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    LE TOUR DU LAC DE PUYVALADOR par jullie68

    Si vous aimez les petites randonnées pédestres pas trop difficiles et que vous n’avez jamais fait le tour du lac de Puyvalador à pied, je vous conseille vivement cette courte et agréable balade dont le départ s’effectue depuis le joli village de Réal. Contrairement à nous, choisissez de préférence un jour ensoleillé où le lac est plutôt plein car c’est bien plus joli et filez vers cette magnifique région qu’est le Capcir. Dès le départ, une grenouille rousse nous raconte l’histoire de cette prairie humide sur quelques panonceaux très ludiques qui ont été judicieusement placés sur le sentier qui file parallèle à l’Aude, qui n’est ici qu’un étroit cours d’eau. Ces panneaux, très intelligemment présentés en « braille » pour les malvoyants, mais également en catalan et en français, permettent d’en savoir un peu plus sur la faune et la flore que l’on est à même de découvrir ici au bord du lac. Guère plus loin, un observatoire est là pour nous faire découvrir les éventuels oiseaux limicoles et échassiers qui sont amenés à passer et à séjourner dans ce biotope remarquable. Plus loin, le saisissant barrage est là pour nous donner une autre idée de cette retenue d’eau où s’ébrouent les colverts, où planent les hirondelles, où plongent les cincles, le tout sous le regard placide de nombreux bovins mais sous celui plus inquisiteur de nombreux rapaces. A l’entrée du barrage, c’est un autre regard qui accueille les visiteurs, celui figé pour l’éternité de Joachim Estrade, dont l’effigie trône au milieu d’une monumentale stèle élevée ici en souvenir de cet immense ingénieur des Ponts et Chaussées. Il faut avouer que son nom n’est pas resté dans les annales de l’Histoire et ses prouesses hydroélectriques sont bien trop souvent méconnues, Et pourtant, c’est grâce à ce grand précurseur dans le domaine de l’électricité et de l’hydroélectricité que l’on doit, entre autres nombreuses créations, l’arrivée du premier éclairage public dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales. On quitte le visage impassiblement métallique et verdâtre du grand entrepreneur pour franchir le barrage sous les voltiges incessantes des innombrables hirondelles qui ont élues domicile dans les murs de l’édifice. Le sentier, désormais commun avec le G.R.P du Tour du Capcir, grimpe vers le tranquille village de Puyvalador que l’on traverse en quelques minutes seulement. On laisse l’église du village sur la droite et l’on poursuit l’itinéraire sur l’asphalte en empruntant la petite route départementale D32g qui file vers le hameau de Rieutort. Au bout de 600 mètres environ, un panonceau indique de partir en gauche et dans les prés en direction de deux nouvelles découvertes que sont les ponts dits « romains » de la Polideta et de celui de les Molines. En réalité, si ces deux ponts n’ont de romains que le nom et ils n’en demeurent pas moins qu’ils enjambent depuis des lustres deux torrents de montagne que sont respectivement le Rec de Cirerol et le Galbe. Bien plus réputé que le premier, le Galbe est surtout connu pour sa merveilleuse vallée qu’empruntent les randonneurs du Tour du Capcir, vallée au bout de laquelle se trouve les « fameuses pierres écrites », insolites prétextes à une excursion pédestre printanière ou estivale. Peu après le pont de les Molines, on quitte le G.R.P du Tour du Capcir en direction d’un autre pont, celui où passe la D.118 qui relie Puyvalador à Formiguères. On traverse la route pour reprendre la direction du lac en longeant le delta du Galbe qui s’élargit amplement en atteignant le réservoir. Il faut dire que le lac a été presque asséché ces jours derniers et ce vide laisse apparaître de grandes plages de sables, de graviers et de galets emportés là par le fougueux torrent. Ici, on regrettera que le sentier s’écarte puis s’éloigne du bord du lac mais en contrepartie, on va successivement traverser un petit bois de résineux puis de feuillus où virevoltent de nombreux passereaux, des prés où paissent des vaches bigarrées, des petites zones marécageuses que l’on traverse à l’aide de pontons opportunément placés. Pour refermer cette jolie boucle donnée pour 2 heures, nous en avons mis exactement le double, arrêts inclus. Et quand Réal est en vue, on regrette déjà que la balade tire à sa fin. On ne quittera pas le village sans visiter ses maisons, ses ruelles et surtout sa belle église romane dont la première mention écrite date de 893. Elle est dédiée à Saint Romain d’Antioche. Un petit saut en voiture est nous voilà déjà à Odeillo de Réal, hameau dont l’histoire est d’une incroyable richesse tout comme les Angles où nous terminerons notre voyage en Capcir par une visite de sa partie la plus ancienne et la plus pittoresque.   Carte IGN 2249 ET Font-Romeu - Capcir Top 25.

