• LE SENTIER DE LA ROCHAILLE depuis Meyronnes... par jullie68

    Diaporama sur la musique "A Life More Meaningful" d'Underpass

    Le Sentier de Découverte de La Rochaille (1.931 m) depuis Meyronnes (1.526 m)

    Le Sentier de Découverte de La Rochaille (1.931 m) depuis Meyronnes (1.526 m)

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    Ici dans la Vallée de l’Ubaye, un slogan publicitaire sur un dépliant dit « Tout est permis sauf l’ennui » et autant le reconnaître, il n’y a pas eu un jour où nous nous sommes ennuyés. La Vallée de l’Ubaye, c’est un grand éventail…..ça c’est de moi. Un éventail de purs bonheurs, un éventail de découvertes. Aujourd’hui, avant dernier jour des vacances, retour vers le vallon de l’Ubayette et plus précisément vers Meyronnes et Saint-Ours où nous avons prévu une balade intitulée « le Sentier de découverte de la Rochaille ».  Les vacances tirent à leur fin mais nous n’allons pas nous plaindre car hors mis hier, nous n’avons eu que des journées exceptionnellement ensoleillées. Si je parle d’exceptions c’est parce qu’en montagne, les nuages sont parfois capricieux et peuvent rapidement gâcher une sortie surtout quand les orages décident d’être de la partie. Hier matin, nous avons connu nos premières ondées heureusement très éphémères et comme nous avions prévu une visite de Barcelonnette puis une longue virée en voiture vers le Parc National des Ecrins et le barrage de Serre-Ponçon, elles n’ont pas eu le temps de perturber nos projets. Aujourd’hui, le ciel est redevenu bleu et le soleil est déjà très présent quand nous prenons une fois encore la direction du col de Larche. Cette randonnée est avant tout gastronomique car c’est le serviable Jean-Charles, notre gentil proprio qui nous a conseillé d’aller manger à Saint-Ours. Il nous a décrit une cuisine familiale toujours copieuse mais d’excellente qualité en rajoutant que nous n’aurons aucun mal à trouver une randonnée à notre goût dans le secteur. Comme en randonnée, je n’aime pas trop les « surprises », hier soir j’ai regardé sur le Net et j’ai trouvé ce « Sentier de découverte de la Rochaille », boucle ô combien pittoresque et surtout ô combien différente des Lacs de la Cayolle et du Vallon du Lauzanier découverts précédemment.  Décors bien différents, distance à parcourir, dénivelé à gravir et temps de marche, tout m’a paru convenable et ces quelques critères devraient convenir à deux estomacs qui ne manqueront pas d’être bien pleins après un déjeuner gastronomique, l’essentiel étant de ne pas confondre « gastronomique » avec «astronomique ». Dans le pire des cas, il faudrait sans doute annuler la découverte de cette fameuse Rochaille. Seul gros bémol, quand nous arrivons à Saint-Ours, il est à peine 11 heures. Après une rapide visite du joli hameau très fleuri, Dany part se renseigner pour savoir à partir de quelle heure nous pouvons déjeuner. Que se passe-t-il au juste ? Je ne sais pas. Mais elle affirme avoir été reçue « comme un chien dans un jeu de quilles » par la patronne. En ressortant du restaurant, elle ne décolère pas et part vers la voiture en pestant et en répétant « je ne risque pas de manger ici ! ». Elle a toujours eu du mal à accepter que des commerçants ne le soient pas, « commerciaux», c'est-à-dire accueillants et souriants. J’ai beau tenté de la raisonner, de lui dire que ce n’est qu’une anecdote insignifiante, qu’il ne faut pas se fier aux premiers abords, rien n’y fait et me voilà contraint de changer tous mes plans. J’avais prévu de faire de Saint-Ours la ligne de départ de la balade après le déjeuner, et me voilà bien embêté. Un coup d’œil sur un plan grossier que j’ai dessiné de la rando car je n’avais pas d’imprimante dans le mobil home et je constate qu’un départ de Meyronnes est possible voire même préférable, reste à savoir s’il y a un resto là-bas. Nous quittons Saint-Ours pour redescendre dans la vallée. A Meyronnes, il y a bien un resto, italien, intitulé « Mare et Monti » et dans lequel nous sommes de surcroît accueillis très chaleureusement par une patronne à la fois très jolie et très souriante, ce qui ne gâche rien et fait oublier à Dany ses déboires antérieurs.  Comme la qualité culinaire est à la même hauteur que tout le reste, ce sont avec les palais comblés et les estomacs bien rassasiés que nous démarrons la balade une heure et demie plus tard. L’itinéraire démarre à droite du restaurant et comme les panonceaux sont bien présents, la suite devient assez facile. S’agissant d’une boucle, une seule hésitation néanmoins, il faut immédiatement faire le choix du sens dans lequel nous souhaitons la faire. Par bonheur, j’ai un peu étudié le parcours et dans ma tête, le choix est déjà fait. Je choisis Saint-Ours plutôt que La Rochaille, à cause du dénivelé qui me paraît plus doux et qui s’effectue en de amples lacets facilitant son ascension.  Personnellement, j’oublie très vite cette déclivité car une fois encore la flore et la faune y sont exceptionnelles. Comment vous dire ? Comment vous décrire ce que je vois ? Les champs, les prés traversés le plus souvent encadrés de haies sont des herbiers et des bestiaires grandeur nature. Chaque pas ou presque est une découverte nouvelle. Si au Lauzanier et aux Lacs de La Cayolle, la flore et la faune se découvraient régulièrement au fil des pas, ici c’est un concentré de nature à chaque foulée : les fleurs bigarrées et dissemblables y sont légions sur quelques mètres carrés, les papillons  et les oiseaux différents y batifolent en grand nombre et il va en être presque ainsi jusqu’à atteindre la forêt domaniale de la Rochaille. Le hameau de Saint-Ours  ayant déjà été visité, nous en faisons l’impasse et poursuivons tout droit le large chemin filant vers la Rochaille. Autant l’avouer, quand on regarde cette montagne de loin, et notamment depuis le bas de la vallée de l’Ubayette, c'est-à-dire depuis Meyronnes, on ne peut s’empêcher d’être très perplexe voire quelque peu hésitant à aller l’affronter, autre raison pour laquelle j’ai également choisi de faire la boucle dans ce sens. Malgré tout les interrogations demeurent. Par endroits très rocailleuse, elle en porte le patronyme de « Rochaille », mais surtout très boisée et très abrupte, cette montagne paraît impraticable et de nombreuses questions surgissent : comment va-t-on la traverser et si oui, comment en revenir ? Est-il possible de redescendre de là-haut sans trop de difficultés ? D’ici, après Saint-Ours, ces questions restent toujours aussi présentes même si l’approche de la montagne ouvre peu à peu de larges éventails de confiance et ôte les appréhensions les unes après les autres. Alors bien évidemment, comme dans toutes les randonnées alambiquées et à flanc de montagne, la prudence reste de mise. Pour l’instant le chemin est bon et comme les panoramas sont grandioses, on oublie l’objectif et ses éventuelles difficultés. Tout en montant, notre attention est constamment en éveil. Quand ce ne sont pas les fleurs, les oiseaux ou les papillons, c'est un chat qui joue au chasseur dans un pré, plus loin ce sont les ruines de Fontvive ou bien un troupeau de moutons enfermé dans un enclos précaire. Peu après, c’est Saint-Ours et ses montagnes incroyablement arides et déchiquetées dominant le hameau qui attirent le regard et laissent songeur. Un bouquetin surgit des rochers et nous laisse une vision bien trop fugace. Au fur et à mesure que l’on avance,  la météo se fait moins bonne, les nuages plus nombreux et le ciel moins lumineux mais aucun risque de pluie en perspective et cela suffit à notre bonheur. Au lieu-dit la Serre de la Safrière, un premier panneau ludique explique la vie agricole et l’exode rural au temps jadis. Le chemin file tout droit en balcon au dessus d’un profond ravin : c’est celui du « Torrent de Bouchiers », alimenté par d’autres ruisseaux qu’ici on appelle « riou » : Riou de la Combe du Loup, Riou de Gascon notamment. Ensuite, le chemin perd peu à peu de sa rectitude en suivant les contours des premiers contreforts de la montagne. Il s’élève un peu, devient plus rocailleux, tourne en épousant ces mêmes contreforts, traverse quelques « rious » asséchés et caillouteux, quelques jolies clairières verdoyantes et débouche sur d’anciens prés de fauche se terminant au sommet d’un promontoire au dessus de lieu-dit « les Granges des Gascons », vaste ruine d’une grande bâtisse que l’on aperçoit en contrebas. Un deuxième panneau en explique la vie au 19eme siècle, celle d’une unique famille dont l’un des enfants est parti s’enrichir au Mexique avant de revenir au pays fortuné comme Crésus. Les superbes villas mexicaines de Barcelonnette sont les preuves de ces réussites. Certaines de ces maisons sont classées Monument Historique. Les explications se terminent par l’enjeu stratégique que ce lieu a eu pendant la 2eme guerre mondiale. Le chemin toujours en balcon continue d’épouser la montagne et ses ravines. Certains tronçons à flancs de montagne ont été creusés dans le flysch même des falaises. Quelques boqueteaux de feuillus présagent de la forêt désormais toute proche. A l’approche du grand ravin que l’on dominait, le large chemin devient petit sentier. Le « V » que le ravin forme à cet endroit laisse apparaître la Vallée de l’Ubayette dans toute sa splendeur, largeur et profondeur. Dans cet ample décor entouré de hautes montagnes très arides ou très boisées selon si elles se trouvent à l’adret ou à l’ubac du vallon, Meyronnes et Saint-Ours apparaissent désormais minuscules. Le ravin où s’écoule un large filet d’eau est finalement enjambé et l’on entre de pleins pieds dans la forêt domaniale dont on apprend sur un autre panneau qu’elle est entièrement artificielle et a été plantée de toutes pièces par des hommes au prix d’incommensurables efforts. En 1886, l’Etat avait acheté 214 ha pour effectuer ses travaux de plantations. Le récit de ces reboisements dignes de véritables "travaux forcés" est à peine croyable et je ne peux m’empêcher de penser que c’est grâce à tous ces hommes que nous pouvons cheminer cette belle forêt pour notre seul plaisir. Qu’ils en soient remerciés. Les panneaux explicatifs vont se succéder faisant référence à l’important patrimoine militaire de ce secteur, à la forêt et aux arbres qui la composent puis à la géologie de la Rochaille. Le sentier tout en balcon continue d’offrir d’extraordinaires vues aériennes sur la Vallée de l’Ubayette. En face, de l’autre côté de la vallée, je note cependant qu’une immense partie de la forêt de résineux est de couleur rousse comme si tous les grands conifères avaient séchés sur pied. Je n’en connais pas la raison mais ce phénomène me paraît inquiétant car je l’ai également aperçu dans bien d’autres coins du département. J’y découvre aussi le Grand Fort de Roche la Croix, vestige de la célèbre ligne Maginot. Au lieu-dit la Serre La Plate, on découvre un blockhaus, autre vestige de la célèbre ligne militaire de défense, puis c’est une cabane forestière et enfin le Belvédère du Pinas avec son époustouflant point de vue dominant la partie de la Rochaille inaccessible mais offrant aussi d’incroyables panoramas sur les montagnes opposées et des vues plongeantes sur la belle Vallée de l’Ubaye.  La descente commence ici, juste après le point de vue. Elle va être très longue car conçue en d’innombrables lacets qui se faufilent entre les pins noirs d’Autriche, les pins sylvestres, les mélèzes et quelques étonnants cytises aux merveilleuses grappes de fleurs d’un jaune flamboyant. En définitive, cette descente s’avère beaucoup moins périlleuse que dans notre imagination. Hors mis quelques courts tronçons nécessitant une grande prudence, le sentier tout en sous-bois est plutôt bon et pas vraiment accidenté, les arbres constituant la plupart du temps des garde-fous presque naturels.  Depuis le point de vue, nous mettons tout de même 40 minutes pour sortir de la forêt et encore 20 minutes de plus pour rejoindre Meyronnes. Avant d’atteindre le village, on finit par enjamber une dernière fois un ruisseau presque asséché où des gabions on été élevés pour freiner les sautes humeurs du torrent. La balade a été belle, enrichissante et mon appareil photo a encore engrangé une quantité phénoménale de fleurs et quelques exemplaires de la faune locale dont quelques oiseaux et papillons. Seuls mammifères aperçus, mais c’est déjà beaucoup, une étagne, femelle du bouquetin et un petit écureuil roux. Telle qu’expliqué ici, ce « Sentier de Découverte de La Rochaille » serait long de 9,1 km pour un dénivelé de 527 m, renseignements recueillis sur un remarquable site Internet consacré aux randonnées dans le Mercantour dont voici le lien. Désolé de ne pas vous en dire plus mais je n’avais pas de GPS ce jour-là pour enregistrer des données plus précises. Carte IGN 3538 ET Aiguille de Chambeyron – Cols de Larche et de Vars - Top 25.

     


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  • LE VALLON et le LAC du LAUZANIER depuis Larche... par jullie68

    Diaporama sur la musique "Forever In My Heart" d'Azaleh

    Le Vallon et le lac du Lauzanier (2.284 m) depuis Larche (Le Pont Rouge - 1.907 m)

    Le Vallon et le lac du Lauzanier (2.284 m) depuis Larche (Le Pont Rouge - 1.907 m)


     

    Pour cette deuxième randonnée de nos vacances, nous avons jeté notre dévolu sur le Vallon et le lac du Lauzanier. Le Vallon du Lauzanier, ancienne auge glaciaire, haut-lieu de l’agropastoralisme alpin et de la botanique mondiale, a été classé Réserve Naturelle dès 1936, puis a été rattaché au Parc National du Mercantour en 1979. C’est donc un véritable joyau de la nature que nous partons découvrir. Un joyau que les anciens avaient pris l’habitude de surnommé « la Mer du Lauzanier », à cause des chardons bleus s’étalant sur les flancs de la vallée et sur des dizaines d’hectares. Ces mêmes magnifiques chardons bleus, en réalité des panicauts, auxquels les botanistes du 19eme siècle avaient donné le nom de « Reine des Alpes » à cause de leur beauté. Après les Lacs de la Cayolle et ses décors plutôt pelés et pierreux, mais par bonheur constellés de plusieurs lacs bleutés et de névés bien blancs, aller découvrir le Lauzanier, c’était d’abord faire le choix de la verdure et de la fraîcheur. La fraîcheur, elle arrive principalement du milieu du vallon où s’écoule la rivière Ubayette, affluent majeur de l’Ubaye. La verdure, elle, est le prolongement naturel de cette hygrométrie ambiante et constante. Anciennes prairies de fauche, pelouses verdoyantes, boqueteaux de divers feuillus (magnifiques en automne paraît-il !), tourbières et roselières, sombres forêts de résineux, flore des champs, des pelouses et des rocailles, ici la verdure, on la découvre dans tous ses états. Une faune extraordinaire s’y complait. Le  départ s’effectue à partir du lieu-dit «le  Pont Rouge » que l’on peut rejoindre de deux manières depuis la D.900 : soit à pied depuis le col de Larche, col frontière avec l’Italie soit en voiture depuis le hameau de Larche, en empruntant une petite route qui file parallèle à l’Ubayette et sur sa rive gauche. Elle est à main droite quand on arrive de Meyronnes et de Barcelonnette. Cette étroite route est commune avec les sentiers de grandes randonnées G.R 5 et G.R 56. Au plus fort de l’été et de la fréquentation, un service de navettes devient obligatoire car les croisements deviennent compliqués. A « Pont Rouge », un parking bien aménagé accueille les véhicules. Dès qu’on pose le pied hors de la voiture et grâce à une météo toujours aussi resplendissante, Dany et moi restons ébahis par la somptuosité et la vitalité du lieu. L’Ubayette qui s’écoule à quelques mètres du parking et les marmottes qui courent dans tous les sens ne sont pas étrangères à cet émerveillement. Mais à y regarder de plus près, il n’y a pas que la rivière et les marmottes et c’est tout un ensemble d’une parfaite harmonie qui engendre ce sentiment d’enchantement et de bien-être. Force est de reconnaître que l’envie de marcher s’installe sans problème et le naturaliste et photographe amateur que je suis a déjà des fourmis dans les jambes. Le départ est néanmoins ralenti par quelques panneaux explicatifs permettant une meilleure connaissance de ce site naturel extraordinaire. Il y a également quelques tables de lecture dont on note quelles sont conçues pour les non et malvoyants. Tout en se disant que l’initiative de la création d’un sentier pour les personnes en situation d’handicap est formidable, on prend conscience du bonheur extrême d’avoir une bonne vue et d’être debout sur ses deux jambes. Le départ est lancé et comme le chemin est plutôt plat, Dany est partie dans une cadence assez soutenue. Bien évidemment, elle peste déjà de me voir à la traîne à cause des nombreuses photos qui m’arrêtent à tout bout de champ, mais si j’en suis conscient, je sais déjà que tous les clichés que je prends seront autant de souvenirs que j’aurais plaisir à revoir plus tard. Comme je le dis souvent, en randonnée, mon appareil photo, c’est le meilleur des cerveaux que je connaisse. Un cerveau supplémentaire qui a de la mémoire, la vue et parfois même le son quand il fait « vidéo ».  Je ne connais pas de meilleure façon de bien se souvenir d’une randonnée que de regarder des photos ou un film d’elle et comme pour moi, elle ne se résume pas à la seule action de marcher, j’aime autant flâner qu’oublier une « découverte » en chemin. Paysages, fleurs, oiseaux, papillons, insectes et animaux divers et variés, tous ces souvenirs ressurgiront sans trop d’efforts et à chaque fois que nous aurons envie de visionner le diaporama que je ne manquerais pas de réaliser avec tous ces clichés. Le botaniste qui sommeille en moi le reste du temps, aujourd’hui il ne dort pas mais il n’a pas envie de speeder non plus.  L’élévation est modérée mais réelle et les décors changent avec la même douceur. Ils deviennent plus montagnards quand le large chemin très praticable devient petit sentier terreux et caillouteux. En réalité, le sentier se rétrécit au même rythme que l’Ubayette. La rivière tranquille et circulant en méandres au plus plat de la vallée a laissé la place à un large et fougueux torrent puis à un étroit ruisseau trouvant son chemin entre les rochers et descendant en cascade dans des bouillons écumeux. Si au départ la rivière était le terrain de jeu de nombreuses bergeronnettes, l’altitude semble les rebuter. Depuis le départ, quelques cabanes pastorales et quelques granges plus ou moins rustiques jalonnent l’itinéraire. Certaines d’entre-elles, élevées essentiellement en pierres, sont carrément enfouies sous terre et seule leur façade et l’entrée restent visibles.  Recouvertes parfois d’herbes, de plantes ou bien de fleurs, certaines semblent sortir tout droit du film « Le Hobbit ». Tout en montant, le chemin s’est quelque peu rétréci, les photos à prendre, elles, ne diminuent pas pour autant. De nouvelles fleurs s’ajoutent à celles déjà vues depuis le départ. D’autres disparaissent avec l’altitude. Certaines ne sont visibles que dans un biotope bien déterminé. Pour d’autres, il me faut parfois sortir du chemin pour les voir et les photographier de plus près. C’est le cas, de la très rare « Reine des neiges ». Les marmottes sont toujours aussi nombreuses. Avec l’altitude, les pinsons et les mésanges ont laissé la place aux Traquets motteux et à quelques Venturons montagnards. Les traquets s’égayent sur les roches et les venturons semblent se complaire dans l’herbe. D’autres oiseaux sont plus craintifs ou discrets et ne se laissent pas photographier facilement. C’est le cas de certains rapaces ou corvidés que je ne pourrais jamais photographier correctement en raison de la distance qui m’en sépare. Le sentier continue de grimper, plus ou moins large selon la minéralité qui l’entoure. Certains portions sont dallées de grandes pierres plates et d’autres, plus nombreuses ont été aménagées en escaliers, avec des traverses en bois qui retiennent la terre. De nombreuses passerelles permettent d’enjamber les innombrables ruisseaux qui descendent de tous les versants de la montagne. Certains sont de minuscules sillons, d’autres ressemblent à des tranchées plus profondes, d’autres à des « voiles de mariées » guère impressionnants car ruisselant sur la terre. Plus rares et plus belles sont celles qui tombent de très haut en cascade. Ici, l’eau est le dénominateur commun et la source de toute vie. Tous ces ruisseaux et torrents se rejoignent dans l’Ubayette. Afin de préserver la flore, la faune dans cette géologie assez altérable, des panonceaux indiquent qu’il ne faut pas sortir du sentier. Après une « bonne » montée en espaliers mais sur un sol quelque fois « casse-pattes », le sentier atteint un collet verdoyant car herbeux puis bascule dans un cirque grandiose au fond duquel le lac bleuté du Lauzanier resplendit majestueusement. Les hauts sommets qui l’entourent s’y reflètent comme dans un miroir puis s’y engloutissent dans de liquoreuses arabesques au fur et à mesure que l’on s’approche de ses rives aux eaux si limpides. Nous y restons plus d’une heure et demi à pique-niquer et Dany à se reposer pendant que je pars à sa découverte en tentant vainement d’en faire le tour. Si le tour paraît  possible, en arrivant au plus haut du déversoir, je prends bien vite conscience que je ne pourrais le faire qu’au prix d’un bain de pied très rafraîchissant pour enjamber les tourbières et les multiples rus dégoulinant à qui mieux mieux.  Pour quel résultat de plus ? La seule moitié droite du lac m’a déjà permis de photographier de nombreuses fleurs nouvelles, une quantité incroyable de papillons, des têtards et des alevins venant trouver refuge dans les minuscules anses creusées dans les berges. A mon approche, tous ces vairons s’éloignent de la rive, serrés les uns aux autres comme des sardines, mais ils stoppent aussitôt quand la profondeur du lac devient bien trop risquée. Avec la crainte de ma présence,  je sens bien qu’ils sont désorientés et perplexes, entre revenir vers la berge, gage de sécurité et la profondeur du lac où des prédateurs les guettent pour les dévorer. Ils le savent. Les prédateurs ont pour nom « truites fario ». J’en ai aperçu une assez « saisissante » par sa taille mais sans pouvoir la saisir en photo. Je m’éloigne de la rive et les vairons reviennent en banc serré et dans un même élan. Je fais demi-tour, direction l’aval du lac où Dany m’attend mais en évitant de repasser par le même sentier pris initialement. Quelques trouvailles nouvelles viennent s’ajouter dans la mémoire de mon appareil photo et notamment toute une série de pensées sauvages aux couleurs si variées. Nous repartons, direction, la petite chapelle qu’ils nous restent à visiter. Perchée sur un mamelon dominant le lac et blottie au milieu d’innombrables « Chénopodes Bon-Henri » dont se régalent les marmottes, la petite chapelle Notre-Dame des Lumières est jolie mais son intérieur a des airs de capharnaüm, de dépotoir, de refuge non gardé, de lieu saint et à cause d’une collection impressionnante de cailloux, ressemble même à la tanière d’un géologue un peu fou. Tout ça en même temps. Seul un plafond gracieusement peint d’un ciel bleu marine rempli d’étoiles jaunes marque les esprits. Il est temps de faire demi-tour et force est de reconnaître que le Vallon du Lauzanier est aussi beau dans un sens que dans l’autre. On ne se lasse pas de ses courbes douces et verdoyantes, de ses paysages de montagne qui sont autant d’invitations à partir en tous sens à leurs découvertes. Il y a toujours quelque chose à voir ou à découvrir au Vallon du Lauzanier et quand on oublie les fleurs, les traquets et les marmottes c’est parce que quelques chamois gambadent dans les pelouses d’altitude. Quand ce n’est pas les chamois, c’est un gentil baudet qui surgit du décor accompagné de ses âniers. Quand ce n’est pas un âne c’est un troupeau de moutons dont les circonvolutions champêtres sont surveillées « comme le lait sur le feu » par un berger et ses chiens. Telle qu’expliquée ici et depuis le Pont Rouge (1.907 m), la balade aller et retour jusqu’au lac du Lauzanier (2.284 m) est longue de 9 km à 10 km environ. La déclivité jusqu’au lac est donc de 377 mètres. Le temps que nous avons mis pour la réaliser n’étant pas significatif, il ne me paraît pas utile de le mentionner mais sachez que le panonceau au départ de « Pont Rouge  donne le lac « réalisable » en 1h45. Comptez donc un peu moins du double pour l’aller et le retour, soit 3h environ si vous ne flânez pas. Carte IGN 3538 ET Aiguille de Chambeyron - Cols de Larche et de Vars - Top 25.

