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    5eme étape : St-Paul-de-Fenouillet -Trilla

    27 km- Dénivelé 296 m – Montées cumulées 1.866 m 

    Point culminant 480 m au col de Lesquerde

     

    -Une « Vadrouille sans embrouille ».

     

    J’avais appréhendé la proximité de la D.117, mais notre chambre ne donnant pas sur la route,  la nuit avait été douce et reposante. Hier soir, le repas au restaurant de l’hôtel, intitulé « la Garrigue », avait été succulent à tous points de vue et nous nous étions régalés avec une excellente salade catalane, de merveilleuses saucisses également catalanes et une très bonne glace spécialement concoctée par la patronne, sans doute catalane elle aussi, le tout accompagné d’un excellent rosé de pays, catalan bien sûr. Comme quoi, on peut être dans la capitale des Fenouillèdes, d’origine et de langue occitane et aimer la cuisine catalane et pour notre bonheur, c’était l’exemple parfait d’une union  « régionaliste » que nous trouvions entièrement réussie. Après cet excellent souper, nous n’avions pas traîné à table et une fois encore j’avais passé une bonne partie de la soirée à analyser l’étape du lendemain. Je l’avoue, je la redoutais beaucoup à la fois par sa distance avec encore 27 kilomètres selon mon tracé, mais aussi car je la considérais comme l’étape la plus difficile de toutes. En effet, ce n’était pas la peine d’être un sherpa,  ni d’avoir traversé l’Himalaya, pour être conscient de cela et il suffisait de regarder le profil du tracé pour en être convaincu. Cette étape avait un dénivelé plutôt modeste de 296 mètres, le point le plus bas étant l’aqueduc d’Ansignan à 184 mètres et le plus haut, le Col de Lesquerde à 480 mètres. Par contre, cette étape était la deuxième en terme de montées cumulées avec plus de 1.860 mètres après celle qui nous avait mené de Caudiès à Sournia, qui elle nous avait contraint à enchaîner plus de 1.950 mètres de déclivités. Ici le dénivelé ne signifiait rien et de véritables montagnes russes nous attendaient, des petites montagnes certes mais qui n’avaient de surcroît rien à voir avec les sentiers bosselés mais agréables et herbeux des cols de Benta Fride ou de l’Espinas ou avec les pistes forestières très « roulantes » de l’ancienne forêt royale de Boucheville. Non, ici, nous allions être essentiellement confrontés aux « caillasses » calcaires et aux lauzes schisteuses des serres du Bas-Fenouillèdes. Or, c’était aussi la dernière étape et nous allions quand même l’accomplir avec des organismes un peu éreintés par les longueurs successives des étapes précédentes. Un seul point positif tout de même dans cette longue liste d’inconvénients à laquelle il fallait ajouter la prévision d’une journée très chaude, nous n’étions pas tenu à un horaire et à un impératif d’arrivée. Notre voiture nous attendait à Trilla et nous avions toute la journée voire tout le temps qu’il faudrait pour l’atteindre. Le petit déjeuner pris sur la terrasse de la Garrigue avait été dans la continuité du repas d’hier soir, copieux, excellent et tonique. Nous avons réglé la note somme toute très correcte de 100 euros tout compris pour nos deux demi-pensions et avons pris la direction de Saint-Paul de Fenouillet sous un ciel d’une pureté extraordinaire et sous un soleil déjà bien chaud. Il était 9 heures. Ce matin, nous avions bien tentés de nous alléger au maximum en nous débarrassant de tout ce qui nous paraissait superflu du style emballages inutiles, sachets vides, morceaux de cartes IGN ne présentant plus d’intérêt, etc…, mais nos sacs à dos ne s’étaient pourtant guère allégés. Il faut dire que nous avions encore largement à manger pour la journée et même au-delà, et nous avions décidés de n’acheter que quelques fruits et un peu de pain pour confectionner des sandwichs. A Saint-Paul, la première boulangerie a été la bonne et en plus du pain, nous avons acheté pour nos proches, quelques sachets des fameux croquants de Saint-Paul. Nous avons profité de ce retour à Saint-Paul pour arpenter quelques jolies ruelles et faire le tour de l’église paroissiale. En ce qui concerne le Chapitre, nous avons fait l’impasse de sa visite car il était beaucoup trop éloigné à notre goût et surtout pas dans la direction de l’itinéraire que nous devions prendre. En effet, nous avions aperçu le balisage ce matin et nous devions reprendre la D.117 à nouveau en sens inverse et direction Maury puis la rue dite de Lesquerde à la sortie du bourg. C’est ce que nous avons fait vers 9h20 en quittant Saint-Paul puis en empruntant l’asphalte jusqu’à la déchetterie. Là, la rue est devenue piste sur quelques mètres puis un étroit sentier a pris le relais en montant immédiatement dans un maquis dominé par la longue Serre calcaire de l’Artigue del Baurien. Ici, les paysages sur la Vallée du Maury étaient très verdoyants mais c’étaient surtout les vignobles qui prédominaient formant un patchwork de formes dissemblables. De l’autre côté, de la vallée, la longue Serre de Maury étalait ses falaises bigarrées de blanc et de vert et faisait le pendant avec celle que nous étions entrain de chevaucher. Le sentier, s’est mis à grimper dans une végétation plutôt disparate où s’imposaient toujours les chênes verts. Il a commencé par grimper doucement puis ensuite plus abruptement au fur et à mesure que nous approchions du Col de Lesquerde (480 m). A 10h10, nous avons atteint ce col avec de superbes panoramas sur les deux versants de la Serre et par là même, sur une immense partie du pays Fenouillèdes. Ici, du côté de Lesquerde, les coteaux viticoles étaient moins nombreux et le vert clair des vignobles laissait la place aux verts plus sombres des forêts. Il faut dire que nous étions désormais dans le Bas-Fenouillèdes avec une succession de collines verdâtres entrecoupées parfois de minuscules vallons où se blottissaient quelques petits villages aux toitures rouges. Au loin, coiffant toutes ces petites croupes, le seigneur Canigou régnait en maître. Le hameau de Lesquerde était déjà à nos pieds, tout proche semblait-il, avec son étonnant rocher noir comme surgit des entrailles de la terre. Le rocher dominait le centre du village tel un véritable donjon naturel. Dans le lointain, on devinait Trilla dans une cassure que formait la rivière Agly mais en raison de la distance qui nous en séparait, on préférait ne pas trop y penser. Une demi-heure plus tard, nous sommes entrés dans le village de Lesquerde que nous avons trouvé très joli et propret avec sa jolie église orange et ses belles façades colorées. Ici, le Rocher vu d’en dessous, paraissait moins imposant mais plus noir et plus ferreux, mais quoi de plus normal puisqu’il s’agissait ni plus ni moins que d’un gros bloc d’hématite brune, minerai composé d’oxyde de fer. Par la rue principale, Lesquerde fut très vite traversé et nous étions déjà de l’autre côté du village en surplomb d’un petit bassin planté de quelques vignes mais où l’espace était surtout occupé par le maquis et des carrières. Nous avons poursuivi la D.19 sur quelques mètres puis le balisage jaune et rouge nous a indiqué de la quitter pour descendre en empruntant un étroit sentier qui côtoyait une carrière de gypse. Ici, le commun des mortels aurait normalement du trembler au sens figuré bien sûr car au sens propre, nous aurions vraiment tremblé pour de bon, si nous avions été là le 18 février 1996 à 1h45 GMT. En effet, peu de gens le savent mais c’est ici sous cette carrière de gypse que l’on a localisé l’épicentre du plus violent séisme que la France n’ait jamais connu. Ce jour-là, à 7 kilomètres de profondeur, battant des records, la terre avait tremblé avec une magnitude 5,6 selon le RENASS, Réseau National de Surveillance Sismologique  Etait-ce la raison pour laquelle Jérôme semblait vouloir quitter ces lieux si rapidement et s’était trompé de sentier partant à gauche en direction d’un cimetière. Non, pas vraiment car à l’époque et pas plus que moi, Jérôme n’avait connaissance de cet événement et c’est seulement la distraction ou la négligence qui le fit partir dans cette direction alors que son GPS dormait au fond de sa poche. Heureusement je veillais au grain et j’avais vu que le balisage traversait la piste pour partir à l’opposé toujours en descente. Le sentier s’est mis à filer dans le maquis, est descendu au fond d’une minuscule ravine puis soudain, il s’est mis à remonter de manière abrupte dans une zone rocailleuse et rocheuse dominant la vallée de l’Agly. Ici, une haute barrière minérale, le Serre de Cors se dressait sur notre route mais pourtant le sentier semblait vouloir y monter et s’y diriger sans dévier. Nous montions toujours vers elle sur une déclivité qui se faisait toujours plus coriace.  