• LE CANAL DE BOHERE DEPUIS LLONAT par jullie68

    Diaporama sur la musique "Smoke Gets in Your Eyes" de Jérôme Kern et paroles de la chanson de Otto Harbach

    jouée ici par The Mantovani Orchestra.

    Le Canal de Bohère depuis Llonat (commune de Los Masos)

    Le Canal de Bohère depuis Llonat (commune de Los Masos)

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    Pour cette première randonnée de l’année 2017, Dany et moi avions choisi d’aller découvrir le « Canal de Bohère (*) » à partir de Llonat, hameau de la commune étendue de Los Masos (**). Enfin, quand je dis le « Canal de Bohère », c’est bien évidemment qu’une infime partie car bien évidemment l’ouvrage, lui, entre Serdinya et Marquixanes, serait, si j’en crois les diverses chroniques que j’ai pu lire, long de 42 km. D’ailleurs, en écrivant cet article, j’en suis à me demander si le parcourir dans son intégralité est chose possible ? Il faudra que je vérifie car lors d’autres balades, j’ai eu, à quelques reprises l’occasion de croiser sa route. En ce 8 janvier, l’imposante église Sainte-Marie de LLonat nous voit débarquer vers 10h30 sous un ciel gris plus qu’incertain. Il n’est pas tôt pour partir randonner mais tant pis, l’envie de marcher est bien trop présente. Nous garons notre voiture sur le parking adjacent de l’église sous l’œil inquisiteur d’une buse, variable dans son plumage, mais « invariable » dans son immobilité. Deux tourterelles, posées sur une  branche et serrées l’une contre l’autre, semblent dormir. Nos préparatifs les dérangent. Si le temps n’est pas beau, il ne suffit pas à nous arrêter et nous démarrons quand même sans trop réfléchir. Les 9 km annoncés de ce Canal de Bohère sont un galop d’essai bien trop languit et après nos problèmes articulaires à répétition, aujourd’hui ça va bien mieux. Pour Dany et moi, il y a déjà trop longtemps que nos balades se résument à de simples promenades pas suffisamment physiques. Ici, l’aspect « sportif » n’est pas vraiment tangible mais les 9 km sont bien mieux que les 2 ou 3 km effectués ces derniers temps. Pour couronner le tout, c’est un canal asséché que nous découvrirons trois quarts d’heures plus tard. Alors pas de chance auraient dit certains ? Non, aujourd’hui, nous avons décidé de positiver ! Après tout, un canal de Bohère asséché, n’est-ce pas la meilleure manière de découvrir cet ouvrage et les travaux cyclopéens qu’il a engendrés ? Quand à la fraîcheur ambiante que nous aurions pu espérer avec la présence de l’eau, elle est déjà suffisamment présente avec l’hygrométrie qui prévaut. Mais dans l’immédiat nous n’en sommes pas là. Le canal est loin d’être atteint et le but initial est de démarrer et si possible de le faire bien et sans s’égarer. D’ailleurs sur une modeste déclivité et sur le bitume, ce démarrage va s’avérer quelque peu fastidieux. Nous suivons rigoureusement les indications trouvées sur Internet et fournies aimablement par l’association « les Randonnées Colliourencques », d’abord en prenant la direction de Lloncet par le chemin de la Famade puis en poursuivant vers La Remonde., petite colline boisée. Les instructions claires et précises que j’ai cru bon d’imprimer facilitent grandement la marche. Le panneau de La Remonde et un pylône à haute tension en sont les principaux jalons.  Le temps reste maussade, avec une atmosphère incroyablement humide, mais sans pluie pour l’instant. Au milieu de ces campagnes, cette jonction avec le canal de Bohère se résume à  une longue flânerie champêtre où vaches et chevaux en constituent les principales curiosités. On se croirait au milieu d’un bocage normand. Pour moi, la découverte de quelques rares fleurs communes et d’oiseaux bien trop dynamiques pour être photographiés convenablement s’ajoute à ces distractions bucoliques. Les fleurs sauvages ne sont pas de saison mais ici dans les Pyrénées-Orientales s’est une chose assez banale que d’en découvrir même en hiver. Certaines sont très précoces et d’autres ont remarquablement résisté à tous les frimas. Epervières, pissenlits, vipérines et parfois même des fleurs échappées de quelques jardins forment la seule flore visible. Tout en montant,  si le Canigou reste tronqué, quelques fenêtres grisâtres s’entrouvrent sur le roc Mosquit et le Mont Coronat, le plus joli panorama étant celui qu’offre le pic de Bau et ses proches environs sous un firmament paradoxalement bleu ciel. Finalement et au bout de trois quart d’heures le fameux pylône à haute tension est atteint et là, commence un tout autre parcours. Plus simple et parfois balisé, l’itinéraire suit le canal asséché et de ce fait, le topo « colliourencq » et mon GPS deviennent très vite inutiles sur plusieurs kilomètres. Je les range. A l’instant même où nous avons atteint le canal, l’humidité ambiante s’est transformée en un modeste crachin. Heureusement, ces fines gouttes de pluie ne durent pas et auront pour seules conséquences d’embuer l’objectif de mon numérique sans que je m’en aperçoive et bien évidemment d’altérer de nombreuses photos. Le début du canal tout en balcon offre des vues aériennes sur un ravin planté d’une forêt roussie, sur quelques clairières plus verdoyantes et des exploitations agricoles assez clairsemées. Des panoramas peu différents et toujours aussi tristes se dévoilent au travers de quelques fenêtres qu’offre la forêt. Plutôt monotone car sans réel dénivelé ni aucune surprise, l’itinéraire suit le canal et sa courbe de niveau. Si on est conscient du travail colossal de terrassement que cela a pu constituer de le creuser en épousant les contours de la montagne, l’œil est plutôt attiré par les ouvrages jalonnant le canal que par les sinuosités concaves ou non qui se succèdent. Ponts, puits, tunnels, buses, vannes, déversoirs, drains, siphons, canaux secondaires et j’en oublie sans doute sont autant de constructions qu’il a fallu imaginer, élever mais qu’il faut désormais entretenir et réparer. A n’en pas douter, l’assèchement complet de cette longue partie du canal est certainement la conséquence de cette besogne nécessaire de réfection. Alors comme souvent, j’essaie de remplir cette pédestre monotonie en recherchant d’autres sujets d’intérêts. Ils se résument encore et toujours à de rares fleurs et surtout à des passereaux presque toujours les mêmes, c'est-à-dire des mésanges charbonnières et des rouges-gorges, dont la dénomination scientifique de « familier » leur sied à merveille, tant il y en a ici. Pas de doute, la forêt de pins, quelques proches vergers et le canal constituent à coup sûr leur terrain de jeu voire peut-être même leur habitat car à plusieurs reprises, je vois sortir des rouges-gorges de certaines canalisations. En tous cas, les oiseaux jouent avec moi et avec mon appareil photo comme des gamins jouent à cache-cache dans une cours de récréation. Les balcons avec vues laissent la place aux sous-bois, puis les deux alternent à tour de rôle, esquissant d’éphémères paysages. On s’arrête pour déjeuner au lieu-dit « les Seners » (les Seigneurs).  Assis sur la murette en ciment d’un petit aqueduc, nous y restons presque une heure, Dany a écouté son baladeur et moi, bien occupé à attirer quelques oiseaux à l’aide de mes appeaux. Un gobe-mouches et une sittelle ont finalement pitié de moi. Nous repartons, mais très vite la forêt se termine. Cette fois, les panoramas se font plus amples. Les plus proches donnent sur des prairies entourant une vaste ferme et quelques maisons. Si j’en crois mon bout de carte, il s’agit du hameau d’El Roure (**). La météo paraît vouloir s’améliorer et deci delà, quelques pans de ciel bleu arrivent à s’extraire de ce matelas gris noir encore bien bas. Est-ce cette hésitante amélioration mais la faune semble soudain s’éveiller ? Un gros chien joue dans un pré mais trop occupé à son jeu consistant à fouiner un terrier, il lève la tête mais finalement nous ignore. Deux éperviers et un corvidé paraissent heureux de planer dans cette océan retrouvé et le font savoir en sifflant pour les premiers et en croassant pour le second. Si mon numérique s’intéresse à ces volatiles, un groupe important d’alouettes picorant dans un champ ne le laisse pas indifférent. Il y a cent fois plus d’oiseaux ici que sur tout le parcours accomplit jusqu’à présent. Des merles et un geai giclent des boqueteaux et s’enfuient à tire d’ailes vers des futaies plus tranquilles. Deux rougequeues noirs et un cochevis flanqué de sa huppe pointue jouent dans les flaques résiduelles du canal. Nous partons découvrir le Dolmen de Lloseta, lequel avec le canal est le seul autre intérêt patrimonial de cette balade. Il se trouve à quelques encablures seulement et pour cela, nous empruntons une piste qui sur la gauche du canal file vers le lieu-dit « la Garrolla », direction Villerach. Après cette « rocheuse » et sépulcrale découverte, nous rebroussons chemin et devant l’hypothèse de plusieurs itinéraires, je ressors G.P.S et topo. Avec le G.P.S allumé en permanence, tout devient plus simple. Le canal de Bohère poursuit sa course vers d’autres horizons à irriguer et nous suivons désormais un canal secondaire, lequel tout en descente file sans souci vers Llonat. Plutôt rectiligne, l’itinéraire passe devant un complexe médical puis les belles villas, l’école et les maisons du village de Llonat sont rapidement là. Dans le village, alors que Dany sprinte vers l’arrivée, je me transforme en « envoyé spécial » photographiant tout ce qui attire mon regard. On retrouve l’église Sainte Marie et notre voiture sous un ciel prometteur. Au loin, du côté du Massif du Canigou, le soleil décline déjà derrière des nuages quelque peu rosissants. Ce rougeoiement va aller crescendo et en atteignant notre domicile, c’est un véritable embrasement du ciel qui nous est offert. Les nuages gris flamboient, passant d’un orange pâle à un rouge effroyablement flamboyant. De la fenêtre de notre chambre, je tente mais en vain de photographier ce Canigou qui est désormais caché par un ciel incandescent…..Saint Jean serre les fesses…..le bûcher est déjà ! Telle qu’expliquée ici, cette balade a été longue de 9,5 km pour des montées cumulées de 430 m et un dénivelé de 150 m, le point le plus bas étant Lloncet (353 m) et le plus haut au dolmen de Lloseta (503 m). Les 4 heures que nous avons passées sur les chemins ne sont pas significatives du temps nécessaire à l’accomplissement de cette balade très facile….nous avons vraiment lambiné. Merci aux "Randonneurs Colliourencqs" pour cette jolie balade et leurs explications si précises. Cartes I.G.N 2348 ET Prades- Saint-Paul-de Fenouillet et 2349 ET Massif du Canigou - Top 25.

    (*) Le Canal de Bohère : Selon les archéologues et les historiens, les premiers canaux d’irrigation dateraient de 5.000 à 6.000 ans avant notre ère et auraient été retrouvés en Mésopotamie, à Choga Mami dans le bassin de la Diyala plus exactement. Il s’agissait de canaux d’épandage de crues. En France, si les premiers vrais embryons d’irrigation datent des Romains, l’aqueduc d’Ansignan, découvert dernièrement lors du Sentier des Oiseaux en est un bel exemple, il faut attendre le début du Moyen-âge, pour parler réellement de réseaux d’irrigation. Ils sont construits à l’initiative des rois par des moines et ou des seigneurs pour arroser les terres de leurs domaines. L’idée d’irriguer à grande échelle prend son essor au 17eme siècle : le canal royal du Languedoc devient canal du Midi alimenté par le premier barrage construit par Pierre-Paul Riquet, dans la Montagne Noire, à Saint-Ferréol exactement. En Conflent, les premiers réseaux se développent à partir du 12eme siècle autour de Prades et de sa proche région. Avec ses 42 km, le canal de Bohère, plus long canal du département des Pyrénées-Orientales en est l’enfantement logique et naturel. Longtemps considéré comme indispensable au développement économique de la région, il prend sa source à Serdinya en captant les eaux de la Têt et finit sa course à Marquixanes, après un parcours plus que sinueux à travers les plateaux pradéens.  Il traverse bon nombre de communes et des sites remarquables comme Villefranche-de-Conflent et l’abbaye Saint Michel de Cuxa. Je ne vais pas ici vous en raconter toute l’Histoire, d’autres l’ont déjà fait bien mieux que je ne pourrais le faire (voir quelques liens ci-après) mais sachez qu’entre l’éclosion de l’idée de mieux irriguer les plateaux pradéens en 1786, la germination du projet et son ébauche en 1830, la publication du décret impérial de Napoléon III autorisant sa construction en 1863, le premier coup de pioche en 1864, sa première mise en eau en 1879 et sa terminaison en 1881, il aura fallu 17 ans de travaux et presque un siècle pour mener à bien ce projet et finaliser l’ouvrage….enfin presque. Il aura coûté plus d’un million de francs c'est-à-dire trois fois plus que le devis initial de 300.000 francs proposé par l’ingénieur Teyssonnières. Je passe sur les multiples vicissitudes, déconvenues et querelles qu’il a engendrées et il trouvera la pleine mesure de son efficacité d’irrigation en 1933 après bien d’autres travaux devenus indispensables pour satisfaire un maximum de propriétaires terriens. Aujourd’hui, tous les canaux du Conflent et leurs 80 km de long y compris celui de Bohère sont gérés par des Associations Syndicales Autorisées (A.S.A) comptant plus de 3.000 adhérents riverains. Ils arrosent plus de 1.600 hectares. Tous les adhérents riverains paient une redevance qu’ils utilisent ou pas les canaux. La seule partie principale du canal de Bohère avec ses 36,6 km de long permet d’arroser 731 ha répartis entre 1.091 propriétaires avec un débit de 700 litres secondes. De nos jours, le problème majeur qui se pose est celui de sa conservation, de son entretien et bien évidemment des finances qui vont avec…..mais cette préoccupation vaut pour tout notre patrimoine national un peu vieillot….c’est donc une autre histoire….qui espérons-le, ne disparaîtra jamais…..des associations se battent déjà pour cela.

    Voici quelques liens sur le canal de Bohère :

          Le Canal de Bohère, 150 ans d'Histoire (1864 - 2014) -   Mairie de Prades.

             - Association de sauvegarde du canal de Bohère       

             - Union ou fusion: une opportunité de pérennisation des ASA ?

             - Histoire des canaux d’irrigation – Marquixanes    

             - Taurinya –Le canal de Bohère.

             - Hydrologie des Pyrénées-Orientales.

             - A l’école du canal de Bohère.

             -  L’Indépendant - Eau : quel devenir pour Bohère ?

             -  Au fil de l'eau, le long du canal de Bohère

     

             et plus généraliste : - L’eau qui chante.

    …….il y a bien d’autres sites sur le sujet et les citer tous….équivaudrait presque à vouloir remonter le canal de Bohère en nageant….c’est donc mission impossible.

    (**) Los Masos : Située dans le Conflent à 4 km à l’est de Prades, la commune de Los Masos (traduction les Maisons ou Les Mas), d’une superficie de 571 ha, compte un peu plus de 900 habitants (les Masois) recensés sur 4 hameaux : Llonat, Lloncet, La Sacristie et Ballanet, auxquels nous pourrions rajouter celui de Le Roure, hameau considéré comme disparu lors d’un glissement de terrain. De cette catastrophe qui serait survenue en 1632, il ne reste que quelques pans ruinés d’une vieille église dédiée à Saint-Michel. Le lieu-dit qui serait en réalité le hameau originel reste néanmoins présent sur les cartes. Bien que la commune soit traversée par deux ruisseaux, Le Roure justement et le LLisco, l’Histoire révèle que l’approvisionnement en eau a toujours été un problème pour les villageois. L’insuffisance en eau a très longtemps limité les cultures à de la vigne et à des oliviers, peu gourmands en arrosage. D’ailleurs, en catalan, les habitants n’étaient-ils pas surnommés les « boques axuques », qu’il faut prononcer « bocheixuts » c'est-à-dire les  « bouches sèches » en français ? C’est donc avec bonheur que les Masois et notamment les propriétaires terriens accueillirent l’idée de la construction du canal de Bohère en 1863. Los Masos est la seule commune française dont le nom commence par un article non français (Los). Llonat est le principal hameau de la commune. C'est là que se trouvent la mairie et l'église. Lloncet s'appelait auparavant Joncet, signifiant un lieu planté de joncs. Concernant cette appellation de Lloncet, les avis sont partagés. Certains prétendent qu’il a été décidé volontairement pour éviter la confusion avec l’autre village de Joncet dont dispose le département et aurait donc été inventé de toutes pièces en rapport avec Llonat et ses « 2L » successifs. Du fait, ce nom n’aurait aucune légitimité historique. D’autres sont plus enclins de penser qu’il peut s’agir d’une confusion analogique avec Llonat ayant engendré une erreur de transcription dans un registre, erreur qui se serait poursuivie dans le temps. L'ancien nom de Ballanet est Avellanet signifiant un endroit planté de noisetiers. Quant à La Sacristie, son nom, Favars, remonte au 13eme siècle. Alors que les autres hameaux dépendaient de l’abbaye de St Martin du Canigou,  celui-ci appartenait à la Grande Sacristie de l'abbaye de Saint-Michel de Cuxa. Pour le désigner, on avait donc coutume de dire « Los Masos de la Sacristia ». Los Masos étant venue ensuite désigner l’ensemble des communes, les habitants prirent  l’habitude de ne garder que le nom de « La Sacristie ». Son rattachement à Los Masos date de 1790. (Extraits des sites « Communauté de communes Conflent-Los Masos », « Raconte-moi l’Histoire de Los Masos » et de « l’Encyclopédie Wikipédia »). Pour connaître son Histoire la plus ancienne, rendez-vous sur le site consacré à l’Histoire du Roussillon, à ses villages et bien évidemment à Los Masos en particulier. L’historien Jean Tosti précise que les 4 hameaux méritent une visite…alors pourquoi ne pas y retourner quand le canal de Bohère sera à nouveau mis en eau ? En été, la balade doit être rafraîchissante…