     


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  • LES LACS DE LA CAYOLLE depuis le col de La Cayolle par jullie68

    Diaporama sur les musiques " Premium", "Bénignité", "Apesanteur" et "Céleste" de Dominique Arca,

    extraites de son album "Un Monde Magique"

    Les Lacs de la Cayolle (2.653 m) depuis le col de la Cayolle (2.326 m)

    Les Lacs de la Cayolle (2.653 m) depuis le col de la Cayolle (2.326 m)


     

    Avant de développer cette randonnée alpine aux Lacs de la Cayolle, laissez moi vous conter comment tout ça a été possible. Je ne sais pas vous, mais moi, quand je m’apprête à partir en vacances, j’ai des rêves plein la tête et de surcroît quand je dois partir dans une région que je ne connais pas. Et comme cette année, nous avions choisi les Alpes, bien évidemment, je rêvais de randonnées pédestres, en m’imaginant découvrir un tas de choses inédites ; paysages et panoramas nouveaux, fleurs inconnues, animaux jamais vus, voilà quels étaient mes rêves les plus fréquents. Plus la date du départ se rapprochait et plus j’étais impatient. Pour Dany, son rêve était déjà en partie réalisé puisque c’est elle qui avait défini les grandes lignes de ce séjour : partir dans les Alpes, dans un mobile home ou dans un bungalow de préférence, surtout pas dans un camping et plutôt retiré dans la nature si le choix nous était offert. Il y a 20 ans en arrière, un tel défi aurait été impossible à solutionner mais de nos jours et avec Internet, il a suffit de quelques clics sur Google pour pouvoir satisfaire le songe de Dany. Le bonheur en question était situé aux alentours de Barcelonnette, dans cette merveilleuse Vallée de l’Ubaye et qui plus est replié dans la campagne et sur le vaste terrain d’un couple d’une grande gentillesse et serviabilité.  Il s’agissait d’un mobile home blotti sous une pinède mais avec une belle terrasse embrassant les prairies et les montagnes environnantes. Le logement était un peu spartiate et un peu frais la nuit mais il y avait tout ce qu’il fallait et en tous cas, il n’y avait rien qui ne puisse trouver une solution très facilement. Pour la fraîcheur nocturne, une bonne couette et le tour était joué. Pour le reste, il y avait tout ce qu’il fallait et quand ce n’était pas le cas, Internet par exemple, le proprio se mettait en quatre pour nous satisfaire. Ça convenait à Dany et c’était là l’essentiel. Son rêve s’était réalisé et il ne restait plus qu’à résoudre ceux qui nous étaient communs à savoir les longues virées en voiture et les randonnées en montagne. Pour la première balade en montagne, ce fut chose faite dès le lendemain avec cette « époustouflante » randonnée pédestre aux Lacs de la Cayolle dont je vous fais ici le récit. C’est sous un ciel pur et bleu et un grand soleil que nous quittons Saint-Pons et plus spécialement le lieu-dit la Farrière. Nous filons vers Barcelonnette et prenons la route des Gorges du Bachelard, direction le col de la Cayolle. Il s’agit de la D.902, route ô combien somptueuse, excessivement sinueuse, étroite et encaissée par endroits et boisée sur une immense partie du parcours. Elle est si belle que les arrêts se multiplient et sont autant d’occasion d’en prendre plein les mirettes. A ce rythme-là, la randonnée n’est pas prête de démarrer ! On décide de ne plus s’arrêter et d’en garder pour le retour mais voilà qu’un chamois déambulant dans des pierriers nous arrête déjà. Plus haut, ce sont de grands rapaces planant dans un ciel azur et au dessus des crêtes dénudées de très hauts sommets. On se dit que toutes ces visions sont peut être le reflet de ce qui nous attend. Les journées d’été sont longues, rien ne presse et tout se déroule pour le mieux. Sauf, qu’à l’instant où l’on s’y attend le moins et dans un sombre sous-bois, une grosse boule de poils sautant d’un talus vient se jeter sous la roue avant droite de notre voiture. Le choc est inévitable et je comprends très vite qu’un petit animal a fait les frais de ce télescopage. Je stoppe et effectivement, j’aperçois dans le rétroviseur, une boule de poils gisant 15 mètres derrière la voiture. Comme sous les grands sapins la clarté n’est pas géniale, je pense immédiatement à un marcassin voire à un gros rongeur du style blaireau ou fouine mais non, il s’agit bien d’une marmotte qui agonise et arrête de respirer à l’instant même où je la prends dans mes bras. Dany se fout à chialer et moi, je suis atterré de n’avoir pas pu éviter cette collision et d’avoir tuer cette pauvre bestiole. Nous déposons l’animal en contrebas de la route et continuons très attristés vers le col de la Cayolle. Cet instant très pénible reste dans nos têtes et nous ne parlons plus que de ça. Cette journée dont on attendait beaucoup est déjà bien gâchée. La forêt a laissé la place aux pelouses et désormais, on aperçoit quantité de marmottes sur les bas-côtés. Je redouble de vigilance car certaines traversent la route nonchalamment. Après un bref arrêt au refuge de la Cayolle car nous pensons que le départ de la randonnée se trouve là, nous poursuivons vers le col, désormais tout proche. Nous y voilà et comment ne pas comprendre que le départ vers les lacs ne peut être que là. Parking bondé de voitures, touristes, motards et cyclistes en quantité et surtout un grand nombre de randonneurs harnachés de leurs sacs à dos déambulent dans tous les sens. Nous endossons nos propres sacs et il suffit de quelques minutes, pour trouver l’itinéraire filant vers les lacs. Il est situé au bas du parking et à gauche de la route, à une centaine de mètres de la borne matérialisant le col à 2.326 m d’altitude. Nous voilà partis dans les pelouses verdoyantes sur un sentier s’élevant doucement mais sûrement au milieu de quelques rares névés. Les marmottes y gambadent en quantité et cela rajoute à notre tristesse de les voir si confiantes vis-à-vis de l’être humain. Moi, je flâne déjà comme jamais, absorbé dans mon plaisir de la photographie. Ici, des fleurs d’une infinie variété poussent en grand nombre et comme la plupart sont très nouvelles pour moi, pas question d’en oublier une pour mon herbier photographique. Dany, elle, a déjà pris son rythme de croisière et elle peste assez souvent de me voir déjà si loin derrière elle. Mais tant pis, pas question de passer à côté de la minuscule fleur inconnue, pas question d’oublier la petite fleur qui se cache au cœur de la pelouse ou blottie à l’ombre d’un rocher. Ma crainte est d’en oublier une et je me dis que si c’est le cas, il y a de forte chance que ce soit la plus rare, la moins visible. Je suis sidéré par exemple par les pensées sauvages et par le nombre de variétés et de couleurs qu’il peut y avoir.  Un premier petit lac apparaît et entre lacs et petites « mares » formées par la fonte des névés, je vais en dénombrer une bonne dizaine au cours de la journée. La balade s’appelle les « Lacs de la Cayolle » et sur la carte I.G.N, seuls les lacs les plus importants ont un nom : Petite Cayolle, Garrets et Allos. La pente s’accentue dans des décors de plus en plus minéraux, mais même dans les pierriers, quantité de fleurs sont encore présentes. Sur les plus gros rochers, quelques Traquets motteux, chantent comme des « castafiores ». Le col de la Petite Cayolle se rapproche très vite mais le terrain devient plus pentu, et à quelques mètres seulement de ce principal palier, une longue nappe de glace ralentit notre allure. Pour se sécuriser, certains passages nécessitent de mettre les mains. Dany, elle, se fait aider. Pendant que je la soutiens en la poussant par les fesses, l’animateur d’un groupe de randonneurs lui tend la main pour la hisser. Tout le monde a réussi à passer ce gros névé sans encombre et nous voilà désormais sur cette étroite plateforme constituant le col. Ici, commence un grand spectacle avec le lac éponyme en contrebas et des vues grandioses quasiment de tous côtés. Le groupe s’en va et comme il est déjà midi, nous décidons de pique-niquer dans ce décor fabuleux où seules l’eau et les pierres semblent régner en maîtres. Enfin, ça, c’est ce que pourrait penser l’être humain indifférent aux petites choses de la nature car à y regarder de bien plus près, les fleurs sont toujours là, minuscules bouquets de couleurs différentes émergeant de la caillasse on ne sait trop comment. Il y a des Tabourets roses, des Gentianes bleues, des Renoncules blanches ou jaunes et bien d’autres encore dont de nombreuses me sont totalement inconnues. Le sentier se poursuit vers le lac des Garrets en filant à flanc d’une immense pierrier mais très  paradoxalement, il est plutôt plat et bon.  Petit miroir bleuté dans une cuvette essentiellement minérale, le lac des Garrets est une merveille comme l'était celui de la Petite Cayolle. Autour de lui, d’étincelants névés continuent de fondre et comme par miracle, la blancheur de la glace se transforme en une eau couleur d’azur. Tout autour, ce ne sont qu'immenses éboulis ou bien des crêtes offrant des panoramas majestueux et des vues incroyables sur des hauts sommets aguichants tel celui du Mont Pelat culminant à 3.050 m.  Les décors se suivent et se ressemblent et pourtant, nous y restons constamment scotchés. Il faut dire que les marmottes sont toujours là, plus rares mais plus pelucheuses et plus massives, sans doute à cause du froid plus cinglant régnant à ces altitudes. Pour couronner le tout, trois bouquetins viennent s’immiscer au spectacle. L’itinéraire se poursuit vers le Pas de Lausson, quelque peu bosselé mais assez facile à cheminer et toujours aussi agréable car toujours sur la crête. Ce « pas » est une intersection de sentiers et c’est là que nous devons entreprendre le retour vers le col de la Cayolle, mais sur les recommandations d’un groupe de randonneurs, nous poursuivons tout droit car à quelques mètres seulement, il y aurait, parait-il, une vue exceptionnelle et plongeante sur le lac d’Allos. Nous voilà donc partis pour ce court aller retour en compagnie du groupe en question et effectivement, quel dommage si nous avions loupé cette vue aérienne sur ce superbe lac, beaucoup plus grand que tous ceux aperçus jusqu’à présent. Selon un petit topo-guide que j'ai sur moi et que j'ai trouvé dans le mobile home, à cette altitude, le lac d’Allos serait le plus grand lac naturel d’Europe. Tout le monde multiplie les photos de ce cirque glaciaire et certains parlent même d'y descendre. Nous ne l’envisageons pas une seule seconde, d’abord parce que notre propre itinéraire est loin d’être terminé et qu’ensuite, le ciel n’a plus la même pureté que lors du départ, quelques nuages s’étant déjà invités.  Nous revenons sur nos pas et au Pas de Lausson, nous entamons la descente, peu évidente car plutôt abrupte. Un grand névé obstrue le sentier et voyant qu’un groupe est parti s’y empêtrer, nous choisissons l’option de couper tout droit et entamons la descente en avançant accroupis sur nos fesses. Comme un seul homme, tous les randonneurs nous suivent et font de même. En quelques secondes et sans trop de risques, nous avons rejoint la partie praticable du sentier. Toujours captivé et distrait par un nombre incalculable de fleurs nouvelles, je laisse passer le gros de la troupe. Dany fait de même et m’attends car au regard du terrain, tout à flanc de montagne et encombrer de multiples éboulis, elle a aussitôt compris que le retour ne serait pas une sinécure. Effectivement, cette partie est la moins facile et nécessite une attention de tous les instants. Elle est plus contrastée et alambiquée avec de nombreux passages à flancs de pierriers ou de falaises mais le plus souvent en balcon sur de grandes ravines et quelques petits lacs turquoises. Elle alterne parties minérales et boisées, notamment sur la fin mais les panoramas sont toujours aussi époustouflants. Les marmottes et les Traquets constituent la faune la plus visible et vu leur nombre, nul doute qu’ils se complaisent dans ce biotope chaotique. En apercevant la route départementale en contrebas du sentier, on comprend bien vite que l’arrivée est toute proche. Un dernier petit lac retient notre attention. Sur les rives du lac, les Traquets motteux, en grand nombre ici aussi, jouent à « chat perché » dans les magmas rocheux. Des fleurs encore nouvelles et inconnues me divertissent jusqu’au bout. Le parking est là. Notre première balade alpine est finie mais on se promet déjà qu’il y en aura d’autres, si la météo est aussi bienveillante. En voiture, nous basculons de l’autre côté du col de la Cayolle, par pure curiosité, mais avec déjà l'idée d'y revenir. Puis, nous reprenons en sens inverse, cette magnifique route qui serpente le long du Bachelard, direction Barcelonnette. Au regard de la conversation qui nous anime Dany et moi, pas de doute, nous garderons un souvenir ineffaçable de cette randonnée aux Lacs de la Cayolle. Bien au delà du ravissement de cette balade, la mort d’une gentille marmotte qui ne demandait qu’à gambader en forêt, ajoutera à ce souvenir, mais ne s’estompera jamais elle non plus. La balade est longue de 10 km à 11 km environ mais est plutôt facile même si elle réclame une attention quasi constante après le Pas du Lausson. Entre le point le plus haut du circuit et le plus bas, le dénivelé est de 395 m. Les montées cumulées sont de 477 m. Carte IGN 3540 OT Barcelonnette, Pra-Loup, Le Sauze, Allos, Parc National du Mercantour Top 25.

    Toponymie du nom "cayolle" : Les avis sont partagés entre ceux qui disent qu'une "cayolle" aurait pour origine les mots "caille", "caye" et bien évidemment "caillou" et signifierait un lieu caillouteux et ceux qui affirment qu'il s'agit plutôt d'un chalet d'alpage ou d'une baraque de berger, le mot français ayant pour origine les étymons "calo" ou "cala" signifiant "abri" puis ayant ensuite évolué vers des mots comme  "cayolla" en provençal et que l'on retrouve également dans le mot béarnais "cayola" ou occitan "cayolar" avec la même signification. On peut imaginer néanmoins que la deuxième explication tire son origine de la première qui serait donc plus ancienne car très souvent les baraques de berger les plus primitives étaient constituées essentiellement de cailloux.