Une fois encore, Jérôme avait pris pas mal d’avance et quand enfin, j’ai atteint cette haute falaise, je l’ai aperçu au sommet d’un piton rocheux. Ce piton rocheux s’avançait sur la vallée et dominait l’ensemble des décors. A ce collet, nous avons fait une brève pause avec quelques fruits secs et une barre de céréales et nous sommes repartis sur une étroite sente dont les marques jaune et rouge du balisage devenait de plus en plus difficile à repérer. Ce qui devait arriver arriva. Nous avons perdu définitivement le balisage dans un dédale d’éboulis et de pierriers et de minuscules camis que formaient les petits buissons de la garrigue. Il n’y avait plus aucun itinéraire principal et toutes les sentes que nous prenions se ressemblaient. Même avec le GPS et la carte, nous n’arrivions pas à retrouver l’itinéraire du Tour des Fenouillèdes et Jérôme a finalement décrété qu’il valait mieux continuer à monter vers le sommet de la serre. Autant le dire, depuis notre départ, cette situation ne s’était jamais produite et nous étions entrain de galérer comme jamais. En tous cas, dans ces éboulis très pentus et caillouteux, moi, je ressentais le poids de mon sac à dos comme jamais depuis le début. Pendant que j’essayais de m’élever, mon sac à dos, lui, semblait vouloir redescendre et me tirait systématiquement en arrière. Cet effet s’accentuait avec les petits graviers qui roulaient sous mes godillots.  Pour trois pas en avant, j’avais le sentiment d’en faire deux autres en arrière. Sous l’effort produit, je transpirais toute l’eau de mon corps. Tout en montant, nous avons fini par retrouver quelques marques jaunes d’un très vieux balisage et ce sentier quasiment invisible finit par déboucher à un nouveau collet où une large piste démarrait. La partie la plus « méchante » semblait finie et pendant que je poussais des « oufs » de soulagement et tentais de reprendre mon souffle, Jérôme n’arrêtait pas de consulter son GPS. Il avait beau regarder et me dire que le tracé du tour n’était pas très éloigné, j’étais convaincu que nous avions loupé quelque chose. N’ayant plus d’autres choix, nous avons emprunté ce large chemin, qui par bonheur, se dirigeait vers Saint-Arnac et une route bitumée que nous apercevions en contrebas. Nous avons rapidement atterri sur cette route mais pour être honnêtes, nous ne savions plus où nous étions. Depuis le départ, c’était la première fois que l’on s’égarait.  Pourtant, quand nous avons rallumé nos GPS respectifs, ces derniers nous indiquaient très clairement que nous étions sur le tracé du Tour des Fenouillèdes mais fallait-il descendre ou remonter cette route D.77 ? Nous avons commencé à la redescendre mais nous ne trouvions toujours aucun balisage. Une fois encore, la carte IGN est venue à notre secours et un simple coup d’œil sur celle-ci et nous avons compris qu’il fallait la remonter. Très clairement, en regardant cette carte, nous avons constaté que nous avions perdu le balisage du côté de la Serre de Cors, sans trop savoir pourquoi d’ailleurs, mais heureusement ça avait été un moindre mal car cette sente que nous avions empruntée dans les éboulis, elle aussi figurait sur la carte sous la forme de petits pointillés. Il était midi passé et je l’avoue, d’avoir ramé ainsi, ça m’avait littéralement « coupé les jambes ». Il était donc temps de s’arrêter et nous avons décidé d’un commun accord de déjeuner ici, au bord même de la route car il y avait une large esplanade pour le faire. Nous y sommes restés un peu moins d’une heure puis avons remonté la D.77 où nous avons enfin retrouvé le balisage jaune et rouge du Tour du Fenouillèdes au col de Lacroux. Là, une nouvelle piste terreuse a démarré avec de très jolis vues sur Saint-Arnac et la Serre de Vergès vers laquelle l’itinéraire semblait se diriger. Sur notre gauche, par-dessus les vignes, les pales d’une éolienne étaient entrain de tourner. Dès la première bifurcation, l’asphalte a remplacé la terre de la piste et bien que ne doutions pas de la direction à suivre grâce aux tracés enregistrés dans nos GPS,  nous rencontrions enfin, un implicite panonceau indicatif de randonnée. C’était le vrai premier panonceau depuis notre départ ce matin et il nous rassurait définitivement : « Balcon du Fenouillèdes – Ansignan - 4 km - 1h10 ». Depuis ce chemin qui montait tout en douceur, les vues étaient plutôt jolies. Une fois encore, en voyant au loin sur notre gauche, la longue forêt de Boucheville, droit devant le Pech de Fraissinet avec à ses pieds le col de Tulla et sur la droite celui de Bugarach, nous pouvions très facilement appréhender les distances et surtout l’incroyable chemin parcouru depuis ces derniers jours. L’itinéraire a zigzagué  un peu, nous avons laissé sur la droite le monumental Roc de Vergès puis le chemin a entamé une descente où dans la ligne de mire apparaissait au loin la Tour de Lansac. Nous avons longé des carrières mais des carrières, nous en avions aussi en surplomb et plus loin sur notre gauche, du côté de Lansac. Ici, les paysages les plus proches étaient constitués de petits ravins et de hautes terrasses blanchâtres en forme de cicatrices inaltérables malgré une végétation qui tentait parfois de reprendre ses droits. Heureusement ces plaies faites à la nature ont disparu très vite et ont laissé la place au magnifique vallon de l’Agly. Ici, l’intitulé « Balcon du Fenouillèdes » prenait son véritable sens et nous avions une très belle vue sur le large vallon et sur son lac, dont nous ne distinguions malheureusement que quelques petites parties bleutées et encore que très rarement. Au dessus de lui, sur un vaste plateau, notre ligne d’arrivée bien qu’encore très lointaine se faisait déjà plus précise et nous distinguions désormais les habitations de Trilla. Puis au moment de quitter la piste, ce fut au tour du très beau village d’Ansignan d’apparaître dans le vallon. Peu après, le début du lac est apparu à son tour, tel un grand fleuve calme et majestueux. La descente dans cette Garrigue de Roque Rouge était bien trop longue à notre goût. Mais quand les hurlements et les vociférations de chiens enfermés dans un grand chenil se sont mis à retentir rompant le silence dans lequel nous nous dandinions depuis Saint-Arnac, nous avons pris conscience que nous en étions arrivés au bout. Nous avons traversé quelques vignes, longé des vergers et quelques champs en jachère pour parvenir à l’extraordinaire aqueduc d’Ansignan. Bien que le connaissant déjà, j’ai une fois encore été fasciné par cet édifice. Je lui trouvais quelque chose de magique et de mystérieux, de fuselé, de gracieux, de délicat mais en même temps, il dégageait une incroyable force et une robustesse évidente, tout dépendait sous quel angle on le regardait. De ce fait, je n’étais pas mécontent de voir que Jérôme avait envie de s’ y attarder plus longuement que je ne l’avais imaginé. Il n’hésita pas une seule seconde à se déchausser et à tremper ses pieds échauffés dans le courant de l’aqueduc, là où il y avait des grilles de sécurité. J’ai fait de même mais dans le petit canal faisait le lien entre l’Agly et l’aqueduc, ce qui me permettait de casser la croûte avec les pieds dans l’eau, tout en étant assis. Mon sandwich terminé, j’ai fini par le rejoindre dans le chenal de l’aqueduc. Le courant de cette eau glacée et cristalline qui coulait sur mes pieds endoloris par les kilomètres avait un effet revigorant et peut être même thérapeutique car mes orteils et mes chevilles semblaient vouloir se dégonfler. Nous sommes restés plus de trois-quarts d’heures à nous rafraîchir, à nous reposer et à nous restaurer profitant de ces instants de bonheur pour prendre de nombreuses photos. Si ce long arrêt avait un effet très bénéfique sur nos pieds et nos mollets, la thérapie s’arrêtait à la hauteur de nos genoux et le reste de nos organismes commençait sérieusement à s’épuiser, en tous cas, c’était indéniablement mon cas. Selon nos estimations, il restait au bas mot plus de 8 ou 9 kilomètres à parcourir et l’analyse que j’en avais faite hier soir m’avait convaincu que ce ne serait pas les kilomètres les plus faciles. La suite me prouva que j’avais largement raison. Dès le départ de l’aqueduc, l’itinéraire s’est mis d’abord à grimper vers le village que nous avons traversé très rapidement car la rue principale était déserte et rien à nos yeux ne présentait un intérêt suffisant pour que l’on s’y attarde or mis bien sûr ce gigantesque et impressionnant platane, Arbre de la Liberté qui avait été planté là en 1848, au bord même de la rue principale. Ah la liberté ! Lors de randonnées sur une journée, il m’était assez souvent arrivé de m’arrêter devant un monument aux morts ou bien encore de visiter de vieux cimetières et d’y retrouver de vieilles pierres tombales de jeunes soldats morts en 14/18 ou en 39/45. Dans ces lieux, on retrouvait assez souvent la phrase « morts pour la France » mais j’ai toujours pensé que l’on aurait du y rajouter systématiquement « morts pour la France et mort pour la liberté ».  