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    LE REFUGE DE CALLAU DEPUIS URBANYA par jullie68

     

    Urbanya. Lundi 13 avril 2015. 7h30. La première image que j’ai à mon réveil c’est celle d’un ciel bleu azur sans nuage alors que je fais face à un Canigou superbement enneigé. Voilà deux jours que je bosse comme un malade pour remettre en forme mes modestes jardins potagers que des travaux de réfection de ma façade ont laissé complètement pitoyables.  C’est la seule manière que j’ai trouvée pour tenter de rattraper l’arrivée du printemps. Travaux de terrassements, terrasses en espaliers avec murets en pierres sèches, bêchage, épierrement et désherbage, préparation des sillons, etc….tout est presque fin prêt pour recevoir les plants et les graines déjà choisies. Aujourd’hui, j’ai décidé de faire un break et de partir randonner. Une grande et belle balade comme je les aime, en pleine nature, au cours de laquelle je vais côtoyer de superbes forêts, des prairies verdoyantes, des petits ruisseaux aux eaux limpides avec cet espoir intense d’approcher la faune sans trop la déranger. Une balade en solitaire et donc dans le calme, la sérénité, sans stress et avec mon flegme habituel, qui par habitude, guide mes pas. En raison de douleurs persistantes aux hanches et de la distance que j’ai décidé de parcourir, pas question pour Dany de m’accompagner alors qu’il lui faudrait accomplir plus de 28 kilomètres pour réaliser cette boucle que j’ai programmée jusqu’au Refuge de Callau en passant par le col de Tour, Canrec et les flancs de la Rouquette. Bien sûr, rejoindre le Refuge de Callau à partir d’Urbanya, ce n’est ni la plus simple ni la plus courte des manières mais je sais ce qui m’attend. En réalité, je suis venu de multiples fois à Callau (**) mais le plus souvent à partir du col de Jau et la dernière fois, c’était ce « fameux » 29 septembre 2012 lors de la « Marche pour la libération du Madres » dont le propriétaire Groupama voulait interdire l’accès. Depuis, et or mis le fait que Groupama ait fait marche arrière puis ait accepté de laisser libre l’accès à son immense domaine montagnard de 2.000 hectares, j’avoue que je n’ai plus vraiment de nouvelles ni du collectif qui s’est crée autour de ce mouvement et encore moins du refuge dont je sais qu’il est fermé depuis quelques années. D’après un article lu dans le Journal de Mosset, il n’est, paraît-il, plus aux normes européennes. Ah l’Europe ! Ah les normes ! Voilà deux sujets sur lesquels il y aurait tant à dire et à débattre ! Moi, la seule fois où j’ai logé et mangé au Refuge de Callau, c’était lors de « Mon Tour du Coronat » de l’été 2007 et le moins que je puisse en dire, c’est que j’en garde un souvenir « fabuleusement » impérissable. Alors, les normes, j’avoue que je m’en fous un peu et en randonnée, loin s’en faut, il m’est arrivé de dormir dans des lieux bien plus exécrables que celui-là. C’est assez marrant mais quand je repense au Refuge de Callau aujourd’hui, deux anecdotes cocasses me reviennent en mémoire : les délicieuses lasagnes d’Armelle, la gardienne du refuge et les chevaux de la Jasse. Alors attention, je précise que ces anecdotes n’ont absolument rien à voir avec la « fameuse » fraude  à la viande de cheval de 2013 dans laquelle des lasagnes étaient concernées. Non, dans mes anecdotes, les pâtes et les équidés sont bien dissociés les uns des autres. Concernant, les lasagnes, ce 16 août 2007, j’avais soupé avec un groupe de randonneurs de l’organisateur pyrénéen « Natura » et je me souviens que tout le monde les avait tellement trouvées bonnes que nous étions tous là à réclamer du « rabiot » avec une farouche exaltation.  Les deux grands plats que la fille d’Armelle nous avait apportés s’étaient avérés insuffisants pour nos ventres affamés mais surtout à priori très gourmands. Ces lasagnes avaient un petit « je ne sais quoi » de plus que je n’avais jamais connu auparavant même quand je les comparais à celles que ma mère préparait et qui était pourtant un vrai et grand cordon bleu quant il s’agissait de concocter des « farcis ». La plupart des autres convives avaient dit la même chose. Concernant l’anecdote des chevaux, quand depuis Nohèdes, j’étais arrivé à la Jasse de Callau dans l’après-midi, j’avais cru bon de prendre un raccourci à travers prés et là, par je ne sais quel mystère, j’étais entré dans un grand enclos et m’étais retrouvé au beau milieu de chevaux et de bovins. Alors que je traversais tranquillement cet enclos,  j’avais été coursé d’abord par une vache puis pas deux chevaux qui n’avaient pas l’air d’apprécier ma présence sur leur territoire et ce n’est que de manière in extremis que j’avais pu enjamber la dernière clôture me séparant d’eux. Avec mon volumineux et lourd sac à dos, je crois que jamais je n’avais couru aussi vite et quand le lendemain matin, j’avais raconté mes tribulations à un sympathique maquignon avec lequel j’avais pris le petit déjeuner, il m’avait gentiment reproché mon intrusion dans l’enclos mais n’était pas certain que les chevaux en voulaient à mon intégrité physique. Selon lui, j’avais eu la frousse tout simplement.  