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  • Comme je l’ai déjà fait à quelques reprises dans mon Journal Mensuel, avec par exemple un sujet sur ce héros de 14/18 que fut mon grand-père paternel, ou bien encore dans un article de juillet 2012 que j’avais intitulé « le petit chien de porcelaine », je vais une fois encore évoquer une courte tranche de ma vie, en l'occurence ici une "bonne" tranche de ma jeunesse. Ce petit bout de ma jeunesse, je l’ai appelé « un p’tit bouquet de roses » et vous allez comprendre pourquoi.

    Il a commencé en septembre 1965 alors que j’avais 16 ans et s’est terminé trois ans plus tard, en juillet 1968 exactement. En 1965, j’entamais à peine ma 3eme au collège de la Grande-Bastide dans le quartier de Mazargues à Marseille et cette année-là a été la première année au cours de laquelle j’ai réellement commencé à flirter et donc à embrasser des filles sur la bouche. Eh bien oui que voulez-vous, je n’étais pas vraiment en avance, ni dans ma scolarité car j’avais redoublé deux classes à l’école primaire ni sur mon temps. En effet, or mis un p’tit bisou sur la bouche à une copine de la maternelle puis quelques autres au cinéma avec une amie du quartier qui n’étaient pas restés inoubliables malgré mon désir de faire comme certains héros de mes westerns préférés, je m’étais presque toujours tenu éloigné des filles sans trop savoir pourquoi. Sans doute à cause de mon goût immodéré pour le sport car l’été, c’était la chasse sous-marine à Sormiou et le reste de l’année, le foot au Sporting Club de Bonneveine mais également au lycée. Mais revenons vers mon « p’tit bouquet de roses » qui d’ailleurs vous le verrez, n’est pas si garni que ça. Au départ, j’ai surtout flirté pour faire comme certains copains et ne pas passer à leurs yeux pour un « loser » et j’ai donc eu mon vrai premier béguin avec une jolie jeune fille du collège d’à côté. Elle était très brune et s’appelait Rosa mais tout le monde l’appelait Rosy. Rosy avec un patronyme à consonance ibérique comme Perez, Martinez ou Sanchez ou peut-être même Garcia, enfin je ne me souviens plus très bien mais elle était vraiment espagnole surtout dans son regard qui était très noir. Voilà, je venais de cueillir ma première rose pour mon p’tit bouquet. Ce premier flirt dura le temps que dure les roses puis il se termina et un second vînt prendre le relais presque dans la foulée de cette première rupture. Aussi étonnant que celui puisse vous paraître ce fut avec une nouvelle Rose ou plus exactement avec une Rosine car elle voulait qu’on l’appelle ainsi. Je n’ai jamais vraiment su si c’était par goût personnel ou si c’était son vrai prénom. Et il est vrai que ce petit nom lui allait très bien car si la première Rosy avait été très brune celle-ci était aussi blonde que les blés. Une très jolie blonde que j’ai cueillie une fois encore dans le collège d’à côté. Il faut dire que cette Rosine était une bonne copine de la première et qu’elle me zieutait depuis pas mal de temps déjà. Il faut dire également qu’à l’époque, les collèges mixtes étaient plutôt rares et le nôtre ne faisait pas exception à la règle. Mais comme les deux collèges filles et garçons étaient mitoyens, ce n’était pas vraiment un problème pour lier connaissance car il était assez facile de s’observer lors des récrés ou mieux quand les cours étaient terminés. Ce second flirt dura un peu plus longtemps que le premier car la blonde Rosine était plus douce et moins volubile que la première Rosy. Mais malgré tout, il ne fit pas long feu non plus et cette deuxième conquête se termina presque naturellement lors d’une « boum » où nous étions allés tous les deux à l’invitation de mon meilleur ami Etienne qui avait organisé ça chez lui. Là, et aussi incroyable que cela puisse paraître, je fis la connaissance d’une nouvelle conquête qui, je vous le donne en mille, s’appelait également Rose. Allez savoir pourquoi, je m’étais mis à l’embrasser, sans doute emporté par sa troublante beauté et par le bercement d’un slow trop suave, ce qui bien évidemment ne plut pas à Rosine qui s’enfuit de la boum très en colère bien évidemment. A bien y réfléchir, ce jour-là, je m’étais conduit comme un vrai goujat ! Mais cette nouvelle Rose se fanât très vite elle aussi et ce nouveau flirt ne dura qu’une petite semaine. Il faut dire qu’elle habitait dans un quartier assez éloigné du mien et comme ma mère ne me donnait que le compte juste pour faire le plein de mélange pour mon  « VéloSolex », il était hors de question que je puisse aller me balader trop loin