     

     

     

     

     

     

     


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  • LE SENTIER DES OISEAUX D'ANSIGNAN par jullie68

    Diaporama sur la chanson des Beatles "Blackbird" de Paul McCartney et John Lennon chantée

    successivement par Mike Massé, Sarah McLachlanKenny Rankin et Chris Colfer

    Le Sentier des Oiseaux d'Ansignan

    Le Sentier des Oiseaux d'Ansignan

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    Le « Sentier des Oiseaux » d’Ansignan est, pour peu qu’on veuille s’en donner la peine, un vrai sentier de découverte des oiseaux. Donné pour une heure à peine de marche sur le panonceau de départ, nous en avons passé presque trois et de ce fait, nous avons aperçu plus d’une vingtaine d’oiseaux bien différents pour une dizaine de spécimens photographiés. C’est ainsi que nous avons pu voir des oiseaux aussi hétéroclites que des corbeaux, des cormorans, un ramier, une buse et bien sûr de très nombreux passereaux. Tous n’ont pas pu être photographiés car la photographie ornithologique est une activité difficile qui réclame qu’on y consacre du temps, beaucoup de patience et du silence et il faut un peu de chance aussi. Il aurait donc fallu y passer le double voir le triple du temps que nous y avons destiné et bien évidemment sortir le plus souvent possible de l’itinéraire conseillé. La lecture des nombreux panneaux prend également pas mal de temps mais elle est, sinon indispensable, du moins souhaitable si l’on décide d’accomplir ce sentier.  Mais bon, peu importe le temps passé et les résultats obtenus, car au départ cette courte balade avait de multiples objectifs. Primo et toujours à cause de ma cheville douloureuse, je ne pouvais guère marcher plus longtemps même si l’envie était là, secundo toujours cette passion pour la photographie des volatiles bien sûr et tertio encore et toujours ma curiosité avec le désir d’y amener un jour mes petits-enfants si la balade s’annonçait ludique comme je l’avais imaginé. En raison du pont-aqueduc romain, je savais que les oiseaux ne pouvaient pas y être le seul pôle d’intérêts. Ludique, elle l’a donc vraiment été et j’ai décidé d’y amener mes petits-enfants qui étaient présents pour les vacances de Pâques. Mon article et le diaporama qui l’accompagne sont donc scindés en 2 parties. Une première balade qui a été réalisée le 29 décembre 2016 et l’autre, avec les petits bouts de choux et leurs parents le 7 avril dernier. Si l’on veut réellement découvrir et photographier les oiseaux qui fréquentent ce joli coin de l’Agly, il est préférable d’y venir seul car le l’intérêt que l’on porte à la gente volatile n’est pas le même pour tout le monde et la plupart de randonneurs se contenteront sans doute de lire les panneaux explicatifs sans pour autant regarder autour d’eux les oiseaux habitant les lieux. Vouloir les photographier est un autre degré supplémentaire dans la difficulté. Quand au bruit, ce n’est pas la meilleure manière de les approcher et bien évidemment quand on est seul, on en fait peu ou pas et en tous cas nettement moins que lorsqu’on est en groupe. En outre, y venir avec des enfants équivaut à une cours de récréation totalement antinomique si le but recherché est la photographie ornithologique.  Le départ s’effectue du lieu-dit le Moulin situé au sud-est d’Ansignan à 1,5 km du centre du village. Un parking et une aire de pique-nique vous y accueillent avec de nombreux panneaux expliquant de manière didactique et donc intéressante le « Monde fascinant de la Nature et des Oiseaux ». Si les enfants s’intéressent à ces premiers panneaux, la balade est déjà sur de bons rails. Vous pourrez donc agréablement jumeler la petite balade-découverte et un pique-nique et si les tables de cette aire sont déjà prises, sachez que d’autres tables sont également à votre disposition à proximité même du Moulin dans un superbe coin ombragé et verdoyant car encore bien plus près de la rivière Agly. Comme le balisage est parfait, l’itinéraire est d’une grande simplicité. Il emprunte un tout petit tronçon du Tour du Fenouillèdes se terminant à l’aqueduc romain. Pour moi, ce tour est cher à ma mémoire et synonyme de très bons souvenirs pour l’avoir accompli en intégralité, en 5 jours et avec mon fils en 2011. Ce court tronçon faisait partie de notre dernière étape entre St-Paul de Fenouillet et Trilla. Une étape qu’au départ nous avions pensé facile mais qui au demeurant avait été la plus « casse-pattes » des cinq. De ce fait, l’eau fraîche de l’aqueduc avait fait office de « thermes » opportuns pour soulager nos pieds endoloris. Après tout les Romains étaient bien les inventeurs des deux types d’ouvrages ! Après l’aqueduc romain, le sentier revient vers la ligne de départ en longeant la rive droite de Agly alors que le Tour du Fenouillèdes, lui, continue encore, et se poursuit en direction d’Ansignan dont une visite est toujours possible, sous condition de faire une petite entorse à l’itinéraire du Sentier des Oiseaux. Le village d'Ansignan est joliment perché sur une colline dominant le petit vallon mais à seulement 500 mètres de l’aqueduc. A l’aqueduc, un panneau résume l’histoire de ce magnifique ouvrage remanié à de multiples reprises, remaniements ayant engendrés de nombreuses versions historiques jamais formellement attestées pour la plupart d’entre-elles mais permettant néanmoins son fonctionnement présent. Le jour de notre deuxième visite, nous avons constaté de visu qu’il fonctionnait toujours et irriguait parfaitement le potager d’un charmant monsieur qui nous a rapidement expliqué le trajet alambiqué mais ô combien ingénieux et fonctionnel de l’eau. Les enfants, eux, ont bien évidemment adoré la partie tunnel de l’aqueduc et les différentes arches qui sont autant de cachettes leur permettant de disparaître de nos regards pendant quelques instants. Si on les avait laissé faire, je pense qu’ils auraient aimé encore plus jouer les équilibristes sur sa partie la plus aérienne. En général, les enfants aiment les élévations et se mouiller les pieds et l’enfant de 68 ans que je suis encore n’est jamais le dernier à prendre plaisir à ces espiègles distractions. De toute évidence, la balade plaît aux enfants mais également aux adultes car on peut aisément retrouver à la fois la vie rurale actuelle mais se projeter dans celle d’antan. Les deux doivent être très ressemblantes et seuls quels fûts en plastique, tuyaux en PVC et grillages sont là pour en illustrer les dissemblances dans la manière de régenter les jardins potagers actuels. Quelques gentils chevaux, poneys et autres ânes dans leur enclos donnent une touche champêtre à ce parcours et on imagine aisément que cette vision bucolique devait être la même il y a quelques siècles auparavant. L’Histoire raconte que de nombreux vestiges ont disparu emportés par les siècles et sans doute les crues de l’Agly. Le village romain qui était irrigué était situé au lieu-dit Le Moulin, non loin de la ligne de départ. Les restes d’un pont sont encore visibles. Ils sont situés à la confluence de l’Agly et de la Désix. Si les enfants ont du mal à tenir la concentration pendant cette heure de balade, et c’est normal, j’ai quand même acquis la certitude que mon petit-fils de 8 ans avait retenu quelques leçons : il sait désormais ce qu’est une Pie  grièche à tête rousse ou une Fauvette mélanocéphale. Il sait aussi qu’un aqueduc est un pont permettant de capter et de conduire de l’eau pour irriguer des jardins. Il sait que celui d’Ansignan était initialement romain. Il sait que certains habitants des Fenouillèdes sont appelés « lézards » (ceux de Felluns), à cause de leur goût immodéré pour la sieste. Il sait aussi qu’il est très fort à la course et nous l’a prouvé en battant sa mère à plate couture. Son père est encore meilleur que lui mais pour combien de temps ? Il sait aussi que le grand-père que je suis est super fort à la pétanque et que quand il s’agit de se lancer dans des parties acharnées, il n’est pas le dernier. Il a si bien retenu cette dernière leçon que depuis il m’a battu : 13 à 12 et donc sur le fil mais ça reste une très belle victoire dont il a toutes les raisons d’être fier ! Ma petite fille Eulalie, elle, a fini la boucle sur les épaules de son père, mais je pense que c’est plus par « cagne » que pour une réelle fatigue. Cette dernière journée sur le Sentier des Oiseaux a donc été bien différente de la première : moins d’oiseaux aperçus et photographiés mais une jolie balade quand même, couronnée d’un agréable pique-nique, d’opiniâtres parties de pétanque et d'une visite du barrage de Caramany. Moins d’oiseaux mais plus de bonheurs et les deux sont tellement plus beaux quand ils ne sont pas en cage ! Cette balade est donnée pour 3km et sans aucune déclivité (30 m seulement). Carte I.G.N 2348 ET Prades- Saint-Paul-de Fenouillet - Top 25.

     

     

     

     

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  • LES CHEMINS D'ADRIENNE depuis Fourques par jullie68

    Diaporama sur la chanson "M'man' d'Eddy Mitchell chantée ici par Alfredo Intillad'Elfe et John Guy Mitchell

