• L'ERMITAGE-ST-ETIENNE-DE-PO
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    On ne compte plus le nombre d’édifices religieux dans notre département et dans la majorité des cas, ils sont devenus le prétexte à d’agréables balades. Toutefois, les portes de ces édifices étant closes la plupart du temps, le visiteur devra se contenter de n’en faire que le tour ce qui je pense peut s’avérer être un frein au tourisme en général et en particulier au tourisme pédestre. Après la récente découverte de la chapelle de Séquières, où le problème ne s’était pas posé car en ruines et donc ouverte à tous le vents, nous en avons fait la désagréable expérience avec la petite chapelle de Saint-Etienne de Pomers que l’on a atteint à partir du village de Clara et que nous avons également trouvé fermée. En rédigeant cet article, au lieu d’écrire « Pomers », moi j’ai même failli écrire « paumés » tant je m’étais complu à alambiquer cette randonnée avant d’atteindre avec difficulté ce joli petit ermitage. Pourtant, j’avais lu sur un site Internet qu’un moine orthodoxe prénommé Cassien avait restauré lui-même cette chapelle, qu’il y avait peint de magnifiques fresques et qu’il était toujours prêt à accueillir avec plaisir les randonneurs venant le voir. Ce blog Internet http://orthodoxievco.blogspot.fr/ dont je vous conseille la lecture semblait d’autant bien documenté qu’il s’agissait du sien. Bon, sans doute n’était-il pas là le jour de notre balade car j’ai lu aussi qu’il bougeait énormément passant sa vie entre Clara, le Grèce et bien d’autres pays. Mais après tout si j’ai compliqué cette randonnée sans regret d’ailleurs, lui n’y était pour rien car une fois encore, j’avais envie de tout en même temps : voir de beaux panoramas, faire quand même un peu de sport et découvrir bien sûr ce petit joyau de notre patrimoine religieux catalan que Cassien avait restauré et décoré. Alors c’est vrai qu’au cours de cette balade un peu « biscornue », nous avons pu tout faire, sauf entrer dans la chapelle. C’est d’autant plus dommage que c’était l’objectif premier que nous avions espéré au départ. Nous avons démarré de Clara (532 m), minuscule village du Conflent perdu au pied du Canigou dont l’histoire reste plutôt restreinte or mis le fait qu’il aurait dépendu pendant fort longtemps de l’abbaye de Saint-Michel de Cuxa. Pendant le Moyen-âge, c’était le cas de nombreux villages du Conflent de dépendre de Cuxa car sous la protection des comtes de Cerdagne, du roi de France et même du pape, l’abbaye agrandissait autant qu’il le pouvait son patrimoine foncier. Clara n’y a pas fait exception. Mais la raison invoquée par les historiens pour expliquer cette relative confidentialité de Clara est que le premier vrai hameau aurait existé bien plus haut. A l’origine, il y aurait eu d’abord un temple païen du nom latin de Pomarium puis sur l’emplacement de ce temple, on aurait construit une premier édifice chrétien avant qu’un château du nom de Saint-Etienne de la Roca dont il ne reste aujourd’hui que quelques rares soubassements soit construit juste au dessus sur un éperon rocheux. Près de cet ancestral château ayant appartenu aux comtes de Cerdagne, il y avait donc une église qui ne serait ni plus ni moins que notre objectif du jour, c’est à dire l’ermitage Saint-Etienne de Pomers, dont la traduction en « pommiers ou pommeraies » semble quelque peu contestée en «« Pols muers » signifiant « pulsations de mort » c'est-à-dire « tremblements de terre » dont la région serait paraît-elle sujette. Pour compléter ce très court résumé historique, il faut savoir que le plus vieux document roussillonnais aujourd’hui retrouvé a été écrit ici à Saint-Etienne de Pomers. Il s’agit d’une charte désormais conservée aux archives départementales des Pyrénées-Orientales faisant référence à un plaid seigneurial ayant été organisé en 865 pour résoudre un litige portant sur la propriété de Prades entre un certain comte Salomon et l’abbaye de Lagrasse. Voilà pour un bref rappel de l’histoire de ces lieux pour lesquels vous trouverez de plus amples renseignements en compulsant les sites qui vous sont désormais familiers à savoir ceux consacrés à l’Histoire du Roussillon, celui de l’historien Jean Tosti sans oublier bien sûr celui du moine Cassien. Enfin si l’histoire approfondie de la toponymie de ces lieux vous intéressent vraiment, je vous conseille vivement la lecture d’une étude de l’Association Catalane de Généalogie intitulée le « Stevi Codex » ou « Code de Stevus », vous y trouverez une foule de renseignements sur l’Histoire et l’origine des noms concernant Saint-Etienne de Pomers, Clara mais également de nombreuses autres villes de notre département.  Nous avons laissé notre voiture près de l’église de Clara dédiée à Saint-Martin, elle aussi très ancienne (879) mais également fermée le jour de notre visite. Là, nous avons remonté la rue des Acacias qui longe la rivière Lliscou jusqu’à une intersection où un premier panonceau indicatif de randonnées est visible. Nous sommes sortis de Clara en enjambant un pont puis en empruntant une piste forestière qui file dans la direction du Col de Forn et de Baillestavy. Ici, le balisage est jaune et rouge jusqu’au col de Forn car nous sommes sur le GRP Ronde du Canigou. Dorénavant, il suffit de se fier à ce balisage ou alors de rester sur la piste DFCI CO40, mention indiquée sur quelques petites pancartes vertes bien présentes à chaque intersection.  La piste zigzague dans une forêt de feuillus aux multiples essences. Ici, on retrouve tous les arbres des étages inférieurs de nos forêts méditerranéennes : chênes, hêtres, frênes, châtaigniers, érables, ormes, sorbiers, etc….mais comme la piste s’élève en douceur, les premiers résineux apparaissent peu à peu et bien sûr, ils vont être de plus en plus nombreux jusqu’à prendre la place des feuillus dès lors que l’on va monter en altitude. Pour peu qu’on y ait prêté attention, la petite chapelle blanche est déjà bien visible depuis le départ mais perchée et blottie au pied d’un gros escarpement granitique elle paraît presque inatteignable. Elle s’éloigne ou se rapproche au gré des lacets de la piste forestière mais ce n’est qu’une fois un premier « pla » atteint qu’elle semble enfin accessible. Ici, un sentier s’engouffre sous les sapins et semble y monter directement.Nous, nous avons ignoré ce sentier et avons poursuivi sans regret la piste jusqu’au col de Torn (705m). Sans regret, car après cette marche à l’ombre de la forêt, des fenêtres ensoleillées se sont enfin entrouvertes sur de merveilleux panoramas : en dessous sur le Clos de Pomers, aux alentours sur la magnifique forêt domaniale du Canigou aux superbes teintes orangées en cette saison, au loin sur la vallée de la Têt et la longue Serra des Fenouillèdes, sur les massifs du Madres et du Coronat, et sur la gauche, sur le tout proche pic des Tres Estelles et vers des sommets plus lointains et plus élevés du Haut-Conflent et de Cerdagne. Se détachant dans un ciel intégralement azuréen, toutes ces hautes montagnes saupoudrées de neige étaient du plus effet et chaque vision était une véritable carte postale. Au col de Torn, nous avons quitté la piste au profit d’un petit sentier qui, derrière un grand écriteau vantant les attraits du Massif du Canigou, entre dans une sapinière puis s’élève immédiatement en effectuant de nombreux virages. Désormais, c’est un balisage jaune qu’il va falloir suivre au sein d’une forêt de résineux divers et variés : pins à crochets, ifs, sapins, épicéas, mélèzes…Très souvent des ouvertures s’entrouvrent et esquissent des tableaux toujours plus beaux et me confortent dans le choix de cet itinéraire : vers l’est et tombant vers la Vallée de la Têt, c’est une succession incroyable de collines et de ravins verdâtres, à nos pieds, c’est la jolie et longue vallée de la rivière Llech côté plaine et côté montagne et complètement à l’opposé la vue porte très étonnamment très loin jusqu’au Massif du Carlit. Le sentier domine le Roc des Maures et grimpe en direction du Roc de la Collade (1.080 m) et même s’il continue à offrir des vues toujours plus époustouflantes, il faut désormais prêter attention à une petite sente qui, vers la côte 975, redescend sur la droite sans crier gare. En réalité, ce croisement peu évident est simplement matérialisé par un petit cairn auquel nous-mêmes n’avions pas prêté attention. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés 100 mètres plus haut que prévu, au Roc de la Collade et que nous avons mis à profit ce bref égarement pour déjeuner en plein soleil et devant des vues toujours plus aériennes. Comme les fêtes de Noël approchaient à grands pas, j’ai également profité de ce contretemps pour ramasser une brassée de bonheur sous la forme de quelques petits brins de houx et de gui que l’on trouve assez facilement par ici. J’ai également exploité cette longue pause pour sortir ma carte IGN et mon GPS qui dormait au fond de ma poche et ce dernier a su nous remettre dans le droit chemin trouvant ainsi le petit cairn qui avait échappé à notre vigilance. Cette petite sente rocailleuse et parfois même très escarpée descend dans la forêt entre les rocs des Maures et ceux de La Roca de Saint-Etienne. Elle aussi est balisée en jaune. Elle finit par atteindre une autre intersection de sentiers. Le sentier descendant à main droite est celui du retour et ramène le promeneur vers la piste du col de Torn et celui partant à gauche va directement vers notre objectif du jour. Le petit ermitage est 300 mètres plus loin et plus haut. Comme une fois arrivés là-haut, nous l’avons trouvé fermé, on s’est contenté d’en faire le tour prenant au passage et sous toutes ses coutures de nombreuses photos de l’édifice mais aussi de très belles vues sur la forêt et le village de Clara. Le retour vers Clara est désormais d’une grande simplicité puisque après cet aller retour vers la chapelle, on retrouve la piste DFCI CO40 qui nous ramène sans souci au village. Telle que nous l’avons accomplie, égarement vers le Roc de la Collade non inclus, cette boucle est longue d’une douzaine de kilomètres environ pour un dénivelé de moins de 500 mètres mais comme vous l’avez lu dans mon récit se perdre a parfois du bon. Ce jour-là, j’ai fait mienne cette citation du Rabbin Nahman de Bratslav « Ne demande jamais ton chemin à quelqu’un qui le connaît, car tu ne pourrais pas t’égarer » que j’ai transformé en une version très personnelle beaucoup plus moderne :« Ne demande jamais ton chemin à ton GPS qui le connaît, car tu ne pourrais pas t’égarer ! ». Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top 25.

