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    A cheval sur la frontière entre les Pyrénées-Orientales et l'Aude, ce circuit que je vous propose au vallon d’Aigues-Bonnes, est, en basse altitude, une de mes randonnées préférées ! En effet, malgré un très faible dénivelé (340 m) jusqu’à une hauteur plutôt très modeste (710 m),  il y a sur un très court périmètre (14 km) beaucoup de jolies choses à voir et tout d’abord la très belle chapelle Notre-Dame de Laval (15eme siècle) dont le parking aménagé en agréable lieu de pique-nique est notre point de départ. Dommage que nous ne puissions pas manger là car tout a été prévu pour passer un délicieux moment : tables, bancs, barbecues, fontaine, poubelles, le tout à l’ombre de grands arbres où les parties de boules peuvent remplir joyeusement une belle journée. Mais aujourd’hui pas de pétanque, car j’ai prévu pour vous cette magnifique randonnée et si ce sport est moins placide que les boules, vous verrez néanmoins que vous ne le regretterez pas ! Prenez au fond du parking un large chemin qui grimpe sous une haie d’immenses pins. Vous êtes sur le GR.36 et le Tour des Fenouillèdes balisés en rouge et blanc. En haut de ce chemin, laissez le GR.36 qui continue vers Caudiès-de-Fenouillèdes et prenez la piste qui file sur votre gauche. Elle monte en zigzaguant d’abord très rapidement puis plus longuement, finit par s’aplanir jusqu’à redescendre et c’est là que nous la quitterons définitivement après 3,7 kilomètres de marche. Au fur et à mesure que l’on grimpe, les toitures rouges de Caudiès se révèlent à travers les feuillus et les pins de la forêt de Bach  puis c’est la cité tout entière qui apparaît se prélassant au fond de la splendide vallée de la Boulzane. Sur la droite, au fin fond de la vallée, c’est Saint-Paul de Fenouillet que l’on aperçoit. Dominant ce large vallon aux douces collines, le Pech du Bugarach surgit et joue les seigneurs parmi ces modestes cimes. Notre-Dame de Laval ressemble désormais à une réplique d’une chapelle en miniature. Vous quittez cette piste forestière et prenez à gauche un sentier signalé par un cairn qui monte dans la forêt de la Serra Talloudere. La sente se faufile sous de petits chênes verts et au milieu des buis luisants. Vous entrez rapidement dans une zone d’estive et côtoyer désormais une minuscule ravine le plus souvent asséchée mais par endroit boueuse. De temps à autres, les sous-bois disparaissent pour laisser la place à des zones rocailleuses calcaires mais souvent tapissées de jolies pâquerettes jaunes. Vous finissez par atteindre un vaste pré où très souvent paissent tranquillement de nombreux bovins. Peu habitués aux bruits, ne les dérangez pas et écartez vous si certaines vaches allaitent leurs jeunes veaux. Sans vraiment vous en rendre compte, vous avez atteint le point culminant de ce joli circuit. Après avoir traversé un second pâturage, le chemin passe entre un réservoir et une grange. A cet endroit, n’hésitez pas à partir complètement à gauche du pré et à enjamber une clôture. Vous êtes au sommet d’un roc et en surplomb du merveilleux vallon d’Aigues-Bonnes (photo) avec devant vous sa superbe forêt domaniale. En face, le ténébreux Pech de Fraissinet déjà gravi lors d’une autre boucle (et racontée sur ce blog) vous toise de ces 1.173 mètres d’altitude. Vous descendez vers le hameau que vous atteignez quelques minutes plus tard, accueillis par les aboiements de quelques chiens de garde plutôt dociles. Carrefour de nombreuses pistes et de nombreux chemins, les chiens viennent vers vous en remuant la queue, signes qu’ils sont habitués à voir passer de nombreux randonneurs. Deux ou trois maisons entourées de vertes prairies, le murmure d’un petit ruisseau alimentant un petit étang glauque, une belle forêt où résineux et feuillus se chamaillent plaisamment l’espace, dommage ce lieu pourrait ressembler au paradis si quelques carcasses de vieux camions et de voitures rouillées disparaissaient du paysage. Au hameau, on monte la piste qui file sur la gauche et sur laquelle on distingue de nouvelles traces rouges et blanches. On chemine désormais sur une variante du Sentier Cathare jusqu’au pittoresque village de Fenouillet nanti de ses trois châteaux féodaux (Saint-Pierre, Sabarda, Fizel). Trois belles forteresses que vous ne pourrez sans doute pas prendre aujourd’hui mais qui peuvent faire l’objet d’une autre visite !  Au lieu-dit « La Coume » on retrouve le bitume qu’il faut descendre jusqu’à un pont où l'on trouve un moulin à gauche de la route. Devant ce moulin, on remarque le balisage et un panonceau jaune très explicite « Notre-Dame de Laval ». Vous n’êtes plus très loin de l’arrivée mais de jolies décors restent encore à découvrir : ceux sont les captivantes Gorges de Saint-Jaume ! Etroites, parfois très profondes, parfois cloisonnées de très hautes falaises, toujours bordées d’une végétation luxuriante, à l’aide de nombreuses passerelles métalliques ces gorges louvoient au dessus d’un impétueux torrent où les belles truites se cachent au moindre bruit inhabituel. Les gorges finissent par s’élargir, le torrent se calme et on atteint la D.9. Votre véhicule sur le parking de Notre-Dame de Laval n’est plus qu’à quelques foulées et là se termine cet agréable périple. Tout dépendra du rythme que vous mettrez à découvrir toutes ces jolies choses énoncées mais comptez entre 4 et 6 heures pour effectuer ce circuit. Carte IGN 2348 ET Prades-Saint-Paul de Fenouillet Top 25.