     


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  • LE CHEMIN DE L'OURRIET........depuis Urbanya par jullie68

    Diaporama sur une musique de Josh Kirsch intitulée "Morning Stroll"

    Le Chemin de l'Ourriet (1.359 m) depuis Urbanya (856 m)

    Le Chemin de l'Ourriet (1.359 m) depuis Urbanya (856 m)


     

    J’ai longtemps hésité avant de mettre ce « Chemin de l’Ourriet (*) » sur mon blog, un court tronçon s’effectuant hors sentier. Puis, en effectuant des recherches toponymiques sur les noms « Orriet » et « Ourriet » (*), j’ai constaté que d’autres randonneurs, et notamment des clubs, l’avaient mis bien avant moi sur Internet, il est vrai avec des variantes ou des circuits qui ne sont pas exactement les mêmes que le mien. Toujours est-il qu’inévitablement, ils étaient passés à l’endroit même où le sentier, sur 200 à 300 mètres, se perd quelque peu dans la nature. La nature justement, parlons-en ! Ici à Urbanya, elle est d’une richesse incroyable et si finalement, je me suis décidé à inscrire celle balade sur mon blog, ce n’est pas uniquement à cause de la raison invoquée ci-dessus, mais parce que cette année, la faune a été au rendez-vous comme jamais je ne l’avais vu auparavant. Imaginez qu’au cours de cette modeste balade printanière, j’ai réussi à voir, mais surtout à photographier, deux cerfs, un chevreuil, des hardes de sangliers par deux fois, sans compter des rhinolophes (chauves-souris), une vipère aspic, un lézard vert, une quantité incroyable de papillons et de nombreux oiseaux, tout ça dans un rayon de quelques kilomètres seulement. J’ai voulu vous en faire profiter. L’an dernier, tout près du lieu-dit l’Orriet (*), lors d’une balade intitulée le « Chemin des Frênes » ou « Cami de les Freixes », j’avais même photographié un chat sauvage. Ce dernier chassait au bord de la rivière puis il s’est caché  derrière un rocher quand il m’a aperçu, mais malgré ça, j’avais pu noter qu’il s’agissait d’un chat haret, chat domestique, redevenu sauvage selon le phénomène que l’on appelle le « marronnage ». Une faune sauvage extraordinaire au milieu d’une flore qui ne l’est pas moins, voilà les principales raisons m’ayant amené à inscrire cette randonnée sur mon blog. Cette  boucle, j’avais pourtant eu l’occasion de la réaliser en toutes saisons mais autant le dire, mes deux préférées restent l’automne et surtout le printemps. Le printemps à cause d’une flore incroyablement variée,  luxuriante et colorée, de la présence d’une faune mammifère moins apeurée car la chasse est fermée et l’automne en raison de cette explosion de couleurs au moment où les feuillus entament leur fanaison. L’inconvénient de l’automne reste la chasse, avec des animaux moins visibles car ils auront tendance à fuir vers des espaces plus paisibles sauf pour les cervidés en période de rut où l’on aura l’occasion d’entendre le « fameux » brame. A Urbanya et si vous arrivez par la route ; le départ s’effectuera du grand parking faisant face à l’église. Là, direction la mairie et sa rue qu’il vous faut remonter puis poursuivre tout droit par le chemin de las Planés. Ce dernier chemin démarre devant un pont et au suivant, il faut prendre un étroit sentier qui, sur la droite, entre dans un sombre sous-bois. En contrebas et sur le gauche, il y a toujours la rivière Urbanya que l’on a côtoyé depuis le début et sur la droite, il y a de hauts murs en pierres sèches qu’il faut longer quelques temps. Voilà, vous êtes sur le « Chemin de l’Ourriet ». Ce chemin, il va vous falloir le suivre en restant toujours sur l’itinéraire le plus évident. Quand les hauts murets de soutènement des terrasses disparaissent, le chemin coupe un petit ruisseau, le Correc del Menter. Là, il faut enjamber une clôture et continuer sur un large chemin creux. Il file légèrement à gauche en s’élevant doucement. Il est encadré de petits murets en pierres sèches en partie effondrés. Sur votre droite, il y a de grands pierriers, résultats des épierrements effectués dans le vaste verger se trouvant sur votre gauche. C’est dans ce champ que j’ai eu la magique jubilation de surprendre une première harde de sangliers. Ils étaient enfouis dans les hautes herbes et je ne voyais que le dos des adultes les plus énormes. Je suis resté plus de 10 minutes assis sur le muret à les observer et à les photographier paisiblement. Le plus gros est même passé sous mes pieds et à moins d’un mètre de moi sans me voir. Il était si près que sur la photo que j’ai prise, on aperçoit seulement un œil et une partie de son groin. A bout d’un long moment, un sanglier m’a aperçu, il s’est figé, s’est mis à grogner, les grognements se sont amplifiés et la harde s’est mis en branle puis a détalé. Là, ce fut un grand spectacle car outre les cinq ou six gros que j’avais pu discerner, c’est plus d’une trentaine de sangliers de toutes les tailles qui se carapataient. Les hautes herbes se couchaient et je voyais détaler toute une marmaille de marcassins de tous âges et aux pelages rayés d’une multitude de bariolages différents. Les plus gros étaient devant, puis les autres suivaient presque par ordre de taille. Les marcassins étaient les derniers et slalomaient dans les couloirs formés par les adultes, probablement à la recherche de leur mère dont ils avaient un mal fou à suivre l’effluve dans cette débandade. Ils partaient en direction de la rivière et dans de hautes fougères où finalement ils ont tous disparu. Je me suis remis en route avec des sentiments partagés, car j’étais à la fois très heureux d’avoir assisté pour la première fois à une telle scène et attristé de les avoir effrayé dans leurs ripailles. Quelques mètres plus loin, j’ai encore aperçu deux gigantesques sangliers dans une pinède sans pouvoir les photographier correctement. Comme je les avais quelque peu suivi dans la forêt, je suis parti en direction d’un orri dont je savais que certaines chauves-souris l’occupent en principe, dès les premiers beaux jours. Effectivement, une dizaine de Petits Rhinolophes (Rhinolophus hipposideros) étaient là, pendus au plafond de la cabane. A ma vue, quelques uns se sont enfuis par la porte, mais la plupart, ceux les plus éloignés de l’entrée, n’ont pas bougé. Je me suis assis dans l’orri pour les photographier et malgré la pénombre, j’ai réussi à prendre quelques convenables photos. Je suis reparti pour rejoindre l’itinéraire du Chemin de l’Orriet que j’avais quitté et là, c’est un beau lézard vert, un mâle, bleu et vert, qui m’arrêta une fois encore au niveau d’un amoncellement de branchages. Décidément, je n’arrivais pas à avancer, j’étais encore tout près d’Urbanya mais je ne m’en inquiétais pas pour autant car j’avais toute une longue après-midi devant moi. J’ai traversé le boueux Correc de l’Espinas, le sentier s’est quelque peu élevé et je suis sorti à l’air libre me retrouvant immédiatement au milieu d’un maquis très fleuri mais un peu clairsemé. Si la végétation était clairsemée, elle n’était pas déserte pour autant, mais ici, les animaux étaient plus petits, plus grouillants et surtout plus aériens. Une variété incroyable de papillons et d’insectes de toutes sortes s’était donnée rendez-vous dans une flore magnifiquement colorée. Les senteurs des genêts les enivraient puis ils se dispersaient sur les autres fleurs si multiformes et si multicolores. Tout ce monde merveilleux était un frein à ma randonnée mais à vrai dire, je m’en foutais un peu car en réalité j’étais là pour ça. Découvrir et observer la Nature avec un grand « N » ! Les paysages s’entrouvraient de tous côtés mais le plus beau des panoramas se trouvait dans mon dos et sans cesse, je devais me retourner pour en profiter pleinement. Dans la même ligne de mire biscornue que formait le ravin, il y avait le Mont Coronat puis le Canigou. Ce ravin, c’était la Vallée des Seigneurs,  c'est-à-dire une longue dépression zigzaguant de l’endroit ou je me trouvais, et même bien plus haut, jusqu’à Ria.  Une multitude de cours d’eau descendant des montagnes avait creusé tout autant de dépressions. Les montagnes, elles, étaient toutes travesties de larges faîtages verdâtres avec un nombre de nuances  de vert carrément incalculable. Dans ce décor incroyablement verdoyant, les arbres fruitiers aux fleurs blanches jouaient magnifiquement les intrus. Avant d’arriver à proximité du lieu-dit l’Orriet, à l’endroit même où se trouve un mas en partie éventré, je suis descendu vers la rivière Urbanya. A cet endroit,  je savais que j’y trouverais quelques cuvettes d’une eau limpide et suffisamment profondes pour un bain sans doute très rafraîchissant à cette époque de l’année. Mais peu importe, il faisait chaud, j’avais envie de me baigner et en plus l’eau froide ne m’a jamais trop dérangée. Je savais aussi que ces cuvettes seraient les dernières car ici la rivière Urbanya s’écarte et laisse la place à son affluent le Correc du Coll del Torn, beaucoup moins torrentueux. Je suis descendu, ai pris mon bain dans le plus simple appareil, suis resté un quart d’heure à profité du soleil puis j’ai repris ma balade beaucoup plus fringant qu’auparavant. Après le mas de l’Orriet, or mis un rapace chassant dans le « correc » mais que je n’ai pas réussi à photographier, plus rien ne m’a arrêté. Je suis donc arrivé au Correc de Gimelles et c’est dans ce sous-bois bourbeux que commence la partie hors sentier évoquée au début de cet article. Le chemin a existé mais les vieux murets qui l’encadrent, encore visibles par endroits, ont été chamboulés par une végétation ayant repris ses droits. J’ai donc fait le choix de suivre la « caminole » (**) la plus visible. Elle suit le correc mais tout en montant, il faut s’en écarter d’une dizaine de mètres vers la droite puis se faufiler tant bien que mal au milieu de quelques roches et d’une végétation ligneuse et donc acerbe. On est donc soulagé d’atteindre une large piste herbeuse. Cette piste sépare les lieux-dits « El Rocater » de celui de « Martiac ». Ce lieu-dit « Martiac », j’ai déjà eu l’occasion de l’évoquer dans ma balade au « Canal d’Urbanya » pour vous dire qu’il s’agissait sans doute des « Mollères de Martisag », petit territoire d’élevage qui avait fait l’objet d’un acte de donation entre le seigneur Guillem-Bernard de Paracolls et les templiers du Mas Deu. C’était le 16 juin 1186. Ce document a la particularité d’être la première évocation écrite d’Urbanya. De nos jours, cette contrée est essentiellement forestière mais je me suis promis d’aller voir s’il y avait encore quelques vestiges de cette séculaire occupation templière. En tous cas, en arrivant sur cette piste, j’ai eu l’énorme bonheur d’y apercevoir un chevreuil en contrebas et comme il n’était pas spécialement ni agité ni apeuré, j’ai eu tout le loisir de le photographier entrain de brouter. Etonnamment, il n’a jamais relevé la tête même au moment de s’enfuir. Les papillons et les oiseaux étaient également nombreux mais la plus belle émotion fut ces deux jeunes daguets que j’ai surpris au milieu de fougères desséchées. Eux aussi, j’ai eu le temps de les photographier mais ils m’ont vite repéré et aussitôt ils se sont enfuis. Je me suis assis sur l’herbe tendre du chemin pour manger quelques biscuits car de cet endroit, je dominais magnifiquement le vallon d’Urbanya avec pour horizon, un grandiose Massif du Canigou où s’accrochaient quelques neiges tenaces. Après ce court entracte, je suis reparti et peu après, j’ai failli mettre le pied sur une vipère, laquelle, étrangement, semblait dormir dans une flaque d’eau qu’un ru avait formé au milieu du chemin. Ici, de l’eau, il en coulait de toutes parts car les pluies des quelques jours précédents avaient rempli de nombreuses petites  « fonts » habituellement asséchées. Le chemin s’est longuement poursuivi en balcon puis j’ai fini par atteindre le col de Les Bigues que je connaissais désormais très bien car il y a ici une entrée donnant sur le Domaine de Cobazet. Ici, il y a plusieurs alternatives pour redescendre sur Urbanya et j’ai choisi le sentier dit des Escocells. Le ciel s’était quelque peu ennuagé et comme la luminosité était moins bonne, j’étais moins enclin à prendre des photos. De ce fait, mon allure est devenue soudain plus alerte. Dans le ravin du Correc du Serrat de Las Bigues, à l’endroit même où se trouve un obscur petit bois de noisetiers, j’ai surpris des marcassins. Ils avançaient vers moi mais avec la truffe constamment au ras du sol et par conséquent, ils ne m’avaient pas repéré. Je me suis assis tranquillement pour les photographier mais je pestais car le bois était si sombre que je n’arrivais pas à faire une mise au point satisfaisante du capteur de mon appareil photo. D’un autre côté, il n’était pas question d’enclencher le flash au risque de les voir s’enfuir. J'étais bien embêté. Ils étaient à seulement 3 ou 4 mètres de moi, à fourrager la terre de leur groin quand tout à coup la mère est arrivée. Elle ne m’a pas vu non plus mais tout en fouinant elle aussi, elle est descendue dans le lit du ravin. Ses rejetons la suivaient docilement et malgré les piètres prises de vues que je prenais, au fond de moi, je me disais que j’avais beaucoup de chance d’assister à un si beau et si rare spectacle. Assis où j’étais, je les ai finalement perdu de vue mais en me relevant, j’ai mis le pied sur une branche sèche et le « crac » qui s’en est suivi les a fait détaler. Etrangement, au lieu de partir à l’opposé, j’ai vu la petite harde arriver vers moi avec la laie qui ouvrait la course et les marcassins qui péniblement tenter de la suivre. A ma vue, elle a stoppé net, est restée pétrifiée une poignée de secondes puis elle est repartie en direction d’une lande très épaisse de prunelliers et de cistes dans laquelle la petite troupe s’est engouffrée comme dans du beurre, alors que la végétation aurait été sans doute blessante car piquante à l’extrême pour n’importe quel humain. Le reste de la descente fut plus monotone. Le ciel était devenu blafard et les décors sur le vallon avaient beaucoup perdu de leur charme que j’avais connu si verdoyant et si lumineux toute l’après-midi. J’ai retrouvé le village, les oiseaux qui me sont familiers  puis Dany et nos chats sur la terrasse de notre petite maison. Avec, un enthousiasme sans doute exubérant, je me suis mis à lui raconter tout ce que j’avais fait, vu et photographié. Elle avait du mal à me croire et s’est contentée de me dire « tu exagères ! ». « Non, je te jure, je n’exagère pas et tu verras quand j’aurais terminé mon diaporama de photos ! ». Voilà, le diaporama est terminé, elle a eu la faveur de le voir la première et a été enthousiasmée elle aussi. La nature est superbe à Urbanya mais elle pourrait être encore plus belle et sans doute beaucoup moins craintive et inversement visible si la période de chasse n’était pas aussi longue. C’est mon point de vue mais ça ne sera sans doute pas celui de mes « amis » les chasseurs. Ils participent aux débroussaillements des chemins et je les en remercie, enfin quand le chemin en question les intéresse vraiment mais ça ne semble pas être le cas après le lieu-dit l’Orriet. Cette balade, telle qu’expliquée ici,  a été longue de 8,160 km. Le dénivelé est de 503 mètres entre le point le plus bas à Urbanya, à 856 m et le plus haut à 1.359 m au col de Les Bigues. Les montées cumulées se sont élevées à 807 mètres. Jamais sur une aussi courte distance et sur un si petit périmètre, je n’avais photographié autant d’espèces différentes de fleurs et d’animaux : une cinquantaine de fleurs, une vingtaine de papillons, une quinzaine d’oiseaux plus toutes les autres créatures incluant des mammifères, des reptiles, des batraciens et autres insectes….et encore faut-il que je sois conscient de tout ce qui est passé inaperçu à ma perspicacité. Carte IGN 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25.

     

    (*) Orriet et Ourriet : Quand on s’intéresse à la géographie et à la cartographie, on sait que les cartes, plans et autres cadastres peuvent présenter un grand nombre d’imprécisions. Et même si les moyens de repérage et de mesures géographiques, satellitaires notamment, sont de plus en plus précis, l’Histoire, elle, quand elle est erronée est difficilement modifiable. Je parle ici de l’Histoire des noms des lieux figurant sur ces documents, discipline devenue science au cours du 19eme et qu’on appelle la toponymie. La toponymie basée le plus souvent sur une étymologie très ancienne et populaire sera toujours nébuleuse. C’est le cas ici à Urbanya avec ce « Chemin de l’Ourriet » que l’on trouve ainsi écrit sur la carte cadastrale alors que la carte I.G.N, elle, mentionne le lieu-dit « Orriet », sans « U », à l’endroit même où passe ce chemin. Alors quel nom est le bon ? Qui a commis une erreur ? Les géographes ou les géomètres-experts du cadastre ? Est-ce vraiment une erreur ? Il est presque impossible de répondre à toutes ces questions sauf à faire des recherches et à trouver des documents sans doute très anciens fournissant une mention, une explication, une précision voire nous orientant vers une éventuelle hypothèse. Et encore. Ici, concernant les deux noms  « Orriet et Ourriet », le mystère n’est pas prêt de s’éclaircir. Tous les toponymistes sont d’accord pour affirmer que l’« Orriet » est le diminutif de l’ « orri », nom pouvant indifféremment signifier un abri de berger en pierres sèches ou au sens un peu plus large, un lieu de pâturage pour ovins et caprins. Les lieux de pâturages ont été très nombreux dans les montagnes tout autour d’Urbanya et les abris de berger le sont encore. Mais « Orriet » c’est également un nom de famille, peu répandu il est vrai, mais surtout présent dans le département du Finistère. Toutefois, en cherchant dans les sites Internet de généalogie, j’ai trouvé un acte de mariage de 1708 à Céret concernant une certaine Thérésa Orriet. Cette famille Orriet possédait-elle un bien à Urbanya ? Rien ne le dit. Le patronyme « Ourriet » avec deux « R » existe aussi, guère plus répandu, dans l’est de la France principalement, mais je n’ai pas retrouvé d’actes dans le 66 et pas plus pour « Ouriet » avec un seul « R » pourtant nettement plus courant dans toute la France. Voilà ce que l’on peut dire de ces deux noms mais il faut reconnaître que les recherches pourraient être beaucoup plus poussées, encore faudrait-il s’en donner la peine. Je préfère marcher !

    (**) Caminole : C’est la sente tracée par le troupeau.