au risque de marcher à pied le reste de la semaine. D’autant que mon collège était lui aussi dans un autre quartier également éloigné du domicile qui lui se trouvait à la Vieille-Chapelle et de ce fait, le plein d’essence ne durait pas bien longtemps même en y faisant très attention. C’est d’ailleurs pour cette raison qui fit qu'un an plus tard, je suis parti de chez mes parents pour aller loger chez ma grand-mère paternelle Adèle où j’étais beaucoup plus tranquille avec une vraie chambre uniquement pour moi. Ma grand-mère habitait une petite maison à Sainte-Anne beaucoup plus près du collège et cette solution semblait satisfaire tout le monde. Moi en premier bien sûr, mais également mes parents pour qui les dépenses étaient moindres et enfin pour mon grand frère Daniel qui désormais occupé tout seul la salle à manger avec son lit pliant. Enfin, ma grand-mère semblait la plus heureuse. Elle n’était plus seule. Elle avait trouvé quelqu’un pour lui faire la conversation, quelqu’un a qui raconter ses blagues polissonnes et surtout quelqu’un à qui elle pouvait refaire de bons petits plats comme au bon vieux temps de mon grand-père Gabriel. De ce côté-là, je n’ai jamais été à plaindre et les trois années scolaires passées chez ma grand-mère furent parmi les plus belles de ma jeunesse. Cette amourette avec cette nouvelle Rose se termina donc en « eau de boudin » alors que j’aurais nettement préféré qu’elle se termine en « eau de rose ». Mais comme dit le célèbre proverbe « une de perdue dix de retrouvées ! » et  même s’il n’y eut pas encore 7 autres roses supplémentaires aussi ahurissant que celui puisse paraître, le p’tit bouquet était loin d’être terminé. En effet, juste avant la fin de cette année 1965/1966 qui avait été une de mes meilleures années scolaires puisque j’avais fini 5eme sur 29 élèves et réussi mon BEPC, une dernière « boum », justement pour fêter les toutes proches vacances, me donna l’occasion de sortir non pas avec une nouvelle Rose mais avec une Roseline, une variété qui convenait parfaitement à mon p’tit bouquet aussi. L’été arriva, Roseline partit de son côté et moi du mien. Au cours de ce même été 1966, mon cousin Pierre me proposa de partir en stop avec lui au Festival de jazz de Juan-les-Pins. Nous couchions sur la plage. Enfin moi je couchais sur la plage car lui une fois sur deux, j’ignorais vraiment où il découchait. Il faut dire qu’il était bien plus beau garçon que moi. D’abord, il était bien plus grand et bien plus costaud que moi, il paraissait de tout évidence bien plus vieux que son âge et avec sa gouaille de « titi » parigot, tomber les filles n’était pas vraiment un problème pour lui. Là, pendant cette semaine de galère au cours de laquelle je faillis mourir de faim, j’eus une aventure avec un jolie Rosemary qui était bien plus âgée que moi, sans doute avait-elle cinq ou six ans de plus que moi selon mon estimation. En réalité et bien trop fier d’être en mesure de sortir avec une « vieille », je n’ai jamais trop osé lui poser la question sur son âge. Elle passait ses vacances sur la Côte d’Azur avec son père qui y possédait une maison mais qui était divorcé d’avec sa mère. En réalité, ce fut bien plus qu’un simple flirt et il était très clair que cette agréable Rosemary avait de l’expérience à revendre et en tous cas, bien plus que je pouvais en avoir moi-même. Grâce à elle, l’aspirant en amour que j’étais, allait prendre son premier galon. Rosemary était belge et je fis sa connaissance de manière assez surprenante car j’avais retrouvé dans le sable la montre de son père qui était magnifique car toute en or et sans doute sertie de vrais diamants tant elle scintillait. Dans la journée, je m’étais souvenu avoir vu cette montre rutilante et qui flashait sous les rayons du soleil au poignet de cet homme qui approchait la cinquantaine. Le soir, alors que tout le monde avait quitté la plage, j’avais trouvé cette montre enfouie dans le sable. Toute la nuit, j’avais conservé précieusement cette montre de luxe au fond de mon sac à dos avec l’espoir que son propriétaire et surtout sa fille que j’avais nettement remarquée, reviennent sur la plage dès le lendemain. Et quand dans la matinée, je les vis arriver, j’étais vraiment content. J’allais pouvoir restituer cette magnifique montre au papa et surtout c’était peut-être l’occasion rêvée de tenter d’approcher cette jolie jeune fille à laquelle, j’avais beaucoup souri la veille mais sans vrai résultat. Ce manque de résultat était du à la différence d’âge qu’il y avait de manière évidente entre nous