• 99% des randonneurs qui arrivent à Bugarach y viennent pour faire l’ascension du mythique Pech. Alors, sans vouloir leur en faire critique puisqu’il y a quelques semaines, j’ai moi-même décrit dans ce blog cette très belle escalade, j’estime qu’il n’y a pas que ça à Bugarach et d’autres superbes découvertes sont accessibles en marchant au départ de cette paisible bourgade ! Parmi un volumineux écheveau de légendes, contes et autres balivernes qui circulent sur cette magnifique région, quelques fureteurs obstinés ont réussi à démêler les fils de quelques histoires vraies, de celles qu’on ne lit pas forcément dans les livres d’Histoire avec un grand « H » mais qui n’en sont pas moins authentiques. Alors suivez-moi sur ce circuit des Templiers, sur ces sentiers aux trésors enfouis et peut-être encore à découvrir, sur les chemins de ces récits moyenâgeux où ici, les Cathares, les moines soldats et les chevaliers se succédèrent puis se côtoyèrent parfois curieusement sans jamais s’affronter dans une lutte sans merci. Au départ du village de Bugarach (465 m), il faut prendre le Sentier Cathare, balisé en jaune et bleu, dans la direction de la Maison de la Nature et de la Randonnée. Au bout de quelques minutes, on laisse le très beau gîte sur la gauche et l’on poursuit. De son arrogante hauteur, le Pech domine l’ensemble du paysage et paraît vexé qu’on lui tourne le dos.  Dès le départ, les panonceaux sont nombreux, il indique Quillan ou le Bézu et le large chemin monte dans les vertes prairies en direction de la superbe forêt communale. Je précise qu’ici le tracé du Sentier Cathare a quelque peu changé par rapport aux dernières éditions des cartes IGN qui commencent à dater. Il ne passe plus par le Col du Moulin à Vent mais se hisse plus haut dans la forêt. Si l’on suit le balisage jaune et bleu, il n’y a pas de problème, on arrive tout de même au Col du Vent (825 m) à l’intersection de plusieurs pistes. Certaines vont vers Parahou-Grand et St-Louis-et-Parahou mais le Sentier Cathare, lui, descend à droite vers le Bézu par le Bac, à l’ombre de l’épaisse et verdâtre forêt communale de Saint-Just et parallèle aux hautes crêtes déchiquetées de la Serre de Bec. Dans un impressionnant ciel azur, de non moins impressionnants vautours fauves aux ailes noires et aux poitrails d’un brun plus clair tournoient à la cime des crêtes. Sur la droite, apparaît le vallon très verdoyant de Cass-rats puis une autre colline aux arêtes découpées. C’est la Serre Calmette avec à son sommet le château dit « des Templiers », notre principal objectif. Pour y aller, il faut poursuivre jusqu’à une intersection, peu après la ferme de la Jacotte. On aperçoit le hameau de Bézu mais une route goudronnée part à droite et file vers le lieu-dit les « Tipliés » dont certains prétendent qu’il aurait le mot « templier » pour origine. Juste avant d’entrer dans le minuscule hameau, on quitte la route asphaltée pour un étroit sentier qui file à gauche vers le château dont il ne reste malheureusement que des ruines. Dès le début, un panneau est planté là, au bord du sentier, et dans un court résumé, il informe les visiteurs sur les origines et l’Histoire certaine de la fortification et la physionomie du site faisant abstraction de la Commanderie de l’Ordre du Temple qui aurait existé mais dont l’hypothèse est encore très controversée. Il faut quelques minutes pour accéder au plus haut de ce nid d’aigle (832 m) où les panoramas, sur la Haute-Vallée de l’Aude et bien plus loin encore, sont tout simplement époustouflants. Malgré la rocaille, les éboulis et