Mais revenons à ma balade car comme l’écrivait si bien Pierre Plas dans « Les Cavaliers des Madres * » à propos du « Refuge de Callau » « la radieuse matinée… dissipe les nostalgies qui m’ont assailli…hier soir. L’air est si pur et limpide que je pourrais dénombrer les arbres à l’orée de telle lointaine clairière ou les plus fines aiguilles de roc sur tel sommet qui me domine. Les prairies sont étoilées de fleurs aux couleurs éclatantes ». Pour toutes ces jolies raisons et bien d’autres encore, il est temps que je me mette en route. Je quitte Urbanya, direction le col de Tour par la piste habituelle, celle qui monte par le Cami de las Planes depuis le village. C’est bien plus court pour moi pour rejoindre l’ancien tracé du Tour du Coronat même si je sais que je me dois de respecter la ferme qui se trouve un peu plus haut et surtout les bovins qui l’occupent en général. D’ailleurs, Philippe le vacher est là, déjà au labeur, et après avoir « taillé la bavette », il me met en garde contre les vaches qui allaitent encore leurs tout jeunes veaux et que je risque de rencontrer un peu plus haut sur la piste. Les cerisiers chargés de fleurs colorent le chemin. Ces fleurs blanches et celles flamboyantes des genêts attirent les abeilles et une nuée de papillons multicolores. Je voudrais bien les photographier tous mais plusieurs échappent à ma sagacité et à l’objectif de mon numérique. Plus haut, en coupant le Correc de Saint-Estève, effectivement et comme l’avait prédit Philipe, je tombe nez à nez avec trois jeunes veaux qui pataugent dans la gadoue mais heureusement leurs mères ne sont pas là. Je passe donc sans encombre et je prends même le temps de photographier quelques bruants fous peu craintifs qui picorent le sol en quête de quelques graines. Des papillons, des oiseaux et des fleurs printanières, je vais encore en avoir mon lot visuel et photographique aujourd’hui et quand j’atteins le panneau « Domaine de Cobazet », j’ai mis presque deux heures pour parvenir jusqu’ici.  Malgré mes arrêts photographiques quasi incessants, je suis plutôt satisfait d’être déjà là. Après la piste terreuse et sèche, qu’elle n’est pas ma surprise de constater qu’ici, au col de Tour, subsistent quelques « bonnes » plaques de neige. Mais tant pis, pour rejoindre Callau, je décide néanmoins d’emprunter la piste dite de « Canrec » plutôt que celle que l’on appelle  « piste du chemin de fer minier » qui reliait en son temps, la carrière de talc de Callau au Domaine de Cobazet puis à la gare d’Estardé. Je connais bien ces deux pistes DFCI, mais je sais que celle de Canrec permet des vues bien plus grandioses et lointaines alors que l’autre circule essentiellement en sous-bois. Alors autant en profiter car à l’instant même où je m’octroie une brève pause et un frugal en-cas, je constate que quelques petits cumulus passent au dessus de ma tête. Ce sont les premiers depuis ce matin et bien qu’ils n’aient aucun aspect inquiétant, poussés qu’ils sont pas une « gentille » tramontane, je constate qu’ils vont grossissants et se font plus nombreux au fil du temps. Je décide de me remettre en route. Effectivement, la neige se fait plus présente au fur et à mesure que je monte vers Canrec et la Rouquette et parfois, sur les portions les plus ombragées, la piste est complètement obstruée par de larges névés. Parfois, poussés par le vent, ces névés se sont transformés en épaisses congères et se frayer un chemin devient plus compliqué sur ces hautes plaques glacées. A chaque fois je réussis à passer, même si très souvent mon bâton de marche est une aide précieuse pour ne pas tomber sur ce terrain glissant et incertain. Sans crampons ou raquettes, il est même parfois très périlleux, d’autant qu’ici je suis seul  au monde et donc conscient de cette situation critique qui peut rapidement tourné à l’aventure voire au désastre si un accident vient à  se produire. Mais à chaque fenêtre qui s’entrouvre, le spectacle reste fabuleux car somptueux où que je regarde. Ce spectacle