•  LE-CAMI-DELS-ORRIS
    CAMIORRISIGN

    En général quand on va à Salses, c’est soit pour visiter le célèbre château, soit parce qu’on va y voir des amis ou des connaissances et enfin la meilleure des raisons c’est parce qu’on y réside. Alors, vous allez sans doute me traiter d’original, si je vous dis qu’il y a une quatrième bonne raison, c’est celle d’y aller pour randonner. Dans mon blog, ce bon motif, j’avais déjà eu l’occasion de le mettre en exergue en vous emmenant sur un itinéraire très original qui s’appelait le « Cami de las Sanyes ». Cette fois, avec cet article, c’est un autre « cami » que je vais vous faire découvrir et ce dernier bien connu des salséens et des randonneurs du coin s’intitule le « Cami dels Orris ». A vrai dire, si je n’ai rien d’un original, je suis par contre toujours à la recherche de circuits de balades pas trop loin de chez moi que j’appellerais « d’entraînement ». En hiver, ces entraînements ou ces décrassages sont souvent nécessaires avant d’affronter les grands dénivelés ou les longues excursions pyrénéennes qui nous attendent dès l’arrivée des premiers beaux jours. Dans ma bouche, ce terme « d’entraînement »  n’a rien de péjoratif et il ne signifie pas automatiquement « sans intérêt » ou « déplaisant » et d’ailleurs, ce Cami dels Orris n’est ni inintéressant ni désagréable à cheminer. Si comme moi, vous aimez contempler des choses nouvelles et que vous avez toujours cette envie de marcher quelque soit les types de terrains, vous pouvez y aller sans crainte, par contre, si vous pensez y découvrir des quantités d’orris, ces petites cabanes pastorales de pierres sèches, abstenez-vous d’y aller. En effet, je ne pense pas avoir été plus distrait qu’à mon habitude ou bien ne sont-ils pas suffisamment bien indiqués mais je n’ai pas vu le moindre orri sur le parcours en question. Pour en entrevoir trois dont deux bien en ruines, je me suis donné « un mal de chien » et en plus, il a fallu que je marche plusieurs centaines de mètres supplémentaires hors du circuit parfaitement balisé pour les trouver.  Non, sans vouloir offenser celui ou ceux qui lui ont donné ce nom, cette dénomination de  « Cami dels Orris » me semble vraiment inappropriée presque usurpée dirais-je. Bon, personnellement, je l’aurai appelé le « Cami de la Combe Française » mais peu importe, les panonceaux du balisage l’appelant ainsi sont tellement nombreux ; en tous cas nettement plus nombreux que les orris eux-mêmes, qu’il n’aurait pas été très sérieux que je l’appelle différemment sur mon blog. Le départ peut s’effectuer devant le château ou bien devant le parcours sportif qui le jouxte où un premier panonceau est présent juste en dessous de celui indiquant la « Forteresse de Salses ». On longe la route parallèle à la voie ferrée, on passe devant le château, un deuxième panonceau est déjà là et indique la direction à suivre et on poursuit la route bitumée qui nous amène vers un court tunnel permettant le passage sous le réseau autoroutier.  Ici, en sortant de ce boyau métallique, l’asphalte laisse la place à une piste terreuse et si on arrive à oublier le tumulte de la circulation omniprésente, on a le sentiment de basculer dans un autre univers : celui de petites pinèdes verdoyantes, de rangées de cyprès délimitant quelques vignobles soignés aux ceps parfaitement alignés, et surtout de collines arides et d’une garrigue colorée en jaune par les innombrables ajoncs déjà fleuris, prémices d’un printemps qui s’annonce. Sous un chaud soleil d’hiver et un ciel bleu d’une pureté presque absolue, tous ces éléments dessinent un paysage plutôt agréable à cheminer et on est enchanté de se décrasser les poumons de cet air limpide. Le balisage est suffisamment présent pour ne pas que l’on se trompe aux nombreuses intersections. Mais malgré ça, ce n’est pas aussi simple et si évident car peu après le tunnel autoroutier, une pancarte indique le « Cami dels Orris » à gauche et une autre, la présence d’orris si on choisit d’aller tout droit. Alors que faire ? La logique voudrait que l’on continue le circuit mais d’un autre côté, on peut se dire « et si les orris à découvrir étaient hors du parcours balisé ? ». C’est en tous cas, la question que je me suis posée et bien m’en a pris.  Enfin bien ou mal,  comme je suis toujours très curieux sur tout ce qui touche à la nature, j’ai décidé d’aller voir ces fameux « orris ». Comme je l’ai dit plus haut, pour en voir deux dont un en ruines, j’ai tout de même parcouru, au bas mot, plus d’un kilomètre et demi aller-retour. Alors, je ne sais pas si c’est un bien ou un mal et si vous ferez comme moi mais c’est pratiquement les seuls orris que j’ai vu ce jour-là à l’exception d’un autre bien détruit lui aussi qui se trouve au dessus de la carrière.  