eu, à quelques reprises l’occasion de croiser sa route. En ce 8 janvier, l’imposante église Sainte-Marie de LLonat nous voit débarquer vers 10h30 sous un ciel gris plus qu’incertain. Il n’est pas tôt pour partir randonner mais tant pis, l’envie de marcher est bien trop présente. Nous garons notre voiture sur le parking adjacent de l’église sous l’œil inquisiteur d’une buse, variable dans son plumage, mais « invariable » dans son immobilité. Deux tourterelles, posées sur une  branche et serrées l’une contre l’autre, semblent dormir. Nos préparatifs les dérangent. Si le temps n’est pas beau, il ne suffit pas à nous arrêter et nous démarrons quand même sans trop réfléchir. Les 9 km annoncés de ce Canal de Bohère sont un galop d’essai bien trop languit et après nos problèmes articulaires à répétition, aujourd’hui ça va bien mieux. Pour Dany et moi, il y a déjà trop longtemps que nos balades se résument à de simples promenades pas suffisamment physiques. Ici, l’aspect « sportif » n’est pas vraiment tangible mais les 9 km sont bien mieux que les 2 ou 3 km effectués ces derniers temps. Pour couronner le tout, c’est un canal asséché que nous découvrirons trois quarts d’heures plus tard. Alors pas de chance auraient dit certains ? Non, aujourd’hui, nous avons décidé de positiver ! Après tout, un canal de Bohère asséché, n’est-ce pas la meilleure manière de découvrir cet ouvrage et les travaux cyclopéens qu’il a engendrés ? Quand à la fraîcheur ambiante que nous aurions pu espérer avec la présence de l’eau, elle est déjà suffisamment présente avec l’hygrométrie qui prévaut. Mais dans l’immédiat nous n’en sommes pas là. Le canal est loin d’être atteint et le but initial est de démarrer et si possible de le faire bien et sans s’égarer. D’ailleurs sur une modeste déclivité et sur le bitume, ce démarrage va s’avérer quelque peu fastidieux. Nous suivons rigoureusement les indications trouvées sur Internet et fournies aimablement par l’association « les Randonnées Colliourencques », d’abord en prenant la direction de Lloncet par le chemin de la Famade puis en poursuivant vers La Remonde., petite colline boisée. Les instructions claires et précises que j’ai cru bon d’imprimer facilitent grandement la marche. Le panneau de La Remonde et un pylône à haute tension en sont les principaux jalons.  Le temps reste maussade, avec une atmosphère incroyablement humide, mais sans pluie pour l’instant. Au milieu de ces campagnes, cette jonction avec le canal de Bohère se résume à  une longue flânerie champêtre où vaches et chevaux en constituent les principales curiosités. On se croirait au milieu d’un bocage normand. Pour moi, la découverte de quelques rares fleurs communes et d’oiseaux bien trop dynamiques pour être photographiés convenablement s’ajoute à ces distractions bucoliques. Les fleurs sauvages ne sont pas de saison mais ici dans les Pyrénées-Orientales s’est une chose assez banale que d’en découvrir même en hiver. Certaines sont très précoces et d’autres ont remarquablement résisté à tous les frimas. Epervières, pissenlits, vipérines et parfois même des fleurs échappées de quelques jardins forment la seule flore visible. Tout en montant,  si le Canigou reste tronqué, quelques fenêtres grisâtres s’entrouvrent sur le roc Mosquit et le Mont Coronat, le plus joli panorama étant celui qu’offre le pic de Bau et ses proches environs sous un firmament paradoxalement bleu ciel. Finalement et au bout de trois quart d’heures le fameux pylône à haute tension est atteint et là, commence un tout autre parcours. Plus simple et parfois balisé, l’itinéraire suit le canal asséché et de ce fait, le topo « colliourencq » et mon GPS deviennent très vite inutiles sur plusieurs kilomètres. Je les range. A l’instant même où nous avons atteint le canal, l’humidité ambiante s’est transformée en un modeste crachin. Heureusement, ces fines gouttes de pluie ne durent pas et auront pour seules conséquences d’embuer l’objectif de mon numérique sans que je m’en aperçoive et bien évidemment d’altérer de nombreuses photos. Le début du canal tout en balcon offre des vues aériennes sur un ravin planté d’une forêt roussie, sur quelques clairières plus verdoyantes et des exploitations agricoles assez clairsemées. Des panoramas peu différents et toujours aussi tristes se dévoilent au travers de quelques fenêtres qu’offre la forêt. Plutôt monotone car sans réel dénivelé ni aucune surprise, l’itinéraire suit le canal et sa courbe de niveau. Si on est conscient du travail colossal de terrassement que cela a pu constituer de le creuser en épousant les contours de la montagne, l’œil est plutôt attiré par les ouvrages jalonnant le canal que par les sinuosités concaves ou non qui se succèdent. Ponts, puits, tunnels, buses, vannes, déversoirs, drains, siphons, canaux secondaires et