et qui m’avait rendu timide. Je n’avais pas osé l’accoster surtout en présence de son paternel. Et effectivement quand il vît la montre, son père fut aussi heureux qu’un gamin devant un sapin de Noël garni de jouets. Il ne savait que faire pour me remercier allant même jusqu’à me donner un gros paquet de billets de banque que bien entendu, je mis un point d’honneur à refuser. Du coup, et pour me faire plaisir, il voulut même m’inviter à déjeuner chez lui dans sa villa. Mais là aussi, je fus contraint de refuser cette aimable invitation, prétextant que je n’avais rien d’autres à me mettre qu’un Jean’s et un tee-shirt plutôt « crades » qui traînaient sur la plage depuis 4 jours. Pourtant, mon ventre commençait sérieusement à crier famine mais ma bonne éducation avait su résister à cet appel. En tout dernier recours, le Monsieur fouilla dans son sac de plage, en tira deux paquets de cigarettes Boule d’Or et me les offrit. Allez savoir pourquoi, je pris les deux paquets de clopes alors que je n’avais jamais touché à une cigarette de ma vie.  Comme je l’avais plus ou moins imaginé, cette confiance entre les deux belges et moi fut l’occasion de brancher la fille qui je l’avoue me plaisait bien. D’ailleurs le père mit à profit cette relation, par ailleurs sincère de ma part mais il est vrai intéressée, pour me laisser seul avec sa fille dès la fin de la matinée. L’après-midi, il ne revint pas et Rosemary rappliqua seule sur la plage. C’était un signe. Je n’en demandais pas autant et Rosemary non plus d’ailleurs et en fin d’après-midi, le flirt était déjà plutôt bien engagé et je dirais même que le courant était déjà bien passé entre nous deux. Rosemary m’ayant promis qu’elle tenterait de revenir dans la soirée, je mis à profit ce temps libre pour dénicher une douche dans une paillote de la plage pour faire un peu de toilette. Je voulais être un peu plus présentable pour aller au festival avec elle et plus si affinités. La suite, vous la connaissez. Ce soir-là, j’avais dit à Rosemary que j’étais affamé et sans le sou et en plus de tout le reste, elle m’offrit très gentiment un hot-dog et une bière dans un bar. Mais le lendemain matin très tôt, je fus encore plus surpris quand je vis son père arriver sur la plage avec quelques pains aux chocolats, deux gros pans-bagnats ainsi que deux melons et un petit régime de bananes. Sans aucune équivoque, Rosemary lui avait parlé et c’était sa façon à lui de me remercier pour la montre. Mon cousin Pierre, qui était revenu sur la plage au beau milieu de la nuit, ne comprenait pas ce qu’il se passait et quand l’homme fut parti et que je me mis à lui expliquer l’histoire de la montre en or et en diamants, le gros paquet de billets refusé, il se mit en colère et nous en vînmes presque aux mains. Il quitta néanmoins la plage avec la moitié du butin récupéré car sans doute avait-il faim lui aussi ? Pour moi, cette querelle fut la goutte de trop et je pris la décision de le laisser seul et de rentrer à la maison. Mais ne voulant pas quitter Juan-les-Pins sans dire au revoir à Rosemary, j’attendis toute la matinée mais en vain car ce matin-là, elle ne vint pas sur la plage. Sur le coup de midi, je me mis en route en faisant du stop et ainsi se termina mon aventure « jazzique » à Juan-les-Pins. J’avais connu ma seule et unique « histoire » belge, j’avais perdu mon innocence en me piquant à une Rosemary, j’étais devenu un vrai fan de jazz et de tous les grands noms qui étaient passés ces soirs-là avec pourtant Duke Ellington et Ella Fitzgerald, un seul avait vraiment retenu mon attention, c’était un saxophoniste du nom de Charles Lloyd. Accompagné d'excellents musiciens, le pianiste Keith Jarrett, le bassiste Cecil McBee et le batteur Jack DeJohnette, Charles LLoyd avait formé un quartet dont la musique avant-gardiste m'était totalement inconnue jusque là. Cette musique si nouvelle pour moi et au moment même où j'apprenais ce qu'était la liberté, le "free jazz" arrivait à mes oreilles sous un titre une fois encore prémonitoire "Forest Flower". Encore des fleurs ! Les fleurs de la Côte d'Azur, Rosemary et cette musique m'avaient tourné la tête mais en rentrant chez moi, je redevins le garçon plutôt tranquille et insouciant que j'avais toujours été. En ce mois d'août 1966, aucune autre aventure ne vint troubler le reste de mes vacances car j’étais beaucoup plus enclin à draguer les fonds marins de la calanque de Sormiou en quête de gros poissons que de draguer les petites « girelles » pour flirter avec elles. Alors finit les roses ? Pas vraiment !

