•  le-pic-de-costabonne
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    Quand j’y réfléchis à postériori, c’est presque sur un coup de tête que je suis parti faire l’ascension en solitaire de ce « fameux » Pic de Costabonne (2.465 m). En effet, même s’il y a bien longtemps que j’avais envie d’aller conquérir ce sommet que je ne connaissais pas encore, il a fallu plusieurs concours de circonstances et surtout des conditions météorologiques exceptionnelles avec un « énorme » anticyclone pour qu’en ce 23 août mon projet se réalise enfin. Quant à l’idée de partir seul faire cette longue et difficile ascension, dans ma tête, ce n’était pas un souci car je gardais en mémoire ce qu’un ami m’avait dit, il y a quelques années à son sujet : «c’est un sommet magnifique avec des panoramas splendides et c’est certainement le troisième sommet le plus fréquenté des Pyrénées-Orientales après le Canigou et le Carlit. » Alors, si je dois reconnaître que cet ami m’avait dit la vérité au sujet de la magnificence du parcours, j’avoue que j’ai été quelque peu surpris de marcher dans la solitude la plus totale pendant 3h30 depuis le parking de la Preste (1.107 m) jusqu’au Pla de la Serre (2.203 m). Je me suis levé très tôt ce matin et il est à peine 8 heures quand je quitte le parking sous un magnifique ciel bleu purgé de tout nuage. Droit  devant, tout au loin au bout de la piste et à travers les arbres, mon objectif du jour pointe le bout de son pinacle et captive mon attention et l’objectif de mon numérique. Depuis la piste, la distance restant à parcourir et le dénivelé pourraient décourager même les plus vaillants mais heureusement le Costabonne disparait de mon champ de vision dès lors que j’emprunte le sentier PR.16 du Col de Siern (randonnée déjà décrite dans ce blog). Après 1h30 à zigzaguer dans la superbe forêt et sur un gros pierrier en balcon, je retrouve le pic et quelques superbes panoramas sur le Vallespir à l’approche du col. Avec ses flancs verdoyants, la fascinante pyramide est bien plus belle d’ici qu’elle ne l’était du parking mais elle est également bien plus impressionnante. J’atteins le col et ses vertes pelouses fleuries. Depuis la crête frontière, de splendides vues dont je ne me lasse pas se dévoilent sur l’Espagne mais mon attention est également attirée par un panneau indiquant le pic de Costabonne à 2h30. Je me mets en route immédiatement au milieu des gros et beaux chardons en suivant d’autant plus facilement le balisage jaune bien présent qu’il longe presque essentiellement la clôture qui délimite la frontière. Je trouve très agréable de cheminer sur cette herbe rase, en permanence en cheval sur la ligne de crêtes où les paysages de part et d’autres sont splendides. Néanmoins la « bonne » déclivité est quasiment constante et seuls quelques « plas » très courts me permettent de reprendre mon souffle. Tout en grimpant la longue Serre de Finestrol qui paraît interminable, le pic, attire sans cesse mon regard mais semble, toujours aussi loin et aussi inaccessible.  Puis quand je le regarde à nouveau alors que mes yeux ont été distraits puis envoûtés par quelques lugubres vautours fauves qui tournoyaient au dessus de ma tête, le pic est là et paraît soudain presque palpable. Mais n’est-ce pas qu’une illusion ? Un dernier raidillon avant le Pla de Serre où je fais ici ma première rencontre de la matinée sous l’apparence d’une jolie randonneuse espagnole, qui, elle, redescend vers Espinavell. J’arrive au Pla de Serre où de nombreux bovins dont j’ignore la nationalité et quelques randonneurs toujours essentiellement espagnols semblent s’être donné rendez-vous. Sur ce replat largement piétiné et labouré et face à l’énorme monticule herbeux et caillouteux que représente le Costabonne, je suis contraint de demander mon chemin, le plus court de préférence, car le seul panneau indicatif gît à terre. Un espagnol à l’amabilité de m’indiquer le chemin à emprunter que j’aurais eu tendance à confondre avec une profonde ornière naturelle. Si je suis au pied de mon objectif du jour, la partie est loin d’être gagnée et le plus difficile reste encore à accomplir avec 900  mètres pour atteindre le sommet mais 900 mètres d’un dénivelé avec un pourcentage d’environ 30%. En suivant quelques piquets et comme toujours en traînant au maximum, la déclivité n’empêchant pas la flânerie, je suis distrait par les paysages et la nature en général et je vais mettre une heure pour atteindre la cime me faisant doubler sur la fin par un couple de jeunes français ; les premiers de la journée. Avec de nombreux enfants extrêmement bruyants au sommet, j’ai l’impression d’atterrir dans la cour de récréation d’une école espagnole et quand je me retourne pour demander au couple de jeunes français de me prendre en photo, ils ne sont déjà plus là et je les vois dévaler tout schuss la pente nord dont j’ignore où elle aboutit ; en tous cas quand je regarde ma carte IGN. Grâce à un sympathique randonneur espagnol, je vais tout de même avoir ma photo à l’apogée du Costabonne avec vue sur le Canigou !  