• Très souvent, je suis exagérément éloquent dans la description de mes balades. En effet, autant que faire se peut, je n’aime pas « marché idiot » et j’ai tendance à me dire que la plupart des randonneurs sont certainement comme moi. De ce fait,  « qui peut le plus peut le moins » et ainsi, j’estime que chacun trouvera dans mes articles ce qu’il a bien eu envie d’y lire ou d’y chercher. D’un autre côté et au regard des nombreuses balades que j’ai pu faire en groupe, j’avoue que ce constat n’est pas flagrant non plus et chacun marche avec ses propres motivations. Certains randonneurs sont d’incorrigibles flâneurs et adorent les découvertes quand d’autres ne voient que l’aspect sportif et pressent sans cesse le pas comme s’ils avaient un train à prendre à l’arrivée. Alors, comme je suis un peu tout ça à la fois selon les circonstances, cet article consacré au « Pic de Tour – 1.632 m » ou « Pic del Torn » depuis Urbanya sera peut-être un peu moins disert et ludique qu’à l’habitude. Pourquoi me direz-vous ? La première des raisons est qu’il y a peu de chances que vous ayez envie de faire cette randonnée telle que présentée ici car l’essentiel de l’itinéraire hors sentier balisé consiste à suivre des clôtures, à en enjamber parfois, comme je l’avais déjà fait dans une autre balade vers le tout proche Serra Gran (1.430 m). Ensuite, parce qu’en réalisant cette grimpette vers le Pic de Tour depuis Urbanya, j’avais privilégié les difficultés (longue distance, absence de sentiers de randonnées, absence de balisage, itinéraire incertain, tracé enregistré dans mon GPS sans conviction, méconnaissance du terrain, aspect sportif, etc….), tout ça dans le but de m’entraîner dans l’optique d’un Tour du Capcir en 4 à 5 jours prévu début septembre. Enfin, dernière finalité, je m’étais aperçu qu’en période de chasse, de nombreux 4 x4 étaient garés sur le parking situé au pied du pic en question et j’en avais déduit que cette zone devait être très giboyeuse. De ce côté-là, je ne fus pas déçu.  Voilà quelles étaient mes motivations quand en ce matin du 29 juillet, j’ai quitté Urbanya par le chemin de Saint-Jacques que tous mes lecteurs assidus connaissent bien désormais. Là, après les dernières maisons, j’ai pris le sentier le plus à gauche qui monte dans le maquis. Un peu plus haut, à hauteur du collet séparant le Serrat de Calvaire de celui de l’Homme (Home), j’ai quitté le sentier principal au profit d’une autre sente qui monte à gauche en épingles à cheveux. Je n’ai plus quitté cette sente étroite qui traverse le Serrat de Calvaire, monte entre les lieux-dits du Clot del Baro et Coubère (Cubera), atteint des prés plantés de hautes fougères et quelques vestiges en pierres sèches puis débouche finalement et encore un peu plus haut sur le versant sud du Serrat de Miralles sur la piste menant au col des Vigues (de les Bigues) à 1.359 mètres d’altitude. A partir de ce col et près d’un enclos à bétail, j’ai commencé à longer une clôture qui sépare le domaine de Cobazet du reste de la montagne. Ici, démarra mon hypothétique balade qui, grosso modo, consista à suivre les clôtures constituant les limites des communes de Mosset et d’Urbanya matérialisées par des pointillés sur la carte IGN. Dans le secteur en question, ces pointillés sont sur la carte surlignés de vert et cette ligne de couleur verte matérialise la limite de la forêt domaniale de Nohèdes-Urbanya de celle de Cobazet (*). Néanmoins si vous analysez attentivement cette même carte IGN, vous remarquerez qu’il y a une longue ligne de tirets pratiquement parallèles à ces pointillés représentant d’anciens chemins ou sentiers d‘exploitation forestiers. Ces quelques chemins ou sentiers existent encore. Ils longent le plus souvent les clôtures et montent respectivement vers le Serrat de la Font de la Barbera (1.549 m) puis vers le Puig del Rocater (1.601 m), le col de Mener (1.563 m) et enfin le Pic de Tour (1.632 m). Vous remarquerez que les déclivités depuis le col des Vigues sont plutôt modestes. Parfois, pour faciliter la marche, vous serez contraint d’enjamber une clôture et sans le vouloir, vous serez peut-être entré dans le domaine privé de Cobazet appartenant à Groupama. Il est donc essentiel de ne pas casser les clôtures et plus globalement de respecter les lieux, la nature et les quelques interdictions mentionnées et aperçues à l’entrée du domaine au col des Vigues. En effet, randonnée aventureuse ou audacieuse ne doit pas signifier randonnée irrespectueuse et je vous rappelle le conflit ayant vu le jour en 2012 quand Groupama envisagea de supprimer l’accès du Massif du Madres en particulier et à son domaine en général à tous les randonneurs non titulaires d’une autorisation en bonne et due forme. Il est donc inutile d’en rajouter d’autant qu’il suffit de repasser très vite la clôture pour quitter le domaine privé, ce que j’ai d’ailleurs fait moi-même à la première occasion. Voilà, pour la description succincte de cette longue balade dont la fin est beaucoup plus simple puisqu’elle consiste à partir du Col de Tour, à reprendre la piste qui retourne au col des Vigues puis de redescendre vers Urbanya par le sentier habituel des Escocells.  