les vestiges pierreux du fortin, la végétation en général et la flore en particulier y sont exceptionnelles et la nature a laissé ici quelques espaces herbeux où un mémorable pique-nique peut-être pris y compris au pinacle de la haute falaise. On quitte les vieilles murailles par le même chemin, direction le Bézu où seules une fontaine d’eau fraîche et l’église du XIeme siècle magnifiquement restaurée méritent qu’on s’y attarde. On monte en direction du cimetière vers la Jasse du Bézu où une nouvelle intersection mérite une attention particulière car on quitte définitivement tout balisage. On laisse la piste qui part à gauche vers Granès et on emprunte la troisième piste à droite qui file vers les  Baruteaux, toujours parallèle à la Serre Calmette que l’on a contournée. Le château des Templiers est désormais en surplomb sur notre droite et à l’horizon sur la gauche, on peut distinguer l’illustre village de Rennes-le-Château. A cause des étables et des nombreux bovins, on traverse en silence et avec prudence la métairie des Baruteaux. Mais ici pour qui connaît la légende, on ne peut s’empêcher de penser à cette étrange histoire qui prétend que depuis le 13 octobre 1307 et les arrestations de tous les Templiers par le roi Philippe le Bel, sauf ceux du Bézu allez savoir pourquoi, une cloche d’argent sonnerait le glas au fond du puits des ruines des Baruteaux. Ainsi, à chaque date anniversaire dans la nuit du 12 au 13 octobre, une longue procession de fantômes en habits de Templiers se mettrait en marche au son de cette cloche d’argent appelant les trépassés à se rendre du cimetière à la chapelle du château pour honorer les défunts. Après les Baruteaux, on poursuit le chemin en évitant de monter vers le domaine privé de Lattenouse et la piste finit par aboutir sur la D.14 au lieu-dit le Mas. On prend à droite et sur un peu plus d’un kilomètre, on poursuit avec précaution la départementale jusqu’au carrefour du Pont Romain. Ici deux alternatives se présentent : soit on poursuit jusqu’à Bugarach sur le bitume en suivant le balisage jaune soit on tourne à gauche si l’on ne connaît pas ce splendide édifice. Il s’agit d’un petit pont construit par les Romains avec une seule arche mais ô combien exceptionnel pour l’époque en terme d’exploit technique au regard du vide qu’il enjambe. Si vous avez choisi cette option que je conseille, vous pourrez tremper vos pieds échauffés par les kilomètres dans l’eau glacée de la Blanque. Ce ruisseau qui dévale tout droit du Pech a créé ici de magnifiques gorges mais aussi quelques agréables rivages sableux. Les doigts de pieds revigorés, vous franchissez le pont et poursuivez le balisage jaune par un court mais très raide dénivelé dans les bois de la Soula de Doumeng. Cet agréable et parfois difficile sentier vous amène sans problème vers Bugarach avec sur la fin de ravissantes vues sur le village et le Pech. Au court de ce  circuit, d’environ 26 kilomètres et pour lequel, arrêts compris, vous aurez consacré une grosse journée, vous n’aurez sans doute pas découvert de magots enfouis, ni de mythique Graal, ni les lutins Bug et Arach mais nombre de trésors historiques et naturels, une foule de merveilles floristiques et faunistiques et tout ça dans un gigantesque et extraordinaire écrin de verdure. Alors pourquoi en vouloir plus ? Si c’est le cas, je recommande la lecture de deux livres : « Mystères et Secrets des Templiers du Bézu » de Maurice-René Mazières et « Rennes-le-Château et l’énigme de l’or maudit » de Jean Markale. Carte IGN 2347 OT Quillan - Alet-les-Bains – Couiza Top 25.