Alors que je prends tout mon temps pour observer de ce magnifique mirador, tous ces époustouflants panoramas à 360°, je me retrouve seul en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire. Ça tombe bien car j’ai envie de me reposer un peu dans le calme et de plus, il est 12h30 et l’heure d’avaler mon pique-nique. Je ne sais pas vous,  mais moi je vis ces moments de solitude au sommet d’une haute montagne dans une espèce de bien-être et avec cette impression d’être un instant seul au monde dans la plénitude la plus totale. Après avoir littéralement englouti mon repas, affamé que j’étais par tous ces efforts, c’est donc presque à regrets que je quitte ce sommet, non sans avoir laissé une petite bafouille sur le livre d’or du Costabonne et surtout conscient d’imaginer le plaisir que je vais prendre à découvrir beaucoup de choses lors du retour. En effet, ayant conquis le sommet, il est hors de question pour moi, de faire un simple aller-retour et j’ai prévu de faire une longue boucle en suivant les rives du Tech qui prend sa source non loin de là,  au pied du Roc Colom. C’est donc tout naturellement que je descends plein ouest en direction du cairn du Méridien de Paris et du Roc Colom pour ensuite bifurquer à droite au Coll del Pal et suivre la Coma del Tech. Ce qu’il y a de bien dans cet itinéraire qui est le PR.15, c’est à la fois la diversité des décors traversés et la faune susceptible d’être aperçue. Personnellement, je n’y vais vu que des marmottes, parfois curieuses mais surtout très craintives, mais on peut aussi y rencontrer de nombreux isards et comme dans toutes les forêts du Vallespir, d’autres cervidés comme le cerf, le chevreuil ou même le daim. Plus ou moins proches, les marmottes étaient visibles sur les flancs de la montagne, sur la partie rocailleuse qui va du Bac du Costabonne jusqu’au Refuge du Coma del Tech. Il faut dire qu’après la cabane, le sentier bascule dans la Jasse de l’Ouillat en grande partie occupée par une magnifique forêt de conifères puis par de jolies prairies à l’approche de la maison forestière éponyme, puis la sombre sapinière laisse la place à une aussi sombre forêt de hêtres et de frênes. Après, la Freixinosa, si les bois subsistent, on voit bien que la pastoralisme et le défrichage sont passés pas là et les clairières de fougères et de genêts se font plus nombreuses. D’ailleurs quelques vaches paissent de ci de là et un peu plus bas, aux lieux-dits la Graboudeille et la Barragane quelques bâtisses, certaines en ruines et d’autres encore debout, sont visibles depuis le chemin pour démontrer ce constat. Le sentier finit par retrouver le Tech et la route forestière du Col de Siern. Quelques minutes plus tard, je passe devant la Fromagerie Paraire et retrouve ma voiture. Il est 18h30 et arrêts compris (et ils ont été nombreux !), j’ai flâné dans cette merveilleuse contrée pendant 10h30. Au regard du panneau que j’aperçois de l’autre côté du parking et qui indique : « Le Costabonne N°16 9H A/R », je ne suis mécontent de ma performance. En effet, si j’en crois mon GPS et mon logiciel de cartographie, j’ai parcouru 22 kms pour 2.250 mètres de montées cumulées et 1.350 m de dénivelé.  Alors à bien y réfléchir ce pic mérite bien son nom de « Bonne Côte » mais j’ai un petit regret, j’ai omis de m’arrêter aux anciennes carrières à ciel ouvert des « fameux » grenats, dont on dit qu’on peut encore y trouver quelques minuscules éclats. Une bonne occasion pour y retourner non ? A condition bien sûr que j’ai les mêmes éclats que j’ai trouvé ce jour-là, à savoir un soleil éclatant, un ciel éclatant, une nature éclatante et des panoramas éclatants. Il ne manquait que les grenats mais quand on a les moyens, c’est peut-être plus facile et plus simple d’aller les chercher chez le bijoutier ! Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top.25.