Longue d’environ 18 à 19 kilomètres, pour un dénivelé de 776 mètres, cette balade m’a permis de répondre bien au-delà de mes espérances à l’ensemble de mes motivations : l’entraînement sportif fut conforme à mon attente quant aux animaux sauvages, ils furent au rendez-vous tant espéré avec notamment trois jeunes biches magnifiquement tachetées de blanc surprises pendant leur déjeuner sur l’herbe dont deux détalèrent pensant sans doute que la chasse avait rouverte plus tôt que prévue mais la troisième, moins craintive acceptât mon numérique en traversant très tranquillement une large laie herbeuse non loin de là où je m’étais installé pour déjeuner. Il en fut de même pour un beau chevreuil qui semblât plus étonné que moi de se retrouver dans une version inédite et photographique du « bonheur est dans le pré » avant « de prendre ses jambes à son cou » réalisant peut-être que je ne m’intéressais qu’à son cuissot. Enfin, les paysages et les panoramas furent une fois encore magnifiques avec notamment de bien belles vues lointaines sur le Roussillon et d’autres très inédites car plongeantes sur le vallon d’Urbanya depuis quelques rochers en falaise proches du sommet du Pic de Tour. Bien évidemment, si vous envisagez d’effectuer cette balade en suivant mon itinéraire, je vous déconseille de le faire lors des périodes où la chasse est ouverte car ce serait bien trop imprudent et périlleux. Enfin et pour terminer quelques explications toponymiques concernant quelques noms de lieux cités dans cet article : « Torn » ou parfois « Tor » c’est sans doute une « tour » voire une « bosse de terrain ». « Rocater » est un sommet rocailleux. Le col del « Mener » est le col de la « mine » quant à celui de les « Bigues » écrit parfois « Vigues », il désigne des « poutres » et ici, on peut penser qu’il s’agissait des fameuses traverses en bois servant au chemin de fer de la carrière de talc de Caillau que l’on avait entreposées là. Quant au mot « Escocells », on peut le traduire en « planteurs », c'est-à-dire en « ouvriers chargés du reboisement ». Bien évidemment, l’itinéraire que j’ai choisi pour atteindre le Pic de Tour est loin d’être le plus simple et une solution plus aisée existe, toujours à partir d’Urbanya, en accédant à ce sommet d’abord en empruntant l’ancien GRP Tour du Coronat jusqu’au col de Tour puis de ce col, en longeant la clôture jusqu’au sommet. Pour les vues, il sera néanmoins nécèssaire que vous redescendiez un peu sur le versant sud-est pour en profiter. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

    (*) Si l'histoire du Domaine de Cobazet voin intéresse, cliquez ici  

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  • Comme vous l’avez certainement remarqué, j’inscris dans mon blog, les randonnées dans l’ordre chronologique où je les ai effectuées. Pour moi, c’est bien plus simple et plus logique et en principe, ça me permet de ne pas en oublier. Mais cette année, étant beaucoup à Urbanya à partir du mois de juin, j’ai tellement fait de balades pédestres ; environ deux par semaine ; que je viens de me rendre compte que j’en avais oublié une. Bon, ce n’est pas bien grave car ce « Pic de la Moscatosa » qui est l’objectif principal de ce reportage, j’ai déjà eu l’occasion de vous le présenter dans un article qui s’intitulait «  le Pic Lloset et le pic de la Moscatosa » à partir d’Urbanya. Cette fois-ci,  j’ai quelque peu modifié le parcours, j’ai privilégié le Pic de la Moscatosa et surtout la saison n’est plus vraiment la même. J’avais découvert ces deux pics au mois d’avril 2011 avec l’extraordinaire floraison blanche des cerisiers et autres arbres fruitiers sauvages en fleurs et cette fois-ci, c’est le jaune éclatant des genêts qui prédomine en ce mois de juin.  Pour toutes ces raisons, c’est une tout autre balade bien différente de celle déjà décrite mais sans doute tout aussi belle. Il faut dire que ce jour-là, la météo était très propice à une belle balade printanière et nous avons quitté Urbanya (856 m) direction le Pic Lloset (1.371 m). En effet, avant d’atteindre le Pic de la Moscatosa (1.457 m) qui n’est desservi par aucune piste, il faut d’abord se diriger vers ce sommet. Pour cela, deux pistes à partir d’Urbanya sont possibles et d’ailleurs, elles se rejoignent plus haut en coupant le Correc de Saint-Estève. Un peu plus haut encore et juste avant la cabane de la Travessa, cette piste rencontre l’ancien tracé du GRP Tour du Coronat (en rouge sur la carte IGN), tracé que l’on délaisse très vite peu après la cabane au profit d’une piste DFCI C059 filant à gauche. Voilà, on est désormais sur le chemin menant au pic Lloset ou du moins vers un collet herbeux où se trouve une citerne DFCI entourée de clôtures. Le Pic de la Moscatosa se trouve à droite de cette