j’en oublie sans doute sont autant de constructions qu’il a fallu imaginer, élever mais qu’il faut désormais entretenir et réparer. A n’en pas douter, l’assèchement complet de cette longue partie du canal est certainement la conséquence de cette besogne nécessaire de réfection. Alors comme souvent, j’essaie de remplir cette pédestre monotonie en recherchant d’autres sujets d’intérêts. Ils se résument encore et toujours à de rares fleurs et surtout à des passereaux presque toujours les mêmes, c'est-à-dire des mésanges charbonnières et des rouges-gorges, dont la dénomination scientifique de « familier » leur sied à merveille, tant il y en a ici. Pas de doute, la forêt de pins, quelques proches vergers et le canal constituent à coup sûr leur terrain de jeu voire peut-être même leur habitat car à plusieurs reprises, je vois sortir des rouges-gorges de certaines canalisations. En tous cas, les oiseaux jouent avec moi et avec mon appareil photo comme des gamins jouent à cache-cache dans une cours de récréation. Les balcons avec vues laissent la place aux sous-bois, puis les deux alternent à tour de rôle, esquissant d’éphémères paysages. On s’arrête pour déjeuner au lieu-dit « les Seners » (les Seigneurs).  Assis sur la murette en ciment d’un petit aqueduc, nous y restons presque une heure, Dany a écouté son baladeur et moi, bien occupé à attirer quelques oiseaux à l’aide de mes appeaux. Un gobe-mouches et une sittelle ont finalement pitié de moi. Nous repartons, mais très vite la forêt se termine. Cette fois, les panoramas se font plus amples. Les plus proches donnent sur des prairies entourant une vaste ferme et quelques maisons. Si j’en crois mon bout de carte, il s’agit du hameau d’El Roure (**). La météo paraît vouloir s’améliorer et deci delà, quelques pans de ciel bleu arrivent à s’extraire de ce matelas gris noir encore bien bas. Est-ce cette hésitante amélioration mais la faune semble soudain s’éveiller ? Un gros chien joue dans un pré mais trop occupé à son jeu consistant à fouiner un terrier, il lève la tête mais finalement nous ignore. Deux éperviers et un corvidé paraissent heureux de planer dans cette océan retrouvé et le font savoir en sifflant pour les premiers et en croassant pour le second. Si mon numérique s’intéresse à ces volatiles, un groupe important d’alouettes picorant dans un champ ne le laisse pas indifférent. Il y a cent fois plus d’oiseaux ici que sur tout le parcours accomplit jusqu’à présent. Des merles et un geai giclent des boqueteaux et s’enfuient à tire d’ailes vers des futaies plus tranquilles. Deux rougequeues noirs et un cochevis flanqué de sa huppe pointue jouent dans les flaques résiduelles du canal. Nous partons découvrir le Dolmen de Lloseta, lequel avec le canal est le seul autre intérêt patrimonial de cette balade. Il se trouve à quelques encablures seulement et pour cela, nous empruntons une piste qui sur la gauche du canal file vers le lieu-dit « la Garrolla », direction Villerach. Après cette « rocheuse » et sépulcrale découverte, nous rebroussons chemin et devant l’hypothèse de plusieurs itinéraires, je ressors G.P.S et topo. Avec le G.P.S allumé en permanence, tout devient plus simple. Le canal de Bohère poursuit sa course vers d’autres horizons à irriguer et nous suivons désormais un canal secondaire, lequel tout en descente file sans souci vers Llonat. Plutôt rectiligne, l’itinéraire passe devant un complexe médical puis les belles villas, l’école et les maisons du village de Llonat sont rapidement là. Dans le village, alors que Dany sprinte vers l’arrivée, je me transforme en « envoyé spécial » photographiant tout ce qui attire mon regard. On retrouve l’église Sainte Marie et notre voiture sous un ciel prometteur. Au loin, du côté du Massif du Canigou, le soleil décline déjà derrière des nuages quelque peu rosissants. Ce rougeoiement va aller crescendo et en atteignant notre domicile, c’est un véritable embrasement du ciel qui nous est offert. Les nuages gris flamboient, passant d’un orange pâle à un rouge effroyablement flamboyant. De la fenêtre de notre chambre, je tente mais en vain de photographier ce Canigou qui est désormais caché par un ciel incandescent…..Saint Jean serre les fesses…..le bûcher est déjà ! Telle qu’expliquée ici, cette balade a été longue de 9,5 km pour des montées cumulées de 430 m et un dénivelé de 150 m, le point le plus bas étant Lloncet (353 m) et le plus haut au dolmen de Lloseta (503 m). Les 4 heures que nous avons passées sur les chemins ne sont pas significatives du temps nécessaire à l’accomplissement de cette balade très facile….nous avons vraiment lambiné. Merci aux "Randonneurs Colliourencqs" pour cette jolie balade et leurs explications si précises. Cartes I.G.N 2348 ET Prades- Saint-Paul-de Fenouillet et 2349 ET Massif du Canigou - Top 25.

