• LE PRIEURE DE SERRABONNE par jullie68

     
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    Quand on possède un véhicule, c’est vraiment très simple de se rendre au Prieuré de Serrabonne ou Serrabona en catalan que l’on peut traduire en français par la « bonne colline ».  En effet, pour aller à la rencontre de ce superbe joyau de l’art roman  dont les premières mentions historiques remontent à 1069, il suffit depuis Perpignan de prendre la route de Prades et après avoir dépasser Ille-sur-Têt de tourner vers Bouleternère. Là, dans ce joli village, il suffit de poursuivre la petite et tortueuse départementale 618 que l’on quittera au profit de la courte départementale 84 pour arriver au magnifique prieuré. D’ailleurs, c’est si facile que chaque année, des milliers de touristes empruntent cet itinéraire pour aller écouter un concert ou plus simplement pour partir à la découverte de ce merveilleux site touristique, sans doute un des plus beaux de notre département. Mais si on aime marcher, il y a aussi une manière beaucoup plus authentique de s’y rendre, c’est celle de cheminer sur un agréable sentier qui part du village de Boule d’Amont. Pour accéder à cet adorable hameau qui mérite lui aussi un ample détour car il possède un riche patrimoine historique, c’est d’une grande simplicité puisque lui aussi est situé sur la D.618 qu’il faudra poursuivre sans se préoccuper de l’embranchement de la D.84 cité plus haut. Un parking est là au bord de la route pour accueillir les voitures. En  face le parking, il y a  cloué sur un arbre, un petit panonceau avec un plan  sur lequel il est écrit « SERRABONNE ». Mais attention si ce plan, très succinct et pas très explicite par ailleurs, vous permet d’aller au prieuré, il s’agit en réalité d’une randonnée en boucle  beaucoup plus longue qui consiste à cheminer les crêtes de Serradell et qui s’intitule tout simplement « les Crêtes de Serrabonne ». J’aurai peut-être un jour l’occasion de vous présenter ce circuit mais la dernière fois que j’ai voulu l’accomplir, notre groupe a été contraint de l’écourter à cause d’une de nos collègues qui en tombant s’est fracturée le tibia et le péroné. Appel à l’aide, attente des secours, hélitreuillage, départ de notre guide, la journée était bien entamée et heureusement le Prieuré fut là pour combler cette journée placée sous le signe de « la faute à pas de chance » ! Alors, oublions pour l’instant les crêtes et partons vers le magnifique prieuré qui se suffit largement à lui-même. A Boule d’Amont, dirigez-vous vers le bout du parking et prenez la ruelle qui monte à main droite derrière l’église. Vous passez devant la terrasse d’un restaurant et poursuivez en suivant le balisage jaune bien présent. La venelle s’élève rapidement avec de très jolies vues sur le village et les premiers contreforts enneigés du Massif du Canigou. La ruelle se transforme en sente, puis en une piste que l’on rejoint et que l’on va suivre sur quelques centaines de mètres avant de la quitter au bénéfice d’un sentier en sous-bois qui se termine sur une nouvelle piste juste avant la ferme de Can Cesta. Cette description peut vous paraître compliquée mais n’ayez aucune crainte : des panneaux indiquant « Serrabonne » sont  bien présents, le balisage jaune est visible et il y a même quelques cairns à chacun des raccourcis à prendre. C’est donc très aisément que vous arrivez au col de l’Aspic (632 m) où l’on poursuit tout droit en traversant la piste. Après le col, les ravines vont se succéder et désormais la progression s’effectue dans une toison végétale très épaisse composée essentiellement de chênes verts et de quelques bruyères arborescentes. Sur ce chemin parsemé de quelques vestiges d’un pastoralisme oublié, où l’on va sans cesse monter et descendre, essayez d’imaginer le temps où il n’y avait pas de routes goudronnées pour atteindre le prieuré. Immédiatement on peut concevoir la vie difficile et isolée du monde qu’eurent les chanoines, hommes mais femmes aussi, qui vécurent ici à partir de 1082. Et cette vie fut si pénible que le prieuré périclita très vite car l’individualisme pris rapidement le pas sur la règle principale de Saint Augustin qui était de vivre dans une communauté fraternelle harmonieuse. Les temps ont changé et malgré ce déclin, de merveilleux artistes nous ont laissé de fabuleux trésors ! Le prieuré a certes été restauré au 20eme siècle, mais quand on finit par y arriver, de cette architecture extérieure lisse et quasi parfaite toute en schistes, rien ne laisse présager les superbes reliques de l’art roman que l’on va encore y découvrir à l’intérieur. Je ne vous en dis pas plus et je vous laisserai le soin pour quelques euros seulement de savourer par vous-même la finesse des sculptures de marbre rose, la magie des étranges  bestiaires et la beauté et la perfection des chapiteaux et des colonnes. Le lieu est également propice aux pique-niques car des bancs et des tables y ont été aménagées. Avant de repartir par le même chemin, vous pourrez également arpenté un ludique sentier botanique et si les vieilles tombes ne vous font pas peur, visiter le minuscule et insolite cimetière. Voilà de quoi remplir une savoureuse journée avec cette magnifique balade toute simple d’environ 13 kilomètres aller-retour pour un dénivelé très modeste de 260m. Carte IGN 2449 OT Céret-Amélie-les-Bains-Palalda-Vallée du Tech Top 25.