    Les Chemins d'Adrienne depuis Fourques

    Les Chemins d'Adrienne depuis Fourques

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    Quand j’ai découvert sur le Net cette randonnée intitulée « les Chemins d’Adrienne », à partir du village de Fourques (66), mon sang n’a fait qu’un tour, expression bien connue qui comme chacun sait signifie » « être en colère » « avoir une réaction émotionnelle forte » voire « être bouleversé ». Oui, j’étais ébranlé, car ce prénom c’était celui de ma mère, décédée deux ans auparavant, et bien sûr ma curiosité à aller découvrir ce parcours pédestre n’en était que plus aiguisée. « Qu’y avait-il derrière ce prénom ? » « et pourquoi cet intitulé ? ». Toutefois, qui aurait pu prédire que ce « sang », qui n’avait fait qu’un tour de prime abord, reviendrait en première ligne et dégoulinerait de tout mon corps au cours de cette randonnée quelques semaines plus tard ? Une randonnée somme toute très banale car réalisable essentiellement sur des chemins de garrigue, des champs en friche et des vignobles et donc sans aucune réelle difficulté. Personne, et en tous cas pas moi le premier ! Voilà le récit de cette « aventure » qui aurait pu se terminer en « mésaventure ». Quand j’ai commencé à étudier cette randonnée, j’ai appris bien évidemment que ce prénom était celui d’Adrienne Cazeilles, 90 ans et des brouettes, messagère libre et engagée, institutrice à la retraite, écrivaine à ses heures et ô combien amoureuse de la nature de nos beaux terroirs et de son Aspre en particulier. Un chantre comme je l’ai lu très souvent. Pure coïncidence, quelques mois auparavant j’avais lu son journal « Alors la paix viendra » et au regard du réel bonheur que j’avais éprouvé à lire ce recueil de courtes nouvelles,  je n’étais pas vraiment surpris que cette balade fourcatine lui rende hommage. Je l’étais d’autant moins que j’avais déjà acheté, mais pas encore lu, son best-seller «Quand on avait tant de racines » et que je savais que les Aspres y tiennent une place prépondérante. Par contre, surpris je l’ai été vraiment en regardant la carte I.G.N de Fourques. En effet, de manière assez singulière, cette carte ressemble à un immense puzzle sur lequel il manquerait toutes les pièces et quand on observe une vue aérienne, on a exactement le même sentiment. Je me souviens de ma première réaction qui a été de me dire « dans ce dédale de parcelles ; car concernant ces fameuses pièces manquantes c’est bien de ça qu’il s’agit ; jamais je ne parviendrais à retrouver l’itinéraire si ce dernier n’est pas balisé voire s’il l’est très mal !  », et d’ailleurs n’ayant pas trouvé de tracé enregistrable sur le Net, j’ai éprouvé les pires difficultés pour enregistrer dans mon GPS le seul parcours que j’avais trouvé sur le site de l’Office du Tourisme intercommunal Aspres-Thuir. Le 7 octobre au matin, me voilà à Fourques, bien décidé à accomplir cette balade. Il fait un temps magnifique avec un joli ciel bleu et de longs chapelets épars de petits nuages blancs et ronds. Ils sont superposés les uns sur les autres comme sur un boulier. Peu à peu, ils disparaîtront laissant de grands draps blancs ondoyer dans le ciel. Au fil de la journée, un ciel voilé prendra le relais. La « rue de l’Espérance »  où je gare ma voiture et cette belle météo me laissent présager une journée remplie de jolies promesses.  Or mis une table d’orientation au sommet d’une butte et la découverte de quelques essences de la garrigue sur des pancartes, le dépliant ne mentionne pas de réel objectif. Il est simplement écrit « Laissez-vous transporter dans cette déambulation bucolique…. ». J’y compte bien, mais comme marcher sans but ce n’est pas trop mon truc, j’ai cru bon d’ajouter à cette flânerie solitaire, un dessein supplémentaire : me livrer à ma passion de la photo ornithologique. Je connais très mal les Aspres et en tous cas, je n’y suis jamais venu avec comme principale idée d’y photographier des oiseaux. En général, octobre est un bon mois car dans la garrigue les baies rouges ou noires y sont abondantes, alors j’ai bon espoir d’apercevoir de nombreux passereaux. De ce fait, je ne me suis fixé aucun délai et les révélations en cours de chemin guideront mes pas. Voilà le vrai programme. Au centre du village, j’en suis déjà à chercher une indication mais s’il y a bien un panonceau mentionnant un « Sentier des Histoires », je ne trouve rien des « Chemins d’Adrienne ». Me voilà déjà contraint de sortir de mon sac à dos le fameux dépliant Internet que j’ai pris soin d’imprimer. Les infos que j’y lis sont succinctes mais suffisantes. Je me plante devant la mairie, imagine que le nord doit être derrière le bâtiment et effectivement, après en avoir fais le tour, j’y trouve aisément la Carrer de la Font del Terrer (*) indiquée comme la ligne de départ. Je l’emprunte et commence à suivre la première marque de peinture jaune servant de balisage. Elle m’entraîne à gauche dans la rue Fount del Tarré (*) dont je crois comprendre qu’il s’agit de la même rue que celle de la Font del Terrer mais écrite dans une déclinaison différente. Elle aboutit dans le lit de la rivière de Llauro, heureusement complètement asséché malgré les fortes pluies de la veille. Petit instant d’égarement au milieu du ruisseau car je ne trouve plus de balisage et comme mon G.P.S n’est pas encore suffisamment précis, je ne peux imaginer une seule seconde que la rivière asséchée soit le chemin. Alors je la traverse et emprunte en face un étroit sentier filant au milieu des jardins potagers. Je poursuis sur une centaine de mètres jusqu’à comprendre, grâce à mon G.P.S, que je me suis fourvoyé. Au sein de toutes ces parcelles pour la plupart clôturées, ma crainte de ne pas pouvoir assembler le « fameux puzzle » me revient déjà en mémoire. Seul intérêt à cet égarement, heureusement éphémère, des passereaux déjà très abondants sous les traits d’innombrables étourneaux, de quelques rouge-queues noirs peu craintifs, d’une tourterelle et de jolis chardonnerets apparemment attirés par des champs d’inules visqueuses. J’adore photographier les étourneaux avec leur joli plumage noir luisant et leur poitrail piqueté de petits cœurs blancs car ils se détachent magnifiquement dans le ciel bleu.  Je fais demi-tour et finis par trouver une nouvelle balise jaune sur la partie droite de la rivière, caché par des feuillages, à l’endroit même où des enrochements servent à consolider la berge.  Ici, l’itinéraire et la rivière se confondent et j’en rigole en me disant que par temps de forte crue, les randonneurs doivent inévitablement savoir nager pour parcourir ces « Chemins d’Adrienne ».  Adrienne sait-elle nager aussi ? L’histoire ne le dit pas ! En réalité, le dépliant spécifie bien que la traversée de la rivière est interdite par temps de pluie. Je poursuis au milieu du ruisseau sous la surveillance de quelques mésanges charbonnières qui occupent les arbres les plus hauts. Les bergeronnettes sautillent sur les galets à la recherche d’un peu d’eau, synonyme d’insectes volants voire échoués sur les rives.  Mon œil et celui de mon numérique sont attirés par de gargantuesques potirons dans un petit potager. Peu après, une autre rue aboutit elle aussi dans la rivière puis la traverse sous la forme d’un chemin de terre qui s’élève en face au milieu des vignes. Je délaisse la rivière qui part vers la droite et poursuis sur ce chemin jusqu’à une intersection où enfin un panonceau se présente. Les « Chemins d’Adrienne » sont bien là. La seule vision de ce prénom me fait penser aussitôt à ma mère et je sais déjà que je vais marcher avec elle toute la journée. Inconsciemment, c’est peut-être aussi pour ça que je souhaitais accomplir cette balade : me retrouver avec elle !  La suite est, comme je l’avais imaginée en regardant la carte I.G.N, une longue succession de sinuosités où pistes sableuses, routes asphaltées et petits sentiers vont se succéder en alternant parcelles viticoles, champs incultes et végétation typiquement méditerranéenne, le tout entrecoupé de nombreuses haies, de quelques « correcs » mais surtout de fossés où s’écoulent de minuscules « rius » permettant une irrigation naturelle des paysages. Le balisage jaune est bien présent mais parfois, dans les croisements les plus équivoques, un fléchage au sol vient à la rescousse. Les passereaux semblent y trouver leur bonheur car ils y sont légions, même si les photographier réclame silence, patience et l’acceptation de très nombreux échecs. Parfois, des volées entières décollent du sol et vont se reposer quelques centaines de mètres plus loin, me laissant déçu et ballot. Parfois, pour les approcher au plus près, mes appeaux me viennent en aide mais ce n’est pas toujours la panacée selon les espèces présentes qui ne comprennent pas toujours les quelques chants que je leur propose. Quelques papillons sont encore là et viennent très souvent palier à mes revers ornithologiques. La plupart sont amochés par les violents orages des jours précédents. Pourtant, force est de reconnaître que la « déambulation bucolique » promise se passe au mieux, y compris le pique-nique et la petite sieste d’un quart d’heure en plein soleil, adossé à un talus herbeux. La balade est silencieuse, les cadres reposants et doux et les paysages sont beaux et comme le plus souvent ils sont assez planes, les panoramas lointains s’offrent au regard : Força Real, Montagne de Tauch, Plaine du Roussillon, Albères, montagnes du Vallespir et très souvent en ligne de mire le Massif du Canigou précédé du débonnaire Mont Helena, tous deux gravis récemment et à quelques mois d’intervalle. Après le déjeuner, les décors changent un peu, des pistes ocres s’élèvent dans un environnement où vignes, boqueteaux de pins et garrigues se partagent un peu plus l’espace. Ces paysages me rappellent le Piémont italien où j’avais passé d’agréables vacances, il y a quelques années. Je domine clairement le lit d’une rivière plus conséquente. J’apprendrais plus tard qu’il s’agit du Réart qui n’est encore ici que la Galsèrane. Petit à petit, l’ocre laisse la place au rouge et pas besoin d’être géologue pour comprendre que l’argile est responsable de cette lente métamorphose. D’ailleurs, en de multiples endroits, la piste présente de nombreuses cuvettes rougeâtres après les pluies torrentielles d’hier. Parfois, je sors de la piste pour entrer dans une vigne ou dans la garrigue à la poursuite d’un oiseau ou d’un papillon. Alors que je suis au sommet d’une tertre pour y photographier un paysage et des cheminées de fées, et sans doute bien trop près du bord d’une haute inclinaison,  je sens tout à coup le sol se dérober sous mes pieds. Le talus de conglomérats sans doute trop imbibé par les eaux des orages d’hier n’a pas résisté au poids de mon corps. Trop occupé à prendre une photo et donc les bras en l’air avec l’appareil entre les mains, je ne comprends pas immédiatement ce qui se passe et quand  je réalise, il est déjà trop tard. Je bascule en avant, entraîné par le poids de mon sac à dos. La pente est raide, le tertre très haut et je me mets soudain à courir, prenant très rapidement de la vitesse. Il n’y a quasiment aucun obstacle, aucun rocher, aucun haut buisson devant moi pour m’arrêter et seulement quelques rases et rares graminées que je piétine. En une fraction de secondes, je prends aussitôt conscience que je vais atterrir 20 ou 30 mètres plus bas et sans doute me tuer si je continue à courir ainsi, en prenant de plus en plus de vitesse. Alors, je plonge les bras en avant, effectuant un prodigieux et sévère vol plané de plusieurs mètres de longueur, avant de ressentir sur toute la partie droite de mon corps, les effets ravageurs de la multitude de chocs que je viens de lui faire subir. J’ai rebondi comme une balle de caoutchouc sur la terre et les galets avant de m’immobiliser malgré la sévère inclinaison. Allongé au sol, les bras en avant, je suis complètement groggy. Ma tête a cogné à hauteur de la tempe et de l’arcade sourcilière droite et mon abdomen et ma poitrine ont dégusté aussi. Je reprends peu à peu mes esprits et pour l’instant ça suffit à mon bonheur. Les paumes de mes deux mains sont écorchées, à vif et sanguinolentes tout comme mon avant bras droit où les plaies et les égratignures sont multiples. Mes côtes et mes deux cuisses sont douloureuses mais pour l’instant, je ne vois aucune tache de sang ni sur mon tee-shirt ni sur mon pantalon. Je me relève avec difficulté mais avec la précaution de rester penché en avant, au plus près du sol, afin de ne pas dégringoler de plus belle. Mes jambes répondent tant bien que mal, et plutôt bien que mal.  Par bonheur, mon bâton de marche est resté là à côté de moi. Alors, en m’aidant du bâton et de mes mains, j’arrive peu à peu et avec prudence à me hisser au sommet du tertre où la terre est partie sous mes pieds. Obnubilé par mes blessures, je ne prends pas le temps d’observer ce qui a bien pu se passer et comment ce glissement de terrain a pu survenir. Je m’empresse de sortir un paquet de mouchoirs en papiers de ma poche pour éponger toutes les plaies sanguinolentes sur mes mains et mon bras droit. Si celles des mains sont très profondes celles du bras semblent plus superficielles mais saignent beaucoup plus abondamment. Mon arcade sourcilière et ma tête, elles, ne saignent pas, même si une jolie bosse atteste de la violence de la collision avec le sol. Je tiens bien sur mes deux jambes, je marche sans aucun séquelle apparente et ça me réconforte car j’ai conscience d’avoir éviter le pire. Je me dirige vers une flaque d’eau pour éponger encore un peu mieux mes blessures. En contrebas de la piste et sur la droite, j’aperçois un casot. J’enjambe une clôture grillagée mais déjà profanée car couchée et m’y rends pour reprendre un peu mes esprits, un peu de repos et plus calmement pour faire le point sur ce qu’il y a lieu de faire pour la suite. Ô surprise, mon sang qui habituellement coule des heures s’est très rapidement arrêté et seule subsistent deux plaies plus profondes que les autres, une à la paume droite, celle qui a sans doute receptionné tout le poids de mon corps et l’autre sur mon avant-bras droit. J'y garde des mouchoirs en papier que je serre de toutes mes forces et à tour de rôle. Le sang finira pas s’arrêter un peu plus tard. Le constat que je fais de tout ça et que je peux sans doute terminer la balade sans nécessité d’alerter qui que ce soit. J’en suis satisfait sinon ravi. Je le suis d’autant plus que mon appareil photo que j’avais autour du cou est lui aussi intact. Très poussiéreux mais par miracle intact. J’analyse mon bout de carte I.G.N et j’en déduis que je dois être au lieu-dit les Campanes. A première vue, il doit me rester encore la moitié de la randonnée à accomplir soit 5 à 6 km environ. Je prends un encas, bois une grande gorgée d’eau et me remet en chemin. Peu de temps après, j’atteins l’original belvédère à 360 degrés où plusieurs poteaux métalliques plantés dans le sol et circulairement indiquent les orientations les plus remarquables : Perpignan, la Méditerranée, la tour de la Massane, les pics Néoulous et celui du Canigou, le Mont Hélèna, Força Réal, la tour de Tautavel, autant de jolis objectifs de balades antérieures. La suite n’est pas moins monotone mais le sentiment d’avoir échappé au pire me rend sans doute heureux et optimiste au delà du raisonnable. Parfois, je me retourne pour tenter de retrouver la falaise de loess où j’ai chu, mais sans trop de succès. Je vois par contre d’autres cheminées de fées qui avaient échappé à mon regard. Jusqu’à l’arrivée, je vais continuer comme si de rien n’était mes observations et mes photos de la faune et de la flore. Tout près d’un centre équestre, deux gentils chevaux blancs aux superbes yeux bleus viennent illuminer la fin de cette balade et m’aider à finir mon casse-croûte et quelques gaufrettes. D’autres passereaux clôturent mes prises de vue ornithologiques même si les moineaux, étourneaux et rouge-queues noirs continueront plus tard à me narguer du haut des toitures de Fourques (**). L’église n’est pas en reste et au sommet du clocher, les étourneaux piaillent tellement qu’ils pourraient presque remplacer les carillonneurs. Pour l’instant, je continue d’apprécier les paysages et les panoramas. En rentrant dans Fourques, de jeunes enfants sortant de l’école me disent bonjour à tour de rôle. Je suis heureux de leur répondre et je prends soudain conscience qu’il y a des petits bonheurs tout simples comme cela. Le bonheur d’être vivant et debout sur mes deux jambes.  Je retrouve ma voiture au coin de la rue de l’Espérance. La balade a été belle. J’ai au moins une bonne quinzaine d’oiseaux différents enregistrés dans mon numérique, quelques papillons, une kyrielle de fleurs et plantes saisonnières pour mon herbier virtuel et puis surtout la tête bien remplie de beaux souvenirs d’Adrienne, ma mère…Quand je partais marcher plusieurs jours et qu’en revenant, je lui en faisais le récit, elle était contente et me disait toujours « c’est bien que tu m’aies raconté tout ça car j’ai l’impression d’avoir marché avec toi ». Aujourd’hui, elle a marché sans cesse avec moi. Oui, ces chemins étaient vraiment ceux d’Adrienne. Ma mère et madame Cazeilles. Certaines personnes à qui j’ai raconté mon accident dans le détail m’ont dit que ma mère m’avait sans doute protégée de quelque chose de plus grave. Je ne sais pas. Je ne crois pas à ce genre de fariboles car j’ai la certitude que ma mère n’aurait surtout pas souhaité que je tombe du tout. Non, c’était un accident. Une imprudence de m’être mis trop près du bord peut-être ? La fatalité. Ça devait arriver, voilà tout. Comme l’écrivait si bien Adrienne Cazeilles « Il y a des jours pour recevoir et des jours pour donner. Aussi beaux les uns que les autres. Horreur du donnant-donnant ». Aujourd’hui, j’ai beaucoup reçu et en contrepartie, j’ai donné quelques contusions et quelques égratignures et c’est peut-être un juste retour des choses. Le donnant-donnant a été déséquilibré et de ce fait, cette journée n’a pas été une horreur, loin s’en faut. Cette boucle, telle qu’expliquée ici et présentée sur la carte I.G.N a été longue de 11,6 km. Les montées cumulées sont de 200  mètres environ mais le dénivelé entre le point le plus bas, 124 m au ruisseau de Llauro et le plus haut, 190 m près du Puig Rapiol,  est très modeste : 66 mètres. Le temps que j’ai mis pour l’accomplir ne présentant aucun intérêt, il vaut mieux se fier au topo-guide de l’Office du Tourisme intercommunal Aspres-Thuir qui le donne réalisable en 3 heures. Carte I.G.N 2449 OT Céret – Amélie-les-Bains – Palalda – Vallée du Tech Top 25.

    (*) Font del Terrer et la Fount del Tarré : il s'agit apparemment d'une seule et même source "la fontaine ou source du Terrier" mais écrite sous des déclinaisons différentes.

    (**)Toponymie de Fourques : Tous les toponymistes sont d'accord pour affirmer que l'appellation "Fourques"  a pour origine le mot "fourche" c'est à dire un croisement de routes, de chemins voire peut être de rivières. Sur le site de la commune, on peut lire que la nom de la commune proviendrait d'une villa romaine du nom de "Forcas". L'historien Jean Tosti confirme cette thèse mais nous en dit un peu plus en rajoutant : "la première mention en 844, sous la forme Furchas. Le nom signifie en latin "fourches". Il a pu éventuellement désigner des fourches patibulaires, mais cette interprétation est peu probable. En fait, il s'agit d'un lieu où les chemins se croisent (penser au nom bifurcation), toponyme assez répandu dans toute la France méridionale". Alors effectivement, on trouve d'autres communes portant ce nom dans le Gard, dans le Lot et Garonne ainsi qu'une vieille commune de la Somme qui a changé de nom depuis la révolution. Une demi-douzaine d'autres communes disposent d'un nom "Fourques" dans leur nom quand aux lieux-dits, il serait bien trop long d'en faire la liste.

     

     

     

     


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  • LE PIC DES MAUROUX depuis Font-Romeu (Mollera... par jullie68

    Diaporama sur la musique "Concerto d'Aranjuez" de Jaaquin Rodrigo jouée par le célèbre guitariste Narciso Yepes.

    Le Pic des Mauroux (2.137 m) depuis la Mollera dels Clots (Font-Romeu)

    Le Pic des Mauroux (2.137 m) depuis la Mollera dels Clots (Font-Romeu)

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    En ce 1er septembre 2016, nous avions décidé de partir à la découverte du Pic des Mauroux que l’on trouve très souvent écrit « Moros » et notamment sur la carte I.G.N. « Pic dels Moros » peut-on lire sur la carte, à l’ouest de la commune de Font-Romeu. Point géodésique de ce même Institut Géographique National, son sommet est situé à l’altitude de 2.137 mètres. Sa traduction est assez simple, puisque ici, il s’agit du pic des « Maures (*) », ce nom pouvant appartenir à une palette très large de populations arabo-musulmanes selon l’époque dans laquelle on les inscrit.  Voilà pour la toponymie simplifiée et pour plus de détail, je vous renvoie à la fin de cet article (*). Le départ de la balade s’effectue à proximité du lieu-dit « Mollera dels Clots », à l’endroit même où se trouve le stade de biathlon de Font-Romeu. Le parking et les panonceaux de départ sont situés un peu avant d’y arriver en bordure gauche de la route. Au préalable et pour parvenir jusqu’ici, il vous aura fallu prendre la route de Font-Romeu, puis emprunter la départementale D.10f jusqu’aux Airelles et enfin délaisser cette route au profit de celle qui file vers la station de ski du Roc de la Calme. Quand on sait que l’altitude sur la ligne de départ est de 2.030 mètres, on imagine aisément que monter au pic des Mauroux ce n’est pas comme gravir l’Everest. A peine plus d’une centaine de mètres de dénivelé nous attendent. La randonnée est donc très facile. Une large piste part vers l’ouest, tourne à gauche et vous êtes désormais sur le « Sentier du Pic des Mauroux » indiqué très paradoxalement comme difficile sur le premier panonceau aperçu. Sans doute que cette boucle numérotée P.R.12 n’est-elle pas la même que celle que j’ai programmée. En tous cas, toutes les caractéristiques mentionnées, distance, dénivelé et temps ne correspondent en rien au circuit que j’ai pu lire dans le topo-guide « les Sentiers d’Emilie en Cerdagne et Capcir ». D’ailleurs, il suffit de lever la tête pour apercevoir le débonnaire sommet dans la ligne de mire. Il n’a rien d’impressionnant. L’itinéraire est plus qu’évident et en plus, les panonceaux directionnels indiquant le pic sont suffisamment nombreux pour ne pas s’égarer. Il suffit de marcher sur quelques centaines de mètres seulement pour comprendre que cette contrée du nom de « Coma de Mollet » mais qu’on appelle plus globalement « la Calme » est une vaste zone d’estives. Nous sommes fin août, c'est-à-dire au summum de la période d’estivage et chevaux et bovins déambulent en grand nombre un peu partout. Pour nous, cette animation n’est pas sans nous rappeler la dernière balade effectuée au pic Dourmidou voilà 15 jours. Des animaux, on en voit dans les bois, les clairières et les prairies mais aussi, au bord même du chemin où notre présence ne semble pas les perturber le moins du monde. Cette vie pastorale se confirme avec la présence de nombreux enclos et d’une cabane en pierres sèches entourée de pelouses au sommet d’une butte rocheuse. Ici, je remarque de nombreux passereaux et la proximité d’un petit ruisseau, le Rec dels Clots, n’est sans doute pas étrangère à cette présence ornithologique. Il y a quelques rouges-queues noirs mais surtout d’innombrables traquets motteux dont les déplacements se résument à se déplacer d’un point haut à un autre avec des vols très courts, essentiellement axés sur leur quête à se saisir de petits insectes volants. Chaque rocher ou presque présente un traquet à son sommet.  Les panonceaux toujours bien présents continuent de mentionner la direction à prendre, mais à chaque intersection je sors de ma poche et par précaution mon bout de carte I.G.N pour vérifier où l’on se trouve. Le tout premier panonceau aperçu au départ indiquant une randonnée difficile n’est pas étranger à cette défiance. Après deux virages et s’être un peu élevé, le large chemin devient plus rectiligne. Le pic des Mauroux est désormais sur notre gauche. Derrière lui, les panoramas lointains ne sont constitués que d’une longue ligne de montagnes bleutées. Elles sont coiffées de gros nuages gris empêchant ainsi des visions encore plus lointaines. Sur notre droite, une épaisse forêt de pins à crochets longe la piste continuellement. J’y photographie un faucon crécerelle et si de temps à autres, j’y aperçois des mésanges et des becs croisés, les  fixer dans mon numérique est « une autre paire de manches ». Sachant qu’à la côte 2086, il nous faudra quitter la piste et partir vers le sud, je marche désormais avec dans une main, mon G.P.S allumé et dans l’autre mon bout de carte où figure le tracé. L’intersection finit par se présenter. Un panonceau indique le pic à 2,5 km. Nous sommes sur la piste DFCI N°4. Elle démarre toujours aussi terreuse mais peu à peu un itinéraire plus herbeux prend le relais. Le chemin devient plus agréable car moins monotone que sur la piste malgré des ornières creusées par des véhicules tout terrain. Les bovins toujours aussi nonchalants nous regardent passer et quand il s’agit d’un énorme taureau, force est de reconnaître que les rôles s’inversent. C’est nous qui le regardons, sans doute avec la crainte qu’il nous prenne pour des toreros. Mais non, il paraît dormir debout. Les décors, constitués d’un éparpillement de blocs granitiques, sont moins boisés et la végétation se résume à une steppe rase et à quelques pins épars.  Des pins et des rochers les plus hauts, les becs-croisés des sapins et quelques pinsons des arbres en ont fait leurs minarets respectifs. Leurs chants sont des prières à se rassembler pour une longue migration.  Le chemin s’élève en douceur car l’itinéraire file désormais sur le flanc nord du pic des Mauroux puis il s’en écarte sur la droite laissant entrevoir de superbes paysages sur l’ouest de la Cerdagne. A notre approche, de grandes troupes de grives s’envolent puis se posent quelques mètres plus loin. Le pic n’est plus qu’à quelques encablures maintenant. Dany fait le choix de continuer sur la piste menant vers le sommet alors que je prends un raccourci et me lance à la poursuite de mésanges dans un petit bois de pins ; mésanges huppées et mésanges noires essentiellement. Il y en a tellement et paraissent si occupées à se poursuivre que planqué au ras du sol, je finis par en immortaliser une de chaque dans mon numérique. Avec Dany, on se rejoint à proximité du sommet qui est occupé par une modeste station météo agrémentée de deux panneaux solaires et d’un anémomètre. Il y a également un abri de berger très rudimentaire puisqu’il s’agit d’une simple alvéole en pierres entourée d’autres pierres.  Force est de reconnaître que les cailloux ici ce n’est pas ça qui manque, au pinacle il n’y a que ça mais en contrepartie une fois juché dessus, on embrasse de grandioses panoramas vers le sud. J’en suis même à me demander si ce tumulus est naturel et n’aurait pas un rapport avec ces fameux « Moros » dont le pic a reçu le nom ? Une sépulture mauresque oubliée n’aurait rien de surprenant puisque de nombreux lieux catalans ont reçu la dénomination de « Cimetière des Maures ». En tous cas, perché sur ce pinacle, la vue aérienne de Targassonne y est remarquable. Vers le nord, et au dessus d’autres hautes montagnes, le Carlit joue les prétentieux en dévoilant sa pyramidale apogée. Par grand beau temps, on imagine que le spectacle doit être encore plus beau. Sur la partie la plus plane du Mauroux, il y a d’autres vestiges, plus récents, car en béton, mais je n’y trouve aucun indice me permettant d’en apprécier leurs fonctions originelles. Au l’instant même où nous nous installons pour la pause pique-nique, un vautour fauve solitaire vient planer en rase-mottes au dessus du sommet. L’heure du déjeuner aurait-elle sonné pour lui aussi ? Après quelques passages circulaires, il file vers l’ouest puis disparaît dans la vallée d’Angoustrine. Décidement, à chaque sortie où presque, ces gros volatiles aux envergures impressionnantes doivent se donner le mot pour tenter de nous apeurer. Après cette scène toujours un peu angoissante il est vrai, je profite de la pause pique-nique pour étudier le retour. Pour être franc, je n’ai guère envie de refaire le même itinéraire que celui pris à l’aller. Le temps est clair et les observations aériennes que je fais du terrain et de leurs transpositions sur la carte I.G.N me permettent d’imaginer une boucle. D’ici, en effet, on distingue au loin mais très nettement une ou deux pistes et surtout la « fameuse » cabane en pierres sèches aperçue au sommet de la butte et toujours le troupeau de bovins qui l’entoure. Le pique-nique et la visite complète du Mauroux terminées, il est temps d’envisager ce retour improvisé.  On se lance dans une descente qui vers l’est consiste à suivre une longue clôture. Si d’en haut, je pensais que cette clôture se terminerait sur une piste, la réalité est tout autre sur le terrain, car en définitive, nous allons suivre la sente la plus évidente, c'est-à-dire celle que d’autres randonneurs ont le plus empruntée. D’ailleurs, dans une végétation de genévriers et de mouillères, nous allons toujours faire le choix de la sente la plus piétinée. Au premier petit bois de pins, elle part à gauche, se faufile au milieu d’une zone à tourbières, asséchées à cette époque de l’année. Ensuite elle contourne un enclos circulaire, s’élève sur un modeste mamelon, file vers le nord et finit par croiser la route d’un bon sentier un peu plus large. Ce dernier traverse une sombre pinède puis par une petite passerelle de bois, il enjambe un étroit ruisseau d’un mètre cinquante de large tout au plus. Il s’agit du Rec de Ribals. Sur la droite, la piste aperçue depuis le Mauroux est là à 50 mètres. Il suffit de la rejoindre. Une intersection se présente avec des panonceaux indicatifs : vers la droite, le refuge de Llobins et les Airelles et grâce à mon bout de carte et par déduction, j’en conclus qu’il faut partir vers la gauche pour faire la jonction avec  l’itinéraire pris à l’aller. En mon for intérieur, je suis assez satisfait car je n’aurais pas imaginé cette boucle « aventureuse » aussi simple et surtout si praticable, mais à bien y réfléchir, je suppose que la saison estivale et la sécheresse qui prévalent facilitent-elles les choses ? Nous ne sommes qu’au tout début de septembre et les mouillères sont encore très asséchées.  Peut-être faudra-t-il être plus prudent en période pluvieuse ? La suite et la fin de cette balade ne sont que la copie conforme du chemin pris à l’aller. Quelques oiseaux craintifs, de rares papillons toujours les mêmes ; essentiellement des Moirés ; des animaux à l’estive et comme seule originalité par rapport à l’aller, une truite juvénile dans le trou d’eau d’un ruisseau occupent mon retour. Dany, elle, ne m’a pas attendu et dès la piste retrouvée, elle a repris allégrement son rythme coutumier un peu speed. Un réflexe chez elle dont je ne sais s’il est « de Moro » ou pas. En tous cas, avec elle, je constate que « moro » rime avec « allegro ». Telle qu’expliquée ici, cette randonnée a été longue de 11 km. Les montées cumulées de 420 mètres. De l’endroit où nous avons démarré, la déclivité est modeste. Je le précise car je sais que d’autres balades vers le pic des Mauroux démarrent de Targassonne ou d’Egat et bien évidemment le dénivelé sera plus conséquent. Carte I.G.N 2249 ET Font-Romeu – Capcir Top 25.