m’incite à poursuivre malgré les plaques de neige de plus en plus larges et épaisses. J’embrasse superbement la majestueuse et immense forêt où les bruns et les verts se partagent clairement les espaces. Les bruns se sont les feuillus encore dépourvus de leurs feuilles en cette saison et les verts se sont les résineux plus majoritaires au fur et à mesure que l’altitude s’élève. Ces couleurs contrastent avec les roux  des collines environnantes dominant la vallée de la Castellane. Parfois, j’ajuste mes jumelles pour tenter de voir bien plus loin encore mais l’horizon reste flou car opaque, bouché qu’il est par une écharpe brumeuse blafarde. Je devine néanmoins quelques sommets piémontais comme la Serre de Sournia ou Força Réal. Derrière, c’est la Méditerranée. Plus près, je reconnais quelques objectifs de balades comme le pic del Rossello et encore plus près le Dourmidou, lequel tacheté de quelques blancs névés, prend des airs de gros panda ventru. Après ces vues sur la Vallée de la Castellane, la piste, toujours magnifiquement bordée de sapins,  file en direction de la Rouquette. Pour moi, pas de doute, je suis au Canada. Alors que je tente de photographier un oiseau au sommet d’un sapin, j’aperçois à l’instant même et en contrebas, une biche qui traverse une clairière. Jolie vision mais bien trop fugitive à mon goût. La piste bifurque à 90° en atteignant le Correc de Canrec, ruisseau ô combien ardu à enjamber en cette saison à cause de la neige et de son débit plutôt rapide. Plutôt que de chercher à éviter l’eau avec un équilibre instable et risqué, je prends la décision de me mouiller un peu les pieds. Quelle n’est pas ma surprise de constater des milliers d’œufs de grenouilles dans les fossés adjacents remplis d’eau glacée et parfois même de neige. Avec ces œufs noirs amalgamés en grappe ressemblant à du caviar, pas de confusion possible avec ceux des crapauds car ces derniers sont, paraît-il, toujours pondus en chapelets. Mais ici, pas de grenouille et je poursuis vers la Rouquette et vers Callau. Plus loin, un cairn au bord de la piste forestière me rappelle à mes vieux souvenirs du Tour du Coronat. Je suis sur le point de quitter la piste au profit d’un petit sentier qui descend dans un bois quand je m’aperçois qu’il y a deux isards couchés dans la neige à une trentaine de mètres de l’autre côté. Alors que je m’apprête à entrer dans le sous-bois, je me baisse pour éviter d’être vu mais un des deux isards m’a déjà repairé et il s’est soulevé. Le temps d’ajuster mon appareil-photo et je les vois disparaître derrière un bosquet. Je traverse la piste en courant mais il est déjà trop tard. Ils ont disparu. C’est marrant parce qu’en 2007, c’est déjà en voulant suivre un isard que ce dernier m’avait entraîné dans un autre raccourci non loin d’ici. Un peu déçu, j’emprunte le raccourci mais en rejoignant la piste tout près de la carrière de talc, je suis de nouveau stupéfait par une multitude de minuscules grenouilles qui émergent de l’eau ô combien glacée et neigeuse des fossés. En surface, ce sont les plus petites qui pointent leurs grands yeux écarquillés, leur bouche rieuse et leur dos brun verdâtre. Leurs nez semblent même glacés. Avec cette image, je me souviens que ma mère disait que quand la grenouille monte à l’échelle du bocal pour mettre le nez hors de l’eau c’est que le temps va être sec. Aujourd’hui, sec et très froid sans doute ? Mais, je ne sais pas si cette théorie est vérifiable car au fond, à travers l’eau très limpide, j’en aperçois des plus grosses mais avec cette fois la peau plus claire, grise ou rousse et certaines tachetées et avec des pattes palmées bleutées. Je surprends tout ce joli petit monde amphibien qui semble vivre très paisiblement dans cette eau hyper gelée. Mais comment font-elles pour résister à ce froid que les températures nocturnes doivent encore fortement accentuer ? Quand avec le bout de mon bâton,  je pique la surface de l’eau, toute cette faune batracienne détale, certaines grenouilles s’enfouissent sous les feuilles et dans la vase du fond et d’autres plus étonnamment, partent se réfugier sous la couche neigeuse recouvrant le fossé. Au moment où je m’apprête à quitter mes « bestioles », un grand bruit me fait sursauter car une lourde congère accrochée à un pin vient de choir dans le fossé à l’endroit même où je venais d’apercevoir les grenouilles. Auront-elles survécu à cette avalanche de neige glacée? Quelques minutes plus tard, me voilà en surplomb de la Jasse de Callau. Aujourd’hui pas de vaches ni de chevaux, tout est éperdument dépeuplé. Seule