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  • NOTRE DAME DE FASTE par jullie68


    Il y a des jours où l’appel de la nature et le désir de marcher sont bien plus forts que tout !  Ce 30 janvier 2009 fait parti de ceux-là. 6 jours après la terrible tempête du 24 et malgré un ciel très bas couleur de plomb, nous avons préparé un pique-nique et nos sacs à dos sont prêts à être harnachés. Il reste à trouver le lieu de notre randonnée, pas trop loin car il est déjà 9 heures et un parcours pas trop long à cause du temps incertain. Je cherche dans mes archives et tombe sur une courte boucle à Notre-Dame de Faste découpée dans la rubrique « balade » de la Semaine du Roussillon. Cette randonnée parfaitement balisée d’une durée totale de 3h30 se trouve à 40 kilomètres de Perpignan. Située sur le versant Est au pied de la Montagne de Tauch, elle semble être la rando idéale pour une journée maussade comme aujourd’hui. Je programme mon GPS de voiture direction Tuchan et plus particulièrement le hameau de Ségure sur la D.39. Une heure plus tard, nous sommes déjà au hameau et dans les starting-blocks devant un panneau très explicite comme on aimerait en voir plus souvent car agrémenté d’un plan très clair que l’on peut confronter à la carte IGN : « Rando Découverte-Commune du Tuchan-Circuit Notre Dame de Faste ». Sur le chemin qui s’élève très vite dans un maquis typiquement méditerranéen le balisage jaune est bien présent. Très raviné et jonché de nombreux branchages, cicatrices de la récente tempête, le chemin continue de grimper et laisse entrevoir quelques belles collines oblongues. Mais sous la voûte grisâtre, on ne peut guère espérer mieux et seules quelques vignes ocres détonnent dans cet univers végétal opaque. Perché sur son promontoire, le château médiéval de Ségure, qui apparaît bien vite, vient rompre avec bonheur cette tristesse ambiante. Ceinturé de plusieurs grands cyprès qui pointent leurs faîtes vers ce ciel embrumé, le site du château ressemble beaucoup plus à la campagne toscane qu’à un paysage des Corbières. Quelques pans de murs effondrés, d’autres en cours de restauration, quelques jolies arcades ouvertes à tous les vents, de nombreuse salles encombrées sur plusieurs niveaux, plusieurs fenêtres en surplomb sur de beaux panoramas contrastés mais voilés en la circonstance, voilà ce qui reste de ce castel moyenâgeux. Après cette brève visite, on reprend la piste qui descend à gauche du château et on emprunte aussitôt à gauche un sentier toujours balisé en jaune qui monte vers le lieu-dit la Bergerie de Chauvette. Avec 200 mètres de déclivité sur une distance d’1,8 km, ici commence le seul vrai dénivelé de ce court itinéraire. Une étroite sente caillouteuse s’élève hardiment au milieu d’une haie composée essentiellement de bruyères arborescentes et de petits chênes verts. Elle finit par s’adoucir, devient balcon sur les jolis panoramas de la vallée de Ségure et des Corbières Orientales puis on arrive à un carrefour et à une ferme isolée, point culminant (479 m) de notre périple. Cette ferme dénommée « le Mohair du Tauch » est la propriété d’une tisseuse que la Semaine du Roussillon décrit comme « l’unique artisane de tout le Sud de la France à fabriquer des vêtements naturels en Mohair ». Mais pourquoi ne pas croire le journal puisque j’aperçois déjà d’étranges chèvres aux cornes biscornues et laineuses à souhait qui se baladent sous les chênes verts. Plus bas dans un enclos, d’autres chèvres broutent un épais fourrage et j’en profite, non sans mal, pour figer sur mon numérique quelques unes de ces  « capricieuses stars » de la pelote audoise. La piste qui descend rejoint très rapidement notre but ultime : l’église Sainte-Marie de Faste est déjà là sur notre gauche, imposante mais pas très folichonne de prime abord. En tous cas, c’est la première réaction que l’on a d’une stèle en hommage à l’équipage d’un avion d’Air France tombé non loin de là en 1945. Puis quant on s’approche, on la trouve plus belle, plus originale avec ses pierres rouges et sa solide porte métallique encadrée de grosses pierres