Après cet aller-retour au milieu du vignoble et des amandiers en fleurs, j’ai emprunté la piste qui entre et poursuit sa route d’abord dans un large vallon puis dans un défilé plus étroit entouré de collines calcaires dénudées côté soulane et de quelques pins côté ubac. Seuls quelques pylônes électriques viennent gâcher le paysage. En souvenir des violents combats qui s’y sont déroulés entre troupes françaises et espagnoles pour la conquête de la célèbre enceinte fortifiée de Salses, ce joli vallon, vous le trouverez sur la carte IGN sous la dénomination de Combe Française. L’histoire retient cette période sous le nom de Siège de Salses (1639-1640) qui a vu tour à tour les deux protagonistes se partageaient la victoire et la défaite. Pas très étonnants ces résultats, quand on sait que l’imposant château est planté là, au beau milieu de la plaine littorale. Il était donc relativement facile d’y encercler une garnison, d’y tenir un blocus et d’y harceler l’ennemi depuis les crêtes des collines environnantes. C’est exactement ce qui s’est passé.  Parmi toutes ces collines, premiers contreforts des Corbières, et quant on regarde la carte, on constate que celles qui dominent la Combe Française sont, depuis l’intérieur des terres, une position stratégique puisqu’elles constituent les derniers remparts naturels avant d’atteindre les profonds fossés et les hautes murailles du château. Alors une fois de plus comme je suis très curieux, une fois arrivé au bout de la combe, je suis sorti de l’itinéraire balisée et j’ai grimpé cette colline pour avoir une vue aérienne du château. En plus de la vue aérienne sur l’imposante forteresse comme je suis arrivé en surplomb de l’ancienne carrière, j’en ai profité pour en faire le tour en longeant le grillage de sécurité, histoire de voir si je ne pouvais pas compléter ma collection de minéraux de quelques cailloux intéressants. Bien sûr, rien ne vous obligera à faire de même et vous pourrez rester sur le « Cami dels Orris ». Pour cela, il suffira que vous poursuiviez le balisage toujours bien présent sur un sentier qui s’est très sérieusement rétréci en montant vers un étroit collet. Avec de magnifiques vues sur l’étang, sur le village de Salses lui-même et sur la plaine roussillonnaise qui s’étire depuis la mer magnifiquement bleutée jusqu’au pied du massif des Albères ou de la cime enneigée du Canigou, le sentier monte et descend dans de minuscules ravines en continuant à zigzaguer dans la garrigue. Il vous amène dans des décors très contrastés vers une  petite colline boisée au joli nom de La Montagnette entourée de quelques pinèdes, de petits prés plantés d’arbrisseaux sauvages et de petites vignes. Juste avant la Montagnette, c’est à dire peu après la carrière, on vous propose deux versions de ce « Cami dels l’Orris » : une version courte intitulée « Petite Boucle » et une version longue ou « Grande Boucle ». Comme j’ai opté pour cette dernière alors bien sûr je ne peux vous parler que de celle-ci. Personnellement, j’ai donc contourné cette « Montagnette » en étant vigilant car de nombreux panonceaux indiquent que les Archers Catalans ont investi les lieux pour en faire leur parcours de tirs. Plus loin, j’ai retrouvé le vignoble roussillonnais qui s’étire ici presque à perte de vue pour arriver au Mas Lacombe où j’ai récupéré une route bitumée qui m’a amené à nouveau sous l’autoroute A9. Après être passé sous le pont autoroutier, je suis arrivé au sud de Salses où par la départementale D.5b je suis très rapidement entré dans le village. La fin est une simple formalité puisqu’une fois dans Salses, il suffit de reprendre la direction du château pour rejoindre sa voiture. Ayant fait deux entorses à l’itinéraire normal  (orris puis carrière) j’ai parcouru une quinzaine de kilomètres pour un faible dénivelé de 120 mètres environ. Je pense que la « Grande Boucle » doit être longue d’à peu près 11 kilomètres. De bonnes chaussures de marche sont vivement conseillé sur ce terrain très souvent rocailleux. Pour ceux qui n’ont jamais visité le château et qui ne connaissent pas son histoire, je vous conseille vivement d’en faire une découverte commentée. Personnellement, j’ai réalisé cette visite il y a déjà quelques années mais j’en garde un souvenir impérissable tant le guide avait su nous faire revivre magnifiquement l’Histoire de ce château. Elle reste parmi les visites guidées les plus intéressantes qu’il m’ait été données de faire. Carte IGN 2547 OT Durban Corbières – Leucate – Plages du Roussillon – Top 25.

