• LE SENTIER DES DOLMENS EN FENOUILLEDES depuis... par jullie68

    Diaporama sur la musique "Lifelong Fiction" d'Aphilas

    Le Sentier des Dolmens en Fenouillèdes depuis Ansignan (pont sur l'Agly)

    Le Sentier des Dolmens en Fenouillèdes depuis Ansignan (pont sur l'Agly)

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    « Le Sentier des Dolmens en Fenouillèdes vous permettra de partir sur les traces de nos ancêtres préhistoriques ». Voilà la toute première description que vous trouverez de cette randonnée sur le panneau se trouvant sur la ligne de départ située à proximité du paisible village d’Ansignan.  Alors, attention, ne partez pas avec l’idée que vous marcherez dans les pas ou les empreintes de l’Homme de Cro-Magnon ou de celui de Tautavel. Non ! Ici le mot « traces », ce sont tout simplement les dolmens eux-mêmes et pas grand-chose de plus, c'est-à-dire les manifestations d’une existence humaine antérieure à l’écriture que les historiens appellent « préhistoire ». Les archéologues tentent d’être plus précis et pour eux, pas de doute, les dolmens ou mégalithes seraient les annales de morts annoncées entre la fin du Ve millénaire av. J.-C. et la fin du IIIe millénaire av. J.-C. Selon eux, les dolmens seraient tout simplement les ouvrages encore debout de nos « croque-morts » les plus anciens.  Oui, pour eux, les dolmens seraient des tombeaux, des tombes, des caveaux, des mausolées, des sépultures, en deux mots, des « pierres tombales » dressées par nos ancêtres. Ils en ont l’aspect. D’un autre côté, n’allez pas imaginer que cette balade est un cortège funéraire voire une procession funèbre. Non, il y a bien d’autres choses à découvrir tant sur le plan paysager, floristique ou faunique, enfin c’est comme ça que je l’ai vécu personnellement et cette balade n’a rien de mortifère, bien au contraire.  La ligne de départ est située après le pont qui enjambe l’Agly, à l’endroit même où la rivière se jette dans le lac de barrage de Caramany, soit  2 km environ avant d’arriver à Ansignan quand on vient de Rasiguères. Un petit parking est là où l’on peut aisément laissé plusieurs voitures. Une large piste démarre en face du parking et grimpe d’emblée dans un décor de garrigues. Ce décor a pour noms, Clot de Tury sur la droite de la piste et Taupels sur la gauche. Attention, prenez la piste la plus à droite et non pas celle qui file en bordure du lac. C’est la piste DFCI F66. Très vite, et tout en montant, une multitude de vues se dévoilent : sur le lac, sur Ansignan et son superbe aqueduc romain, sur le pic Lazerou, sur la Serre de Vergès et en face sur celle de Lansac. Pour moi, tous ces panoramas sont synonymes de mémorables et merveilleux souvenirs : ceux de quelques précédentes jolies balades mais surtout celle d’un inoubliable Tour des Fenouillèdes réalisé en 2011 avec mon fils. Et il en sera ainsi tout au long de cette journée. Pour atteindre le premier dolmen, nous allons mettre 45 minutes, il est vrai dans un rythme à rendre envieux le randonneur « corse » le plus nonchalant. Après tout, rien ne presse puisque nous allons voir des morts ? Non, blague à part, la contemplation des paysages, les fleurs, les oiseaux, les papillons, et les photographies à prendre de tout ça, sont autant d’excellentes raisons à cette agréable mais excessive lenteur, pour ne pas dire paresse.  Sous un ciel bleu azur et un chaud soleil printanier, cette douce musardise est pour moi un vrai bonheur. Un peu moins pour Dany dont la cadence est en général plus soutenue que la mienne. Normal, elle ne prend pas de photos. Ce premier dolmen a pour nom « Las Colombinos », traduction de « la colombine » sans doute plutôt que de la « colombienne » mais ne me demandez pas pourquoi. Probablement, faut-il y voir un rapport avec des oiseaux de la famille des colombidés.  On le trouve parfois sous la dénomination de « dolmen de Taupels », nom du lieu-dit où il se trouve. Je ne vous en fais pas la description détaillée car des personnes bien plus calés que moi l’ont déjà fait et les proposent sur leurs sites Internet. Sur place, un panneau le décrit et montre la manière dont il aurait été élevé. Il présente la particularité d’avoir deux gravures sur les quelques pierres subsistantes de son tumulus, raison pour laquelle on parle généralement d’ « art rupestre » pour définir ce type d’œuvres. Après ce premier dolmen, l’itinéraire continue son chemin en zigzaguant au milieu d’une grande prairie en jachères. Ici, la végétation de la garrigue laisse la place aux graminées et à quelques fleurs à hautes tiges du type chardons ou sauges, mais ça ne dure pas. On retrouve très vite les maîtres des lieux que sont les chênes verts et kermès ainsi que les cistes, les genêts, les bruyères arborescentes, les filaires et les oléastres. Dans cette épaisse verdure, paradis des insectes et notamment des papillons seuls apparaissent quelques vestiges d’un agropastoralisme d’antan, sous la forme de murets ou de cabanes en pierres sèches. Il va en être ainsi jusqu’à rejoindre le Rec de la Llèbre, étroit ruisseau où ne s’écoule plus qu’un mince filet d’eau.  Ce « Llèbre », « lièvre » en français, on le retrouvera lors du retour où il nous servira de fil conducteur. Dans l’immédiat, le lièvre et les deux tortues, ça pourrait être le titre d’une fable fabuleuse ! Pour l’instant, on ne fait que traverser ce ruisseau pour rejoindre Trilla, village déjà tout proche dont l'accès s’effectue par des chemins divers et variés mais au sein de quelques jardins potagers pour finir. Trilla est là et voilà qu’enfin, je vais pouvoir satisfaire à un dessein tant de fois remis à plus tard, celui de monter vers sa jolie table d’orientation. « Balcon de la Pêche », « Foun del Loup » et première et dernière étape du Tour du Fenouillèdes, voilà les différentes fois où j’ai repoussé l’idée d’y monter pour aller la voir. J’avais toujours une excuse, bonne quelquefois, mauvaise parfois : manque de temps, mauvaise météo, éloignement, pas sur l’itinéraire, pourtant la grimpette est courte pour l’atteindre et ne réclame que quelques minutes. Cette fois, c’est la bonne et Dany qui me précède comme souvent, a trouvé le balisage et le bon panonceau  «table d’orientation ». Elle me montre le chemin. En réalité, il s’agit de trois belles tables agrémentées de plusieurs carrelages peints. Ces carreaux coloriés décrivent les panoramas avoisinants les plus visibles et les horizons les plus lointains ainsi que la faune présente dans le secteur. Assis au pied des tables, nous retrouvons un couple de randonneurs, lesquels n’ont eu aucun problème à nous dépasser puis à nous distancer tant nous flânions Dany et moi. Les conversations avec ce couple sont fort intéressantes avec des sujets aussi variés que l’emploi, la retraite, le coût de l’immobilier dans le département ou les activités culturelles ou sportives dans nos communes respectives. Une seule « pierre d’achoppement » ou de discorde mais sans gravité porte sur les « troisième et quatrième dolmens ». J’ai beau leur dire qu’à ma connaissance et selon le panneau que j’ai lu au départ, il n’y aurait que deux dolmens sur ce « Sentier des Dolmens », rien ne semble les détourner de leur idée d’en découvrir un ou deux autres. J’ai beau leur dire qu’il y en a bien deux autres, mais du côté d’Ansignan et de Felluns, carte I.G.N à l’appui, rien ne semble les dissuader de leur projet d’en découvrir d’autres par ici.  