    L’année scolaire suivante; en 1966/1967, c'est-à-dire en 2eme, s’en est fini du collège de la Grande-Bastide et j’effectue mon entrée au Lycée Jean Perrin. Là, dans la classe, coup de foudre immédiat pour une belle et grande fleur au doux prénom de Marie-Rose, une variété « rousse » que je n’avais jamais eu l’occasion d’ajouter à mon p’tit bouquet. Mais là aussi, l’aventure se termina presque aussi vite qu’elle avait commencé car cette grande « échalote », très bonne élève au passage, n’appréciait pas trop ma paresse ou ma turbulence en classe. Enfin tout ça était très juste et je ne pouvais pas lui en tenir rigueur et nous restâmes néanmoins bons amis. Avec elle, se termina cette incroyable et « rose » série où mes six premières idylles avaient eu dans leur prénom le mot « rose ».  Il y eut ensuite une Josiane, une Evelyne et une Martine. Au cours de l’été qui suivit, je réussis à allier ma passion grandissante et dévorante pour la chasse sous-marine, activité dans laquelle je commençais à bien me débrouiller, avec quelques flirts très passagers. Il y eut une Eliane, une Marie-Paule, une Monique et même une « folklorique » Leila.

    Au cours de l’année scolaire 1967/1968, j’étais passé en 1ere malgré des notes plus que médiocres en 2eme. C’’était l’année préparatoire au baccalauréat, année ô combien importante surtout aux yeux de mes parents. Malgré mon souhait de bien faire, cette année-là fut minée par les événements de mai 68 auquel je l’avoue je n’ai jamais vraiment participé ne me sentant pas à l'aise dans les habits d’un révolutionnaire. D’ailleurs, je ne comprenais pas grand chose à cette révolution, à tout ce qui se passait autour de moi et ça ne m’intéressait pas vraiment. Je préférais nettement la plage aux manifestations et en plus je ne sais pas pourquoi, mais les filles étaient bien plus câlines sur le sable que derrière les pavés des barricades. De plus, j’étais surtout pris dans le tourbillon du foot car au Lycée Jean Perrin, j’étais tombé dans une excellente équipe, équipe 2 du lycée il est vrai, mais avec d’authentiques bons copains mais excellents joueurs de foot de surcroît. Nous battions tous les autres lycées de Marseille et lors de la finale du Championnat Universitaire de Marseille, nous eûmes l’ultime privilège de battre l’équipe une du lycée. La finale d’Académie se profilait à l’horizon et malheureusement nous perdîmes ce match 1 à 0 contre une excellente équipe d’Avignon formée presque essentiellement de stagiaires professionnels. Ainsi se termina pour moi, cette année scolaire 1967/1968. Une fois encore, je n’avais pas beaucoup bossé et après mon année exceptionnelle en 3eme, à nouveau, mon carnet de notes n’était pas bon du tout et surtout il était rempli de « peut mieux faire » qui était loin de satisfaire mon père. Mais cet été de 1968 allait être le plus beau de ma vie.

    L’année 1968/1969, année de terminale et donc du bac commença bien évidemment avec quelques points sur les « I » de mon père. Le premier point était qu’il m’avait demandé d’arrêter le foot au lycée car il jugeait que les deux entraînements en semaine et le match au Racing Club de Marseille le dimanche étaient amplement suffisants. Mon père était d’autant plus inquiet quand à ma réussite au bac que je venais au cours de l’été de faire la connaissance de Dany, une très belle jeune fille brune de 16 ans dont il voyait bien à quel point j’y étais accroché et surtout comment j’en étais amouraché. L’année scolaire ne fut pas exceptionnelle mais j’avais tenté de m’accrocher et si les notes étaient plutôt passables, un 11 de moyenne final me laissait encore un petit espoir de réussite. Malheureusement et malgré de bonnes notes dans la plupart des autres matières, un 4,5 sur 20 et un coefficient de 6 en comptabilité sur un sujet qu’on n’avait jamais vu en classe mais soi-disant prévu au programme, vint ruiné tous mes espoirs d’avoir ce Bac G2 que mes parents avaient tant espéré. 4 élèves sur les 18 de ma classe le décrochèrent du premier coup et 4 autres encore l’eurent après le passage à l’oral. Sans vouloir me chercher d’excuses, en 1968 et pour apaiser les tensions du mois de mai, les diplômes au baccalauréat avaient distribués comme des petits pains ; surtout en Bac G2 dont s’était la première année d’existence ; et pour moi comme pour beaucoup d’autres, il ne faisait aucun doute que l’année 1969 était venue largement compenser ces offrandes de 1968. Pour moi, c’était le fiasco scolaire complet, ni oral ni bac mais j’étais heureux auprès de Dany dont j’étais fol amoureux. Le foot marchait à merveilles car avec le Racing nous gravissions sans cesse les divisions supérieures et j’avais la certitude qu’une nouvelle vie allait enfin s’ouvrir devant moi. Dans ma tête, un déclic était survenu et me mettre à bosser comme ne cessait pas de me le dire mes parents depuis toujours était devenu pour moi une évidence. J’avais envie de bosser et d’apprendre. Je m’étais piqué à quelques jolies roses mais j’avais envie de tirer un trait sur tout ça. Le bonheur était là, à ma portée et j’étais bien décidé à le saisir à bras le corps sans plus jamais me piquer à la première rose venue. J’avais envie de créer quelque chose et le chemin était tout tracé.