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  • Neuf mois que je n’étais pas revenu randonner du côté de Saint-Laurent-de-Cerdans ! Peut-être, une sorte d’accouchement psychologique et le temps nécessaire et indispensable pour digérer ce Tour du Vallespir, âpre à l’extrême, que j’avais réalisé en août 2009 ! http://pagesperso-orange.fr/gilbert.jullien/tour%20du%20vallespir%200.htm Pourtant, je m’étais promis de revenir sur ces sentiers et surtout d’y amener Dany, car malgré son âpreté, ce Tour du Vallespir restait  pour moi inoubliable et merveilleux ! Alors, après avoir examiné la carte IGN du secteur, il me vint à l’idée d’imaginer ce Tour du Mont Nègre. L’avantage de ce tour de 18 kilomètres environ, c’est que par les panoramas à admirer en cette saison et les découvertes que l’on y fait, il se suffit à lui-même. En effet, aucune obligation d’escalader ce Mont Nègre (1.425 m) qui doit sans doute son nom aux roches sombres, riches  en oxyde de fer, qui enveloppent son sommet. D’ailleurs, sur ce dôme extrêmement rocheux et boisé à la fois, ne me demandait pas si on peut y monter car je vous répondrai que je n’en sais rien et en tous cas, aucun sentier ne figure sur la carte IGN permettant d’envisager cette possibilité ! Le départ de cette randonnée s’effectue devant l’entrée du Domaine de Falgos, connu des visiteurs pour son parcours de golf à 18 trous. Une large piste balisée de traits de peinture orange part plein sud à gauche de la route asphaltée et monte dans l’épaisse et superbe forêt de Falgos jusqu’à la Collada dels Maçaners. Dans cette montée, en se retournant, on entraperçoit de temps à autres les bâtiments du golf et le green à travers  les branchages. On poursuit la piste sableuse qui désormais file nord - ouest en laissant à gauche le Pic Massanes (1.114 m). Marche en forêts sur de larges pistes sableuses, voilà ce qui vous attend sur une majeure partie de ce circuit. Ici, dans ce secteur du Vallespir, la faune y est bien sûr exceptionnelle mais c’est surtout la flore et la forêt que vous observerez car elle est omniprésente avec d’innombrables essences qui jalonnent tout le parcours : hêtres, chênes, frênes, châtaigniers, bouleaux blancs, merisiers, sorbiers des oiseleurs, véroniques et une diversité de beaux conifères dans les plus hautes altitudes. La piste zigzague et coupe plusieurs petits ravins où, en cette saison, coulent à flot de mélodieux ruisseaux.  On délaisse toutes les pistes et chemins qui partent à gauche y compris celui balisé en jaune et rouge propre au Tour du Vallespir qui va au Pla de la Muga, car c’est par là qu’on va revenir ce soir. Dans un ciel bleu d’une magnifique pureté, le verdoyant Mont Nègre se détache parfois à gauche, parfois devant. Mais aux détours de certains virages, votre regard est captivé par une longue chaîne de montagnes blanches qui apparaît sur votre droite au dessus de la cime des grands arbres : du Massif du Canigou jusqu’au pic du Costabonne en passant pas les Esquerdes de Rotja, ce sont les prémices ô combien splendides des Pyrénées encore très enneigées en ce printemps tardif.  Vous n‘avez qu’une envie : admirer d’un peu plus haut et un peu mieux ce merveilleux spectacle. Ne vous inquiétez, juste après avoir enjambé le ravin du Mont Nègre, l’occasion va se présenter sous la forme de quelques rochers qu’il vous faut gravir avec prudence mais qui vont s’avérer être un belvédère unique sur le village de Serralongue et tout le Vallespir avec vue sur les montagnes jusqu’à la Plaine du Roussillon et à la Méditerranée.  A l’approche de la Serra de Cabrens, la piste amorce une douce descente avec une vue remarquable sur les trois fameuses tours. Sur la carte, un autre point de vue remarquable est accessible en suivant un fléchage rouge. Au pied de la Sola des Torres, on quitte définitivement la piste au profit d’un petit sentier balisé en jaune qui monte parallèle à la rivière del Castell jusqu’au Pla du même nom. Le dénivelé (170m) s’accentue vraiment pour la première fois mais la courte distance (1,4 km) vous ouvre un appétit que vous allez pouvoir apaiser par un agréable pique-nique pris sur les herbes vertes et tendres de cet écrin de verdure qu’est le Pla del Castell. Ce repas digéré et après un repos mérité, on laisse Lamanère à droite et on emprunte la piste du Tour du Vallespir qui part à gauche vers le Pla de la Muga. A un panonceau indiquant Coustouges, on quitte très vite la piste au profit d’un petit sentier qui file à gauche au milieu des pins et qui finit par déboucher dans un surprenant « Colorado miniature » fait d’étranges dunes rougeâtres. Entre vagues de sable pourpres, roches de grès carmins et gravillons de pouzzolanes grenats, je ne connais pas l’origine et la composition exacte de ces insolites formations minérales qui vont de l’ocre rouge à une teinte « lie-de-vin ». Mais elles sont, paraît-il, nombreuses dans la région puisqu’elles ont donné leurs noms à des sites comme le hameau de Vilaroja ou bien Notre-Dame de Coral dont le nom « Coral » proviendrait du mot « corail » comme la couleur qui lui est attachée. Ici, il suffit de suivre l’ornière centrale pour aboutir à la source de la Muga où une stèle a été élevée (1.226m). Fleuve espagnol de 65 kilomètres de longueur, la Muga se jette dans le golfe de Roses que l’on aperçoit d’ailleurs par temps clair en poursuivant le chemin jusqu’à un point de vue qui a été judicieusement aménagé d'un banc non loin du Pla. De cet endroit, le panorama sur ce canyon à la fois rouge et vert qui dévale vers l’Espagne et l’Alt Emporda est tout simplement extraordinaire. Subjugué par cette vision que l’on quitte à regrets, on s’éloigne de la frontière par un chemin qui longe le ravin du Pla de la Muga dans une belle hêtraie où l’on retrouve la piste prise ce matin. La boucle se referme ici. Il ne faut surtout pas suivre le balisage jaune et rouge qui descend tout droit vers le golf et il faut reprendre le même chemin que ce matin pour retrouver la voiture que l’on a laissé près de l’entrée du Domaine de Falgos. Carte IGN 2349 ET Massif du Canigou Top.25.