     

     

     


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  • LE MONT HELENA............................ par jullie68

    Diaporama sur une musique jazzique de Paul RELLER "A Casual Emergency" jouée par le groupe Rob Dewey Trio

    Le Mont Helena (776 m) depuis Caixas (363 m)

    Le Mont Helena (776 m) depuis Caixas (363 m)

    Cliquez sur les photos pour les agrandir


     

    En ce mardi 17 mai, nous voilà partis, Dany et moi au fin fond des Aspres les plus sauvages, en direction du hameau de Caixas (il faut prononcer Quechass ou Cachass), car nous avons décidé d’aller gravir le Mont Helena  que nous ne connaissons pas. Comme je le fais la plupart du temps, j’ai planifié cette randonnée depuis quelques temps déjà, j’ai étudié le parcours et enregistré un tracé dans mon G.P.S, et surtout j’ai tenté de rassembler un maximum d’informations concernant ce modeste mais prédominant sommet du piémont pyrénéen. Bien évidemment, lors de ces recherches, je me suis intéressé à sa toponymie qui comme chacun le sait est une « science inexacte » qui étudie l’origine des noms propres, leur signification, leur ancienneté, leurs attaches avec les langues et leurs éventuelles évolutions et variations. Alors bien sûr quand on s’intéresse à la toponymie d’un lieu, on sait inévitablement et par avance que l’Histoire avec un grand « H » n’est jamais très loin. Les deux disciplines m’intéressent énormément, et encore plus quand je me dois me rendre dans un lieu, comme c’est le cas ici.  Faire ces recherches ressemblent très souvent à une enquête policière avec la quasi certitude de rebondissements inéluctables. Alors, avec la toponymie de ce « Mont Helena », je n’ai pas été déçu de ce voyage à remonter le temps et je pars avec la tête pleine d’histoires parfois vieilles de plus de 17 siècles. Si j’avais du répondre à la question « pourquoi selon vous ce mont des Aspres s’appelle-t-il Helena ou Hélène ? », j’aurais soit donné "ma langue au chat" soit j'aurais peut être penser à Hélène de Troie, personnage majeur dans l’Iliade et l’Odyssée, récits homériques que j’avais survolés dans ma jeunesse, me souvenant surtout d’un péplum retraçant son histoire. C’est donc la première Hélène célèbre qui me serait venue à l’esprit.  Eh bien non et si j’en crois le toponymiste Michel Sauvant, il ne s’agit pas d’Hélène, la déesse mythologique, fille de Zeus et décrite comme une des plus belles femmes du monde mais d’une autre Hélène, en chair et en os celle-ci, impératrice romaine, canonisée et surtout connue comme étant la mère de l’empereur romain Constantin 1er. Elle a eu une destinée hors du commun et très romanesque passant d’une origine très modeste et d’une position de « servante d’auberge » voire peut être de « prostituée » jusqu’à s’élever dans les plus hautes sphères impériales.  Son fils Constantin n’étant pas en reste au niveau destin fabuleux, là, on part dans un dédale historique où se mêlent authenticités, croyances et légendes. De ce fait, j’aime autant mettre le développement de ce toponyme au bas de mon article tant il est long (*). La balade, elle, démarre de Caixas, modeste village dont la commune est en réalité composée d’une multitude de mas (ici on les appelle des veïnats) formant 4 hameaux principaux, très distants les uns des autres, qui sont du nord au sud, Sainte-Colombe de las Illas, Candell, Fontcouverte et bien évidemment Caixas, d’où nous démarrons. La voiture est laissée devant le cimetière et nous remontons la courte D.2b pour rejoindre la D.2 que nous poursuivons vers la gauche, c'est-à-dire en direction de Montauriol. Très vite, un panneau signalétique « Chapelle Saint Marc » et « Camp del Fourn » nous indique de prendre à droite une autre voie carrossable mais indiquée comme étant sans issue.  C’est le bon itinéraire malgré tout. Le bitume se termine devant le portail d’une belle propriété et laisse la place à un large chemin terreux partant vers la droite. La suite est parfois moins évidente car d’autres chemins partent dans diverses directions et il faut prêter attention à quelques cairns pas toujours bien visibles sur le bas-côté de l’itinéraire à emprunter. Mon tracé G.P.S pallie à ces hésitations et finalement le chemin vers la chapelle Saint Marc devient le plus certain. Cette très vieille chapelle préromane est sans doute antérieure à l’an 1000 mais sa première mention écrite date de 1020. Elle est blottie dans un sous-bois de chênes mais visible au promeneur curieux qui ira jusqu’au bout de ce cul de sac.  Initialement, elle était dédiée à Saint Cucufat, nom d’un saint martyr du 4eme siècle et ne signifiant pas « gros cul » en anglais comme on pourrait le penser. Elle a plusieurs particularités et tout d’abord celle d’avoir une nef unique parmi les plus hautes du département, il faut dire que cette dernière a été surélevée au 11eme siècle et même fortifiée quelques siècles plus tard.  Ensuite, elle dispose d’une pierre gravée d’une croix avec les lettres grecques Alpha et Oméga symbolisant l’éternité du Christ. Cette croix est située au dessus de l’arc triomphal dont on dit qu’il serait d’origine et donc antérieur à l’an 1000. La voûte actuelle en plein cintre est venue certainement remplacée une charpente initialement en bois. La chapelle est dédiée à Saint Marc depuis le 15eme siècle et bien que classée aux Monuments Historiques, elle a beaucoup souffert de son isolement et de son éloignement de toutes juridictions religieuses et par conséquent de ses fidèles. Aujourd’hui, nous découvrons des autels très fleuris, preuves que des croyants reviennent malgré la difficulté du chemin et les défections passées. Sa porte est assez typique des églises catalanes avec des pentures simples et plates mais avec des doubles volutes décoratives en fer forgé sur chacun de ses vantaux. Elle reste néanmoins originale car elle dispose de diverses gravures sur son trumeau avec notamment la tête d’un lion ailé, symbole de l’évangéliste Saint Marc. Une petite statuette noire est accrochée à un des ces battants, représentant sans doute Saint Marc mais la tête a définitivement disparu. Après cette jolie découverte, il faut rebrousser chemin et prendre le premier chemin partant à droite. 500 m plus loin, il faut encore tourner à droite puis poursuivre ce large chemin qui soudain se transforme en un sentier très étroit commençant à s’élever assez brutalement. Voilà, nous sommes entrain de grimper les flancs du Mont Helena. Sur ce tronçon après la chapelle Saint Marc, moi je suis complètement absorbé entre l’examen presque permanent de mon G.P.S et le regard quasi constant que je jette sur la flore de ces Aspres que je n’avais jamais imaginée aussi luxuriante et aussi diversifiée. En outre et comme il se doit pour un printemps qui se respecte, cette flore est accompagnée d’une faune entomologique toute aussi surprenante. Entre les fleurs et les papillons, les paysages et les  panoramas qui s’entrouvrent malgré un ciel un peu trop plombé à mon goût, mon appareil photo ne sait plus où tourner son objectif. Je m’aperçois aujourd’hui que j’ai bien trop délaissé les Aspres au cours de mes balades pédestres et je me promets de rectifier le tir à chaque fois que l’occasion m’en sera donnée. La pente s’accentue et reprendre son souffle tout en restant dans la contemplation devient le bon réflexe. Pour cela, le mieux est de s’arrêter et de se retourner. Tout en montant vers le sommet, je m’aperçois que la petite brise venant de la mer laisse peu à peu la place à un vent plus soutenu venant du nord. De petits pans de ciel bleu qui tachetaient essentiellement le Conflent et la Plaine du Roussillon lors du démarrage s'épanouissent au dessus de nos têtes sans pour autant faire disparaître totalement cette grande chape nuageuse grisâtre qui chapeaute tout le reste du département. Il ne pleut pas et c’est bien là l’essentiel. Finalement, le sommet est là avec sa vigie contre les incendies. Nous allons y passer plus d’une heure à pique-niquer à son pied, à nous prélasser et moi, à observer la nature et à la photographier. Grâce à une « bonne » tramontane, les nuages se sont clairsemés, le ciel est redevenu bleu, les paysages lointains se sont dévoilés  et seule une longue écharpe nuageuse grisâtre s’étire du pic du Canigou jusqu’aux flancs des Albères. Au loin, vers le nord, de gros nuages gris noir hésitent à se détacher de la ligne des Corbières.  Ici au sommet, la luminosité est quasi parfaite pour mes photos. Les photos « tristounettes » que j’avais prises en arrivant, je les renouvelle désormais avec ce ciel si pur. Malheureusement, cette chape nuageuse recouvre encore une bonne portion de l’est des Aspres et comme d’autres nuages arrivent poussés par la tramontane, ce beau temps sur le mont Helena reste incertain et risque d'être éphémère. On fait avec et pour l’instant nous sommes ravis de ce soleil retrouvé. En redémarrant, nous découvrons la « fameuse » chapelle du Mont Helena où tout du moins ce qu’il en reste, c'est-à-dire les basses ruines de son modeste chevet et un autel rudimentaire surmonté d’un petit oratoire. Je me souviens des écrits du toponymiste Michel Sauvant qui disait que des pèlerinages y étaient effectués régulièrement. Sans doute, évoquait-il l'Antiquité, le Moyen-Âge ou la Renaissance ? Aujourd’hui, les seuls  pèlerins sont quelques vaches blondes, sans doute d’Aquitaine, qui déambulent tout autour en quête d’une herbe tendre pas toujours facile à trouver dans ce maquis méditerranéen. Nous laissons les vaches à leur pénitence gloutonne mais inassouvie et prenons la large piste descendant vers le col de Prunet de Baix.  Depuis la piste filant au pied d’une vieille carrière, nous embrassons des vues magnifiques en direction du Canigou et vers une grande portion sud-ouest du département. On arrive même à distinguer le beau Prieuré de Serrabonne enfoui dans la végétation et plus loin encore, le reconnaissable Pech du Bugarach. Le col est là, coupé par une petite route asphaltée. Nous la traversons pour prendre un sentier qui file dans la continuité de la piste qui nous a amené jusqu’ici. Par bonheur, mon G.P.S  est resté allumé et il nous rétablit très vite de cette erreur commise. En réalité, le bon itinéraire est à gauche du col et donc quelques mètres plus bas que le sentier initialement pris.  Des marques rouges peintes sur des arbres en indiquent le départ dans ce sous-bois de chênes verts. Quelques mètres plus loin, le sentier coupe à nouveau la route et nous entraîne en surplomb de l’imposante chapelle « Nostra Senyora del Coll ». Par une sente escarpée et abrupte, nous la rejoignons avec l’espoir qu’elle sera ouverte. Elle l’est et de cet ancien ermitage dont la première mention remonte à l’an 975, apparaît une vaste salle étonnamment claire malgré l’étroitesse d’une seule ouverture sur son fronton principal. Elle est d’une belle sobriété avec ses arcades successives et ses trois autels en guise de mobilier. Je ne vous en raconte pas l’Histoire d’autres bien plus érudits que moi la proposant déjà sur leur site Internet. Nous terminons cette visite à en faisant le tour, découvrant au passage un vieux puits puis un oratoire perché au sommet d’une butte. Nous repartons vers le sentier quitté au préalable pour constater qu’il ne va guère plus loin car largement embroussaillé. Nous n’avons pas d’autres choix que de rejoindre la route asphaltée pour retourner à Caixas. C’est la partie la plus fastidieuse de cette jolie balade que j’occupe comme toujours à la photographie de la flore et de la faune. La balade s’achève par une rapide incursion au centre de Caixas : belle mairie, agréable placette avec de jolies et amples vues aériennes sur une partie des Aspres que je ne soupçonnais pas aussi séduisantes. Nous terminons par l’église paroissiale dont l’Histoire précise qu’elle aussi serait très ancienne car mentionnée dans un texte en 1271. Initialement dédiée à Saint Jacobi et Cucufat, elle est désormais consacrée à Saint Jacques le Majeur. Ainsi s’achève notre randonnée au Mont Helena, une randonnée sous le signe manifeste de la chrétienté. Chrétienté avérée concernant Hélène devenue sainte pour les églises catholiques et orthodoxes pour avoir découvert « la Vraie Croix ». Chrétienté sous-jacente, si j’en crois les explications de Michel Sauvant quant à la toponymie du Mont Helena (*). Chrétienté évidente quand au nombre de chapelles et d’églises que l’on découvre ou que l’on aperçoit au cours de ce petit circuit pédestre. Je ne prendrais qu’un seul exemple, celui de la chapelle Sant Marti de la Roca que l’on aperçoit depuis le Mont Helena.  Il y a bien d’autres chapelles romanes ou préromanes dans les Aspres et toutes les découvrir prendrait sans doute plusieurs semaines. Sur le chemin du retour, nous nous contentons de celle de Fontcouverte blottie dans un superbe cadre de verdure. Je ne suis pas croyant mais j’aime les chapelles et j’avoue ne pas comprendre cette polémique selon laquelle le christianisme ne serait pas la religion « traditionnelle» de la France et celle de l’Europe. A qui peut-on ou veut-on faire croire une telle ânerie, or mis à un adepte de la pensée unique ?  Cette balade est longue de 11 km environ. Les montées cumulées s’élèvent à 795 m. Entre le point le plus bas à 363 m d’altitude à la mairie de Caixas  et le plus haut à 776 m au Mont Helena, le dénivelé est de 413 m ce qui en fait une balade moyennement facile.  Un dernier conseil si vous devez l’accomplir : ne vous chaussez pas avec des sabots, même si c’est ceux d’Hélène et si vous n’êtes pas capitaine….., mais avec de bonnes et hautes chaussures de randonnée, le terrain est tout de même caillouteux. Carte I.G.N 2449 OT Céret – Amélie-les-Bains – Palalda – Vallée du Tech Top 25.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             

    (*) Toponymie du Mont Helena : Le toponymiste Michel Sauvant développe cette thèse dans le cadre d’une longue étude personnelle réalisée sous le nom latin de « Stevi Codex » ou « Code de Stevus » dont il est le découvreur et dont le principe serait que le sens précis de très nombreux toponymes n’apparaîtrait qu’en regroupant leurs noms par triades c'est-à-dire par trois, le plupart de ces triades pouvant être traduites ensuite sous la forme de phrases compréhensibles à partir de l’interprétation de toponymes médiévaux retrouvés dans un écrit « apocryphe ». Ecrit en latin du 4eme siècle d’un certain Stevelus, fils d’un certain Stevus. Voilà ce qu’il écrit à propos du Mont Helena dans un texte intitulé  «Les toponymes parlant de la famille de Stevus »  : « Au dessus de Caixas, il y a les sommets suivants : Pla Valetta, Puig Esteva, Mont Helena. Les mots « Vale » et « Valete » étaient employés pour dire « Adieu » à une ou plusieurs personnes. C’était aussi le début d’épitaphe le plus simple et le plus courant à l’époque romaine. Ces mots peuvent se traduire respectivement mot à mot par « porte-toi bien » et « portez-vous bien ». Helena est probablement la mère de l’empereur Constantin. Elle est devenue plus tard Sainte Hélène. C’était un personnage emblématique pour les chrétiens de cette époque. A 80 ans, juste avant sa mort vers 328, elle a découvert la Sainte-Croix à Jérusalem. Du fait que le seul autre sommet à porter un nom « à la Stevus » est Stavellum qui porte le nom de Stevus-le cadet, je considère que c’est lui qui a fait cette épitaphe. Son sommet est en fait une signature. On peut alors penser qu’il a dû faire une épitaphe qui associe la mère de l’empereur et son père Stevus, premier chrétien de la famille sous la forme: « Valete Helena Steve». Le « e » final pour Stevus est la marque du vocatif masculin. De même que le « a » final de Helena. C’est ainsi qu’on prononçait le nom des gens à qui on s’adressait. « Steve » est simplement devenu « Esteva » dans la langue catalane. A noter qu’il y a eu pendant longtemps une sorte de pèlerinage régulier vers le Mont Helena qui avait d’ailleurs une chapelle en son sommet. ». Bien évidemment, il faut lire l’ensemble de l’étude et des textes de Michel Sauvant, accessibles sur Internet, pour comprendre sa démarche et comprendre, qu’au 3eme et 4eme siècle, et selon lui, Stevus était un personnage chrétien important du « Pagi Ruscienonensis » ayant pour capitale Ruscino, notre Roussillon d’aujourd’hui et qu’il était un contemporain de Constantin 1er. De ce fait, Stevus aurait eu une influence certaine sur l’empereur et sur sa foi chrétienne. Ensuite, il faut bien évidemment s’intéresser aux principaux protagonistes historiques à savoir Hélène, épouse et mère des empereurs respectifs que sont Constance Chlore et Constantin 1er. Là commence réellement l’autre partie la plus captivante de ma recherche car on s’aperçoit que ces trois personnages ont eu des destins extraordinaires et de ce fait, ils ont laissé des empreintes et des souvenirs indélébiles dans l’Histoire de notre Humanité, avec deux grands « H » et par là même dans notre modeste pays catalan, surtout la mère et le fils. Je vous laisse le soin de découvrir leur vie sur l’Encyclopédie Wikipédia ou sur d’autres sites Internet. Sur Wikipédia, leurs vies sont résumées mais amplement suffisantes pour la compréhension du toponyme. On connaît de nombreux noms de lieux portant le nom de Sainte Hélène, de Sainte Helena ou ayant un rapport avec Constantin, les villes les plus connues étant Constantinople, actuelle Istanbul et Constantine en Algérie. En Catalogne, il y aussi la ville de Constantí, dans la province de Tarragone. Notons toutefois, pour la petite histoire de notre région, qu’Hélène a laissé aussi son nom à la ville d’Elne, anciennement Illibéris et selon Michel Sauvant, on ne peut ignorer la proximité des dates lors du changement de noms de plusieurs villages roussillonnais environnants. Il pense que l’on doit ces changements de noms et notamment celui d’Elne à Constantin 1er sur les recommandations de ce « fameux » Stevus. Mais Elne, tel qu’on l’écrit aujourd’hui n’existait pas encore. Après avoir été une hypothétique « Pyrène » puis une vraisemblable « Illibéris », des écrits moyenâgeux, donc plus tardifs, attestent de la présence supposée d’un préalable « Castrum Helenae » entre 328 et 350, nom sans doute d’un domaine ou d’une propriété ayant appartenu au célèbre empereur,  plusieurs hypothèses possibles étant avancées quand à la raison de cette dénomination. Ce « château Helena » s’étant ensuite modifié en Elne au fil du temps et par simplification verbale. Quand à une explication concernant la toponymie du Mont Helena, datant sans doute de la même époque, il avance que ce sommet était la montagne « la plus formée » et par déduction la plus visible depuis la cité d’Elne, ce qui reste peut être discutable au regard des Albères bien plus proches et bien plus hautes mais il est vrai au nombre plus abondant de promontoires. Acceptons que la toponymie ne soit pas une science exacte mais pour autant, elle n’en reste pas moins intéressante. Un grand merci à Michel Sauvant et à Wikipédia qui nous apprend en sus que le Mont Helena a été le haut-lieu d’une découverte géologique incroyable : « En mai 1981, dans une fissure karstique du mont Helena fut découvert un gisement pliocène. Les fouilles ont exhumé quinze espèces de rongeurs, dont Occitanomys montheleni, nommée d'après ce site. ». Une chose est donc quasi certaine, l’empereur Constantin 1er n’est jamais monté au Mont Helena car il aurait été sans doute « ravi » d’apprendre que ce sommet auquel il a donné le nom de sa mère était (ou a été) un lieu infesté de rats. Il aurait été aux anges aussi de constater que quelques siècles plus tard le nom d’Helena a été donné à un rat lui-même ! Comme quoi, on peut être empereur ou impératrice, laisser des traces impérissables dans l’Histoire et ne pas se douter qu’un beau jour, votre nom sera lié pour l’éternité à un modeste rongeur.

