• LE GOUFFRE DE L'OEIL DOUX à Saint-Pierre-la-Mer... par jullie68 

    Le Gouffre de l'Oeil Doux à Saint-Pierre-la-Mer (Aude)

    Le Gouffre de l'Oeil Doux à Saint-Pierre-la-Mer (Aude)


     

    Samedi 5 mars 2016. Il est 6h du mat. Tout en prenant mon p’tit déj, je suis entrain de me demander si je ne vais pas aller randonner avant de rejoindre Dany qui est en cure à Balaruc-les-Bains. Soins matinaux obligent, j’ai quelques heures à perdre avant ce déplacement. Il me suffit d’arriver à Balaruc dans le milieu d’après-midi et tout sera parfait. Alors pourquoi ne pas occuper cette agréable matinée par une petite balade pédestre et pourquoi ne pas en trouver une sur le trajet depuis Perpignan ? Aussitôt dit, aussitôt fait et une fois encore, la carte I.G.N vient à mon secours pour trouver la petite promenade quasi parfaite : le « Gouffre de l’Oeil Doux ». C’est le nom du lieu-dit sur lequel je jette définitivement mon dévolu. Situé dans l’Aude et plus précisément au sein de la Montagne de la Clape, à proximité de la petite commune nautique de Saint-Pierre-la Mer, plusieurs boucles plus ou moins longues semblent envisageables autour de ce gouffre.  J’en dessine une sur mon logiciel CartoExploreur dont le contour paraît convenir au temps que je veux y consacrer : 2 heures environ pour une distance de 5,2 km. Autant dire que ce n’est pas aujourd’hui que mon rythme de flâneur invétéré va se métamorphoser en sprinteur ! Autant l’avouer aussi quand j’ai aperçu ce nom pour la première fois sur la carte, ma curiosité a décuplé. Que se cache-t-il derrière ce nom assez équivoque de « Gouffre de l’Oeil Doux » ? Le mot « gouffre » a une connotation « négative » car « risquée » voire « périlleuse » faisant inévitablement penser à un « abîme » mais « l’Oeil Doux » vient contrebalancer ce « mauvais aspect » et laisse imaginer un « regard bienveillant ». Alors sur Internet, je me mets rapidement en quête de tous savoir à son sujet. Si la toponymie (*) de l’ « Oeil Doux » est bien expliquée et facile à trouver, le gouffre, lui, est ce que l’on appelle scientifiquement un cénote (**), mot que je découvre également pour la première fois. Décidément, ce samedi commence bien et je sens que ça va être un jour ludique et enrichissant !  Les photos que je découvre sur le Net montrent un petit lac verdâtre entouré de hautes falaises calcaires. La lecture des nombreux sites qui lui sont consacrés le décrive comme très énigmatique car les légendes et les réalités semblent constamment se chevaucher. La tradition par exemple raconte que le célèbre commandant Cousteau y serait venu plonger pour mettre fin à l’aspect mystérieux de l’origine de ses eaux. D’autres disent que tout ça n’est qu’une fable. Au-delà des explications géologiques très intéressantes car peu communes et assez insolites que je découvre à son sujet, ce qui frappe quand je fais des recherches, ce sont tous ces faits divers que se sont accumulés à son propos ces dernières années. Des faits divers le plus souvent macabres car se terminant malheureusement par la mort de leurs acteurs : accidents de plongée meurtriers, plongeons de la falaise fatals, noyades, hydrocutions, suicides, j’en passe et des plus horribles et le gouffre a même servi de « planque » pour un assassin qui a voulu y cacher sa petite amie après l’avoir étranglée. Le gouffre n’a donc à priori rien de doux et c’est normal quand on approfondit son étonnante toponymie. Il s’agit d’un pléonasme toponymique (*). « L’Oeil Doux » c’est également le nom du vaste « plan » qui le domine ainsi que celui d’une ancienne bergerie aujourd’hui transformée en écomusée. « Le lac, œil du paysage » écrivait Victor Hugo mais ici, « l’Oeil Doux », c’est médiatiquement bien plus qu’un simple lac, c’est une fabrique à faits divers. J’ai enregistré le tracé dans mon G.P.S, préparé mon sac à dos, acheté quelques victuailles pour le pique-nique et quand je pars vers le « Gouffre de l’Oeil Doux », voilà en résumé les principales données que j’ai de lui.  Je pars pourtant en balade sans appréhension vers cet objectif que certains pourraient considérer anxiogène. La balade, elle, démarre, sur la départementale D.1118, au lieu-dit le Réveillou. J’y laisse ma voiture sur un grand parking agrémenté d’une aire de pique-nique bien agréable car à l’ombre d’une jolie pinède. La boucle que j’ai dessinée commence ici et il suffit de suivre une large allée encadrée d’une clôture pour être d'emblée sur le bon itinéraire. Quand les palissades se terminent, j’ai immédiatement les deux pieds dans une garrigue typiquement méditerranéenne et comme les panonceaux indicatifs sont bien présents, la suite ne me pose aucun problème d’orientation. Il suffit de choisir le sentier de droite ou de gauche. Le balisage est de couleur jaune. Moi, je prends celui de droite pour démarrer et je reviendrais par celui de gauche pour finir. Outre les panonceaux directionnels, il ne faut pas oublier de lire un grand panneau sur lequel ont été énumérées toutes les recommandations de prudence. Elles ne sont pas superflues et en tous cas, bien en corrélation avec tous les accidents que j’ai pu lire dans les différents faits divers rapportés par les médias. Au sein du maquis, il ne faut que quelques minutes pour être au bord de la falaise et surplomber le cénote. Comme indiqué sur le panneau informatif, le pourtour de la falaise nécessite une grande prudence et une attention de tous les instants surtout si l’on s’y approche au plus près comme je le fais