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  • Parfaitement balisée en jaune car il s’agit d’un P.R. , cette courte randonnée qui part du joli village de Rasiguères et qui s’intitule « Autour de Trémoine » n’est pas très difficile. D’ailleurs quand on regarde la carte IGN, on peut se poser la question pourquoi ce nom « Autour de Trémoine » ? En effet, le circuit côtoie la Tour de Trémoine mais ne tourne pas autour et de plus l’itinéraire n’emprunte pas le vallon où coule le ruisseau au même nom. Mais peu importe le nom, cette boucle donnée pour 7,5 kilomètres et 400 mètres de dénivelés, sans doute cumulés, ne présente aucune difficulté. Par contre, si on veut vraiment justifier ce nom de Trémoine et se donner la peine de la transformer quelque peu, ce qui, bien sûr, n’est pas une obligation, elle peut devenir très compliquée. Il faudra pour cela être attiré comme j’ai pu l’être par cette énigmatique Tour de Trémoine qui dès le départ vous nargue du haut de ses 272 mètres d’altitude. En lisant cet article, je vous vois déjà ricaner car vous vous dites : « Bah !!! 272 mètres, ce n’est pas sorcier ! ». Alors, je vais vous donner quelques explications pour l’atteindre mais je vais vous laisser le soin de la découvrir par vous-même. En effet, très difficile d’accès, cette tour qui est perchée sur un promontoire rocheux très escarpé serait une tour de surveillance carolingienne du 9eme siècle à laquelle d’autres conquérants auraient adjoint une forteresse polygonale autour de ses bases quelques siècles plus tard. A Rasiguères, le départ s’effectue devant la devanture de l’Auberge de Sceaury où un panonceau de randonnée est apposé. La boucle qui nous intéresse passe à droite de la mairie et on poursuit tout droit par la rue des Bordes qui nous amène hors du village sur un large chemin qui s’élève rapidement. D’ailleurs, après que l’on ait côtoyé quelques belles villas et de jolis jardins potagers, le village apparaît déjà en surplomb dans sa totalité. Quelques mètres plus loin, un nouveau panonceau à gauche du chemin nous rassure pleinement quant à l’itinéraire choisi. Sur la droite et descendant dans le bas du vallon, vous remarquez un autre panonceau indiquant « Découverte du vignoble- Planèzes », c’est ce sentier qu’il faut emprunter si vous envisagez de grimper à la tour. Personnellement comme je le fais lors d’un bon repas, j’ai gardé le meilleur pour la fin et la Tour de Trémoine comme dessert, pourtant après coup, je dois avouer que ce n’était pas spécialement la partie la plus digeste ! Nous avons très vite quitté la large piste pour un agréable sentier bordé de cistes et de romarins. Il longe un petit ru puis monte sans cesse vers le Bac del Taillou au milieu des chênes verts et des bruyères arborescentes. Seules quelques bruyantes motos trials aux gaz d’échappement nauséabonds, pourtant interdites sur ce parcours, sont venues perturber notre tranquille progression. Au collet, à 298 m d’altitude, nous avons tourné à droite et pris l’option du chemin interdit par une croix jaune. Il mène au sommet d’une crête à 327 mètres d’altitude où l’on a pratiquement un tour d’horizon à 360° sur toutes les ravines qui nous entourent. Le beau temps n’étant pas vraiment de la partie et les panoramas quelque peu bouchés, nous avons vite rebroussé chemin et poursuivit la randonnée « Autour de Trémoine ». On a quitté le maquis et traversé des vignes magnifiquement rectilignes et entretenues qui donnent ces merveilleux vins de Rasiguères, le sentier se transformant soudain en une piste carrossable. Ici, la vue porte plus loin vers le Haut-Fenouillèdes, les Corbières et ses châteaux cathares et même les Pyrénées Ariégeoises encore enneigées. Puis aux Musals, la piste a bifurqué à 90° pour redescendre vers le vallon et le village. Droit devant, La Tour de Trèmoine a continué de nous défier, semblant nous dire : «  Monte me voir si tu en est capable ! ». Plus bas, on a retrouvé le chemin pris à l’aller ainsi que les panonceaux et, notamment celui indiqué plus haut « Découverte du vignoble- Planèzes ». Il  descend dans le vallon de Trémoine et les vestiges des anciennes mines de fer. Quand on atteint le ruisseau où plus exactement ses alluvions car il est le plus souvent asséché, on poursuit à  gauche à même son lit sur une vingtaine de mètres. Là, au beau milieu du ruisseau, on peut distinguer sur un rocher, une flèche violette. Nous y  sommes, le sentier, si on peut l’appeler ainsi, est sur la gauche, très raide dès le départ, il monte allégrement dans une chétive mais aromatique flore typiquement méditerranéenne faite de cistes, de buplèvres, de chênes kermès, de pistachiers lentisques et de quelques petits massifs de thyms et de romarins. A l’approche de la tour et en raison des éboulis qui se confondent sans doute avec quelques pierres qui ont dégringolés des murailles, la sente devient plus incertaine mais heureusement quelques courageux marcheurs attentionnés l’ont agrémentée de plusieurs cairns bien disposés. C’est dans cette caillasse envahie par endroit par une dense et cuisante végétation qu’on finit par atteindre les remparts puis la tour en regardant précautionneusement où l’on met les pieds. De magnifiques vues sur Rasiguères, sur les Fenouillèdes et bien plus loin vers les Pyrénées et le Canigou se révèlent. A nos pieds, encerclant ce mirador naturel, se dessinent les méandres des profondes ravines que les millénaires ont creusées. Ici, on imagine sans peine les terribles souffrances qu’ont du endurer les bâtisseurs de ce bastion pour tailler les pierres et les hisser sur ce véritable nid d’aigle. Entourée de son enceinte où quelques meurtrières sont encore visibles dans ses flancs, on comprend mieux que la Tour est pu servir de défense contre d’éventuels envahisseurs que les rudes escarpements rocheux avaient pour but de dissuader. Si la montée vous a paru ardue et malaisée, la descente terreuse ne l’est pas moins et il faut redoubler de vigilance pour arriver en bas confortablement et retrouver l’agréable sablon du lit du ruisseau asséché. Ici, il n’y a pas d’eau mais en raison d’une foisonnante et verte végétation qui a largement enveloppé les bâtiments des anciennes mines de fer, sa présence dans le sous-sol transpire. Le retour vers Rasiguères peut s’effectuer par le même chemin qu’à aller ou bien on peut poursuivre vers Planèzes par une piste qui monte dans les collines auquel cas, il faut penser à prendre sur le plateau une intersection qui redescend vers le village. Arrêt non inclus, comptez 2h30 pour le circuit « Autour de Trémoine » et rajouter au minimum 1h pour un aller-retour à la Tour. Carte IGN 2448 OT Thuir-Ille-sur Têt Top 25.