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    Qui n’a pas rêvé de remonter le temps et de  revenir en arrière. Personne ! Il y en a même, comme l’écrivain anglais H.G. Wells, qui ont imaginé des machines pour cela. Or de l’imagination, c’est ce qu’il faut nécessairement, peut-être plus que des jambes aujourd’hui, pour faire cette ludique et courte randonnée « A travers les âges » à partir du pittoresque village de Bélesta de la Frontière. En effet, ce sentier de pays qui serpente dans la garrigue, mais pas uniquement, et que j’ai très légèrement modifié par convenance et curiosité personnelle, nous emmène de découvertes en découvertes  à travers l’histoire. Une histoire, certes, qui est loin d’être chronologique, mais qui n’en est pas moins intéressante car c’est avant tout l’histoire de nos ancêtres qui nous est contée. Car, ici c’est bien de ça qu’il s’agit, randonner bien évidemment, découvrir des vestiges historiques bien sûr, mais avoir une imagination suffisamment fertile pour tenter de deviner comment ont vécus nos aïeux plus ou moins anciens. Alors, si vous connaissez un peu Bélesta, vous savez, que la commune a été au cours de sa riche histoire, un village frontière à cheval entre les royaumes de France et d’Aragon de 1258, date du traité de Corbeil, jusqu’à 1659, année de la signature du traité des Pyrénées qui, outre la paix entre les royaumes de France et d’Espagne, a permis de modifier la position de la frontière entre les deux pays suite à divers échanges et annexions de territoires dont notamment celui du Comté du Roussillon.  Alors si la commune a des fondements très anciens comme le prouve son château fortifié par Louis IX, la présence de l’homme est encore bien plus ancienne comme le démontre la découverte en 1983 d’une grotte préhistorique exceptionnelle intitulée « la Cauna de Bélesta ». Alors avec cette randonnée « A travers les âges », nous allons bien sûr faire un grand écart de plusieurs siècles mais qui va encore s’amplifier avec la découverte d’autres vestiges bien plus contemporains. Le démarrage se fait au pied du château, devant la superbe cave coopérative vinicole qui, depuis peu, a été magnifiquement restaurée et aménagée en un hôtel restaurant haut de gamme. Vous remarquez sur le mur de la rue, un panneau jaune de randonnée indiquant la direction de notre balade du jour : « A travers les âges – 8,5 km– 2h30- dénivelé 260 m ».  On suit cette rue qui rapidement va nous faire sortir du village en se transformant d’abord en une chaussée carrossable mi-terreuse mi-bitumée puis en une voie bétonnée qui enfin devient un  vrai chemin pédestre.  Plus haut, ce chemin rejoint un carrefour sur les D.17 et D.21 où plusieurs panonceaux indiquent la direction à suivre.  On emprunte sur quelques dizaines de mètres la départementale en direction de Montalba et Caramany puis on la quitte par la gauche au bénéfice d’un large chemin qu’un panneau nous décrit comme un « Sentier d’Emilie » avec les mentions suivantes : « le Grotte de Bélesta – 1h AR ».  Ce sentier s’élève doucement dans la colline dénommée à juste titre « La Caune » avec de très belles vues sur les Fenouillèdes, sur les Corbières, sur le lac et le barrage sur l’Agly, puis, il redescend dans le maquis sur l’autre versant et effectivement peu de temps après, on se retrouve devant l’imposante entrée d’une grotte condamnée par une grille fermement cadenassée. Alors, comme la grotte est inaccessible et même si on peut imaginer que des hommes aient vécu ici pendant des millénaires car on y a découvert à la fois une tombe collective de plus de 5000 ans mais aussi les preuves plus récentes de la présence de bergers et de paysans, pour en savoir un peu plus sur cette « Cauna de Bélesta », il faudra impérativement visiter le musée où une reconstitution de la grotte et de nombreuses trouvailles y sont présentées.  Depuis l’entrée de la grotte, les panoramas lointains sur le Roussillon, le Canigou  et le début des Pyrénées ou plus proches sur les forêts du Bosc Negro sont splendides.  