moi-même. Pour faire des photos aériennes du gouffre, je prends quelques risques mais que j’essaie de mesurer et de maîtriser au mieux. Je me mets sur le cul quand j’estime qu’il y a danger à rester debout et ce d’autant plus, qu’un « bon » cers souffle vaillamment. Les photos sont d’autant plus difficiles à prendre que la luminosité n’est pas parfaite avec un soleil au zénith mais dans un ciel bien trop laiteux et parfois même nuageux. Heureusement les nuages poussés par le vent filent vers la mer. Je fais le tour de la falaise par la droite pour rejoindre la rive du petit lac. La fin de la descente est assez scabreuse car selon l’endroit, elle peut être rocheuse, caillouteuse, ravinée ou glaiseuse et regroupe parfois plusieurs de ces désagréments. Je redouble de vigilance. Le rivage ne présente guère d’intérêts si ce n’est que la mare apparaît encore plus petite que d’en haut et que quelques oiseaux viennent y batifoler dans les joncs, les prunelliers, les églantiers et les amandiers, tous en fleurs à cette époque de l’année. Moi, qui suis toujours attiré par la moindre flaque d’eau, je comprends aisément qu’en été la tentation de venir s’y baigner soit grande malgré les interdictions et les risques avérés. Après cette jolie mais brève découverte, je pars vers la bergerie mais elle est fermée et bien évidemment l’écomusée aussi. Là, quand on tourne le dos à la bergerie, j’emprunte à droite un large chemin longeant des vignes. Il file rectiligne, traverse un petit bois de pins et retrouve une autre vigne de l’autre côté. Je traverse cette vigne qui m’amène directement à la lisière de l’étang de Pissevaches. Ici, les abords de l’étang sont des zones quasi inaccessibles car humides et largement embroussaillées. Ils ont des airs de savane africaine et je m’attends presque à voir surgir la faune qui va avec. Mais non, ici pas d’éléphants, pas de rhinocéros, pas de zèbres, pas d’antilopes, ni aucun méchant fauve comme on peut en voir en liberté à la Réserve de Sigean. Tout est parfaitement calme et seuls quelques passereaux et limicoles se laissent photographier et s’envolent quand je tente de m’en approcher au plus près. A proximité de petits bassins, j’ai enjambé une clôture pour me rapprocher au plus près des oiseaux mais très rapidement mes pieds s’enfoncent dans ce milieu tourbeux et mes chaussures se remplissent d’eau. Je fais demi-tour. Outre les oiseaux, quelques papillons tourbillonnent à la recherche d’un peu d’humidité. Ce n’est pas ce qui manque car il a du pleuvoir la veille ou l’avant-veille et c’est un ballet incessant de passereaux et de lépidoptères. Les papillons sont quasiment toujours les mêmes mais les bruns Tircis sont de très loin les plus nombreux. Une large piste longe cette « savane » et file vers l’Oustalet où se trouve un charmant centre équestre. Charmant car outre les chevaux, les ânes et les nombreux poneys, il y a une ferme où l’on peut emmener les enfants en visite. Le lieu est un « site naturel protégé », à la fois ouvert et boisé et ce décor contrasté ajoute à sa beauté. Une demi douzaine de panonceaux de randonnées finissent de me persuader de l’intérêt qu’il y a à y revenir un jour ou l’autre, peut être avec mes petits-enfants qui viennent souvent en vacances à Gruissan : « Sentier des vignes et de la garrigue », « Sentier du Pech de la Bade », « Sentier des cistes et du romarin », « Sentier des Cayrols », « Sentier d’interprétation de l’Etang de Pissevaches », « La Clape à pied autour de l’Oeil Doux », tous ces parcours étant soient facilement réalisables à pied ou soient en VTT pour certains d’entre eux. Après, l’Oustalet, l’itinéraire en garrigue pourrait paraître plus monotone mais il n’en est rien car le sentier s’élève et d’amples panoramas s’entrouvrent sur le Golfe du Lion : les Terres Salées, les Cabanes de FleuryValras-Plage et bien plus loin encore sur toute la baie et vers Sète dont on aperçoit le Mont Saint-Clair à l’horizon. Outre, les beaux paysages vers la Méditerranée, le chemin alterne pinèdes, vignobles et garrigues à bruyères arborescentes où de nombreux passereaux semblent y trouver un biotope à leur parfaite convenance : fauvettes, pipits, pinsons, serins et chardonnerets s’y rencontrent en « bonne » quantité. Se sont-ils sédentarisés ou bien ne sont-ils que de passage dans leur longue migration ? En tous cas, je prends beaucoup de plaisir à tenter de les photographier. Après ce long entracte ornithologique, la balade touche à sa fin. Je retrouve le parking et l’aire de pique-nique ombragée. Comme prévu, j’ai mis deux heures pile pour boucler cet agréable parcours. A cause des passereaux omniprésents, j’aurais pu aisément en mettre le double. J’ai encore un peu de temps devant moi avant de poursuivre vers Balaruc, alors j’en profite pour sortir le casse-croûte du coffre de ma voiture et passer quelques minutes supplémentaires ici, à l’ombre des grands pins, entre Oeil Doux et Réveillou. Deux noms prédestinés ? Je ne sais pas ! En tous cas, après ce frugal déjeuner, je m’allonge sur les ramilles et mes yeux, dont je ne sais pas si ils sont doux, ont une fâcheuse tendance à ne pas vouloir rester « réveillés ». Je somnole mais quelques gouttes de pluie viennent me sortir de cette torpeur. Il est temps que je file vers Balaruc. La balade telle qu’expliquée ici a été longue de 5,2 km. La déclivité est négligeable puisque du niveau de la mer jusqu’au point culminant, il y a tout juste 52 mètres d’écart. Carte IGN 2546 OT Narbonne Top 25.