A cet instant et en regardant ce grand platane, mes pensées allèrent vers ces gens-là car j’avais conscience de leur être redevable de cette liberté dont je jouissais pleinement aujourd’hui. La liberté, pour Jérôme et moi, c’était d’avoir pu faire ce que nous avions eu envie de faire, d’avoir pu le faire quand nous le voulions et à l’instant même de le faire comme nous le faisions ! Là, quand on pense à ce genre de choses, comment ne pas être reconnaissants à tous nos aïeux qui sont morts pour que nous soyons libres. Sans doute à cause de l’effort qu’il restait à faire pour parvenir à Trilla, en tournant le dos à cet arbre, mes pensées s’envolèrent, aussi fugitivement qu’elles étaient venues. L’itinéraire très bien balisé est passé devant la cave coopérative vinicole et nous a très vite entraîné hors du village pour entrer de plein pied d’abord dans une pinède puis grâce à une bonne piste dans une forêt de chênes où, sous un cagnard torride, le moindre ombrage était forcément le bienvenu. Malheureusement, la piste ombragée a très rapidement laissé la place à un petit sentier qui est entré dans une garrigue bien plus brûlante encore. Le sentier a traversé des vignes qui l’étaient tout autant et a fini par atterrir sur une nouvelle piste que nous avons quittée encore plus vite que la première. Depuis le départ de l’aqueduc, les vues et les panoramas étaient superbes sur Ansignan et sur les collines environnantes et pour cause, car l’itinéraire ne cessait jamais de grimper et nous nous étions élevés pratiquement sans arrêt. Là, à partir de cette nouvelle intersection, un sentier tout en balcon s’est mis à redescendre en direction des Albas, minuscule hameau composé de quelques habitations que nous apercevions tout en bas, au fond du vallon de la confluence des rivières Désix et Matassa. Lors de l’organisation de ce Tour des Fenouillèdes, j’avais trouvé sur Internet le téléphone d’un gîte ayant existé dans ce hameau mais malheureusement la propriétaire m’avait confirmé qu’elle avait arrêté son activité depuis plusieurs années. Pour l’existence même de ce Tour des Fenouillèdes, j’avais trouvé cela très dommageable car sur le parcours, ce gîte avait été quasiment le seul entre Saint-Paul de Fenouillet et Sournia, les autres possibilités d’hébergements étant soit trop onéreuses pour de simples randonneurs tel que nous, soit trop éloignées du tracé. Enfin, c’était désormais ainsi et personnellement, je n’avais pu organiser ce Tour, avec un certain équilibre dans la longueur des étapes, qu’en fixant un départ depuis Trilla et en décidant de camper à Eus comme nous l’avions fait le premier jour. Le sentier tout en descente s’est terminé sur la D.619, à l’entrée même des Albas. Nous sommes passés devant des habitations dont l’une d’entre-elles avait une bien étrange clôture faite de cercles métalliques sur lesquels avaient été soudés une multitude d’outillages divers et variés ainsi que de nombreux ustensiles. Cet ensemble était très artistique et je lui trouvais même un petit côté tout fou, presque « dalinien » ou du style Marcel Duchamp. En tout cas, c’était du « réutilisme » dans toute sa splendeur et les photos s’enchaînèrent elles aussi. Nous avons poursuivi la D.619 mais nous avons perdu une fois de plus le balisage du Tour du Fenouillèdes et avons été contraints d’allumer nos GPS. L’itinéraire n’était pas très loin mais malgré ça, nous ne retrouvions pas le tracé et le balisage. Heureusement et une nouvelle fois, la carte IGN était là pour prouver sa nécessité. La carte nous indiquait clairement que le sentier partait à gauche vers la rivière peu après les habitations et un virage en épingle à cheveux que formait la route mais nous avions un mal fou à penser que ça pouvait être ici tant le coin était boisé et surtout embroussaillé. Il y avait du bois et des branches un peu partout comme si la rivière avait été en crue récemment. Il y avait bien un semblant de chemin parallèle à la départementale mais nous n’arrivions pas à trouver de marques de peinture. Jérôme s’est quand même dirigé vers la rivière en s’engouffrant dans le bois et il m’a demandé de l’attendre là au bord de la route. Au bout de quelques minutes, je l’ai entendu crier et me dire qu’il avait retrouvé le balisage un peu plus haut en amont de la Désix. Car ici, c’était bien la rivière Désix que nous allions franchir, celle-là même que nous avions traversée à Sournia devant le joli petit lac de la résidence de vacances du Moulin. Il y avait peu d’eau et le passage à gué sur quelques pierres était si facile qu’une fois encore nous n’avons pas pu résister à l’appel de cette eau si claire et si fraîche qui coulait sous nos pieds. Une nouvelle fois, c’était un plaisir de déposer nos sacs, de délacer nos chaussures et de tremper nos pieds échauffés dans le courant car après tout, deux heures s’étaient déjà écoulées depuis que nous avions fait de même à l’aqueduc d’Ansignan. Les bananes achetées ce matin et les derniers fruits secs tirés de mon sac à dos ont fait les frais de ce nouvel arrêt puis nous avons repris le sentier dont le tracé et le balisage étaient peu évidents à trouver dans ce bois touffu du nom de Camounxio. De toute évidence, aucun randonneur n’était passé par là depuis très longtemps et ce sentier méritait un sérieux débroussaillage. Ce court tronçon me confirmait ce dont je me doutais un peu, à savoir que ce Tour des Fenouillèdes était peu fréquenté voire quasiment délaissé dans les coins les plus reculés comme c’était le cas ici aux Albas ou bien près de la Serre de Cors où nous nous étions égarés ce matin. A nouveau, le sentier s’est mis à grimper et en quittant ce bois de feuillus, il est devenu à nouveau plus distinct. Sur ce sentier très étroit et dans cette végétation plus rase constituée de petits chênes, de buis et de bruyères arborescentes, nous avions l’impression de marcher dans un labyrinthe tel qu’on peut en voir dans certains jardins d’agrément. Tout en bas, nous apercevions le vallon de la Désix, la D.119, les Albas où s’élevaient les  ruines de ce qui semblait être le donjon d’un vieux château en partie ruiné. Les marques de peinture jaunes et rouges se firent plus visibles et tout en montant ce bon dénivelé vers le Roc de Terre Blanco, nous étions désormais convaincus d’être dans la bonne direction. Mais nos certitudes n’ont pas fait long feu car après cette redoutable montée, nous sommes arrivés sur un plateau planté de vieilles vignes rabougries et délaissées où de nouveau, nous avons perdu le balisage. Nous avons décidé de nous séparer en deux car le vieux vignoble était entouré d’anciens murets de pierres sèches et j’ai pensé que s’il y avait des marques de peinture, elles seraient sans doute peintes sur un de ces murets. Jérôme est parti à gauche et moi à droite du champ que nous avons longé jusqu’au bout mais sans rien retrouver. Une fois encore, nous pensions avoir perdu le tracé du Tour du Fenouillèdes mais cette traversée du vieux vignoble de Terre Blanco a finalement débouché sur un large chemin qui s’est transformé en une piste carrossable. Nous avons de nouveau retrouvé le tracé et en plus, depuis ce plateau, nous embrassions de bien belles vues à 360 degrés. Sur notre gauche, nous apercevions Ansignan, la Serre de Saint-Arnac, les carrières de Lansac et au loin les Corbières. Sur notre droite, c’était les sombres « sarrats » que nous avions gravis le premier jour du côté du Col Saint-Jean. Mais parmi, tous ces paysages, il y en avait un qui nous plaisait par-dessus tout et il était droit devant nous, c’était le village de Trilla que nous apercevions, tout proche, mais malheureusement de l’autre côté d’un large ravin. Sur la carte, que j’avais eu maintes et maintes fois l’occasion de regarder, ce ravin, c’était celui dit « de l’Homme Mort ». Pour atteindre Trilla, il fallait d’abord y descendre, le longer puis le remonter sur l’autre versant. Je ne sais pas pourquoi mais je me suis mis à avoir d’étranges pensées du style : « Comment cet homme était-il mort ? » « De mort violente ? » « Au cours d’une partie de chasse ? « En ayant marché plusieurs jours comme nous le faisions nous-mêmes ? » « En arpentant et en terminant le Tour des Fenouillèdes ? » A cette dernière question, je finis par me dire que la réponse devait être clairement « NON ». Jérôme et moi étions seulement fatigués et guère plus que les jours précédents mais en tous cas l’idée que je pourrais peut-être m’affaler sur ce chemin ne m’était jamais venue à l’esprit !  Une fois encore, nous avons quitté la piste au profit d’un petit sentier qui s’enfonçait dans la garrigue. Au bout de quelques minutes, ce sentier est arrivé à une intersection de chemins que j’ai aussitôt reconnu. Je me souvenais être passer par là avec Dany quelques mois plus tôt lors de cette jolie randonnée à la Fount del Loup et ce sentier sur notre droite arrivait directement du village de Pézilla-de-Conflent. Cette intersection m’a mis du baume au cœur car je savais désormais ce qu’il me restait à parcourir pour parvenir à Trilla. Notre ligne d’arrivée n’était plus très loin et en tous cas à moins d’une demi-heure de marche. Moi qui par habitude fait toujours de grands pas, je me mis soudain à en faire de tout petits comme si je me refusais à terminer ce périple. Cette dernière montée dans le maquis menant vers Trilla, je voulais la prendre « cool » et ainsi goûter aux derniers instants de ce bonheur que mon fils m’avait offert en acceptant de venir marcher avec moi. Nous sommes arrivés à 18h12 devant la belle église de Trilla, une photo de l’horloge que j’ai prise atteste de cette heure si précise. Nous étions sur le point de rejoindre la voiture quand soudain je me suis mis à penser que nous n’avions pris que très peu de photos où nous étions ensemble, peut-être deux, voire trois ou quatre seulement, je ne savais plus. Du coup, j’ai dit à Jérôme que j’aimerais bien que nous en prenions une toute dernière, assis sur ce banc qui se trouvait devant l’église. Il n’y avait personne pour prendre la photo alors Jérôme a enclenché le retardateur de son numérique et nous avons pris cette dernière photo, assis sagement sur ce banc devant l’église comme deux petits vieillards. Deux petits vieux qui avaient tout de même parcouru en cinq jours plus de 125 kilomètres et gravi plus de 7.700 mètres de montées cumulées, le tout et par chance, sans aucun problème physique. Ce Tour des Fenouillèdes avait été pour moi, un vrai Tour du Bonheur et je savais déjà qu’il resterait pour toujours gravé ainsi dans ma mémoire.