    (*) Le Canal de Bohère : Selon les archéologues et les historiens, les premiers canaux d’irrigation dateraient de 5.000 à 6.000 ans avant notre ère et auraient été retrouvés en Mésopotamie, à Choga Mami dans le bassin de la Diyala plus exactement. Il s’agissait de canaux d’épandage de crues. En France, si les premiers vrais embryons d’irrigation datent des Romains, l’aqueduc d’Ansignan, découvert dernièrement lors du Sentier des Oiseaux en est un bel exemple, il faut attendre le début du Moyen-âge, pour parler réellement de réseaux d’irrigation. Ils sont construits à l’initiative des rois par des moines et ou des seigneurs pour arroser les terres de leurs domaines. L’idée d’irriguer à grande échelle prend son essor au 17eme siècle : le canal royal du Languedoc devient canal du Midi alimenté par le premier barrage construit par Pierre-Paul Riquet, dans la Montagne Noire, à Saint-Ferréol exactement. En Conflent, les premiers réseaux se développent à partir du 12eme siècle autour de Prades et de sa proche région. Avec ses 42 km, le canal de Bohère, plus long canal du département des Pyrénées-Orientales en est l’enfantement logique et naturel. Longtemps considéré comme indispensable au développement économique de la région, il prend sa source à Serdinya en captant les eaux de la Têt et finit sa course à Marquixanes, après un parcours plus que sinueux à travers les plateaux pradéens.  Il traverse bon nombre de communes et des sites remarquables comme Villefranche-de-Conflent et l’abbaye Saint Michel de Cuxa. Je ne vais pas ici vous en raconter toute l’Histoire, d’autres l’ont déjà fait bien mieux que je ne pourrais le faire (voir quelques liens ci-après) mais sachez qu’entre l’éclosion de l’idée de mieux irriguer les plateaux pradéens en 1786, la germination du projet et son ébauche en 1830, la publication du décret impérial de Napoléon III autorisant sa construction en 1863, le premier coup de pioche en 1864, sa première mise en eau en 1879 et sa terminaison en 1881, il aura fallu 17 ans de travaux et presque un siècle pour mener à bien ce projet et finaliser l’ouvrage….enfin presque. Il aura coûté plus d’un million de francs c'est-à-dire trois fois plus que le devis initial de 300.000 francs proposé par l’ingénieur Teyssonnières. Je passe sur les multiples vicissitudes, déconvenues et querelles qu’il a engendrées et il trouvera la pleine mesure de son efficacité d’irrigation en 1933 après bien d’autres travaux devenus indispensables pour satisfaire un maximum de propriétaires terriens. Aujourd’hui, tous les canaux du Conflent et leurs 80 km de long y compris celui de Bohère sont gérés par des Associations Syndicales Autorisées (A.S.A) comptant plus de 3.000 adhérents riverains. Ils arrosent plus de 1.600 hectares. Tous les adhérents riverains paient une redevance qu’ils utilisent ou pas les canaux. La seule partie principale du canal de Bohère avec ses 36,6 km de long permet d’arroser 731 ha répartis entre 1.091 propriétaires avec un débit de 700 litres secondes. De nos jours, le problème majeur qui se pose est celui de sa conservation, de son entretien et bien évidemment des finances qui vont avec…..mais cette préoccupation vaut pour tout notre patrimoine national un peu vieillot….c’est donc une autre histoire….qui espérons-le, ne disparaîtra jamais…..des associations se battent déjà pour cela.