    (*)L’œil Doux  vient du mot composé occitan « Uèlh Dotz » qui est un pléonasme toponymique, ce type de pléonasme étant assez courant en toponymie. C’est ainsi que « l'œil » a pour signification la source au sens d'ouverture, de puits, de point d’eau, de résurgence et « doux » est la francisation du mot occitan « dotz » qui peut être à la fois  une canalisation, un conduit mais aussi une source (du latin ducere : conduire, ducem : conducteur, guide).

    (**) Les cénotes (du maya dz'onot signifiant puits sacré, via l'espagnol cenote) sont des gouffres ou avens ou dolines d'effondrement, en milieu karstique, totalement ou partiellement remplis d'une couche superficielle d'eau douce et parfois d'une couche inférieure d'eau de mer s'ils communiquent avec l'océan par des failles ou autres conduits. (Extrait de l’Encyclopédie Wikipédia)

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  • Loupé ou l'injustice du foot !!!!


     

    Loupé ! …..ou l’injustice du foot. Il y a-t-il une définition mieux appropriée pour décrire la déception après la défaite de l’équipe de France de foot lors de cet euro qui s’est terminé fin juillet ? Et pourtant ! Moi, je l’avoue, cet Euro m’a quelque peu laissé sur ma faim et l’équipe de France avec elle. Quelle injustice que le foot ! L’équipe la meilleure n’a pas gagné. D’ailleurs, y avait-il une équipe au dessus du lot ? La France n’était pas l’équipe la plus forte et on peut presque dire « normal qu’elle n’ait pas gagnée ! ». L’Allemagne, championne du monde,  était sans doute la meilleure car elle a dominé pendant très longtemps, de la tête et des épaules, l’équipe de France. Elle était de très loin la mieux organisée et la plus sereine dans son jeu mais il lui a manqué un véritable buteur. Un « tueur », un « chasseur de buts » comme on a l’habitude de dire. Malgré ça, l’Allemagne a battu l’Italie qui avait battu l’Espagne, la tenante du titre. Mais elle n’a pas gagné non plus contre l’équipe de France. Nous avons gagné par chance et par un coup du sort, comme le Portugal en finale. Le Portugal n’avait rien montré d’emballant jusque là et d’ailleurs ce pays avait fini assez lamentablement troisième de son groupe qualificatif, ayant la chance d’être repêché pour le tour suivant. Toutes proportions financières gardées, je trouve que le foot est sans doute le sport le plus injuste qu’il y ait. Une jambe, un pied, un corps, une barre ou un poteau et le ballon n’entre pas dans la cage. Une main, un bras et c’est le penalty faisant une différence souvent irrattrapable. Un coup de pied arrêté et c’est un but inattendu. Je ne connais pas d’autres sports où l’injustice est parfois aussi avérée. Prenons l’athlétisme par exemple : celui qui court le plus vite, lance le javelot, le marteau, le disque ou le poids le plus loin, celui qui saute le plus loin, finit toujours pas être le vainqueur. Seule la forme du moment et le dopage peuvent venir contrarier ce verdict final. Idem dans le cyclisme. Idem dans le tennis mais dans d’autres sports collectifs aussi. Si vous êtes plus maladroits que vos adversaires vous ne gagneraient pas au basket, au volley-ball ou au hand-ball mais aussi au golf, à la pétanque ou au cricket. Si vous êtes moins forts, moins puissants, vous ne gagnerez pas au rugby, à la boxe, au judo ou à la lutte. Alors pourquoi cette injustice tout spécialement dans le foot ? La tactique est essentiellement en cause. Les entraîneurs et sélectionneurs sont devenus des maîtres tacticiens. De véritables petits génies de la stratégie et du