Au milieu des chardons fleuris, des prunelliers sauvages, des buplèvres, des fenouils et des lavandes sauvages, le sentier continue de descendre dans une petite ravine plantée de quelques vignes où l’on va slalomer avant de rejoindre une large piste près du ruisseau de la Crabayrisse  ou « Rivières des Chèvres ».  Quelques mètres plus loin, on tombe sur notre deuxième découverte historique de la journée sous la forme d’un ancestral et monumental puits à glace dont la présence ici, dans ce pays pas spécialement propice aux précipitations neigeuses, nous fait imaginer sans peine le courage et la volonté qu’il fallait à ces porteurs de froid pour aller chercher, le plus souvent la nuit, à dos de mulets ou en charrettes, de la neige ou de la glace de nos montagnes qu’ils devaient ensuite entasser convenablement pour que le résultat de leur labeur se conservent le plus longtemps possible dans cette vaste citerne de pierres. Ici on abandonne l’itinéraire principal car la rivière Crabayrisse et sa ripisylve vont devenir, sous le nom de « Parcours d’eau », les fils conducteurs ombragés et rafraîchissants de notre belle balade. Si dans son temps, l’eau a coulé au point d’être en mesure de faire tourner le « Moulin d’En Gateu », que l’on va découvrir 600 mètres plus loin, en cet été 2011, le lit de la rivière est excessivement bas au point que quelques minuscules poissons, alevins et têtards ont été pris au piège dans des poches asséchées. Je vais faire ma B.A. de la journée et réussir à sauver quelques dizaines de ces minuscules amphibiens en les jetant dans des trous d’eau bien plus profonds mais pour la plupart, le soleil et la sécheresse ont accomplis leurs méfaits et il est déjà bien trop tard. On suit le sentier toujours parallèle au ruisseau et l’on tombe sur un premier panneau d’informations présentant en détail ce « parcours d’eau ». Quelques mètres plus loin, les premiers vestiges sont visibles sous la forme d’une prise d’eau en béton qui alimentait un canal d’irrigation dont le tracé se perd désormais dans les roches et la végétation. Parfois, le vieux canal de pierres devient lui-même sentier. Le lit s’élargit dans ce qui était sans doute d’anciens potagers emportés par le terrible « Aïguat de 1940 » et on finit par retrouver la large piste forestière près d’un panonceau précisant la direction de nos deux randonnées jumelées du jour : « A travers les âges- Bélesta – 6 km– 2h » et « Parcours d’eau – Ancien canal d’irrigation et moulin – 700 m- 15mn AR ». On poursuit l’itinéraire du « parcours d’eau », sachant déjà qu’il nous faudra revenir à ce panonceau pour continuer à marcher « À travers les âges ».  Le sentier qui suit le lit de la Crabayrisse devient soudain plus difficile en rencontrant quelques gros magmas rocheux puis il le quitte et s’élève au dessus de la rivière dans ce qui était sans doute au siècle précédent d’anciens champs ou jardins cultivés. On finit par arriver au « Moulin d’En Gateu » qui domine du haut de ses pans de murs ruinés, un ample méandre granitique de la rivière. Ici, grâce à deux grands panneaux explicatifs, le système d’irrigation passé de Bélesta et le fonctionnement d’un moulin à eau n’auront plus de secrets pour vous. Avant de rebrousser chemin et dans un étrange silence ambiant où même la rivière ne chante plus, on ne peut s’empêcher de penser à l’âpreté de la vie de nos ancêtres qui travaillaient ou vivaient au bord de cette rivière capricieuse, une vie suffisamment dure par elle-même sans que les inondations successives et les saisons de grande sécheresse en rajoutent et finissent par décourager même les plus vaillants.  