    Voici quelques liens sur le canal de Bohère :

          Le Canal de Bohère, 150 ans d'Histoire (1864 - 2014) -   Mairie de Prades.

             - Association de sauvegarde du canal de Bohère       

             - Union ou fusion: une opportunité de pérennisation des ASA ?

             - Histoire des canaux d’irrigation – Marquixanes    

             - Taurinya –Le canal de Bohère.

             - Hydrologie des Pyrénées-Orientales.

             - A l’école du canal de Bohère.

             -  L’Indépendant - Eau : quel devenir pour Bohère ?

             -  Au fil de l'eau, le long du canal de Bohère

     

             et plus généraliste : - L’eau qui chante.

    …….il y a bien d’autres sites sur le sujet et les citer tous….équivaudrait presque à vouloir remonter le canal de Bohère en nageant….c’est donc mission impossible.

    (**) Los Masos : Située dans le Conflent à 4 km à l’est de Prades, la commune de Los Masos (traduction les Maisons ou Les Mas), d’une superficie de 571 ha, compte un peu plus de 900 habitants (les Masois) recensés sur 4 hameaux : Llonat, Lloncet, La Sacristie et Ballanet, auxquels nous pourrions rajouter celui de Le Roure, hameau considéré comme disparu lors d’un glissement de terrain. De cette catastrophe qui serait survenue en 1632, il ne reste que quelques pans ruinés d’une vieille église dédiée à Saint-Michel. Le lieu-dit qui serait en réalité le hameau originel reste néanmoins présent sur les cartes. Bien que la commune soit traversée par deux ruisseaux, Le Roure justement et le LLisco, l’Histoire révèle que l’approvisionnement en eau a toujours été un problème pour les villageois. L’insuffisance en eau a très longtemps limité les cultures à de la vigne et à des oliviers, peu gourmands en arrosage. D’ailleurs, en catalan, les habitants n’étaient-ils pas surnommés les « boques axuques », qu’il faut prononcer « bocheixuts » c'est-à-dire les  « bouches sèches » en français ? C’est donc avec bonheur que les Masois et notamment les propriétaires terriens accueillirent l’idée de la construction du canal de Bohère en 1863. Los Masos est la seule commune française dont le nom commence par un article non français (Los). Llonat est le principal hameau de la commune. C'est là que se trouvent la mairie et l'église. Lloncet s'appelait auparavant Joncet, signifiant un lieu planté de joncs. Concernant cette appellation de Lloncet, les avis sont partagés. Certains prétendent qu’il a été décidé volontairement pour éviter la confusion avec l’autre village de Joncet dont dispose le département et aurait donc été inventé de toutes pièces en rapport avec Llonat et ses « 2L » successifs. Du fait, ce nom n’aurait aucune légitimité historique. D’autres sont plus enclins de penser qu’il peut s’agir d’une confusion analogique avec Llonat ayant engendré une erreur de transcription dans un registre, erreur qui se serait poursuivie dans le temps. L'ancien nom de Ballanet est Avellanet signifiant un endroit planté de noisetiers. Quant à La Sacristie, son nom, Favars, remonte au 13eme siècle. Alors que les autres hameaux dépendaient de l’abbaye de St Martin du Canigou,  celui-ci appartenait à la Grande Sacristie de l'abbaye de Saint-Michel de Cuxa. Pour le désigner, on avait donc coutume de dire « Los Masos de la Sacristia ». Los Masos étant venue ensuite désigner l’ensemble des communes, les habitants prirent  l’habitude de ne garder que le nom de « La Sacristie ». Son rattachement à Los Masos date de 1790. (Extraits des sites « Communauté de communes Conflent-Los Masos », « Raconte-moi l’Histoire de Los Masos » et de « l’Encyclopédie Wikipédia »). Pour connaître son Histoire la plus ancienne, rendez-vous sur le site consacré à l’Histoire du Roussillon, à ses villages et bien évidemment à Los Masos en particulier. L’historien Jean Tosti précise que les 4 hameaux méritent une visite…alors pourquoi ne pas y retourner quand le canal de Bohère sera à nouveau mis en eau ? En été, la balade doit être rafraîchissante…