     

    Maures, Moros, Mauroux : De nos jours, le mot "Maures" définit  « un ensemble de populations du Sahara occidental » (Encyclopédie Universalis). En France, ce toponyme est ancien et plutôt courant même s’il n’est apparu que très tard dans les textes, au 10eme siècle semble-t-il. Il a sans doute comme origine le latin « mauri » et le grec « moros » signifiant « noir ». Parfois, le terme de « sarrasins » ou « sarrazins » est également employé et c’est celui que l’on retrouve un peu plus tôt dans les textes du Moyen-Âge. Si j’en crois les historiens, la forte évocation du terme « moro » en France serait consécutive à la présence d’envahisseurs arabo-musulmans à partir du début du 8eme siècle alors que venant du Nord-Est, les Germains ont eux aussi et au même moment des convoitises sur le pays des Gaules.  A vrai dire, les populations que l’on définit comme « maures » aujourd’hui n’ont que peu de rapport avec les envahisseurs qui déferlèrent à l’époque, d’abord sur la Gaule puis sur le royaume devenu celui des Francs. Ils étaient principalement originaires d’une vaste partie nord de l’Afrique mais également du Moyen-Orient et de la Turquie selon les époques. Ils se sont installés en Espagne mais ont toujours essayé d’étendre leur domaine plus au nord et notamment en Gaule où leurs razzias sont tristement gravées dans les mémoires.  Les deux peuples guerroyèrent et si les Maures sont restés dans l’Histoire et dans la géographie, c’est d’abord grâce aux Francs qui n’eurent de cesse de les chasser hors de leurs royaumes : par Charles Martel (732)Pépin le Bref (759) et Charlemagne (778).  En réalité, deux religions, deux civilisations s’affrontaient : les arabo-musulmans d’un côté, les chrétiens de l’autre. Ces Maures, on les retrouvent par exemple sur les drapeaux de la Corse et de la Sardaigne et quand on sait que ces têtes de Maures sont en réalité des têtes coupées et donc des « têtes de morts », on imagine aisément les rivalités et les haines que ces conflits ont engendrées un peu partout. Les légendes et notamment celles autour du célèbre Roland de Roncevaux (778) combattant sans relâche les Maures sont venues rajouter à cette popularité.  Dans son livre « Lieux et légendes du Roussillon et des Pyrénées Catalanes », l’archéologue Jean Abelanet consacre un chapitre entier à ces légendes, aux Maures et aux différents toponymes régionaux autour de ces derniers. Voilà ce qu’il écrit du Pic des Mauroux : « A Font-Romeu, un puig dels Moros dominant Targasona porte un pseudo-dolmen, simple effet de chaos granitique ; par contre, au nord, sur le plateau, on remarque une longue enceinte rectangulaire en pierre sèche (enclos de berger ?), incluant un possible dolmen éboulé ».  Le nom « Mauroux », lui,  serait une francisation du mot occitan « mauro » mis au pluriel et d’ailleurs, on trouve des noms de communes portant ce nom dans le Gers, le Lot ainsi qu’un hameau en Tarn et Garonne. Les étymologies du nom « maure » ont été très détaillées par l’anthropologue Adolphe Bloch et vous pouvez en prendre connaissance en cliquant sur ce lien suivant : http://www.persee.fr/doc/bmsap_0037-8984_1903_num_4_1_7671

     

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  • LE PIC DOURMIDOU (1.843 m) en été depuis le col... par jullie68

    Diaporama sur la musique "Longtime" de Reman

    Le Pic Dourmidou en été (1.843 m) depuis le col de Jau (1.506 m)

    Le Pic Dourmidou en été (1.843 m) depuis le col de Jau (1.506 m)

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    Savez-vous qu’en allant gravir le pic Dourmidou (*) vous montez dans un dortoir ? Original non ? Et pourtant c’est la vérité, sauf que les puristes de la toponymie rajouteront qu’il s’agit d’un «  dortoir pour animaux ». Eh oui ! « Dourmidou » en occitan et « Dormidor » en catalan signifie « dortoir » et on peut étendre la traduction à tous les lieux destinés au sommeil : chambre à coucher, chambrée, chambrette. En ce 18 août 2016, c’est le modeste challenge que Dany et moi nous sommes fixés : grimper au Dourmidou. Sans tente et donc sans l’idée d’aller y dormir, encore que par grand beau temps et sans vent, l’idée ne doit pas être si saugrenue que ça.  Ce n’est pas le cas en ce moment. Depuis Urbanya, nous sommes descendus sur Prades puis nous avons pris le route de Mosset et filons vers le col de Jau avec un seul but : partir gambader en montagne. Notre choix c’est porté sur le pic Dourmidou, à cause de sa proximité depuis Urbanya et du peu de temps que nous voulons consacrer à la marche aujourd’hui car en ce moment la météo est capricieuse. Le Dourmidou est une montagne très arrondie et à la végétation rase que les anciens appelaient « Tuc ». Rien à voir avec le gâteau d’apéritif bien connu, ce mot gascon, et donc occitan, présentant l’avantage de définir en une seule syllabe une hauteur arrondie dans un paysage plat.  Une bosse tout simplement. « Tuc de Dourmidou » disait-on ou écrivait-on alors au 19eme siècle. La veille, il y a eu de très violents orages et après Mosset, quelle n’est pas notre surprise de constater que le bitume de la route devient de plus en plus vert, un peu comme si l’on avait passé une tondeuse sans ramasser l’herbe coupée.  En réalité et y regarder de plus près, il s’agit d’innombrables feuilles que la violence d’une pluie de grêlons a mâchouillé et mis à terre.  Quelques virages plus tard, l’étonnement s’amplifie encore d’un cran, car dans les endroits les plus ombragés il y a d’épais névés. Notre arrivée au Col de Jau confirme ce que nous pensons : « ce n’est pas de la neige, mais d’énormes grêlons que le vent a amoncelé sous forme de petites congères ». Sur les pelouses, toutes les ornières ombragées sont remplies de ces amas de glace. Malgré la quinzaine d’heures qui s’est écoulée depuis et un soleil bien présent, certains grêlons ont encore la taille d’une balle de ping-pong. Nous nous mettons en route, non pas par le chemin classique et un peu barbant consistant à suivre la clôture rectiligne se terminant au sommet du Dourmidou mais en tentant de refaire le même itinéraire que nous avions emprunté lors de notre dernière ascension. C’était il y 10 ans. En mars 2006 exactement. Nous avions entrepris de monter en raquettes au sommet en effectuant une boucle pour profiter au maximum d’une neige immaculée.  Nous ouvrons un portail donnant sur un enclos dans lequel quelques chevaux nonchalants se serrent les uns aux autres. Ils paraissent tenir un conciliabule à moins qu’ils ne dorment debout car aucun ne se retourne malgré notre présence. Un seul se tient à l’écart des autres dans une attitude très étonnante et cocasse. Il se roule par terre les quatre fers en l’air comme quelqu’un qui est « mort de rire ». Une photo de ce moment « rare » et on laisse le « dada gaga » à ses délires en empruntant la piste herbeuse qui file vers l’ouest. Elle est parallèle à la D.84 et file vers le lieu-dit la Devèse sur la carte où elle se termine. Je suis assez surpris car les fleurs sont rares mais les papillons plutôt nombreux, sans doute grâce à la clémence de la météo aujourd'hui. Le secteur du Dourmidou est très prisé des botanistes pourtant les fleurs se résument à quelques chardons et carlines et aux roses callunes, de loin les plus nombreuses. Sans doute, la saison est-elle déjà trop avancée. La plupart des papillons qui volètent ont clairement soufferts eux aussi des orages de grêle. Leurs ailes sont meurtries et leurs couleurs sont devenues ternes. La plupart, les ailes déchiquetées ne méritent pas une photo. Je sélectionne. Le chemin entre assez vite dans un bois de grands conifères, se met à tourner vers le nord avant de se terminer dans un fatras de gadoue et de branches cassées. Il y a un ru boueux qui s’écoule au milieu de tout ça. Je ne reconnais plus le parcours pris il y a 10 ans en raquettes. Nous enjambons le monceau de branchages et continuons sur un sentier plutôt évident qui finalement sort très rapidement du bois. Devant nous, il y a une lande assez pentue mais à la végétation rase et après un coup d’œil sur mon bout de carte IGN, je prends la décision de la traverser en diagonale mais tout en montant sur la butte qui se trouve sur notre droite. Un chevreuil qui devait dormir dans des genêts se lève brusquement et s’enfuit en direction de  la forêt qui se trouve en contrebas. Au vol, je réussis à le photographier avant qu’il ne l’atteigne. C’est marrant car à cet instant, je me mets à penser au « dortoir pour animaux » et je me demande si d’autres chevreuils y dorment encore à  cet instant. Au milieu des callunes fleuries, des ras genévriers et myrtilliers, la marche est néanmoins peu aisée et en tous cas, elle l’est beaucoup moins qu’avec la neige et les raquettes. Le paysage qu’on pense pelé et facilement praticable de loin est trompeur quand on a les pieds dans cette végétation compacte. Un vautour fauve vient aux nouvelles mais poursuit son chemin vers des carcasses moins animées que les nôtres. Au fur et à mesure que l’on s’élève, les vues s’entrouvrent sur un large vallon descendant des premiers flancs du Dourmidou. Au plus haut de la butte, nous tombons sur une sente clairement tracée par les nombreux troupeaux qui fréquentent les lieux. On les appelle parfois « caminoles ». Dans les endroits glaiseux et encore humides, on y distingue clairement les empreintes de nombreux sabots mais ceux aussi de quelques pas humains. C’est encourageant. Sur une belle distance, le cheminement devient aussitôt plus facile mais à force de rencontrer d’autres sentes aussi étroites les unes que les autres, on ne sait plus laquelle il faut emprunter. Dany décide de continuer l’ascension, c'est-à-dire vers l’est,  alors que je suis plutôt partisan de partir vers le nord. Je sais qu’en partant plein est, nous retrouverons très vite et inévitablement les clôtures que j’ai voulu éviter au départ. De plus, et au regard de la configuration du terrain, en partant vers le nord, je sais que d’autres panoramas sur l’Aude se dévoileront bien plus vite et plus amplement sur les plus proches d’entre eux. On se sépare, mais je garde toujours un œil sur elle, montant doucement mais sûrement en diagonale. Je vois que peu à peu elle fait de même et finalement à force d’avancer plutôt à l’oblique, nous nous retrouvons un peu plus haut sur un chemin bien plus large. Compte tenu des profondes ornières, nous n’avons aucune peine à imaginer que des véhicules à moteur l’ont empruntée avant nous. Sans doute des tracteurs ou des véhicules tout terrain. Nous passons au pied d’une zone rocheuse occupée par des passereaux. Je me mets aussitôt en quête de les photographier et la première tentative est la bonne car apparemment les roches et les quelques genévriers qui y poussent à proximité constituent leur habitat. Ils ne semblent pas vouloir s’en éloigner. Ce sont tous des Tariers.  Le terrain s’aplanit enfin et on choisit une fois encore la sente la plus évidente. Elle tourne vers l’est, continue sur le plat puis descend un peu avant de s’élever nord-est et très clairement le plus directement possible vers le sommet qui est droit devant nous. Ici, la montagne est une mer mauve colorée par les innombrables callunes. Quelques animaux blancs, groupés en troupeau, s’y détachent au loin, pas plus grands que des têtes d’épingles. Pourtant, dans cette flore qu’on pourrait penser essentiellement violine et rose, j’y découvre un plant de callunes blanches (**), variété jamais observée jusqu’à ce jour. On s’engage dans cet océan végétal sur des caminoles qui partent en tous sens mais c’est trop vite oublier que les flancs de cette montagne,  que nous avions gravi en raquettes sans qu’aucune végétation ou presque nous gêne,  sont coupés de quelques ruisseaux et donc jonchés de tourbières voire de zones carrément marécageuses. Pour avancer, ça devient parfois une vraie galère. Un parcours du combattant dans le pire des cas. Des chevaux, eux, y gambadent pourtant sans aucune difficulté. A force de marcher dans la flotte et la boue, d’enjamber de petits ruisseaux, de contourner des sources ou de simples résurgences que les pluies d’hier ont engendrées, de se fourvoyer dans les fondrières et les mottes de laîches, nous déviions peu à peu de l’itinéraire le plus direct. Finalement, à moins d’un kilomètre du but ultime qu’est le sommet du Dourmidou, la fameuse clôture, à laquelle par entêtement j’ai voulu échapper, est là à quelques mètres seulement. Nous l’enjambons et la suivons désormais mais Dany en a « plein les pattes » et décide que l’heure du déjeuner a sonné. Pour elle, elle est d’autant plus arrivée que le ciel s’est obscurci de gros nuages gris. Ils arrivent du Massif du Madres et de celui du Coronat poussés par un modeste carcanet. Au loin, quelques nuages en panache s’échappent du pic du Canigou, un peu comme si un Indien procédait à des signaux de fumée. Au dessus de nous et dans un ciel coupé en deux ; azur vers le Dourmidou et gris vers le col de Jau, des rapaces tournoient dans le ciel en poussant des cris aigus. Il y en a clairement de deux espèces différentes. Une buse variable sans doute car d’un brun plutôt sombre et l’autre probablement un milan royal car bigarrée de marron et de blanc. Les deux font des vols stationnaires à peu de distance l’un de l’autre et c’est le meilleur moment pour les photographier avec des clichés rapprochés et en rafales, en croisant les doigts qu'il y en est quelques uns de bons.Tout en mangeant, Dany m’avoue qu’elle n’ira pas plus loin. Un peu par crainte d’un « rouchat » et beaucoup par fatigue. Je n’insiste pas. Je lui demande de m’attendre, de garder mon sac à dos et je pars pour un rapide aller retour vers le sommet. Là-haut, à 1.843 m d’altitude, je découvre le gros cairn matérialisant le pinacle. Je ne lambine pas. Le temps de jeter un coup d’œil à 360° et de prendre deux ou trois photos et je redescends à tout berzingue sous un ciel qui se gâte de plus en plus avec de gros nuages gris qui se rapprochent. J’ai quand même pris le temps d’observer bon nombre de lieux déjà cheminés : Pech de Bugarach, des Escarabatets, de Fraissinet, Pelade, Sarrat Naout, Pic Roussillo, pour ne citer que les plus remarquablement visibles sur les flancs nord-est. Je retrouve Dany. Nous amorçons la descente en suivant « l'interminable » clôture et sans pratiquement s’arrêter. Je ne met le frein que pour quelques photos : fleurs, papillons, oiseaux, bovins et paysages en pensant qu’ils seront toujours les bienvenus dans mon futur diaporama. Sur le parking du col de Jau, pendant que Dany s’emploie à son activité préférée qu’est la conversation, ici avec un couple de touristes, je pars pratiquer une des miennes, la photo.  Fleurs, stèle, croix pattée sur une roche et encore et toujours des papillons que la menace d’orage ne semblent pas effrayer. Alors, j’ai envie de leur crier « partez, sinon vous ne résisterez pas à un autre orage de grêlons ! » mais ils sont trop occupés à butiner. Alors nous laissons les papillons à leur aventureux butinage et quittons le col de Jau, direction Urbanya où nous passons les vacances. Sans doute, savent-ils déjà que la grêle ne retombera pas de sitôt !  N’ayant pas d’informatique à Urbanya, je n’ai pas pu réaliser de tracé G.P.S, l’itinéraire proposé sur la carte I.G.N n’est donc qu’approximatif. Je précise toutefois avoir fait en sorte qu’il soit le plus proche de la vérité en visionnant des vues aériennes sur Géoportail et en réalisant le tracé à partir de ces observations. Je considère que le parcours réalisé est long d’environ 8 à 9 km pour un dénivelé de 337 mètres (1.506/1.843). Les montées cumulées sont estimées à 540 mètres. Cartes I.G.N 2248 ET Axat – Quérigut – Gorges de l’Aude – 2348 ET Prades – St-Paul-de-Fenouillet et 2249 ET Font-Romeu – Capcir Top 25.