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  • LA-CHAPELLE-RUINEE-DE-SEQUI
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    C’est en septembre 2011 en effectuant le Tour des Fenouillèdes en 5 jours que j’ai découvert pour la première fois la chapelle ruinée de Séquières que l’on écrit parfois Séquerre ou encore Séquère.  Enfin découvrir n’est pas vraiment le mot juste puisque c’est en compulsant la carte IGN de ce coin entre Conflent et Fenouillèdes que j’ai aperçu ce nom-là pour la toute première fois accolé à l’abréviation « Chap.Rnée ». Depuis cette époque, cette mention de « chapelle ruinée » était restée dans un coin de ma tête d’autant plus facilement que je m’étais aperçu qu’un sentier de randonnée semblait y circuler faisant le joint entre le Tour des Fenouillèdes et le G.R.36. Voilà comment a germé dans ma tête l’idée d’aller à la rencontre de cette chapelle romane dont j’ignorais tout au cours d’une boucle pédestre. Autant le dire, depuis j’ai amplement visité la chapelle et malgré ça, je n’en connais guère plus aujourd’hui mais il semble que je ne sois pas le seul dans ce cas. Alors, la chapelle ruinée de Séquières veut-elle garder tous ses mystères ? Il semble que oui au regard des rares informations historiques que j’ai pu glaner deci delà sur Internet. Voilà ce qu’écrit l’historien Jean Tosti dans la page Internet consacré à la commune de Trévillach : « Séquère apparaît en 1001 sous la forme Saccaria, puis Sachera en 1023. On y trouve l'élément oronymique bien connu car, quer, désignant un rocher, le premier élément pouvant être l'article archaïque sa, ce qui donnerait comme traduction "la roche". Autre possibilité : l'élément prélatin sek, avec le sens de "hauteur", autrement dit "la roche élevée" ». ça c’est pour l’origine supposée du nom puis il rajoute un peu plus loin « L'église romane, dédiée à Saint Vincent, date sans doute du début du XIIe siècle. Elle fut utilisée comme bergerie au XIXe siècle. Quant au château, parallélépipède d'environ 13 mètres sur 20, haut d'une dizaine de mètres, sa construction doit remonter à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle. De l'intérieur du château émergent deux étranges piliers, hauts de plus de 12 mètres, surnommés les Demoiselles par les habitants de Trévillach ». Quand au site dédié à l’Histoire du Roussillon, il consacre une petite page à Séquerre mais elle ne nous en apprend guère plus si ce n’est que « Comme pour Palmes, il n'y a plus de mention connue jusqu'en 1410 ou un autre document nous apprend que Bernard-Berenger de Perpertusa est seigneur de Roquevert, Trevillach, Sequerra, etc... » Voilà c’est à peu près tout mais on peut rajouter que le plateau de Séquières était au 19eme siècle, toujours selon Jean Tosti, essentiellement destiné à la culture du seigle. Alors, bien sûr en démarrant cette randonnée pédestre, j’étais informé que nous allions voir des ruines mais je m’étais refusé à regarder la moindre photo sur Internet voulant garder au moins cette petite part de mystère qu’est la découverte d’un patrimoine complètement oublié. Il faut simplement espérer que des institutions comme la Fondation du Patrimoine chargées de la conservation de ce type d’héritage pourront un jour ou l’autre redonner un peu de vie à ce lieu magnifique qu’est Séquières. Bon, c’est vrai il y a énormément de boulot mais pensons à ceux qui ont élevé ces chefs d’œuvre, il y a 8 ou 9 siècles, ils n’avaient pas nos moyens matériels actuels ! Nous avons démarré de Tarerach où nous avons laissé notre voiture rue des Lauriers c'est-à-dire exactement au départ de cette boucle et sur le parcours même du Tour des Fenouillèdes que j’avais emprunté avec mon fils en septembre 2011. Là, direction Marcevol comme l’indique une pancarte où l’on peut voir deux balisages : celui peint en jaune et rouge propre au Tour des Fenouillèdes et un autre de couleur orange réservé au tourisme équestre. Nous, nous n’avions pas de chevaux, juste nos sacs à dos, alors on s’est mis en marche aussitôt….Tiens, ça rime tout ça !  Un large chemin bordé de jardins potagers nous éloigne très rapidement du village. La chemin se rétrécie au moment où la déclivité s’accentue. Après un sous-bois de chênes verts, le sentier se faufile dans un maquis typiquement méditerranéen en alternant de rares passages en balcon plutôt corrects, mais surtout de longues parties pentues très caillouteuses ou bien sableuses et gréseuses profondément ravinées. Les jolies vues se dévoilent à la fois sur Tarerach mais aussi beaucoup plus loin vers une vaste plaine plantée essentiellement de vignes et de quelques boqueteaux. Cette cuvette est enserrée de trois côtés sauf vers l’est c'est-à-dire vers la Plaine du Roussillon par une longue ligne de crêtes ondulées que composent des collines boisées de chênes verts. D’ailleurs, même si le sentier se dirige  vers un collet, nous sommes clairement entrain de grimper une de ces petites collines qu’ici on appelle « sarrats ». Une fois le collet atteint, la carte IGN nous apprend qu’il est formé de deux rocs aux noms assez insolites : côté est, le Roc del Moro (775m) facilement traduisible en Rocher du Maure et côté ouest, le Roc del Cucut (808m) que l’on traduira du catalan en Rocher du Coucou. A ce collet, je n’y ai rencontré ni maure ni coucou mais comme je suis toujours à l’affût d’oiseaux pour les photographier, ce jour-là, j’ai eu beaucoup de chance et de nombreux passereaux sont entrés dans mon numérique : mésange, pinson, grive, étourneaux, verdier, rouge-gorge, moineaux, merle, etc… Certains catalans diront que j’ai eu une chance de « cucut » tant il est difficile de photographié des oiseaux. En tous cas, une fois arrivé à ce collet, regardez bien sur votre droite et vous y découvrirez une curieuse pierre dressée tel un menhir qu’un Obélix distrait aurait oublié là et si vous êtes vraiment intéressés par les très vieilles pierres sachez qu’au sommet du Roc del Moro a été découvert un « petit oppidum protohistorique dont les fortifications en pierre sèche conservent encore une assez bonne élévation »(Lieux et légendes du Roussillon et des Pyrénées catalanes-Jean Abelanet-Llibres del Trabucaire-1999). Les panoramas s’entrouvrent sur la vallée de la Têt et le Massif du Canigou merveilleusement enneigé à cette époque de l’année. On commence à peine à entamer une appréciable descente qu’il faut déjà la quitter au profit du G.R.36 qui lui, ne lambine pas à remonter abruptement dans un chemin plus large mais crevassé à l’extrême. Heureusement, cette mauvaise portion de l’itinéraire est très courte et l’on rejoint très rapidement une bonne piste forestière. Là, tout en montant vers le col de Guès (821 m), le regard embrasse des magnifiques paysages. Alors on s’arrête, on reprend son souffle, on prend son temps et on essaye de donner des noms aux lieux aperçus et aux hameaux que l’on aperçoit en contrebas : Marcevol et Arboussols essentiellement. Puis, la piste entre dans une belle forêt de conifères aux nombreux champignons que les premiers frimas de décembre ont définitivement figés dans la glace. La piste monte en zigzaguant mais des vues se font jour sur la longue chaîne des Pyrénées enneigées et la magnifique Forêt domaniale du Fenouillèdes aux prodigieuses couleurs confuses. Sur un lavis d’un ciel bleu presque immaculé, les