une buse solitaire plane sur la désertique prairie. Quand aux lasagnes d’Armelle, je ne me fais aucune illusion et je ne suis pas près d’en manger de nouvelles ! Le refuge est là, presque intact et similaire à mes dernières et lointaines venues. Les tôles ondulées de la toiture sont-elles un peu plus rouillées ? Je ne le pense pas. Je regarde avec effarement, le tronc desséché d’un immense sapin dont la cîme est tombée à quelques mètres à peine de la porte d’entrée. A côté de cette porte, toujours les mêmes jolis panonceaux de bois : « Refuge de Callau – Alt.1.537 m- Buvette – Nuit- Pt.déj » et un numéro de téléphone désormais bien inutile. Je me marre en pensant qu’on aurait pu rajouter « excellentes lasagnes ! ». Que serait-il advenu si ce sapin était tombé sur la toiture ? Je pars vers la cabane servant d’étable aux animaux et à nouveau les souvenirs de mon Tour du Coronat ressurgissent. En 2007, je me souviens y avoir photographié un gentil petit ânon qui adorait les caresses mais il y en avait un deuxième mais celui là était plutôt ombrageux et quand je m’approchais de lui pour le photographier, il semblait agacé et il tournait systématiquement la tête. De ce fait, je n’ai de souvenirs photographiques que du premier. En approchant de la Castellane, je m’aperçois qu’une chose a néanmoins changé, le petit pont de bois enjambant la rivière n’est plus là. Sans doute emporté par les flots, il ne reste plus que les profilés métalliques. Quand je regarde ces longues traverses, je me demande même si ce ne sont pas les vieux rails de l’ancienne voie ferrée qui apportait le talc de la carrière vers Cobazet. Tout part à l’eau donc ? Plus je regarde ce refuge et plus je suis triste et j’ai du mal à comprendre que l’on ne trouve pas les quelques centaines de  milliers d’euros pour le rénover, le remettre aux normes et lui rendre une nouvelle vie. A y réfléchir, il en a tant connu des vies antérieures parfois heureuses et d’autres bien plus ténébreuses : lieu de résidence des ouvriers avec cantine et couchages lors d l’exploitation du bois et du talc, haut-lieu de la résistance maquisarde pendant la guerre, repaire de courageux rebelles souhaitant échapper au Service du Travail Obligatoire (S.T.O), aventures des bergers et des éleveurs partant en transhumances vers le Madres mais aussi rendez-vous des maquignons, des cavaliers, des randonneurs et des amoureux de la nature en général. Ne venez pas me dire que Groupama et le Conseil Général n’ont pas les moyens financiers de restaurer ce « monument historique » mais le problème c’est qu’aujourd’hui, on ne veut plus mettre de l’argent dans un projet sans la certitude d’un retour profitable et rapide sur investissement.  Aujourd’hui, il faut impérativement gagner beaucoup d’argent et moins ça prend de temps et mieux c’est. Mais ici, il n’y a pas grand-chose, il ne  passe aucun chemin de grande randonnée et quand dans les années 70 on a échafaudé un téléski et un parcours de ski de fond, tout le monde s’est immédiatement vanté que la station de Jau-Mosset était la plus petite du monde.  Alors comment peut-on espérer réussir lorsque dès l’origine on pose un regard négatif à propos d’un projet ? On a même tenté de créer un centre touristique de montagne ici au refuge avec alimentation et organisation de balades mais rien n’a réussi à s’inscrire dans la durée. Enfin, il y a quelques années, on a crée un agréable sentier d’interprétation dit « Sentier des 5 sens » et là, très bizarrement, on a évité de le faire passer par le refuge pourtant tout proche. Alors volonté délibérée ou vues divergentes entre les principaux acteurs économiques ? Il est clair que ce refuge n’intéresse que peu de gens ou peut-être uniquement des vieux nostalgiques ou amoureux de la nature comme moi diront certains. Je quitte le refuge, direction la petite cabane de berger de la Jasse où je vais finir mon casse-croûte. Les vues y sont plus amples et donc plus belles qu’au refuge. Je tombe sur une stèle que je ne connaissais pas en hommage et avec la photo d’un certain Thierry dit Galinette. Avec son béret et entouré d’animaux, je suppose que Thierry était un pastoureau, habitué de Callau et tout particulièrement un amoureux de ces lieux et des animaux dont il devait s’occuper avec gentillesse et passion. Une buse plane dans le ciel et assure les spectacle. Dès le pique-nique terminé, je reprends la piste, cette fois, c’est bien celle dite du « chemin de fer ». Elle file vers le col de Tour au milieu d’une belle et grande hêtraie. Dès le départ et alors que je surplombe