     

    (*) Le « Dourmidou » ou « Dourmido » c’est également le « Dormidor » , dénomination que l’on retrouve du côté de Matemale avec le pic et le col del Dormidor à respectivement 2.042 m et 1.939 m d’altitude. Tous sont des déverbatifs du verbe « dormir » signifiant un « dortoir » et ça quelque soit les langues,  ici catalanes ou occitanes en l’occurrence. L’explication retenue pour ce sommet est qu’il s’agirait d’un dortoir pour animaux. « C’est le sommet où se repose le bétail en estive. Là- haut, des clôtures frontières contiennent en pâturage les bovins qui ont tendance, sous le soleil, à se regrouper sous les rares végétations » peut-on lire dans le numéro 61 du Journal des Mossétans (toponymie du nom « jau » dans ce même numéro) que l’on trouve sur le Net. Il faut savoir que le Dourmidou constituait aussi un lieu de passage et donc de repos pour les troupeaux qui se rendaient en estive vers le Massif du Madres, vers la Jasse de Callau ou vers Cobazet peut-on lire dans un autre vieux texte. C’est encore le cas de nos jours au regard de ce que j’ai pu lire.

    (**) Callune blanche (Calluna vulgaris) : Si j’en crois le site Tela botanica, le réseau de la botanique francophone et bible des botanistes internautes, la callune blanche n’est pas censé exister à l’état sauvage. Pourtant de nombreux plants ont déjà été observés un peu partout en France. Le plus souvent, ces quelques pieds sont aperçus au milieu d’une population mauve ou rose et de ce fait, les avis sont partagés entre albinisme, accident génétique et mutation spontanée. En tous cas, pas de doute, le pic Dourmidou recèle cette jolie rareté. Il faut simplement espérer que les nombreux animaux domestiques ou sauvages qui fréquentent cette montagne ne les dévoreront pas car la callune est un fourrage naturel.


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  • LE CIRCUIT DES HAUTES GARROTXES depuis Sansa par jullie68

    Diaporama sur la merveilleuse musique "Etude en E Mineur" de Francisco Tárrega jouée successivement par les guitaristes suivants :

    Jurgen Schenk, Bernard Piris, Evgeniya Alaeva Kirilyuk, Manuela Grabsch, Miguel Mota Pinto, Peter Notfall, Samatha Muir,

    la fin étant un mixage de ces différentes musiques toutes extraites du site "You Tube".

    Le Circuit des Garrotxes (1.915 m) depuis Sansa (1.410 m)

    Le Circuit des Garrotxes (1.915 m) depuis Sansa (1.410 m)

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    Les personnes qui dans les topo-guides donnent des noms à des randonnées n’imaginent pas toujours l’importance que peut revêtir un simple intitulé. Exemple ici, pour cette randonnée, que j’ai intitulé «  le Circuit des Hautes Garrotxes (*) ». Il faut prononcer "garrotches". Elle existe, depuis très longtemps déjà, dans un petit fascicule intitulé « 32 randonnées pédestres en Capcir et Haut-Conflent » sous la dénomination « Du col de Sansa au col de Creu », et autant l’avouer cette désignation n’avait jamais aiguisé mon intérêt pour elle. De ce fait, je n’étais jamais allé plus loin que la simple lecture de son intitulé.  Pourquoi me direz-vous ? D’abord parce que je connaissais bien ces deux cols. Le premier pour y être passé à de nombreuses reprises lors de balades vers les sommets du Madres ou du pic de la Pelade puis encore lors d’un mémorable Tour du Capcir. Le second, je ne le connaissais que comme col routier, mais je l’avais toujours vu très fréquenté comme lieu de pique-nique dès les premiers beaux jours. Alors, j’avais imaginé cette randonnée comme une simple liaison de ces deux cols et de surcroît comme une rébarbatif aller et retour par des pistes forestières.  Rien de folichon en perspective. Force est de reconnaître que je me trompais sur toute la ligne ! Entre Haut-Conflent et Capcir, cette confidentielle et enclavée région des Hautes Garrotxes est un magnifique écrin naturel et ce « circuit » au départ de Sansa est un bijou de randonnée et voilà la raison pour laquelle, j’ai préféré lui donner un nom un peu plus attractif.  Enfin j’espère ? Tous les étages montagnards sont passés en revue et ce malgré des altitudes plutôt modestes oscillant entre 1.400 et 2.000 mètres. On y trouve bien évidemment tous les écosystèmes qui vont avec. Une couverture végétale et une biodiversité très variées et bien évidemment des paysages et des décors bien différents selon l’exposition au soleil. Et comme l’itinéraire passe d’un paysage à l’autre, d’un versant à l’autre, parfois au plus haut de la montagne, les panoramas y sont tout bonnement exceptionnels. Qui dit « confidentiel » dit « quiétude » et « solitude » et je vous garantis que sur ce parcours, ce n’est jamais la cohue. Comme déjà mentionné plus haut, le départ s’effectue du hameau de Sansa, direction le col éponyme par le Pla de l’Orri et les Estagnols. Le vallon qu’il faut remonter, c’est celui de la rivière de Cabrils,  alimentée ici par deux ruisseaux plus modestes que sont les recs de l’Oratori et des Manès. En réalité, sa vraie source s’écoule depuis le lieu-dit « Passeduc », à 2.284 m d’altitude, sur le flanc nord-ouest du pic de la Pelade et s’intitule le Rec de Pinouseil. Il rencontre un peu plus bas un bras du torrent « Coume de Ponteils ». Tous ses lieux, je les connais par cœur et font partie d’itinéraires vers le Massif du Madres ou le Pla des Gourgs., déjà expliqués dans mon blog. La rivière de Cabrils finit sa course dans la Têt à Olette. Au départ du hameau, deux alternatives se présentent : soit on emprunte immédiatement la piste qui monte vers le col de Sansa, soit on choisit le chemin qui se trouve sur la gauche en contrebas et qui est l’itinéraire proposé par le topo-guide évoqué plus haut. Nous avons fait ce dernier choix et malheureusement, nous nous sommes empêtrés dans les hautes herbes à la confluence des rivières évoquées plus haut. En me fiant à mon tracé G.P.S, nous sommes passés outre les hautes herbes et finalement nous avons atteint un premier panonceau mentionnant la bonne direction : « Col de Sansa 4,3 km – Pla de l’Orri 1,5 km ». Un coup d’œil sur la carte I.G.N pour constater qu’en prenant la piste, nous serions arrivés au même résultat sans galérer et sans détremper nos godillots. Désormais le chemin est bon et agréable car herbeux et fleuri à souhaits. Il s’élève tout doucement dans un décor étonnant où vieilles terrasses abandonnées se partagent l’espace avec de gros blocs de granite aux formes arrondies. Ici, le mot « garrotxe (*)» signifiant « terre rocailleuse et difficile » prend tout son sens (**). Le Pla de l’Orri est atteint et l’on y découvre l’étonnant cortal connu sous le nom de Delcasso et dont l’Histoire est contée dans l’encyclopédie Wikipédia au mot « cortal ». Ici, on peut poursuivre la piste directement vers le col de Sansa mais si vous ne connaissez pas le site des Estagnols, quel dommage d’y passer à côté sans apprécier ce petit endroit tellement charmant et blotti dans une clairière. Il est à 1,2 km seulement. Il faut suivre le panonceau directionnel et le chemin s’élève très vite en forêt. C’est le Bois de la Sourde. Une clairière plus vaste se présente et les Estagnols sont déjà là. Au loin, le Madres fait son cirque. Comme l’indique le patronyme « estagnols », il s’agit de deux petits étangs aux eaux bleutées. Un minuscule refuge les domine. On y trouve aussi un tipi où les enfants peuvent jouer aux Indiens. Pour y passer une nuit, il faut récupérer les clés à la Maison du Capcir à la Llagonne. Après cette jolie découverte, il faut rejoindre la piste commune avec la Tour pédestre du Capcir. On prend à gauche et le col de Sansa est à moins de 2 km. Les panoramas s’entrouvrent. Ils sont aériens sur le Vallon de Cabrils et si l’on se retourne, on peut découvrir le pic de la Pelade et ô combien sa  dénomination est si appropriée. Un vrai mont pelé !  Sa pelade serait assez ancienne car due à des coupes trop intensives des arbres pour la fabrication du charbon de bois. Mais le plus beau reste à venir. Au col de Sansa, on choisit la direction « Col de Creu 3,6 km – col des Agrellons 1,2 km » et même si elle est très bien mentionnée, attention aux étourderies car il y a tout de même six directions bien distinctes. La large piste forestière s’élève en deux lacets passant de l’ubac de Cabrils à l’adret de l’Aude, sans pour autant qu’une différence arbustive s’entrevoit. Ici, on chemine la belle et grandiose forêt domaniale de Cami Ramader surtout composée de pins à crochets, pins sylvestres et sapins mais aussi de quelques épicéas et mélèzes et de nombreux feuillus sur d’autres versants selon l’altitude, l’exposition et l’hygrométrie. Quand la piste devient plus rectiligne, il faut profiter des panoramas extraordinaires sur la Vallée de l’Aude et le Capcir. Ils sont très aériens et par temps clair, suffisamment lointains pour être époustouflants. Les bois, les prairies, les prés et les champs, ces derniers si renommés pour leurs patates, celles de Matemale, forment un patchwork chamarré. Le lac de Matemale apporte une touche de bleu dans toutes ces nuances olivâtres, rousses ou couleur paille. Les quelques villages ressemblent à des maquettes en modèles réduits et pour les plus petits d’entre-eux à des crèches.  Pour moi, de très nombreuses vues sont synonymes d’autres randonnées ou de lieux cheminés lors d’un Tour du Capcir, effectué en 2013 et en 4 jours. A hauteur du col des Agrellons (1.870 m) les panoramas disparaissent mais comme le chemin bascule très vite sur le versant opposé, on embrasse de nouveaux décors. C’est de nouveau le Vallon de Cabrils et les montagnes qui l’entourent mais sous d’autres angles, et beaucoup plus loin, ce sont les arides Garrotxes méridionales où les contrées creusées de multiples ravines forment l’essentiel du paysage. Encore plus loin, c’est le Massif du Canigou et les premiers hauts pics pyrénéens avec leurs têtes dépouillées et en dessous un long ruban de forêts émeraudes. Une fois encore, il faut profiter de ces vues incroyables car malheureusement, les fenêtres se referment très vite et l’itinéraire se dirigeant vers le col de Creu est essentiellement forestier. Comme les papillons sont légions, j’en profite pour prendre un peu plus de temps à les photographier. L’arrivée au Col de Creu (1.708 m) me confirme ce que je connaissais de lui : beaucoup de voitures et donc beaucoup de visiteurs. La plupart pique-niquent mais je suppose que ce n’est que la partie visible des activités pratiquées dans ce secteur. Rien de spécial ne nous retient alors on poursuit la boucle prévue. Elle file vers l’est en empruntant le D.4 sur 400 à 500 mètres puis à hauteur d’une table d’orientation et d’une croix, il faut quitter le bitume au profit d’un sentier qui longe un enclos se trouvant sur la gauche. Il s’agit de la piste DFCI C073. Ce chemin herbeux est très agréable car il nous change des pistes terreuses arpentées jusqu’à présent. Il l’est d’autant plus qu’il est souvent très bon, large et contrasté alternant des milieux bien différents, tout en offrant de jolies vues sur le Vallon du Rec de Railleu. Pour moi, cette portion du chemin présente un autre avantage qui est celui d’y maintenir une flore et une faune beaucoup plus concentrée que celles aperçues jusqu’à présent. A l’approche du col du Dragon, le chemin devient plus étroit et comme il se faufile au sein de hauts genêts et de quelques magmas rocheux, l’itinéraire devient plus alambiqué. Il reste praticable. Il faut prêter attention au balisage jaune encore présent mais pas toujours facile à repérer. Une échelle permet d’enjamber une clôture et peu de temps après le col du Dragon est atteint. Nous l’avions déjà découvert lors d’une autre balade intitulée « A la rencontre des cervidés ». Ici pas de dragon ni de cervidés mais la belle surprise d’y surprendre un sanglier solitaire. Une laie sans doute à cause de sa taille peu massive et de son groin très allongé presque similaire à celle d’un tapir, avec lequel j’y trouve une certaine ressemblance. Bien occupée à fouir la terre de son butoir, j’ai la quasi certitude qu’elle ne nous a pas vu et de ce fait, j’ai largement le temps de prendre plusieurs photos avant qu’enfin, elle devine notre présence et détale. Après le col, de superbes vues se dévoilent sur Sansa, magnifiquement dominé par la pic de la Pelade et le Puig d’Escoutou. On y distingue ses deux églises, étrange particularité pour un hameau qui n’a toujours compté qu’un nombre réduit d’habitants. La fin de la randonnée tout en sous bois et en descente nous paraît un peu longue et ce n’est qu’en atteignant la rivière de Cabrils que nous prenons conscience d’une arrivée imminente. Deux pancartes agrémentées de plans et incitant à se lancer à la recherche d’un passé évoquent la Molina Serradora, ingénieuse « scierie battante de Sansa » datant de 1826 et dont la fonction consistait à transformer en planches les arbres des Garrotxes. Il est presque 17h et le temps nous manque pour partir à la chasse aux trésors. On entre dans le village. Il nous semble désert. Alors on flâne dans ses ruelles pour en découvrir tous ces recoins, tous ses mystères jusqu’à tomber sur un vieux monsieur bien occupé à son jardin fleuri. La conversation porte sur ses magnifiques roses trémières aux couleurs si vives. Il nous invite à rentrer chez lui, histoire de nous offrir quelques graines des fameuses roses. Apparemment, il a envie de parler alors il enchaîne sur tous les travaux qu’il a été amené à réaliser dans sa maison, nous faisant visiter au passage l’ensemble des pièces.  De sa chambre à coucher jusqu’au salon, en passant par la cuisine, les toilettes et la salle de bains nous allons de manière assez surprenante entrer d’un côté de la maison et sortir de l’autre. Son épouse assise à la table du salon, bien occupée à « flécher des mots », ne semble pas plus surprise que ça de nous voir descendre tous les trois de la chambre à coucher. Son époux doit être coutumier du fait. Etrange, éphémère et si plaisante rencontre. Nous sommes entrés dans leur vie pendant quelques minutes et nous en sortons comme si nous nous étions toujours connus alors que l’on ne s’était jamais vu auparavant. Pourtant tout aurait pu être différent car Sansa est leur résidence secondaire et ô surprise, ils habitent la même commune que nous : Saint-Estève ! On se quitte en se promettant de se retrouver un jour ou l’autre en haut ou en bas de nos belles Pyrénées-Orientales. Le monde est petit mais les Hautes Garrotxes ont été grandes, suffisamment grandes pour que l’on ait pris plaisir à les cheminer tout au long de la journée. Suffisamment grandes pour qu’on ait envie d’y revenir pour une autre balade. Telle qu’expliquée ici, cette randonnée est longue de 14,5.km. Le dénivelé est de 507  mètres et les montées cumulées sont longues de 1.300 mètres environ. Carte I.G.N 2249 ET Font-Romeu – Capcir Top 25.