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  •  CASSE-TOI-PAUV-CON

     

    Même si rien n’est encore joué quant aux résultats de la prochaine élection présidentielle, j’en connais un (façon de parler bien sûr car je ne le connais pas !) qui doit se satisfaire de voir Nicolas Sarkosy à la peine dans tous les sondages qui donnent systématiquement François Hollande comme vainqueur à quelques semaines du premier tour. Cet homme, je dirais presque ce personnage, s’il n’avait pas remarquablement conservé son anonymat (*), ce qui, il faut l’avouer, tient du miracle dans notre époque surmédiatisée, c’est celui qui, au Salon de l’Agriculture 2008, avait eu le culot monstre de refuser la main tendue de notre Président lui rétorquant : « Ah non, touche-moi pas ! Tu me salis ! ». Ce en quoi, Nicolas Sarkosy lui avait répondu du tac au tac, cette fameuse réplique qui a depuis fait le buzz sur le Net et le tour du monde des millions de fois : « Eh ben, casse-toi pauv’con ! ». Ces quelques mots sont devenus si célèbres qu’ils figurent déjà dans la fameuse encyclopédie Wikipédia et je suis convaincu qu’ils resteront dans l’Histoire au même titre que d’autres « bons mots » illustres tels que ceux de :

    Jésus : « Il faut rendre à César ce qui appartient à César ».

    Jacques Cœur : « A cœur vaillant, rien d’impossible ».

    Henri IV : « Ralliez-vous à mon panache blanc ».

    Sully : « Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France »

    Louis XIV : « L’Etat, c’est moi  »

    Mac Mahon : « Que d’eau ! Que d’eau » ou « J’y suis, j’y reste ».

    Charles de Gaulle : « La France a perdu une bataille ! Mais la France n'a pas perdu la guerre »!"

    Etc.….

    Cette phrase est certes moins glorieuse que certaines citées ci-dessus mais j’en suis sûr, on l’évoquera encore dans plusieurs siècles et ce qui est ennuyeux c’est que quelque part, elle restera gravée comme le reflet assez affligeant de celui qui l’a prononcée, celle d’un homme plutôt arrogant et en tous cas manquant de maîtrise de lui-même.