     


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  • LE SENTIER DES DOLMENS EN FENOUILLEDES depuis... par jullie68

    Diaporama sur la musique "Lifelong Fiction" d'Aphilas

    Le Sentier des Dolmens en Fenouillèdes depuis Ansignan (pont sur l'Agly)

    Le Sentier des Dolmens en Fenouillèdes depuis Ansignan (pont sur l'Agly)

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    « Le Sentier des Dolmens en Fenouillèdes vous permettra de partir sur les traces de nos ancêtres préhistoriques ». Voilà la toute première description que vous trouverez de cette randonnée sur le panneau se trouvant sur la ligne de départ située à proximité du paisible village d’Ansignan.  Alors, attention, ne partez pas avec l’idée que vous marcherez dans les pas ou les empreintes de l’Homme de Cro-Magnon ou de celui de Tautavel. Non ! Ici le mot « traces », ce sont tout simplement les dolmens eux-mêmes et pas grand-chose de plus, c'est-à-dire les manifestations d’une existence humaine antérieure à l’écriture que les historiens appellent « préhistoire ». Les archéologues tentent d’être plus précis et pour eux, pas de doute, les dolmens ou mégalithes seraient les annales de morts annoncées entre la fin du Ve millénaire av. J.-C. et la fin du IIIe millénaire av. J.-C. Selon eux, les dolmens seraient tout simplement les ouvrages encore debout de nos « croque-morts » les plus anciens.  Oui, pour eux, les dolmens seraient des tombeaux, des tombes, des caveaux, des mausolées, des sépultures, en deux mots, des « pierres tombales » dressées par nos ancêtres. Ils en ont l’aspect. D’un autre côté, n’allez pas imaginer que cette balade est un cortège funéraire voire une procession funèbre. Non, il y a bien d’autres choses à découvrir tant sur le plan paysager, floristique ou faunique, enfin c’est comme ça que je l’ai vécu personnellement et cette balade n’a rien de mortifère, bien au contraire.  La ligne de départ est située après le pont qui enjambe l’Agly, à l’endroit même où la rivière se jette dans le lac de barrage de Caramany, soit  2 km environ avant d’arriver à Ansignan quand on vient de Rasiguères. Un petit parking est là où l’on peut aisément laissé plusieurs voitures. Une large piste démarre en face du parking et grimpe d’emblée dans un décor de garrigues. Ce décor a pour noms, Clot de Tury sur la droite de la piste et Taupels sur la gauche. Attention, prenez la piste la plus à droite et non pas celle qui file en bordure du lac. C’est la piste DFCI F66. Très vite, et tout en montant, une multitude de vues se dévoilent : sur le lac, sur Ansignan et son superbe aqueduc romain, sur le pic Lazerou, sur la Serre de Vergès et en face sur celle de Lansac. Pour moi, tous ces panoramas sont synonymes de mémorables et merveilleux souvenirs : ceux de quelques précédentes jolies balades mais surtout celle d’un inoubliable Tour des Fenouillèdes réalisé en 2011 avec mon fils. Et il en sera ainsi tout au long de cette journée. Pour atteindre le premier dolmen, nous allons mettre 45 minutes, il est vrai dans un rythme à rendre envieux le randonneur « corse » le plus nonchalant. Après tout, rien ne presse puisque nous allons voir des morts ? Non, blague à part, la contemplation des paysages, les fleurs, les oiseaux, les papillons, et les photographies à prendre de tout ça, sont autant d’excellentes raisons à cette agréable mais excessive lenteur, pour ne pas dire paresse.  Sous un ciel bleu azur et un chaud soleil printanier, cette douce musardise est pour moi un vrai bonheur. Un peu moins pour Dany dont la cadence est en général plus soutenue que la mienne. Normal, elle ne prend pas de photos. Ce premier dolmen a pour nom « Las Colombinos », traduction de « la colombine » sans doute plutôt que de la « colombienne » mais ne me demandez pas pourquoi. Probablement, faut-il y voir un rapport avec des oiseaux de la famille des colombidés.  On le trouve parfois sous la dénomination de « dolmen de Taupels », nom du lieu-dit où il se trouve. Je ne vous en fais pas la description détaillée car des personnes bien plus calés que moi l’ont déjà fait et les proposent sur leurs sites Internet. Sur place, un panneau le décrit et montre la manière dont il aurait été élevé. Il présente la particularité d’avoir deux gravures sur les quelques pierres subsistantes de son tumulus, raison pour laquelle on parle généralement d’ « art rupestre » pour définir ce type d’œuvres. Après ce premier dolmen, l’itinéraire continue son chemin en zigzaguant au milieu d’une grande prairie en jachères. Ici, la végétation de la garrigue laisse la place aux graminées et à quelques fleurs à hautes tiges du type chardons ou sauges, mais ça ne dure pas. On retrouve très vite les maîtres des lieux que sont les chênes verts et kermès ainsi que les cistes, les genêts, les bruyères arborescentes, les filaires et les oléastres. Dans cette épaisse verdure, paradis des insectes et notamment des papillons seuls apparaissent quelques vestiges d’un agropastoralisme d’antan, sous la forme de murets ou de cabanes en pierres sèches. Il va en être ainsi jusqu’à rejoindre le Rec de la Llèbre, étroit ruisseau où ne s’écoule plus qu’un mince filet d’eau.  Ce « Llèbre », « lièvre » en français, on le retrouvera lors du retour où il nous servira de fil conducteur. Dans l’immédiat, le lièvre et les deux tortues, ça pourrait être le titre d’une fable fabuleuse ! Pour l’instant, on ne fait que traverser ce ruisseau pour rejoindre Trilla, village déjà tout proche dont l'accès s’effectue par des chemins divers et variés mais au sein de quelques jardins potagers pour finir. Trilla est là et voilà qu’enfin, je vais pouvoir satisfaire à un dessein tant de fois remis à plus tard, celui de monter vers sa jolie table d’orientation. « Balcon de la Pêche », « Foun del Loup » et première et dernière étape du Tour du Fenouillèdes, voilà les différentes fois où j’ai repoussé l’idée d’y monter pour aller la voir. J’avais toujours une excuse, bonne quelquefois, mauvaise parfois : manque de temps, mauvaise météo, éloignement, pas sur l’itinéraire, pourtant la grimpette est courte pour l’atteindre et ne réclame que quelques minutes. Cette fois, c’est la bonne et Dany qui me précède comme souvent, a trouvé le balisage et le bon panonceau  «table d’orientation ». Elle me montre le chemin. En réalité, il s’agit de trois belles tables agrémentées de plusieurs carrelages peints. Ces carreaux coloriés décrivent les panoramas avoisinants les plus visibles et les horizons les plus lointains ainsi que la faune présente dans le secteur. Assis au pied des tables, nous retrouvons un couple de randonneurs, lesquels n’ont eu aucun problème à nous dépasser puis à nous distancer tant nous flânions Dany et moi. Les conversations avec ce couple sont fort intéressantes avec des sujets aussi variés que l’emploi, la retraite, le coût de l’immobilier dans le département ou les activités culturelles ou sportives dans nos communes respectives. Une seule « pierre d’achoppement » ou de discorde mais sans gravité porte sur les « troisième et quatrième dolmens ». J’ai beau leur dire qu’à ma connaissance et selon le panneau que j’ai lu au départ, il n’y aurait que deux dolmens sur ce « Sentier des Dolmens », rien ne semble les détourner de leur idée d’en découvrir un ou deux autres. J’ai beau leur dire qu’il y en a bien deux autres, mais du côté d’Ansignan et de Felluns, carte I.G.N à l’appui, rien ne semble les dissuader de leur projet d’en découvrir d’autres par ici.  Quand ils quittent les lieux, j’avoue les voir s’éloigner avec un sentiment oscillant entre envie de les voir disparaître car ils m’ont agacé et le découragement de n’avoir pas réussi à les convaincre. Dany et moi continuons à déjeuner dans le silence retrouvé. Nous profitons des belles vues panoramiques et plus ou moins lointaines et quand nos regards n’observent plus les horizons, c’est pour mieux apprécier les jeux amoureux de plusieurs papillons ou la besogne étonnante d’une guêpe fouisseuse creusant un trou dans la terre pour y dissimuler son futur repas. Le printemps est là et cette faune microcosmique n’est pas la moins intéressante quand elle se donne en spectacle. Nous repartons par un étroit sentier continuant de monter vers le sud et le point culminant de cette balade à 466 m.  Sur notre gauche, c’est une longue ravine qui serpente en descendant du Sarrat de l’Espinet puis plus loin, nous retrouvons la jonction avec le GRP du Tour du Fenouillèdes, synonyme pour moi de tant d’heureux souvenirs. Nous regagnons Trilla au milieu de champs tout roses car amplement garnis de bouquets de thym en fleurs.  Sa jolie église Notre-Dame de l’Assomption est déjà là avec sa belle mairie mitoyenne construite dans un style très «majorquin » que nous aimons beaucoup, moellons rouges et galets de rivière. Le balisage continue d’être très bon avec toujours les marques de peinture jaunes et les panonceaux toujours bien présents comme depuis le départ. Dany m’attend pendant que j’effectue un rapide aller retour vers le cimetière pour aller découvrir une minuscule chapelle dédiée à Sainte-Colombe et à la Vierge. Le petit cimetière est propret et bien ordonné et force est de reconnaître que depuis la préhistoire et l’époque des dolmens, il y a eu des avancées architecturales en matière mortuaire et que l’on gère mieux nos défunts, enfin tout du moins pour ceux qui reposent paisiblement ici. On poursuit notre parcours en direction du deuxième dolmen sous le regard interrogateur d’un âne à la robe blanche. Il vient nous voir et pointe ses longues oreilles par-dessus une large haie. Une haie bien trop large pour qu’on puisse lui consentir une offrande. Ici, l’itinéraire alterne route asphaltée, piste sableuse et chemin herbeux au sein de parcelles non cultivées ou plantées de vignes. A l’approche de la D.9b, le balisage semble disparaître et en tous cas, on ne le trouve plus. Le chemin devient plus incertain. On choisit l’option de poursuivre la route départementale et, 200 à 300 mètres plus loin, nous constatons avoir fait le bon choix car un panonceau « dolmen » nous oriente vers notre prochain objectif.  La suite devient plus claire et file en balcon, avec sur la gauche une légère déclinaison très verdoyante du terrain. Ce lieu-dit a pour nom « Camp del Prat », dont la traduction française le « Terrain du Pré » ou « Champ du Pré » est un toponyme pléonastique comme il en existe de très nombreux un peu partout. Le « Dolmen Los Apostados » que nous découvrons au dessus du chemin est également connu sous le nom de « Dolmen du Camp del Prat ». Un grand panneau en explique brièvement et imparfaitement l’origine mais donne la signification catalane du mot « apostados », c'est-à-dire « construit avec des pierres disposées les unes sur les autres ». Je note simplement que la traduction française du même adjectif espagnol signifie  « posté », « positionné », « stationné » en parlant par exemple de soldats. Le lieu se prête effectivement à une éventuelle surveillance militaire. Alors ? Ce panneau présente un deuxième intérêt qui est celui d’expliquer que le dolmen monumental, que l’on voit aujourd’hui, était en réalité sa partie la moins visible car à l’origine complètement recouverte de son tumulus, un peu comme si nous creusions autour de nos fosses tombales actuelles. Quelques photos et nous repartons cette fois vers l’arrivée, en prenant le plus grand soin à suivre un balisage jaune pas toujours évident. Il nous fait traverser un gros muret effondré, le longe, côtoie un abri pastoral rudimentaire et se poursuit vers l’est entre garrigues et vignobles. Finalement, on quitte ce plateau panoramique par un sentier qui descend en direction du ravin du Rec de la Llèbre mais sans jamais l’atteindre. Très souvent en sous-bois et pas toujours facile à cheminer, ce sentier offre peu d’ouvertures et donc peu de paysages, lesquels ne s’entrouvrent vraiment qu’au départ et à l’approche de sa terminaison sur la D.9b. Si je vous précise qu’il n’est pas facile c’est parce qu’à quelques secondes d’intervalles, Dany et moi avons chuté, heureusement sans aucune gravité. Composé de terre, de loess et de marnes gréseuses, le sentier est suffisamment abrupt par endroits pour que les petites billes de sables dures se transforment sous les godillots en autant de minuscules roulettes prêtes à faire tomber n’importe quel randonneur, y compris le plus prudent. Quand les paysages se dévoilent enfin sur la Serre de Vergès et la vallée de l’Agly, force est de constater que le Llèbre a profondément creusé son ravin. Le sentier se termine dans des champs au lieu-dit « la Payssère de la Figuerasse », ancien verger planté de figuiers sans doute et de nos jours amplement fréquentés par des passereaux car la terre y semble très fertile. Elle est composée de sables et d’argiles alluvionnaires où nos pieds ont la fâcheuse tendance à s’y engluer quand nous décidons de traverser le pré. Il faut dire que c’est ici que la rivière Désix, tant évoquée dans certaines balades précédentes, se jettent dans l’Agly et quand on sait que la Désix vient elle-même de récupérer les eaux de La Matassa et de bien d’autres « recs », c’est dire si ici les rivières ont amplement formaté les paysages et ont eu leur importance économique pour le pays. Les Romains ne s’y sont pas trompés, eux, qui ont construit à quelques encablures, le magnifique pont-aqueduc d’Ansignan, fonctionnant encore, malgré 17 siècles d’écoulement dans ses différents chenaux. Quand à nos ingénieurs modernes, ils ont rapidement compris que cette vallée était un vrai joyau aquifère et l’idée d’y construire un barrage avait germé depuis longtemps dans leurs têtes. En tous cas, si les rivières ont toujours eu de l’importance pour les hommes, ici les oiseaux ne sont pas hostiles à une cohabitation. Ils sont légions et nous en profitons pour faire une longue pause. Pour Dany, cette pause est consacrée à finir les restes de notre casse-croûte et pour moi à tenter de photographier quelques-uns de ces volatiles. J’ai appris qu’un Sentier des Oiseaux avait été crée ici à Ansignan. Après cette dernière halte culino-ornithologique, il est temps de rejoindre notre voiture. Elle est là toute proche à moins d’un kilomètre mais sur l’asphalte de la départementale, on pourrait presque penser qu’il y en a le double voire le triple à parcourir. Non, cette balade très vivante ; un paradoxe par rapport à ses objectifs initiaux que sont les sépultures dolmeniques ; a été longue de 11 km, pour un dénivelé de 285 m et des montées cumulées de 667 m, chiffres selon le tracé accompli et expliqué ici. Carte I.G.N 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25.


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  • LE CIRCUIT DES PONTS ROMAINS.....depuis Sournia par jullie68