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  • Que n’a-t-on pas dit et écrit sur le Pech de Bugarach ! Pour s’en convaincre, il suffit de taper « Bugarach » dans Google et ce n’est pas moins de 53.200 sites, évoquant au moins une fois ce nom, que vous pourrez aller visiter ! La plupart de ces sites font la part belle aux mystères, contes, légendes et autres racontars qui circulent sur cette « montagne sacrée » appelée aussi « montagne aux sorcières »  qui, avec ses 1.230 mètres d’altitude, reste avant tout le plus haut sommet des Corbières. Alors que ce soit sur le Net ou bien dans des livres, on évoque une base d’Ovnis avec présence d'extra-terrestres, des ondes telluriques bénéfiques aux rites celtiques, on parle d’une étrange cavité ou d’un immense dôme souterrain que des satellites espions auraient détectés, la montagne renfermerait dans son cœur les archives d’un monde disparu ou bien le mystérieux trésor de l’abbé Saunière, le célèbre curé de Rennes-le-Château tout proche, y serait caché dans une grotte, les avions auraient interdiction de le survoler pour cause d’affolement des boussoles et autres instruments de bord, pour certains, le Pech représenterait une des portes d’une énergie magique, d’autres y voient des visages sculptés dans les falaises, d’autres une ressemblance avec le Mont Sinaï dont il serait l’antithèse, des hommes illustres comme Jules Verne, Victor Hugo, François Mitterand ou Steven Spielberg y seraient venus, la plupart en catimini, etc.…..Les plus folles rumeurs circulant, je laisse le soin à ceux que ça intéresse d’aller voir sur Internet et je laisse les mystiques à leurs croyances et à leurs visions. Mes visions personnelles sont plus terre à terre et en escaladant le Bugarach pas une magnifique journée de printemps, outre l’aspect sportif, je me suis contenté d’observer, depuis son sommet, tous les beaux paysages qui défilent à 360° de le Mer Méditerranée jusqu’aux contreforts de la Montagne Noire en passant par la longue chaîne des Pyrénées encore enneigées et la belle Vallée de l’Aude ; tout ça dans une nature, il est vrai, merveilleusement magique, car on ne sait jamais au juste si on est à la campagne, en forêt ou à la montagne. Mais pour donner encore plus d’intérêt à cette randonnée, j’ai choisi une boucle qui alterne cette diversité de paysages et de contrastes. Elle part du minuscule hameau de La Bastide, non loin de Camps-sur-l’Agly. On accède à La Bastide par la D.14, on traverse le hameau et l’on gare sa voiture juste avant le lieu-dit Les Pastressis à proximité d’une réserve d’eau en béton. Sur la droite de la route, vous remarquez un panonceau indiquant le Bugarach et sur votre gauche, un autre, indiquant Péchines. C’est ici, à cette intersection, que ma longue boucle se refermera dans quelques heures. Mais d’abord, il faut emprunter cette route bitumée qui se transforme en piste après Les Pastressis pour aboutir au Col du Linas. Cette portion du chemin constitue une bonne mise en jambes avant d’attaquer les choses sérieuses, car la vraie escalade commence beaucoup plus loin que le Col du Linas. Vous allez d’abord monter tout droit vers le Pech, puis contourner la montagne en bifurquant plein ouest dans une forêt de grands buis et de hêtres avant de grimper vraiment à la mythique éminence. En montant sur une sente de plus en plus rocailleuse, on a souvent tendance à regarder les hautes falaises blanches qui nous dominent mais dans le ciel, aucun ovni et seulement une multitude de grands rapaces (circaètes Jean le Blanc, vautours fauves ou percnoptères et busards cendrés sont présents sur le site) qui tournoient sur nos têtes donnant le seul aspect « angoissant » à cette ascension rocheuse mais praticable. Et hormis, un court passage en pelouse non loin du sommet, cela va être pierreux jusqu’au bout, le mamelon final en étant l’apothéose, lui qui est très souvent balayé par un cers violent et froid qui laisse peu de chance à une quelconque flore de se développer à sa juste mesure. Mais un fois le sommet atteint,vous comprenez que ces quelques cailloux que vous avez polis de vos lourds godillots dans la montée ne sont rien au regard de la descente qui vous attends et qui est réservée aux randonneurs expérimentés comme l’indiquent par ailleurs les panneaux situés de chaque côté de la montagne au départ du Pech. Cette descente très difficile, elle