Quand ils quittent les lieux, j’avoue les voir s’éloigner avec un sentiment oscillant entre envie de les voir disparaître car ils m’ont agacé et le découragement de n’avoir pas réussi à les convaincre. Dany et moi continuons à déjeuner dans le silence retrouvé. Nous profitons des belles vues panoramiques et plus ou moins lointaines et quand nos regards n’observent plus les horizons, c’est pour mieux apprécier les jeux amoureux de plusieurs papillons ou la besogne étonnante d’une guêpe fouisseuse creusant un trou dans la terre pour y dissimuler son futur repas. Le printemps est là et cette faune microcosmique n’est pas la moins intéressante quand elle se donne en spectacle. Nous repartons par un étroit sentier continuant de monter vers le sud et le point culminant de cette balade à 466 m.  Sur notre gauche, c’est une longue ravine qui serpente en descendant du Sarrat de l’Espinet puis plus loin, nous retrouvons la jonction avec le GRP du Tour du Fenouillèdes, synonyme pour moi de tant d’heureux souvenirs. Nous regagnons Trilla au milieu de champs tout roses car amplement garnis de bouquets de thym en fleurs.  Sa jolie église Notre-Dame de l’Assomption est déjà là avec sa belle mairie mitoyenne construite dans un style très «majorquin » que nous aimons beaucoup, moellons rouges et galets de rivière. Le balisage continue d’être très bon avec toujours les marques de peinture jaunes et les panonceaux toujours bien présents comme depuis le départ. Dany m’attend pendant que j’effectue un rapide aller retour vers le cimetière pour aller découvrir une minuscule chapelle dédiée à Sainte-Colombe et à la Vierge. Le petit cimetière est propret et bien ordonné et force est de reconnaître que depuis la préhistoire et l’époque des dolmens, il y a eu des avancées architecturales en matière mortuaire et que l’on gère mieux nos défunts, enfin tout du moins pour ceux qui reposent paisiblement ici. On poursuit notre parcours en direction du deuxième dolmen sous le regard interrogateur d’un âne à la robe blanche. Il vient nous voir et pointe ses longues oreilles par-dessus une large haie. Une haie bien trop large pour qu’on puisse lui consentir une offrande. Ici, l’itinéraire alterne route asphaltée, piste sableuse et chemin herbeux au sein de parcelles non cultivées ou plantées de vignes. A l’approche de la D.9b, le balisage semble disparaître et en tous cas, on ne le trouve plus. Le chemin devient plus incertain. On choisit l’option de poursuivre la route départementale et, 200 à 300 mètres plus loin, nous constatons avoir fait le bon choix car un panonceau « dolmen » nous oriente vers notre prochain objectif.  La suite devient plus claire et file en balcon, avec sur la gauche une légère déclinaison très verdoyante du terrain. Ce lieu-dit a pour nom « Camp del Prat », dont la traduction française le « Terrain du Pré » ou « Champ du Pré » est un toponyme pléonastique comme il en existe de très nombreux un peu partout. Le « Dolmen Los Apostados » que nous découvrons au dessus du chemin est également connu sous le nom de « Dolmen du Camp del Prat ». Un grand panneau en explique brièvement et imparfaitement l’origine mais donne la signification catalane du mot « apostados », c'est-à-dire « construit avec des pierres disposées les unes sur les autres ». Je note simplement que la traduction française du même adjectif espagnol signifie  « posté », « positionné », « stationné » en parlant par exemple de soldats. Le lieu se prête effectivement à une éventuelle surveillance militaire. Alors ? Ce panneau présente un deuxième intérêt qui est celui d’expliquer que le dolmen monumental, que l’on voit aujourd’hui, était en réalité sa partie la moins visible car à l’origine complètement recouverte de son tumulus, un peu comme si nous creusions autour de nos fosses tombales actuelles. Quelques photos et nous repartons cette fois vers l’arrivée, en prenant le plus grand soin à suivre un balisage jaune pas toujours évident. Il nous fait traverser un gros muret effondré, le longe, côtoie un abri pastoral rudimentaire et se poursuit vers l’est entre garrigues et vignobles. Finalement, on quitte ce plateau panoramique par un sentier qui descend en direction du ravin du Rec de la Llèbre mais sans jamais l’atteindre. Très souvent en sous-bois et pas toujours facile à cheminer, ce sentier offre peu d’ouvertures et donc peu de paysages, lesquels ne s’entrouvrent vraiment qu’au départ et à l’approche de sa terminaison sur la D.9b. Si je vous précise qu’il n’est pas facile c’est parce qu’à quelques secondes d’intervalles, Dany et moi avons chuté, heureusement sans aucune gravité. Composé de terre, de loess et de marnes gréseuses, le sentier est suffisamment abrupt par endroits pour que les petites billes de sables dures se transforment sous les godillots en autant de minuscules roulettes prêtes à faire tomber n’importe quel randonneur, y compris le plus prudent. Quand les paysages se dévoilent enfin sur la Serre de Vergès et la vallée de l’Agly, force est de constater que le Llèbre a profondément creusé son ravin. Le sentier se termine dans des champs au lieu-dit « la Payssère de la Figuerasse », ancien verger planté de figuiers sans doute et de nos jours amplement fréquentés par des passereaux car la terre y semble très fertile. Elle est composée de sables et d’argiles alluvionnaires où nos pieds ont la fâcheuse tendance à s’y engluer quand nous décidons de traverser le pré. Il faut dire que c’est ici que la rivière Désix, tant évoquée dans certaines balades précédentes, se jettent dans l’Agly et quand on sait que la Désix vient elle-même de récupérer les eaux de La Matassa et de bien d’autres « recs », c’est dire si ici les rivières ont amplement formaté les paysages et ont eu leur importance économique pour le pays. Les Romains ne s’y sont pas trompés, eux, qui ont construit à quelques encablures, le magnifique pont-aqueduc d’Ansignan, fonctionnant encore, malgré 17 siècles d’écoulement dans ses différents chenaux. Quand à nos ingénieurs modernes, ils ont rapidement compris que cette vallée était un vrai joyau aquifère et l’idée d’y construire un barrage avait germé depuis longtemps dans leurs têtes. En tous cas, si les rivières ont toujours eu de l’importance pour les hommes, ici les oiseaux ne sont pas hostiles à une cohabitation. Ils sont légions et nous en profitons pour faire une longue pause. Pour Dany, cette pause est consacrée à finir les restes de notre casse-croûte et pour moi à tenter de photographier quelques-uns de ces volatiles. J’ai appris qu’un Sentier des Oiseaux avait été crée ici à Ansignan. Après cette dernière halte culino-ornithologique, il est temps de rejoindre notre voiture. Elle est là toute proche à moins d’un kilomètre mais sur l’asphalte de la départementale, on pourrait presque penser qu’il y en a le double voire le triple à parcourir. Non, cette balade très vivante ; un paradoxe par rapport à ses objectifs initiaux que sont les sépultures dolmeniques ; a été longue de 11 km, pour un dénivelé de 285 m et des montées cumulées de 667 m, chiffres selon le tracé accompli et expliqué ici. Carte I.G.N 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25.