    Il s’était déroulé si magnifiquement que j’aurais pu l’appeler une « Vadrouille sans embrouille » mais non, tout compte fait, mon idée initiale était bien plus jolie et bien plus poétique et dans ma tête, c’était déjà décidé, le récit de ce magnifique tour, je l’intitulerais « Vadrouille dans le fenouil ! » 


    2 commentaires
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    LE TOUR DE L'ILE ST MARTIN A GRUISSAN par jullie68

    Toujours dans cette logique de vouloir éviter les trop longues randonnées et celles aux forts dénivelés, nous avions décidé en ce jour d’Epiphanie de jeter notre dévolu sur l’île Saint-Martin de Gruissan. Bien évidemment, il ne faut voir dans cette corrélation religieuse entre la fête chrétienne célébrant le Messie et ce lieu consacré au fameux saint apôtre de la Gaule, aucun motif spirituel de notre part. Non, nous étions le 6 janvier, les fêtes de fin d’année étaient bien terminées, la météo était quasiment printanière avec un superbe ciel bleu et nous avions tout simplement une envie « folle » d’aller randonner.  C’est donc avec l’idée d’aller découvrir ce « lieu magique » comme le dit la publicité de la ville que nous sommes partis en direction de Gruissan. A vrai dire, si cette idée était la principale, nous en avions d’autres en tête, comme celle de profiter d’un agréable pique-nique sous les chauds rayons d’un soleil qui semblait avoir oublié que nous étions en hiver, celle aussi de combiner soleil et plage tranquille loin du tumulte citadin et enfin celle plus personnelle d’aller à la rencontre des oiseaux des étangs, histoire d’ajouter quelques volatiles à mon album photo numérique et puis pour le reste et comme toujours, nous faisions confiance à la nature et à l’aventure pour d’éventuelles surprises. En effet, lors de mon Sentier autour du Golfe Antique effectué en septembre, j’avais appris que l’île Saint-Martin recélait un site archéologique romain de premier ordre sur plus de 2.000 m2. Ce site, les spécialistes le qualifient de « grand appareil » en raison de la taille des pierres constituant les vestiges des édifices aujourd’hui ruinés. Un ancien site portuaire paraît-il, au temps où les Romains occupaient la Gaule et ou l’on surnommait Narbonne, « la fille aînée de Rome » en raison de sa situation commerciale prospère sur les rives de la Méditerranée. En potassant le sujet, j’ai même lu que ce port antique de Gruissan était le deuxième de l’empire romain  après celui d’Ostie, le port de Rome. Enfin, j’avais appris que l’île était connue comme un haut-lieu séculaire de la production de sel marin qu’on appelle plus communément un « salin » mais qu’elle était également connue mais plus discrètement cette fois, pour la culture du safran. Une fois encore il y avait de quoi faire dans ce lieu de balades et quand nous laissâmes la voiture sur le parking jouxtant le port de plaisance Barberousse, or mis l’idée de randonner et de pique-niquer, nous n’avions rien arrêté d’autre. Nous improviserions le cas échéant ! Nous avons quitté le vieux village dominé par les ruines de son vieux château dont l’Histoire raconte qu’il fut sacrifié par Louis XIII et Richelieu et dont la tour Barberousse est le vestige résiduel le plus visible. Il se raconte que le célèbre marin et pacha d’Alger aurait été l’instigateur de la construction de ce château mais rien n’est moins sûr. Une autre version est également avancée, c’est celle où l’on évoque le nom du corsaire Gaspard Dot ayant sévi dans le secteur au 16eme siècle, encore appelé « Barberoussette » ou le « pirate de Sète ». Voilà pour l’Histoire très résumée de cet édifice. Là, nous nous sommes mis en route sur la D.232  longeant le « salin ». Au bout de 700 mètres, nous avons quitté la route bitumée en tournant à droite et nous avons enjambé une chaîne barrant une piste qui, au milieu des vignes, filait vers une immense ruine. Face à la ruine, nous nous sommes dirigés vers la droite et avons poursuivi un étroit sentier. A partir de là, la suite du parcours fut assez simple car l’itinéraire a toujours été quasiment rectiligne jusqu’au lieu-dit Les Pujols, imposant domaine aux grandes bâtisses entourées de murs blancs. Au préalable et sans trop sans rendre compte, on avait atteint le point culminant de cette balade à « l'ahurissante » altitude de 46 mètres ! Le parcours avait alterné un sentier rocailleux filant dans la garrigue et côtoyant d’incroyables amoncellements de pierres sèches, puis un peu d’asphalte au milieu du vignoble et enfin un petit chemin en sous-bois de pinèdes, le tout agrémenté parfois de quelques jolies vues sur l’étang de Gruissan, le massif de la Clape et celui plus lointain des Corbières. Aux Pujols, on a retrouvé une voie carrossable que l’on a emprunté vers la droite et que l’on a poursuivi en longeant un haut grillage jusqu’à rejoindre le bord de l’étang de Campignol. De manière assez inattendue, le tracé que j’avais trouvé sur Internet et que j’avais enregistré dans mon GPS, nous a amené dans des marécages gorgés d’eau voire carrément inondés et donc impraticables sauf à vouloir se baigner. De ce fait, nous sommes revenus sur nos pas et là, par bonheur, nous avons trouvé une ouverture béante dans le grillage que nous avions longé précédemment. On s’y est engouffré et par un vague sentier se faufilant entre vignes et prés en jachères puis longeant des cyprès et des tamaris, on a fini par atteindre une bonne et large piste en bordure de l’étang. Ici, le randonneur hasardeux que j’étais s’est immédiatement transformé en un évident photographe animalier car des milliers d’oiseaux s’étaient donnés rendez-vous dans les proches marais de l’étang de Campignol. Foulques, colverts, aigrettes, flamants, chevaliers, mouettes, cormorans, goélands, tout ce petit peuple migrateur, habituellement volant, avait préféré opter pour un bain de pattes pas très de saison mais bien approprié pour mes prises de vues. Seule la distance parfois bien trop élevée entre certains oiseaux et mon appareil photo posaient problème à la taille de mon objectif. Le parcours, lui, était encore une fois rectiligne mais la piste plane en bordure des roselières s’est soudain terminée par un chemin rocailleux qui est monté dans la garrigue jusqu’à atteindre le Sentier des Goules cheminant la Barre de l’Evêque.  Depuis cette crête calcaire et pierreuse, les vues se sont faites plus aériennes sur l’étang de Campignol et plus loin sur celui plus vaste de l’Ayrolle. Les panoramas plus lointains s’entrouvraient également vers les Pyrénées, les Corbières et l’étang de Bages-Sigean. Les souvenirs de mon parcours sur le Sentier du Golfe Antique me revenaient en mémoire car ces mêmes étangs étaient barrés transversalement par un étroit segment de terre où l’on devinait la voie ferroviaire et le canal de la Robine. Au bord de ce canal, je me souvenais y avoir verser toutes les larmes de mon corps à cause d’un violent cers que je prenais en « pleine poire » et qui sans cesse me faisait larmoyer. Aujourd’hui, le vent était plutôt paisible et en tous cas, il ne me faisait pas pleurer car le plus souvent, nous l’avions dans le dos. De plus et en aucune manière, le cers n’était venue perturber notre agréable pique-nique pris sur l’herbe et sous un soleil radieux, bien à l’abri de quelques vigoureux tamaris. La pointe de la Grève fut vite là et avec elle, les moelleuses grèves capitonnées d’algues sèches. Sur ces matelas improvisés et comme le faisaient quelques mouettes rieuses et quelques couples de goélands, nous avons profité des tièdes rayons d’un soleil au zénith avant de reprendre le circuit en direction de l’Ayrolle et de ses cabanes de pêcheurs. Ici, non loin du hameau de Saint-Martin et de ses vestiges romains, le grand blond Pierre Richard avait troqué ses chaussures noires contre celles plus adaptées au travail de la vigne. Son domaine s’appelle le Château Bel-Evêque et si j’en crois ce que j’ai lu, il produit paraît-il des vins raffinés de très grande qualité. Pour finir, une fois encore, nous sommes sortis des sentiers battus et plutôt que de poursuivre le chemin plus à l’intérieur des terres empruntés par les vététistes, nous avons opté pour un itinéraire plus sauvage et plus en bordure du « salin »qui nous a entraîné vers les lieux-dits Gamare, la Clotte et Penelle. D’ailleurs, notre boucle s’est refermée sur la D.232 pile en face la boutique et l’écomusée consacré au sel de Gruissan et aux autres produits du terroir. Malheureusement, si la chance avait été avec moi sur le plan ornithologique, elle n’était pas avec Dany qui aurait bien aimé visiter le magasin et le musée, mais tout était fermé ce jour-là et en tous cas à cette heure-ci de la journée. Il ne nous restait plus qu’à terminer cette balade mais à coup sûr, nous reviendrons sur l’île de Saint-Martin, il y a tant d‘autres découvertes à y faire. La boucle effectuée est longue de 13 à 14 kilomètres quand au dénivelé avec ses 46 mètres, il est pratiquement inexistant mais néanmoins suffisant pour offrir de jolis panoramas. Carte IGN 2546 OT Narbonne Top 25. 