    (*) Les Garrotxes, qu’il faut prononcer « garrotches », est une contrée très enclavée faisant partie de la région du Conflent. On peut dire qu’elle correspond en grande partie à la dépression géographique creusée par la rivière de Cabrils. En "Sciences de la Terre", on appelle cela un bassin versant. Comme toutes les vallées, elle est entourée de sommets plus ou moins hauts et de ravines secondaires séparées par des cols. Ses principales frontières naturelles sont d’autres vallées : au nord-ouest, la vallée de l’Aude dans la région du Capcir, à l’est, la vallée de la rivière d’Evol et au sud, la vallée de la Têt. 5 villages seulement y sont présents : Sansa, Railleu, Caudiès-de-ConflentAyguatébia-Talau et Oreilla. Les toponymistes semblent d’accord pour dire que le mot est formé  de la racine « gar » ou « car » signifiant « pierre » ou « rocher » et du suffixe « otxa » lequel ici doit être traduit en « terre ». Dans de très nombreuses langues ou dialectes et notamment pyrénéens, on retrouve ces suffixes (otx, otxa, ozt, ost, oust, os, oussa, osa, ossa, ousse, osse en français) qui ont sans doute une même origine et peuvent signifier au sens large, un « domaine »,  un « lieu », une « région » ou une « terre ». On les retrouve également comme suffixe dans des noms de familles mais c’est normal car très souvent aux temps anciens, on désignait une personne ou une fratrie par le nom du lieu où elle résidait. On note qu’en français, on trouve le verbe « garrocher » signifiant « jeter une pierre », lequel bien évidemment à sensiblement la même étymologie. Alors tous les toponymistes et géographes sont d’accord pour affirmer que "les « Garrotxes » désignent une terre rude, pauvre et rocailleuse, escarpée et difficile d’accès" (Joan Bécat 1984). «Les Garroches, chaos de pierrailles où l’on trébuche sur les galets granitiques, où l’on se coupe les pieds aux éclats de schiste : on ne peut rendre l’expression d’horreur avec laquelle ce nom est prononcé dans le haut Conflent » écrivait le géographe Maximilien Sorre dans « Les Pyrénées méditerranéennes ; étude de géographie biologique » en 1913. Je tiens également à préciser que c'est avec un grand intérêt et beaucoup de plaisir que j'ai lu le mémoire de Lenny Pol consacré aux Garrotxes, sans doute le document le plus complet consacré à cette superbe région sur le Net. Je l'en remercie.


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  • LE SENTIER FORESTIER DES RHODODENDRONS depuis... par jullie68

    Diaporama sur la divine musique de Jerry Goldsmith : "Love Theme from Forever Young"

    Le Sentier Forestier des Rhododendrons (1.890m) depuis Rieutort (1.517 m)

    Le Sentier Forestier des Rhododendrons (1.890m) depuis Rieutort (1.517 m)


     

    C’est en septembre 2013 et dans le joli petit hameau de Rieutort que j’ai découvert ce « Sentier Forestier des Rhododendrons ». Enfin, j’avais surtout découvert des panonceaux évoquant cette randonnée et comme je le fais la plupart du temps, j’en avais pris une photo, histoire qu’elle reste plus facilement dans un coin de mes souvenirs. Dans le cas présent, cette photo n’a jamais été bien utile car ma mémoire ne m’a jamais fait défaut. En effet, comme aurais-je pu oublier ce Tour du Capcir effectué en 4 jours et resté pour moi si mémorable ? Rieutort et son remarquable gîte Le Moulin constituaient le terme de la deuxième étape. Oublier ces panonceaux équivalait à oublier beaucoup de choses : Oublier ce merveilleux tour effectué avec mon fils et ses amis ?  Oublier cette étape si belle passant par le Massif du Madres où nous avions aperçu des cervidés à profusion ? Oublier cette après-midi et cette formidable soirée que nous avions passée au gîte, chez les chaleureux Sia et Alexandre ? Pour bien d’autres raisons, dont certaines remontant à mon enfance, ce Tour du Capcir est toujours resté bien présent dans ma tête et avec lui « les Rhododendrons ». Le récit de ce tour est encore en cours d’écriture et j’ai bon espoir de le publier sur mon blog d’ici quelques temps. Mais revenons à ce 2 août 2016, jour où nous avions décidé de partir découvrir ce « Sentier des Rhododendrons ».  Il est déjà 11 h quand nous garons notre voiture sur la place de Rieutort. Un ciel bleu d’une incroyable pureté nous accueille. Ça piaille de tous les côtés. Il y a les inévitables moineaux bien sûr, en grand nombre ici, mais surtout deux rapaces dont les cris nous font lever la tête. Ce sont deux circaètes Jean-le-Blanc planant dans de amples circonvolutions qui ont fait de ce firmament si bleu leur terrain de jeu. Un couple en quête de sentiments amoureux sans doute ? Sur le petit pont qui enjambe le ruisseau, les panonceaux déjà vus voilà 3 ans sont toujours là : « BOUCLE P.R.31 – Riutort – Les Rhododendrons – 7 km – +373 m de dénivelé – 2h30 – difficulté moyenne » et balisage jaune apparemment.  Un autre petit panonceau nous laisse plus perplexe et demande réflexion : « Les Rhododendrons – 2,5 km – P.R.31 » et dessous « Station de ski – 1,5 km –P.R.31 ».  Je crois comprendre que l’on peut démarrer d’ici mais que le vrai départ de la boucle les « Rhododendrons » se situerait un kilomètre plus loin que le station de ski. Cette station, c’est celle de Puyvalador comme le précise le bout de carte I.G.N que j’ai cru bon de prendre en sus d’un tracé G.P.S. Nous empruntons le pont où s’écoule le Rec del Cirerol, passons devant le gîte et démarrons non sans quelques hésitations, car peu après, deux itinéraires s’offrent aux randonneurs. Un chemin herbeux part à gauche et la route asphaltée continue et l’on n’aperçoit pas de balisage. Le G.P.S entre déjà action et nous comprenons bien vite qu’il faut emprunter la rue du Bac puis l’allée éponyme qui se transforme naturellement en un chemin herbeux. Deux grands panneaux de la Communauté des communes du Capcir Haut-Conflent aident les randonneurs de passage et apportent quelques précisions quand à la balade des « Rhododendrons ». On lit toutes ces précisions et les quelques recommandations qui les accompagnent puis l’on poursuit désormais sur un large chemin encadré d’une végétation luxuriante. Les insectes et notamment les papillons y sont légions et semblent trouver leur bonheur dans cet écosystème alliant soleil et fraîcheur. Les oiseaux aussi. Mon appareil photo qui n’avait pourtant pas chômé jusque là s’en donne déjà à cœur joie. Je flâne mais aujourd’hui Dany semble vouloir adopter le même rythme et ça me convient parfaitement car la balade est plutôt courte. D’ailleurs, elle estime très vite que l’heure du pique-nique a déjà sonné car je la vois déposer son sac à dos et s’installer sur l’herbe sans aucune hésitation. Soleil au zénith, ciel azur, absence de vent, sérénité, bruits de la nature, jolis décors verdoyants, beaux panoramas, tout est réuni pour mettre à profit ce que nous aimons en randonnée : relaxation, méditation et contemplation. Une heure plus tard, nous repartons. Aucun rhododendron dans l’immédiat mais la végétation est toujours omniprésente même si parfois elle est bien différente car alternant bois de conifères, boqueteaux de feuillus,  clairières et prairies. Une flore variée y est ubiquiste et je fige de nombreuses fleurs dans mon numérique. On continue de flâner car rien ne presse. Le chemin devenu sentier aboutit sur une piste forestière. Un nouveau panonceau nous conforte dans cette idée que rien ne sert de courir : « les Rhododendrons -0,9 km » et « Station de ski – 0,2 km ». La station de ski de Puyvalador ne serait plus qu’à 200 mètres et même si je doute assez fortement de l’exactitude de cette information, il est vrai qu’elle n’est plus très loin car on commence à en distinguer les premiers chalets. D’ailleurs, quelques minutes plus tard, nous coupons puis empruntons la route asphaltée qui y mène. A l’entrée du village, nous ne trouvons pas de nouvelles indications ni aucun balisage alors je choisis de faire confiance à mon tracé G.P.S qui est très incertain et que j’ai réalisé à partir d’un vieux topo-guide de 2002 « Les Sentiers d’Emilie en Cerdagne et Capcir ». Il nous indique d’emprunter le bitume de la route principale puis celui de la rue des Ecureuils et je lui fais confiance car c’est bien les indications que j’ai lu dans le topo-guide. Je sais d’avance qu’il nous mènera jusqu’au « Sentier des Rhododendrons ». En haut de la rue, un nouveau panonceau se présente nous indiquant les « Rhododendrons » à 200 m et devant ce dernier, je comprends soudain qu’il y a bien désormais un autre itinéraire. Le sentier est là, à droite, dans la forêt et en contrebas. Je note déjà que le retour vers Rieutort s’effectuera par là.  La suite s’élève derrière les derniers chalets de la station et nous voilà enfin sur la ligne de départ. Un sentier parfaitement balisé avec un grand panneau directionnel nous invite à rentrer dans une sombre forêt de grands conifères. Le vrai « Sentier Forestier des Rhododendrons » commence ici et toute la démarche depuis Rieutort ne serait que subsidiaire. Subsidiaire mais pas accessoire et évidemment complémentaire quand comme nous, on a envie de marcher un peu plus que les 2,2 km qui composent cette petite boucle. D’ailleurs, un autre panneau mentionne bien qu’il s’agit d’un « Chemin d’Emilie » avec un aller/retour d’1h15 et c’est dire si cette petite balade est modeste et s’adresse au plu grand nombre. Nous rentrons dans la forêt en suivant les marques de peinture jaune sur les arbres et des panonceaux indiquant la « Route forestière du Pla del Bosc » toujours agrémentés de la mention P.R.31. Ce P.R.31 est semble t-il le fil conducteur. Le balisage est bien présent et la marche s’effectue sans difficulté et sans nécessité de garder le G.P.S allumé. Le chemin s’élève prestement mais c’est normal si je me fie à mon bout de carte car nous cheminons le Serrat de la Cornera. Le chemin alterne les sous-bois forestiers, quelques clairières et de rares passages au milieu de gros rocs de granit. Les ouvertures sont quasiment absentes et de ce fait, les seuls arrêts que je m’octroie sont réservés aux photos de quelques fleurs. Si les rhododendrons sont bien présents, ici c’est par miracle que j’en trouve un encore un peu fleuri. Ça sera le seul malgré l’attention que je porte à tenter d’en découvrir d’autres. Ne me demander pas pourquoi, mais je pense que début août c’est déjà bien trop tard.  Après une dernière montée au milieu de grands résineux semblant avoir soufferts d’une vieille tempête, quelques vues s’entrouvrent sur quelques hauts magmas rocheux. En contrebas, on entend chanter un petit torrent. C’est toujours le Rec del Cirerol, celui là même que nous avons enjambé au départ de Rieutort. Le chemin finit par déboucher sur  la « Route forestière du Pla del Bosc » à 1.890 m d’altitude. C’est le point culminant matérialisé ici par un magnifique petit plan d’eau aux eaux cristallines et dont le tour offre quelques panoramas lointains sur le Capcir et vers la Cerdagne. On s’y repose une bonne demi-heure et si à la première vision de cette mare limpide, j’ai aussitôt eu dans la tête l’envie d’y piquer une tête voire plus simplement de m’y rafraîchir, les panneaux d’interdiction conjugués à la présence d’un agent de l’O.N.F m’en ont rapidement dissuadé. A l’extrémité du plan d’eau, côté est, un panonceau propose le retour vers Rieutort : « Riutort – 3,4 km – P.R.31 ». Il suffit de suivre cette direction et de ne plus quitter le sentier le plus évident. Balisé également en jaune, il s’élève au milieu des pins à crochets presque au plus haut de la crête, coupe une petite clairière herbeuse, s’enfonce à nouveau en forêt, file en balcon offrant quelques vues sublimes sur la Vallée de l’Aude et les belles forêts du Capcir et retrouve l’itinéraire pris à l’aller. Nous aurons le bonheur d’y surprendre un jeune chevreuil et la chance incroyable qu’il figure sur une photo que j’ai prise à la volée dans un sombre sous-bois. On retrouve les chalets du haut de la rue des Ecureuils puis le fameux sentier qui descend rudement dans la forêt. Il atterrit sur une piste forestière où se dévoilent les plus beaux panoramas de la journée : vue plongeante vers Rieutort et ses vertes prairies, vue lointaine sur le lac de Puyvalador, le Massif du Madres et le pic de la Pelade, autant de beaux et bons souvenirs d’autres merveilleuses randonnées. Au bout de cette piste, on retrouve la route menant à la station de ski et le parcours pris à l’aller. Il nous amène tout doux à Rieutort en 40 minutes. J’aurais bien voulu saluer Sia et Alexandre mais apparemment ils n’étaient pas au gîte, alors nous nous sommes « vengés » en allant cueillir quelques grosses framboises bien mûres. Elles étaient légions tout au long du Cirerol. Est-ce logique ou pas ? Je ne sais pas car je me suis laissé dire que les « cirerols » seraient des petits fruits ronds et rouges ressemblant à des cerises. Peut-être le fruit du merisier. A vérifier !  Carte IGN 3540 OT Top 25. Variante : si à partir du plan d'eau, vous ne souhaitez pas revenir par le Serrat de la Cornera et la station de Puyvalador, il y a la possibilité d'emprunter la piste forestière qui se trouve en contrebas. Elle fait une large boucle autour de la station de ski puis retourne à Rieutort par le Bac Extremer.

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  • LE SENTIER DE LA ROCHAILLE depuis Meyronnes... par jullie68

    Diaporama sur la musique "A Life More Meaningful" d'Underpass

    Le Sentier de Découverte de La Rochaille (1.931 m) depuis Meyronnes (1.526 m)

    Le Sentier de Découverte de La Rochaille (1.931 m) depuis Meyronnes (1.526 m)