coaching. Deschamps, Mourinho, Guardiola, Ancelotti et bien d’autres entraîneurs sont devenus des généralissimes dignes d’un Napoléon 1ER, des stratèges presque aussi forts que les plus grands joueurs d’échecs. Ils ont tous les éléments à leur disposition. Un staff composé de fins techniciens dignes des meilleures armées. Ils disposent de toutes les statistiques, de tous les matches précédents dans leur bibliothèque et ils les dissèquent de haut en bas, de long en large comme un médecin légiste dissèque un macchabée lors d’une autopsie. Résultat : des matches mortifères, sans saveur car trop orientés vers une défense et donc frileux. Or mis les excellents matches rendus par de « petites » équipes comme l’Islande ou le Pays de Galles, c’est souvent ce qui s’est passé au cours de cet Euro où les résultats n’ont souvent tenus à rien. La finale en est le parfait exemple alors que l’équipe de France était sensée être plus forte et en tous cas bien meilleure que le Portugal. Les rares fois où elle a joué vers l’avant, le constat a été si évident. Malgré ça, on a vu un Pogba et un Payet, habituellement plus offensifs dans leurs clubs, constamment défendre au lieu d’attaquer et seul Sissoko avec ses longues chevauchées est venu perforer le milieu de terrain puis la défense, loupant la cage à plusieurs reprises ou voyant ses tirs arrêtés par un grand gardien de but portugais. Les portugais étaient loin d’être sereins en défense et un jeu plus offensif aurait sans doute permis la victoire. Les consignes de Deschamps allaient sans doute dans ce sens : défendre d’abord et attendre une opportunité au lieu d’aller la provoquer. On connaît la suite. L’opportunité et la chance ont été portugaises. C’était trop tard. La chance qui nous avait sourie contre l’Allemagne avait choisi son camp. Le camp portugais et pas le français. Certains mettront la lassitude, une jour de repos de moins, une fatigue plus grande sur le compte de la défaite mais non, il faut être réaliste. L’équipe de France avait 23 joueurs, tous de grands professionnels, habitués aux joutes stressantes. Certains n’ont jamais foulé la moindre pelouse de cet Euro. Non, il faut être réaliste, nous n’étions pas les plus forts mais nous étions plus forts que le Portugal, surtout sans Cristiano Ronaldo au bout d’un quart d’heure. La tactique est seule responsable de la défaite mais elle est aussi responsable de la victoire du Portugal car l’entraîneur est un fin stratège lui aussi. Il a réussi à faire devenir championne, une équipe qui n’était pas, et de très loin, la meilleure du tournoi. Je ne le félicite pas pour autant car je n’aime pas ce football-là et j’aurais nettement préféré que le meilleur gagne.

     

    Même si j’ai joué au foot pendant très longtemps, il y a des jours où je m’en veux d’aimer ce sport pour millionnaires et multimillionnaires….Je me demande si c’est bien éthique d’être abonné à Bein Sport ?

     

    Et puis, il m’arrive d’être désorienté dans mes pensées quand je vois des joueurs pleurer parce qu’ils ont perdu un match….Je suis troublé quand j’entends les paroles d’un Griezmann parlant des attentats et relativiser cette finale perdue…

     

    Finalement et avec méchanceté certes, je me dis que ce n’est pas bien grave si le meilleur ne gagne pas, les perdants ont de bien plus amples compensations que le smicard licencié n’aura jamais.

     

    Oui, l’injustice dans le foot ne sera toujours qu’insignifiante au regard de tout se qui se passe tout autour…..

     

     

     

     


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