     

     

     

     

     

     

     


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  • LE SENTIER DES OISEAUX D'ANSIGNAN par jullie68

    Diaporama sur la chanson des Beatles "Blackbird" de Paul McCartney et John Lennon chantée

    successivement par Mike Massé, Sarah McLachlanKenny Rankin et Chris Colfer

    Le Sentier des Oiseaux d'Ansignan

    Le Sentier des Oiseaux d'Ansignan

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    Le « Sentier des Oiseaux » d’Ansignan est, pour peu qu’on veuille s’en donner la peine, un vrai sentier de découverte des oiseaux. Donné pour une heure à peine de marche sur le panonceau de départ, nous en avons passé presque trois et de ce fait, nous avons aperçu plus d’une vingtaine d’oiseaux bien différents pour une dizaine de spécimens photographiés. C’est ainsi que nous avons pu voir des oiseaux aussi hétéroclites que des corbeaux, des cormorans, un ramier, une buse et bien sûr de très nombreux passereaux. Tous n’ont pas pu être photographiés car la photographie ornithologique est une activité difficile qui réclame qu’on y consacre du temps, beaucoup de patience et du silence et il faut un peu de chance aussi. Il aurait donc fallu y passer le double voir le triple du temps que nous y avons destiné et bien évidemment sortir le plus souvent possible de l’itinéraire conseillé. La lecture des nombreux panneaux prend également pas mal de temps mais elle est, sinon indispensable, du moins souhaitable si l’on décide d’accomplir ce sentier.  Mais bon, peu importe le temps passé et les résultats obtenus, car au départ cette courte balade avait de multiples objectifs. Primo et toujours à cause de ma cheville douloureuse, je ne pouvais guère marcher plus longtemps même si l’envie était là, secundo toujours cette passion pour la photographie des volatiles bien sûr et tertio encore et toujours ma curiosité avec le désir d’y amener un jour mes petits-enfants si la balade s’annonçait ludique comme je l’avais imaginé. En raison du pont-aqueduc romain, je savais que les oiseaux ne pouvaient pas y être le seul pôle d’intérêts. Ludique, elle l’a donc vraiment été et j’ai décidé d’y amener mes petits-enfants qui étaient présents pour les vacances de Pâques. Mon article et le diaporama qui l’accompagne sont donc scindés en 2 parties. Une première balade qui a été réalisée le 29 décembre 2016 et l’autre, avec les petits bouts de choux et leurs parents le 7 avril dernier. Si l’on veut réellement découvrir et photographier les oiseaux qui fréquentent ce joli coin de l’Agly, il est préférable d’y venir seul car le l’intérêt que l’on porte à la gente volatile n’est pas le même pour tout le monde et la plupart de randonneurs se contenteront sans doute de lire les panneaux explicatifs sans pour autant regarder autour d’eux les oiseaux habitant les lieux. Vouloir les photographier est un autre degré supplémentaire dans la difficulté. Quand au bruit, ce n’est pas la meilleure manière de les approcher et bien évidemment quand on est seul, on en fait peu ou pas et en tous cas nettement moins que lorsqu’on est en groupe. En outre, y venir avec des enfants équivaut à une cours de récréation totalement antinomique si le but recherché est la photographie ornithologique.  Le départ s’effectue du lieu-dit le Moulin situé au sud-est d’Ansignan à 1,5 km du centre du village. Un parking et une aire de pique-nique vous y accueillent avec de nombreux panneaux expliquant de manière didactique et donc intéressante le « Monde fascinant de la Nature et des Oiseaux ». Si les enfants s’intéressent à ces premiers panneaux, la balade est déjà sur de bons rails. Vous pourrez donc agréablement jumeler la petite balade-découverte et un pique-nique et si les tables de cette aire sont déjà prises, sachez que d’autres tables sont également à votre disposition à proximité même du Moulin dans un superbe coin ombragé et verdoyant car encore bien plus près de la rivière Agly. Comme le balisage est parfait, l’itinéraire est d’une grande simplicité. Il emprunte un tout petit tronçon du Tour du Fenouillèdes se terminant à l’aqueduc romain. Pour moi, ce tour est cher à ma mémoire et synonyme de très bons souvenirs pour l’avoir accompli en intégralité, en 5 jours et avec mon fils en 2011. Ce court tronçon faisait partie de notre dernière étape entre St-Paul de Fenouillet et Trilla. Une étape qu’au départ nous avions pensé facile mais qui au