différentes nuances de verts des résineux et de certains persistants se mélangent aux roux des caduques et aux multiples bruns et gris de la garrigue créant ainsi un tableau digne des meilleurs aquarellistes anglais du Siècle d’Or. Quand le col est atteint, l’heure de prendre un peu de repos et de pique-niquer est déjà là et nous allons manger sur l’herbe sous les yeux incrédules de quelques chasseurs qui font le guet. Oui, nous sommes mardi et pourtant il y a bien une battue aux gros gibiers et nous ne l’avions pas prévue. Heureusement, il n’est pas loin de midi et cette « chasse » va bientôt se terminer. Par contre, en reprenant la route, nous serons bouleversés quand nous constaterons qu’elle s’est déjà très mal terminée pour un pauvre petit chevreuil. Quelques kilos de viande pour au bas mot 20 à 25 chasseurs selon l’estimation que j’ai pu faire ? N’aurait-il pas été préférable qu’ils aillent s’acheter deux ou trois steaks chacun plutôt que d’ôter la vie à ce pauvre petit animal qui ne demandait qu’à gambader dans cette belle forêt ? Nous aurions pu en débattre d’ailleurs, mais peut-être que d’autres l’ont fait avant nous en ce lieu étrangement baptisé « le Débat » où nous ne tardons pas à arriver. Il s’agit d’un long bâtiment formé de plusieurs pièces dont la moitié est en ruines. Derrière la bâtisse se trouve une citerne DFCI. Sur Internet, après de longues recherches, l’histoire nous apprend que dans les années 1942-1944, ici on ne débattait pas de chasse envers les animaux mais d’une autre chasse, celle que les maquisards menaient sur la stratégie à adopter pour combattre l’occupant allemand, voilà pour l’explication de ce nom.  En tous cas, débattre aujourd’hui de la chasse semble peine perdue puisque les animaux semblent se raréfier si je tiens compte des dires de certains chasseurs mais que cette « activité sportive » continue de plus belle comme si de rien n’était. Finalement, nous allons pouvoir poursuivre plus sereinement notre chemin car les chasseurs ont finalement retrouvés leurs chiens perdus que l’on entendait hurler dans le lointain. Ces chiens perdus ne sont pas sans collier mais en plus, ils sont désormais équipés de balises GPS ultrasophistiquées, alors les retrouver est un jeu d’enfant. A quand le gibier équipé également de GPS ? Dans leurs puissants et nauséabonds 4x4, les chasseurs sont définitivement partis et nous reprenons notre itinéraire dans le silence retrouvé que seul le gazouillis de quelques passereaux perturbe agréablement. Après le Débat, dominé au loin par la silhouette débonnaire de quelques monts plus élevés comme le Roc de Curet (825 m) et le Roc Sisterne (832 m), le parcours se poursuit encore quelques temps au sein de la forêt, croisant au passage quelques étonnants magmas rocheux granitiques. Au loin, une trouée laisse entrevoir des ruines. Séquières sans doute ? Puis, après une dernière sapinière de reboisement, les espaces s’entrouvrent sur un plateau à la végétation broussailleuse plus basse. Bien qu’aucunes ruines ne soient visibles, on imagine que le plateau de Séquières n’est plus très loin. De nouveaux et beaux panoramas apparaissent où l’œil du randonneur averti peut très facilement reconnaître le Massif du Madres, le Pic Dourmidou, la forêt de Boucheville et son point culminant le Sarrat Naout, Rabouillet, le Pech de Bugarach et un peu plus près de nous, le village de Campoussy. Peu après la côte 651 sur la carte IGN, on délaisse la piste principale au profit d’un large chemin herbeux qui part dans la garrigue. Peu de temps après, les ruines de l’église et du château de Séquières sont désormais visibles dans la ligne de mire mais plutôt que de poursuivre tout droit et au jugé, on reste bien tranquillement sur le chemin herbeux qui finalement atterri en surplomb d’un grand hangar verdâtre non loin d’une petite route asphaltée. Il suffit de rejoindre cette route et de la suivre par la gauche. Elle passe à proximité d’un mas et file jusqu’à un embranchement où vers la droite, un chemin creux bordé de pierres mène directement aux deux vieilles bâtisses. On est très rapidement interloqué par ces étonnantes ruines complètement isolées en bordure de cet impressionnant à-pic donnant sur la vallée du ruisseau de la Rapane où l’on distingue tout en bas la petite route sinueuse filant vers Sournia. Puis dans un deuxième temps, les questions surgissent : Qui a eu l’idée de construire ces édifices éloignés de tout ? Et surtout pourquoi ici ? Si on peut imaginer l’utilité de l’église, on reste très indécis quand à l’intérêt d’avoir construit ce château dont il ne reste que les quatre murs immenses et les deux « Demoiselles », ces hautes colonnes de pierre quasi parfaites qui devaient soutenir la toiture ? Et d’ailleurs est-ce bien un château ou bien une grange fortifiée comme certains le supposent ? En tous cas, il semble que par ici, on craignait bougrement les visiteurs car or mis quelques meurtrières, les ouvertures sont quasiment inexistantes dans les deux monuments. Les mystères resteront entiers à moins que de nouvelles archives soient un jour découvertes. Après cette envoûtante visite, il est temps d’entreprendre le chemin du retour vers Tarerach en empruntant le sentier qui démarre devant le château et file entre les ruines de rares mais évidentes habitations. Quelques mètres plus loin, on retrouve une bonne piste que l’on prend à main gauche. Elle louvoie dans la garrigue, on laisse sur la gauche le domaine privé du Prat de l’Estang puis sans doute le Cortal Bascou en cours de rénovation et sur la droite le Cortal Sire. Au loin le pic du Canigou que l’on avait un peu trop vite oublié fait une belle réapparition dans un horizon désormais laiteux. Près d’un petit col, on retrouve l’asphalte d’une route qui descend vers le col des Auzines mais on le délaisse au profit de la terre d’une première piste DFCI F75 qui part à droite puis d’une deuxième qui monte en pente douce en direction du Roc del Gotier (765 m). On va poursuivre cette piste sur un peu plus d’un kilomètre jusqu’à rencontrer une pancarte indiquant Tarerach. Tout en montant, la piste contourne et domine le Cortal Sire. Des vues nouvelles sur le plateau de Séquières apparaissent et chose que l’on n’avait pas automatiquement observé jusqu’à présent, nos objectifs du jour sont bien au sommet d’un petit promontoire. Quand la pancarte Tarérach se présente, il suffit de quitter la piste au profit d’un étroit sentier caillouteux qui rejoint le village en un quart d’heures. Hors mis l’église et quelques petites venelles, il n’y a pas grand-chose à voir à Tarerach mais il y a aussi une placette avec un joli préau et pour moi, ça reste un très bon souvenir de mon Tour des Fenouillèdes car alors qu’il s’était mis à pleuvoir lors de cette première étape nous menant de Trilla à Eus, le préau avait été un agréable refuge où mon fils et moi avions pu déjeuner bien tranquillement et surtout au sec. Cette boucle telle que décrite est longue d’environ 17 kilomètres. Le dénivelé est de 295 mètres car le point le plus bas est Tarérach situé à 526 mètres et le plus haut, le col de Guès à 821 mètres d’altitude. De bonnes chaussures de randonnées sont conseillées en raison de passages très caillouteux notamment au départ et à l’arrivée à Tarerach. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25.