     


      

    Le Prieuré de Serrabonne 

     Solitude étendue de quelques fleurs d'automne

    perchée sur la garrigue aride le ciel cru

    et ce chant grégorien d'une voix tôt venue

    le prieuré de Serrabonne

     

     Je passais j'avais soif de choses éternelles

    de tranquilles tiédeurs de rencontres de rien

    un oiseau un chardon un silex de chemin

    une aurore nouvelle

     

     Et je me magnifiais la rose de septembre

    que l'on me donna hier cueillie dans un jardin

    je compris que ce chant que l'on m'offrait de loin

    était là pour m'attendre

     

     Cantatrice étoilée d'opéras fabuleux

    elle passait aussi recherchant ses recherches

    c'est elle qui m'avait attrapé à sa perche

    nous étions seuls à être deux

     

     Je lui donnai des mots elle chanta des notes

    le latin que j'avais pour une fois servit

    et il monta soudain à présent et ici

    une émouvance haute.

     

      Poème de Louis Amade (1915-1992) né à Ille-sur-Têt. 

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  • Comme j’ai pas mal galéré en réalisant cette randonnée à la Tour des Géographes (878m) et au Pech de Fraysse (917m), j’ai longtemps hésité avant de l’inscrire dans ce blog. Puis je me suis décidé à l’exposer quand même pour deux raisons : primo j’ai estimé que cette Montagne de Tauch mérite une place dans mon blog tant les panoramas à 360° y sont exceptionnels par grand beau temps, et secundo, mais c’est moins important à mes yeux, cette randonnée à la Tour des Géographes et/ou au Pech de Fraysse figure dans bons nombres d’ouvrages comme une « incontournable » de l’Aude. Et pour preuve, je vous en citerai trois que j’ai extraites de ma bibliothèque pourtant modeste : Belvédères de l’Aude et des P.O de Jean-Pierre Siréjol paru chez Rando Editions, 30 balades dans les P.O et l’Aude publié par la Semaine du Roussillon et enfin, pour le parcours que je viens d’accomplir au départ de Padern : Randonnées en Pays Cathare de Jacques Jolfre paru en 2002 également chez Rando Editions. Comme je le fais désormais à chacune de mes sorties, j’enregistre au préalable le tracé carte IGN dans mon GPS et quand je m’y réfère le tracé du livre au plus près de sa description et de son schéma quand il y en a un. J’ai donc démarré sans aucune difficulté du cimetière de Padern où une petite sente rejoint très rapidement une piste d’abord cimentée puis très vite terreuse. J’ai continué longuement cette piste, au début à travers quelques vignes puis dans une végétation composée essentiellement de garrigues et de quelques pins. Sur ma gauche et de temps à autre, le Mont-Tauch laisse entrevoir à travers une brume opaque sa haute paroi et ses piliers de calcaire blanc. Puis en quelques minutes, le ciel passe d’un gris pluvieux à un bleu azur et comme pour me démontrer toute la difficulté que je vais avoir à le conquérir, le Mont-Tauch dresse dans un ciel désormais sans nuages ses hautes falaises blanches découpées et dentelées en cheminées, ou hérissées en colonnes. Chemin faisant et le nez profitant pleinement des senteurs automnales du maquis, je prête bien attention à suivre les quelques cairns qui sont érigés et surtout de cheminer parallèlement au ruisseau des Cazals dont le ravin doit me servir de fil d’Ariane. De temps à autre, je me retourne vers le joli village de Padern pour prendre une photo et graver dans mon appareil le chemin accompli. Après une bonne grimpée de presque 4 kilomètres pour 270 mètres de dénivelé, la piste redescend un peu pour aboutir dans ce qui ressemble à un cul de sac. Seul un gros cairn prouve que je suis encore dans la bonne direction. Il s’agit en réalité du fond du Rec des Cazals qui, ici, cesse d’être un ravin encaissé pour devenir le lit banal d’un petit ruisseau encore à sec en ce début d’automne. A partir de ce gros cairn, qui malheureusement n’indique pas vraiment une direction à suivre, deux solutions semblent envisageables, soit je poursuis dans le lit à sec mais embroussaillé du ruisseau soit j’emprunte une sente qui monte assez rudement à droite sur le versant du Pech des Fayssettes. C’est à partir d’ici et en voulant suivre le lit du ruisseau que je me suis terriblement fourvoyé dans une garrigue très épaisse composée de buis, de petits chênes kermès et surtout de nombreux épineux qui sur 500 mètres m’ont meurtri et ont terriblement ralenti mon allure. J’étais à la limite du découragement quand heureusement j’ai aperçu au dessus et sur ma droite une nouvelle piste plus large. Habillé d’un bermuda et d’un simple tee-shirt, je suis sorti heureux mais griffé et sanguinolent de ce cuisant dédale. A ma décharge, je dois préciser que si j’ai suivi le lit du ruisseau c’est parce que ma carte IGN ne précisait aucun autre sentier à proximité et que dans ces conditions il me paraissait plus opportun de suivre l’itinéraire inscrit dans mon GPS et ce d’autant que dans son livre Jacques Jolfre écrivait : « du petit col, la sente se faufile, en se tortillant, au milieu d’une épaisse végétation (on est prévenu !). Vous piquez (les épineux aussi !) dans le creux du thalweg pour le remonter, etc.