demeurant avait été la plus « casse-pattes » des cinq. De ce fait, l’eau fraîche de l’aqueduc avait fait office de « thermes » opportuns pour soulager nos pieds endoloris. Après tout les Romains étaient bien les inventeurs des deux types d’ouvrages ! Après l’aqueduc romain, le sentier revient vers la ligne de départ en longeant la rive droite de Agly alors que le Tour du Fenouillèdes, lui, continue encore, et se poursuit en direction d’Ansignan dont une visite est toujours possible, sous condition de faire une petite entorse à l’itinéraire du Sentier des Oiseaux. Le village d'Ansignan est joliment perché sur une colline dominant le petit vallon mais à seulement 500 mètres de l’aqueduc. A l’aqueduc, un panneau résume l’histoire de ce magnifique ouvrage remanié à de multiples reprises, remaniements ayant engendrés de nombreuses versions historiques jamais formellement attestées pour la plupart d’entre-elles mais permettant néanmoins son fonctionnement présent. Le jour de notre deuxième visite, nous avons constaté de visu qu’il fonctionnait toujours et irriguait parfaitement le potager d’un charmant monsieur qui nous a rapidement expliqué le trajet alambiqué mais ô combien ingénieux et fonctionnel de l’eau. Les enfants, eux, ont bien évidemment adoré la partie tunnel de l’aqueduc et les différentes arches qui sont autant de cachettes leur permettant de disparaître de nos regards pendant quelques instants. Si on les avait laissé faire, je pense qu’ils auraient aimé encore plus jouer les équilibristes sur sa partie la plus aérienne. En général, les enfants aiment les élévations et se mouiller les pieds et l’enfant de 68 ans que je suis encore n’est jamais le dernier à prendre plaisir à ces espiègles distractions. De toute évidence, la balade plaît aux enfants mais également aux adultes car on peut aisément retrouver à la fois la vie rurale actuelle mais se projeter dans celle d’antan. Les deux doivent être très ressemblantes et seuls quels fûts en plastique, tuyaux en PVC et grillages sont là pour en illustrer les dissemblances dans la manière de régenter les jardins potagers actuels. Quelques gentils chevaux, poneys et autres ânes dans leur enclos donnent une touche champêtre à ce parcours et on imagine aisément que cette vision bucolique devait être la même il y a quelques siècles auparavant. L’Histoire raconte que de nombreux vestiges ont disparu emportés par les siècles et sans doute les crues de l’Agly. Le village romain qui était irrigué était situé au lieu-dit Le Moulin, non loin de la ligne de départ. Les restes d’un pont sont encore visibles. Ils sont situés à la confluence de l’Agly et de la Désix. Si les enfants ont du mal à tenir la concentration pendant cette heure de balade, et c’est normal, j’ai quand même acquis la certitude que mon petit-fils de 8 ans avait retenu quelques leçons : il sait désormais ce qu’est une Pie  grièche à tête rousse ou une Fauvette mélanocéphale. Il sait aussi qu’un aqueduc est un pont permettant de capter et de conduire de l’eau pour irriguer des jardins. Il sait que celui d’Ansignan était initialement romain. Il sait que certains habitants des Fenouillèdes sont appelés « lézards » (ceux de Felluns), à cause de leur goût immodéré pour la sieste. Il sait aussi qu’il est très fort à la course et nous l’a prouvé en battant sa mère à plate couture. Son père est encore meilleur que lui mais pour combien de temps ? Il sait aussi que le grand-père que je suis est super fort à la pétanque et que quand il s’agit de se lancer dans des parties acharnées, il n’est pas le dernier. Il a si bien retenu cette dernière leçon que depuis il m’a battu : 13 à 12 et donc sur le fil mais ça reste une très belle victoire dont il a toutes les raisons d’être fier ! Ma petite fille Eulalie, elle, a fini la boucle sur les épaules de son père, mais je pense que c’est plus par « cagne » que pour une réelle fatigue. Cette dernière journée sur le Sentier des Oiseaux a donc été bien différente de la première : moins d’oiseaux aperçus et photographiés mais une jolie balade quand même, couronnée d’un agréable pique-nique, d’opiniâtres parties de pétanque et d'une visite du barrage de Caramany. Moins d’oiseaux mais plus de bonheurs et les deux sont tellement plus beaux quand ils ne sont pas en cage ! Cette balade est donnée pour 3km et sans aucune déclivité (30 m seulement). Carte I.G.N 2348 ET Prades- Saint-Paul-de Fenouillet - Top 25.