clôture qui d’ailleurs se prolonge vers lui. Le Coronat est droit devant et d’ici, cette montagne oblongue très boisée justifie pleinement son terme de « Massif ». On enjambe la clôture et l’on suit le petit sentier qui la longe en direction du sommet de la Moscatosa. L’ascension est d’autant plus aisée, que depuis ma première venue un écobuage a éradiqué les landes de genêts et a ainsi nettement éclairci le paysage, brûlant au passage de nombreux feuillus et résineux. Il faut dire qu’ici dans ce secteur du Madres-Coronat mettre le feu à la montagne est une opération pastorale ancestrale et qui d’ailleurs se pratique encore régulièrement si j’en crois un document Natura 2000 de 2010 intitulé « Documents d’objectifs –Site ZPS Madres-Coronat FR9112026 » dans lequel on peut lire « la gestion de landes par brûlage ou écobuage dirigé en altitude ou pour des parcelles ou parties de parcelles peu accessibles répond à un objectif de maintien de la biodiversité en particulier pour maintenir une mosaïque d’habitats naturels et de lutte contre les incendies….. ». Quand je randonne, j’ai le sentiment de regarder la nature presque autant avec mes yeux qu’avec mon cœur et ce texte me paraît de prima abord très surprenant mais je le reconnais aussi, je suis un vrai novice pour tout ce qui touche au développement durable. Pourtant, au regard de ce décor un peu noirci et roussi, je ne peux que regretter cette absence des différents genêts donnant aux contreforts du Pic de la Moscatosa tous ces merveilleux jaunes flamboyants aperçus lors d’autres venues.  Il y a encore peu de temps des landes de genêts purgatifs (Cytisus purgans), de loin les plus nombreux, embrasés les versants de cette « solana » mais je me souviens aussi avoir observé bien d’autres genres de genêts : ailés, d’Espagne, scorpions, à balais, épineux, etc…  Matérialisé par une petite borne, le sommet du pic de la Moscatosa est atteint en quelques minutes. On y aperçoit légèrement en contrebas, les ruines d’un vieux cortal en pierres sèches, vestiges de ce pastoralisme ancestral que j’évoquais précédemment. Vers l’ouest, on y distingue aussi une longue ligne de crêtes où quelques rares névés s’accrochent encore aux flancs de quelques lieux de balades plus ou moins reconnaissables : Puig d’Escoutou, Pic Pelade, Pla des Gourgs, Roc Nègre et Madres. Vers l’est, c’est surtout le Pic du Canigou qui marque les esprits. Après une pause indispensable sur ce superbe mirador où l’on prendra le temps nécèssaire pour admirer tous ces extraordinaires panoramas , on poursuit la balade en continuant de longer la clôture prise au col Lloset en ayant pris soin de la réenjamber de nouveau. Cette clôture file dans un sous-bois de pins à crochets puis très rapidement débouche dans une large laie herbeuse qui descend et rejoint une piste que l’on emprunte vers la droite. Là, on retrouve un tronçon de l’itinéraire récemment emprunté dans la balade intitulée « le Roc de Peirafita ». Cette piste nous ramène dans des décors variés et somptueusement verdoyants jusqu’au col Lloset. On va de nouveau enjamber la clôture, se diriger vers la gauche vers le pic Lloset tout proche puis redescendre son versant est sur un sentier bien évident parallèle à une autre clôture. Peu avant le col et le pic de la Serra (1.208 m), on remarque une barrière au sein de cette clôture. Derrière cette barrière, démarre une nouvelle piste. C’est cette piste qui va nous ramener vers Urbanya d’abord en rejoignant le GRP Tour du Coronat au lieu-dit la Mata (la Matte) puis en empruntant un étroit sentier peu après avoir traversé le petit ruisseau du Correc de Saint-Estève. Ce raccourci permet de rejoindre l’intersection des pistes menant à Urbanya citée plus haut. La suite sera une simple formalité à condition de respecter quelques précautions élémentaires qui sont, le respect de la propriété d’autrui en bien refermant les barrières, de  s’écarter des éventuels bovins toujours nombreux dans ce secteur et de tenir en laisse votre chien si vous vous baladez avec et de se prémunir des « châtaignes » toujours possibles à cause des nombreuses clôtures souvent électrifiées. Voilà, toutes les conditions sont désormais remplies pour effectuer cette superbe balade réalisable quelque soit la saison et si après ça, vous n’êtes toujours pas content, je ne sais pas quelle mouche vous aura piqué. Ah oui, j’oubliais, je vous avais promis de vous dire ce que signifie « Moscatosa » ! Eh bien « Moscatosa » que l’on rencontre écrit parfois « Mosquetosa » ou « Mousquatouse » c’est un lieu « où les mouches abondent », à cause des troupeaux bien sûr. Telle qu’effectuée et expliquée ici, cette randonnée est longue de 13 à 14 kilomètres environ. Le dénivelé jusqu’au point culminant constitué par le Pic de la Moscatosa à 1.457 mètres d’altitude est de 600 mètres environ quant aux montées et descentes cumulées, je les estime à un peu plus de 1.200 mètres. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25.