Il est temps de rebrousser chemin et de retourner « A travers les âges » pour nos dernières découvertes, celles des remarquables « bornes frontières de 1258 ». On quitte définitivement le « parcours d’eau » par une piste qui grimpe et rejoint plus haut, près d’une citerne DFCI à demi enfouie, celle du circuit initial. Ici, comme je l’ai dit au début, j’ai, par curiosité personnelle, fait une légère entorse aux circuits proposés en me rendant au sommet du Pilou d’En Gil (422 m) pour découvrir une borne frontière supplémentaire. J’ai, pour cela, emprunté une partie d’un itinéraire intitulé « Circuit des Tours » et la piste DFCI F187 pour un aller-retour qui, outre, la découverte de la vieille borne, offre, à partir de ce point culminant de la journée, des vues imprenables sur une immense partie du Roussillon et de la plaine de la Têt. Au retour, on récupère notre boucle près de la citerne enfouie pour la découverte des deux dernières bornes frontières dont l’histoire de Bélesta nous dit qu’elles auraient servies de jalons au cadastre parcellaire napoléonien. Si on peut comprendre que Napoléon, grand instigateur et utilisateur de la cartographie, dont celle d’Etat-major notamment, ait voulu répartir équitablement l’impôt en instaurant un cadastre, on ne peut éviter de se demander quel intérêt les maçons de ces bornes avaient eu à en ériger deux pratiquement similaires aussi près l’une de l’autre. Alors, une a-t-elle été édifiée par les Français et l’autre par les Aragonais ?  La croix pattée, symbole des rois d’Aragon, sculptée au pied de l’une et pas de l’autre, peut le laisser supposer. Mais, il faut bien le reconnaître, de nombreuses questions concernant ces bornes n’ont jamais été élucidées et le mystère reste entier !  En tous cas, placées au sommet de la Fount de la Selvio, ces bornes dominent idéalement le val de la Crabayrisse et étaient sans doute toutes visibles à une époque où la végétation était plus basse et moins dense. On ne termine pas cette jolie balade sans un petit détour près d’un casot en ruines qui va nous permettre de découvrir de splendides et centenaires genévriers dont un est tout particulièrement « remarquable » avec son tronc très noueux et très dénudé. Dans la garrigue, c’est la dernière découverte de la journée avant le retour dans le vieux village. On descend une dernière fois vers la Crabayrisse que l’on enjambe aisément car quasiment asséchée ici aussi et la suite du circuit va nous ramener au point de départ essentiellement par de larges pistes terreuses qui zigzaguent dans le maquis et finissent par devenir des routes asphaltées à l’approche du village. On y entre par le « Chemin de la Cruz » près d’un oratoire, on passe sous les ancestrales portes cochères, on longe les séculaires enceintes et on termine en flânant dans les vieilles ruelles jusqu’à retrouver l’antique église, le vieux château qui abrite désormais le « fameux » musée de la préhistoire dont la visite est recommandée. La boucle se referme devant la cave coopérative dont on pourra remarquer, sur le fronton de sa façade, la célèbre devise des Trois mousquetaires « Un pour tous, tous pour un » mais cette fois inversée et transformée en ce que l’on pourrait croire être une étonnante erreur « Tous pour un, un pour tous ». Non en réalité, ce n’est pas une erreur et il faut savoir que c’est la tradition qui se trompe car dans le célèbre roman c’est bien sous cette forme que la devise a été écrite par Alexandre Dumas Père. De nombreux autres vestiges historiques sont présents sur le territoire de Bélesta mais pour les voir, il vous faudra faire d’autres randonnées. La marche c’est comme l’Histoire, c’est sans fin…et revenir en arrière est souvent très difficile. Carte Ign  2448 OT Thuir - Ille-sur Têt Top 25.


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  •  puigdelpam

    A l’automne dernier, je vous avais présenté une jolie balade de quelques heures à la Balmette, petit étang bleuté, étincelant de beauté car blotti dans un bel écrin de verdure entouré d’impressionnantes arêtes rocheuses. Située à quelques kilomètres de la charmante station des Angles, cette courte randonnée avait pour but essentiel d’organiser un agréable pique-nique dans un cadre rafraichissant, paisible et bucolique à souhait. C’est encore à partir des Angles et toujours en direction de la Balmette que je vous propose une nouvelle randonnée, cette fois, beaucoup plus longue et un peu plus difficile avec cette ascension du superbe et débonnaire Puig del Pam (2.470 m). Superbe, car de son sommet complètement dénudé qui est un véritable mirador à 360°, les panoramas de tous côtés sont tout simplement époustouflants. Le démarrage