     

     

     

     

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    Après les troubles de l'élection.....bonne chance Monsieur le Président....

    Après les troubles de l’élection ; ça se soigne comme disait avec humour un comédien et quelques internautes ; Macron a finalement été élu Président de la République. Alors même s’il n’a pas eu ma préférence,  il faut être beau joueur et admettre que son élection ne souffre aucune contestation. Avec plus de 66% des suffrages exprimés, il s’agit d’un très haut score et force est de reconnaître que Marine Le Pen a été battue à plates coutures.

    Alors bien sûr, il y aura toujours des analystes pour venir nous expliquer que Macron a gagné pour telles ou telles raisons et que Marine Le Pen a perdu pour telles autres, d’autres trouveront que le F.N a somme toute réussi avec plus de 11 millions d’électeurs, etc….etc….mais les faits sont là et bien là, Macron gouvernera la France pendant 5 ans. Enfin, il faut souhaiter qu’il ait une forte majorité pour le faire. Certains mégoteront en disant que plus de 30% des électeurs n’ont pas voulu faire de choix entre les deux candidats en s’abstenant ou en votant blanc ou nul, mais dans l’immédiat notre démocratie fonctionne ainsi et il faut accepter le résultat tel qu’il est. Alors quand on est beau et bon joueur, on félicite le gagnant et on lui souhaite de réussir dans les suites qu’il va donner à cette victoire. J’ose simplement espérer que tous les Français ou du moins une grande majorité d’entre eux ; 66% se seraient déjà très bien ; seront satisfaits à la fin du quinquennat de Macron. Rappelons-nous qu’Hollande avait été élu avec un plus de 51 % des suffrages exprimés et qu’il finit avec une côte de popularité de 14%. C’est un résultat terrible qu’il ne faut pas souhaiter à Macron. Ne pas le souhaiter à Macron, c’est ne pas nous souhaiter 5 nouvelles années aussi « mauvaises » que celles que nous venons de connaître et de vivre :

    -          C’est ne pas souhaiter qu’il y ait encore autant de chômeurs, autant de pauvreté et de précarité.