    Un jour, avec Dany, nous décidâmes de faire les présentations auprès de nos parents respectifs et là, ô surprise, en arrivant chez elle, j’appris que sa mère s’appelait Rosine. Il y avait donc en Dany un peu de « rose » aussi et je l’aurais presque parié ! Avec ce superbe petit bouton qui ne demandait qu'à s'épanouir, mon p’tit bouquet de roses était vraiment terminé !

    Forest Flower par le Charles Lloyd Quartet en 1966

     

     


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  • Le Balcon de la Coumelade (1.811 m) depuis St Guillem de Combret (1.335 m)

    BALCONCOUMELADEIGN

    Je vous l'ai déjà dit, le Vallespir m'attire comme un aimant et passer tout un été sans aller y faire une jolie randonnée pédestre, c'est pour moi presque impensable. Il restait donc à trouver un lieu propice à de nouvelles et merveilleuses découvertes et là, pas de souci, ce problème trouva très vite une solution. Par contre, pour l'organiser, ce fut une toute autre histoire. Autant le dire, si vous ne possédez pas un véhicule tout terrain voire un petit peu haut sur ses roues, cette prochaine balade que je vous présente ici et que j’ai intitulée « le Balcon de la Coumelade » ne sera pas facile à organiser, à moins bien sûr d’être disposé à faire plus de 30 à 35 kilomètres sur une seule journée voire à la réaliser sur 2 jours, ce qui bien entendu reste toujours possible.  En effet, le départ de cette excursion n’est ni plus ni moins que le Chapelle Saint Guillem de Combret qui habituellement est déjà en soit un très joli objectif de randonnée pédestre. Alors atteindre la chapelle, comme je l’ai fait avec une Fiat Punto et par la longue piste parfois très défoncée qui y mène depuis le hameau de la Llau et le col de la Roue est déjà un périple en soit. Un périple , il est vrai risqué pour ce type de véhicule. Une fois cette première difficulté franchie, le reste de la balade est de toute beauté et une fois encore, il faut reconnaître que le Vallespir recèle d’incroyables petits trésors naturels qu’il faut parfois aller chercher jusqu’au plus profond de ses ravins. Ici, le principal ravin, c’est celui où s’écoule le torrent de la Coumelade, petite rivière de 15 kilomètres de long, affluent du Tech et prenant sa source sur les flancs sud des Puigs Roja (2.724 m) et des Tres Vents (2.731m). Mais n’ayez aucune crainte, au cours de cette balade, vous n’aurez pas à monter si haut en altitude et les points culminants que sont le col de Serre-Vernet avec ses 1.808 mètres d’altitude et la Cabane Vieille avec ses 1.811 mètres constitueront déjà de prodigieux balcons suffisamment élevés pour que l’on se régale à observer les merveilleux panoramas du Vallespir en général et de ce bassin versant qu’est la Coumelade en particulier. Bien évidemment, ce secteur du Vallespir ne m’est pas inconnu et je commence à bien le connaître. Je suis venu à de multiples reprises à la Chapelle Saint Guillem de Combret soit au départ du hameau de la Llau soit en passant par la Fontaine du Brigadier à partir du col de la Roue. J’y suis passé aussi lors de mon Tour du Vallespir de 2009 couchant même dans le refuge qui se trouve en contrebas de la chapelle. Je garde d’ailleurs de ce passage et du lendemain au dessus de Prats-de-Mollo, des souvenirs indélébiles tant j’avais galéré dans certaines parties de la forêt décimées par la tempête Klaus. Depuis l’année de cette terrible tempête et de mon passage, le Tour du Vallespir jusqu’alors très confidentiel, a été largement réhabilité. Les balisages sont beaucoup plus visibles. Tous les panonceaux indicatifs ont été changés et alors que je m’étais égaré pour monter vers le col de Serre-Vernet à cause d’un panneau qui avait été bougé et mal remis en place, aujourd’hui tout est parfaitement « clean » et le départ est on ne peut plus clair. Depuis, la chapelle (1.335 m), il suffit d’emprunter la piste qui file et monte vers le Col Baxo distant de 2 kilomètres. A ce col, deux possibilités se présentent, soit on continue par la route forestière qui monte directe vers le lieu-dit les Troncasses soit on accepte le challenge de ma balade et on poursuit vers la gauche en entrant dans le forêt et en suivant ainsi le panonceau qui vous indique le col de Serre-Vernet à 2,5 kilomètres. En montant directement vers les Troncasses, on va marcher parallèlement au lit du torrent de la Coumelade économisant ainsi plus de 4 à 5 kilomètres par rapport à la boucle décrite ici. Mais comme le but de ma balade est quand même de marcher en balcon au dessus du bassin versant de cette rivière, mon parcours