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    Ici dans la Vallée de l’Ubaye, un slogan publicitaire sur un dépliant dit « Tout est permis sauf l’ennui » et autant le reconnaître, il n’y a pas eu un jour où nous nous sommes ennuyés. La Vallée de l’Ubaye, c’est un grand éventail…..ça c’est de moi. Un éventail de purs bonheurs, un éventail de découvertes. Aujourd’hui, avant dernier jour des vacances, retour vers le vallon de l’Ubayette et plus précisément vers Meyronnes et Saint-Ours où nous avons prévu une balade intitulée « le Sentier de découverte de la Rochaille ».  Les vacances tirent à leur fin mais nous n’allons pas nous plaindre car hors mis hier, nous n’avons eu que des journées exceptionnellement ensoleillées. Si je parle d’exceptions c’est parce qu’en montagne, les nuages sont parfois capricieux et peuvent rapidement gâcher une sortie surtout quand les orages décident d’être de la partie. Hier matin, nous avons connu nos premières ondées heureusement très éphémères et comme nous avions prévu une visite de Barcelonnette puis une longue virée en voiture vers le Parc National des Ecrins et le barrage de Serre-Ponçon, elles n’ont pas eu le temps de perturber nos projets. Aujourd’hui, le ciel est redevenu bleu et le soleil est déjà très présent quand nous prenons une fois encore la direction du col de Larche. Cette randonnée est avant tout gastronomique car c’est le serviable Jean-Charles, notre gentil proprio qui nous a conseillé d’aller manger à Saint-Ours. Il nous a décrit une cuisine familiale toujours copieuse mais d’excellente qualité en rajoutant que nous n’aurons aucun mal à trouver une randonnée à notre goût dans le secteur. Comme en randonnée, je n’aime pas trop les « surprises », hier soir j’ai regardé sur le Net et j’ai trouvé ce « Sentier de découverte de la Rochaille », boucle ô combien pittoresque et surtout ô combien différente des Lacs de la Cayolle et du Vallon du Lauzanier découverts précédemment.  Décors bien différents, distance à parcourir, dénivelé à gravir et temps de marche, tout m’a paru convenable et ces quelques critères devraient convenir à deux estomacs qui ne manqueront pas d’être bien pleins après un déjeuner gastronomique, l’essentiel étant de ne pas confondre « gastronomique » avec «astronomique ». Dans le pire des cas, il faudrait sans doute annuler la découverte de cette fameuse Rochaille. Seul gros bémol, quand nous arrivons à Saint-Ours, il est à peine 11 heures. Après une rapide visite du joli hameau très fleuri, Dany part se renseigner pour savoir à partir de quelle heure nous pouvons déjeuner. Que se passe-t-il au juste ? Je ne sais pas. Mais elle affirme avoir été reçue « comme un chien dans un jeu de quilles » par la patronne. En ressortant du restaurant, elle ne décolère pas et part vers la voiture en pestant et en répétant « je ne risque pas de manger ici ! ». Elle a toujours eu du mal à accepter que des commerçants ne le soient pas, « commerciaux», c'est-à-dire accueillants et souriants. J’ai beau tenté de la raisonner, de lui dire que ce n’est qu’une anecdote insignifiante, qu’il ne faut pas se fier aux premiers abords, rien n’y fait et me voilà contraint de changer tous mes plans. J’avais prévu de faire de Saint-Ours la ligne de départ de la balade après le déjeuner, et me voilà bien embêté. Un coup d’œil sur un plan grossier que j’ai dessiné de la rando car je n’avais pas d’imprimante dans le mobil home et je constate qu’un départ de Meyronnes est possible voire même préférable, reste à savoir s’il y a un resto là-bas. Nous quittons Saint-Ours pour redescendre dans la vallée. A Meyronnes, il y a bien un resto, italien, intitulé « Mare et Monti » et dans lequel nous sommes de surcroît accueillis très chaleureusement par une patronne à la fois très jolie et très souriante, ce qui ne gâche rien et fait oublier à Dany ses déboires antérieurs.  Comme la qualité culinaire est à la même hauteur que tout le reste, ce sont avec les palais comblés et les estomacs bien rassasiés que nous démarrons la balade une heure et demie plus tard. L’itinéraire démarre à droite du restaurant et comme les panonceaux sont bien présents, la suite devient assez facile. S’agissant d’une boucle, une seule hésitation néanmoins, il faut immédiatement faire le choix du sens dans lequel nous souhaitons la faire. Par bonheur, j’ai un peu étudié le parcours et dans ma tête, le choix est déjà fait. Je choisis Saint-Ours plutôt que La Rochaille, à cause du dénivelé qui me paraît plus doux et qui s’effectue en de amples lacets facilitant son ascension.  Personnellement, j’oublie très vite cette déclivité car une fois encore la flore et la faune y sont exceptionnelles. Comment vous dire ? Comment vous décrire ce que je vois ? Les champs, les prés traversés le plus souvent encadrés de haies sont des herbiers et des bestiaires grandeur nature. Chaque pas ou presque est une découverte nouvelle. Si au Lauzanier et aux Lacs de La Cayolle, la flore et la faune se découvraient régulièrement au fil des pas, ici c’est un concentré de nature à chaque foulée : les fleurs bigarrées et dissemblables y sont légions sur quelques mètres carrés, les papillons  et les oiseaux différents y batifolent en grand nombre et il va en être presque ainsi jusqu’à atteindre la forêt domaniale de la Rochaille. Le hameau de Saint-Ours  ayant déjà été visité, nous en faisons l’impasse et poursuivons tout droit le large chemin filant vers la Rochaille. Autant l’avouer, quand on regarde cette montagne de loin, et notamment depuis le bas de la vallée de l’Ubayette, c'est-à-dire depuis Meyronnes, on ne peut s’empêcher d’être très perplexe voire quelque peu hésitant à aller l’affronter, autre raison pour laquelle j’ai également choisi de faire la boucle dans ce sens. Malgré tout les interrogations demeurent. Par endroits très rocailleuse, elle en porte le patronyme de « Rochaille », mais surtout très boisée et très abrupte, cette montagne paraît impraticable et de nombreuses questions surgissent : comment va-t-on la traverser et si oui, comment en revenir ? Est-il possible de redescendre de là-haut sans trop de difficultés ? D’ici, après Saint-Ours, ces questions restent toujours aussi présentes même si l’approche de la montagne ouvre peu à peu de larges éventails de confiance et ôte les appréhensions les unes après les autres. Alors bien évidemment, comme dans toutes les randonnées alambiquées et à flanc de montagne, la prudence reste de mise. Pour l’instant le chemin est bon et comme les panoramas sont grandioses, on oublie l’objectif et ses éventuelles difficultés. Tout en montant, notre attention est constamment en éveil. Quand ce ne sont pas les fleurs, les oiseaux ou les papillons, c'est un chat qui joue au chasseur dans un pré, plus loin ce sont les ruines de Fontvive ou bien un troupeau de moutons enfermé dans un enclos précaire. Peu après, c’est Saint-Ours et ses montagnes incroyablement arides et déchiquetées dominant le hameau qui attirent le regard et laissent songeur. Un bouquetin surgit des rochers et nous laisse une vision bien trop fugace. Au fur et à mesure que l’on avance,  la météo se fait moins bonne, les nuages plus nombreux et le ciel moins lumineux mais aucun risque de pluie en perspective et cela suffit à notre bonheur. Au lieu-dit la Serre de la Safrière, un premier panneau ludique explique la vie agricole et l’exode rural au temps jadis. Le chemin file tout droit en balcon au dessus d’un profond ravin : c’est celui du « Torrent de Bouchiers », alimenté par d’autres ruisseaux qu’ici on appelle « riou » : Riou de la Combe du Loup, Riou de Gascon notamment. Ensuite, le chemin perd peu à peu de sa rectitude en suivant les contours des premiers contreforts de la montagne. Il s’élève un peu, devient plus rocailleux, tourne en épousant ces mêmes contreforts, traverse quelques « rious » asséchés et caillouteux, quelques jolies clairières verdoyantes et débouche sur d’anciens prés de fauche se terminant au sommet d’un promontoire au dessus de lieu-dit « les Granges des Gascons », vaste ruine d’une grande bâtisse que l’on aperçoit en contrebas. Un deuxième panneau en explique la vie au 19eme siècle, celle d’une unique famille dont l’un des enfants est parti s’enrichir au Mexique avant de revenir au pays fortuné comme Crésus. Les superbes villas mexicaines de Barcelonnette sont les preuves de ces réussites. Certaines de ces maisons sont classées Monument Historique. Les explications se terminent par l’enjeu stratégique que ce lieu a eu pendant la 2eme guerre mondiale. Le chemin toujours en balcon continue d’épouser la montagne et ses ravines. Certains tronçons à flancs de montagne ont été creusés dans le flysch même des falaises. Quelques boqueteaux de feuillus présagent de la forêt désormais toute proche. A l’approche du grand ravin que l’on dominait, le large chemin devient petit sentier. Le « V » que le ravin forme à cet endroit laisse apparaître la Vallée de l’Ubayette dans toute sa splendeur, largeur et profondeur. Dans cet ample décor entouré de hautes montagnes très arides ou très boisées selon si elles se trouvent à l’adret ou à l’ubac du vallon, Meyronnes et Saint-Ours apparaissent désormais minuscules. Le ravin où s’écoule un large filet d’eau est finalement enjambé et l’on entre de pleins pieds dans la forêt domaniale dont on apprend sur un autre panneau qu’elle est entièrement artificielle et a été plantée de toutes pièces par des hommes au prix d’incommensurables efforts. En 1886, l’Etat avait acheté 214 ha pour effectuer ses travaux de plantations. Le récit de ces reboisements dignes de véritables "travaux forcés" est à peine croyable et je ne peux m’empêcher de penser que c’est grâce à tous ces hommes que nous pouvons cheminer cette belle forêt pour notre seul plaisir. Qu’ils en soient remerciés. Les panneaux explicatifs vont se succéder faisant référence à l’important patrimoine militaire de ce secteur, à la forêt et aux arbres qui la composent puis à la géologie de la Rochaille. Le sentier tout en balcon continue d’offrir d’extraordinaires vues aériennes sur la Vallée de l’Ubayette. En face, de l’autre côté de la vallée, je note cependant qu’une immense partie de la forêt de résineux est de couleur rousse comme si tous les grands conifères avaient séchés sur pied. Je n’en connais pas la raison mais ce phénomène me paraît inquiétant car je l’ai également aperçu dans bien d’autres coins du département. J’y découvre aussi le Grand Fort de Roche la Croix, vestige de la célèbre ligne Maginot. Au lieu-dit la Serre La Plate, on découvre un blockhaus, autre vestige de la célèbre ligne militaire de défense, puis c’est une cabane forestière et enfin le Belvédère du Pinas avec son époustouflant point de vue dominant la partie de la Rochaille inaccessible mais offrant aussi d’incroyables panoramas sur les montagnes opposées et des vues plongeantes sur la belle Vallée de l’Ubaye.  La descente commence ici, juste après le point de vue. Elle va être très longue car conçue en d’innombrables lacets qui se faufilent entre les pins noirs d’Autriche, les pins sylvestres, les mélèzes et quelques étonnants cytises aux merveilleuses grappes de fleurs d’un jaune flamboyant. En définitive, cette descente s’avère beaucoup moins périlleuse que dans notre imagination. Hors mis quelques courts tronçons nécessitant une grande prudence, le sentier tout en sous-bois est plutôt bon et pas vraiment accidenté, les arbres constituant la plupart du temps des garde-fous presque naturels.  Depuis le point de vue, nous mettons tout de même 40 minutes pour sortir de la forêt et encore 20 minutes de plus pour rejoindre Meyronnes. Avant d’atteindre le village, on finit par enjamber une dernière fois un ruisseau presque asséché où des gabions on été élevés pour freiner les sautes humeurs du torrent. La balade a été belle, enrichissante et mon appareil photo a encore engrangé une quantité phénoménale de fleurs et quelques exemplaires de la faune locale dont quelques oiseaux et papillons. Seuls mammifères aperçus, mais c’est déjà beaucoup, une étagne, femelle du bouquetin et un petit écureuil roux. Telle qu’expliqué ici, ce « Sentier de Découverte de La Rochaille » serait long de 9,1 km pour un dénivelé de 527 m, renseignements recueillis sur un remarquable site Internet consacré aux randonnées dans le Mercantour dont voici le lien. Désolé de ne pas vous en dire plus mais je n’avais pas de GPS ce jour-là pour enregistrer des données plus précises. Carte IGN 3538 ET Aiguille de Chambeyron – Cols de Larche et de Vars - Top 25.

     


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  • LE VALLON et le LAC du LAUZANIER depuis Larche... par jullie68

    Diaporama sur la musique "Forever In My Heart" d'Azaleh

    Le Vallon et le lac du Lauzanier (2.284 m) depuis Larche (Le Pont Rouge - 1.907 m)

    Le Vallon et le lac du Lauzanier (2.284 m) depuis Larche (Le Pont Rouge - 1.907 m)


     

    Pour cette deuxième randonnée de nos vacances, nous avons jeté notre dévolu sur le Vallon et le lac du Lauzanier. Le Vallon du Lauzanier, ancienne auge glaciaire, haut-lieu de l’agropastoralisme alpin et de la botanique mondiale, a été classé Réserve Naturelle dès 1936, puis a été rattaché au Parc National du Mercantour en 1979. C’est donc un véritable joyau de la nature que nous partons découvrir. Un joyau que les anciens avaient pris l’habitude de surnommé « la Mer du Lauzanier », à cause des chardons bleus s’étalant sur les flancs de la vallée et sur des dizaines d’hectares. Ces mêmes magnifiques chardons bleus, en réalité des panicauts, auxquels les botanistes du 19eme siècle avaient donné le nom de « Reine des Alpes » à cause de leur beauté. Après les Lacs de la Cayolle et ses décors plutôt pelés et pierreux, mais par bonheur constellés de plusieurs lacs bleutés et de névés bien blancs, aller découvrir le Lauzanier, c’était d’abord faire le choix de la verdure et de la fraîcheur. La fraîcheur, elle arrive principalement du milieu du vallon où s’écoule la rivière Ubayette, affluent majeur de l’Ubaye. La verdure, elle, est le prolongement naturel de cette hygrométrie ambiante et constante. Anciennes prairies de fauche, pelouses verdoyantes, boqueteaux de divers feuillus (magnifiques en automne paraît-il !), tourbières et roselières, sombres forêts de résineux, flore des champs, des pelouses et des rocailles, ici la verdure, on la découvre dans tous ses états. Une faune extraordinaire s’y complait. Le  départ s’effectue à partir du lieu-dit «le  Pont Rouge » que l’on peut rejoindre de deux manières depuis la D.900 : soit à pied depuis le col de Larche, col frontière avec l’Italie soit en voiture depuis le hameau de Larche, en empruntant une petite route qui file parallèle à l’Ubayette et sur sa rive gauche. Elle est à main droite quand on arrive de Meyronnes et de Barcelonnette. Cette étroite route est commune avec les sentiers de grandes randonnées G.R 5 et G.R 56. Au plus fort de l’été et de la fréquentation, un service de navettes devient obligatoire car les croisements deviennent compliqués. A « Pont Rouge », un parking bien aménagé accueille les véhicules. Dès qu’on pose le pied hors de la voiture et grâce à une météo toujours aussi resplendissante, Dany et moi restons ébahis par la somptuosité et la vitalité du lieu. L’Ubayette qui s’écoule à quelques mètres du parking et les marmottes qui courent dans tous les sens ne sont pas étrangères à cet émerveillement. Mais à y regarder de plus près, il n’y a pas que la rivière et les marmottes et c’est tout un ensemble d’une parfaite harmonie qui engendre ce sentiment d’enchantement et de bien-être. Force est de reconnaître que l’envie de marcher s’installe sans problème et le naturaliste et photographe amateur que je suis a déjà des fourmis dans les jambes. Le départ est néanmoins ralenti par quelques panneaux explicatifs permettant une meilleure connaissance de ce site naturel extraordinaire. Il y a également quelques tables de lecture dont on note quelles sont conçues pour les non et malvoyants. Tout en se disant que l’initiative de la création d’un sentier pour les personnes en situation d’handicap est formidable, on prend conscience du bonheur extrême d’avoir une bonne vue et d’être debout sur ses deux jambes. Le départ est lancé et comme le chemin est plutôt plat, Dany est partie dans une cadence assez soutenue. Bien évidemment, elle peste déjà de me voir à la traîne à cause des nombreuses photos qui m’arrêtent à tout bout de champ, mais si j’en suis conscient, je sais déjà que tous les clichés que je prends seront autant de souvenirs que j’aurais plaisir à revoir plus tard. Comme je le dis souvent, en randonnée, mon appareil photo, c’est le meilleur des cerveaux que je connaisse. Un cerveau supplémentaire qui a de la mémoire, la vue et parfois même le son quand il fait « vidéo ».  Je ne connais pas de meilleure façon de bien se souvenir d’une randonnée que de regarder des photos ou un film d’elle et comme pour moi, elle ne se résume pas à la seule action de marcher, j’aime autant flâner qu’oublier une « découverte » en chemin. Paysages, fleurs, oiseaux, papillons, insectes et animaux divers et variés, tous ces souvenirs ressurgiront sans trop d’efforts et à chaque fois que nous aurons envie de visionner le diaporama que je ne manquerais pas de réaliser avec tous ces clichés. Le botaniste qui sommeille en moi le reste du temps, aujourd’hui il ne dort pas mais il n’a pas envie de speeder non plus.  L’élévation est modérée mais réelle et les décors changent avec la même douceur. Ils deviennent plus montagnards quand le large chemin très praticable devient petit sentier terreux et caillouteux. En réalité, le sentier se rétrécit au même rythme que l’Ubayette. La rivière tranquille et circulant en méandres au plus plat de la vallée a laissé la place à un large et fougueux torrent puis à un étroit ruisseau trouvant son chemin entre les rochers et descendant en cascade dans des bouillons écumeux. Si au départ la rivière était le terrain de jeu de nombreuses bergeronnettes, l’altitude semble les rebuter. Depuis le départ, quelques cabanes pastorales et quelques granges plus ou moins rustiques jalonnent l’itinéraire. Certaines d’entre-elles, élevées essentiellement en pierres, sont carrément enfouies sous terre et seule leur façade et l’entrée restent visibles.  Recouvertes parfois d’herbes, de plantes ou bien de fleurs, certaines semblent sortir tout droit du film « Le Hobbit ». Tout en montant, le chemin s’est quelque peu rétréci, les photos à prendre, elles, ne diminuent pas pour autant. De nouvelles fleurs s’ajoutent à celles déjà vues depuis le départ. D’autres disparaissent avec l’altitude. Certaines ne sont visibles que dans un biotope bien déterminé. Pour d’autres, il me faut parfois sortir du chemin pour les voir et les photographier de plus près. C’est le cas, de la très rare « Reine des neiges ». Les marmottes sont toujours aussi nombreuses. Avec l’altitude, les pinsons et les mésanges ont laissé la place aux Traquets motteux et à quelques Venturons montagnards. Les traquets s’égayent sur les roches et les venturons semblent se complaire dans l’herbe. D’autres oiseaux sont plus craintifs ou discrets et ne se laissent pas photographier facilement. C’est le cas de certains rapaces ou corvidés que je ne pourrais jamais photographier correctement en raison de la distance qui m’en sépare. Le sentier continue de grimper, plus ou moins large selon la minéralité qui l’entoure. Certains portions sont dallées de grandes pierres plates et d’autres, plus nombreuses ont été aménagées en escaliers, avec des traverses en bois qui retiennent la terre. De nombreuses passerelles permettent d’enjamber les innombrables ruisseaux qui descendent de tous les versants de la montagne. Certains sont de minuscules sillons, d’autres ressemblent à des tranchées plus profondes, d’autres à des « voiles de mariées » guère impressionnants car ruisselant sur la terre. Plus rares et plus belles sont celles qui tombent de très haut en cascade. Ici, l’eau est le dénominateur commun et la source de toute vie. Tous ces ruisseaux et torrents se rejoignent dans l’Ubayette. Afin de préserver la flore, la faune dans cette géologie assez altérable, des panonceaux indiquent qu’il ne faut pas sortir du sentier. Après une « bonne » montée en espaliers mais sur un sol quelque fois « casse-pattes », le sentier atteint un collet verdoyant car herbeux puis bascule dans un cirque grandiose au fond duquel le lac bleuté du Lauzanier resplendit majestueusement. Les hauts sommets qui l’entourent s’y reflètent comme dans un miroir puis s’y engloutissent dans de liquoreuses arabesques au fur et à mesure que l’on s’approche de ses rives aux eaux si limpides. Nous y restons plus d’une heure et demi à pique-niquer et Dany à se reposer pendant que je pars à sa découverte en tentant vainement d’en faire le tour. Si le tour paraît  possible, en arrivant au plus haut du déversoir, je prends bien vite conscience que je ne pourrais le faire qu’au prix d’un bain de pied très rafraîchissant pour enjamber les tourbières et les multiples rus dégoulinant à qui mieux mieux.  Pour quel résultat de plus ? La seule moitié droite du lac m’a déjà permis de photographier de nombreuses fleurs nouvelles, une quantité incroyable de papillons, des têtards et des alevins venant trouver refuge dans les minuscules anses creusées dans les berges. A mon approche, tous ces vairons s’éloignent de la rive, serrés les uns aux autres comme des sardines, mais ils stoppent aussitôt quand la profondeur du lac devient bien trop risquée. Avec la crainte de ma présence,  je sens bien qu’ils sont désorientés et perplexes, entre revenir vers la berge, gage de sécurité et la profondeur du lac où des prédateurs les guettent pour les dévorer. Ils le savent. Les prédateurs ont pour nom « truites fario ». J’en ai aperçu une assez « saisissante » par sa taille mais sans pouvoir la saisir en photo. Je m’éloigne de la rive et les vairons reviennent en banc serré et dans un même élan. Je fais demi-tour, direction l’aval du lac où Dany m’attend mais en évitant de repasser par le même sentier pris initialement. Quelques trouvailles nouvelles viennent s’ajouter dans la mémoire de mon appareil photo et notamment toute une série de pensées sauvages aux couleurs si variées. Nous repartons, direction, la petite chapelle qu’ils nous restent à visiter. Perchée sur un mamelon dominant le lac et blottie au milieu d’innombrables « Chénopodes Bon-Henri » dont se régalent les marmottes, la petite chapelle Notre-Dame des Lumières est jolie mais son intérieur a des airs de capharnaüm, de dépotoir, de refuge non gardé, de lieu saint et à cause d’une collection impressionnante de cailloux, ressemble même à la tanière d’un géologue un peu fou. Tout ça en même temps. Seul un plafond gracieusement peint d’un ciel bleu marine rempli d’étoiles jaunes marque les esprits. Il est temps de faire demi-tour et force est de reconnaître que le Vallon du Lauzanier est aussi beau dans un sens que dans l’autre. On ne se lasse pas de ses courbes douces et verdoyantes, de ses paysages de montagne qui sont autant d’invitations à partir en tous sens à leurs découvertes. Il y a toujours quelque chose à voir ou à découvrir au Vallon du Lauzanier et quand on oublie les fleurs, les traquets et les marmottes c’est parce que quelques chamois gambadent dans les pelouses d’altitude. Quand ce n’est pas les chamois, c’est un gentil baudet qui surgit du décor accompagné de ses âniers. Quand ce n’est pas un âne c’est un troupeau de moutons dont les circonvolutions champêtres sont surveillées « comme le lait sur le feu » par un berger et ses chiens. Telle qu’expliquée ici et depuis le Pont Rouge (1.907 m), la balade aller et retour jusqu’au lac du Lauzanier (2.284 m) est longue de 9 km à 10 km environ. La déclivité jusqu’au lac est donc de 377 mètres. Le temps que nous avons mis pour la réaliser n’étant pas significatif, il ne me paraît pas utile de le mentionner mais sachez que le panonceau au départ de « Pont Rouge  donne le lac « réalisable » en 1h45. Comptez donc un peu moins du double pour l’aller et le retour, soit 3h environ si vous ne flânez pas. Carte IGN 3538 ET Aiguille de Chambeyron - Cols de Larche et de Vars - Top 25.