    Je ne vais épiloguer sur cette réplique, certains la trouveront cohérente d’autres déplacée de la part d’un Président de la République mais il est fort possible que cette dernière se retourne bientôt contre celui qui l’avait prononcée ce 23 février 2008. En tous cas, pour moi, c’est clair, je l’espère mais comme j’ai reçu une bonne éducation, je vais rester poli et respectueux.

    Comme des milliers de français, j’ai été déçu par la politique menée par Nicolas Sarkosy pendant ces cinq années. Il faut le reconnaître ce n’était sans doute pas la meilleure période pour gouverner efficacement mais quand on nous parle de crise à longueur d’années, inévitablement on est en droit de se poser quelques questions et notamment les suivantes : «  Qui  a-t-elle concernée cette crise ? » « Le monde de la finance ? » « Qui ne s’en n’est pas remis en cinq ans ? » «  « Tout le monde ? » « Y compris les plus riches ? » « N’aurait-on pas du en premier les faire participer à un effort de solidarité ? ». Les réponses sont presque évidentes tant les médias ne cessent de nous rabattre les oreilles avec les excès de ce capitalisme et de ce système financier sans vergogne !  Non, rien de tout ça n’a changé bien au contraire et Nicolas Sarkosy s’est complu à s’acoquiner avec les plus riches de notre pays (Proglio, Lagardère, Bouygues, Pinault, Dassault, Bolloré,Arnaud, Bettencourt, de Rothschild, voilà ses vrais amis sans parler des banquiers et consorts) et pendant ce temps, il n’a fait que démonter ce que les gouvernements de l’après-guerre avaient construit de mieux et de meilleurs pour créer un Etat-providence que le monde entier nous enviait : santé, protection sociale, retraite à 60 ans, éducation, justice, etc.…. Si tout a commencé à se déliter en quelques décennies, Sarkosy n’a fait qu’amplifier le phénomène sur ces cinq années où il a régné en maître absolu mais paradoxe, il a, dans le même temps, creusé le déficit de la France comme aucun autre Président ne l’avait fait avant lui. Pour quel résultat pour les plus humbles des français ? Bien sûr, je suis conscient que dans le contexte actuel des mutations importantes sont et seront encore inévitables mais Nicolas Sarkosy a oublié que celles-ci devaient s’inscrire dans une meilleure répartition et distribution des richesses.  Ça c’est sûr, cet aspect-là des choses, il l’a complètement oublié, car les inégalités se sont creusées, le chômage a augmenté et les Restos du Cœur n’ont jamais autant œuvré pour des gens démunis de plus en plus nombreux ! Mais au-delà de sa politique, c’est surtout son attitude, sa posture, sa suffisance qui m’ont choquées et tapées sur les nerfs. En 2007, nous avons été de nombreux français à croire en ses promesses mais quelque part nous n’avions pas voté pour avoir un « super président » menant un politique en solitaire, qui plus est en faveur des plus riches, nous n’avions pas voté pour quelqu’un qui enverrait nos soldats se faire tuer en Afghanistan, nous n’avions pas voté pour quelqu’un qui n’a jamais accepté la contradiction même quand elle était formulée par des gens très censés de son propre camp, nous n’avions pas voté pour quelqu’un qui recevrait Kadhafi en grandes pompes, nous n’avions pas voté pour quelqu’un qui resterait aveugle au danger que représente le nucléaire, etc…. Non, nous avions voté pour quelqu’un qui avait promis qu’il ne toucherait pas aux retraites sauf à celles bien trop avantageuses de certains fonctionnaires et autres professions largement privilégiées, nous avions voté pour quelqu’un qui avait promis une sauvegarde et même une progression du pouvoir d’achat, nous avions voté pour quelqu’un qui devait lutter contre l’hégémonie des grandes surfaces, nous avions voté pour quelqu’un qui devait démanteler les paradis fiscaux, nous avions voté pour quelqu’un qui devait améliorer la sécurité et la justice des français, nous avions voté pour quelqu’un qui devait lutter contre les injustices et les inégalités, nous avions voté pour quelqu’un qui promettait de se battre contre la délocalisation de nos emplois, nous avions voté pour quelqu’un qui se faisait fort de conserver nos emplois industriels, nous avions voté pour quelqu’un qui avait promis de trouver des solutions pour nos vieux dépendants….etc…. Non, c’est sûr, nous n’avions pas voté pour que Sarkosy nous traite comme des « pauv’cons »….