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  • Mes enfants m’ont offert pour Noël, un très beau livre intitulé « Sormiou, le berceau bleu de mes souvenirs ». Or, aujourd’hui, même si j’en recommande vivement la lecture car j’ai pris beaucoup de plaisir à le lire, c’est plus de son principal auteur que j’ai envie de vous parler que du livre lui-même.

    Cet auteur, auquel aujourd’hui je veux rendre hommage au travers de cette très humble chronique, c’est le célèbre Albert Falco qui malheureusement nous a quitté en avril 2012, quelques mois après l’impression et la parution de ce livre dans lequel il nous raconte son remarquable parcours d’homme, de plongeur et de marin. Moi, je vais l’appeler Bébert car à Sormiou, tout les calanquais l’appelaient comme ça et je suis persuadé qu’il aurait voulu qu’il en soit ainsi. Je dis de lui qu’il est « célèbre » mais en réalité, j’avoue que je n’en sais trop rien mais il y a une chose dont je suis certain, c’est qu’il est forcément connu des gens de ma génération et à fortiori de la précédente mais à coup sûr de toutes les personnes qui, un jour ou l’autre, se sont intéressés de près ou de loin aux « choses de la mer ». Sur le plan mondial, ça fait tout de même beaucoup de monde !

    En effet, qui de la génération des années 1930 à 1960 ne connaît pas « le Monde du Silence » de Louis Malle et de l’illustre commandant Cousteau, film primé en 1956 par une Palme d’Or au Festival de Cannes et un Oscar à Hollywood en 1957 ? Qui, de ces générations-là n’a pas un jour ou l’autre, vu à la télé ou même possédé tout ou partie de la collection des aventures cinématographiques de la légendaire Calypso, intitulée « l’Odyssée sous-marine de l’équipe Cousteau » ? Alors forcément, même si Albert Falco est un peu moins connu des générations qui ont suivi et des jeunes d’aujourd’hui, il restera à jamais l’apprivoiseur de Jojo le mérou et l’irremplaçable chef plongeur et capitaine de la Calypso. A la fin de son livre, il suffit de lire sa « Chronologie » pour prendre conscience de la richesse de son incroyable parcours.  

    Moi, je l’avoue, j’ai un regard un peu faussé de Bébert. Mais comment pourrait-il en être autrement, car toutes proportions gardées, si Sormiou a été le berceau bleu de ses souvenirs, la calanque a été et est encore aujourd’hui largement le mien ? Sormiou, j’y suis quasiment né, enfin pas très loin, dans ce quartier de Marseille qui s’appelle Mazargues et qui est tout proche de la calanque. Mes grands-parents et mes parents ont toujours été détenteurs d’un cabanon au sein de la calanque et tout enfant, j’y venais, comme Bébert, par le sentier des Escourtines ou bien celui des Treize Contours avant que la route bitumée ne voit le jour. Comme son propre père, le mien y a toujours eu un bateau qu’il construisait d’ailleurs lui-même et qu’ici on appelle « bette », « barquette », « pointu » ou encore « youyous » quand ils sont plus petits. Mais bon, Sormiou, j’aurais sans doute l’occasion de vous en reparler un jour ou l’autre dans le « Journal mensuel » de mon blog, car si cette merveilleuse calanque a été le « berceau bleu » de Bébert et aussi le mien, je n’en garde pas que des bons souvenirs car elle a été aussi le « cercueil noir » de mon frère Daniel, qui en 1992 y a perdu la vie par un beau matin de juillet sur un quai de son petit port. Il venait tout juste d’avoir 46 ans.

    Mais revenons à Bébert car rien que d’écrire ces quelques lignes au sujet de mon frère, il m’en vient les larmes aux yeux….mais c’est sûr, je vous reparlerais un jour ou l’autre de Sormiou, ce berceau bleu de mes souvenirs à moi aussi.