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  • LE CIRCUIT DES PONTS ROMAINS.....depuis Sournia par jullie68

    Diaporama sur la musique "Talk to me" de Miranda Shvangiradze


    Le Circuit des Ponts Romains depuis Sournia

    Le Circuit des Ponts Romains depuis Sournia

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    Au départ de Sournia, cette boucle que j’ai intitulée  le «Circuit des Ponts Romains », vous la trouverez parfois dans certains topo-guides ou sur des sites Internet sous la dénomination de « Sentier des Ponts Romains », « Sentier des Vieux Ponts » ou bien encore « Autour de la Désix ». Ils en existent de multiples versions et variantes, la mienne n’ayant que pour originalité de suivre la Désix au plus près de son lit lors du retour mais avec peut être le désagrément de bains de pied inévitables. Un comble, je l’admets, quand on prétend vouloir faire découvrir des ponts. Toutes ce appellations sont légitimes et il semblerait que la dénomination la plus usitée de « ponts romains » soit la plus discutable. En effet, les historiens s’accordent à dire que les différents vieux ponts, au nombre de deux voire trois et principaux objectifs de cette jolie balade pédestre, n’auraient rien d’antiques et seraient plutôt moyenâgeux.  Etant profane en la matière, je leur laisse l’entière responsabilité de leurs appréciations.  En tous cas, une fois les ponts découverts et visités, au-delà de leur belle architecture et de leur remarquable originalité, une évidence saute aux yeux : leur ancienneté !  Edifiés sur des rivières parfois très impétueuses voire carrément torrentielles et dévastatrices ; ici la Désix et la Ferrére ; ces ouvrages d’art ont su vaillamment résister au temps et surtout aux très nombreuses crues bouillonnantes que les époques précédentes n’ont pas manqué de voir défiler. Quelques restaurations ont parfois été réalisées mais si modestes au regard de ce que ces ponts ont pu endurer qu’il faut continuer à les regarder avec un œil admiratif. Souvenons-nous par exemple que le pays Fenouillèdes n’a pas été exempt du fameux « aiguât » de 1940 et bien que les estimations pluviométriques soient moindres qu’ailleurs, avec 200 à 300 mm en 24 heures à Sournia, ces précipitions orageuses ont été considérables.  Malgré les siècles, ces « ponts romains » sont encore bien debout  et continuent de garder leur destination première : pouvoir traverser la rivière facilement sans se mouiller les pieds.  Par ce constat, ces passerelles sont bien à l’image que la commune de Sournia s’était créée au fil des siècles passés, celle d’un village où la longévité n’était pas un vain mot et où vivre centenaire était presque devenu une banalité (*). A Sournia, la balade peut démarrer n’importe où, mais le lieu le plus approprié est la cave coopérative vinicole car c’est par là qu’on termine, à condition bien sûr d’y trouver une place pour garer sa voiture. Comme ça n’a pas été le cas,  j’ai laissé ma voiture à proximité du village de vacances Le Moulin, fermé à cette époque de l’année. Là, j’ai emprunté la D.619, direction Campoussy. J’ai traversé le pont « moderne » sur la Désix et j’ai poursuivi jusqu’à rencontrer la piste DFCI F80 filant à gauche. Si les vieux ponts vous intéressent vraiment, sachez qu’un ouvrage est déjà accessible en empruntant le premier chemin descendant à gauche, sur la D.619, elle précède la piste sus-indiquée. Peu de randonneurs le rajoutent à leur sortie. Il s’agit d’un pont avec des piliers en grosses pierres de taille dont l’arche unique dallée de béton laisse imaginer une restauration relativement récente. En tous cas, il parait plus « moderne » que ne le seront les deux suivants. La large piste DFCI F80 est assez longue ; plus de 4 km jusqu’à sa terminaison et à sa mutation en sentier ; mais est plutôt agréable à cheminer. Il faut dire qu’elle circule au sein même d’une ZNIEFF, Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique et de ce fait, elle traverse divers décors qui conviennent parfaitement à mon dada de la photographie animalière et floristique : petit bois de feuillus,  nombreux arbres en fleurs, forêt de grands conifères et quelques vestiges du passé, enfin tout ce qu’il faut pour attirer une faune diversifiée. Tout cela avec une élévation assez modeste de 100 mètres tout au plus,  amplement satisfaisante à la flânerie guidant mes pas. Cette élévation est néanmoins suffisante pour offrir de magnifiques vues sur Sournia, le vallon de la Désix et sur une bonne partie du pays Fenouillèdes. Au plus haut de l’itinéraire, de plus amples panoramas se dévoilent et comme le ciel est assez clair vers tous les horizons, la vue porte relativement loin : vers les Corbières et le château de Quéribus notamment et vers le Canigou dont je ne distingue que le bout de son pic enneigé. Sur cette piste, il faut noter qu’une bonne portion que j’emprunte est carrément absente de la carte I.G.N 2348 ET. Est-ce une erreur des géographes de l’I.G.N ou bien la carte 2348 ET est-elle trop ancienne ? Je ne sais pas mais je tiens à préciser cette anomalie, laquelle bien évidemment apparaît au grand jour dans la mesure où je dispose du tracé erroné dans mon G.P.S.  (Voir le bon tracé sur la carte jointe à ce récit).  Après quelques hésitations, finalement, je comprends qu’il y a une incohérence dans le parcours et je poursuis la même piste tant elle parait évidente. A hauteur d’une barrière et d’une patte d’oie, je choisis de prendre la piste descendant à gauche.  Cette piste file vers le lieu-dit La Ribasse où elle se termine et se transforme en un étroit sentier mal débroussaillé. Un cairn marque le commencement de cette sente et la D.619 en direction de Pézilla-de-Conflent en matérialise la fin. Entre les deux et en atteignant le lit du ravin de la Ferrére, le premier vrai « pont romain » est là, magnifique ouvrage aux trois arches d’une délicate pureté même si bien évidemment sa vétusté due à sa vieillesse ne fait pas l’ombre d’un doute.  Il a la particularité d’avoir une fontaine au sein même d’une de ses arches mais inactive de nos jours. Selon une information lue, on l’appellerait aussi le pont des Mandres ou pont des Renardes. Je le photographie sous toutes ses coutures avant de filer vers le deuxième « pont romain » tout proche.   Ici, en atteignant la D.619 et son pont moderne dit de Roquevert, on peut difficilement s’empêcher d’imaginer que cette route,  bitumée de nos jours,  n’a pas toujours été là, sinon les deux vieux ponts dits « romains » à quoi auraient-ils pu servir ?   En effet, les deux « ponts romains » encadrent si parfaitement le nouveau qu’il est raisonnable de penser que ce dernier est venu les remplacer. « Un pont entre deux autres », c’est presque le titre d’un film non ? Il faudra que je vérifie. (« Un pont entre deux rives »). De l’autre côté de la D.619 et juste dans le virage, un sentier descend vers le deuxième « pont romain ».  Il aurait reçu le nom de « pont des chèvres » mais ne me demandez pas pourquoi, mais on peut aisément imaginer qu’au temps jadis, un chevrier avait l’habitude de passer par là. Dans l’immédiat, je pars découvrir la Maison cantonnière toute proche, mais la demeure est fermée et peu loquace quand à une plaque illustrant son porche : « Chemins vicinaux – Maison cantonnière ».  Je retourne vers le « pont romain » un peu déçu car dans sa fiche Internet à propos de Trévillach, l’historien Jean Tosti évoque une grotte et la présence supposée d’un habitat préhistorique. Une fois encore, je suis sur le point de traverser le pont sans coup férir mais des bergeronnettes et d’autres passereaux jouant au bord de la Désix m’arrêtent dans ma démarche. Est-ce l’absence de vrais garde-fous et l’étroitesse du pont combinées à mon enthousiasme sans modération de la photographie mais, l’œil dans le viseur, je suis soudain pris d’une espèce de vertige, entre « tête  qui tourne » et effroi que le pont ne s’écroule sous mes pieds. Je déguerpis du pont aussi sec puis j’en rigole aussitôt une fois l’autre berge atteinte. Je prends d’autant plus conscience de ma stupidité que quelques minutes auparavant, j’ai aperçu un groupe d’une vingtaine de randonneurs le franchir sans problème.  Ici, pas de doute, la sente qui se poursuit de l’autre côté du pont puis qui s’élève dans un paysage de maquis est un ancien chemin muletier. Cela se voit à ses gros galets de rivières qui en empierrent le sol et des plus gros encore très souvent en granite qui l’encadrent tels des murets plus ou moins hauts. L’Histoire raconte que Roquevert était un carrefour stratégique très important au temps où les royaumes de France et d’Aragon se bagarraient tout ou partie du pays Fenouillèdes. Les vestiges du château que l’on aperçoit au sommet d’un piton  rocheux en sont le témoignage. Le sentier continue de s’élever offrant de jolies vues sur la Désix, la Maison Cantonnière et les ruines du vieil hameau de Roquevert. Au loin, la colline pyramidale du Roc Blanc colmate l’horizon. Elle aurait également servi de vigie militaire au Moyen-Âge. Quand le sentier s’aplanit, les paysages changent. Droit devant c’est une colline calcaire et aride amplement fracturée qui apparaît. J’y découvre avec stupéfaction et sur sa partie la plus inclinée toute une série de vieilles terrasses en pierres sèches dont je me demande quel type de cultures elles ont bien pu accueillir dans cet erg de caillasses. On peut penser à des oliviers tant la garrigue en conserve quelques traces sous la forme d’oléastres et d’oliviers sauvages. Sur la gauche puis sur la voie asphaltée que je poursuis, le regard embrasse de larges champs en jachères entourés de haies et de boqueteaux. J’y surprends un magnifique coucou geai. Plus loin, je remarque une jeune oliveraie au milieu de laquelle trône un cabanon, elle me confirme, si besoin était, qu’ici l’olivier a toujours été cultivé. Au rythme de mes pas et des virages,  les paysages s’entrouvrent encore un peu plus : de l’autre côté de la Désix ; c'est-à-dire d’où je viens. J’y distingue Campoussy et les vestiges de Séquières mais aussi vers les Pyrénées Audoises et vers la longue et sombre forêt des Fenouillèdes se poursuivant encore un peu plus loin par celles de Rabouillet et de Boucheville. Ces forêts, je les connais presque par coeur depuis mon mémorable Tour des Fenouillèdes de 2011. J’y distingue le Sarrat Naout, plus haut sommet de ce pays du fenouil.  