    Mais attention, à y regarder de plus près, nous ne sommes pas si nombreux que ça à penser  ainsi ! Rien n’est encore joué et à l’heure où je publie cet article, Nicolas Sarkosy est à 27% dans les sondages c'est-à-dire à quatre petits points de son résultat du premier tour de 2007 où 31,18 % des électeurs avaient voté pour lui. Alors attention, ne faites pas les cons comme j’ai pu le faire moi-même il y a bientôt cinq ans…ce en quoi, il serait en droit de nous traiter encore une de fois de « pauv’cons » et là, il aurait cette fois toute la légitimité pour le faire…

    Dans la bouche de Sarkosy, il y a une phrase qui revient souvent presque comme une leitmotiv : « les français ont des droits mais ils ont aussi des devoirs ! »

    Alors, c’est vrai, j’ai eu le droit d’être un « pauv’con » une fois mais désormais j’ai le devoir de ne pas l’être une seconde fois…..

     

    (*) Selon certaines sources, cet homme que Sarkosy aurait traité de « pauv’con » serait le musicien Michel Farinet. Lui continue de s’en défendre. D’autres, on tentait de prendre la place de cet homme énigmatique pour faire de l’argent comme un certain Fernand Buron qui serait un personnage virtuel monté de toutes pièces par un éditeur pour faire le buzz sur Internet et vendre son bouquin.