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  • LE-BALCON-DE-NOHEDES

    BALCONNOHEDESIGN

    Toujours en vacances à Urbanya, il ne m’a pas fallu aller bien loin pour vous proposer cette nouvelle et magnifique randonnée. En effet, je suis simplement parti dans la vallée adjacente car ce circuit que je vous présente dans ce nouvel article a pour point de départ le joli village de Nohèdes. Toutefois, je ne suis pas resté au fond du vallon car c’est bien connu, en randonnée dès que l’on s’élève tout est plus beau et en l’occurrence ici c’est parfaitement le cas. Avec une certaine logique et je dirais presque naturellement, j’ai intitulé ce circuit « le Balcon de Nohèdes » tant les vues aériennes sur le village et surtout sur la vallée où coule la rivière éponyme sont la principale attraction de cette superbe balade. Ce vallon, ici on l’appelle la vallée de l’Arche perdue car selon la légende, Noé aurait amarré son arche à un anneau qui se trouverait au sommet d’un roc du nom de Salimanes ou Salimans (1.694 m). J’aurais tendance à dire après moi le déluge, car si le roc existe bien, je vous laisserais le soin de retrouver l’anneau car l’arche, elle,  il semble qu’elle ait continué son périple vers d’autres sommets où elle a fini par s’échouer ! Ici, outre les magnifiques panoramas, il y a bien d’autres intérêts et notamment faunistiques et floristiques surtout au printemps. Pourtant, cette balade,  j’aurais pu l’appeler aussi « le canal de Nohèdes » car l’essentiel du parcours emprunte sur plusieurs kilomètres, l’ancienne canalisation d’irrigation et sans doute d’alimentation en eau du village qu’ici on appelle « rec » et dont la petite histoire nous dit qu’elle aurait été construite en 1873 et qu’elle aurait cessé son activité en 1966 pour cause de désertification du village. Alors bien entendu, cette vieille rigole faite de lauzes n’est plus en activité aujourd’hui car au fil du temps, elle s’est comblée de terre et s’est transformée peu à peu en un véritable petit sentier. Encore emprunté par les bergers et les chevriers de nos jours et sans doute depuis toujours car il s’agissait aussi d’un « Cami Ramader », l’ancien canal est devenu plus tard un sentier de randonnée pédestre balisé en jaune comme tout bon P.R. Pourtant, si vous cherchez ce tracé sur une carte IGN récente ou sur Géoportail par exemple, vous ne le verrez nulle part et vous ne le trouverez essentiellement que sur des vieilles cartes IGN. En tous cas, moi, je ne l’ai trouvé que sur une vieille carte IGN Top 25 de l’année 2000. Sur cette carte IGN, il y a donc un tracé rouge qui suit le canal. Depuis toujours, ce « rec » est représenté en bleu et comme une véritable rivière où de l’eau s’écoulerait encore. C’est dire si nos géographes n’ont plus parcouru les lieux depuis très longtemps ! A moins de faire cette randonnée en sens inverse de celui préconisé ici, le véritable départ s’effectue du hameau de Montailla (au dessus de Nohèdes) mais comme de toute manière, cette balade en boucle se termine à Nohèdes, il est largement préférable de démarrer de ce village, à moins bien sûr, d’avoir deux véhicules et d’en laisser un au départ à Montailla et l’autre à l’arrivée à Nohèdes. Cette dernière solution règle le problème d’avoir à effectuer les 5 kilomètres séparant les deux lieux en empruntant la piste et les quelques raccourcis que certains pourraient trouver fastidieux. En tous cas, nous, nous sommes partis de Nohèdes et ces 5 kilomètres ont été plutôt une excellente mise en jambes d’autant que le décor en bordure de la rivière est loin d’être désagréable. Nous avons emprunté la piste qu’à Nohèdes on appelle le « Cami del Gorg ». Ces « gorgs » ou lacs, vous les retrouvez sur des panonceaux jaunes indiquant l’Estany del Clot et le Gorg Estelat, objectifs de randonnées déjà expliquées dans ce blog. Par contre, vous ne trouverez aucune indication (*) quant à notre balade du jour. La piste passe devant la centrale électrique, devant le camping El Manau puis se poursuit avec quelques sinuosités jusqu’à rencontrer une croix jaune indiquant qu’il est préférable d’emprunter un sentier qui monte à droite dans le bois. On emprunte ce raccourci souvent dallé et bordé d’anciennes « feixes », ces terrasses en pierres sèches qui supportaient jadis des vergers, des champs de pommes de terres et de céréales mais aussi des  noiseraies qu’ici on appelle « noguers » lieux plantés de noyers et de noisetiers qui ont sans doute donné son nom au village de Nohèdes. Aux temps anciens, Montailla était en quelque sorte le « grenier » de Nohèdes. Ce sentier retrouve la piste un peu plus haut et malgré une nouvelle croix jaune et un autre sentier montant dans la hêtraie toujours à droite à hauteur d’un virage, on reste cette fois-ci sur la piste jusqu’au hameau de Montailla. Là, on passe à gauche d’un grand hangar métallique qui est en réalité une bergerie moderne, puis on continue de monter jusqu’à rencontrer quelques maisonnettes en pierres sèches dont certaines ruinées. C’est le hameau de Montailla. Immédiatement après ces maisons, on emprunte un large chemin herbeux qui part à droite, passe sous de grands arbres, atteint un ru bourbeux. Jusque là et sauf inattention de ma part, vous n’aurez toujours vu aucun coup de peinture jaune d’un quelconque balisage mais si vous enjambez le ru bourbeux et filez droit devant vous dans le pré, vous remarquerez une première marque jaune peinte sur une pierre située au milieu de ce pré. Plus loin, il y a une deuxième pierre et une autre trace jaune et ainsi de suite. Vous êtes sur le tracé de cette jolie balade et bientôt sur le « Balcon de Nohèdes ». Ne lâchez plus ce balisage jaune, continuez sur quelques mètres dans le pré puis montez en sous-bois au milieu des hautes fougères ou des asphodèles blanches selon la saison. Ce balisage va vous amener vers la petite rivière des Camps Réals (champs royaux) qu’il faut traverser près du lieu-dit Falgarouse. Selon la pluviométrie des jours précédents et la saison, hors mis peut-être à la fin du printemps et en été, vous serez sans doute obligés de vous déchausser pour enjamber ce ruisseau parfois assez fougueux mais sans danger car seulement profond de quelques centimètres. Quelques mètres plus haut, et sans vraiment vous en être aperçu, vous commencerez à marcher dans l’empreinte de l’ancien canal d’irrigation de Nohèdes. Mais peu après un grand et beau « cortal » du nom de la Soulane non loin du lieu-dit « Canals » sur les cartes, cet état de fait deviendra vite une évidence tant le canal est toujours parfaitement visible car encore creusé malgré la terre qui l’a à moitié enseveli. A partir de là, vous n’aurez plus aucune incertitude quand à l’itinéraire à suivre car le sentier est unique et donc évident. Une fois encore, je précise que simplicité du parcours ne signifie pas facilité même si c’est vrai qu’ici, on en a d’ores et déjà fini avec le gros de la déclivité. Non, ce parcours mérite une grande attention car s’il est parfaitement praticable,  la hauteur où a parfois été construit le