encore la prairie, je surprend un joli chevreuil en contrebas. Pendant que je le photographie, il m’observe fixement avec ses grands yeux de biche et je me demande qui est le plus surpris de nous deux : lui ou moi ? Au bout de plusieurs longues minutes qui m’ont permis de le photographier au mieux, il se retourne tranquillement et continue de paître en m’ignorant. Comme toujours, je me dis « quelle chance il a  » que je ne sois qu’un chasseur d’images ! En aura-t-il autant la prochaine fois qu’il rencontrera un autre être humain ? Après le chevreuil, c’est de nouveau les grenouilles qui remplissent mon retour vers Urbanya. A chaque ruisseau traversé, aussi bien dans celui de Canrec que dans celui de Rocamaura,  je vais en voir et en photographier une belle quantité. Ici, les grenouilles détalent un peu dans tous les sens et les grappes d’œufs sont phénoménales. Je me dis qu’il est dommage que ces œufs ne soient pas aussi comestibles et aussi réputés que le caviar car avec tout l’argent récolté, on aurait pu aisément se payer la rénovation du refuge. Mais non, je rêve car j’ai entendu dire que la gélatine entourant les œufs de grenouilles était toxique. Dommage ! Le col de Tour est déjà là et plutôt que de redescendre par la piste prise ce matin, j’emprunte celle qui file vers le col de Les Bigues. Dans le ciel, plusieurs vautours tournoient en de amples circonvolutions. Ils n’ont rien d’effrayant or mis le fait qu’ils semblent descendre à chaque tour nouveau. Disparu depuis ce matin, le Canigou réapparaît dans sa blanche splendeur même si quelques gros nuages le couronnent dans sa partie la plus haute. J’adore cette piste avec ses vues imprenables et plongeantes sur le Vallon d’Urbanya et le village et avec ses panoramas immenses et circulaires vers le Coronat, le Madres, le pic de Tour et le Canigou. Au col de Les Bigues, j’emprunte la piste DFCI CO57. Elle est encadrée d’une clôture mais en atteignant une autre clôture perpendiculaire à la première, je décide de suivre le sentier qui descend et la longe. D’un côté, le ravin du Correc del Menter plutôt boisé et de l’autre, les Escocells, ample « serrat » essentiellement recouvert de cistes, de genêts et de buissons épineux.  C’est le retour le plus direct que je connaisse pour rejoindre Urbanya même si cette longue descente réclame vigilance et prudence car le sentier est terreux, parfois très caillouteux et souvent traversé de quelques ronces rampantes et donc traîtres car on a vite fait de s’y emmêler les pieds . Depuis le col de Les Bigues, je vais mettre exactement une heure pour rejoindre la rivière Urbanya non loin de la cascade. Il faut dire que quelques jolis passereaux jouant à cache-cache dans les futaies et avec l’objectif de mon numérique n’ont cessé de me ralentir. Le bord de la rivière me réserve de nouvelles surprises fauniques et  floristiques mais le village et ma maison sont déjà là. Sur ma terrasse, mon GPS affiche plus de 28 kilomètres pour l’itinéraire que je viens d’accomplir. 28,680 km pour être exact. Les montées et les descentes cumulées sur mon logiciel s’affichent pour 2.200 mètres et le dénivelé a été de 872 mètres, le point le plus bas étant bien sûr Urbanya à 860 mètres d’altitude et le plus haut se situant à 1.732 mètres à Canrec juste après le croisement de la piste et du Correc dans leur partie la plus haute. Ma longue balade vers Callau est terminée. Y retournerais-je un jour ? Je ne sais pas mais comme j’adore ce secteur du Haut-Conflent, il y a de fortes probabilités que j’y revienne même si le refuge reste à jamais fermé. Je ne l’espère pas bien sûr et s’il venait à rouvrir, il serait pour moi, une belle et agréable étape vers des horizons un peu plus lointains pour des balades à faire sur 2 à 3 jours. Je suis un cow-boy sans cheval et donc pédestre, mais je me reconnais néanmoins dans le texte suivant que j’ai à nouveau chipé dans  « Les cavaliers des Madres* ». Celui-ci est extrait de la nouvelle « Le rêveur d’Amérique » : « Le rideau frémit. Il se lèvera bientôt sur une scène immense, celle du Far West, ou j’irai, entre prairies et montagnes, entre déserts et rivières, faire moisson de mes rêves anciens. Je tiendrais alors mon journal de voyage. Mais je suis déjà dans le théâtre, tel un spectateur en avance. » Très exceptionnellement 3 cartes IGN top 25 peuvent s’avérer utiles sur le parcours décrit ici. Les voilà ci-après : Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul de Fenouillet – Carte IGN 2248 ET Axat – Quérigut – Gorges de l’Aude – Carte IGN 2249 ET Font-Romeu - Capcir Top 25.