Le chemin est propice à la rêverie et l’heure du pique-nique ayant déjà sonnée depuis de longues minutes, je réfléchis mais hésite aussi à m’arrêter au bord de cette voie carrossable mi-asphaltée mi-fleurie mais avec des vues splendides sur tous ces beaux paysages. Si j’hésite, c’est parce que j’ai prévu de déjeuner au bord de la Désix. J’ai encore toute mon après-midi devant moi pour manger et terminer cette jolie balade. Rien ne presse. Je m’arrête un instant puis je repars retrouvant une fois encore la D.619.  Au bord de la route, un panneau signalétique m’encourage à descendre vers la chapelle Sainte Félicité de Sournia qui se trouve en contrebas et au bord de la Désix. Mais non, comme je le fais la plupart du temps avant une randonnée, j’ai essayé d’étudier le parcours au mieux et c’est ainsi que j’ai découvert sur le Net toutes les curiosités visibles ou possibles. Le temps est venu d’aller découvrir une autre chapelle : la Chapelle del Méné. Elle se trouve 500 à 600 m plus haut au bord de la D.619 et si j’y suis passé des dizaines de fois devant et en voiture, jamais je n’ai pris le temps de m’y arrêter. Le moment propice est donc venu d’y aller pour faire une petite prière en faveur de tous les êtres qui me sont chers et d’avoir une tendre pensée pour tous ceux qui ne sont plus de ce monde. Ça fait pas mal de monde auquel j’estime pouvoir offrir les quelques mètres supplémentaires nécessaires à cet aller retour.  Après tout, je suis un catholique baptisé, libre et apte à faire une prière même si ma seule croyance c’est plutôt la Nature qu’un être suprême supérieur, et leur donner quelques minutes de ma divertissante balade n’est pas vraiment un sacrifice, bien au contraire. La Chapelle del Méné est en réalité une petite grotte aménagée en un lieu de prières avec un autel bien fleuri  et quelques statuettes de la Vierge. On peut simplement regretter toutes ses grilles obstruant son approche. Je suppose que le vandalisme a du avoir cours et que les bénévoles qui s’en occupent avec ferveur en ont assez de voir ce joli lieu trop souvent profané.  Après cette découverte méditative, je retourne vers la Chapelle Sainte Félicité. La vieille église est en partie en ruines, notamment la toiture mais le lieu est agréable et très rafraîchissant car entouré d’une végétation verdoyante. Les randonneurs vus sur le dernier « pont des Chèvres» sont là, à quelques encablures, à se détendre au bord de la Désix.  Ma visite de la chapelle qui se trouve un peu plus haut ne peut donc pas les déranger. J’en profite pour la découvrir après la lecture d’une pancarte qui en raconte brièvement l’Histoire et beaucoup plus l’architecture. Elle est d’époque préromane. Je la photographie sous tous ses aspects. Je quitte Sainte Félicité en longeant la berge gauche de la Désix, cette fois-ci à la recherche du coin idéal pour pique-niquer. Je le trouve sans aucune difficulté et 200 mètres en amont, même si je suis contraint de m’écarter quelque peu de mon tracé G.P.S. Ici, la Désix forme un petit bras tranquille séparé du reste du torrent que j’entends chanter quelques mètres plus loin.  Assis sur une petite grève mi-limoneuse mi-herbeuse,  je peux enfin me détendre tout en satisfaisant mon estomac qui commençait sérieusement à crier famine. Il est 13h30.  Je mange en écoutant les bruits de la nature et en observant des « gerris » qui font de l’aquaplaning sur le miroir de l’eau. Enfant, on les appelait improprement des « cousins ». Une « demoiselle » aux ailes d’un magnifique bleu vert métallisé fait des va et vient en quête d’humidité qu’elle trouve sur des branchages, des feuillages ou des galets mais toujours au plus près de la surface de l’eau.  De temps en temps, et avec une dextérité étonnante, un pouillot vient jouer au voltigeur dans cet écheveau végétatif et liquide. Le grand pré qui se trouve dans mon dos est parsemé de fleurs printanières. Elles viendront se rajouter à mon herbier photographique dès le pique-nique terminé. Une heure plus tard, je repars, toujours en amont et sur la rive gauche. Grâce à mon tracé G.P.S, je n’ai aucun mal à retrouver l’itinéraire et le large chemin herbeux qu’il me faut suivre. Si ce dernier s’est quelque peu éloigné de la Désix pendant quelques temps, une première complication surgit à l’instant même où les deux se rejoignent.  Ici, pas de pont. Ni romain ni moyenâgeux et seulement un semblant de passage à gué de quatre mètres de large dont la moitié a été depuis longtemps emportée par les flots. Je suis devant un dilemme : soit trouver un passage au sec soit me déchausser, remonter mon pantalon sur les genoux et traverser à pied ce courant assez impétueux d’une trentaine de centimètres de profondeur au maximum. Si la largeur et la profondeur ne sont pas effrayantes, j’appréhende une glissade sur des galets moussus et instables, pas tant par peur de me mouiller mais par crainte de choir avec mon appareil photo et mon sac à dos que je n’ai pas du tout envie de voir détremper ni l’un ni l’autre. Finalement et quelques mètres plus haut, je finis par trouver un passage au sec sous la forme de vieux petits murets coupant en tous sens la rivière.  Vestiges d’un pont séculaire ? Digue ancestrale ? Vieille écluse ? Anciens bassins de rétention ? Je n’arrive pas à trouver une signification à ces murets mais en tous cas,  ils sont là à bon escient même si les cheminer nécessite par endroits des dons proches du funambulisme. Enfin, pour l’instant ces murets sont bien commodes car quelques mètres plus loin et plus haut, nouvelle jonction du chemin et de la Désix et là, pas d’autre alternative qu’un grand bain de pieds. Si aux beaux jours, j’ai toujours aimé me baigner dans toutes les rivières que je rencontrais, prenant ainsi mes désirs pour des réalités, ici « prendre la Désix devient une réalité »  un peu contraignante. A la mi-avril, l’eau descendant des montagnes est encore bien trop glacée pour qu’un bain forcé soit plaisant. Seul vrai plaisir à cette traversée délicate mais heureusement éphémère, le bonheur d’arriver indemne sur l’autre berge avec mon sac à dos et mon appareil photo intacts. Autre bonheur sur cette rive, celui de découvrir un joli martin-pêcheur dans son action primitive : la pêche aux alevins.  Ma présence semble le déranger car il se réfugie dans les frondaisons de la berge puis il s’enfuit carrément mais j’ai eu le temps de deux jolies photos. De l’autre côté de la rivière, un sentier continue en sous-bois mais débouche très vite sur une large piste sableuse. Le sous-bois se termine, les paysages vers le haut se dévoilent et ô surprise, une dizaine de vautours fauves louvoient dans le ciel azur. Décidèment, force est de reconnaître que très souvent mes balades sont ponctuées de ces magnifiques mais angoissants volatiles : Fenouillèdes mais aussi Vallespir, Cerdagne, Capcir, Ariège, Aude, Hautes-Pyrénées, Midi-Pyrénées, j’en ai même vu dans le Conflent, au dessus de Serrabonne et encore très récemment du côté de Conat, et qui plus est sur la route filant vers Nohèdes et Urbanya. Le vautour solitaire il est vrai,  était posé, tranquille, sur un muret au bord de la route et n’a même pas bougé à l’instant même où je suis passé en voiture à moins de deux mètres de lui. Sa réintroduction dans les Pyrénées françaises a apparemment porté ses fruits et désormais ses territoires de prédilection se confondent avec l’ensemble des terres pyrénéennes. En outre, il semble s’être habitué à la présence de l’homme mais le contraire est-il vrai ?  Un œil sur les vautours et l’autre sur le chemin et ses abords, je continue de profiter des vues qui s’entrouvrent de tous côtés. Il y en a des plongeantes vers la Désix, d’autres plus planes devant moi et d’autres plus célestes vers les collines  mais toutes sont belles et ont pour dénominateur commun une végétation luxuriante et verdoyante. Pas de doute, le printemps est là. Sournia aussi. Je coupe le parking de la cave coopérative et poursuit vers la D.619. Ma voiture est toujours là. Ce joli « Circuit des Ponts Romains » est fini. Telle qu’expliquée ici, cette belle balade aux nombreuses découvertes a été longue de 12,5 km environ pour un dénivelé de 210 m et des montées cumulées de 865 m. Sur cet itinéraire où les « ponts romains » sont les principaux objectifs, il faut prendre note, et très paradoxalement,  que ne pas vouloir se mouiller les pieds deviendra vite un obstacle. Carte I.G.N 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25.  