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  • Dans mon Journal Mensuel, j’écris un seul article chaque mois. Normal, me direz-vous. C’est exact. Effectivement, il m’arrive très rarement d’être embarrassé entre tel ou tel sujet et habituellement mon choix est assez peu hésitant. Mais ce mois-ci, je l’avoue, j’ai longuement oscillé entre deux thèmes de l’actualité récente et finalement plutôt que d’en choisir un seul, j’ai décidé d’évoquer les deux. Si les deux thèmes n’ont pas réellement de rapport, ils ont en commun, de concerner plus globalement la sécurité, la protection des personnes et une justice que chaque citoyen est en droit d’attendre d’une démocratie comme la nôtre, voilà pourquoi j’ai intitulé mon article : protection des personnes, sécurité, justice…..valse-hésitation !

     

    Le premier sujet concerne ces enfants de plus en plus nombreux qui en viennent au suicide parce qu’ils subissent des harcèlements à l’école, harcèlements qui très souvent maintenant se poursuivent sur la Toile, par messagerie,  au travers des réseaux sociaux ou par téléphones portables interposés. Ce problème devient récurrent et malheureusement le mois de janvier 2015 est venu nous rappeler cette triste réalité avec cette jeune marseillaise Mélina âgée de 13 ans qui a préféré se jeter sous un train plutôt que de continuer à subir des outrages verbaux. Des mots, on passe très souvent à des coups voire à des tabassages en régle. Selon la journaliste Carole Blanchard de BFMTV, 1,2 millions d’élèves seraient harcelés à l’école. De plus en plus de personnes se mobilisent et les médias prennent le relais et se font l’écho de ces horribles tragédies. Des associations se créent et se mobilisent. Des parents témoignent leur désarroi à travers des livres comme celui de Nora Fraisse. Des réalisateurs font des films sur ce thème que ce soit pour la TV ou pour le cinéma, certains avec succès comme le récent film de Mélanie Laurent "Respire".  France 2 programme une émission pour le 10 février. Le sujet est de moins en moins tabou, les enfants harcelés parlent de plus en plus et c’est très bien ainsi. Seules l’Education Nationale et les associations de parents d’élèves paraissent un peu empruntées car sans doute enfermées dans leurs dogmes et sans réelle solution pour l'instant devant ce terrible problème. Quelques progrès se font jour néanmoins. Mais il est temps que ça change vraiment et le plus vite sera le mieux car la vie de nos enfants ou de nos petits-enfants est en jeu. Après tout, l’école est un lieu républicain et dans un état de droit comme le nôtre, chaque citoyen est en droit d’attendre une justice, une égalité de traitement, une protection, la mise en place de moyens assurant sa sécurité. Alors, la France qui vient de crier si fort sa liberté après la tuerie chez Charlie Hebdo, aurait-elle définitivement perdu au sein de ses écoles, les deux autres mots « magiques » de sa célèbre devise que sont l’égalité et la fraternité ? J’ai une émouvante pensée pour tous ces enfants disparus et leurs parents bien sûr.

     

    Le deuxième sujet concerne les attentats de janvier et j’avoue que depuis, il y avait une question qui me turlupinait, c’était celle de savoir pourquoi, ces trois « jeunes de banlieue », décrits comme de vulgaires et simples voyous de droit commun en France, mais parfaitement connus des services secrets américains et de services identiques de plusieurs pays européens, considérés par tous ces derniers comme de dangereux « terroristes » au point d’être sur des listes leur interdisant tout voyage aérien, pouvaient se balader en toute liberté et impunité dans notre beau pays. Comme très souvent en pareil cas, la réponse est venu de l’Institut pour la Justice, association loi 1901 et dont l’objet brièvement énoncé est le soutien aux victimes de l’insécurité et de toutes autres formes de violence. Plutôt que de faire un long discours, voilà les deux messages que j’ai reçus de leur secrétaire nationale Laurence Havel. Toutefois, avant de vous proposer ce message, je vous conseille de regarder deux petites parties de l'audition du général de gendarmerie Bertrand Soubelet. Edifiant ! Il faut savoir qu'après cette audition qui aurait fortement déplue à Manuel Valls et à Christiane Taubira, ce dernier, numéro 3 de la gendarmerie a été mis au placard et expédié en Outre-Mer 

    http://www.youtube.com/watch?v=Xu2Tkhn-hxQ

     http://www.youtube.com/watch?v=GGSysTXg-Bo

     Message du 19/01/2015 :

    Madame Monsieur,

    Savez-vous quel est le point commun entre les terroristes Chérif Kouachi (12 victimes), Amedy Coulibaly (6 victimes), Mehdi Nemmouche (4 victimes) et Mohamed Merah (6 victimes) ?

    Ne comptez pas sur le gouvernement ou les médias pour vous le révéler - et encore moins la ministre de la Justice Christiane Taubira. 

    Car ce qui relie le parcours de ces terroristes n'est pas seulement le radicalisme islamique.

    Tous les 4 sont des criminels multirécidivistes qui ont bénéficié pendant toute leur vie du laxisme et des failles béantes de notre justice pénale. 

    Tous les 4 auraient dû être en prison au moment de leurs attentats. 

    Vous avez bien lu (et je vais vous le prouver dans un instant) : si notre système pénal fonctionnait normalement, toutes les victimes de ces terroristes seraient encore en vie aujourd'hui : la policière municipale, les victimes de Charlie Hebdo, de l'Hyper Cacher, du Musée juif de Bruxelles, les militaires du régiment de Montauban et les enfants de l'école juive de Toulouse. 

    Coulibaly, condamné à 5 ans de prison en 2013

    Prenez le parcours criminel d'Amedy Coulibaly. Voici ce qu'en dit le journal Libération :

    « Le casier d’Amedy Coulibaly témoigne d’un lourd passé de braqueur alors qu’il n’avait même pas 18 ans. En 2001, il avait été condamné à trois ans ferme, dont deux avec sursis, par le tribunal d’Evry puis, la même année, à quatre ans dont deux avec sursis toujours pour des «vols aggravés». En 2002 encore, douze mois dont neuf avec sursis pour vol aggravé et recel. En 2004, le voilà renvoyé devant la cour d’assises des mineurs du Loiret, qui lui inflige six ans de prison pour un vol à main armée dans une agence BNP avec deux complices. En 2005, le tribunal correctionnel de Paris condamne Coulibaly à trois ans d’emprisonnement pour «vol aggravé, recel et usage de fausses plaques d’immatriculation». En mai 2007, il prend dix-huit mois pour trafic de stupéfiants. » 

    Ce que le journaliste oublie de préciser, c’est qu’un seul vol à main armée, dans notre code pénal, est un crime puni théoriquement de 20 ans de réclusion criminel. Mais Coulibaly, malgré ses multiples braquages, s'en est sorti avec quelques années de détention au total. 

    Plus grave encore : le 20 décembre 2013, il a encore été condamné à 5 ans de prison. 

    Mais il a bénéficié des remises de peine accordées depuis des années à tous les détenus, y compris les plus dangereux. Certes, il a fait de la détention provisoire. Mais s'il avait purgé la totalité de cette peine, la jeune policière et les victimes juives de l'Hyper Cacher seraient encore en vie. 

    Et saviez-vous que, pour Christiane Taubira, ces remises de peine sont encore insuffisamment généreuses ? 

    Pour elle, il était injuste que les récidivistes bénéficient de remises de peine réduites par rapport aux primo-délinquants. Dans sa toute récente réforme pénale, entrée en vigueur au 1er janvier 2015, elle a donc décidé que les récidivistes pourraient désormais avoir des remises de peine plus longues ! 

    Kouachi, parti au Yémen malgré son "contrôle judiciaire"

    Cherif Kouachi a aussi un sérieux casier judiciaire de délinquant. Déjà bien connu de la police et de la Justice pour de nombreux délits, il a été condamné à 3 ans de prison en 2008 pour djihadisme dont 18 mois avec sursis.

    Mais dans son cas, la faillite de la justice est encore plus hallucinante. 

    En 2010, il est à nouveau arrêté et placé en détention provisoire pour avoir préparé l'évasion d'un terroriste notoire. 

    La justice décide de le libérer, en attendant son procès, mais elle lui impose un « contrôle judiciaire » jusqu'en avril 2013 : interdiction de quitter la région et obligation de pointer toutes les semaines au commissariat de Gennevilliers. 