……à l’extrémité du bosquet, la trace devient brusquement piste carrossable.»  Au cairn, j’ai donc ignoré la sente qui montait à droite et je ne peux donc pas vous en parler, mais j’ai tout de même le sentiment d’avoir suivi à la lettre les indications de l’auteur. A partir de cette piste, le parcours est devenu plus praticable mais pas plus simple, car sous une chaleur torride et avec une déclivité qui s’est terriblement accentuée, j’ai été obligé d’économiser mon eau et j’ai pas mal souffert pour atteindre d’abord la route goudronnée puis la Tour des Géographes ou plutôt la Tour France Télécom. Car n’en déplaise à ses messieurs les scientifiques, ce sommet a beau avoir été en 1791, deux années après la révolution, le point stratégique d’une triangulation pour mesurer avec précision le méridien de Dunkerque à Barcelone à l’origine de la création de l’unité standard de mesure qu’est devenu le mètre, il n’en reste pas grand-chose si ce n’est peut-être mais j’en suis pas sûr, une vieille borne que j’ai pu photographié derrière le relais France Télécom. Dommage, le lieu mériterait peut-être une stéle explicative ! D’ailleurs, en photographiant tous ces paysages alentours avec ses nombreuses antennes, pylônes et autres éoliennes, j’avais l’impression d’être un espion industriel déguisé en randonneur ! Pour atteindre le Pech de Fraysse, j’ai tenté une nouvelle fois de suivre mon GPS et les indications de Jacques Jolfre, c'est-à-dire suivre comme il dit « la croupe arrondie et douce » c’est à dire la crête sommitale. Mais là encore, je me suis rapidement rendu compte que la douceur était illusoire et que les petits bosquets de buis et les buissons d’épineux même chétifs étaient impénétrables. J’ai donc sagement repris le bitume puis la large piste carrossable pour y accéder. Je suis parvenu au sommet aisément et j’ai découvert ainsi, malgré cette maudite « marinade » qui poisse l’horizon, une multitude de beaux panoramas de tous côtés : de la mer jusqu’au Capcir en passant par les Albères, le Canigou et les nombreux châteaux cathares. J’ai même poussé jusqu’à deux grandes antennes c’est à dire à l’extrême limite du bord de la falaise que j’avais aperçu d’en bas. J’ai pu ainsi entrevoir d’un seul coup d’œil tout le chemin parcouru. Pour le retour, j’ai suivi le même itinéraire qu’à ’l’aller mais à la différence près qu’au lieu de suivre le cours du ruisseau où je m’étais obstiné, je me suis écarté à droite du Rec des Cazals. Mais là aussi. j’ai galéré dans les caillasses et dans une flore excessivement piquante. Si malgré les difficultés que j’explique, vous envisagez tout de même de faire cet aller-retour, ce que j’espère car c’est le but de ce blog, 3 conseils : oubliez le coupe-coupe qui me paraît excessif mais équipez-vous correctement de bonnes chaussures de marche et de vêtements à manches longues et en toile bien épaisse, emportez beaucoup d’eau et surtout assurez-vous qu’il fera beau toute la journée et que vous pourrez ainsi admirer les superbes panoramas. En effet, le but ne doit pas être d’arriver là-haut à tous prix pour voir à travers le brouillard des sites industriels d’entreprises du CAC 40. Dans ces conditions, vous aurez, je pense, perdu une journée. A titre informatif, je suis resté sur les chemins 6h40 arrêts inclus et galères comprises, j’ai parcouru 24,8 Kms pour un dénivelé de 722 mètres, c’est donc une randonnée plutôt difficile malgré l’avis contraire de Jacques Jolfre qui écrit dans son livre : Difficulté aucune, mais randonnée assez longue. A vous de juger ! Il y a aussi d’autres possibilités pour accéder à cette montagne de Tauch mais aucune à ma connaissance n’est à ce jour balisée ! Mais certains lobbies ne le veulent-ils pas ainsi ? Carte IGN 2447 OT Tuchan-Massif des Corbières Top 25.

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