    D’Albert Falco, je ne peux pas avoir un regard vraiment objectif car voilà un homme qui m’a fait rêvé la mer comme personne et notamment à travers ses films mais pas seulement. Personnellement, plutôt que de lire « sa vie », j’aurais nettement préféré qu’il me la raconte. Oui, cela aurait été sans doute génial et surtout possible car nous avons assez souvent vécu non loin l’un de l’autre à la calanque de Sormiou. En 1971, quand son cabanon a brûlé, il est venu s’installer pendant quelques années non loin du mien à celui qui s’appelle le « Conteur d’Ô » mais que nous, nous avions toujours appelé « le cabanon des Gomme » car une famille portant ce nom-là y avait vécu quelques années auparavant. Mais les circonstances n’ont jamais été réunies pour qu’il me raconte sa vie. Moi, parce qu’il m’intimidait et lui, car il avait sans doute d’autres passions à assouvir et d’autres missions lointaines à accomplir que de s’occuper de moi. A vrai dire, nous ne sommes pas souvent croisés. Parfois, depuis mon cabanon, je le voyais accoudé à la balustrade du sien, regardant la mer qui sans doute, l’appelait sans cesse même quand il était en vacances.

    Pourtant, les occasions de lui parler sont parfois arrivées mais je lui disais simplement bonjour et j’ai toujours pensé que le fait qu’il me réponde, suffisait à mon bonheur. Je me trompais et je m’aperçois aujourd’hui que j’aurais peut-être dû aller vers lui quand les occasions se présentèrent et pourtant par deux fois, je m’y suis essayé.  Ces deux anecdotes, elles sont profondément ancrées dans ma tête et je vais tenté de vous les raconter comme je m’en souviens aujourd’hui. Mais avant tout, précisons que Bébert était plus âgé que moi d’une vingtaine d’années. 22 ans pour être exact. Voilà ces anecdotes :

     

    -          Je devais avoir treize ou quatorze ans, peut-être un peu moins et déjà j’étais un vrai passionné de chasse sous-marine depuis 2 ou 3 ans. Passionné mais pas vraiment doué car sans doute un peu trop nerveux au moment fatidique où il fallait approcher les poissons et appuyer sur la gâchette de mon minuscule harpon équipé d’un trident. Mais heureusement quelques années plus tard, je vais finalement me calmer et là, ça changera du tout au tout et je vais « tirer mon épingle du jeu ». Mais revenons à Sormiou et à ce jour-là. Alors que j’étais sur le chemin qui va de la plage au port, je vois Bébert arriver en tenue de chasseur sous-marin avec sa combinaison néoprène et dans les mains, son masque, son tuba, ses palmes et son fusil. Pour moi, à l’époque, avec mes yeux d’enfant, il était déjà « l’immense Bébert », le plongeur de la Calypso, l’amadoueur des gros poissons et des requins notamment et surtout l’acteur de cinéma que j’avais déjà vu dans quelques films : le Grand Conclu, un film sur les holothuries qu’ici à Marseille on appelle « boudins de mer » et bien sûr, le Monde du Silence. Evidemment, je lui emboîte le pas et le voilà qu’il se met à l’eau juste devant mon cabanon à l’endroit même où j’avais l’habitude de me baigner et de « pêcher » mes pataclets et mes gobies. Il ne prête pas attention à moi, mais moi, je ne le quitte pas des yeux. Je le vois traverser les Cabesailles et disparaître très rapidement derrière la Pointe de la Busque que les calanquais appellent plus communément « Blanc » et désormais plus connue comme étant la pointe où se trouve le cabanon de Fabio Montale, la célèbre série télé avec Alain Delon. Que croyez-vous que j’ai fait ? Je l’ai attendu là, sur les rochers, au bord de l’eau, à me faire bronzer pendant plus de deux heures en espérant bien sûr qu’il ne sorte pas de l’eau ailleurs. Puis, au bout de deux heures, je l’ai vu revenir et quant il est ressorti de l’eau, autant le dire, j’étais plutôt déçu. Avec mon regard de jeune adolescent et l’admiration que je lui portais, je m’attendais à le voir sortir avec d’énormes poissons à la ceinture comme j’en avais vu nagé très souvent dans ses films et au lieu de ça,  il n’avait que quelques beaux sars, deux ou trois loups et muges plutôt moyens et surtout un très beau poisson aux multiples couleurs chatoyantes que je voyais pour la toute première fois. C’est ce poisson-là dont la maille faisait au moins 30 centimètres qui ce jour-là m’impressionna le plus, non pas à cause de sa taille mais de ses belles couleurs bigarrées. Quelques années plus tard, j’appris qu’il s’agissait d’un Labre paon ou plus exactement d’un Crénilabre paon (Symphodus Tinca)  mais qu’ici à Marseille, on appele plus couramment des « vieilles » ou des « roucaous ». Bébert a ôté son masque, son tuba et ses palmes et moi, je le regardais sans rien dire. J’avais pourtant une envie folle de lui adresser la parole mais je ne savais pas quoi lui dire et en tous cas, les mots n’arrivaient pas à sortir de ma bouche. Puis finalement, le voyant un peu embarrassé avec son matériel et sa douzaine de beaux poissons, je lui ai dit « belle pêche, je peux vous aider Monsieur » mais très gentiment il m’a répondu « non merci, ça va aller ! » puis il a rajouté « ça te ferait plaisir si je t’offrais un poisson ou deux » et là, je ne sais pas ce qui s’est passé dans ma tête mais j’ai bêtement répondu avec un mensonge « non, merci, moi aussi je fais de la pêche sous-marine et j’en attrape aussi des poissons comme ceux-là ! ». Il a simplement eu un petit sourire et a dit « Ah bon !  Très bien ! ». Puis il est parti. Je l’ai suivi jusqu’au chemin et se dirigeant vers la plage, il a très rapidement disparu et je suis resté très longtemps sans plus le revoir. Dans la seconde qui a suivi cette première rencontre, je regrettais déjà mes paroles, je m’en voulais d’avoir menti et fanfaronné à « Monsieur Albert Falco » mais ce jour-là, je me suis fait une promesse : « attraper à la chasse sous-marine autant de poissons que Bébert venait d’en sortir ce jour-là et surtout attraper ce magnifique poisson multicolore que j’avais aperçu accroché à sa ceinture». Voilà la petite histoire de ma vraie première rencontre avec Bébert. Cette courte rencontre a accouché d’un mensonge mais surtout d’une promesse d’enfant, promesse qui finalement a du m’être utile puisque elle s’est exaucée plus tard des dizaines voire quelques centaines de fois. Mais ce n’est pas tout. A partir de ce jour-là, mon parcours de chasse sous-marine préféré a été de me mettre à l’eau devant mon cabanon, de traverser les Cabesailles puis de partir derrière la Pointe de Blanc en direction de la crique de la Palée ou de Cancéou en passant par le récif de la Loude (renommée depuis peu Réserve Albert Falco) quand ce n’était pas jusqu’au Cap de Morgiou. Plus je grandissais ou vieillissais, plus je prenais de l’assurance et plus j’allais loin. Très souvent, quand j’estimais avoir le poisson suffisant à ma consommation personnelle, je me baladais uniquement pour le plaisir des yeux. Oui, je peux vraiment le dire, ce jour-là,  Bébert m’avait montré un chemin, un chemin magnifique qu’il m’arrive encore de parcourir aujourd’hui, même si je ne vais plus aussi loin qu’avant. Je ne me suis jamais lassé d’y découvrir de merveilleux fonds sous-marins.