     


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  • LES LACS DE LA CAYOLLE depuis le col de La Cayolle par jullie68

    Diaporama sur les musiques " Premium", "Bénignité", "Apesanteur" et "Céleste" de Dominique Arca,

    extraites de son album "Un Monde Magique"

    Les Lacs de la Cayolle (2.653 m) depuis le col de la Cayolle (2.326 m)

    Les Lacs de la Cayolle (2.653 m) depuis le col de la Cayolle (2.326 m)


     

    Avant de développer cette randonnée alpine aux Lacs de la Cayolle, laissez moi vous conter comment tout ça a été possible. Je ne sais pas vous, mais moi, quand je m’apprête à partir en vacances, j’ai des rêves plein la tête et de surcroît quand je dois partir dans une région que je ne connais pas. Et comme cette année, nous avions choisi les Alpes, bien évidemment, je rêvais de randonnées pédestres, en m’imaginant découvrir un tas de choses inédites ; paysages et panoramas nouveaux, fleurs inconnues, animaux jamais vus, voilà quels étaient mes rêves les plus fréquents. Plus la date du départ se rapprochait et plus j’étais impatient. Pour Dany, son rêve était déjà en partie réalisé puisque c’est elle qui avait défini les grandes lignes de ce séjour : partir dans les Alpes, dans un mobile home ou dans un bungalow de préférence, surtout pas dans un camping et plutôt retiré dans la nature si le choix nous était offert. Il y a 20 ans en arrière, un tel défi aurait été impossible à solutionner mais de nos jours et avec Internet, il a suffit de quelques clics sur Google pour pouvoir satisfaire le songe de Dany. Le bonheur en question était situé aux alentours de Barcelonnette, dans cette merveilleuse Vallée de l’Ubaye et qui plus est replié dans la campagne et sur le vaste terrain d’un couple d’une grande gentillesse et serviabilité.  Il s’agissait d’un mobile home blotti sous une pinède mais avec une belle terrasse embrassant les prairies et les montagnes environnantes. Le logement était un peu spartiate et un peu frais la nuit mais il y avait tout ce qu’il fallait et en tous cas, il n’y avait rien qui ne puisse trouver une solution très facilement. Pour la fraîcheur nocturne, une bonne couette et le tour était joué. Pour le reste, il y avait tout ce qu’il fallait et quand ce n’était pas le cas, Internet par exemple, le proprio se mettait en quatre pour nous satisfaire. Ça convenait à Dany et c’était là l’essentiel. Son rêve s’était réalisé et il ne restait plus qu’à résoudre ceux qui nous étaient communs à savoir les longues virées en voiture et les randonnées en montagne. Pour la première balade en montagne, ce fut chose faite dès le lendemain avec cette « époustouflante » randonnée pédestre aux Lacs de la Cayolle dont je vous fais ici le récit. C’est sous un ciel pur et bleu et un grand soleil que nous quittons Saint-Pons et plus spécialement le lieu-dit la Farrière. Nous filons vers Barcelonnette et prenons la route des Gorges du Bachelard, direction le col de la Cayolle. Il s’agit de la D.902, route ô combien somptueuse, excessivement sinueuse, étroite et encaissée par endroits et boisée sur une immense partie du parcours. Elle est si belle que les arrêts se multiplient et sont autant d’occasion d’en prendre plein les mirettes. A ce rythme-là, la randonnée n’est pas prête de démarrer ! On décide de ne plus s’arrêter et d’en garder pour le retour mais voilà qu’un chamois déambulant dans des pierriers nous arrête déjà. Plus haut, ce sont de grands rapaces planant dans un ciel azur et au dessus des crêtes dénudées de très hauts sommets. On se dit que toutes ces visions sont peut être le reflet de ce qui nous attend. Les journées d’été sont longues, rien ne presse et tout se déroule pour le mieux. Sauf, qu’à l’instant où l’on s’y attend le moins et dans un sombre sous-bois, une grosse boule de poils sautant d’un talus vient se jeter sous la roue avant droite de notre voiture. Le choc est inévitable et je comprends très vite qu’un petit animal a fait les frais de ce télescopage. Je stoppe et effectivement, j’aperçois dans le rétroviseur, une boule de poils gisant 15 mètres derrière la voiture. Comme sous les grands sapins la clarté n’est pas géniale, je pense immédiatement à un marcassin voire à un gros rongeur du style blaireau ou fouine mais non, il s’agit bien d’une marmotte qui agonise et arrête de respirer à l’instant même où je la prends dans mes bras. Dany se fout à chialer et moi, je suis atterré de n’avoir pas pu éviter cette collision et d’avoir tuer cette pauvre bestiole. Nous déposons l’animal en contrebas de la route et continuons très attristés vers le col de la Cayolle. Cet instant très pénible reste dans nos têtes et nous ne parlons plus que de ça. Cette journée dont on attendait beaucoup est déjà bien gâchée. La forêt a laissé la place aux pelouses et désormais, on aperçoit quantité de marmottes sur les bas-côtés. Je redouble de vigilance car certaines traversent la route nonchalamment. Après un bref arrêt au refuge de la Cayolle car nous pensons que le départ de la randonnée se trouve là, nous poursuivons vers le col, désormais tout proche. Nous y voilà et comment ne pas comprendre que le départ vers les lacs ne peut être que là. Parking bondé de voitures, touristes, motards et cyclistes en quantité et surtout un grand nombre de randonneurs harnachés de leurs sacs à dos déambulent dans tous les sens. Nous endossons nos propres sacs et il suffit de quelques minutes, pour trouver l’itinéraire filant vers les lacs. Il est situé au bas du parking et à gauche de la route, à une centaine de mètres de la borne matérialisant le col à 2.326 m d’altitude. Nous voilà partis dans les pelouses verdoyantes sur un sentier s’élevant doucement mais sûrement au milieu de quelques rares névés. Les marmottes y gambadent en quantité et cela rajoute à notre tristesse de les voir si confiantes vis-à-vis de l’être humain. Moi, je flâne déjà comme jamais, absorbé dans mon plaisir de la photographie. Ici, des fleurs d’une infinie variété poussent en grand nombre et comme la plupart sont très nouvelles pour moi, pas question d’en oublier une pour mon herbier photographique. Dany, elle, a déjà pris son rythme de croisière et elle peste assez souvent de me voir déjà si loin derrière elle. Mais tant pis, pas question de passer à côté de la minuscule fleur inconnue, pas question d’oublier la petite fleur qui se cache au cœur de la pelouse ou blottie à l’ombre d’un rocher. Ma crainte est d’en oublier une et je me dis que si c’est le cas, il y a de forte chance que ce soit la plus rare, la moins visible. Je suis sidéré par exemple par les pensées sauvages et par le nombre de variétés et de couleurs qu’il peut y avoir.  Un premier petit lac apparaît et entre lacs et petites « mares » formées par la fonte des névés, je vais en dénombrer une bonne dizaine au cours de la journée. La balade s’appelle les « Lacs de la Cayolle » et sur la carte I.G.N, seuls les lacs les plus importants ont un nom : Petite Cayolle, Garrets et Allos. La pente s’accentue dans des décors de plus en plus minéraux, mais même dans les pierriers, quantité de fleurs sont encore présentes. Sur les plus gros rochers, quelques Traquets motteux, chantent comme des « castafiores ». Le col de la Petite Cayolle se rapproche très vite mais le terrain devient plus pentu, et à quelques mètres seulement de ce principal palier, une longue nappe de glace ralentit notre allure. Pour se sécuriser, certains passages nécessitent de mettre les mains. Dany, elle, se fait aider. Pendant que je la soutiens en la poussant par les fesses, l’animateur d’un groupe de randonneurs lui tend la main pour la hisser. Tout le monde a réussi à passer ce gros névé sans encombre et nous voilà désormais sur cette étroite plateforme constituant le col. Ici, commence un grand spectacle avec le lac éponyme en contrebas et des vues grandioses quasiment de tous côtés. Le groupe s’en va et comme il est déjà midi, nous décidons de pique-niquer dans ce décor fabuleux où seules l’eau et les pierres semblent régner en maîtres. Enfin, ça, c’est ce que pourrait penser l’être humain indifférent aux petites choses de la nature car à y regarder de bien plus près, les fleurs sont toujours là, minuscules bouquets de couleurs différentes émergeant de la caillasse on ne sait trop comment. Il y a des Tabourets roses, des Gentianes bleues, des Renoncules blanches ou jaunes et bien d’autres encore dont de nombreuses me sont totalement inconnues. Le sentier se poursuit vers le lac des Garrets en filant à flanc d’une immense pierrier mais très  paradoxalement, il est plutôt plat et bon.  Petit miroir bleuté dans une cuvette essentiellement minérale, le lac des Garrets est une merveille comme l'était celui de la Petite Cayolle. Autour de lui, d’étincelants névés continuent de fondre et comme par miracle, la blancheur de la glace se transforme en une eau couleur d’azur. Tout autour, ce ne sont qu'immenses éboulis ou bien des crêtes offrant des panoramas majestueux et des vues incroyables sur des hauts sommets aguichants tel celui du Mont Pelat culminant à 3.050 m.  Les décors se suivent et se ressemblent et pourtant, nous y restons constamment scotchés. Il faut dire que les marmottes sont toujours là, plus rares mais plus pelucheuses et plus massives, sans doute à cause du froid plus cinglant régnant à ces altitudes. Pour couronner le tout, trois bouquetins viennent s’immiscer au spectacle. L’itinéraire se poursuit vers le Pas de Lausson, quelque peu bosselé mais assez facile à cheminer et toujours aussi agréable car toujours sur la crête. Ce « pas » est une intersection de sentiers et c’est là que nous devons entreprendre le retour vers le col de la Cayolle, mais sur les recommandations d’un groupe de randonneurs, nous poursuivons tout droit car à quelques mètres seulement, il y aurait, parait-il, une vue exceptionnelle et plongeante sur le lac d’Allos. Nous voilà donc partis pour ce court aller retour en compagnie du groupe en question et effectivement, quel dommage si nous avions loupé cette vue aérienne sur ce superbe lac, beaucoup plus grand que tous ceux aperçus jusqu’à présent. Selon un petit topo-guide que j'ai sur moi et que j'ai trouvé dans le mobile home, à cette altitude, le lac d’Allos serait le plus grand lac naturel d’Europe. Tout le monde multiplie les photos de ce cirque glaciaire et certains parlent même d'y descendre. Nous ne l’envisageons pas une seule seconde, d’abord parce que notre propre itinéraire est loin d’être terminé et qu’ensuite, le ciel n’a plus la même pureté que lors du départ, quelques nuages s’étant déjà invités.  Nous revenons sur nos pas et au Pas de Lausson, nous entamons la descente, peu évidente car plutôt abrupte. Un grand névé obstrue le sentier et voyant qu’un groupe est parti s’y empêtrer, nous choisissons l’option de couper tout droit et entamons la descente en avançant accroupis sur nos fesses. Comme un seul homme, tous les randonneurs nous suivent et font de même. En quelques secondes et sans trop de risques, nous avons rejoint la partie praticable du sentier. Toujours captivé et distrait par un nombre incalculable de fleurs nouvelles, je laisse passer le gros de la troupe. Dany fait de même et m’attends car au regard du terrain, tout à flanc de montagne et encombrer de multiples éboulis, elle a aussitôt compris que le retour ne serait pas une sinécure. Effectivement, cette partie est la moins facile et nécessite une attention de tous les instants. Elle est plus contrastée et alambiquée avec de nombreux passages à flancs de pierriers ou de falaises mais le plus souvent en balcon sur de grandes ravines et quelques petits lacs turquoises. Elle alterne parties minérales et boisées, notamment sur la fin mais les panoramas sont toujours aussi époustouflants. Les marmottes et les Traquets constituent la faune la plus visible et vu leur nombre, nul doute qu’ils se complaisent dans ce biotope chaotique. En apercevant la route départementale en contrebas du sentier, on comprend bien vite que l’arrivée est toute proche. Un dernier petit lac retient notre attention. Sur les rives du lac, les Traquets motteux, en grand nombre ici aussi, jouent à « chat perché » dans les magmas rocheux. Des fleurs encore nouvelles et inconnues me divertissent jusqu’au bout. Le parking est là. Notre première balade alpine est finie mais on se promet déjà qu’il y en aura d’autres, si la météo est aussi bienveillante. En voiture, nous basculons de l’autre côté du col de la Cayolle, par pure curiosité, mais avec déjà l'idée d'y revenir. Puis, nous reprenons en sens inverse, cette magnifique route qui serpente le long du Bachelard, direction Barcelonnette. Au regard de la conversation qui nous anime Dany et moi, pas de doute, nous garderons un souvenir ineffaçable de cette randonnée aux Lacs de la Cayolle. Bien au delà du ravissement de cette balade, la mort d’une gentille marmotte qui ne demandait qu’à gambader en forêt, ajoutera à ce souvenir, mais ne s’estompera jamais elle non plus. La balade est longue de 10 km à 11 km environ mais est plutôt facile même si elle réclame une attention quasi constante après le Pas du Lausson. Entre le point le plus haut du circuit et le plus bas, le dénivelé est de 395 m. Les montées cumulées sont de 477 m. Carte IGN 3540 OT Barcelonnette, Pra-Loup, Le Sauze, Allos, Parc National du Mercantour Top 25.

    Toponymie du nom "cayolle" : Les avis sont partagés entre ceux qui disent qu'une "cayolle" aurait pour origine les mots "caille", "caye" et bien évidemment "caillou" et signifierait un lieu caillouteux et ceux qui affirment qu'il s'agit plutôt d'un chalet d'alpage ou d'une baraque de berger, le mot français ayant pour origine les étymons "calo" ou "cala" signifiant "abri" puis ayant ensuite évolué vers des mots comme  "cayolla" en provençal et que l'on retrouve également dans le mot béarnais "cayola" ou occitan "cayolar" avec la même signification. On peut imaginer néanmoins que la deuxième explication tire son origine de la première qui serait donc plus ancienne car très souvent les baraques de berger les plus primitives étaient constituées essentiellement de cailloux.

     


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