est nettement préférable même si la distance est nettement plus longue. Dans les deux cas, on marchera le plus souvent en sous-bois car ici la forêt est reine et bien que les forêts du Vallespir soient constituées à plus des 4/5eme de feuillus avec notamment les châtaigniers, les chênes et les hêtres, de loin les plus nombreux, ici on n’aura pas vraiment cette impression et au contraire, on aura le sentiment qu’aussi bien les feuillus que les conifères se partagent l’espace. Hêtres, chênes pubescents, chênes rouvres, chênes verts, châtaigniers, frênes, peupliers, érables, bouleaux, saules, aulnes, noisetiers, tilleuls, robiniers, sorbiers, trembles, sureaux, pins sylvestres, pins à crochets, pins Laricio, pins noirs, épicéas, mélèzes, Douglas, cèdres, etc… tout ce grand monde végétal semble vivre ici en parfaite harmonie ce qui bien sûr n’est pas vraiment le cas malgré cette apparence. En effet, certains arbres comme le sapin pectiné par exemple sont en voie de disparition, ici comme dans tout le Vallespir. A cause de ces sous-bois, la montée vers le Col de Serre-Vernet sera très limitée en panoramas visibles aussi profitez bien de chaque fenêtre qui s’entrouvre et n’hésitez pas quand c’est possible à quitter le sentier de quelques mètres pour partir à la découverte de ces rares mais merveilleux points de vues. Vous serez très surpris de constater qu’à l’horizon, on y aperçoit la côte méditerranéenne du côté de Roses, Empuriabrava et le Cap de Creus en sus des vues bien plus proches sur Saint Guillem, le Bassin de la Coumelade et le Vallespir. En arrivant au col de Serre-Vernet (1.808 m), il faut savoir que l’essentiel du dénivelé est déjà accompli. Ce col est un « pasquier » très prisé par les bovins même si ce jour-là, je n’ai aperçu aucun troupeau ni aucun animal d’élevage mais seulement qu’un intrépide et sauvage petit renardeau qui traversa la prairie au moment où je m’étais arrêté pour déjeuner. Tout comme j’avais aperçu moi-même ce renardeau, deux vautours fauves l’avaient sans doute repéré sur la pelouse rase et ils firent semblant d’effectuer un piquet avant de m’apercevoir et de se raviser. J’ai profité de cette pelouse verdoyante pour faire une longue pause et pique-niquer avec les vues sublimes que l’on aperçoit de l’autre côté du col sur la forêt domaniale du Haut-Vallespir et les hauts sommets l’environnant : Pic Roja, Crête des Sept Hommes, Pla Guillem, Roques Blanches, Esquerdes de Rotja, Pic de Costabonne et la Tour de Mir défilent ici dans une magnifique ronde. Les deux vautours qui avaient tournoyé quelques temps au dessus de ma tête ont disparu et j’ai quitté le col de Serre-Vernet avec la satisfaction d’avoir peut-être sauvé la vie à ce jeune mais téméraire renardeau. Pour retrouver le sentier qui fait le lien entre le col de Serre-Vernet et la Roque Coucoulère, le « fameux balcon » en question, il faut quitter la pelouse et redescendre de quelques mètres au travers des pins à crochets. Le petit sentier se trouve sur le versant est, celui-là même par lequel on est arrivé au col. Là, sous le versant sud du Puig de Gallinas (2.029 m), ce petit sentier file vers le nord en direction des Troncasses et au préalable vers le lieu-dit la cabane d’en Ribes. Presque immédiatement, le regard embrasse des vues époustouflantes sur le Bassin de la Coumelade et sur une immense partie du Bas-Vallespir. Droit devant, on aperçoit parfois quelques bouts du balcon restant à parcourir pour atteindre la Roque Coucoulère où il faudra amorcer la descente et le retour vers Saint Guillem. Ici aussi, la balade alterne les futaies de pins ou de feuillus puis les sombres hêtraies. De temps à autre, cette haute végétation disparaît et laisse la place à une autre bien moins haute mais tout aussi envahissante et difficile à cheminer : genêts à balais, genévriers, fougères et ronciers sont autant d’obstacles à éviter pour retrouver le petit sentier parfois un peu trop délaissé des « débroussailleurs ». A l’approche du vallon de la Coumelade, les éboulis se font plus nombreux et les yeux sont hésitants entre regarder le sol et les pieds ou bien le paysage austère mais grandiose du Puig dels Tres Vents. Alors on trouve préférable de s’arrêter pour regarder le spectacle de cette incroyable nature sauvage. En surplomb du vallon, on atteint une bifurcation qui permet sur la gauche de monter jusqu’à la Cabane des Troncasses. Personnellement, j’en ai fait l’impasse et j’ai préféré emprunter le sentier assez difficile qui sur la droite descend vers le torrent en traversant parfois de gros pierriers. Au