canal est assez impressionnante et le risque d’accident doit être constamment gardé à l’esprit. D’ailleurs, si les précautions sont de mises et si la vigilance doit en permanence guider les pas du randonneur, on ne cessera tout au long du parcours d’être en extase quant à l’ingéniosité technique et surtout aux prouesses colossales qu’ont accompli nos aïeux pour imaginer puis construire cet extraordinaire canal de lauzes et de schistes aux étonnants murs de soutènement dont la finalité était de récupérer les eaux d’un nombre incalculable de rus, ruisseaux, rivières et torrents descendant du versant de ces montagnes ayant pour noms : Roc de l’Aigle (1.931 m), de Torrelles (1.745 m) ou de Peirafita (1.535 m) ou bien encore les Pics de la Moscatosa (1.457 m) et Lloset (1.371 m). Le canal amenait ensuite l’eau vers les terrasses cultivées, vers des réservoirs ou des fontaines. Avec ce canal de huit kilomètres selon les historiens, on trouve aussi quelques très beaux cortals et orris. Il est donc incontestable que la main de l’homme est partout présente dans cette randonnée, toutefois, et c’est la réflexion que je me suis faite en marchant, on oublie très vite cette ancienne occupation humaine car le sentier chemine en permanence à flancs de montagne dans un cadre magnifiquement varié et surtout extrêmement sauvage où la chance d’être confronté à la faune locale et parfois relictuelle ou endémique est certaine. Ici, dans cet écosystème de type « solana », on y trouve la petite faune habituelle comme les insectes, papillons, reptiles ou passereaux mais c’est aussi le territoire des sangliers, de nombreux rapaces (buses, éperviers, aigles, vautours, gypaètes) mais parfois des grands et des petits cervidés (cerfs, daims, chevreuils, isards, mouflons) et de bien d’autres petits mammifères tel le renard et l’écureuil pour ne citer que les plus visibles. Quant à la flore, elle est extrêmement variée mais toujours présente en toutes saisons. Le tracé emprunte en alternant des versants arides où au printemps flamboient les landes des genêts fleuris très vite remplacées en été par les bruyères roses mais aussi des petits bois de feuillus aux endroits les plus ombragés ou les plus humides où coulent parfois d’agréables petits torrents au bord desquels poussent d’innombrables fleurs et enfin aux pieds des pics de la Moscatosa et Lloset, c’est le domaine des belles forêts de résineux où les champignons poussent parfois à profusion. Mais s’il y a néanmoins une constante dans ce parcours, c’est bien la vue aérienne permanente sur le vallon de Nohèdes vers lequel descendent et se jettent les multiples ravins que l’on est amené à enjamber. De l’autre côté de la vallée, le Massif du Coronat étire sa longue croupe boisée où seules quelques hautes falaises calcaires finissant en d’impressionnants éboulis blancs contrastent avec la sombre forêt olivâtre. Ces falaises sont le repère d’une fleur unique au monde l’Alysson des Pyrénées. Après la fin du canal, le sentier se poursuit toujours en balcon sous le pic Lloset avec de jolies vues sur Nohèdes et un très beau panorama sur le Pic du Canigou et de l’autre côté vers le Pla des Gorgs et le Massif du Madres. Ici, on regrettera seulement qu’un incendie, sans doute un écobuage mal maîtrisé, est sacrément noirci le décor et brûlé de nombreux résineux dont certains ont encore leurs ramilles roussies leur donnant un aspect très insolite mais plutôt joli il faut bien le dire, quant on les fige en photos. Mais comme le disait je ne sais plus qui, la beauté n’est pas automatiquement désirable. Le sentier finit par atteindre la pente sud-est du Pic Lloset puis peu après le Col de la Serra (1.200 m) non loin du pic du même nom (1.242m). Là, deux options sont possibles : soit on laisse à main gauche un bel orri et on prend immédiatement à droite un sentier toujours balisé en jaune et parfois de quelques cairns nous entraînant directement vers Nohèdes toujours en descente soit on poursuit tout droit l’itinéraire descendant vers le Col de Marsac (1.056 m). C’est ce dernier itinéraire que j’ai choisi cette fois-ci car au Col de Marsac passe l’ancien tracé du GRP Tour du Coronat et comme je connaissais très bien ce col je savais que d’incroyables panoramas seraient au rendez-vous : sur la vallon d’Urbanya et sur la partie sud-est du vallon de Nohèdes mais aussi sur la Plaine du Roussillon et bien au-delà encore. Au Col de Marsac, un panonceau de bois indique Nohèdes et la suite n’est plus qu’une formalité qui nous ramène d’abord sur la D.26 puis au village où l’on retrouve notre voiture. Cette boucle est longue de 17 kilomètres environ pour un dénivelé de 380 mètres environ sachant que l’essentiel de la déclivité s’effectue entre Nohèdes (935 m à l’entrée du village) et le cortal de Falgarouse (1.300 m), le point culminant de cette balade se situant aux Esquerdes de la Grive à 1.310 m. Le reste du balcon est quasiment plat et oscille entre des altitudes allant de 1.300 à 1.200 mètres au col de la Serra.  Comme indiqué en préambule, je conseille d’effectuer cette balade de préférence au printemps ou au début de l’été plutôt qu’un peu plus tard. Tout d’abord parce que le sentier est bien plus praticable avec la chance qu’il ait été déjà débroussaillé et surtout il faut y aller avant que les nombreuses fougères et autres ronces ou prunelliers n’aient atteint une hauteur respectable rendant certains passages plutôt pénibles. La deuxième raison est essentiellement visuelle et olfactive car par grand beau temps et quand les différents genêts sont en fleurs et embaument le parcours, une balade sur ce sentier est une pure merveille ! Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

    (*) Depuis ma balade printanière et la rédaction de cet article, j’ai acquis, auprès de la charmante et très accueillante préposée de la Maison de la Réserve Naturelle de Nohèdes, pas mal d’informations concernant ce parcours. Il semble que les différents éleveurs de Nohèdes (vachers, bergers et chevriers) soient excédés par l’attitude irrespectueuse de certains randonneurs malveillants laissant régulièrement les barrières ouvertes après leur passage. En raison des problèmes que ces passages engendrent y compris parfois avec les troupeaux et les patous, ces éleveurs ne souhaitent plus que ce parcours soit emprunté par les randonneurs et c’est pour cette raison que l’on ne trouve plus aucune information ni aucun panonceau concernant cette boucle ni sur le terrain ni dans aucun topo-guide. D’ailleurs, il n’apparaît pas dans le petit livret consacré à 9 itinéraires de découverte de la Vallée de Nohèdes (2 euros à la Maison de la Réserve Naturelle).  Enfin il semble que ces éleveurs aient demandé à la commune que le sentier ne soit plus débroussaillé et que le balisage soit définitivement supprimé. A suivre donc…mais d'ores et déjà, je dis dommage car cette randonnée est tout simplement somptueuse et pour moi, la plus belle de ce secteur de la montagne. Après, et toujours au départ de Nohèdes, il faut monter vers les lacs dits de Nohèdes.