    Diaporama sur la musique "Talk to me" de Miranda Shvangiradze


    Le Circuit des Ponts Romains depuis Sournia

    Le Circuit des Ponts Romains depuis Sournia

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    Au départ de Sournia, cette boucle que j’ai intitulée  le «Circuit des Ponts Romains », vous la trouverez parfois dans certains topo-guides ou sur des sites Internet sous la dénomination de « Sentier des Ponts Romains », « Sentier des Vieux Ponts » ou bien encore « Autour de la Désix ». Ils en existent de multiples versions et variantes, la mienne n’ayant que pour originalité de suivre la Désix au plus près de son lit lors du retour mais avec peut être le désagrément de bains de pied inévitables. Un comble, je l’admets, quand on prétend vouloir faire découvrir des ponts. Toutes ce appellations sont légitimes et il semblerait que la dénomination la plus usitée de « ponts romains » soit la plus discutable. En effet, les historiens s’accordent à dire que les différents vieux ponts, au nombre de deux voire trois et principaux objectifs de cette jolie balade pédestre, n’auraient rien d’antiques et seraient plutôt moyenâgeux.  Etant profane en la matière, je leur laisse l’entière responsabilité de leurs appréciations.  En tous cas, une fois les ponts découverts et visités, au-delà de leur belle architecture et de leur remarquable originalité, une évidence saute aux yeux : leur ancienneté !  Edifiés sur des rivières parfois très impétueuses voire carrément torrentielles et dévastatrices ; ici la Désix et la Ferrére ; ces ouvrages d’art ont su vaillamment résister au temps et surtout aux très nombreuses crues bouillonnantes que les époques précédentes n’ont pas manqué de voir défiler. Quelques restaurations ont parfois été réalisées mais si modestes au regard de ce que ces ponts ont pu endurer qu’il faut continuer à les regarder avec un œil admiratif. Souvenons-nous par exemple que le pays Fenouillèdes n’a pas été exempt du fameux « aiguât » de 1940 et bien que les estimations pluviométriques soient moindres qu’ailleurs, avec 200 à 300 mm en 24 heures à Sournia, ces précipitions orageuses ont été considérables.  Malgré les siècles, ces « ponts romains » sont encore bien debout  et continuent de garder leur destination première : pouvoir traverser la rivière facilement sans se mouiller les pieds.  Par ce constat, ces passerelles sont bien à l’image que la commune de Sournia s’était créée au fil des siècles passés, celle d’un village où la longévité n’était pas un vain mot et où vivre centenaire était presque devenu une banalité (*). A Sournia, la balade peut démarrer n’importe où, mais le lieu le plus approprié est la cave coopérative vinicole car c’est par là qu’on termine, à condition bien sûr d’y trouver une place pour garer sa voiture. Comme ça n’a pas été le cas,  j’ai laissé ma voiture à proximité du village de vacances Le Moulin, fermé à cette époque de l’année. Là, j’ai emprunté la D.619, direction Campoussy. J’ai traversé le pont « moderne » sur la Désix et j’ai poursuivi jusqu’à rencontrer la piste DFCI F80 filant à gauche. Si les vieux ponts vous intéressent vraiment, sachez qu’un ouvrage est déjà accessible en empruntant le premier chemin descendant à gauche, sur la D.619, elle précède la piste sus-indiquée. Peu de randonneurs le rajoutent à leur sortie. Il s’agit d’un pont avec des piliers en grosses pierres de taille dont l’arche unique dallée de béton laisse imaginer une restauration relativement récente. En tous cas, il parait plus « moderne » que ne le seront les deux suivants. La large piste DFCI F80 est assez longue ; plus de 4 km jusqu’à sa terminaison et à sa mutation en sentier ; mais est plutôt agréable à cheminer. Il faut dire qu’elle circule au sein même d’une ZNIEFF, Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique et de ce fait, elle traverse divers décors qui conviennent parfaitement à mon dada de la photographie animalière et floristique : petit bois de feuillus,  nombreux arbres en fleurs, forêt de grands conifères et quelques vestiges du passé, enfin tout ce qu’il faut pour attirer une faune diversifiée. Tout cela avec une élévation assez modeste de 100 mètres tout au plus,  amplement satisfaisante à la flânerie guidant mes pas. Cette élévation est néanmoins suffisante pour offrir de magnifiques vues sur Sournia, le vallon de la Désix et sur une bonne partie du pays Fenouillèdes. Au plus haut de l’itinéraire, de plus amples panoramas se dévoilent et comme le ciel est assez clair vers tous les horizons, la vue porte relativement loin : vers les Corbières et le château de Quéribus notamment et vers le Canigou dont je ne distingue que le bout de son pic enneigé. Sur cette piste, il faut noter qu’une bonne portion que j’emprunte est carrément absente de la carte I.G.N 2348 ET. Est-ce une erreur des géographes de l’I.G.N ou bien la carte 2348 ET est-elle trop ancienne ? Je ne sais pas mais je tiens à préciser cette anomalie, laquelle bien évidemment apparaît au grand jour dans la mesure où je dispose du tracé erroné dans mon G.P.S.  (Voir le bon tracé sur la carte jointe à ce récit).  Après quelques hésitations, finalement, je comprends qu’il y a une incohérence dans le parcours et je poursuis la même piste tant elle parait évidente. A hauteur d’une barrière et d’une patte d’oie, je choisis de prendre la piste descendant à gauche.  Cette piste file vers le lieu-dit La Ribasse où elle se termine et se transforme en un étroit sentier mal débroussaillé. Un cairn marque le commencement de cette sente et la D.619 en direction de Pézilla-de-Conflent en matérialise la fin. Entre les deux et en atteignant le lit du ravin de la Ferrére, le premier vrai « pont romain » est là, magnifique ouvrage aux trois arches d’une délicate pureté même si bien évidemment sa vétusté due à sa vieillesse ne fait pas l’ombre d’un doute.  Il a la particularité d’avoir une fontaine au sein même d’une de ses arches mais inactive de nos jours. Selon une information lue, on l’appellerait aussi le pont des Mandres ou pont des Renardes. Je le photographie sous toutes ses coutures avant de filer vers le deuxième « pont romain » tout proche.   Ici, en atteignant la D.619 et son pont moderne dit de Roquevert, on peut difficilement s’empêcher d’imaginer que cette route,  bitumée de nos jours,  n’a pas toujours été là, sinon les deux vieux ponts dits « romains » à quoi auraient-ils pu servir ?   En effet, les deux « ponts romains » encadrent si parfaitement le nouveau qu’il est raisonnable de penser que ce dernier est venu les remplacer. « Un pont entre deux autres », c’est presque le titre d’un film non ? Il faudra que je vérifie. (« Un pont entre deux rives »). De l’autre côté de la D.619 et juste dans le virage, un sentier descend vers le deuxième « pont romain ».  Il aurait reçu le nom de « pont des chèvres » mais ne me demandez pas pourquoi, mais on peut aisément imaginer qu’au temps jadis, un chevrier avait l’habitude de passer par là. Dans l’immédiat, je pars découvrir la Maison cantonnière toute proche, mais la demeure est fermée et peu loquace quand à une plaque illustrant son porche : « Chemins vicinaux – Maison cantonnière ».  Je retourne vers le « pont romain » un peu déçu car dans sa fiche Internet à propos de Trévillach, l’historien Jean Tosti évoque une grotte et la présence supposée d’un habitat préhistorique. Une fois encore, je suis sur le point de traverser le pont sans coup férir mais des bergeronnettes et d’autres passereaux jouant au bord de la Désix m’arrêtent dans ma démarche. Est-ce l’absence de vrais garde-fous et l’étroitesse du pont combinées à mon enthousiasme sans modération de la photographie mais, l’œil dans le viseur, je suis soudain pris d’une espèce de vertige, entre « tête  qui tourne » et effroi que le pont ne s’écroule sous mes pieds. Je déguerpis du pont aussi sec puis j’en rigole aussitôt une fois l’autre berge atteinte. Je prends d’autant plus conscience de ma stupidité que quelques minutes auparavant, j’ai aperçu un groupe d’une vingtaine de randonneurs le franchir sans problème.  Ici, pas de doute, la sente qui se poursuit de l’autre côté du pont puis qui s’élève dans un paysage de maquis est un ancien chemin muletier. Cela se voit à ses gros galets de rivières qui en empierrent le sol et des plus gros encore très souvent en granite qui l’encadrent tels des murets plus ou moins hauts. L’Histoire raconte que Roquevert était un carrefour stratégique très important au temps où les royaumes de France et d’Aragon se bagarraient tout ou partie du pays Fenouillèdes. Les vestiges du château que l’on aperçoit au sommet d’un piton  rocheux en sont le témoignage. Le sentier continue de s’élever offrant de jolies vues sur la Désix, la Maison Cantonnière et les ruines du vieil hameau de Roquevert. Au loin, la colline pyramidale du Roc Blanc colmate l’horizon. Elle aurait également servi de vigie militaire au Moyen-Âge. Quand le sentier s’aplanit, les paysages changent. Droit devant c’est une colline calcaire et aride amplement fracturée qui apparaît. J’y découvre avec stupéfaction et sur sa partie la plus inclinée toute une série de vieilles terrasses en pierres sèches dont je me demande quel type de cultures elles ont bien pu accueillir dans cet erg de caillasses. On peut penser à des oliviers tant la garrigue en conserve quelques traces sous la forme d’oléastres et d’oliviers sauvages. Sur la gauche puis sur la voie asphaltée que je poursuis, le regard embrasse de larges champs en jachères entourés de haies et de boqueteaux. J’y surprends un magnifique coucou geai. Plus loin, je remarque une jeune oliveraie au milieu de laquelle trône un cabanon, elle me confirme, si besoin était, qu’ici l’olivier a toujours été cultivé. Au rythme de mes pas et des virages,  les paysages s’entrouvrent encore un peu plus : de l’autre côté de la Désix ; c'est-à-dire d’où je viens. J’y distingue Campoussy et les vestiges de Séquières mais aussi vers les Pyrénées Audoises et vers la longue et sombre forêt des Fenouillèdes se poursuivant encore un peu plus loin par celles de Rabouillet et de Boucheville. Ces forêts, je les connais presque par coeur depuis mon mémorable Tour des Fenouillèdes de 2011. J’y distingue le Sarrat Naout, plus haut sommet de ce pays du fenouil.  Le chemin est propice à la rêverie et l’heure du pique-nique ayant déjà sonnée depuis de longues minutes, je réfléchis mais hésite aussi à m’arrêter au bord de cette voie carrossable mi-asphaltée mi-fleurie mais avec des vues splendides sur tous ces beaux paysages. Si j’hésite, c’est parce que j’ai prévu de déjeuner au bord de la Désix. J’ai encore toute mon après-midi devant moi pour manger et terminer cette jolie balade. Rien ne presse. Je m’arrête un instant puis je repars retrouvant une fois encore la D.619.  Au bord de la route, un panneau signalétique m’encourage à descendre vers la chapelle Sainte Félicité de Sournia qui se trouve en contrebas et au bord de la Désix. Mais non, comme je le fais la plupart du temps avant une randonnée, j’ai essayé d’étudier le parcours au mieux et c’est ainsi que j’ai découvert sur le Net toutes les curiosités visibles ou possibles. Le temps est venu d’aller découvrir une autre chapelle : la Chapelle del Méné. Elle se trouve 500 à 600 m plus haut au bord de la D.619 et si j’y suis passé des dizaines de fois devant et en voiture, jamais je n’ai pris le temps de m’y arrêter. Le moment propice est donc venu d’y aller pour faire une petite prière en faveur de tous les êtres qui me sont chers et d’avoir une tendre pensée pour tous ceux qui ne sont plus de ce monde. Ça fait pas mal de monde auquel j’estime pouvoir offrir les quelques mètres supplémentaires nécessaires à cet aller retour.  Après tout, je suis un catholique baptisé, libre et apte à faire une prière même si ma seule croyance c’est plutôt la Nature qu’un être suprême supérieur, et leur donner quelques minutes de ma divertissante balade n’est pas vraiment un sacrifice, bien au contraire. La Chapelle del Méné est en réalité une petite grotte aménagée en un lieu de prières avec un autel bien fleuri  et quelques statuettes de la Vierge. On peut simplement regretter toutes ses grilles obstruant son approche. Je suppose que le vandalisme a du avoir cours et que les bénévoles qui s’en occupent avec ferveur en ont assez de voir ce joli lieu trop souvent profané.  Après cette découverte méditative, je retourne vers la Chapelle Sainte Félicité. La vieille église est en partie en ruines, notamment la toiture mais le lieu est agréable et très rafraîchissant car entouré d’une végétation verdoyante. Les randonneurs vus sur le dernier « pont des Chèvres» sont là, à quelques encablures, à se détendre au bord de la Désix.  Ma visite de la chapelle qui se trouve un peu plus haut ne peut donc pas les déranger. J’en profite pour la découvrir après la lecture d’une pancarte qui en raconte brièvement l’Histoire et beaucoup plus l’architecture. Elle est d’époque préromane. Je la photographie sous tous ses aspects. Je quitte Sainte Félicité en longeant la berge gauche de la Désix, cette fois-ci à la recherche du coin idéal pour pique-niquer. Je le trouve sans aucune difficulté et 200 mètres en amont, même si je suis contraint de m’écarter quelque peu de mon tracé G.P.S. Ici, la Désix forme un petit bras tranquille séparé du reste du torrent que j’entends chanter quelques mètres plus loin.  Assis sur une petite grève mi-limoneuse mi-herbeuse,  je peux enfin me détendre tout en satisfaisant mon estomac qui commençait sérieusement à crier famine. Il est 13h30.  Je mange en écoutant les bruits de la nature et en observant des « gerris » qui font de l’aquaplaning sur le miroir de l’eau. Enfant, on les appelait improprement des « cousins ». Une « demoiselle » aux ailes d’un magnifique bleu vert métallisé fait des va et vient en quête d’humidité qu’elle trouve sur des branchages, des feuillages ou des galets mais toujours au plus près de la surface de l’eau.  De temps en temps, et avec une dextérité étonnante, un pouillot vient jouer au voltigeur dans cet écheveau végétatif et liquide. Le grand pré qui se trouve dans mon dos est parsemé de fleurs printanières. Elles viendront se rajouter à mon herbier photographique dès le pique-nique terminé. Une heure plus tard, je repars, toujours en amont et sur la rive gauche. Grâce à mon tracé G.P.S, je n’ai aucun mal à retrouver l’itinéraire et le large chemin herbeux qu’il me faut suivre. Si ce dernier s’est quelque peu éloigné de la Désix pendant quelques temps, une première complication surgit à l’instant même où les deux se rejoignent.  Ici, pas de pont. Ni romain ni moyenâgeux et seulement un semblant de passage à gué de quatre mètres de large dont la moitié a été depuis longtemps emportée par les flots. Je suis devant un dilemme : soit trouver un passage au sec soit me déchausser, remonter mon pantalon sur les genoux et traverser à pied ce courant assez impétueux d’une trentaine de centimètres de profondeur au maximum. Si la largeur et la profondeur ne sont pas effrayantes, j’appréhende une glissade sur des galets moussus et instables, pas tant par peur de me mouiller mais par crainte de choir avec mon appareil photo et mon sac à dos que je n’ai pas du tout envie de voir détremper ni l’un ni l’autre. Finalement et quelques mètres plus haut, je finis par trouver un passage au sec sous la forme de vieux petits murets coupant en tous sens la rivière.  Vestiges d’un pont séculaire ? Digue ancestrale ? Vieille écluse ? Anciens bassins de rétention ? Je n’arrive pas à trouver une signification à ces murets mais en tous cas,  ils sont là à bon escient même si les cheminer nécessite par endroits des dons proches du funambulisme. Enfin, pour l’instant ces murets sont bien commodes car quelques mètres plus loin et plus haut, nouvelle jonction du chemin et de la Désix et là, pas d’autre alternative qu’un grand bain de pieds. Si aux beaux jours, j’ai toujours aimé me baigner dans toutes les rivières que je rencontrais, prenant ainsi mes désirs pour des réalités, ici « prendre la Désix devient une réalité »  un peu contraignante. A la mi-avril, l’eau descendant des montagnes est encore bien trop glacée pour qu’un bain forcé soit plaisant. Seul vrai plaisir à cette traversée délicate mais heureusement éphémère, le bonheur d’arriver indemne sur l’autre berge avec mon sac à dos et mon appareil photo intacts. Autre bonheur sur cette rive, celui de découvrir un joli martin-pêcheur dans son action primitive : la pêche aux alevins.  Ma présence semble le déranger car il se réfugie dans les frondaisons de la berge puis il s’enfuit carrément mais j’ai eu le temps de deux jolies photos. De l’autre côté de la rivière, un sentier continue en sous-bois mais débouche très vite sur une large piste sableuse. Le sous-bois se termine, les paysages vers le haut se dévoilent et ô surprise, une dizaine de vautours fauves louvoient dans le ciel azur. Décidèment, force est de reconnaître que très souvent mes balades sont ponctuées de ces magnifiques mais angoissants volatiles : Fenouillèdes mais aussi Vallespir, Cerdagne, Capcir, Ariège, Aude, Hautes-Pyrénées, Midi-Pyrénées, j’en ai même vu dans le Conflent, au dessus de Serrabonne et encore très récemment du côté de Conat, et qui plus est sur la route filant vers Nohèdes et Urbanya. Le vautour solitaire il est vrai,  était posé, tranquille, sur un muret au bord de la route et n’a même pas bougé à l’instant même où je suis passé en voiture à moins de deux mètres de lui. Sa réintroduction dans les Pyrénées françaises a apparemment porté ses fruits et désormais ses territoires de prédilection se confondent avec l’ensemble des terres pyrénéennes. En outre, il semble s’être habitué à la présence de l’homme mais le contraire est-il vrai ?  Un œil sur les vautours et l’autre sur le chemin et ses abords, je continue de profiter des vues qui s’entrouvrent de tous côtés. Il y en a des plongeantes vers la Désix, d’autres plus planes devant moi et d’autres plus célestes vers les collines  mais toutes sont belles et ont pour dénominateur commun une végétation luxuriante et verdoyante. Pas de doute, le printemps est là. Sournia aussi. Je coupe le parking de la cave coopérative et poursuit vers la D.619. Ma voiture est toujours là. Ce joli « Circuit des Ponts Romains » est fini. Telle qu’expliquée ici, cette belle balade aux nombreuses découvertes a été longue de 12,5 km environ pour un dénivelé de 210 m et des montées cumulées de 865 m. Sur cet itinéraire où les « ponts romains » sont les principaux objectifs, il faut prendre note, et très paradoxalement,  que ne pas vouloir se mouiller les pieds deviendra vite un obstacle. Carte I.G.N 2348 ET Prades – Saint-Paul-de Fenouillet Top 25.  

     


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  • LA BATTERIE ET LA CHAPELLE SANTA ENGRACIA....... par jullie68

    Diaporama sur la musique "2 Hearts, 1 Soul" du groupe Yinyues (free music)

    La Batterie (887 m) et la chapelle Santa Engracia depuis Arles-sur-Tech (270 m)

    La Batterie (887 m) et la chapelle Santa Engracia depuis Arles-sur-Tech (270 m)


     