     

    -          La deuxième rencontre avec Bébert est plus récente, beaucoup plus cocasse mais malheureusement pour moi, elle aussi s’est terminée en « eau de boudin ». C’était il y a une dizaine d’années, peut-être moins, je ne sais plus exactement et ce soir-là, à Sormiou c’était la fête. Les organisateurs avaient programmé une « belle » sardinade à laquelle tous les calanquais et amis étaient conviés moyennant une modeste obole. Tout à fait par hasard, à un moment de la soirée qui était déjà bien avancée, Bébert et moi nous nous sommes retrouvés en tête à tête devant une table, à quémander sans doute du rabiot ou un verre d’apéro supplémentaire au jeune garçon qui faisait office de serveur. Ce soir-là, très spontanémment, nous nous sommes serrés la main et c’est lui qui a engagé la conversation en me demandant si j’étais un « calanquais ». Sur le moment,  j’ai été très surpris de sa question et Bébert, c’est rendu compte de mon air étonné mais il fut sans doute encore plus surpris de ma réponse quand je lui dis que je venais tous les ans passer mes vacances à Sormiou depuis ma plus tendre enfance. Il me demanda mon nom qu’il semblait connaître ou du moins avoir déjà entendu puis il me demanda où se trouvait mon cabanon. Je lui décrivis l’endroit en insistant sur le fait que mon cabanon était non loin de celui s’appelant le « Conteur d’Ô » qu’il avait loué quelques années. En se dirigeant vers la plage, un petit cabanon juste après le virage ai-je rajouté. Ainsi, nous engageâmes une vraie conversation dont j’étais ravi car Bébert s’intéressait enfin  à moi. En tous cas, il s’intéressait à ma famille et semblait très surpris de ne pas mieux nous connaître au regard des premières réponses que je lui avais fournies. Bien sûr, j’ai insisté sur le fait que notre cabanon était un peu isolé des autres mais aussi que nous avions toujours été une famille discrète voire timide et parfois même un peu introvertie chez certains de nos membres. Je lui ai dit également que j’habitais la région perpignanaise et que depuis très longtemps je ne venais que quelques jours par an et le plus souvent pour les vacances d’été. Mais ensuite,  quelques-unes de mes réponses le troublèrent et semblèrent même un peu le contrarier quand je lui dit qu’étant plus jeune, j’avais toujours ressenti et même vécu une certaine rivalité entre les enfants de la plage et ceux du port, allant même jusqu’à lui dire que j’avais eu le sentiment qu’il y avait eu deux bandes distinctes, les riches côté plage et les pauvres côté port dont j’avais fait partie. Je ne sais pas si Bébert s’est senti visé car plus jeune il avait toujours vécu à Sormiou côté plage mais il semblait en total désaccord avec ma manière de voir les choses insistant notamment sur le fait que lui, il avait toujours eu beaucoup d’amis des deux côtés. Je lui ai dit que cette période des clans n’avait peut-être pas toujours existé et qu’en tous cas elle n’avait pas perduré dans le temps notamment pour mes propres enfants. La conversation allait bon train quand tout à coup, j’entendis un grand bruit et n’ayant pas le temps de me reculer quelques assiettes de sardines et plusieurs bouteilles d’apéritifs vinrent me tomber sur le bas du ventre et les jambes. Le serveur venait de renverser malencontreusement la planche servant de table qui se trouvait sur deux tréteaux. Ce petit désastre aurait pu s’arrêter là car bien que quelques bouteilles s’étaient cassées en percutant le sol, personne n’était blessé mais malheureusement une bouteille de pastis mal bouchée était tombée sur mes cuisses et désormais, j’empestais l’anis tel un vrai poivrot. Quelques sardines avaient même fini sur mon bermuda. Cet incident mit fin à notre conversation qui s’arrêta là brutalement, Bébert me disant sur le ton de la plaisanterie « vous devriez quand même aller vous changer ! ». J’étais à la fois déconcerté et en colère contre le serveur, même si je ne voulais pas le lui montrer,  mais j’étais surtout furax d’être contraint de mettre un terme à cette conversation avec le « grand Albert Falco ». J’aurais eu envie d’argumenter mon point de vue sur ce « mur virtuel » qu’il y avait eu entre les « riches » de la plage et « les pauvres » du port au temps de mon enfance et de ma jeunesse. J’aurais eu envie de lui dire que ce mur, il ne l’avait sans doute pas ressenti ou connu à la fois car nous n’étions pas de la même génération mais aussi parce que très jeune, il avait eu l’occasion de côtoyer des gens très intéressants qui l’avaient sorti d’une certaine oisiveté en l’initiant très jeune à la chasse et à la plongée sous-marine. J’aurais eu envie de lui dire que cette oisiveté, nous enfants du port de Sormiou, nous l’avions inévitablement connu car nos passe-temps favoris étaient très souvent les mêmes avec essentiellement des bains de mer et des balades sur les crêtes avec les copains, les seuls vrais entractes à ces divertissements étant les 14 juillet et les 15 août, jours de fêtes, les parties de pêche avec mon père le week-end ou bien quand nos parents nous autorisaient à aller « caler » les gireliers ou les jambins. J’aurais eu envie de lui parler de notre première rencontre au bord de l’eau, juste histoire de voir s’il avait gardé un quelconque souvenir de mon « affreux » mensonge. Non, à mon grand regret, je n’ai jamais pu finir cette conversation car ce soir-là, j’ai salué Bébert, j’ai quitté la sardinade avec mon bermuda trempé  et tâché et je suis parti me coucher avec l’odeur du pastis plein les narines. Jamais plus l’occasion de se parler n’est vraiment revenue. Lors d’un concours de pêche où notre bateau avait fini trois ou quatrième, Bébert remettant les prix aux vainqueurs, nous nous serrâmes la main une fois encore mais ce fut la dernière car je ne le revis ensuite que très rarement.

    Voilà ce que j’avais envie de dire d’Albert FALCO, deux rencontres complètement ratées comme des bleus sur la peau, des bleus inaltérables et un homme que je n’ai jamais vraiment connu et que j’ai pourtant toujours profondément admiré….car autant le dire, si Bébert a eu la vie qu’il avait toujours rêvé d’avoir, moi depuis que j’ai quitté mon berceau bleu, j’ai souvent rêvé d’avoir la même que la sienne. Une vie face à face avec le bleu de la mer…