     


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  •   Mais où passe notre argent ?


     

    Mais où passe notre argent ? Enfin, celui des contribuables que nous sommes ? La dette de la France ? 2.170 milliards d’euros selon un article paru dans Les Echos, il y a quelques jours, le 30 septembre plus exactement, soit une hausse de 31,7 milliards d’euros pas rapport au trimestre précédent et presque 100% de notre PIB à ce jour. Plus de 34.000 euros d’endettement par français. Ça me laisse très songeur. Vous non ? Pourtant, les taxes augmentent sans cesse, elles se multiplient, pour nous comme pour les entreprises, quand à nos impôts, malgré quelques gestes récents mais modestes, ils ont fortement progressé depuis le début des deux quinquennats de Nicolas Sarkosy et de François Hollande. Plus de 20% selon l’association Les Contribuables Associés, tout impôts confondus. Et ce n’est sans doute pas terminé avec la prochaine « retenue à la source » qui se profile à l’horizon fiscal.  Malgré cela, nous faisons des efforts. Ma retraite vieillesse, par exemple, est pratiquement gelée depuis mai 2013 avec 1,18 euros d’augmentation par mois en novembre 2015 soit 0,10% du net que je perçois. On ne peut pas en dire autant de notre pouvoir d'achat. Je sais, je ne suis pas le plus à plaindre mais en me demandant où passe notre argent, je pense d’abord à mes enfants et petits enfants auxquels on est entrain de laisser un pays en quasi situation de faillite. Ce n’est pas moi qui le dit mais François Fillon. Si demain, les prêteurs arrêtaient de financer la dette, la France serait dans une situation dramatique peut être pire que celle que la Grèce a connue : plus aucun salaire ne pourrait être versé aux fonctionnaires, plus de sécurité sociale possible, une baisse drastique de toutes les aides sociales, de toutes les allocations de chômage et de retraites, etc…. Notre chance devant cette situation catastrophique que nos politiques ont engendrée depuis des décennies ? Des taux d’intérêts qui n’ont jamais été aussi bas et un bas de laine confortable car les Français sont les rois de l'épargne sur le plan mondial. Mais là aussi, ne nous leurrons pas, ces cadeaux en taux ne seront pas éternels et d’autres crises financières sont à envisager.

     

    Alors où passe vraiment notre argent ?

     

    Beaucoup passe dans les intérêts de la dette elle-même mais que cela ne nous empêche pas de dénoncer les gaspillages tout azimuts et les effets de mauvaises gestions. Des gaspillages et des exemples de mauvaises gestion, en voilà quelques unes très récentes et en vrac que j’ai trouvées dans l’actualité d’Internet. La Cour des Comptes en dénoncent certaines mais à quoi sert-elle si rien ne change jamais ? 1840 personnes y travaillent pour un budget de 214 millions d’euros (sources BFM TV de février 2016). Mais pour quel gain ? « En France l'ampleur du gaspillage d'argent public est hallucinant », selon l'économiste Christian Saint-Etienne (sources Boursorama).

     

    • Coût des Vélib’ parisiens : 16 millions d’euros alors qu’en 2007 Bertrand Delanoë avait promis que ce service ne coûterait rien aux contribuables. Il faut reconnaître que ça fait cher le coup de pédale !
    • La Cour des comptes estime que, chaque année, près de 80 millions d'euros partent en fumée en Corse à cause d'un système fiscal injustifié et archaïque (sources Le Point). Les corses remercient chaleureusement Napoléon !
    • Les gaspillages alimentaires dans les cantines coûtent 13.000 euros par établissements et par an. Dans les hôpitaux publics, la facture s’élève à 193.000 euros par an et par établissement. Je vous laisse le soin de faire le calcul du gaspillage global (sources La Tribune). Pour ma femme qui ne sait jamais quoi cuisiner, je suis prêt à accepter que l'on me porte des plateaux repas à domicile et à l'oeil, le gaspillage sera moindre et tout le monde sera gagnant. Après tout,  les multinationales qui fournissent les repas, eux, n'ont rien à y perdre et leurs actionnaires seront toujours gagnants. Voilà une idée qu'elle est bonne, comme disait un  humoriste bien connu mais disparu malheureusement.
    • A l’Opéra de Paris, la Cour des comptes révèle des notes exor­bi­tantes pour frais de taxis. En 2014, une dizaine de diri­geants auraient ainsi cumulé un total de 100 000 euros sous cette seule rubrique sans parler des frais de bouches et autres dépenses somptuaires (sources Le Parisien). A eux aussi, on pourrait leur porter des plateaux repas, mais pas en taxi bien évidemment !
    • Comment justifier les 102 millions de la construction d’une ligne de train de 24 kilomètres dans les Pyrénées, alors que le bus qui assurait cette liaison ne transportait que 3,9 passagers par voyage. Peut-être par la présence locale du président de la région Nouvelle Aquitaine ? affirme le magazine Capital relayé par RTL. Moi qui croyais que le but du regroupement des régions était essentiellement économique !
    • L’Euro de football aurait coûté 1 milliard d’euros aux contribuables français selon les Contribuables Associés. L'association note au passage que l’UEFA, dont le siège est en Suisse, aurait investi 700 millions d’euros pour récupérer 2 milliards de recettes. Une rentabilité à faire pâlir d’envie n’importe quelle entreprise, un taux d’imposition nul à faire rougir de honte n’importe lequel des paradis fiscaux. On peut vraiment dire que la France a perdu l'Euro de foot sur tous les terrains !
    • Les trois anciens présidents de la République, Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy coûtent quelque 10,3 millions d'euros par an à l'État (sources Libération). On comprend mieux la bataille "gigantesque" que se livrent déjà bons nombres de concurrents pour être "l'heureux" et unique élu en mai 2017 ! Et si je me présentais ?

     

    Les exemples, et en se donnant la peine de creuser un peu plus, pourraient se multiplier par dizaines voire par centaines et encore faut-il avoir conscience qu'un nombre incommensurable de gaspillages de l'argent public n'arrive jamais à nos oreilles.

     

    Si ma crainte n’était pas de passer pour un être insensible et/ou xénophobe, je pourrais rajouter le cas récent d’Alstom et celui des migrants :

    Chez Alstom et pour éviter les 400 licenciements de Belfort, l'Etat vient de passer commande de 15 à 21 rames de TGV, commande qu'elle offre en partie à la SNCF sous la forme de 500 millions d’euros pour le contribuable. Vous me direz qu'avec la dette pharaonique que la SNCF traîne depuis des lustres, 44,1 milliards selon les dernières estimations et le Figaro, cette entreprise n'est plus à quelques millions d'euros près et ce d'autant que l'Etat l'a toujours soutenue très activement. Vous avez dit "erreur de gestion", en voilà une carabinée !

    Quand au coût de l’immigration en général et des demandeurs d'asile en particulier, il est exorbitant et ce n'est pas moi qui le dit mais la Cour des Comptes relayée par Le Monde du 15 avril 2015 :  Xénophobe ou pas, les chiffres sont là sous la forme d'un document confidentiel de la Cour des comptes qui s’alarmait du coût de l’accueil et de l’hébergement des réfugiés en France. Elle chiffrait le coût global de l’asile aux alentours de 2 milliards d’euros par an pour environ 66.000 demandes faites en 2013 soit 30.303 euros par demande. Les gagnez-vous annuellement ? C’est sensiblement l’équivalent de la dette due par chaque français. Etonnant non, comme aurait dit un autre humoriste aujourd'hui disparu lui aussi ?