    -          C’est ne pas souhaiter que notre pouvoir d’achat continue de se dégrader.

    -          C’est ne pas souhaiter que l’éducation de nos enfants continue à être tirée vers le bas.

    -          C’est ne pas souhaiter autant d’attentats si meurtriers.

    -         C’est ne pas souhaiter que nos policiers, nos gendarmes et nos militaires soient trop souvent mis en danger.

    -          C’est ne pas souhaiter que l’insécurité, les incivilités et les peurs deviennent la routine qu’elles sont entrain de devenir.

    -          C’est ne pas souhaiter que la justice continue à être si permissive et si peu efficace.

    -          C’est ne pas souhaiter une si mauvaise situation économique de notre pays.

    -          C’est ne pas souhaiter que notre dette continue à se creuser à la vitesse grand « V ».

    -          C’est ne pas souhaiter que les impôts et les taxes continuent à la hausse.

    -         C’est ne pas souhaiter que des pans entiers de notre agriculture, de notre industrie ou de notre commerce continuent de tomber.

    -          C’est ne pas souhaiter que le progrès soit synonyme de déclins sociaux.

    -          C’est ne pas souhaiter que nos principales décisions soient toujours dépendantes de Bruxelles,

    -          C’est ne pas souhaiter que la finance guide les décisions qui seront prises.

    -          C’est ne pas souhaiter que les riches soient encore plus riches.

    -          C’est ne pas souhaiter que la fracture sociale continue de se creuser.

    -          C’est ne pas souhaiter que la médecine devienne le parcours du combattant qu’elle est entrain de devenir.

    -          C’est ne pas souhaiter que la laïcité perde les principes qui sont les siens.

    -         C’est ne pas souhaiter que les communautarismes et notamment l’islam radical continuent de progresser dans notre pays.

    -          C’est ne pas souhaiter que l’écologie soit la grande absente du quinquennat.

    -          C’est ne pas souhaiter que les mots « écologie » et «menaces climatiques » soient vides de tout consensus et de toutes actions efficaces.

    -          C’est ne pas souhaiter que l’immigration devienne un problème insurmontable.

    -          C’est ne pas souhaiter que le monde politique soit si peu considéré.

    -          C’est ne pas souhaiter que nos politiques continuent parfois à être si peu moraux.

    -          C’est ne pas souhaiter qu’il y ait tant d’injustices dans les droits à la retraite.

    -          C’est  ne pas souhaiter, etc….etc…..

    Alors voilà, cette liste n’est bien sûr pas exhaustive et parmi tous ces non-souhaits, je n’en souhaite aucun à Macron et bien au contraire, je lui souhaite beaucoup de bonnes et belles réussites sous condition qu’elles soient aussi celles que les Français attendent de lui…..même si à titre personnel, je reste convaincu qu’il n’a pas le profil pour y parvenir ; je ne vois pas très bien ce qu’il peut y avoir de nouveau dans un gars diplômé de l’E.N.A, haut fonctionnaire, conseiller puis ministre de Hollande et banquier de surcroît, de nombreuses personnes qui ont été aux manettes depuis 40 ou 50 ans avaient à peu de choses près ce même profil et on connaît la situation présente de la France avec 2.167 milliards d’euros de dette publique soit 32.344 euros par habitants ; mais en tous cas et malgré mes réticences, je ne souhaite pas qu’il échoue dans ses entreprises si elles doivent être bonnes pour nous Français.  Bonne chance Monsieur le Président……

     

     

     

     

     

     

     


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