    Gilbert JULLIEN


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  • LA-TOUR-DE-LA-MADELOC

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    La Tour de la Madeloc à partir de Banyuls-sur-Mer est une balade incontournable de notre département des Pyrénées-Orientales bien connue de tous les clubs de randonnées pédestres. Faut-il pour autant que je la néglige et que je ne l’inscrive pas dans mon blog ? A cette question, je réponds non. J’en veux pour preuve le nombre de plus en plus accrus de blogueurs qui s’étonnent de ne pas voir dans mon blog d’explications pour gravir le Pic du Canigou sur une seule journée. Il est vrai que depuis que le massif est devenu Grand Site de France, sauf à partir de très loin ou à prendre un taxi parfois à un tarif un peu prohibitif, notre « Olympe » est devenu de plus en plus inabordable. Autre cas que celui de cette autre blogueuse, touriste estivale et fidèle de notre région mais que le moindre dénivelé rebutait, qui m’avait adressé un mail  pour se plaindre de ne pas avoir trouvé le tour du lac de Villeneuve-de-la-Raho dans mes « Belles Randonnées Expliquées ». Elle rouspétait, à juste titre, de ne trouver que des randonnées ascensionnelles. Elle m’avait fait remarquer qu’après avoir arpenté pendant dix ans, en long et en large (enfin en large sans doute pas !), toutes les plages de notre département, une amie lui avait fait découvrir notre « populaire » lac de la Raho qu’elle avait trouvé tout simplement merveilleux sur fond de Canigou se reflétant dans ses eaux immobiles.  Alors, c’est promis, je ne négligerais jamais les « Incontournables » randonnées de notre département et voici le récit de cette jolie boucle qui m’a permis à partir de Banyuls-sur-Mer de gravir la Madeloc par le mythique G.R.10. En laissant ma voiture sur un parking du front de mer, je ne sais pas pourquoi mais je me suis mis à penser à une histoire que j’avais lu quelques semaines auparavant dans un vieux Géo Magazine. Cet article relatait le départ de la traversée des Pyrénées par le G.R.10 du fameux guide pyrénéen et écrivain Louis Audoubert. Il paraît que sur la plage de Banyuls, Audoubert s’était d’abord baigné puis, sortant de l’eau, il avait aussitôt troqué son maillot de bain contre sa tenue de parfait montagnard et c’est ainsi qu’il avait démarré sans attendre son périple de 850 kilomètres. Dieu sait si j’adore me baigner mais cette pensée me fit sourire car nous étions le 6 décembre et je me suis dit que l’eau devait être quand même très fraîche pour faire comme lui, d’autant que ce matin-là, une « bonne » tramontane balayait la plage. J’ai donc harnaché mon sac à dos, longé la promenade en direction de la mairie car je savais que le départ du G.R.10 se trouvait là sous la forme d’une superbe fresque en faïence. Une fois arrivé devant la mairie, si ce n’était une croix blanche et rouge peinte dans l’autre angle de la rue adjacente, c’est à dire sur l’avenue du Général de Gaulle, cette jolie fresque aurait presque tendance à nous induire en erreur en nous incitant à emprunter cette longue avenue. En réalité, il faut simplement traverser cette avenue et les légendaires marques blanches et rouges sont de l’autre côté. On emprunte la rue du Puig del Mas et il suffit désormais de prêter un peu d’attention pour suivre ce balisage au gré de diverses ruelles. Le G.R.10 nous entraîne très rapidement et sans problème hors de la ville. On sort de Banyuls en empruntant un tunnel passant sous la voie ferrée. Quelques minutes plus tard, on en a déjà à grimper l’illustre vignoble pour se retrouver très vite sur un large et bon chemin terreux qui file entre vignes et maquis. Bien qu’encore très loin, la Tour de la Madeloc est déjà là, droit devant, au sommet d’une croupe aride, rocailleuse et déchiquetée. Dans la ligne de mire que forme le chemin, notre rougeâtre et minérale cible du jour contraste avec un magnifique ciel bleu qu’une violente tramontane a purgé de tout nuage depuis quelques jours. Toujours parfaitement balisé, le G.R.10 trace sa route vers le Col de la Llagastèra dans des paysages sans cesse renouvelés et une végétation très changeante : pins, oliviers, agaves, chênes lièges, chênes verts ou blancs, mimosas et même quelques eucalyptus. Derrière, la Côte Vermeille sculpte une façade maritime très irrégulière mais ô combien éclatante. Ici la mer et le ciel aux bleus bien distincts esquissent une ligne d’horizon quasi parfaite bien qu’un peu blanchâtre. C’est là, que réside toute la beauté de cette contrée, d’un côté, la minéralité rougeâtre d’un terroir parsemé de quelques touches verdoyantes d’une végétation nébuleuse mais néanmoins bien présente et de l’autre, la légèreté et la douceur azuréenne de la Méditerranée. Ajoutez à cet incroyable tableau, une luminosité exceptionnelle et on comprend mieux que de nombreux artistes aient fait de cette côte leurs sources d’inspiration et leurs lieux de villégiature. En cette saison, la faune visible est essentiellement représentée par quelques oiseaux, des passereaux pour la plupart, qui, dérangés de mon passage, fusent des vignes et des ronciers pour s’envoler à tire d’ailes. Un épervier plane, s’arrête en continuant de battre des ailes et tel un automate se met à faire du surplace au dessus du Vall Pompo. Deux jolies bergeronnettes grises ont décidés de m’accompagner. Les photographier n’est pas une mince affaire. Sautillant devant moi avec une incroyable légèreté tout en surveillant du coin de l’œil l’espace qui me sépare d’elles, elles n’en n’oublient pas pour autant de picorer les quelques insectes qui parsèment le sol du chemin. Leur survie hivernale en dépend. En arrivant au col de la Llagastèra, on hésite un temps à poursuivre l’itinéraire vers la Madeloc car là-haut sur la colline, notre objectif semble s’être volatilisé. L’illustre tour a disparu. Aurait-elle choisie juste ce jour-là pour s’écrouler ? Non, ce n’est qu’un effet d’optique et n’ayez aucune crainte car bien qu’ayant été construite en 1285, la tour chère à Jacques II de Majorque est solide, encore bien là et le restera sans doute encore très longtemps. A ce col, un ludique table d’orientation nous retient quelques temps. Outre la description classique des paysages environnants, elle raconte brièvement la viticulture au temps des Templiers.  Après cette jolie découverte, on poursuit le bitume avant de descendre vers la droite en direction d’une ravine par un étroit sentier ombragé. Bordé d’un mur de schistes planté de nombreuses fougères Cétérach et de Nombrils de Vénus, le sentier n’a pas encore atteint le fond de la ravine qu’il se met soudain à remonter abruptement en direction de la route que nous venons de quitter. Tout à coup, en passant sous de grands châtaigniers, la pente s’accentue et le sentier devient plus caillouteux. Il coupe trois fois la route asphaltée et prenant de la hauteur, les panoramas s’entrouvrent merveilleusement. Ces ouvertures sont d’autant plus agréables que la « bonne » dénivellation oblige à reprendre son souffle. Le chemin est mauvais, alors plutôt que de regarder ses pieds, on s’arrête et on écarquille les yeux devant tant de beauté. Le col des Gascons est finalement atteint et on est désagréablement surpris et déçu de son altitude. 386 mètres seulement nous annonce le panonceau alors qu’on a le sentiment d’être à une altitude très nettement supérieure. Il est vrai que le départ à l’altitude zéro, le chemin déjà parcouru depuis ce départ et les vues impressionnantes sur Banyuls et les Albères engendrent mais faussent cette impression. Au col, je profite d’une herbe épaisse et grasse pour faire une pause et me restaurer un peu puis je repars toujours en montant sur un sentier commun au G.R.10 et à un petit P.R balisé en jaune. Très rapidement, je vais abandonner le G.R.10 au profit de cet unique balisage de couleur jaune. Malgré un rude dénivelé, la batterie des 500 est vite atteinte. Appelée ainsi car construite à la côte 500, elle fut édifiée comme bon nombre d’autres forts, fortins, batteries, redoutes, épaulements et autres casernements du secteur après la défaite traumatisante contre les Prussiens de la guerre de 1870.  