    Ajoutons à cette situation déjà phénoménale, des milliards que l’on donne ou que l’on va être contraints de donner à la Turquie pour minimiser cette même immigration, les conséquences de cet accord européen, immense chantage dont les effets sur notre économie sont « incalculables » à ce jour mais seront considérables à n’en pas douter et la goutte turque fera inévitablement déborder le vase européen déjà bien trop plein.

    C'est d’autant plus dramatique, que tôt ou tard, ces mêmes Turcs finiront par obtenir ce qu’ils veulent depuis longtemps déjà : à savoir toute absence de visa pour entrer dans un pays de la communauté européenne et qui sait peut-être une entrée gratuite et autorisée sans contrainte dans l'espace Shengen avec une adhésion de leur pays à la C.E.E dans quelques années. C'est à redouter car il y a belle lurette que la France ne décide plus, ni en Europe, ni dans son propre pays. Je vous rappelle que la Turquie vient d'emprisonner 18.000 opposants au régime du président Erdogan et que 50.000 autres se sont vues retirer leur passeport (source Le Temps).

    Le pire en matière de risques économiques et d'immigration exponentielle est sans doute encore devant nous.

    Vous remarquerez que je n'ai pas voulu couper les cheveux en quatre et que je n'ai pas évoqué le salaire mensuel "démentiel" du coiffeur de notre président.

    Oui, nous sommes de vraies vaches à lait mais n’ayons pas peur de l’avenir, la Chine est là, déjà prête à nous « piller » tout le lait que nous produisons en France…..et puis il paraît que le lait de vaches ce n’est pas si bon que ça pour la santé….alors…..

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  • LA BATTERIE ET LA CHAPELLE SANTA ENGRACIA....... par jullie68

    Diaporama sur la musique "2 Hearts, 1 Soul" du groupe Yinyues (free music)

    La Batterie (887 m) et la chapelle Santa Engracia depuis Arles-sur-Tech (270 m)

    La Batterie (887 m) et la chapelle Santa Engracia depuis Arles-sur-Tech (270 m)


     