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    (*) « Les cavaliers des Madres, Cowboys des Pyrénées-Orientales et autres récits » de Pierre Plas aux Editions Mon Petit Editeur 2012.

    (**) Du col de Jau au col de Tourla Carrière de talc de Caillau- Libérez le Madres, nous y étions !

    Nota : Il faut noter que le nom du refuge « Callau » ayant sans doute pour signification « caillou » ou « caillasse » s’écrit parfois « Caillau », « Calhau » voire « Caillaou » qui est la meilleure façon de le prononcer paraît-il. En tous cas, c’est de cette manière qu’il est prononcé du côté de Mosset. Moi, je m’en suis tenu à l’orthographe aperçue sur le lieu même du refuge et que je retrouve également sur la carte IGN. Pas loin de Mosset, mais du côté de Conat cette fois, on trouve également une rivière du nom de Callau ou Caillan, affluent du fleuve La Têt. Plus globalement, ce nom de « Callau » signifie « sol pierreux » (Jean Llaury).

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  • Daesh-Cia.

    La vraie information concernant Daesh, la soi-disant coalition, la France, notre gouvernement, les médias sont en train de nous dire « allez la voir à dache » si je peux me permettre cette familière expression. C'est-à-dire « allez vous faire voir ailleurs ! » ou « allez au diable ! ».  Or le diable c’est bien Daesh justement et on voudrait bien avoir un semblant de bonnes et vraies nouvelles concernant la lutte que nous sommes censés mener contre eux.  Or que voit-on ? Une totale désinformation.  Mais plus grave, sur le terrain qu’apprend-on ? Une armée de fous furieux qui avance sans relâche, qui est à quelques encablures de la grande capitale de l’Irak qu’est Bagdad.  Alors que fait-on pour Bagdad ? Eh bien on attend que l’armée « fantoche » irakienne les repousse ! Autant dire que si Daesh s’empare de Bagdad, plus personne ne pourra dire que l’Etat islamique n’est pas un véritable état. N’est-ce pas Monsieur Fabius ? Une armée bien organisée qui lance maintenant des missiles sur Israël.  Qui enfle dans toute l’Afrique. Qui commet des attentats aux Etats-Unis, en Australie et au Nigeria, sans oublier Charlie Hebdo bien sûr. Il y a quelques jours, inquiet du peu de résultats de nos bombardements ciblés, notre cher Ministre des Affaires Etrangères a réuni le gotha de la soi-disant coalition. 24 brillants penseurs qui sont sensés trouver des solutions pour éradiquer, au pire pour nous protéger de ces fous de dieu qui sont de l’autre côté de la Méditerranée et qui égorgent et brûlent tout sur leur passage. Vous savez, dans ces coins du Moyen-Orient où des milliers de pauvres gens prennent des « rafiots » pour venir chez nous. La réunion, c’était mardi 2 juin. En avez-vous entendu parler dans les médias ? Que nenni ! Rien, nada, nothing, nichts, que dalle……et walou et macache bien sûr !!!! Non, nos médias sont bien trop préoccupés à parler de la FIFA, de Sepp Blatter et de l’argent « pourri » ou qatari du football. Et si il y avait des accointances ? Non quand même pas ?

     

    Alors cette réunion au sommet, elle a donné quoi au juste ? Que fait-on de nouveau pour changer la donne, les résultats, pour changer la situation ? Va-t-on se contenter d'empêcher quelques jeunes français désoeuvrés et endoctrinés de partir pour l'Irak ou la Syrie ? Va-t-on attendre que quelques islamistes djihadistes déguisés en réfugiés arrivent sur nos plages et viennent égorger nos femmes et nos enfants ? Pourquoi, nos armées professionnelles, puissamment armées des meilleurs matériels militaires au monde sont-elles incapables de venir à bout de Daesh ? Au fait, comment Daesh fait-il pour avancer sans relâche tout en recevant des missiles et des bombes sur la tête ? Il faut quand même une sacrée organisation et une sacrée logistique pour rayonner si brillamment dans ces pays quasi désertiques ? Et puis,  il faut sans doute beaucoup d’argent pour recruter des milliers d’hommes, les former, les soutenir dans leurs combats quotidiens, les alimenter au sens propre et matériellement, organiser la guerre, acheter du matériel et des armes ? Enfin, tout ce que nous ne sommes pas capables de faire semble-t-il, nous pays occidentaux et soi-disant pays développés ? Ils achètent à qui au fait ? Le sait-on ? Qui financent Daesh ? Qui financent la guerre ? Les banques ? Le Qatar, pays avec lequel nous sommes très amis semble-t-il ? L’Arabie Saoudite ? La Russie de Poutine ? La Turquie, pays désireux d'entrer dqns l'U.E ? Le sait-on ? Oui sans doute ? Alors pourquoi n’en savons-nous rien ou très peu ? En réalité, ce sont sans doute, les pays occidentaux eux-mêmes et leurs amis du Moyen-Orient qui ont créé de toutes pièces cet Etat Islamique et aujourd’hui, ce dernier prend bien trop d’importance sur l’échiquier des intérêts économiques et financiers. Alors, on voudrait bien s’en débarrasser mais c’est déjà trop tard.

     

    Oui, je vous le disais au début de cet article, pour une vraie info concernant Daesh, « allez voir à dache ! ». Un seul vrai média semble vouloir s’orienter vers plus de vérité : le PCF ! Surprenant ? Non pas vraiment ! D'autres médias comme VoltaireNet.org amplifie la confusion avec des points de vue très particuliers. En tous cas, plus je lis de choses sur le sujet et plus je suis perdu ! Mais une chose est sûre, ça fait peur et l'avenir est aussi noir que le drapeau de Daesh !

     

    Au fait, vous savez qui était « DACHE » et bien c’était le perruquier des Zouaves. Vous savez les Zouaves, ces corps militaires d’infanterie légère qui ont gagné tant de batailles et dans lequel, on incorporait indifférent des européens et des arabes. La tenue vestimentaire d’ailleurs s’inspirait bougrement des vêtements militaires turcs. Et si la solution était-là, habiller nos militaires en djihadistes et surtout qu’ils n’oublient pas de se laisser pousser la barbe ! En plus, la barbe, c’est à la mode en ce moment ! Bon un peu de culture et d'humour n’ont jamais tué personne….en tous cas beaucoup moins que Daesh….