    La « Batterie Santa Engracia », à l’altitude de 887 mètres, est une sortie pédestre bien connue des randonneurs catalans. L’ancienne batterie de Vauban n’est pas à proprement parlée une « incontournable » des Pyrénées-Orientales mais elle demeure une balade relativement bien prisée de nombreux clubs de marche. Indifféremment, on peut y grimper soit depuis Arles-sur-Tech soit depuis Amélie-les-Bains, différents itinéraires avec de multiples variantes pouvant être organisés autour de cet objectif principal ou secondaire. Personnellement, cette randonnée dort dans mes tablettes depuis les années 2008/2009. En avril 2008, et alors que depuis les thermes d’Amélie, j’avais réalisé un court aller retour vers la chapelle éponyme, j’avais découvert des panonceaux mentionnant cette fameuse « Grande Batterie ». Ce jour-là, le temps m’avait manqué pour m’y rendre. Je m’étais donc contenté de découvrir la belle Chapelle Santa Engracia magnifiquement restaurée par de courageux bénévoles ainsi que sa grande croix blanche dominant superbement Amélie et les Gorges du Montdony. Depuis, j’avais gardé de ce lieu, le souvenir de ses divins aspects : sérénité d’un havre de paix et stupéfiant mirador. J’ai décidé de l’inscrire à nouveau au programme de cette sortie. En effet, la batterie et la chapelle peuvent faire l’objet d’une sortie commune ou séparée. Un an plus tard, en août 2009, lors mon Tour du Vallespir en 6 jours, la « Batterie Santa Engracia » est revenue sur le devant de ma scène pédestre. A l’époque et lors de la dernière étape entre Saint-Laurent-de-Cerdans et Amélie-les-Bains, j’étais passé à 5 minutes d’elle sans y aller, faisant ainsi l’impasse mais avec le projet avéré d’y revenir. Avec ce récit, c’est donc chose faite mais pas sans peine car la déclivité sur un terrain pas toujours facile est loin d’être évidente : 617 mètres de dénivelé jusqu’à la batterie depuis la ligne de départ à Arles-sur-Tech situé à 270 mètres d’altitude. Il est 10 h quand je laisse ma voiture sur la place Joseph Monin à proximité de la Salle des Fêtes. Je demande mon chemin à un passant et ce dernier m’indique que le célèbre G.R.10 que je dois emprunter passe derrière la salle. Je trouve aisément le panonceau et le fameux balisage blanc et rouge. Parmi diverses directions, je prends note de celle qui m’intéresse au premier chef : « Coll de Paracolls – 2 h – G.R.10 », même si je sais que pour atteindre la batterie, il me faudra tourner au préalable et juste avant ce col. Je me dirige vers une vieille usine amplement délabrée dont l’exploitation consistait à traiter le minerai de fer en provenance des mines de Batère. Je tourne à droite puis longe les murs de l’usine aux vestiges rouillés par le temps puis enjambe le pont sur le Tech. Oiseaux au bord de la rivière, fleurs printanières mais surtout quelques vieilles cartes postales contant la vie passée d’Arles-sur-Tech freinent mes premières ardeurs. Cette vie passée, c’est celle de l’exploitation du fer dont j’ai toujours essayé d’approfondir mes connaissances de l’Histoire à travers des bouquins mais en les complétant au mieux par des balades pédestres : Mines de Batère et de la Pinouse, Rapalum, les Manerots, FormenteraEscaro autant de sites « vallespiriens » et « conflentistes » que j’ai pris plaisir à découvrir. Au bout du pont, un deuxième panonceau accroché à un transformateur électrique se présente et sa comparaison avec le premier me laisse assez songeur : « Coll de Paracolls – 3,6 km ». Deux heures pour effectuer moins de 4 kilomètres, je me dis que ça promets ! Décidément, le Vallespir ne changera jamais et restera toujours « la vallée âpre » si chère aux Romains auxquels elle doit son nom : « Vallis asperi ».  Ce rapide calcul est assez contradictoire avec l’analyse du parcours jusqu’à la batterie que j’ai trouvé sur un site Internet dont le jeune webmestre annonce la boucle que je dois effectuer comme étant « une randonnée facile ». Excusable parce que jeune, l’insoucieux ignore que ce qui est facile à 30 ans ne l’est pas nécessairement à 67, d’où mon refus quasi systématique de décrire mes randonnées avec ce genre de références. La facilité ou la difficulté et le temps de marche d’une randonnée sont des critères bien trop personnels. En tous cas, ils le sont pour moi et j’avoue n’avoir jamais été trop attentif au « fameux » indice IBP mis en place par la fédération. Le mieux est de bien se connaître et de connaître son état de forme du moment. Est-ce mon désir de tenir le temps imparti par ce panonceau mais voilà que j’ai déjà perdu le balisage du G.R.10 ? Un demi-tour presque immédiat et un retour vers la dernière empreinte blanche et rouge me remettent dans le droit chemin, qui n’est pas droit du tout. En effet, il est surtout peu logique car il tourne à gauche en franchissant la clôture que j’avais suivie par erreur, puis très curieusement, il traverse un muret en pierres sèches, désormais effondré. Derrière le mur, l’itinéraire est bien là. Il continue et coupe très vite une large piste allant vers Can Valent. La suite bien balisée devient plus évidente à suivre même si le terrain, lui, ne l’est pas vraiment. Une sente très ravinée, parfois caillouteuse, parfois gréseuse, parfois carrément rocheuse s’élève rudement et souvent en zigzaguant au milieu des bruyères arborescentes et des genêts fleuris. La végétation plus haute se résume à quelques rares chênes. Ces derniers sont verts, rouvres ou plus rarement lièges mais au fur et à mesure de l’élévation, ils se mélangent à d’autres essences et notamment aux grands hêtres puis aux châtaigniers qui finalement vont prendre le quasi monopole au plus haut de la forêt. Dallé par endroits, je foule de mes gros godillots le sentier muletier du temps jadis. C'était la route la plus courte entre la France et l’Espagne. C’était le temps où le mulet et l’âne étaient les meilleurs amis du paysan, du contrebandier, du soldat et du vagabond. Dans cet entrelacs minéral et végétal peu aisé, les mains viennent quelquefois en aide aux pieds pour franchir un palier. Un palier, c’est l’occasion pour moi de souffler un peu et de profiter pleinement des jolies vues s’ouvrant sur Arles et son ample vallée du Tech. Au dessus de la cité et sur l’autre versant, le Massif du Canigou est encore bien enneigé, mais comme il est bien trop chapeauté d’un capuchon de nuages blancs, il a à l’apparence d’une montagne plutôt modeste qu’un géant aurait dégauchie. Aujourd’hui, et malgré un saupoudrage de neige, les plus hauts pics perdent leur aspect glorieux et somptueux. Parfois, ces paliers sont enrichis d’un poteau couronné d’une pancarte faisant référence au « kilomètre vertical », course pédestre bien connue consistant à démarrer d’Arles-sur-Tech située à 284 m d’altitude puis à atteindre au plus vite le Pilo de Belmaig ou Pilon de Belmatx perché 1.000 mètres plus haut. Je ne cours pas, bien au contraire, et pourtant, après mes récents problèmes de santé, les paliers 484 et 684 mètres sont pour moi autant de petites satisfactions à les avoir déjà atteints dans un délai plus que correct. Je ne retiens vraiment de cette difficile ascension qu’un nom inscrit sur mon bout de carte I.G.N : la Font de les Amors. Inutile de traduire mais où est-elle au juste cette source prodigieuse ? Un filet d’eau de quelques centimètres me fait imaginer que « les Amors » sont là. Il faut dire que tout en montant, les panoramas se raréfient, et dans ces sous-bois de châtaigniers, or mis de bien trop rares fenêtres qui s’entrouvrent sur des bouts de Vallespir, rien n’incite à une flânerie exagérée. Les plantes fleuries se raréfient et je n'ai photographié qu’un seul rouge-gorge depuis les oiseaux aperçus au pont sur le Tech. Sans trop d’illusions et à chaque pin rencontré ou presque, je ralentis un peu mon allure, car j’ai toujours espoir de découvrir l’Isabelle, ce fameux papillon protégé si rarissime à voir mais paraît-il présent dans le Haut-Vallespir. Ici, les pins sont rares et l’Isabelle encore plus. Je n’en vois point bien évidemment. Quand j’atteins l’intersection filant vers la Batterie Santa Engracia, c’est avec une satisfaction certaine que j’observe ma montre indiquant 12h15. Je sais que l’objectif est désormais à moins de 2 kilomètres et la déclivité bien moindre que celle déjà accomplie. Je décide d’aller manger à la batterie. Le sentier plus doux et enfin bien plus praticable devient plus agréable à cheminer. Seuls un ruisseau rafraîchissant, deux couples d’anglais un peu paumés et les ruines du Mas Nou d’Eixena ralentissent mes pas soudain redevenus plus alertes. Il est 13 heures tapantes quand je retrouve le panonceau déjà vu lors de Mon Tour du Vallespir : « Grande Batterie – 0h05 – P.R.1 ». Cette fois, pas question d’éviter cette « Grande Batterie » même si je sais qu’elle n’est ni de cuisine ni celle d’un orchestre et seulement militaire. En tous cas, une chose est sûre, cette batterie rechargera mes accus. Effectivement, la Batterie de Santa Engracia est déjà là avec sa muraille colossale et ce n’est ni un orchestre que j’entends, ni des prières dédiées à Sainte-Engrâce mais bien les fous rires joyeux mais très sonores d’un groupe de randonneurs. Ils occupent par petits groupes la totalité de la plate-forme militaire mais ils ont tous l’air de bien se marrer chacun dans leur coin. Une dame vient vers moi et me demande si je suis seul puis elle passe son chemin quand je lui réponds. « Oui, je suis seul ! »  Finalement je comprends que ma présence aussi soudaine qu’imprévue a failli contrarier chez elle une envie très pressante. Je laisse la dame à son besoin naturel et le reste du groupe sur la vaste et vieille esplanade stratégique et monte au sommet d’un rocher faisant office de pinacle. Je ne regrette pas ces quelques mètres supplémentaires d’élévation, car d’ici, le cul assis sur une borne géodésique et la girouette franco-catalane tournoyant au dessus de ma tête, il n’y a pas de meilleur poste d’observation sur une immense partie du Vallespir et bien plus loin encore vers la Plaine du Roussillon et la Méditerranée. Vers le nord, le ciel s’est quelque peu éclairci et le sieur Canigou, bien qu’encore coiffé d’un gros bonnet cotonneux, décide enfin de dévoiler ses plus beaux atours. Vers le sud et sous un firmament bleu et limpide, les rocs Saint-Sauveur et de France (Frausa) me rappellent à leurs agréables souvenirs d’une récente balade. Vers les autres points cardinaux, dont une rose des vents me donne l’orientation, se sont là aussi des paysages magiques de tous côtés. C’est avec un émerveillement et un étonnement sans cesse renouvelés, que ces paysages défilent à nouveau devant mes yeux, comme au temps de mon périple tout autour du Vallespir. Le récit de ce périple au sein de cette magnifique région et au dessus de cette belle vallée du Tech, je l’avais intitulé « Sur les hauteurs d’une vallée âpre ». Âpre le périple l’avait été en 2009, âpre, la balade l’est encore aujourd’hui, car si j’ai attendu la fin du pique-nique et que le groupe de randonneurs ait quitté les lieux pour partir visiter tous les recoins de la batterie, j’en suis à peine au tout début de ma découverte qu’une mauvaise chute m’envoie choir dans les branches d’un ciste desséché. Le ciste est déjà mort depuis longtemps mais ses branches sont encore suffisamment dures et ligneuses pour me déchirer l’avant-bras gauche sur 5 ou 6 cm. Après ma « gamelle » du Tour de la Pelade dont j’étais sorti avec une égratignure superficielle de la main droite, cette fois-ci, il s’agit d'une coupure bien plus profonde qu’il me faut soigner. Rien n’y fait et malgré une trousse à pharmacie bien achalandée en pansements de toutes sortes, mon sang s’écoule de la plaie comme d’un robinet grand ouvert. Le saignement se poursuivra pendant presque 4 heures sans que rien ne l’arrête ou presque. Le plus efficace restera le mouchoir en papier directement collé sur la plaie sanguinolente mais quand le papier est gorgé de sang, il refuse de coller et tombe lui aussi. Je vais renouveler l’opération pratiquement jusqu’à l’arrivée où enfin, le sang coagulé fera finalement office de cautérisation naturelle. Dans l’immédiat, et malgré cet incident qui me fait perdre pas mal de temps, je décide de poursuivre mes découvertes, d’abord celle de la « Grande Batterie » puis la boucle initialement prévue. Pour le néophyte que je suis, la batterie se résume à de hautes et larges fortifications composées d’impressionnantes murailles mais bien évidemment un tacticien militaire y trouvera bien d’autres intérêts architecturaux et surtout stratégiques. Elles sont construites en pierres sèches et sans aucun mortier. Les seuls mortiers que la batterie ait connus ont été ceux que les artilleurs ont été contraints de monter jusqu’ici. On imagine bien évidemment, l’immense besogne que cette construction a du nécessiter et les efforts entrepris par les soldats pour y amener des pièces d’artillerie permettant de tirer plus de 2 km en contrebas. Paradoxe de l’Histoire, ici aucun coup de canon n’aurait jamais résonné. Avant de venir ici et comme je le fais la plupart du temps, j’ai tenté de m’initier à l’Histoire de cette batterie en cherchant un maximum d’informations sur Internet. Autant l’avouer, je suis resté quelque peu sur ma faim et ce malgré de nombreuses informations sporadiques recueillies de-ci de-là. J’ai néanmoins appris qu’elle aurait été construite en 1670 selon les directives de Vauban qui était venu visité le Roussillon l’année précédente. A-t-elle été construite en même temps que la citadelle de Fort-les-Bains (Fort d’Amélie) ou du moins dans sa continuité, on peut le supposer. Cette dernière a été construite en 1670 sur le site de vieux édifices médiévaux et sur les conseils de Noël Bouton, comte de Chamilly et intendant du Languedoc qui voulait réprimer la contrebande du sel et mettre fin à la révolte des Angelets (1661-1675). Les Angelets étaient ces vallespiriens initiés par le célèbre Josep de la Trinxeria qui étaient entrés en révolte contre Louis XIV suite à l’instauration de la gabelle après le Traité des Pyrénées de 1659, traité qui avait vu le Vallespir espagnol et catalan annexé par la France. Cette annexion s’est faite dans la douleur et quand on sait que les travaux de construction du fort étaient financés avec les impôts payés par les vallespiriens et qu’en plus certains « gabelous » y résidaient, on comprend mieux les animosités qu’il y avait dans les deux camps et l’envie d’en découdre. Dès l’automne 1670, Jacques de Borelly de Saint Hilaire, ingénieur militaire de Vauban, dessine de nouveaux plans et poursuit le chantier déjà entrepris. Le fort terminé, Saint Hilaire et les différents commandants du fort se plaignent d’un manque criant d’infrastructures et demandent des moyens financiers supplémentaires à Louvois. Des modestes aménagements sont apportés mais Louis XIV, Louvois et Vauban sont réticents à trop investir car ils jugent que le lieu est bien trop petit et de ce fait, n’est pas réellement stratégique. En 1674, les Espagnols assiègent Fort-les-Bains alors que de nombreux travaux sont en cours. Le siège est rapidement levé mais malgré cette première alerte, la configuration du fort et ses moyens de défense évoluent assez peu. Il faut attendre 1679 et la deuxième visite de Vauban dans le Roussillon pour qu’il soit jugé utile à la sécurité du Roussillon et des Pyrénées sans qu’il soit reconnu pour autant comme une pièce maîtresse de la « ceinture de fer ». De grosses améliorations sont néanmoins apportées. Comme vous le voyez, autour de l’Histoire de Fort-les-Bains, cette « Grande Batterie » est peu ou jamais évoquée et l’on sait seulement qu’elle était un moyen supplémentaire de le défendre d’abord contre les Angelets puis contre les Espagnols. La frontière étant très proche et le relief géographique très alambiqué, les premiers ingénieurs avaient sans doute compris que le fort serait vulnérable à partir des versants montagneux qui l’entourent et le dominent. Ils ne s’étaient pas trompés puisqu’en 1793, et après un long siège de plusieurs semaines, le fort commandé par le gouverneur Michel Jean Paul Daudiès tombe aux mains des soldats espagnols du général Antonio Ricardos. Le fort et ses alentours dont les « batteries », petite et grande, continueront à être occupés par des militaires pendant encore un siècle. Voilà ce que l’on peut dire de l’Histoire de cette « Grande Batterie ». Il existe également une « Petite Batterie » mais j’ignore où elle se trouve et la carte I.G.N ne la mentionne pas. Après cette découverte non accidentelle mais accidentée de la « Grande Batterie », je continue l’itinéraire vers la Chapelle Santa Engracia. Cet itinéraire, on l'appelle plus communément le chemin du 25eme léger, en référence à un vaillant régiment d'artillerie créé en 1796 dont les faits d'armes glorieux un peu partout sont nombreux, y compris ici en Roussillon. Je connais déjà cette « route stratégique » pour aller à la chapelle et je sais que les vues plongeantes sur Arles y sont exceptionnelles. Depuis ce chemin, un rapproché photographique me permet même d’y voir ma voiture distante de plus de 2 km. Le désir de refaire ce chemin et l’envie de retourner à la chapelle sont donc intacts tant j’avais trouvé ses extérieurs et ses alentours bien agréables et reposants. La chapelle est encore paisible et par bonheur, quand je pousse sa jolie porte, celle-ci s’ouvre assez « divinement » je l’avoue. Je ne m’y attendais pas, tant de nombreuses chapelles du département demeurent hermétiquement closes aux randonneurs. L’intérieur est sobre mais beau, bien à l’image de tout ce que l’on peut voir ici : table d’orientation, paysages, décors, jardins, fontaine, lieux de repos aménagés avec des bancs, nombreuses pancartes explicatives de son histoire, croix panoramique, j’y passe plus d’une heure, en grande partie avec l’agréable compagnie d’un gentil couple de touristes. Ils profitent de mon culot à avoir pousser la porte de la chapelle et tout comme moi, eux aussi vont laisser un petit laïus sur le livre d’or. Nous sortons ensemble de l’église et dès lors qu’ils aperçoivent qu’un saignement s’écoule de mon bras, ils veulent coûte que coûte l’arrêter. Malgré leur trousse à pharmacie encore bien plus garnie que la mienne, ils n’y parviennent qu’à moitié et je quitte Santa Engracia direction l’arrivée avec un gros paquet de mouchoirs en papier imbibés d’une coagulation rougeâtre bien plus impressionnante que douloureuse. Les mouchoirs ne tombent plus enrobés qu’ils sont d’un gros morceau de sparadrap mais un petit filet de sang continue de se manifester. Est-ce la perte de sang alliée à la longueur de la balade, mais la fatigue commence à se faire sentir. Je languis l’arrivée et seules deux chèvres perdues sur des rochers abrupts au dessus d’un profond ravin me stoppent dans cette longue descente vers Arles-sur-Tech. Je les observe longuement. Perchées sur un étroit piton rocheux, elles semblent chercher une issue mais sans trop de succès. Elles montent puis redescendent, partent à gauche puis à droite comme un peu perdues dans ce décor minéral et végétal apparemment fermé, mais vraisemblablement ouvert car comment auraient-elles pu arriver sur ce parapet rocheux ? Je ne peux malheureusement rien faire pour elles et je repars avec dans la tête, l’histoire de la chèvre de Monsieur Seguin qui voulait courir la montagne et qui finalement avait été dévorée par un loup. Ici, elles courent la montagne mais peu de chance qu’un loup les dévore. Peut être un vautour fauve et encore ? Je me raisonne. Elles s’en sortiront en trouvant l'exutoire qui leur a permis de prendre pied sur cette falaise escarpée. Une demi-heure plus tard, je retrouve l’asphalte quitté depuis ce matin 10h. Il est 16h30. « Mas Draguines » m’indique un panneau signalétique devant un petit groupe d’habitations. Je ne quitte plus cette route de la Batllie qui descend vers des rangées d’immeubles et un centre sportif, si j’en crois mon bout de carte I.G.N. Le Tech s’écoule devant moi et j’y file direct en coupant au milieu des immeubles et des pelouses. Ce raccourci m’amène très vite sur un large chemin herbeux ressemblant à la fois à un parcours sportif et à un arboretum. En tous cas, trois ou quatre personnes courent au milieu de ludiques panneaux donnant les noms des arbres que l’on rencontre ici. Je remonte la rive droite du Tech et si les arbres m’intéressent, les oiseaux fréquentant le bord de la rivière ont de loin ma préférence. Je prends encore le temps d’en photographier quelques-uns.  Après cet intermède, la boucle est bientôt terminée. J’aperçois l’usine désaffectée sur l’autre berge, le pont et le transformateur électrique devant moi. Je finis les restes de mon casse-croûte au bord du fleuve, dans la quiétude d’une petite grève et sous le regard un peu inquiet d’un couple de colverts. Ils sommeillent côte à côte et je fais en sorte ne pas les déranger. Pour eux, comme pour moi, le printemps est là et c’est la saison des passions et des sentiments. Il leur faut un peu de tranquillité pour s’aimer. Ma passion de la randonnée, je l’ai bien assouvie aujourd’hui et la tranquillité, j’en ai eu ma dose pareillement, mais n’empêche qu’il faut que je rentre à la maison. Je vis en couple moi aussi. Je traverse le pont, la balade tire à sa fin. Elle a été longue de 12,9 km incluant la visite de toutes les curiosités. Le dénivelé est de 623 m entre le point le plus bas à 264 m sur la rive du Tech et le plus haut à 887 m à la batterie. Les montées cumulées s’élèvent à 1.205 m. Carte IGN 2449OT Céret – Amélie-les-Bains-Palalda – Vallée du Tech Top 25. 