de taille grises. La légende prétend que Notre-Dame de Faste, lieu prisé au fil des siècles par de nombreux pèlerins, aurait été bâtie au XIIeme siècle par des marins qui pris dans une violente tempête auraient fait le vœu de construire une chapelle sur la premier lopin de terre aperçu. Il semble que le Mont du Tauch fut celui-ci car on dit  que par temps très clair, la mer serait visible par une échancrure de la montagne. Impossible de dire si c’est vrai car la Montagne du Tauch toute entière pourtant distante de quelques mètres reste invisible aujourd’hui. Mais quel dommage que l’église soit fermée, j’ai omis d’aller à la mairie de Tuchan pour demander la clé ! Après un casse-croûte vite avalé, nous poursuivons  la sente très escarpée qui descend méchamment dans le ravin où coule abondamment le ruisseau de la Faste. On le traverse à diverses reprises pour le suivre tantôt sur sa rive gauche tantôt sur sa rive droite. On longe quelques vignes puis on débouche sur une large piste qui atterrit sur la D.39 qu’il faut remonter sur la gauche pour retrouver le hameau de Sègure. Comme vous le constatez, malgré la grisaille qui a entravé tous les horizons aujourd’hui, il reste beaucoup de choses à voir sur cette courte balade, alors n’hésitez pas à y aller même en hiver ! Carte IGN 2447 OT Tuchan-Massif des Corbières Top 25.<o:p></o:p>


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  • LA TOUR DE QUERROIG par jullie68

      
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    Tout au long de son histoire, la ville de Banyuls-sur-Mer a été une plaque tournante, d’abord et longtemps tournée vers l’Espagne elle fut rattachée à la France par le Traité des Pyrénées en 1659. Pendant plusieurs siècles elle est la place forte maritime d’innombrables trafics en tout genre au point même que Louis XIV déclare la cité «  république contrebandière ». Mais la ville fut aussi un passage obligé par la terre, où ses collines, prémices de la longue chaîne pyrénéenne, ont été les spectatrices d’une multitude de traversées dans les deux sens : depuis Hannibal  et ses fameux éléphants franchissant le col de Banyuls jusqu’aux antifascistes fuyant la répression nazie en passant par les troupes espagnoles en quête d’envahir le Roussillon et repoussées par les habitants du village dans la célèbre bataille de 1793 au Col de Banyuls. Le Castell de Querroig (670 m) que nous visons aujourd’hui et qui se situe sur la crête frontière, fut donc un témoin très privilégié de beaucoup de ces va-et-vient maritimes ou terrestres. D’ailleurs, au regard de ce qu’il en reste, une tour et quelques murs en ruines, on peut supposer que cet édifice a également souffert de ces multiples franchissements de frontière. Il ne reste en effet que quelques vestiges d’un castell  « franc », donation en 981 par le roi Lothaire du fief de Cerbère à son ami le duc Gausfred, comte du Roussillon et d’Ampurias.  Il faut dire que la Tour du Querroig, véritable nid d’aigle, domine la mer sur une grande partie de la côte du Roussillon jusqu’au Cap Creus et permet une large vision sur les Albères et les sierras espagnoles. Le départ de cette boucle se fait donc de Banyuls-sur-Mer et plus spécialement du quartier du Puig del Mas où un parking accueille les véhicules. Vers le haut du parking, plusieurs panneaux incitent à des randonnées et indiquent le chemin. Balisé en jaune, il faut suivre celui qui s’appelle « randonnée N°10 à Saute Montagne ». Très rapidement il se confond et devient « Chemin Walter Benjamin », du nom de ce philosophe juif allemand fuyant par ce sentier le nazisme mais dont la destinée s’arrêta tragiquement le lendemain (26 septembre 1940) à Port-Bou quant repris par les autorités espagnoles et menacé d’être remis à la Gestapo, il préféra se suicider. N’ayez crainte il s’agit d’un seul et même chemin et en suivant les petites marques jaunes, elles vous mèneront sans grande difficulté au col de Rumpissa puis à la tour convoitée. Au départ on traverse de deux ou trois villas, puis plus longuement le chemin serpente dans les vignobles ocres. Plantés au