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    LE CIRCUIT DE LA BATAILLE DU BOULOU...... par jullie68
    LA-BATAILLE-DU-BOULOU
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    BATAILLEBOULOUIGN

      
    Avec ce circuit pédestre à partir du Boulou en direction du lieu-dit  le « Pla del Rey », il n’y a pas réellement un objectif bien défini à atteindre mais un but plus général qui est celui de faire le tour d’un ancien champ de bataille. Ce champ de bataille, c’est celui que les historiens ont intitulé la « Bataille du Boulou » opposant les républicains français et les royalistes espagnols lors de cette terrible guerre que l’on trouve dans les manuels et livres d’Histoire sous des vocables très divers : guerre du Roussillon, guerre de la Convention, guerre de Catalogne, guerre des Pyrénées et bien sûr sous la dénomination très générique de « guerre franco-espagnole » Ce conflit a duré de mars 1793 à juillet 1795 et a opposé la France révolutionnaire gouvernée par une assemblée constituante appelée « Convention Nationale » à l’Espagne et au Portugal. Ces affrontements du Boulou correspondent à une toute petite partie du conflit et ne concerne bien évidemment que le front oriental pyrénéen d’une guerre bien plus longue, bien plus étendue dans toute la chaîne pyrénéenne et bien plus complexe entre la France et ce que l’on a appelé la Première Coalition, groupe de royaumes européens alliés pour la circonstance et dont l’origine est consécutive aux bouleversements que la France vient de connaître après la Révolution de 1789. Si la bataille du Boulou de 1794 s’est soldée par une large victoire française, dont le général Dugommier fut le grand artisan et au point qu’en 1836,  elle fut inscrite sur le pilier ouest de l’Arc de Triomphe, on doit impérativement mettre le mot « bataille » au pluriel. En effet, deux batailles bien distinctes se sont déroulées dans ce secteur. Une toute première conduite par le général Louis Marie Turreau a commencé le 13 octobre 1793 et elle s’est terminée par une large victoire du camp espagnol, victoire longuement ignorée car classée par le secret défense. Alors bien sûr, même si l’Histoire ne retient parfois que la victoire, dont l’expression bien connue rappelle qu’elle est toujours plus belle, ici sur le parcours de cette jolie balade pédestre, on n’occulte pas la défaite et c’est très bien ainsi. Bon, le but de cet article étant de vous expliquer ma balade et non pas de refaire l’Histoire, des spécialistes l’ayant déjà fait bien mieux que je ne pourrais le faire, je vous précise que le départ ne s’effectue pas depuis le centre-ville du Boulou, bien que rien ne s’y oppose, mais un peu plus au nord de la cité. Pour cela et si vous arrivez de Perpignan, il faut emprunter l’avenue Léon-Jean Grégory, le boulevard du Pic Néoulous puis enfin la rue du Mas Descals que l’on va suivre jusqu’à passer sous le pont de l’autoroute La Catalane. Là, à l’intersection, on tourne à droite et l’on poursuit le chemin du Mas Descals qui, par un pont, passe au dessus de la D.900. Peu de temps après, on emprunte la piste DFCI A30 qui descend à droite, enjambe un petit pont métallique vert. Le départ est là à quelques mètres avec un « bon » emplacement pour garer plusieurs voitures. Personnellement, j’avais garé ma voiture juste après le pont sur la D.900 mais j’ai très facilement retrouvé le vrai départ car un balisage jaune est déjà bien présent et en plus, de nombreux morceaux de rubans rouge et blanc sont attachés aux poteaux électriques. Le départ est matérialisé par un panneau résumant la bataille et expliquant le circuit pédestre : « Distance 7,7 km – Dénivelé 200 m – Durée 1h50 ». Il est précisé qu’à ce temps, il faut rajouter le temps passé à la lecture des 18 autres panneaux explicatifs. Il s’agit toujours de la piste DFCI A30 que l’on va suivre sur 1 km environ en longeant la rivière la Valmagne. Personnellement, j’ai pris beaucoup de plaisir à emprunter cette portion ombragée de l’itinéraire en bordure de la rivière car l’arrivée du printemps avait attiré de nombreux oiseaux en quête d’un accouplement naturel. C’est ainsi que j’ai pu voir et photographier un couple de canards colverts ainsi que quelques gallinules que l’on appelle plus communément « poules d’eau ». Les canards, les poules mouillées, de nombreux passereaux peu évident à photographier, sans compter la flore nouvelle m’ayant retardé plus qu’il ne fallait, à chaque écart qui se creusait, je devais presser le pas car Dany ne m’attendait pas. Pourtant, elle marchait normalement mais l’éveil de la nature n’étant pas réellement son « truc », je l’entendais me rappeler à l’ordre : « arrêtes de lambiner ! ». Heureusement, qu’elle ne me lançait pas des « arrêtes de dormir » car pour quelqu’un qui s’occupe d’un réveil, même s’il ne s’agit que de celui de la nature, c’eut été assez paradoxal. Heureusement,  quand Dany lisait les panonceaux expliquant la bataille cela me permettait de compenser un peu le retard que j’avais pris. Quand à mon tour, j’arrivais à hauteur du panonceau plutôt que de le lire, je le prenais en photo et je me disais que je serais bien plus tranquille pour en prendre