bout de cette descente, on débouche sur une piste et devant les barrières d’un enclos. On remonte la piste par la gauche qui, elle-même s’élève en suivant le cours du torrent de la Coumelade. En bordure du torrent, les papillons sont légion et sont bien trop occupés à butiner les jolies fleurs roses d’une Eupatoire chanvrine pour redouter mon numérique. Tout en montant, je remarque, au sein de la rivière, de nombreux petits barrages et je suppose que ces aménagements en béton ou à enrochements qu’on appelle « gabions » sont sans doute là pour éviter une érosion trop importante des berges du torrent mais aussi pour casser les éventuelles crues très violentes dont la Coumelade est coutumière à l’instar des autres rivières du Vallespir. La piste se termine et pour éviter un troupeau de bovins qui occupe amplement les rives du torrent, je fais le choix de traverser sur le dernier de ses gabions mais une fois de l’autre côté, je suis contraint de sortir mon GPS car le sentier filant vers la Cabane Vieille est nettement plus haut en altitude. Après une courte galère dans ce maquis constitué de genêts purgatifs et de petites bruyères roses, je retrouve avec bonheur le petit sentier. Ici sur cette « solana » aride du Puig dels Tres Vents, le mot « balcon » prend tout son sens. Ici, rien ne vient altérer la vision et le vallon de la Coumelade s’entrouvre magnifiquement, alors j’en ai profité pour procéder à un nouvel arrêt goûter et fruits secs. Entre orri en pierres sèches et module Algeco, l’étonnante Cabane Vieille est rapidement atteinte et avec elle, le point culminant à 1.811 m de ma jolie boucle. Dans cet important lieu d’estives, on prend soin de respecter cette cabane et ceux qui y vivent et notamment les nombreux animaux en refermant les barrières et les clôtures derrière soi. Ici et jusqu’aux surprenantes roches escarpées et dentelées de la Roque Coucoulère commence la derrière partie du « balcon » avec toujours de superbes vues aériennes et plongeantes sur Saint Guillem dont on aperçoit la chapelle pas plus grande qu’une petite brique de Lego. Le sentier retrouve une forêt de pins à crochets, paradis des pinsons, pipits et autres gobe-mouches puis inévitablement on finit par tomber sur un cairn et un panonceau indiquant Saint Guillem à 3,4 kilomètres. Ici, tout le monde descend et surtout il ne faut pas se fier à ces quelques kilomètres qu’ils restent à parcourir car au bout du compte, on aura l’impression d’en avoir cheminé deux ou trois fois plus, tant cette descente est sinueuse et parfois délicate. Mais une fois encore, on oublie bien vite les difficultés et on profite pleinement de ce nombreuses et superbes vues qui se dévoilent de tous côtés au cours cette longue descente. Après une heure vingt de descente depuis la Coucoulère et sept heures et quart de d’errance au total, je retrouve la belle chapelle romane du XIeme siècle sous un ciel aussi prodigieusement bleu que celui qui m’avait accueilli ce matin. Après être venu ici quelques dizaines de fois sans succès, j’ai enfin, grâce à l’autorisation d’une gentille dame, pu pénétrer quelques minutes dans la chapelle. Je tiens à la remercier même si elle ne m’a pas autorisé à y prendre des photos comme je l’aurais souhaité. J’ai pu néanmoins y voir un très joli retable ainsi qu’une fresque représentant les saints martyrs d’Arles-sur-Tech, Abdon et Sennen. Par contre, je n’ai acquis aucune certitude quand à la cloche dont la légende prétend qu’elle aurait été forgée à la main et que de ce fait, il y aurait encore des empreintes de doigts incrustées dans son métal. Cette balade, telle que présentée ici, est longue de 17 à 18 kilomètres environ. Le dénivelé est de 500 mètres environ mais les montées cumulées sont de 1.790 mètres. Enfin, si j’ai un dernier petit conseil à formuler c’est de vous dire qu’il ne faut pas trop tarder à faire cette balade car je pense que si rien n’est fait au niveau du débroussaillage, la partie « balcon » entre le col de Serre-Vernet et la Roque Coucoulère sera devenue dans peu de temps quasiment impraticable. Est-ce voulu par certains lobbies ? Je n’ai pas la réponse et cette question reste donc en suspens ! Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top 25.

    Attention, il est important de ne pas confondre cette Coumelade avec une autre rivière du département qui porte le même nom mais que l'on écrit plus souvent "Comelade" qui prend sa source dans les Aspres, se jette dans la Têt et serait paraît-il aurifère si j'en crois un site Internet.

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