    La « Batterie Santa Engracia », à l’altitude de 887 mètres, est une sortie pédestre bien connue des randonneurs catalans. L’ancienne batterie de Vauban n’est pas à proprement parlée une « incontournable » des Pyrénées-Orientales mais elle demeure une balade relativement bien prisée de nombreux clubs de marche. Indifféremment, on peut y grimper soit depuis Arles-sur-Tech soit depuis Amélie-les-Bains, différents itinéraires avec de multiples variantes pouvant être organisés autour de cet objectif principal ou secondaire. Personnellement, cette randonnée dort dans mes tablettes depuis les années 2008/2009. En avril 2008, et alors que depuis les thermes d’Amélie, j’avais réalisé un court aller retour vers la chapelle éponyme, j’avais découvert des panonceaux mentionnant cette fameuse « Grande Batterie ». Ce jour-là, le temps m’avait manqué pour m’y rendre. Je m’étais donc contenté de découvrir la belle Chapelle Santa Engracia magnifiquement restaurée par de courageux bénévoles ainsi que sa grande croix blanche dominant superbement Amélie et les Gorges du Montdony. Depuis, j’avais gardé de ce lieu, le souvenir de ses divins aspects : sérénité d’un havre de paix et stupéfiant mirador. J’ai décidé de l’inscrire à nouveau au programme de cette sortie. En effet, la batterie et la chapelle peuvent faire l’objet d’une sortie commune ou séparée. Un an plus tard, en août 2009, lors mon Tour du Vallespir en 6 jours, la « Batterie Santa Engracia » est revenue sur le devant de ma scène pédestre. A l’époque et lors de la dernière étape entre Saint-Laurent-de-Cerdans et Amélie-les-Bains, j’étais passé à 5 minutes d’elle sans y aller, faisant ainsi l’impasse mais avec le projet avéré d’y revenir. Avec ce récit, c’est donc chose faite mais pas sans peine car la déclivité sur un terrain pas toujours facile est loin d’être évidente : 617 mètres de dénivelé jusqu’à la batterie depuis la ligne de départ à Arles-sur-Tech situé à 270 mètres d’altitude. Il est 10 h quand je laisse ma voiture sur la place Joseph Monin à proximité de la Salle des Fêtes. Je demande mon chemin à un passant et ce dernier m’indique que le célèbre G.R.10 que je dois emprunter passe derrière la salle. Je trouve aisément le panonceau et le fameux balisage blanc et rouge. Parmi diverses directions, je prends note de celle qui m’intéresse au premier chef : « Coll de Paracolls – 2 h – G.R.10 », même si je sais que pour atteindre la batterie, il me faudra tourner au préalable et juste avant ce col. Je me dirige vers une vieille usine amplement délabrée dont l’exploitation consistait à traiter le minerai de fer en provenance des mines de Batère. Je tourne à droite puis longe les murs de l’usine aux vestiges rouillés par le temps puis enjambe le pont sur le Tech. Oiseaux au bord de la rivière, fleurs printanières mais surtout quelques vieilles cartes postales contant la vie passée d’Arles-sur-Tech freinent mes premières ardeurs. Cette vie passée, c’est celle de l’exploitation du fer dont j’ai toujours essayé d’approfondir mes connaissances de l’Histoire à travers des bouquins mais en les complétant au mieux par des balades pédestres : Mines de Batère et de la Pinouse, Rapalum, les Manerots, FormenteraEscaro autant de sites « vallespiriens » et « conflentistes » que j’ai pris plaisir à découvrir. Au bout du pont, un deuxième panonceau accroché à un transformateur électrique se présente et sa comparaison avec le premier me laisse assez songeur : « Coll de Paracolls – 3,6 km ». Deux heures pour effectuer moins de 4 kilomètres, je me dis que ça promets ! Décidément, le Vallespir ne changera jamais et restera toujours « la vallée âpre » si chère aux Romains auxquels elle doit son nom : « Vallis asperi ».  Ce rapide calcul est assez contradictoire avec l’analyse du parcours jusqu’à la batterie que j’ai trouvé sur un site Internet dont le jeune webmestre annonce la boucle que je dois effectuer comme étant « une randonnée facile ». Excusable parce que jeune, l’insoucieux ignore que ce qui est facile à 30 ans ne l’est pas nécessairement à 67, d’où mon refus quasi systématique de décrire mes randonnées avec ce genre de références. La facilité ou la difficulté et le temps de marche d’une randonnée sont des critères bien trop personnels. En tous cas, ils le sont pour moi et j’avoue n’avoir jamais été trop attentif au « fameux » indice IBP mis en place par la fédération. Le mieux est de bien se connaître et de connaître son état de forme du moment. Est-ce mon désir de tenir le temps imparti par ce panonceau mais voilà que j’ai déjà perdu le balisage du G.R.10 ? Un demi-tour presque immédiat et un retour vers la dernière empreinte blanche et rouge me remettent dans le droit chemin, qui n’est pas droit du tout. En effet, il est surtout peu logique car il tourne à gauche en franchissant la clôture que j’avais suivie par erreur, puis très curieusement, il traverse un muret en pierres sèches, désormais effondré. Derrière le mur, l’itinéraire est bien là. Il continue et coupe très vite une large piste allant vers Can Valent. La suite bien balisée devient plus évidente à suivre même si le terrain, lui, ne l’est pas vraiment. Une sente très ravinée, parfois caillouteuse, parfois gréseuse, parfois carrément rocheuse s’élève rudement et souvent en zigzaguant au milieu des bruyères arborescentes et des genêts fleuris. La végétation plus haute se résume à quelques rares chênes. Ces derniers sont verts, rouvres ou plus rarement lièges mais au fur et à mesure de l’élévation, ils se mélangent à d’autres essences et notamment aux grands hêtres puis aux châtaigniers qui finalement vont prendre le quasi monopole au plus haut de la forêt. Dallé par endroits, je foule de mes gros godillots le sentier muletier du temps jadis. C'était la route la plus courte entre la France et l’Espagne. C’était le temps où le mulet et l’âne étaient les meilleurs amis du paysan, du contrebandier, du soldat et du vagabond. Dans cet entrelacs minéral et végétal peu aisé, les mains viennent quelquefois en aide aux pieds pour franchir un palier. Un palier, c’est l’occasion pour moi de souffler un peu et de profiter pleinement des jolies vues s’ouvrant sur Arles et son ample vallée du Tech. Au dessus de la cité et sur l’autre versant, le Massif du Canigou est encore bien enneigé, mais comme il est bien trop chapeauté d’un capuchon de nuages blancs, il a à l’apparence d’une montagne plutôt modeste qu’un géant aurait dégauchie. Aujourd’hui, et malgré un saupoudrage de neige, les plus hauts pics perdent leur aspect glorieux et somptueux. Parfois, ces paliers sont enrichis d’un poteau couronné d’une pancarte faisant référence au « kilomètre vertical », course pédestre bien connue consistant à démarrer d’Arles-sur-Tech située à 284 m d’altitude puis à atteindre au plus vite le Pilo de Belmaig ou Pilon de Belmatx perché 1.000 mètres plus haut. Je ne cours pas, bien au contraire, et pourtant, après mes récents problèmes de santé, les paliers 484 et 684 mètres sont pour moi autant de petites satisfactions à les avoir déjà atteints dans un délai plus que correct. Je ne retiens vraiment de cette difficile ascension qu’un nom inscrit sur mon bout de carte I.G.N : la Font de les Amors. Inutile de traduire mais où est-elle au juste cette source prodigieuse ? Un filet d’eau de quelques centimètres me fait imaginer que « les Amors » sont là. Il faut dire que tout en montant, les panoramas se raréfient, et dans ces sous-bois de châtaigniers, or mis de bien trop rares fenêtres qui s’entrouvrent sur des bouts de Vallespir, rien n’incite à une flânerie exagérée. Les plantes fleuries se raréfient et je n'ai photographié qu’un seul rouge-gorge depuis les oiseaux aperçus au pont sur le Tech. Sans trop d’illusions et à chaque pin rencontré ou presque, je ralentis un peu mon allure, car j’ai toujours espoir de découvrir l’Isabelle, ce fameux papillon protégé si rarissime à voir mais paraît-il présent dans le Haut-Vallespir. Ici, les pins sont rares et l’Isabelle encore plus. Je n’en vois point bien évidemment. Quand j’atteins l’intersection filant vers la Batterie Santa Engracia, c’est avec une satisfaction certaine que j’observe ma montre indiquant 12h15. Je sais que l’objectif est désormais à moins de 2 kilomètres et la déclivité bien moindre que celle déjà accomplie. Je décide d’aller manger à la batterie. Le sentier plus doux et enfin bien plus praticable devient plus agréable à cheminer. Seuls un ruisseau rafraîchissant, deux couples d’anglais un peu paumés et les ruines du Mas Nou d’Eixena ralentissent mes pas soudain redevenus plus alertes. Il est 13 heures tapantes quand je retrouve le panonceau déjà vu lors de Mon Tour du Vallespir : « Grande Batterie – 0h05 – P.R.1 ». Cette fois, pas question d’éviter cette « Grande Batterie » même si je sais qu’elle n’est ni de cuisine ni celle d’un orchestre et seulement militaire. En tous cas, une chose est sûre, cette batterie rechargera mes accus. Effectivement, la Batterie de Santa Engracia est déjà là avec sa muraille colossale et ce n’est ni un orchestre que j’entends, ni des prières dédiées à Sainte-Engrâce mais bien les fous rires joyeux mais très sonores d’un groupe de randonneurs. Ils occupent par petits groupes la totalité de la plate-forme militaire mais ils ont tous l’air de bien se marrer chacun dans leur coin. Une dame vient vers moi et me demande si je suis seul puis elle passe son chemin quand je lui réponds. « Oui, je suis seul ! »  Finalement je comprends que ma présence aussi soudaine qu’imprévue a failli contrarier chez elle une envie très pressante. Je laisse la dame à son besoin naturel et le reste du groupe sur la vaste et vieille esplanade stratégique et monte au sommet d’un rocher faisant office de pinacle. Je ne regrette pas ces quelques mètres supplémentaires d’élévation, car d’ici, le cul assis sur une borne géodésique et la girouette franco-catalane tournoyant au dessus de ma tête, il n’y a pas de meilleur poste d’observation sur une immense partie du Vallespir et bien plus loin encore vers la Plaine du Roussillon et la Méditerranée. Vers le nord, le ciel s’est quelque peu éclairci et le sieur Canigou, bien qu’encore coiffé d’un gros bonnet cotonneux, décide enfin de dévoiler ses plus beaux atours. Vers le sud et sous un firmament bleu et limpide, les rocs Saint-Sauveur et de France (Frausa) me rappellent à leurs agréables souvenirs d’une récente balade. Vers les autres points cardinaux, dont une rose des vents me donne l’orientation, se sont là aussi des paysages magiques de tous côtés. C’est avec un émerveillement et un étonnement sans cesse renouvelés, que ces paysages défilent à nouveau devant mes yeux, comme au temps de mon périple tout autour du Vallespir. Le récit de ce périple au sein de cette magnifique région et au dessus de cette belle vallée du Tech, je l’avais intitulé « Sur