Pour lever cet affront de la défaite de 1871 et avec un évident goût de revanche, à partir de 1874, c’est au Général Séré de Rivières, que revient la lourde tâche d’édifier un système de fortifications sur l’ensemble du territoire connu sous le nom de « rideaux défensifs ». La Côte Vermeille n’y fera pas exception d’autant que l’Etat prend conscience de l’importance de Port-Vendres dans le commerce avec l’Afrique du Nord.  Ici en Roussillon, le général Séré de Rivières ne terminera pas sa tâche, mais le génie militaire sur les bases de ses plans construira la route des crêtes, édifiera les Batterie des 500, de Taillefer et de la Galline ainsi que le fort du Cap Béar. Ici, de Collioure à Banyuls et sur les hauteurs, on trouve désormais un nombre incalculable de fortifications soit plus anciennes car médiévales ou bien érigées par Vauban ou Mailly soit construites de toutes pièces après 1870 ou soit reconstruites sur des emplacements de fortins déjà existants : château Royal, fort Carré, fort Rodon, fort Dugommier, batterie de la Galline, batterie de la Mauresque, batteries des Gascons près du col du même nom, fort Béar, redoutes, casernements et épaulements de la Madeloc, batteries de Taillefer, redoute Mailly, fort Saint-Elme, et j’en oublie sans aucun doute. La caractéristique de tous ces bâtiments du 19eme siècle, c’est qu’ils n’ont pratiquement jamais servi à des fins guerrières. Malgré ça et si certains ont été très bien conservés et entretenus, d’autres parfaitement restaurés, il y en a d’autres comme la batterie des 500 qui ont été complètement oubliés et sont en piteux états car victimes d’actes de vandalisme. J’ai bénéficié des grilles arrachées pour entrer et visiter dans le détail cet héritage historique bafoué. Avant de reprendre la petite route asphaltée qui monte vers l’ancienne tour à signaux, j’en ai profité pour prendre un maximum de photos me disant que passé un autre siècle supplémentaire, il ne restera peut-être plus grand-chose de visible. Puis quand je me suis décidé à quitter ces vestiges, là encore je me suis arrêté sans cesse car tout en montant, les vues sur la côte étaient tout bonnement extraordinaires. Là, je me suis véritablement régalé à « mitrailler » de près ou de loin tout ce qui me paraissait admirable. Mais il y avait tant de belles choses à mettre dans mon numérique : Collioure, Port-Vendres, le cap Béar, Paulilles, Cosprons, les fortifications, la mer, les vignobles en terrasses puis en arrivant à la tour, cette incroyable vision de la côte sableuse, avec une courbe quasi parfaite d’Argelès-sur-Mer jusqu’à l’infini. Ici, grâce à une visibilité exceptionnelle, cet infini avait pour nom Port-la-Nouvelle distant de 60 kilomètres à vol d’oiseau. Derrière la Madeloc, j’ai aperçu sa sœur jumelle, la Tour de la Massane, et dans une incroyable succession de sombres dos d’ânes, l’Albère qui déroulait ses belles forêts jusqu’à ses points culminants que sont les pics des Quatre Termes et le Néoulous. Encore un peu plus loin, j’ai remarqué les sommets enneigés du Canigou et du Madres puis en redescendant vers l’ample plaine du Roussillon, j’ai fini par deviner sous une chape brumeuse, la longue chaîne des Corbières d’où émergeait la monumentale table de la Montagne de Tauch. Après ce manège de paysages, mon seul regret a été l’impossibilité de visiter la tour aujourd’hui occupée par le Groupe TDF et donc fermée au public. Elle reste néanmoins un magnifique monument à regarder même si surmontée de pylônes, truffée d’antennes et bardée de paraboles, elle perd un peu de son authenticité. Mais après tout faut-il regretter qu’elle ait conservé sa fonction première qui était d’émettre et de recevoir des signaux ? En quelques siècles, quels progrès ! La tour est passée de signaux de feux et de fumées visibles de très loin à des signaux hertziens invisibles. Ah si les Rois d’Aragon et de Majorque pouvaient voir ça, à coup sûr, ils se diraient « quel merveilleux outil pour gagner des batailles et des guerres ! ». Après avoir flâné autour du sommet plus que de raison, et notamment sur les différents épaulements militaires, j’ai finalement repris la route en sens inverse, direction la Batterie des 500 puis le col des Gascons. Là, dans la descente, la vue porte jusqu’au cap Creus mais, au fil de l’inclinaison, cet horizon lointain disparaît très vite au profit de la barre rocheuse que constitue la fin des Albères plongeant dans la mer. On y distingue le sommet du Querroig dont je garde le bon souvenir d’une balade pédestre malgré un retour vers Banyuls sous une pluie froide et diluvienne. Au col des Gascons, je n’ai pas repris le G.R 10 mais j’ai poursuivi la petite D.86 jusqu’au premier virage où un large chemin balisé en jaune descend tout droit dans un bois de chênes-lièges. Au fil de la descente, le large chemin se dégrade jusqu’à devenir un étroit sentier exécrable et « tord-chevilles » car très caillouteux. Heureusement, ça ne dure pas longtemps car le sentier s’élargit de nouveau, s’aplanit et devient même agréable car on chemine désormais sur une crête de coteaux de vignes dominant sur la droite le vallon de la Baillaury et sur la gauche celui du Vall Pompo. Il va en être ainsi jusqu’à la blanche petite chapelle de Notre-Dame de la Salette. Ici tout est sérénité et même si la chapelle est fermée, j’ai pris plaisir à m’y reposer quelques instants, le temps d’y finir mon casse-croûte et de parcourir une table d’orientation dominant Banyuls. La chapelle fut construite en 1853 par Bonaventure Reig de la Serra, un très important propriétaire terrien banyulenc qui après s’être rendu à un pèlerinage en Isère à Notre-Dame de la Salette l’avait voulu ainsi. On ignore ses motivations exactes mais descendant d’une famille de viticulteurs depuis les Templiers, Bonaventure Reig était un fervent catholique et un militant très engagé dans sa religion. En quittant la chapelle, le sentier traverse quelques belles villas au style « méditerranéen » et aboutit au Mas Reig, haut-lieu de la viticulture et de l’Ordre du Temple. L’itinéraire passe devant la Gendarmerie et aboutit finalement à l’affluence du Rec du Val Pompo et de la rivière de Baillaury. Là, il suffit de suivre la rivière en empruntant l’avenue du Général de Gaulle et quelques minutes plus tard, on retrouve la mairie, la promenade et la plage. Moi, j’ai encore flâné car dans le lit de la rivière de nombreuses bergeronnettes grises et des ruisseaux ont encore retenu mon attention et celle de mon numérique. Puis j’ai finalement terminé cette longue mais ô combien merveilleuse randonnée que je vous conseille de faire de préférence un jour de grand soleil comme ce fut le cas pour moi. J’estime la distance du parcours effectué à 17 kilomètres pour des montées cumulées de 1.100 mètres environ. Quand au calcul du dénivelé, il ne peut être plus simple : 656 mètres, altitude où se trouve la Tour de la Madeloc. Carte IGN 2549 OT Banyuls-Col du Perthus-Côte Vermeille Top 25.

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  • Je suis outrée, scandalisée quand je vois que la préoccupation première des français (peuple, médias, politique......) se concentre sur une manif pour le droit des homos a se marier, alors qu'au même moment en plus de la crise , du chômage....on met à la rue des familles avec leurs enfants à dormir sur le trottoir, que nos aïeux sont eux aussi jeter a la rue , que des gosses sont arrachés à leurs assiettes par les forces de l'ordre et tout cela , parce que ils ne peuvent plus payer ............................mais c'est quoi ce merdier, c'est quoi ce foutoir (et mes mots sont faibles tant je suis outrée et scandalisée) et à coté de ça on engraisse nos gros porcs de banquiers, de riches, ....et la liste et longue....c'est quand la manif du ras le bol ?????.....
    Et au lieu de mettre un stupide j'aime pour une fois faites quelque chose de bien ...un copier coller et faites suivre....vous le faites bien pour des conneries alors faites le pour un truc utile et intelligent merci......

     

    Gros coup de gueule sur Facebook de mon amie Angelina Rossignyol auquel j'adhère entièrement......

     

     


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