et le début sont donc strictement identiques à la balade de la Balmette c'est-à-dire qu’on monte vers les hauts des Angles en direction des chalets de la Serra, puis on emprunte la rue des Sorbiers ou bien celle de la Piste Verte pour se diriger vers les locaux techniques de la station de ski près desquels on laisse son véhicule sur le parking à proximité de la large piste forestière qui file vers la Font Grosse. On prend ensuite le sentier qui monte à La Balmette. D’ailleurs, depuis notre dernière venue, un panonceau indiquant clairement la direction d’un P.R ou sentier de pays a été dressé au départ : « Sentier les Angles N°7 La Balmette ». On va bien évidemment suivre le balisage jaune qui, à partir de cette piste, laisse entrevoir de belles vues plongeantes sur le Bac de Balcère (ou Vallserra) et son joli petit lac qu’on aura l’occasion de côtoyer lors du retour de cette longue balade. A la Font Grosse, on quitte la piste mais on continue à suivre le balisage jaune qui longe le Rec de Vallserra puis nous amène à travers le défilé des Balmetes vers l’étang puis plus haut vers la cabane éponyme où il rejoint l’itinéraire du Tour du Capcir. A cette intersection où l’on va tourner à droite en direction du Refuge des Camporeils, on remarque le balisage jaune et rouge propre aux G.R. de Pays. Ici dans ce paradis pour équidés et bovins, le sentier s’élève rapidement et laisse entrevoir de magnifiques vues vers le splendide lac outremer des Bouillouses, vers la Massif du Carlit, vers les Camporeils et les deux superbes Péric, gigantesques pyramides roussâtres que de nombreux randonneurs courageux partent escalader en cette journée d’août caniculaire. On suit quelques piquets peints en jaune et rouge et au troisième ou quatrième petit poteau, on fait le choix de délaisser le Tour du Capcir, pour partir à droite vers le sommet de notre objectif du jour. Ici, avec sa pente régulière toute en douceur et ses pelouses rases, on comprend mieux pourquoi le Puig del Palm est presque aussi prisé en hiver par les raquetteurs qu’aux autres saisons par les randonneurs pédestres. Pour ceux qui s’intéressent à la toponymie, étude du nom des lieux, le sentier prend des airs d’Orient puisqu’on monte par la Serra dels Alarbs soit la Crête des Arabes, avec néanmoins paraît-il une connotation particulière et péjorative signifiant « pillards » (Lieux et légendes du Roussillon et des Pyrénées Catalanes - J.Abelanet-). Alors, marche-t-on ici dans les traces d’anciens envahisseurs que Roland a combattus à Roncevaux et que Charles Martel a arrêtés plus au nord à Poitiers ? On peut le penser, car on constate sur la carte qu’il y a aussi lors du retour près de l’étang de Vallserra, un Roc dels Moros dont la traduction en « Rocher des Maures » ne laisse aucune équivoque. Quand au mot « pam », qui signifie en catalan empan (mesure de la main ouverte), il vient de l’occitan « palm » qui signifie « main » mais aussi « palme » « palmier ». Alors personnellement, je ne suis pas en mesure de vous dire si le Puig del Pam signifie le Pic du Palmier et si lui aussi est un lointain souvenir des conquêtes arabes. De loin, cette montagne paraît arrondie et dénudée, alors quand on y grimpe si son côté débonnaire est une vraie réalité, le sol de ses versants, lui, est loin d’être essentiellement aride et caillouteux. En effet, outre quelques pins chétifs de-ci delà, quand on  y regarde de plus près, ses pelouses sont jonchées d’une flore minuscule et fluette mais riche et extraordinaire : asters, joubarbes, campanules, trèfles, jasiones, raiponces, gentianes, euphraises, anthyllides, céraistes, vesses de loup, etc.…. Mais au fur et à mesure que l’on monte, la végétation se fait plus rare et les cailloux plus nombreux. D’ailleurs, les quelques bergers qui fréquentent les flancs de cette montagne n’ont pas eu de mal à trouver les matériaux pour construire leurs abris de fortune ou leurs cabanes de pierres sèches. Quand à la cime ou plutôt les cimes, elles sont au nombre de trois, sont sensiblement aussi hautes les unes que les autres et sont de vastes tumulus naturels surmontés de gros cairns empierrés.  