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  • Alors que la querelle enfle entre notre ministre de la Justice Christiane Taubira et notre ministre de l’intérieur Manuel Valls sur les bonnes méthodes à mettre en œuvre pour une meilleure sécurité et une meilleure justice dans notre pays et que les médias se délectent de cet affrontement, je voudrais vous parler d’un livre dont je viens de terminer la lecture, il y a quelques jours seulement. Ce livre s’intitule « Quand la justice crée l’insécurité » et a été écrit par un homme qui connaît les sujets et qui sait de quoi il parle puisque Xavier Bébin est juriste, criminologue et secrétaire général de l’Institut pour la Justice, association dont le seul objectif est justement de vouloir redonner une meilleure sécurité et une meilleure justice aux citoyens que nous sommes. Si je devais résumer ce livre en une seule phrase, je dirais presque sous la forme d’une supplication « Pourvu qu’un membre de ma famille ou moi-même ne devenons jamais une victime ! ». Une victime j’entends telle que celles présentaient sous forme de cas réels dans ce livre, car malheureusement, nous avons tous été plus ou moins victimes un jour, de petites injustices, d’incivilités ou d’agressions verbales, de dégâts à notre voiture ou à notre domicile ou de petits vols ou de menus larcins. Xavier Bébin rappelle que selon l’INSEE, il y aurait en France 10 millions de délits dont un peu plus de 4 millions arrivant la connaissance de la gendarmerie ou de la police. Mais les exemples cités dans le livre font froid dans le dos et on n’a pas vraiment envie d’être la victime bien sûr d’un détraqué, d’un assassin mais également de ces quelques délinquants multirécidivistes que l’on affuble à tort et très souvent de l’adjectif « petits » mais qui pourrissent la vie de nombres de nos concitoyens dans d’innombrables cités de notre pays. Le livre nous fait fortement toucher du doigt que la police et la justice s’intéressent beaucoup plus aux criminels et aux délinquants qu’aux victimes elles-mêmes. Pour la police, on peut le comprendre car c’est leur boulot de rechercher les coupables mais pour la justice, j’avoue que personnellement j’ai beaucoup plus de difficultés à accepter ce désintérêt pour les victimes. Je pensais savoir beaucoup de « choses » sur le fonctionnement de la justice et sur la sécurité de mon pays mais à la lecture de ce livre, je me suis aperçu qu’il n’en était rien. Bien sûr et comme toujours, vous pourrez lire diverses « informations » sur Internet sur ce livre en particulier et sur l’Institut pour la Justice en général comme quoi l’association serait d’extrême droite ou serait pour une justice du « tout sécuritaire ». Alors si la justice vous intéresse et si vous voulez vous faire votre propre opinion, je n’ai qu’une chose à vous dire « achetez le livre et lisez-le » et vous verrez qu’il n’a été écrit dans aucun esprit partisan et qu’il est seulement empreint de multiples exemples réels, de bon sens et d’idées de réformes s’appuyant sur de nombreuses études et statistiques criminologiques internationales et sur des cas concrets de réformes fonctionnant correctement dans d’autres pays. Personnellement, ce livre m’a fait prendre conscience que notre système judiciaire était essentiellement dogmatique et qu’au lieu d’être ouvert et tourné vers les citoyens que nous sommes, il était complètement sclérosé par des corporatismes (procureurs, juges, avocats, journalistes)  que nous aurons bien du mal à faire évoluer.

    Au moment où je commence l’écriture de cet article (nous sommes le 23 août), je viens de prendre connaissance d’une horrible information sur BFM TV selon laquelle à Marignane, un homme aurait été abattu froidement devant les yeux de sa petite-fille par deux braqueurs alors qu’il voulait s’interposer. Un peu plus tard et toujours sur BFM TV, un autre communiqué m’informe qu’un des deux braqueurs vient d’être arrêté. Il a 18 ans et il est bien connu des services de police pour une douzaine de délits déjà accomplis comme de nombreux vols avec effraction, dégradation et même violence à l’arme blanche. Il a déjà été condamné trois fois par le Tribunal pour enfants. Au moment des faits, il « purgeait » une peine de 4 mois avec mise à l’épreuve et bénéficiait  de suivi par la protection judiciaire de la jeunesse. Son complice est en fuite.