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    CARRIERECAILLAUIGN

    Je ne compte plus le nombre de fois où dans ce blog, j’ai évoqué la carrière de talc de Caillau et pourtant, en y regardant de plus près, je me suis aperçu que jamais je ne vous l’avais faite découvrir, ni dans un article, ni dans aucune de mes photos. Alors, avec cette petite balade à partir du Col de Jau (1.506 m), je répare cette lacune mais je l’avoue c’est un peu le hasard qui l’a voulu ainsi. En effet, en ce jour de janvier superbement ensoleillé, Dany et moi, nous étions partis avec l’idée première de faire l’ascension du « Pic Dourmidou en raquettes » mais si le soleil était très présent ce jour-là, sans doute l’avait-il été suffisamment les jours précédents pour qu’il n’y ait plus aucune trace de neige ni au sommet et encore moins sur ses flancs. En effet, quand nous arrivâmes au Col de Jau, notre objectif du jour ressemblait plus au pic débonnaire et pelé qu’on a l’habitude de voir en plein été qu’à cette grosse coupole blanchâtre où nous étions déjà venus faire des raquettes lors d’hivers précédents et qu’on est en droit d’attendre un 22 janvier ! Il faut reconnaître que voir le sommet de Dourmidou avec ses 1.843 mètres d’altitude ainsi que ses flancs sans la moindre plaque de neige est assez rarissime en cette saison pour être signalé. Depuis Perpignan, le déplacement jusqu’au Col de Jau étant conséquent et l’heure étant déjà bien avancée, il était donc important de prendre une décision rapide quand au choix à retenir : soit nous grimpions au Dourmidou sans raquettes, excursion qui ne semblait pas avoir la faveur de Dany soit nous options pour une autre solution. C’est ainsi qu’a germé le projet d’aller balader jusqu’à la carrière de talc de Caillau. Cette idée de découverte étant aussitôt entérinée, nous avons harnaché nos sacs à dos et avons pris immédiatement la piste forestière qui file en direction du refuge. Connaissant le parcours et la faible distance à parcourir, je savais que nous pourrions flâner plus que de raison et c’est donc avec un train de sénateur que nous partîmes à la découverte de l’ancienne carrière. Cette agréable flânerie à travers la superbe forêt de Lapazeuil fut, il est vrai, encore très ralentie par les nombreuses et importantes plaques de glace qui recouvraient la piste dans les endroits les plus ombragés. Plus nous avancions vers le refuge et plus les parties gelées et parfois même enneigées se faisaient plus courantes et pénibles d’autant que nous n’avions pas de crampons à glace sous nos chaussures et que nous avions cru bon de laisser nos raquettes dans le coffre de la voiture. Sur ce terrain extrêmement glissant, il nous fallut trois quarts d’heures pour atteindre le refuge dont je gardais personnellement un excellent souvenir pour y avoir séjourné en 2007 lors de mon inoubliable Tour en solitaire du Coronat. Je garde encore en mémoire et je dirais presque en bouche, les succulentes lasagnes qu’Armelle nous avait confectionnées ce soir-là et je me souviens en souriant avoir peu dormi à cause des ronflements assourdissants de mes compagnons de chambrée. Mais revenons à notre balade pour dire que la suite de notre marche en forêt ne fut guère meilleure même s’il est vrai que le tronçon qui surplombe la magnifique Jasse de Caillau est un peu plus ensoleillé. Plus nous montions vers la carrière et plus les petits névés de glace ou de neige étaient plus nombreux et plus épais. Aussi, avant de quitter la piste et de partir à la découverte de la carrière, nous avons profité d’un coin magnifiquement ensoleillé pour pique-niquer. Quand le casse-croûte fut avalé et l’heure de la visite de la carrière de talc arrivée, Dany trouva que le sentier qui y mène était bien trop verglacé et donc dangereux pour poursuivre. Nous avons bien tenté d’y accéder par les hauteurs en poursuivant la piste mais la carrière est inaccessible car elle a été complètement grillagée par mesures de sécurité. Laissant Dany au soleil, je partis donc tout seul à la découverte de la vieille carrière en longeant le petit ruisseau qui semble y prendre sa source en hiver. Ce ru parait finir sa course un peu plus bas dans la rivière de la Castellane. J’ai donc tenté l’aventure en suivant le filet d’eau dont les berges étaient de vraies patinoires et j’ai fini par atteindre l’ancienne mine d’extraction à ciel ouvert qui en cette saison, ressemblait à un véritable petit glacier. En voyant ce modeste cirque terreux jonché de rochers, de pierres, de bois et de glace, je ne pus m’empêcher de penser à un sérac en miniature tels qu’on peut en voir au pied de certains grands glaciers alpins. Devant ce décor âpre et difficile, on comprend mieux pourquoi, l’exploitation n’était possible qu’à partir des premiers beaux jours. Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’évoquer dans ce blog, la carrière de talc de Caillau a toujours été étroitement liée avec le Domaine de Cobazet (*), situé un peu plus bas. Ici la société Chefdebien a commencé à extraire de la stéatite en 1885 mais il semble que le filon était déjà parfaitement connu et exploité bien antérieurement. La stéatite est une roche tendre composée presque essentiellement de talc, talc qui une fois mélangé à du sulfate de cuivre donne de la sulfostéatite cuprique. Cette poudre fabriquait dans l’usine Gibraltar de Prades était plus connue sous le nom de « Bouillie catalane » ou « Poudre Chefdebien ». Autant dire qu’à la fin du 19eme siècle, cette poudre tombait à pic, car en 1879, le mildiou de la vigne venait juste d’être identifié pour la première fois dans le vignoble bordelais. Cette poudre eut donc ses grandes heures de gloire car elle était censée lutter très efficacement contre le mildiou de la vigne et autres maladies cryptogamiques en général. Toutes ces informations, je les ai recueillies sur Internet dans la très intéressante Histoire de Mosset. Cette Histoire nous apprend que le talc aurait été exploité jusqu’à l’année 1972 et l’ensemble des activités de l’usine s’arrêta définitivement en 1975. Au cours de toutes ces années d’extraction, le transport du talc a été effectué de diverses manières vers des lieux de cette belle montagne qui sont devenus aujourd’hui des objectifs de balades. J’ai déjà eu l’occasion d’en décrire quelques-uns dans mon blog. Outre Caillau où se trouvent la carrière et l’ancienne maison des mineurs, aujourd’hui transformée en refuge pour randonneurs, le nom de ces lieux déjà décrits sont Canrec, Cobazet, Estardé et les cols de Tour ou de las Bigues. En effet, depuis la carrière, le talc traversait le superbe forêt de Canrec puis via le col de Tour partait jusqu’au lieu-dit Cobazet où se trouve la métairie. Ensuite via le col de Las Bigues, le talc filait jusqu’à Estardé où se trouvait une gare de transit. Depuis Estardé, le talc était ensuite acheminé vers Campôme à l’aide de bennes suspendues à des câbles. A Campôme, des charrettes tirées par des chevaux amenaient le talc jusqu’à la fabrique de poudres de Prades. Tous les moyens de transports ont été bons, mules, chevaux, bœufs, hommes, charrettes, mais très rapidement, un petit train tracté par une locomotive Decauville fit le trajet entre Cobazet et Estardé, puis la ligne fut mise en service jusqu’à la carrière. Au fil des années, le Baron de Chefdebien puis ses successeurs tentèrent de moderniser les infrastructures pour gagner du temps et transporter plus de minerais et ainsi d’autres moyens de transports plus récents et plus rapides furent mis en service. A Cobazet, on éleva de grands pylônes et par des systèmes de bennes suspendues à des câbles, le talc était descendu beaucoup plus rapidement vers la vallée de la Castellane au lieu-dit la Farga de Dalt (la Forge Haute). Là, le talc était réceptionné et des camions l’amenaient à l’usine de Prades. C’est ainsi que très rapidement la Gare d’Estardé ne servit plus à rien, tomba en désuétude et très rapidement en ruines. Quand on vient à la carrière de Caillau et dans ces lieux en général, il faut avoir une tendre pensée pour tous ces hommes et toutes ces femmes qui ont travaillé dur et qui ont vécu cette difficile aventure de l’exploitation du talc. Il y eut une main d’œuvre très diverse (mineurs, cheminots, jeunes volontaires, prisonniers de guerre, immigrés,etc…)  et si vous avez envie d’en savoir plus, je vous recommande vivement la lecture des excellents récits de Monsieur Jean Llaury et de certains de ces collègues que vous trouverez dans plusieurs numéros du Journal de Mosset- JDM (Histoire de Mosset). Si comme moi et sans être un vrai spécialiste de la minéralogie, vous aimez bien garder quelques  "souvenirs" de vos balades, ici à la carrière de Caillau, vous pourrez, outre la stéatite, trouver quelques minéraux intéressants. Après la découverte de la carrière que je vous conseille d’approcher à une autre saison que celle que j’avais presque involontairement choisie, il suffit de reprendre le même chemin jusqu’au col de Jau. Selon mon GPS, cet aller-retour fait moins de 10 kilomètres pour un modeste dénivelé de 120 mètres. Si malgré mes conseils, vous devez y aller en hiver, comme ce fut le cas pour nous, pensez à vous munir de crampons à glace et éventuellement de raquettes si la neige est abondante. Monsieur Llaury et ses collègues proposent une autre balade en boucle pour se rendre à la carrière de Caillau et ils semblent d’ailleurs conseiller le printemps comme meilleure saison, car selon eux une magnifique flore très variée y est présente dans l’amphithéâtre même de la mine à ciel ouvert. Alors patientez encore un peu, le printemps arrive  ! Carte IGN 2249 ET Font-Romeu et 2248 ET Axat-Quérigut Top 25.

    (*) Si l'histoire du Domaine de Cobazet vous intéresse, cliquez ici.


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