Alors, si on ne possède pas un GPS suffisamment précis,  il est difficile de savoir quel est le vrai sommet du Puig del Pam pour prendre l'inévitable cliché souvenir au faite de son pinacle. Ici les vues à 360° sont à couper le souffle : Canigou, Pelade, Madres, Mortiers, Péric, Carlit, Cambre d’Aze, pour ne citer que les sommets les plus renommés ou les plus identifiables mais en réalité, c’est une immense partie de la chaîne des Pyrénées-Orientales qui est visible. Puis tout autour, il y a aussi les superbes et verdoyantes forêts communales et domaniales, les magnifiques et vastes taches bleutées des lacs des Bouillouses, de Matemale ou de Puyvalador, celles beaucoup plus petites des étangs des Camporeils et à nos pieds, le Mont Llaret et le Roc d’Aude dont les jolies crêtes peuvent faire l’objet d’une autre randonnée quasiment symétrique et similaire à celle d’aujourd’hui. La descente du Puig del Pam est à la fois simple si le temps est clair mais plus délicate en cas de brouillard, car il faut descendre tout schuss dans la pelouse et parfois les hautes herbes en suivant de petits cairns à gauche du pierrier de la Costa del Pam puis du Roc des Isards.  Cet itinéraire nous amène sans problème à une cabane de bergers près de la source des Tres Fonts. Là devant la cabane, démarre un large et mauvais chemin défoncé et caillouteux que seuls les 4x4 et les randonneurs pédestres sont susceptibles d’emprunter. On passe à côté de la minuscule Cabane dels Pastos, espèce de refuge qui semble avoir été spécialement construit pour accueillir un couple de schtroumfs ou de lilliputiens puis plus bas, au milieu des sapins ravagés par les tempêtes successives, on tombe sur un drôle de pylône surmonté semble-t-il d’un brûleur et ressemblant à une torchère, vestige sans doute d’une industrie montagnarde aujourd’hui disparue. Le large chemin parfois très exécrable parfois herbeux et agréable descend vers les Ganyades. Quelquefois, il ne faut pas hésiter à quitter le chemin pour avoir quelques belles vues aériennes sur le Bac de Vallserra et son joli lac verdâtre que l’on doit rejoindre pour terminer cette boucle. On finit par tomber sur un panonceau « Sentier Les Angles N°3 Les Ganyades Retour Lac de Balcère » et là, on quitte le large chemin pour un raccourci plus étroit. Ce sentier atterrit très rapidement sur une large route forestière terreuse et blanche qui par la droite nous emmène directement en bordure du lac. Après une marche très silencieuse de plusieurs heures, ici on se sent comme véritablement assailli par la foule d’estivants et son brouhaha ambiant. Il faut dire que le site de Balcère, accessible en voiture, est, avec son restaurant, sa buvette, ses autorisations de pêche à la journée, ses aires de pique-nique, un lieu idéal pour les touristes et les visiteurs en tous genres. Randonneurs, pêcheurs, vacanciers, promeneurs, vététistes ou simples pique-niqueurs, tout ce petit monde se retrouve sur les rives ombragées et rafraîchissantes de ce beau lac de montagne. Alors après une rapide découverte et une boisson bien fraîche, moi, je ne me suis pas éternisé et pour rejoindre la voiture, j’ai choisi « le sentier les Angles N°5 Rocatells ». Alors, autant vous le dire, après les vingt kilomètres déjà accomplis, avec son sentier glissant en bordure du torrent, ses tourbières et ses passages difficiles et sinueux, cet itinéraire est loin d’être le chemin le plus recommandable pour terminer cette très belle randonnée. Ce sentier de pays des Rocatells se suffit sans doute à lui-même, alors en la circonstance, je ne vous le recommande pas et à partir du lac de Balcère, je vous conseille d’emprunter de préférence la piste forestière qui rejoint La Serra ou mieux le bon sentier qui débouche directement près des locaux techniques de la piste verte où l’on retrouve sa voiture. Cette randonnée s’adresse aux bons marcheurs accoutumés aux longues distances (20 km) car même si les flancs du Puig del Pam ne sont pas très pentus, la boucle est longue et le dénivelé cumulé (1.300 m) non négligeable. Carte IGN 2249 ET Font-Romeu – Capcir Top 25.