    En réalité, on voit bien dans ce cas précis, les limites des mesures de justice et de probation qui Christiane Taubira clame haut et fort comme étant la panacée pour ces « petits » délinquants. En réalité, ce jeune voyou était libre comme l’air, il avait sans doute un sentiment profond d’impunité, il a récidivé tout en s’élevant dans l’échelle des délits et un homme est mort de cette liberté. Alors qu’a fait concrètement  la justice pour qu’il ne récidive pas ? Le « petit » et jeune délinquant n’a pas hésité une seconde pour se transformer en un abominable assassin pour quelques euros et quelques cartouches de cigarettes. Plutôt que de laisser en liberté ce jeune voyou avec tout le loisir de continuer ses méfaits, quelques semaines d’enfermement voire d’emprisonnement n’auraient-elles pas été préférables pour lui faire prendre conscience de la gravité de ses actes délictueux à répétition ? La question peut toujours être posée mais maintenant on connaît déjà la réponse !

    Le philosophe anglais John Stuart Mill disait dans une maxime devenue célèbre même en français « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres » et pour cet homme courageux qui a eu le tort de s’interposer parce qu’il voulait une meilleure justice et une meilleure sécurité, ce proverbe s’est malheureusement avéré juste et sa liberté s’est définitivement arrêtée parce que la justice n’avait pas su faire son travail ou avait été trop laxiste avec la liberté d’un autre être humain devenant dangereux pour la société.

    Quoi de plus juste et de plus évident que de reconnaître que dans le cas présent comme dans de trop nombreux autres cas malheureusement « la justice a créé une fois de plus l’insécurité ! »


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  • Même si cette randonnée n’a pas été réalisée avec une « super » météo, le mois de juin démarre plutôt bien. En effet, les beaux jours semblent se décider à arriver et surtout à vouloir se perpétuer, et comme souvent en pareil cas, Dany et moi, avons pu aller passer quelques jours à notre petite maison d’Urbanya. Alors, pour tous ceux qui désormais connaissent mon blog, ils savent que séjours à Urbanya signifient souvent nouvelles balades au départ de ce village. Bien sûr, il y aura une limite à ce raisonnement car les sentiers et les objectifs de randonnées autour d’Urbanya ne sont pas sans fin mais pour l’instant ça va, j’arrive encore à « inventer » quelques jolis  parcours comme ce Roc de Peirafita par le Bac de la Pinosa que je vous propose dans cet article. Un parcours en grande partie hors sentier balisé où la nature dans toute sa splendeur prend le dessus sur l’objectif lui-même car le Roc de Peirafita n’est qu’une petite barre rocheuses à 1.535 m d’altitude à cheval sur la limite des communes séparant celle d’Urbanya de celle de Nohèdes. Ici, le principal attrait de cette crête rocheuse est le panorama grandiose et aérien se dévoilant sur le Massif et le Mont Coronat, sur la Réserve Naturelle de Nohèdes mais également vers le Puig d’Escoutou, le Pic Pelade et le Massif du Madres. Quand au Bac de la Pinosa, il s’agit comme son nom l’indique d’un bois planté presque essentiellement de pins à crochets même s’il y a aussi sur ce versant ombragé du Pic de Portepas (1.798m) bien d’autres essences. Ici, non loin de l’ancien et bouillonnant canal d’Urbanya qui est commun avec le Correc de la Pinosa,  on atteint le point culminant de cette balade à 1.674 mètres d’altitude. Cette randonnée a donc une déclivité plutôt conséquente puisque en partant d’Urbanya à 856 mètres de hauteur, ce n’est pas moins de 818 mètres de dénivelé qu’il faut accomplir. Pourtant, n’ayez aucune crainte car l’essentiel de la balade s’effectuant sur des pistes forestières, cette randonnée reste plutôt facile même si la distance d’environ 19 à 20 kilomètres peut en rebuter certains. Le départ reste identique à d’autres balades déjà expliquées dans ce blog (Pic LLoset, Pic de Portepas, Métairie de Cobazet, etc.…) et on emprunte le chemin qui monte sur le versant est du vallon d’Urbanya, le but étant de rejoindre une piste forestière où passe l’ancien GRP Tour du Coronat filant vers le Col del Torn (ou col de Tour).  Je dis « ancien » car depuis les années 80, le GRP Tour du Coronat n’a malheureusement jamais été réhabilité contrairement à d’autres tours pédestres comme celui du Canigou ou bien du Vallespir. Même si le tracé est encore présent sur la plupart des cartes IGN, elles aussi étant souvent anciennes, sur le terrain, vous trouverez parfois mais pas souvent un vieux balisage jaune et rouge. Tout en montant pour rejoindre cette piste, j’ai pris un plaisir intense à photographier la nature dans ses récréations les plus spontanées mais les plus insolites aussi car les innombrables cerisiers chargés de fruits s’étaient transformées en de véritables volières où une multitude d’espèces d’oiseaux s’étaient donnés rendez-vous. Merles, geais, pics, mésanges, fauvettes, j’en passe et des meilleurs se régalaient des drupes rouges qui étaient mûres à point et malgré notre présence toute proche, leur gourmandise prenait le pas sur leur appréhension et c’était tant mieux pour moi car je pouvais enfin les photographier avec plus de facilité qu’à l’habitude. Même un écureuil roux entra dans cette partie de gloutonnerie et sema un court instant la zizanie auprès des oiseaux. Mais quand il s’agit de se régaler de fruits rouges, toute cette belle ménagerie semble d’accord pour faire une paix tacite.  