    Sauf que quelques mois plus tard, Cherif Kouachi part au Yemen s'entraîner dans un camp d'Al-Quaïda, dans la plus parfaite impunité. Ni la police, ni la justice ne viendront l'inquiéter (et encore moins le sanctionner) pour cela. 

    Une faille, une bavure ? Non, c’est le fonctionnement habituel de notre système. 

    Un juge interrogé par Le Figaro révèle ce que savent tous les spécialistes : « les pointages au commissariat dans le cadre de contrôle judiciaire ne font jamais l'objet de contrôles stricts. Au mieux, ce n'est qu'au bout de la quatrième ou cinquième absence que le commissariat prévient le tribunal… ». Et quand la Justice est prévenue il est rare qu'elle réagisse, « et « il est encore plus rare que le non-respect des obligations débouche sur une incarcération ».

    Bref, c'est l'impunité la plus totale pour nos criminels, y compris les plus inquiétants. Et ils le savent pertinemment. Tout récemment, devant la cour d'Assises du Nord, l'auteur du meurtre d'un commerçant était interrogé par le juge : « pourquoi n'avez-vous pas respecté les obligations de votre contrôle judiciaire ? ». « Cela ne m'intéressait pas », avait-il répondu.

    N’est-il pas temps de faire en sorte que les criminels dans notre pays soient « intéressés » aux conséquences de leurs actes ?

    Car l'impunité de Kouachi ne s'arrête pas là. En 2010, les juges ont établi qu'il possédait des images pédopornographiques sur son ordinateur. Croyez-vous que la justice a réagi avec fermeté, vu le profil de ce multirécidiviste aux inquiétantes connections djihadistes ? 

    Non, c’est tout le contraire : elle a tout simplement « classé l'affaire », comme elle le fera à de nombreuses reprises vis à vis des crimes de Mohamed Merah (voir plus loin). 

    Nemmouche, braqueur multirécidiviste 

    Medhi Nemmouche, celui qui a tué 4 personnes au musée juif de Bruxelles, a exactement le même profil que Coulibaly. A seulement 14 ans, il est déjà arrêté pour cambriolage. S'ensuit une longue série de délits en tous genre : recels, vols avec violence, dégradations de bien. A 17 ans, il agresse au couteau une enseignante. Tout cela dans la plus grande impunité, puisqu'il faudra attendre qu’il commette de multiples braquages pour que la justice l'envoie enfin en prison. 

    Au total, il sera incarcéré à 5 reprises à partir de 2004. A chaque fois, pour des durées dérisoires, sachant qu'un seul braquage est théoriquement puni jusqu’à 20 ans de prison. Et à chaque fois, la justice le relâchera bien avant la fin de sa peine.

    Lui aussi aurait dû être en détention (et pour de longues années encore !) le 24 mai 2014, date de la tuerie de Bruxelles.

    Mohamed Merah, libre à 23 ans malgré 18 condamnations 

    Le parcours de Mohamed Merah est le plus spectaculaire de tous. Sans doute parce qu’on dispose de tous les détails, plusieurs livres étant paru sur son compte. 

    Saviez-vous que, moins d'un mois avant ses 6 meurtres, il avait été condamné à un mois de prison ferme ? Et que la Justice l'avait immédiatement remis en liberté, malgré ses 18 condamnations au casier judiciaire ?

    Pour vous donner une idée de l'impunité dont il a joui tout au long de son parcours criminel il faut lire sa fiche Wikipédia : 

    « En 2002, il frappe au visage une assistante sociale. Le tribunal pour enfants le condamne pour violences volontaires. Ses éducateurs se plaignent de lui « Il injurie, insulte les filles, […] qui nous demandent de les protéger et de fermer leur chambre à clé. Chaque jour, nous devons intervenir pour une dégradation, un vol, un conflit, une agression dont Mohammed est l'auteur ». Dans une lettre à un juge datée de 2003, la mère de Mohammed Merah déplore à son tour d'avoir été agressée physiquement par l'adolescent « La violence de mon fils est telle que je me trouve dans l'incapacité d'y faire face ». En février 2004, il est arrêté pour avoir jeté des pierres sur un autobus, il s'en tire avec une simple admonestation. En janvier 2005, il tient tête à l'une des éducatrices du foyer Mercadier et la frappe à l'œil avant de fuguer. Il est condamné à cinq mois de prison avec sursis pour coups et blessures volontaires. Il faudra une convocation assortie d'une menace de révocation de sursis envoyée chez sa sœur Souad pour qu'il reprenne contact avec la Justice des mineurs. En 2005, il est arrêté au volant d'une moto Honda volée. En 2006, il est poursuivi pour un vol de portable avec violence, de moto, et des insultes. Il agresse à coups d'extincteur son oncle qui lui demandait d'arrêter un rodéo bruyant en quad, dans la cité des Izard. Durant sa minorité, il est condamné à quatorze reprises par le tribunal pour enfants pour diverses affaires de dégradations, de manquements à l'autorité ou de vols.

    En 2007, il se rend avec un pistolet chez son frère Abdelkader et la compagne de ce dernier. Il tire dans l’écran plat posé sur le meuble télé et saccage leur appartement, jetant les objets par la fenêtre du 4e étage. Il quitte les lieux en menaçant « Si tu lèves encore une fois la main sur moi, je t'en loge une ». En décembre 2007, il arrache le sac d'une personne âgée dans le hall d'une banque. Pour ce vol avec violence, Mohammed Merah devenu majeur, est condamné à 18 mois de prison ferme selon la procédure de comparution immédiate (première incarcération !). 

    En décembre 2008, il refuse d'obtempérer à un contrôle policier forcé et est réincarcéré à la maison d'arrêt de Seysses jusqu'en septembre 2009. Début juillet 2010, il vient consulter un avocat pour entamer une procédure aux prud'hommes en raison d'heures de travail non payées, chez son carrossier. Un an plus tard, il insulte et menace une employée de la concession Renault qui lui aurait donné par téléphone une indication erronée : « Toi, si je te retrouve dehors, tu es morte ». En février 2012, il est jugé une nouvelle fois pour conduite en 2009 d'une moto sans permis, ainsi que pour blessures involontaires, puis condamné à un mois de prison ferme, mais laissé libre. »

    Et encore, il manque dans ce récit tous les faits pour lesquels il n'a pas été poursuivi ! 

    Une mère de famille a révélé dans la presse ce que M. Merah avait fait subir à sa famille deux ans avant ses meurtres : « Il a conduit mon fils à son domicile. (…) Puis il lui a imposé de regarder des vidéos d'Al Qaïda (des scènes insoutenables dans lesquelles des femmes sont exécutées d’une balle dans la tête et des hommes égorgés). Mon fils m'a appelé. On a finalement pu le récupérer. Il est resté enfermé là bas de 17h à minuit... ». La mère a alors déposé plainte, ce qui a provoqué la colère de M. Merah : « Il est venu devant chez nous. Il m'a menacée et frappée. (…) Il disait aussi que lui et ses amis viendraient prendre mon fils et qu'il ne me resterait plus que mes yeux pour pleurer ». Le surlendemain, il s’en est effectivement pris à son fils : « Il l'a frappé, et ma fille est intervenue. Il l'a rouée de coups. Il y avait beaucoup de monde, mais personne n'a bougé ». La femme précise qu’elle a « tout gardé » : « la robe de sa fille tâchée de sang et déchirée, le dépôt de plainte, les courriers de relance, des photos et les certificats médicaux... ». L’avocat de cette mère de famille, Me Mouton, confirme qu’une « plainte très circonstanciée » a été déposée le 25 juin 2010. La mère de famille a relancé les autorités à de nombreuses reprises. Sans aucune suite. « Pourquoi, malgré tous mes signalements, Mohamed Merah n'a-t-il pas été arrêté ? Nous l'avons encore vu la semaine dernière. Il nous narguait. J'ai tout raconté à de nombreuses reprises à la police et à la préfecture. (…) C'est incompréhensible et révoltant. »

    Tout ceci alors que Mohamed Merah était déjà ultra-connu de la police et de la justice !!!

    Maintenant, la question que nous devons nous poser est la suivante :

    Croyez-vous que le gouvernement va tirer les leçons de ces affaires ? Croyez-vous qu'il va, de lui-même, sans pression populaire, prendre les mesures qui s'imposent ?

    A la fin de l’année dernière, Christiane Taubira annonçait vouloir réformer la Justice des mineurs, qu’elle jugeait trop ferme et insuffisamment compréhensive vis-à-vis des délinquants… 

    Le 9 janvier dernier, le jour même de l'attaque de l'Hyper Cacher, Christiane Taubira adressait un document de 2 pages aux 40 Procureurs généraux. Elle leur donnait la ferme instruction d'appliquer immédiatement sa nouvelle réforme consistant à augmenter la durée les remises de peine des récidivistes.

    Vendredi 16 janvier dernier, Christiane Taubira a diffusé un communiqué de presse. Pour répondre à la situation actuelle, elle déclare que l'urgence est de durcir l'arsenal répressif contre… le racisme et l'homophobie !

    Ne pensez-vous pas qu'il est temps pour nous, citoyens de France, de nous lever en masse pour réclamer une Justice pénale qui nous protège des vrais criminels ?

    N'est-il pas temps d'adresser un signal clair au gouvernement sur les priorités que NOUS souhaitons qu'ils appliquent ? 