s’appelle la fenêtre, sans doute à cause d’un trou perforé à même la roche. Dans cette pente terreuse et gravillonneuse, il faut redoubler de vigilance, s’aider autant de ses mains que de ses pieds et surtout regarder où l’on met ces derniers. Et quand on en a terminé avec la cheminée et les éboulis et qu’on rejoint les premiers herbages, c’est un vrai soulagement d’être arrivés jusque là sans encombre. Au pied du Pech, le balisage étant parfait, il faut prendre la direction du Col de Péchines balisée en orange et bleu (variante du sentier cathare). Bien que le Pech constituait le principal dénivelé, on n’en a pas terminé avec les montées et c’est sur un bon sentier qui alterne prairies et sous-bois qu’on finit par croiser le G.R.36 et atteindre les ruines du hameau oublié mais féerique et mystérieux de Campeau. Dans un cadre pourtant bucolique à souhait, ici tout est désolation et la vie semble s’être arrêtée comme sur un étrange coup de baguette magique. Du hameau abandonné, on a un autre aperçu du Pech de Bugarach : il paraît plus débonnaire, plus massif et moins découpé, comme un gros dinosaure couché. Le sentier monte encore et il suffit de suivre les panneaux indiquant La Bastide à travers les prés parsemés de blanches pâquerettes, d’aubépines encore plus blanches et de jaunes primevères pour atteindre le Col de Péchines qui n’est plus qu’à quelques encablures. Au col, le sentier redescend dans une sombre hêtraie aux talus plantés de violettes puis dans des prés où poussent d’innombrables orchidées sauvages. Le sentier laisse très vite la place à une piste plus large qui finit par aboutir à la source captée cimentée et à la voiture. Ici se termine cette magnifique mais sportive boucle de 16 kilomètres environ pour des montées cumulés de 1.290 mètres, l’ascension au sommet représentant à elle seule 642 mètres de dénivelé. Bâtons de marche et surtout bonnes chaussures à tiges montantes et semelles bien crantées sont vivement recommandées sur ce tracé. Si la saison est chaude, pensez à emporter suffisamment d’eau car vous n’en trouverez pas de potable sur ce parcours. Carte IGN 2347 OT Quillan - Alet-les-Bains – Couiza Top 25


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  • En lisant un article de presse sur cette gigantesque marée noire qui sévit sur les côtes de la Louisiane depuis le 20 avril, date à laquelle la plateforme Deepwater Horizon a explosé pour une raison aujourd'hui encore inconnue, j'ai été surpris de constater que ce qui intéressait le média en question c'était la chute continuelle (-12%) du cours de l'action de British Pétroléum, responsable de ce sinistre. Obama s'étant rendu sur les lieux, il a décrété le message si souvent seriné mais peu souvent mis en pratique en France : Pollueur = Payeur. Ce qui semblait intéresser le journal, c'était d'arriver à appréhender la durée que prendraient les opérations de colmatage de la fuite de pétrole pour que cesse cette dégringolade du cours de l'action. 

    Pauvres actionnaires, pauvres banques, pauvres fonds de pension américains qui quittent comme des rats la société BP comme on quitte un navire ou une plateforme qui coule !!! 

    On vit vraiment dans un monde où seul l'argent compte, un monde pourri, noir, aussi noir que le pétrole qui jaillit sans arrêt de ce puits.  

    Tous ces actionnaires qui vendent leurs actions se foutent pas mal des effets néfastes que cette marée noire va avoir sur l'environnement, sur la faune et sur les petits métiers qui vivent de la mer. Ce qui compte pour eux dans l'immédiat, c'est de préserver au maximum leurs capitaux et quand le puit aura été bouché ; ce qu'il faut bien sûr espérer au plus vite ! ; et que l'action sera au plus bas, ils en rachèteront de gros paquets. Rien n'aura changé dans le monde de la finance mais beaucoup de choses auront changé dans notre monde tout court ! 

    Il faut savoir que les quelques milliards de dollars que BP va engager pour arrêter et nettoyer cette colossale marée noire et dédommager les sinistrés représentent une goutte de pétrole par rapport aux bénéfices engrangés depuis des années par la société et ses actionnaires. Sur le seul premier trimestre 2010, la société BP a doublé ses bénéfices uniquement grâce à la remontée des cours du brut que nous payons généreusement à la pompe ! 


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