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  • J’aime mes enfants par dessous tout et j’aime la randonnée car c’est mon passe-temps favori. Alors comment, dans mon journal mensuel, pourrais-je passer sous silence ce merveilleux Tour pédestre des Fenouillèdes qu’en ce mois de septembre je viens d’accomplir avec mon fils. Quand il m’a annoncé qu’il voulait partir marcher avec moi, j'ai été d'abord très surpris car il préfère nettement le VTT mais j’étais tellement heureux que j’ai mis tout en œuvre pour que ce tour que j’avais inscrit dans mes tablettes depuis fort longtemps se réalise et croyez-moi, même s’il  ne fut pas très facile à organiser, car il faut le dire ce pays des Fenouillèdes est incontestablement le parent pauvre du département des Pyrénées-Orientales, il était hors de question pour moi que nous ne l’accomplissions pas ensemble. Le Fenouillèdes, terre occitane oubliée ou ignorée des catalans depuis le traité des Pyrénées de 1659, il suffit pour s’en convaincre, de compulser Pyrénées-Orientales - L’Encyclopédie Illustrée du Pays Catalan où seulement deux pages sont consacrées à cette belle région sur les 302 pages que comporte ce gros ouvrage. Pour se convaincre de cette indifférence et de cette ignorance quasi générale, il suffit de vouloir parcourir ce tour, pourtant parfaitement balisé par les comités associatifs pédestres, pour constater qu’aucun topo-guide n’a encore été édité ni par la Fédération Française de Randonnée Pédestre ni par aucun autre éditeur. Quand à l’organisation, si dans les communes les plus importantes que sont Saint-Paul-de-Fenouillet, Caudiès-de-Fenouillèdes et Sournia, on trouve assez aisément le gîte et le couvert, il y a, en terme d’hébergements, quasiment un grand vide dans la partie est de ce tour sur une immense portion qui va de Saint-Paul à Sournia, c'est-à-dire depuis Lesquerde à Eus en passant par Ansignan, Trilla, Tarerach, Marcevol et Arboussols. C’est d'ailleurs, je pense, la raison essentielle pour laquelle ce tour n’a pas été édité et reste peu fréquenté et que nous-mêmes avons été contraints de camper lors de la première étape qui nous a amené de Trilla à Eus. J’ai d’autant plus du mal à comprendre ce désintéressement pour les Fenouillèdes et cette désaffection pour ce magnifique tour pédestre que cette région regorge de richesses naturelles, architecturales et patrimoniales exceptionnelles. Pour n’évoquer que les sites les plus remarquables rencontrés ou aperçus sur l’itinéraire et sans parler des excellents vignobles que l’on côtoie au fil du parcours, Rivesaltes et Maury pour ne citer que les plus connus, il y a le superbe Prieuré de Marcevol, la localité d’Eus, élu plus beau village de France, de nombreux jolis hameaux oubliés dont ceux de Comes et de Campeau par exemple , ces étonnants amas de mégalithes naturels du Parc Naturel Régional des Pyrénées-Catalanes, les admirables forêts domaniales du Fenouillèdes, de Boucheville et du Moyen-Agly, les merveilleuses gorges de Saint-Jaume et de Galamus avec son ermitage Saint-Antoine, les belles vallées de la Désix, de la Boulzane et de l’Agly pour ne parler que des principales rivières, les ruines d’innombrables mas pastoraux et de nombreux châteaux dont ceux de Fenouillet, l’ admirable église Notre-Dame de Laval à Caudiès, les étonnantes échines géologiques calcaires que sont le synclinal de Saint-Paul s’étirant sur plus de 30 kilomètres et les Corbières avec ses pechs et notamment celui monumental et mystique de Bugarach, le surprenant chapitre de Saint-Paul avec son insolite clocher heptagonal et enfin peut-être le plus merveilleux et emblématique joyau architectural de la région avec le splendide pont-aqueduc romain d’Ansignan dans un état de conservation exceptionnel et encore en état de fonctionnement malgré son grand âge de plus de 17 siècles. Voilà quelques unes des principales merveilles que vous pourrez découvrir si vous êtes un jour amenés à réaliser ce tour dans son intégralité. Mais le Fenouillèdes, ce n’est pas seulement cela, ce sont des hommes qui ont su façonner un pays très tourmenté fait d’une succession de collines et de multiples ravins, des hommes qui ont réussis à élever de charmants villages dans les coins les plus reculés, des hommes qui malgré les occupations, les invasions successives (romains, wisigoths, musulmans, francs, espagnols, etc.…) et un passé parfois tumultueux comme les guerres entre cathares et catholiques sont restés accueillants et ont réussi à en faire un pays où il fait bon vivre. Même si en raison d’une mauvaise météo, les deux premiers jours n’ont pas été très propices à une flânerie pédestre,  sur ce Tour des Fenouillèdes, ce bien-être, Jérôme et moi avons eu l’occasion de le goûter tout au long de ces 5 jours. Alors, je ne sais pas ce que Jérôme en pense mais pour moi, ce périple de 120 kilomètres avec lui, restera très longtemps un vrai Tour du Bonheur.

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