    Ne croyez-vous pas qu'il est temps de mettre un coup d'arrêt au laxisme incroyable qui met en danger la vie de nos enfants et nos petits-enfants ?

    Si oui, alors je vous demande solennellement de participer en urgence à notre grand référendum national en vous rendant ici

    Je vous demande également de transmettre immédiatement ce message à tous vos contacts pour qu’ils participent eux aussi à cette grande mobilisation.

    Nous ne pouvons pas attendre les prochaines élections, les bras croisés, en espérant qu'un nouveau gouvernement prenne les mesures qu'il faut prendre AUJOURD'HUI. 

    Nous ne pouvons pas observer sans rien faire que notre ministre de la Justice facilite, décision après décision, le travail des criminels et des terroristes. 

    Il faut agir MAINTENANT. 

    Alors vraiment, merci de prendre quelques minutes pour participer à notre grand référendum pour la Justice.

    Je compte sur vous,

    Laurence Havel
    Secrétaire nationale.

     

    Message du 27/01/2015 :

     

    Chers amis,

    Mon dernier message sur les attentats a déclenché une avalanche de réactions – de félicitations et d’incompréhension.

    Côté positif, vous avez été très nombreux à remercier l’IPJ d’avoir eu le courage de dire la vérité sur les frères Kouachi, A. Coulibaly et M. Merah : oui, c’est bien le laxisme de notre Justice qui leur a permis de commettre leurs crimes. 

    Toutes leurs victimes seraient encore en vie si les peines étaient appliquées avec rigueur dans notre pays !

    Vous avez aussi été nombreux à vous être mobilisés autour de notre grand référendum pour la Justice. Pour ceux qui ne l’ont pas fait, participez d’urgence en vous rendant ici ! 

    Mais si je vous écris aujourd’hui, c’est parce que j’ai aussi reçu des centaines de messages d’incompréhension. 

    Vous me dites : comment se fait-il que les médias n’en parlent pas ? 

     

     

    Pourquoi n’y a-t-il pas de grands débats à la radio ou à la télé sur les remises de peine (Coulibaly a été condamné à 5 ans de prison ferme en 2013) ? 

     

     

    Pourquoi passe-t-on sous silence l’incroyable laxisme qui a permis à Chérif Kouachi de s’entraîner avec Al-Qaida au Yémen alors qu’il était sous contrôle judiciaire et censé pointer toutes les semaines au commissariat ?

     

     

    Pourquoi ne pas rappeler dans les JT que Mohammed Merah avait été condamné à 1 mois de prison ferme juste avant ses crimes…. Et qu’il n’a donc pu les commettre que parce qu’il a été immédiatement remis en liberté, malgré 18 condamnations à seulement 23 ans !

    Mon explication va peut-être vous surprendre…

    Mais contrairement à certains d’entre vous, je ne pense pas qu’il y ait derrière tout cela un objectif délibéré des médias de « plaire » au gouvernement. Il ne s’agit même pas d’éviter à Christiane Taubira de devenir impopulaire - même si elle doit bien apprécier que les médias ne parlent pas de sa réforme visant à libérer encore plus vite les récidivistes (la « réforme pénale » que l’IPJ a combattu l’été dernier). 

    Non. Le mal est beaucoup plus profond. Il est structurel.

    Prenez l’islamisation en prison. Ce thème là, vous en entendez parler dans les médias. Pourquoi ? Sans doute en partie parce que cela permet d’éviter de parler des causes profondes que sont l’impunité en prison et le laxisme judiciaire. Et parce que ce sujet, à l’inverse, alimente sournoisement l’idée reçue selon laquelle la prison serait « l’école du crime ». 

    Et ce thème permet d’apporter dans le débat de pseudos solutions qui sont sans doute utiles pour certaines mais évitent de prendre les vraies mesures de fermeté qui s’imposent. 

    Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi évite-t-on, en France, de parler des vrais sujets ?

    C’est difficile à expliquer mais un journaliste/écrivain a essayé de le faire dans un livre que je vous invite à vous procurer, La France Big Brother en vous rendant dans la librairie près de chez vous ou en vous rendant ici

    Il s’agit de Laurent Obertone, l’auteur de La France Orange mécanique. 

    Vous vous souvenez peut-être du lynchage médiatique qu’il a subi pour ce livre. C’est qu’il a eu le malheur de révéler que toutes les 24 heures en France se commettent 13 000 vols, 2 000 agressions et 200 viols. 

    Oui, plus de 200 viols tous les 24 heures. 

    Avec son nouveau livre, vous comprendrez mieux pourquoi les messages de l’Institut pour la Justice sont si souvent en décalage avec le discours lénifiant de certains médias. 

    Non pas parce que nous sommes alarmistes. Non pas parce que nous exagérons la réalité. 

    Mais parce que nous disons les choses comme elles sont, là où la grande majorité des médias essaient d’atténuer voire de masquer leur réalité. 

    Pour en savoir plus sur ce livre, je vous invite à regarder cette vidéo dans laquelle un magistrat dit tout haut certaines réalités de notre Justice, systématiquement passées sous silence : 

    www.dailymotion.com/video/x2evw9p_un-magistrat-et-un-journaliste-en-activite-temoignent-a-visage-masque-la-france-big-brother-laurent_news

    Bien à vous,

    Laurence Havel
    Secrétaire nationale. 

     

     

    Voilà, je n’ai pas grand-chose à rajouter si ce n’est que j’adhère complètement aux revendications de l’Institut Pour la Justice au point que depuis quelques années, j’en suis venu à leur verser quelques modestes dons en espérant qu’ils continuent encore longtemps à fonctionner et à nous défendre. Eh oui, que voulez-vous, à choisir, j’aime autant être du côté des victimes que l’on soutient plutôt que du côté des criminels que l’on absout à tour de bras.

    Après la tuerie de Charlie Hebdo et les manifestations républicaines qui s’en sont suivies, j’avais cru comprendre que des millions de personnes étaient plus ou moins de mon avis y compris au sommet de l’Etat. Mais non , l'énorme soufflet Charlie Hebdo est très vite devenu une crêpe bien d'actualité en cette Chandeleur et  l’Institut Pour la Justice n’est toujours pas reconnue comme une association d’intérêt général ou d’utilité publique, n’est-ce pas Monsieur Hollande ? N’est-ce pas Madame Taubira ? N’est-ce pas Monsieur Cazeneuve ?


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    LE COL DE FEUILLA ET LA TOUR D'HORTOUX....... par jullie68