Plus haut, au moment d’atteindre l’itinéraire du GRP Tour du Coronat, les cerisiers sauvages et les feuillus en général laissent la place aux résineux. Peu avant le Col del Torn, nous avons emprunté la piste DFCI C056 qui file sur le versant ensoleillé du Pic de Portepas d’où son nom de Sola de la Pinosa de Portapas sur les cartes. Ici, on entre dans une zone d’estive et il faut donc respecter les lieux en refermant les barrières, en s’écartant suffisamment des troupeaux de bovins et en marchant en silence pour ne pas les effrayer surtout au début du printemps quand les jeunes veaux en sont encore à téter leur mère, ce qui peut représenter un certain danger. D’ailleurs, si j’ai un conseil à donner à tous les randonneurs, ici dans ce secteur de la montagne, le silence est fortement recommandé et la discrétion de mise car outre d’éventuels bovins parfois présents, j’ y ai toujours aperçu de nombreux animaux sauvages (chevreuils, cerfs, renards, blaireaux, aigles, vautours, gypaètes) et notre balade du jour n’a pas dérogé à la règle puisque rapaces et surtout hordes de sangliers et de cervidés ont été de la partie. Si photographiquement, j’ai pu surprendre un sanglier entrain de manger, les cervidés planqués dans les pins ne m’ont laissé aucune chance et ont détalé bien trop vite pour que je les immortalise dans mon numérique. Mais le seul fait de les voir est un immense bonheur car comme je le dis en préambule de cet article, ici le principal objectif de la randonnée, c’est bien d’aller à la rencontre de la nature dans ce qu’elle a de plus beau. Une nature belle et sauvage que l’on peut observer dans toute sa splendeur et d’autant mieux que la chasse est fermée depuis quelques temps déjà. Peu après, les conifères laissent la place aux landes de genêts purgatifs en grandes parties défrichées depuis mon précédent passage. La piste devient sentier au moment même où les vues s’entrouvrent au loin sur le Massif du Canigou et à nos pieds, sur le Vallon d’Urbanya dont on mesure mieux d’ici toute la profondeur et l’ampleur. Les sangliers aperçus et photographiés dans la pinède traversent le sentier 100 mètres devant nous puis ils dévalent le talus pour rejoindre la forêt du Bac de la Pinosa. Quelques minutes plus tard, nous entrons à notre tour dans cette sombre forêt sur un sentier bien évident au début puis se perdant un peu dans une clairière à l’approche du Roc de Peirafita. On reste sur le sentier le plus évident et le plus emprunter, par les seuls chasseurs sans doute car les randonneurs sont rares à s’aventurer par ici. Le sentier longe sur sa droite la crête sommitale séparant le Bac de Torrelles de celui de la Pinosa. Côté vallée de Nohèdes, de nombreux et profonds petits ravins très abrupts descendent vers d’autres vallons bien plus amples et créent un réseau de petits ruisselets se transformant plus bas en quelques torrents plus larges.  Peu après le Roc de Peirafita que vous ne verrez peut-être pas automatiquement car très à gauche du sentier, une nouvelle et large piste se présente et il suffit désormais de la suivre pour rejoindre d’abord le GRP Tour du Coronat pris à l’aller et bien évidemment Urbanya. En descente dès son début, cette piste fait face au versant nord et boisé du Pic de la Moscatosa (1.457 m) et atterrit dans une clairière herbeuse où elle amorce vers la gauche un virage en épingles à cheveux. Sur la gauche de cette piste, on remarque les ruines d’une cabane en pierres sèches au lieu-dit « Font de la Roja » avec sur le fronton de l’entrée une date gravée : 1910. La déclivité faiblit et le chemin se stabilise à l’approche du col LLoset puis après ce col, la piste amorce en direction du lieu-dit la Travessa une nouvelle descente. On retrouve l’itinéraire prit à l’aller cette fois-ci tout en descente jusqu’à Urbanya. Cette randonnée qui emprunte à 90% des pistes forestières est longue d’une vingtaine de kilomètres, pour des montées et des descentes cumulées de 1.530 mètres environ. Pour ceux qui comme moi, s’intéresse à la toponymie, je précise que le nom « Peirafita » vient du latin « petraficta » que l’on sépare en deux mots distincts « petra » signifiant « pierre » et « ficta » signifiant « fichée ». Il s’agit donc la plupart du temps d’une « pierre fichée » ou «  pierre dressée ». Toutefois selon les lieux et ils sont nombreux, il peut s’agir d’une menhir, d’un monument funéraire voire d’une simple colonne ou d’une pierre droite naturelle. On retrouve ce nom dans bien d’autres langues et écrit de diverses manières pour définir des noms de lieux ou de personnes avec un ou deux t comme « Perafita », « Petrafica » « Pierrefite », « Pierrefitte », « Pierrefiques » « Peyrefite » ou bien encore « Pierfite ». Dans certaines régions, le mot « pierre » a carrément disparu et une « fita » n’est ni plus ni moins qu’une « pierre droite ».  Quand au nom « Pinosa » que l’on rencontre le plus souvent écrit « Pinouse », il signifie un lieu planté de pins ou plus simplement une pinède. Ce nom, on le retrouve à de multiples endroits dans notre département et dans toutes les Pyrénées en général dont le plus connu reste les « Mines de la Pinouse » au dessus de Valmanya, haut-lieu historique de l’exploitation du fer du Canigou et de la résistance contre les nazis. Aujourd’hui par bonheur, cet endroit est surtout prisé des randonneurs.  Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de-Fenouillet Top 25.

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