connaissance à la maison et sur mon ordinateur. Aussi, en terminant cette balade, j’avoue que je ne connaissais pas grand-chose de ce qui avait été écrit sur ces panonceaux au sujet de cette bataille même si pour l’essentiel, j’avais lu pas mal de choses sur Internet auparavant. Au bout d’un kilomètre, au lieu les Falaises de la Valmanya, nous avons quitté la piste DFCI A30 au profit d’un autre chemin qui s’est mis à grimper vers le Pla del Rey. C’est ici, sur cette portion que se termine l’essentiel de la modeste déclivité. Au fur et à mesure que l’on monte, le sentier devient de plus en plus ocre puis même rouge par endroit comme si tout le sang qui avait coulé ici s’était dilué dans la terre sans pour autant disparaître complètement. Veinés de petites ravines, on voit clairement que ce sont les eaux pluviales qui ont creusé ces décors dans la terre ocre composée de grains de sable amalgamés. Les panoramas s’entrouvrent magnifiquement de toute part : sur une grande partie des Aspres bien sûr mais encore bien plus loin et bien évidemment comme souvent sur l’inévitable et superbe Canigou. Le Pla del Rey est un vaste plateau où les vignes, le maquis et les bois se partagent l’espace. Ici, il ne faut pas négliger de faire les quelques mètres qui nous séparent de la table d’orientation car cette dernière, dessin du paysage et paysage à l’appui, nous présente le plan de bataille de 1794. Nous, après cette jolie découverte, nous en avons profité pour organiser un pique-nique champêtre bien à l’abri de la tramontane et à l’ombre de quelques pins. Après une opulente salade, Dany s’est allongée pour une « copieuse » sieste et moi, j’en ai profité pour aller voir si la nature continuait d’être en éveil. Mais non, ici, pas de rivière et donc pas de volatiles mouillés mais seulement un maquis de hautes bruyères et de ronciers sur un terrain plutôt sec où seuls quelques passereaux vifs et craintifs élisent domicile. Néanmoins, quelques uns acceptent de pointer le bout de leur bec et juchés au plus haut d’un buisson, ils chantent à tue-tête en quête d’une âme sœur. C’est le seul instant où ils acceptent d’être photographiés. Quand ce ne sont pas les oiseaux, je me rattrape avec des papillons. Après la sieste et la photographie ; chacun son truc ; nous sommes repartis en direction de la chapelle Saint Luc. Construite à 204 mètres d’altitude au sommet du Puig Rodon, elle est située sur la commune de Passa. Un écrit historique en fait déjà mention en 1031 sous le vocable « Ecclésia de Podio Rotundo ». Ensuite, elle a connu un grand nombre de vicissitudes. Les guerres bien sûr, qui l’ont mises très souvent à terre, et au premier chef, cette Bataille du Boulou mais également la fatalité comme la foudre qui est tombée plusieurs fois sur elle ou bien encore le fait qu’elle était éloignée de Passa et qu’il y avait bien d’autres édifices religieux plus proches à gérer comme l’église paroissiale ou plus importants comme le Prieuré de Monastir del Camp. Enfin, longtemps occupée par de nombreux ermites, ces derniers n’avaient pas toujours les moyens de l’entretenir correctement. A chaque fois, elle a retrouvé vie grâce à la volonté des Passanencs. Aujourd’hui, et comme trop souvent en Roussillon, cette chapelle nous l’avons trouvée fermée et de ce fait, on retient surtout son emplacement qui est assez exceptionnel. On comprend immédiatement que l’endroit ait été un point stratégique. Après la chapelle, il ne reste plus qu’à finir cette courte promenade. Un peu de bitume, direction les mas d’En Bosch et des Pins, et bien avant de finir par la piste terreuse finale DFCI A30 prise à l’aller.  Toujours ponctuée de quelques panonceaux, j’ai retenu de la fin de cette balade qu’ici l’hémoglobine avait coulé à flots et des lieux-dits  restent à jamais écrit dans l’Histoire avec cette couleur dominante rouge sang : « Correc de la sang » et « Batterie de la sang » à la place du « Correc de la Loubatière » et de la « Batterie des Falaises de Valmanya ». Quand au Puig Sangli, je précise qu’il semble n’avoir aucun lien direct avec le sang mais d’après les étymologistes, il signifierait un lieu très boisé ou encore un lieu à « sanglier ». Du sang continue de couler mais désormais c’est celui des sangliers dont les chasseurs, bien sûr, vous diront qu’il est en surpopulation dans les Aspres. Voilà, cette balade prévue en 1h50, nous l’avons démarrée à 10h15 et finie à 14h15, soit 4 heures tout inclus. Entendez pique-nique, photos, lectures des panonceaux, et sieste. Au printemps, c’est si bon de dormir dans la nature quand celle-ci se réveille ! Ayons tout de même une tendre pensée pour tous ces hommes qui se sont endormis pour toujours. Sans eux, cette jolie balade n’aurait jamais été possible. Je précise que cette balade est également réalisable au départ de Tresserre ou de Passa. Enfin, grâce à de petits panonceaux spécifiques,  il faut noter que certaines portions du chemin sont communes avec une voie piémontaise du Chemin de Saint-Jacques de Compostelle se dirigeant vers le Perthus puis l’Espagne. Carte IGN 2449 OT Céret – Amélie-les-Bains-Palalda – Vallée du Tech Top 25.

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