    Après trois longues étapes sur le Sentier du Golfe Antique (*) effectuées fin septembre et quelques autres randonnées « pas piquées des hannetons », ce qui devait arriver arriva ! Diagnostic : aponévrosite plantaire encore appelée fasciite de la voûte plantaire. Moi qui la plupart du temps ne fait que flâner, parfois même exagérément, c’est assez marrant d’apprendre que c'est la pathologie la plus courante chez le coureur à pied. Non, non, je vous le jure, en randonnée, je ne cours jamais ! Alors si l’envie de marcher reste intacte, il faut tout de même se calmer un peu, faire un tri dans les randonnées plus ou moins programmées, en éliminer certaines bien trop longues et se replier sur du plus raisonnable. C’est ce que j’ai fait en allant marcher dans l’Aude vers ce Col de Feuilla. Que dire de cette randonnée avec comme objectif ce col ? D’abord et même si c’est un lieu commun de le dire pour n’importe quelle autre randonnée, il est préférable d’y aller par grand beau temps, ce qui n’était pas le cas ce jour-là. Pourtant avant de partir, j’avais pris la précaution d’interroger « MétéoFrance.com » qui m’annonçait seulement un ciel voilé puis comme je le fais très souvent avant de me décider, je suis sorti dans ma rue pour regarder vers les Corbières. Le ciel était amplement couvert et gris sur les Pyrénées-Orientales mais du côté de l’Aude, le ciel semblait beaucoup plus bleuté et clair. Malheureusement, une fois en route, et sans doute aidée par une copieuse « marinade », la météo s’est peu à peu inversée et quand nous sommes arrivés à Feuilla, un plafond gris et bas chapeautait le village et toutes les collines environnantes étaient enveloppées dans un manteau de brume. Que dire d’autre de cette balade ? Pas grand-chose à vrai dire et j’aime autant reprendre le court résumé qu’en fait le site Internet du Parc Naturel Régional de la Narbonnaise en Méditerranée : « Cette boucle mène jusqu’au col de Feuilla, en passant par la tour de l’Hortoux. Cette tour qui fait l’objet de chantiers de réhabilitation, est un vestige de l’ancien fief du XIIeme siècle qui surveillait, comme les autres forteresses des environs, l’ancienne frontière entre Occitanie et royaume d’Aragon ». Voilà, c’est à peu près tout mais une précision est tout de même importante et essentielle, c’est que si vous ne sortez pas de l’itinéraire principal pour aller vers cette « fameuse » tour de l’Hortoux, vous ne la verrez pas, pas plus que le hameau en ruines éponyme d’ailleurs que vous n’apercevrez que brièvement de l’autre côté de la D.27. En arrivant à Feuilla, nous avons garé notre voiture sur la rue principale pas très loin de la mairie, c'est-à-dire en bordure de la rue du Quartier Neuf, en réalité il s’agit de la continuité de la D.227. Là, nous l’avons poursuivie jusqu’à la première intersection avec l’Ancien chemin de Saint-Jean-de-Barrou où plusieurs panonceaux indiquent diverses randonnées. Le col de Feuilla est indiqué à 3,1 km. Feuilla est un joli petit village  dont je pensais que la toponymie du nom avait un rapport avec les « feuilles » ou les arbres que l’on appelle « feuillus », eu égard à son blason composé d’un fond argent et de 3 superbes feuilles vertes, vert de sinople pour être plus précis et pour les plus érudits en science héraldique (**).  Mais non, en réalité et selon les historiens, sur ce blason, il s’agit de feuilles de vigne et Feuilla semble avoir pour origine le mot composé  « Fluxius anum », patronyme d’une famille romaine pour le premier composant et suffixe pour le second qui a finalement donné au fil des siècles et par mutation due aux langues et à leurs accents, cette dénomination de Feuilla. En occitan, on l’écrit Fulhan. Une fois encore et comme souvent dans notre Midi, nous avons hérité des Romains. La balade, elle, est parfaitement balisée en jaune comme tout bon P.R, au détail près cité plus haut, c’est qu’il vous faudra penser à en sortir pour un aller-retour vers les Hortoux et sa tour nichée un peu plus haut à l’intersection de deux combes dites de « la Ville » et du « Sauvage ». Pour le reste, l’itinéraire alterne petites routes vicinales bitumées, étroits sentiers pierreux ou rocailleux, voire agréablement herbeux plus rarement, et enfin larges pistes forestières. Feuilla est situé au bas d’un petit cirque en forme d’entonnoir entouré de collines que l’on appelle « serres », serres amplement fracturées de ravines que l’on nomme « combes ». Les eaux pluviales ruissellent sur les collines jusqu’au fond de ces combes puis elles se rejoignent au fond du cirque dans le « rieu » de Feuilla, mot occitan signifiant « ruisseau » et constituant ici le seul déversoir de cet entonnoir naturel. Bien évidemment, ici, nous sommes encore dans les Corbières intitulées « orientales » mais avec un relief extrêmement « spasmodique » composé de collines calcaires, cirques, falaises,  pechs, combes, saillies, failles, ravines, combes, escarpements, éboulis, plaines steppiques, vallées, cols et j’oublie sans doute bien d’autres reliefs géologiques. Dans ce dédale de calcaire agrémenté parfois de quelques schistes ou grés, l’essentiel de la végétation est de type maquis ou garrigue méditerranéenne avec le chêne vert comme principal arbuste. La vigne est bien présente et quelques forêts de pins et de chênes pubescents garnissent certaines collines.  La frange littorale est déjà bien loin, et ici quand il pleut, comme ça était le cas, il y a une quinzaine de jours (le 29/11/2014), ce sont parfois des pluies diluviennes tombant par trombes après de terribles et longues périodes de sécheresse. Les sols rencontrent des difficultés à absorber toutes ces eaux et de ce fait, les ravines et les combes, le plus souvent asséchées, se remplissent à la vitesse grand V, les quelques rivières gonflent puis débordent, emportant tout sur leur passage. En démarrant, cette randonnée et même si le parcours était tout de même praticable, nous en avons fait l’amer constat : les chemins et sentiers étaient amplement ravinés. Les terres sableuses et argileuses avaient quitté les vignobles pour envahir le bitume les transformant en voies boueuses. Par endroits, de grandes plaques d’asphalte avaient été soulevées puis emportées dans les fossés. Ces mêmes fosses, buses et autres rigoles étaient remplies de branches, de cannes de Provence et de débris de toutes sortes. Les roches et rocailles des sentiers, recouvertes de glaise, étaient de vraies patinoires. Plus globalement les paysages gardaient parfois de profondes séquelles des récentes plus torrentielles. Malgré tout ça, la balade a été agréable et en tous cas sans pluie, ce jour-là. Nous la redoutions malgré tout. Au moment où nous avons atteint les Hortoux, Dany n’a pas souhaité poursuivre, pas vraiment intéressée qu’elle était par les vieilles pierres de l’ancienne tour dont je lui avais parlé. Elle m’a donc attendu près du hameau pendant que je partais en direction de l’édifice médiéval. Même si de grandes ruines subsistent, le hameau d’Hortoux est plutôt agréable avec de nombreuses maisons qui ont été parfaitement rénovées. En été, il doit y faire bon vivre avec une fraîcheur qui semble naturelle malgré le maquis environnant plutôt aride. La tour, elle, nécessite quelques minutes de marche supplémentaires par un large chemin creux qui file plein sud entre les vignes en direction des premiers contreforts du Montolier de Perellos. Ce chemin encadré de hauts murets de pierres est d’autant plus creux qu’il est largement excavé de profondes ornières par les récentes pluies torrentielles et quand ce n’est pas la pluie, les nombreux sangliers qui hantent ce secteur se chargent de terminer ce travail de défonçage en règle en taraudant ses bas-côtés. La tour d’Hortoux, elle, est un simple donjon carré, aveugle et bien ruiné perché au sommet d’un petit tertre entouré d’anciennes et larges structures de pierres ressemblant à des remparts voire à des murs de soubassements.  De toute évidence, le donjon n’est que la partie résiduelle la plus évidente d’un fortin ou d’un castell plus imposant aujourd’hui disparu. Après cette incursion vers les ruines d’Hortoux et de sa tour carrée, vestige dit-on de l’ancienne frontière franco-aragonaise, officialisée par le Traité de Corbeil de 1258,  l’approche du col de Feuilla alterne passages rocailleux, trouées sur les vignobles et les collines environnantes et cornes d’abondance végétales encadrées par endroits d’un grand rideau de cyprès effilés, sans doute vieux de plusieurs décennies voire séculaires. Une incroyable avifaune semble se complaire dans ce remarquable biotope très diversifié mais que l’on pourrait croire ingrat et stérile au premier abord. Au col de Feuilla (250 m), situé entre les contreforts du Montolier de Perellos (707 m) et du pic du Pied du Poul (596 m), on côtoie la D.27 faisant le lien entre le village et ceux de Saint-Jean-de-Barrou et de Fraissé-des-Corbières. Là, la vue porte très loin vers les Corbières occidentales, même si ce jour-là ce n’était pas la panacée. L’itinéraire amorce un virage en épingles à cheveux et descend en direction d’un large vallon où vignobles et friches se partagent les terres que foulent quelques gentils chevaux, sans doute appartenant aux Ecuries de Terrugasse, dont on note la publicité sur quelques panonceaux. Ici, en regardant ces terres bien plus planes et semblant plus fertiles, on n’a aucun mal à croire ce que l’Histoire de Feuilla  nous a léguée, à savoir que dans des temps plus reculés, le village était apte à subvenir à ses propres besoins grâce à de riches cultures vivrières faites, bien sûr, de vignes mais également de céréales, d’horticulture maraîchère et fruitière ainsi que de pâturages. A cet agropastoralisme venait s’ajouter de petites industries locales comme l’exploitation de l’ocre, du charbon de bois, de la chaux, du verre ou bien encore des produits tirés de la garrigue comme les huiles, le miel ou les teintures. La suite de la boucle s’effectue sur de larges pistes pas vraiment monotones car la déclivité s’élève vers la Serre de la Bruyère et permet des vues plus aériennes sur les vallons et les crêtes calcaires les plus hautes. La piste est bien plus « roulante » que les petits sentiers déjà empruntés et Feuilla est vite là,  blotti et endormi dans son boqueteau de feuillus en partie effeuillés en raison de l’hiver. Qui a dit que Feuilla et « feuillus » n’avait aucun rapport ? Si en hiver, Feuilla semble endormi, il faudra sans doute refaire cette balade ou bien une autre aux beaux jours. Pourquoi pas en juin, jour de la fête de l’Ancienne Frontière et de la randonnée pédestre ou bien en août pour la fête traditionnelle du village ? ça sera l’occasion de découvrir le village sous un jour meilleur et d’aller visiter le beau jardin botanique de Foncaude tout proche. Cette boucle est longue de 7,5 km environ, distance à laquelle, il faut rajouter 3 km environ pour la petite entorse aller-retour vers la tour d’Hortoux. Le dénivelé est modeste puisque le point le plus bas est situé à 140 mètres d’altitude et les plus hauts à 263 à la Serre de la Bruyère et à 267 à la tour d’Hortoux. Carte IGN 2547 OT Durban -Corbières – Leucate – Plages du Roussillon Top 25.

    (*) Situé dans l’Aude, le Sentier du Golfe Antique est un itinéraire de découvertes de 75 kilomètres de long qui, sans entrer dans le détail, fait le tour de l’étang de Bages-Sigean. En réalité, il est constitué de 7 boucles de petites randonnées faisant le lien entre divers villages situés autour de l’étang voire dans les proches Corbières. Il se réalise en VTT sur un ou deux jours et à pied, en quatre ou cinq étapes. J’aurais sans doute l’occasion de vous présenter le récit de cette balade dans mon blog un jour prochain.

    BLASON


    ** en science héraldique, l’argent est un émail blanc et le sinople, un émail vert.


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