les hauteurs d’une vallée âpre ». Âpre le périple l’avait été en 2009, âpre, la balade l’est encore aujourd’hui, car si j’ai attendu la fin du pique-nique et que le groupe de randonneurs ait quitté les lieux pour partir visiter tous les recoins de la batterie, j’en suis à peine au tout début de ma découverte qu’une mauvaise chute m’envoie choir dans les branches d’un ciste desséché. Le ciste est déjà mort depuis longtemps mais ses branches sont encore suffisamment dures et ligneuses pour me déchirer l’avant-bras gauche sur 5 ou 6 cm. Après ma « gamelle » du Tour de la Pelade dont j’étais sorti avec une égratignure superficielle de la main droite, cette fois-ci, il s’agit d'une coupure bien plus profonde qu’il me faut soigner. Rien n’y fait et malgré une trousse à pharmacie bien achalandée en pansements de toutes sortes, mon sang s’écoule de la plaie comme d’un robinet grand ouvert. Le saignement se poursuivra pendant presque 4 heures sans que rien ne l’arrête ou presque. Le plus efficace restera le mouchoir en papier directement collé sur la plaie sanguinolente mais quand le papier est gorgé de sang, il refuse de coller et tombe lui aussi. Je vais renouveler l’opération pratiquement jusqu’à l’arrivée où enfin, le sang coagulé fera finalement office de cautérisation naturelle. Dans l’immédiat, et malgré cet incident qui me fait perdre pas mal de temps, je décide de poursuivre mes découvertes, d’abord celle de la « Grande Batterie » puis la boucle initialement prévue. Pour le néophyte que je suis, la batterie se résume à de hautes et larges fortifications composées d’impressionnantes murailles mais bien évidemment un tacticien militaire y trouvera bien d’autres intérêts architecturaux et surtout stratégiques. Elles sont construites en pierres sèches et sans aucun mortier. Les seuls mortiers que la batterie ait connus ont été ceux que les artilleurs ont été contraints de monter jusqu’ici. On imagine bien évidemment, l’immense besogne que cette construction a du nécessiter et les efforts entrepris par les soldats pour y amener des pièces d’artillerie permettant de tirer plus de 2 km en contrebas. Paradoxe de l’Histoire, ici aucun coup de canon n’aurait jamais résonné. Avant de venir ici et comme je le fais la plupart du temps, j’ai tenté de m’initier à l’Histoire de cette batterie en cherchant un maximum d’informations sur Internet. Autant l’avouer, je suis resté quelque peu sur ma faim et ce malgré de nombreuses informations sporadiques recueillies de-ci de-là. J’ai néanmoins appris qu’elle aurait été construite en 1670 selon les directives de Vauban qui était venu visité le Roussillon l’année précédente. A-t-elle été construite en même temps que la citadelle de Fort-les-Bains (Fort d’Amélie) ou du moins dans sa continuité, on peut le supposer. Cette dernière a été construite en 1670 sur le site de vieux édifices médiévaux et sur les conseils de Noël Bouton, comte de Chamilly et intendant du Languedoc qui voulait réprimer la contrebande du sel et mettre fin à la révolte des Angelets (1661-1675). Les Angelets étaient ces vallespiriens initiés par le célèbre Josep de la Trinxeria qui étaient entrés en révolte contre Louis XIV suite à l’instauration de la gabelle après le Traité des Pyrénées de 1659, traité qui avait vu le Vallespir espagnol et catalan annexé par la France. Cette annexion s’est faite dans la douleur et quand on sait que les travaux de construction du fort étaient financés avec les impôts payés par les vallespiriens et qu’en plus certains « gabelous » y résidaient, on comprend mieux les animosités qu’il y avait dans les deux camps et l’envie d’en découdre. Dès l’automne 1670, Jacques de Borelly de Saint Hilaire, ingénieur militaire de Vauban, dessine de nouveaux plans et poursuit le chantier déjà entrepris. Le fort terminé, Saint Hilaire et les différents commandants du fort se plaignent d’un manque criant d’infrastructures et demandent des moyens financiers supplémentaires à Louvois. Des modestes aménagements sont apportés mais Louis XIV, Louvois et Vauban sont réticents à trop investir car ils jugent que le lieu est bien trop petit et de ce fait, n’est pas réellement stratégique. En 1674, les Espagnols assiègent Fort-les-Bains alors que de nombreux travaux sont en cours. Le siège est rapidement levé mais malgré cette première alerte, la configuration du fort et ses moyens de défense évoluent assez peu. Il faut attendre 1679 et la deuxième visite de Vauban dans le Roussillon pour qu’il soit jugé utile à la sécurité du Roussillon et des Pyrénées sans qu’il soit reconnu pour autant comme une pièce maîtresse de la « ceinture de fer ». De grosses améliorations sont néanmoins apportées. Comme vous le voyez, autour de l’Histoire de Fort-les-Bains, cette « Grande Batterie » est peu ou jamais évoquée et l’on sait seulement qu’elle était un moyen supplémentaire de le défendre d’abord contre les Angelets puis contre les Espagnols. La frontière étant très proche et le relief géographique très alambiqué, les premiers ingénieurs avaient sans doute compris que le fort serait vulnérable à partir des versants montagneux qui l’entourent et le dominent. Ils ne s’étaient pas trompés puisqu’en 1793, et après un long siège de plusieurs semaines, le fort commandé par le gouverneur Michel Jean Paul Daudiès tombe aux mains des soldats espagnols du général Antonio Ricardos. Le fort et ses alentours dont les « batteries », petite et grande, continueront à être occupés par des militaires pendant encore un siècle. Voilà ce que l’on peut dire de l’Histoire de cette « Grande Batterie ». Il existe également une « Petite Batterie » mais j’ignore où elle se trouve et la carte I.G.N ne la mentionne pas. Après cette découverte non accidentelle mais accidentée de la « Grande Batterie », je continue l’itinéraire vers la Chapelle Santa Engracia. Cet itinéraire, on l'appelle plus communément le chemin du 25eme léger, en référence à un vaillant régiment d'artillerie créé en 1796 dont les faits d'armes glorieux un peu partout sont nombreux, y compris ici en Roussillon. Je connais déjà cette « route stratégique » pour aller à la chapelle et je sais que les vues plongeantes sur Arles y sont exceptionnelles. Depuis ce chemin, un rapproché photographique me permet même d’y voir ma voiture distante de plus de 2 km. Le désir de refaire ce chemin et l’envie de retourner à la chapelle sont donc intacts tant j’avais trouvé ses extérieurs et ses alentours bien agréables et reposants. La chapelle est encore paisible et par bonheur, quand je pousse sa jolie porte, celle-ci s’ouvre assez « divinement » je l’avoue. Je ne m’y attendais pas, tant de nombreuses chapelles du département demeurent hermétiquement closes aux randonneurs. L’intérieur est sobre mais beau, bien à l’image de tout ce que l’on peut voir ici : table d’orientation, paysages, décors, jardins, fontaine, lieux de repos aménagés avec des bancs, nombreuses pancartes explicatives de son histoire, croix panoramique, j’y passe plus d’une heure, en grande partie avec l’agréable compagnie d’un gentil couple de touristes. Ils profitent de mon culot à avoir pousser la porte de la chapelle et tout comme moi, eux aussi vont laisser un petit laïus sur le livre d’or. Nous sortons ensemble de l’église et dès lors qu’ils aperçoivent qu’un saignement s’écoule de mon bras, ils veulent coûte que coûte l’arrêter. Malgré leur trousse à pharmacie encore bien plus garnie que la mienne, ils n’y parviennent qu’à moitié et je quitte Santa Engracia direction l’arrivée avec un gros paquet de mouchoirs en papier imbibés d’une coagulation rougeâtre bien plus impressionnante que douloureuse. Les mouchoirs ne tombent plus enrobés qu’ils sont d’un gros morceau de sparadrap mais un petit filet de sang continue de se manifester. Est-ce la perte de sang alliée à la longueur de la balade, mais la fatigue commence à se faire sentir. Je languis l’arrivée et seules deux chèvres perdues sur des rochers abrupts au dessus d’un profond ravin me stoppent dans cette longue descente vers Arles-sur-Tech. Je les observe longuement. Perchées sur un étroit piton rocheux, elles semblent chercher une issue mais sans trop de succès. Elles montent puis redescendent, partent à gauche puis à droite comme un peu perdues dans ce décor minéral et végétal apparemment fermé, mais vraisemblablement ouvert car comment auraient-elles pu arriver sur ce parapet rocheux ? Je ne peux malheureusement rien faire pour elles et je repars avec dans la tête, l’histoire de la chèvre de Monsieur Seguin qui voulait courir la montagne et qui finalement avait été dévorée par un loup. Ici, elles courent la montagne mais peu de chance qu’un loup les dévore. Peut être un vautour fauve et encore ? Je me raisonne. Elles s’en sortiront en trouvant l'exutoire qui leur a permis de prendre pied sur cette falaise escarpée. Une demi-heure plus tard, je retrouve l’asphalte quitté depuis ce matin 10h. Il est 16h30. « Mas Draguines » m’indique un panneau signalétique devant un petit groupe d’habitations. Je ne quitte plus cette route de la Batllie qui descend vers des rangées d’immeubles et un centre sportif, si j’en crois mon bout de carte I.G.N. Le Tech s’écoule devant moi et j’y file direct en coupant au milieu des immeubles et des pelouses. Ce raccourci m’amène très vite sur un large chemin herbeux ressemblant à la fois à un parcours sportif et à un arboretum. En tous cas, trois ou quatre personnes courent au milieu de ludiques panneaux donnant les noms des arbres que l’on rencontre ici. Je remonte la rive droite du Tech et si les arbres m’intéressent, les oiseaux fréquentant le bord de la rivière ont de loin ma préférence. Je prends encore le temps d’en photographier quelques-uns.  Après cet intermède, la boucle est bientôt terminée. J’aperçois l’usine désaffectée sur l’autre berge, le pont et le transformateur électrique devant moi. Je finis les restes de mon casse-croûte au bord du fleuve, dans la quiétude d’une petite grève et sous le regard un peu inquiet d’un couple de colverts. Ils sommeillent côte à côte et je fais en sorte ne pas les déranger. Pour eux, comme pour moi, le printemps est là et c’est la saison des passions et des sentiments. Il leur faut un peu de tranquillité pour s’aimer. Ma passion de la randonnée, je l’ai bien assouvie aujourd’hui et la tranquillité, j’en ai eu ma dose pareillement, mais n’empêche qu’il faut que je rentre à la maison. Je vis en couple moi aussi. Je traverse le pont, la balade tire à sa fin. Elle a été longue de 12,9 km incluant la visite de toutes les curiosités. Le dénivelé est de 623 m entre le point le plus bas à 264 m sur la rive du Tech et le plus haut à 887 m à la batterie. Les montées cumulées s’élèvent à 1.205 m. Carte IGN 2449OT Céret – Amélie-les-Bains-Palalda – Vallée du Tech Top 25. 


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