milieu de minces rigoles et de petites terrasses de schistes imaginées par les Templiers, les vignobles dessinent des motifs géométriques que l’on pourrait croire fantaisistes mais qui en réalité sont là pour canaliser et capter les eaux pluviales. Ce vignoble unique qui est apprécié dans le monde entier, vous ne le quitterez dés lors que les cultures deviennent impossibles sur un sol trop pentu et trop rocailleux. La sente atterrit sur une piste forestière qui file un temps dans un petit bois de pins et de chênes verts que l’on quitte à nouveau pour un sentier rocailleux qui s’élève en balcon au dessus d’immenses ravines. La cité de Banyuls est déjà bien lointaine mais ses couleurs blanches et rouges qui tranchent avec les bleus distincts de la mer et du ciel créent un incroyable tableau qu’on ne se lasse pas de regarder. Invisible jusque là, la Tour du Querroig fait soudain son apparition sur notre gauche. Posée sur un piton rouge au milieu des vertes garrigues, son nom viendrait-il de là ? « Quer roig ou cairn roug » signifiant « rocher rouge » ou est-ce le fait qu’on y allumait des brasiers incandescents ? Mais comment atteindre cette tour que l’on vient de dépasser ? La sente continue de monter dans les caillasses et les éboulis puis redescend dans un pierrier et finit par arriver sur un vaste plat herbeux au col de Rumpissa. La tour est là sur notre gauche, mais le spectacle est tel qu’on l’aurait presque oubliée ! Un panorama splendide à 360° avec d’un côté les Albères où l’on reconnaît le Pic des 4 Termes, le Néoulous, le Sailfort, la Madeloc et Notre-Dame de la Salette et de l’autre côté, on discerne les premières stations balnéaires de la Costa Brava avec Port-Bou, Colèra, Llansa et Puerto de la Selva. Quand on arrête de regarder, on ne pense qu’à une chose, c’est atteindre le pic de Querroig (photo) car on se dit « plus c’est haut et plus ce doit être beau ! ». Pourtant ce n’est pas une mince affaire que de l’atteindre et les derniers escarpements sont de loin les plus difficiles à gravir. Mais aussitôt arrivé à la tour, on oublie tous les efforts consentis car le panorama est vraiment à couper le souffle. Si les montagnes et la Costa Brava sont encore là, par temps clair, vient s’ajouter une portion non négligeable du golfe du Lion et de la baie de Roses. Malheureusement, sur ces contreforts arides,  le temps n’est pas toujours clément où s’il est, il ne le reste pas toujours ! L’espace d’un frugal casse-croûte et nous voilà contraints de poursuivre la crête en catastrophe sous un déluge de grêlons. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, le drapeau catalan étoilé (signifiant le désir d’indépendance) claque au vent, le ciel se coupe en deux et sous une pluie battante, on délaisse les légers tee-shirts pour les épais ponchos transformant notre groupe de randonneurs avec leurs sacs à dos en une cohorte de bossus multicolores. La sente, toujours parfaitement balisée en jaune, suit le « fil du rasoir » de cette colline jusqu’à rejoindre une piste au col de Cervera tout près d’un réservoir d’eau et d’une tour de guet. On continue la piste qui passe à gauche sous deux hautes antennes et on la quitte à nouveau par la gauche sous un pylône à haute tension. La descente toujours plus difficile poursuit encore la crête à cheval entre les territoires de Banyuls et de Cerbère puis elle fait un angle droit et finit par dévaler vers la blanche cité.  On retrouve le bitume en même temps que le vignoble banyulenc. On continue quelques temps sur l’asphalte que l’on quitte par la gauche peu après la Tour d’en Pagès. Un large chemin  bordé de petits murets de lauzes termine sa course au milieu de quelques très belles villas. On retrouve le Puig del Mas, le parking et notre véhicule. Il nous a fallu environ 6 heures de marche effective pour accomplir la boucle mais il est vrai que la descente sous une pluie dantesque fut très compliquée. Je remercie néanmoins Pierre, notre guide, pour cette belle découverte ! Carte IGN 2549 OT Banyuls-Col du Perthus Top 25.

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