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  • LES CONTREFORTS DES MONT TAUCH depuis Maisons... par jullie68

    Diaporama sur des musiques jouées à l'harmonica par Mimid Allouat

    Les Contreforts des Monts Tauch depuis Maisons (Aude)

     

    Les Contreforts des Monts Tauch depuis Maisons (Aude)


     

    Cette randonnée que je vous conte ici, je l’ai trouvée sur l’excellent site Internet « Visirando » sous la dénomination « Les Contreforts du Mont Tauch ». Ma version est un peu personnelle car j’y ai rajouté une courte variante. Dans des versions quasi identiques à celle de Visirando, certains topo-guides la proposent sous l’intitulé « Balades à Maisons » ou « Autour de Maisons », Maisons étant la petite commune audoise servant de ligne de départ. Toutes ces appellations sont justes mais n’ont pas mon entière adhésion. Je m’en explique. Je n’aime pas les appellations « Balades à Maisons » ou « Autour de Maisons » car je trouve que ça fait un peu « tour du pâté de maisons », ce qui n’est pas vraiment le cas. En effet, avec ses 20 km de distance, cette randonnée est plutôt longue. Quand à la désignation « Les Contreforts du Mont Tauch », elle me paraît bien trop réductrice car elle ne correspond pas à la réalité du parcours, l’itinéraire étant très loin de se cantonner aux flancs de cette montagne audoise. Personnellement, je préfère ma version plurielle « Les Contreforts des Monts Tauch », même si elle peut paraître tatillonne. En effet, si l’on prend un recul suffisant en regardant la carte I.G.N, on constatera qu’il y a en réalité deux « Mont Tauch ».  Le premier se trouve au sud-est de Maisons. C’est la notoire Montagne de Tauch, longue plate-forme calcaire avec son point culminant le Pech de Fraysse situé à 916,5 mètres d’altitude. Si je dis notoire c’est parce que la crête de cette montagne est bien connue des randonneurs car on y trouve aussi l’Enseigne plus communément appelée la Tour des Géographes qui se dresse à 878,5 mètres. Ce sommet est célèbre pour avoir été jadis un jalon sur la Méridienne de France. Il est désormais occupé par une imposante antenne de télécommunications et de nombreuses éoliennes. Cette Montagne de Tauch offre d’incroyables panoramas à 360° et de ce fait, elle est devenue une incontournable randonnée pour de nombreux clubs de marche. Dans mon blog, j’ai déjà eu l’occasion d’expliquer une balade à la Tour des Géographes au départ de Padern. Le deuxième « Montauch » est une petite colline se trouvant au nord de Maisons à l’altitude de 599,4 mètres. En réalité, elle est dans le périmètre de la commune de Palairac. La boucle proposée sur le site Visirando file vers cette colline, s’approche d’un de ses flancs mais n’y va pas réellement. Moi, je suis allé découvrir cette colline car j’avais lu sur Internet qu’il s’agissait d’un haut-lieu de l’exploitation minière audoise. Vous noterez la nuance dans la manière d’écrire « Montauch », et pour cause,  cette seconde dénomination serait apparemment une erreur des géographes de l’I.G.N. Ils ont écrit « Montauch » au lieu de « Monthaut », la « montagne haute ». L’erreur reste néanmoins excusable car la toponymie du mot « Tauch » aurait pour origine la racine indo-européenne « kuk/tsuk » dont les nombreux dérivés oronymiques « tuc/tous/tos/taus », pour n’en citer que quelques uns,  signifient plus simplement  « une tête », « un sommet », « une hauteur », « une élévation ».  Je m’engouffre donc dans ce minuscule lapsus comme dans une brèche pour mettre au pluriel l’intitulé de ma balade puisque j’ai largement emprunté les contreforts de ces deux « monts ».

    A Maisons, le départ de cette longue boucle démarre indifféremment depuis la place du village ou du plan d’eau, la distance les séparant s’effectuant de toute manière soit au départ soit au retour. Personnellement, j’ai choisi le plan d’eau où sans problème, j’ai pu laisser ma voiture. Il faut dire qu’à l’instant même où je traverse Maisons, un groupe de randonneurs vient de démarrer du village. Ils ne me rattraperont jamais mais je fais en sorte qu’il en soit ainsi car je les trouve bien trop bruyants à mon goût. Aujourd’hui, je suis seul et j’ai envie de marcher avec sérénité et dans la discrétion des bruits de la nature. Le départ s’effectue face à un jeu d’enfants. J’emprunte la large piste qui monte à droite de l’étang et d’emblée j’accélère le pas. Je ne flâne pas comme je le fais d’habitude et je garde le même rythme soutenu assez longtemps. Je commence vraiment à lambiner dés lors que le son de mes bruyants condisciples s’est suffisamment estompé. Finalement, les voix disparaissent à jamais de mon radar auditif au moment même où je laisse sur ma droite le dôme boisé du Montrouch. Une demeure en pierres joliment restaurée trône à son sommet. Sans doute s’agit-il de la bergerie mentionnée sur la carte. La documentation que j’ai pu lire de ce lieu, semble-t-il privé de nos jours, raconte que cette bergerie a été élevée avec les pierres d’un vieux château médiéval dont il ne reste presque plus rien aujourd’hui. Ce château, que l’on retrouve dans un texte de 1208 sous le nom de « forçia du Mont Rubeo », le « fort du Mont Rouge » avait été édifié ici en 1170 par Pierre-Olivier, seigneur de Termes. Comme de nombreux autres fortins, au nombre de 28 selon les historiens, celui-ci était là pour défendre une fraction du puissant territoire de cette dynastie seigneuriale. Les seigneurs de Termes ont régné sur plus de 70 villages et hameaux et ont dominé pendant presque trois siècles toute cette partie des Corbières. Voilà pour la petite histoire de Montrouch. Le balisage est jaune mais parfois peu visible, alors par sécurité j’allume mon G.P.S et me fie à la fois au trajet Visirando que j’ai enregistré mais aussi à celui du terrain. Une fois encore, j’ai le nez creux car le trajet « Visirando » s’avère faux à l’endroit même qui est indiqué comme étant l’intersection de ce P.R avec le célèbre G.R.36. Quoi qu’il en soit, le G.P.S n’est pas totalement superflu car le parcours en question n’est pas spécialement bien balisé même si l’on y trouve quelques cairns et des rubans attachés à quelques branches. Les chemins de traverse sont suffisamment nombreux sur toute cette boucle pour que l’on puisse s’égarer avec ou sans étourderie. Au départ, l’itinéraire s’élève régulièrement, passe de l’altitude de 296 mètres au plan d’eau à celle de 620 mètres à l’intersection avec le G.R.36. Normal car il file droit vers les contreforts de la Montagne de Tauch. Ici, la longue table calcaire que l’on est habituée à voir depuis son versant oriental, c'est-à-dire du côté de Tuchan, ressemble à une colline oblongue profusément boisée d’une forêt olivâtre dans le moindre de ses interstices. Sur sa crête, les ailes blanches et tournoyantes de nombreuses éoliennes se détachent en gobant une douce tramontane. Bien trop douce en tous cas, car elle éprouve les pires difficultés à se débarrasser des gros cumulus qui arrivent sans cesse du nord. Sur ce tronçon, or mis de superbes panoramas sur tout le secteur mais surtout vers le Canigou et le Bugarach, tous deux encore bien enneigés, pas grand-chose à mettre dans le ventre de ma carte mémoire photographique. La plus belle image reste néanmoins le château de Quéribus, bastion inexpugnable, qui apparaît comme posé sur le flanc d’un Canigou opalescent. Ici, pas encore de papillon, peu de fleurs et peu d’oiseaux dans cette garrigue méditerranéenne mais subissant des influences montagnardes certaines. Je m’ennuie un peu car je m’attendais à trouver une faune et une flore un peu plus visibles. Ces absences ont-elles un rapport avec la présence désagréable d’une ligne électrique à haute tension traversant tout le décor ? Heureusement, la suite va être un peu plus généreuse. Le tracé Visirando étant faux, il me faut marcher plus de 800 mètres de mieux pour trouver la bonne intersection avec le G.R.36, de manière quasi rectiligne il est vrai. Là, je découvre les premiers panonceaux directionnels depuis le départ. Le traditionnel balisage blanc et rouge du G.R file à droite vers le « Sommet du Tauch » et à gauche vers le « Col de la Garde ». Cette dernière direction est la bonne et j’en profite pour souffler un peu car le sentier est plutôt bon et plat sans réelle déclivité or mis un tout petit mamelon à franchir au pied du Pech de la Gardiole. Ce mamelon représente le point culminant de cette balade à 638 mètres d’altitude. Sur deux kilomètres environ, ce sentier file en balcon au dessus de Maisons, de son beau vallon et de ses sombres forêts, puis c’est une descente un peu scabreuse car caillouteuse, argileuse et ravinée vers la Serre de Barbaza. Là, je retrouve une nouvelle piste forestière et un second lot de panonceaux : « Notre-Dame de Faste » à droite et « Maisons » à gauche. Je tourne à gauche en empruntant cette agréable et large piste qui file au milieu des magnifiques et embaumantes bruyères arborescentes. Magnifiques et embaumantes car amplement garnies de jolies gerbes de fleurs blanches en cette saison. Le Col Lemercier est atteint. Je ne m’y attarde pas car il est encombré d’un colossal pylône à haute tension. Le seigneur Canigou avec sa cape blanche apparaît presque ridicule entre les pieds de ce géant d’acier. Cette curieuse image donne l’impression d’une lutte inégale entre une affreuse et gigantesque modernité et une beauté sauvage qui serait réduite à une portion congrue. Heureusement, pour avoir gravi le Canigou l’an dernier, je sais qu’il n’en est rien. L’électricité passe partout y compris à travers la splendeur, la dénaturant au passage mais je sais que sans elle, je n’aurais pas pu écrire ce récit et qu’il n’y aurait pas de blog. J’oublie rapidement le géant d’acier en lui tournant le dos. Je descend en pente douce vers un autre col, celui de Ferréol, guère plus intéressant puisque exclusivement asphalté car à l’intersection des départementales D.39 et D.123. Je traverse le carrefour où seule une étonnante stèle en forme de montjoie annotée de difficiles inscriptions ralentit ma marche en avant. Je n’en comprends pas exactement tout le sens mais il y est question d’une donation avec le mot « donne », d’un « mestre Jean », de « Jésus de Nazareth » et d’une date : « 1862 ». La suite de la direction à prendre, je la trouve sur mon G.P.S et c’est très clairement la même que celle d’un panonceau annonçant « G.R 36 – Palairac ». Une large piste débute mais je la quitte presque aussitôt par la gauche car d’autres panonceaux se présentent. Ils se suivent et se ressemblent : « Villerouge - Palairac » toujours avec la fameuse empreinte blanche et rouge propre aux G.R. Je quitte le large chemin au profit d’une sente qui s’élève doucement laissant entrevoir de nouveaux panoramas. La Montagne de Tauch est désormais derrière moi et je file vers l’autre Montauch, le faux, l’usurpateur de patronyme. Toujours bien estampillé de blanc et de rouge, l’itinéraire jusqu’au Col de Couise devient plus évident et sans réelle difficulté. J’ai éteint mon G.P.S. Je le rallume en arrivant au col car là et comme prévu, je dois filer vers les contreforts du deuxième Montauch, en réalité le Monthaut si j’en crois l’excellent site Internet consacré aux mines de Palairac. Je suis là pour ça, pour découvrir une partie des anciennes mines de ce village audois avec l’espoir de compléter ma collection de « pierres » de quelques jolis fragments de minerais. Je suis pétrophiliste ou pétrophile. Enfin, j’ai à la fois l’espoir d’en trouver et d’apercevoir quelques vestiges car il se dit que dans ce secteur, certains filons auraient été déjà exploités par les Maures, les Romains et peut-être même par les Gaulois, sans compter tous les autres qui ont suivi. Parmi ces filons, du fer bien sûr mais aussi de l’argent, de l’or, du cuivre, du plomb et quelques autres minerais bien précieux comme de l’antimoine ou de la barytine et bien d’autres encore qu’il serait trop fastidieux de citer ici. Des roches si précieuses, que toutes ces mines ont été depuis toujours source de conflits entre les différents seigneurs locaux, les Termes et les moines de l’Abbaye de Lagrasse notamment. Elles ont même servi de monnaie d’échange dans des traités royaux. Le large chemin que j’emprunte est bon et agréable car il domine amplement toute la région. C’est d’ici que les paysages sont les plus aériens. J’en profite pour m’arrêter et déjeuner, assis sur une pierre au bord du chemin, les jambes ballantes au dessus d’un modeste vide se terminant par la dense canopée de quelques feuillus. Apparemment, les passereaux sont bien plus présents sur ce Montauch-là.  En tous cas, ils en passent beaucoup au dessus de ma tête mais peu semblent vouloir s’arrêter dans le bois avoisinant. Je photographie néanmoins deux ou trois oiseaux sans doute plus sédentaires. Au loin, je constate que la Montagne de Tauch, la bien nommée, a retrouvé sa forme tabulaire si coutumière. Seule déception, les mines que je découvre après le pique-nique ne sont pas à la hauteur de mes espérances, en tous cas par rapport à ce que j’avais pu en lire. J’avais lu qu’il y avait en son temps 71 zones d’extraction à ce « Monthaut » et je ne découvre qu’une ou deux mines à ciel ouvert, un petit aven et une galerie au bord du chemin dans laquelle je n’ose guère m’engouffrer car la plupart des étaies gisent à terre. Quand aux échantillons de minerais que j’avais espoir de rajouter à ma collection, je ne trouve rien de vraiment folichon. Un seul bonheur dans ce monde souterrain peu attractif avec la présence d’un couple de chauve-souris que je peux photographier car elles semblent encore en hibernation et peu effarouchées de ma présence. Le chemin paraît faire le tour de la colline mais finalement je trouve une petite sente qui semble vouloir m’entraîner vers le sommet. La sente ressemble à un véritable labyrinthe encadré de hauts buis. J’ai la crainte de m’y perdre mais le désir de découverte est plus fort. Après maints zigzags dans un bois très touffu, le dédale se termine près d’un minuscule « barrenc » rempli d’une eau très claire et au dessus d’un aven bien plus profond et caverneux que le premier. Enfin, bien trop profond pour moi ! Je n’envisage pas une seule seconde d’y descendre car j’estime que ça ne serait pas bien prudent. De toute manière, j’angoisse déjà à l’idée de faire demi-tour et de me retrouver face à face avec ce sous-bois compliqué qui m’a mené jusqu’ici. Finalement, plus de peur et aucun mal car je retrouve assez facilement l’itinéraire pris à l’aller. Seul vrai intérêt à ce deuxième Montauch, outre les paysages aériens, une laie et ses trois rejetons que j’ai dérangés mais qui sont venus s’inscrire dans mon bestiaire photographique. Après cette virée vers ce dernier contrefort, je retrouve le G.R 36 au col de Couise puis à nouveau la D.39. Une fois encore, et pour la continuité et l’orientation du parcours, je fais confiance au tracé Visirando que j’ai également imprimé sur un bout de carte I.G.N. Le tracé édité est très clair, il me faut descendre la D.39 vers la gauche jusqu’au col de La Bousole. Sur la route bitumée, une jolie paroi rocheuse creusée d’excavations freine mon ardeur. Il s’agit d’anciennes carrières des 18 et 19eme siècles. Dans la cavité, l’eau a fait son œuvre sous la forme de quelques charmantes draperies et pétrifications diverses. Je les photographie puis je ramasse quelques fragments cristallisés gisant à terre au milieu des éboulis. La D.39 puis un chemin tracé sur mon bout de carte m’emmènent directement hors boucle vers la mine de La Canal. Au passage, j’aperçois la galerie de la mine de l’Aiguille fermée par une grille. Il en va de même pour celle de La Canal qui se résume à une galerie d’exhaure qui est donc commune avec le lit d’un ruisseau, celui de Canal. Cet aller-retour depuis le col de la Bousole est presque inutile et peu enrichissant car toutes ces galeries souterraines sont fermées par des grilles et donc inaccessibles par mesures de sécurité. Alors je râle un peu car il se dit qu’elles sont bien conservées malgré une exploitation vieille de 2000 ans mais finalement je comprends que la sécurité soit prioritaire. Ne pourrait-on pas les sécuriser et être ainsi en mesure d’organiser des visites touristiques au moins pour les randonneurs de passage ? Au retour, j’oublie le bitume de la D.39 au profit d’un large chemin qui s’enfonce et descend dans une forêt de grands résineux. « O.N.F - Forêt Communale de Maisons » indique un panneau à l’orée de celle-ci. De gros bolets biscornus et jaunes y poussent à profusion mais il y a d’autres champignons, des blancs notamment, peu engageants car trop flasques mais presque aussi volumineux que les jaunes. Or mis de les cueillir en photos et d’en chercher leurs noms sur Internet ou dans des guides spécialisés, les champignons ne m’intéressent guère à cause de leur dangerosité. Il faut avoir un Q.I de 200 pour arriver à tous les connaître et surtout à différencier les comestibles des toxiques, raisons pour lesquelles les gens ramassent toujours les mêmes. Je préfère nettement découvrir le patrimoine même s’il est vétuste comme c’est le cas ici. Pour cela, il n’est pas rare que je quitte l’itinéraire principal. Ici par bonheur et comme dans toute cette région, les vestiges miniers et ceux de vieilles bergeries sont presque aussi nombreux que les champignons. Au sein du Plan Pastou, entre Sarrat de la Saquette boisé d’un côté et Coume de l’Ausi verdoyante de l’autre, je prends enfin plaisir à divaguer sous l’ombrage d’immenses conifères. Malheureusement l’ombre ne dure pas, pas plus que mes divagations car elles ont la fâcheuse propension à rallonger une balade déjà suffisamment longue. Quand le soleil se remet à darder, je découvre très singulièrement un grand boqueteau de mimosas en fleurs, sans doute le reliquat d’une ancienne plantation qu’un vieux berger du coin ou peut être un mineur avait planté car il aimait les arbres fleuris. Les paysages s’entrouvrent de nouveau, toujours vers la Montagne de Tauch et ses éoliennes. Je les aperçois alignées sur sa crête comme de grands ventilateurs blancs. En tous cas, l’air qu’elles brassent n’arrive pas jusqu’à moi et c’est sous une chaleur suffocante pour la saison que je descends vers la Bergerie de Courdure. La bergerie que je découvre est un joli mas au bord de la D.123. Ici commence la partie la plus laborieuse de cette randonnée car la D.123 menant vers Maisons se confond avec la fin de cette boucle soit 2,5 km d’asphalte avant de retrouver ma voiture au plan d’eau. Par bonheur, quelques fleurs, des passereaux et un rapace ainsi qu’un inattendu mausolée ont la délicatesse de divertir mon esprit et mon appareil photo sur cette portion tout en descente. Je retrouve le hameau pour une rapide visite mais autant l’avouer le plan d’eau reste sa partie la plus captivante. « Pêche autorisée, baignade interdite » annonce une grande pancarte. J’en suis presque à regretter que ce ne soit pas le contraire tant je finis tout en sueur cette longue randonnée. J’envie le colvert qui y barbote nonchalamment. Il vient vers moi et caquette à tout va, en me regardant dans l’attente d’une offrande. Il a de la chance ce colvert car un paquet de « Petit Beurre » encore intact dort au fond de mon sac à dos. Le colvert est gourmand et moi aussi. A nous deux, le paquet passe à la trappe de nos becs respectifs. Mais le « Donald Duck Maisons » peste quand j’arrête mes largesses et me le fait savoir en se mettant debout et en battant violemment des ailes. Je laisse le canard capricieux à ses fantaisies et je termine la balade par le tour du plan d’eau qu’alimente le petit Ruisseau des Bacs. Le canard continue de me suivre mais finit par comprendre que le « resto » est définitivement fermé. Après cette longue balade sous un chaud soleil, heureusement pas toujours présent car parfois dissimulé derrière de gros nuages, ce dernier tour est rafraîchissant car je peux tremper mes pieds dans l’eau froide du ruisseau. Telle qu’expliquée ici, cette randonnée a été longue de 20,800 km pour des montées cumulées de 1.200 m, chiffres extraits de mon G.P.S. Bonnes chaussures de marche, eau et alimentation en quantité suffisante sont recommandées sur ce parcours et ce d’autant si vous y allez un peu plus tard dans la saison. N’oubliez votre obole pour le canard, il sera peut être encore là aux beaux jours ! Il est capricieux mais si beau avec son col vert si rutilant ! Carte IGN 2447 OT Tuchan – Massif des Corbières Top 25.

     


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